Éviter les occasions de péché

Sommaire

  • L’Église a toujours enseigné qu’on doit éviter l’occasion prochaine de pécher pour être sauvé et recevoir le pardon de ses péchés de Dieu
    • Saint Alphonse de Liguori, docteur de la morale, De la fuite des occasions du péché 
    • S’exposer volontairement à l’occasion de péché est un péché
    • Ignorance coupable de la foi et occasion de pécher
  • Les soi-disant catholiques n’ont aucune idée de l’enseignement de l’Église sur l’abstention de toutes les occasions de péché
    • Concernant le visionnage de la télévision
      • Sites internet
  • La curiosité est la porte qui ouvre l’occasion de péché
  • L’occasion de péché est causée par le scandale
  • L’addiction est un esclavage acquis par le choix moral par rapport à l’occasion de pécher
    • Le péché originel nous a fait perdre (entre autres) la maîtrise des passions
    • Ne pas se garder des occasions de pécher rend esclave du péché
  • Conclusion : Éviter les occasions prochaines de péché est essentiel pour le salut, car on ne peut pas être absous de ses péchés sans éviter les occasions de pécher quand on le peut.

 

Pape Grégoire XVI, Summo Iugiter studio, n° 6, 27 mai 1832 (Magistère) : «ce précepte bien connu de la loi naturelle et divine, qui nous oblige à éviter non seulement les péchés, mais aussi l’occasion prochaine de péché».

 

L’Église a toujours enseigné qu’on doit éviter l’occasion prochaine de pécher pour être sauvé et recevoir le pardon de ses péchés de Dieu

Innocent XI, erreurs diverses sur les questions morales  n° 61, 4 mars 1679 : « Peut parfois être absous celui qui demeure dans une occasion prochaine de pécher qu’il ne peut et ne veut pas éviter, même qu’il cherche directement ou délibérément ou dans laquelle il se jette » – déclaration condamnée

Innocent XI, erreurs diverses sur les questions morales,  n° 62, 4 mars 1679 : « L’occasion prochaine de pécher ne doit pas pour être évitée quand il y a une raison utile ou honnête pour ne pas la fuir » – déclaration condamnée

Innocent XI, erreurs diverses sur les questions morales, n° 63, 4 mars 1679 : « Il est permis de chercher directement l’occasion prochaine de pécher pour notre bien spirituel ou temporel, ou pour celui de notre prochain »  déclaration condamnée

Nous voyons ci-dessus que l’Église confirme l’opinion selon laquelle «Il est permis de chercher directement l’occasion prochaine (directe ou immédiate) de pécher pour notre bien spirituel ou temporel, ou pour celui de notre prochain» est directement condamnée. Et cette condamnation est pour ceux qui «cherchent directement l’occasion prochaine de pécher» pour une bonne raison, plutôt que pour une raison égoïste.

Saint Alphonse de Liguori, docteur de la morale, De la fuite des occasions du péché 

Cum fores essent clausae, ubi erant discipuli congregati, venit Jesus, et stetit in medio corum (Jean XX, 19)

Nous lisons dans l’évangile de ce jour que les Apôtres étant rassemblés dans une maison, Jésus, déjà ressuscité, y entra, bien que les portes fussent fermées, et se plaça au milieu d’eux : Cum fores essent clausae… venit Jesus, et stetit in medio corum. Saint Thomas, sur ce passage, dit que le Seigneur, par un sens mystique, veut par là nous faire entendre qu’il n’entre point dans les âmes, qu’elles ne tiennent fermées les portes des sens : Misticè per hoc datur intelligi, quod Christus nobis apparet quando fores, id est sensus sunt clausi. Si donc nous voulons que Jésus-Christ habite dans nos âmes, il faut que nous tenions fermées les portes de nos sens à toutes les occasions de péché ; autrement le démon nous rendra ses esclaves. Et ce que je veux vous démontrer aujourd’hui, c’est le grand danger que courent ceux qui ne fuient pas les occasions de péché.

I. Nous voyons dans l’Écriture que le Christ est ressuscité et que Lazare est ressuscité aussi, comme le remarque l’Apôtre : Christus resurgens ex mortuis jam non moritur (Rom. VI, 9). Lazare, au contraire, est mort de nouveau après sa résurrection, et là-dessus l’abbé Guerrico fait la réflexion que le Christ est ressuscité libre et dégagé de tous liens, tandis que Lazare est ressuscité, ligatus manibus et pedibus (Matth. XXII, 13). Malheureusement, ajoute cet auteur, celui qui ressuscite du péché, encore engagé dans quelque occasion dangereuse ; car il mourra de nouveau, en perdant la grâce de Dieu. Si donc on veut se sauver, il faut non seulement quitter le péché, mais les occasions qui y portent comme telle correspondance, telle maison, tels amis pervers et autres causes de péché.

II. Par le péché originel nous avons contracté tous un funeste penchant au péché, c’est-à-dire à faire ce qui est défendu. C’est pourquoi saint Paul se plaignait de sentir en lui-même comme une loi opposée à sa raison : Video autem alium legem im membris meis repugnantem legi meniis mere, et captivantem me in lege peccati (Rom. VII, 23). Aussi, quand l’occasion se présente, elle réveille la violence de ce mauvais penchant, auquel alors il est bien difficile de résister ; car Dieu refuse son secours à qui s’expose volontairement à la tentation : Qui amat periculum, in illo peribit (Eccli III, 27). Ce que le docteur Angélique saint Thomas explique ainsi : Cum exponimus nos periculo, Deus nos derelinquit in illo. Dieu abandonne dans le péril ceux qui ne s’efforcent pas de le fuir. Aussi saint Bernardin de Sienne, dit-il que le premier de tous les conseils, et qui sert de base à la religion, est celui de fuir les occasions de péché : Inter consilia Christi, unum celeberrimum, et quasi religionis fundamentum, est fugere peccatorum occasiones.

III. Saint Pierre écrit que le démon circuit quoerens quem decoret (I P. 8). Le démon tourne sans cesse autour d’une âme pour y entrer et s’en emparer ; et pour cela il s’étudie à lui présenter les occasions du péché qui lui procure cette entrée. Explorat (dit saint Cyprien) un sit pars, cujus aditu penetret. Quand l’âme consent à s’exposer à l’occasion, le démon y entre alors facilement et la dévore. Telle fut la cause de la ruine de nos premiers parents, de n’avoir pas fui l’occasion. Dieu leur avait défendu non seulement de manger du fruit défendu, mais même d’y toucher ; c’est ce que répondit Eve au serpent qui l’excitait à s’en nourrir : Praecepit nobis Deus ne conderemus, etne tangeremus illud (Gen. III, 3). Mais l’infortunée vidit, tulit, comedit : elle commença par regarder le fruit, puis y porta la main et enfin le mangea. Autant en arrive ordinairement à ceux qui s’exposent souvent à la tentation. Aussi un jour le démon, chassé par les exorcismes, ayant été sommé de dire quelle était l’exhortation chrétienne qu’il redoutait le plus, répondit que c’était celle qui portait à fuir les occasions ; et cela était bien vrai ; car notre ennemi se moque de toutes nos résolutions et de nos promesses à Dieu ; il ne tend qu’à nous insinuer de ne pas fuir l’occasion, parce que l’occasion est comme un bandeau que nous nous mettons devant les yeux, qui nous dérobe les lumières que nous avions reçues ; les vérités éternelles, les bons desseins que nous avions formés, qui enfin, nous faisant tout oublier, nous force pour ainsi dire à pécher.

IV. C’est pourquoi David qui avait tant éprouvé pour son propre malheur le danger de s’être exposé à des occasions de péché, dit que, pour se conserver fidèle à Dieu, il s’était interdit l’approche de toute occasion qui pouvait le faire retomber en faute : Ab omni viâ malâ prohibui pedes mecs, ut custodiam mandata tua (Ps. CXVIII 100). Il ne dit pas seulement de tout péché, mais de toute voie mauvaise qui conduit au péché. Le démon ne manque pas de prétextes à nous présenter pour nous persuader que telle occasion où nous nous exposons n’est point volontaire, mais forcée. Quand l’occasion est vraiment forcée, le Seigneur ne nous laissera pas privés de son secours, pour nous préserver d’une chute : dans tout autre cas, il faut la fuir. Mais combien de fois ne nous faisons-nous pas illusion à cet égard, et ne cherchons-nous pas de fausses excuses ? Ne perdons pas de vue ce conseil que nous donne Jésus-Christ pour vaincre toutes les tentations et nous sauver : Si oculus tuus dexter scandalizat te, erue eum, et projice abs te (Matth. V, 29). Si tu t’aperçois que ton œil droit te soit une cause de damnation, il faut l’arracher et le jeter loin de toi ; projice abs te; c’est-à-dire que, quand il s’agit de la perte de l’âme, il faut fuir toute occasion dangereuse. Saint François d’Assises disait, comme je l’ai rapporté dans un autre discours, que le démon, en attaquant les âmes qui conservaient la crainte de Dieu, ne cherchait pas de suite à les lier de la chaîne énorme du péché mortel, parce qu’effrayées à l’idée seule du péché mortel elles fuiraient et échapperaient à de tels liens ; mais il a l’astuce de les enlacer d’abord d’un lien faible comme un cheveu dont elles s’aperçoivent à peine, et puis il réussit plus facilement à renforcer les liens, jusqu’à les rendre ses esclaves. C’est pourquoi si l’on veut se délivrer d’un tel péril, on doit rompre ces premiers liens encore faibles, c’est-à-dire toutes les occasions dangereuses, ces salutations, ces billets, ces cadeaux, ces paroles affectueuses. Et pour parler spécialement de celui qui a été dans l’habitude de l’impureté, il ne suffira pas qu’il fuie les occasions prochaines ; s’il n’évite pas encore les plus indirectes il retombera facilement dans le péché.

V. L’impureté est un vice, dit saint Augustin, qui attaque tout le monde, et dont peu se rendent vainqueurs : Communis pugna et rara victoria. Combien de malheureux qui se sont exposés à le combattre, et sont restés vaincus. Mais non, dit le démon à tel chrétien, pour l’engager à ne pas fuir l’occasion ; ne crains rien il n’y a point de victoire sans tentation : Nolo (répond saint Jérôme) pugnare spe victoriae, ne perdam aliquando victoriam. Non, je ne veux pas m’exposer à combattre dans l’espoir de vaincre ; parce que m’exposant ainsi volontairement, j’y perdrai quelque jour mon âme et mon Dieu. En pareil cas il faut, pour vaincre, un grand secours de Dieu ; et afin de nous en rendre dignes de notre côté, il faut nous attacher à fuir l’occasion, et nous recommander sans cesse à Dieu, pour obtenir la force d’observer la continence ; force que nous n’aurions pas par nous-mêmes, et que Dieu seul peut nous donner. Et ut scivi (disait le Sage) quoniam aliter non possum esse continens, nisi Deus del … adii Dominum, et deprecatus sum illum (Sap. VIII, 21). Mais si nous cherchons l’occasion, comme dit l’Apôtre, nous préparons nous-mêmes la révolte de la chair contre l’esprit : Sed neque exhibeatis membra vestra, arma iniquitatis peccato (Rom. VI, 13). Saint Cyrille d’Alexandrie expliquant ce passage, dit : Tu das stimulum carnis tuae, tu illam autversus spiritum armas et potentem facis. Dans la guerre contre nos passions, dit saint Philippe de Néri, ce sont les poltrons qui triomphent, c’est-à-dire ceux qui fuient l’occasion ; ceux au contraire qui s’y exposent fournissent des armes à la chair et la rendent si puissante qu’il leur devient moralement impossible de lui résister.

VI. Dieu dit à Isaïe : Clama: Omnis caro faenum (Is. XL, 6). Or si tout homme est foin, dit saint Chrysostôme, que fait celui qui prétend se maintenir pur, en s’exposant aux occasions de péché, sinon de vouloir placer un flambeau au milieu du foin, sans que le foin brûle : Lucernam in faenum pone, ac tum aude negare quod faenum exuratur. Non, écrit saint Cyprien, il n’est pas possible de rester au milieu des flammes, sans se brûler : Impossibile est, flammis circumdari et non ardere (De sing. Cler.). L’Esprit-Saint exprime la même chose en disant qu’on ne peut marcher sur des charbons ardens sans se brûler les pieds : Nunquam potest homo ambulare super prunas, ut non cemburantur plactae ejus (Prov. VI, 17). Ne pas se brûler en ce cas serait un miracle. Saint Bernard, va jusqu’à dire que conserver son innocence, en s’exposant à l’occasion prochaine, serait un plus grand miracle que la résurrection d’un mort : Mojus miraculum est, quam mortuum suscitare, telles sont ses propres paroles.

VII. Il y en a qui se confient follement en leur propre force, oubliant qu’elle n’est rien de plus que l’étoupe posée sur la flamme : Et erit fortitudo vestra ut favilla stupae (Is. 1, 31). D’autres se font illusion sur leur changement de vie, sur les confessions et les promesses faites à Dieu et ils disent : avec la grâce de Dieu, je ne cours plus aucun danger à voir telle personne et je serai préservé des mêmes tentations. Écoutez, vous qui parlez ainsi : en Mauritanie, il est, dit-on une espèce d’ours qui font la chasse aux singes ; ceux-ci, l’aspect de leur ennemi, sautent sur les arbres et se mettent ainsi à l’abri de ces poursuites : Mais que fait l’ours ? Il s’étend à terre et fait le mort, attendant que le singe descende de l’arbre, et alors il se relève, le saisit et le dévore. Ainsi fait le démon, il nous fait regarder la tentation comme morte, et si l’homme descend, c’est-à-dire s’expose à l’occasion de péché, il fait surgir la tentation et le dévore. Ô combien d’âmes malheureuses, qui bien qu’appliquées à la vie spirituelle, faisant l’oraison mentale, communiant souvent, menant enfin une sainte vie, pour s’être exposés à la tentation, sont restées esclaves du démon ? il est rapporté dans l’histoire ecclésiastique, qu’une sainte femme, qui pratiquait le pieux office d’ensevelir les martyrs, en rencontra un jour un qui n’était point encore mort ; elle le conduisit dans sa maison, et, à force de soins et de remèdes, parvint à le guérir. Qu’arriva-t-il ? ces deux saints, car comment nommer autrement deux personnes dont l’une avait été prêt de mourir pour la foi, et dont l’autre, par son œuvre pieuse, bravait la vengeance des tyrans, tombèrent d’abord dans le péché, perdirent la grâce de Dieu, s’enfoncèrent de plus en plus dans le mal, et finirent par renier la foi. Saint Macaire rapporte un trait pareil d’un saint vieillard, qui avait été à moitié brûlé, pour avoir refusé de renoncer à sa foi. Retourné à la prison, il entra en familiarité avec une femme dévote qui soignait les prisonniers, et tomba dans le péché.

VIII.  Le Saint-Esprit nous avertit de fuir le péché, comme on fuit la rencontre du serpent : Quasi a facie colubri, fuge paeccatum (Eccli. XXI, 2). Ainsi comme on ne redoute pas seulement la morsure du serpent, mais son contact et même son approche, de même il faut fuir, non seulement le péché, mais les occasions de péché, c’est-à-dire, telle maison, telle personne : Longe fac ab eâ viam tuam, et ne appropinques foribus domus ejus (Prov. V, 8). Le sage dit : Non seulement tu dois t’abstenir d’aller dans cette maison, qui pour toi est la voie de l’enfer : Via inferi domus ejus (Prov. VII, 27) : Mais prends garde à ne pas même en approcher, et passe au loin : Longe fac ab ea viam tuam. Mais si je cesse d’aller dans cette maison, mes intérêts en souffriront. Il vaut mieux que tu perdes tout, que de perdre ton âme et Dieu. On doit bien se persuader qu’en fait de chasteté, on ne peut jamais dire qu’on a pris assez de précautions. Si nous voulons nous garantir du péché, craignons et tremblons sans cesse, comme nous y exhorte saint Paul : Cum metu et tremore vestram salutem operamini (Philip. II, 12). Qui ne craint pas de se risquer dans les occasions dangereuses se sauvera difficilement. C’est pourquoi nous devons, dans nos prières, répéter chaque jour, et plusieurs fois par jour, ces paroles du Pater noster : Et ne nos inducas in tentationem. Seigneur, ne permettez pas que je sois exposé à de telles tentations, qu’elles me fassent perdre votre grâce. Nous ne pouvons mériter par nous-mêmes la grâce de persévérance ; mais Dieu l’accorde certainement, dit saint Augustin, à qui la demande puisqu’il a promis d’exaucer celui qui le prie ; ce qui a fait dire à ce même saint que le Seigneur Promittendo, delitorem se fecit ». (Saint Alphonse de Liguori, docteur de l’Église, Œuvres complètes, T. 14, Œuvres ascétiques, Sermons, Sermon XXII, Pour le premier dimanche après Pâques)

S’exposer volontairement à l’occasion de péché est un péché

Pape Grégoire XVI, Summo Iugiter studio, n° 6, 27 mai 1832 (Magistère) : «ce précepte bien connu de la loi naturelle et divine, qui nous oblige à éviter non seulement les péchés, mais aussi l’occasion prochaine de péché».

Père Martin Von Cochem, OSFC (1625-1712), Sur l’enfer : « Notre  divin Sauveur dit : « Que si votre main vous scandalise, coupez-la, il vaut mieux pour vous entrer dans la vie, privé d’une main, que d’aller, ayant deux mains, dans la géhenne du feu qui ne peut s’éteindre. Où leur ver ne meurt point et leur feu ne s’éteint pas. Et si votre pied vous scandalise, coupez-le ; il vaut mieux pour vous entrer, privé d’un pied dans la vie éternelle, que d’être jeté, ayant deux pieds, dans la géhenne du feu qui ne peut s’éteindre. Où leur ver ne meurt point et leur feu ne s’éteint pas.  Que si votre œil vous scandalise, arrachez-le ; il vaut mieux pour vous entrer, privé d’un œil, dans le royaume de Dieu, que d’être jeté, ayant deux yeux, dans la géhenne du feu. Où leur ver ne meurt point et leur feu ne s’éteint pas » (Marc IX, 42-47). Par ces paroles, notre bienheureux Rédempteur voulait impressionner dans nos esprits la nécessité d’éviter les occasions de péché et de faire même les plus douloureux sacrifices pour éviter le péché et ainsi échapper aux douleurs sans fin de l’enfer. (P. Von Cochem, Capucin germanique, théologien, prédicateur, écrivain  ascétique, « Les quatre derniers événements : la mort, le jugement, l’enfer, le ciel »,  Part. III, Ch. VII, Le ver qui ne meurt pas)

Saint Alphonse nous dit dans Sur éviter l’occasion du péché : «Maintenant, personne ne peut recevoir l’absolution à moins qu’il ait fermement l’intention d’éviter l’occasion du péché ; parce que pour lui s’exposer à de telles occasions, bien que parfois il ne tombe pas dans le péché, c’est pour lui un grave péché. En effet, «Le catéchiste doit expliquer que ceux qui ne s’abstiennent pas  des occasions prochaines volontaires de péché grave sont coupables d’un péché mortel, même s’ils ont l’intention de ne pas commettre l’acte mauvais, par le danger dont ils s’exposent». Et quand l’occasion est volontaire et existe réellement à l’heure actuelle, le pénitent ne peut être absous avant d’avoir retiré l’occasion du péché. Pour les pénitents, il est très difficile de supprimer l’occasion ; Et s’ils ne l’enlèvent pas avant de recevoir l’absolution, ils ne l’enlèveront guère après avoir été absous ». (Les œuvres ascétiques complètes de saint Alphonse, vol. 15, page 543)

Saint Augustin, dans ses Confessions, réitère ce point : «Je résiste aux séductions des yeux, de peur que mes pieds avec lesquels j’avance soient de cette façon enchevêtrés ; et je lève les yeux invisiblement vers vous, de sortir heureusement mes pieds du filet».

Saint Bernard enseigne que préserver la chasteté, et, en même temps, s’exposer à l’occasion prochaine de péché «est un plus grand miracle que de ramener un homme mort à la vie».

En expliquant le cinquième Psaume, saint Augustin dit que «celui qui ne veut pas fuir le danger, veut y périr».

«Le plus petit péché, enflammant [la concupiscence], est suffisant pour damner quelqu’un du royaume des cieux, qui ne se repent pas» (Jésus parlant à sainte Brigitte, livre 1, chapitre 32). C’est un péché de se mettre dans l’occasion de pécher, donc tous ceux qui sont damnés, font cela avec la volonté de persévérer en le faisant :

«De plus, sachez que comme tous les péchés mortels sont très graves, de même un péché véniel est rendu mortel si un être humain se complaît en lui avec l’intention de persévérer». (Les Révélations de sainte Brigitte, livre 7, chapitre 27)

Dieu préserve ceux qui se préservent.

Proverbes 2, 7 : « Il veillera au salut des hommes droits ».

Dieu abandonne ceux qui l’abandonnent.

Proverbes 1, 24-26 : « Parce que j’ai appelé, et que vous avez refusé de m’entendre ; que j’ai tendu ma main, et qu’il n’y a eu personne qui m’ait regardé ; Que vous avez méprisé tous mes conseils, et négligé mes réprimandes ; Moi aussi, à votre mort, je rirai et je me moquerai, lorsque ce que vous craigniez vous sera arrivé ».

Dieu abandonne celui qui l’a abandonné, mais préserve celui qui se préserve par la crainte de Dieu. Dieu abandonne à leurs péchés ceux qui s’abandonnent à leur(s) péché(s), c’est-à-dire qu’ils tomberont et s’obstineront de plus en plus profondément dans leurs péchés en châtiment de leur orgueil.

Romains 1, 28 : Et comme ils n’ont pas montré qu’ils avaient la connaissance de Dieu, Dieu les a livrés à un sens réprouvé, de sorte qu’ils ont fait les choses qui ne conviennent pas.

Note Bible catholique Vulgate Romains 1, 28 : «Dieu les a livrés, etc., c’-à-d. que les ayant abandonnés à leur propre malice, il les a laissés tomber dans ces péchés honteux en punition de leur orgueil».

Pape Paul III, Concile de Trente, 6e sess. ch. 11, 1547, ex cathedra (Magistère infaillible solennel) : «Ceux qu’il a justifié une fois, « Dieu ne les abandonne pas, à moins qu’Il ne soit d’abord abandonné par eux » (Augustin. De natura et gratia n. 26 ; 29)».

Pape Pie IX, Concile du Vatican, Dei Filius, 3e sess. ch. 3, 1870, ex cathedra (Magistère infaillible solennel) : «… le Seigneur … n’abandonnant [n’abandonne] quelqu’un que s’il est abandonné».

Comme on peut le voir ci-dessus, c’est un dogme que Dieu abandonne ceux qui l’abandonnent, ce qui réfute infailliblement les hérétiques qui pensent à tort que Dieu n’abandonne personne et qui croient en une fausse miséricorde et sont trompés en appliquant la miséricorde hors du salut et en dehors de là où Dieu l’applique. Ces gens qui sont hors de la vraie foi parlent de « charité » et de « miséricorde », mais ils devraient plutôt craindre la justice de Dieu car ils sont hors de la foi, hors de l’Église et hors du salut, et s’ils demeurent sciemment dans ce point de vue, et sans véritable repentance, ils descendront immédiatement en enfer à leur mort.

Ignorance coupable de la foi et occasion de pécher

Tous les baptisés sont tenus par la loi de connaître leur foi et de s’instruire de la foi de l’Église quand c’est possible, sous peine de péché mortel d’omission pour ignorance coupable.

Code droit canon 1917, canon 2229, § 1 : « L’ignorance  affectée [volontaire et par la décision de ne pas s’instruire de la loi pour y manquer plus librement] de la loi, ou seulement de la peine, n’excuse jamais d’aucune peine latae sententiae [excommunication automatique] ».

§ 3 : « L’ignorance crasse ou supine [paresseux négligeant de s’instruire de ce qu’ils devraient savoir] de la loi, ou seulement de la peine, n’excuse d’aucune peine latae sententiae [excommunication automatique] ».

Ne pas s’instruire de la foi quand c’est possible c’est ne pas fuir une occasion prochaine de pécher par omission contre la foi

Celui qui persiste à ne pas s’instruire de la foi après en avoir été exhorté, est coupable du péché contre la foi par omission pour ignorance coupable, mais il en plus il ne peut pas être absous parce qu’il n’évite pas volontairement l’occasion prochaine de pécher contre la foi par omission (il ne s’instruit pas de la vraie Foi de l’Église alors qu’il peut le faire) comme l’enseigne l’Église directement :

Innocent XI, erreurs diverses sur les questions morales  n° 61, 4 mars 1679 : « Peut parfois être absous celui qui demeure dans une occasion prochaine de pécher qu’il ne peut et ne veut pas éviter, même qu’il cherche directement ou délibérément ou dans laquelle il se jette » – déclaration condamnée

Le pécheur qui ne s’instruit pas de la vraie Foi de l’Église alors qu’il peut le faire fait des confessions sacrilèges parce qu’il persévère dans l’occasion prochaine de pécher contre la foi par omission (ignorance coupable) il ne peut pas être absous. Cet état entraînera ordinairement au degré ultime du péché d’orgueil qui est l’habitude de pécher (St Bernard, les douze degrés de l’orgueil).

Les soi-disant catholiques n’ont aucune idée de l’enseignement de l’Église sur l’abstention de toutes les occasions de péché

Même les soi disant catholiques n’ont lamentablement aujourd’hui aucune idée de l’enseignement de l’Église à propos de l’abstention de toutes les occasions prochaines de péché, et l’aveuglement concernant la pureté et la modestie est presque total, même parmi ceux qui se disent catholiques traditionnels, malheureusement. C’est triste à dire, il semble souvent qu’une organisation ou un groupe prétendant être le plus «traditionnel», ont moins l’idée de ce qu’est la vraie modestie et la pureté.

Oui, il faut faire attention si l’on veut être sauvé, et ceux qui ne font pas attention à eux, s’exposeront eux-mêmes à toutes sortes de dangers (comme le font presque tous les gens aujourd’hui, qu’ils soient catholiques traditionnels auto-professés ou pas, comme cela est détaillé dans l’exemple ci-dessous) ne seront pas sauvés, car ils seront abandonnés par Dieu et tomberont dans le péché.

Voir Mortification des yeux

Innocent XI, erreurs diverses sur les questions morales, n° 61, 4 mars 1679 : « Peut parfois être absous celui qui demeure dans une occasion prochaine de pécher qu’il ne peut et ne veut pas éviter, même qu’il cherche directement ou délibérément ou dans laquelle il se jette » – déclaration condamnée

«Frère Roger, un franciscain de pureté singulière, étant une fois questionné pourquoi il était si réservé dans ses rapports avec les femmes, répondait que « lorsque les hommes évitent les occasions de péché, Dieu les préserve ; mais quand ils s’exposent au danger, ils sont juste abandonnés par le Seigneur, et tombent facilement dans certaines transgressions graves» (Saint Alphonse de Liguori, La véritable épouse de Jésus-Christ, la mortification des yeux, p. 221).

Ici, nous pouvons voir que la personne qui n’évite pas les occasions de péché ne peut être absoute et par conséquent ne peut être sauvée, et que ceux qui ne permettent pas d’éviter les occasions prochaines ou directes, immédiates, dangereuses, seront abandonnés par Dieu et tomberont infailliblement dans le péché. Pourtant, en dépit de cette vérité catholique, c’est presque exactement ce que font tous les gens vivant aujourd’hui, qu’ils prétendent être catholiques traditionnels ou non, comme on le voir dans l’exemple du post ci-dessous et par leur mauvaise volonté et leur résistance à la vérité. Alors qu’est-ce que cela nous dit ? Cela nous dit que quelques-uns sont sauvés en effet (Mt 7, 13), ce qui est tout à fait vrai – et qui fut vrai en tous temps – mais plus encore aujourd’hui !

Concernant le visionnage de la télévision

Ce n’est que dans la vraie foi que vos yeux seront tournés vers le Seigneur Dieu pour que vous ne péchiez pas en regardant l’espace public. Sans la foi (ou du moins sans la chercher vraiment), vous aurez beau résister, tôt ou tard vous tomberez dans le péché, parce que le démon est partout et que seule la foi l’empêche de vous voir et le repousse loin.

La plupart des gens de cette génération, même ceux qui se professent chrétiens, sont tellement tombés dans la morale que même les personnes dévouées qui habitaient sur terre il y a cent ans auraient honte de ce que les gens apprécient aujourd’hui. Et c’est exactement ce que le diable avait planifié depuis le début, abaissant progressivement la norme de la morale dans le monde à travers les médias jusqu’à ce que, en fait, on ne puisse échapper au péché mortel en le regardant dans l’intention de s’amuser. Regarder la télé impie seulement pour la jouissance ou le plaisir ou pour perdre du temps (qui pourrait être utilisé pour Dieu), comme la plupart des gens le font, est mortellement pécheur.

Il y a 59 ans (en 1956), Elvis Presley était filmé dans un show-télé pour faire un mouvement  rock ‘n roll (rock and roll : balancement et roulement) au-dessous de la ceinture. Non pas que c’était une performance acceptable, tout ce qui tend vers la sensualité est une abomination (rock ‘n roll indique le mouvement sexuel procréateur de l’homme, et c’est une injure et moquerie à Dieu). Mais ceci sert à prouver combien le niveau moral baisse depuis lors, quand même la presse laïque juge inapproprié ce qui serait regardé comme rien aujourd’hui. Mais même à ce moment, dans les grands films hollywoodiens comme Les Dix Commandements, on pouvait voir des femmes et des hommes incroyablement habillés de manière impudique. La chute et le déclin de la moralité ont été en cours depuis l’invention du cinéma. Dieu a permis l’invention de cette tromperie à cause des péchés des gens, en particulier pour les péchés de la chair. Les médias ont une telle puissance qu’ils préconditionnent l’esprit des peuples de telle manière – car les gens regardent la télévision comme une réalité – que ce qui était honteux hier sera la norme aujourd’hui ! Donc, si les médias montrent l’impudeur et l’impudicité comme une norme, elle deviendra la norme (ce qui est normal).

2 Timothée 3, 1-5 : «… dans les derniers jours [aujourd’hui], viendront des temps dangereux. Les hommes seront égoïstes, cupides, orgueilleux, hautains, blasphémateurs, rebelles à leurs parents, ingrats, méchants, sans affection, sans paix, calomniateurs, incontinents, impitoyables, sans complaisance, traîtres, têtus, gonflés, et amateurs de plaisirs plus que de Dieu : Ayant une apparence de piété, mais reniant ce qui en fait la force. Évitez-les».

Notre ennemi, le diable, d’abord et avant tout, vient à nous et entre dans nos cœurs à travers nos yeux. Aucun autre sens n’est plus puissant chez l’homme pour le tenter. Apprendre à contrôler ce que vous regardez est absolument essentiel pour être sauvé, car chaque fois que vous regardez volontairement avec convoitise dans votre cœur une chose séduisante ou impudique, vous avez assurément commis le péché véniel ou mortel. Par conséquent, lorsque vous tombez sur quelque chose de péccamineux (pécheur) avec vos yeux ou même séduisant, vous devez prendre l’habitude de regarder vers le bas ou à côté – car le péché de luxure ne sera pas loin. Le signe de la croix et/ou le Je vous salue Marie est fortement recommandé pour lutter contre les prémices du péché même véniel.

D’innombrables saints ont réprimandé des personnes contre leur grande erreur de ne pas contrôler leurs yeux. Saint Ignace de Loyola a réprimandé un frère pour avoir regardé un visage pendant plus qu’un bref moment. Sainte Brigitte a fait une confession spécifique pour chaque visage unique qu’elle a vu chaque jour. Ceci est la vraie sagesse, mais la coutume et l’habitude du monde vous indique de regarder toujours la personne avec qui vous êtes, ou d’en regarder le visage, même si elles sont sur la télévision. C’est une mauvaise habitude pour dire le moins. Cela souvent conduit à des tentations du diable. La modestie et la pureté exigent que nous ne regardions pas les gens en face, et surtout les yeux, voire pas du tout, ou seulement pour un très court moment, même lorsque nous leur parlons directement. Dans les temps anciens, c’était de notoriété publique.

Saint Alphonse de Liguori, Docteur de l’Église,La véritable épouse du Christ, p. 221 ; 256 : « Mais je ne vois pas comment le regard des jeunes de sexe différent peut être dispensé de la culpabilité d’une faute vénielle, ou même de péché mortel, quand il y a danger de proximité du consentement criminel. «Il n’est pas permis», dit saint Grégoire, «de voir ce qu’il n’est pas permis de convoiter». La mauvaise pensée qui procède de l’air, même si elle devrait être rejetée, ne manque jamais de laisser une tache sur l’âme ». ()

La citation ci-dessus de Saint-Alphonse montre aussi pourquoi la plupart des choses diffusées sur les médias sont totalement impropres à regarder. Les nouvelles (infos) en soi ne sont pas mauvaises ou contraires à Dieu ou à la morale, mais la plupart des journaux ou des nouveaux canaux aujourd’hui contiennent des images totalement inacceptables où les hôtes des émissions télé sont impudiquement vêtus. «Il n’est pas permis», dit saint Grégoire, «de voir ce qu’il n’est pas permis de convoiter». Lire les journaux que vous connaissez contenir beaucoup de photos impudiques voir immorales et des histoires inutiles sur l’impureté, etc., est de l’idiotie complète et entraînera à des péchés de la chair.

Saint Alphonse, sur éviter l’occasion de péché, Les œuvres ascétiques complètes de saint Alphonse, vol. 15, page 543 : «Maintenant, personne ne peut recevoir l’absolution à moins qu’il ait fermement l’intention d’éviter l’occasion du péché ; parce que pour lui s’exposer à de telles occasions, bien que parfois il ne tombe pas dans le péché, c’est pour lui un grave péché. En effet, «Le catéchiste doit expliquer que ceux qui ne s’abstiennent pas  des occasions prochaines volontaires de péché grave sont coupables d’un péché mortel, même s’ils ont l’intention de ne pas commettre l’acte mauvais, par le danger dont ils s’exposent». Et quand l’occasion est volontaire et existe réellement à l’heure actuelle, le pénitent ne peut être absous avant d’avoir retiré l’occasion du péché. Pour les pénitents, il est très difficile de supprimer l’occasion ; Et s’ils ne l’enlèvent pas avant de recevoir l’absolution, ils ne l’enlèveront guère après avoir été absous ».

Google Chrome a de bons outils pour se débarrasser de toutes les publicités sur Internet, immorales ou non. Par conséquent, si les personnes n’utilisent pas un navigateur Web qui peut utiliser des extensions (ou si elles n’ont pas un Adblock installé), elles doivent changer le navigateur Internet et installer un Adblock en vertu de l’obéissance à la loi de Dieu qui exige la modestie et l’évitement des occasions de tomber dans le péché quand il est possible de le faire. L’extension Adblock ou Adblock Plus pour Firefox ou d’autres es navigateurs (Opera, etc.) doit éviter l’occasion immédiate du péché. Le Bienheureux pape Innocent XI a condamné trois propositions qui ont nié cette vérité d’éviter l’occasion immédiate du péché :

Innocent XI, erreurs diverses sur les questions morales  n° 61, 4 mars 1679 : « Peut parfois être absous celui qui demeure dans une occasion prochaine de pécher qu’il ne peut et ne veut pas éviter, même qu’il cherche directement ou délibérément ou dans laquelle il se jette » – déclaration condamnée du pape Innocent XI.

Innocent XI, erreurs diverses sur les questions morales,  n° 62, 4 mars 1679 : « L’occasion prochaine de pécher ne doit pas pour être évitée quand il y a une raison utile ou honnête pour ne pas la fuir » – déclaration condamnée du pape Innocent XI.

Innocent XI, erreurs diverses sur les questions morales, n° 63, 4 mars 1679 : « Il est permis de chercher directement l’occasion prochaine de pécher pour notre bien spirituel ou temporel, ou pour celui de notre prochain »  déclaration condamnée du pape Innocent XI.

Nous voyons ici que l’Église confirme que l’opinion selon laquelle «il est permis de rechercher directement l’occasion immédiate de pécher pour notre propre bien spirituel ou temporel ou de notre prochain» est directement condamnée. Et cette condamnation porte sur ceux qui « recherchent directement l’occasion immédiate de pécher» pour une bonne cause plutôt que pour une cause égoïste. Mais la plupart des gens dans ce monde ne regardent ni n’écoutent les médias maléfiques et impies pour une bonne cause, mais plutôt pour le plaisir ou pour d’autres raisons inutiles, et ce n’est certainement pas nécessaire «pour notre propre bien spirituel ou temporel ou de notre prochain». Cela nous montre que l’Église et la Loi naturelle abhorrent absolument et condamnent l’opinion selon laquelle on peut rester dans l’occasion directe de pécher. En effet, non seulement les occasions du péché, comme les médias maléfiques, mondains et impies, mais aussi «l’occasion immédiate de pécher pour notre propre bien spirituel ou temporel ou de notre prochain» doit être totalement rejetée et évitée pour le salut.

Les gens qui rejettent ce conseil et continuent à se mettre dans une occasion prochaine ou restent proches du péché perdront sans aucun doute leur âme, car Dieu permettra au diable de les tromper d’une certaine manière puisqu’ils ont rejeté la Parole de Dieu et ont choisi de se mettre dans l’occasion d’être tentés. Beaucoup, de façon présomptueuse, prétendront qu’ils ne seront pas tentés. Dieu abandonnera indubitablement une personne présomptueuse et orgueilleuse, et l’Église et ses saints ont toujours condamné de tels individus qui font confiance à leur propre force. En fait, on peut même comprendre par la lumière de la raison naturelle qu’on ne peut se mettre dans l’occasion du péché, et que ceux qui le font n’auront aucune excuse le jour du jugement.

Saint Alphonse de Liguori, La véritable épouse de Jésus-Christ, mortification des yeux, p. 221: « lorsque les hommes évitent les occasions de péché, Dieu les préserve ; Mais quand ils s’exposent au danger, ils sont justement abandonnés par le Seigneur et tombent facilement dans des transgressions graves ».

La dépendance pitoyable et déraisonnable aux médias par de tant de «catholiques» ou de «chrétiens» aujourd’hui est quelque chose de nouveau, et presque personne avant le 20ème siècle n’était si misérablement accro sur la population faible et mauvaise de notre temps. La quantité d’excuses piteuses et pathétiques que nous avons eu à entendre des personnes mal intentionnées qui essayent d’excuser leur acte de se mettre dans l’occasion immédiate ou prochaine du péché est presque infinie. Bien qu’ils comprennent qu’ils ne sont pas autorisés à mettre en danger leurs âmes, ils ne pas s’en soucient pas, car ils sont accros aux médias, comme les toxicomanes, qui ont besoin de dose quotidienne pour supporter le poids du jour, au lieu de se laisser porter par Dieu dans la prière. Non seulement Dieu jugera les paroles oiseuses, mais il jugera le temps oisif ; l’oisiveté est la mère des vices. Il y a environ cent ans, presque aucun média n’existait par rapport à aujourd’hui, et les gens prospéraient et les taux de criminalité n’étaient pas comparés à ceux d’aujourd’hui.

Saint Alphonse : «Quand les hommes évitent les occasions de péché, Dieu les préserve ; Mais lorsqu’ils s’exposent au danger, ils sont justement abandonnés par le Seigneur et tombent facilement dans des transgressions graves».

«Sainte Dorothée, Œuvres ascétiques complètes de Saint Alphonse, Volume X, p. 468-469 : «Méfiez-vous de trop parler, car cela bannit de l’âme les saintes pensées et souvenirs avec Dieu». Parlant de religieux qui ne peut s’empêcher de se renseigner sur les nouvelles du monde, saint Joseph Calasanz a déclaré : «Le religieux curieux montre qu’il s’est oublié lui-même». Il est certain que celui qui parle trop avec les hommes converse peu avec Dieu, car le Seigneur dit : « Je la conduirai dans le désert, et je parlerai à son cœur«  (Osée, II, 14). Si donc l’âme veut que Dieu parle à son cœur, il faut chercher la solitude ; Mais cette solitude ne sera jamais trouvée par des religieux qui n’aiment pas le silence. «Si, dit la Vénérable Marguerite de la Croix, nous restons silencieux, nous trouverons la solitude. Et comment le Seigneur voudra-t-il jamais parler au religieux qui, en recherchant la conversation des créatures, montre que la conversation de Dieu n’est pas suffisante pour le rendre heureux ? Par conséquent, pour une religieuse qui se réjouit de recevoir des visites et des lettres, en lisant les journaux et en parlant fréquemment des choses du monde, il est impossible d’être un bon religieux. Chaque fois qu’elle incarne inutilement les rapports sexuels avec les laïques, elle subira une diminution de ferveur ».

Que peut-on dire aujourd’hui des médias mondains, télévision, films, séries ?

Il est très facile de pécher en pensée. En fait, le consentement à une pensée mauvaise est suffisant pour damner une personne et brûler dans l’enfer pour toute l’éternité. Et toutes les mauvaises scènes que l’on voit dans tous les films, la télévision, les séries, etc., tentent chacun de commettre exactement ce péché contre Dieu.

Saint Alphonse de Liguori, Œuvres ascétiques complètes de Saint Alphonse, vol. 15,p. 147 : « Écoutez cet exemple : un garçon avait souvent utilisé la confession ; Et tous le prirent pour être un saint. Une nuit, il a eu une hémorragie, et il a été retrouvé mort. Ses parents sont allés aussitôt à son confesseur et, en pleurant, ils le suppliaient de le recommander à Dieu ; Et il leur dit : « Réjouissez-vous, votre fils, je le sais, était un petit ange ; Dieu voulait l’enlever de ce monde, et il devrait maintenant être au paradis, s’il était encore dans le purgatoire, j’irai dire la messe pour lui ». Il mit ses vêtements pour aller à l’autel ; Mais avant de quitter la sacristie, il se vit en présence d’un spectre affreux auquel il demanda au nom de Dieu qui il était. Le fantôme répondit qu’il était l’âme de celui qui venait de mourir. Oh ! est-ce vous ? S’écria le prêtre ; Si vous avez besoin de prières, je vais vous dire la messe. Hélas ! la messe ! Je suis damné, je suis dans l’enfer ! Et pourquoi ? «Écoutez», déclara l’âme : « Je n’avais jamais commis de péché mortel, mais la nuit dernière, une mauvaise pensée me vint à l’esprit, j’ai lui ai donné mon consentement, et Dieu m’a fait mourir tout de suite et m’a condamné à l’enfer comme ceux qui ont mérité de l’être. Ne ​​dites pas la messe pour moi, cela ne fera qu’augmenter que mes souffrances». Après avoir parlé ainsi, le fantôme disparut ».

Saint Alphonse de Liguori, Œuvres ascétiques complètes de Saint Alphonse, vol. 15, p. 108 : «O éternité, éternité ! Les saints tremblent à la simple pensée de l’éternité ; Et vous, pécheurs, qui êtes en déshonneur avec Dieu, vous ne craignez pas ? Vous ne tremblez pas ? Il est de foi que celui qui meurt en état de péché brûle dans le feu de l’enfer pour toute l’éternité ! ».

L’Écriture enseigne que peu sont sauvés (Mt. 7, 13) et que presque tout le monde est dans les ténèbres, à tel point que Satan est même appelé le «prince» (Jean 12, 31) et «Dieu» (2 Corinthiens 4, 3) de ce monde. «Nous savons que nous sommes de Dieu, et que le monde entier est assis dans la méchanceté» (1 Jean 5, 19).

Pourquoi la plupart des gens sont-ils damnés ? La plupart des gens sont damnés parce qu’ils ne se soucient pas assez de Dieu, ni ne craignent assez pour éviter tout péché et les occasions prochaines (évidentes, avérées, directe ou immédiate) de tomber dans le péché, et ils ne l’aiment pas plus qu’ils aiment leur propre volonté perverse ou amour-propre qui est la raison directe de leur mode de vie indifférent ; Ils ne s’occupent pas assez de Dieu pour éviter ce qu’ils savent évidemment les conduire à un péché possible. La grand Saint Ambroise a dit à ce sujet : « La vraie repentance [et donc l’amour de Dieu] est de cesser de pécher [tout péché, aussi petit soit-il] ».

Cela signifie évidemment que l’on doit faire tout son possible pour éviter non seulement le péché mortel, mais aussi le péché véniel. Cela signifie aussi , en fait, que nous n’avons jamais la volonté de commettre même le moindre péché que l’on connaisse être un péché, ou avec le plein consentement contre Dieu infiniment bon.

Maintenant on peut en déduire déjà pourquoi la plupart des gens sont damnés

Donc, la seule raison pour laquelle il serait difficile d’être pardonné pour ses péchés et pour être sauvé, c’est s’ils n’aiment pas assez Dieu, ne craignent Dieu, ne se confient pas assez en Dieu de tout leur cœur. Par conséquent, il est difficile d’être sauvé pour les mauvais – et pas pour les bonnes âmes. D’où que la plupart des gens sont damnés et l’ont toujours été.

Saint Alphonse  : «quand les hommes évitent les occasions de péché, dieu les préserve ; mais quand ils s’exposent au danger, ils sont justement abandonnés par le seigneur, et entrent facilement dans certaines transgressions graves».

Saint Alphonse, éviter les occasions de péché : «Certains croient aussi que ce n’est qu’un péché véniel de s’exposer à l’occasion immédiate du péché. Le catéchiste doit expliquer que ceux qui ne s’abstiennent pas des péchés volontaires comme à l’occasion d’un péché grave sont coupables d’un péché mortel, même s’ils ont l’intention de ne pas commettre l’acte mauvais, par le danger auquel ils s’exposent. … Il faut souvent inculquer la nécessité d’éviter des occasions dangereuses ; Car, si des occasions immédiates, en particulier des péchés charnels, ne sont pas évitées, tous les autres moyens seront inutiles pour notre salut». (Œuvres ascétiques complètes de saint Alphonse, vol. 15, p. 351-355)

Considérant les citations de saint Alphonse d’éviter les occasions de péché, il est très important pour le salut de ne pas regarder ou s’exposer à des occasions dangereuses.

Innocent XI, erreurs diverses sur les questions morales  n° 61, 4 mars 1679 : « Peut parfois être absous celui qui demeure dans une occasion prochaine de pécher qu’il ne peut et ne veut pas éviter, même qu’il cherche directement ou délibérément ou dans laquelle il se jette » – déclaration condamnée du pape Innocent XI.

Innocent XI, erreurs diverses sur les questions morales,  n° 62, 4 mars 1679 : « L’occasion prochaine de pécher ne doit pas pour être évitée quand il y a une raison utile ou honnête pour ne pas la fuir » – déclaration condamnée du pape Innocent XI.

Innocent XI, erreurs diverses sur les questions morales, n° 63, 4 mars 1679 : « Il est permis de chercher directement l’occasion prochaine de pécher pour notre bien spirituel ou temporel, ou pour celui de notre prochain »  déclaration condamnée du pape Innocent XI.

Saint Alphonse de Liguori, mortification des yeux :  «Mais je ne vois pas comment le regard des jeunes de sexe différent peut être dispensé de la culpabilité d’une faute vénielle, ou même de péché mortel, quand il y a danger de proximité du consentement criminel. « Il n’est pas permis », dit saint Grégoire, « de voir ce qu’il n’est pas permis de convoiter ». La mauvaise pensée qui procède de regards, même si elle devrait être rejetée, ne manque jamais de laisser une tache sur l’âme ». (La véritable Épouse de Jésus-Christ, p. 256)

Saint Bernard enseigne que préserver la chasteté, et, en même temps, s’exposer à l’occasion prochaine de péché «est un plus grand miracle que de ramener un homme mort à la vie». En expliquant le cinquième Psaume, saint Augustin dit que «celui qui ne veut pas fuir le danger, veut périr dedans».

La plupart des gens qui regardent et recherchent les images immorales le font par plaisir direct et secret ; car s’ils n’aimaient pas ce qu’ils faisaient, ils sentiraient évidemment une profonde horreur du fait qu’ils offensent Dieu et nuisent à leur propre âme et celle des autres, et qu’ils sont en train de faire des choses qui sont contraires à la loi de Dieu de la charité et de la morale etc., et, oui, ils chercheraient évidemment un moyen pour ne pas s’exposer à cette occasion d’un péché de plus ; et s’ils ne sentent pas d’horreur du fait qu’ils offensent Dieu et nuisent à leur propre âme et celle de leur prochain, et s’ils ne cherchent pas un moyen d’éviter de se placer dans cette situation à l’avenir, c’est un signe clair qu’ils aiment ce qu’ils font et, partant, ils tombent sous la condamnation directe de Jésus-Christ car ils ont «l’intention de persévérer» et se rester placés dans cette situation d’occasion de péché qui est ici immédiate ou directe, l’Église l’appelle prochaine.

Révélations de sainte Brigitte, livre 1, chapitre 32«le plus petit péché, enflammant, est suffisant pour damner quelqu’un du royaume des cieux, qui ne se repent pas».

Révélations de sainte Brigitte, livre 7, chapitre 27 : «De plus, sachez que comme tous les péchés mortels sont très graves, de même un péché véniel est rendu mortel si un être humain se complaît en lui avec l’intention de persévérer».

Sites internet

Les sites d’hérétiques sont dangereux à cause de leurs hérésies et sont aussi mortellement pécheurs en montrant des images sensuelles (Par exemple : Novus Ordo watch ; Tradition In Action.org ; Cathinfo.com ; SuscipeDomine.com, etc.). Les sites de schismatiques et de schismatiques radicaux sont encore beaucoup plus subtilement dangereux, eux qui interdisent tout parce qu’ils sont à côté de la plaque sur l’interprétation de la règle de l’Église, de la foi et de la discipline universelle ; dans leur excès, ils croient être plus sage que la Sagesse de Dieu, ils pensent ou veulent se montrer comme étant vertueux mais ils ne comprennent pas la foi de l’Église, même s’ils disent le contraire, ce que font tous les hérétiques, ils appliquent la Foi divine humainement et pèchent contre la foi divine ; ainsi dévient-ils totalement de la discrétion de la foi catholique parce qu’ils ne sont pas catholiques non-plus. Ce sont des gens qui n’ont jamais connu la douceur de Dieu, qui n’ont jamais goûté la Bonté de Dieu (Par exemple : catholics-saints, prophecy-films, against-all-heresies-and-errors.blogspot.com, etc.).

Jusqu’à notre mort, nous sommes obligés d’éviter toutes les occasions prochaines de péché sous peine de péché mortel.

Saint Alphonse, Éviter l’occasion du péché : «Maintenant, personne ne peut recevoir l’absolution à moins qu’il ait fermement le but d’éviter l’occasion du péché ; parce que pour lui s’exposer à de telles occasions, bien que parfois il ne tombe pas dans le péché, c’est pour lui un péché grave». En effet, «Le catéchiste doit expliquer que ceux qui ne s’abstiennent pas  des occasions prochaines volontaires de péché grave sont coupables d’un péché mortel, même s’ils ont l’intention de ne pas commettre l’acte mauvais, par le danger dont ils s’exposent».

Saint Augustin, Confessions : «Je résiste aux séductions des yeux, de peur que mes pieds avec lesquels j’avance soient de cette façon enchevêtrés ; et je lève les yeux invisiblement vers vous, pour sortir heureusement mes pieds du filet».

Lorsque des images sensuelles ont été montrées, il ne fait aucun doute que des âmes ont été damnées en raison d’actes lascifs dans les films, ainsi que des photos sensuelles, et pourtant les soi-disant chrétiens sont totalement désemparés face à cette vérité que l’on peut même comprendre à partir de la lumière de la raison naturelle.

La plupart des gens ne cherchent pas à éviter les occasions parce que leur volonté est en partie dedans et ainsi ils sont en partie complices en eux-mêmes. Tout ceci est important à dire sur le plan moral, bien sûr. Mais ce qu’il faut bien comprendre de tout cela, c’est qu’on évite pas le péché en dehors de la vraie foi parce qu’on l’évite dans la foi. C’est sans aucun doute la plus grande raison pour laquelle ils seront damnés. Puisque les gens de nos jours ne résistent pas à leur mauvais penchant de se placer dans l’occasion de pécher, il est facile de voir pourquoi si peu possèdent aujourd’hui des vertus, et pourquoi presque tous sont des hérétiques non-catholiques. Simplement dit, il faut choisir si l’on met Dieu, son âme et son salut au-dessus du plaisir d’un écran. Une personne qui craint Dieu et qui craint l’enfer et qui médite souvent sur la mort et le châtiment éternel des damnés, n’hésitera pas un moment à se couper de toutes les occasions de pécher. Ceux, qui, cependant, dédaignent présomptueusement écouter l’enseignement de l’Église, refusant de méditer sur l’enfer et la punition pour avoir été contre la loi éternelle de Dieu, connaîtront l’enfer éternel au moment de la mort, mais alors il sera trop tard pour se modifier.

Les Révélations de sainte Brigitte enseignent cela. Ces révélations ont reçu un degré exceptionnellement élevé d’authenticité, d’autorité et d’importance à une date précoce. Le pape Grégoire XI (1370-1378) les a approuvées et confirmées, et jugées favorablement, et Boniface IX (1389-1404) dans la Bulle papale Ab origine mundi, par. 39 (7 octobre 1391). Elles ont été examinées au concile de Constance (1414-1418) et au concile de Bâle (1431-1449), tout deux les jugeant en conformité avec la foi catholique.

Révélations de sainte Brigitte, livre VII, chap. 7 : «… Je suis Créateur et Seigneur de toutes choses, tant sur les diables que sur les anges, et pas un n’évitera mon jugement. Le diable a péché contre moi en trois manières : par superbe, envie et arrogance, c’est-à-dire, par amour-propre. Certainement il fut si superbe qu’il a voulu être seigneur sur moi, afin que je fusse son sujet ; il me portait aussi une si grande envie, que, s’il eût été possible, il m’eût tué, afin qu’il fût Seigneur et pût occuper mon trône. Sa volonté propre aussi lu fut si chère qu’il ne se souciait point de la volonté de Dieu, pourvu qu’il pût accomplir la sienne ; c’est pourquoi il tomba des cieux, et d’ange, il a été fait diable dans les abîmes de l’enfer. Et après, voyant sa malice, sa grande envie qu’il avait contre l’homme, je lui montrai ma volonté et donnai mes commandements aux hommes, afin que, les accomplissant, ils puissent me plaire et déplaire au diable. Après, poussé par l’amour que je portais aux hommes, je suis venu au monde et ai pris la chair de la Sainte Vierge ; je leur ai enseigné en personne la vraie voie de salut par œuvres et par paroles, et afin de leur montrer et manifester mon amour infini, je leur ai ouvert le ciel par mon précieux sang.

«Mais qu’est-ce que ces hommes, mes ennemis, me font maintenant ? Ils méprisent mes commandements ; ils me chassent de leurs cœurs comme un poison mortifère ; ils me crachent de leurs bouches comme une chose pourrie, et ont horreur de me voir comme un lépreux, qui est extrêmement puant.

«Or, ils embrassent le diable et ses œuvres de tout leur cœur et œuvres, ils l’introduisent dans leurs cœurs, faisant sa volonté franchement et avec plaisir, et suivant ses mauvaises suggestions : c’est pourquoi, par mon juste jugement, ils seront récompensés en enfer avec le diable d’un supplice éternel, car pour la superbe qu’ils adorent, ils auront la confusion éternelle, de sorte que les anges et les diables diront : Ils sont remplis de confusion jusques au sommet. Pour leur cupidité insatiable, chaque diable les remplira de leur venin pestifère, en sorte que, dans leurs âmes, il n’y aura rien de vide qui ne soit rempli de ce venin.

«Pour la luxure dont ils brûlent, ils seront privés éternellement, comme des animaux insensés, de la vision divine, mais ils en seront éloignés et seront privés de leurs voluptés déréglées. Au reste, sachez que, comme tous les péchés sont très graves, aussi le péché véniel, si l’homme met son affection et délectation en lui avec volonté et mépris, est fait mortel, savoir, quand on y met sa dernière fin. …

«O mes ennemis, qui faites telles choses et qui commettez d’autres péchés avec effronterie, pourquoi négligez-vous ma passion, et pourquoi ne considérez-vous pas que j’ai été lié à la colonne, étant tout nu, et fouetté cruellement ; comment, nu, j’étais en la croix et criais sur le gibet, rempli de plaies, couvert de sang ? Hélas ! Pourquoi ne jetez-vous vos yeux sur moi, quand vous fardez et plâtrez votre face [maquillage] ? la mienne n’a-t-elle pas été couverte de sang ? Vous ne prenez pas aussi garde à mes yeux, comment ils furent obscurcis, étant couverts de sang, et comment ils étaient livides de sang et de larmes. Pourquoi ne jetez-vous pas les yeux sur ma bouche, sur mes oreilles et sur ma barbe ? Ne voyez-vous pas comment ils étaient pleins de sang, combien le reste du corps était traité inhumainement !

«Pourquoi ne considérez-vous pas comment, tout livide et mort, j’étais pendu au gibet pour l’amour de vous, et là étais moqué et méprisé de tous, afin que, par une telle considération, vous ne m’offensiez jamais, puisque je suis votre Dieu, mais que vous m’aimiez de bon cœur, et que de la sorte, vous puissiez éviter les lacets de Satan, desquels vous êtes horriblement liés et attachés.

«Mais hélas ! Toutes ces choses sont effacés de votre esprit, c’est pourquoi vous faites comme les femmes de mauvaise vie qui aiment la volupté et la délectation sensuelle, et non pas les enfants : en effet, quand elles ressentent l’enfant en vie dans leur ventre, elles en procurent soudain l’avortement par des herbes et par autres choses, afin qu’elles ne soient privées des voluptés infâmes et d’une délectation continuelle et mortifère, et que de la sorte elles croupissent incessamment dans le bourbier. Vous en faites certainement de même, car moi, votre Créateur et votre Rédempteur, je visite tout le monde de ma grâce, poussant vos cœurs, car j’aime tous les hommes.

«Mais quand vous ressentez dans vos cœurs quelque mouvement d’amour et de contrition, ou quand, entendant ma parole, vous concevez quelque bonne volonté, vous en procurez soudain l’avortement, savoir, en excusant ou diminuant vos fautes et prenant plaisir en icelles, et même en voulant pour votre damnation persévérer en icelles. C’est pourquoi vous faites la volonté du diable, le mettant dans vos cœurs, et me chassant de la sorte avec mépris; c’est pourquoi vous êtes sans moi, et moi je ne suis pas avec vous, et vous n’êtes point en moi, mais dans le diable, d’autant que vous obéissez à ses suggestions et à ses volontés.

«Partant, comme j’ai dit, je donnerai et prononcerai mon jugement, et non ma miséricorde ; ma miséricorde est qu’il n’y a pas pécheur si grand à qui ma miséricorde soit refusée, s’il la demande avec un cœur humble et parfait. Partant, mes amis doivent faire trois choses, s’ils se veulent réconcilier avec ma grâce :
1° qu’ils fassent pénitence et qu’ils s’excitent de tout leur cœur, d’autant qu’ils ont offensé leur Créateur et leur Rédempteur ;
2° une pure confession, et que de la sorte, ils amendent tous leurs péchés, faisant pénitence et restitution selon le conseil d’un sage confesseur, car lors je m’approcherai d’eux et le diable s’enfuira ;
3° que quand ils auront fait cela avec amour et ferveur, ils communient avec volonté de ne plus retomber en leurs péchés, faisant résolution de persévérer à bien faire.

«Quiconque donc s’amendera de la sorte, je lui irai soudain au-devant comme un père pieux va au-devant de son fils qui est errant, et je lui donnerai mes grâces plus franchement qu’il ne pouvait espérer ni penser, et lors je serai en lui et lui sera en moi, et il vivra avec moi, et je le réjouirai éternellement.

«Mais quant à celui qui persévérera en ses péchés et en sa malice, sans doute ma justice fondra sur lui ; car comme fait le pêcheur qui, voyant les poissons se jouer dans l’eau en leur plaisir et contentement, jette son hameçon en l’eau, et sentant que les poissons y sont pris, les tire un à un et les tue jusques à ce qu’il les ait tous pris, j’en ferai de même à mes ennemis qui persévèrent en leurs péchés : je les consumerai peu à peu en cette vie mourante en laquelle ils se plaisent charnellement et temporellement, et à l’heure qu’ils n’y penseront pas et qu’ils seront plongés en leurs grandes délectations, lors je les ravirai de la vie mourante et les priverai de la vie éternelle, et les abandonnerai dans les peines, d’autant qu’ils ont mieux aimé faire et accomplir leurs volontés désordonnées et corrompues que de suivre mes commandements».

La curiosité est la porte qui ouvre à l’occasion de péché

Saint Bernard, Degrés de l’humilité et de l’orgueil, Ch. X, n° 28-38 : «Le premier degré de l’orgueil est la curiosité. Vous la reconnaîtrez à ces signes. Si vous voyez un moine dont jusqu’alors vous étiez parfaitement sûr, commencer, partout où il se trouve, debout, en marche ou assis, à tourner les yeux de côté et d’autre, à lever la tête et à avoir l’oreille aux aguets, tenez pour certain que ces changements extérieurs sont le signe d’un changement intérieur ; car « l’homme qui se pervertit, fait des signes des yeux, frappe du pied et parle avec les doigts (Prov. VI, 12) » ; cette agitation inaccoutumée du corps est l’indice d’une maladie de l’âme qui débute et qui la rend moins circonspecte, insouciante de ce qui la concerne et curieuse, au contraire, de ce qui a rapport aux autres. Comme elle ne se tonnait plus elle-même, elle est poussée dehors pour paître les chevreaux, c’est-à-dire les yeux et les oreilles, car chevreaux est synonyme de péchés. Or, de même que la mort est entrée dans le monde par le péché, ainsi entre-t-elle dans l’âme par ces deux ouvertures. C’est donc à les faire paître que l’homme curieux s’occupe, pendant qu’il néglige de rechercher ce qu’il est dans son cœur, où il s’est laissé lui-même. Car je serais bien surpris, ô homme, que tu trouvasses le moyen de t’occuper d’autre chose, si tu veillais soigneusement ;sur toi. Écoute donc, ô curieux, ce que dit Salomon ; insensé, prête l’oreille aux paroles du Sage : « Appliquez-vous, dit-il, avec tout le soin -possible, à la garde de votre cœur (Prov. IV, 23) ». C’est-à-dire, que tous vos sens veillent sur celui d’où coule la vie et le gardent. Où vas-tu donc, ô curieux, quand tu sors de toi et, pendant ce temps-là, à quel gardien te confies-tu ? D’ailleurs comment oses-tu bien lever les yeux au ciel contre lequel tu as péché ? Regarde la terre pour apprendre à te connaître ; elle te remettra en face de toi, car tu n’es que de la terre et tu retourneras à la terre.

«Cependant il y a deux circonstances dans lesquelles on peut lever les yeux sans pécher ; c’est lorsqu’on le fait pour appeler du secours ou pour en accorder. Ainsi, c’est pour en demander que David lève les yeux vers les montagnes (Psalm. CXX, 1), et c’est pour en envoyer que Dieu les lève sur son peuple (Joan. VI, 5). Le premier agit ainsi s dans la détresse et le second, dans la miséricorde ; il est évident qu’ils le font l’un et l’autre sans pécher. Ainsi en sera-t-il de celui qui, considérant les circonstances de lieu, de temps et de cause où il se trouve, lèvera les yeux dans la pensée de sa propre faiblesse ou de celle du prochain ; non-seulement je ne le blâmerai point, mais encore je trouverai des louanges à lui décerner; car dans le premier cas sa détresse est son excuse, et dans le second c’est la pitié qui le justifie. Mais si on agit dans un autre sentiment, pour moi ce n’est ni le Prophète ni le Seigneur, mais Dina, Ève ou même Satan qu’on imite. En effet, c’était pour faire paître les chevreaux que Dina était sortie, quand elle perdit en même temps son innocence et devint fatale à son père (Gen. XXXIV, 1). O Dina, quel besoin y avait-il pour toi d’aller voir les femmes étrangères ? Où en était la nécessité ? où même en était l’utilité ? N’est-ce point la seule curiosité qui te guidait ? Je veux bien que tu les regardes innocemment ; mais toi, es-tu regardée de même ? Tu regardes par simple curiosité; mais toi, on te considère avec un excès de curiosité. Qui aurait dit alors que ta curieuse oisiveté ou ton oisive curiosité allait être sitôt, non plus innocente, mais fatale, aussi bien pour toi et pour les tiens que pour un peuple étranger ?

«Et toi, ô Ève, tu as été placée dans le paradis terrestre pour y travailler et pour le garder avec ton mari ; si tu accomplis ta mission, tu passeras un jour dans un endroit où tu n’auras plus rien à faire, plus rien à garder avec sollicitude. Tu peux manger du fruit de tous les arbres du paradis terrestre, à l’exception de celui de l’arbre qui est appelé «l’arbre de la science du bien et du mal (Gen. II, 17) ». Si les autres fruits sont tous bons et ont le goût du bien, pourquoi irais-tu manger d’un fruit qui a aussi celui du mal ? « Il ne faut pas être plus sage que de raison (Rom. XII, 3) » ;  or goûter le mal, ce n’est point être sage, mais insensé. Conserve donc le dépôt et attends la promesse ; prends garde de toucher au fruit défendu si tu ne veux perdre celui auquel il t’est permis de toucher. Pourquoi jettes-tu un regard si attentif sur ce qui sera ta mort ? Pourquoi tes yeux se portent-ils sans cesse de ce côté, et pourquoi te complais-tu à considérer ce qu’il t’est défendu de manger ? Je n’y porte que les yeux, non les mains, me réponds-tu, il ne m’est point interdit de le regarder, s’il m’est défendu d’en manger. Ne puis-je jeter les yeux où il me plaît ? Dieu ne m’a-t-il pas laissé la libre disposition de mes regards ? Je te répondrai par ce mot de l’Apôtre : « Tout ce qui m’est permis ne m’est pas bon à faire (I Corinth. VI, 12) » : si ce te n’est point une faute c’en est du moins l’indice, et ta curiosité n’aurait pas le temps de se satisfaire, si ton âme était plus curieuse de se garder elle-même. Ce n’est pas encore une faute, mais c’est une occasion de faute, c’est le signe qu’elle est commise ; elle est aussi la cause qui la fait commettre, car tandis que tu es tout entière appliquée à autre chose, le serpent se glisse secrètement dans ton cœur et te fait entendre de séduisantes paroles, qui imposent silence à ta raison, en même temps qu’elles dissipent tes craintes. « Non, dit-il, non, vous ne mourrez point (Gen. III, 4) ». Puis il l’occupe en éveillant sa gourmandise, et il excite sa curiosité en faisant naître le désir dans son âme. Enfin il lui présente ce qui est défendu et lui ravit ce qui lui est accordé, il lui offre un fruit et lui enlève le paradis. Tu bois le poison qui va te donner la mort, à toi qui es la mère d’enfants destinés à la mort ; tu perds le salut, mais tu ne perds point en même temps ta fécondité. Nous naissons et nous mourons, mais nous ne naissons que pour mourir, parce que nous sommes morts avant même de mitre. Voilà d’an vient, ô Ève, le joug accablant qui pèse depuis lors jusqu’à ce jour, sur tous tes enfants.

«Mais toi qui étais le sceau et l’image du Très-Haut, non pas dans la paradis terrestre, mais dans les délices du paradis même de Dieu (Ezech. XXVIII, 12), que peux-tu désirer de plus ? Au comble de la sagesse, de la perfection et de la beauté, ne cherche rien au-dessus de toi et ne scrute point ce qui dépasse tes forces. Reste en toi, prends garde de déchoir de ce que tu es, si tu te laisses aller à des pensées de grandeur et d’élévation qui te dépassent. Mais d’où vient, pendant que je te parle, que tu t’élances par un détour vers l’Aquilon ? Déjà je te vois jeter un regard de curiosité sur je ne sais quoi plus haut que toi : «J’irai, dis-je, placer mon trône à l’Aquilon (Isa. XIV, 13) ». Pendant que les autres habitants du ciel se tiennent debout, tu affectes d’être seul assis et tu troubles ainsi, non-seulement la concorde de tes frères et la paix générale de la céleste paix, mais encore, autant qu’il est en toi, le repos même de la Trinité. Ah ! malheureux, où ta curiosité te conduit-elle, puisque, dans ta présomption sans imitateur, tu ne crains point de scandaliser tes frères et d’insulter ton Roi ; des millions d’anges sont à son service et des centaines de millions se tiennent debout en sa présence ; car nul n’est assis que Celui qui a son trône sur les chérubins et qui a le reste des anges pour serviteurs, et toi en regardant je ne sais quoi autrement que les autres, en l’examinant avec plus de curiosité et en t’y portant avec plus d’irrévérence, tu vas placer ton trône dans le ciel pour égaler le Très-Haut ? Dans quel but et dans quelle espérance ? Insensé, mesure donc tes forces, pèse les conséquences, songe à te modérer. Présumes-tu que le Tout-Puissant le sache ou l’ignore, le veuille ou ne le veuille pas ? Comment celui dont la volonté est souverainement bonne et la science parfaite, pourra-il vouloir en ignorer le mal que tu médites ? Aurais-tu la pensée que s’il le sait et ne le veut point, il ne saurait du moins s’y opposer ? A moins que tu ne croies que tu n’as pas été créé, jamais je ne pourrai croire que tu révoques en doute la toute-puissance, la science infinie et la bonté de ton créateur, de celui qui a pu te tirer du néant, qui a su et voulu te faire tel que tu es. Comment peux-tu donc croire que Dieu consentira à une chose qu’il ne veut pas qu’on fasse et qu’il peut empêcher ? Est-ce que par hasard je ne verrais pas déjà s’accomplir, ou plutôt, commencer en toi ce que, après toi et par toi ceux qui te ressemblent ont fait dire sur la terre : Tout maître nourrit des insensés ? Ton œil est-il mauvais, parce que lui est bon ? Sa bonté t’inspire une confiance criminelle et te donne l’impudence de dédaigner sa science et l’audace de braver sa puissance. …

«À mon avis, si les Séraphins volent sur deux de leurs ailes, c’est-à-dire, avec les ailes de la contemplation, du trône de Dieu à l’escabeau de ses pieds, et de l’escabeau de ses pieds à son trône ; si, en même temps, de deux autres ailes ils voilent la tête et les pieds du Seigneur, ce n’est que pour écarter les regards de ta curiosité, de même que le Chérubin placé à l’entrée du paradis terrestre en éloigne l’homme devenu pécheur. De cette manière tu ne saurais désormais scruter, dans ton audace ou dans ta prudence, les secrets des cieux non plus que pénétrer sur la terre les mystères de l’Église, obligé de te contenter du cœur des orgueilleux qui ne peuvent demeurer sur la terre comme le reste des hommes et sont incapables de s’élever dans les cieux avec les anges. Mais si la tête du Seigneur dans les cieux et ses pieds sur la terre sont dérobés à tes regards, il te reste pourtant comme un certain entre-deux à voir ou plutôt à envier ; car, dans les airs où tu flottes, tu peux voir passer près de toi les anges qui descendent ou qui montent, mais tu ne sais ni ce qu’ils entendent là-haut ni ce qu’ils rapportent ici-bas. …

«Ainsi arriva-t-il à Joseph de prévoir son exaltation, sans toutefois prévoir qu’il commencerait par être vendu, quoique sa vente dût précéder son exaltation. Ce n’est pas que je croie que ce patriarche se soit laissé aller à l’orgueil, mais je pense que cela est arrivé ainsi, pour nous empêcher de croire que les prophètes n’ont rien prévu, parce que sous l’inspiration de l’esprit de prophétie ils n’ont pas tout prévu. Si on veut voir un sentiment de vanité dans le seul fait de cet enfant, qui racontait les songes qu’il avait eus et dont il ignorait encore le sens, je pense, moi, qu’il ne faut attribuer son récit qu’à la simplicité de son âge ou y voir quelque mystère caché, plutôt qu’un mouvement de vanité qu’il a pu d’ailleurs suffisamment expier plus tard, par tout ce qu’il a souffert. Il arrive en effet quelquefois que les prophètes connaissent par révélation des choses agréables, que la faiblesse humaine ne peut sans doute apprendre sans un mouvement de vanité, et qui n’en arriveront pas moins comme il leur a été révélé, mais non point de manière à ce que la vanité, quelle qu’elle, soit, qu’ils ont ressentie intérieurement de la grandeur de la promesse ou de la révélation qui leur était faite demeure impunie. De même qu’on voit un médecin recourir non seulement aux emplâtres, mais encore au fer et au feu pour brûler et couper toutes les excroissances qui se sont produites dans la plaie qu’ils veulent cicatriser, afin qu’elles n’empêchent point l’effet salutaire de l’emplâtre qui doit la guérir, ainsi voyons-nous Dieu, le médecin des âmes, envoyer des épreuves et des tentations aux prophètes, afin que dans leurs afflictions et dans leurs humiliations leur joie se change en tristesse et qu’ils regardent leur révélations comme des illusions de leur esprit. De la sorte, ils sont délivrés de toute vanité sans que la révélation de la vérité en souffre. Voilà pourquoi saint Paul ressentait l’aiguillon de la chair qui l’empêchait de s’enorgueillir des nombreuses révélations dont il était honoré (II Corinth. XIII, 7), et comment il se fit que l’incrédulité de Zacharie fut punie par la perte de l’usage de la langue, sans que pour cela il y eût rien de changé dans la manifestation de la vérité qui devait se faire en son temps (Luc. I, 20). Mais, dans la gloire comme dans l’ignominie, les saints ne laissent point de profiter par les tentations mêmes de la vanité qui les éprouvent comme les autres hommes jusque dans les dons singuliers dont ils sont l’objet, et qui ne leur laissent point oublier ce qu’ils sont, malgré les choses surnaturelles qu’il leur est donné de voir.

«Mais quel rapport y a-t-il entre la curiosité et les révélations dont je me suis trouvé amené à parler ? Je me proposais, par cette digression, de montrer que le mauvais ange a pu prévoir, avant sa chute, la domination qu’il devait exercer un jour sur les hommes réprouvés, sans toutefois prévoir sa propre damnation. Mais terminons en peu de mots une digression qui a plutôt soulevé que résolu toutes ces questions secondaires touchant le mauvais ange : c’est donc par la curiosité qu’il est déchu de la vérité, parce qu’il a fini par désirer commettre la faute et par être assez présomptueux pour espérer ce qu’il n’avait d’abord commencé à regarder qu’avec curiosité. C’est donc avec raison que de tous les degrés de l’orgueil qui est lui-même le commencement de tout péché, nous attribuons le premier à la curiosité ; mais si elle n’est promptement réprimée, elle conduit promptement à la légèreté de l’esprit qui en est le second degré».

 

L’occasion de péché est causée par le scandale

Le péché de scandale est d’être la cause du péché d’autrui.

Luc 17, 1 : «Il est impossible qu’il n’arrive des scandales [occasions de péché] ; mais malheur à celui par qui ils arrivent».

En ce qui concerne le grand mal d’être aux autres une cause de «scandale», saint Alphonse de Liguori prêchait les paroles terrifiantes suivantes dans un sermon à sa congrégation :

Saint Alphonse de Liguori, sur le péché de scandale :  » Les loups les capturent et les dispersent « . (Jean 10, 12) Les loups qui capturent et dispersent le troupeau de Jésus-Christ sont les auteurs de scandale, qui, non contents de leur propre destruction, travaillent à détruire les autres. Mais le Seigneur dit : «Malheur à l’homme par qui le scandale arrive». (Matthieu 18, 7) Malheur à celui qui donne scandale, et provoque d’autres à perdre la grâce de Dieu. Origène dit qu’ «une personne qui pousse un autre au péché, pèche plus gravement que l’autre». Frères, s’il y en avait parmi vous qui ait donné scandale, je tâcherai cette journée de le convaincre du mal qu’il a fait, pour qu’il puisse le pleurer et s’en garde à l’avenir. Je vais vous montrer, dans le premier point , le grand dam que le péché de scandale donne à Dieu ; et, dans le second, le grand châtiment que Dieu menace d’infliger aux auteurs de scandale.

Premier Point. Sur grand le dam que le péché de scandale donne à Dieu.

«1. Il est, en premier lieu, nécessaire d’expliquer ce qu’on entend par scandale. Voici comment saint Thomas le définit : « Le scandale est un mot ou un acte qui donne lieu à la ruine de son prochain. » (S. Theol. 2-2, q. 45, art. 1) Le scandale, alors, est un mot ou acte par lequel vous êtes pour votre prochain la cause ou l’occasion de perdre son âme [comme en publiant ou en reliant les âme de manière meurtrière qui va induire les autres à pécher]. Il peut être direct ou indirect. Il est direct lorsque vous tentez ou induisez autrui à commettre un péché directement. Il est indirect lorsque, bien que vous prévoyez que des mots ou des mauvaises actions seront la cause du péché d’un autre, vous ne vous en abstenez pas. Mais le scandale, qu’il soit direct ou indirect, s’il est dans une question de grande importance, est toujours un péché mortel.

«2. Voyons maintenant quel grand dam la destruction de l’âme du prochain donne à Dieu. Pour le comprendre, nous devons considérer la façon dont chaque âme est chère à Dieu. Il a créé les âmes de tous les hommes à son image. « Faisons l’homme à notre image et ressemblance. » (Gen. 1, 26) Les autres créatures, Dieu les a faites par un fiat – par un acte de sa volonté ; mais l’âme de l’homme il l’a créée par son propre souffle. « Et le Seigneur souffla dans ses narines un souffle de vie. » (Genèse 2, 7) L’âme de votre prochain, Dieu l’a aimée pour l’éternité. « Je vous ai aimés d’un amour éternel. » (Jérémie 31, 3) Il a, par ailleurs, créé chaque âme pour être couronnée dans le paradis, et participer à sa sa gloire. « afin de vous rendre ainsi participants de la gloire divine, » (2 Pierre 1, 4) Dans le ciel, il rendra les âmes des saints participantes de sa propre joie. « Entre dans la joie de ton Seigneur. » (Matthieu 25, 21) Pour eux, il est lui-même leur récompense. « Je suis votre récompense extrêmement grande. » (Genèse 15, 1)

«3. Mais rien ne peut montrer la valeur que Dieu met sur les âmes des hommes plus clairement que ce que le Verbe incarné a fait pour leur rédemption du péché et de l’enfer. « Si, » dit saint Eucharius, « vous ne croyez pas votre Créateur, demandez à votre Rédempteur, combien vous êtes précieux. » Parlant des soins que nous devons avoir de nos frères, saint Ambroise dit : « La grande valeur du salut d’un frère est connu par la mort du Christ. » Nous jugeons de la valeur de tout par le prix payé pour cela par un acheteur intelligent. Maintenant, Jésus-Christ a, selon l’Apôtre, acheté les âmes des hommes avec son propre sang. « Vous avez été rachetés à un grand prix. » (1 Cor. 6, 20) Nous pouvons donc dire que l’âme a autant de valeur que le sang d’un Dieu. Tel est, en effet, le langage de Saint-Hilaire. « Tam copioso munere redemptio agitur, ut homo Deum valere videatur ». Par conséquent, le Sauveur nous dit que tout le bien ou le mal que nous faisons à l’un de ses frères, nous le faisons à lui-même. « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits de mes frères, c’est à moi que vous me l’avez fait. » (Mt 25, 40)

«4. De tout cela, nous pouvons en déduire quel est le déplaisir donné à Dieu de scandaliser un frère, et de détruire son âme. Il suffit de dire que ceux qui donnent scandale dérobent à Dieu un enfant, et assassinent une âme, pour le salut duquel il a donné son sang et sa vie. Ainsi, saint Léon appelle les auteurs de scandales meurtriers. « Quisquis scandalizat, mortem infert animae proximi ». Ils sont les plus impies des assassins parce qu’ils ne tuent pas le corps, mais l’âme d’un frère, et volent Jésus-Christ de toutes ses larmes, de ses chagrins, et de tout ce qu’il a fait et souffert pour gagner cette âme. D’où l’Apôtre dit : « Maintenant, quand vous péchez ainsi contre les frères, et en blessant leur conscience faible, vous péchez contre le Christ. » (1 Cor 8, 12). Ceux qui scandalisent un frère, pèchent contre le Christ parce que, comme dit saint Ambroise, ils Le privent d’une âme pour laquelle il a passé tant d’années, et s’est soumis à tant de fatigues et de travaux. On raconte que saint Albert le Grand a passé trente ans à la fabrication d’une tête qui ressemblait à une tête humaine qui parlait ; et que saint Thomas, craignant que cela ait été fait par l’agence du diable, avait pris la tête et la cassa. Saint Albert se plaignit de l’acte de Saint Thomas, en disant : « Vous avez brisé le travail de trente ans ». Je ne dis pas que cela est vrai, mais il est certain que, lorsque Jésus-Christ voit une âme détruite par le scandale, il peut reprendre l’auteur de celui-ci, et lui dire : mauvais misérable, qu’avez-vous fait ? Vous m’avez privé de cette âme pour laquelle j’ai travaillé 33 années.

«5. Nous lisons dans les Écritures que les fils de Jacob, après avoir vendu leur frère Joseph à certains marchands, ont dit à son père que les bêtes sauvages l’avaient dévoré. « Fera pessima devoravit eum » (Genèse 37, 20). Pour convaincre leur père de la vérité de ce qu’ils avaient dit, ils plongèrent la tunique de Joseph dans le sang d’une chèvre, et lui ont présentée, en disant : « reconnais si c’est la robe de ton fils, ou non » ( v 32). En réponse, le père affligé dit avec larmes : « C’est la tunique de mon fils : une bête sauvage féroce l’a dévoré » (v. 33). Ainsi, nous pouvons imaginer que, quand une âme est amenée dans le péché par le scandale, les démons présentent à Dieu le vêtement de cette âme trempée dans le sang de l’Agneau immaculé, Jésus-Christ – qui est la grâce perdue par cette âme scandalisée que Jésus-Christ avait acheté de son sang et qu’ils disent au Seigneur : « reconnais si c’est la robe de ton fils, ou non ». Si Dieu était capable de verser des larmes, il pleurerait plus amèrement que Jacob ne l’a fait, à la vue de cette âme perdue – son enfant assassiné – et dirait : « C’est la tunique de mon fils : une bête sauvage féroce l’a dévoré ». Le Seigneur irait à la recherche de cette bête sauvage, en disant : « Où est la bête qui a dévoré mon enfant ? » Quand il trouve la bête, que doit-il faire avec elle ?

«6. « Je fondrai sur eux », dit le Seigneur par son prophète Osée, « comme l’ourse privée de ses petits ». (Osée 13, 8) Lorsque l’ourse vient à son repaire, et ne trouve pas ses petits, elle va dans le bois à la recherche de la personne qui les a emmenés. Quand elle découvre la personne, oh ! avec quelle furie se précipite t-elle sur elle ! C’est donc que le Seigneur fondra sur les auteurs de scandale, qui lui ont volé ses enfants. Ceux qui ont donné scandale diront : Mon prochain est déjà condamné ; Comment puis-je réparer le mal qui a été fait ? Le Seigneur répondra : Depuis que vous avez été la cause de sa perte, vous devez me payer pour la perte de son âme.  » Je redemanderai son sang de ta main » (Ézéchiel 3, 20). Il est écrit dans le Deutéronome : « Ton œil sera sans pitié : vie pour vie » (19, 21). Vous avez détruit une âme; vous devez en subir la perte. Passons au deuxième point.

Second Point. L’énorme châtiment dont Dieu menace ceux qui donnent scandale.

«7. « Malheur à l’homme par qui le scandale arrive » (Matthieu 18, 7). Si le mécontentement donné à Dieu par le scandale est grand, le châtiment qui attend les auteurs de celui-ci doit être affreux. Voici comment Jésus-Christ parle de ce châtiment : « Mais celui qui scandalise un de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu’une meule soit pendue à son cou, et qu’il soit noyé au fond de la mer » (Matthieu 18, 6). Si un malfaiteur meurt sur l’échafaud, il excite la compassion des spectateurs, qui au moins prient pour lui, s’ils ne peuvent pas le délivrer de la mort. Mais, s’il était jeté dans les profondeurs de la mer, il n’y aurait pas un de présent pour avoir pitié de son sort. Un certain auteur dit que Jésus-Christ menace la personne qui scandalise un frère avec cette sorte de punition, pour signifier qu’il est si odieux aux anges et aux saints, qu’ils ne veulent pas recommander à Dieu l’homme qui a apporté la perdition à une âme. « Il est déclaré indigne non seulement d’être assisté, mais même d’être vu » (Mansi. ch. 3, n° 4)

«8. Saint Jean Chrysostome dit que le scandale est si abominable aux yeux de Dieu, que s’il permet des péchés très graves, il ne peut pas permettre au péché de scandale d’arriver sans châtiment adéquat. « Tam Deo horribile est scandalum, ut peccata graviora dissimulet non autem peccata ubi frater scandalizatur ». Dieu lui-même dit de même par le prophète Ezéchiel : « Car quiconque de la maison d’Israël … séjournant en Israël …  met devant sa face le scandale qui le fait pécher, …  je le détruirai pour faire de lui un signe et un proverbe ; je le retrancherai du milieu de mon peuple ». (Ézéchiel 14, 7, 8) Et, en réalité, le scandale est l’un des péchés que nous trouvons dans les Écritures sacrées puni par Dieu avec la plus grande rigueur. D’Eli, parce qu’il n’a pas corrigé ses fils qui ont donné scandale en volant la chair offerte en sacrifice (comme pour les parents qui donnent scandale, non seulement en donnant le mauvais exemple, mais aussi en ne corrigeant pas leurs enfants comme ils le devraient), le Seigneur a dit : « Voici que je vais faire dans Israël une chose que personne n’entendra sans que les deux oreilles lui tintent » (1 Sam 3, 11). Et en parlant du scandale donné par les fils d’Eli, l’écrivain inspiré dit : «C’est pourquoi le péché de ces jeunes hommes fut très grand devant le Seigneur » (Ibid. 2, 17). Quelle était ce grand péché ? C’était, dit saint Grégoire, en expliquant ce passage, le dessein de faire pécher les autres. « Quia ad pecandum alios pertrahebant ». Pourquoi Jéroboam a été châtié ? Parce qu’il a scandalisé les gens : il « a péché, et fait pécher Israël » (1 Rois 14, 16). Dans la famille d’Achab, de tous les membres qui étaient les ennemis de Dieu, Jézabel a été le plus sévèrement châtiée. Elle a été jetée d’une fenêtre, et dévorée par des chiens, afin que rien ne restât plus que son « crâne et ses pieds, et les extrémités de ses mains ». Et pourquoi a t-elle été si sévèrement punie ? Parce qu’ « elle a mis Achab dans tous les maux. »

«9. L’enfer a été créé pour le péché de scandale. « Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre » (Genèse 1. 1). Mais, quand a t-il créé l’enfer ? C’est quand Lucifer a commencé à séduire les anges dans la rébellion contre Dieu. De peur qu’il doive continuer à pervertir ceux qui sont restés fidèles à Dieu, il a été banni du ciel immédiatement après son péché. Ainsi Jésus-Christ a dit aux Pharisiens, que, par leur mauvais exemple ils scandalisaient les gens, et qu’ils étaient les enfants du diable, qui était depuis le début un meurtrier des âmes. « Vous êtes de votre père, le diable : il a été meurtrier dès le début » (Jean 8, 44). Et quand Saint-Pierre a donné scandale à Jésus-Christ, en lui suggérant de ne pas laisser sa vie être enlevée par les Juifs, et en s’efforçant d’éviter ainsi l’accomplissement de la rédemption, le Rédempteur l’a appelé un diable. « Passe derrière moi, Satan, tu es un scandale pour moi » (Matthieu 16, 23). Et, en réalité, les auteurs de scandale ne font-ils fonction à d’autres, comme celle d’un ministre du diable ? S’il n’étaient pas assistés par de tels ministres impies, il ne réussiraient certainement pas à gagner beaucoup d’âmes. Un compagnon scandaleux fait plus de mal qu’une centaine de démons.

«10. Sur les paroles d’Ézéchias, « voici que mon amertume amère se change en paix ! » (Ésaïe 38, 17), Saint-Bernard, au nom de l’Église, dit : « La paix des païens, la paix des hérétiques, mais pas la paix des enfants ». Actuellement l’Église n’est pas persécutée par les idolâtres, ou par les hérétiques, mais elle est persécutée par les chrétiens scandaleux, qui sont ses propres enfants. Pour la capture des oiseaux, nous employons des leurres, certains oiseaux sont aveuglés et liées de telle manière qu’ils ne peuvent pas s’envoler. Ce sont donc les actes du diable. « Quand », dit saint Ephrem, « une âme a été prise, elle devient un piège pour tromper les autres ». Après avoir fait qu’un jeune homme tombe dans le péché, l’ennemi l’aveugle d’abord comme son esclave, puis le rend son leurre pour tromper les autres et les attirer dans le filet du péché,non seulement il le pousse, mais même l’oblige à tromper les autres. « L’ennemi », dit saint Léon, « en a beaucoup qu’il oblige à tromper les autres ». (Sermon de la Nativité)

«11. Misérables ! Les auteurs du scandale doivent souffrir en enfer la punition de tous les péchés qu’ils ont inciter d’autres à commettre. Césaire rapporte (liv. 2, ch. 6) qu’après la mort d’une certaine personne qui avait donné scandale, un saint homme témoin de son jugement et de sa condamnation, a vu qu’à son arrivée à la porte de l’enfer, les âmes qu’elle avait scandalisé vinrent à sa rencontre, et lui dirent : Venez, malheureux maudit, expier tous les péchés dans lesquels vous nous avez fait nous engager [par vos faits et gestes, par des messages impudiques de forum, des images et des liens qui contiennent ces images etc]. Ils se précipitèrent alors en lui, et comme des bêtes sauvages, ont commencé à le déchirer. Saint Bernard dit, en parlant d’autres pécheurs, que les Écritures donnent espoir de modification et de pardon ;mais qu’elles parlent de ceux qui donnent scandale comme des personnes séparées de Dieu et de leur salut, pour qui il y a très peu d’espoir. « Loquitur tanquam a Deo separati, unde hisce nulla spes vitae esse poterit ».

«12. Voici, alors, l’état misérable de ceux qui donnent scandale par leur mauvais exemple, qui prononcent des mots impudiques devant leurs compagnons [ou des images ou des vidéos impudiques, ou en font la promotion, ou des liens vers elles], en présence de jeunes femmes, et même d’enfants innocents, qui, à la suite de l’audition de ces mots [ou du regard de ces images dans un article de nouvelles ou un clip vidéo], commettent mille péchés. Considérez la façon dont les anges-gardiens de ces petits pleurent de les voir dans l’état de péché, et comment ils appellent à la vengeance de Dieu contre les réseaux sacrilèges [et] des actions qui les ont scandalisés. Un grand châtiment attend tous ceux qui ridiculisent ceux qui pratiquent la vertu. Car beaucoup, par crainte du mépris et du ridicule des autres, abandonnent la vertu, et se livrent à une mauvaise vie. Quel sera le châtiment de ceux qui envoient des messages pour inciter les autres à pécher ? Ou de ceux qui se vantent de leurs mauvaises actions ? Mon Dieu ! au lieu de pleurer et se repentir d’avoir offensé le Seigneur, ils se réjouissent et se glorifient dans leurs iniquités ! Certains conseillent à d’autres personnes de commettre le péché ; d’autres les incitent vers lui ; et certains, pire que les démons, enseignent aux autres comment pécher. Que dirons-nous des pères et des mères, qui, s’il est en leur pouvoir d’empêcher les péchés de leurs enfants, leur permettent de s’associer avec de mauvais compagnons, ou de fréquenter certaines maisons dangereuses [ou sites Internet, ou leur permettent de regarder la télévision ou d’écouter de la musique profane de péché], et permettent à leurs filles d’avoir des conversations avec de jeunes hommes ? Oh ! avec ces fléaux nous devons voir ces personnes châtiées le jour du jugement !

«13. Peut-être certains père de famille parmi vous diront : Ainsi, je suis perdu parce que j’ai donné scandale ? N’y a t-il aucun espoir de salut pour moi ? Non, je ne dirais pas que vous êtes sans espoir – la miséricorde de Dieu est grande. Il a promis le pardon à tous ceux qui se repentent. Mais, si vous voulez sauver votre âme, vous devez réparer le scandale que vous avez donné. « Laissez », dit Eusèbe Emmissenus, « celui qui a lui-même détruit par la destruction d’un grand nombre, se racheter par l’édification d’un grand nombre » (Hom. 10 ad lun.). Vous avez perdu votre âme, et vous avez détruit les âmes de beaucoup par vos scandales. Vous êtes maintenant tenu de réparer le mal. Comme vous avez jusqu’à présent attiré les autres à pécher, vous êtes tenu de les porter à la vertu par des mots d’édification, par exemple, en évitant les occasions de péché, par la fréquentation des sacrements, en allant souvent à l’église pour prier, et en participant à des sermons.Et à partir de ce jour, d’éviter, comme vous le feriez mort, tout acte et parole qui pourrait scandaliser les autres. « Que leur propre ruine », dit saint Cyprien, « suffira pour ceux qui sont tombés » (Liv. 1, L. 3). Et Saint Thomas de Villanova dit : « Que vos propres péchés sont suffisants pour vous ». Quel mal Jésus-Christ fait vous a fait pour que ce ne soit pas assez pour vous de l’avoir offensé, mais de souhaiter faire que d’autres l’offensent ? C’est un excès de cruauté.

«14. Soyez prudent, alors, de ne plus jamais donner le moindre scandale. Et si vous voulez sauver votre âme, évitez autant que possible ceux qui donnent scandale. Ces diables incarnés seront damnés ; mais, si vous ne les évitez pas, vous allez vous mettre en perdition. « Malheur au monde à cause de scandales », dit le Seigneur (Mt 18, 7), c’est-à-dire, beaucoup sont perdus parce qu’ils ne s’éloignent pas des fauteurs de scandale. Mais vous pouvez dire : Cette personne est mon ami ; Je suis soumis à des obligations envers lui ; Je m’attends à beaucoup de faveurs de lui. Mais Jésus-Christ dit : « Si ton œil droit est pour toi une occasion de chute, arrache-le et jette-le loin de toi. C’est mieux pour toi d’avoir un œil, et d’entrer dans la vie, que d’avoir deux yeux et d’être jeté dans la géhenne de feu » (Matthieu 18, 9). Bien qu’une certaine personne soit votre œil droit, vous devez vous éloigner d’elle pour toujours ; il est préférable pour vous de perdre un œil et de sauver votre âme, que de le préserver et d’être jeté dans la géhenne ». (Saint Alphonse de Liguori, Sermons n. 2-4 des œuvres ascétiques, Volume XVI, Sermons pour tous dimanches de l’année, 1882, p. 152-173).

L’addiction est un esclavage acquis par le choix moral par rapport à l’occasion de pécher

On ne naît pas dépendant, on le devient : de ses propres affections, de certaine nourriture, du pouvoir, du succès, du luxe, du sexe, de l’argent, de la drogue, d’Internet etc. Mais l’addiction est un mythe omniprésent de la société moderne pour gommer la conscience morale (loi naturelle) et excuser le péché. L’homme est créé libre.

Le problème avec l’addiction c’est qu’elle n’existe pas réellement en tant que telle, car c’est une affaire de choix moral. Mais pour l’esprit du monde le choix moral est mal vu parce que le monde moderne n’interdit pas le péché ni le viol de la loi divine. L’esprit du monde fait croire qu’il appartient au gouvernement de faire quelque chose à ce sujet et que c’est un problème qui nécessite un financement, des moyens médicaux, des moyens psychologiques, et des moyens sociaux. Le monde considère que l’addiction est une maladie et qu’on y peut rien disant que c’est le cerveau qui en est responsable parce qu’il est bloqué dans son fonctionnement bio-chimique. Ceci est la conception matérialiste et erronée du monde.

En vérité une personne devient dépendante de choses mauvaises parce qu’elle choisit d’abuser de ce qu’elle ne devrait pas, ou qu’elle refuse de faire face à la réalité et aux responsabilités adultes, ou qu’elle choisit d’utiliser des choses illicites, ou de se livrer à la sexualité pervertie ou autrement que pour sa finalité, ou qu’un accro à Internet le devient en ayant préféré s’anesthésier la conscience. Ce sont tous des choix moraux. La personne choisit de violer la loi de Dieu ou de pécher plutôt que de résister à la tentation ou obéir à Dieu. L’esprit du monde nie la crainte de Dieu qui est le principe et le commencement de la sagesse.

Proverbes 1, 7 : «La crainte de Dieu est le principe de la sagesse».

Psaume 111, 10 : «La crainte de Dieu est le commencement de la sagesse».

Ceci n’est pas surprenant car le monde est damné puisque le Fils de Dieu fait homme, le Sauveur, ne prie pas pour le monde (Jean 17, 9 et 20) mais pour les siens qui croiront les apôtres et leurs disciples.

Jean 17, 9 : «je ne prie point pour le monde».

Quand on devient dépendant c’est parce qu’on fait des choix moraux mauvais, mais il est plus facile de (faire) croire que la dépendance est une maladie, que c’est inné, que certaines personnes sont nées avec une personnalité « addictive ». Prétendre que la dépendance est une maladie ou que certaines personnes sont « nées addictives » est un leurre. Cela encourage seulement les gens stupides à continuer de se détruire.

Romains 1, 28 : « Et comme ils ne se sont pas souciés de connaître Dieu, Dieu les a livrés à leur intelligence pervertie pour faire ce qui ne convient pas».

Bien sûr, la société peut rendre les choix plus faciles ou non, en encourageant les bons choix moraux ou les mauvais choix moraux selon ses lois conformes ou non à la morale de l’Église. Quand le christianisme était fort dans le monde occidental, il a encouragé les bons choix moraux. Lorsque les parents savaient encore élever les enfants selon la loi divine, ils leurs enseignaient que les choix moraux faisaient partie intégrante de la vie. Car les enfants n’ont pas une volonté construite, mais à construire selon l’utilisation de leur liberté vers le bien ou vers le mal. Cela relève aussi de la loi naturelle.

Si la société a des problèmes plus importants aujourd’hui avec les addictions et d’autres comportements autodestructeurs (et socialement destructeurs), cela n’est que le reflet du déclin de la société. Cependant les choix moraux demeurent des choix individuels. On peut choisir de ne pas devenir dépendant ou de se livrer à des comportements destructeurs.

La triple convoitise de la chair, des yeux et l’orgueil de la vie fait commettre quantité de fautes vénielles le plus souvent, et dans la mesure où nous leur accordons satisfaction, ils se fortifient et deviennent de plus en plus exigeants. Ils peuvent alors nous entraîner aux péchés graves et même se transformer en habitudes vicieuses tyrannisantes : c’est cela ce que le monde appelle l’addiction, qui n’est que le résultat de péchés répétés qui sont devenus des vices et qui ont lié la volonté. La justice divine a commencé à exercer son châtiment sur la volonté coupable de mauvais choix surtout pour n’avoir pas évité les occasions de péché. Dieu abandonne ceux qui l’abandonne. Dieu préserve ceux qui se préservent. Cependant, il n’est jamais trop tard, tant qu’on est sur terre, pour demander à Dieu son aide et sa grâce et il faut se repentir et modifier sa vie dans la vraie foi divine sinon cela ne fait que déplacer le problème car il n’y a pas de salut sans la vraie foi. On peut fuir facilement les occasions de péché avec l’aide de Dieu et par la prière. Le moyen le plus facile, et avec l’aide de Dieu, quand on est face à une involontaire ou non-coupable occasion de péché et couper court de suite à l’imagination, c’est de faire immédiatement autre chose.

Matthieu 5, 29-30 : «Que si ton œil droit te scandalise, arrache-le et jette-le loin de toi ; car il vaut mieux pour toi qu’un de tes membres périsse, que si tout ton corps était jeté dans la géhenne [l’enfer]. Et si ta main droite te scandalise, coupe-la et jette-la loin de toi ; car il vaut mieux pour toi qu’un de tes membres périsse, que si tout ton corps était jeté dans la géhenne [l’enfer]».

Jacques 1, 14-15 : «Chacun est tenté par sa concupiscence qui l’entraîne et le séduit. Puis la concupiscence lorsqu’elle a conçu enfante le péché».

1 Jean 2, 16 : «Tout ce qui est dans le monde est convoitise de la chair, convoitise des yeux, orgueil de la vie».

Saint Alphonse de Liguori, Docteur de l’Église et de la morale, La véritable épouse de Jésus-Christ, la mortification des yeux, p. 221 : «lorsque les hommes évitent les occasions de péché, Dieu les préserve ; mais quand ils s’exposent au danger, ils sont juste abandonnés par le Seigneur».

Le péché originel nous a fait perdre (entre autres) la maîtrise des passions 

P. Dayet, Exercices préparatoires à la consécration montfortaine : «La volonté d’Adam innocent, spécialement fortifié par la grâce, maintenait facilement l’ordre parmi les tendances des facultés inférieures. «Telle était la puissance de l’image de Dieu en l’âme, écrit Bossuet, qu’elle tenait tout dans le respect». Le corps était soumis à l’âme, comme l’âme était soumise à Dieu. La grâce disparaissant, la maîtrise des passions disparut avec elle. Nos facultés sensitives réclament, impérieusement parfois, leur satisfactions. Nos sens extérieurs, nos regards, par exemple, se portent avec avidité vers ce qui flatte la curiosité ; nos oreilles écoutent avec empressement les nouvelles qui se présentent ; notre toucher recherche les sensations agréables, et cela bien souvent au-delà des limites permises par la loi morale. Il en est de même de nos sens intérieurs : l’imagination nous représente toutes sortes de scènes plus ou moins sensuelles ; la sensibilité convoite des jouissances inférieures ; Tous ces sujets révoltés essaient d’entraîner le consentement de la volonté. C’est la tyrannie de la concupiscence, l’inclination violente vers le mal, l’attrait désordonné vers le plaisir défendu.

«Assurément, la volonté peut résister ; mais elle-même se ressent de la désobéissance de notre premier père. Elle a peine à se soumettre à Dieu et à ses représentants sur la terre. Elle a des prétentions à l’indépendance : volontiers elle croit pouvoir se suffire ; Aussi, que d’efforts lui faut-il pour vaincre les obstacles qui s’opposent à la réalisation du bien. Que de faiblesse, que d’inconstance dans ces efforts ! Que de fois elle se laisse entraîner par le sentiment et les passions !

«Saint Paul (Rom. VII, 19-25) a décrit, en termes frappants, cette déplorable faiblesse : « Je ne fais pas le bien que je veux, et je fais le mal que je ne veux pas… Car je vois dans mes membres une autre loi qui lutte contre la loi de la raison, et qui me rend captif de la loi du péché qui est dans mes membres. Malheureux homme que je suis. Qui me délivrera de ce corps de mort ? » (Voir Tanquerey, Précis de théologie ascétique et mystique, n° 74 et 75).

«C’est la lutte de la chair contre l’esprit. Tout fils d’Adam l’expérimente à vif dans son âme. La grâce baptismale, se développant dans une vie chrétienne vraiment vertueuse, corrige, atténue cette propension au péché ; elle ne la guérit jamais entièrement. La maîtrise d’eux-mêmes, presque sans défaillance, que nous admirons chez les saints, est le résultat de luttes héroïques et de patients efforts, soutenus par une grâce puissante».

Ne pas se garder des occasions de pécher rend esclave du péché

Saint Alphonse de Liguori, Pour éviter les occasions de péché : «Nous trouvons dans l’évangile de ce jour qu’après sa résurrection, Jésus Christ est entré, mais les portes étaient fermées, dans la maison dans laquelle les apôtres étaient assemblés, et se tint au milieu d’eux. Saint Thomas dit que le sens mystique de ce miracle est que le Seigneur n’entre pas dans nos âmes que si nous gardons la porte des sens fermés (Jean, 20, 4). Si, alors, nous souhaitons que Jésus-Christ habite en nous, nous devons garder les portes de nos sens fermées contre les occasions dangereuses, sinon le diable fera de nous ses esclaves. Je vais montrer aujourd’hui le grand danger de perdition pour ceux qui ne se permettant pas d’éviter les occasions de péché, s’exposent.

« 1. Nous lisons dans les Écritures que le Christ et Lazare sont ressuscités des morts. Le Christ est ressuscité pour ne plus mourir : « Le Christ ressuscité des morts ne meurt plus » (Rom. 6, 9.) ; Lazare se releva, et est mort à nouveau. L’abbé Guerric remarque que le Christ est ressuscité libre et non lié ; « Mais Lazare sortit les pieds et les mains liés » (Jean 11, 44). Misérable l’homme, ajoute cet auteur, qui se relève du péché lié à une quelconque occasion dangereuse : il va mourir à nouveau en perdant la grâce divine. Il s’ensuit que, qui veut sauver son âme, ne doit pas seulement abandonner le péché, mais aussi les occasions de péché : c’est-à-dire qu’il doit renoncer à telle intimité, telle maison ; il doit renoncer à ces compagnons méchants, et à toutes les occasions similaires qui l’incitent au péché.

« 2. En conséquence du péché originel, nous avons tous envie de faire ce qui est interdit. Ainsi saint Paul se plaint qu’il a connu en lui-même une loi opposée à la raison : « Mais je vois une autre loi dans mes membres, la lutte contre la loi de mon entendement, et qui me rend captif de la loi du péché » (Rom. 7, 23). Maintenant, quand une occasion dangereuse est présente, elle excite violemment nos désirs corrompus, de sorte qu’il est alors très difficile de leur résister : parce que Dieu retient l’aide efficace de ceux qui s’exposent volontairement à l’occasion du péché. «Celui qui aime le danger y périra » (Ecclésiastique 3, 27). « Quand », dit saint Thomas, dans son commentaire sur ce passage, « nous nous exposons au danger, Dieu nous y abandonne ». Saint Bernardin de Sienne enseigne que le conseil d’éviter les occasions de péché est la meilleure de toutes les défenses, et comme le fondement de la religion.

« 3. Saint-Pierre dit que « le diable va, cherchant qui il dévorera » (1 P. 5, 8). Il est sans cesse en course après nos âmes, s’efforçant de conclure et d’en prendre possession. Ainsi, il cherche à placer devant nous les occasions de péché, par lequel il entre dans l’âme. « Explorat », dit saint Cyprien, « an sit pars cujus aditu penetret ». Quand l’âme cède aux suggestions du diable, et s’expose à des occasions de péché, il entre facilement et la dévore. La ruine de nos premiers parents se pose par leur hauteur d’occasion de péché. Dieu leur avait interdit non seulement de manger, mais même de toucher le fruit interdit. En réponse à la tentation du serpent, Eve dit : « Dieu nous a commandé que nous ne devrions pas en manger, et que nous ne devrions pas y toucher » (Genèse 3, 3). Mais « elle vit, prit et manga » le fruit défendu : elle l’a d’abord regardé, elle l’a ensuite pris dans ses mains, et ensuite elle l’a mangé. C’est ce qui arrive habituellement à tous ceux qui s’exposent aux occasions de péché. Par conséquent, étant une fois contraint par les exorcismes de dire le sermon qui lui déplaisait le plus, le diable a avoué que c’était le sermon d’éviter les occasions de péché. Tant que nous nous exposons à des occasions de péché, le diable rit de toutes nos bonnes intentions et promesses faites à Dieu. Le plus grand soin de l’ennemi est de nous inciter à ne pas éviter les mauvaises occasions ; car ces occasions, comme un voile placé sous les yeux, nous empêche de voir soit les lumières reçues de Dieu, ou les vérités éternelles, ou les résolutions que nous avons faites : en un mot, elles nous font tout oublier, et comme qui nous force dans le péché.

« 4. Sache que la mort communique avec toi, parce que tu t’avanceras au milieu des pièges » (Ecclésiastique 9, 20 Vulg.). Toute personne née dans ce monde entre au milieu de pièges. Ainsi, le Sage conseille à ceux qui veulent être sûr, de se prémunir contre les pièges du monde et se retirer d’eux : « Celui qui se garde des pièges sera en sûreté » (Prov. 11, 15). Mais si, au lieu de se retirer d’eux, un chrétien s’approche d’eux, comment peut-il éviter d’être pris par eux ? Ainsi, après avoir avec tant de perte appris le danger de s’exposer au danger du péché, David dit que, pour continuer d’être fidèle à Dieu, il s’est gardé à distance de toutes les occasions qui pourraient le conduire à la rechute. « Je retiens mon pied loin de tout mauvais chemin, je peux garder tes paroles » (Ps 118, 101). Il ne dit pas de tout péché, mais de tout mauvais chemin qui mène au péché. Le diable est prudent pour trouver des prétextes pour nous faire croire que certaines occasions où nous nous exposons nous-mêmes ne sont pas volontaires, mais nécessaires. Lorsque l’occasion dans laquelle nous sommes placés est vraiment nécessaire, le Seigneur nous aide toujours à éviter le péché ; mais nous imaginons parfois certaines nécessités qui ne suffisent pas à nous en excuser. « Un trésor n’est jamais sûr », dit saint Cyprien, « aussi longtemps qu’un voleur est hébergé dans l’enceinte, ni un agneau en sûreté alors qu’il habite dans la même tanière avec un loup » (Lib. de chant. Cler). Le saint parle à ceux qui ne souhaitent pas supprimer les occasions de péché, et disent toujours : « Je n’ai pas peur de tomber ». Comme personne ne peut être sûr de son trésor s’il garde un voleur dans sa maison, et comme un agneau ne peut pas être sûr de sa vie s’il reste dans la tanière d’un loup, alors même personne ne peut être sûr du trésor de la grâce de Dieu s’il est résolu à continuer dans l’occasion du péché. Saint-Jacques enseigne que tout homme a en lui un ennemi puissant, c’est-à-dire ses mauvais penchants, qui le tentent au péché. « Chacun est tenté par sa propre concupiscence, attiré, et séduit » (Jacques 1, 14). Si, alors, nous ne nous éloignons pas des occasions externes, comment pouvons-nous résister à la tentation et éviter le péché ? Gardons donc sous nos yeux le remède général que Jésus a prescrit pour la victoire des tentations et sauver nos âmes : « Si ton œil droit te scandalise, arrache-le et jette-le loin de toi » (Matthieu 5, 29). Si vous trouvez que votre œil droit est pour vous une cause de damnation, vous devez l’ôter et le jeter loin de vous : c’est-à-dire, que quand il y a danger de perdre votre âme, vous devez vous éloigner de toutes les occasions mauvaises. Saint François d’Assise disait, comme je l’ai dit dans un autre sermon, que le diable ne cherche pas, au début, à lier les âmes timorées avec la chaîne du péché mortel, parce qu’elles seraient inquiètes à l’idée de commettre un péché mortel, et s’éloigneraient avec horreur : il s’efforce de les lier par un seul cheveu, qui ne provoque pas beaucoup de peur, parce que, par ce moyen, il réussira plus facilement contre le renforcement de leurs obligations, jusqu’à ce qu’il les ait fait ses esclaves. Ainsi celui qui veut être libre contre le danger d’être l’esclave de l’enfer doit briser tous les cheveux par où l’ennemi tente de le lier, c’est-à-dire qu’il doit éviter toutes les occasions de péché, comme certaines manières de parole, des lieux, des petits cadeaux, et des mots d’affection. En ce qui concerne ceux qui ont eu l’habitude de l’impureté, il ne sera pas suffisant d’éviter la proximité (près de) de récidives : s’ils ne se tiennent pas éloignés des récidives, ils vont très facilement retomber dans leurs anciens péchés.

« 5. L’impureté, dit saint Augustin, est un vice qui fait la guerre à tous, et que peu conquièrent. « La lutte est commune, mais la victoire rare ». Combien d’âmes misérables ont participé au concours de ce vice, et ont été vaincues ! Mais pour vous inciter à vous exposez aux occasions de ce péché, le diable vous dira ne pas avoir peur d’être vaincu par la tentation. « Je ne veux pas », dit saint Jérôme, « me battre avec l’espoir de la victoire, de peur que je doive parfois perdre la victoire ». Je ne vais pas m’exposer au combat avec l’espoir de vaincre, parce qu’en m’engageant volontairement dans la lutte, je perdrai mon âme et mon Dieu. Pour échapper à la défaite dans cette lutte, une grande grâce de Dieu est nécessaire ; et pour nous rendre dignes de cette grâce, nous devons, pour notre part, éviter les occasions de péché. Pour pratiquer la vertu de chasteté, il est nécessaire de nous recommander sans cesse à Dieu : nous n’avons pas la force de la préserver ; la force doit être le don de Dieu. « Et comme j’ai su », dit le Sage, « que je ne pouvais être continent si Dieu ne me donnait de l’être …, je recourus au Seigneur, et le suppliai, … » (Sg 8, 21). Mais si nous nous exposons à des occasions de péché, nous donnerons à notre chair rebelle les moyens pour faire la guerre à l’âme. « Et », dit l’apôtre, « n’abandonnez point vos membres au péché comme des instruments d’iniquité… » (Rom. 6, 13). En expliquant ce passage, saint Cyrille d’Alexandrie dit : « Vous stimulez la chair, vous l’armez, et la rendez puissante contre l’esprit ». Saint Philippe Néri disait que dans la guerre contre le vice de l’impureté, la victoire est acquise par des lâches – ce qui est, par ceux qui s’éloignent des occasions de ce péché. Mais l’homme qui s’y expose, arme sa chair, et la rend si puissante, qu’il sera moralement impossible pour lui de résister à ses attaques.

« 6. « Crie », dit le Seigneur à Isaïe, « toute chair est de l’herbe » (Isaïe 40, 6). Ainsi, dit saint Jean Chrysostome, si toute chair est comme l’herbe, il est aussi insensé pour un homme qui s’expose à l’occasion de péché espérer préserver la vertu de pureté, que s’attendre à ce que le foin, dans lequel une torche a été jetée, ne s’enflamme pas. « Mettez une torche dans le foin, puis osez nier que le foin va brûler ». Non, dit saint Cyprien, il est impossible de se tenir au milieu des flammes, et ne pas brûler. « Impossibile est flammis circumdari et non ardere » (Lib. de chant. Cler.) « Est-ce qu’un homme », dit le Saint-Esprit, « peut cacher du feu dans son sein, sans que ses vêtements s’embrasent ? Ou marcher sur des charbons ardents, sans que soient brûlées les plantes de ses pieds ? » (Prov. 6,27, 28). Ne pas être brûlé dans de telles circonstances serait un miracle. Saint Bernard enseigne que de préserver la chasteté, et, en même temps, s’exposer à l’occasion prochaine de pécher, « est un plus grand miracle que de ressusciter un homme mort à la vie».

« 7. En expliquant le cinquième psaume, Saint- Augustin dit que « celui qui est pas disposé à aller au danger, souhaite y périr» . Ainsi, en un autre endroit, il exhorte ceux qui souhaitent vaincre, et de ne pas périr, afin d’éviter les occasions dangereuses. « Dès l’occasion de tomber dans le péché, prenez la fuite, si vous désirez obtenir la victoire » (Sermon 250 de temp.). Certains ont bêtement confiance dans leur propre force, et ne voient pas que leur force est semblable à celle du lin placé dans le feu. « Votre force est comme la cendre chaude de l’étoupe [excédent de fil de lin] » (Isaïe 1, 31). D’autres, ont confiance dans le changement qui a eu lieu dans leur vie, dans leurs confessions, et les promesses qu’ils ont faites à Dieu, et disent : Par la grâce du Seigneur, j’ai maintenant pas mal de motif d’entreprendre la recherche de telle personne ; sa présence n’est même pas une occasion de tentations : Écoutez, vous tous qui parlez de cette manière. En Mauritanie il y a des ours qui vont à la recherche des singes, pour s’en nourrir : dès qu’un ours apparaît, les singes courent sur les arbres, et ainsi se sauvent. Mais qu’est-ce que fait l’ours ? Il s’étend sur le sol comme s’il était mort, et attend que les singes descendent des arbres. Au moment où il voit qu’ils sont descendus, il surgit, s’empare d’eux, et les dévore. Ce sont donc les actes du diable : il fait paraître la tentation comme étant morte, mais quand une âme descend, et s’expose à l’occasion de péché, il attise la tentation, et la dévore. Oh ! combien d’âmes misérables, consacrées aux choses spirituelles, à l’oraison mentale, à la communion fréquente, et à une vie de sainteté sont, en s’exposant à l’occasion de péché, devenues les esclaves du diable ! Nous trouvons dans l’histoire ecclésiastique qu’une sainte femme, qui s’employait pieusement à enterrer les martyrs, en trouva une fois un parmi eux qui n’était pas encore mort. Elle le fit entrer dans sa propre maison, et lui procura un médecin et de la médecine, jusqu’à ce qu’il récupère. Mais, que s’est-il passé ? Ces deux saints (comme ils pourraient être appelés – l’un d’eux sur le point d’être un martyr, l’autre consacrant son temps aux œuvres de miséricorde avec autant de risques d’être persécuté par les tyrans) sont tombés les premiers dans le péché et la perte de la grâce de Dieu, et, devenant plus faible par le péché, ont, par la suite, renié la foi. Saint Macaire rapporte un fait similaire concernant un vieil homme qui avait souffert étant à moitié brûlé pour la défense de la foi ; mais, étant ramené en prison, malheureusement pour lui, il forma une intimité avec une femme pieuse qui avait servi les martyrs, et est tombé dans le péché.

« 8. Le Saint-Esprit nous dit que nous devons fuir le péché comme un serpent. « Comme à l’aspect d’un serpent fuis les péchés » (Ecclésiastique 21, 2). Ainsi, comme nous évitons non seulement la morsure d’un serpent, mais faisons attention à ni le toucher ni l’approcher, nous devons donc fuir non seulement du péché, mais aussi de l’occasion du péché – c’est-à-dire, la maison, la conversation, la personne qui nous conduirait au péché. Saint Isidore dit que celui qui veut rester près d’un serpent, ne restera pas longtemps indemne. « Juxta serpentem positus non erit sin illaesus » (Solit., Bk. 2). Par conséquent, si une personne est susceptible de se révéler être une occasion de votre ruine, l’avertissement du Sage est, « Éloigne d’elle ta voie, et ne t’approche pas de la porte de sa maison » (Prov. 5, 8). Non seulement il vous dit de ne pas entrer dans la maison qui est pour vous un chemin vers l’enfer (« Ce sont des voies de l’enfer que sa maison » Prov. 7, 27) ; mais il met aussi en garde de ne pas vous en approcher, et même de vous gardez à distance de celle-ci. « Ôtez votre voie loin d’elle ». Mais, direz-vous, si j’abandonne cette maison, mes affaires temporelles en souffrent. Il est préférable que vous subissiez une perte temporelle, que de perdre votre âme et votre Dieu. Vous devez être persuadés que, quel que soit ce qui concerne la chasteté, il ne peut pas y avoir de trop grande prudence. Si nous voulons sauver nos âmes du péché et de l’enfer, nous devons toujours craindre et trembler. « Avec crainte et tremblement travaillez à votre salut » (Phil. 2, 12). Celui qui n’est pas craintif, mais s’expose à des occasions de péché, sera à peine sauvé. Par conséquent, dans nos prières, nous devons dire tous les jours, et plusieurs fois dans la journée, la demande du Notre Père, « Et ne nous soumets pas à la tentation ». Seigneur, ne me permet pas d’être attaqué par ces tentations qui me privent de ta grâce. Nous ne pouvons pas mériter la grâce de la persévérance ; mais, selon saint Augustin, Dieu l’accorde à tous ceux qui la demande, parce qu’il a promis d’entendre tous ceux qui le prient. Ainsi, le saint docteur dit que le Seigneur, « par ses promesses s’est fait lui-même débiteur » (cf. Romains 4, 25) ». (La plus large porte de l’enfer : l’impureté, saint Alphonse de Liguori, Sermons n° 2-4, des œuvres ascétiques, Volume XVI : Sermons pour tous les dimanches de l’année, 1882, p. 152-173).

Conclusion

Éviter les occasions prochaines de péché est essentiel pour le salut, car si Dieu pardonne les péchés mortels des baptisés par la contrition et le désir de se confesser en cas d’impossibilité de sacrement ou en l’absence de prêtre (non pas quand un prêtre est disponible ou possible), personne ne peut être absous de ses péchés à moins d’éviter les occasions de pécher quand il peut. Et ceci c’est parce que la contrition comprend la détestation des péchés et donc des occasions.

Bien sur l’exemple principal ici concerne les péchés des yeux, et notamment des images sur les écrans, mais il est bien entendu question d’éviter toutes les occasions de pécher : par exemple, éviter des lieux, comme les plages, et autres endroits mondains de même acabit, des personnes ou même de la famille ou des affections qui entraînent à pécher, des proximités de lieux ou de personnes ou autres dont on sait qu’elles sont dangereuses ou qui gênent la vie chrétienne, etc. Aussi ceux qui préfèrent conserver des amitiés humaines plutôt de quitter leurs erreurs qui les empêchent de connaître et d’adhérer à l’Église, et/ou qui refusent de couper avec des fausses églises et leurs adeptes comme la fausse église vatican 2, les églises schismatiques et les sectes hérétiques soit disant traditionalistes, etc., sont des personnes qui n’évitent pas les occasions de pécher contre la foi et qui ne peuvent donc pas être absous, infailliblement selon l’enseignement de l’Église.

Un baptisé qui ne s’instruit pas de la foi divine et catholique alors qu’il le peut demeure coupable de ne pas éviter de pécher par omission contre la foi par ignorance coupable, car tout baptisé est tenu par la loi de l’Église de s’instruire et de connaître sa foi. Et tant qu’il ne quittera pas cette occasion de pécher (par omission), il ne peut ni être absous ni sauvé. C’est aussi la raison pour laquelle il y en a si peu qui sont sauvés.

Les personnes non-baptisées qui suivent la loi naturelle de leur conscience, qui évitent le mal  selon leur conscience, qui cherchent le bien et qui cherchent la vérité, seront amenés par la providence de Dieu à la vraie foi pour leur salut. Mais ceux qui ne suivent pas leur conscience et suivent leurs passions, Dieu leur retient la connaissance de la foi pour leur salut à cause qu’ils sont eux-même un obstacle par leurs péchés contre la loi naturelle.