Pas de « baptême de désir » – Hérésie du baptême « de désir »

Sommaire

  • Le sacrement du baptême est absolument nécessaire au salut
  • L’Écriture enseigne infailliblement l’obligation du sacrement du baptême
  • L’Écriture enseigne infailliblement «un seul baptême»
  • On ne peut absolument pas séparer le baptême et l’eau
  • Profession de foi tridentine : «un baptême»
  • Ce que Dieu enseigne infailliblement par Son Église contre le baptême de désir
    • Marc 16, 16
    • Jean 3, 5
    • Concile de Florence
    • Concile de Trente
    • Pape Innocent Ier
    • On est membre de l’Église par le sacrement du baptême
  • Objections majeures
    • 1) Le Concile de Trente, Sess. 6, chap. 4
    • 2) Le Catéchisme du Concile de Trente
    • 3) Saint Thomas
    • 4) Le Catéchisme dit de St Pie X
    • 5) Le Code de droit canon de 1917
    • 6) L’Encyclique Mystici Corporis du Pape Pie XII
  • L’hérésie du « baptême de désir » repose sur l’hérésie de l’âme de l’Église séparée du Corps
  • Les défenseurs du « baptême de désir » sont non-catholiques
  • Conclusion
  • Annexe : L’affaire du père Feeney, le protocole hérétique Suprema haec sacra du 8 août 1949, l’hérésie du baptême de désir et l’apostasie vatican 2
    •  Présentation
    • Le protocole hérétique 122/49 du 8 août 1949 : Suprema haec sacra
    • Extraits du protocole hérétique Suprema haec sacra
    • À propos de Mystici Corporis du pape Pie XII perverti par le protocole hérétique Suprema haec sacra du 8 août 1949
    • Pie XII et le père Feeney
    • « Feeneyistes », un terme et un mythe inventé par les hérétiques
    • Conclusion

Saint Irénée, Père de l’Église, Contre les hérésies, Livre 3, partie 2, § 1, Suite du témoignage de Jean : …descente de l’Esprit Saint sur le Fils de Dieu fait homme il donnait à ses disciples le pouvoir de faire renaître les hommes en Dieu, il leur disait : «Allez, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit». … nos corps, par le bain du baptême, ont reçu l’union à l’incorruptibilité, tandis que nos âmes l’ont reçue par l’Esprit. C’est pourquoi l’un et l’autre sont nécessaires, puisque l’un et l’autre contribuent à donner la vie de Dieu».  

Le sacrement du baptême est absolument nécessaire au salut

Marc 16, 16 : «Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé».

Jean 3, 5 : «Si quelqu’un [Quiconque] ne renaît de l’eau et de l’Esprit-Saint, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu».

Galates 3, 27 : «Vous tous qui avez été baptisés dans le Christ, vous avez été revêtu du Christ».

Pour montrer que le sacrement du baptême est nécessaire au salut, voici de nombreuses déclarations infaillibles de la Chaire de saint Pierre.

Le canon 5 suivant du concile de Trente est un canon sur le sacrement du baptême.

Pape Paul III, Concile de Trente, Sess. 7, Can. 5 sur le Sacrement du Baptêmeex cathedra : « Si quelqu’un dit que le baptême [le sacrement] est facultatif, c’est-à-dire pas nécessaire pour le salut (cf. Jn 3, 5) : qu’il soit anathème». 

Cette définition dogmatique infaillible de la Chaire de saint Pierre (ex cathedra) condamne ceux qui disent que le sacrement de baptême n’est pas nécessaire au salut. Le sacrement du Baptême est nécessaire pour tous pour le salut, tout d’abord, parce que, comme le Concile de Trente le définit, tous les hommes (sauf la Bienheureuse Vierge Marie) ont été conçus dans un état de péché originel à la suite du péché d’Adam, le premier homme. Le sacrement du Baptême est également nécessaire pour tous pour le salut, car c’est le moyen par lequel on est marqué en tant que membre de Jésus-Christ et incorporé dans son Corps mystique. Et dans la définition de la vérité selon laquelle tous les hommes ont été conçus dans l’état de péché originel, le Concile de Trente a spécifiquement déclaré que la Vierge Marie était une exception à son décret sur le péché originel. Mais dans la définition de la vérité selon laquelle le sacrement du baptême est nécessaire au salut, le Concile de Trente n’a fait exception de personne.

Pape Jules III, Concile de Trente, 14ème session, chap. 2, 25 nov. 1551 ex cathedra : «… puisque l’Église n’exerce de jugement sur personne qui ne soit d’abord entré dans l’Église par la porte du baptême, « Qu’ai-je à faire en effet, dit l’Apôtre, de juger ceux du dehors ? » [1 Co 5, 12]. Il en va autrement de ceux qui sont de la famille de la foi [Ga 6,10] que le Seigneur Christ a faits une fois pour toutes membres de son corps par le bain du baptême [1 Co 12,12-13].

Pape Eugène IV, Concile de Florence, «Exultate Deo», 22 novembre 1439 ex cathedra : «le saint baptême, qui est la porte de la vie spirituelle, tient la première place parmi tous les sacrements, à travers lui, nous sommes devenus membres du Christ et du corps de l’Église. Et puisque la mort est entrée dans l’univers par le premier homme, à moins que nous ne soyons nés de nouveau d’eau et d’Esprit, «nous ne pouvons pas», comme dit la Vérité, «entrer dans le royaume des cieux» [Jean 3, 5]. La matière de ce sacrement est l’eau vraie et naturelle».

Pape Eugène IV, Concile de Florence, «Exultate Deo», 22 nov. 1439 ex cathedra : «le saint baptême, qui est la porte de la vie spirituelle, tient la première place parmi tous les sacrements, à travers lui, nous sommes devenus membres du Christ et du corps de l’Église».

Pape Innocent III, quatrième Concile de Latran, Constitution 1, 1215, ex cathedra : « Mais le sacrement du baptême est consacré dans l’eau à l’invocation de l’indivisible Trinité – à savoir, Père, Fils et Saint-Esprit – et apporte le salut aux enfants et aux adultes quand il est correctement effectué par n’importe qui dans la forme prévue par l’Église ».

Pape Pie XI, Quas Primas, n° 15, 11 décembre 1925 : «En effet, ce royaume est présenté dans les Évangiles comme tel, dans lequel les hommes se préparent à entrer en faisant pénitence, d’ailleurs, ils ne peuvent entrer que par la foi et le baptême, qui, bien qu’un rite extérieur, signifie et opère une régénération intérieure».

Nous voyons ici que l’on ne peut pas entrer dans le royaume des cieux sans la foi et le rite du baptême externe (par exemple, le sacrement du baptême). Les gens ignorants contredisent aujourd’hui ce fait selon lequel les gens peuvent atteindre le ciel sans un vrai et réel baptême d’eau. On peut facilement comprendre qu’une personne soit ignorante de ces faits et croit qu’une personne ou un enfant puisse être sauvé sans le sacrement du baptême car beaucoup ont eu tort sur ce point, même les Saints. Mais quand on a vu ces infaillibles déclarations dogmatiques des Papes, et que l’on s’obstine à tenir la position selon laquelle les personnes ou les enfants peuvent être sauvés sans le baptême d’eau réel et actuel, on est un hérétique. Un hérétique est une personne qui tient obstinément, volontairement et sciemment, une opinion qu’il sait être en opposition avec ce que l’Église enseigne.

Pape Paul III, Concile de Trente, Can. 2 sur le sacrement du Baptême, Sess. 7, 1547, ex cathedra : « Si quelqu’un dit que l’eau réelle et naturelle n’est pas nécessaire pour le baptême, et qu’à ce titre les paroles de Notre-Seigneur Jésus-Christ : «Si un homme ne naît de nouveau de l’eau et de l’Esprit Saint» [Jean 3, 5], sont déformées dans une sorte de métaphore : qu’il soit anathème ».

Pape Benoît XIV, Nuper ad nos, 16 mars 1743, la profession de foi : « De même (je professe) que le baptême est nécessaire au salut, et par conséquent, s’il y a danger imminent de mort, il devrait être conféré à la fois et sans délai, et qu’il est valide s’il est conféré droitement en matière, forme, et intention, par quiconque, et à tout moment».

Catéchisme du Concile de Trente, baptême rendu obligatoire après la résurrection du Christ, p. 171 : « les écrivains sacrés sont unanimes à dire qu’après la résurrection de notre Seigneur, quand Il a donné à ses apôtres le commandement d’aller enseigner toutes les nations, les baptisant au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Espritla loi du Baptême est devenue obligatoire pour tous ceux qui devaient être sauvés ».

Une personne affirmant que le salut peut être obtenu par ignorance invincible, par les juifs, les païens, les hérétiques ou schismatiques sans le baptême ou la foi catholique, est vraiment le plus mauvais de doctrine, car cela fait perdre le sens de la foi en Jésus-Christ et de la vraie foi catholique. Selon cette vision erronée, celui qui est «bon» peut atteindre la vie éternelle.

Pape Eugène IV, Concile de Florence, Laetentur caeli, 1439, (Décret. 528) ex cathedra (Magistère solennel) : «Quand aux âmes de ceux qui disparaissent en état effectif de péché mortel OU SEULEMENT ORIGINEL, elles descendent aussitôt en enfer, pour y être punies cependant de peines inégales».

Quiconque n’est pas purifié du péché originel ou baptisé descend en enfer, c’est un dogme. Le nier sciemment est l’hérésie.

L’Écriture enseigne infailliblement l’obligation du sacrement du baptême

Marc 16, 16 :  «Celui qui croira et sera baptisé, sera sauvé : mais celui qui ne croira pas sera condamné».

La parole de Dieu est infaillible, pour être sauvé il faut être baptisé.

Celui qui ne croira pas ne sera donc pas baptisé puisqu’il ne croira pas, et donc il sera condamné.

Jean 3, 5 : Jésus répondit : «En vérité, en vérité, je te le dis, si quelqu’un [quiconque] ne renaît de l’eau et de l’Esprit-Saint, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu».

Il faut renaître (régénération) de l’eau (sacrement du baptême ou baptême d’eau), et de l’Esprit-Saint, pour pouvoir être sauvé : Parole de Dieu infaillible et universelle qui s’applique à tout homme sans aucune exception.

Dans Jean 3, 5, Notre Seigneur parle sans équivoque de tout homme, et parle universellement. Voilà pourquoi l’enseignement du Magistère de l’Église catholique, dans tous les cas, a traité avec Jean 3, 5, et l’a pris comme il est écrit (voir Concile de Carthage, Denz. 102 ; Florence, Denz. 696 ; Trente, Sess 5, n° 4, Denz. 791 ; Trente, Sess. 6, Chap. 4 ; Trente, Can. 2 et 5 sur le baptême, Denz. 858 et 861).

Les Canons de Trente sur le baptême sont des canons sur le Sacrement (Canones de Sacramento baptismi).  Les paroles de Jean 3, 5 montrent effectivement l’inspiration surnaturelle de la Bible et la nécessité absolue du baptême d’eau pour chaque homme.

Cela signifie que le Can. 5 (voir ci-dessous) condamne quiconque dit que le sacrement du Baptême (le baptême d’eau) n’est pas nécessaire pour le salut.

Pape Paul III, Concile de Trente, canons sur le sacrement du Baptême, Can. 5 : «Si quelqu’un dis que le baptême [le sacrement] est facultatif, c’est-à-dire non nécessaire pour le salut (cf. Jean 3, 5) : qu’il soit anathème».

Il prend également Jean 3, 5 littéralement une fois de plus, comme l’Église l’a toujours fait.

Jean 3, 5, 7 : «Jésus répondit : En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît de nouveau de l’eau et l’Esprit-Saint, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu … Ne t’étonnes point que je t’aie dit : Il faut que vous naissiez de nouveau».

Jean 3, 5 est universel, Notre Seigneur parle sans équivoque de tout homme, et parle universellement.

 

L’Écriture enseigne infailliblement «un seul baptême»

Éphésiens 4, 5-6 : «Il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous…»

L’Écriture enseigne infailliblement «un seul baptême», cela prouve :

1) qu’il n’y qu’«un seul baptême»,

2) que le baptême de désir (et de sang) est une religion inventée de l’homme, pas de Dieu,

3) et que le baptême de désir (et de sang) est contraire à l’Écriture.

 

On ne peut absolument pas séparer le baptême et l’eau

L’Esprit-Saint, le sang et l’eau sont infailliblement inséparables. C’est la loi divine.

I Jean 5, 8 : « Et ils sont trois qui trois qui rendent témoignage sur la terre, l’esprit,  l’eau et le Sang : e ces trois sont une seule chose».

On ne peut pas séparer le baptême et l’eau (et le sang du Christ) sans être hérétique car ils sont inséparables selon la loi divine.

Pape St Léon le Grand, Concile de Chalcédoine, Lettre dogmatique à Flavien (Décrétale 81), 451 ex cathedra : « Qu’il entende le bienheureux apôtre Pierre proclamant que la sanctification de l’esprit se fait par l’aspersion du sang du Christ [I Pierre 1, 2], et qu’ il ne lise pas trop vite ces mots du même apôtre : « Sachant que ce n’est par rien de corruptible, argent ou or, que vous avez été rachetés de la vaine conduite héritée de vos pères, mais par un sang précieux, comme celui d’un agneau sans reproche et sans tâche, Jésus-Christ ». [I Pierre 18-19]. Qu’il ne résiste pas non plus au témoignage du bienheureux apôtre Jean disant : « Le Sang de Jésus, Fils de Dieu, nous purifie de tout péché » , [I Jean 1, 7], et encore : « Voici la victoire qui a triomphé du monde, notre foi. Quel est le vainqueur du monde, sinon celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ? C’est lui qui est venu par l’eau et par le sang, Jésus-Christ, non avec l’eau seulement, mais avec l’eau et avec le sang, et c’est l’Esprit qui rend témoignage, parce que l’Esprit est la vérité » ; Qu’il y en a trois qui rendent témoignage – l’Esprit, le Sang et l’eau – Les Trois ne sont qu’en d’autres termes, l’Esprit de sanctification, le Sang de la Rédemption et l’eau du baptêmeCes trois sont Un seul et restent indivisibles. Aucun d’entre eux ne sont séparables et n’ont de privilège avec les autres [I Jean 5-4, 8]…»

Cette lettre dogmatique à Flavien du pape St Léon le Grand a été approuvée infailliblement par le second Concile de Constantinople en 553 (Décrétale 112), par le troisième Concile de Constantinople, 680-681 (Décrétale 127), par le pape St Gélase en 495 (Ench. Symb. 353), le pape Pélage II en 553 (Denz. 468-469 ; –), et le pape Benoît XIV en 1743 (Nuper ad nos, Ench. Symb. 2529).

Pape St Gélase, Lettre décrétale, 495 (Ench. Symb. 353) : «De même la lettre du bienheureux pape Léon destinée à Flavien … quiconque, s’agissant de son texte, discute ne serait-ce qu’un seul iota, et qui ne le reçoit pas avec vénération en toutes ses parties, qu’il soit anathème».

L’Esprit de sanctification, le Sang de la Rédemption et l’eau du baptême sont un selon la loi divine, donc on ne peut les séparer sans être hérétique.

Pape Paul III, Concile de Trente, V ème Sess., sur le péché originel, 1546 (Décrétale 666) ex cathedra : «Si quelqu’un affirme que ce péché d’Adam … est enlevé par les forces de la nature humaine ou par un autre remède que le mérite de l’unique médiateur notre Seigneur Jésus Christ qui nous a réconciliés avec Dieu dans son sang, « devenu pour nous justice, sanctification et Rédemption«  (1 Cor. 1, 30) ou s’il nie que ce mérite de Jésus Christ soit appliqué aussi bien aux adultes qu’aux enfants par le sacrement du baptême conféré selon la forme et l’usage de l’Église : qu’il soit anathème».

Pape Eugène IV, Concile de Florence, « Exultate Deo », 22 nov. 1439, (Décrétale 542) ex-cathedra : «… Et comme par le premier homme la mort est entrée en tous (Romains 5, 12), si nous ne renaissons pas par l’eau et l’esprit nous ne pouvons, comme dit la Vérité, entrer dans le Royaume des cieux [Jean 3, 5]. La matière de ce sacrement est l’eau vraie et naturelle… »

Pape Paul III, Concile de Trente, sur le péché originel, V ème Session, 1546 (Décrétales 666-667) ex cathedra : «Par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché, la mort … [Romains 5, 12] … afin que soit purifié en eux par la régénération ce qu’ils ont contracté par la génération. En effet « nul, s’il renaît de l’eau et de l’Esprit Saint, ne peut entrer dans le Royaume de Dieu [Jean 3, 5]».

Pape Paul III, Concile de Trente, Canon 2 sur le Sacrement de Baptême, Session 7, 1547, (Décrétale 685) ex cathedra : «Si quelqu’un dit que l’eau vraie et naturelle n’est pas chose nécessaire pour le baptême et si, en conséquence, il détourne au sens d’une métaphore les paroles de notre Seigneur Jésus Christ : « Si l’on ne renaît pas de l’eau et de l’Esprit Saint » [Jean 3, 5] : qu’il soit anathème».

Pape Paul III, Concile de Trente, Canon 5 sur le Sacrement de Baptême, Sess. 7, 1547, (Décrétale 685) ex cathedra : «Si quelqu’un dit que le baptême [sacrement] est libre, c’est-à-dire n’est pas nécessaire pour le salut [Jean 3, 5] : qu’il soit anathème».

Beaucoup de gens aiment s’opposer contre ces vérités de foi comme s’ils étaient soi-disant «charitables», mais ce n’est pas vrai. Il n’y a pas de charité sans la foi, et le plus grand acte de charité est d’amener les autres à la vraie foi sans laquelle il n’ y aucun salut (Pape Eugène IV, Concile de Florence, Le symbole d’Athanase, Sess. 8, 22 nov. 1439).

Pape Pie XI, Mortalium Animos, n° 9 : «La fondation de la charité est la foi pure et sans tache».

Certains diront aussi qu’ils ne peuvent pas comprendre la justice derrière de Dieu ces déclarations infaillibles à travers des Papes. Mais ce n’est pas de notre devoir de remettre en question les lois de Dieu et les décrets. Notre travail consiste à croire en premier et deuxièmement à comprendre. Pourtant, si l’on regarde cette situation clairement, on peut comprendre la justice derrière. Adam et Eve ont apporté la mort et le péché originel sur chaque être par leur péché en mangeant le fruit défendu. Sont-ils tombés juste pour désirer le fruit ? Non ! Ils sont tombés après avoir mangé un fruit réel physique. Si vous ne pouvez pas accepter que l’humanité tout entière doive être baptisée au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, comment pouvez-vous accepter que toute l’humanité soit tombée dans le péché à cause d’Adam et Ève qui ont mangé un fruit physique ?

Profession de foi tridentine : «un baptême»

La Profession de foi tridentine est simple et claire :

Bulle Iniunctum nobis Pie IV, Profession de foi tridentine, 13 novembre 1564 : «… Nous confessons un baptême pour la rémission des péchés [Confiteor unum baptisma in remissionem peccatorum]»

«un baptême» = unique baptême et non pas des baptêmes de plusieurs sortes.

Nier en connaissance, volontairement ou obstinément, la nécessité du baptême pour le salut c’est nier la profession de foi de Trente, c’est l’hérésie.

 

Ce que Dieu enseigne infailliblement par Son Église contre le baptême de désir

Marc 16, 16

Marc 16, 16 :  «Celui qui croira et sera baptisé, sera sauvé : mais celui qui ne croira pas sera condamné».

« Celui qui croira et sera baptisé, sera sauvé » est infaillible.

Jean 3, 5

Jean 3, 5 (Vulgate) : Jésus répondit : « En vérité, en vérité, je te le dis, si quelqu’un ne renaît de l’eau et de l’Esprit-Saint, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu ».

« si quelqu’un [quiconque] ne renaît de l’eau … il ne peut entrer » est universel et s’applique à tout homme sans aucune exception. Dans Jean 3, 5, Notre Seigneur parle sans équivoque de tout homme, et parle universellement.

Voilà pourquoi l’enseignement du Magistère de l’Église catholique, dans tous les cas, a traité avec Jean 3, 5, et l’a pris comme il est écrit (voir Concile de Carthage, Denz. 102 ; Florence, Denz. 696 ; Trente, Sess 5, n° 4, Denz. 791 ; Trente, Sess. 6, Chap. 4 ; Trente, Can. 2 et 5 sur le baptême, Denz. 858 et 861).

Les Canons de Trente sur le baptême sont des canons sur le Sacrement (Canones de Sacramento baptismi).  Les paroles de Jean 3, 5 montrent effectivement l’inspiration surnaturelle de la Bible et la nécessité absolue du baptême d’eau pour chaque homme.

Cela signifie que le Can. 5 (voir ci-dessous) condamne quiconque dit que le sacrement du Baptême (le baptême d’eau) n’est pas nécessaire pour le salut.

Pape Paul III, Concile de Trente, canons sur le sacrement du Baptême, Can. 5 : «Si quelqu’un dis que le baptême [le sacrement] est facultatif, c’est-à-dire non nécessaire pour le salut (cf. Jean 3, 5) : qu’il soit anathème».

Il prend également Jean 3, 5 littéralement une fois de plus, comme l’Église l’a toujours fait.

Jean 3, 5, 7 : «Jésus répondit : En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît de nouveau de l’eau et l’Esprit-Saint, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu … Ne t’étonnes point que je t’aie dit : Il faut que vous naissiez de nouveau».

Jean 3, 5 est universel, Notre Seigneur parle sans équivoque de tout homme, et parle universellement.

Pape Paul III, Concile de Trente, Sess. 6, chap. 4, 13 janv. 1547 ex cathedra : Ces mots esquissent une description de la justification de l’impie, comme étant un transfert de l’état dans lequel l’homme naît du premier Adam à l’état de grâce et d’adoption des fils de Dieu [Rm 8, 15], par le second Adam, Jésus Christ, notre Sauveur. Après la promulgation de l’Évangile, ce transfert ne peut se faire sans le bain de la régénération [canon 5 sur le baptême] ni sans le désir de celui-ci, selon ce qui est écrit : « Nul ne peut entrer dans le Royaume de Dieu s’il ne renaît pas de l’eau et de l’Esprit Saint » [Jn 3,5].

(Sur l’hérésie du baptême de désir sur la session 6, chapitre 4 du concile de Trente, voir plus haut : Objections majeures, n°1.)

Ce dogme fait référence au canon 5 et à Jean 3, 5 :

1° – au canon 5  [canon 5 sur le baptême] : Si quelqu’un dit que le baptême est libre, c’est-à-dire n’est pas nécessaire pour le salut : qu’il soit anathème.

2° – et à Jean 3, 5 [Jn 3, 5] : Jésus répondit : « En verité, en vérité, je te le dis, si quelqu’un ne renait de l’eau et de l’Esprit-Saint, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu ».

Concile de Florence

Pape Eugène IV, Concile de Florence, «Exultate Deo», 22 novembre 1439, ex cathedra (déclaration infaillible à tenir sous peine d’hérésie) : « le saint baptême, qui est la porte d’entrée de la vie spirituelle, tient la première place parmi tous les sacrements, à travers lui, nous sommes faits membres du Christ et du corps de l’Église. Et puisque la mort est entrée dans l’univers du premier homme, à moins que nous soyons nés de nouveau d’eau et d’Esprit, nous ne pouvons pas, comme dit la Vérité, « entrer dans le royaume des cieux » [Jean 3, 5]. La matière de ce sacrement est l’eau vraie et naturelle ».

Avez-vous entendu ? «… à travers lui [le saint baptême], nous sommes faits membres du Christ et du corps de l’Église» et «à moins que nous soyons nés de nouveau d’eau et d’Esprit, nous ne pouvons pas, comme dit la Vérité, « entrer dans le royaume des cieux » [Jean 3, 5]».

Infailliblement, c’est l’eau du baptême (sacrement) qui fait membre de l’Église, car si nous ne somme pas nés de nouveau (régénération) d’eau et d’Esprit, il n’y a pas de salut : c’est l’enseignement ex cathedra qui détruit les hérésies du baptême d’eau, baptême de sang, et salut de l’ignorant invincible.

Voilà, l’hérésie du « baptême de désir » est écrasée par la loi divine.

Concile de Trente

6ème session

Pape Paul III, Concile de Trente, Sess. 6, chap. 4, 13 janv. 1547 ex cathedra : Ces mots esquissent une description de la justification de l’impie, comme étant un transfert de l’état dans lequel l’homme naît du premier Adam à l’état de grâce et d’adoption des fils de Dieu [Rm 8, 15], par le second Adam, Jésus Christ, notre Sauveur. Après la promulgation de l’Évangile, ce transfert ne peut se faire sans le bain de la régénération [canon 5 sur le baptême] ni sans le désir de celui-ci, selon ce qui est écrit : « Nul ne peut entrer dans le Royaume de Dieu s’il ne renaît pas de l’eau et de l’Esprit Saint » [Jn 3,5].

(Sur l’hérésie du baptême de désir sur la session 6, chapitre 4 du concile de Trente, voir plus haut : Objections majeures, n°1.)

Ce dogme fait référence au canon 5 et à Jean 3, 5 :

1° – au canon 5  [canon 5 sur le baptême] : Si quelqu’un dit que le baptême est libre, c’est-à-dire n’est pas nécessaire pour le salut : qu’il soit anathème.

2° – et à Jean 3, 5 [Jn 3, 5] : Jésus répondit : « En verité, en vérité, je te le dis, si quelqu’un ne renait de l’eau et de l’Esprit-Saint, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu ».

7ème session

Canon 2 sur le sacrement du baptême

Pape Paul III, Concile de Trente, Can. 2 sur le sacrement du Baptême, Sess. 7, 1547, ex cathedra : « Si quelqu’un dit que l’eau réelle et naturelle n’est pas nécessaire pour le baptême, et à ce titre les paroles de Notre-Seigneur Jésus-Christ : «Si un homme ne naît de nouveau de l’eau et de l’Esprit Saint» [Jean 3, 5], sont déformées dans une sorte de métaphore : qu’il soit anathème ».

Comme vous pouvez le voir, vous êtes frappé d’anathème si vous affirmez que le baptême de désir est une doctrine catholique !

C’est une condamnation infaillible d’un autre baptême que le baptême d’eau.

Canon 5 sur le sacrement du baptême

Concile de Trente, Sess. 7, canon 5 sur le sacrement du baptême, 3 mars 1547 : «Si quelqu’un dit que le baptême est libre, c’est-à-dire n’est pas nécessaire pour le salut : (cf. Jean 3, 5) : qu’il soit anathème».

C’est une condamnation infaillible du « baptême de désir ».

14ème session

Pape Jules III, Concile de Trente, 14ème session, ch. 1, 25 nov. 1551 ex cathedra : «…s’il y avait dans tous les régénérés une telle reconnaissance envers Dieu qu’ils gardent constamment la justice, reçue dans le baptême de sa bonté et de sa grâce, il n’aurait pas été besoin d’instituer un autre sacrement que celui du baptême pour la rémission des péchés. Mais parce que « Dieu, riche en miséricorde » (Ép 2, 4), « sait de quoi nous sommes faits » (Ps 102, 14) il a aussi donné un remède rendant la vie à ceux qui se sont ensuite livrés à l’esclavage du péché et au pouvoir du démon : le sacrement de la pénitence, par lequel le bienfait de la mort du Christ est appliqué à ceux qui sont tombés après le baptême».

Ci-dessus, le concile de Trente enseigne infailliblement que «les régénérés» ont reçu la justice par le sacrement du baptême ; La régénération ne se fait que par le sacrement de baptême ou baptême d’eau : Jean 3, 5 ; Pape Eugène IV, Concile de Florence, Exultate Deo, 22 nov. 1439 ex cathedra ; Pape Paul III, Concile de Trente, Sess. 7, Can. 2 sur le sacrement du Baptême, 3 mars 1547, ex cathedra ; Pape Paul III, Concile de Trente, Sess. 6, chap. 4, 13 janv. 1547 ex cathedra.

Pape Innocent Ier

Pape Innocent Ier, Lettre «Inter ceteras Ecclesiae Romanae» à Silvanus et aux autre pères du concile de Milève, 27 janvier 417, chap. 5 – La nécessité du baptême :  «… que les petits enfants peuvent, même sans la grâce du baptême, jouir des récompenses de la vie éternelle, cela est stupide au plus haut point. Si, en effet, ils ne mangent pas la chair du Fils de l’homme et ne boivent pas son sang, ils n’auront pas la vie en eux (voir Jn 6,53 ). Ceux qui soutiennent que ces enfants l’auront sans être renés, me paraissent vouloir rendre vain le baptême lui-même, en prêchant qu’ils ont ce que la foi professe ne pouvoir leur être conféré que par le baptême.

«Si donc, comme ils le veulent, il n’y a aucune fâcheuse conséquence à ne pas renaître, il leur faut aussi professer que les saintes eaux de la nouvelle naissance ne servent à rien. Mais, la vérité peut avoir rapidement raison de la doctrine erronée de ces hommes vains avec les paroles que le Seigneur dit dans l’Évangile :  » Laissez venir à moi les petits enfants et ne les empêchez pas ; car c’est à leurs pareils qu’appartient le Royaume des cieux. (voir Mt 19,14 ; Mc 10,14 ; Lc 18,16)» [Denz. 1957, n°219].

On est membre de l’Église par le sacrement du baptême 

Pape Eugène IV, Concile de Florence, «Exultate Deo», 22 nov. 1439 ex cathedra : «le saint baptême, qui est la porte de la vie spirituelle, tient la première place parmi tous les sacrements, à travers lui, nous sommes devenus membres du Christ et du corps de l’Église. Et puisque la mort est entrée dans l’univers par le premier homme, à moins que nous soyons nés de nouveau d’eau et d’Esprit, nous ne pouvons pas », comme dit la Vérité, « entrer dans le royaume des cieux » [Jean 3, 5] La matière de ce sacrement est l’eau vraie et naturelle».

Pape Jules III, Concile de Trente, 14ème session, chap. 2, 25 nov. 1551 ex cathedra : « … puisque l’Église n’exerce de jugement sur personne qui ne soit d’abord entré dans l’Église par la porte du baptême, « Qu’ai-je à faire en effet, dit l’Apôtre, de juger ceux du dehors ? » (1 Co 5, 12). Il en va autrement de ceux qui sont de la famille de la foi (Ga 6,10) que le Seigneur Christ a faits une fois pour toutes membres de son corps par le bain du baptême (1 Co 12,12-13)».

Pape Benoit XIV, Singulari nobis, n° 13, 9 fev. 1749 : «celui qui a reçu le baptême [d’un hérétique, de façon régulière], devient membre de l’Église catholique en vertu de celui-ci [sacrement de baptême] … le baptisé [baptême d’eau] devient membre de l’Église [cf Suares Fidei catholicae defensio contra errores sectae anglicanae, L I, ch. 24]».

Pape Pie XI, Quas Primas, n° 15, 11 déc. 1925 : « En outre, ils [les hommes] ne peuvent y entrer [ce royaume] que par la foi et le baptême, qui, bien qu’un rite extérieur, signifie et a l’effet d’une régénération intérieure ».

Pape Pie XI, Divini illius magistri, 31 déc. 1929 : «La troisième société enfin, au sein de laquelle les hommes entrent dans la grâce divine par le bain du baptême [baptême d’eau], est l’Église…».

Pape Pie XII, Mystici corporis Christi, 29 juin 1943 : «Par conséquent, comme dans l’assemblée véritable des fidèles il n’y a qu’un seul corps, un seul Esprit, un seul Seigneur et un seul baptême [le baptême d’eau], il ne peut ainsi y avoir qu’une seule foi [Éph. 4, 5]».

Seuls sont qui ont reçu le sacrement du baptême sont membres de l’Église, affirmer le contraire est hérétique.

Objections majeures

Objection n° 1 : Concile de Trente, Session 6, chapitre 4

Dans la Session 6, chapitre 4 de son décret sur la justification, le Concile de Trente enseigne que la justification peut se faire par l’eau du baptême ou le désir de celui-ci ! Alors là !

RÉPONSE – [Note préliminaire : Si la Sess. 6, chap. 4 de Trente enseignait ce que prétendent les défenseurs du baptême de désir (ce qui n’est pas le cas), alors cela signifierait que chaque homme doit recevoir le baptême ou au moins avoir le désir réel/vœu du baptême pour être sauvé. Cela voudrait dire que ce serait une hérésie de dire que toute personne non-baptisée peut être sauvée si elle n’a pas au moins le désir/vœu du baptême d’eau. Mais 99% des personnes qui citent ce passage en faveur du baptême de désir ne croient même pas que l’on doit désirer le baptême pour être sauvé ! Ils croient que les juifs, les bouddhistes, les hindous, les musulmans, etc., peuvent être sauvés s’ils ne désirent pas le baptême d’eau. Ainsi, 99% de ceux qui citent ce passage rejettent même ce qu’ils prétendent qu’il enseigne. Franchement, ce fait montre juste la malhonnêteté et la mauvaise volonté de la plupart des défenseurs du baptême de désir qui tentent de citer ce passage comme s’ils s’étaient consacrés à son enseignement, alors qu’en fait, ils n’y croient pas du tout et sont dans l’hérésie pour enseigner que les non-catholiques peuvent être sauvés s’ils n’ont même pas le désir du baptême d’eau.]

Cela étant précisé, ce passage du Concile de Trente n’a pas enseigné que la justification peut se faire par l’eau ou par le désir du baptême. Il dit que la justification de l’impie ne peut avoir lieu SANS l’eau ou le désir du baptême. C’est totalement différent de l’idée selon laquelle la justification peut se faire par l’eau ou le désir du baptême.

Pape Paul III, Concile de Trente, Sess. 6, chap. 4 : «Ces mots esquissent une description de la justification de l’impie, comme étant un transfert de l’état dans lequel l’homme naît du premier Adam à l’état de grâce et d’adoption des fils de Dieu, par le second Adam, Jésus Christ, notre Sauveur. Après la promulgation de l’Évangile, ce transfert NE peut se faire sans le bain de la régénération ou le désir de celui-ci, selon ce qui est écrit : « Nul ne peut entrer dans le Royaume de Dieu s’il ne renaît pas de l’eau et de l’Esprit Saint » [Jn 3, 5]».

Tout d’abord, le lecteur doit noter que ce passage crucial de Trente a été horriblement mal traduit du latin dans la version anglaise et française du populaire Denzinger, les sources du dogme catholique, qui est cité ci-dessus.

L’expression critique, « Après la promulgation de l’Évangile, ce transfert ne peut se faire sans le bain de la régénération ou le désir de celui-ci » a été mal traduit comme suit :« Après la promulgation de l’Évangile, ce transfert ne peut se faire sauf par la cuve de régénération ou le désir de celui-ci …  » Cette erreur de traduction du mot latin «sine» (sans) – qui se trouve dans l’original latin – pour« sauf par» modifie complètement le sens du passage et favorise l’erreur du baptême de désir. Il est important de le garder à l’esprit parce que cette erreur de traduction est encore utilisée tout le temps par les défenseurs du baptême de désir (souvent volontairement), y compris dans des publications récentes de la FSSPX et la CMRI. Cela étant dit, je vais continuer à discuter de ce que dit le Concile ici.

En regardant une traduction correcte, que l’on trouve dans de nombreux livres, le lecteur devrait également remarquer que, dans ce passage, le Concile de Trente enseigne que Jean 3, 5 est à prendre comme il est écrit (latin : sicut scriptum est), ce qui exclut toute possibilité de salut sans être né de nouveau de l’eau dans le sacrement du baptême. Il n’y a aucun moyen pour que le baptême de désir puisse être vrai si Jean 3, 5 est à prendre comme c’est écrit, parce que Jean 3, 5 dit que chaque homme doit être né de nouveau de l’eau et de l’Esprit pour être sauvé, c’est ce que nie la théorie du baptême de désir. La théorie du baptême de désir et une interprétation de Jean 3, 5 comme c’est écrit s’excluent mutuellement (elles ne peuvent pas être vraies en même temps) – et chaque promoteurs du baptême du désir l’admettront. C’est pourquoi ils doivent tous – et faire – opter pour une interprétation littérale de Jean 3, 5.

Mais qu’est-ce que le passage de Trente que nous venons de voir dit : Il dit infailliblement, « selon ce qu’il est écritsi un homme ne naît de nouveau d’eau et du SAINT-ESPRIT, IL NE PEUT ENTRER DANS LE ROYAUME DE DIEU ».

Mais que dire de la prétention des partisans du baptême de désir : que l’utilisation du mot «ou» (en latin : aut) dans le passage ci-dessus signifie que la justification peut se faire par l’eau ou le désir du baptême. Un regard attentif sur la traduction correcte de ce passage montre que cette affirmation est fausse. Supposons que je dise : «Cette douche ne peut se faire sans eau ou le désir d’en prendre une». Est-ce que cela signifie qu’une douche peut se faire par le désir de prendre une douche ? Non, ce n’est pas le cas. Cela signifie que les deux (l’eau et le désir) sont nécessaires.

Ou supposons que je dise : « Il ne peut se faire de mariage sans une épouse ou un époux ».Est-ce que cela signifie qu’un mariage ne peut avoir lieu avec [concernant] un époux et [concernant] une épouse ? Bien sûr que non. Cela signifie que les deux sont nécessaires pour le mariage. On pourrait citer des centaines d’autres exemples. De même, le passage de Trente ci-dessus qui dit que la justification NE PEUT SE FAIRE SANS l’eau ou le désir, dit, en d’autres termes, que les deux sont nécessaires. Il n’a pas dit que la justification se fera par l’eau ou le désir !

L’infaillibilité concerne le latin et non la traduction :

Conc. (oecum. XIX) de Trente, Sess. 6, Cap. 4. : Quibus verbis iustificationis impii descriptio insinuatur, ut sit translatio ab eo statu, in quo homo nascitur filius primi Adae, in statum gratiae et ‘adoptionis filiorum’ (Rom 8,15) Dei, per secundum Adam Iesum Christum Salvatorem nostrum ; quae quidem translatio post Evangelium promulgatum sine lavacro regenerationis (can. 5 de bapt.) aut eius voto fieri non potest, sicut scriptum est : ‘Nisi quis renatus fuerit ex aqua et Spiritu Sancto, non potest introire in regnum Dei’ (Jo 3,5).

« aut » ci-dessus veut dire « et » : c’est un « ou » qui signifie « et ».

La phrase latine «… sine lavacro regenerationis (can. 5 de bapt.) aut eius voto fieri non potest» signifie : «ce transfert ne peut se faire sans le bain de la régénération [canon 5 sur le baptême] ni sans le désir de celui-ci» ou aussi «ce transfert ne peut se faire sans le bain de la régénération [canon 5 sur le baptême] ni non plus sans le désir de celui-ci»

Dans ce contexte littéral-ci, aut traduit par « ou » est une mauvaise traduction d’une mauvaise compréhension dont se servent les partisans du baptême de désir disant ainsi quelque chose comme «le baptême ou le désir du baptême ouvre au salut», ce qui est soit une erreur, une mauvaise compréhension, une mauvaise interprétation ou une ignorance (hérésie matérielle qui n’est pas une véritable hérésie excluant ipso facto de l’Eglise), ou soit alors une hérésie (négation obstinée du dogme excluant ipso facto de l’Eglise). En effet, le canon 5 sur le baptême et Jn 3, 5 ci-dessous auxquels fait référence le ch.4, Sess. 6 obligent infailliblement à recevoir le baptême d’eau (sacrement reçu avec le désir et non sans) pour le salut.

Le mot latin aut peut se traduire selon la phrase soit par le mot ou voulant dire « ou », soit par le mot ou voulant dire « et ». Les latinistes compétents ou experts conviennent que aut est un ou qui signifie « et », et non pas un ou qui signifie « ou » dans le contexte ci-dessus. En plus, après une négation, aut signifie « et » (Dictionnaire latin-français F. Gaffiot, 1934, ed. Hachette, p. 195) : « sine » est avant « aut », ce qui est une négation avant « aut ».

Dans la phrase en français, «… ce transfert ne peut se faire sans le bain de la régénération [canon 5 sur le baptême] ou sans le désir de celui-ci…», c’est le mot le mot « sans » qui donne son sens au « ou » qui le suit. Le sens du mot « ou » est dépendant et directement déterminé par le sens du mot « sans » le précédant. Le mot « sans » est une négation qui précède le mot « ou », lui-même est donc une négation qui signifie « ni sans », « ni non plus ».

Signification correcte de la traduction :

Concile de Trente, Sess. 6, chap. 4 : «Ces mots esquissent une description de la justification de l’impie, comme étant un transfert de l’état dans lequel l’homme naît du premier Adam à l’état de grâce et d’adoption des fils de Dieu [Rm 8, 15], par le second Adam, Jésus Christ, notre Sauveur. Après la promulgation de l’Évangile, ce transfert ne peut se faire sans le bain de la régénération [canon 5 sur le baptême] ou[c’est-à-dire ni sans] le désir de celui-ci, selon ce qui est écrit : « Nul ne peut entrer dans le Royaume de Dieu s’il ne renaît pas de l’eau et de l’Esprit Saint » [Jn 3, 5].»

[canon 5 sur le baptême] : Si quelqu’un dit que le baptême est libre, c’est-à-dire n’est pas nécessaire pour le salut : qu’il soit anathème.

[Jn 3, 5] : Jésus répondit : « En verité, en vérité, je te le dis, si quelqu’un ne renait de l’eau et de l’Esprit-Saint, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu ».

Ce texte signifie que le transfert ne peut pas se faire sans le bain de régénération (sacrement du baptême ) ni non plus aussi sans le désir du baptême, c’est-à-dire que le baptême doit être reçu avec le désir pour être valide (loi divine) et non sans désir (ou contraint), ce que confirme le saint office conformément au dogme dans le chapitre 4, session 6 du Concile de Trente :

Saint-Office (Pape Pie IX)  au vicaire apostolique de Tche-Kiang, 1er août 1860 : « …Est requise de façon nécessaire [loi divine, Trente sess. 6, ch. 4] l’intention ou la volonté de recevoir ce sacrement, et si elle fait défaut, le caractère baptismal n’est pas imprimé à l’adulte. Or la foi et le repentir sont requis chez l’adulte pour qu’il reçoive le sacrement de façon licite, et qu’il obtienne le fruit du sacrement ; l’intention cependant est nécessaire pour qu’il l’obtienne de façon valide, de sorte que celui qui est baptisé adulte sans la foi et le repentir, l’est de façon illicite certes, mais valide, et qu’en revanche celui qui est baptisé sans la volonté de recevoir le sacrement n’est baptisé ni licitement ni validement… ».

Avez-vous entendu ? Comme l’enseigne l’Église le sacrement de baptême est invalide sans le désir de le recevoir comme l’enseigne le chapitre 4, session 6 du Concile de Trente. Par conséquent, ceux qui continuent à nier la véritable signification infaillible de la session 6, chapitre 4 du Concile de Trente sont hérétiques.

De plus, le « baptême de désir » n’est pas une régénération comme le sacrement de baptême, comme le dit saint Thomas dans sa Somme théologique :

Et la régénération est une nécessité absolue ou de loi divine pour entrer au ciel comme l’enseigne infailliblement le dogme défini du concile de Florence ci-dessous :

Pape Eugène IV, Bulle Exultate Deo, Concile de Florence, 22 nov. 1439 ex cathedra (Magistère solennel) : La première place de tous les sacrements est tenue par le saint baptême, qui est la porte de la vie spirituelle ; par lui nous devenons membres du Christ et du corps de l’Église. Et comme par le premier homme la mort est entrée en tous Rm 5,12si nous ne renaissons pas par l’eau et l’esprit nous ne pouvons, comme dit la Vérité, entrer dans le Royaume des cieux [Jn 3, 5].

Le chapitre 4, Session 6 du Concile de Trente confirme simplement le Concile de Florence (17ème œcuménique) avec les mêmes références concernant le baptême : Jean 3, 5 (ci-dessus).

Le dogme est infaillible et ne peut jamais se contredire : penser le contraire est hérétique. Le baptême de désir n’existe pas, ce n’est rien que le désir de baptême.

Pape Paul III, Concile de Trente, Can. 2 sur le sacrement du Baptême, Sess. 7, 1547, ex cathedra : « Si quelqu’un dit que l’eau réelle et naturelle n’est pas nécessaire pour le baptême, et à ce titre les paroles de Notre-Seigneur Jésus-Christ : «Si un homme ne naît de nouveau de l’eau et de l’Esprit Saint» [Jean 3, 5], sont déformées dans une sorte de métaphore : qu’il soit anathème ».

Comme vous pouvez le voir ci-dessus, vous êtes frappé d’anathème si vous affirmez que le baptême de désir est une doctrine catholique.

 

Objection n° 2 : Le Catéchisme du Concile de Trente

Le Catéchisme du Concile de Trente a enseigné que la volonté de recevoir le baptême pourrait faire bénéficier de la grâce et de la justice s’il est impossible de recevoir le baptême.

Catéchisme du Concile de Trente, ordinaire, ils ne sont pas baptisés de suite, p.179 : «Sur les adultes, cependant, l’Eglise n’a pas été habitué à conférer le sacrement du baptême de suite, mais a ordonné qu’il soit reporté pendant un certain temps. Le retard n’est pas suivi du même danger que dans le cas des nourrissons, que nous avons déjà mentionnés, si un accident imprévu rend impossible pour les adultes d’être lavés dans les eaux salutaires, leur intention et la volonté de recevoir le baptême et leur repentir des péchés passés, leur serviront pour la grâce et la justice. «

RÉPONSE – Le Catéchisme du Concile de Trente n’est pas infaillible. Les Pères John A. Mc Hugh, OP et Charles J. Callan, OP ont écris l’introduction d’une traduction commune du Catéchisme du Concile de Trente. Leur introduction contient la citation suivante intéressante du Dr John Hagan, Recteur du Collège irlandais à Rome, sur l’autorité du Catéchisme.

Catéchisme du Concile de Trente – quinzième impression, Tan Books, introduction XXXVI : «Les documents officiels ont parfois été émis par les papes pour expliquer certains points de la doctrine catholique aux individus ou aux communautés chrétiennes locales, tandis que le Catéchisme romain comprend pratiquement tout le corps de la doctrine chrétienne, et s’adresse à toute l’Église. Son enseignement n’est pas infailliblemais il occupe une place parmi les catéchismes approuvés et ce qui est de foi ».

Objection n° 3 : Saint Thomas

Saint Thomas d’Aquin enseigne le baptême de désir dans sa Somme théologique :

Saint Thomas, Somme théologique Partie III, Q. 66, art. 11 : «Les deux autres baptêmes (de sang et d’esprit) sont inclus dans le baptême d’eau, qui tient son efficacité de la passion du Christ…»

St Thomas d’Aquin, Somme Théologique, Partie III, Q. 66, Art. 11, Sol. 2 : « Comme on l’a dit plus haut, le sacrement est essentiellement signe. Ce que les deux autres baptêmes [baptêmes de désir et de sang] ont de commun avec le baptême d’eau, ce n’est pas la raison de signe, mais l’effet du baptême. Aussi ne sont-ils pas des sacrements. »

Saint Thomas, Somme théologique Partie III, Q. 68, Art. 2 : «…il semble que sans le sacrement de baptême on puisse obtenir le salut par la sanctification invisible…»

Dans la première citation ci-dessus, Saint Thomas tente de justifier trois baptêmes (d’eau, de sang et de désir) contrairement à l’Ecriture qui dit infailliblement qu’il y a un seul baptême :

Éphésiens 4, 5-6 : «Il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous…».

Dans la seconde citation ci-dessus, Saint Thomas admet que ni le baptême de désir ni le de sang ne sont un sacrement contrairement à l’enseignement infaillible de l’Eglise qui dit :

Pape Paul III, Concile de Trente, Session 7, canon 5 sur le Sacrement de Baptême, ex-cathedra : «Si quelqu’un dit, que le baptême [sacrement] est libre, c’est-à-dire n’est pas nécessaire pour le salut [cf Jean 3, 5] : qu’il soit anathème».

St Thomas est en contradiction avec le baptême de désir qu’il théorise lui-même car il enseigne lui-même ce que « nécessaire » signifie ce sans quoi quelque chose ne peut pas être.

St Thomas, Somme, Partie III, Q. 68, Art. 2, Obj. 3, [sur la signification de « nécessaire »] : «ce sans quoi une chose ne peut être».

Dans la troisième citation ci-dessus, Saint Thomas tente de justifier l’obtention du salut sans sacrement de baptême contrairement à l’enseignement infaillible de l’Eglise qui dit :

Pape Paul III, Concile de Trente, Canon 2 sur le Sacrement de Baptême, Session 7, 1547, ex-cathedra : « Si quelqu’un dit que l’eau vraie et naturelle n’est pas chose nécessaire pour le baptême et si, en conséquence, il détourne au sens d’une métaphore les paroles de notre Seigneur Jésus Christ : « Si l’on ne renaît pas de l’eau et de l’Esprit Saint » [Jean 3, 5] : qu’il soit anathème».

Pape Clément V, Concile de Vienne, 1311-1312, ex-cathedra : « Pour cette raison, tous doivent fidèlement confesser qu’un unique baptême régénère tous ceux qui sont baptisés dans le Christ comme il n’y a qu’un seul Dieu et une seule foi [Éphésiens 4, 5], et que, célébré dans l’eau au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, Nous croyons qu’il est un remède parfait pour le salut aussi bien pour les adultes que pour les enfants».

Un Docteur de l’Église n’est pas infaillible, c’est-à-dire qu’il peut enseigner l’erreur. La somme théologique de Saint Thomas d’Aquin n’est pas infaillible et il le dit lui-même :

Saint Thomas, Somme, II-II, Q. 10, art. 12 : « Il faut répondre que la coutume de l’Église a la plus grande autorité, qu’il faut la suivre en tout ; parce que la doctrine des docteurs catholiques tire de l’Église toute sa force. Par conséquent il faut se reposer sur l’autorité de l’Eglise plus que sur celle de saint Augustin, de saint Jérôme ou de tout autre docteur».

Dans sa Somme théologique,, saint Thomas enseigne une énorme erreur sur l’Immaculée Conception de la sainte Vierge contrairement aux pères qui avaient enseigné l’Immaculée Conception de la sainte Vierge (Voir L’Immaculée Conception – Le Nom de la sainte Vierge) :

Saint Thomas, Somme, Tertia, Q. 27, art. 2, réponse au second : «tandis que la bienheureuse Vierge a contracté le péché originel, mais elle en a été purifié avant de naître».

L’erreur sur l’Immaculée Conception prouve que la Somme est faillible (et parce que Dieu a permis cette erreur pour le montrer) car l’Immaculée Conception est un Dogme de foi (loi divine). Dans ce cas, saint Thomas n’a pas enseigné pas l’hérésie, car le dogme de l’Immaculée Conception n’a été défini que le 8 décembre 1854 par le pape Pie IX dans Ineffabilis Deus : L’Immaculée Conception est un dogme de foi à tenir sous peine d’hérésie.

On ne doit pas adhérer aux enseignements de la Somme qui ne sont pas ordonnés à l’enseignement infaillible de l’Eglise, et qui sont des erreurs, sinon une hérésie parce qu’on refuserait le dogme et les vérités de foi.

Il n’ y a que les papes qui ont la foi indéfectible (qui ne peut pas cesser).

Pape Pie IX, Concile Vatican I, 1870, (Ench. Symb. 3071) ex cathedra : « Ce charisme de vérité et de foi à jamais indéfectible a été accordé par Dieu à Pierre et à ses successeurs en cette chaire… »

Pape Benoît XIV, Apostolica, 26 juin 1749 : « Le jugement de l’Église est préférable à celui d’un docteur qui serait renommé pour sa sainteté et son enseignement».

Pape Pie XII, Humani generis, 12 août 1950 : « Et ce dépôt, ce n’est ni à chaque fidèle, ni même aux théologiens que le Christ l’a confié pour en assurer l’interprétation authentique, mais au seul magistère de l’Eglise».

Pape St Pie X, Pascendi Dominici Gregis, 8 sept. 1907, n° 63 : «Il va sans dire que s’il se rencontre quelque chose chez les docteurs scolastiques que l’on puisse regarder comme excès de subtilité, ou qui ne cadre pas avec les découvertes des temps postérieurs, ou qui n’ait enfin aucune espèce de probabilité, il est bien loin de notre esprit de vouloir le proposer à l’imitation des générations présentes».

Les catholiques doivent accepter cette vérité et rejeter l’opinion faillible de saint Thomas sur le baptême de désir dans sa Somme Théologique.

On ne peut pas recevoir le sacrement du Baptême sans eau, comme le canon 2 du Concile de Trente le montre :

Pape Paul III, Concile de Trente, Canon 2 sur le Sacrement de Baptême, Session 7, 1547, ex-cathedra (Ench. Symb. 1615) : « Si quelqu’un dit que l’eau vraie et naturelle n’est pas chose nécessaire pour le baptême et si, en conséquence, il détourne au sens d’une métaphore les paroles de notre Seigneur Jésus Christ : « Si l’on ne renaît pas de l’eau et de l’Esprit Saint » [Jean 3, 5] : qu’il soit anathème».

Saint Thomas n’a pas enseigné une hérésie en parlant du baptême de désir, mais une énorme erreur (comme avec celle sur l’Immaculée Conception plus haut) car il est mort peu avant le concile de Vienne en 1311 qui a infailliblement défini un seul baptême, le baptême d’eau.

Pape Clément V, Concile de Vienne, 1311-1312, ex-cathedra (Ench. Symb. 903) : « Pour cette raison, tous doivent fidèlement confesser qu’un unique baptême régénère tous ceux qui sont baptisés dans le Christ comme il n’y a qu’un seul Dieu et une seule foi [Ephésiens 4, 5], et que, célébré dans l’eau au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, Nous croyons qu’il est un remède parfait pour le salut aussi bien pour les adultes que pour les enfants».

C’est pourquoi les vrais catholiques ne vont pas dans les définitions des saints ou des théologiens au moment de décider ce qui constitue la foi catholique, mais vers le dogme infaillible catholique proclamé par les papes de la chaire de Pierre (ex cathedra).

En outre, il faut utiliser le texte traditionnel de la Somme théologique qui est complet et non les traductions modernes (modernistes) qui comportent des modifications de mots, des phrases entièrement remaniées et certaines parties de paragraphes absentes.

 

Objection n° 4 : Le catéchisme dit de St Pie X

Le Catéchisme attribué au pape saint Pie X nous redis la même foi de l’enseignement de l’Église catholique sur l’absolue nécessité du baptême d’eau pour le salut.

Le Catéchisme de saint Pie X, Les sacrements, «Baptême» Question 16 : «Q. Le baptême est-il nécessaire au salut ? R. Le baptême est absolument nécessaire au salut, comme Notre-Seigneur l’a expressément dit : « Si un homme ne naît de nouveau de l’eau et du Saint-Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu».

Ainsi, contrairement à la croyance populaire, ceux qui rejettent «le baptême de désir» suivent réellement l’enseignement du Catéchisme attribué au pape saint Pie X sur la nécessité absolue du baptême d’eau. Ils ne suivent pas, cependant, l’enseignement de ce catéchisme faillible quand il commence à contredire cette vérité sur l’absolue nécessité du baptême d’eau pour le salut.

Le Catéchisme de saint Pie X, Les sacrements, «Baptême» Question 17 : «Q. L’absence du baptême peut être fournie d’une autre manière ? R.  L’absence de baptême peut être remplie par le martyre, qui est appelé baptême de sang, ou par un acte d’amour parfait de Dieu, ou de contrition, avec le désir, au moins implicite, du baptême, et c’est ce qu’on appelle le baptême de désir».

C’est encore une totale contradiction avec ce qui est dit dans la question 16. Il convient de noter que ce catéchisme, ainsi attribué au pape saint Pie X, ne vient pas de sa plume et n’a pas été solennellement promulgué par lui. Il n’y a pas de bulle papale de lui promulguant le catéchisme, c’est donc juste un catéchisme faillible qui s’est répandu pendant son règne et a pris son nom. Mais, même si Saint-Pie X avait lui-même rédigé les mots ci-dessus (ce qu’il n’a pas fait), cela ne ferait que peu de différence sur les points que j’ai fait. C’est parce qu’un pape est infaillible seulement quand il parle magistralement. Ce catéchisme n’est pas infaillible, car il n’a pas été promulgué solennellement de la Chaire de Pierre, ou même spécifiquement par le pape. En outre, ce catéchisme est prouvé ne pas être infaillible par le fait qu’il enseigne l’hérésie abominable qu’il y a un salut « en dehors » de l’Église (comme je vais le montrer) !

Mais voyons où le catéchisme affirme le dogme.

Le Catéchisme de saint Pie X, le Credo des Apôtres : «L’Église en particulier, « Q. 27 : «Q. Peut-on être sauvé en dehors de l’Église catholique, apostolique et romaine ? R. Non, personne ne peut être sauvé en dehors de l’Église catholique, apostolique, de même que nul ne pouvait être sauvé du déluge à l’extérieur de l’Arche de Noé, qui était une figure de l’Église».

Voici le Catéchisme attribué au pape saint Pie X qui réaffirme le dogme défini. Mais il nie ce dogme deux questions plus tard !

Le Catéchisme de saint Pie X, le Credo des Apôtres : «L’Église en particulier», Q. 29 : «Q. Mais si un homme sans aucune faute de sa part est en dehors de l’Eglise, peut-il être sauvé ? R. S’il est hors de l’Église, sans faute de sa part, s’il est de bonne foi, et s’il a reçu le baptême, ou tout au moins le désir implicite du baptême, et si, par ailleurs, il cherche sincèrement la vérité et fait la volonté de Dieu du mieux qu’il peut, un tel homme est en effet séparé du corps de l’Église, mais est uni à l’âme de l’Église et par conséquent est sur le chemin du salut».

Ici, nous voyons ce Catéchisme faillible niant mot pour mot le dogme Hors de l’Eglise point de salut ! Il enseigne qu’il peut y avoir un salut « en dehors » de l’Église, ce qui nie directement la vérité, qu’il enseigne aux gens à la question 27. Cette déclaration est donc hérétique ; en fait, il serait désavoué même par la plupart des hérétiques astucieux de notre époque, qui savent qu’ils ne peuvent pas dire que les gens sont sauvés «en dehors», ils prétendent que les non-catholiques ne sont pas «à l’extérieur», mais sont «à l’intérieur» en quelque sorte. Ainsi, même les hérétiques astucieux qui rejettent le vrai sens du dogme Hors de l’Église point de salut admettraient que la déclaration ci-dessus est hérétique !

En outre, notez que le catéchisme attribué à saint Pie X enseigne l’hérésie selon laquelle les personnes peuvent être unies à «l’âme» de l’Église, mais pas au corps. Comme cela a déjà été prouvé, l’Église catholique est un corps mystique. Ceux qui ne font pas partie du corps n’en font pas partie du tout.

Pape Pie XI, Mortalium Animos, n° 10, 6 janvier 1928 : «Car, puisque le corps mystique du Christ, de la même manière que son corps physique, est un, compacté et convenablement réuni, il est stupide et hors de propos dire que le corps mystique est composé de membres qui sont désunis et se dispersent : donc quiconque n’est pas uni avec le corps n’est pas membre de celui-ci , ni est en communion avec sa tête le Christ « .

Cette discussion sur les catéchismes doit montrer au lecteur comment la négation généralisée de Hors de l’Église point de salut et de la nécessité du baptême d’eau a été perpétuée à travers les textes faillibles avec imprimaturs et pourquoi elle a été absorbée aujourd’hui par presque tous ceux qui professent être catholiques. Elle a été perpétuée par les documents faillibles et des textes qui se contredisent, qui contredisent le dogme défini, et qui – tout le temps – d’ailleurs n’arrivent pas à affirmer les vérités immuables de la nécessité absolue de l’Église catholique et du baptême d’eau pour le salut. Et c’est pourquoi les catholiques sont tenus de respecter le dogme infailliblement défini, pas les catéchismes ou des théologiens faillibles.

Pape Pie IX, Singulari Quadem : «Car, en véritéune fois libérés de ces chaînes corporelles, «nous verrons Dieu tel qu’il est» (1 Jean 3, 2), nous comprendrons parfaitement par la proximité et la beauté que la miséricorde divine et la justice sont obligatoirement unies, mais, tant que nous sommes sur terre, accablés par ce poids mortel qui émousse l’âme, tenons plus fermement que, conformément à la doctrine catholique, il y a «un seul Dieu, une seule foi, un seul baptême» [Eph. 4, 5] ; il est illicite d’aller plus loin dans l’enquête».

Pape Paul III, Concile de Trente, Can. 5 sur le Sacrement du Baptême, ex cathedra : «Si quelqu’un dit que le baptême [le sacrement] est facultatif, c’est-à-dire pas nécessaire pour le salut (cf. Jn 3, 5) : qu’il soit anathème». 

Combien de déclarations de papes infaillibles n’avons-nous pas vu, ce qui prouve absolument qu’un véritable baptême d’eau est nécessaire pour le salut ? N’importe qui niant ce fait est tout simplement un menteur et un hérétique qui adhère obstinément aux sources faillibles au lieu de celles infaillibles, et s’imagine lui-même (ou un autre homme ou une autre source faillible) être la source de la vérité, mettant ainsi l’homme à la place de Dieu (les papes infaillibles par qui la vérité de Dieu est révélée). Quand une telle personne décrite ci-dessus prie le «Notre Père», c’est un hypocrite, parce que lui-même n’a pas l’intention de faire la volonté de Dieu !

Objection n°5 : Le Code de Droit Canonique de 1917

Le Code de Droit Canonique de 1917 enseigne le baptême de désir au canon 737 selon lequel le baptême est nécessaire «au moins dans le désir».

Le Code de 1917 n’a certainement pas été prononcé ex cathedra (de la Chaire de saint Pierre), car il ne lie pas l’Église tout entière, mais seulement l’Église latine (et non les rites orientaux), tel que c’est stipulé dans le canon 1 du Code de 1917.

Canon 1 du Code de droit canonique de 1917 : «Bien que le Code de droit canonique de la discipline de l’Église orientale est fréquemment référencé, néanmoins, cela s’applique uniquement à l’Église latine et ne lie pas l’Orientale, sauf si il traite de choses qui, de par leur nature, s’appliquent à l’Orientale ».

Un pape parle infailliblement de la Chaire de Pierre, quand son enseignement sur la foi ou la morale lie l’Église tout entière, ce que le Code de droit canonique de 1917 ne fait pas :

Pape Pie IX, Concile du Vatican de 1870, Session 4, chap. 4 : «… le Pontife romain, lorsqu’il parle ex cathedra [de la chaire de Pierre], quand, dans l’exercice de son devoir de pasteur et docteur de tous les chrétiens en accord avec sa suprême autorité apostolique, définit une doctrine de la foi ou de la morale qui doit être tenue par l’Église universelle … jouit de cette infaillibilité … «

Le Code de 1917 n’est pas la discipline infaillible de l’Église non plus, comme le prouve le fait qu’il contient une loi qui contredit directement la discipline infaillible de l’Église depuis le début sur un point lié à la foi. La réelle promulgation du Code de 1917, Providentissima Mater Ecclesia, n’a pas été signée par Benoît XV, mais par le cardinal Gasparri et le cardinal De Azevedo. Le cardinal Gasparri, secrétaire d’État, a été l’auteur principal et le compilateur des canons. Certains théologiens prétendent que seules les disciplines qui lient l’Église tout entière – à la différence du Code de 1917 – sont protégées par l’infaillibilité de l’autorité de tutelle de l’Église, un argument qui semble être soutenu dans l’enseignement suivant du pape Pie XII.

Pape Pie XII, Mystici Corporis Christi (n° 66), 29 juin 1943 : « Certes, la Mère aimante est impeccable dans les sacrements, par laquelle elle donne naissance et nourrit ses enfants dans la foi qu’elle a toujours conservé inviolée ; dans ses saintes lois imposées à tous, dans les conseils évangéliques qu’elle recommande, les dons célestes et les grâces extraordinaires à travers lesquels, avec une fécondité inépuisable, elle génère des martyrs, les vierges, et les confesseurs ».

Cela signifierait qu’un droit disciplinaire n’est pas un droit (universel) « catholique » à moins qu’il lie l’Église universelle. Il convient également de rappeler que c’est la loi divine selon laquelle les papes sont infaillibles lorsqu’ils parlent ex cathedra (de la chaire de Pierre.) Ainsi, cela prouve que Pie XII parlait des déclarations infaillibles de la chaire de Pierre. Quoiqu’il en soit, le Code de 1917 ne bénéficie pas de l’infaillibilité.

Un pape parle infailliblement de la Chaire de Pierre (ex cathedra), quand son enseignement sur la foi et les mœurs lie toute l’Église, ce que le Code de 1917 ne fait pas ; ainsi, la proposition du Code de 1917 au canon 737 selon laquelle le baptême est nécessaire « au moins dans le désir » pour le salut n’est pas obligatoire pour l’Église universelle ou protégée par l’infaillibilité. Le code de droit canonique de 1917 n’a aucun poids contre la déclaration infaillible de la Chaire de saint Pierre (qui lie l’Église entière) selon laquelle nul ne peut entrer au ciel sans le sacrement du baptême.

Pape Paul III, Concile de Trente, Can. 5 sur le Sacrement du Baptême, ex cathedra : « Si quelqu’un dit que le baptême [le sacrement] est facultatif, c’est-à- dire n’est pas nécessaire pour le salut (cf. Jn 3, 5) : qu’il soit anathème ».

Pape Paul III, Concile de Trente, Can. 2 sur le Sacrement du Baptême, Sess. 7, 1547, ex cathedra : « Si quelqu’un dit que l’eau réelle et naturelle n’est pas nécessaire pour le baptême, et à ce titre les paroles de Notre-Seigneur Jésus-Christ : «Si un homme ne naît de nouveau de l’eau et de l’Esprit Saint» [Jean 3, 5], sont déformées dans une sorte de métaphore : qu’il soit anathème ».

 

Le Code de Droit Canonique de 1917 contredit aussi la tradition immémoriale de l’Église sur la sépulture ecclésiastique pour les catéchumènes (personnes non-baptisées) en enseignant dans le canon 1239, que les catéchumènes non baptisés peuvent recevoir une sépulture chrétienne. Cela contredit toute la tradition de l’Eglise catholique de 1900 ans si les personnes non baptisés peuvent recevoir une sépulture chrétienne.

Canon 1239, Code de 1917 : «1. Ceux qui meurent sans baptême ne sont pas autorisés à une sépulture ecclésiastique. 2. Les catéchumènes qui, sans baptême, sans aucune faute de leur part, sont à compter comme baptisés « .

Depuis l’époque de Jésus-Christ et à travers toute l’histoire, l’Eglise catholique universelle a refusé la sépulture ecclésiastique aux catéchumènes morts sans le sacrement du Baptême, comme L’Encyclopédie catholique l’admet :

L’Encyclopédie catholique, «Baptême», tome 2, 1907 : «Une certaine déclaration dans l’oraison funèbre de saint Ambroise sur l’empereur Valentinien II a été présentée comme une preuve selon laquelle l’Eglise offrait des sacrifices et des prières pour les catéchumènes qui sont morts avant le baptême. Il n’y a pas un vestige d’une telle mesure se trouvant nulle part … La pratique de l’Eglise est plus correctement indiquée dans le canon (XVII) du Concile de Braga (572 après JC) : « Ni la commémoration du Sacrifice [oblationisni le service du chant [psallendi] ne doit être utilisé pour les catéchumènes qui sont morts sans baptême ».

Telle est la loi de l’Église catholique depuis le début et tout au long de toute l’histoire. Donc, puisque cette question est liée à la foi et non pas simplement disciplinaire, soit l’Église catholique était dans l’erreur depuis l’époque du Christ pour refuser la sépulture ecclésiastique aux catéchumènes qui sont morts sans baptême, soit le Code de 1917 est erroné pour la leur accorder. C’est l’un ou l’autre, parce que le Code de 1917 est en contradiction directe avec la loi traditionnelle et constante de l’Église catholique depuis dix-neuf siècles sur ce point qui est lié à la foi. La réponse est, évidemment, que le Code de 1917 est erroné et n’est pas infaillible, et la loi de l’Église catholique, sur l’ensemble de l’histoire, refusant la sépulture ecclésiastique aux catéchumènes, est juste. En fait, il est intéressant de noter que la version latine du Code de 1917 contient de nombreuses notes en bas, de tradition, de papes, de conciles, etc., pour montrer d’où certains canons ont été tirés. Le canon 1239, 2  donnant la sépulture ecclésiastique à des catéchumènes non baptisés n’a pas de note, de n’importe quel pape, de loi antérieure ou d’un concile, tout simplement parce qu’il n’y a rien dans la tradition qui le soutient !

L’Encyclopédie catholique (1907) cite un décret intéressant du pape Innocent III, dans lequel il a commenté la loi traditionnelle, universelle et constante de l’Église catholique depuis le début qui a refusé la sépulture ecclésiastique à tous ceux qui sont mort sans le sacrement du baptême.

L’Encyclopédie catholique, «Baptême», tome 2, 1907 : «La raison de ce règlement [interdisant la sépulture ecclésiastique à toutes les personnes non baptisées] est donnée par le pape Innocent III (Decr., III, XXVIII, XII) : «Il a été décrété par les saints canons que nous ne devons pas avoir de communion avec ceux qui sont morts, si nous n’avons pas communié avec eux de leur vivant».

Par conséquent, ce canon prouve également que ce code n’est pas infaillible.

Dans l’histoire de l’Église catholique il n’y a pas une seule tradition qui puisse être citée de prier – ou de donner la sépulture ecclésiastique à des catéchumènes qui sont morts sans baptême. Là, vous avez l’enseignement de la Tradition catholique ! Les catéchumènes qui sont morts sans le sacrement du Baptême n’ont pas reçu la prière, le sacrifice ou la sépulture chrétienne ! Le Concile de Braga, en 572 après J-C, a interdit la prière pour les catéchumènes qui sont morts sans baptême. Le pape saint Léon le Grand et le pape saint Gélase avait auparavant confirmé la même discipline de l’Église – ce qui était la pratique universelle – interdisant aux catholiques de prier pour les catéchumènes baptisés décédés. Cela signifie que la croyance dans l’Église primitive était qu’il n’y avait pas une telle chose comme le baptême de désir. La théorie du baptême de désir n’était pas une croyance largement répandue jusqu’au Moyen Age, lorsque saint Thomas d’Aquin et d’autres théologiens éminents en ont fait leur propre théorie, ce qui causa beaucoup de théologiens à adopter par la suite cette position par déférence pour eux, une position de salut possible pour des catéchumènes qui sont morts sans baptême qui était contraire à la croyance écrasante et à la Tradition de l’Église primitive, sans mentionner plus tard, le magistère infaillible de l’Église sur l’Écriture Jean 3, 5.

 

Objection n° 6 : L’Encyclique Mystici Corporis du Pape Pie XII

L’Encyclique Mystici Corporis Christi du Pape Pie XII n’est absolument pas en faveur du baptême de désir et ne dit absolument pas qu’on peut être sauvé hors de l’Église. Mystici corporis Christi est le Magistère ordinaire et infaillible de l’Église.

Pape Pie XII, Mystici corporis Christi, n° 101, 29 juin 1943 : «Pour ceux-là mêmes qui n’appartiennent pas au corps visible de L’Église, vous savez bien, Vénérables Frères, que, dès le début de Notre Pontificat, Nous les avons confiés à la protection et à la conduite du Seigneur, affirmant solennellement qu’à l’exemple du Bon Pasteur Nous n’avions qu’un seul désir : Qu’ils aient la vie et qu’ils l’aient en abondance [1]. Cette assurance solennelle, Nous désirons la renouveler, après avoir imploré les prières de toute l’Église dans cette Lettre encyclique, où Nous avons célébré la louange du  » grand et glorieux Corps du Christ  » [2], les invitant tous et chacun de toute Notre affection à céder librement et de bon cœur aux impulsions de la grâce divine et à s’efforcer de sortir d’un état où nul ne peut être sûr de son salut éternel [3] ; car, même si, par un certain désir et souhait inconscient, ils se trouvent ordonnés au Corps mystique du Rédempteur, ils sont privés de tant et de si grands secours et faveurs célestes, dont on ne peut jouir que dans l’Église catholique. Qu’ils entrent donc dans l’unité catholique, et que, réunis avec Nous dans le seul corps du Corps de Jésus-Christ, ils accourent tous vers le Chef unique en une très glorieuse société d’amour [4]. Sans jamais interrompre nos prières à l’Esprit d’amour et de vérité, Nous les attendons les bras grands ouverts, comme des hommes qui se présentent à la porte, non d’une maison étrangère, mais de leur propre maison paternelle».

[1] Pie XII, Lettre encyclique Summi Pontificatus, 20 octobre 1939 ; AAS XXXI (1939) 419 ; St Jean 10, 10. [2] St Irénée, Adv. Hær., IV, 33, 7 ; PG 7, 1076. [3] Cf. Pie IX, Iam vos omnes [Denz. 2997], 13 sept. 1868 ; Act. Conc. Vat., CL VII, 10. [4] Cf. St Gélase Ier, 1er mars 492-21 novembre 496 [Denz. 347], Epist. XIV. PL 59, 89.

En ce qui concerne ce que dit le pape Pie XII ci-dessus «si, par un certain désir et souhait inconscient, ils se trouvent ordonnés au Corps mystique du Rédempteur», il dit juste que les membres de sectes non-catholiques peuvent obtenir des grâces, qui sont vraies, puisque aucun ne se convertirait à la foi catholique à moins qu’ils aient obtenu des grâces quand ils étaient des infidèles. Il ne dit pas qu’ils sont sauvés hors de l’Église.

Pie XII explique comment l’Esprit-Saint aide les gens à devenir catholiques, bien qu’ils ne pensent pas consciemment devenir catholiques à ce moment. L’Esprit leur indique de suivre la loi naturelle et de faire le bien, et ensuite il les aide à penser pour prendre conscience de la façon dont ils doivent se convertir à la foi catholique.

L’encyclique Mystici Corporis du pape Pie XII n’est pas hérétique ni erronée, et elle est correctement traduite ainsi :

Pape Pie XII, Mystici Corporis, 29 Juin 1943, parlant de non-catholiques : «[Nous voulons que] chacun d’entre eux coopèrent généreusement et volontairement avec les impulsions intérieures de la grâce divine et prennent soin de se dégager de cet état dans lequel ils ne peuvent pas être assurés de leur propre salut éternel. Car même s’ils peuvent être dirigés [ou ordonnés] vers le Corps mystique du Rédempteur par une sorte de désir inconscient et intention, ils n’ont toujours pas les si nombreuses et si grandes aides célestes, qui ne peuvent être appréciées que dans l’Eglise catholique».

Ce passage de Mystici Corporis a été mal traduit par beaucoup afin d’affaiblir davantage et de pervertir les termes mêmes de Pie XII. L’expression « ab eo statu soi eripere studeant, in quo de Sempiterna cuiusque propria salut esse sécuri non possunt » qui est correctement traduite par « … se dégager de cet état dans lequel ils ne peuvent pas être assurés de leur propre salut éternel » a été mal traduit par « s’efforcer de sortir d’un état où nul ne peut être sûr de son salut éternel« . Cette erreur de traduction donne la nette impression que les non-catholiques ont une petite chance de gagner le salut là où ils sont.

Même un défenseur hérétique du protocole 122/49, Mgr Fenton, admet que «sûr» est une traduction trompeuse peu sérieuse.

Mgr Joseph Clifford Fenton, L’Église catholique et le salut, 1958, p. 88 : «La plupart des traductions publiées de Mystici Corporis Christi emploient l’expression «dans lequel ils ne sont pas sûrs de leur salut» pour rendre cette phrase en anglais. Cette terminologie est à la fois inexacte, trompeuse et peu sérieuse».

Fenton continue en soulignant que l’erreur de traduction donne l’impression que les catholiques peuvent être sûrs de leur salut, ce qui est une hérésie condamnée par le Concile de Trente, Session 6, chap. 9.

L’autre partie de Mystici Corporis qui a été mal traduite pour affaiblir davantage et pervertir les termes mêmes de Pie XII est la phrase en latin : « quandoquidem, etiamsi inscio quodam desiderio ac voto annonce mysticum Redemptoris Corpus ordinentur » mal traduite par « car, même si, par un certain désir et souhait inconscient, ils se trouvent ordonnés au Corps mystique du Rédempteur ».

Cette traduction délibérée modifie le sens des paroles de Pie XII.

Frère Robert Marie, Le père Feeney et la vérité au sujet du Salut : «Le mot ordinentur mal traduit. Un livre, un dictionnaire latin-anglais de Saint-Thomas d’Aquin, par Roy J. Deferrari, nous donne les significations suivantes pour le verbe latin ordino : «Ordino, are, avi, atum – (1) pour ordonner, pour mettre en ordre, pour organiser, pour ajuster, pour disposer ; (2) pour ordonner …

«Ainsi le pape utilise le subjonctif pour exprimer une éventualité d’incertitude, pas un fait, la traduction doit se lire  : «Car, même s’ils peuvent être disposés à l’égard (ou ordonnés vers) du corps mystique du Rédempteur, par un certain désir inconscient et la résolution …» En d’autres termes, la seule chose que cette «certaine volonté inconsciente et résolution» – inscio quodam desiderio ac voto – génère peut-être pour ces non-catholiques, est de les mettre en ordre pour l’entrée ou le retour dans l’Eglise. En aucun cas, le pape ne dit, comme un fait, qu’ils sont «ordonnés» au Corps mystique du Rédempteur [c’est-à-dire dans le Corps mystique], encore moins «unis à lui». (page 154)

Le frère Robert Marie a astucieusement fait remarquer combien il est faux de dire que Pie XII a enseigné que certains non-catholiques sont «ordonnés» à l’Église par désir inconscient, et que Pie XII n’a certainement pas enseigné que certains non-catholiques sont «unis» à l’Église. Mais c’est ainsi que l’on trouve Mystici Corporis traduit dans de nombreux articles, notamment ceux écrits par des prêtres qui refusent le dogme Hors de l’Eglise point de salut.

Malgré que l’observation importante ci-dessus montre la mauvaise traduction de Mystici Corporis fait par les hérétiques modernes, il ne fait aucun doute que la déclaration de Pie XII dans le passage ci-dessus – même correctement traduit – est encore pathétiquement faible, et ouvre la porte aux hérétiques libéraux pour prétendre qu’il ait approuvé l’hérésie selon laquelle les non-catholiques peuvent être sauvés par leur désir inconscient de la foi catholique. Sa faiblesse affiche l’état d’esprit d’un homme qui a permis à l’hérésie, contre le dogme Hors de l’Église point de salut, de sévir dans les séminaires, les textes de théologie et les catéchismes au cours de son règne, même si cela n’est pas explicitement enseigné par lui. Pie XII n’avait pas à parler du désir ignorant supposé et de la résolution des non-catholiques, même s’il n’a pas affirmé que ceux-ci pouvaient être sauvés. Tout le monde sait que la mention même d’une telle chose fait saliver les modernistes comme des chiens autour d’un repas savoureux. Pie XII aurait dû traiter les non-catholiques à la manière du pape Léon XII, et il aurait dû réaffirmé que les non-catholiques périront s’ils n’ont pas la foi catholique à la manière de Grégoire XVI.

Pape Léon XII, Quod hoc ineunte, n° 8, 24 mai 1824 (Les Encycliques papales, vol. 1, 1740-1878, p. 207) :  » Nous abordons tous ceux qui sont encore éloignés de la véritable Église et la voie du salut. Dans cette joie universelle, une chose est manquante : qu’après avoir été appelés par l’inspiration de l’Esprit céleste et ayant rompu tous les pièges décisifs, vous soyez sincèrement en accord avec les enseignements de la sainte Mère Église, en dehors de laquelle il n’y a pas de salut » 

Pape Grégoire XVI, Mirari Vos, n° 13, 15 août 1832 (Les Encycliques papales, vol. 1, 1740-1878, p. 238) : « Par conséquent, « sans aucun doute, ils périront à jamais, à moins qu’ils ne gardent l’ensemble de la foi catholique et inviolée » (Athanase) ».

Une telle réaffirmation forte de l’enseignement catholique comme celles ci-dessous par Pie XII aurait éliminé toutes les prétentions des hérétiques contre le dogme en référence à son encyclique. Néanmoins quelques autres déclarations du Pape Pie XII sont dignes de mention.

Pape Pie XII, Mystici Corporis, n° 22, 29 juin 1943 : «En fait, seuls sont à compter parmi les membres de l’Église ceux qui ont reçu la cuve de régénération et professent la vraie foi ».

Pape Pie XII, Mediator Dei, n° 43, 20 novembre 1947 : «De la même façon, en fait, que le baptême est la marque distinctive de tous les chrétiens, et sert à les différencier de ceux qui n’ont pas été lavés dans ce bain de purification et ne sont par conséquent pas des membres du Christ, le sacrement de l’Ordre différencie à part le prêtre du reste des fidèles qui n’ont pas reçu cette consécration».

Ces deux déclarations ne tiennent pas compte de l’idée que l’on puisse être sauvé même par un désir explicite du baptême, car elles affirment que ceux qui n’ont pas reçu le sacrement du baptême ne sont pas des chrétiens ou des membres de l’Église ou des membres du Christ : Ceux qui ne sont pas chrétiens ou des membres de l’Église ou des membres du Christ ne peuvent pas être sauvés.

Jean 15, 6 : « Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors comme le sarment, et se dessèche, et il est rassemblé, et jeté dans le feu, et il brûle».

En fait, si l’on admet que la citation de Mediator Dei ci-dessus, est magistrale (et donc infaillible), elle seule élimine toute théorie du baptême de désir, car elle affirme que la différenciation entre ceux qui ont reçu la marque du baptême (et qui sont membres de Christ) et ceux qui n’ont pas reçu la marque du baptême (et par conséquent qui ne sont pas membres du Christ) est aussi prononcée qu’entre ceux qui ont été faits prêtres par l’ordination et ceux qui ne l’ont pas été. En d’autres termes, selon la déclaration du pape Pie XII dans Mediator Dei, affirmer qu’on pourrait être chrétien ou membre du Christ sans la marque du baptême (ce qui est affirmé par la théorie du baptême de désir) revient à affirmer qu’on peut être prêtre sans ordination.

En outre, dans Humani Generis en 1950, le pape Pie XII a en fait mis le doigt directement sur l’hérésie à l’œuvre contre le dogme Hors de l’Église point de salut.

Pape Pie XII, Humani Generis, n° 27, 1950 (Denz. 2319) : «Certains disent qu’ils ne sont pas liés par la doctrine, comme expliqué dans Notre Encyclique d’il y a quelques années, et repose sur les sources de la révélation, qui enseigne que le Corps mystique du Christ et l’Église catholique romaine sont une seule et même chose. Certains réduisent à une formule vide de sens la nécessité d’appartenir à la véritable Église pour obtenir le salut éternel».

Le pape Pie XII condamne ici exactement l’hérésie commune à tous les hérétiques des temps modernes qui nient ce dogme. Ils réduisent le dogme Hors de l’Eglise point de salut à une formule vide de sens en disant que cela ne signifie pas ce qui est dit !

Pape Pie XII, Mystici Corporis (n° 22), 29 juin 1943 : «Pourtant, au sens plein de l’expression, seuls font partie des membres de l’Église ceux qui ont reçu le baptême de régénération et professent la vraie foi, qui, d’autre part, ne se sont pas pour leur malheur séparés de l’ensemble du Corps, ou n’en ont pas été retranchés pour des fautes très graves par l’autorité légitime».

Pape Pie XII, Mystici Corporis (n° 27), 29 juin 1943 : «Il (le Christ) a également déterminé que par le baptême (cf. Jn 3, 5), ceux qui croiraient serait incorporés dans le corps de l’Église».

Si le pape Pie XII n’a pas enseigné que les non-catholiques pouvaient être unis à l’Église et sauvés par un «certain désir inconscient et la résolution», mais s’il l’avait fait, il aurait enseigné une hérésie réfutée par ses propres déclarations ci-dessus.

«Mais si nous, ou un ange du ciel vous annonçait un évangile différent de celui que nous vous avons prêché, qu’il soit anathème» (Ga 1, 8). 

Quoi qu’il en soit les hérétiques défenseurs du baptême de désir n’ont aucune excuse d’avoir mal compris de bonne foi  Mystici corporis Christi, parce que le Magistère ordinaire ne peut pas se contredire et que le pape Pie XII parle clairement du seul sacrement du baptême ou baptême d’eau cette même encyclique.

Pape Pie XII, Mystici Corporis, n° 22, 29 juin 1943 : «En fait, seuls sont à compter parmi les membres de l’Église ceux qui ont reçu le bain de régénération [Baptême d’eau : Concile de Florence, Exultate Deo ; Jean 3, 5] et professent la vraie foi ».

Pape Pie XII, Mystici Corporis Christi, 29 juin 1943 (Magistère) : « …sur l’arbre de la Croix enfin il [le Sauveur] s’est acquis son Église, c’est-à-dire tous les membres de son Corps mystique, qui ne peuvent être incorporés à ce Corps dans l’eau du Baptême que par la vertu salutaire de la Croix et passer ainsi sous la dépendance absolue du Christ ».

Pape Pie XII, Mystici Corporis Christi, 29 juin 1943 (Magistère) : « Qu’elle [cette commune supplication] n’omette point non plus ceux qui s’initient à la doctrine chrétienne, afin qu’au plus tôt ils puissent être sanctifiés par l’eau du Baptême ».

Pape Pie XII, Mystici Corporis Christi, 29 juin 1943 (Magistère) : « Nous devons bien plutôt graver en nos intelligences les paroles si autorisées de notre immortel Prédécesseur, Léon le Grand, quand il affirmait que par le Baptême nous étions devenus la chair du Crucifié (Cf. S. Léon le Grand, Sermo LXIII, 6 ; Sermo LXVI, 3 PL 54, 357 et 366) ».

 

L’hérésie du « baptême de désir » repose sur l’hérésie de l’âme de l’Église séparée du Corps

Les hérétiques affirment, depuis le 19ème siècle, qu’on peut appartenir à l’âme de l’Église sans appartenir au corps, c’est ce qui a permis aux mauvais théologiens d’enseigner l’hérésie du « baptême de désir » selon laquelle on peut être sauvé sans être membre du Corps du Christ du Christ qui est l’Eglise. Mais l’Église enseigne infailliblement qu’elle est le corps du Christ et qu’on en devient membre par le sacrement du baptême. L’âme de l’Église est le Saint-Esprit, et pour avoir part à la vie éternelle du Saint-Esprit, il faut infailliblement appartenir au corps.

Le Concile de Florence, ci-dessous, définit infailliblement qu’il n’y a pas de vie éternelle en dehors de l’Église catholique :

Pape Eugène IV, Concile de Florence, «Cantate Domino», 1441, ex cathedra (déclaration infaillible de la chaire de Pierre) : «La sainte Église romaine croit fermement, professe et prêche qu’aucun de ceux qui se trouvent en dehors de l’Église catholique, non seulement païens, mais encore juifs ou hérétiques et schismatiques ne peuvent devenir participants à la vie éternelle,…»

Les Conciles de Florence et de Trente définissent infailliblement que l’Église est le corps du Christ et qu’on devient membre de ce Corps par le sacrement du baptême :

Pape Jules III, Concile de Trente, 14ème session, chap. 2, 25 novembre 1551 ex cathedra : «… Il en va autrement de ceux qui sont de la famille de la foi (Ga 6,10)que le Seigneur Christ a faits une fois pour toutes membres de son corps par le bain du baptême (1 Co 12, 12-13).

Pape Eugène IV, Concile de Florence, «Exultate Deo», 22 novembre 1439 ex cathedra : «le saint baptême, qui est la porte de la vie spirituelle, tient la première place parmi tous les sacrements, à travers lui, nous sommes devenus membres du Christ et du corps de l’Église».

Personne ne peut pas avoir la vie éternelle par l’âme de l’Église sans être dans le corps. L’Église est un corps dont l’âme est le Saint-Esprit. Vous ne pouvez pas appartenir à l’âme de l’Église sans appartenir au corps par le sacrement du baptême, ou alors si vous l’affirmez ou le défendez, en sachant cela, vous êtes hérétique. Le corps de l’Église ne peut absolument pas être séparé de l’Esprit-Saint qui est son âme, ou sinon ce n’est plus l’Église, mais un corps mort séparé de son âme, c’est-à-dire une secte.

Comme cela a été prouvé, l’Église catholique est un corps mystique. Ceux qui ne font pas partie du corps n’en font pas partie du tout, comme l’Enseigne le Magistère ordinaire infaillible ci-dessous :

Pape Pie XI, Mortalium Animos, n° 10, 6 janvier 1928 : «Car, puisque le corps mystique du Christ, de la même manière que son corps physique, est un, compacté et convenablement réuni, il est stupide et hors de propos dire que le corps mystique est composé de membres qui sont désunis et se dispersent : donc quiconque n’est pas uni avec le corps n’est pas membre de celui-ci , ni est en communion avec sa tête le Christ» .

Pape Pie XII, Mystici Corporis Christi, 29 juin 1943 : «Mais seuls font partie des membres de l’Eglise, ceux qui ont reçu le baptême de régénération et professent la vraie foi».

Les défenseurs du « baptême de désir » sont non-catholiques

Il est prouvé que le baptême de régénération, qui est le sacrement de baptême (ou le bain de régénération ou le baptême d’eau), est infailliblement et absolument nécessaire à tout homme pour être membre de l’Eglise et pour le salut. L’hérésie du « baptême de désir » (ainsi que du « baptême de sang » et du salut de l »‘ignorant invincible ») nie ces vérités de foi.

Tous les hérétiques défendent un point de vue opposé ou contraire à celui l’Eglise. L’hérétique est formel quand il nie une vérité de foi à cause d’une ignorance qu’il peut vaincre, ou à cause d’une erreur ou d’un doute de mauvaise foi. Les hérétiques se discernent par la règle de la foi ou loi divine immuable. Les défenseurs du « baptême de désir » croient en des hérésies qui nient le dogme « Hors de l’Eglise pas de salut », qui nient de nombreux autres dogmes et qui nient le Magistère ordinaire de l’Église.

Les défenseurs du « baptême de désir » – ainsi que du « baptême de sang » et du salut de l »‘ignorant invincible » – sont des hérétiques purs et simples hors de l’Eglise ipso facto (par le fait même) par loi divine ; parce qu’ils ne tiennent pas la foi catholique et ne professent pas la foi catholique, ils ne sont pas catholiques, conformément à l’enseignement du Magistère ordinaire ci-dessous :

Pape Léon XIII, Satis Cognitum, 29 juin 1896 : «L’Église a toujours considéré comme des rebelles et expulsé des rangs de ses enfants tous ceux qui avaient de fortes croyances sur n’importe quel point de la doctrine différente de la sienne. … Saint Augustin note que «d’autres hérésies peuvent surgir, et si à une seule, quelqu’un donne son assentiment, il est par le fait même coupé de l’unité catholique … si quelqu’un en tient une seule [de ces hérésies] il n’est pas catholique» (S. Augustin, De Hæresibus, n. 88)».

Pape Léon XIII, Satis Cognitum (n° 9), 29 juin 1896 :  «La pratique de l’Eglise a toujours été la même, comme le montre l’enseignement unanime des Pères, qui avaient coutume de tenir HORS de la communion catholique, ET ÉTRANGER À L’ÉGLISE, celui qui s’écarterait le moins du monde à partir de n’importe quel point de la doctrine proposée par l’autorité de son Magistère».

Pape Léon XIII, Satis Cognitum (n° 9),  29 juin 1896 : «… peut-il être légitime pour quiconque de rejeter l’une de ces vérités sans par le fait même tomber dans l’hérésie ? – Sans se séparer de l’Église ? – Sans renier par un balayage l’ensemble de la doctrine chrétienne ? Car telle est la nature de la foi que rien ne peut être plus absurde que d’accepter certaines choses et de rejeter les autres … Mais le dissident, même sur un point de vérité divinement révélée, rejette absolument toute foi, puisqu’il refuse ainsi d’honorer Dieu comme la vérité suprême et le motif formel de la foi».

Pape Léon XIIISatis Cognitum (n° 10), 29 juin 1896 : « …  C’est pourquoi, de même que l’Église pour être une en tant qu’elle est la réunion [le corps] des fidèles requiert nécessairement l’unité de foi, ainsi pour être une en tant qu’elle est une société divinement constituée, elle requiert de droit divin (jure divino – [par la loi divine]) l’unité de gouvernement, laquelle produit et comprend l’unité de communion ».

Pape Pie XII, Mystici Corporis Christi, 29 juin 1943 : «… celui qui refuse d’écouter l’Église doit être considéré, d’après l’ordre du Seigneur, comme un païen et un publicain (Matt. 18, 17). Et ceux qui sont divisés pour des raisons de foi [les hérétiques] ou de gouvernement [les schismatiques] ne peuvent vivre dans ce même Corps ni par conséquent de ce même Esprit divin».

Les défenseurs du « baptême de désir » ne sont pas catholiques car ils défendent le point de vue contraire de l’Église

Les défenseurs du « baptême de désir » ne sont pas catholiques car ils tiennent un point de vue opposé ou contraire à celui de l’Église qui «les condamne, les réprouve, les anathématise, et les dénonce comme étrangers au corps du Christ qu’est l’Église».

Pape Eugène IV, Concile de Florence, Bulle Cantate Domino, 1442, ex cathedra (déclaration solennelle infaillible) : «… tous ceux qui pensent des choses opposées ou contraires, l’Église les condamne, les réprouve, les anathématise, et les dénonce comme étrangers au corps du Christ qu’est l’Église».

Les défenseurs du «baptême de désir» (ainsi que du «baptême de sang», et du salut pour l’ignorant invincible) sont des hérétiques desquels un catholique ne doit pas recevoir la communion ni la pénitence sacramentelle, ni l’extrême-onction (seulement le sacrement de baptême en cas de nécessité ou impossibilité de faire autrement).

Les défenseurs du « baptême de désir » ne sont pas catholiques car ils ne professent pas la foi de l’Eglise

Ceux qui ne professent pas la vraie foi ne sont pas membres de l’Eglise et ne sont pas catholiques. Il y a une seule foi et une seule Eglise des fidèles (loi divine immuable) :

Éphésiens 4, 5-6 :  «Il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous…».

Pape Innocent III, IV ème Concile de Latran, 1215 ex cathedra (déclaration solennelle infaillible) :  «Il y a une seule Eglise des fidèles [ceux qui tiennent la vraie foi ; du latin fide / fidei : foi]…».

Pape Pie XII, Mystici Corporis Christi, n° 22 : «… comme dans la vraie communauté chrétienne il n’y a qu’un seul corps, un seul Esprit, un seul Seigneur, un seul baptême, il ne peut y avoir qu’une seule foi».

Pape Pie XII, Mystici Corporis Christi, 29 juin 1943 : «Mais seuls font partie des membres de l’Eglise, ceux qui ont reçu le baptême de régénération et professent la vraie foi».

La Profession de foi tridentine enseigne infailliblement «un baptême», c’est-à-dire un unique baptême et non pas des baptêmes de plusieurs sortes.

Bulle Iniunctum nobis Pie IV, Profession de foi tridentine, 13 novembre 1564 : «… Nous confessons un baptême pour la rémission des péchés [Latin infaillible : « Confiteor unum baptisma in remissionem peccatorum »]»

Les défenseurs du « baptême de désir » ne professent pas la foi catholique. Nier en connaissance, volontairement ou obstinément, l »absolue nécessité du sacrement baptême pour le salut c’est nier la profession de foi de Trente, c’est l’hérésie.

Non seulement les partisans du baptême de désir tiennent un point de vue contraire à celui de l’Eglise et ne professent pas la foi catholique, ce qui fait d’eux des hérétiques et des non-catholiques hors de l’Eglise, mais en plus ils considèrent ceux qui croient en cette hérésie comme des catholiques, c’est-à-dire qu’ils considèrent comme catholiques des non-catholiques. Comme on peut le voir dans toute l’histoire de l’Eglise, tous les hérétiques se prétendent toujours catholiques et tiennent pour non-catholiques ceux qui ne pensent passelon leur hérésie.

Le « baptême de désir » – comme le « baptême de sang » et le salut pour l’ignorant invincible – est une hérésie qui nie le dogme Hors de l’Église pas de salut, d’autres dogmes et le Magistère ordinaire de l’Église, par conséquent les catholiques ne doivent pas recevoir les sacrements (sauf le baptême en cas de nécessité) de la part de personnes qui croient obstinément au « baptême de désir », qui sont des hérétiques et des non-catholiques étrangers à l’Eglise catholique. Cela est contraire au droit divin à cause de l’unité de la foi et de l’unité du corps du Christ qui est l’Eglise, et au droit ecclésiastique à cause de la réception illicite (interdite par l’Eglise) des sacrements d’hérétiques.

Les catholiques ne doivent pas être en communion avec les non-catholiques (païens, schismatiques, hérétiques, apostats) – s’ils en ont connaissance – ni prier avec eux, ni participer aux cérémonies religieuses non-catholiques (enterrement, mariage, etc.), ni communiquer avec eux dans les choses sacrées (communicatio in sacris), ni les aider ni les soutenir d’aucune façon, sous peine de péché mortel, d’excommunication automatique, et de scandale.

Pape Alexandre III, Concile de Latran III, Canon 27, 1179 : «… la perversité condamnable des hérétiques …. a pris tant de force, que désormais ce n’est pas en secret, comme quelques uns, qu’ils mettent leur malice [méchanceté], mais qu’ils manifestent leur erreur ouvertement [publiquement] et attirent à eux les simples et les faibles. C’est pourquoi nous décrétons frappés d’anathème ceux qui les défendent et les reçoivent…».

Pape Innocent III, Concile de Latran IV, Constitution 3 Les hérétiques (décret. 234), 1215 ex cathedra : «Quant à ceux [les croyants] qui accordent foi aux hérétiques, les accueillent, les défendent et les soutiennent, nous les décrétons frappés d’excommunication».

Pape Pie XIMortalium animos, 1er juin 1928 : «Donc, Vénérables Frères, il est clair que ce Siège apostolique n’a jamais permis à ses sujets de prendre part aux assemblées des non-catholiques».

Code droit canon 1917, Can. 2316 : «Est suspect d’hérésie celui qui spontanément et sciemment aide de quelque manière que ce soit la propagation de l’hérésie, ou communique ‘in divinis’ avec des hérétiques, contre ce qui est prescrit au Can. 1258 [Can. 1258 : §1 Il n’est pas permis aux fidèles d’assister activement ou de prendre part, sous quelque forme que ce soit, aux rites sacrés non-catholiques.]».

Conclusion

L’Église enseigne infailliblement qu’il faut recevoir le sacrement du baptême – ou baptême de régénération ou bain de régénération – pour être membre du corps du Christ et donc pour le salut. L’Église autorise infailliblement la réception du sacrement de baptême par un hérétique, et même un païen, parce que le sacrement de baptême est absolument nécessaire pour le salut.

Le « baptême de désir », même selon les défenseurs de cette hérésie, n’est pas une régénération qui remet le péché originel (St Thomas, Saint Alphonse, etc.). Par conséquent, le « baptême de désir » n’est qu’un désir du baptême qui ne peut absolument pas obtenir le salut, mais le désir du sacrement de baptême est nécessaire pour le recevoir conformément au Concile de Trente Sess. 6, chap. 4 ci-dessous (et Dieu tient compte du vrai désir de baptême pour pourvoir au sacrement du baptême par sa providence en cas de danger ou vraie nécessité).

Concile de Trente, Sess. 6, chap. 4 : «Ces mots esquissent une description de la justification de l’impie, comme étant un transfert de l’état dans lequel l’homme naît du premier Adam à l’état de grâce et d’adoption des fils de Dieu [Rm 8, 15], par le second Adam, Jésus Christ, notre Sauveur. Après la promulgation de l’Évangile, ce transfert ne peut se faire sans le bain de la régénération [canon 5 sur le sacrement de baptême] ou [du latin « aut », un « ou » qui ici signifie « et », c’est-à-dire « ni sans »] le désir de celui-ci, selon ce qui est écrit : « Nul ne peut entrer dans le Royaume de Dieu s’il ne renaît pas de l’eau et de l’Esprit Saint [Jn 3, 5]».

[canon 5 sur le sacrement de baptême] : «Si quelqu’un dit que le baptême est libre, c’est-à-dire n’est pas nécessaire pour le salut : qu’il soit anathème».

[Jn 3, 5] : «Jésus répondit : En vérité, en vérité, je te le dis, si quelqu’un ne renaît de l’eau et de l’Esprit-Saint, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu».

Ce dogme (infaillible en latin) du concile de Trente ci-dessus signifie que le transfert ne peut pas se faire sans le bain de régénération (sacrement du baptême ) ni non plus aussi sans le désir du baptême, c’est-à-dire que le baptême doit être reçu avec le désir et non sans désir ou contraint. De plus, le désir du baptême n’est pas une régénération (ce que confirme St Thomas) comme le sacrement de baptême, et la régénération est une nécessité absolue pour entrer au ciel selon la loi divine immuable, comme l’enseigne infailliblement le concile de Florence ci-dessous.

Le chapitre 4, Session 6 du Concile de Trente confirme simplement le Concile de Florence avec les mêmes références aux Écritures : Jean 3, 5.

Le dogme est infaillible et ne peut jamais se contredire : penser le contraire est hérétique.

Pape Eugène IV, Concile de Florence, «Exultate Deo», 22 nov. 1439 ex cathedra : «le saint baptême, qui est la porte de la vie spirituelle, tient la première place parmi tous les sacrements, à travers lui, nous sommes devenus membres du Christ et du corps de l’Église. Et puisque la mort est entrée dans l’univers par le premier homme, à moins que nous soyons nés de nouveau d’eau et d’Esprit, nous ne pouvons pas », comme dit la Vérité, « entrer dans le royaume des cieux » [Jean 3, 5]. La matière de ce sacrement est l’eau vraie et naturelle».

Pape Jules III, Concile de Trente, 14ème session, chap. 2, 25 nov. 1551 ex cathedra : « … puisque l’Église n’exerce de jugement sur personne qui ne soit d’abord entré dans l’Église par la porte du baptême, « Qu’ai-je à faire en effet, dit l’Apôtre, de juger ceux du dehors ? » (1 Co 5, 12). Il en va autrement de ceux qui sont de la famille de la foi (Ga 6,10) que le Seigneur Christ a faits une fois pour toutes membres de son corps par le bain du baptême (1 Co 12,12-13)».

Pape Pie XI, Divini illius magistri, 31 déc. 1929 : «La troisième société enfin, au sein de laquelle les hommes entrent dans la grâce divine par le bain du baptême [baptême d’eau], est l’Eglise…».

Pape Pie XII, Mystici Corporis Christi, 29 juin 1943 : «Mais seuls font partie des membres de l’Eglise, ceux qui ont reçu le baptême de régénération et professent la vraie foi».

Nier ainsi la Parole infaillible de Dieu, Ses dogmes infaillibles et le Magistère de l’Eglise ci-dessus est de la mauvaise foi, de l’obstination, et de l’hérésie. C’est substituer à Dieu une tradition de l’homme par des élucubrations théologiques trompeuses. Ceux qui les suivent perdent la foi catholique et sortent de l’Église et du salut.

Matthieu 7, 15 : «Méfiez-vous des faux prophètes, qui viennent à vous en vêtements de brebis, mais au dedans sont des loups ravisseurs».

Matthieu 18, 17 : « Et s’il n’écoute point l’Église qu’il te soit comme un païen et un publicain ».

2 Timothée 2, 16 : «Évite les entretiens profanes et vains ; car il profitent beaucoup à l’impiété».

2 Timothée 3, 5 : «Ayant toutefois une apparence de piété, mais en repoussant la réalité. Évite encore ceux-là».

Tite 3, 10 : «Évite un homme hérétique, après une première et un seconde admonition».

2 Jean 9 : «Quiconque se retire et ne demeure point dans la doctrine du Christ ne possède point Dieu».

2 Jean 10 : «Si quelqu’un vient à vous et n’apporte point cette doctrine, ne le recevez pas dans votre maison, ne lui dites pas même SALUT. Car celui qui lui dit SALUT communique à ses œuvres mauvaises».

Annexe : L’affaire du père Feeney, le protocole hérétique 122/49 – Suprema haec sacra, le « baptême de désir » et l’apostasie vatican 2

Cette partie contient un contenu de l’auteur : fr. Dimond mostholyfamilymonastery.com

  • Présentation
  • Le protocole hérétique 122/49 du 8 août 1949 : Suprema haec sacra
  • Extraits du protocole hérétique Suprema haec sacra
  • À propos de Mystici Corporis du pape Pie XII perverti par le protocole hérétique Suprema haec sacra du 8 août 1949
  • Pie XII et le père Feeney
  • « Feeneyistes », un terme et un mythe inventé par les hérétiques
  • Conclusion

Présentation

Les hérétiques et les modernistes résistent à la vérité, comme ils résistent à Celui qui est la Vérité (Jn 14, 6). Et parce qu’ils résistent à la vérité, ils résistent aux faits, parce que les faits indiquent la vérité sans aucune erreur. Un des faits auquel les modernistes et les hérétiques résistent le plus, c’est le fait que l’Église catholique a infailliblement enseigné que hors de l’Église catholique, point de salut ; que Jean 3, 5 est à prendre comme c’est écrit ; et que le sacrement du baptême est nécessaire au salut (Trent, Sess. 7, Can. 5 sur le Sacrement).

Alors qu’est-ce que ces gens font de ces faits qui crèvent les yeux ? Ils ont recours à l’attaque du rapporteur de ces faits (argumentum ad hominem), ce qui leur permet d’ignorer les faits eux-mêmes. L’épisode du Père Leonard Feeney, SJ est un cas d’espèce.

Le dogme Hors de l’Église catholique, point de salut n’a vraiment rien à voir avec le Père Leonard Feeney. (En fait, je n’avais jamais entendu parler du P. Feeney quand je suis arrivé à la même conclusion – basée sur le dogme catholique – que le sacrement du Baptême est absolument nécessaire pour le salut et que tous ceux qui meurent comme des non-catholiques sont perdus). Il a à voir avec l’enseignement de la Chaire de Saint Pierre, comme je l’ai montré, qui est l’enseignement authentique et infaillible du Christ. Car rejeter ce dogme catholique est rejeter le Christ Lui-même.

Pape Léon XIII, Satis Cognitum  (n ° 5), 29 juin 1896 : « Mais celui qui est en désaccord, même sur un point de la vérité divinement révélée rejette absolument toute la foi,  puisqu’il refuse ainsi d’honorer Dieu comme la vérité suprême et le motif formel de la foi ». 

Le père Feeney est devenu célèbre pour sa position publique du dogme Hors de l’Église catholique, point de salut dans les années 1940 et 1950. La plupart des gens ne réalisent pas que, à cette époque, les évêques du monde entier n’étaient en aucun cas des traditionalistes ardents. La plupart des évêques du monde entier avaient déjà adoptés l’hérésie de l’indifférentisme, ce qui explique que la quasi-totalité d’entre eux ont signé les documents hérétiques de Vatican 2 peu de temps plus tard. Ils avaient accepté l’idée hérétique que « l’ignorance invincible » sauve ceux qui meurent comme des non-catholiques. C’est pourquoi on peut facilement détecter l’hérésie contre ce dogme dans la plupart des manuels de théologie et les textes commençant dès la fin du 19ème siècle. En fait, au cours de son temps, le Père Feeney a écrit à tous les évêques du monde sur le dogme Hors de l’Église point de salut et n’a reçu que trois réponses positives. En d’autres termes, seuls trois des évêques du monde à cette époque manifestaient une croyance positive dans le dogme Hors de l’Église catholique, point de salut  tel qu’il avait été défini. Il n’est pas étonnant que Vatican 2 ait traversé l’épiscopat pratiquement sans résistance.

Le père Feeney croyait et prêchait le dogme – comme il avait été défini – publiquement à Boston. Il croyait et prêchait que si un homme n’embrasse pas la foi catholique – que ce soit un Juif, musulman, protestant ou agnostique – il périra pour toujours en enfer. Beaucoup se sont convertis, et beaucoup étaient en colère. Il n’avait pas peu d’ennemis, en particulier parmi les membres du clergé de plus en plus modernistes, politiquement corrects et compromis.

Un de ses principaux ennemis fut l’archevêque de Boston, Richard Cushing, homme de l’année des B’nai Brith (francs-maçons juifs), et quelqu’un qui a appelé le dogme Hors de l’Église catholique, point de salut, un « non-sens. » En Avril 1949, Cushing a fait taire le père Feeney et interdit le Centre Saint Benoît Centre (dont l’apostolat était affilié avec le père Feeney). La raison donnée par Cushing fut la «désobéissance», mais la vraie raison était la position publique du Père Feeney pour le dogme Hors de l’Église catholique, point de salut. Ce n’était pas non plus à cause de la position du Père Feeney contre la théorie du baptême de désir, puisque ce ne fut pas la première publication jusqu’à ce que l’insatisfaction de Cushing en 1952 avec le Père Feeney avait été strictement basée sur la position du Père Feeney pour le dogme défini selon lequel seuls les catholiques – et ceux qui deviennent catholiques – peuvent être sauvés.

Cushing avait des alliés avec d’autres membres hérétiques du clergé à Boston, le lieu où la controverse a éclaté. Le père John Ryan, SJ, directeur de l’Institut d’éducation des adultes de l’université de Boston, a déclaré à l’automne 1947 : « Je ne suis pas d’accord avec la doctrine du Père Feeney sur le salut hors de l’Église. » Le père Stephen A. Mulcahy, SJ, Doyen de du Collège des Lettres et des sciences de l’université de Boston, l’a appelé :  » la doctrine du Père Feeney qu’il n’y a pas de salut hors de l’Église ». Et le Père JJ Mc Eleney, SJ, Provincial de la Nouvelle-Angleterre, province de la Compagnie de Jésus, dit du père Feeney dans une rencontre personnelle, qu’il fut ordonné de le transférer au Collège Sainte Croix en raison de « Votre doctrine ». Le père Feeney a rapidement répondu, « Ma doctrine sur quoi ? » Le père Mc Eleney a répondu, « Je suis désolé, nous ne pouvons pas entrer dans les détails. »

Dès le début, ces ecclésiastiques déchus ont fusionné la question avec le Père Feeney plutôt que la véritable source d’où elle provient. Cela leur a permis de se concentrer sur le Père Feeney, et d’ignorer Jésus-Christ, que la doctrine rendait présent.

Pape Pie IX,  Nostis et nobiscum (n ° 10), 8 décembre 1849 : «En particulier, veiller à ce que les fidèles soient profondément et complètement convaincus de la vérité de la doctrine selon laquelle la foi catholique est nécessaire pour atteindre le salut  (Cette doctrine, reçue du Christ et soulignée par les Pères et des Conciles, se trouve aussi dans les formules de la profession de foi utilisée par le latin, le grec et les catholiques orientaux) ».

Ces hérétiques n’ont pas réussi à se rendre compte que rabaisser un dogme défini à quelque chose comme l’invention du Père Feeney est blasphématoire et gravement malhonnête. Mais on ne se moque pas de Dieu. Nous voyons la même chose aujourd’hui, surtout répandue chez ceux dits traditionalistes.

Le 2 Décembre 1948, le président de l’université de Boston, le père William L. Keleher, SJ, a tenu une entrevue avec le Dr Malouf, qui était un allié du Père Feeney dans la position pour le dogme. Le père Keleher a déclaré :

«Le père Feeney est venu me voir au début de cette situation et j’aurais aimé faire quelque chose, sauf que je ne pouvais pas être d’accord avec sa doctrine sur le salut… Il (le père Feeney) ne cessait de répéter des phrases telles que  » Il n’y a pas de salut en dehors de la Eglise catholique».

Lorsque le Dr Malouf (un membre de la faculté du Boston Collège) répondit que cette «phrase» est un dogme défini, le P. Keleher dit :

« les théologiens du Séminaire Saint-Jean et du Weston Collège sont en désaccord avec la doctrine du Père Feeney sur le salut des non-catholiques ».

Voilà l’affaire du Père Feeney. Il tenait, comme cela fut défini, qu’il n’y a pas de salut pour ceux qui meurent non-catholiques. Ceux qui étaient contre lui, y compris le père Keleher (président du Boston College), l’archevêque de Boston, les prêtres du Boston Collège, et les «théologiens» du Séminaire Saint-Jean, organisèrent une doctrine différente «sur le salut des non-catholiques».

Ce fut la bataille. Ce fut la ligne de division. L’un était soit d’un côté ou de l’autre. L’un estimait qu’il n’y a pas de salut pour ceux qui meurent non-catholiques ou l’autre croyait qu’existe le salut pour ceux qui meurent non-catholiques. Permettez-moi de rappeler rapidement au lecteur de quel côté se trouve l’Église catholique.

Pape Grégoire XVI,  Summo Iugiter studio  (n ° 2), 27 mai 1832 : «Enfin, certains de ces gens égarés tentent de se persuader et d’autres que les hommes ne sont pas uniquement sauvés dans la religion catholique, mais que même les hérétiques peuvent atteindre la vie éternelle».

Un prêtre jésuite de la nouvelle religion de Vatican 2, Mark S. Massa, décrit habilement comment « l’Hérésie du cas de Boston » (c’est à dire, si seulement ceux qui meurent comme catholiques peuvent être sauvés) a éclaté publiquement pendant la Semaine Sainte 1949.

Mark S. Massa, « SJ », des catholiques et de la culture américaine, p. 31 : « Le cas de l’hérésie de Boston a éclaté à la vue du public pendant la Semaine Sainte 1949. Les titres des disciples de Feeney du Boston College ont fait la nouvelle en première page dans le Nord-Est : le New York Times a commencé une série sur Feeney et son groupe, et Newsweekla vie, et Time magazine ont tous mis en vedette des histoires sur les « troubles » de Boston. Le jour sacré peut-être le plus solennel du calendrier catholique, le Vendredi saint, les Feeneyites [sic] se tenaient hors des paroisses de Boston portant des pancartes d’avertissement de la subversion imminente de la vraie doctrine par les dirigeants de l’Église eux-mêmes et faisaient la vente de la dernière édition sur tous les toits. Comme un étudiant de l’événement l’a observé, la question du salut avait remplacé les Red Sox comme sujet de conversation dans les bars de Boston, et tout le monde épiait un col romain devenu «chef de file» potentiel dans cette histoire. La seule analogie à laquelle les historiens de l’Église pouvaient penser était Constantinople au IVe siècle, où des foules en émeutes avaient combattu dans les rues pour la définition de la divinité de Jésus, et que les expressions théologiques des grecs étaient devenues les mots d’ordre des équipes de chars».

Le 13 Avril 1949, le père Keleher (président de l’université de Boston) retira le Dr Malouf, James R. Walsh et Charles Ewaskio de la faculté du Boston Collège pour avoir accusé l’école d’hérésie contre le dogme Hors de l’Eglise point de salut. Dans sa déclaration à la presse du 14 avril expliquant la raison de leur licenciement, le père Keleher déclara :

«Ils ont continué à parler en classe et hors de la classe sur les questions contraires à l’enseignement traditionnel de l’Eglise catholique, des idées menant à la bigoterie et à l’intolérance. Leur doctrine est erronée et en tant que telle ne pourrait pas être tolérée au Boston Collège. Ils ont été informés qu’ils doivent cesser ce type d’enseignement ou quitter la faculté ». 

On ne peut pas s’empêcher de remarquer le double language du père Keleher : ces hommes ont été licenciés pour des idées conduisant à l’intolérance, qui ne pourraient ne pas être tolérées. Si l’intolérance est la fausse doctrine ici, comme le Père Keleher l’indique, il est alors condamné par sa propre bouche. En outre, on ne peut pas passer l’affirmation du père Keleher au-dessus selon laquelle «Leur doctrine [c’est-à-dire le dogme solennellement défini selon lequel ceux qui meurent non-catholiques ne peuvent pas être sauvés] est erronée». Par cette déclaration Keleher affirme que la doctrine de l’Eglise (sur la définition infaillible « hors de l’Eglise pas de salut ») est erronée et n’est en aucun cas la sienne. C’était le type de caractère hérétique, anti-catholique ligué avec Mgr Richard Cushing dans la quête d’écraser la prédication du dogme par le père Feeney.

Ce fut le début de la fin, comme on peut le voir avec ce à quoi aboutit l’affaire de Boston sur le dogme «Hors de l’Église point de salut».

Cette affaire aurait pu en concerner d’autres que le père Feeney, car le fond était de faire admettre l’hérésie selon laquelle des non-catholiques peuvent être sauvés comme substrat de l’apostasie vatican 2, c’est-à-dire attaquer le dogme du salut, mais c’est le père Feeney qui la génait à cette époque, en prêchant publiquement le dogme selon lequel Hors de l’Eglise, il n’y a point de salut.

 

Le protocole hérétique 122/49 : Suprema haec sacra.

Environ quatre mois après le silence du père Feeney en avril avec Richard Cushing, l’archevêque apostat de Boston, le Saint-Office a publié un document le 8 Août 1949. En fait, le document est une lettre adressée à Mgr Cushing, et signé par le cardinal Marchetti-Selvaggiani, plus connu sous le nom de protocole n° 122/49. Il est aussi appelé Suprema haec sacra et lettre Marchetti-Selvaggiani. C’est un des documents les plus cruciaux à propos de l’apostasie moderne de la foi. Le protocole 122/49 n’a pas été publié dans les Actes du Siège apostolique (Acta Apostolicae Sedis), mais dans le pilote, l’organe de nouvelles de l’archidiocèse de Boston. Gardez à l’esprit que cette lettre a été publiée dans Boston, et que l’importance de cette lettre deviendra plus claire dans la partie : «Le verdict est tombé : Boston ouvre la voie à un scandale sacerdotal massif balançant la Nation».

L’absence du protocole 122/49 des Actes du Siège apostolique prouve qu’il n’a pas de caractère contraignant, c’est-à-dire que le protocole 122/49 n’est pas un enseignement infaillible ou à tenir par l’Église catholique. Le protocole 122/49 n’a pas été signé par le pape Pie XII, et a le pouvoir nul d’une correspondance de deux cardinaux (Marchetti-Selvaggiani qui a écrit la lettre, et le cardinal Ottaviani qui l’a également signé) à un archevêque. La lettre, en fait, est empreinte d’hérésie, de tromperie, d’ambiguïté et de trahison. Immédiatement après la publication du protocole 122/49, The Worcester Telegram titrait typiquement :

«RÈGLES DU VATICAN contre les dissidents HUB – La doctrine pas de salut à l’extérieur de l’Église est fausse».

Ce fut l’impression donnée à presque tout le monde catholique par le Protocole 122/49. La lettre Marchetti-Selvaggiani, protocole 122/49, comme le titre ci-dessus l’a dit carrément, tenait que « la doctrine pas de salut hors de l’Église » est fausse. Par cette lettre fatidique, les ennemis du dogme et de l’Église semblaient avoir été justifiés et les défenseurs du dogme semblaient avoir été vaincus. Le problème pour les vainqueurs évident, cependant, était que ce document n’était rien de plus qu’une lettre de deux cardinaux hérétiques du Saint-Office, qui avaient déjà embrassé l’hérésie adoptée plus tard par le Concile Vatican 2, à un archevêque apostat de Boston. Certains peuvent être surpris de voir décris le cardinal Ottaviani comme hérétique, car il est considéré par beaucoup comme orthodoxe. Si sa signature sur le protocole n’est pas une preuve suffisante de son hérésie, considérez qu’il a signé tous les documents de Vatican 2 et s’est aligné sur la révolution post-Vatican 2.

Il est intéressant que même Mgr Joseph Clifford Fenton, l’éditeur bien connu de L’ecclésiastic American Review avant le Concile Vatican II, qui a malheureusement été un défenseur du Protocole 122/49, a été forcé d’admettre que ce n’est pas infaillible :

Mgr Joseph Clifford Fenton, L’Église catholique et le salut, 1958, p. 103 : «Cette lettre, connue sous le nom Suprema haec sacra [Protocole 122/49] … est une autorité [sic], mais évidemment un document pas infaillible. C’est-à-dire que les enseignements contenus dans Suprema haec sacra ne sont pas admis comme infailliblement vrais sur l’autorité de ce document».

En d’autres termes, selon Fenton, l’enseignement de la lettre Suprema haec sacra n’est pas infaillible et doit être trouvée dans des documents antérieurs, mais ce n’est pas le cas, comme nous le verrons. Fenton a tout simplement tort quand il dit que Suprema haec sacra est néanmoins d’autorité. Suprema haec sacra n’est ni d’autorité ni infaillible, mais hérétique et fausse.

Ainsi, il a été et il est aujourd’hui donné l’impression à la quasi-totalité du public que le protocole 122/49 représentait l’enseignement officiel de l’Église catholique, il a constitué la trahison de Jésus-Christ, de sa doctrine et de son Église dans le monde, une trahison qui devait avoir lieu avant la grande apostasie de Vatican 2. Par le Protocole 122/49 et la persécution du Père Feeney, le public a eu l’impression que l’Église catholique avait maintenant annulé le vieux dogme de la foi de 20 siècles : que la foi catholique est absolument nécessaire pour le salut. Et même à ce jour, si l’on questionne presque tous les prêtres soi-disant catholiques dans le monde sur le dogme Hors de l’Église catholique, point de salut, il répondront par une référence à la controverse avec le père Feeney et le protocole 122/49, même si le prêtre est incapable d’identifier ou de rappeler les noms spécifiques et les dates. Essayez, je le sais par expérience. Fondamentalement, tous les prêtres Novus Ordo qui savent quelque chose sur la question utiliseront le protocole 122/49 et la «condamnation» du père Feeney pour justifier leur hérésie, l’Antéchrist, la croyance anti-magistrale anti-catholique selon laquelle les hommes peuvent être sauvés dans les religions non-catholiques et sans la foi catholique. Ce sont les fruits de l’infâme protocole 122/49.

«C’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez» (Mt 7, 16). 

Extraits du protocole hérétique Suprema haec sacra

Extrait n°1

Suprema haec sacra, protocole 122/49, 8 août 1949 : « Or, parmi ces choses que l’Eglise a toujours prêché et ne cessera de prêcher est contenue aussi cette déclaration infaillible par laquelle on nous apprend qu’il n’y a pas de salut en dehors l’Église. Cependant, ce dogme doit être compris dans ce sens où l’Église elle-même le comprend.  »

Il est déjà clair que l’auteur du protocole prépare l’esprit du lecteur à accepter autre chose que simplement «cette déclaration infaillible par laquelle on nous apprend qu’il n’y a pas de salut hors de l’Eglise». L’auteur se lâche clairement dans une explication de l’expression «Hors de l’Église point de salut» autre que ce dont les mots eux-mêmes font état et déclarent. Si l’auteur n’était pas en train de préparer le lecteur à accepter une autre compréhension que ce dont les mots du dogme font état et déclarent, alors il aurait écrit simplement : «Ce dogme doit être compris comme l’Église l’a définie, exactement comme font état les mots et déclarent.  »

Dogme infaillible de l’Église catholique :

Comparons la tentative du protocole pour expliquer le dogme loin de la façon dont le pape Grégoire XVI traite de la même question dans son encyclique Summo Iugiter studio :

Pape Grégoire XVI, Summo Iugiter studio, 27 mai 1832, sur Hors de l’Eglise, pas de salut :  « Enfin, certains de ces gens égarés tentent de se persuader et d’autres que les hommes ne sont pas uniquement sauvés dans la religion catholiquemais que même les hérétiques peuvent atteindre la vie éternelle… Vous savez avec quel zèle Nos prédécesseurs ont enseigné l’article de foi qu’ils osent nier, à savoir la nécessité de la foi catholique et de l’unité pour le salut … L’omission d’autres passages appropriés qui sont presque innombrables dans les écrits des Pères, nous lourons saint Grégoire le Grand qui témoigne expressément que c’est en effet l’enseignement de l’Eglise catholique. Il dit : « La sainte Eglise universelle enseigne qu’il n’est pas possible d’adorer Dieu selon la vérité, sauf en elle et affirme que tous ceux qui sont en dehors de son sein ne seront pas sauvés»Les actes officiels de l’Église proclament le même dogmeAinsi, dans le décret sur la foi qu’Innocent III a publié par le synode de Latran IV, ces choses sont écrites : « Il y a une Église universelle de tous les fidèles en dehors de laquelle nul n’est sauvé ». Enfin, le même dogme est également expressément mentionné dans la profession de la foi proposée par le Siège apostolique, non seulement ce qu’utilisent toutes les églises latines, mais aussi ce qu’utilisent … d’autres catholiques orientaux. Nous n’avons pas mentionné ces témoignages sélectionnés car nous pensions que vous étiez ignorants de cet article de la foi et dans le besoin de notre instruction. Loin de nous d’avoir un tel soupçon absurde et insultant pour vous. Mais nous sommes tellement préoccupés par ce dogme grave et bien connu, qui a été attaqué avec une telle audace remarquable, que nous ne pouvions pas retenir Notre plume pour renforcer cette vérité avec de nombreux témoignages.  » 

Le pape Grégoire XVI ne dit pas : « Cependant, ce dogme doit être compris dans ce sens dont l’Église elle-même le comprend », comme le protocole 122/49 hérétique. Non, il affirme sans équivoque que c’est en effet l’enseignement de l’Eglise catholique. Tout au long de l’encyclique, Grégoire XVI ne manque pas d’affirmer à plusieurs reprises la véritable signification et littérale de la phrase Hors de l’Eglise point de salut, sans qualification ou exception, comme cela avait été défini. Le père Feeney et ses alliés dans la défense du dogme ont réitéré exactement ce que Grégoire XVI a officiellement enseigné ci-dessus. Il ne faut pas être un génie pour de comprendre si le Protocole 122/49 a été écrit pour «corriger» la compréhension du père Feeney sur Hors de l’Église point de salut (ce qui est le cas), alors que le protocole 122/49 a été écrit aussi pour  » corriger  » la compréhension du pape Grégoire XVI et toutes les déclarations infaillibles sur le sujet pendant 20 siècles.

Notons également que le pape Grégoire XVI fait référence à la définition dogmatique du quatrième Concile de Latran pour appuyer sa position et la compréhension littérale de la formule Hors de l’Église point de salut. Tout l’ensemble du document du protocole 122/49 ne fait aucune référence à une des définitions dogmatiques sur ce sujet. C’est parce que le pape Grégoire XVI, qui était catholique, savait que la seule compréhension existante d’un dogme est celle que la Sainte Mère Église a déclaré une fois, tandis que les auteurs du Protocole, étant hérétiques, ne croyaient pas qu’un dogme doive être compris exactement comme il a été une fois déclaré. Cela explique pourquoi le pape Grégoire cite exactement ce que la Sainte Mère Église a déclaré une fois et que les auteurs du protocole ne l’ont pas fait.

Pape Pie IX, premier Concile du Vatican, sess. 3, Chap. 4, sur la foi et la raison : «C’est pourquoi, également, la compréhension de ses dogmes sacrés doit être perpétuellement tenue comme la Sainte Mère Église l’a une fois déclaré, et il ne doit jamais y avoir une récession de cette signification sous le nom spécieux d’une compréhension plus profonde ».

Si la compréhension du dogme Hors de l’Eglise point de salut n’était pas clair par l’enseignement de la Chaire de Pierre (les définitions infaillibles sur le sujet), alors une lettre de 1949 du cardinal Marchetti-Selvaggiani ne va certainement pas nous le donner ! Et si aucune exception ou réserve à ce dogme n’a été comprise à l’époque des définitions – ni à l’époque du pape Grégoire XVI – il est impossible que des exceptions viennent à notre compréhension du dogme après ce point (par exemple, en 1949), parce que le dogme avait déjà été défini et enseigné depuis longtemps. La découverte d’une nouvelle compréhension du dogme en 1949 est un déni  de la compréhension du dogme tel qu’il a été défini. Définir à nouveau le dogme est en effet ce que le Protocole a essayé de faire. Continuons avec le Protocole.

Extrait n°2

Suprema haec sacra, protocole 122/49, 8 août 1949 :  » Parmi les commandements du Christ, celui-là n’est pas le moindre, qui nous ordonne d’être incorporés par le baptême dans le Corps mystique du Christ, qui est l’Eglise, et de rester unis au Christ et à son vicaire par lequel il gouverne lui-même de façon visible son Eglise sur terre. Par conséquent, personne ne sera sauvé si, sachant que l’Eglise a été divinement instituée par le Christ, refuse néanmoins de se soumettre à l’Eglise ou refuse l’obéissance au pontife romain, vicaire du Christ sur terre. »

Ici, le protocole commence à entrer dans sa  nouvelle explication du dogme « Hors de l’Eglise catholique, point de salut » d’une manière diaboliquement intelligente. L’ambiguïté réside dans le fait que cette affirmation est vraie : personne ne sera sauvé si, sachant que l’Eglise a été divinement instituée par le Christ, refuse néanmoins de se soumettre à l’Eglise ou refuse l’obéissance au pontife romain. Mais tout le monde, à la lecture de ce document, peut voir qu’il est également donné la nette impression, par le language, que certaines personnes, qui ont, sans le savoir, échoué à se soumettre à l’Église et au Pontife romain, peuvent être sauvées. C’est hérétique et c’est insensé de convaincre les gens que l’Église catholique est divinement établie !

Comparons la définition dogmatique de l’Eglise catholique avec l’ajout au dogme par le Protocole 122/49.

Dogme de l’Église catholique :

Pape Boniface VIII, Unam Sanctam, 18 novembre 1302, ex-cathedra :  » En outre, nous déclarons, disons, définissons, et proclamons à toute créature humaine la nécessité absolue pour le salut d’être entièrement soumis au Pontife Romain. «

Ajout du protocole 122/49 :

Suprema haec sacra, protocole 122/49, 8 août 1949 :  » Par conséquent, personne ne sera sauvé si, sachant que l’Eglise a été divinement instituée par le Christ, refuse néanmoins de se soumettre à l’Eglise ou refuse l’obéissance au pontife romain, vicaire du Christ sur terre. »

Le lecteur peut facilement voir que le sens du Protocole 122/49 est une dérogation à la compréhension du dogme que la Sainte Mère Église a déclaré une fois. Personne ne peut le nier. Le dogme de la nécessité de se soumettre au Souverain Pontife pour le salut est passé de l’application « à toute créature humaine » (Boniface VIII) à ceux« sachant que l’Eglise a été divinement instituée » (Protocole 122/49) ; encore une fois, c’est en fait insensé de convaincre les gens que l’Église est divinement établie.

Extrait n°3

Suprema haec sacra, protocole 122/49, 8 août 1949 :  » Dans son infinie miséricorde, Dieu a voulu que les effets, nécessaires pour être sauvé, de ces moyens de salut qui sont ordonnés à la fin dernière de l’homme non par nécessité intrinsèque mais uniquement par l’institution divine, puissent aussi être obtenus en certaines circonstances, lorsque ces moyens ne sont mis en oeuvre que par le désir ou par le souhait. Nous voyons cela clairement énoncé dans le saint concile de Trente au sujet soit du sacrement de la régénération, soit du sacrement de pénitence.

» Or il faut en dire autant, à son propre degré, de l’Eglise en tant qu’elle est le moyen général du salut. Car pour que quelqu’un obtienne le salut éternel, il n’est pas toujours requis qu’il soit effectivement incorporé à l’Eglise comme un membre, mais il est au moins requis qu’il lui soit uni par le vœu et le désir. »

On peut voir ici un autre refus du dogme tel qu’il a été défini, et un début de compréhension du dogme que la Sainte Mère Église a déclaré une fois, ce qui est hérétique.

Comparons la définition dogmatique du pape Eugène IV avec les paragraphes du protocole 122/49, en particulier les parties soulignées.

Dogme de l’Église catholique :

Pape Eugène IV, Concile de Florence, «Cantate Domino», 1441, ex-cathedra : « La sainte Église romaine croit fermement, professe et prêche qu’aucun de ceux qui se trouvent en dehors de l’Eglise catholique, non seulement païens, mais encore juifs ou hérétiques et schismatiques ne peuvent devenir participants à la vie éternelle, mais iront  » dans le feu éternel qui est préparé par le diable et ses anges  » [Mt 25, 41], à moins qu’avant la fin de leur vie ils ne lui aient été agrégés ; elle professe aussi que l’unité de ce corps ecclésiastique (ecclesiastici corporisa un tel pouvoir que les sacrements de l’Eglise n’ont d’utilité en vue du salut que pour ceux qui demeurent en elle, pour eux seuls jeûnes, aumônes et tous les autres devoirs de la piété et exercices de la milice chrétienne enfantent les récompenses éternelles, et que  » personne ne peut être sauvé, si grandes que soient ses aumônes, même s’il verse son sang pour le nom du Christ, s’il n’est pas demeuré dans le sein et dans l’unité de l’Eglise catholique. »

Le protocole 122/49 (cité ci-dessus) nie la nécessité de l’incorporation dans le ecclesiastici corporis, ce qui est une hérésie !

Le dogme dit qu’il est nécessaire de « demeuré dans le sein et dans l’unité de l’Eglise catholique » (Eugène IV), mais avec le protocole 122/49 « il n’est pas toujours requis qu’il soit effectivement incorporé à l’Eglise comme un membre  » (Protocole 122/49).

Le dogme qui définit la constitution du corps et le fait de demeurer dans le corps ecclésiastique (ecclesiastici corporis) est nié. C’est une hérésie !

Il n’existe aucun moyen sur terre pour que l’enseignement du protocole 122/49 soit compatible avec l’enseignement du pape Eugène IV et du pape Boniface VIII. Accepter, croire ou promouvoir ce protocole est agir contrairement à ces définitions.

Extrait n°4

Suprema haec sacra, protocole 122/49, 8 août 1949 :  » Cependant, il n’est pas toujours nécessaire que ce voeu soit explicite, comme il l’est chez les catéchumènes, mais, quand l’homme est victime d’une ignorance invincible, Dieu accepte aussi un voeu implicite, ainsi appelé parce qu’il est inclus dans la bonne disposition d’âme par laquelle l’homme veut conformer sa volonté à la volonté de Dieu. »

Voilà l’hérésie qui ressort. Les personnes qui ne tiennent pas la foi catholique – qui sont « victimes d’une ignorance invincible » – peuvent également être unis par le désir «implicite», aussi longtemps que « l’homme veut conformer sa volonté à la volonté de Dieu ». Il faut rappeler au lecteur que le protocole 122/49 a été écrit en opposition spécifique à la déclaration du père Feeney selon laquelle tous ceux qui meurent non-catholiques sont perdus.  C’est-à-dire que le protocole a été écrit spécifiquement pour se distinguer du propre enseignement du père Feeney affirmant que tous ceux qui meurent non-catholiques sont perdus, cela qui montre que le protocole a enseigné que ceux qui meurent non-catholiques et dans les fausses religions peuvent être sauvés. Ainsi, la déclaration du protocole ci-dessus est de toute évidence, et rien d’autre que l’hérésie selon laquelle on peut être sauvé dans n’importe quelle religion ou sans religion, aussi longtemps que la morale est maintenue.

Père Michael Muller, C.S.S.R., Le dogme catholique, p. 217-218 :  » L’ignorance non coupable ou invincible n’a jamais été et ne sera jamais un moyen de salut. Pour être sauvé, il est nécessaire d’être justifié, ou d’être en état de grâce. Afin d’obtenir la grâce sanctifiante, il est nécessaire d’avoir les dispositions requises pour la justification ; c’est-à-dire la vraie foi divine dans au moins les vérités nécessaires du salut, l’espoir confiant dans le divin Sauveur, une douleur sincère pour le péché, avec la ferme intention de faire tout ce que Dieu a ordonné, etc. Ainsi, ces actes surnaturels de foi, d’espérance, de charité, de contrition, etc., qui préparent l’âme pour recevoir la grâce sanctifiante, ne peuvent jamais être alimentés par l’ignorance invincible ; et si l’ignorance invincible ne peut pas fournir la préparation pour recevoir la grâce sanctifiante, encore moins peut-elle accorder la grâce même sanctifiante. «L’ignorance invincible», explique Saint-Thomas, « est une punition pour le péché. »  (De, INFID. Q. x., art. 1).  »

Comparons le passage ci-dessus du protocole avec les définitions dogmatiques suivantes.

Dogme de l’Église catholique :

Pape Eugène IV, Concile de Florence, session 8, 22 novembre 1439, « Le symbole d’Athanase », ex cathedra : «  Quiconque veut être sauvé, doit avant toutes choses tenir la foi catholique.  Sauf si une personne garde cette foi entière et sans tache, sans aucun doute, elle périra éternellement.  »

Pape Pie IV, Concile de Trente, « Iniunctum nobis», 13 novembre 1565, ex-cathedra : «  Cette vraie foi catholique, en dehors de laquelle personne ne peut être sauvé … je la professe maintenant et tiens véritablement …  »

Pape Benoît XIV, Constitution Nuper ad nos, 16 Mars 1743, la profession de foi : «  Cette foi de l’Eglise catholique, sans laquelle nul ne peut être sauvé, et que de mon plein gré je professe maintenant et tiens véritablement …  »

Pape Pie IX, Concile Vatican I, Session 2, profession de foi :  » Cette vraie foi catholique, en dehors de laquelle personne ne peut être sauvé, que je professe maintenant librement et tiens réellement …  » 

Extrait n°5

Suprema haec sacra, protocole 122/49, 8 août 1949 : « C’est l’enseignement clair de (l’encyclique Mystyci Corporis de Pie XII)… sur le Corps mystique de Jésus Christ. Le souverain pontife y distingue nettement ceux qui sont réellement incorporés à l’Eglise comme ses membres et ceux qui ne sont unis à l’Eglise que par le voeu. … «Mais seuls font partie réellement des membres de l’Eglise ceux qui ont reçu le baptême de régénération et professent la vraie foi, et qui, d’autre part, ne sont pas, pour leur malheur, séparés de l’ensemble du Corps, ou n’en ont pas été retranchés pour des fautes très graves par l’autorité légitime [citation de Mystyci Corporis de Pie XII]».

Le protocole dit dans la première phrase ci-dessus exactement le contraire de l’encyclique Mystyci Corporis de Pie XII qu’il cite dans la suivante.

Ventilons :

– première phrase ci-dessus : « Le souverain pontife y distingue nettement ceux qui sont réellement incorporés à l’Eglise comme ses membres… »

– phrase suivante ci-dessus (citation de Mystyci Corporis de Pie XII) : « … seuls font partie réellement des membres de l’Eglise ceux qui ont reçu le baptême de régénération… »

Comme le dit lui-même le protocole hérétique au début du paragraphe ci-dessus « C’est l’enseignement clair de (l’encyclique Mystyci Corporis de Pie XII) !

Non, le protocole n’est pas «l’enseignement clair de (l’encyclique Mystyci Corporis de Pie XII)», mais il dit exactement le contraire, seulement il utilise cette formulation pour faire valoir son mensonge et mieux tromper subtilement, comme le font tous les hérétiques.

Les hérétiques ont toujours utilisé l’ambiguïté et la tromperie pour insinuer leurs hérésies. Le pape Pie VI, dans sa bulle «Auctorem fidei» du 28 août 1794, explique cela :

Pape Pie VI, Bulle «Auctorem fidei» 28 août 1794 : « [Les anciens docteurs] connaissaient la capacité des innovateurs dans l’art de la tromperie. Afin de ne pas choquer les oreilles des catholiques, ils ont cherché à cacher les subtilités … par l’utilisation de mots apparemment inoffensifs qui leur permettrait d’insinuer l’erreur dans les âmes de la manière la plus douce. Une fois que la vérité a été compromise, ils pourraient, par le biais de légères modifications ou des ajouts dans la phraséologie, fausser la confession de la foi qui est nécessaire pour notre salut, et conduire les fidèles par des erreurs subtiles à leur damnation éternelle».

Le pape Pie VI souligne que le camouflage des hérésies dans des états ambigus ou d’apparence conservatrice ou contradictoire était la tactique de l’hérétique Nestorius, et que les catholiques ne peuvent pas permettre aux hérétiques de s’en tirer avec cela ou de se laisser tromper par eux. Ils doivent tenir ces hérétiques à leurs hérésies indépendamment :

Pape Pie VI, «Auctorem fidei» : « … il ne peut pas être excusé de la façon dont on le voit faire, sous le prétexte erroné que des affirmations apparemment choquantes à un endroit soient développées le long de lignes orthodoxes dans d’autres endroits, et même encore en d’autres endroits corrigées, comme prévoyant la possibilité soit d’affirmer ou de nier la déclaration … telle a toujours été la méthode frauduleuse et l’audace utilisée par les innovateurs pour établir l’erreur, qui permet à la fois la possibilité de promouvoir l’erreur et de l’excuser…

« … C’est une technique plus répréhensible pour insinuer des erreurs doctrinales, condamnée depuis longtemps par notre prédécesseur saint Célestin qui a trouvé qu’elle était dans les écrits de Nestorius, évêque de Constantinople, et qu’il a exposé pour la condamner avec la plus grande gravité possible. Une fois que ces textes ont été examinés attentivement, l’imposteur a été exposé et confondu, car il s’est exprimé dans une pléthore de mots, mélangeant des choses vraies avec d’autres qui étaient obscures ; mélangeant parfois l’une avec l’autre de manière à ce qu’il soit également en mesure de confesser ces choses qui ont été niées alors qu’en même temps il possédait un motif pour nier ces phrases mêmes qu’il confessait « .

Le pape Pie VI conclut avec des instructions aux catholiques sur la façon de traiter avec une telle tromperie ou ambiguïté dans les écrits des hérétiques :

« Afin d’exposer ces pièges, ce qui est nécessaire à une certaine fréquence dans chaque siècle, aucune autre méthode n’est nécessaire que la suivante : dès qu’il devient nécessaire d’exposer DANS DES ÉTATS QUI déguisent une erreur OU UN DANGER SUSPECT sous le voile de l’ambiguïté, NOUS devons dénoncer LE SENS PERVERS dans lesquel l’erreur SE RAPPORTANT AUX vérités catholiques est camouflée « .

Extrait n°6

Suprema haec sacra, protocole 122/49, 8 août 1949 : « Vers la fin de cette même encyclique cependant, invitant très affectueusement à l’unité ceux qui n’appartiennent pas au corps de l’Eglise catholique, il mentionne «ceux qui, par un certain désir et voeu inconscient, se trouvent ordonnés au Corps mystique du Rédempteur», qu’il n’exclut aucunement du salut éternel, mais dont il dit cependant d’autre part qu’ils sont dans un état « où nul ne peut être sûr de son salut éternel… puisqu’ils sont privés de si nombreux et si grands secours et faveurs célestes, dont on ne peut jouir que dans l’Eglise catholique ».

En donnant sa fausse analyse de l’encyclique Mystici Corporis du pape Pie XII, Suprema haec sacra (ou protocole 122/49) enseigne que les personnes qui «n’appartiennent pas au corps de l’Église catholique» peuvent être sauvés. Ce qui est intéressant à propos de ce passage hérétique, c’ est que même Mgr Fenton, un des plus grands défenseurs du protocole hérétique, admet qu’on ne peut pas dire que l’âme de l’Eglise est plus vaste que le corps.

Mgr Joseph Clifford Fenton, L’Église catholique et le salut, 1958, p. 127 : « De toutes, la plus importante et la plus largement utilisée de toutes les explications insuffisantes de la nécessité de l’Église pour le salut est celle qui s’articule autour de la distinction entre le «corps» et «l’âme» de l’Eglise catholique. L’individu qui a tenté d’expliquer le dogme de cette façon désignait généralement l’Eglise visible elle-même comme le «corps» de l’Eglise, et il a appliqué le terme «âme de l’Église», soit à la grâce et aux vertus surnaturelles ou à une croyance d’ «Église invisible». … il y a eu plusieurs livres et articles prétendant que, si «l’âme» de l’Église n’était, en quelque sorte, pas séparée du «corps», elle était en fait plus vaste que ce «corps». Les explications de la nécessité de l’Église établie en fonction de cette distinction sont au mieux insuffisantes et imprécises et trop souvent infectées par l’erreur grave « .

Pour ainsi dire, il n’est  pas  nécessaire d’appartenir au corps, comme le dit Suprema haec sacra (ou protocole 122/49), c’est-à-dire qu’il n’est pas nécessaire d’appartenir à l’Église. Par conséquent, par sa déclaration ci-dessus, le protocole 122/49 a enseigné l’hérésie selon laquelle il n’est pas nécessaire d’appartenir à l’Église catholique pour être sauvé, la chose même dénoncée par Pie XII :

Pape Pie XII, Humani Generis, n° 27, 1950 : «Certains disent qu’ils ne sont pas liés par la doctrine, a expliqué Notre Encyclique d’il y a quelques années, et reposant sur les sources de la révélation, qui enseigne que le Corps mystique du Christ et l’Église catholique romaine sont une seule et même chose. Certains réduisent à une formule vide de sens la nécessité d’appartenir à la véritable Eglise pour obtenir le salut éternel ».  

Cela est extrêmement important, car cela prouve que l’enseignement de Suprema haec sacra  – et donc l’enseignement de l’apostat Mgr Joseph Clifford Fenton qui l’a défendu – est hérétique. Tous deux ont nié «la nécessité d’appartenir à la véritable Eglise pour obtenir le salut éternel».

Pape Léon X, cinquième concile de Latran, bulle «Pastor aeternum gregem», 11ème session, 19 décembre 1516, ex-cathedra : «Car, réguliers et séculiers, les prélats et les sujets, exempts et non exempts, appartiennent à une Église universelle, en dehors de laquelle personne du tout n’est sauvé  et ils ont tous un seul Seigneur et une seule foi. C’est pourquoi il est normal que, appartenant à un même corps, ils aient aussi une même volonté … »

Moins de trois mois après la lettre Marchetti-Selvaggianni (Suprema haec sacra ou protocole 122/49) publiée en partie dans Le pilote, le Père Feeney a été expulsé de l’Ordre des Jésuites le 28 Octobre 1949. Le père Feeney a tenu bon contre les tentatives des hérétiques de le tirer vers le bas et l’amener à présenter l’hérésie selon laquelle les non-catholiques peuvent être sauvés. Se référant à la lettre du 8 août de Marchetti-Selvaggiani (Protocole 122/49), le Père Feeney dit à juste titre : «il peut être considéré comme ayant établi une politique à deux faces afin de propager l’erreur».

La réalité, c’est que l’expulsion du père Feeney de l’Ordre des Jésuites n’a aucune valeur. Les hommes qui l’ont fait et les clercs qui étaient contre lui ont été automatiquement exclus de l’Eglise catholique pour adhérer à l’hérésie selon laquelle ceux qui meurent comme des non-catholiques peuvent être sauvés. Ceci est similaire à la situation au 5ème siècle, lorsque le patriarche de Constantinople, Nestorius, commenca à prêcher l’hérésie selon laquelle Marie n’était pas la mère de Dieu. Les fidèles ont réagi, ont accusé Nestorius d’hérésie et l’ont dénoncé comme un hérétique qui était en dehors de l’Église catholique. Et Nestorius a été condamné plus tard au Concile d’Ephèse en 431. Voici ce que le pape saint Célestin dit à propos de ceux qui avaient été excommuniés par Nestorius après qu’il ait commencé à prêcher l’hérésie.

Pape saint Célestin Ier, 5ème siècle :  » L’autorité de Notre Siège Apostolique a déterminé que l’évêque, prêtre ou simple chrétien qui avait été destitué ou excommunié par Nestorius ou ses partisans, après que ce dernier ait commencé à prêcher l’hérésie ne doit pas être considéré comme déposé ou excommuniéCar celui qui avait fait défection de la foi à ces prédications, ne peut déposer ou retirer qui que ce soit».

Le pape saint Célestin confirme avec autorité le principe selon lequel un hérétique public est une personne qui n’a pas le pouvoir de destituer, d’excommunier ou d’expulser. La citation se trouve dans De Romano Pontifice, l’œuvre de saint Robert Bellarmin. Cela explique pourquoi toutes les choses qui concernant la persécution contre le père Feeney (expulsion, interdiction, etc.) n’avaient pas de validité, parce qu’il avait raison et celles qui étaient contre lui étaient fausses. Il a défendu le dogme selon lequel il n’y a pas de salut hors de l’Eglise, tandis que ses adversaires ont défendu l’hérésie selon laquelle il y a le salut en dehors de l’Église.

Saint Robert Bellarmin, Docteur de l’Église, De Romano Pontifice, 1610 : « Un pape qui est un hérétique manifeste cesse automatiquement (de soi) d’être le pape et la tête, comme il cesse automatiquement d’être un chrétien et un membre de l’Église. C’est pourquoi, il peut être jugé et puni par l’Eglise. C’est l’enseignement de tous les anciens Pères qui enseignent que les hérétiques manifestes perdent immédiatement toute juridiction ».

Les choses entre le père Feeney et les hérétiques de Boston restèrent inchangée jusqu’au 14 septembre 1952, où Richard Cushing, « l’archevêque » de Boston, exigé que le père Feeney rétracte son «interprétation» du dogme – ce qui signifie rétracter le dogme – et fasse une profession explicite de la soumission à la lettre Marchetti-Selvaggiani (Protocole 122/49). Avec quatre témoins, le père Feeney se présenta devant Cushing. Il lui dit que sa seule option était de déclarer la lettre de Marchetti-Selvaggiani «absolument scandaleuse parce que c’était franchement hérétique». C’est exactement ce que le Pape Grégoire XVI aurait dit à propos de la lettre du protocole horrible, ainsi que tout catholique.

Lors de leur rencontre, le père Feeney demanda à « l’archevêque » Cushing s’il était en accord avec la lettre de Marchetti-Selvaggiani du 8 août 1949. Cushing répondit : « Je ne suis pas un théologien. Tout ce que je sais, c’est ce que je dis». Cette réponse évasive et sans engagement montre le vrai visage de Cushing, cet hérétique, faux pasteur et ennemi de Jésus-Christ. Si Cushing avait pensé qu’on était tenu par la lettre, il aurait dû répondre sans hésiter qu’il était d’accord avec elle. Mais parce qu’il ne voulait pas défendre la lettre dans aucun de ses détails, en particulier ses dénis du dogme, il a répondu en éludant la question. Cette évasion lui interdisait de mettre Feeney sur la sellette et de le condamner avec le dogme qui avait été nié. Le père Feeney a accusé Cushing de manquer à son devoir et de ne pas être droit.

A propos de Mystici Corporis du pape Pie XII perverti par le protocole hérétique Suprema haec sacra du 8 août 1949

Les hérétiques citent facilement ce passage de l’Encyclique Mystici Corporis du Pape Pie XII en faveur de l’hérésie du baptême de désir :

Pape Pie XII Mystici corporis, n° 101, 29 juin 1943 : « Pour ceux-là mêmes qui n’appartiennent pas à l’organisme visible de l’Eglise, vous savez bien, Vénérables Frères, que, dès le début de Notre Pontificat, Nous les avons confiés à la protection et à la conduite du Seigneur, affirmant solennellement qu’à l’exemple du Bon Pasteur Nous n’avions qu’un seul désir: Qu’ils aient la vie et qu’ils l’aient en abondance (195). Cette assurance solennelle, Nous désirons la renouveler, après avoir imploré les prières de toute l’Eglise dans cette Lettre encyclique, où Nous avons célébré la louange du  » grand et glorieux Corps du Christ  » (196), les invitant tous et chacun de toute Notre affection à céder librement et de bon cœur aux impulsions de la grâce divine et à s’efforcer de sortir d’un état où nul ne peut être sûr de son salut éternel (197) ; car, même si, par un certain désir et souhait inconscient, ils se trouvent ordonnés au Corps mystique du Rédempteur, ils sont privés de tant et de si grands secours et faveurs célestes, dont on ne peut jouir que dans l’Eglise catholique. Qu’ils entrent donc dans l’unité catholique, et que, réunis avec Nous dans le seul organisme du Corps de Jésus-Christ, ils accourent tous vers le Chef unique en une très glorieuse société d’amour (198). Sans jamais interrompre nos prières à l’Esprit d’amour et de vérité, Nous les attendons les bras grands ouverts, comme des hommes qui se présentent à la porte, non d’une maison étrangère, mais de leur propre maison paternelle. »

(195) PIE XII, Lettre encyclique Summi Pontificatus du 20 octobre 1939. AAS XXXI (1939) 419 ; S. JEAN X, 10.

(196) S. IRÉNÉE, Adv. Hær., IV, 33, 7. PG 7, 1076.

(197) Cf. PIE IX, Iam vos omnes [Denzinger 2997], 13 sept. 1868. Act. Conc. Vat., CL VII, 10.

(198) Cf. St GÉLASE Ier, 1er mars 492-21 novembre 496 [Denzinger 347], Epist. XIV. PL 59, 89.

Ici, Pie XII dit seulement que les membres de sectes non-catholiques peuvent obtenir des grâces, qui sont vraies, puisque personne ne se convertirait à la foi catholique à moins qu’ils n’aient obtenu des grâces quand ils étaient des infidèles. Il ne dit pas qu’ils sont sauvés hors de l’Eglise.

Pie XII dit comment l’Esprit Saint de Dieu aide les gens à devenir des catholiques, bien qu’ils ne pensent pas consciemment devenir catholiques à ce moment d’abord. L’Esprit leur dit de suivre la loi naturelle et faire bien et ensuite il les aide à penser pour prendre conscience de comment ils doivent se convertir à la foi catholique.

L’encyclique Mystici Corporis du pape Pie XII est précisément traduite ainsi :

Pape Pie XII, Mystici Corporis, 29 Juin 1943, parlant de non-catholiques : « [Nous voulons que] chacun d’entre eux coopèrent généreusement et volontairement avec les impulsions intérieures de la grâce divine et prennent soin de se dégager de cette état dans lequel ils peuvent pas être sécurisés sur leur propre salut éternel. Car même s’ils peuvent être adressés [ou ordonnés] vers le Corps mystique du Rédempteur par une sorte de désir inconscient et l’intention, ils n’ont toujours pas de si nombreuses et si grande aide céleste et les aides qui ne peuvent être appréciées que dans l’Eglise catholique. «

Ce passage de Mystici Corporis a été mal traduit par beaucoup afin d’affaiblir davantage et de pervertir les termes mêmes de Pie XII. L’expression « ab eo statu soi eripere studeant, in quo de Sempiterna cuiusque propria salut esse sécuri non possunt » qui est correctement traduite par « … se dégager de cet état dans lequel ils ne peuvent pas être sécurisés sur leur propre salut éternel  » a été mal traduit par  » veillent à se retirer de cet état dans lequel ils ne peuvent pas être sûrs de leur salut « . Cette erreur de traduction donne la nette impression que les non-catholiques ont une petite chance de gagner le salut là où ils sont.

Même un défenseur hérétique du protocole 122/49, Mgr Fenton, admet que «sûr» est une traduction trompeuse peu sérieuse.

Mgr Joseph Clifford Fenton, L’Église catholique et le salut, 1958, p. 88 : «La plupart des traductions publiées de Mystici Corporis Christi emploient l’expression «dans lequel ils ne sont pas sûrs de leur salut» pour rendre cette clause en anglais. Cette terminologie est à la fois inexacte et trompeuse peu sérieuse « .

Fenton continue en soulignant que l’erreur de traduction donne l’impression que les catholiques peuvent être sûrs de leur salut, ce qui est une hérésie condamnée par le Concile de Trente, Session 6, chap. 9.

L’autre partie de Mystici Corporis qui a été mal traduite pour affaiblir davantage et pervertir les termes mêmes de Pie XII est la phrase en latin :  «quandoquidem, etiamsi inscio quodam desiderio ac voto annonce mysticum Redemptoris Corpus ordinentur» mal traduite par «car, même si, par un certain désir et souhait inconscient, ils se trouvent ordonnés au Corps mystique du Rédempteur».

Cette traduction délibérée modifie le sens des paroles de Pie XII.

Frère Robert Marie, Le père Feeney et la vérité au sujet du Salut : «Le mot ordinentur mal traduit. Un livre, un dictionnaire latin-anglais de Saint-Thomas d’Aquin, par Roy J. Deferrari, nous donne les significations suivantes pour le verbe latin ordino : «Ordino, are, avi, atum – (1) pour ordonner, pour mettre en ordre, pour organiser, pour ajuster, pour disposer ; (2) pour ordonner …

«Ainsi le pape utilise le subjonctif pour exprimer une éventualité d’incertitude, pas un fait, la traduction doit se lire  : «Car, même s’ils peuvent être disposés à l’égard (ou ordonnés vers le) du corps mystique du Rédempteur, par un certain désir inconscient et la résolution …» En d’autres termes, la seule chose que cette «certaine volonté inconsciente et résolution» – inscio quodam desiderio ac voto – génère peut-être pour ces non-catholiques est de les mettre en ordre pour l’entrée, ou le retour dans l’Eglise. En aucun cas, le pape ne dit, comme un fait, qu’ils sont «ordonnés» au Corps mystique du Rédempteur [c’est-à-dire dans le Corps mystique], encore moins «unis à lui». (page 154)

Le frère Robert Marie a astucieusement fait remarquer combien il est faux de dire que Pie XII a enseigné que certains non-catholiques sont «ordonnés» à l’Église par désir inconscient, et que Pie XII n’a certainement pas enseigné que certains non-catholiques sont «unis» à l’Église. Mais c’est ainsi que l’on trouve Mystici Corporis traduit dans de nombreux articles, notamment ceux écrits par des prêtres qui refusent le dogme Hors de l’Eglise point de salut.

Malgré que l’observation importante ci-dessus montre le mauvais traitement de Mystici Corporis fait par les hérétiques modernes, il ne fait aucun doute que la déclaration de Pie XII dans le passage ci-dessus – même correctement traduit – est encore pathétiquement faible, et ouvre la porte aux les hérétiques libéraux pour prétendre qu’il ait approuvé l’hérésie selon laquelle les non-catholiques peuvent être sauvés par leur désir inconscient de la foi catholique. Sa faiblesse affiche l’état d’esprit d’un homme qui a permis à l’hérésie contre le dogme Hors de l’Eglise point de salut de sévir dans les séminaires, les textes de théologie et les catéchismes au cours de son règne, même si cela n’est pas explicitement enseigné par lui. Pie XII n’avait pas à parler du désir ignorant supposé et de la résolution des non-catholiques, même s’il n’a pas affirmé que ceux-ci pouvaient être sauvés. Tout le monde sait que la mention même d’une telle chose provoque les modernistes à saliver comme des chiens autour d’un repas savoureux. Pie XII aurait dû traiter les non-catholiques à la manière du pape Léon XII, et il aurait dû réaffirmé que les non-catholiques périront s’ils n’ont pas la foi catholique à la manière de Grégoire XVI.

Pape Léon XII, Quod hoc ineunte, n° 8, 24 mai 1824 (Les Encycliques papales, vol. 1, 1740-1878, p. 207) :  » Nous abordons tous ceux qui sont encore éloignés de la véritable Église et la voie du salut. Dans cette joie universelle, une chose est manquante : qu’après avoir été appelés par l’inspiration de l’Esprit céleste et ayant rompu tous les pièges décisifs, vous soyez sincèrement en accord avec les enseignements de la sainte Mère Eglise, en dehors de laquelle il n’y a pas de salut».

Pape Grégoire XVI, Mirari Vos, n° 13, 15 août 1832 (Les Encycliques papales, vol. 1, 1740-1878, p. 238) :  » Par conséquent, «sans aucun doute, ils périront à jamais, à moins qu’ils ne gardent l’ensemble de la foi catholique et inviolée  » (Athanase).

Une telle forte réaffirmation de l’enseignement catholique comme celles ci-dessous par Pie XII aurait éliminé toutes les prétentions des hérétiques contre le dogme en référence à son encyclique. Néanmoins quelques autres déclarations du Pape Pie XII sont dignes de mention.

Pape Pie XII, Mystici Corporis, n° 22, 29 juin 1943 : «En fait, seuls sont à compter parmi les membres de l’Église ceux qui ont reçu la cuve de régénération et professent la vraie foi».

Pape Pie XII, Mediator Dei, n° 43, 20 novembre 1947 : «De la même façon, en fait que le baptême est la marque distinctive de tous les chrétiens, et sert à les différencier de ceux qui n’ont pas été lavés dans ce flux de purification et ne sont par conséquent pas des membres du Christ, le sacrement de l’Ordre définit le prêtre à part du reste des fidèles qui n’ont pas reçu cette consécration».

Ces deux déclarations ne tiennent pas compte de l’idée que l’on peut être sauvé même par un désir explicite pour le baptême, car elles affirment que ceux qui n’ont pas reçu le sacrement du baptême ne sont pas des chrétiens ou des membres de l’Église ou des membres du Christ : Ceux qui ne sont pas chrétiens ou des membres de l’Église ou des membres du Christ ne peuvent pas être sauvés.

Jean 15, 6 : « Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors comme le sarment, et se dessèche, et il est rassemblé, et jeté dans le feu, et il brûle».

En fait, si l’on admet que la citation de Mediator Dei, ci-dessus, est magistrale (et donc infaillible), elle seule élimine toute théorie du baptême de désir,  car elle affirme que la différenciation entre ceux qui ont reçu la marque du baptême (et qui sont membres de Christ) et ceux qui n’ont pas reçu la marque du baptême (et par conséquent qui ne sont pas membres du Christ) est aussi prononcée qu’entre ceux qui ont été faits prêtres par l’ordination et ceux qui ne l’ont pas été. En d’autres termes, selon la déclaration du pape Pie XII dans Mediator Dei, affirmer qu’on pourrait être chrétien ou un membre du Christ sans la marque du baptême (ce qui est affirmé par la théorie du baptême de désir) s’apparente à affirmer que l’on peut être prêtre sans ordination.

En outre, dans Humani Generis en 1950, le pape Pie XII a en fait mis le doigt directement sur l’hérésie au travail contre le dogme Hors de l’Église point de salut.

Pape Pie XII, Humani Generis, n° 27, 1950 (Denzinger 2319) : «Certains disent qu’ils ne sont pas liés par la doctrine, comme expliqué dans Notre Encyclique d’il y a quelques années, et repose sur les sources de la révélation, qui enseigne que le Corps mystique du Christ et l’Église catholique romaine sont une seule et même chose. Certains réduisent à une formule vide de sens la nécessité d’appartenir à la véritable Eglise pour obtenir le salut éternel».

Le pape Pie XII condamne ici exactement l’hérésie commune à tous les hérétiques des temps modernes qui nient ce dogme. Ils réduisent le dogme Hors de l’Eglise point de salut à une formule vide de sens en disant que cela ne signifie pas ce qu’il est dit !

Si le pape Pie XII n’a pas enseigné que les non-catholiques pouvaient être unis à l’Eglise et sauvés par un « certain désir inconscient et la résolution », mais s’il l’avait fait, il aurait enseigné une hérésie réfutée par ses propres déclarations ci-dessus.

« Mais si nous, ou un ange du ciel vous annonçait un évangile différent ce que nous vous avons prêché, qu’il soit anathème » (Ga 1, 8).

 

Pie XII et le père Feeney

Le problème avec le pape Pie XII n’est pas ce qu’il a dit pour garder le dogme, mais ce qu’il n’a pas dit, ce qu’il a permis par le silence, la négligence (et peut-être par un soutien direct) d’arriver au dogme Hors de l’Église, point de salut et au père Leonard Feeney. Ce qu’il a permis de se produire est un crime si important qu’il ne peut pas être mesuré. Il a permis que se produise ce qui allait se révéler être un scandale incalculable pour fidèles et un obstacle au salut de millions d’âmes en son temps, et pour toute une génération à venir.

Le protocole hérétique 122/49 a pu prendre une telle ampleur dans l’esprit de tant d’évêques et de prêtres et chez la quasi-totalité des catholiques du monde parce que les gens pensaient qu’avait reçu l’approbation tacite du pape Pie XII. En effet, le document affirme qu’il l’a approuvé. Mais Pie XII ne l’a ni signé, ni promulgué, ni même approuvé. Ce document n’a même pas été publié officiellement dans les actes du saint-Siège. Aucun pape n’aurait pu approuver le protocole 122/49 puisqu’il est hérétique.

Si le pape Pie XII avait approuvé ou pris position en faveur du protocole et contre le Père Feeney, alors il aurait été hérétique. Si le Pape Pie XII avait nié le dogme – comme l’ont fait les prêtres du Boston College, par exemple – et qu’il avait consenti à la répression de la prédication apostolique du Père Feeney, alors dans ce cas Pie XII serait devenu hérétique.

Si le Pape Pie XII avait pensé que le Père Feeney prêchait « sa propre doctrine », alors qu’il confirmait ce que le pape Grégoire XVI avait affirmé dans Summo Iugiter Studio et ce que la Chaire de saint Pierre avait toujours infailliblement défini (que tous ceux qui meurent non-catholiques sont perdus), alors il aurait eu tort :

soit par erreur (l’erreur n’a rien à voir avec l’hérésie), car un pape peut se tromper, prendre des décisions qui ne sont pas infaillibles.

Quand les théologiens du Ier concile Vatican ont préparé la déclaration sur l’infaillibilité pontificale, ils découvrirent plus de 40 papes qui tinrent des points de vues théologiques erronés, mais jamais aucune de ces erreurs ne furent enseignées par les papes ex cathedra – depuis la Chaire de St Pierre :

– 1er exemple : le pape Jean XXII croyait à tort que les justes de l’Ancien Testament ne recevraient la vision béatifique qu’après le Jugement général (L’ Encyclopedie Catholique, Vol. 8, p. 433) ;

–  2ème exemple : le Synode du Cadavre en 897 où le cadavre du pape Formose – qui, selon tous les comptes rendus aurait été un saint et dévoué pape – fut condamné après sa mort par le pape Étienne VII en vertu d’un certain nombre de prétendues violations du droit canon (Warren H. Carroll, Une histoire de la chrétienté, Vol. 2, La construction de la chrétienté, 1987, p. 387), condamnation annulée par le pape Théodore II et le pape Jean IX, mais favorisée par le pape Serge III (idem p. 388‐390 et J.N.D. Kelly, Oxford Dictionnaire des papes, Oxford Presse Université, 1986, pp. 116‐117, 119) ;

– 3ème exemple : le pape Honorius Ier (625-638) fut condamné par le IIIème concile de Constantinople, le IIème concile de Nicée en 787, et le IVème Concile de Constantinople en 869‐870 pour avoir au moins favorisé l’hérésie monothélite (croyance que le Christ n’avait qu’une seule volonté) dans deux lettres au patriarche Sergius.

Ces exemples montrent qu’un pape n’est pas infaillible dans toutes ses décisions, paroles, opinions ou jugements, mais seulement quand il parle depuis la Chaire de saint Pierre – ex cathedra, ou bien qu’il redit ce que l’Église a toujours enseigné dans son Magistère ordinaire et universel.

Le pape Pie XII serait tombé dans l’hérésie et n’aurait plus été pape ipso facto s’il avait tenu que des non-catholiques pouvaient être sauvés, et qu’il avait soutenu la persécution du Père Feeney affirmant le contraire, et ce qui est l’enseignement de l’Eglise (pas de salut pour les non-catholiques).

soit le pape Pie XII se serait basé sur ce que les adversaires hérétiques du père Feeney (ou plutôt de la foi, du dogme, de l’Eglise et du Christ) lui aurait faussement présenté. Et c’est ce qui s’est passé puisqu’ils étaient déjà menteurs.

Le 24 septembre 1952, le Père Feeney adressa une longue lettre détaillée à Pie XII qui resta sans réponse. Le 25 octobre1952, le cardinal Pizzardo du Saint-Office le convoqua à Rome. Le 30 octobre, 1952, le Père Feeney répondit à Pizzardo, en lui demandant une liste des accusations portés contre lui conformément au Droit Canonique.

Le 22 novembre 1952, Pizzardo lui répondit : « Votre lettre du 30 octobre montre clairement que vous essayez d’éluder la question … Vous devez vous rendre immédiatement à Rome, où vous serez informé des charges portées contre vous … Si vous ne vous présentez pas … avant le 31 décembre, cet acte de désobéissance sera rendu publique avec les peines canoniques … Le délégué apostolique a reçu l’approbation de financer les dépenses de votre voyage ». (Frère Robert Marie, Le père Feeney et la vérité à propos du salut, Centre saint Benoît, 1995, p. 22)

Le 2 décembre 1952, le Père Feeney répondit : « Votre Eminence semble avoir mal interprété mes motivations en réponse à votre lettre du 25 octobre 1952. J’avais présumé que votre première lettre devait servir en tant que citations canoniques à comparaître devant Votre Tribunal Sacré. Néanmoins, en tant que citation, elle est fatalement défectueuse selon les normes du Canon 1715, principalement dans le fait qu’elle ne m’a pas informé des accusations portées contre moi. Ce canon exige que la citation contienne au moins un énoncé général des charges. Selon les normes du Canon 1723, toute procédure basée sur une citation si fondamentalement défectueuse, est soumise à une plainte de nullité ». (idem p. 23)

Le 9 janvier 1953, Pizzardo lui répondit : « En réponse à votre lettre du 2 décembre 1952 demandant davantage d’explications … le Saint-Office vous communique ci-joint les ordres reçu de Sa Sainteté, que vous devez vous présenter à cette Congrégation avant la date du 31 janvier 1953, sous peine d’excommunication encourue automatiquement (ipso facto) en cas d’échec à vous présenter à la date indiquée. Cette décision de Sa Sainteté s’est faite après l’arrivée des derniers documents du Centrre saint Benoit ». (id.)

Le 13 janvier 1953, le Père Feeney répondit au cardinal en protestant contre :

1) La violation du « secret du Saint-Office » en ayant laissé échappé de manière publique leur correspondance à la presse.

2) Les menaces répétées du cardinal d’imposer des sanctions sans donner des accusations ou des procédures, tel que requis par les canons.

3) La diffusion du Protocole 122/49 comme une prise de position doctrinale du Saint-Siège, en sachant qu’il n’a jamais été publié dans les Acta Apostolicae Sedis (Actes du Siège apostolique). (idem p. 25)

Et par une indignation justifiée :

« J’ai très sérieusement remis en question, et la bonne foi, et la validité de toute tentative de m’excommunier, parce que j’ai osé rappeler la substance de ce décret à votre attention, et parce que j’ai osé insister sur mes droits dans les deux lettres des 30 octobre et 2 décembre 1952. » (id.)

Le 13 février 1953, le Saint-Office publia un décret déclarant le Père Feeney « excommunié » (AAS, 16 février 1953, vol. XXXXV, page 100) :

«Comme le prêtre Léonard Feeney, résidant à Boston (Centre saint Benoit ), lequel à cause du grave refus d’obéissance à l’Autorité ecclésiastique avait été déjà suspendu « a divinis », nonobstant les avertissements réitérés et l’instante menace d’excommunication à encourir ipso facto, n’ est pas venu à résipiscence, les Eminentissimes et Révérendissimes Pères préposés à la sauvegarde de la foi et des mœurs, dans la séance plénière du mercredi 4 février 1953, l’ont déclaré excommunié avec tous les effets de droit. Et le jeudi 12 février 1953, Sa Sainteté Pie XII, Pape par la Providence de Dieu, a approuvé, confirmé le décret des Eminentissimes Pères et ordonné qu’il fût rendu public.

Donné à Rome, au siège du Saint-Office, le 13 février 1953 ».

Marius Crovini, notaire

Cette excommunication est sans valeur. Le Père Feeney n’était coupable de rien, il n’a nié aucune doctrine, et a tout en conformité de la loi. Ce sont les hérétiques qui persécutaient le Père Feeney qui enseignait le dogme selon lequel ceux qui meurent non-catholiques ne sont pas sauvés, qui étaient excommuniés ipso facto par leur hérésie.

Cette « excommunication » vient d’ecclésiastiques hérétiques s’opposant à la prédication du dogme par le père Feeney. Cette « excommunication »  ne mentionne rien concernant la doctrine. Elle mentionne seulement « grave désobéissance envers l’autorité ecclésiastique ».

Les ignorants des faits de cette affaire affirment à tort que le Père Feeney a été excommunié pour avoir enseigné que les non-catholiques ne peuvent pas être sauvés alors que c’est le dogme selon lequel ceux qui meurent non-catholiques ne sont pas être sauvés, qui fut la raison de la controverse du Père Feeney aboutissant à cette « excommunication » qui ne mentionne rien de la doctrine. Par conséquent, même si on croit que cette « excommunication » était valide (ce qui est absurde), cela ne constituerait même pas un argument contre l’enseignement selon lequel ceux qui meurent non-catholiques ne sont pas sauvés, car 1° la doctrine n’est en rien mentionnée dans « l’excommunication », et que 2° cet enseignement est un dogme défini.

Le résultat de cette affaire est  que le père Leonard Feeney a définitivement été excommunié pour l’esprit du public, alors qu’il ne faisait qu’enseigner le dogme de l’Eglise disant que personne ne peut être sauvé en dehors de l’Eglise catholique. Cela a vendu et donné l’impression aux gens qu’il n’est pas nécessaire d’appartenir à l’unique Eglise qu’Il a établi et que promouvoir le contraire est même punissable ! Autrement dit, promouvoir le dogme et non l’hérésie est punissable.

Avec cette « condamnation » du Père Feeney combinée au protocole 122/49, aucun séminaire au monde n’a enseigné le dogme disant que seuls les catholiques peuvent être sauvés, après 1953 et l’idée répandue que ceux qui meurent non-catholiques peuvent être sauvés, ôtait toute valeur pour croire en la religion catholique et pratiquer la morale catholique, puisque les membres des autres religions peuvent eux-aussi bien atteindre le salut. Le don précieux de la foi véritable a été taillé en pièces, et la prétention de l’Église catholique d’être la seule vraie religion, a été tuée pour l’esprit du public, vu qu’on peut aussi bien être sauvé dans les autres religions.

Il était donc logique que peu après « l’excommunication » du Père Feeney, l’enseignement catholique laisse place à une apostasie universelle parmi les catholiques dont vatican 2 était le véhicule pour la perpétuer.

 

« Feeneyistes », un terme et un mythe inventé par les hérétiques

Les hérétiques présentent l’excommunication du père Feeney de manière totalement biaisée.

Le père Feeney n’a jamais été excommunié par Pie XII. Premièrement Pie XII n’a pas signé l’acte, mais un notaire, suite à une audition d’hérétiques avec Pie XII. Deuxièmement on ne sait pas ce que des hérétiques qui avaient menti avant ont pu raconter au Pape sur cette affaire dans cette audition. Troisièmement, le témoignage d’hérétiques est invalide (nul). Quatrièmement, l’excommunication du père Feeney est invalide (nulle). Cinquièmement, le motif de l’excommunication est invalide (nul).

Les hérétiques s’appuient sur l’excommunication (invalide) du père Feeney pour nier le dogme du salut, disant que l’acte, même signé par un notaire, est légal, ce qui n’est pas le cas car il est basé sur un mensonge, et donc illégal (illicite) et invalide (nul).

L’acte dont il s’agit excommunie (invalidement) le Père Feeney pour désobéissance, mais parce que les « supérieurs » demandeurs ont menti, c’est invalide. Si l’acte était valide, il relèverait de la loi ecclésiastique ou disciplinaire qui peut changer, si c’était fondé, ce qui n’est pas le cas car nul ne doit obéir à un évêque hérétique qui est de fait hors de l’Église. Si « l’acte d’excommunication » avait eu pour motif l’hérésie (ce qui n’est pas le cas du tout), il relèverait alors de la loi divine et devrait être ratifié par le Pape, ce qui n’est pas le cas dans cette affaire.

S’il était vrai que père Feeney fut excommunié par Pie XII pour « désobéissance » (ce qui n’est pas le cas comme expliqué ci-dessus), cela aurait été une mesure disciplinaire de loi ecclésiastique qui n’exclut pas de l’Église comme exclut de l’Église une excommunication de loi divine pour hérésie.

Si le père Feeney avait été validement excommunié, comme le disent les hérétiques, « pour désobéissance » (ce qui n’est même pas le cas), il aurait alors relevé de la discipline ou loi ecclésiastique et non de la loi divine, donc même dans ce cas – si l’excommunication de loi ecclésiastique était véritable, ce qui n’est même pas le cas – il n’existerait même pas d’hérésie « feeneyi(s)te » : c’est la preuve que c’est un terme et un mythe inventé par les hérétiques pour appuyer et défendre leur hérésie du « baptême de désir ». Les hérétiques ont inventé le terme « hérésie feeneyi(s)te », c’est la preuve du mensonge des hérétiques sur ce point.

Conclusion

L’affaire frauduleuse du père Feeney fut l’œuvre de l’infiltration de l’Église par les franc-maçons (Voir Ce qui est arrivé à l’Eglise avec vatican 2). Le pape Pie XII a joué un rôle crucial dans l’affaire du Père Feeney, au cœur de la foi catholique, dans ce qui arrivera ensuite avec vatican 2 et le salut de milliards d’âmes, mais on sait aussi que les cardinaux et évêques apostats de cette affaire, ont menti au pape Pie XII.

Si Pie XII avait secouru le père Feeney au début des années 1950, et avait réaffirmé que tous ceux qui meurent non-catholiques sont perdus et doivent donc être convertis, vatican 2 n’aurait pas pu arriver. L’affaire frauduleuse du père Feeney a entraîné, dès 1953, que probablement plus aucun séminaire n’enseignait le dogme Hors de l’Église point de salut, et la porte était ouverte à l’apostasie avec les hérésies de baptême de désir et baptême de sang, d’ignorance invincible, de planification familiale naturelle, du salut sans la foi catholique, du salut hors de l’Église, du salut sans le sacrement de baptême, et du salut des païens, des fausses religions, des hérétiques, etc.

Presque toutes les hérésies de vatican 2 reposent sur la négation de la nécessité de l’Église catholique et le mal que constituent les religions non-catholiques. Si Pie XII avait affirmer solennellement le dogme dans les années 1950, comme l’a fait le Père Feeney, tout le monde aurait vu que le Père Feeney avait raison de dire que les non-catholiques ne peuvent pas être sauvés comme non-catholiques, et les hérétiques de vatican 2 n’auraient jamais pu s’en tirer avec le décret sur l’œcuménisme Unitatis redintegratio, le décret sur les religions non-chrétiennes Nostra Aetate, ou le décret sur la liberté religieuse Dignitatis humanae, entre autres, qui sont tous des documents totalement hérétiques, font des éloges et estiment les fausses religions ou affirment que les membres d’autres religions peuvent être sauvés.