Infaillibilité des canonisations d’un vrai pape – Saint, bienheureux, vénérable et serviteur de Dieu

Sommaire

  • L’Église oblige la foi en la canonisation
  • Sainteté et réputation de sainteté
  • La sainteté est la perfection de la charité
  • Titre de serviteur de Dieu, vénérable et bienheureux
  • Anti-canonisations et faux titres « bienheureux » et « vénérable » décernés par la secte vatican 2

 

Il existe des controverses sur les canonisations infaillibles. Certains (beaucoup aujourd’hui) défendent l’idée hérétique que les canonisations d’un vrai pape ne sont pas infaillibles. Mais c’est le contraire qui est vrai.

L’Église oblige la foi en la canonisation

Un fidèle est canonisé saint par un vrai Pape par un jugement définitif qui l’impose à l’Église universelle comme modèle de foi et de morale à tenir par toute l’Église, et recevoir un culte de dulie (vénération).

Premièrement, il est impossible et infaillible qu’un vrai pape impose par son autorité papale un modèle de foi et de morale qui soit erroné, car ici c’est l’Église universelle qui obligerait sous peine de péché pour une chose fausse ; et c’est impossible et même hérétique parce que l’Église condamne infailliblement qu’elle puisse donner une mauvaise discipline. Donc croire le contraire est hérétique.

Pape Pie VI, Auctorem fidei (Ench. Symb. 1578 2678) : «L’Église peut donner une mauvaise discipline» Condamné.

Deuxièmement, il est aussi impossible et infaillible qu’un vrai pape impose par son autorité un faux culte, car le culte rendu aux Saints est un culte rendu à Dieu à travers eux. Cela reviendrait à ce que l’Épouse qui est la véritable Église impose un faux culte de Son Époux qui est le Christ ; Et ce ne serait plus le culte du véritable Dieu et elle ne serait pas l’Épouse ou l’Église véritable mais une prostituée. Cette idée est totalement hérétique.

L’Église condamne infailliblement toute assertion contraire à la vérité de la foi éclairée, comme on peut le voir dans les déclarations suivantes.

Pape Léon X, cinquième concile de Latran, Session 8 – Condamnation de toutes les assertions contraires à la vérité de la foi chrétienne éclairée (Décrét. 605) ex cathedra (déclaration solennelle infaillible) : «[Léon… pour mémoire perpétuelle…] Puisque la vérité ne peut nullement être contraire à la vérité, Nous définissons donc comme étant complètement fausse toute assertion contraire à la vérité de la foi éclairée, et Nous interdisons avec la plus grande rigueur de permettre que soit enseignée une position différente. Et Nous décidons que tous ceux qui adhèrent à l’affirmation d’une telle erreur [toute assertion contraire à la vérité de la foi éclairée], en disséminant de la sorte les hérésies les plus condamnablesdoivent être totalement évités et punis, comme étant de détestables et abominables hérétiques et infidèles qui ébranlent la foi catholique. Que personne donc… Si quelqu’un… [phrases manquantes de déclaration de condamnation ou anathème]».

Pape Pie IX, Concile Vatican I, Dei Filius, 1870 ex cathedra (déclaration solennelle infaillible) : «Est complètement fausse toute assertion contraire à la Vérité de la foi éclairée (5ème concile du Latran 1441)». (Ench. Symb. 1797 3017)

Comme un saint est imposé d’autorité par l’Église comme un modèle et pour le culte, cela fait partie de la foi. Et dire ou même penser sciemment et obstinément le contraire est une «assertion contraire à la vérité de la foi chrétienne éclairée» condamnée.

Le pape décrète, déclare et défini solennellement la canonisation avec son autorité papale et pour toute l’Église universelle.

Encyclopédie catholique, 1907-1913, Canonisation : « En l’honneur de… Nous décrétons et définissons que le bienheureux N. est un Saint, et nous inscrivons son nom dans le catalogue des saints, et ordonnons que sa mémoire soit dévotement et pieusement célébrée chaque année le …  jour… de sa fête ».

(« Ad honorem … beatum N. Sanctum esse decernimus et définimus ac sanctorum catalogo adscribimus statuentes ab ecclesiâ universali illius memoriam quolibet anno, die ejus natali … piâ devotione recoli debere ».)

Les procès de béatification et de canonisation, Auguste Marie Félix Boudinhon, 1908 : «En l’honneur de la Sainte et indivisible Trinité, pour l’accroissement et la gloire de la foi catholique, par l’autorité de notre Seigneur Jésus-Christ, des saints Apôtres Pierre et Paul, et la Nôtre, après mûre délibération et sur le vote de Nos Vénérables Frères les Cardinaux de la Sainte Église Romaine, du conseil des Patriarches, Primats, Archevêques et Évêques, Nous déclarons N. saint confesseur (ou saint martyr) ».

(« Ad honorem santae et individuae Trinitatis, ad catholicae fidei incrementum et decus, auctoritate Domini nostri Jesu Christi, sanctorum Apostolorum Petri et Pauli, ac Nostra, matura deliberatione et vote Venerabilium Fratrum Nostruorum S. R. E. Cardinalium, Patriarcharum, Primatum, Archiepiscoporum, Episcoporum consilio ; praedictum N. sanctum confessorum esse declaramus ».)

Comme on peut le voir ci-dessus, le pape contraint par l’autorité de notre Seigneur Jésus-Christ, par l’autorité des saints Apôtres Pierre et Paul, et par son autorité, l’Église toute entière (universelle) à tenir la canonisation (une chose en matière de foi et de morale : le culte et le modèle). Répétons-le, il contraint l’Église par l’autorité de Dieu, des Apôtres et la sienne papale : c’est l’autorité de l’Église et c’est au nom de l’Église elle-même qui est infaillible.

Encyclopédie catholique, 1907-1913, Canonisation : «La canonisation crée donc un culte universel et obligatoire».

En plus, à l’issue de la cérémonie et la messe papale de canonisation, est concédée une indulgence plénière.

 

Sainteté et réputation de sainteté

La sainteté est la charité parfaite fondée sur la foi divine et catholique. Seule la foi traditionnelle est orthodoxe (droite) et vraie, sinon ce n’est pas la foi divine ni l’Eglise. La sainteté est formelle et infaillible uniquement par la canonisation de la véritable et unique Église catholique. Ceux qui pensent sciemment le contraire sont condamnés.

Pape Benoît XIV (reg. 1734-1758), traité De servorum Dei beatificatione et beatorum canonizatione (sapientem hæresim – De canoniz. sanctorum, Livre I, c. 43, n. 3) : « Quiconque oserait prétendre que le Pape s’est trompé dans telle ou telle canonisation, ou que tel ou tel saint canonisé par le Pape ne doit pas être vénéré par un culte de dulie, celui-là, disons-nous, s’il n’est hérétique, doit être considéré comme un téméraire qui scandalise toute l’Église, outrage les Saints, favorise les hérétiques qui nient l’autorité de l’Église dans la canonisation des Saints, sent une odeur d’hérésie en ce qu’il donne aux incrédules occasion de se moquer des fidèles, soutient une proposition erronée et mérite les plus graves censures ».  (Cité par Tanquerey, 4, 4, « Synopsis Theologiae Dogmaticae Fundamentalis », Paris, Tournai, Rome, Desclee, 1937, nouvelle édition par J. B. Bord, Vol. I, p. 624, note de bas de page 2)

Pape Pie IX, Concile Vatican I, 1870,  Sess. 4, chap. 4, ex cathedra (Magistère solennel) : « Ce charisme de vérité et de foi à jamais indéfectible a été accordé par Dieu à Pierre et à ses successeurs en cette chaire… ».

Pape Pie IX, Concile Vatican I, 1870, Sess. 4, chap. 4, ex cathedra (Magistère solennel) : « … ils savaient parfaitement que ce siège de Pierre demeurerait pur de toute erreur, aux termes de la promesse divine de notre Seigneur et Sauveur au chef de ses disciples : J’ai prié pour toi, pour que ta foi ne défaille pas ; et quand tu seras revenu, affermis tes frères (Luc 22, 32).

Avez-vous lu ? La chaire de Pierre est indéfectible (ne peut pas faillir). Et le pape canonise de la chaire de Pierre.

Pape Pie IX, Concile Vatican I, 1870, Sess. 4, chap. 4, ex cathedra (Magistère solennel) : «… car la religion catholique a toujours été gardée sans tache auprès du Siège apostolique et la doctrine catholique toujours professée dans Sa sainteté ».

Avez-vous lu ? L’Église a défini infailliblement que la religion catholique a toujours été gardée sans tache auprès du Saint Siège de Pierre. L’obligation d’un culte fait partie de le religion catholique qui ne peut absolument pas imposer un faux culte.

St Alphonse de Liguori, Les Grands Moyens du Salut et de la Perfection, 1759, p. 23 : «Supposer que l’Église puisse errer en canonisant, est un péché, ou une hérésie, d’après les Sts Bonaventure, Bellarmin, et d’autres ; ou au moins une chose proche de l’hérésie, d’après Suarez, Azorius, Gotti, etc. ; parce que le Souverain Pontife, d’après St Thomas, est guidé par l’influence infaillible du Saint-Esprit d’une façon spéciale lors de la canonisation des saints».

En outre, comme il y a un accord général des théologiens sur l’infaillibilité pontificale des canonisations, cela est l’enseignement de l’Église, ce qui confirme donc que la canonisation est infaillible.

Encyclopédie catholique, 1907-1913, Canonisation : « Le pape est-il infaillible en émettant un décret de canonisation ? La plupart des théologiens répondent par l’affirmative. C’est l’opinion de St Antoninus, Melchior Cano, Suarez, Bellarmin, Bañez, Vasquez et, parmi les canonistes, de Gonzales Tellez, Fagnanus, Schmalzgrüber, Barbosa, Reiffenstül, Covarruvias (Variar. resol., I, X, n° 13), Albitius (De Inconstantiâ in fide, xi, no 205), Petra (Comm. in Const. Apost., I, dans notes à Const. I, Alex., III, no 17 sqq.), Joannes … S. Thomas (sur II-II, Q. I, disp. 9, r. 2), Silvester (Summa, s.v. Canonizatio), Del Bene (De Officio Inquisit. II, dub. 253), et beaucoup d’autres. Dans Quodlib. IX, r. 16, saint Thomas dit : « Puisque l’honneur que nous payons aux saints est en quelque sorte une profession de foi , c’est-à-dire une croyance en la gloire des Saints [quâ sanctorum gloriam credimus] nous devons pieusement croire qu’à cet égard aussi le jugement de l’Église n’est pas assujetti à l’erreur ». Cette infaillibilité, cependant selon le saint docteur, n’est qu’un point de croyance pieuse. Les Théologiens sont généralement d’accord sur le fait de l’infaillibilité papale dans cette affaire de canonisation, mais en désaccord quant à la qualité de la certitude en raison d’un décret papal en cette matière. Dans l’opinion de certains, elle est de foi (Arriaga, De fide, disp. 9, p. 5, n° 27) ; D’autres estiment que refuser l’assentiment à un tel jugement du Saint-Siège serait à la fois impie et outrageant, comme Francisco Suárez (De fide, disp. 5 p. 8, n° 8) ; Beaucoup plus (et c’est la vue générale) tiennent une telle déclaration pour être théologiquement certaine, ne pas être de foi divine, car son objet n’a pas été immédiatement révélé, ni de la foi ecclésiastique n’ayant jusqu’ici pas été définie par l’Église. … Les canonistes et les théologiens nient généralement le caractère infaillible des décrets de béatification, formels ou équivalents, puisqu’il s’agit toujours d’une permission, pas d’un commandement ; … Cet accord général des théologiens quant à l’infaillibilité pontificale dans la canonisation ne doit pas être étendu à la béatification…».

 

La sainteté est la perfection de la charité

Quand un pape déclare saint un fidèle, il déclare la perfection de sa charité ; mais la foi est le fondement de la charité et la charité sans la foi n’est que naturelle et n’a aucun mérite pour le salut éternel.

Pape St Pie X, Editae Saepe, 26 mai 1910 : « En fait, cependant, les bonnes œuvres simplement naturelles ne sont qu’une contrefaçon de la vertu, car elles ne sont ni permanentes ni suffisantes pour le salut ».

Pape Pie XI, Mortalium Animos, 6 janv. 1928 : « … la charité a pour fondement une foi intègre et sincère … ».

Saint Thomas d’Aquin, Somme théologique, IIa-IIae q. 81, art. 8 : « La sainteté est la disposition avec laquelle l’âme humaine rapporte à Dieu elle-même et ses propres actions ».

Dans la gloire du ciel la foi disparaît car l’âme voit Dieu et elle n’a plus besoin de la foi. La gloire perfectionne la grâce de la foi, par laquelle Dieu était connu et possédé, par la vision béatifique.

I Corinthiens 13, 8, 9, 10, 13 : «La charité ne finira jamais… Car c’est imparfaitement que nous connaissons [par la foi]… Mais quand viendra ce qui est parfait [la vision béatifique], s’anéantira ce qui est imparfait [la foi n’est plus nécessaire]. … Maintenant [sur terre] demeurent toutes les trois, la foi, l’espérance et la charité, mais la plus grande est la charité [seule demeure la charité]».

Quand un fidèle est canonisé, l’Église reconnaît qu’il n’a plus besoin de la lumière et science de la foi puisque la canonisation déclare la perfection de sa charité : Donc c’est bien la preuve que la vision de Dieu a remplacé sa foi, et donc que le saint est au ciel dans la gloire. Le nier volontairement est hérétique.

La réputation de sainteté

La réputation de sainteté est « l’opinion commune de la pureté et l’intégrité de vie par des vertus au-delà du mode ordinaire des autres hommes et femmes justes » (Pape Benoît XIV). L’Église confirme et ratifie cette réputation par le titre de vénérable par l’héroïcité des vertus, puis le titre de bienheureux (béatification) par le premier vrai miracle post mortem, et ensuite le titre de saint (canonisation) par le second vrai miracle. La canonisation par un vrai pape est infaillible parce qu’elle est impose un culte à toute l’Église, mais la béatification n’est pas infaillible.

Pape Benoît XIV,  De servorum Dei beatificatione, 1. 2, c. 39,  n. 7, fama sanctitatis et signorum : « En général, la réputation de sainteté n’est autre chose que l’estime ou l’opinion commune en ce qui concerne la pureté et l’intégrité de la vie, non par des vertus quelconques mais par ces vertus qui, grâce à des actions continuelles, ont été exercées en diverses occasions par ce Serviteur ou cette Servante de Dieu décédés, au-delà du mode opératoire ordinaire des autres hommes et femmes justes ; cette estime recouvre aussi les miracles obtenus de Dieu par leur intercession ; de telle sorte que la dévotion envers eux a surgi en un ou plusieurs lieux, ils sont invoqués par diverses personnes pour des bienfaits, et considérés dignes selon le jugement de beaucoup de personnes autorisées à être comptés dans le cercle des Bienheureux et des Saints par le Saint Siège ».

 

Objections

OBJECTION 1

La canonisation ne concerne pas le Magistère. La canonisation d’un saint n’est pas une doctrine de foi ou de mœurs, mais une décision ou un jugement par l’autorité compétente que telle personne a vécu les vertus à un degré héroïque, etc. La canonisation n’est pas un enseignement et ne tombe donc pas sous l’infaillibilité. Ce jugement tombe sous l’autorité temporelle de l’Église, pas du Magistère lui-même qui enseigne à partir du Dépôt de la Foi. Le jugement temporel de l’Église n’est jamais infaillible, et il n’enseigne pas, il émet des règles et des jugements.

RÉPONSE

L’Écriture dit infailliblement qu’il faut demeurer dans la doctrine du Christ pour posséder Dieu, la déclaration de la sainteté oblige que le canonisé soit demeuré dans la doctrine et possède Dieu puisque l’Église enseigne infailliblement que la foi est le fondement de la charité. Et la sainteté est la perfection de la charité. Comme le saint canonisé est imposé comme modèle de foi et de morale,  cela concerne non seulement la foi et la morale, mais aussi la religion catholique (à cause du culte du saint imposé par l’Église) qui ne peut pas comporter d’erreur. En pensant le contraire, c-à-d que la religion catholique peut être fausse, vous êtes hérétique si vous y restez obstiné.

Pape Pie IX, Concile Vatican I, 1870, Sess. 4, chap. 4, ex cathedra (Magistère solennel) : «… car la religion catholique a toujours été gardée sans tache auprès du Siège apostolique et la doctrine catholique toujours professée dans Sa sainteté ».

En outre, vous en arrivez à nier l’Écriture suivante :

2 Jean 1, 9 : «Quiconque se retire et ne demeure point dans la doctrine du Christ  ne possède point Dieu».

OBJECTION 2

Le pape Benoit XIV ne dit pas que celui qui nie une canonisation est hérétique, mais «téméraire et sent l’hérésie», donc les canonisations ne sont pas infaillibles.

Benoît XIV, De servorum Dei beatificatione et beatorum canonizatione ; Sapientem hæresim – De canoniz. sanctorum, Livre I, c. 43, n. 3 « Quiconque oserait prétendre que le Pape s’est trompé dans telle ou telle canonisation, s’il n’est hérétique, doit être considéré comme un téméraire qui scandalise toute l’Église, outrage les Saints, favorise les hérétiques qui nient l’autorité de l’Église dans la canonisation des Saints, sent une odeur d’hérésie ».

RÉPONSE

Benoit XIV nomme « hérétiques » ceux qui nient l’autorité de l’Église dans la canonisation des Saints. Est-ce assez clair ? L’autorité (papale) de l’Église est infaillible, c’-à-d. que quand un pape enseigne la doctrine de foi et de morale ou impose au nom de l’Église une chose à tenir c’est infaillible (au nom de l’Église signifie que c’est dans l’Église et donc révélé).

Pape Pie IX, Concile Vatican I de 1870, ex-cathedra : « … ce don de la vérité et la foi intarissable a été DIVINEMENT conféré à Pierre et à ses successeurs SUR CE SIÈGE … »

Matthieu 16, 18-19 : «Aussi moi je te dis que tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église …»

Pape Boniface VIII, Unam Sanctam, 18 novembre 1302, ex cathedra (Magistère infaillible solennel) : « … nous déclarons, disons, définissons et proclamons à toute créature humaine qu’ils ont la nécessité absolue pour le salut d’être entièrement soumis au Pontife romain».

Le Magistère de l’Église enseigne infailliblement que les Saints sont au ciel.

Pape Benoit XII, Constitution « Benedictus Deus », 29 janv. 1336 ex cathedra (Magistère solennel) : «Par cette constitution qui restera à jamais en vigueur, et en vertu de l’autorité apostolique nous définissons : que, selon la disposition générale de Dieu, les âmes de tous les saints qui ont quitté ce monde avant la Passion de notre Seigneur Jésus-Christ, ainsi que celles des saints apôtres, martyrs, confesseurs, vierges et autres fidèles mortsONT ÉTÉ, SONT, ET SERONT AU CIEL…».

Déclarer, décréter et définir (par la canonisation) qu’un fidèle est saint ne peut être qu’infaillible car sinon l’Église se contredirait : Elle dirait infailliblement que les saints sont au ciel, et d’un autre côté elle pourrait se tromper en déclarant sainte une personne qui pourrait ne pas être au ciel (alors que c’est impossible comme on le voit précédemment).

L’Église condamne tous ceux qui pensent des choses contraires à elle – pas seulement la doctrine de foi et de morale – mais des choses contraires. Donc ceux qui pensent que des saints peuvent ne pas être saints sont anathématisés.

Pape Eugène IV, Concile de Florence, Cantate Domino, 1441 (Décret. 571) ex cathedra (Magistère infaillible solennel) : «L’Église condamne, réprouve, anathématise, et dénonce comme ÉTRANGERS au corps du Christ qui est l’Église, tous ceux qui PENSENT des choses OPPOSÉES ET CONTRAIRES».

Le pape Benoit XIV dit que celui qui nie l’autorité de l’Église dans la canonisation des Saints favorise les hérétiques : il est donc suspect d’hérésie, et comme la loi de l’Église suppose l’obstination, c’est lui qui  doit prouver son innocence, sinon il sera condamné automatiquement comme hérétique s’il persiste.

Code de droit canonique 1917, canon 2200, 2 : « Quand une violation externe de la loi a été commise, la méchanceté est présumée au fort externe jusqu’à preuve du contraire ».

Code droit canon 1917, Can. 2316 : «Est suspect d’hérésie celui qui spontanément et sciemment aide DE QUELQUE MANIÈRE QUE CE SOIT la propagation de l’hérésie… ».

Pape Innocent III, Concile du Latran IV, constitution 3, 1215, ex cathedra : «Pour ceux qui sont connus comme seulement soupçonnés d’hérésie, à moins qu’ils ne fassent la preuve de leur innocence personnelle par un amendement adéquat en ce qui concerne les motifs de suspicion et leur propre comportement, on les frappera d’anathème [excommunication] et tous les éviteront jusqu’à satisfaction convenable [Après qu’ils aient été excommuniés pour leur suspicion d’hérésie]. S’ils demeurent sous l’excommunication [comme soupçonnés d’hérésie pendant une année, ils seront alors condamnés comme hérétiques».

Favoriser les hérétiques comme ceux qui pensent ou disent obstinément que des saints canonisés peuvent ne pas être saints est en plus automatiquement anathématisé [excommunié].

Pape Alexandre III, Concile de Latran III, Canon 27, 1179 : «… la perversité condamnable des hérétiques …. a pris tant de force, que désormais ce n’est pas en secret, comme quelques uns, qu’ils mettent leur malice [méchanceté], mais qu’ils manifestent leur erreur ouvertement [publiquement] et attirent à eux les simples et les faibles. C’est pourquoi nous décrétons frappés d’anathème ceux qui les défendent et les reçoivent, et nous défendons sous peine d’anathème que personne n’ait l’audace de les garder dans sa maison ou sur son territoire, ou de les encourager, ou encore de faire du commerce avec eux. S’ils viennent à mourir dans ce péché, aucun prétexte de privilèges accordés par nous, ne permettra d’offrir de messe pour eux ou de les enterrer parmi les chrétiens.

OBJECTION 3

Saint Thomas dit que des canonisés peuvent être en enfer !

St Thomas, Questions quodlibétiques (Quodlibet) 9, article 16 : « Tous les saints qui ont été canonisés par l’Église sont-ils dans la gloire, ou certains sont-ils en enfer ? Il semble que certains puissent être en enfer parmi ceux qui ont été canonisés par l’Église. …

Alors les canonisations ne peuvent pas être infaillibles.

RÉPONSE

Saint Thomas est faillible, pas infaillible, il peut se tromper, comme on peut le voir par des erreurs qu’il a faites dans d’autres textes (Comme par exemple sa Somme théologique, etc.). Un texte faillible n’a aucun poids devant l’enseignement infaillible. Dans le Quodlibet 9, 16, saint Thomas dit le contraire par une affirmation de ce qui est faux et une affirmation contraire dans le même texte. Il dit d’un côté que des canonisés peuvent être en enfer, mais d’un autre côté il dit le contraire que «l’Église ne peut se tromper même dans ces choses [canonisations]» : c’est une contradiction flagrante et cela prouve que c’est erroné. Ce n’était pas une hérésie car il dit bien que l’Église ne peut se tromper, et en outre c’était avant le dogme du Pape Eugène IV au Concile de Florence, Cantate Domino, en 1441 (ci-dessus).

Voici le texte entier dont il est question :

St Thomas, Questions quodlibétiques (Quodlibet) 9, article 16 : « Tous les saints qui ont été canonisés par l’Église sont-ils dans la gloire, ou certains sont-ils en enfer ? Il semble que certains puissent être en enfer parmi ceux qui ont été canonisés par l’Église. …

« 1. En effet, nul ne peut être sûr de l’état de quelqu’un, pas plus que de lui-même, car ce qui concerne l’homme, personne ne le connaît, sinon l’esprit de l’homme qui est en lui comme il est dit en 1 Co 2, 11. Or, un homme ne peut être sûr qu’il est lui-même dans l’état du salut : Personne ne sait s’il est digne de haine ou d’amour (Qo 9, 1). À bien plus forte raison le pape ne le sait-il pas. Il peut donc se tromper en canonisant.

« 2. Quiconque s’appuie sur un moyen faillible pour juger peut errer. Or, l’Église, pour canoniser les saints, s’appuie sur le témoignage humain, puisqu’elle enquête sur la vie et les miracles en recourant à des témoins. Puisque le témoignage de l’homme est faillible, il semble donc que l’Église, en canonisant des saints, puisse se tromper.

« Cependant, 1) Il ne peut exister d’erreur condamnable dans l’Église. Or, ce serait une erreur condamnable si on vénérait comme saint quelqu’un qui a été pécheur, car certains, connaissant ses péchés ou son hérésie, si cela se produisait, pourraient être conduits à l’erreur. L’Église ne peut donc pas errer en de telles choses.

« 2) Augustin dit, dans une lettre à Jérôme, que, si l’on admet un mensonge dans l’Écriture canonique, notre foi chancellera, elle qui dépend de l’Écriture. Or, si nous sommes tenus de croire ce qui se trouve dans la Sainte Écriture, il en est de même de ce qui est décidé d’une manière générale par l’Église ; c’est pourquoi celui qui a une opinion contraire à la décision des conciles est jugé hérétique. Le jugement commun de l’Église ne peut donc être erroné. Et ainsi, la conclusion est la même qu’auparavant.

« Réponse. Une chose peut être jugée possible en la considérant en soi, qu’on découvre impossible si on la met en rapport avec quelque chose d’extrinsèque. Je dis donc qu’il est possible que le jugement de ceux qui sont à la tête de l’Église puisse errer sur n’importe quoi, si l’on considère uniquement leurs personnes. Mais si l’on considère la divine providence qui dirige son Église par son Esprit afin qu’elle n’erre pas, comme lui-même a promis, en Jn 16, 13, que l’Esprit qui allait venir enseignerait toute vérité, au sujet de ce qui est nécessaire au salut, s’entend, il est certain qu’il est impossible que le jugement de l’Église universelle se trompe sur ce qui se rapporte à la foi. Aussi faut-il plutôt s’en tenir à la décision du pape (à qui il revient de déterminer de la foi) qu’il exprime en jugement, plutôt qu’à l’opinion de tous les experts en Écritures, puisqu’on lit que Caïphe, bien que mauvais, cependant parce qu’il était pontife a prophétisé sans le savoir, Jn 11, 51. Dans les autres décisions qui se rapportent à des faits particuliers, comme lorsqu’il s’agit de possessions, de crimes ou de choses de ce genre, il est possible que le jugement de l’Église se trompe en raison de faux témoins.

« La canonisation des saints est à mi-chemin entre ces deux choses. Toutefois, parce que l’honneur que nous manifestons aux saints est une certaine profession de foi par laquelle nous croyons à la gloire des saints, il faut croire pieusement que le jugement de l’Église ne peut se tromper même dans ces choses [canonisations]».

 

Titre de serviteur de Dieu, vénérable et bienheureux

Le titre de « serviteur de Dieu » ou « servant de Dieu » est répandu dans la tradition chrétienne. Ce titre est utilisé formellement au début du procès de canonisation, en réalité, son usage est propre à tout catholique, et n’est pas nécessairement une déclaration officielle de l’Église concernant une découverte sur la personne.

Le titre « vénérable » est donné par un pape suite au procès pour déclarer « l’héroïcité des vertus ».

Le pape Benoît XIV (1740-1758), qui fut appelé « Le Magister » pour son œuvre monumentale sur la cause des saints, décrit de la façon suivante la vertu héroïque.

Pape Benoit XIV, De servorum Dei beatificatione et beatorum canonizatione, 1. 3, c. 22, n. 1 : « Pour qu’elle soit héroïque, la vertu chrétienne doit être effectuée rapidement, promptement et avec plaisir (expedite, prompte et delectabiliter), au-delà de la façon habituelle, et en vue d’une fin surnaturelle (ex fine supernaturali) ».

Pape Benoit XIV, De servorum Dei beatificatione et beatorum canonizatione, 1. 3, c. 21, n. 9 : « Si la facilité, la promptitude et le plaisir peuvent être les attributs de toute vertu, c’est surtout le supra commune modum qui qualifie la vertu héroïque. Il s’agit en effet d’un exercice vertueux qui s’élève bien au-delà de la pratique ordinaire des vertus, de ce sommet suprême où quelqu’un surpasse de beaucoup la bonté des autres hommes justes, qui aspirent à la perfection chrétienne avec moins d’élan ».

Un miracle reconnu par l’Église catholique est obligatoire pour béatifier un ou une vénérable.

Saint Thomas d’Aquin,  Somme théologique IIa-IIae q. 178, art. 2 : « Les vrais miracles ne peuvent être accomplis que par la vertu divine : Dieu en effet, les accomplit pour le bien des hommes… pour montrer la sainteté d’une personne».

Un Vénérable reconnu Martyr devient aussitôt Bienheureux. Un second miracle reconnu par l’Église catholique est obligatoire pour canoniser infailliblement un ou une bienheureux(se). La béatification n’est pas infaillible, seule la canonisation par un vrai pape est infaillible.

Les canonisations par un vrai pape sont infaillibles dans l’Église catholique, c’-à-d. que le culte et le modèle de foi et de morale du saint sont infailliblement vrais, mais cela ne rend pas pour autant le saint infaillible : Un saint n’est pas infaillible, même avec le titre de Docteur de l’Église ; ses écrits faillibles peuvent contenir des erreurs et ils n’ont pas de poids devant le Magistère de l’Église, mais sont utiles et nécessaires quand ils ne contredisent pas l’enseignement infaillible du Magistère (solennel ex cathedra, ou ordinaire comme faisant partie de la Révélation, ou l’unanimité des pères). Il existe de nombreux exemples à ce sujet (St Thomas, St Alphonse, etc.). Des enseignements faillibles peuvent être rendus infaillibles en étant cités par le Magistère (des conciles ou des papes parlant infailliblement) ou en étant utilisés dans les procédures servant infailliblement (Procès de canonisation, liturgie sacrée, etc.).

 

Anti-canonisations et faux titres « bienheureux » et « vénérable » décernés par la secte vatican 2

La secte apostate vatican 2 n’est pas l’Église catholique, mais l’Église de contrefaçon ou la prostituée de la fin des temps prophétisée dans l’Apocalypse. Ses « canonisations » sont nulles et non-avenues.

Les antipapes de vatican 2, Jean 23, Paul 6, Jean-Paul 1er, Jean-Paul 2, Benoit 16 et François ne sont pas des vrais papes mais des antipapes non-élus canoniquement et sont de plus des hérésiarques hors de l’Église de fait par la loi divine, qui n’ont aucune autorité, fonction ou juridiction, et tout ce qu’ils font est invalide ou nul. Toutes les « canonisations » qu’ils prononcent sont nulles, comme tous les autres actes qu’ils font ou titres qu’ils attribuent ou décernent par leur fausse autorité, comme les titres de vénérable, bienheureux, ou docteur de l’Église.

La secte vatican 2, à travers l’antipape Jean-Paul 2 a modifié invalidement (nul et non-avenu) la procédure proclamant « Vénérable », « Bienheureux » ou « Saint » le 25 janvier 1983 par le texte Divinus perfectionis Magister, afin de soit-disant permettre un processus plus rapide et de donner leur place aux « Églises locales [Diocèses]».

Antipape Benoît 16, discours du 24 avril 2006 : « Les modalités du martyre et les stratégies ex parte persecutoris ont changé. Ils cherchent de moins en moins à mettre en évidence de façon explicite leur aversion de la foi chrétienne ou d’un comportement en accord avec les vertus chrétiennes, mais ils invoquent différentes raisons, par exemple de nature politique ou sociale ».

Un antipape (non-élu canoniquement) n’est pas un vrai pape et n’a aucun pouvoir de quoi que soit et tout ce qu’il fait est nul et non-avenu ; un pape qui deviendrait un hérétique manifeste serait automatiquement coupé de l’Église (de loi divine) ipso facto (par le fait) et perdrait toute fonction, pouvoir et autorité, et tout ce qu’il ferait serait nul et non-avenu (de loi divine).  Les chefs de la secte vatican 2 sont à la fois des antipapes, mais aussi des hérétiques, et des apostats, et des antichrists.

Exemple avec Élisabeth de la Trinité

Un Procès diocésain ouvrit en 1931 une première Enquête en vue de la béatification d’Élisabeth. Il sera repris après la guerre et l’antipape Jean 23 signa invalidement le « Décret d’Introduction de la Cause » le 25 octobre 1961.

Le pseudo « Procès apostolique » aboutit à la reconnaissance des « Vertus héroïques » de la Servante de Dieu, le 12 juillet 1982. L’antipape Jean-Paul 2 lui attribua invalidement le titre de « Vénérable ».

Guérison de Dom Jean Chanut

Dom Jean Chanut moine de l’Abbaye de Cîteaux, alors Maître des novices, âgé de 31 ans en 1938, fut atteint de tuberculose des reins. Malgré l’ablation d’un rein, la maladie gagna tout l’appareil uro-génital. Le malade souffrait beaucoup, ne pouvait plus assurer ses charges et s’acheminait vers la mort. En janvier 1943, sur le conseil d’un prédicateur de retraite, la communauté de Cîteaux commença une neuvaine de prière se confiant à l’intercession de sœur Élisabeth. Au terme de la neuvaine le Père Chanut sentit un regain d’énergie et put reprendre rapidement l’observance intégrale de la Règle, veilles et jeûnes sévères. De plus à partir de cette date les examens biologiques firent constamment la preuve de l’absence du bacille de Koch. Dom Chanut devint par la suite Prieur puis Abbé de Cîteaux et mourut en Afrique en 1980, sans avoir jamais eu de rechute de tuberculose.

Il est possible que cette guérison soit miraculeuse. Élisabeth peut certainement être considérée servante de Dieu comme tout chrétien (vrai catholique), mais on ne doit pas lui donner le titre de vénérable ni bienheureuse ni sainte, car l’Église catholique, dont le saint Siège est toujours vacant depuis la mort du pape Pie XII le 9 octobre 1958, ne s’est pas (encore) prononcée.

Cela n’empêche pas qu’Élisabeth puisse être véritablement héroïque par l’exercice de ses vertus ou une sainte femme par sa vie et devant Dieu, comme aussi, par exemple, Padre Pio, ou d’autres qui peuvent être même inconnus, et être au ciel.

Tout catholique doit se servir de la règle de la foi concernant les personnes supposées saintes par la piété chrétienne. Les catholiques peuvent considérer que tel ou telle puisse vraisemblablement être une sainte personne par sa vie, ses écrits, et ses actes comme venant de Dieu, mais non pas formellement et infailliblement parce que l’Église ne les a pas encore déclarées saints.