Chemins de Croix

Sommaire

  • Présentation
  • Chemin de Croix biblique (Vulgate)
  • Chemin de Croix simple (et pour les enfants)
  • Chemin de la Croix Traditionnel
  • Chemin de Croix montfortain en union avec Marie
  • Chemin de Croix du Sacré-Coeur de Jésus

 

Présentation

Pape Innocent XI : «Celui qui fait le Chemin de croix reçoit autant d’indulgences que s’il allait en pèlerinage à Jérusalem».

Le pape Pie XI voulant mettre fin à tous les doutes, abrogea toutes les concessions antérieures, et accorda une indulgence plénière toties quoties (ou autant de fois qu’on répète l’œuvre prescrite) chaque fois qu’on fait le chemin de Croix en entier d’un cœur contrit.

C’est la seule prière indulgenciée plénière sans les conditions ordinaires de confession, communion, prières pour le Pape, sans autre condition que de se déplacer entre chaque station si possible ou du moins s’agenouiller devant chaque station, aucune prière n’est prescrite que la méditation de chaque station.

La prière du Chemin de croix est merveilleuse pour aider à la contrition et pour le pardon des péchés et très puissante pour délivrer les âmes du purgatoire.

Saint Louis-Marie Grignon de Montfort : « Saint Augustin assure qu’il n’y a point d’exercice si fructueux et si utile au salut que de penser souvent aux souffrances de Notre-Seigneur. Le bienheureux Albert le Grand, maître de saint Thomas, a su par révélation que le simple souvenir ou la méditation de la passion de Jésus-Christ est plus méritoire au chrétien que de jeûner pendant un an tous les vendredis au pain et à l’eau, ou de prendre la discipline jusqu’au sang toutes les semaines, ou de réciter tous les jours le psautier».

Promesses de Notre Seigneur Jésus-Christ d’après le frère Stanislas pour les dévots du Chemin de Croix (révélation privée) :

1) J’accorderai tout ce qu’on me demandera avec Foi, durant les Stations du Chemin de Croix.

2) Je promets la Vie Éternelle à ceux qui, de façon régulière, s’appliquent à faire le Chemin de Croix.

3) Durant leur vie, Je les accompagnerai en tout lieu, et ils recevront mon assistance spéciale à l’heure de la mort.

4) Quand bien même ils auraient plus de péchés que les brins d’herbe qui poussent dans les champs, et plus que les grains de sable dans la mer, tous seront effacés par cette dévotion au Chemin de Croix. [Ceci ne remplace pas la confession, mais Dieu pardonne les péchés par la contrition et le désir de se confesser dès que possible, selon l’enseignement du Concile de Trente].

5) Ceux qui auront l’habitude de faire le Chemin de Croix fréquemment, jouiront d’une gloire extraordinaire au Ciel.

6) Après la mort, si ces dévots arrivent au Purgatoire, Je les délivrerai de ce lieu d’expiation le premier mardi ou le premier vendredi après leur mort.

7) Je bénirai ces âmes chaque fois qu’elles feront le Chemin de Croix ; et ma bénédiction les accompagnera partout sur la terre. Après leur mort, elles jouiront de cette bénédiction au Ciel, pour toute l’Éternité.

8) À l’heure de la mort, Je ne permettrai pas qu’elles soient soumises à la tentation du démon. Je dépouillerai l’ennemi malin de tout pouvoir sur ces âmes. Elles pourront ainsi reposer tranquillement dans Mes Bras.

9) Ceux qui s’adonnent à cette Dévotion du Chemin de Croix avec un véritable amour, seront hautement récompensés. C’est-à-dire, Je transformerai chacune de ces âmes en Ciboire Vivant, d’où Je prendrai plaisir à répandre Ma Grâce.

10) Je fixerai le regard de Mes Yeux sur ces âmes qui font le Chemin de Croix fréquemment ; et Mes Mains seront sans cesse ouvertes pour les protéger.

11) Tout comme J’ai été cloué sur la Croix, de même Je serai toujours très uni à ceux qui M’honorent par la pratique fréquente du Chemin de Croix.

12) Les dévots du Chemin de Croix ne se sépareront jamais de Moi ; parce que Je leur donnerai la Grâce de ne jamais commettre un péché mortel.

13) À l’heure de la mort, Je les consolerai par ma Présence ; et nous irons ensemble au Ciel. La mort sera douce pour tous ceux qui M’auront honoré durant leur vie par la pratique du Chemin de Croix.

14) Pour ces Dévots du Chemin de Croix, Mon Cœur sera un Bouclier de Protection, qui toujours leur portera secours, quand ils recourront à Moi.

 

Chemin de Croix biblique (Vulgate)

«Le Fils de l’homme doit être livré entre les mains des hommes. Et ils le tueront, et le troisième jour il ressuscitera». (Matth. 17, 21-22)

Première station – Jésus est condamné à mort

Nous Vous adorons, ô Jésus, et nous Vous bénissons, Parce que Vous avez racheté le monde par Votre Sainte Croix

via crucis 1 - Ecce homo, Antonio Ciseri

Jean 18, 33-40 : «Pilate rentra donc dans le Prétoire, appela Jésus, et lui dit : Es-tu le roi des Juifs ?

«Jésus répondit : Dis-tu cela de toi-même, ou d’autres te l’ont-ils dit de moi ?

«Pilate reprit : Est-ce que je suis juif, moi ? Ta maison et les pontifes t’ont livré à moi ; qu’as-tu fait ?

«Jésus répondit : Mon royaume n’est pas de ce monde ; si mon royaume était de ce monde, mes serviteurs combattraient certainement pour que je ne fusse point livré aux Juifs ; mais je l’assure, mon royaume n’est pas d’ici.

«C’est pourquoi Pilate lui répartit : Tu es donc roi ? Jésus répondit : Tu le dis, je suis roi. Si je suis né et si je suis venu dans le monde, c’est pour rendre témoignage à la vérité ; Quiconque est de la vérité écoute ma voix.

«Pilate lui demanda : Qu’est-ce que la vérité ? Et ayant dit cela, il alla de nouveau vers les Juifs, et leur dit : Je ne trouve en lui aucune cause de mort (compar. Luc 23, 22).

«Mais c’est la coutume parmi vous que je vous délivre un criminel à la Pâque ; voulez-vous donc que je vous délivre le roi des Juifs ?

«Alors ils crièrent tous de nouveau, disant : Non pas celui-ci, mais Barabbas. Or ce Barabbas était un voleur».

Notre Père Je vous salue Marie… Gloire au Père…

Pardonnez-nous, Seigneur, par votre condamnation à mort.

Ayez pitié de nous, Seigneur, Ayez pitié de nous.

 

Deuxième station – Jésus est chargé de sa croix

Nous Vous adorons, ô Jésus, et nous Vous bénissons, Parce que Vous avez racheté le monde par Votre Sainte Croix.

pretoire - via crucis 2

Jean 19, 1-17 : «Alors donc Pilate prit Jésus et le fit flageller.

«Et les soldats ayant tressés une couronne d’épines, la mirent sur sa tête, et le couvrirent d’un vêtement de pourpre.

«Et ils venaient à lui et disaient : Salut, roi des Juifs ; et ils lui donnaient des soufflets.

«Pilate sortit donc de nouveau et leur dit : Voici que je vous l’amène dehors, afin que vous sachiez que je ne trouve en lui aucun cause de mort.

«(Ainsi Jésus sortit, portant la couronne d’épines et le vêtement de pourpre). Et Pilate leur dit : Voilà l’homme.

«Quand les pontifes et les archers l’eurent vu, ils criaient, disant : Crucifiez-le, crucifiez-le ! Pilate leur dit : Prenez-le vous-mêmes, et le crucifiez, car moi, je ne trouve pas en lui une cause de mort.

«Les juifs lui répondirent : Nous avons une loi, et, selon cette loi, il doit mourir, parce qu’il s’est fait Fils de Dieu.

«Lors donc que Pilate eut entendu cette parole, il craignit davantage.

«Et, rentrant dans le prétoire, il dit à Jésus : D’où es-tu ? Mais Jésus ne lui fit point de réponse.

«Pilate lui dit donc : Tu ne me parles pas ? Ignores-tu que j’ai le pouvoir de te crucifier et le pouvoir de te délivrer ?

«Jésus répondit : Tu n’aurais sur moi aucun pouvoir, s’il ne t’avais été donné d’en haut. C’est pourquoi celui qui m’a livré à toi a un plus grand péché.

«Et, dès ce moment, Pilate cherchait à le délivrer. Mais les Juifs criaient, disant : Si vous le délivrez, vous n’êtes pas ami de César ; car quiconque se fait roi, se déclare contre César.

«Or Pilate ayant entendu ces paroles, fit amener Jésus dehors, et il s’assit sur son tribunal, au lieu qui est appelé Lithostrotos, et en hébreu Gabbatha.

«C’était la Préparation de la Pâque, vers la sixième heure, et Pilate dit aux Juifs : Voilà votre roi.

«Mais eux criaient : Ôtez-le, ôtez-le du monde, crucifiez-le !  Pilate leur demanda : Crucifierai-je votre roi ? Les pontifes répondirent : Nous n’avons de roi que César.

«Alors, il le leur livra pour être crucifié. Ils prirent donc Jésus et l’emmenèrent.

«Ainsi, portant sa croix, il alla au lieu qui est appelé Calvaire, et en hébreu Golgotha, …

Notre Père… Je vous salue Marie… Gloire au Père…

Pardonnez-nous, Seigneur, par votre Croix.

Ayez pitié de nous, Seigneur, Ayez pitié de nous.

 

Troisième station – Jésus tombe pour la première fois

Nous Vous adorons, ô Jésus, et nous Vous bénissons, Parce que Vous avez racheté le monde par Votre Sainte Croix.

via crucis 3

Isaie 53, 1-6 : «Qui a cru à ce qu’il a entendu de nous ? et à qui le bras du Seigneur a-t-il été révélé ?

«Et il montera comme une branche menue devant lui, et comme un rejeton d’une terre altérée ; il n’a ni éclat ni beauté ; et nous l’avons vu, et il n’avait pas un aspect agréable, et nous l’avons désiré ;

«Méprisé, et le dernier  des hommes, homme de douleurs, et connaissant l’infirmité ; son visage était comme caché, et méprisé, et nous l’avons compté pour rien.

«Il a lui-même pris nos langueurs sur lui (cf Matth. 8, 17), et il a lui-même porté nos douleurs ; et nous l’avons considéré comme un lépreux, frappé de Dieu et humilié.

«Mais lui-même il a été blessé à cause de nos iniquités, il a été brisé à cause de nos crimes ; le châtiment, prix de notre paix, est tombé (cf 1 P 2, 24-25) sur lui ; et par ses meurtrissures, nous avons été guéris.

«Nous tous, comme des brebis, nous avons erré ; chacun s’est détourné vers sa voie ; et le Seigneur a mis sur lui l’iniquité de nous tous».

Notre Père… Je vous salue Marie… Gloire au Père…

Pardonnez-nous, Seigneur, par votre première chute.

Ayez pitié de nous, Seigneur, Ayez pitié de nous.

 

Quatrième station – Jésus rencontre sa Mère

Nous Vous adorons, ô Jésus, et nous Vous bénissons, Parce que Vous avez racheté le monde par Votre Sainte Croix.

Isaie 53, 7-8 : «Il a été offert parce que lui-même l’a voulu et il n’a pas ouvert sa bouche ; comme une brebis, il sera conduit à la tuerie, et comme un agneau devant celui qui le tond, il sera muet et il n’ouvrira pas sa bouche.

«A la suite des angoisses et d’un jugement il a été enlevé ; qui racontera sa génération ? Car il a été retranché de la terre des vivants ; à cause du crime de mon peuple, je l’ai frappé».

Notre Père… Je vous salue, Marie… Gloire au Père…

Pardonnez-nous, Seigneur, par les douleurs de votre Sainte Mère.

Ayez pitié de nous, Seigneur, Ayez pitié de nous.

 

Cinquième station – Simon de Cyrène aide Jésus à porter sa croix

Nous Vous adorons, ô Jésus, et nous Vous bénissons, Parce que Vous avez racheté le monde par Votre Sainte Croix.

Luc 22, 39-44 : «Et étant sortit, il alla, selon sa coutume à la montagne des Oliviers ; et ses disciples le suivirent.

«Lorsqu’il fut arrivé à son lieu accoutumé, il leur dit : Priez, de peur que vous n’entriez en tentation.
Puis il s’éloigna d’eux à la distance d’un jet de pierre ; et, s’étant mit à genoux, il priait,

«Disant : Mon Père, si vous le voulez, éloignez ce calice de moi ; cependant que ma volonté ne se fasse pas, mais la votre.
«Alors lui apparut un ange du ciel, le fortifiant ; Et étant tombé en agonie, il priait encore plus.

«Et il lui vint une sueur, comme des gouttes de sang découlant jusqu’à terre».

Notre Père… Je vous salue Marie… Gloire au Père…

Pardonnez-nous, Seigneur, par votre agonie mortelle au Jardin des oliviers.

Ayez pitié de nous, Seigneur, Ayez pitié de nous.

 

Sixième station – Véronique essuie la Face de Jésus

Nous Vous adorons, ô Jésus, et nous Vous bénissons, Parce que Vous avez racheté le monde par Votre Sainte Croix.

via crucis 6

Marc 14, 61-65 : «Mais Jésus se taisait, il ne répondit rien. Le grand prêtre l’interrogea de nouveau et lui dit : Es-tu le Christ, le Fils de Dieu béni ?

«Et Jésus lui dit : Je le suis ; et vous verrez le Fils de l’homme assis à la droite de la majesté de Dieu, et venant sur les nuées du ciel.

«Alors le grand prêtre déchirant ses vêtements, dit : Qu’avons-nous encore  besoin de témoins.

«Vous avez entendu le blasphème : que vous en semble ? Tous le condamnèrent comme étant digne de mort.

«Aussitôt quelques-uns se mirent à cracher sur lui, à voiler sa face, à le déchirer à coups de poing et à lui dire : prophétise ! Et les serviteurs le déchiraient de soufflets».

Notre Père… Je vous salue Marie… Gloire au Père…

Pardonnez-nous, Seigneur, par votre Sainte Face.

Ayez pitié de nous, Seigneur, Ayez pitié de nous.

 

Septième station – Jésus tombe pour la seconde fois

Nous Vous adorons, ô Jésus, et nous Vous bénissons, Parce que Vous avez racheté le monde par Votre Sainte Croix.

Matthieu 16, 21-26 : «Dès lors Jésus commença à découvrir à ses disciples qu’il fallait qu’il allât à Jérusalem, qu’il souffrît beaucoup de la part des anciens, des scribes et des princes des prêtres ; qu’il fût mis à mort et le troisième jour il ressuscitât.

«Et, le prenant à part, Pierre se mit à le reprendre, disant : A Dieu ne plaise, Seigneur ! cela ne vous arrivera point.

«Mais Jésus, se retournant, dit à Pierre : Retire-toi de moi, Satan ; Tu es un scandale pour moi, parce que tu ne goûtes pas ce qui est de Dieu, mais ce qui est des hommes.

«Alors Jésus dit à ses disciples : Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il porte sa croix et me suive.

«Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie à cause de moi, la trouvera.

«Et que sert à l’homme de gagner le monde entier, s’il perd son âme ? Ou que donnera l’homme en échange de son âme ? »

Notre Père… Je vous salue Marie… Gloire au Père…

Pardonnez-nous, Seigneur, par votre seconde chute.

Ayez pitié de nous, Seigneur, Ayez pitié de nous.

 

Huitième station – Jésus rencontre les femmes de Jérusalem

Nous Vous adorons, ô Jésus, et nous Vous bénissons, Parce que Vous avez racheté le monde par Votre Sainte Croix

Luc 23, 27-31 : «Or une grande foule de peuple et de femmes le suivaient, se frappant la poitrine et se lamentant sur lui.

«Mais Jésus se tournant vers elles dit : Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi, mais pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants ;

«Car voici que viendront des jours où l’on dira : Heureuses les stériles et les entrailles  qui n’ont pas engendré, et les mamelles qui n’ont pas allaité !

«Alors ils commenceront à dire aux montagnes : Tombez sur nous : et aux collines : Couvrez-nous.

«Car si l’on fait ainsi au bois vert, que sera t-il fait au bois sec ? »

Notre Père… Je vous salue Marie… Gloire au Père…

Pardonnez-nous, Seigneur, par votre compassion.

Ayez pitié de nous, Seigneur, Ayez pitié de nous.

 

Neuvième station – Jésus tombe pour la troisième fois

Nous Vous adorons, ô Jésus, et nous Vous bénissons, Parce que Vous avez racheté le monde par Votre Sainte Croix.

Philippiens 2, 5-11 : «… le Christ Jésus, qui, étant dans la forme de Dieu, n’a pas cru que ce fût une usurpation de se faire égal à Dieu ;

«Mais il s’est anéanti lui-même, prenant la forme d’esclave, ayant été fait semblable aux hommes, et reconnu pour homme par les dehors.

«Il s’est humilié lui-même, s’étant fait obéissant jusqu’à la mort de la croix.

«C’est pourquoi Dieu l’a exalté et lui a donné un nom qui est au-dessus de tout nom ;

«Afin qu’au nom de Jésus, tout genou fléchisse dans le ciel, sur terre et dans les enfers,

«Et que toute langue confesse que le seigneur Jésus Christ est dans la gloire de Dieu le Père».

Notre Père… Je vous salue Marie… Gloire au Père…

Pardonnez-nous, Seigneur, par votre troisième chute.

Ayez pitié de nous, Seigneur, Ayez pitié de nous.

 

Dixième station – Jésus est dépouillé de ses vêtements

Nous Vous adorons, ô Jésus, et nous Vous bénissons, Parce que Vous avez racheté le monde par Votre Sainte Croix.

Plainte du Messie délaissé de son Père sur la croix et abandonné de tous :

Psaume 21, 2-12 : «Dieu, mon Dieu, regardez-moi : pourquoi m’avez-vous délaissé ? Les paroles de mes péchés sont loin de mon salut.

«Mon Dieu, je crierai pendant le jour, et vous ne m’exaucerez pas : et pendant la nuit, et ce n’est point à moi une folie.

«Mais vous, vous habitez dans un sanctuaire, vous la louange d’Israël.

«C’est en vous qu’ont espéré nos pères : ils ont espéré et vous les avez délivrés.

«Vers vous ils ont crié et ils ont été sauvés : en vous ils ont espéré, et ils n’ont point été confondus.

«Pour moi, je suis un ver et non pas un homme ; l’opprobre des hommes et l’abjection du peuple.

«Tous ceux qui m’ont vu m’ont tournés en dérision : ils ont parlé du bout des lèvres, et ils ont secoué la tête.

«Il a espéré dans le Seigneur, qui le délivre ; qu’il le sauve, puisqu’il l’aime.

«Cependant c’est vous qui m’avait tiré du sein de ma mère : vous êtes mon espérance depuis que je suçais les mamelles de ma mère.

«C’est sur vous que j’ai été posé, en sortant de son sein ; depuis que j’étais dans les entrailles de ma mère, vous êtes mon Dieu.

«Ne vous éloignez pas de moi : Parce que la tribulation est proche, parce qu’il n’y a personne qui me porte secours».

Description des tourments de la passion () :

Psaume 21, 13-22 : «De jeunes taureaux en grand nombre m’ont environné ; des taureaux gras m’ont assiégé.

«Ils ont ouvert sur moi leur gueule comme un lion ravissant et rugissant.

«Je me suis épanché comme de l’eau, et tous mes os se sont déboîtés. Mon coeur est devenu au-dedans de moi comme une cire qui se fond.

«Ma force s’est desséchée comme un têt, et ma langue s’est attaché à mon palais ; et vous m’avez conduit à la poussière de la mort.

«Parce que des chiens nombreux m’ont environné ; un conseil de méchants m’a assiégé : ils ont percé mes mains et mes pieds ;

«Ils ont compté tous mes os. Ils m’ont eux-mêmes considéré et regardé attentivement.

«Ils se sont partagés mes vêtements, et sur ma robe ils ont jeté le sort.

«Mais vous, Seigneur, n’éloignez-pas votre secours de moi : voyez à ma défense.

«Arrachez mon âme à l’épée à double tranchant ; et mon unique de la main du chien.

«Sauvez-moi de la gueule du lion ; et ma faiblesse des cornes des licornes (cf Job 39, 9-12)».

Gloire de la résurrection :

Psaume 21, 23-32 : «Je raconterai votre nom à mes frères ; je vous louerai au milieu de l’assemblée.

«Vous qui craignez le Seigneur, louez-le ; race entière de Jacob, glorifiez-le :

«Que toute la race d’Israël le craigne, parce qu’il n’a pas méprisé ni dédaigné la supplication du pauvre ; et qu’il n’a point détourné sa face de moi, et que lorsque je criais vers lui, il m’a exaucé.

«Devant vous sera ma louange dans une grande assemblée : je rendrai mes voeux en présence de ceux qui le craignent.

«Les pauvres mangeront et seront rassasiés ; et ils loueront le Seigneur, ceux qui le recherchent ; leurs cœurs vivront dans les siècles des siècles.

«Tous les confins de la terre se souviendront du Seigneur et convertiront à lui : et toutes les familles des nations adoreront en sa présence.

«Parce qu’au Seigneur appartient le règne ; et que c’est lui qui dominera sur les nations.

«Tous les riches de la terre ont mangé et ont adoré : en sa présence tomberont tous ceux qui descendent dans la terre.

«Et mon âme vivra pour lui ; et ma postérité le servira.

«La génération qui doit venir sera annoncée au Seigneur ; et les cieux annonceront sa justice au peuple qui naîtra, et qu’a fait le Seigneur».

Notre Père… Je vous salue Marie… Gloire au Père…

Pardonnez-nous, Seigneur, par votre innocence.

Ayez pitié de nous, Seigneur, Ayez pitié de nous.

 

Onzième station – Jésus est cloué sur la Croix

Nous Vous adorons, ô Jésus, et nous Vous bénissons, Parce que Vous avez racheté le monde par Votre Sainte Croix.

Luc 23, 32-43 : «On conduisait aussi avec lui deux autres hommes qui étaient des malfaiteurs, pour les mettre à mort.
«Et lorsqu’ils furent arrivés au lieu qui est appelé Calvaire, ils le crucifièrent, et les voleurs aussi, l’un à sa droite, et l’autre à sa gauche.
«Mais Jésus disait : Mon Père, pardonnez-leur, car ils ne savent ce qu’ils font. Partageant ensuite ses vêtements, ils y jetèrent le sort.
«Et le peuple était là, regardant, et les chefs le raillaient avec le peuple, disant :  Il a sauvé les autres ; qu’il se sauve, s’il est le Christ, l’Élu de Dieu.
«Les soldats même, s’approchant, l’insultaient, lui présentant du vinaigre,

«Et disant : Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi.
«Il y avait aussi au-dessus de lui une inscription où était écrit en caractères grecs, latins et hébreux : Celui-ci est le roi des Juifs.
«Or l’un des voleurs qui était suspendu en croix le blasphémait, disant : Si tu es le Christ, sauve-toi toi-même, et nous aussi.

«Mais l’autre, répondant, le reprenait, disant : Ne crains tu point Dieu, quand tu subis la même condamnation ?
«Encore pour nous, c’est avec justice ; car nous recevons ce que nos actions méritent ; mais celui-ci n’a rien fait de mal.
«Et il disait à Jésus : Seigneur, souvenez-vous de moi, quand vous serez arrivé dans votre royaume.

«Et Jésus lui dit : En vérité, je te le dis, aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis».

Notre Père… Je vous salue Marie… Gloire au Père…

Pardonnez-nous, Seigneur, par votre crucifixion.

Ayez pitié de nous, Seigneur, Ayez pitié de nous.

 

Douzième station – Jésus meurt sur la Croix

Nous Vous adorons, ô Jésus, et nous Vous bénissons, Parce que Vous avez racheté le monde par Votre Sainte Croix.

Jean 19, 26-30 : «Lors donc que Jésus eut vu sa mère, et, près d’elle, le disciple qu’il aimait, il dit à sa mère : Femme, voilà votre fils.

«Ensuite il dit au disciple : Voilà ta mère. Et depuis cette heure-là, le disciple la prit avec lui.

«Après cela, Jésus sachant que tout était consommé, afin d’accomplir l’Écriture, dit : J’ai soif.

«Or il y avait là un vase plein de vinaigre. C’est pourquoi les soldats entourant d’hysope une éponge pleine de vinaigre, la présentèrent à sa bouche.

«Lors donc que Jésus eut pris le vinaigre, il dit : Tout est consommé. Et la tête inclinée, il rendit l’esprit».

Notre Père… Je vous salue Marie… Gloire au Père…

Pardonnez-nous, Seigneur, par votre Mort et Passion.

Ayez pitié de nous, Seigneur, Ayez pitié de nous.

 

Treizième station – Jésus est descendu de la Croix et remis dans les bras de sa Mère

Nous Vous adorons, ô Jésus, et nous Vous bénissons, Parce que Vous avez racheté le monde par Votre Sainte Croix.

Jean 19, 31-40 : «Les juifs donc (parce que c’était la préparation), afin que les corps ne demeurassent pas en croix le jour du sabbat (car ce jour de sabbat était très solennel), prièrent Pilate qu’on leur rompît les jambes et qu’on les enlevât.

«Les soldats vinrent donc, et ils rompirent les jambes du premier, puis du second qui avait été crucifié avec lui.

«Mais lorsqu’ils vinrent à Jésus, et qu’ils le virent déjà mort, ils ne rompirent point les jambes ;

«Seulement un des soldats ouvrit son côté avec une lance, et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau.

«Et celui qui l’a vu en a rendu témoignage, et son témoignage est vrai. Et il sait qu’il dit vrai, afin que vous croyiez aussi.

«Car ces choses ont été faites, afin que s’accomplît l’Écriture : Vous n’en briserez aucun os.

«Et dans un autre endroit, l’Écriture dit encore : Ils porteront leurs regards sur celui qu’ils ont transpercé.

«Après cela, Joseph d’Arimathie (qui était disciple de Jésus, mais en secret, par crainte des Juifs) demanda à Pilate de prendre le corps de Jésus. Et Pilate le permit. Il vint donc et enleva le corps de Jésus.

«Vint aussi Nicodème, qui était d’abord venu trouver Jésus pendant la nuit ; il apportait une composition de myrrhe et d’aloès d’environ cent livres.

«Ils prirent donc le corps de Jésus, et l’enveloppèrent dans des linges avec des parfums, comme les juifs ont coutume d’ensevelir».

Notre Père… Je vous salue, Marie… Gloire au Père…

Pardonnez-nous, Seigneur, par les larmes de votre Très Sainte Mère, vos Saintes plaies et votre Précieux Sang.

Ayez pitié de nous, Seigneur, Ayez pitié de nous.

 

Quatorzième station – Jésus est mis au tombeau

Nous Vous adorons, ô Jésus, et nous Vous bénissons, Parce que Vous avez racheté le monde par Votre Sainte Croix.

via crucis 14

Marc 15, 46-47 ; 16, 1-7 : «Et Joseph ayant acheté un linceul et détaché Jésus de la croix, l’enveloppa dans le linceul, le mit dans un sépulcre qui avait été taillé dans le roc, et roula une pierre à l’entrée du sépulcre.

«Or, Marie Madeleine, et Marie, mère de Joseph, regardaient où on le mettrait.

«Lorsque le sabbat fut passé, Marie Madeleine, et Marie, mère de Jacques, et Salomé, achetèrent des parfums pour venir embaumer Jésus.

«Ainsi parties de grand matin, le premier jour de la semaine, elles se arrivèrent au sépulcre, le soleil étant déjà levé.

«Or elles se disaient l’une à l’autre : Qui nous ôtera la pierre de l’entrée du sépulcre ?

«Mais regardant elles virent la pierre otée ; or elle était fort grande.

«Et entrant dans le sépulcre, elles aperçurent un jeune homme assis à droite, vêtu d’une robe blanche, et elles furent frappées d’étonnement.

«Il leur dit : Ne craignez point ; c’est Jésus de Nazareth, le crucifié, que vous cherchez ; il est ressuscité, il n’est point ici, voilà le lieu où on l’avait mis.

«Mais allez, dites à ses disciples et à Pierre qu’il va devant vous en Galilée ; c’est là que vous le verrez, comme il vous l’a dit».

Notre Père… Je vous salue Marie… Gloire au Père…

Pardonnez-nous, Seigneur, par votre Sépulture et votre Descente aux enfers pour libérer les captifs.

Ayez pitié de nous, Seigneur, Ayez pitié de nous.

 

Prière finale

Miserere (Psaume 50) :

Ayez pitié de moi, Seigneur, selon votre grande miséricorde ;
Et selon la multitude de vos bontés, effacez mon iniquité.
Lavez-moi encore plus de mon iniquité, et purifiez-moi de mon péché.
Parce que moi aussi, je connais mon iniquité, et mon péché est
toujours devant moi.
J’ai péché contre vous seul, et j’ai fait le mal devant vous : je fais
cet aveu, afin que vous soyez reconnu juste dans vos paroles, et que
vous soyez victorieux quand on vous juge.
Voilà, en effet, que j’ai été conçu dans des iniquités, et que ma mère
m’a conçu dans des péchés.
Voilà, en effet, Seigneur, que vous aimez la vérité ; que vous m’avez
manifesté les choses obscures et cachées de votre sagesse.
Vous m’aspergerez avec de l’hysope et je serai purifié ; vous me
laverez, et je deviendrai plus blanc que neige.
Vous me ferez entendre une parole de joie et d’allégresse, et mes os
humiliés exulteront.
Détournez votre face de mes péchés ; et effacez toutes mes iniquités.
Créez un cœur pur en moi, ô mon Dieu ! et renouvelez un esprit droit
dans mes entrailles.
Ne me rejetez pas de devant votre face, et ne me retirez pas votre
esprit saint de moi.
Rendez-moi la joie de votre salut, et par votre esprit souverain fortifiez-moi.
J’enseignerai aux hommes iniques vos voies, et les impies se
convertiront à vous.
Délivrez-moi d’un sang versé, ô Dieu, Dieu de mon salut : et ma langue
publiera avec joie votre justice.
Seigneur, vous ouvrirez mes lèvres, et ma bouche annoncera votre louange.
Parce que si vous aviez voulu un sacrifice, je vous l’aurais offert
certainement ; mais des holocaustes ne vous seront point agréables.
Le sacrifice que Dieu désire est un esprit brisé de douleur : vous ne
dédaignerez pas, ô Dieu, un cœur contrit et humilié.
Dans votre bonne volonté, Seigneur, traitez bénignement Sion, et que
les murs de Jérusalem soient bâtis.
Alors vous agréerez un sacrifice de justice, des oblations et des
holocaustes ; alors on mettra sur votre autel des veaux.

Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit, comme il était au commencement, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.

 

Chemin de Croix simple (et pour les enfants)

 

Prière préparatoire

O Jésus, notre doux Sauveur, me voici humblement prosterné à vos pieds, afin d’implorer votre infinie miséricorde, pour moi, pour les pécheurs, pour les mourants, et pour les âmes des fidèles trépassés. Daignez m’appliquer les mérites de votre sainte Passion, que je vais méditer.

 

Station I – Jésus est condamné à mort

Condamné à la mort, Notre Seigneur accepte le verdict du Prétoire, pour toi.

Nous vous adorons, ô Jésus et nous vous bénissons. Vous qui, par votre sainte Croix, avez racheté le monde.

O Jésus, mon doux sauveur. Vous le Créateur du Ciel et de la terre, vous acceptez d’être jugé  et condamné par un tribunal humain pour que je ne sois  pas condamné au tribunal divin. Donnez-moi de pleurer mes péchés qui sont la cause de votre mort.

Notre Père. .. Je vous salue Marie… Gloire au Père…

Ayez pitié de nous, Seigneur. Ayez pitié de nous. Que, par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles trépassés reposent en paix. Ainsi soit-il.

On peut, entre chaque station, chanter une strophe du Stabat Mater :

Stabat Mater, dolorosa, Juxta crucem lacrymosa, Dum pendébat Filius.

Debout au pied de la croix, à laquelle son Fils était suspendu, la Mère des douleurs pleurait.

 

Station II – Jésus  est chargé de sa Croix

Regarde comme il embrasse sa Croix Celui qui va mourir sur ce bois, pour toi.

Nous vous adorons, ô Jésus et nous vous bénissons. Vous qui, par votre sainte Croix, avez racheté le monde.

O Jésus qui avait dit : « si quelqu’un veut venir après moi, qu’il se renonce, qu’il porte sa croix et qu’il me suive. », daignez me fortifier afin que j’accepte chrétiennement toutes les croix que votre amour m’enverra pour faire mon salut.

Notre Père. .. Je vous salue Marie… Gloire au Père…

Ayez pitié de nous, Seigneur. Ayez pitié de nous. Que, par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles trépassés reposent en paix. Ainsi soit-il.

Stabat Mater :

Cujus ànimam geméntem, constristàtam et doléntem, pertransivit gladius.

Son âme, en proie aux gémissements et à la désolation, fut alors transpercée d’un glaive.

 

Station III – Jésus tombe sous le poids de sa Croix

Sur le chemin succombant de douleur Jésus se relève avec ardeur, pour toi.

Nous vous adorons, ô Jésus et nous vous bénissons. Vous qui, par votre sainte Croix, avez racheté le monde.

O Jésus qui, tombé sous le poids de la Croix, vous relevez si généreusement, daignez me donner le courage de me relever aussitôt par la prière et la pénitence lorsque j’ai le malheur de tomber dans le péché ou le découragement.

Notre Père. .. Je vous salue Marie… Gloire au Père…

Ayez pitié de nous, Seigneur. Ayez pitié de nous. Que, par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles trépassés reposent en paix. Ainsi soit-il.

Stabat Mater :

O quam tristis et afflicta, fuit illa benedicta, Mater Unigéniti !

Oh ! qu’elle fut triste et affligée cette Mère bénie d’un fils unique !

 

Station IV – Jésus rencontre sa très Sainte Mère

Vois-le, rencontrant sa Mère bénie, Elle en reste comme évanouie, pour toi.

Nous vous adorons, ô Jésus et nous vous bénissons. Vous qui, par votre sainte Croix, avez racheté le monde.

O Notre-Dame des sept douleurs qui compatissez si pleinement à la Passion de votre Divin Fils, daignez m’obtenir de pleurer avec vous et d’avoir mon cœur transpercé comme le vôtre par tant de souffrance endurées pour mon salut.

Notre Père. .. Je vous salue Marie… Gloire au Père…

Ayez pitié de nous, Seigneur. Ayez pitié de nous. Que, par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles trépassés reposent en paix. Ainsi soit-il.

Stabat Mater :

Que maerébat, et dolébat, Pia Mater, dum vidébat, Nati paenas inclyti.

Elle gémissait et soupirait, cette tendre Mère, à la vue des angoisses de cet auguste fils,

 

Station V – Simon le Cyrénéen aide Jésus à porter sa Croix

Simon fut requis lors de la Passion : Mais, pêcheur, retiens l’invitation, pour toi.

Nous vous adorons, ô Jésus et nous vous bénissons. Vous qui, par votre sainte Croix, avez racheté le monde.

O Jésus qui voulez que nous ajoutions notre petite goutte d’eau au calice de votre  Passion, daignez nous apprendre à souffrir volontiers pour vous les petits sacrifices et les peines de chaque jour et à unir nos travaux et nos souffrances aux vôtres.

Notre Père. .. Je vous salue Marie… Gloire au Père…

Ayez pitié de nous, Seigneur. Ayez pitié de nous. Que, par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles trépassés reposent en paix. Ainsi soit-il.

Stabat Mater :

Quis est homo, qui non fleret, matrem Christi si vidéret in tanto supplicio ?

Qui pourrait retenir ses larmes, en voyant la Mère du Christ en proie à cet excès de douleur ?

 

Station VI – Une femme pieuse essuie la face de Jésus

Sainte Véronique, essuyez la Face de Jésus qu’aucun affront ne lasse, pour moi.

Nous vous adorons, ô Jésus et nous vous bénissons. Vous qui, par votre sainte Croix, avez racheté le monde.

O Jésus, vous  laissiez l’empreinte de votre sainte Face sur le voile de Sainte Véronique.

Daignez tellement imprimer vos traits en mon âme que, fortifié par le courage de cette sainte femme, plus jamais je ne me laisse entraîner par le lâche respect humain.

Notre Père. .. Je vous salue Marie… Gloire au Père…

Ayez pitié de nous, Seigneur. Ayez pitié de nous. Que, par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles trépassés reposent en paix. Ainsi soit-il.

Stabat Mater :

Quis non posset contristari, Christi Matrem contemplari Dolentem cum filio ?

Qui pourrait contempler sans tristesse cette Mère du Sauveur souffrant avec son Fils ?

 

Station VII – Jésus tombe une seconde fois

Pêcheur, oseras-tu continuer, quand tu vois ton Sauveur retomber, pour toi ?

Nous vous adorons, ô Jésus et nous vous bénissons. Vous qui, par votre sainte Croix, avez racheté le monde.

O Jésus, accablé par mes péchés si nombreux, vous tombez une seconde fois. Pardon pour toutes mes fautes. A l’avenir, je prierai dans les tentations, sans me décourager jamais, je fuirai les occasions dangereuses et, avec votre grâce, je veux ne plus retomber.

Notre Père. .. Je vous salue Marie… Gloire au Père…

Ayez pitié de nous, Seigneur. Ayez pitié de nous. Que, par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles trépassés reposent en paix. Ainsi soit-il.

Stabat Mater :

Pro peccatis suae gentis vidit Jesum in tormentis et flagellis subditum.

Elle voyait Jésus tourmenté et flagellé pour les péchés de ses frères.

 

Station VIII – Jésus console les filles d’Israël

Lamentez-vous ô filles de Sion ! Toi, chrétien, vois quelle Passion, pour toi.

Nous vous adorons, ô Jésus et nous vous bénissons. Vous qui, par votre sainte Croix, avez racheté le monde.

O Jésus, qui dites aux femmes de Jérusalem : «  Ne pleurez pas sur moi, mais pleurez sur vous et sur vos enfants et daignez m’accorder de pleurer mes péchés et de tout considérer à la lumière de votre jugement.

Notre Père. .. Je vous salue Marie… Gloire au Père…

Ayez pitié de nous, Seigneur. Ayez pitié de nous. Que, par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles trépassés reposent en paix. Ainsi soit-il.

Stabat Mater :

Vidit suum dulcem natum moriendo desolatum, dum emisit spiritum.

Elle voyait ce tendre fils mourant et sans consolation, jusqu’au dernier soupir,

 

Station IX – Jésus tombe pour la troisième fois

Le Roi du Ciel, pour la troisième fois, tombe, vaincu, sous la lourde Croix, pour toi.

Nous vous adorons, ô Jésus et nous vous bénissons. Vous qui, par votre sainte Croix, avez racheté le monde.

O Jésus qui vous relevez encore pour vous livrer vous-même au bourreau pour mon salut, daignez m’accorder la persévérance jusqu’à la mort, sans jamais désespérer.

Notre Père. .. Je vous salue Marie… Gloire au Père…

Ayez pitié de nous, Seigneur. Ayez pitié de nous. Que, par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles trépassés reposent en paix. Ainsi soit-il.

Stabat Mater :

Eia, Mater, fons amoris, me sentire vim doloris fac ut tecum lugeam.

O Mère, ô source d’amour, faites que je sente votre douleur, que je pleure avec vous.

 

Station X – Jésus est dépouillé de ses vêtements

On le dépouille et, tout couvert de sang, on l’expose au mépris du passant, pour toi.

Nous vous adorons, ô Jésus et nous vous bénissons. Vous qui, par votre sainte Croix, avez racheté le monde.

O Jésus si cruellement dépouillé de vos vêtements, pardon pour tous les scandales de la mode. Daignez m’inspirer, avec le sens de la modestie, chrétienne, une vive horreur de tout ce qui blesse la vertu de pureté, et faites que, pour rester pur, j’ai le courage de mortifier ma vue et tous mes sens.

Notre Père. .. Je vous salue Marie… Gloire au Père…

Ayez pitié de nous, Seigneur. Ayez pitié de nous. Que, par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles trépassés reposent en paix. Ainsi soit-il.

Stabat Mater :

Fac ut ardeat cor meum in amando Christum Deum, ut sibi complaceam.

Faites que mon cœur aime le Christ, mon Dieu, avec ardeur, et ne songe qu’à lui plaire.

 

Station XI – Jésus est cloué à la Croix

Ils clouent Jésus, ces bourreaux essoufflés, à grands coups de marteau redoublés, pour toi.

Nous vous adorons, ô Jésus et nous vous bénissons. Vous qui, par votre sainte Croix, avez racheté le monde.

O Jésus, pour me sauver, Vous avez enduré le cruel supplice de la Crucifixion. Daignez m’apprendre à mortifier ma chair et toutes mes passions déréglées. O Notre-Dame des Sept Douleurs, daignez graver profondément en mon cœur les Saintes Plaies de Jésus crucifié.

Notre Père. .. Je vous salue Marie… Gloire au Père…

Ayez pitié de nous, Seigneur. Ayez pitié de nous. Que, par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles trépassés reposent en paix. Ainsi soit-il.

Stabat Mater :

Sancta Mater, istud agas, crucifixi fige plagas cordi meo valide.

Mère sainte, imprimez dans mon cœur les plaies du Crucifié.

 

Station XII – Jésus meurt sur la Croix

La terre tremble et le ciel s’obscurcit. Vers son Père Il pousse un dernier cri, pour toi.

Nous vous adorons, ô Jésus et nous vous bénissons. Vous qui, par votre sainte Croix, avez racheté le monde.

O Jésus qui, dans votre agonie, pardonnez à vos bourreaux, ouvrez le ciel au larron repentant et nous donnez votre Mère pour qu’Elle devienne la Mère de nos âmes, daignez, par votre mort douloureuse, nous accorder de mourir dès maintenant au péché et de faire en votre amour une sainte mort.

En union avec la vôtre et en expiation de mes péchés, j’accepte dès maintenant la mort qu’il vous plaira de m’envoyer. Cœur agonisant de Jésus et vous Cœur Immaculé et douloureux de Marie, je vous confie ma dernière heure, et la dernière heure de tous les pécheurs.

Notre Père. .. Je vous salue Marie… Gloire au Père…

Ayez pitié de nous, Seigneur. Ayez pitié de nous. Que, par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles trépassés reposent en paix. Ainsi soit-il.

Stabat Mater :

Tui nati vulnerati, tam dignati pro me pati poenas mecum divide.

Donnez-moi part aux douleurs que votre Fils a daigné endurer pour moi.

 

Station XIII – Jésus est descendu de la Croix et remis à sa Mère

Marie te montre une dernière fois Son Jésus descendu de la Croix, pour toi.

Nous vous adorons, ô Jésus et nous vous bénissons. Vous qui, par votre sainte Croix, avez racheté le monde.

O Notre-Dame des Sept Douleurs, ce sont mes péchés qui ont crucifié votre Divin Fils. Daignez m’apprendre à contempler chaque jour ces saintes Plaies et à m’y réfugier par la pensée dans les tentations.

Notre Père. .. Je vous salue Marie… Gloire au Père…

Ayez pitié de nous, Seigneur. Ayez pitié de nous. Que, par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles trépassés reposent en paix. Ainsi soit-il.

Stabat Mater :

Fac me tecum pie flere, crucifixo condolere donec ego vixero.

Faites que je pleure de pitié avec vous, que je compatisse à votre Crucifié toute ma vie.

 

Station XIV – Jésus est mis dans le tombeau

La pierre du tombeau est bien scellée. L’âme de Marie est désolée, pour toi.

Nous vous adorons, ô Jésus et nous vous bénissons. Vous qui, par votre sainte Croix, avez racheté le monde.

O Notre-Dame des Sept Douleurs, je ne veux pas quitter ce tombeau où vous laissez le corps sanglant de Jésus sans vous promettre de vivre en vrai chrétien avec votre aide.

Notre Père. .. Je vous salue Marie… Gloire au Père…

Ayez pitié de nous, Seigneur. Ayez pitié de nous. Que, par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles trépassés reposent en paix. Ainsi soit-il.

Stabat Mater

Juxta crucem tecum stare, et me tibi sociare in planctu desidero.

Mon désir est de demeurer avec vous près de la croix, et de m’associer à votre deuil.

Virgo virginum praeclara, mihi jam non sis amara fac me tecum plangere.

Vierge, la plus noble des vierges, ne me soyez pas sévère : laissez-moi pleurer avec vous.

Fac ut portem Christi mortem, Passionis fac consortem et plagas recolere,

Porter en moi la mort du Christ, partager sa Passion et garder le souvenir de ses plaies.

Fac me plagis vulnerari, fac me cruce inebriari, et cruore filii.

Que ses blessures soient miennes ; que je sois enivré de la croix et du sang de votre Fils.

Flammis ne urar succensus, per te, Virgo, sim defensus in die judicii.

O Vierge, gardez-moi des feux dévorants, défendez-moi vous même au jour du jugement.

Christe, cum sit hinc exire, da per Matrem me venire ad palmam victoriae.

O Christ, quand il me faudra sortir de cette vie, accordez-moi, par votre Mère, la palme victorieuse.

Quando corpus morietur, fac ut animae donetur paradisi gloria. Amen.

Et lorsque mon corps devra subir la mort, accordez à mon âme la gloire du Paradis. Amen.

Prière finale

Père Éternel, je vous offre le Sang très précieux de Jésus-Christ, pour l’expiation de mes péchés, le soulagement des âmes du purgatoire et les besoins de la Sainte Eglise.

Achever en disant Pater, Ave et Gloria aux intentions du Souverain Pontife.

Acceptation de la mort

Seigneur mon Dieu, dès aujourd’hui, j’accepte de votre main, volontiers et de grand cœur, le genre de mort qu’il vous plaira de m’envoyer, avec toutes ses angoisses, toutes ses peines et toutes ses douleurs (Indulgence Plénière au moment de la mort si elle n’est pas rétractée – St Pie X).

 

Chemin de la croix traditionnel

Je vous salue, O Croix, mon unique espérance, la gloire et le salut du monde ; accrois la grâce dans le juste, efface le crime du pécheur.

Vive Jésus, vive sa croix !

Oh ! qu’il est bien juste qu’on l’aime,

Puisqu’en expirant sur ce bois,

Il nous aima plus que lui-même !

Disons donc tous à haute voix

Vive Jésus, vive sa croix !

Prière préparatoire

O Jésus, notre aimable Sauveur, nous voici humblement prosternés à vos pieds, afin d’implorer votre divine miséricorde pour nous et pour les âmes des fidèles qui sont morts. Daignez nous appliquer à tous les mérites infinis de votre sainte Passion, que nous allons méditer. Faites que, dans cette voie de soupirs et de larmes où nous entrons, nos cœurs soient tellement contrits et repentants, que nous embrassions avec joie toutes les contradictions, les souffrances et les humiliations de cette vie. Et vous, o divine Marie, qui la première nous avez enseigné à faire le Chemin de la Croix, obtenez de l’adorable Trinité qu’elle daigne accepter, en réparation de tant d’injures qui lui sont faites, les affections de douleur et d’amour dont l’Esprit vivificateur nous favorisera pendant ce saint exercice.

Cantique en se rendant à la première station :

Suivons sur la montagne sainte,

Notre Sauveur sanglant, défiguré,

Et marchons après lui sans crainte

Sous le poids de l’arbre sacré (bis).

Le peuple :

Mère sainte, daignez opérer en moi un prodige, imprimez fortement dans mon cœur les plaies de Jésus crucifié.

Cantique :

Seigneur, malgré votre votre innocence,

C’est moi cruel qui vous livre au trépas,

Se peut-il que votre vengeance

De ses traits ne m’accable pas ? (bis)

Le peuple :
Mère sainte, daignez opérer en moi un prodige, imprimez fortement dans mon cœur les plaies de Jésus crucifié.

PREMIÈRE STATION. Jésus est condamné à mort.

V. Nous vous adorons, ô Christ, et nous vous bénissons. R. Parce que vous avez racheté le monde par votre sainte croix.

Considérons la soumission admirable de Jésus lorsqu’il reçoit cette injuste sentence, et tâchons de bien nous persuader que ce ne fut pas seulement Pilate qui le condamna, mais nous tous ici présents et tous les pécheurs de l’univers qui demandaient sa mort. Disons-lui donc, pénétrés de la plus vive douleur :

O ADORABLE Jésus ! puisque ce sont nos crimes qui vous ont conduit au trépas, faites qu que nous les détestions de tout notre cœur, afin que notre repentir et notre pénitence nous obtiennent pardon et miséricorde.

Notre Père… Je vous salue Marie… Gloire au Père…

V. Ayez pitié de nous Seigneur. R. Ayez pitié de nous.

V. Que par la miséricorde de Dieu les âmes des fidèles trépassés reposent en paix. R. Ainsi soit-il.

En allant à la deuxième station :

Hélas ! sous cette croix pesante, Divin Agneau vous portez nos péchés. C’est sur votre chair innocente Que l’amour les tient attachés.

Strophe du Stabat Mater : Pro peccatis suæ gentis, Vidit Jésum in tormentis, et flagéllis subditum. Elle voyait Jésus tourmenté et flagellé pour les péchés de ses frères.

 

DEUXIÈME STATION. Jésus est chargé de sa Croix.

V. Nous vous adorons, ô Christ, et nous vous bénissons. R. Parce que vous avez racheté le monde par votre sainte croix.

Considérons avec quelle douceur notre divin Maître reçoit sur ses épaules meurtries et ensanglantées le terrible instrument de son supplice. C’est ainsi qu’il veut nous enseigner à porter notre croix, en acceptant avec la plus grande résignation les maux qui nous sont envoyés du ciel, ou qui nous viennent de la part des créatures. 

O DOUX Jésus, ce n’était point à vous de porter cette Croix, puisque vous étiez innocent, mais à nous, misérables pécheurs, chargés de toutes sortes d’iniquités. Donnez-nous donc la force de vous imiter, en supportant sans murmure les revers et les disgrâces de cette vie, qui, dans l’ordre de votre Providence paternelle, doivent être pour nous l’occasion de satisfaire à votre justice, et le moyen d’arriver à la céleste patrie.

Notre Père… Je vous salue Marie… Gloire au Père…

V. Ayez pitié de nous Seigneur. R. Ayez pitié de nous.

V. Que par la miséricorde de Dieu les âmes des fidèles trépassés reposent en paix. R. Ainsi soit-il.

En allant à la troisième station :

O ciel ! le Dieu de la nature Tombe affaibli sous son cruel fardeau, Et la perfide créature Sans pitié devient son bourreau.

Strophe du Stabat Mater : Tui nati vulnerati, Tam dignati pro me pati, Pœnas mecum divide. Donnez-moi part aux douleurs que votre Fils a daigné endurer pour moi.

 

TROISIÈME STATION. Jésus sous le poids de sa croix.

V. Nous vous adorons, ô Christ, et nous vous bénissons. R. Parce que vous avez racheté le monde par votre sainte croix.

Considérons Jésus-Christ entré dans la route du Calvaire. Le sang qu’il avait répandu dans la flagellation et le couronnement d’épines l’a tellement affaibli, qu’il tombe sous son pesant fardeau, et ne se retire qu’après les outrages les plus sanglants, qu’il endure sans témoigner aucun sentiment d’indignation. Voilà comment il a voulu expier toutes nos chutes, et nous apprendre à nous relever par les austérités de la pénitence, quand nous avons eu le malheur de tomber dans l’abîme du péché.

O bon Jésus, tendez-nous une main secourable au milieu de tant de dangers auxquels nous sommes exposés . Daignez nous fortifier dans nos faiblesses sur le Calvaire, afin qu’après vous avoir suivi courageusement sur le Calvaire, nous puissions y goûter les fruits délicieux de l’arbre de vie, et devenir éternellement heureux avec vous.

Notre Père… Je vous salue Marie… Gloire au Père…

V. Ayez pitié de nous Seigneur. R. Ayez pitié de nous.

R. Que par la miséricorde de Dieu les âmes des fidèles trépassés reposent en paix. R. Ainsi soit-il.

En allant à la quatrième station :

Où allez-vous, divine Mère ? Où allez-vous, Marie ? Ah je frémis ! Bientôt, sur ce triste Calvaire, Va mourir, votre aimable Fils.

Strophe du Stabat Mater : Juxta Crucem tecum stare, Et me tibi sociare, In planctu desidero. Mon désir est de demeurer avec vous près de la croix, et de m’associer à votre deuil.

 

QUATRIÈME STATION. Jésus rencontre sa très sainte Mère.

V. Nous vous adorons, ô Christ, et nous vous bénissons. R. Parce que vous avez racheté le monde par votre sainte croix.

Considérons combien il fut douloureux pour ce divin Fils de voir cette Mère chérie dans des circonstances si cruelles, et pour Marie de voir son aimable Fils traîné inhumainement, par une troupe de scélérats, au milieu d’un peuple innombrable qui le charge d’injures. A cette vue, son cœur maternel est percé de mille glaives et est livré à toutes les angoisses. Elle voudrait délivrer notre Sauveur, et l’arracher des mains de ses bourreaux ; mais elle sait qu’il faut que notre salut s’opère ainsi. Unissant donc le sacrifice de son amour à celui de son Fils, elle partage toutes ses souffrances, et s’attache à Lui jusqu’au dernier soupir.

O Marie, Mère de douleur, obtenez-nous cet amour avec lequel vous accompagnâtes Jésus-Christ sur la montagne sainte, et cette fermeté que vous fîtes paraître au pied de la Croix, afin que nous y demeurions constamment avec vous et que rien ne puisse jamais nous en séparer.

Notre Père… Je vous salue Marie… Gloire au Père…

V. Ayez pitié de nous Seigneur. R. Ayez pitié de nous.

V. Que par la miséricorde de Dieu les âmes des fidèles trépassés reposent en paix. R. Ainsi soit-il.

En allant à la cinquième station :

Puisque c’est moi qui suis coupable, retirez-vous, faible Cyrénéen, Je veux seul, Ô Croix adorable ! Vous portez, mais en vrai Chrétien.

Strophe du Stabat Mater : Quis est homo qui non fleret, Matrem Christi si vidéret, In tanto supplicio ? Qui pourrait retenir ses larmes, en voyant la Mère du Christ en proie à cet excès de douleur ?

 

CINQUIÈME STATION. Simon le Cyrénéen aide Jésus à porter sa croix.

V. Nous vous adorons, ô Christ, et nous vous bénissons. R. Parce que vous avez racheté le monde par votre sainte croix.

Considérons la grande bonté de Jésus-Christ envers nous. S’il permet qu’on l’aide à porter sa croix, ce n’est pas qu’il manque de force, étant Celui qui soutient l’univers ; mais il veut nous enseigner à unir nos souffrances aux siennes, et à partager avec Lui son calice d’amertume.

O Jésus notre Maître, vous en avez bu le plus amer, et vous ne nous en avez laissé que la plus petite partie. Ne permettez pas que nous soyons assez ennemies de nous-mêmes pour la refuser. Faites, au contraire, que nous l’acceptions volontiers, afin de nous rendre dignes de participer aux torrents de délices dont vous enivrez vos élus dans la terre des vivants.

Notre Père… Je vous salue Marie… Gloire au Père…

V. Ayez pitié de nous Seigneur. R. Ayez pitié de nous.

R. Que par la miséricorde de Dieu les âmes des fidèles trépassés reposent en paix. R. Ainsi soit-il.

En allant à la sixième station :

Seigneur, hélas ! qu’est devenue votre beauté qui réjouit les Saints ! Faibles mortels, à cette vue, serez-vous endurcis et vains ?

Strophe du Stabat Mater : Fac ut portem Christi mortem, Passionis fac consortem, Et plagas recolere. Porter en moi la mort du Christ, partager sa Passion et garder le souvenir de ses plaies.

 

SIXIÈME STATION. Une femme essuie le visage de Jésus.

V. Nous vous adorons, ô Christ, et nous vous bénissons. R. Parce que vous avez racheté le monde par votre sainte croix.

Considérons l’action héroïque de cette sainte femme, qui s’avance à travers la foule des soldats pour voir son divin Maître. Elle l’aperçoit tout couvert de crachats, de poussière, de sueur et de sang. Un tel spectacle attendrit son âme jusqu’aux larmes, et , son amour la mettant au-dessus de toute crainte, elle s’approche de Jésus, essuie ce visage défiguré, cette auguste face qui ravit tous les Saints, devant laquelle les Anges se couvrent de leurs ailes, ne pouvant en soutenir l’éclat.

O Jésus, le plus beau des enfants des hommes en quel état vous a réduit votre amour pour nous ! Non, jamais vous n’avez été plus digne de nos adorations et de nos hommages. Nous vous adorons donc et, prosternés devant votre divine Majesté, nous vous supplions d’oublier toutes nos offenses, et de rendre à notre âme son ancienne beauté qu’elle a perdue par le péché.

Notre Père… Je vous salue Marie… Gloire au Père…

V. Ayez pitié de nous Seigneur. R. Ayez pitié de nous.

V. Que par la miséricorde de Dieu les âmes des fidèles trépassés reposent en paix. R. Ainsi soit-il.

En allant à la septième station :

Sous les coups des bourreaux perfides, Jésus-Christ tombe une seconde fois, et ces infâmes déicides le voudraient déjà sur la Croix.

Strophe du Stabat Mater : Fac me tecum pie flere, Crucifixo condolére, Donec ego vixero. Faites que je pleure de pitié avec vous, que je compatisse à votre Crucifié toute ma vie.

 

SEPTIÈME STATION. Jésus tombe pour la seconde fois.

V. Nous vous adorons, ô Christ, et nous vous bénissons. R. Parce que vous avez racheté le monde par votre sainte croix.

Considérons l’Homme-Dieu succombant derechef. Contemplons cette sainte Victime étendue par terre sous le poids horrible du bois de son sacrifice, exposée de nouveau à la cruauté des soldats et de ses meurtriers. C’est encore pour nous donner des preuves de son amour infini, que Jésus permet cette seconde chute. Il veut aussi nous montrer par là que, retombant si souvent dans le péché, nous ne devons néanmoins jamais perdre confiance, mais tout espérer de sa miséricorde, et qu’au milieu des plus grandes afflictions il ne faut pas se laisser aller au découragement ; que la voie du Ciel est semée de ronces et d’épines, et que, pour être glorifié, il faut auparavant passer par le creuset des souffrances.

O Jésus ! notre force ! préservez-nous de toute rechute, et ne permettez pas que nous ayons le malheur, en nous perdant, de rendre inutiles tant de fatigues et de peines que vous avez endurées pour nous délivrer de la mort éternelle.

Notre Père… Je vous salue Marie… Gloire au Père…

V. Ayez pitié de nous Seigneur. R. Ayez pitié de nous.

R. Que par la miséricorde de Dieu les âmes des fidèles trépassés reposent en paix. R. Ainsi soit-il.

En allant à la huitième station :

Ne pleurez point sur mes souffrances, pleurez sur vous, ô filles d’Israel ! Afin que le Dieu des vengeances, ait pour vous un cœur paternel.

Strophe du Stabat Mater : Que mœrébat, Pia Mater dum vidébat, Nati pœnas inclyti. Elle gémissait et soupirait, cette tendre Mère, à la vue des angoisses de cet auguste fils,

 

HUITIÈME STATION. Jésus console les filles d’Israël.

V. Nous vous adorons, ô Christ, et nous vous bénissons. R. Parce que vous avez racheté le monde par votre sainte croix.

Admirons ici la générosité incomparable de Jésus. Il oublie, pour ainsi dire, ses propres souffrances, afin de ne s’occuper que de celles des saintes femmes qui le suivent, et de leur procurer les consolations dont elles avaient besoin, dans le grand abattement où son état déplorable les avait jetées. En leur recommandant de ne point pleurer sur elles-mêmes et sur leur perfide patrie, il nous a fait assez sentir que son cœur serait peu sensible à notre compassion, si nous ne commencions par pleurer nos péchés, qui sont la seule cause de ses douleurs.

O aimable Jésus, vrai consolateur des âmes affligées, daignez jeter sur nous des regards de tendresse et de miséricorde ; faites-nous la grâce de vous accompagner constamment dans le chemin de la Croix, avec les filles de Jérusalem, afin d’y entendre, comme elles, des paroles de vie, et d’y jouir de vos ineffables consolations.

Notre Père… Je vous salue Marie… Gloire au Père…

V. Ayez pitié de nous Seigneur. R. Ayez pitié de nous.

R. Que par la miséricorde de Dieu les âmes des fidèles trépassés reposent en paix. R. Ainsi soit-il.

En allant à la neuvième station :

Seigneur, vous tombez de faiblesse : N’êtes-vous plus le Dieu puissant et fort ? C’est le péché qui vous oppresse et conduit vos pas à la mort.

Strophe du Stabat Mater : Flammis ne urar succénsus, Per te, Virgo, sim defénsus In die judicii. O Vierge, gardez-moi des feux dévorants, défendez-moi vous même au jour du jugement.

 

NEUVIÈME STATION. Jésus tombe pour la troisième fois.

V. Nous vous adorons, ô Christ, et nous vous bénissons. R. Parce que vous avez racheté le monde par votre sainte croix.

Considérons l’adorable Jésus arrivé au sommet du Calvaire. Il jette alors ses regards sur le lieu où il va bientôt être sacrifié à la fureur de ses ennemis. Ce qui l’occupe en ce moment, ce sont nos chutes sans fin et l’inutilité de son Sang pour le grand nombre des pécheurs. Cette pensée cruelle le consterne et afflige son tendre cœur, plus que tous les supplices qu’il doit encore souffrir. Elle jette son âme dans une profonde tristesse et dans un si cruel abattement que, ses forces venant à lui manquer, comme dans son agonie, il se laisse aller la face contre terre.

O Jésus, victime d’amour, voici donc que vous allez être immolé pour le salut des hommes. Daignez nous appliquer les mérites de votre sacrifice dans le temps, afin que nous puissions vous offrir celui de nos louanges pendant l’éternité.

Notre Père… Je vous salue Marie… Gloire au Père…

V. Ayez pitié de nous Seigneur. R. Ayez pitié de nous.

R. Que par la miséricorde de Dieu les âmes des fidèles trépassés reposent en paix. R. Ainsi soit-il.

En allant à la dixième station :

Venez et déployez vos ailes, Anges du Ciel, sur votre Créateur, Voilez ces blessures cruelles, et ce corps navré de douleur.

Strophe du Stabat Mater : Eia, Mater, fons amoris, Me sentire vim doloris Fac, ut tecum lùgeam. O Mère, ô source d’amour, faites que je sente votre douleur, que je pleure avec vous.

 

DIXIÈME STATION. Jésus est dépouillé de ses vêtements.

V. Nous vous adorons, ô Christ, et nous vous bénissons. R. Parce que vous avez racheté le monde par votre sainte croix.

Considérons combien fut grande la douleur de Jésus lorsque les bourreaux lui arrachèrent ses habits. Toutes les plaies qu’il avait reçues, et qui avaient collé sa robe contre sa chair sacrée, se rouvrirent en ce moment, pour lui faire souffrir à la fois tous les tourments de la flagellation. Mais ce qui lui fut encore plus sensible, ce fut de se voir exposé tout nu à la vue d’une foule immense de spectateurs.

O Jésus, divin Agneau, vous voilà donc parvenu au lieu de votre supplice, sans que vous ayez ouvert la bouche pour vous plaindre ! Ah ! que votre silence est éloquent et énergique ! Avec quelle force ne vous prêche-t-il pas la nécessité de réprimer nos impatiences et nos murmures ! Vous vous laissez encore dépouiller de vos vêtements pour expier le malheur que nous avons eu de perdre le don précieux de la grâce. Daignez donc nous le faire recouvrer, et nous dépouiller entièrement du vieil homme, afin que nous ne vivions plus que selon les sentiments de votre cœur adorable.

Notre Père… Je vous salue Marie… Gloire au Père…

V. Ayez pitié de nous Seigneur. R. Ayez pitié de nous.

V. Que par la miséricorde de Dieu les âmes des fidèles trépassés reposent en paix. R. Ainsi soit-il.

En allant à la onzième station :

Que faites-vous, peuple barbare ? Vous allez donc consommer vos forfaits ? Ce bois est le lit qu’on prépare, A Jésus pour tant de bienfaits !

Strophe du Stabat Mater : Quis non posset contristari, Christi Matrem contemplari, Doléntem cum Filio ? Qui pourrait contempler sans tristesse cette Mère du Sauveur souffrant avec son Fils ?

 

ONZIÈME STATION. Jésus est attaché à la croix.

V. Nous vous adorons, ô Christ, et nous vous bénissons. R. Parce que vous avez racheté le monde par votre sainte croix.

Considérons Jésus-Christ s’offrant à ses bourreaux pour être crucifié, et s’étendant lui-même sur l’arbre de la croix. Quel tourment ne dut-il pas endurer, dans le temps que les coups de marteau enfonçaient les clous dans ses pieds et dans ses mains adorables ? Alors sa chair se déchire, ses os se froissent, ses nerfs se rompent, ses veines se brisent, le sang, coulant à grands flots, épuise ses forces, et ajoute à de si horribles supplices celui de la soif la plus ardente.

O PÉCHÉ, maudit péché, c’est toi qui fus la cause de cette mer de douleur dans laquelle nous contemplons la victime de notre salut ! Ah ! chrétiens, quel excès d’amour ! quelle immense charité ! Qu’à cette vue nos cœur se déchirent et s’embrassent ! qu’ils renoncent à tous les plaisirs de la terre ! qu’ils soient sans cesse crucifiés avec celui de Jésus, et que nos yeux versent jour et nuit des torrents de larmes !

Notre Père… Je vous salue Marie… Gloire au Père…

V. Ayez pitié de nous Seigneur. R. Ayez pitié de nous.

V. Que par la miséricorde de Dieu les âmes des fidèles trépassés reposent en paix. R. Ainsi soit-il.

En allant à la douzième station :

Le soleil à ce crime horrible, Voile l’éclat de son front radieux, et la créature insensible ne peut voir ce spectacle affreux.

Strophe du Stabat Mater : Fac me plagis vulnerari, Fac me Cruce inebriari, Et cruore Filii. Que ses blessures soient miennes ; que je sois enivré de la croix et du sang de votre Fils.

 

DOUXIÈME STATION. Jésus meurt sur la croix.

V. Nous vous adorons, ô Christ, et nous vous bénissons. R. Parce que vous avez racheté le monde par votre sainte croix.

Considérons Jésus, le Dieu de toute sainteté, expirant entre deux scélérats, et admirons la douceur et la force de son amour. Il demande à son Père le pardon de ses bourreaux ; il promet sa gloire au bon larron ; il recommande sa Mère au disciple bien-aimé ; il remet son âme entre les mains de son Père ; il annonce que tout est consommé, et il expire pour nous. Dans le même instant, toutes les créatures publient sa divinité, la nature entière s’attriste et semble vouloir s’anéantir en voyant expirer son Créateur.

O PÉCHEURS, n’y aura-t-il que vous qui demeurerez insensibles à ce spectacle si attendrissant ? Jetez un regard sur votre Sauveur, voyez l’état affreux où vos crimes l’ont réduit. Il vous pardonne cependant si votre repentir est sincère ; il a ses pieds attachés pour vous attendre, ses bras étendus pour vous recevoir, son côté ouvert et son cœur blessé pour répandre sur vous toutes ses grâces, sa tête penchée pour vous donner le baiser de paix et de réconciliation. Accourons donc tous auprès de la Croix, et mourons pour lui, puisqu’il est mort pour nous.

Notre Père… Je vous salue Marie… Gloire au Père…

V. Ayez pitié de nous Seigneur. R. Ayez pitié de nous.

V. Que par la miséricorde de Dieu les âmes des fidèles trépassés reposent en paix. R. Ainsi soit-il.

En allant à la treizième station :

Le voilà donc, Mère affligée, Ce tendre Fils meurtri, sacrifié ; Notre victime est immolée, Votre amour est crucifié.

Strophe du Stabat Mater : Vidit suum dulcem natum Moriéndo desolatum, Dum emisit spiritum. Elle voyait ce tendre fils mourant et sans consolation, jusqu’au dernier soupir,

 

TREIZIÈME STATION. Jésus est déposé de la croix et remis à sa Mère.

V. Nous vous adorons, ô Christ, et nous vous bénissons. R. Parce que vous avez racheté le monde par votre sainte croix.

Considérons la douleur extrême de cette tendre Mère après la mort de Jésus son divin Fils. Elle reçoit ce précieux dépôt entre les bras : elle contemple son visage pâle, sanglant et défiguré ; elle voit ses yeux éteints, sa bouche fermée, son côté ouvert, ses mains et ses pieds percés. Cette vue est pour elle un martyre ineffable, et dont Dieu seul peut connaître tout le prix.

O MARIE ! c’est nous qui sommes la cause de votre affliction, et ce sont nos péchés qui ont transpercé votre âme en attachant Jésus-Christ à la Croix. Daignez, ô Mère de miséricorde, obtenir notre pardon, et nous permettre d’adorer dans vos bras notre amour crucifié. Imprimez tellement dans nos âmes les douleurs que vous ressentîtes au pied de la Croix, que nous n’en perdions jamais le souvenir.

Notre Père… Je vous salue Marie… Gloire au Père…

V. Ayez pitié de nous Seigneur. R. Ayez pitié de nous.

V. Que par la miséricorde de Dieu les âmes des fidèles trépassés reposent en paix. R. Ainsi soit-il.

En allant à la quatorzième station :

Près de cette tombe chérie, Je veux mourir de douleur et d’amour, Pour y puiser une autre vie, Et voler au divin séjour.

Strophe du Stabat Mater : Christe cum sit hinc exire, Da per Matrem me venire Ad palmam victoriæ. O Christ, quand il me faudra sortir de cette vie, accordez-moi, par votre Mère, la palme victorieuse.

 

QUATORZIÈME STATION. Jésus est mis dans le sépulcre.

V. Nous vous adorons, ô Christ, et nous vous bénissons. R. Parce que vous avez racheté le monde par votre sainte croix.

Voici donc, Jésus, notre Rédempteur, voici donc où repose votre Corps adorable, le précieux gage de notre salut. Faites que notre plus grande consolation, dans cette vallée de larmes, soit de nous occuper des supplices et de la mort ignomineuse que vous avez endurés pour nous racheter. Et parce que vous n’avez voulu être placé dans un sépulcre nouveau que pour nous faire connaître que c’était avec un nouveau cœur que nous devions nous approcher de vous dans le sacrement de votre amour, daignez nous purifier de toutes nos taches et nous rendre dignes de nous asseoir souvent à votre Banquet sacré. Ensevelissez dans ce même tombeau toutes nos iniquités et nos convoitises, afin que, mourant à nos passions et à toutes les choses d’ici-bas, pour mener avec vous une vie cachée en Dieu, nous méritions de faire une fin heureuse, et de vous contempler à découvert dans la splendeur de votre gloire.

Notre Père… Je vous salue Marie… Gloire au Père…

V. Ayez pitié de nous Seigneur. R. Ayez pitié de nous.

V. Que par la miséricorde de Dieu les âmes des fidèles trépassés reposent en paix. R. Ainsi soit-il.

Seigneur, dans mon âme attendrie, Gravez les maux qu’on vous a fait souffrir ; Et vous, ô divine Marie, Hâtez-vous de nous secourir.

Strophe du Stabat Mater : Quando corpus morietur, Fac ut animæ donétur Paradisi gloria. Amen. Et lorsque mon corps devra subir la mort, accordez à mon âme la gloire du Paradis. Amen.

Prière finale

Les bras en croix : Cinq Pater, Ave, Gloria en l’honneur des plaies de Jésus et un Pater, Ave, Gloria pour le souverain Pontife.

 

Chemin de Croix montfortain en union avec Marie.

 

Introduction.

Une pratique de piété bien agréable à la très sainte Vierge, c’est le chemin de Croix. Quels précieux trésors nous y trouvons pour notre âme, quelles bénédictions nous pouvons faire descendre sur cette terre : grâces de lumière et de conversion pour les pécheurs, grâces de soulagement  et de délivrance pour les âmes du Purgatoire !… Quelle joie nous donnons aux Anges en faisant ce saint exercice avec piété ! Quelle joie surtout au Sauveur Jésus et à notre divine Mère qui, après l’Ascension de son Fils, pour tempérer l’amertume de son Coeur, parcourait très fréquemment les lieux que Jésus-Christ avait arrosés de son sang, et donna ainsi lieu à cette saint et consolante pratique du Chemin de la Croix que les premiers fidèles aimaient à faire, à l’imitation de la très sainte Vierge !

C’est là surtout, fidèle serviteur de Marie, c’est en suivant cette voie douloureuse que vous devez vous efforcer d’entrer dans l’esprit de notre bien-aimée Mère, et vous conformer à ses dispositions. Mais qui nous dira les sentiments et les tristesses de son Coeur, les grandes pensées qui occupaient son esprit, son zèle pour le salut des âmes, son vif amour pour Jésus, ses ardentes supplications pour la dilatation de l’Eglise naissante ? Ah ! C’est ici, devant cet abîme de merveilles du Coeur de Marie parcourant les stations du Calvaire, c’est ici que l’esprit de l’homme demeure confondu, et ne trouve plus de termes pour exprimer ce qu’il sent; c’est ici qu’il faut dire avec un saint : Si vous voulez comprendre la Mère, comprenez le Fils, car c’est une digne Mère de Dieu.

Faites souvent le Chemin de la Croix, et faites-le en union avec Marie, c’est le meilleur moyen de plaire à Jésus, puisque nous empruntons, pour nous approcher de Lui, les dispositions de Celle qui fut toujours si conforme à son divin Coeur. C’est aussi le meilleur moyen de plaire à notre auguste Reine, qui n’a de désir plus cher que d’imprimer dans nos coeurs le souvenir de Jésus-Christ crucifié; puis, les douleurs du Fils ne sont-elles pas les douleurs de la Mère ?

Toutes les fois que vous parcourez la voie douloureuse, unissez-vous donc aux sentiments de la Mère des douleurs, sans vous soucier des formules de prières. Ne feriez-vous que dire à chaque station ces simples paroles : O tout aimable Jésus, je vous offre les actes d’adoration, de louange, de supplication que vous adressait votre divine Mère à cette station, quels fruits abondants vous retireriez de ce saint exercice ! Mais d’ailleurs ce sera Marie Elle-même qui se fera votre céleste Maîtresse, qui, en vous et avec vous, adorera, remerciera Jésus; et quels merveilleux effets cette divine union ne produira-t-elle pas en votre âme !

Indulgence.

L’indulgence est une remise des peines dues au péché, c’est-à-dire ce qu’il reste à payer pour réparer après le pardon du péché. L’indulgence peut être partielle (remise d’une partie de la peine) ou plénière (remise de la totalité de la peine). Pour que l’indulgence soit plénière, le pénitent ne doit avoir aucune attache même pour le péché véniel (non-mortel), c’est-à-dire que le coeur ne soit même pas disposé à commettre un péché véniel. Le chemin de croix donne une indulgence plénière.

Pour gagner les indulgences du Chemin de Croix, il est nécessaire de parcourir les stations et de passer de l’une à l’autre, autant que le permet l’étendue du lieu, ou, au moins, de se lever et de s’agenouiller, si on ne peut changer de place à cause de la foule. Aucune prière vocale avant, pendant ou après, n’est prescrite, la méditation seule est exigée et suffit.

Prière préparatoire. 

O divine Mère, je vais avec vous parcourir cette voie douloureuse que tant de fois vous avez suivie. Comment mon coeur n’est-il pas tout embrasé à cette pensée ! Que de larmes vous versiez alors au souvenir des douleurs de Jésus. De quelle charité n’étiez-vous pas pénétrée pour Dieu et pour vos enfants ! O Mère pleine de bonté, je me donne à vous afin que vous daigniez me faire entrer dans vos sentiments.

Ne permettez pas que je reste insensible en présence de tant de souffrances et d’ignominies endurées pour moi. Changez mon coeur ou plutôt donnnez-moi le votre, afin que, avec vous et par vous, je compatisse dignement aux douleurs de Jésus, que je pleure mes infidélités et que je devienne plus généreux en son amour. Je vous prie, O divine Mère, d’appliquer les indulgences que je vais gagner à N…(spécifier pour les âmes du purgatoire), et spécialement aux âmes qui sont les plus abandonnées.

 

Première station : Jésus est condamné à mort.

Essayez de pénétrer les angoisses de votre Mère, en présence de cette scène déchirante du prétoire, au souvenir de ces clameurs horribles, de ces cris de mort proférés contre son divin Fils… Mais qui pourrait comprendre les sentiments qui agitent son Coeur, si ce n’est Jésus seul ?

O Marie, je m’unis à vos réparations, offrez-les pour moi : ne sont-elles pas mon trésor devant Dieu ? Et puisque c’est l’amour de moi-même, la frivolité de mes sens, qui vous a causé, ainsi qu’à Jésus, tant d’humiliations et de douleurs, j’en ai le plus vif regret; dès aujourd’hui je condamne sans pitié mes passions, surtout mon défaut dominant. Aidez-moi, ô tendre mère, avec votre Fils, en cette tâche difficile; pénétrez-moi désormais de vos sentiments de pénitence et d’amour, afin qu’au tribunal du Souverain Juge, j’entende prononcer l’heureuse sentence du salut.

Strophe du stabat Mater : Sancta mater, istud agas, Crucifixi fige plagas, cordi meo valide (Sainte mère, imprimez dans mon coeur les plaies du Crucifié).

 

Deuxième station : Jésus est chargé de sa Croix.

Je dois être baptisé d’un baptême de sang et qu’il me tarde qu’il s’accomplisse !… Voilà la mesure de l’amour avec lequel Jésus embrasse et porte sa Croix. Telle est aussi l’étendue de l’amour de Marie. Son Coeur, fidèle écho de son Fils, suit Jésus dans l’ardeur de ses désirs et consent à son sacrifice. Ne sais-je pas que cette divine mère, conforme à la volonté de Dieu, eût cloué de ses propres mains son Fils à la Croix, s’il l’eût fallu pour le salut de mon âme ?

Auguste Reine de mon coeur, et vous, ô mon Jésus, que vous rendrai-je pour cet excès de votre charité ! Vous me l’avez déjà fait comprendre : je dois, pour vous plaire, travailler à me vaincre, à me renoncer tous les jours de ma vie, supporter les défauts de ceux qui m’entourent, embrasser la pratique de la vertu sans me laisser arrêter par la crainte ou l’horreur du combat. O Mère, je me consacre en ce moment tout à vous, comme si je le faisais pour la première fois; donnez-moi votre amour qui ne recule devant aucun sacrifice, quand il s’agira de vous plaire et de vous servir.

Sancta mater, istud agas, Crucifixi fige plagas, cordi meo valide (Sainte mère, imprimez dans mon coeur les plaies du Crucifié).

 

Troisième station : Jésus tombe pour la première fois.

Qu’il est pesant ce fardeau de la Croix pour ce doux Sauveur déjà si affaibli par tant de souffrances !… Sous les coups réitérés de ses bourreaux qui le maltraitent impitoyablement, il tombe la face contre terre, et les pointes de sa couronne d’épines s’enfoncent plus profondément dans sa tête. Savez-vous pourquoi cette première chute, qui déchira si douloureusement le Coeur de Marie ? C’est pour expier votre orgueil, source de tant de péchés qui vous ont rendu l’esclave de Satan. Faites amende honorable à la Mère des douleurs et priez-la de solliciter votre pardon.

O Marie, par toutes ces souffrances, obtenez-moi la guérison de cet orgueil qui, se glissant même dans mes meilleures actions, déplaît tant à votre Fils et vous empêche de vivre intimement en mon âme. Jésus expie ici la perte de mon innocence baptismale. O Mère, de quels regrets amers ce souvenir devrait déchirer mon coeur ! Mais, puisque je me suis donné tout à vous pour remédier à ce malheur, j’ai foi en votre sagesse qui saura le réparer, confiance en votre bonté qui le fera certainement, puisque je vous le demande. Seigneur Jésus, donnez à votre Mère des enfants, des esclaves d’amour dont le nombre surpasse celui des étoiles du ciel, et dont la pureté, l’innocence égale celle des Anges; multipliez-les dans son Coeur virginal.

Sancta mater, istud agas, Crucifixi fige plagas, cordi meo valide (Sainte mère, imprimez dans mon coeur les plaies du Crucifié).

 

Quatrième station : Jésus rencontre sa Mère.

Qui nous dira les sentiments du Fils et de la Mère en cette douloureuse rencontre ? Serviteur de Marie, demandez-vous ce que peut faire sur le Coeur si aimant de la très sainte Vierge, le regard de Jésus qui avait pénétré si doucement et si fortement l’âme de Pierre en son reniement… Admirez et exaltez l’immense amour de ces deux Coeurs qui ne se lassent pas de souffrir pour vous sauver.

Divine Mère, que n’ai-je en ma possession tous les coeurs des Saints, afin de vous consoler de tant d’angoisses que vous endurez pour mon salut ! Je vous offre, en supplément de ma froideur, la tendre compassion que Jésus a eue pour vous en cette pénible rencontre : offrez-Lui pour moi vos réparations et votre amour. Ma tendre Mère, souvenez-vous aussi que je suis votre enfant et venez à moi pour me fortifier en cette voie si difficile et si périlleuse à travers le monde; soyez toujours près de moi, de cette présence habituelle dont vous gratifiez ceux qui vous sont tout dévoués. Visitez aussi, en ce moment, les âmes du purgatoire, surtout celles qui sont les plus abandonnées; et quand mon âme sortira de cette vie, venez à sa rencontre pour la présenter à Jésus.

Sancta mater, istud agas, Crucifixi fige plagas, cordi meo valide (Sainte mère, imprimez dans mon coeur les plaies du Crucifié).

 

Cinquième station : Simon le Cyrénéen aide Jésus à porter sa Croix.

Jésus a pris sur Lui le poids de vos péchés et a payé toutes vos dettes; cependant il veut que vous apportiez votre part à cette rédemption et que vous soyez associé à ses douleurs. Voilà ce qu’il vous dit dans la personne du Cyrénéen qu’il appelle à partager son fardeau. Enfant de la Reine des Martyrs, comprenez-le bien, de quelque côté que vous vous tourniez, vous trouverez les épreuves, les peines… L’heure est venue pour vous, et vous n’avez pas d’autre chemin pour aller au Ciel. Mais voyez la bonté de Jésus ! Il vous a donné plus spécialement sa Mère à vous qui lui êtes consacré, afin qu’Elle soit votre soutien et votre consolation en cette vallée des pleurs. Qui sont ceux, en effet, qui portent leur croix avec plus de facilité et plus de gloire, sinon tous les serviteurs de cette tendre Mère ?

Divine consolatrice des enfants de Dieu, soyez toujours pour moi le compatissant et miséricordieux Cyrénéen : vous savez ma faiblesse, aidez-moi à porter ma croix et soutenez-moi dans mes épreuves et dans mes ennuis. O vous, dont l’amour s’étend à toute créature, aidez aussi tous ceux qui ont charge d’âmes, les magistrats, les instituteurs, et la jeunesse; communiquez leur abondamment l’esprit de zèle et de dévouement.

Sancta mater, istud agas, Crucifixi fige plagas, cordi meo valide (Sainte mère, imprimez dans mon coeur les plaies du Crucifié).

 

 Sixième station : Véronique essuie la face de Jésus.

Une pieuse femme s’avance pour essuyer la face auguste du Sauveur. O libéralité sans mesure de l’amour de Jésus ! Il n’attend pas l’éternité; au milieu même de ses douleurs et de ses humiliations, il récompense le courage héroïque de cette femme. Quelle consolation pour Marie de voir cet hommage d’amour rendu à son divin Fils !… Voulez-vous lui donner cette même joie ? Soyez extrèmement jaloux de la pureté de votre âme où Jésus habite par sa grâce; et si, par malheur, vous venez à commetre quelque faute, hâtez-vous d’en enlever la tâche par un vif regret, en attendant la réception du sacrement de Pénitence. Mais quelle douleur pour cette Mère bénie si, par votre tiédeur et votre attachement au péché, votre âme demeure plus souillée que le visage de Jésus dans sa Passion !

O ma Souveraine, que votre miséricorde triomphe de mes résistances et de mes lâchetés ! Que votre main compatissante délivre mon âme non seulement de ses souillures, mais encore des suites du péché qui paralysent les effets de votre règne en mon coeur… Rétablissez dans les âmes de vos enfants l’image de Jésus en toute sa beauté. Obtenez-nous une parfaite pureté de coeur, de corps et d’esprit, afin que nous puissions à jamais contempler la face de Dieu dans le Ciel.

Sancta mater, istud agas, Crucifixi fige plagas, cordi meo valide (Sainte mère, imprimez dans mon coeur les plaies du Crucifié).

 

Septième station : Jésus tombe pour la deuxième fois.

Combien plus douloureuse que la première est cette seconde chute de Jésus ! La vue anticipée de tant de fautes commises dès ma plus tendre enfance et de mes innombrables infidélités l’accable et le fait tomber de nouveau. Plus que toute créature, Marie pénètre ce mystère et ressent tout le poids des tourments qui déchirent le coeur de son Fils. Comment donc mon propre coeur n’est-il pas brisé par de si tristes souvenirs !… Dans cette deuxième chute, Jésus expie tout particulièrement notre grand attachement aux séductions du monde et à nous-mêmes, cause de tant de péchés et de la perte éternelle de tant d’âmes.

O Marie, je vous en conjure par vos larmes et les douleurs de Jésus, guérissez-moi de l’amour désordonné des créatures, et détachez-moi dès maintenant de tout ce que je dois un jour quitter nécessairement. Vierge sage et fidèle, enseignez-moi à apprécier à leur juste valeur les maximes du monde. O tendre Mère, obtenez à tous les enfants privilégiés de votre amour que le souvenir de vos douleurs détache leurs coeurs de cette terre et d’eux-mêmes et les unisse de plus en plus à votre très saint et immaculé Coeur.

Sancta mater, istud agas, Crucifixi fige plagas, cordi meo valide (Sainte mère, imprimez dans mon coeur les plaies du Crucifié).

 

Huitième station : Jésus console les filles de Jérusalem.

Qui nous donnera de comprendre la bonté du Coeur de Jésus et sa tendre compassion pour nos misères, lui qui oublie ses affreux tourments pour consoler ces pieuses femmes qui sont à sa suite ? Ne l’oubliez jamais, Jésus est la consolateur de toutes les amertumes, et quelle que soit la nature de vos peines, venez toujours avec Marie en chercher le soulagement près de son Coeur. Qui donc pourrait être pour nous un meilleur ami que celui qui nous a aimés jusqu’à mourir pour nous ? Ne pleurez pas sur moi, mais sur vous ! Infortunés que nous sommes, qui donc nous a fascinés au point de nous rendre insensibles à de si grandes douleurs endurées pour nous et sourds à cette voix qui nous montre quel doit être le vrai sujet de nos pleurs : c’est-à-dire tant de péchés dont nous n’avons pas fait pénitence… tant de dangers pour notre âme, tant de difficultés dans le chemin du salut…

O Marie, qui m’avez été donnée par Jésus, pour être en toutes choses mon supplément près de lui, pour le prier, pour lui parler, pour lui rendre tous les hommages que je lui dois; laissez tomber sur mon coeur une de vos larmes et faites cesser sa dureté; imprimez-y les plaies de Jésus et le désir d’une vraie et sincère pénitence… Que vote main bénie et toute-puissante écarte les fléaux que nous n’avons que trop ! mérités… Détournez-les de l’Eglise, des Etats Chrétiens, des âmes qui vous sont chères…

Sancta mater, istud agas, Crucifixi fige plagas, cordi meo valide (Sainte mère, imprimez dans mon coeur les plaies du Crucifié).

 

Neuvième station : Jésus tombe pour la troisième fois.

Jésus tombe trois fois dans le chemin du Calvaire : c’est afin d’expier les grandes plaies du coeur humain. Dans cette dernière chute, le doux Sauveur veut surtout expier l’amour des plaisirs. Voyez dans quel abîme d’opprobres et de douleurs il se trouve plongé; les bourreaux irrités redoublent leurs outrages et leurs coups, foulent aux pieds cet innocent Agneau et le traînent dans la poussière.

O divine Mère, dont le Coeur fut si souvent déchiré quand, après l’Ascension de Jésus, vous vous arrêtiez immobile et pleine de douleur à cette station, aidez-moi à réparer tant de sensualités dont je me suis rendu coupable. « Si vous voulez, dit un saint, conserver la chasteté, obtenez cette grâce par beaucoup de prières et ayez un ardent amour pour la Reine et le modèle des Vierges ». O Vierge très chaste, qui avez su vous conserver pure comme le lis au milieu des épines, communiquez-moi votre pureté; obtenez-nous, à nous qui vous sommes spécialement dévoués, un grand amour pour cette blanche et angélique vertu, qui nous fasse craindre les moindres souillures; faites que par notre sévère modestie, nous nous montrions toujours vos véritables enfants.

Sancta mater, istud agas, Crucifixi fige plagas, cordi meo valide (Sainte mère, imprimez dans mon coeur les plaies du Crucifié).

 

Dixième station : Jésus est dépouillé de ses vêtements.

Nous nous sommes malheureusement laissé dépouiller, par le démon, de la robe d’innocence, et Jésus veut, à tout prix, nous la faire recouvrer. Voyez les horribles tourments qu’il endure ici. On lui arrache violemment ses habits, que le poids de sa croix et le sang de ses plaies avaient comme incrustés à son corps. Les blessures s’ouvrent de nouveau : des lambeaux de chair sont arrachés et adhèrent aux vêtements de ce doux Sauveur. Demandez-vous quelle recrudescence de douleur doit produire cette atroce barbarie dans le Coeur de l’Immaculée Vierge. Exagération de la mode et du luxe, nous dit cette Mère affligée, vanité des toilettes mondaines, indécences dans la mise et les parures, voilà donc ce que vous coûtez à Jésus. Toutes les fois que vous serez tenté de tomber dans quelqu’un de ces excès, rappelez-vous ce cruel dépouillement de mon Fils bien-aimé.

O Mère, pardonnez-moi les tristesses que vous a causées tant de fois ma vanité; conservez-moi désormais dans la modestie et la simplicité extérieure que vous aimez tant. Aidez-nous, nous les enfants privilégiés de votre amour, à nous dépouiller de notre propre esprit, de cette attache à notre volonté, à notre jugement qui vous empêche de régner pleinement en nous et laisse notre âme dépourvue de mérites. Par vos larmes et les plaies de Jésus, revêtez-nous du double vêtement de vos vertus et de vos trésors que vous réservez à vos serviteurs, afin que nous puissions paraître avec sécurité au tribunal de votre Fils.

Sancta mater, istud agas, Crucifixi fige plagas, cordi meo valide (Sainte mère, imprimez dans mon coeur les plaies du Crucifié).

 

Onzième station : Jésus est cloué à la croix.

Quels déchirements pour le Coeur de Marie que ces coups redoublés qui clouent à la Croix les membres sacrés du Sauveur ! Quel martyre n’endure-t-Elle pas en ce moment ? Toutes les blessures faites au corps de son Fils bien-aimé s’impriment dans l’âme de la Mère, et sa douleur est telle, qu’au sentiment de saint Bernardin de Sienne, si on l’eût divisée entre toutes les créatures capables de souffrir, chacune d’elles fût morte à l’instant. Comment donc notre auguste reine ne meurt-Elle pas avec son Fils ?… Son amour la réservait pour d’autres souffrances, afin de nous donner une vie plus abondante. Avec Marie, adorez Jésus et renouvelez entre ses mains les voeux de votre Baptême, et la donation de tout votre être à la très sainte Vierge.

O bon Jésus, attaché par amour à cette croix, je ratifie de nouveau en ce moment les voeux de mon Baptême et ma parfaite Consécration à votre sainte Mère. Par ces clous qui vous déchirent, par le brisement de vos os et de vos veines, par les douleurs de Marie, clouez-moi, ô Jésus, inséparablement à vous par cette belle et parfaite dévotion; pénétrez-en toutes mes pensées, toutes mes affections et mes oeuvres. Vous avez dit : Quand je serai élevé de terre, j’attirerai tout à moi : attirez-moi à vous de plus en plus par une union très intime avec votre sainte Mère; attirez-y un grand nombre d’âmes, tous les chrétiens, tous les peuples de la terre. O Jésus, faites que Marie règne parfaitement en nous pour que vous y régniez vous-même en cette vie et au ciel.

Sancta mater, istud agas, Crucifixi fige plagas, cordi meo valide (Sainte mère, imprimez dans mon coeur les plaies du Crucifié).

 

Douzième station : Jésus meurt sur la croix.

Pour approcher dignement de Jésus crucifié, unissons-nous à Marie. Pour mieux comprendre les douleurs du Fils, méditons celles de la Mère. Jésus n’a-t-il pas dit qu’il se plaisait à voir compatir aux angoisses de Marie ? Enfant de notre bonne Mère, voyez cette Reine des Martyrs qui, vous montrant son Coeur affligé, vous dit :Considérez s’il est une douleur semblable à la mienne. Répondez-lui les larmes aux yeux et le coeur brisé :« O Vierge, fille de Sion, votre douleur est semblable à l’immensité de la mer, et dépasse l’amertume de ses flots ». Que ne puis-je, y compatir dignement, et reconnaître par toutes sortes d’hommages votre immense amour pour moi ! Je vous offre, en supplément, la divine compassion de Jésus, qui seul a connu tout le poids et la grandeur de vos souffrances.

O Jésus, du haut de votre croix, dites, pour moi spécialement, cette parole créatrice : Femme, voilà votre enfant. – Enfant, voilà votre mère. O Marie, je ne mérite pas d’être appelé votre enfant; mais c’est Jésus qui l’a ainsi voulu. Montrez que vous êtes ma Mère. En supplément de ma pauvreté, je vous offre les hommages des Anges, de tous vos dévoués serviteurs; je vous offre le Coeur de Jésus lui-même et l’amour de la très sainte Trinité… Je me remets entre vos mains et m’abandonne tout à vous; disposez de moi et de tout ce qui m’appartient selon votre bon plaisir et celui de votre divin Fils.

Sancta mater, istud agas, Crucifixi fige plagas, cordi meo valide (Sainte mère, imprimez dans mon coeur les plaies du Crucifié).

 

Treizième station : Jésus détaché de sa croix est remis à sa Mère.

Quelle douleur pour la très sainte Vierge, lorsqu’elle voit les bourreaux insulter encore son bien-aimé Fils, même après sa mort. Comme son Coeur maternel est transpercé du glaive prédit par Siméon, quand la lance ouvre ce Coeur divin, où, comme dit saint Bernard, Elle habitait Elle-même; quelles angoisses ne ressent-Elle pas alors ? Mais voilà que le corps de Jésus est déposé entre ses bras. Quel déchirement quand Elle contemple de près toutes ses blessures ! Elle se rappelle d’une part toutes les caresses qu’Elle recevait de cet aimable Enfant au temps où Elle le portait sur son sein; d’autre part Elle considère les plaies sans nombre que lui ont faites les bourreaux, et à la vue de ce Corps Sacré qui n’est plus qu’un cadavre, son âme est percée de mille glaives. Dévot esclave de Marie, méditez bien ce mystère. Rappelez-vous que Jésus a voulu être couvert de blessures pour guérir votre âme couverte des blessures du péché. Demandez à la Mère des douleurs qu’Elle vous obtienne la grâce d’une parfaite guérison.

Divine Vierge, permettez-moi, quelque indigne que j’en sois, de me placer avec Jésus entre vos bras. Par les plaies sanglantes qui couvrent son corps inanimé, guérissez les plaies de mon âme, purifiez mon corps et tous mes sens; lavez les souillures de mon coeur dans le sang de votre Fils et unissez-le pour toujours avec vous à son Coeur sacré.

Sancta mater, istud agas, Crucifixi fige plagas, cordi meo valide (Sainte mère, imprimez dans mon coeur les plaies du Crucifié).

 

Quatorzième station : Jésus est mis dans le sépulcre.

Il faut que le sacrifice soit complet de la part de la très sainte Vierge. Ce corps adorable qu’Elle pressait avec amour sur son sein est renfermé dans le sépulcre et disparaît à ses yeux. Ah ! que ne peut-Elle se refermer aussi avec Lui ! Du moins, si elle s’en sépare, Elle reste cachée dans ses plaies sacrées… On dit qu’au moment même où notre divin Sauveur fut déposé dans le sépulcre, la sainte Vierge bénit la pierre qui en fermait l’entrée en disant : « Je te benis, pierre choisie par Dieu lui-même pour dérober mon Fils à la vue des hommes, garde-le bien ». Voilà ce que dit encore cette divine Mère quand elle voit Jésus-Hostie descendre dans notre coeur par la communion. Elle le bénit comme le tombeau de son Fils. Elle y reste pour l’adorer, Elle ne le perd pas de vue.

Avant de quitter Jésus et Marie, consolez une dernière fois votre divine Mère, et dites-lui avec amour : O divine Vierge, ma Mère, je vous en conjure, gravez donc dans mon âme les plaies de mon Sauveur. Votre âme était un calvaire où toutes ses souffrances trouvaient un écho; faites que nous puissions être vos copies. N’oubliez pas tout ce que nous vous avons coûté. Qu’à votre exemple, nous nous rappelions jusqu’au dernier jour les angoisses du Calvaire. Que partout, dans tous nos travaux, nous en conservions le souvenir. Ainsi soit-il.

Sancta mater, istud agas, Crucifixi fige plagas, cordi meo valide (Sainte mère, imprimez dans mon coeur les plaies du Crucifié).

 

Chemin de Croix du Sacré-Coeur de Jésus 

 

Texte adapté pour tous, du chemin de Croix que Notre Seigneur fit avec sœur Josefa le mercredi saint 28 mars 1928 et qu’Il lui fit écrire deux jours après le Vendredi Saint 30 mars. On peut trouver le texte intégral dans « Un Appel à l’Amour » de soeur Josepha Ménendez, religieuse coadjutrice de la Société du Sacré-Cœur de Jésus à Poitiers (née à Madrid, le 4 février 1890, † 29 décembre 1923).

En 1938, avec la permission du secrétaire d’État de l’époque, le Cardinal Eugenio Pacelli (futur Pie XII), parut aux éditions de l’Apostolat de la Prière (Toulouse), Un Appel à l’Amour, la biographie de Josefa Menéndez, contenant ses propres registres des visions. Le désir de Pie XII était de le voir se propager dans le monde, sanctionnant ainsi de son autorité apostolique, la valeur de ce message.

« Mes paroles, a dit Jésus, auront une telle force et ma grâce les accompagnera de telle manière, que les âmes les plus obstinées seront vaincues par l’Amour ».

Viens me contempler sur le douloureux chemin du Calvaire où mon Sang va se répandre. Adore-Le et offre-Le à mon Père Céleste pour le salut des hommes.

1ère station

Ecoute prononcer ma sentence de mort. Vois avec quel silence, quelle patience et quelle mansuétude mon Coeur la reçoit.

Vous qui voulez imiter ma conduite, apprenez à garder le silence et la sérénité devant ce qui vous mortifie et vous contrarie.

2ème station

Regarde la Croix chargée sur mes épaules. Son poids est grand mais combien plus encore mon Amour pour les hommes !

Vous qui M’aimez, comparez vos souffrances avec l’amour que vous avez pour Moi et ne laissez pas l’abattement éteindre la flamme de cet amour.

3ème station

Le poids de la Croix Me fait tomber à terre. Mais mon Amour pour les hommes Me relève et Me rend un nouveau courage afin de poursuivre le chemin.

Vous que J’appelle à partager ma Croix, voyez si l’amour de vos frères vous donne une nouvelle vigueur pour avancer sur le chemin de l’abnégation ou si l’amour excessif de vous-même vous abat sous le poids de ma Croix.

4ème station

Ici, Je rencontre ma Mère très sainte et très aimée. Contemple le martyre de ces deux Coeurs… Mais leur douleur s’unit. Elle les fortifie mutuellement et, bien que douloureusement, l’Amour triomphe.

Vous qui cheminez par le même sentier et qui M’aimez, que la vue de vos mutuelles souffrances vous anime et vous fortifie afin que l’Amour triomphe. Que l’union dans la douleur vous soutienne et vous fasse embrasser généreusement les épines du chemin.

5ème station

Voyez comment cet homme accepte pour un faible gain cette charge pénible et cruelle. Contemplez aussi mon Corps qui perd ses forces…

…Si le courage vous manque en face de l’effort que vous devez soutenir contre votre nature, conprenez bien que ce n’est pas pour une jouissance terrestre que vous vous êtes engagé à porter ma Croix mais pour acquérir la Vie éternelle et procurer le même bonheur à beaucoup d’autres.

6ème station

Voyez avec quelle charité cette femme vient essuyer mon Visage et comment son amour sait vaincre tout respect humain.

…Ne permettez pas que la crainte de perdre l’estime des hommes vous empêche aujourd’hui d’essuyer, par des actes généreux, les Blessures de mon Visage. Regardez le Sang qui l’inonde.

7ème station

La Croix épuise mes forces, le chemin est long et pénible. Personne ne s’approche de Moi pour me soutenir et mon angoisse est telle que Je tombe pour la seconde fois.

Ne vous découragez pas, vous qui cheminez à ma suite si votre vie est sans consolation, pleine de sécheresse et d’aridité, abandonné de tout appui spirituel.

Ranimez votre courage en contemplant votre Modèle sur le chemin du Calvaire. C’est la seconde fois qu’Il tombe… Mais Il se relève et poursuit sa route jusqu’à la fin. Si vous voulez reprendre un peu de force, venez et baisez mes Plaies.

8ème station

Les femmes de Jérusalem pleurent en Me voyant dans un tel état d’ignominie. Le monde pleure devant la souffrance. Mais Moi, Je vous dis : vous qui Me suivez sur la voie étroite, plus tard le monde vous verra cheminer dans les verts pâturages tandis que lui et les siens marcheront sur le feu que leurs plaisirs et leurs jouissances leur auront préparé.

9ème station

Contemplez-Moi approchant du Calvaire et tombant pour la troisième fois… Ici Je fortifierai ceux qui sont sur le point de tomber dans la mort éternelle. Le Sang des Blessures que Me causa cette troisième chute les purifiera. Il leur obtiendra de se relever une dernière fois, afin d’arriver à la Vie éternelle.

Vous qui désirez Me ressembler, ne refusez jamais un acte coûteux, dût-il vous faire une nouvelle blessure. Q’importe !… Ce Sang donnera la vie à une âme ! Imitez votre Modèle qui avance vers le Calvaire !

10ème station

Voyez avec quelle cruauté on Me dépouille de mes vêtements. Contemplez dans quel silence et dans quel abandon Je demeure !

Laissez-vous dépouiller de vos biens, de votre propre volonté, de tout ce que vous possédez… En échange, Je vous revêtirai de pureté et Je vous couvrirai des trésors de mon Coeur.

11ème station

Me voici au sommet du Calvaire où Je vais Me livrer à la mort. On M’étend, on Me cloue sur la Croix. Je n’ai plus rien… pas même la liberté de mouvoir une Main… un Pied… Mais ce ne sont pas les clous qui M’assujettissent ainsi, c’est l’Amour ! Aussi ne sort-il de mes Lèvres ni une plainte ni un soupir.

Si vous êtes cloué sur la Croix ne vous plaignez pas, ne murmurez pas quand ces clous bénis vous déchirent les mains et les pieds. Venez et baisez mes Plaies : là vous trouverez la force !

12ème station

La Croix est ma compagne sur le chemin du Calvaire et c’est sur la Croix que Je rends mon dernier soupir.

Vous qui avez eu la Croix comme compagne inséparable de votre vie, soyez sûr que dans ses bras vous rendrez le dernier soupir. Soyez sûr qu’elle sera la porte par où vous entrerez dans la Vie. Embrassez-la avec amour et aimez-la comme le plus grand de vos trésors.

13ème station

Considérez avec quelle charité cet homme juste descend mon Corps de la Croix. Il Le remet entre les bras de ma Mère. Elle L’adore, Le baise, laisse tomber ses larmes sur mon Visage et sur tous mes Membres. Puis elle Le livre à ceux qui vont L’embaumer et Le déposer dans le sépulcre.

… Si le courage vous manque en face de l’effort que vous devez soutenir contre votre nature, comprenez bien que ce n’est pas pour une jouissance terrestre que vous vous êtes engagé à porter ma Croix mais pour acquérir la Vie éternelle et procurer le même bonheur à d’autres.

14ème station

Voyez avec quelle délicatesse on Me dépose dans le sépulcre. Il est neuf et net de la plus légère souillure.

Cherchez toutes les délicatesses que vous suggérera l’amour, afin que votre coeur soit pur et prêt à M’ensevelir dans l’amour tendre, l’amour fort, l’amour constant et généreux.

Maintenant adore mes Plaies, baise-les et récite le Miserere (Psaume 50). Voir plus haut : Chemin de croix biblique.

Après chaque Station, Josepha faisait cette prière : 

«Père eternel, recevez le Sang divin que Jésus-Christ votre Fils a répandu dans sa Passion.

«Par ses Plaies, par sa Tête transpercée d’épines, par son Coeur, par tous ses Mérites divins, pardonnez aux hommes et sauvez-les !

«Sang divin de mon Rédempteur, je vous adore avec un grand respect et un grand amour pour réparer les outrages que vous recevez des hommes.»