Fêtes d’obligation. Prescriptions de l’Église sur le jeûne et l’abstinence.

Sommaire

  • Fêtes d’obligation
    • Jours de fêtes d’obligation
  • Prescriptions de l’Église sur le jeûne et l’abstinence
    • Petites modifications de la loi ecclésiastique par le pape Pie XII
    • Le jeûne est un moyen de pénitence, une abstention de l’asservissement au péché pour rompre les chaînes du péché
  • Jours de jeûne et jeûne de Carême
    • Ancienne et vénérable formule du jeûne
  • Jeûne eucharistique
  • Buts du jeûne

 

Note préalable : La secte apostate vatican 2 qui n’est pas la véritable Église mais la contre-Église de la fin des temps tient une fausse loi du jeûne mortellement pécheresse qui n’est pas la loi de la véritable Église, et un faux calendrier liturgique (Et tous doivent se couper totalement de la secte antichrist vatican 2 et des autres sectes hérétiques « traditionalistes » en s’instruisant et en se convertissant à la vraie foi divine et catholique traditionnelle pour leur salut. Voir L’Église catholique est éclipsée).

Fêtes d’obligation

Tous les dimanches et fêtes de précepte ci-dessous, obligent sous peine de péché mortel.

  • Assister à la messe s’il y a une messe catholique disponible [c’-à-d. une messe traditionnelle et un prêtre valide connu comme n’étant pas hérétique] et accessible géographiquement, sinon à la place, davantage de prière, de lecture spirituelle, etc. (Voir : Communion en ces temps de grande apostasie)
  • Sanctifier ce jour (prière, lecture spirituelle, etc.)
  • Ne pas jeûner ce jour,
  • Ne pas travailler (sauf nécessité de l’emploi ou nécessité de travailler),
  • Ne pas faire de travaux serviles comme le bricolage, les courses, etc. (sauf nécessité, réparation d’urgence, achat de nécessité, etc.),

Pape Pie XII, Médiator Dei, 20 nov. 1947 (Magistère) : « Que les jours de fête soient fidèlement observés : ils doivent être destinés et consacrés à Dieu d’une façon particulière, le jour du dimanche surtout, que les apôtres, instruits par le Saint-Esprit, substituèrent au sabbat. Il avait été dit aux juifs : « Vous travaillerez six jours ; le septième jour, c’est le sabbat, repos consacré au Seigneur ; quiconque travaillera ce jour-là, mourra » (Ex. XXXI, 15). Comment donc n’auraient-ils pas à craindre la mort spirituelle les chrétiens qui, les jours de fête, se livreraient aux œuvres serviles et qui profiteraient de ces jours de repos pour s’abandonner sans retenue aux entraînements de ce monde au lieu de s’appliquer à la piété et à la religion ? ».

Saint Irénée, père de l’Église (2ème siècle), Contre les hérésies, L. 4, 1ère part. part., n° 3 : «La Loi commandait qu’on s’abstînt, le jour du sabbat [qui le dimanche dans la loi nouvelle car la Rédemption inclut la création et la loi ancienne], de toute œuvre servile, c’est-à-dire de tout gain réalisé par le commerce et par toute autre industrie terrestre ; en revanche, elle invitait à accomplir les œuvres de l’âme, celles qui se font par la réflexion et par les paroles, pour le bien du prochain.

P. Kroust (1694-1772), S.J., Méditations sur les vérités de la foi, samedi VI ap. la Pent. : « IIIe point. …On sanctifie le jour du Seigneur en s’abstenant des péchés qui sont des œuvres serviles.On doit donc, le dimanche, méditer le bienfait reçu de Dieu par l’exercice de l’oraison ; louer Dieu même de la voix ; c’est ce qu’il convient de faire à l’Église où l’on doit se rendre [seulement quand il y a une église catholique et/ou un prêtre catholique disponible, c-à-d pas hérétique, voir communion en ces temps] et chanter de cœur, rendant grâce à Dieu… et offrant le saint sacrifice… Chacun doit offrir le saint sacrifice avec le prêtre [catholique, pas un hérétique non-catholique] en unissant son intention et ses prières aux siennes, afin que le sacrifice soit agréable à Dieu et utile à nous-mêmes. Il faut y ajouter le sacrifice d’un esprit contrit et d’un cœur affligé, un sacrifice de justice et de bonnes œuvres. Il ne suffit pas de cesser les travaux serviles, il faut y ajouter des bonnes œuvres. Lorsque nous sanctifions ainsi ce jour Dieu le bénit aussi en nous remplissant de bénédictions célestes et temporelles ».

La fête d’obligation est un jour de sanctification pour se tourner davantage vers Dieu, avec la prière, l’enseignement religieux, la vie de famille. Jeûne et abstinence sont interdits les dimanches et fêtes d’obligation. Le jeûne est interdit le temps de Pâques (jusqu’à l’Ascension).

Jours de fêtes d’obligation

Code droit canon 1917, Can. 1247 :  «Les jours de fête de précepte pour toute Église sont seulement : tous les dimanches et chacun d’eux, les fêtes de Noël, Circoncision, Épiphanie, Ascension, Fête-Dieu, Immaculée-Conception, et Assomption de la Sainte Vierge Marie, Saint Joseph son époux, les saints apôtres Pierre et Paul, la Toussaint».

Jours de fêtes d’obligation en France dans l’ordre liturgique

  • Immaculée-Conception (8 décembre),
  • Noël (25 décembre),
  • Circoncision (1er janvier),
  • Épiphanie (6 janvier),
  • Saint Joseph (19 mars),
  • Jeudi de l’Ascension (40 jours après le dimanche de Pâques et 10 jours avant le dimanche de la pentecôte)
  • Jeudi de la Fête Dieu (après la Sainte Trinité qui est le dimanche après la pentecôte),
  • Saints Pierre et Paul (29 juin),
  • Assomption (15 août),
  • Toussaint (1er novembre).

Code droit canon 1917, Can. 1248 : «Aux jours de fête de précepte, la messe doit être entendue [si une messe catholique est disponible *] ; et on doit s’abstenir des œuvres serviles, des actes judiciaires, de même que, sauf coutumes contraires légitimes ou indult particulier, de marchés publics, de foires, et d’autres ventes publiques aux enchères».

*Assister à la messe est un précepte de loi ecclésiastique, suspendu automatiquement par la loi divine qui interdit aux catholiques d’assister à des messes non-catholiques ou d’hérétiques.

Les œuvres serviles signifient avilissantes ou rendant esclave. Aller au marché le dimanche, aux brocantes du dimanche, dans les magasins ouverts le dimanche, etc, sont tous des péchés mortels (sauf extrême nécessité).

Jours de fêtes d’obligation en Angleterre et aux Pays de Galles :
  • Noël (25 Décembre)
  • Épiphanie (6 janvier)
  • Ascension (40 jours après le jour de Pâques)
  • Fête-Dieu (après la Sainte Trinité qui est le dimanche après la pentecôte)
  • Saint Pierre et saint Paul (29 juin)
  • Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie (15 Août)
  • Toussaint (1er Novembre)

Jours de fêtes d’obligation aux USA :

  • Immaculée Conception (8 Décembre)

  • Noël (25 Décembre)

  • Circoncision (1er Janvier)

  • Jeudi de l’Ascension (40 jours après le jour de Pâques)

  • Assomption de la Vierge Marie (15 Août)

  • Toussaint (1er Novembre)

 

Prescriptions de l’Église sur le jeûne et l’abstinence : 

Jeûne et abstinence sont régis par la loi ecclésiastique de l’Église catholique, le Code de droit canon de 1917, canons 1250-1254, et les modifications ultérieures des papes.

Code de droit canon 1917, Can. 1250 : «La loi de l’abstinence défend de manger de la viande et du jus de viande, mais non pas des œufs, des laitages et de tous les condiments tirés de la graisse des animaux».

Code de droit canon 1917, Can. 1251 : § 1. «La loi du jeûne prescrit qu’il ne soit fait qu’un repas par jour; mais elle ne défend pas de prendre un peu de nourriture matin et soir, en observant toutefois la coutume approuvée des lieux, relativement à la quantité et à la qualité des aliments».

§ 2. «Il n’est pas défendu de consommer viandes et poissons au même repas; ni de remplacer la réfection du soir par celle de midi».

Code de droit canon 1917, Can. 1252 : § 1. «Il y a des jours où seule l’abstinence est prescrite: ce sont les vendredis de chaque semaine».

§ 2. «Il y a des jours où sont prescrits à la fois le jeûne et l’abstinence: ce sont le mercredi des Cendres, les vendredis et samedis de carême, les jours des Quatre-Temps;Les vigiles de la Pentecôte, de l’Assomption, de la Toussaint et de Noël».

§ 3. «Il y a enfin des jours où seul le jeûne est prescrit; ce sont tous les jours du Carême».

§ 4. «La loi de l’abstinence, ou de l’abstinence et du jeûne, ou du jeûne seul, cesse les dimanches et les fêtes de précepte, exceptées les fêtes qui tombent en Carême et on n’anticipe pas les vigiles; cette loi cesse aussi le Samedi Saint à partir de midi».

Code de droit canon 1917, Can. 1253 : «Par ces canons rien n’est changé en ce qui concerne les indults particuliers, les vœux de toute personne physique ou morale, les règles et constitutions de toute religion ou institut approuvé, que ce soit d’hommes ou de femmes, vivant en commun, même s’ils n’ont pas fait de vœu».

Code de droit canon 1917, Can. 1254 : § 1. «Sont obligés par la loi de l’abstinence tous ceux qui ont atteint sept ans révolus».

§ 2. «Par la loi du jeûne, ceux qui ont accompli leur vingt et unième année et ce jusqu’au commencement de leur soixantième».

Petites modifications de la loi ecclésiastique par le pape Pie XII, Sacram Communionem, 19 mars 1957

  • Les jours de jeûne, un seul repas complet est permis, au cours duquel de la viande peut être prise. 
  • Deux autres repas sans viande, qui, ensemble, sont moins que le repas complet, sont également autorisés. 
  • Seuls les liquides peuvent être pris entre les repas. 
  • La loi du jeûne doit être observée par tous entre l’âge de 21 ans et 59 ans inclusivement (entièrement révolus), sous peine de péché mortel.
  • Les adolescents, personnes âgées, et les personnes privées de l’usage de la raison ne sont pas tenus. Les malades, convalescents, femmes enceintes ou allaitantes, travaux fatiguant de corps ou d’esprit sont dispensés.
  • Si le jeûne pose un risque grave pour la santé ou entrave la capacité de faire le travail nécessaire, il ne fait pas obligation.
  • Les jours d’abstinence complète, comme tous les vendredis, la viande ou soupe ou sauce à base de viande (ou quoi que ce soit à base de viande) ne peut être prise à aucun repas, sous peine de péché mortel.
  • Les jours d’abstinence partielle ou de jeûne sans abstinence de viande, la viande ou soupe ou sauce à base de viande peut être consommée une seule fois ou à un seul repas. La loi de l’abstinence doit être respectée par tous, 7 ans et plus, sous peine de péché mortel.
  • Les personnes handicapées sans l’usage de la raison sont dispensées.
  • Il n’y a aucune obligation de jeûne ou d’abstinence pour un jour saint d’obligation, même s’il tombe un vendredi (comme Noël). (Pape Pie XII, Sacram Communionem, 19 mars 1957)

Loi ecclésiastique de jeûne avant le 19 décembre 1941

Abstinence de viande tous les vendredis de l’année.

Jeûne et abstinence de viande :

  • Mercredi des cendres ;
  • Vendredis et samedis de carême ;
  • Quatre-temps :
    • Quatre-temps de l’Avent : Mercredi, vendredi et samedi après le 3ème dimanche de l’Avent ;
    • Quatre-temps de carême : Mercredi, vendredi et samedi après le 1er dimanche de carême ;
    • Quatre-temps de la pentecôte : Mercredi, vendredi et samedi après le dimanche de la Pentecôte ;
    • Quatre-temps de septembre : Mercredi, vendredi et samedi après le 14 septembre.
  • Vigile de Noël.
  • Vigile de la Toussaint ;
  • Vigile de l’Immaculée-Conception (décret du 25 juillet 1957 transférant l’obligation de jeûne et abstinence de la vigile de l’Assomption) ;
  • Vigile de la Pentecôte ;

Jeûne sans abstinence de viande (ou abstinence partielle) :

  • Lundis, mardis, mercredis et jeudis de carême.

 

Carême selon la loi ecclésiastique de jeûne avant le 19 décembre 1941

Carême

Prescriptions de l’Église

Mercredi  des cendres Jeûne et abstinence de viande
Jeudi après les cendres Jeûne sans abstinence de viande
Vendredi après les cendres Jeûne et abstinence de viande
Samedi après les cendres Jeûne et abstinence de viande
1er dimanche de carême Pas de jeûne ni abstinence de viande
Lundi de 1ère semaine de carême Jeûne sans abstinence de viande
Mardi de 1ère semaine de carême Jeûne sans abstinence de viande
Mercredi  des Quatre-temps de carême Jeûne et abstinence de viande
Jeudi de 1ère semaine de carême Jeûne sans abstinence de viande
Vendredi des Quatre-temps de carême Jeûne et abstinence de viande
Samedi des Quatre-temps de carême Jeûne et abstinence de viande
2ème dimanche de carême Pas de jeûne ni abstinence de viande
Lundi de 2ème semaine de carême Jeûne sans abstinence de viande
Mardi de 2ème semaine de carême Jeûne sans abstinence de viande
Mercredi de 2ème semaine de carême Jeûne sans abstinence de viande
Jeudi de 2ème semaine de carême Jeûne sans abstinence de viande
Vendredi de 2ème semaine de carême Jeûne et abstinence de viande
Samedi de 2ème semaine de carême Jeûne et abstinence de viande
3ème dimanche de carême Pas de jeûne ni abstinence de viande
Lundi de 3ème semaine de carême Jeûne sans abstinence de viande
Mardi de 3ème semaine de carême Jeûne sans abstinence de viande
Mercredi de 3ème semaine de carême Jeûne sans abstinence de viande
Jeudi de 3ème semaine de carême Jeûne sans abstinence de viande
Vendredi de 3ème semaine de carême Jeûne et abstinence de viande
Samedi de 3ème semaine de carême Jeûne et abstinence de viande
4ème dimanche de carême Pas de jeûne ni abstinence de viande
Lundi de 4ème semaine de carême Jeûne sans abstinence de viande
Mardi de 4ème semaine de carême Jeûne sans abstinence de viande
Mercredi de 4ème semaine de carême Jeûne sans abstinence de viande
Jeudi de 4ème semaine de carême Jeûne sans abstinence de viande
Vendredi de 4ème semaine de carême Jeûne et abstinence de viande
Samedi de 4ème semaine de carême Jeûne et abstinence de viande
Dimanche de la passion Pas de jeûne ni abstinence de viande
Lundi de la passion Jeûne sans abstinence de viande
Mardi de la passion Jeûne sans abstinence de viande
Mercredi de la passion Jeûne sans abstinence de viande
Jeudi de la passion Jeûne sans abstinence de viande
Vendredi de la passion (Fête des 7 douleurs B V M) Jeûne et abstinence de viande
Samedi de la passion Jeûne et abstinence de viande
2ème dimanche de la passion ou dimanche des rameaux Pas de jeûne ni abstinence de viande
Lundi de la semaine sainte Jeûne sans abstinence de viande
Mardi de la semaine sainte Jeûne sans abstinence de viande
Mercredi de la semaine sainte Jeûne sans abstinence de viande
Jeudi -Saint Jeûne sans abstinence de viande
Vendredi -Saint Jeûne et abstinence de viande
Samedi-Saint Jeûne et abstinence de viande jusqu’à midi

Cette loi ecclésiastique (code de droit canonique de 1917, can 1250 à 1254) fut suspendue le 19 décembre 1941 en raison de la guerre et Pie XII accorda aux évêques de pouvoir en dispenser.

Possibilité d’adoucissement du jeûne et de l’abstinence par dispense d’Indult depuis le 28 janvier 1949

Le 28 janvier 1949, le pape Pie XII rétablit l’ancienne loi ecclésiastique d’avant le 19 décembre 1941, avec des possibilités d’adoucissements, par le décret de dispense du 28 janvier 1949.

Pape Pie XII, décret de dispense du 28 janvier 1949 : «Les ordinaires qui se serviront de ce nouvel adoucissement du jeûne et de l’abstinence ne manqueront pas d’exhorter les fidèles, spécialement le clergé séculier, les religieux et les religieuses, à vouloir, dans ces temps très difficiles, ajouter des exercices de perfection chrétienne et des œuvres de charité, particulièrement à l’égard des pauvres et de ceux qui souffrent, et à prier selon les intentions du Souverain Pontife». 

  • Abstinence de viande tous les vendredis de l’année.
  • Jeûne et abstinence de viande :
    • Mercredi des cendres,
    • Vendredi-Saint,
    • Vigile de l’Immaculée Conception (décret du 25 juillet 1957 transférant l’obligation de jeûne et d’abstinence de la vigile de l’Assomption),
    • Vigile de Noël : obligation avancée au 23 décembre, ou au 22 si le 23 tombe un dimanche.
(Catéchisme Penny n° 236 : Les jours de jeûne, en Angleterre et aux Pays de Galles, sont le Mercredi des Cendres et le Vendredi Saint (pour ceux qui ont entre 18 et 60ans)).

 

Pour être licite ou sans péché mortel, ce «nouvel adoucissement» oblige d’ «ajouter des exercices de perfection chrétienne et des œuvres de charité», c’est-à-dire une prière quotidienne plus assidue en quantité et en qualité, une vie spirituelle plus rigoureuse, d’autres formes de jeûne comme des mortifications de certains plaisirs de goût, de paroles, de regards, d’écoute, de toucher, etc., davantage de bonnes œuvres comme l’aumône, la contrition du cœur, la chasteté du corps et du cœur, la charité et la patience envers le prochain pour Dieu et des œuvres de miséricorde.

Un indult est une forme de dispense de la loi ecclésiastique.

Encyclopédie catholique, 1907-1913, Indult : «Les Indults sont des facultés accordées par le Saint-Siège aux évêques et à d’autres, de faire quelque chose non autorisé par la loi commune [par rapport à la loi ecclésiastique, non pas un changement de loi ecclésiastique]. … Un indult ou un privilège diffèrent d’une dispense, comme les anciens octrois d’une concession permanente (pas nécessairement perpétuelle), tandis que ce dernier [l’Indult] est donné pour un cas particulier, en dehors duquel l’obligation d’observer la loi demeure».

Les Indults concédés aux ordinaires (diocèses/évêques) sous Pie XII restent valides aujourd’hui pour les ordinaires qui s’en sont servis sous le pape Pie XII. Le fait que le saint Siège soit vacant ne les annule pas ni d’office ni de fait.

Code droit canon 1917, Can. 81 : Les Ordinaires inférieurs au Pontife romain ne peuvent pas dispenser des lois générales de l’Église, même dans un cas particulier [c-àd. Indult], à moins que ce pouvoir leur ait été explicitement ou implicitement accordé [c-à-d. les ordinaires s’en servent ou non], ou [à moins que] que le recours au Saint-Siège soit difficile, et qu’en même temps un retard soit cause d’un grave dommage, et qu’il s’agisse d’une dispense que le Siège apostolique a coutume de concéder.

L’Église interdit les mariages pendant les temps de l’Avent et du Carême.

Le jeûne est un moyen de pénitence, une abstention de l’asservissement au péché pour rompre les chaînes du péché

Le péché rend esclave du péché. Le jeûne consiste à s’abstenir du péché pour se tourner vers Dieu, faire pénitence en mortifiant la chair (corps et psychisme) et pour maîtriser ses passions. Le jeûne de nourriture est une loi de l’Église, mais n’est pas le seul jeûne. Le jeûne de la volonté, de l’intelligence, et de la mémoire sont aussi nécessaires :

  • la volonté jeûne en s’abstenant d’actes mêmes licites qui ne sont pas nécessaires à la charité,  c’est-à-dire en s’abstenant de ce qui n’est pas nécessaire à l’amour de Dieu et du prochain pour Dieu ;
  • l’intelligence jeûne en s’abstenant de la compréhension de choses non-nécessaires à la foi, c’est-à-dire en s’abstenant de ce qui n’est pas nécessaire pour croire fermement ce que Dieu nous dit ou posséder Dieu qu’on ne voit pas,
  • la mémoire jeûne en s’abstenant de choses non-nécessaires à l’Espérance, c’est-à-dire en s’abstenant de ce qui n’est pas nécessaire à l’attente et à la certitude d’être uni à Dieu.

Les autres formes de jeûne sont variées, comme des mortifications de certains plaisirs de goût, de paroles, de regards, d’écoute, de toucher, etc., l’aumône de biens, de temps, de science, etc., l’abstinence sexuelle dans le mariage chrétien, la charité et la patience envers le prochain pour Dieu, les œuvres de miséricorde, etc.

Isaïe 58, 6-7 : «Le jeûne que j’ai choisi n’est-il pas celui-ci ? Romps les liens de l’impiété, délie les faisceaux accablants [Note Vulg. : Tout ce qui gêne, pèse], renvoie libres ceux qui sont opprimés, et brise tout fardeau. Romps ton pain pour celui qui a faim, et fait entrer dans ta maison les indigents et ceux qui errent sans asile ; lorsque tu verra quelqu’un nu couvre-le et ne méprise point ta chair [Note Vulg. : Tes frères, tes proches]».

Le jeûne de nourriture est un moyen et non une fin. Le jeûne est un moyen de mortifier la chair, obéir à Dieu, tourner son cœur vers Dieu. On jeûne pour retrouver la grâce de Dieu qu’on a perdue.

Le jeûne doit être selon les lois de l’Église

Il faut jeûner selon les lois de l’Église, sinon Dieu aura en horreur le jeûne, car la volonté de Dieu est l’obéissance de l’homme à Ses lois, c’est-à-dire :

1° Loi divine (Magistère de l’Église – dogme et vérités de foi, règle de la foi, etc.) ;

2° Loi ecclésiastique (précepte, droit canon, décrets, etc.) ;

3° Loi naturelle (reflet de la loi divine, conscience morale naturelle du bien et du mal).

Châtiez votre chair (corps et âme psychique du vieil homme) pécheresse et rebelle en la mortifiant et en pénitence pour vos péchés qui ont gravement offensés Dieu, mais le jeûne doit se faire dans l’obéissance aux lois de l’Église, car c’est l’obéissance qui compte. Jeûner hors des lois de l’Église, c’est une désobéissance qui ne plaît pas à Dieu, et le jeûne ne sert à rien ; bien pire, jeûner ou se mortifier dans la désobéissance obstinée, c’est un esclavage et un sacrifice offert au démon.

Le jeûne doit être fait dans l’humilité car le jeûne est un moyen de briser les passions par la mortification de la chair pour expier ses péchés, et un pécheur ne saurait s’enorgueillir de son jeûne sous peine de voir son offrande réprouvée par Dieu, comme le pharisien orgueilleux jeûnant deux fois la semaine qui n’est pas justifié, alors que le publicain, qui n’osait pas lever les yeux au ciel mais frappait sa poitrine disant : «O Dieu, ayez pitié de moi qui suis un pécheur(Luc 18, 9-14)», est justifié.

Le jeûne doit être accompagné de la prière, car jeûner sans prier Dieu c’est jeûner sans Dieu, c’est un jeûne naturel sans mérites surnaturels, ou pire, un jeûne naturaliste (hérésie du Naturalisme), un culte de la nature et une injure à Dieu.

Le jeûne doit être fait par charité (et il ne peut y avoir de charité sans la vraie foi), c’est-à-dire pour l’amour de Dieu.

L’Église catholique enseigne infailliblement que les jeûnes, aumônes et tous les autres devoirs de la piété n’ont d’utilité que pour ceux qui sont dans son sein, et non pour ceux qui sont hors de l’Église, comme ceux qui ne professent pas la vraie foi. Il est donc absolument nécessaire de tenir en premier lieu la vraie foi catholique.

Pape Eugène IV, Concile de Florence, Cantate Domino, 1441, ex cathedra (déclaration infaillible) : «… elle [la Sainte Église] professe aussi que l’unité du corps de l’Église a un tel pouvoir que les sacrements de l’Église n’ont d’utilité en vue du salut que pour ceux qui demeurent en elle, pour eux seuls jeûnes, aumônes et tous les autres devoirs de la piété et exercices de la milice chrétienne enfantent les récompenses éternelles, et que personne ne peut être sauvé, si grandes que soient ses aumônes, même s’il verse son sang pour le nom du Christ, s’il n’est pas demeuré dans le sein et dans l’unité de l’Église catholique».

Saint Alphonse de Liguori, La sainteté au jour le jour, 17 mars : « Le jeûne. Sachant que, d’après la doctrine de Jésus-Christ, la pénitence est nécessaire au salut, l’Église a imposé à ses enfants certaines pénitences déterminées ; le jeûne en est une. C’est une obligation grave de jeûner pour quiconque n’a pas une raison grave de s’en dispenser. Sont dispensés du jeûne : les malades, les convalescents, ceux qui exercent des travaux fatigants, ceux qui n’ont pas vingt et un ans et ceux qui en ont soixante. Dans le doute, un bon chrétien demande la dispense [quand il y a un saint Siège]. Il ne se contente pas d’une parole quelconque d’un médecin qui, souvent, n’est pas assez religieux pour donner un avis en cette matière. Il consulte son confesseur [quand il y en a un]. L’avis du confesseur lui-même n’est valable qu’autant que le motif allégué est vrai. On dit : « Le jeûne est incommode ». Il est fait exprès pour nous contrarier ; la pénitence n’est jamais commode. Rougissez de ne savoir rien souffrir pour vos péchés. Demandez à ce prodige de pénitent, saint Patrice, de vous en obtenir le courage».

Jours de jeûne et jeûne de Carême

Bon nombre des premiers Pères de l’Église – Saint-Jérôme, le pape saint Léon le Grand, saint Cyrille d’Alexandrie, et Saint Isidore de Séville – nous disent que le temps du Carême a été institué par les Apôtres eux-mêmes dès le commencement de l’Église. Ils ont légiféré un jeûne universel servant à purifier nos âmes du péché et pour dompter nos passions et inclinations au péché.

Les Apôtres ont pris en compte le délai de quarante jours à partir des pénitences dans l’Écriture Sainte – la grande inondation de quarante jours et quarante nuits, l’errance des Juifs dans le désert pendant quarante ans pour se préparer à leur entrée dans la terre promise, le jeûne de notre Seigneur pendant quarante jours et quarante nuits dans le désert pour nous donner un exemple de la pénitence, racontée dans le saint Évangile du premier dimanche de Carême.

Le  jeûne de carême traditionnel se rapporte à tous les jours de Carême du mercredi des Cendres jusqu’à Pâques, sauf le dimanche, pour les plus de 21 ans et moins de 59 ans. Le jeûne permet un repas complet avec de la viande et deux petits repas moins que le grand en dehors. Entre les repas aucune nourriture solide n’est autorisée. L’ abstinence complète de viande s’applique aux personnes de plus de 7 ans à partir du mercredi des Cendres et, bien sûr, le vendredi.

Ceci est une forme légère et douce du jeûne qu’à permis l’Église d’aujourd’hui par rapport à ce qui a été pratiqué par nos prédécesseurs chrétiens dans les siècles précédents, mais qui nous fait mettre un peu la faim de côté et conscients que nous nous privons de la tentation de manger chaque fois que nous en avons envie. Par cette pratique de Carême d’auto-mortification légère, nous nous rappelons de subordonner nos corps aux buts spirituels plus hauts et de les utiliser pour les buts de Dieu.

Nos régimes modernes auto-imposés, souvent entrepris seulement pour des raisons de santé – ou pire – pour l’apparence physique superficielle vaine, sont généralement beaucoup plus sévères. Combien il est  plus important de jeûner plutôt pour notre beauté spirituelle intérieure, dédaignant complètement l’apparence physique. En effet, nous devrions «remercier Dieu pour être négligée par les créatures afin qu’elle puisse être attachée à Lui seul.» (Saint Jean-Marie Vianney, Sermons du Curé d’Ars)

Ancienne et vénérable formule du jeûne

Les prêtres et les fidèles qui sont en mesure de le faire sont exhortés à observer la forme ancienne et vénérable de jeûne (voir jeûne noir ci-dessous). Toutefois, étant donné que cette rigueur peut ne pas convenir à la plupart des gens, une compensation peut être faite, qui est un seul repas complet par jour ou deux petits repas qui reviennent environ au même (ou un peu plus que le repas complet par jour) pris. Donc, soit un seul de ceux-ci (un seul repas complet ou deux petits repas) et non pas autant que les temps modernes faibles et pathétiques ont permis. La plupart des gens devraient être en mesure de le faire pour des jeûnes réguliers. Toutefois, ce jeûne est beaucoup plus difficile à pratiquer pendant le Carême. En général, moins on mange mieux c’est, et si le jeûne ci-dessus est trop pour quelqu’une, alors il devrait essayer de manger trois petits repas par jour à la place et sauter le repas complet, ou essayer de manger un repas complet et un repas plus petit et sauter le second petit repas. Tous ceux qui feront usage de ces concessions doivent compenser pour le bien reçu en devenant de brillants exemples d’une vie chrétienne et principalement avec des œuvres de pénitence, l’abnégation et la charité (et fervente prière).

Le jeûne noir (L’Encyclopédie catholique)

Cette forme de jeûne, la plus rigoureuse de l’histoire de la législation de l’Église, était marquée par l’austérité en ce qui concerne la quantité et la qualité des aliments autorisés les jours de jeûne, ainsi que le temps auquel ils pouvaient être légitimement pris.

En premier lieu, plus d’un repas a été strictement interdit. A ce repas la chair de viande, les œufs, le beurre, le fromage et le lait ont été interdit (Gregory I, décrétales IV, cap VI ; Synode de Trullan, Canon 56). Outre ces restrictions, l’abstinence du vin, spécialement pendant le Carême, a été enjointe (Thomassin, Traité des jeûnes de l’Église, II, VII). En outre, au cours de la Semaine Sainte le repas se composait de pain, de sel, des herbes, et de l’eau (Laymann, Theologia . Moralis, Tr VIII ; De observatione jejuniorum, i). Enfin, ce repas n’a pas été permis jusqu’au coucher du soleil [pour la plupart des personnes, une période d’attente de 4 heures (au moins) avant le repas peut être plus appropriée]. Saint Ambroise (De Elia et jejunio, sermo vii, in Psalm CXVIII), Saint Chrysostome (Homil. iv in Genesim), Saint Basile (Oratio i, De jejunio) fournissent un témoignage sans équivoque concernant les trois caractéristiques du jeûne noir. Le discours de leur enseignement retentit par saint Bernard (Sermo. iii, no. 1, De Quadragesima), quand il dit « jusqu’ici nous avons jeûné seulement jusqu’à none » (15 heures), alors que, « maintenant (pendant le Carême) les rois et les princes, le clergé et les laïcs, riches et pauvres jeûnent jusqu’au soir ». Il est bien certain que les jours de Carême (Muller, Theologia Moralis, II, Lib. II, Tr. ii, sect. 165, no. 11), ainsi que ceux précédents l’ordination ont été marqués par le jeûne noir. Ce régime a continué jusqu’au dixième siècle quand a été introduite la coutume de prendre le seul repas de la journée à trois heures (Thomassin, loc. cit.). Au XIVème siècle, l’heure de prendre ce repas a été changée à midi (Muller, loc. cit.). Peu de temps après la pratique de prendre une collation dans la soirée a commencé à gagner du terrain (Thomassin, op. cit., II, xi). Enfin, la coutume de prendre une croûte de pain et du café le matin a été introduite dans la première partie du XIXème siècle. Au cours des cinquante dernières années, en raison de circonstances toujours changeantes de temps et de lieu, l’Église a progressivement assoupli la sévérité des exigences pénitentielles, de sorte que maintenant il reste un peu plus qu’un vestige de l’ancienne rigueur.

 

Jeûne eucharistique :

Ceux qui le peuvent, depuis minuit ; possibilité de 3 heures avant depuis Christus Dominus et Sacram Communionem du pape Pie XII, 19 mars 1957.

Pape Pie XII, Sacram Communionem, 1957 :

1. Les prêtres et les fidèles avant la messe ou la sainte communion – que ce soit le matin, l’après-midi, le soir ou la messe de minuit – doivent s’abstenir pendant trois heures avant d’aliments solides et de boissons alcoolisées, et pendant une heure avant de boissons non-alcoolisées (café ou jus de fruit permis). L’eau (pure) ne rompt pas le jeûne.

2. L’infirme, même si non grabataire, peut prendre des boissons non-alcoolisées et ce qui est vraiment et correctement sa médecine, que ce soit sous forme liquide ou solide, avant la messe ou la sainte communion sans limite de temps.

Les prêtres et les fidèles qui sont en mesure de le faire sont exhortés à observer la forme ancienne et vénérable du jeûne eucharistique (d’aliments et de liquides à partir de minuit). Tous ceux qui feront usage de ces concessions doivent compenser pour le bien reçu en devenant de brillants exemples d’une vie chrétienne et principalement avec des œuvres de pénitence, l’abnégation et la charité (et la fervente prière).

Ceci est la loi ecclésiastique à suivre sous peine de péché mortel. Le jeûne eucharistique est nécessaire bien sûr quand on communie sacramentellement (si disponible).

Buts du jeûne :

  • dompte les passions (1 Cor. 9, 27)
  • fortifie pour les luttes futures, augmente la volonté, attire de grandes grâces, affaiblit les tentations et acquiert des forces nouvelles pour les vaincre.
  • apaise Dieu irrité par nos fautes, nous obtient le pardon, arrête les châtiments divins.
  • paie la peine temporelle pour nos péchés (de même aussi l’aumône).