Justice et miséricorde

Sommaire

  • Dieu rémunérateur
    • Le jugement de Dieu
    • Dieu punit le péché
    • La parabole du pauvre Lazare et du mauvais riche
    • Le péché est une corruption de la volonté et un abus du don de la liberté que Dieu nous donne avec tant d’amour
  • La miséricorde sans la justice n’est pas Dieu
    • Dieu abandonne ceux qui l’abandonnent
    • En Dieu, justice et miséricorde sont un
    • Dieu est bon
  • La justice sans la miséricorde : l’enfer éternel
    • Les fins dernières
    • La rédemption de la mort
    • La seconde mort
    • La réalité de l’enfer
      • Pourquoi l’enfer doit être éternel
    • Impénitence finale
  • La justice avec la miséricorde n’est pas sans la pénitence
    • L’Église enseigne infailliblement que les chrétiens doivent faire pénitence
    • Qu’est-ce que la pénitence
    • Faire pénitence ou brûler
  • Ce que comprend la pénitence
    • La pénitence comprend l’attrition et la contrition
    • La pénitence comprend la confession de ses péchés
    • La pénitence comprend la satisfaction et l’expiation des péchés
    • La pénitence comprend l’évitement de l’occasion de pécher
    • Le temps est précieux pour faire pénitence
    • Bonnes œuvres
      • Œuvres qui peuvent faire fléchir la justice divine
      • Œuvres de miséricorde spirituelle et corporelle
  • Marie Mère de miséricorde
  • Fausse miséricorde
    • Le plus grand acte de charité qu’on puisse faire est d’amener les autres à la vérité de la vraie foi divine et catholique qui donne la vie et le salut
    • Fausse dévotion à la miséricorde divine de sœur Faustine
  • L’hérésie de non-jugement « vous ne pouvez pas juger »
    • L’Église catholique enseigne infailliblement (loi divine) que tous ceux qui meurent hors de l’Église ou de la vraie foi catholique iront dans le feu éternel de l’enfer
    • La loi divine donne à tous de juger et de condamner ceux qui sont séparés du sein et de l’unité de l’Église catholique, il s’agit d’un commandement
    • TOUS doivent faire usage de la règle de la foi
  • Pourquoi les gens de mauvaise volonté et pour leur orgueil sont abandonnés dans les ténèbres

 

Jacques 2, 13 : «Le jugement est sans miséricorde pour celui qui n’a pas fait miséricorde ; mais la miséricorde s’élève au-dessus du jugement».

Mgr Gioacchino Pecci (futur pape Léon XIII), La pratique de l’humilité (Livret édité pour le futur sacerdoce) : «Il est une vérité incontestable ; il n’y aura pas de miséricorde pour les orgueilleux, la porte du royaume des cieux leur sera fermée».

Dieu rémunérateur

C’est un mystère essentiel de la foi à connaître positivement (avec la Trinité et l’Incarnation et la loi naturelle) que Dieu est le rémunérateur et le punisseur des actions des hommes. Connaître positivement signifie qu’on ne peut pas avoir de salut sans le connaître et y croire.

Matthieu 25, 34, 41 : «Alors le roi dira à ceux qui seront à sa droite : Venez les bénis de mon père ; possédez le royaume … Alors il dira aussi à ceux qui sont à sa gauche : Allez loin de moi, maudits, au feu éternel, qui a été préparé au diable et à ses anges».

Hébreux 11, 6 : «Or, sans la foi, il est impossible de plaire à Dieu. Car il faut que celui qui s’approche de Dieu croie qu’il est, et qu’Il récompense ceux qui Le cherchent».

Concile de Constantinople, Profession de foi ex cathedra : «Il viendra de nouveau avec gloire juger les vivants et les morts».

Pape Eugène IV, Concile de Florence, session 8, 22 nov. 1439 ex cathedra : « Nous présentons … cette règle de foi énoncée par le très bienheureux Athanase… : il viendra juger les vivants et les morts. À sa venue, tous les hommes ressusciteront avec leurs corps et rendront compte de leurs propres actes : ceux qui ont bien agi iront dans la vie éternelle, ceux qui ont mal agi, au feu éternel. Telle est la foi catholique : si quelqu’un n’y croit pas fidèlement et fermement, il ne pourra être sauvé».

A ceux qui suivent la loi naturelle de leur conscience morale, Dieu donne les grâces nécessaires pour arriver à la vérité de la foi surnaturelle.

Pape Pie XII, Mystici corporis Christi, n° 101, 29 juin 1943 (Magistère ordinaire) parlant de non-catholiques : «Pour ceux-là mêmes qui n’appartiennent pas au corps visible de L’Église, vous savez bien, Vénérables Frères, que, dès le début de Notre Pontificat, Nous les avons confiés à la protection et à la conduite du Seigneur, affirmant solennellement qu’à l’exemple du Bon Pasteur Nous n’avions qu’un seul désir : Qu’ils aient la vie et qu’ils l’aient en abondance [1]. Cette assurance solennelle, Nous désirons la renouveler, après avoir imploré les prières de toute l’Église dans cette Lettre encyclique, où Nous avons célébré la louange du  » grand et glorieux Corps du Christ  » [2], les invitant tous et chacun de toute Notre affection à céder librement et de bon cœur aux impulsions de la grâce divine et à s’efforcer de sortir d’un état où nul ne peut être sûr de son salut éternel [3] ; car, même si, par un certain désir et souhait inconscient, ils se trouvent ordonnés au Corps mystique du Rédempteur, ils sont privés de tant et de si grands secours et faveurs célestes, dont on ne peut jouir que dans l’Église catholique. Qu’ils entrent donc dans l’unité catholique, et que, réunis avec Nous dans le seul corps du Corps de Jésus-Christ, ils accourent tous vers le Chef unique en une très glorieuse société d’amour [4]. Sans jamais interrompre nos prières à l’Esprit d’amour et de vérité, Nous les attendons les bras grands ouverts, comme des hommes qui se présentent à la porte, non d’une maison étrangère, mais de leur propre maison paternelle».

[1] Pie XII, Lettre encyclique Summi Pontificatus, 20 octobre 1939 ; AAS XXXI (1939) 419 ; St Jean 10, 10. [2] St Irénée, Adv. Hær., IV, 33, 7 ; PG 7, 1076. [3] Cf. Pie IX, Iam vos omnes [Denz. 2997], 13 sept. 1868 ; Act. Conc. Vat., CL VII, 10. [4] Cf. St Gélase Ier, 1er mars 492-21 novembre 496 [Denz. 347], Epist. XIV. PL 59, 89.

Le pape Pie XII explique dans Mystici corporis (Magistère ordinaire infaillible) ci-dessus «si, par un certain désir et souhait inconscient, ils se trouvent ordonnés au Corps mystique du Rédempteur», que les non-catholiques ou les membres de sectes non-catholiques peuvent obtenir des grâces, qui sont vraies, puisque aucun ne se convertirait à la foi catholique à moins qu’ils aient obtenu des grâces quand ils étaient des infidèles.

Pie XII explique comment l’Esprit-Saint aide les gens à devenir catholiques, bien qu’ils ne pensent pas consciemment devenir catholiques à ce moment. L’Esprit-Saint leur indique de suivre la loi naturelle et de faire le bien, et ensuite il les aide à penser pour prendre conscience de la façon dont ils doivent se convertir à la foi catholique.

Saint Irénée, Père de l’Église, Contre les hérésies, L 4, Part I, 4 : «Autant Dieu est toujours le même, autant l’homme qui sera trouvé en Dieu progressera toujours vers Dieu. Dieu ne cessera pas plus de combler et d’enrichir l’homme, que l’homme d’être comblé et enrichi par Dieu. Car il sera le réceptacle de sa bonté et l’instrument de sa glorification, l’homme reconnaissant envers Celui qui l’a fait, en revanche, il sera le réceptacle de son juste jugement, l’homme ingrat, qui méprise Celui qui l’a modelé et ne se soumet pas à son Verbe».

Saint Césaire d’Arles, Père de l’Église : «…les pécheurs orgueilleux ne doivent pas désespérer, pas plus que les justes humbles s’enorgueillir en quoi que ce soit, comme si c’était leur propre mérite ; car si les justes se font des illusions sur eux-mêmes, ils perdent bientôt la racine de la charité ; et de leur côté si les pécheurs se tournent vers la pénitence, extirpent la cupidité, ils reprennent bientôt la plante de la charité. Donc ceux qui sont bons, qu’ils gardent ce qu’ils ont reçu comme un don de Dieu ; ceux qui sont mauvais, qu’ils aient à cœur de recouvrer ce qu’ils ont tristement perdu». (Saint Césaire d’Arles, textes choisis, Éditions du Soleil Levant, Namur, 1962, p. 79-85 ; Sermon XXII, § 5, Corpus Christianorum CIII, p. 99-103)

A ceux qui sont baptisés et sous la loi surnaturelle de la grâces, Dieu donne à ceux qui y sont fidèles de plus grandes grâces et à ceux qui y sont infidèles des châtiments soit pour les faire revenir soit pour les punir.

Le jugement de Dieu

Jésus-Christ jugera chacun selon ses œuvres à l’heure de sa mort. Le jugement de Dieu est une vérité de foi catholique et une réalité inéluctable qu’il faut avoir devant les yeux à chaque instant pour garder la crainte de Dieu et l’humilité nécessaire au salut, pour éviter le péché mortel, ne pas perdre la grâce, et se préparer à la mort tous les jours de sa vie.

Matthieu 25, 31-34, 41, 46 : «… quand le Fils de l’homme viendra dans sa majesté, et tous les anges avec lui, alors il s’assiéra sur le trône de sa majesté. Et toutes les nations seront rassemblées devant lui, et il les séparera les uns d’avec les autres, comme le pasteur sépare les brebis d’avec les boucs ; Et il placera les brebis à sa droite et les boucs à sa gauche. Alors le rois dira à ceux qui seront à sa droite : Venez les bénis de mon père ; possédez le royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde … il dira aussi à ceux qui seront à sa gauche : Allez loin de moi, maudits, au feu éternel, qui a été préparé au diable et à ses anges ; … Et ceux-ci s’en iront à l’éternel supplice, et les justes dans la vie éternelle».

Jean 12, 48 : «Celui qui me méprise et ne reçoit pas mes paroles, a qui le juge : la parole que j’ai annoncée sera elle-même son juge au dernier jour».

Philippiens 2, 12 : «opérez votre salut avec crainte et tremblement».

Romains 11, 20 : «Pour toi, tu demeures ferme par ta foi, ne cherche pas à t’élever, mais crains».

Romains 14, 10 : «Nous paraîtrons tous devant le tribunal du Christ».

2 Corinthiens 5, 10 : «Car nous devons tous comparaître devant le tribunal du Christ, afin que chacun reçoive ce qui est dû à son corps, selon ce qu’il a fait ou de bien ou de mal».

Pape Eugène IV, Concile de Florence, session 8, 22 nov. 1439 ex cathedra : «Nous présentons … cette règle de foi énoncée par le très bienheureux Athanase… : Quiconque veut être sauvé doit, avant tout, tenir la foi catholique : s’il ne la garde pas entière et pure, il périra sans aucun doute pour l’éternité. Voici la foi catholique : … il [notre Seigneur Jésus-Christ] viendra juger les vivants et les morts. À sa venue, tous les hommes ressusciteront avec leurs corps et rendront compte de leurs propres actes : ceux qui ont bien agi iront dans la vie éternelle, ceux qui ont mal agi, au feu éternel. Telle est la foi catholique : si quelqu’un n’y croit pas fidèlement et fermement, il ne pourra être sauvé».

Concile de Trente, canons sur la justification : 1. «Si quelqu’un dit que l’homme peut être justifié devant Dieu par ses œuvres – que celles-ci soient accomplies par les forces de la nature humaine ou par l’enseignement de la loi – sans la grâce divine venant par Jésus-Christ : qu’il soit anathème».

La grâce divine de la justification devant Dieu pour ses péchés est totalement exclue (c’est-à-dire damnation) sans le sacrement de baptême et la vraie foi, qui tous deux font membre de l’Église, ni dans l’état de péché mortel, comme l’enseigne infailliblement le concile de Trente ci-dessous.

Pape Paul III, Concile de Trente, 6ème sess., ch. 15, 13 jan. 1547 ex cathedra : «Contre les esprits rusés de certains hommes qui, « par de doux discours et des bénédictions, séduisent les cœurs simples » (Rm 16, 18), il faut affirmer que la grâce de la justification, qui a été reçue, se perd non seulement par l’infidélité (can. 27), par laquelle se perd aussi la foi elle- même, mais aussi par n’importe quel péché mortel, bien qu’alors ne se perde pas la foi (can.28). On défend ainsi la doctrine de la Loi divine qui exclut du Royaume de Dieu non seulement les infidèles [non-catholiques : apostats, hérétiques, schismatiques, païens, idolâtres], mais aussi les fidèles [catholiques pécheurs mortels] fornicateurs, adultères, efféminés, sodomites, voleurs, avares, ivrognes, médisants, rapaces (I Cor 6, 9-10) et tous les autres qui commettent des péchés mortels dont, avec l’aide de la grâce divine, ils peuvent s’abstenir et à cause desquels ils sont séparés de la grâce du Christ (can. 27)».

Pape saint Grégoire, homélie sur Luc 12, 35, 14 jan. 592 : «Considérez … comme la bonté de Dieu ne laisse aucune échappatoire à notre dureté d’âmes. Impossible aux hommes de se trouver des excuses ! Dieu est méprisé, et il attend ; il se voit dédaigné, et il appelle à nouveau ; il endure un dédain injurieux pour lui, et il va cependant jusqu’à promettre de récompenser ceux qui voudront bien un jour revenir à lui. Que nul ne reste pourtant indifférent à la longanimité du Seigneur, car au jour du jugement, sa justice s’exercera avec une rigueur d’autant plus sévère qu’il s’est montré plus patient auparavant. C’est bien le sens des paroles de Paul : « Ne sais-tu pas que la bonté de Dieu te pousse à la pénitence ? Mais, toi, par ton endurcissement et l’impénitence de ton cœur, tu t’amasses un trésor de colère pour le jour de la colère et de la manifestation du juste jugement de Dieu ». (Rm 2, 4-5). Et le psalmiste affirme : « Dieu est un juste juge, il est fort et patient » (Ps 7, 12). … Sache bien par là que ce Dieu qui supporte longtemps et patiemment les fautes des pécheurs exercera aussi, un jour, un jugement rigoureux».

Le jugement de Dieu est si rigoureux que même «les cieux ne sont pas purs en sa présence» (Job 15, 15) et que «le juste est à peine sauvé» (1 Pierre 4, 18).

Les Révélations de sainte Brigitte ont été approuvées par l’Église. Le pape Grégoire XI (1370-1378) les a approuvées et confirmées, et jugées favorablement, tout comme Boniface IX (1389-1404) dans la Bulle papale Ab origine mundi, par. 39 (7 octobre 1391). Elles ont ensuite été examinées au concile de Constance (1414-1418) et au concile de Bâle (1431-1449), tout deux jugeant qu’elles étaient en conformité avec la foi catholique.

Révélations de sainte Brigitte, livre VII, chap. 7 : «… Je suis Créateur et Seigneur de toutes choses, tant sur les diables que sur les anges, et pas un n’évitera mon jugement. Le diable a péché contre moi en trois manières : par superbe, envie et arrogance, c’est-à-dire, par amour-propre. Certainement il fut si superbe qu’il a voulu être seigneur sur moi, afin que je fusse son sujet ; il me portait aussi une si grande envie, que, s’il eût été possible, il m’eût tué, afin qu’il fût Seigneur et pût occuper mon trône. Sa volonté propre aussi lu fut si chère qu’il ne se souciait point de la volonté de Dieu, pourvu qu’il pût accomplir la sienne ; c’est pourquoi il tomba des cieux, et d’ange, il a été fait diable dans les abîmes de l’enfer. Et après, voyant sa malice, sa grande envie qu’il avait contre l’homme, je lui montrai ma volonté et donnai mes commandements aux hommes, afin que, les accomplissant, ils puissent me plaire et déplaire au diable. Après, poussé par l’amour que je portais aux hommes, je suis venu au monde et ai pris la chair de la Sainte Vierge ; je leur ai enseigné en personne la vraie voie de salut par œuvres et par paroles, et afin de leur montrer et manifester mon amour infini, je leur ai ouvert le ciel par mon précieux sang.

«Mais qu’est-ce que ces hommes, mes ennemis, me font maintenant ? Ils méprisent mes commandements ; ils me chassent de leurs cœurs comme un poison mortifère ; ils me crachent de leurs bouches comme une chose pourrie, et ont horreur de me voir comme un lépreux, qui est extrêmement puant.

«Or, ils embrassent le diable et ses œuvres de tout leur cœur et œuvres, ils l’introduisent dans leurs cœurs, faisant sa volonté franchement et avec plaisir, et suivant ses mauvaises suggestions : c’est pourquoi, par mon juste jugement, ils seront récompensés en enfer avec le diable d’un supplice éternel, car pour la superbe qu’ils adorent, ils auront la confusion éternelle, de sorte que les anges et les diables diront : Ils sont remplis de confusion jusques au sommet. Pour leur cupidité insatiable, chaque diable les remplira de leur venin pestifère, en sorte que, dans leurs âmes, il n’y aura rien de vide qui ne soit rempli de ce venin.

«Pour la luxure dont ils brûlent, ils seront privés éternellement, comme des animaux insensés, de la vision divine, mais ils en seront éloignés et seront privés de leurs voluptés déréglées. Au reste, sachez que, comme tous les péchés sont très graves, aussi le péché véniel, si l’homme met son affection et délectation en lui avec volonté et mépris, est fait mortel, savoir, quand on y met sa dernière fin. …

«O mes ennemis, qui faites telles choses et qui commettez d’autres péchés avec effronterie, pourquoi négligez-vous ma passion, et pourquoi ne considérez-vous pas que j’ai été lié à la colonne, étant tout nu, et fouetté cruellement ; comment, nu, j’étais en la croix et criais sur le gibet, rempli de plaies, couvert de sang ? Hélas ! Pourquoi ne jetez-vous vos yeux sur moi, quand vous fardez et plâtrez votre face [maquillage] ? la mienne n’a-t-elle pas été couverte de sang ? Vous ne prenez pas aussi garde à mes yeux, comment ils furent obscurcis, étant couverts de sang, et comment ils étaient livides de sang et de larmes. Pourquoi ne jetez-vous pas les yeux sur ma bouche, sur mes oreilles et sur ma barbe ? Ne voyez-vous pas comment ils étaient pleins de sang, combien le reste du corps était traité inhumainement !

«Pourquoi ne considérez-vous pas comment, tout livide et mort, j’étais pendu au gibet pour l’amour de vous, et là étais moqué et méprisé de tous, afin que, par une telle considération, vous ne m’offensiez jamais, puisque je suis votre Dieu, mais que vous m’aimiez de bon cœur, et que de la sorte, vous puissiez éviter les lacets de Satan, desquels vous êtes horriblement liés et attachés.

«Mais hélas ! Toutes ces choses sont effacés de votre esprit, c’est pourquoi vous faites comme les femmes de mauvaise vie qui aiment la volupté et la délectation sensuelle, et non pas les enfants : en effet, quand elles ressentent l’enfant en vie dans leur ventre, elles en procurent soudain l’avortement par des herbes et par autres choses, afin qu’elles ne soient privées des voluptés infâmes et d’une délectation continuelle et mortifère, et que de la sorte elles croupissent incessamment dans le bourbier. Vous en faites certainement de même, car moi, votre Créateur et votre Rédempteur, je visite tout le monde de ma grâce, poussant vos cœurs, car j’aime tous les hommes.

«Mais quand vous ressentez dans vos cœurs quelque mouvement d’amour et de contrition, ou quand, entendant ma parole, vous concevez quelque bonne volonté, vous en procurez soudain l’avortement, savoir, en excusant ou diminuant vos fautes et prenant plaisir en icelles, et même en voulant pour votre damnation persévérer en icelles. C’est pourquoi vous faites la volonté du diable, le mettant dans vos cœurs, et me chassant de la sorte avec mépris; c’est pourquoi vous êtes sans moi, et moi je ne suis pas avec vous, et vous n’êtes point en moi, mais dans le diable, d’autant que vous obéissez à ses suggestions et à ses volontés.

«Partant, comme j’ai dit, je donnerai et prononcerai mon jugement, et non ma miséricorde ; ma miséricorde est qu’il n’y a pas pécheur si grand à qui ma miséricorde soit refusée, s’il la demande avec un cœur humble et parfait. Partant, mes amis doivent faire trois choses, s’ils se veulent réconcilier avec ma grâce :
1° qu’ils fassent pénitence et qu’ils s’excitent de tout leur cœur, d’autant qu’ils ont offensé leur Créateur et leur Rédempteur ;
2° une pure confession, et que de la sorte, ils amendent tous leurs péchés, faisant pénitence et restitution selon le conseil d’un sage confesseur, car lors je m’approcherai d’eux et le diable s’enfuira ;
3° que quand ils auront fait cela avec amour et ferveur, ils communient avec volonté de ne plus retomber en leurs péchés, faisant résolution de persévérer à bien faire.

«Quiconque donc s’amendera de la sorte, je lui irai soudain au-devant comme un père pieux va au-devant de son fils qui est errant, et je lui donnerai mes grâces plus franchement qu’il ne pouvait espérer ni penser, et lors je serai en lui et lui sera en moi, et il vivra avec moi, et je le réjouirai éternellement.

«Mais quant à celui qui persévérera en ses péchés et en sa malice, sans doute ma justice fondra sur lui ; car comme fait le pêcheur qui, voyant les poissons se jouer dans l’eau en leur plaisir et contentement, jette son hameçon en l’eau, et sentant que les poissons y sont pris, les tire un à un et les tue jusques à ce qu’il les ait tous pris, j’en ferai de même à mes ennemis qui persévèrent en leurs péchés : je les consumerai peu à peu en cette vie mourante en laquelle ils se plaisent charnellement et temporellement, et à l’heure qu’ils n’y penseront pas et qu’ils seront plongés en leurs grandes délectations, lors je les ravirai de la vie mourante et les priverai de la vie éternelle, et les abandonnerai dans les peines, d’autant qu’ils ont mieux aimé faire et accomplir leurs volontés désordonnées et corrompues que de suivre mes commandements».

La parabole du pauvre Lazare et du mauvais riche

La parabole du pauvre Lazare et du mauvais riche illustre la miséricorde et la justice divines. Celui qui a souffert l’injustice est consolé au ciel et celui qui a été injuste brûle en enfer.

Luc 16, 19-31 : « Il y avait un homme riche qui était vêtu de pourpre et de fin lin ; et il faisait chaque jour une splendide chère. Il y avait aussi un mendiant, nommé Lazare, lequel était couché à sa porte, couvert d’ulcères. Désirant se rassasier des miettes qui tombaient de la table du riche, et personne ne lui en donnait ; mais les chiens venaient et léchaient ses ulcères. Or il arriva que le mendiant mourut, et fut porté par les anges dans le sein d’Abraham. Le riche mourut aussi, et fut enseveli dans l’enfer. Or, levant les yeux, lorsqu’il était dans les tourments, il vit de loin Abraham, et Lazare dans son sein : Et s’écriant, il dit : Père Abraham, ayez pitié de moi, et envoyez Lazare, afin qu’il trempe le bout de son doigt dans l’eau pour rafraîchir ma langue ; car je suis tourmenté dans cette flamme. Et Abraham lui dit : Mon fils, souviens-toi que pendant ta vie tu as reçu les biens, de même que Lazare les maux ; or maintenant il est consolé, et toi tu es tourmenté. De plus, entre nous et vous, il y a pour jamais un grand abîme, de sorte que ceux qui voudraient passer d’ici à vous, ou de là venir ici, ne le peuvent pas. Et le riche dit : Je vous prie donc, père, de l’envoyer dans la maison de mon père ; car j’ai cinq frères ; afin qu’il leur atteste ces choses, et qu’ils ne viennent pas aussi eux-mêmes dans ce lieu de tourments. Mais Abraham lui repartit. Ils ont Moïse et les prophètes, quand même quelqu’un des morts ressusciterait, ils ne croiraient pas».

Celui qui a manqué de tout ne manque de rien au ciel ; celui qui n’a pas fait l’aumône de ce qu’il a manque de tout en enfer.

Les pauvres sont là pour les riches. Et les riches sont là pour les pauvres. Les pauvres pour être humbles. Et les riches pour faire l’aumône. Les pauvres pour la pitié. Et les riches pour exercer la miséricorde. Les pauvres pour que les riches fassent leur salut. Les riches pour que les pauvres fassent leur salut. C’est la providence divine qui dispose ainsi les différents états. Mais c’est Jésus-Christ, et non son propre amour-propre qui doit être servi dans les pauvres selon Jean 12, 8 : «Les pauvres vous en aurez toujours, mais moi, vous ne m’aurez pas toujours». Ces œuvres sont spirituelles et corporelles, c’est-à-dire que si elles ne sont pas faites selon l’Esprit-Saint, mais son propre esprit ou l’esprit du monde, Dieu les réprouvera, mais s’en servira à l’insu des orgueilleux en faveur des humbles.

Matthieu 25, 34-35 : «le roi dira à ceux qui seront à sa droite : Venez les bénis de mon père, possédez le royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde ; Car j’ai eu faim, et vous m’avez donné à manger ; j’ai eu soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais sans asile, et vous m’avez recueilli ; nu, et vous m’avez vêtu ; malade, et vous m’avez visité ; en prison, et vous êtes venus à moi».

Jésus parle des choses corporelles concernant la faim, la soif, l’asile, l’habit, la maladie et l’emprisonnement, mais il parle aussi de choses d’ordre spirituelles comme : j’ai faim de Dieu et vous m’avez nourri de la parole de Dieu ; j’ai soif des âmes et vous m’avez désaltéré par la charité pour Dieu ; je suis sans refuge dans l’esprit du monde et vous m’avez abrité par la miséricorde ; je suis nu et vous m’avez vêtu avec la grâce du Saint-Esprit et de l’Église ; je suis malade et en prison et vous m’avez soulagé par la charité fraternelle.

Matthieu 25, 41-42 : «il dira aussi à ceux qui seront à sa gauche : Allez loin de moi, maudits, au feu éternel, qui a été préparé au diable et à ses anges ; car j’ai eu faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ; j’ai eu soif, et vous ne m’avez point donné à boire ; j’étais sans asile, et vous ne m’avez point recueilli ; nu, et vous ne m’avez point vêtu ; malade et en prison, et vous ne m’avez point visité».

Outre les manquements concernant les choses corporelles, Jésus parle aussi des choses spirituelles comme : j’ai faim de Dieu et vous ne m’avez pas nourri de la parole de Dieu ; j’ai soif des âmes et vous ne m’avez pas désaltéré par la charité pour Dieu ; je suis sans refuge dans l’esprit du monde et vous ne m’avez pas abrité par la miséricorde ; je suis nu et vous ne m’avez pas vêtu avec la grâce du Saint-Esprit et de l’Église ; je suis malade et en prison et vous ne m’avez pas soulagé par la charité fraternelle.

Œuvres de miséricorde (Catéchisme catholique)

Œuvres de miséricorde spirituelles :

  1. conseiller ceux qui doutent ;
  2. instruire les ignorants ;
  3. reprendre les pécheurs ;
  4. consoler les affligés ;
  5. pardonner les offenses ;
  6. supporter patiemment les personnes importunes ;
  7. prier pour les vivants et les morts.

Œuvres de miséricorde corporelles :

  1. donner à manger aux affamés ;
  2. donner à boire à ceux qui ont soif ;
  3. vêtir ceux qui sont nus ;
  4. accueillir les étrangers ;
  5. assister les malades ;
  6. visiter les prisonniers ;
  7. ensevelir les morts.

Dieu punit le péché

Qu’est-ce que le péché ?

Le péché est une transgression libre de la Loi divine et une offense à Dieu

Décret du saint Office (sous le pape Alexandre VIII), condamnant le péché philosophique, 24 août 1690 : «…le péché … est une transgression libre de la loi divine».

Pape Pie XII, Humani generis, 12 août 1950 (Magistère) : «la notion du péché originel et en même temps celle du péché en général en tant qu’il est une offense à Dieu…»

L’homme dispose d’une âme rationnelle ou raison et d’une volonté libre. Il a à faire des choix moraux.

Le pécheur s’est détourné de Dieu et devient ennemi de Dieu

Pape Paul III, Concile de Trente, 6ème sess., ch. 5, 13 janv. 1547 ex cathedra : «…ceux qui s’étaient détournés de Dieu par leurs péchés…»

L’homme est libre mais sans la grâce divine il est livré à ses propres passions qui l’entraînent loin de Dieu.

Pape Paul III, Concile de Trente, 6ème sess., ch. 7, 13 janv. 1547 ex cathedra : «…Par là [la justification], l’homme devient juste, d’ennemi ami…»

Le péché est ennemi de Dieu. Le pécheur qui persévère devient ennemi de Dieu.

Le péché est une transgression de la loi naturelle qui est la loi que chaque personne connait par instinct de naissance (découlant de la loi divine). Elle est gravée par le Créateur dans notre cœur, et tout le monde – même les païens qui n’ont jamais entendu parler de Dieu ou de la vraie religion catholique – reçoivent ce don de Dieu. Des exemples de péchés qui enfreignent la loi naturelle et qui sont faciles à reconnaître sont l’avortement, l’assassinat, le viol, le vol, la pédophilie, l’homosexualité, la calomnie, le mensonge, etc. La conscience condamne toujours une personne qui fait ces choses et donc il ne peut jamais y avoir d’excuse pour les personnes qui commettent de tels péchés.

Le péché est une transgression des dix commandements ou loi écrite. Qu’est-ce qui donne à Dieu le droit de nous dire quoi faire et ne pas faire ? Il nous a créés. Il est triste  est de voir combien aujourd’hui à quel point la plupart des 10 commandements sont ignorés, et combien le contraire nous est jeté à la figure tous les jours par la loi, les publicités et les médias. L’avortement, la prise d’une vie humaine innocente, est désormais considérée comme un droit humain fondamental par tant de mauvais gouvernements. Convoiter la femme de son voisin est montré dans beaucoup de films, quand la beauté féminine est montrée sans cesse et est la motivation principale des hommes pour regarder le film. Chaque fois que quelqu’un succombe à un spot commercial pour acheter des trucs plus inutiles parce que le voisin les a et que nous ne les avons pas, nous brisons le dixième commandement. Combien de politiciens mentent tous les jours à la vue de tous ? Et combien de personnes prononcent le nom de Dieu en vain comme un juron ? Beaucoup.

Le péché est une transgression des Écritures et de la Tradition de l’Église catholique, sources de la révélation divine. «Ceux qui ne prennent de la doctrine chrétienne que ce qu’ils veulent, s’appuient sur leur propre jugement et non sur la foi ; et, refusant de «réduire en servitude toute intelligence sous l’obéissance du Christ» (II Corinth. 10, 5), ils obéissent en réalité à eux-mêmes plutôt qu’à Dieu» (Pape Léon XIII, Satis Cognitum, n° 9, 29 juin 1896, Magistère ordinaire infaillible de l’Église catholique).

Le salaire du péché est la mort

Romains 6, 23 : «La solde du péché est la mort».

Pape Pélage Ier, Humani generis, 3 fév. 557 : «quant aux impies qui, par le choix de leur propre volonté, demeurent comme des « vases de colère, destinés à la perdition » (Rm 9, 22), qui soit n’ont pas reconnu la voix du Seigneur, soit l’ont reconnue mais l’ont abandonnée à nouveau parce que séduits par des transgressions de toute sorte, il les livrera par son très juste jugement aux peines du feu éternel et inextinguible afin qu’ils brûlent sans fin».

Pape Innocent III, Maiores Ecclesiae causas, 1201 : «La peine du péché originel est la privation de la vision de Dieu, mais la peine du péché actuel est le supplice de la géhenne éternelle».

Effets du péché

Premièrement, le péché renverse la raison, ce qui fait que l’homme suit l’animal comme un insensé : «La sagesse n’habitera pas dans un corps assujetti aux péchés» (Sg 1, 4). Deuxièmement, le péché subvertit la volonté, ce qui fait que l’homme suit ses inclinations au mal, ce qui entraîne la désobéissance et la mort. Troisièmement, le péché détruit la liberté, ce qui fait que l’homme abuse de sa liberté et s’enchaine : «on est esclave de celui par qui on a été vaincu» (II Pierre 2, 19).

Le péché mortel (ou grave) est volontairement préférer à Dieu quelque chose d’inférieur : L’âme se coupe de Dieu. Le péché mortel tue la vie de l’âme qui est la charité, c’est la mort éternelle. La contrition avec la confession ou le désir de confession en cas d’impossibilité obtient le pardon du péché mortel de la part de Dieu.

Le péché véniel n’implique pas autant la volonté mais l’affection et sa délectation de quelque chose d’inférieur à Dieu : le cœur se détourne de Dieu sans se couper de Lui. Les péchés véniels dont on ne se repend pas et pour lesquels on ne fait pas pénitence conduisent au péché mortel ou deviennent mortels. La volonté de persévérer dans le péché véniel est un péché mortel.

Pape Innocent III, Maiores Ecclesiae causas, 1201 : «… La peine du péché originel est la privation de la vision de Dieu. …  la peine du péché actuel est le supplice de la géhenne éternelle».

Pape Innocent IV, Ier concile de Lyon, 1245 ex cathedra : «péché mortelexclus du royaume de Dieu [I Cor. 6, 9 s.]»

Pape Innocent IV, Ier concile de Lyon, 1245 ex cathedra : «Si quelqu’un meurt sans pénitence en état de péché mortel, il ne fait aucun doute qu’il sera tourmenté pour toujours par les feux de l’enfer éternel».

Pape Grégoire X, IIème concile de Lyon, 4ème sess., 1274 ex cathedra : «Pour les âmes de ceux qui meurent en état de péché mortel ou avec seulement le seul péché originel, elles descendent immédiatement en enfer, où elles reçoivent cependant des peines inégales».

Pape Benoit XII, Benedictus Deus, 29 jan. 1336 ex cathedra : «… nous définissons que, selon la disposition générale de Dieu, les âmes de ceux qui meurent en état de péché mortel descendent aussitôt après leur mort en enfer, où elles sont tourmentées de peines éternelles».

Pape Eugène IV, Concile de Florence, Laetentur caeli, 6 juil. 1439 ex cathedra : «Quand âmes de ceux qui disparaissent en état effectif de péché mortel ou seulement originel, elles descendent aussitôt en enfer, pour y être punies cependant de peines inégales».

Pape Eugène IV, Concile de Florence, Cantate Domino 1442 ex cathedra : Elle [l’Eglise] croit fermement, professe et enseigne que jamais être conçu d’un homme et d’une femme n’a été délivré de la domination du diable, sinon par la foi [mérite du Christ] en notre Seigneur Jésus-Christ médiateur entre Dieu et les hommes [I Tm 2, 5]»

Pape Paul III, Concile de Trente, 6ème sess., ch. 1, 13 jan. 1547 ex cathedra : «… tous les hommes ayant perdu l’innocence dans la prévarication du péché d’Adam (Rm 5, 12 ; I Cor. 15, 22) « devenus impurs » (Es 64, 6) et … « enfants de colère par nature » (Ep 2, 3), … « esclaves du péché » (Rm 6, 20) et sous le pouvoir du diable et de la mort…»

Pape Paul III, Concile de Trente, 6ème sess., ch. 15, 13 jan. 1547 ex cathedra : «Contre les esprits rusés de certains hommes qui, « par de doux discours et des bénédictions, séduisent les cœurs simples » (Rm 16, 18), il faut affirmer que la grâce de la justification, qui a été reçue, se perd non seulement par l’infidélité (can. 27), par laquelle se perd aussi la foi elle- même, mais aussi par n’importe quel péché mortel, bien qu’alors ne se perde pas la foi (can.28). On défend ainsi la doctrine de LA LOI DIVINE qui EXCLUT DU ROYAUME DE DIEU non seulement LES INFIDÈLES [non-catholiques : apostats, hérétiques, schismatiques, païens, idolâtres], MAIS AUSSI LES FIDÈLES [catholiques pécheurs mortels] fornicateurs, adultères, efféminés, sodomites, voleurs, avares, ivrognes, médisants, rapaces (I Cor 6, 9-10) et tous les autres QUI COMMETTENT DES PÉCHÉS MORTELS dont, avec l’aide de la grâce divine, ils peuvent s’abstenir et à cause desquels ils sont séparés de la grâce du Christ (can. 27)».

Pape Jules III, Concile de Trente, 14ème Sess., ch. 1, 25 nov. 1551 ex cathedra : «ceux qui se sont ensuite [péché mortel après le baptême] livrés à l’esclavage du péché et au pouvoir du démon…»

Pape Jules III, Concile de Trente, 14ème Sess., ch. 5, 25 nov. 1551 ex cathedra : «les … péchés mortels rendent les hommes « enfants de colère » (Ep. 2, 4) et ennemis de Dieu…»

Pape Jules III, Concile de Trente, 14ème Sess., can. 5, 25 nov. 1551 ex cathedra : «… la perte du bonheur éternel et la damnation éternelle…»

Le péché est une corruption de la volonté et un abus du don de la liberté que Dieu nous donne avec tant d’amour

Par le péché, l’homme se choisit lui-même au-dessus de l’amour pour son créateur et fuit la justice et l’amour divins. Car Dieu ne nous rejette pas, c’est plutôt l’homme qui rejette Dieu. Ce rejet de Dieu et la violation des lois justes de notre Créateur font perdre la grâce dans l’âme de l’auteur et la dépouillent de la vie divine. Une âme sans la grâce ne peut pas passer au ciel après la mort, et est vouée à souffrir en enfer, un endroit prévu par Dieu pour tous ceux qui rejettent son amour et sa miséricorde.

Comme tous les hommes ont péché devant Dieu, soit par le péché personnel ou par le péché originel inhérent à la nature, tous les hommes méritent la mort corporelle et spirituelle. La justice et la bonté infinie de Dieu ne peut pas forcer l’homme à l’aimer, car cela priverait l’homme de son libre arbitre. Le libre arbitre est nécessaire pour le véritable amour, car l’amour ne peut être forcé, il doit être donné librement.

Afin de sauver l’homme de ses péchés et d’une éternité en enfer, Jésus-Christ a servi de substitut pour les transgressions de l’homme par son obéissance et sa mort sacrificielle. La mort du Christ a racheté tous les hommes et a ouvert la possibilité de salut pour tous. Afin de recevoir la vie éternelle, une personne doit avoir la foi divine et vraie dans le Christ comme son sauveur. Un croyant doit également être baptisé et doit vivre une vie de charité chrétienne à travers l’obéissance aux commandements du Christ et les préceptes de l’Église. La vraie foi naît de la prière et est un don gratuit de l’Esprit Saint à ceux qui choisissent de rechercher le Christ.

«Mais par l’envie du diable, la mort est entrée dans le monde, et ceux qui sont dans sa possession en font l’expérience». (Sagesse 2, 24)

Jésus parle du mal comme de la désobéissance à la volonté de Dieu tout-puissant, et un rejet de son amour divin. Le mal est entré dans la création de Dieu par Satan, l’ange de la mort et le prince du mal. L’Église enseigne que Satan avait été un bon ange créé par Dieu. Cependant, Satan (parce qu’il a reçu le don du libre arbitre) a décidé de rejeter Dieu, préférant ses propres désirs égoïstes. Le Christ nous dit : «Je voyais Satan tomber comme l’éclair du ciel» (Luc 10, 18). Satan a été chassé du ciel, mais a été autorisé à tenter l’humanité loin de la bonté de Dieu et de la justice divine. A cause de Satan le péché est entré dans le monde, l’a corrompu et a provoqué la mort.

Il existe une raison valable pour laquelle Dieu a permis à l’homme la liberté de choisir le mal. Cela ne s’oppose pas à sa bonté. Dieu n’est ni l’auteur du mal, ni sa victime impuissante. Cependant, il est un fait que Satan existe et est «menteur et père du mensonge» (Jean 8, 44). Satan s’oppose à la vérité et en trompe beaucoup en tentant des personnes à abandonner Dieu, de préférence à des formes inférieures de bien corrompu par le mal.

Au cours des siècles, les théologiens et les philosophes chrétiens ont spéculé sur le problème du mal. Il existe quatre possibilités pour l’existence du mal et de la souffrance :

  1. La souffrance est une punition pour le péché.
  2. Dieu permet le mal parce que Dieu peut en tirer une forme supérieure de bien (le salut du Christ et la vie éternelle conséquence de la mort corporelle).
  3. Le mal est une conséquence du don de Dieu de la libre volonté. L’homme doit être libre soit d’embrasser Dieu, soit d’embrasser le mal. Satan, un être spirituel, a également reçu le don du libre arbitre et il a choisi d’en abuser.
  4. Dieu permet le mal pour la décision de l’âme : l’homme doit être libre de choisir son destin moral et être en mesure de répondre à la vertu ou au mal comme de défis. Le mal est permis afin de donner la possibilité d’un ordre supérieur de la bonté.

Précisément à cause de sa bonté, Dieu choisit de faire co-exister avec le mal pour un temps, afin que sa bonté puisse être d’autant plus manifeste dans ceux qui le surmontent en choisissant librement de faire le bien et d’éviter le mal. Le prophète Job a connu de terribles souffrances et le mal en dépit de sa vie vertueuse consacrée à Dieu. Il a exigé une explication du Seigneur pour sa souffrance et sa douleur. Dieu répondit :

«Qui est celui qui obscurcit les plans divins avec des mots d’ignorance … Où étiez-vous quand j’ai fondé la terre ? … Aurons-nous à discuter avec le Tout-Puissant par la critique ? Que celui qui permettrait de corriger Dieu donne la réponse !» (Job 38, 1-2 ; 40, 2).

Le péché mortel est un mal infini

Père Martin Von Cochem, 1625-1712, capucin, Les quatre derniers événements : la mort, le jugement, l’enfer, le ciel, partie II, ch. VIII : «Il y a beaucoup de raisons pour lesquelles le Christ en cette qualité doit juger l’humanité avec une si terrible sévérité. La principale est parce qu’il a été le plus gravement outragé par les péchés des hommes. Les théologiens affirment que chaque péché mortel est en soi un mal infini, et est un affront infini à la majesté divine. C’est une infraction d’une telle ampleur que ni la langue des anges ni celle des hommes n’est capable de le décrire. On comprendra donc que, comme dans tout péché mortel il y a une malice tellement profonde, cela doit si profondément offenser le Divin Cœur de Jésus, et qu’Il soit justement en colère contre la personne qui a été coupable de provoquer ce péché. Et pour que soit plus évident combien est juste la colère de Dieu quand elle est réveillée par le péché mortel, il sera bon d’expliquer plus clairement à quel point est l’insulte faite à Dieu par le péché volontaire. Imaginez les trois personnes divines de la Très Sainte Trinité être d’un côté, avec leurs trésors infinis de grâce et de gloire, et d’un autre côté l’esprit du mal avec toutes les peines et les tourments de l’enfer ; et un homme debout au milieu entre les deux, débattre en lui-même s’il doit montrer de l’honneur à Dieu en faisant sa volonté, ou s’il doit agir en violation de sa volonté, et ainsi provoquer le diable à se réjouir. Si l’homme commet le péché, il agit contre Dieu, et Dieu concerne son action, exactement comme s’il prononçait ces paroles blasphématoires, ou d’autres de même nature : « Je crois en effet, ô Dieu, que je fus créé par votre puissante puissance, racheté par votre miséricorde, fait enfant de prédilection par votre bonté, je sais que vous m’avez promis la vie éternelle, tout le doux bonheur du ciel. Je suis aussi bien conscient que ce maudit Satan, votre grand ennemi et le mien, est prêt à me dépouiller de tout ce qui est bon, et me faire tomber dans la perdition éternelle. Et pourtant, parce que Satan me tente maintenant, parce qu’il me suggère une pensée d’impudicité, un désir de vengeance, un mouvement d’envie, je choisis plutôt de céder à cette impulsion et ainsi me rendre digne de châtiment éternel, que de résister et repousser la suggestion du mal et ainsi mériter le ciel après et des grâces spirituelles maintenant. C’est pourquoi, délibérément et de ma propre volonté, je me détourne de vous, ô Dieu. Je veux suivre par choix ce démon haineux auquel j’obéis de préférence à vous. Bien que Vous êtes mon Dieu et mon Seigneur, bien que Vous nous avez interdit de transgresser votre loi, bien que le péché est une offense infinie contre vous,  je ne m’en soucie pas, je commettrai le péché tout de même, je ne me désiste pas parce qu’il est un outrage contre vous. Bien plus, si je pouvais faire tout ce que la malice de mon cœur permet, je le ferais, je me braquerai contre Dieu, je vous précipiterai de Votre trône, et en votre place, je placerai le péché et son culte comme mon dieu. J’aime le péché, je désire me délecter, et y trouver mon seul bonheur ». Ces blasphèmes que ces paroles expriment sont terribles, et ne peuvent être lues sans frémir. Pourtant, tout homme qui commet volontairement, et au mépris de la loi de Dieu, le péché mortel est coupable de blasphème contre Dieu de la même manière. Quelle merveille, alors, que Dieu soit si profondément offensé par le péché mortel. Mais on n’a pas encore montré toute l’étendue de la malice du péché, il va plus loin encore ; il est doublement offensif contre Dieu parce que le pécheur non seulement manifeste le mépris de Dieu le Père, il met aussi à néant son Fils bien-aimé, la deuxième personne de la Trinité divine, dans tout péché volontaire, il semble dire : « Il est vrai que Vous êtes devenu homme pour moi. Vous m’avez cherché pendant trente-trois ans, comme une brebis qui était perdue ; Vous avez supporté la faim et la soif, la chaleur et le froid, et toutes sortes de difficultés à cause de moi, alors que Satan n’a rien fait de la sorte pour moi ; au contraire, il me poursuit jour et nuit et s’efforce de me piéger. En dépit de cela, je préfère lui appartenir plutôt qu’à vous. Je préfère lui plaire, et Vous pleurer : Est-il vrai, ô mon Rédempteur, que pour l’amour de moi vous étiez déchiré avec des fouets, couronné d’épines, fixés avec des clous à la croix et mis à mort au milieu de tortures amères. Malgré tout cela je vous réponds non merci, bien plus, même si je sais que par mes péchés je vous flagelle, que je vous crucifie, que je vous mets à mort à nouveau, je n’abandonnerai pas mes péchés. Je foulerai aux pieds votre précieux sang, j’adorerai Satan au lieu de vous, je ferai de lui mon cher ami et ferai de mon mieux pour lui faire plaisir ». Encore une fois je demande, ne sont-elles pas ces paroles blasphématoires à l’extrême ? Est-ce qu’elles ne montrent la plus noire ingratitude de la part du pécheur envers son Sauveur ? On ne peut guère imaginer qu’un chrétien afflige son Rédempteur d’une manière si honteuse. Et pourtant, il y a des milliers de personnes qui, sinon en paroles, mais en actes, adressent un tel langage à leur Sauveur. En troisième lieu, les outrages audacieux du pécheur défie le Saint-Esprit de Dieu, car ses actions sont équivalentes à des expressions telles que : « Vous, ô Saint-Esprit, vous avez certainement sanctifié mon âme, purifiée dans le sang du Christ et l’avez embelli par votre grâce. Je sais que votre grâce sanctifiante est si précieuse que toute âme qui en est ornée devient ainsi une fille du Père céleste, une sœur du divin Fils, et épouse du Saint-Esprit, la demeure de la Très Sainte Trinité, un temple de la divinité souveraine, une héritière de la félicité éternelle, une amie des anges et des saints, mais est-ce que je me soucierais de ces prérogatives exaltés, dois-je prendre soin de cette perle inestimable, de ce bijou précieux ? Éloignez-vous avec elles. Je rejetterai cette perle, ce bijou aux chiens et aux porcs, à savoir, mes passions mauvaises, je sacrifierai tout pour elles, je servirai le péché et vivrai dans le péché ». Ne voyez-vous pas, ô lecteur, combien le péché est odieux, combien choquante est la nature du pécheur, combien infini l’offense contre Dieu, le mépris de Dieu qui est inséparable du péché ? N’êtes-vous pas convaincu que Dieu a une juste cause de ressentir une sainte indignation contre le péché et les esclaves du péché, et de condamner le pécheur à la damnation éternelle ? Et si la colère de Dieu, qui est infini en sainteté et justice, est excitée à un tel point par un seul péché mortel, combien doit-Il, lui juste et saint, être irrité et offensé par les millions et millions de péchés honteux quotidiens commis sans vergogne non seulement par les Juifs et les païens, mais aussi par les chrétiens ! (Père Martin Von Cochem, 1625-1712, capucin, Les quatre derniers événements : la mort, le jugement, l’enfer, le ciel, partie II, ch. VIII)

La miséricorde sans la justice n’est pas Dieu

Un Dieu qui ne jugerait pas ou qui ne pourrait juger, c’est un Dieu qui ne déteste pas le mal, ou qui n’aime pas vraiment le bien pour de vrai ; c’est un Dieu qui n’a pas le pouvoir de séparer le mal du bien et de détruire le mal, un Dieu qui n’a pas le pouvoir de récompenser le bien, c’est un Dieu qui ne sert à rien, un faux Dieu fabriqué selon les désirs des hommes.

Romains 1, 17 : La justice de Dieu, en effet, y [l’Évangile] est révélée par la foi et pour la foi, ainsi qu’il est écrit : Le juste vivra de la foi ;

I Corinthiens 16, 22 : « Si quelqu’un n’aime pas le Seigneur Jésus-Christ, qu’il soit anathème ! Maran Atha [Notre Seigneur vient juger] ».

Proverbes 10, 23 : « c’est comme en se jouant qu’un insensé commet le crime ».

Proverbes 14, 9 : « L’insensé se jouera du péché ».

Proverbes 2, 7 : « Il veillera au salut des hommes droits ».

Saint Alphonse, La religieuse sanctifiée, la véritable épouse de Jésus-Christ, ch. 5 : « Pour éviter un tel malheur [perte de la grâce sanctifiante], je l’engage à avoir toujours présente à la mémoire, cette grande maxime enseignée par St Basile, par St Jérôme, par St Augustin, par d’autres Sts Pères, et fondée sur les divines écritures, qui est que Dieu a compté à chaque personne le nombre des péchés qu’il consent à lui pardonner, et que, comme nous ne connaissons pas ce nombre, chacun de nous doit craindre qu’en ajoutant un nouveau péché à ses anciennes fautes, Dieu ne l’abandonne et qu’il ne soit perdu pour toujours. …

« Oh ! Si les chrétiens avaient toujours à l’esprit cette juste crainte que chaque péché qu’ils font, sera peut-être celui qui doit combler la mesure, et qu’il ne leur sera pas pardonné, combien ils s’abstiendraient de retourner à leur vomissement ! Que d’âmes avec la fausse espérance du pardon se sont perdues misérablement, et sans qu’il y ait eu remède à leur damnation éternelle».

Dieu abandonne ceux qui l’abandonnent

Dieu abandonne celui qui l’a abandonné, mais préserve celui qui se préserve par la crainte de Dieu. Dieu abandonne à leurs péchés ceux qui s’abandonnent à leur(s) péché(s), c’est-à-dire qu’ils tomberont et s’obstineront de plus en plus profondément dans leurs péchés en châtiment de leur orgueil.

Romains 1, 28 : Et comme ils n’ont pas montré qu’ils avaient la connaissance de Dieu, Dieu les a livrés à un sens réprouvé, de sorte qu’ils ont fait les choses qui ne conviennent pas.

La note de la Bible catholique Vulgate explique que Dieu abandonne à eux-mêmes les pécheurs en punition de leur orgueil.

Note Vulg. Rom. 1, 28 : «Dieu les a livrés, etc., c’-à-d. que les ayant abandonnés à leur propre malice, il les a laissés tomber dans ces péchés honteux en punition de leur orgueil».

Pape Paul III, Concile de Trente, 6e sess. ch. 11, 1547, ex cathedra (Magistère infaillible solennel) : «Ceux qu’il a justifié une fois, « Dieu ne les abandonne pas, à moins qu’Il ne soit d’abord abandonné par eux » (Augustin. De natura et gratia n. 26 ; 29)».

Pape Pie IX, Concile du Vatican, Dei Filius, 3e sess. ch. 3, 1870, ex cathedra (Magistère infaillible solennel) : «… le Seigneur … n’abandonnant [n’abandonne] quelqu’un que s’il est abandonné».

Comme on peut le voir ci-dessus, c’est un dogme que Dieu abandonne ceux qui l’abandonnent, ce qui réfute infailliblement les hérétiques qui pensent à tort que Dieu n’abandonne personne et qui croient en une fausse miséricorde et sont trompés par le diable en appliquant la miséricorde hors du salut et en dehors de là où Dieu l’applique, comme la secte vatican 2. Ces gens qui sont hors de la vraie foi parlent de « charité » et de « miséricorde », mais ils devraient plutôt craindre la justice de Dieu car ils sont hors de la foi, hors de l’Église et hors du salut, et s’ils demeurent dans ce point de vue, sans véritable repentance, ils descendront immédiatement en enfer à leur mort.

Pape Benoit XII, Benedictus Deus, 29 janv. 1336 ex cathedra (Magistère solennel) : «les âmes de ceux qui meurent en état de péché mortel descendent aussitôt après leur mort en enfer où elles sont tourmentées de peines éternelles».

Pape Eugène IV, Concile de Florence, Laetentur caeli, 1439, (Décret. 528) ex cathedra (Magistère solennel) : «Quand aux âmes de ceux qui disparaissent en état effectif de péché mortel ou seulement originel, elles descendent aussitôt en enfer, pour y être punies cependant de peines inégales».

C’est une hérésie de penser sciemment que Dieu ne juge pas et que tous iront au paradis. Car c’est un mystère essentiel de la foi pour le salut – foi minimum sans laquelle il n’y a absolument aucun salut – que Dieu est le rémunérateur des actes des hommes, le punisseur des hommes qui font le mal et qu’il récompense ceux qui font le bien, en cette vie et dans l’autre.

Proverbes 1, 24-26 : « Parce que j’ai appelé, et que vous avez refusé de m’entendre ; que j’ai tendu ma main, et qu’il n’y a eu personne qui m’ait regardé ; Que vous avez méprisé tous mes conseils, et négligé mes réprimandes ; Moi aussi, à votre mort, je rirai et je me moquerai, lorsque ce que vous craigniez vous sera arrivé ».

Pape Eugène IV, Concile de Florence, session 8, 22 nov. 1439 ex cathedra (Magistère solennel) : « Nous présentons … cette règle de foi énoncée par le très bienheureux Athanase… : «Quiconque veut être sauvé doit, avant tout, tenir la foi catholique : s’il ne la garde pas entière et pure, il périra sans aucun doute pour l’éternité. …il viendra juger les vivants et les morts. À sa venue, tous les hommes ressusciteront avec leurs corps et rendront compte de leurs propres actes : ceux qui ont bien agi iront dans la vie éternelle, ceux qui ont mal agi, au feu éternel. Telle est la foi catholique : si quelqu’un n’y croit pas fidèlement et fermement, il ne pourra être sauvé».

Mgr Jacques-B. Bossuet, évêque de Meaux († 1704) : « Dieu rit de ceux qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes ».

En Dieu, justice et miséricorde sont un

Saint Irénée, père de l’Église, Contre les hérésies, L. III, Conclusion : « Mais en fait Dieu prend soin de toutes choses, et c’est pourquoi il donne des conseils ; donnant des conseils, il est présent à ceux qui prennent soin de leur conduite. Les êtres bénéficiant de sa Providence et de son gouvernement connaissent donc nécessairement Celui qui les dirige, du moins ceux qui ne sont pas déraisonnables ni frivoles, mais qui perçoivent cette Providence de Dieu. Et c’est pourquoi quelques-uns d’entre les païens, moins esclaves des séductions et des plaisirs et moins emportés par la superstition des idoles, si faiblement qu’ils aient été mus par la Providence, n’en ont pas moins été amenés à dire que l’Auteur de cet univers est un Père qui prend soin de toutes choses et administre notre monde.

« [Inanité d’un Dieu qui serait bon sans être en même temps juste] Par ailleurs, afin d’ôter au Père le pouvoir de reprendre et de juger — car ils estiment que cela est indigne de Dieu et ils croient avoir trouvé un Dieu exempt de colère et bon —, ils distinguent un Dieu qui juge et un autre qui sauve, sans s’apercevoir qu’ils enlèvent ainsi toute intelligence et toute justice à l’un comme à l’autre. En effet, s’il est justicier, mais sans être en même temps bon pour pardonner à ceux à qui il le doit et ne reprendre que ceux qui le méritent, il apparaîtra comme un juge sans justice ni sagesse ; à l’inverse, s’il n’est que bon sans être aussi l’examinateur de ceux qu’il veut faire bénéficier de sa bonté, il sera en dehors de la justice comme de la bonté, et cette bonté même apparaîtra comme impuissante en ne sauvant pas tous les hommes, si elle s’exerce sans un jugement.

«Par conséquent Marcion, qui divise Dieu en deux et distingue un Dieu bon d’un Dieu justicier, supprime Dieu de part et d’autre. Si en effet le Dieu justicier n’est pas également bon, il n’est pas Dieu, car il n’y a pas de Dieu sans bonté ; à l’inverse, si le Dieu bon n’est pas également justicier, il subira le même sort que le premier et se verra soustraire la qualité de Dieu.

«D’ailleurs, comment peuvent-ils déclarer sage le Père de toutes choses, s’ils ne lui attribuent pas aussi le pouvoir de juger ? Car, s’il est sage, il est aussi examinateur ; or un examinateur ne se conçoit pas sans le pouvoir de juger, et ce pouvoir requiert la justice pour que l’examen se fasse d’une manière juste ; ainsi la justice appelle le jugement, et le jugement à son tour, lorsqu’il est fait avec justice, fait remonter à la sagesse. Si donc le Père de toutes choses l’emporte en sagesse sur toute sagesse humaine et angélique, c’est précisément parce qu’il est le Seigneur, le juste Juge et le Maître de tous. Mais il est également miséricordieux, bon et patient, et il sauve ceux qu’il convient. De la sorte, ni la bonté ne lui manque du fait de la justice, ni la sagesse n’est diminuée pour autant, car il sauve ceux qu’il doit sauver et juge ceux qui méritent d’être jugés ; et cette justice n’apparaît pas cruelle, précédée et prévenue qu’elle est par la bonté.

«Ainsi donc Dieu qui, avec bonté, fait lever son soleil sur tous et fait pleuvoir sur les justes et les injustes jugera ceux qui, ayant bénéficié à titre égal de sa bonté, n’auront pas pareillement vécu d’une manière digne du don reçu, mais se seront adonnés aux voluptés et aux passions charnelles, se dressant contre sa bonté et allant même jusqu’à blasphémer Celui qui les a comblés de si grands bienfaits».

Dieu veut la conversion du pécheur :

P. Kroust († 1772), S.J., Méditations sur les vérités de la foi, Mercredi IV ap. la Pentecôte, II, 2 : « Voici ce que dit le Seigneur : Revenez à moi enfant prodigue ; est-ce ma volonté que l’impie périsse ? Non, je veux qu’il se convertisse et qu’il vive ».

Dieu remet les péchés du pécheur pénitent :

P. Kroust († 1772), S.J., Méditations sur les vérités de la foi, Mercredi IV ap. la Pentecôte, II, 3 : « C’est moi, c’est moi-même, dit votre Dieu, qui efface toutes vos iniquités pour l’amour de moi-même et pour satisfaire ma bonté : je ne me souviendrai plus de vos iniquités. Venez donc, on vous rendra votre première robe… Votre Dieu s’excusera devant les justes en leur disant : vous êtes toujours avec moi [Cf Luc 15] ; mais il faut que je me réjouisse, parce que votre frère était mort, et il est ressuscité… ».

Dieu perdra les pécheurs :

P. Kroust († 1772), S.J., Méditations sur les vérités de la foi, Mercredi IV ap. la Pentecôte, III, 3 : «Non, Seigneur le méchant n’habitera pas près de vous ; les injustes ne subsisteront pas devant votre face. Vous haïssez tous ceux qui commettent l’iniquité, vous perdrez tous ceux qui profèrent le mensonge. Dieu demeure toujours saint malgré les crimes des hommes, et pour les punir Il les abandonne à leurs mauvais désirs, non en les conduisant au mal, mais en les y laissant et en les privant de sa grâce ».

Dieu est bon

Le secret ou révélation de la bonté de Dieu c’est qu’Il console le cœur contrit et humilié (cf Psaume 50). C’est aussi le secret de Sa miséricorde et de Sa justice : Dieu console le cœur souffrant ou désolé de l’avoir offensé, mais pas celui qui n’a pas cette désolation ou qui ne s’est pas repenti sincèrement, car ce dernier n’a pas de souffrance de son cœur à consoler.

Saint Irénée, père de l’Église, Contre les hérésies, L. III, partie 2, Témoignage du Christ : «notre Seigneur est bien le seul vrai Maître ; il est vraiment bon, lui, le Fils de Dieu ; il a supporté la souffrance, lui, le Verbe de Dieu le Père devenu Fils de l’homme. Car il a lutté et vaincu : d’une part, il était homme, combattant pour ses pères et rachetant leur désobéissance par son obéissance ; d’autre part, il a enchaîné le « fort », libéré les faibles et octroyé le salut à l’ouvrage par lui modelé, en détruisant le péché. Car « le Seigneur est compatissant et miséricordieux » et il aime le genre humain».

Pape saint Grégoire le Grand, père de l’Église, Homélie sur la parabole des dix vierges (Mt. 25, 1-13), 28 jan. 591 : « … Celui qui a gaspillé le temps favorable à la pénitence vient en vain supplier devant la porte du Royaume. C’est en ce sens que le Seigneur déclare par la bouche de Salomon : « J’ai appelé, et vous avez résisté ; j’ai tendu la main, et personne n’y a fait attention. Vous avez méprisé tous mes conseils, et vous avez négligé mes reproches. Moi aussi, je rirai de votre mort, je me moquerai quand vous arrivera ce que vous craigniez. Lorsqu’une soudaine calamité fondra sur vous et que la mort vous assaillira comme une tempête, quand viendront sur vous la tribulation et l’angoisse, alors on m’invoquera, et je n’écouterai pas ; on se lèvera dès le matin, et l’on ne me trouvera pas » (Pr. I, 24-28). Voyez : ces vierges demandent à grands cris qu’on leur ouvre ; repoussées, elles exhalent leur douleur en adressant au Maître un appel redoublé : « Seigneur, Seigneur, ouvre-nous ». Mais elles ont beau offrir leurs prières, on les ignore ; c’est qu’en ce jour, le Seigneur abandonnera comme des inconnus ceux que le mérite de leur vie ne lui fait pas reconnaître maintenant pour siens. Le Seigneur ajoute ici bien à propos une exhortation destinée à tous ses disciples : « Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure ».

«Après le péché, Dieu accepte la pénitence, et si chacun savait quand il doit quitter ce monde, il pourrait se donner un temps pour les plaisirs et un temps pour la pénitence. Mais celui qui a promis le pardon au pénitent n’a pas promis de lendemain au pécheur. Aussi devons-nous toujours craindre notre dernier jour, puisque nous ne pouvons jamais le prévoir. Même ce jour où nous vous parlons, nous ne l’avons reçu que comme un répit pour nous convertir, et pourtant nous refusons de pleurer le mal que nous avons fait. Non seulement nous ne nous désolons pas des fautes commises, mais nous en ajoutons d’autres qu’il faudra pleurer. Qu’une maladie nous annoncent une mort prochaine, et nous cherchons une prolongation de vie pour pleurer nos péchés ; mais ce délai que nous demandons alors avec un très ardent désir, nous en jouissons, en ce moment même, sans en faire aucun cas».

Saint Bernard de Clairvaux proférait les gémissements suivants au nom du Sauveur : « J’ai pris suffisamment patience, et plus que suffisamment, mon fils, vous pour qui la mort m’est aussi douce que la vie et sans qui la vie est pour moi la mort ; je ne vous demande pas pourquoi vous vous êtes retiré, mais pourquoi vous ne revenez pas ; venez seulement et nous aurons la paix ; revenez et tout est fait ».

Les Révélations de sainte Brigitte, approuvées, confirmées, et jugées favorablement par les papes Grégoire XI (1370-1378) et Boniface IX (1389-1404) dans la Bulle papale Ab origine mundi, par. 39 (7 oct. 1391), examinées et jugées en conformité avec la foi catholique par les conciles de Constance (1414-1418) et de Bâle (1431-1449), enseignent que Dieu pardonne à ceux qui se repentent.

Les révélations célestes de sainte Brigitte : «…la Mère de Dieu me parlait en oraison, me disant les paroles suivantes : …que la vraie foi est, et la parfaite vérité, que si quelqu’un, par l’instigation du diable, avait commis tous les péchés desquels il se confesserait avec contrition et résolution de s’amender, et qu’il demandât humblement pardon à Dieu avec une grande charité et miséricorde, il n’y a point de doute que soudain Dieu tout miséricordieux serait préparé à le recevoir avec une grande joie, comme un père charitable qui verrait son cher enfant retourner à lui, affranchi de quelque grand scandale ou de quelque mort déshonorable et sans comparaison ; la miséricorde divine remet avec plus d’amour les fautes et les péchés à ses serviteurs, que les pères ne pardonnent à leurs enfants, à ceux, dis-je, qui s’humilient, qui se repentent, qui demandent ma miséricorde, et qui font résolution de vouloir plutôt mourir que de m’offenser, et enfin désirent de tout leur cœur être amis de Dieu».

La justice sans la miséricorde : l’enfer éternel

«Et si le juste est à peine sauvé, l’impie et le pécheur, où se présenteront-ils ?» (I Pierre 4, 18)

Les fins dernières

Saint Augustin, Les fins dernières (Enchiridion rédigé par lui-même, n° 110-114) : « Lorsqu’après la résurrection, le jugement universel aura été prononcé et accompli, les deux cités, l’une du Christ, l’autre du démon, celle des bons et celle des méchants, l’une et l’autre cependant composées d’anges et d’hommes, seront pour toujours séparées. Les bons n’auront plus la volonté de pécher, les méchants n’en auront plus le pouvoir.
«Dans l’une et dans l’autre, la mort sera inconnue. Dans la première on jouira d’une vie éternellement heureuse, dans la seconde d’une vie malheureuse, dans une éternelle mort, où l’on n’aura même pas le bonheur de pouvoir mourir. La félicité des uns, comme le malheur des autres n’auront pas de fin. Pour les bons il y aura divers degrés de béatitude, pour les méchants des peines plus ou moins supportables.

«C’est en vain que plusieurs hommes, ou pour mieux dire beaucoup d’hommes, mus par un sentiment d’humanité, et prenant en pitié la peine et les tourments sans fin qui affligeront les damnés, croient qu’il n’en sera pas ainsi. Ils n’ont sans doute pas l’intention de contredire les divines Écritures, mais ils sont portés par les mouvements de leur cœur à adoucir ce qui leur parait trop dur, et à interpréter d’une manière plus humaine, ce qu’ils pensent avoir été dit, plutôt dans le but d’imprimer une terreur salutaire aux hommes, que dans celui de dire la vérité. Dieu, disent-ils, n’oubliera pas entièrement sa clémence et dans sa colère il n’arrêtera pas les effets de sa miséricorde (Ps76, 10). C’est en effet ce qui est écrit dans les saints Psaumes ; mais il faut en appliquer le sens à ceux que l’Écriture appelle des vases de miséricorde, parce que, s’ils sont affranchis du malheur éternel, ce n’est pas en considération de leurs mérites, mais par la miséricorde divine. Si toutefois on veut appliquer ces paroles du Psalmiste à tous les hommes, on ne doit pas aller jusqu’à croire qu’il y aura une fin pour le supplice de ceux dont il est dit : Ils iront au supplice éternel, car il faudrait croire aussi qu’il y aura une fin au bonheur de ceux dont l’Évangile a dit au contraire : Mais les justes iront à la vie éternelle. On peut, toutefois, si l’on veut, penser que le supplice des damnés sera de temps en temps suspendu, comme un adoucissement apporté à leurs tourments. Tout en comprenant la chose de cette manière, on n’en doit pas moins croire que la colère de Dieu, c’est-à-dire, non une perturbation de son esprit divin, mais la condamnation qu’il aura prononcée contre les méchants, ne cessera de peser sur eux, mais que cette colère, tout en restant sur les impies, n’arrêtera pas les effets de sa miséricorde, non en mettant une fin à leur condamnation, mais en l’adoucissant par la suspension momentanée de leur supplice.
«Le Psalmiste ne dit pas, en effet, que la colère de Dieu aura une fin, ou qu’après la colère viendra la miséricorde, mais que dans sa colère, Dieu n’arrêtera pas les effets de sa commisération [intérêt à la misère]. Quand bien même cette colère serait considérée dans ses effets les moins rigoureux, c’est-à-dire à n’avoir aucune part au royaume de Dieu, à être exilés de la cité de Dieu, à être exclus de la vie de Dieu, à être privés de l’abondance des délices qu’il tient en réserve pour ceux qui le craignent, et qu’il réserve à ceux qui mettent leur espérance en lui ; cette punition cependant est si grande, qu’on ne saurait la comparer à aucun tourment que nous puissions imaginer, dussent ces tourments se prolonger pendant une suite innombrable de siècles, si cette colère ou cette punition du Seigneur devait être éternelle.

«La mort des réprouvés, c’est-à-dire leur privation de la vie de Dieu, sera donc éternelle et leur sera commune à tous, quelque opinion qu’on se fasse, selon les mouvements d’humanité qu’on éprouve, de la variété de leurs supplices, des soulagements et des intervalles de repos accordés à leurs souffrances, comme la vie éternelle des saints leur sera commune à tous, quelle que soit la différence des honneurs dont ils brilleront».

La rédemption de la mort

Saint Augustin, La rédemption de la mort, sermon 344, 3 et 4 : «Vous devez mourir un jour et vous ne voulez point mourir, et cependant vous mourrez nécessairement, bien que vous refusiez toujours de mourir. Agissez, travaillez, faites tous vos efforts pour ne point mourir, vous n’aboutissez à rien, vous n’avez aucun pouvoir pour détruire cette nécessité de la mort. Cette mort que vous craignez, viendra malgré vous ; vous avez beau la retarder, elle viendra en dépit de tous vos efforts. Vous faites tout pour différer la mort, faites-vous quelque chose pour y échapper ? Si ceux qui sont épris de l’amour de cette vie font tant pour en retarder le moment, que ne doivent-ils pas faire pour en être à jamais exempts ? Vous ne voulez pas mourir, j’en suis certain, transformez donc votre amour, et on vous montrera non point une mort qui viendra malgré vous, mais une mort à laquelle vous êtes libres d’échapper si vous le voulez.

«Si donc la volupté s’est éveillée tant soit peu dans votre cœur, si une étincelle a jailli des cendres de votre chair, si votre âme est assez forte pour ne pas laisser s’éteindre ce feu, mais pour l’embraser davantage sous le vent de la tentation ; si vous ne brûlez pas comme une étoupe, que le plus léger souffle éteint, mais comme un chêne, comme un charbon, à qui le vent communique une nouvelle ardeur, considérez attentivement ces deux morts, l’une temporelle, c’est la première, l’autre éternelle, c’est la seconde. La première mort doit être le partage de tous les hommes, la seconde n’est préparée que pour les méchants, les impies, les infidèles, les blasphémateurs, et pour tous ceux qui se déclarent contre la saine doctrine. Réfléchissez-y et placez ces deux morts sous vos yeux. S’il était possible, vous voudriez les éviter toutes deux. Je le sais, vous aimez la vie, vous ne voulez pas mourir, et vous voudriez passer de cette vie dans une autre, sans mourir, pour ressusciter ensuite, mais en échangeant cette vie contre une plus parfaite.

«Voilà ce que vous voudriez, voilà le désir de la nature humaine, voilà ce qui est, je ne sais comment, le fond de la volonté, et comme la passion du cœur de l’homme. Par là même qu’il aime la vie, il a la mort en horreur, et comme il ne peut haïr sa chair, il ne veut pas qu’elle souffre ce qu’il a en horreur. « Jamais personne n’a haï sa propre chair (Ephes. 5, 23) » dit l’Apôtre. C’est ce même sentiment qu’il exprime, lorsqu’il dit : « Nous avons une demeure édifiée de la main de Dieu, non de la main des hommes, une demeure éternelle dans les cieux. C’est pourquoi nous gémissons, parce que nous désirons être revêtus de cette demeure céleste, comme d’un second vêtement, et que nous voulons, non pas être dépouillés, mais revêtus par-dessus, en sorte que ce qui est mortel soit absorbé par la vie (2 Cor. 5, 1-4) ». Vous ne voulez pas être dépouillé, vous le serez nécessairement ; mais ce qui doit faire l’objet de vos pensées et de vos efforts, c’est qu’après avoir été dépouillé par la mort de votre tunique de chair, on vous trouve revêtu de la cuirasse de la foi, comme l’ajoute l’Apôtre : «si toutefois nous sommes trouvés vêtus et non pas nus ».

«La première mort vous dépouillera de votre chair, qui sera mise de côté pendant quelque temps, et dont vous serez de nouveau revêtu au temps marqué, que vous le vouliez ou que vous ne vouliez pas. En effet il ne dépend pas de votre volonté de ressusciter ou de ne pas ressusciter ; et quand même vous refuseriez de croire à la résurrection, il ne s’ensuit pas vous n’y aurez point de part. Puisque, bon gré, mal gré vous devez nécessairement ressusciter, faites donc bien plutôt vos efforts pour avoir en ressuscitant ce que vous désirez. Notre Seigneur Jésus l’a dit en termes formels : « L’heure vient où tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront la voix du Fils de Dieu et ils en sortiront (2 Jean 25-29), les bons comme les méchants. Tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront sa voix et sortiront, ils sortiront de leurs retraites les plus cachées. A la voix du Créateur, auteur de la vie, aucune créature ne pourra retenir un seul mort. Tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront la voix du Fils de Dieu, et ils en sortiront. En disant tous, il semble tout mêler et tout confondre. Mais écoutez, voici le discernement : Et ceux qui ont bien fait en sortiront pour la résurrection à la vie ; mais ceux qui auront mal fait pour la résurrection au jugement ».

«Or ce jugement qui attend les impies après la résurrection s’appelle la seconde mort. Pourquoi donc vous, chrétien, craignez-vous tant cette première mort ? Elle viendra malgré vous, elle arrivera malgré vos résistances. Vous vous rachetez des mains des barbares ; pour échapper à la mort, vous vous rachetez à grand prix, vous sacrifiez, s’il le faut, tous vos biens, et vous dépouillez pour cela vos enfants, mais à peine racheté, vous mourrez demain. C’est des mains du démon qu’il faut vous racheter ; car c’est lui qui vous entraîne à la seconde mort, où il sera dit aux impies placés à la gauche : « Allez, maudits, au feu éternel qui a été préparé au démon et à ses anges » (Mat. 25, 41). C’est de cette seconde mort qu’il faut vous racheter.

«Vous me demanderez comment ? Ne chercher ni boucs, ni taureaux, ne fouillez même pas dans votre coffre, et ne dites point en vous-même : Pour me racheter des mains des barbares, j’avais de l’argent. Pour vous racheter de la seconde mort, ayez la justice. Les barbares auraient pu tout d’abord vous enlever votre argent et vous emmener ensuite en captivité, sans que vous ayez de quoi vous racheter, puisqu’ils seraient à la fois maîtres de vous et de tout ce que vous possédez ; mais pour la justice, vous ne pouvez la perdre malgré vous ; elle demeure dans le trésor intime de votre cœur ; gardez-la soigneusement, qu’elle soit vraiment votre possession, par elle vous serez racheté de la seconde mort. Si vous refusez, vous ne serez point racheté, parce qu’il dépend uniquement de vous de prendre les moyens d’assurer votre rédemption. La volonté obtient du Seigneur la justice, et la puise en lui comme à sa source. L’accès de cette source n’est interdit à personne, s’il en est digne.

«Considérez aussi la grandeur du secours qui vous est accordé. Votre argent vous a racheté des mains des barbares, il vous a racheté de la première mort, mais le sang de votre Seigneur vous a racheté de la seconde mort. Son sang a été le prix de notre rançon, et il n’a pris ce sang qu’afin de le répandre pour nous racheter. Si vous le voulez, le sang de votre Seigneur a été versé pour vous ; il ne l’a pas été si vous le ne voulez pas. Vous me direz peut-être : Mon Dieu avait à sa disposition le sang qui devait servir à me racheter ; mais il l’a répandu tout entier dans sa passion, que lui reste-t-il maintenant à donner pour moi ? Voici la grande merveille : le Sauveur n’a versé son sang qu’une fois, et il l’a versé pour tous. Le sang de Jésus-Christ est votre salut, si vous le voulez ; il est votre supplice si vous le refusez. Vous donc qui avez horreur de la première mort, pourquoi hésiter à vous affranchir bien plutôt de la seconde ? Or vous en serez délivré, si vous voulez prendre votre croix et suivre le Seigneur, parce que c’est en portant sa croix qu’il a cherché son serviteur».

La seconde mort

La première mort est la séparation de l’âme et du corps et la seconde mort est la mort éternelle de l’âme, une mort qui ne cesse jamais éternellement, toujours sans fin des tourments mortels éternellement toujours sans fin.

Apocalypse 2, 11 : «Celui qui sera victorieux ne souffrira rien de la seconde mort».

Apocalypse 20, 14 : «L’enfer et la mort furent jetés dans l’étang de feu. Celle-ci est la seconde mort».

I Corinthiens 6, 9-10 : «Ne savez-vous pas que les injustes ne posséderont pas le royaume de Dieu ? Ne vous abusez point : ni les fornicateurs, ni les idolâtres, ni les adultères, ni les efféminés, ni les abominables, ni les voleurs, ni les avares, ni les ivrognes, ni les médisants, ni les rapaces, ne posséderont le royaume de Dieu».

Hébreux 10, 31 : «Il est terrible de tomber aux mains du Dieu vivant».

Apocalypse 22, 15 : «Loin d’ici [1], les chiens [2], les empoisonneurs [3], les impudiques [4], les homicides [5], les idolâtres [6], et quiconque aime et fait le mensonge [7]».

[1] Loin d’ici : Hors de la cité de Dieu, c’est-à-dire dans les ténèbres extérieures où est le pleur et le grincement de dents (Lc 13, 28), puis en enfer, et puis dans l’étang de feu qui est la seconde mort.

[2] Les chiens : âmes immondes souillées avec les esprits impurs ou démons, par leurs croyances et/ou pratiques ésotériques/occultes, spiritisme, magie, divinations ; Ouija, Yoga, Reiki, New-âge, etc.

[3] Les empoisonneurs : les apostats empoisonneurs des âmes, comme les sorciers, empoisonneurs et assassins des corps et des âmes, les avorteurs, prescripteurs de produits mortels, etc.

[4] Les impudiques : les adultères, fornicateurs et luxurieux, immodestes, immoraux, les coupables du péché de scandale.

[5] Les homicides : Les hérétiques, meurtriers des âmes ; les adeptes des sectes hérétiques ; ceux qui aident les hérétiques ; et les meurtriers des autres par leur iniquité ou injustice, vaniteux, amis du monde.

[6] Les idolâtres : les païens et les adeptes des fausses religions, polythéisme, Hindouisme, bouddhismeIslam, Confucianisme, Taoisme, etc.

[7] Quiconque aime et fait le mensonge : les menteurs, ceux qui ont nié la loi naturelle de leur conscience, les athées, évolutionnistes, etc.

La réalité de l’enfer

La justice de Dieu est sans miséricorde pour qui n’a fait pénitence de ses péchés. C’est cela l’enfer encore que, pour ainsi dire, les damnés savent que leurs cruels tourments éternels auraient pu être encore pires si Dieu n’avait pas mis fin à leurs jours pour arrêter d’ajouter encore à la mesure de leurs péchés.

Un des grands dangers de ce siècle, et donc l’un des grands triomphes de Satan, a été l’incrédulité croissante dans l’existence de l’enfer. Pour beaucoup, l’enfer est devenu une fable, un mythe, un vestige désuet de «l’Ancien Testament, Dieu du feu, du soufre et du jugement». Poussés par de fausses doctrines et une envie de croire qu’il ne peut y avoir rien de tel comme châtiment éternel pour les torts sérieux «quand Jésus est un Dieu d’amour et de bonté», beaucoup ont jeté l’enfer par la fenêtre – avec la préoccupation pour le péché. Après tout, si il n’y a pas d’enfer, alors pourquoi doit-il y avoir le souci du péché ? Malheureusement, ils oublient que «Je suis le Seigneur et je ne change pas» (Malachie 3, 6). L’enfer n’a pas soudainement été évaporé parce que nous préférerions. Combien Satan est subtil en ces moments. Il enrôle de plus en plus de personnes dans ses astuces en déguisant son existence même. Il veut que vous vous laissiez à baisser la garde. S’il vous plaît ne soyez pas trompés. L’enfer, la punition éternelle pour les péchés graves, existe. L’Écriture, l’Église et les rapports des visionnaires des temps modernes confirment que l’enfer est une réalité – la réalité sans fin pour ces âmes qui doivent y résider avec Satan et tous les autres damnés pour toujours, parce que par leur propre volonté ils ont choisi de rejeter Dieu tandis que sur la terre ils se sont exclus de la communion avec Lui.

Il y a plus de trente références répétées de l’existence de l’enfer dans le seul Ancien Testament. Par exemple : « Les douleurs [peines] de la mort m’ont environné, et les périls de l’enfer m’ont atteint [trouvé] » (Psaume 114, 3 ; comp. Ps. 17, 5, 6). «Car le Seigneur Tout-Puissant se vengera d’eux et les visitera au jour du jugement. Et il répandra du feu et des vers dans leur chair, afin qu’ils brûlent et qu’ils le sentent éternellement » (Judith 16, 20 -21). « Retire-toi de moi, ne m’approche pas, parce que tu es impur ; ceux-là seront une fumé dans ma fureur, un feu brûlant tout le jour » (Isaïe 65, 5). « Un feu s’est allumé dans ma fureur, et il brûlera jusqu’aux extrémités [le plus profond] de l’enfer … J’assemblerai sur eux [les transgresseurs de ma loi] les maux, et j’épuiserai mes flèches sur eux » (Deutéronome 32, 22-23). « C’est un amas d’étoupes que l’assemblée des pécheurs  ; leur fin sera une flamme de feu » (Ecclésiastique 21, 10). « Il expiera [doit être puni] tout ce qu’il a fait, et cependant il ne sera pas consumé ; … il sera oppressé et étouffé de chaleur [brûlera], et toutes sorte de douleurs fondront sur lui … Toutes sortes de ténèbres seront fermées à ses caches [il ne trouvera pas de cache] ; un feu qui ne s’allume point le dévorera» (Job 20, 18, 22, 26).

Dans les Évangiles, Jésus parle plus de l’enfer que du ciel. Dans l’Évangile de saint Matthieu, Jésus dit : « Mais moi je vous dis que quiconque se met en colère contre son frère, sera soumis au jugement. … Mais celui qui lui dira : Fou, sera soumis à la géhenne du feu [l’enfer] » (St Matt. 5, 22). « Le Fils de l’homme enverra ses anges, et ils enlèveront de son royaume tous les scandales [ceux qui causent d’autres au péché] et ceux qui commettent l’iniquité [malfaiteurs]. Et ils les jetteront dans la fournaise du feu. Là sera le pleur et le grincement de dents » (St Matt. 13, 41-42). Dans l’Évangile de saint Marc, Jésus avertit : «Que si votre main vous scandalise [est une occasion de chute], coupez-la :  il vaut mieux pour vous entrer dans la vie, privé d’une main, que d’aller, ayant deux mains, dans la géhenne du feu qui ne peut s’éteindre. … » (Saint-Marc 9, 42).

Une description du jugement dernier dans le Livre de l’Apocalypse fait clairement le point : « Et je vis les morts, grands et petits, debout devant le trône ; des livres furent ouverts, et un autre livre fut encore ouvert, c’est le livre de vie ; et les morts furent jugés sur ce qui était dans les livres, selon leurs œuvres. La mer rendit les morts qui étaient en elle ; la mort et l’enfer rendirent aussi les morts qui étaient en eux ; et ils furent jugés chacun selon ses œuvres. L’enfer et la mort furent jetés dans l’étang de feu. Celle-ci est la seconde mort. Quiconque ne se trouva pas écrit dans le livre de vie fut jeté dans l’étang de feu» (Apoc. 20, 12-15).

Jésus décrit dans l’Évangile de saint Matthieu le jugement dernier, Sa séparation des brebis (ceux qui ont aimé Dieu et le prochain) des chèvres (ceux qui ne l’ont pas). Pour les chèvres, Jésus dit que son acte d’accusation sera : « Allez loin de moi de moi, maudits, au feu éternel, qui a été préparé au diable et à ses anges … Et ceux-ci s’en iront à l’éternel supplice, et les justes dans la vie éternelle » (St Matt. 25, 41, 46). Jésus-Christ ne pouvait pas être plus clair que chacun de nous, par nos choix et conduite, risquons le châtiment éternel après la mort – l’Enfer.

Dans le chapitre 16, 19-31 de l’Évangile de saint Luc, Jésus dit une parabole sur l’enfer. Un homme riche qui est mort et est en enfer plaide avec Dieu pour renvoyer le pauvre Lazare, qui est allé au ciel (ou sein d’Abraham), revenir d’entre les morts pour avertir ses cinq frères que l’enfer existe vraiment. Dieu répond : « S’ils n’écoutent point Moïse et les prophètes, quand même quelqu’un des morts ressusciterait, ils ne croiraient pas ». Cependant, Dieu est si miséricordieux qu’Il a permis à certains des damnés en enfer de retourner sur la terre pour témoigner aux autres qu’il y a vraiment un lieu de souffrance éternelle – l’Enfer – pour ceux qui désobéissent à Dieu et à ses commandements. Nous allons examiner quelques-unes de ces apparitions à la fin de cet article.

Nier l’éternité de l’Enfer est une hérésie condamnée et c’est tout simplement nier la Bible (Voir de nombreux autres passages de la Bible à ce sujet  : L’Enfer)

Dieu est si miséricordieux qu’Il a permis à certains des damnés en enfer de retourner sur la terre pour témoigner aux autres qu’il y a vraiment un lieu de souffrance éternel – l’Enfer – pour ceux qui désobéissent à Dieu et à ses commandements. Voici quelques exemples documentés dans les annales de la révélation privée : Enfer – Sermons et témoignages, apparitions de damnés de l’enfer

Pourquoi l’enfer doit être éternel

Il y a au moins une raison principale pourquoi l’enfer doit être éternel. Que les peines de l’enfer sont éternelles, cela fait bien sûr partie de la foi. Jésus est tout à fait clair comme dans de nombreux endroits (Mt 25, 41 ; Marc 9,44). Cela est dogmatiquement réaffirmé par l’Eglise catholique. Même si les gens savent que c’est enseigné dans la Bible, beaucoup sont encore profondément troublé par la prise en compte de cette vérité ahurissante. Ils se demandent comment une telle punition inimaginable pourrait être juste. L’idée qu’une infraction à la majesté infinie (Dieu) mérite une punition infinie apportera beaucoup en réponse. Cependant, nous tenons à examiner cette question sous un autre angle. Ce qui suit est tout simplement notre point rapide sur pourquoi il est parfaitement logique que les peines de l’enfer soient éternelles.

Une des principales raisons pour laquelle l’enfer doit être éternel est que la seule condition qui importe à l’homme est l’état actuel. Mais la vraie raison pour laquelle l’enfer est éternel c’est parce que par la mort, la volonté sera fixée pour l’éternité. « C’est parce que nos volontés », dit une âme perdue, « ont été fixées pour l’éternité au moment de la mort. Nous avions fait notre choix final. Notre obstination ne nous quittera jamais ». (Cri d’une âme perdue). Ainsi, les damnés ne se repentiront jamais, ne cesseront jamais de haïr Dieu et ne demanderont jamais pardon pour leurs péchés, même si cela était accordé, «parce qu’elle [l’âme] a été rejetée par Lui [Dieu], une telle personne ne peut que le haïr avec toute la force de sa volonté méchante. Nous sommes morts avec la détermination délibérée d’être séparés de Dieu. Vous comprenez maintenant pourquoi l’enfer dure éternellement ! » (Cri d’une âme perdue). Ceci est la vraie raison pour laquelle l’enfer doit être éternel.

Toutefois, en ce qui concerne l’argument selon lequel la seule condition qui importe à l’homme est l’état actuel, supposons, par exemple, que vous vivez dans une zone froide du monde. Supposons que vous aviez de la chaleur les dix dernières années, mais cette année, la catastrophe a frappé votre région et vous a laissé sans aucune chaleur dans les profondeurs de l’hiver. Vous êtes congelé, vous frissonez, etc. Le fait que vous aviez de la chaleur les dix dernières années vous rendra heureux pendant que vous congelez cet hiver ? Non, cela ne vous aidera pas du tout. Tout ce qui importe est que vous ne disposez pas de chaleur cet hiver. Il est vrai de dire que tout ce qui compte pour vous est votre état actuel.

De même, supposons que vous n’avez pas de chaleur les dix dernières années, mais finalement vous l’avez eue cette année. Est-ce que le fait que vous ne disposiez pas de la chaleur l’année dernière, et l’année d’avant, etc., vous rendra malheureux pendant que vous êtes assis maintenant confortablement et chaudement ? Non. Tout ce qui importe est que vous êtes au chaud et confortable maintenant. Tout ce qui importe est votre état actuel.

La même vérité s’applique à tout, y compris aux plaisirs passagers souhaités par la population du monde. (Il convient de souligner qu’aucun de ces plaisirs passagers ne peut apporter le vrai bonheur, car l’homme a été créé pour Dieu et il ne peut être rempli avec eux. Mais le point est ainsi vrai pour ces questions). Par exemple, ceux qui se glorifient de leur état actuel de grande renommée ou d’une grande richesse ou un grand succès ou une grande beauté ne sont pas troublés par le fait qu’ils ne possèdaient pas cela il y a dix ou vingt ans. Tout ce qui compte pour eux est qu’ils sont célèbres ou ont réussi ou qu’ils sont riches, etc., maintenant. Tout ce qui importe à l’homme est l’état actuel.

Par conséquent, si les peines de l’enfer finissaient à un moment donné, alors, à ce stade, l’état de la personne serait libre de punition. Elle ne subirait aucune douleur. Alors comme tout ce qui importe à l’homme est l’état actuel, le résultat final serait que l’homme ne serait pas puni du tout.

Ainsi, quand c’est considéré profondément, il est vrai de dire que la peine qui n’est pas éternelle, à la fin, n’est en fait pas vraiment la peine du tout. Car si elle se termine à un certain point, alors la condition ultime de l’homme (qui est tout ce qui lui importe) est sans punition.

Impénitence finale

L’impénitence est l’effet de la justice divine qui rend à chacun son dû pour ses péchés véniels et mortels négligés. L’esprit s’est enténébré, le cœur s’est souillé, et la volonté s’est enchaînée par la négligence coupable des péchés. L’impénitence finale est le péché irrémissible qui mène en enfer.

Méditations sur les vérités de la foi, P. Kroust, jeudi III ap. l’Épiphanie : « Vous êtes de ce monde, mais moi je ne suis pas de ce monde ; je vous dis donc que vous mourrez dans votre péché (Jean 8, 23-24) ». Comme les péchés véniels, si on en laisse multiplier le nombre, conduisent peu à peu aux mortels, de même les péchés mortels, s’ils ne sont pas effacés par la pénitence et qu’on les néglige, conduisent peu à peu à l’impénitence finale ; ils y conduisent par manière de disposition, par illusion, par vengeance. Remarquez qu’il y a trois espèces d’hommes qu’on appelle hommes du monde : les uns mènent une vie pénible et remplie d’affaires, d’autres une vie molle et oisive, d’autres enfin une vie honteuse et criminelle. Ordinairement la vie d’affaires et pénible conduit à l’impénitence à cause de la mauvaise disposition ; la vie molle et oisive, par une illusion secrète ; la vie honteuse et criminelle, par une vengeance de Dieu évidente.

«Ier point – Le premier genre de vie, qui consiste à être trop occupé des affaires du siècle, loin d’être blâmé par les gens du monde, est loué au contraire ; cependant il conduit bientôt à l’impénitence finale, parce qu’il fait oublier le salut, abandonner le service de Dieu, et qu’il repousse les remèdes de l’âme.

«1° Vous verrez une quantité de gens dans le monde qui travaillent sérieusement, et dont le travail est non seulement inutile, mais pernicieux, parce qu’ils se laissent entraîner par des désirs déréglés, et que leur esprit est tellement préoccupé et absorbé par le soin des choses temporelles, qu’ils ne pensent jamais à celles qui sont éternelles. Le travail des insensés les affligera (Eccl. 10). L’un est tout occupé à acquérir des richesses, celui-ci à parvenir au sommet des honneurs, l’autre à traiter les affaires des princes, cet autre à juger ou à défendre les causes des plaideurs ; ils ne cessent de fatiguer leur corps et leur esprit, tout est pour leurs intérêts et leurs commodités, rien pour le salut de l’âme, et tout en ayant l’air d’une probité toute païenne, ils ne manquent pas de dresser des embuches au prochain, de faire mille espèces de fraudes. Ils connaissent tous les moyens de nuire et de supplanter les autres ; mais, oubliant la doctrine de Jésus-Christ, ils ignorent absolument les préceptes de Dieu et de l’Église, ou plutôt ils les méprisent et les oublient.

«2° Tous ceux qui se jettent et se plongent dans les affaires du siècle, selon saint Paul, ne combattent pas pour Dieu ; mais oublient son service, car personne ne peut servir deux maîtres (Mat. 6), chacun d’eux va à son affaire ; or, comme la maison de Dieu n’est pas une maison d’affaires, ils y vont rarement, et s’ils y vont quelquefois, ils y parlent de leurs affaires ou en font l’objet de leurs méditations. Là où est leur trésor, là est leur cœur (Mat. 6), et s’ils honorent Dieu du bout des lèvres, leur cœur est loin de lui. A peine vont-ils une fois par an au saint tribunal, et ce n’est pas même toujours une fois. Bien tard dans la nuit, ils s’endorment sur leurs affaires temporelles, et de grand matin ils se réveillent pour penser encore à leurs affaires temporelles ; quant aux choses célestes, ils ne s’en mettent pas en peine, ils ne les désirent pas. Ainsi ils se disposent non à la mort des justes, mais à celle des pécheurs.

«3° Malheur à vous, riches ! car il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume des cieux (Mat. 19, 24). Attendez-vous un autre Sauveur que celui qui a dit : Ne thésaurisez pas des trésors sur la terre (Mat. 6, 19). Une autre Écriture que celle qui a dit : Si les richesses abondent, n’y attachez pas votre cœur (Ps 61), doit-elle vous venir du ciel ? Allez donc, riches, pleurez en poussant des hurlements (Jac. 5), car l’avènement du Seigneur est proche. Venez au secours, prêtres, car le riche languit dans ses voies, sa fleur est tombée. Mais avertis trop tard, c’est en vain qu’ils viennent au secours ; il est troublé, fatigué, agité, et, tourné du côté de la muraille, il réfléchit encore aux choses humaines. Il y a une affaire qui est commencée et non encore consommée, c’est un testament pour laisser son nom à ses terres. Le prêtre insiste cependant, on le renvoie au lendemain ; il presse encore, mais il trouve un triple airain sur le cœur du malade. Il ne sait de quel côté ni par quelle raison l’émouvoir. S’il lui inspire la crainte, il ne craint que la perte des choses terrestres ; s’il veut enflammer son désir, il ne désire rien que les choses terrestres. Dieu l’a livré aux désirs de son cœur, dont l’ennemi a déjà pris depuis longtemps toutes les avenues ; il s’y est fortifié.

«L’homme animal ne comprend pas les choses qui sont de l’esprit de Dieu (1 Cor. 2 et Jn 14). De là il suit que, lors même que le moribond se rend aux invitations du prêtre, sa confession est infirme comme lui. C’est une confession sans examen préalable, faite à la légère et comme en passant ; une satisfaction nulle ou qui n’a aucun rapport avec la mesure des péchés ; une contrition douteuse, dont la formule est prononcée avec un cœur languissant et des lèvres froides ; une conversion le plus souvent nulle, puisque l’expérience apprend que rarement il y a amendement s’il guérit.

«Ceux qui veulent devenir riches tombent dans la tentation et dans le filet du démon, et dans des désirs inutiles et dangereux qui jettent les hommes dans la mort et la perdition (1 Tim. 6) ». Prenez quelquefois la résolution, et la résolution sérieuse, de détourner votre esprit des choses terrestres pour les choses de Dieu.

«IIème point – Pensez-vous que ces Galiléens ont été de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, parce qu’ils ont souffert de si grands maux ? Non, je vous le dis, si vous ne faites pénitence, vous périrez tous également (Luc 13). Si le Seigneur avertit ses disciples, qui avaient tout abandonné et qui menaient une vie pauvre et misérable, qu’ils doivent faire pénitence, à combien plus forte raison devons-nous croire que cette vie molle et oiseuse que mènent la plupart les conduira au précipice et à la mort ! Elle conduit pour l’ordinaire à l’impénitence finale par une illusion secrète, parce qu’en faisant certaines bonnes œuvres on en néglige cependant un grand nombre, parce qu’en évitant certains péchés trop honteux il y en a cependant d’autres graves que l’on n’évite pas, et parce qu’en faisant pénitence on n’entreprend pas de dignes travaux de pénitence.

«1° Tout arbre qui ne donne pas de bons fruits sera coupé et jeté au feu (Mat. 3), et l’on demandera beaucoup à celui à qui on a beaucoup donné (Luc 12). Qu’il y en a qui sont trompés par leur amour-propre ; ils ne prennent pas le bien d’autrui, mais ils jouissent en paix de leur patrimoine, passent un certain temps devant un miroir, de là vont à la table, consument un temps assez long au jeu, à la chasse, aux spectacles, et se complaisent ainsi en eux-mêmes ! Et quel mal font-ils ? Ils enfouissent leurs talents, et l’Écriture les place au rang des pécheurs qui ne partagent pas les travaux des hommes, qui ne sont pas châtiés avec eux (Ps 72) et de ceux qui disent à leur âme : Tu as beaucoup de biens et pour un grand nombre d’années, repose-toi, bois, mange et fais bonne chère (Luc 12). Elle les place au rang de ce riche qui était vêtu de pourpre et de fin lin, et qui faisait chaque jour de splendides repas. Qui trouvera une femme forte (Prov. 13) ? Elle se lève avant le jour, ses doigts sont habiles à saisir le fuseau, ses œuvres seront sa louange ; tous ses soins sont pour son mari, pour sa famille, pour ses domestiques, pour les pauvres et pour les voyageurs. Au dernier jour elle sera dans la joie. Mais malheur à vous qui riez maintenant, parce que vous serez tristes et vous verserez des larmes ! Malheur à vous qui êtes maintenant rassasiés, parce que vous serez dans l’indigence (Luc 6) !

«2° La sagesse ne se trouve pas dans la terre de ceux qui vivent dans les délices (Job 28), qui par là même son dépourvus des vertus nécessaires et des bonnes œuvres. Ils sont souillés de vices cachés et de péchés graves, quoiqu’ils s’éloignent de ce qui est trop honteux. Non seulement l’amour propre les trompe, mais les mœurs du monde et sa fréquentation les trompent aussi. Sainte Thérèse, d’après une révélation divine, pleurait dans son monastère certains péchés mortels qui cependant sont regardés comme légers dans le monde. Que penser d’un père de famille qui, par son amour du jeu, met sa famille dans la gêne et dilapide cette partie de ses biens que la Providence destinait au soulagement des malheureux ? Combien d’autres passent légèrement sur les préceptes du jeûne et de l’abstinence ! S’ils ne disent pas toujours des paroles lubriques ou à double sens, ils y applaudissent en riant ; leurs yeux sont pleins d’adultères (Pierre 2). Mais à l’intérieur et dans l’âme, que de monstres qui donnent la mort d’autant plus sûrement qu’ils paraissent moins au dehors ! J’ai passé par le champ du paresseux, et les orties le couvraient totalement (Prov. 24). Ce champ est votre cœur où abondent la coquiole inutile, le charbon et l’herbe dangereuse ; ce sont enfin vos vices et vos péchés qui étouffent la bonne semence.

«3° C’est à ces choses que doivent faire attention avec soin ceux qui aiment les plaisirs du monde, lorsqu’après un long espace de temps ils veulent s’approcher des sacrements. Mais, ne pouvant supporter le travail et la gêne, ils se flattent toujours beaucoup ; ils ne font jamais connaître au prêtre le véritable état de leur âme et détestent la pénitence laborieuse. Si, grâce à Dieu, ils ouvraient au moins les yeux lorsqu’approche le jour de l’éternité, qu’ils comprissent alors et qu’ils sussent prévoir l’avenir ; mais les douleurs de la mort les préoccupent ; eux qui ne sont pas accoutumés à souffrir ne peuvent supporter la souffrance ; ils pensent donc à leur âme plus faiblement encore qu’auparavant, et le chef des esprits de ténèbres, qui est là, les confirme dans leur erreur. C’est à lui que dit le Seigneur : Qui trompera Achab (3 Rois 22) ? Aveuglez le cœur de ce peuple, afin qu’il ne comprenne point, qu’il ne se convertisse point et que je ne le guérisse pas. L’Écriture l’a dit : Ils passent leurs jours dans le bien-être, et en un instant ils tombent dans l’enfer (Job 21). La vérité a dit : Vous mourrez dans votre péché (Jean 8). L’esprit du mensonge dit : Vous ne mourrez point, mais vous serez comme des dieux (Gen. 3). Auquel devez-vous croire ? « Seigneur, votre parole est comme un flambeau à mes pieds et comme une lumière dans mon chemin ; dirigez mes pas selon votre parole, afin qu’aucune iniquité ne domine en moi (Ps 118) ».

«IIIème point – Interrogez le voyageur qu’il vous plaira, et vous connaîtrez qu’il sait cela : que le méchant est réservé pour le jour de la perdition, et qu’on l’amènera au jour de la fureur (Job 21). Il y a une troisième espèce de pécheur qui, après s’être délivré de la crainte de Dieu, ne met point de borne à ses passions, et qui, même après avoir abandonné la religion, professe ouvertement l’erreur et l’impiété, et se vante de ses crimes comme Sodome (Is. 3). L’Écriture sainte, l’Écriture profane et l’expérience de tous les jours prouvent qu’ils périssent d’une manière frappante par l’effet de la vengeance de Dieu, tellement que tous les voyageurs, en cette vie, peuvent le savoir, car la colère de Dieu se révèle sur toute impiété et sur toute injustice des hommes (Rom. 1) : sur les uns, par une mort prompte et imprévue ; sur les autres, par un affreux désespoir de leur salut ; sur d’autres enfin, par un incroyable aveuglement d’esprit et par l’endurcissement du cœur.

«1° Les hommes de sang et les fourbes, qui sont un scandale pour leurs frères, ne verront pas la moitié de leurs jours (Ps 54, 24). Dieu n’a-t-il détruit que les géants dans les eaux du déluge, et dans sa colère n’a-t-il pas précipité leurs imitateurs dans les abimes des fleuves ? La Pentapole seule a-t-elle été consumée par le feu du ciel, et le Seigneur ne poursuit-il pas les impudiques dans sa tempête en multipliant ses foudres ? N’y-a-t-il que les enfants de Juda qui furent frappés, et n’en voyons-nous pas un grand nombre qui de notre temps, frappés subitement d’une plaie incurable, tombent tout d’un coup (le choléra et d’autres maux en sont une preuve) ? N’y-a-t-il que les Égyptiens qui ont été recouverts par les flots de la mer, et ceux qui se sont révoltés contre Dieu, agités par des tempêtes, ne sont-ils pas descendus comme du plomb dans l’abîme ? N’y-a-t-il que ceux qui murmurèrent contre Dieu dans le désert qui furent dévorés par les bêtes féroces, par les serpents, et frappés par l’ange exterminateur, et n’y-a-t-il pas des impies qui ont péri de la même manière ? N’y-a-t-il de coupable que celui que Phinéas perça au moment où il commettait le crime avec une Madianite, et n’en avons-nous pas vu de notre temps surpris et mis à mort en flagrant délit ? N’y-a-t-il que la seule tribu de Benjamin qui fut exterminée, et Dieu n’a-t-il pas détruit d’autres nations et par le fer et par le feu ? N’y-a-t-il que le seul Aman ou les seuls calomniateurs de Suzanne qui, par un revers de fortune, ont été tout à coup conduits au supplice et jetés dans la fosse qu’ils avaient creusée ? La seule Jézabel et Athalie ont-elles été frappées par le glaive ? Pensez-vous donc que ces pécheurs qui au milieu de tant d’autres ont été punis étaient beaucoup plus coupables que vous ? Je vous dis que non ; mais si vous ne faites pénitence, vous périrez tous également.

«2° Le Seigneur est juste dans toutes ses voies ; il perdra tous les pécheurs par divers genres de supplices, et un certain nombre par l’horrible désespoir du salut. Caïn vagabond ne put éviter la main vengeresse de Dieu et n’osa chercher son refuge auprès de Celui qui lui avait promis la vie. Saül reconnut sa faute ; mais agité par la noire envie, Satan s’empara de lui, et il devint furieux jusqu’au jour où, se donnant la mort lui-même, il s’enleva tout à la fois la royauté et la vie. Judas, touché de repentir, rapporta l’argent de sa trahison, confessa publiquement son crime énorme ; néanmoins, livré au démon, il termina sa vie par la corde. Mais les sages des nations, comme le dit l’apôtre, qui avaient connu Dieu et ne l’avaient pas glorifié, furent livrés aux passions honteuses et à leur sens réprouvé, à tel point que, désespérant d’eux-mêmes, ils s’abandonnèrent à toute sorte d’immondices (Rom. 1 et Eph. 4). C’est ainsi qu’un grand nombre désespèrent de leur conversion présente et s’imaginent qu’elle viendra plus tard.

«3° Vous croyez, ô homme, que vous échapperez au jugement de Dieu ? Mais comment échapperons-nous si nous ne faisons pénitence ? Celui qui méprise avec entêtement la correction mourra subitement, et la santé ne lui sera pas conservée (Prov. 29). Mais il lui arrivera après sa mort comme à Pharaon, il sera pris d’un incroyable aveuglement d’esprit et d’une affreuse dureté de cœur, en sorte que, plus semblable à une brute qu’à un homme, il ne sentira rien, il ne comprendra rien. Tels sont la plupart de ceux qui s’abandonnent à l’impureté, à la crapule, à l’erreur ou à l’impiété ; leur cœur s’est coagulé comme du lait (Ps 118). Rien ne les émeut, ils ne voient rien, ils sont tellement stupides que lors même qu’ils sont frappés ils ne sont pas affligés ; ni les châtiments ni les bienfaits de Dieu ne peuvent les guérir. Ils ont résolu de tenir leurs regards vers la terre ; ils veulent périr. Pharaon, tant de fois châtié, poursuit encore les Hébreux, et Samson, si souvent trompé, se livre encore aux embûches d’une femme. Personne, ô mon Dieu, ne peut corriger celui que vous abandonnez ; ne me quittez pas, et que mes péchés ne se multiplient pas. Ne me livrez point à un esprit sans retenue et insensé (Eccl. 23), mais donnez-moi l’esprit de componction, afin que je mérite d’obtenir le pardon de mes péchés».

 

La justice avec la miséricorde n’est pas sans la pénitence

L’Écriture enseigne infailliblement qu’on doit faire pénitence pour le salut, c’est-à-dire recevoir la miséricorde de Dieu. Jésus enseigne lui-même de faire pénitence. Comment donc les chrétiens pourraient-ils être sauvés sans pénitence ?

Luc 13, 3 et 5 : «si vous ne faites pénitence, vous périrez tous de la même manière».

L’Église enseigne infailliblement que les chrétiens doivent faire pénitence

Pape Jules III, Concile de Trente, 14ème session, 1551, ex cathedra : «toute la vie chrétienne, qui doit être une pénitence perpétuelle [St Thomas, Summa contra gentiles IV, 73 ; Leonina 15, 234a 18 ; Parme 5, 365b]».

Pape Pie XI, Quas Primas, n° 15, 11 décembre 1925 : « En effet, ce royaume est présenté dans les Évangiles en tant que tel, dans lequel les hommes se préparent à entrer en faisant pénitence».

Les saints eux-mêmes aussi ont demandé le pardon de leurs péchés.

Job 15, 15 : «Voilà que parmi ses saints personne n’est immuable, et les cieux ne sont pas purs en sa présence».

Pape St Zozime, Concile de Carthage (418), canon 8 : «Quiconque dit que les saints ne prononcent pas pour eux-mêmes ces paroles du Pater « pardonnez-nous nos péchés », parce qu’ils n’ont pas besoin de faire cette prière pour eux, mais seulement pour les pécheurs de leur peuple, et que c’est pour cette raison que les saints disent « pardonnez-nous », et non pas « pardonnez-moi », qu’il soit anathème».

Pape St Zozime, Concile de Carthage (418), canon 9 : «Quiconque prétend que les saints prononcent ces paroles de l’oraison dominicale : « Pardonnez-nous nos péchés » par pur sentiment d’humilité, et non pas dans toute la vérité du mot : qu’il soit anathème».

Qu’est-ce que la pénitence

St Augustin, La pénitence (Homil. In Matth. 14, 4) : «Le premier bonheur de l’homme est de ne point pécher ; le second est de sentir au moins et de pleurer son péché. Si ce sentiment nous manque, comment prierons-nous Dieu de nous pardonner, dans l’insensibilité où nous sommes ? Lorsque vous qui avez péché, vous ne mettez pas seulement en peine de savoir si vous avez péché, comment pourriez-vous implorer la miséricorde de Dieu ? Le prierez-vous de vous pardonner des péchés que vous ne connaissez pas ? Dans une telle ignorance, comment pourrez-vous être touché de la grandeur de ses bienfaits ? Considérez donc en vous-même quelles sont vos transgressions, afin de savoir au moins ce que Dieu vous pardonne et de n’être pas ingrat envers votre bienfaiteur.

«Lorsque vous avez offensé un homme qui a du pouvoir et du crédit, vous priez ses amis, ses proches, ses domestiques même, vous leur donnez beaucoup, vous passez plusieurs jours à redoubler vos prières. Quand celui que vous avez offensé vous rejetterait une fois, deux fois, mille fois même, vous ne vous rebutez pas et vous renouvelez au contraire vos importunités et vos instantes prières. Et quand nous avons irrité contre nous le Dieu de l’Univers, nous continuons à notre ordinaire à passer le temps, dans les divertissements, dans les délices, dans la bonne chère, et nous ne changeons rien à notre genre de vie accoutumé. Est-ce là le moyen de nous le rendre favorable ; et ne l’irritons-nous pas plutôt encore davantage contre nous ? Cette insensibilité que nous témoignons après avoir péché, l’offense beaucoup plus que le péché lui-même. Nous devrions nous enfouir sous terre, ne plus oser ni regarder le soleil, ni respirer, nous qui, ayant un si bon Maître, osons l’irriter et qui n’avons même aucun regret des offenses par lesquelles nous l’irritons.

«Et pourtant lui, quand il s’irrite contre nous, bien loin de nous haïr, il ne le fait que pour nous attirer à lui par ses menaces. Lorsque vous l’outragez par vos crimes, s’il continuait de vous témoigner de l’amour, ne vous porteriez-vous pas à le mépriser de plus en plus ? Pour éviter donc un si grand mal, il vous témoigne de l’aversion pour un peu de temps, afin de vous sauver pour jamais.

«Ayons confiance en sa miséricorde et témoignons par nos actions que nous nous appliquons sérieusement à la pénitence, avant que nous ne soyons surpris par ce jour effroyable où elle ne nous servirait de rien. Maintenant en effet tout dépend encore de vous ; mais alors l’arrêt sera irrévocable et il ne dépendra que de votre Juge. Prévenons-le donc, comme dit l’Écriture, en confessant nos péchés, pleurons et soupirons en sa présence (Ps 94, 2, 6). Si nous savons fléchir à présent notre Juge, le porter à nous pardonner avant qu’il prononce la sentence, nous n’aurons plus besoin ensuite d’intercesseur auprès de lui. Au contraire si nous négligeons cet avertissement, il nous fera paraître un jour en présence de toute la terre, il examinera toutes nos fautes aux yeux de l’univers, et il ne nous restera plus alors aucune espérance de pardon. Si nous ne nous guérissons maintenant de nos péchés, nous ne pourrons pas éviter alors d’en être punis…

«C’est pourquoi, mes frères, conjurons le libérateur de nos âmes, de rompre nos liens et d’éloigner de nous le tyran cruel, afin que, nous ayant dégagés de ses pesantes chaînes, il donne des ailes à notre âme pour élever à lui toutes nos pensées. Et en lui offrant nos prières, offrons-lui également tout ce qui dépend de nous : zèle, conscience, bonne volonté. C’est ainsi que nous pourrons nous délivrer en peu de temps des misères qui nous retiennent, que nous reconnaîtrons enfin dans quel triste état nous avons été, que nous jouirions enfin de cette liberté divine, où je prie Dieu de nous établir par la grâce et la miséricorde de Notre Seigneur Jésus-Christ, à qui soient gloire et puissance dans les siècles des siècles. Amen».

Méditations sur les vérités de la foi, P. Kroust, Mercredi III ap. l’Épiphanie : «3° Il est donc vrai que jamais les bonnes œuvres ne sont plus nécessaires que lorsqu’on est coupable d’une faute grave qui provoque la colère divine, afin de ne pas périr ; malheureusement cependant, pour ces œuvres, vous ne recevrez jamais une récompense. Que de maux vous avez soufferts et que de choses vous avez faites sans profit ! Ce sont comme autant d’éternités que vous avez perdues. Ne tardez pas de vous convertir au Seigneur ; le danger est présent, le lucre cessant, le dommage naissant.

«3° Ne tirez pas cette conclusion : donc les bonnes œuvres sont inutiles, et on doit les abandonner. Elles sont même très nécessaires que jamais. Une telle conclusion serait insensée, impie, fausse. Elle est insensée, parce que la sagesse veut qu’on n’omette point le bien qui, sans mériter la gloire, sert à rentrer en grâce avec Dieu. Elle est impie, puisque vous ne voulez pas faire le bien à moins qu’il ne vous récompense, quoiqu’il l’ordonne avec menace. Il y a vraiment là une perte et une malheureuse nécessité ; car, ou vous ferez le bien sans mérite, ou vous ne l’omettrez qu’en vous rendant coupable d’un nouveau péché et en méritant un nouveau châtiment. Enfin cette pensée est fausse, car ces œuvres ne sont pas absolument inutiles, et Dieu a coutume de les récompenser dans le temps, non qu’elles soient dignes de récompense, mais parce qu’il est bon, dit saint Thomas. Ainsi il donna des maisons aux accoucheuses égyptiennes, et aux Romains, dit saint Augustin, l’empire du monde ; mais il donne surtout la grâce et le moyen de faire pénitence. Ainsi il envoya au centurion Corneille son ange pour l’appeler à la foi.

«IIIème point. N’ajoutez pas péché sur péché, et ne dites pas : La miséricorde de Dieu est grande, il aura pitié de la multitude de mes péchés ; car la miséricorde et la colère sont près de lui, et sa colère fixe ses regards sur les pécheurs (Eccl. 5). Ceux qui diffèrent leur pénitence ajoutent péchés sur péchés, et font de jour en jour un nouveau tort à leur âme. Je renferme cette partie dans ces deux mots ; ils augmentent la multitude de leurs péchés et en remplissent la mesure. Ne pas vouloir apaiser Dieu, ou différer longtemps, c’est un nouveau péché, comme l’enseignent les théologiens et les Pères ; c’est une nouvelle injure faite à Jésus-Christ, une malice spéciale, un mépris horrible, une obstination intolérable. De là vient ce que dit saint Chrysostome, « que ne pas pleurer son péché c’est irriter Dieu de plus en plus et exciter son indignation. Pécher est dans la nature humaine, mais persévérer dans son péché c’est diabolique ». Et le pécheur ne demeure pas longtemps sans quelque nouveau péché, car un mauvais arbre ne saurait porter de bons fruits ; celui qui est vaincu, blessé, renversé, se met moins en peine de résister parce qu’il a moins de force, en sorte que saint Thomas pense qu’il ne peut ni fuir ni vaincre certaines tentations graves.

«C’est ainsi que la multitude des péchés s’augmente et que la mesure se remplit ; la passion prend feu, l’habitude se forme, la colère de Dieu s’enflamme, les forces de l’âme diminuent, la grâce est enlevée. Parce que je me suis tu (en ne déclarant pas mon péché), mes os ont vieilli, mes plaies se sont corrompues (Mat. 23). Le mal croît de jour en jour, la tentation devient plus grave, le démon prend plus d’empire ; de là l’aveuglement de l’esprit, l’endurcissement du cœur, la confession difficile, la conversion presque impossible, et l’impénitence finale».

Faire pénitence ou brûler

Méditations sur les vérités de la foi, P. Kroust, Mardi III ap. l’Épiphanie : «Écoutez saint Jean prêchant dans le désert. Seigneur, par la grandeur de vos miséricordes effacez mes péchés.

«Faites pénitence (Mat. 3). Nous sommes libres de choisir l’un ou l’autre, faire pénitence ou brûler ; mais nous ne pouvons refuser les deux. Examinez donc et choisissez ce que vous voudrez. Vous avez la liberté du choix, mais il faut absolument que vous choisissiez. C’est ce qui sera établi par les trois points de cette méditation : il n’y a point de vie sans faute, point de faute sans pardon, point de pardon sans pénitence.

«Ier point – Qui peut dire : Mon cœur est pur, et je suis exempt de péché (Prov. 20) ? N’ayez pas la présomption de croire que vous êtes sans péché, et ne vous lattez pas avec le pharisien, mais plutôt confessez avec le publicain vos fautes, dont Dieu est le témoin ainsi que votre conscience et le prochain. Toute accusation se fait par la bouche de deux ou trois témoins (Mat. 18).

«1° « Dieu a jeté ses regards sur les enfants des hommes pour savoir s’il y a quelqu’un d’intelligent qui cherche Dieu. Ils sont corrompus et abominables dans leurs desseins. Tous se sont détournés et sont devenus inutiles ; il n’y en a pas un qui fasse le bien, pas un seul » (Ps 13). « Tous ont péché et ont besoin de la grâce de Dieu » (Rom 3). « Si nous disons que nous n’avons pas péché, nous nous séduisons nous-mêmes, et la vérité n’est point en nous (1 Jean 1). Si nous disons que nous n’avons pas péché, nous faisons de Dieu un menteur, et sa parole n’est point en nous. Nous avons tous erré comme des brebis, et nous commettons tous des péchés en plusieurs choses ». Tels sont les témoignages de la vérité. Ne pensons pas que nous sommes hors de ligne à cause de notre vocation spéciale. Les docteurs de la loi, les scribes, les pharisiens se croyaient aussi hors de ligne, mais Jésus-Christ les reprend fortement à cause de leur envie, de leur vanité et de leur ambition. Si vous ne devenez, leur dit-il, comme de petits enfants, vous n’entrerez point dans le royaume du ciel. Aussi ce que saint Jean et saint Jacques disent pour tous, ils se l’appliquent à eux-mêmes : Si nous dison que nous n’avons pas péché, nous nous séduisons nous-mêmes, nous faisons de Dieu un menteur, nous commettons le péché en beaucoup de choses. C’est pourquoi le prêtre formé dans la pratique de la sainte Église offre souvent à Dieu la Victime sainte pour ses péchés, ses fautes et ses négligences qu’il regarde comme innombrables. L’autorité nous prouve donc que nous sommes tous coupables de beaucoup de péchés.

«2° Notre conscience elle-même parle à son tour, elle crie, elle tourmente, elle ne se tait jamais ; mais vous refusez peut-être de l’écouter, parce qu’elle vous reproche la malice de votre cœur, le soin que vous donnez à votre chair et la douceur avec laquelle vous la traitez, parce qu’elle vous reproche votre lenteur et votre paresse dans la pratique de la vertu, la négligence dans votre devoir, votre tiédeur et votre égarement dans vos prières, parce qu’elle vous crie que vos mœurs relâchées ne sont pas conformes à la sévérité de l’Évangile, parce qu’elle vous dit que vous ne devez pas être sans crainte sur les péchés qui vous sont pardonnée, que votre confession est faite sans examen, que votre prétendue contrition est sans douleur, votre bon propos sans changement, que toutes vos confessions depuis votre enfance doivent être refaites ou réparées. Que deviendriez-vous si en ce moment même il vous fallait mourir ? Et pourquoi êtes-vous effrayé, sinon parce que la conscience de vos péchés vous épouvante ?

«3° Si vous ne savez rien, vous n’êtes pas pour cela justifié ; si vous rendez témoignage de vous-même, votre témoignage n’est pas vrai, et des témoins nombreux ne manquent pas pour vous accuser. Les uns sont vos supérieurs qui se plaignent de votre lâcheté, de votre désobéissance, de votre pétulance, de vos négligences, de votre indévotion, de votre immodestie. Les autres sont vos égaux ; ils vous accusent de vanité et d’orgueil, de légèreté et de bouffonnerie, de méchanceté et de malice, de curiosité et de colère, de bizarrerie et d’impatience. Plusieurs autres assurent que vous avez été l’auteur de divisions, de murmures et de médisances. Vous êtes le seul témoin de votre innocence, seul contre tous, et juge dans votre propre cause !
Que pensez-vous de vous-même ? Êtes-vous meilleur que les apôtres, à qui le Seigneur a prédit plusieurs fois leur perte et le malheur éternel s’ils ne se convertissaient et ne faisaient pénitence ? Êtes-vous meilleur que les anges, c’est-à-dire les évêques que Dieu avait placés pour gouverner l’Église naissante et à qui saint Jean reçut l’ordre d’écrire dans son Apocalypse : « À l’ange d’Éphèse. J’ai à vous reprocher que vous avez perdu votre charité première ; souvenez-vous d’où vous êtes tombé et faites pénitence. À l’ange de Pergame. J’ai contre vous quelque chose, c’est que vous avez près de vous des gens qui tiennent la doctrine de Balaam ; faites donc aussi pénitence, sinon je viendrai à vous. À l’ange de Sardes. Je connais vos œuvres, vous avez le nom de vivant et vous êtes mort ; faites pénitence. À l’ange de Laodicée. Je connais vos œuvres ; parce que vous n’êtes ni froid ni chaud, je vais vous vomir de ma bouche. Vous dites que vous êtes riche et chargé de biens, que vous ne manquez de rien, et vous ne savez pas que vous êtes pauvre, misérable, dépourvu de tout, aveugle et nu (Apoc. 2) ? »

«Malheur même à la bonne vie si Dieu l’examine sans miséricorde ! dit saint Augustin. Je sais, Seigneur, que personne ne sera justifié en votre présence (Ps 142). Je connais mon iniquité, et je ne dissimulerai pas mon injustice afin que vous effaciez mon péché. Il n’y a point de vie sans tace, point de tache sans pardon.

«IIème point – Convertissez-vous et faites pénitence de toutes vos iniquités, et votre péché ne sera point la cause de votre perte (Ezéch. 18). Il n’y a aucun pécheur qui ne puisse pendant sa vie obtenir le pardon, parce qu’il n’y a point de péchés si nombreux ni si horribles, point d’habitude si grande et si forte, point de conscience en si mauvais état, qu’elles soient capables d’épuiser la miséricorde de Dieu, d’égaler le prix de la rédemption, de vider les trésors de la grâce et de rendre vaines les promesses divines.

«1° La miséricorde de Dieu est infinie ; celui qui nie qu’elle ne soit plus grande que les crimes les plus énormes et les plus nombreux lui fait injure. « Pourquoi mourriez-vous, maison d’Israël ? Est-ce que je veux la mort de l’impie, et non qu’il se convertisse et qu’il vive ? Convertissez-vous à moi, et je me convertirai à vous » (Ezéch. 18). Caïn dit au Seigneur : Mon iniquité est trop grande pour que je mérite le pardon ; quiconque me trouvera me tuera. Le Seigneur lui répondit : Il n’en sera pas ainsi ; celui qui tuera Caïn sera puni sept fois plus rigoureusement (Gen. 4).

«2° Le prix de la rédemption est infini, les mérites de Jésus-Christ sont infinis. Si vous pensez que vos infidélités les surpassent, vous faites injure à ce sang précieux dont une seule goutte peut délivrer le monde entier de ses crimes, dit saint Thomas. « Lavez-vous, dit le Seigneur, soyez purs. Si vos péchés sont rouges comme l’écarlate, je les rendrai blancs comme la neige (Is. 1). Qu’y a-t-il de plus grave que l’impiété et la trahison de Judas ? Cependant le Seigneur, en l’embrassant, le sollicite à la pénitence, il se prépare à lui offrir le pardon. « Mon ami, pourquoi êtes-vous venu ? Judas, vous trahissez le Fils de l’homme par un baiser (Mat. 26).

«3° Le trésor des grâces est infini, car c’est Dieu qui l’a préparé dans le sang de son Fils. Vous lui faites injure si vous désespérez de son secours, ou si vous pensez que la force de vos mauvaises habitudes et de la concupiscence puisse l’emporter sur sa valeur. « Le Dieu des dieux, le Seigneur a parlé ; invoquez-moi au jour de la tribulation, je vous délivrerai et vous m’honorerez (Ps 40). Le Seigneur est fort et puissant, il réduira nos ennemis au néant (Ps 107).

«4° Enfin les promesses de Dieu sont infinies et sans limites, le pouvoir des clefs donné à l’Église est illimité ; vous lui faites injure si vous lui refusez une telle puissance avec Tertullien et les autres que l’Église condamne. Tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel (Mat. 18), dit le Sauveur. « Je confesse, ô mon Dieu, que votre miséricorde est plus grande que tout le ciel (Ps 107) ; elle vaut mieux que toutes les vies. J’espèrerai donc dans la multitude de vos miséricordes, parce que vous avez pitié de tous les hommes ; vous dissimulez leurs péchés afin qu’ils fassent pénitence (Sap. 11) ». Vous ménagez tout, parce que tout est à vous, ô vous qui aimez les âmes. Il n’y a point de péché sans pardon, point de pardon sans pénitence.

«IIIème point – Le Seigneur fait annoncer aux hommes qu’ils aient à faire pénitence (Act. 17) – Dieu les exhorte tous à la pénitence, il promet un pardon certain aux pénitents, il menace les autres d’une mort certaine. Il n’y a point de pardon sans pénitence, l’autorité le déclare, la raison le confirme.

«1° « Si nous ne faisons pénitence, dit l’Ecclésiastique, nous tomberons dans les mains de Dieu ; or, c’est une chose horrible, dit l’apôtre, de tomber dans les mains de Dieu ». Le Seigneur lui-même dit à ses apôtres : si vous ne faites pénitence, vous périrez tous également. Le concile de Trente parle de même, et enseigne que la pénitence et la contrition sont nécessaires en tout temps et à tous les hommes pour obtenir le pardon de leurs péchés.

«2° En effet, le péché est une offense faite à la majesté suprême et une injure contre Dieu, et Dieu ne la pardonne jamais sans une réparation, une satisfaction, de même qu’un père ne pardonnerait pas à son fils, ni un roi à son sujet, qu’ils sauraient n’avoir pas même le repentir de leur faute. Le péché est une transgression de la loi, et le législateur est obligé, par une espèce de nécessité, de venger la loi, lorsque la prévaricateur refuse obstinément de rétracter sa désobéissance et de demander pardon. Il faut enfin comprendre que Dieu est infiniment miséricordieux, mais qu’il est en même temps infiniment saint et juste. Parce qu’il est saint, il hait nécessairement le péché tant qu’il persévère ; parce qu’il est juste, il doit le punir justement. Mais le péché, dit saint Augustin, ne s’efface que par les larmes et la pénitence. Ne croyez pas que personne puisse se délivrer d’un péché quelconque, soit grave, soit léger, sans pénitence.
«Voici donc en quoi consiste la justice, conclut saint Ambroise : ou à ne pas pécher, ou à cesser de pécher. La pénitence détruit le péché, la sagesse en préserve ; mais quel est l’homme sage qui ne pèche point, qui a pu transgresser et qui n’a pas transgressé, faire le mal et qui ne l’a pas fait, et qui entre au ciel avec son innocence ? Il nous reste donc à y entrer par la pénitence. Mais j’appelle pénitent, dit le même docteur, celui qui gémit le jour et la nuit, qui rejette le mal qu’il a fait, qui ne se laisse pas entraîner par la concupiscence et qui se prive des plaisirs même permis.

«Que faites-vous de tout cela ? rien. À quel titre pensez-vous obtenir l’héritage céleste ? Est-ce à titre d’innocence ou de pénitence ? À aucun. Que vous reste-t-il ? Le feu de l’enfer : ou se repentir ou brûler. « Seigneur, ne me reprenez pas dans votre fureur, et ne me corrigez pas dans votre colère (Ps 37) », car je déclarerai mon péché et je réfléchirai sur mon iniquité. Daignez, nous vous en conjurons, ô mon Dieu, répandre, par votre bonté, votre grâce dans nos cœurs, afin que, réprimant nos péchés par un châtiment volontaire, nous macérions plutôt notre corps volontairement que d’endurer les supplices éternels».

Ce que comprend la pénitence

La pénitence commence par la considération de ses péchés et des peines éternelles du péché, pour ensuite tourner le cœur vers Dieu.

Les pécheurs ennemis de Dieu en ne voulant pas faire pénitence de leurs péchés, se préparent au feu éternel de l’enfer avec Satan et avec leurs péchés à cause de la justice de Dieu qui exige la peine due aux péchés. Les pécheurs qui font pénitence de leurs péchés, se préparent à la vie éternelle avec Dieu avec leur pénitence et à cause de la miséricorde de Dieu (en passant par le  feu du purgatoire pour ceux qui n’ont pas totalement expiés leurs péchés par leur pénitence). La vie revient à soit 1) faire pénitence pour payer la dette due aux péchés qu’exige la justice de Dieu pour vivre ensuite avec Lui, ou soit 2) vivre des plaisirs de la terre et ensuite brûler.

Matthieu 10, 28: «Ne craignez point ceux qui tuent le corps et ne peuvent tuer l’âme ; mais craignez plutôt celui [Dieu] qui peut précipiter l’âme et le corps dans la géhenne [l’enfer]».

Jean 12, 25b : «Celui qui aime sa vie la perdra ; et celui qui hait sa vie en ce monde, la conservera pour la vie éternelle».

Note Bible catholique Vulgate sur Jn 12, 25 : Haïr son âme, c’est faire toute espèce de sacrifices, accepter toute espèce de souffrances, pour rester fidèle à Dieu et conserver sa grâce.

Dieu n’écoute pas favorablement ceux qui ne font pas pénitence de leurs péchés et les hypocrites qui s’adressent à Lui sans vouloir vraiment sortir de leur état de péchés.

Matthieu 25, 41 : «Allez loin de moi, maudits, au feu éternel, qui a été préparé au diable et à ses anges».

Dieu se tourne vers le pauvre d’esprit qui se repent vraiment de l’avoir offensé et qui le craint.

Isaïe 66, 2 : « mais vers qui porterai-je mes regards, sinon vers le pauvre et celui qui a l’esprit contrit, et qui tremble à mes paroles ? ».

La pénitence comprend l’attrition et la contrition

La pénitence comprend l’attrition (contrition imparfaite) ou désolation du cœur (ou repentir, ou regret sincère) pour ses péchés par crainte des châtiments ; L’attrition est un don de Dieu, une impulsion de l’Esprit-Saint, qui prépare pour le pécheur le chemin vers la justice, en considérant la laideur du péché ou par crainte de l’enfer et des châtiments, si elle exclut la volonté de pécher jointe à l’espoir du pardon. L’attrition dispose l’âme à la contrition. Contrairement à ce que certains peuvent croire, la contrition imparfaite, l’attrition, est bénéfique pour l’âme, même s’il n’est pas possible d’être sauvé sans la contrition parfaite, et c’est pourquoi l’attrition est une partie de la contrition, ainsi qu’une partie de la Loi de la prière de Contrition [Prière contenant l’attrition puis la contrition].

Concile de Trente, 14 ème sess. chap. 4 ex cathedra : «La contrition imparfaite, qu’on appelle attrition, parce qu’on la conçoit en général ou bien en considérant la laideur du péché ou bien par crainte de l’enfer et des châtiments, si elle exclut la volonté de pécher jointe à l’espoir du pardon, le saint concile déclare que non seulement elle ne fait pas de l’homme un hypocrite et un plus grand pécheur, mais qu’elle est aussi un don de Dieu, une impulsion de l’Esprit Saint qui, n’habitant pas encore le pénitent, mais le mouvant seulement, lui vient en aide, pour qu’il prépare pour lui-même le chemin vers la justice. Et bien que sans le sacrement de la pénitence elle ne puisse pas par elle-même conduire le pécheur jusqu’à la justification, cependant elle le dispose à obtenir la grâce de Dieu dans le sacrement de la pénitence.

La pénitence comprend la contrition ou désolation de ses péchés par amour de Dieu, est une vraie détestation de ses péchés qui fait qu’on préférerait mourir que de les commettre, et un amendement de vie. La contrition est une douleur de l’âme et une détestation du péché commis, avec le propos de ne pas pécher à l’avenir. Cette contrition comprend non seulement l’abandon du péché, le propos et le début d’une vie nouvelle, mais aussi la haine de la vie ancienne.

Concile de Trente, 14ème sess. chap. 4 ex cathedra : «La contrition, qui tient la première place parmi les actes du pénitent dont il a été parlé, est une douleur de l’âme et une détestation du péché commis, avec le propos de ne pas pécher à l’avenir. En tout temps ce mouvement de contrition a été nécessaire pour obtenir le pardon des péchés».

La pénitence comprend la confession de ses péchés

La pénitence comprend la confession de ses péchés ou le désir de confession si impossibilité.

Concile de Trente, session 14, chapitre 4, sur la contrition, 1551, ex cathedra : «il arrive parfois que cette contrition soit rendue parfaite par la charité et réconcilie l’homme avec Dieu avant que ce sacrement ne soit effectivement reçu, il ne faut néanmoins pas attribuer cette réconciliation à cette seule contrition sans le désir du sacrement qui est inclus en elle.

Concile de Trente, Session 6, chapitre 14, sur la justification, 1547, ex cathedra : «… l’absolution par un prêtre, et, de plus, la satisfaction par le jeûne, les aumônes, les prières et autres pieux exercices de la vie spirituelle, non pour remettre la peine éternelle – laquelle est remise en même temps que la faute par le sacrement ou le désir du sacrement -, mais pour remettre la peine temporelle [canon 30 1580] qui, comme l’enseigne l’Ecriture sainte, n’est pas toujours totalement remise …».

Concile de Trente, Session 6, chapitre 14, sur la justification, 1547, ex cathedra : «Aussi faut-il enseigner que la pénitence du chrétien après une chute est très différente de la pénitence baptismale. Elle comprend non seulement l’abandon des péchés et leur détestation, ou « un cœur contrit et humilié » [Ps 50,19], mais aussi la confession sacramentelle de ceux-ci, ou du moins le désir de la faire en temps opportun».

S’il n’y a pas de prêtre disponible (ou non-hérétique), il est recommandé de se confesser en  personne et non pas à distance (Cf. P. Pohle/Preuss, Traité dogmatique Vol. III Pénitence, S. 2, n. III) à une personne catholique (non-hérétique) laïque, en laquelle on a confiance pour l’orthodoxie de la doctrine. Cette confession non-sacramentelle – uniquement s’il n’y a pas de prêtre disponible – bien faite diminue la peine, parce que c’est un acte de vertu. Ce type de confession est une aide réelle pour obtenir la grâce de la contrition. Si on ne connaît pas de personne catholique et en laquelle on ait confiance, il faut offrir à Dieu le désir de se confesser à une personne catholique.

Le Concile de Trente, saint Thomas d’Aquin, saint Robert Bellarmin, et bien d’autres, enseignent clairement que les hérétiques ne peuvent pas donner une absolution dans la confession ou avoir toute juridiction que ce soit.

Pape Jules III, Concile de Trente, Sess. 14, chap. 7, La réservation des cas : «Donc, parce que la nature et la constitution d’un jugement demandent que la sentence soit portée sur des sujets, on a toujours été persuadé dans l’Église de Dieu – et ce concile confirme que cela est très vrai – que ne doit avoir aucune valeur l’absolution prononcée par un prêtre [un catholique, pas un hérétique de fait hors de l’Eglise] sur quelqu’un sur lequel il n’a pas de juridiction ordinaire ou déléguée [la compétence doit être considérée comme sans effet]. … Néanmoins, pour que personne ne vienne à périr à cause de cela, il a toujours été très pieusement maintenu dans l’Église de Dieu qu’il n’y a plus aucune réservation à l’heure de la mort [in articulo mortis, en danger de mort], et que, par suite, tous les prêtres [des catholiques, pas des hérétiques de fait hors de l’Église] peuvent absoudre tous les pénitents de tous les péchés et censures possibles. Hors l’article de la mort, les prêtres, puisqu’ils ne peuvent rien [n’ont pas le pouvoir] dans les cas réservés, s’efforceront uniquement de persuader les pénitents de recourir aux juges supérieurs et légitimes pour bénéficier de l’absolution».

Quand le prêtre ordonne au pénitent de faire quelque chose (comme ce genre de satisfaction qu’il doit faire pour être absous de ses péchés), le prêtre exerce sa juridiction sur lui. Seul un catholique peut commander un autre catholique de faire quelque chose dans l’église de Dieu qui a trait à son salut. Seul un catholique peut être sous l’autorité spirituelle d’un autre catholique, d’où :

Pape Léon XIII, Satis Cognitum, n° 15, 29 juin 1896 (Magistère ordinaire de l’Église) : «il est absurde d’imaginer que celui qui est en dehors [comme l’hérétique] puisse commander dans l’Église».

Question : Est-ce à dire que toutes mes anciennes confessions aux prêtres hérétiques étaient invalides ? Et dois-je reconfesser tous mes péchés mortels à un nouveau prêtre non-hérétique quand il est disponible ?

Réponse : Oui, vos anciennes confessions étaient en effet invalides et doivent être refaites à chaque fois qu’un prêtre catholique est entièrement à votre disposition. Cependant, même si vos anciennes confessions n’étaient pas valides, elles ne furent pas inutiles, comme cela est expliqué par saint Thomas d’Aquin :

Saint Thomas d’Aquin, Somme Théologique, Partie Suppl., Q. 8, art. 5, réponse au 4 : «quand même on serait forcé de se confesser, on ne se serait pas confessé inutilement la première fois, parce qu’en se confessant à un plus grand nombre de prêtres, on obtient une plus large remise de la peine, soit par suite de la honte de la confession qui est comptée pour une peine satisfactoire, soit d’après le pouvoir des clés. Ainsi on pourrait se confesser tant de fois qu’on fût délivré de la peine temporelle».

Et ne désespérez pas, aussi longtemps que vous êtes vraiment désolé pour vos péchés et avez le désir de vous confesser, vos péchés seront pardonnés.

Saint Thomas d’Aquin, Somme Théologique, Partie Suppl., Q. 8, art. 1, réponse au 2 : «… la confession et l’absolution … dans lesquels la contrition, avec le dessein de se confesser et le désir de l’absolution, suffit pour les délivrer de la mort éternelle …»

L’absolution n’est pas une formule magique qui vous enlève le péché mortel, si vous n’avez pas encore été désolé [désolation spirituelle] d’avoir offensé Dieu. Si vous avez fait un acte de contrition parfaite et avez été vraiment désolé pour votre péché (même si votre cœur se sent froid), alors vous êtes pardonné ! C’est quelque chose que vous devez croire (que Dieu vous pardonnera) parce que Dieu promet de nous pardonner nos offenses, chaque fois que nous voulons nous modifier pour ne plus pécher. Et si une personne n’a pas cette volonté d’arrêter de pécher, alors la confession et la contrition ne seront d’aucune utilité parce que Dieu ne pardonne pas le péché du pécheur qui ne souhaite même pas arrêter de pécher et d’offenser Dieu. Ceci n’est pas à confondre avec le fait de retomber à nouveau dans les anciens péchés, ce que tous les gens peuvent faire. Une âme vraiment repentante cependant ne retombera pas à nouveau dans les anciens péchés (du moins pas les péchés mortels), mais si une personne retombe encore et encore pour le péché d’impureté, par exemple, c’est une indication qu’elle vit une mauvaise vie et qu’elle n’est pas cohérente dans sa vie spirituelle. (Lire cette aide en ce qui concerne ces questions : Information spirituelle que vous devez savoir pour être sauvé). Si nous n’avons pas confiance dans le pardon de Dieu ou qu’Il nous pardonne, alors nous n’avons pas foi en lui ! Si nous agissons de cette façon incrédule, alors nous montrons à Dieu par notre façon d’agir que nous n’avons pas confiance en lui, et c’est une chose très mauvaise à faire. Donc, ne tombez pas dans ce piège de la méfiance et du désespoir, mais ayez une foi totale en Dieu et en sa miséricorde et croyez fermement qu’il vous pardonne – et progressez.

Question : Que dois-je faire si je ne peux pas trouver un prêtre non-hérétique pour confesser ? Puis-je confesser mes péchés à un laïc catholique comme une pénitence pour mon péché, mais il ne peut pas me donner une absolution ?

Réponse : Oui. En manque de prêtres pour confesser, vous pouvez toujours choisir de vous confesser à un laïc catholique de confiance et non-hérétique (se confesser en personne et non pas à distance : Cf. P. Pohle/Preuss, Traité dogmatique Vol. III Pénitence, S. 2, n. III). Si vous ne connaissez pas de catholiques dans votre région, vous pouvez alors vous avouer le bon désir. Cela aussi vous sera utile pour le salut, comme l’explique saint Thomas d’Aquin :

Saint Thomas d’Aquin, Somme Théologique, Partie Suppl., Q. 8, art. 6, réponse au 3 : «… la force sacramentelle de la Pénitence consiste dans la sanctification du ministre. C’est pour cela que celui qui se confesse à un laïc, bien que de son côté il remplisse ce qui appartient à la confession sacramentelle, cependant il n’obtient pas l’absolution sacramentelle. C’est pourquoi ce qui est produit par le mérite et la peine de la confession lui est compté et diminue d’autant la peine temporelle à laquelle il est tenu, mais il n’obtient pas la diminution de cette peine qui résulte du pouvoir des clefs, et c’est pour ce motif qu’il est tenu de se confesser de nouveau à un prêtre [quand il peut le faire]».

Saint Thomas d’Aquin, Somme Théologique, Partie Suppl., Q. 8, art. 2, réponse à la conclusion : «… dans le cas de nécessité, un laïc peut aussi remplacer le prêtre de manière qu’on puisse se confesser à lui ¹».

¹ Note Abbé Drioux, 1854 : Avant saint Thomas et de son temps cet usage était en vigueur. Mais actuellement il n’existe plus… parce que cette espèce de confession n’est nullement de précepte, qu’elle paraîtrait favoriser l’erreur des hérétiques qui prétendent que tout  fidèle est ministre du sacrement.

Saint Thomas d’Aquin, Somme Théologique, Partie Suppl., Q. 8, art. 2, réponse au 1 : «quand la nécessité presse, le pénitent doit faire ce qui le regarde, c’est-à-dire s’exciter à la contrition et se confesser à qui il peut. Ainsi la confession faite à un laïc à défaut de prêtre est sacramentelle d’une certaine manière, quoique le sacrement ne soit pas parfait, parce qu’il manque de ce qui se rapporte au prêtre».

Saint Thomas d’Aquin, Somme Théologique, Partie Suppl., Q. 8, art. 2, réponse au 2 : «quoiqu’un laïc ne soit pas le juge [juridiction] de celui qui se confesse à lui, cependant, en raison de la nécessité, il reçoit absolument le droit de le juger, selon que celui qui se confesse se soumet à lui à défaut de prêtre».

La pénitence comprend la satisfaction et l’expiation des péchés

La pénitence comprend la satisfaction ou réparation de la faute, conversion et vie nouvelle selon l’Évangile, et également par des pratiques de pénitence, comme le jeûne, la mortification, la prière, etc.

Pape Jules III, Concile de Trente, sess. 14, chap. 3, sur les parties et les fruits de ce sacrement : «Sont quasi-matière de ce sacrement [de la pénitence] les actes du pénitent lui-même : la contrition, la confession et la satisfaction [1704]. Dans la mesure où ces actes sont requis, parce que d’institution divine, chez le pénitent pour l’intégrité du sacrementpour une pleine et parfaite rémission des péchés, ils sont dits pour cette raison partie de la pénitence».

La pénitence comprend aussi l’expiation des péchés ou satisfaction pleine et entière des dettes temporelles dues aux péchés pardonnés.

Dieu accueille la pénitence en paiement de la dette des péchés.

Ézéchiel 18, 21 : «Mais si l’impie fait pénitence de tous ses péchés qu’il a commis, et qu’il garde tous mes préceptes, et qu’il accomplisse le jugement et la justice, il vivra de la vie et ne mourra point».

Ézéchiel 33, 14-16, 19 : «Mais si je dis à l’impie : Tu mourras de mort, et qu’il fasse pénitence de son péché, et qu’il accomplisse le jugement et la justice ; Et que cet impie rende la gage qu’on lui avait confié, et qu’il restitue ce qu’il avait enlevé, et qu’il marche dans les commandements de la vie, et qu’il ne fasse rien d’injuste, il vivra de la vie et il ne mourra pas. Tous ses péchés qu’il a commis ne lui seront point imputés ; il a accompli le jugement et la justice, il vivra de la vie. … Et lorsque l’impie se sera écarté de son impiété, qu’il aura accompli le jugement et la justice, il y vivra».

La pénitence vient d’un cœur humble qui a renoncé à ses péchés et offre un Dieu un cœur contrit et humilié.

Psaume 50, 19 : «Le sacrifice que Dieu désire est un esprit brisé de douleur : vous ne dédaignerez pas, ô Dieu, nu cœur contrit et humilié».

L’âme pénitente ne retombera plus volontairement dans ses péchés car la pénitence c’est quitter son péché.

La pénitence sert à :

  • Faire mourir le vieil homme afin de ne pas entraver la vie de la grâce ;
  • Chercher le pardon des péchés et retrouver la grâce ;
  • Retrouver Dieu qu’on a perdu par sa faute ;
  • Expier les péchés pour payer la justice divine ;
  • Prévenir les chutes afin de pouvoir résister dans la tentation ;
  • Porter sa croix afin de suivre Jésus et l’imiter ;
  • Préférer Dieu ;
  • Conserver la grâce de Dieu ;
  • Augmenter ses mérites et la grâce de Dieu.

Le jeûne est un moyen de pénitence, comme l’aumône, la contrition du cœur, la chasteté du corps et du cœur, la charité et la patience envers le prochain pour Dieu, pour rompre les chaînes du péché.

Isaïe 58, 6-7 : «Le jeûne que j’ai choisi n’est-il pas celui-ci ? Romps les liens de l’impiété, délie les faisceaux accablants [Note Vulg. : Tout ce qui gêne, pèse], renvoie libres ceux qui sont opprimés, et brise tout fardeau. Romps ton pain pour celui qui a faim, et fait entrer dans ta maison les indigents et ceux qui errent sans asile ; lorsque tu verra quelqu’un nu couvre-le et ne méprise point ta chair [Note Vulg. : Tes frères, tes proches]».

Le jeûne de nourriture est un moyen et non une fin. Le jeûne est un moyen de mortifier la chair, obéir à Dieu, tourner son cœur vers Dieu. On jeûne pour retrouver la grâce de Dieu qu’on a perdue. Il faut jeûner avec l’humilité et charité.

Le jeûne doit être fait avec humilité car le jeûne est un moyen de briser les passions par la mortification de la chair pour expier ses péchés, et un pécheur ne saurait s’enorgueillir de son jeûne sous peine de voir son offrande réprouvée par Dieu, comme le pharisien orgueilleux jeûnant deux fois la semaine qui n’est pas justifié, alors que le publicain, qui n’osait pas lever les yeux au ciel mais frappait sa poitrine disant : «O Dieu, ayez pitié de moi qui suis un pécheur (Luc 18, 9-14)», est justifié.

Le jeûne doit être fait avec prière, car jeûner sans prier Dieu c’est jeûner sans Dieu, tel un jeûne naturel sans mérites surnaturels.

Le jeûne doit être fait avec charité (et il ne peut y avoir de charité sans la vraie foi), c’est-à-dire pour l’amour de Dieu.

Le jeûne doit être fait avec discrétion, c’est-à-dire tempérance, non pas excessif ni trop peu ni trop, et pas sans l’obéissance et les conseils spirituels.

L’Église catholique enseigne infailliblement que les jeûnes, aumônes et tous les autres devoirs de la piété n’ont d’utilité que pour ceux qui sont dans son sein, et non pour ceux qui sont hors de l’Église comme ceux qui ne professent pas la vraie foi. Il est donc absolument nécessaire de tenir en premier lieu la vraie foi catholique.

Pape Eugène IV, Concile de Florence, Cantate Domino, 1441, ex cathedra (déclaration infaillible) : «… elle [la Sainte Église] professe aussi que l’unité du corps de l’Église a un tel pouvoir que les sacrements de l’Église n’ont d’utilité en vue du salut que pour ceux qui demeurent en elle, pour eux seuls jeûnes, aumônes et tous les autres devoirs de la piété et exercices de la milice chrétienne enfantent les récompenses éternelles, et que personne ne peut être sauvé, si grandes que soient ses aumônes, même s’il verse son sang pour le nom du Christ, s’il n’est pas demeuré dans le sein et dans l’unité de l’Église catholique».

La patience dans les épreuves et circonstances de la vie qui sont des croix que Dieu nous donne et qu’on ne choisit pas, est aussi un moyen ordinaire de faire pénitence pour ses péchés.

La pénitence comprend l’évitement de l’occasion de pécher

On doit éviter l’occasion prochaine de pécher pour être sauvé et recevoir le pardon de ses péchés de Dieu, cela est un fait certain de la loi naturelle et de la loi divine, qui a toujours été enseigné par l’Église et ses Saints. Par exemple, le bienheureux pape Innocent XI pendant son pontificat, a condamné trois propositions qui niaient cette vérité :

Innocent XI, erreurs diverses sur les questions morales, 2 mars 1679 : 61. – Peut parfois être absous celui qui demeure dans une occasion prochaine de pécher qu’il peut et ne veut pas éviter, et même qu’il cherche directement ou délibérément, ou dans laquelle il se jette. – déclaration condamnée par le pape Innocent XI.

Innocent XI, erreurs diverses sur les questions morales, 2 mars 1679 : 62. – Une occasion prochaine de pécher ne doit pas être évitée lorsqu’il y a une raison utile ou honnête de ne pas la fuir. – déclaration condamnée par le pape Innocent XI.

Innocent XI, erreurs diverses sur les questions morales, 2 mars 1679 : 63. – Il est permis de chercher directement l’occasion prochaine de pécher pour notre bien spirituel ou temporel, ou pour celui du prochain. – déclaration condamné par le pape Innocent XI.

Le temps est précieux pour faire pénitence

Le temps est précieux pour faire pénitence et se convertir, le temps perdu est gâché pour toujours et ne reviendra jamais.

Homélie du pape saint Grégoire le Grand, 28 jan. 591, sur la parabole des dix vierges (Mt. 25, 1-13) : « … Celui qui a gaspillé le temps favorable à la pénitence vient en vain supplier devant la porte du Royaume. C’est en ce sens que le Seigneur déclare par la bouche de Salomon : « J’ai appelé, et vous avez résisté ; j’ai tendu la main, et personne n’y a fait attention. Vous avez méprisé tous mes conseils, et vous avez négligé mes reproches. Moi aussi, je rirai de votre mort, je me moquerai quand vous arrivera ce que vous craigniez. Lorsqu’une soudaine calamité fondra sur vous et que la mort vous assaillira comme une tempête, quand viendront sur vous la tribulation et l’angoisse, alors on m’invoquera, et je n’écouterai pas ; on se lèvera dès le matin, et l’on ne me trouvera pas » (Pr. I, 24-28). Voyez : ces vierges demandent à grands cris qu’on leur ouvre ; repoussées, elles exhalent leur douleur en adressant au Maître un appel redoublé : « Seigneur, Seigneur, ouvre-nous ». Mais elles ont beau offrir leurs prières, on les ignore ; c’est qu’en ce jour, le Seigneur abandonnera comme des inconnus ceux que le mérite de leur vie ne lui fait pas reconnaître maintenant pour siens. Le Seigneur ajoute ici bien à propos une exhortation destinée à tous ses disciples : « Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure ».

«Après le péché, Dieu accepte la pénitence, et si chacun savait quand il doit quitter ce monde, il pourrait se donner un temps pour les plaisirs et un temps pour la pénitence. Mais celui qui a promis le pardon au pénitent n’a pas promis de lendemain au pécheur. Aussi devons-nous toujours craindre notre dernier jour, puisque nous ne pouvons jamais le prévoir. Même ce jour où nous vous parlons, nous ne l’avons reçu que comme un répit pour nous convertir, et pourtant nous refusons de pleurer le mal que nous avons fait. Non seulement nous ne nous désolons pas des fautes commises, mais nous en ajoutons d’autres qu’il faudra pleurer. Qu’une maladie nous annoncent une mort prochaine, et nous cherchons une prolongation de vie pour pleurer nos péchés ; mais ce délai que nous demandons alors avec un très ardent désir, nous en jouissons, en ce moment même, sans en faire aucun cas».

Bonnes œuvres

Œuvres qui peuvent faire fléchir la justice divine

Méditations sur les vérités de la foi, P. Kroust, mardi II ap. l’Épiphanie : «Voici les œuvres qui peuvent faire fléchir la justice : la prière est bonne quand elle est unie au jeûne et à l’aumône. Par la prière, on entend les œuvres de piété ; par le jeûne, les œuvres de pénitence ; par l’aumône, les œuvres de miséricordes. Parmi ces œuvres, on doit surtout compter celles auxquelles sont attachées les indulgences de l’Église.

«Les œuvres de piété sont tout ce qui tient au culte de Dieu, comme les prières, l’office canonial, le sacrifice de la Messe que le prêtre offre pour ses péchés et pour les négligences et les péchés du peuple, l’examen de conscience fait avec contrition et le bon propos de se corriger, la confession fréquente, la sainte communion, et tout acte de religion, d’adoration, de foi, d’espérance, de charité, qui peut devenir si ardente qu’elle serait capable d’enlever tout à la fois la coulpe et la peine. La charité couvre tous les péchés (Prov. 10). Personne ne peut avoir un plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis (Jean 15). C’est pourquoi on fait injure à un martyre, dit saint Augustin, si l’on prie pour lui après sa mort.

«Mais il convient de faire toutes ces choses avec l’intention de satisfaire à Dieu pour les péchés que l’on a commis, et pour rendre à la majesté divine la gloire et la louange qui lui sont dues ; cette intention n’en exclut pas d’autres.

«Les œuvres de pénitence sont par elles-mêmes des œuvres pénales et laborieuses, telles que la mortification de la chair et de l’esprit. Or, on doit être puni par où l’on a péché (Sap. 12). Vous devez donc choisir celles qui sont opposées à votre esprit et qui contrarient davantage votre naturel, et ce qui tient à la nature dépravée, comme la pratique de l’humilité contre l’orgueil, l’abstinence contre l’intempérance, les châtiments corporels contre le libertinage. C’est ainsi que nous avons part à la passion de Jésus-Christ. Nous ne lui faisons pas injure, mais nous y ajoutons ce qui manque ; car il faut que nous unissions nos satisfactions surabondantes de Jésus-Christ, et que nous nous y appliquions, parce que c’est d’elles que vient tout le mérite des nôtres.

«Il y a des œuvres de miséricorde qui sont corporelles ; ce sont celles par lesquelles nous prêtons secours au prochain dans les misères de cette vie et qui effacent les péchés, comme un verre d’eau froide donné au nom du Sauveur. Car l’aumône résiste au péché (Eccles. 3) et délivre de la mort ; c’est elle qui purifie les péchés et qui fait trouver miséricorde (Tob. 12). Mais les œuvres spirituelles de miséricorde par lesquelles on délivre l’âme du prochain regardent spécialement les ecclésiastiques. Cependant quiconque aura été miséricordieux envers les âmes des morts, qui ne peuvent rien pour elles-mêmes, obtiendra une miséricorde spéciale. Ne craignez pas d’offrir pour elles la plupart des satisfactions que vous faites pour vous-même. L’Église offre tous les jours, ainsi que les fidèles, un grand nombre de prières qui ne sont appliquées à aucune âme en particulier et que la miséricorde de Dieu vous appliquera un jour si vous en avez besoin».

Œuvres de miséricorde spirituelle et corporelle

Œuvres de miséricorde spirituelle :

  1. conseiller ceux qui doutent ;
  2. instruire les ignorants ;
  3. reprendre les pécheurs ;
  4. consoler les affligés ;
  5. pardonner les offenses ;
  6. supporter patiemment les personnes importunes ;
  7. prier pour les vivants et les morts.

Œuvres de miséricorde corporelle :

  1. donner à manger aux affamés ;
  2. donner à boire à ceux qui ont soif ;
  3. vêtir ceux qui sont nus ;
  4. accueillir les étrangers ;
  5. assister les malades ;
  6. visiter les prisonniers ;
  7. ensevelir les morts.

Marie Mère de miséricorde

L’Église enseigne que la Mère de Dieu est la médiatrice la plus puissante auprès de Son divin Fils pour la réconciliation avec Dieu.

Pape Pie IX, Const. Ineffabilis Deus, 8 déc. 1854 ex cathedra : «la Vierge Bienheureuse … la médiatrice la plus puissante de l’univers entier auprès de son Fils unique pour la réconciliation

S’adresser directement à Dieu sans passer par Marie, le moyen par lequel Il est venu lui-même à nous et qu’Il nous a donné, est un dangereux manque d’humilité. Qui n’a pas Marie pour Mère n’a pas Dieu pour Père, ni Jésus pour frère ni l’Esprit-Saint pour esprit.

Le secret de Marie n° 4 et 6, St L-M. de Montfort : «Âme, comment feras-tu ? Quels moyens choisiras-tu pour monter où Dieu t’appelle ? … je dis que pour trouver la grâce de Dieu, il faut trouver Marie».

St L-M de Montfort, Traité de la Vraie Dévotion, n° 43 : «… la dévotion à la Très sainte Vierge est nécessaire à tous les hommes pour faire simplement leur salut …».

St L-M de Montfort, Le secret du Rosaire n° 49 : «Entre les choses admirables que la sainte Vierge a révélées au bienheureux Alain de la Roche … c’est un signe probable et prochain de réprobation éternelle, que d’avoir de la négligence, de la tiédeur et de l’aversion pour la Salutation angélique qui a réparé le monde … »

St L-M de Montfort, Traité de la vraie dévotion à la sainte Vierge, n° 166 : «C’est la pensée d’un saint [St Germain de Constantinople, Orat. In Encoenia venerandoe oedis B. V., cito S. A. VI, 51] … que, comme la respiration est une marque certaine que le corps n’est pas mort, la fréquente pensée et invocation amoureuse de Marie est une marque certaine que l’âme n’est pas morte par le péché».

La Mère de Dieu est toute-puissante pour intercéder auprès de Son Fils. Jésus-Christ nous accorde par sa Mère ce qu’autrement nous n’aurions jamais. Mais comment pourrait-on s’attirer les bonnes grâces de la sainte Vierge en crucifiant Son Fils ? Comment la Mère vous serait-elle favorable alors que vous crucifiez Son Fils par vos péchés ?

Marie est Mère de miséricorde, c’est-à-dire qu’elle se penche avec amour sur nos misères, mais même si en même temps Dieu lui donne tout ce qu’elle peut désirer, la sainte Vierge ne fait que la volonté de Dieu. La Mère de Dieu aura pitié de votre âme quand vous voudrez commencer à obéir aux commandements de Dieu, quand vous voudrez vraiment la vérité, quand vous voudrez votre salut et quand vous voudrez détester vos péchés. Tout le reste est de l’illusion, de la fausse foi, de la fausse charité et de la fausse dévotion.

Fausse miséricorde

Le plus grand acte de charité qu’on puisse faire est d’amener les autres à la vérité de la vraie foi divine et catholique qui donne la vie et le salut

Beaucoup de gens parlent de « charité » et de « miséricorde », mais ils sont trompés et ils appliquent la miséricorde hors de la vraie foi, hors de là où Dieu l’applique. Ces personnes devraient plutôt craindre la justice de Dieu car ils sont hors de l’Église et du salut.  Personne n’est membre de l’Église sans la vraie foi et il n’y a pas de charité ni de salut sans la vraie foi comme l’enseignent infailliblement l’Écriture et l’Église :

Marc 16, 16 : «Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné».

Jean 13, 34 : «Je vous donne un commandement nouveau : C’est … que vous vous aimiez les uns les autres comme je vous ai aimés [dans la foi surnaturelle et non naturellement]».

Hébreux 11, 6 : «Sans la foi il est impossible de plaire à Dieu».

Pape Boniface VIII, Unam Sanctam, 18 novembre 1302, ex cathedra (déclaration infaillible solennelle) : «… cette Église en dehors de laquelle il n’y a pas de salut ni rémission des péchés … »

Pape Eugène IV, Concile de Florence, Le symbole d’Athanase, Sess. 8, 22 novembre 1439, ex cathedra (déclaration infaillible solennelle) : «Celui qui veut être sauvé, doit avant tout tenir la foi catholique, à moins que chacun la conserve intègre et inviolée, il périra sans aucun doute pour l’éternité».

Pape Eugène IV, Concile de Florence, Cantate Domino, 1441, ex cathedra (déclaration infaillible solennelle) : «… aucun de ceux qui se trouvent en dehors de l’Église catholique, non seulement païens, mais encore juifs ou hérétiques et schismatiques ne peuvent devenir participants à la vie éternelle, mais iront « dans le feu éternel qui est préparé pour le diable et ses anges … personne ne peut être sauvé, … s’il n’est pas demeuré dans le sein et dans l’unité de l’Église catholique».

Pape Eugène IV, Concile de Florence, Exsultate Deo  ex cathedra :  «…par le [sacrement] saint baptême nous devenons membre du Christ et du Corps de l’Église…» (Ench. Symb. 696 1314)

Pape Pie IV, Iniunctum nobis  ex cathedra : «…cette vraie foi catholique hors de laquelle personne ne peut être sauvé…» (Ench. Symb. 1000 1869-1870)

Pape Pie VI, Super soliditate (Magistère) :  «…tous ceux qui portent le nom de chrétiens lui [bienheureux Pierre] doivent une obéissance véritable» (Ench. Symb. 1500 2593) [c’-à-d. seuls les catholiques sont chrétiens].

Pape Pie XI, Mortalium Animos, n° 9 (Magistère de l’Église) : «La fondation de la charité est la foi pure et sans tache».

Avez-vous entendu ? Le Magistère de l’Église enseigne infailliblement que la charité est fondée sur la vraie foi (foi traditionnelle). Sans la vraie foi, il n’y a que fausse charité qui ne sauve pas.

Pape Pie XII, Mystici Corporis Christi, 29 juin 1943 (Magistère de l’Église) : «Mais seuls font partie des membres de l’Église, ceux qui ont reçu le baptême de régénération et professent la vraie foi».

Avez-vous entendu ? Nul n’est membre de l’Église et ne peut être sauvé qui ne professe pas la vraie foi (foi traditionnelle).

Fausse dévotion à la miséricorde divine de sœur Faustine

Il existe aussi une fausse dévotion à la miséricorde divine de sœur Faustine reprise par l’antipape et apostat Jean-Paul 2.

Sœur Faustine auto-proclamait que Jésus lui aurait donné la dévotion à sa miséricorde et l’aurait constituée « sa secrétaire », mais Sœur Lucie, la voyante de Fatima, a dit que La Très Sainte Vierge Marie qui apparut à Fatima a dit dans son message que le Rosaire et la dévotion à son Cœur Immaculé étaient les deux DERNIERS moyens de salut que Dieu donne aux hommes.

Sœur Lucie, voyante de Fatima, au Père Fuentes en 1957 : «… Dieu donne deux derniers remèdes au monde. Ce sont le Saint Rosaire et la dévotion au Cœur Immaculé de Marie. Ce sont les deux derniers remèdes qui signifient qu’il n’y aura pas d’autres».

Ce sont LES deux derniers : sœur Faustine fait donc mentir sœur Lucie qui relate ce qu’a dit la Très Sainte Vierge elle-même en personne.

Dans les années 1950, sous le pape Pie XII, la dévotion à la Divine Miséricorde fut supprimée et le journal de sœur Faustine apparaissait sur l’index des livres interdits. Cette fausse dévotion à la miséricorde divine de sœur Faustine fut réhabilitée (invalidement) à travers le monde par l’antipape, l’apostat et antéchrist Jean-Paul 2.

L’hérésie de non-jugement « vous ne pouvez pas juger« 

L’hérésie « vous ne pouvez pas juger » est souvent rétorqué par des gens – souvent des hérétiques – ou des mauvais catholiques qui prennent les paroles de l’Évangile hors de leur contexte, ce qui est une forme de protestantisme, c’est-à-dire une interprétation privée des Écritures hors de la Tradition de l’Église et des pères.

Ils disent, par exemple : «Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés» (Luc 6, 37), pour signaler que Jésus a dit de ne juger personne. C’est vrai dans le contexte qui est la conscience interne ou for interne de chacun que Dieu seul connaît, mais ce n’est pas vrai en dehors de ce contexte et concernant les œuvres externes, sinon pourquoi l’Esprit-Saint dirait-il aussi, par l’Apôtre : «N’ajoutez pas foi à tout esprit, mais éprouvez les esprits pour savoir s’ils sont de Dieu » (I Jean 4, 1) ? Ainsi que Matthieu 18, 17 ; I Thessaloniciens 5, 21 ; II Corinthiens 6, 14, 17 ;  II Timothée 3, 1-2, 5 ; Tite 3, 10 ; II Jean 1, 10-11 ; et de nombreux autres. N’est-ce pas juger ? Bien sur que oui. Dieu donne de juger ceux qui sont en dehors de l’Église afin de ne pas être en communion avec eux et pouvoir les reprendre et instruire. L’Esprit-Saint contredirait Jésus-Christ ? A en croire ces gens égarés, c’est le cas. Cette hérésie sépare le Christ du Saint-Esprit.

Ce n’est qu’un exemple parmi de nombreux autres montrant que ces gens ne comprennent pas  la foi ni les Écritures. Ils omettent ce qui les arrange parce qu’ils n’ont pas la vraie foi. La vérité de la foi n’importe pas pour eux. Ils se sont condamnés par leur mauvaise volonté pour s’instruire de la foi et s’illusionnent en croyant qu »ils échapperont au jugement de Dieu.

L’Église catholique enseigne infailliblement (loi divine) que tous ceux qui meurent hors de l’Église ou de la vraie foi catholique iront dans le feu éternel de l’enfer

Pape Boniface VIII, Unam Sanctam, 18 novembre 1302, ex cathedra (déclaration infaillible solennelle) : «… cette Église en dehors de laquelle il n’y a pas de salut ni rémission des péchés … »

Pape Eugène IV, Concile de Florence, Le symbole d’Athanase, Sess. 8, 22 novembre 1439, ex cathedra (déclaration infaillible solennelle) : «Celui qui veut être sauvé, doit avant tout tenir la foi catholique, à moins que chacun la conserve intègre et inviolée, il périra sans aucun doute pour l’éternité».

Pape Eugène IV, Concile de Florence, Cantate Domino, 1441, ex cathedra (déclaration infaillible solennelle) : «… aucun de ceux qui se trouvent en dehors de l’Église catholique, non seulement païens, mais encore juifs ou hérétiques et schismatiques ne peuvent devenir participants à la vie éternelle, mais iront « dans le feu éternel qui est préparé pour le diable et ses anges … personne ne peut être sauvé, … s’il n’est pas demeuré dans le sein et dans l’unité de l’Église catholique».

La loi divine donne à tous de juger et de condamner ceux qui sont séparés du sein et de l’unité de l’Église catholique, il s’agit d’un commandement

Ce n’est quelque chose que les gens peuvent choisir de faire. Vous devez défendre la vraie foi, chaque fois que le comportement, le silence ou l’omission impliquerait que vous niez la foi ou que vous êtes d’accord avec l’hérésie.

Code droit canon 1917, Can. 1325 : § 1 «Les fidèles du Christ sont tenus de professer ouvertement leur foi dans toutes les circonstances où leur silence, leurs hésitations ou leur attitude signifierait une négation implicite de la foi, un mépris de la religion, une injure à Dieu ou un scandale pour le prochain.

Le canon ci-dessus montre les péchés mortels d’omission de la profession ouverte de la foi : 1) Le silence quand on doit professer la foi ; 2) l’hésitation à professer ouvertement la foi quand on doit le faire ; 3) l’attitude qui montre au-dehors aux autres un déni de la foi, un mépris de la religion catholique, une injure à Dieu, un scandale.

Catéchisme Penny n° 329, neufs façons de participation au péché d’autrui : 1. Par conseil ; 2. Sur ordre ; 3. Par consentement ; 4. Par provocation ; 5. Par louange ou flatterie ; 6. Par dissimulation ; 7. En étant un partenaire dans le péché ; 8. Par mutisme [silence] ; 9. En prenant la défense du mal qui a été fait.

TOUS doivent faire usage de la règle de la foi

Le Magistère de l’Église / autorité doctrinale de la foi et de la morale est obligatoire pour reconnaître la vérité catholique, pour ne pas se laisser tromper par les hérétiques ni les laisser répandre leurs mensonges meurtriers des âmes. Tout le monde est autorisé à juger quand quelqu’un est tombé dans l’hérésie ou non. Sans cette vérité, les gens sont obligés de professer la communion avec tout le monde : les protestants, les musulmans, les adorateurs du diable et ainsi de suite. Si vous prétendez que vous pouvez juger un adorateur du diable d’être en dehors de l’Église, alors vous pouvez aussi juger quelqu’un qui prétend être un catholique, mais qui tient une ou plusieurs hérésies. C’est le bon sens, à moins d’être un menteur, comme le montre l’enseignement de l’Église suivant :

2 Jean 1, 9 : « Quiconque se retire et ne demeure point dans la doctrine du Christ ne possède point Dieu  ; quiconque demeure dans sa doctrine, celui-là possède le Père et le Fils ».

Pape Innocent IV, premier Concile de Lyon, 1245 ex cathedra (déclaration infaillible solennelle) : «Le droit civil déclare que ceux qui doivent être considérés comme des hérétiques, et doivent être soumis à des condamnations prononcées contre eux, sont ceux qui, même sur une légère preuve sont coupables de s’être écartés du chemin de la religion catholique».

Pape Pie IV, Concile de Trente, Sess. 23, chap. 4 ex cathedra (déclaration infaillible solennelle) : « Il [le Concile de Trente] a toutefois décidé de condamner le contraire dans les canons précis et appropriés de la manière suivante, afin que tous [clercs et laïcs], faisant usage de la règle de la foi, avec l’aide du Christ, puissent être capables de reconnaître plus facilement la vérité catholique [Magistère] au milieu des ténèbres de tant d’erreurs [et hérésies]».

Pape Eugène IV, Concile de Florence, «Cantate Domino», 1441, ex cathedra (déclaration infaillible solennelle) : « … la sainte Église romaine condamne, réprouve, anathématise et déclare être en dehors du Corps du Christ qui est l’Église, celui qui tient des points de vue opposés ou contraires».

Pape Pie XI, Mortalium Animos, 1er juin 1928 [Magistère] : « Personne sans doute n’ignore que saint Jean lui-même, l’Apôtre de la charité, que l’on a vu dans son Évangile, dévoiler les secrets du Cœur Sacré de Jésus et qui ne cessait d’inculquer dans l’esprit de ses fidèles le précepte nouveau : « Aimez-vous les uns les autres », interdisait de façon absolue tout rapport avec ceux qui ne professaient pas la doctrine du Christ, entière et pure : « Si quelqu’un vient à vous et n’apporte pas cette doctrine, ne le recevez pas dans votre maison et ne le saluez même pas » (Jean 2, 10). C’est pourquoi, puisque LA CHARITÉ A POUR FONDEMENT LA FOI PURE ET SANS TACHE, c’est l’unité de foi qui doit être le lien principal unissant les disciples du Christ».

Comme on peut le voir ci-dessus, l’Église enseigne que la charité a pour fondement la vraie foi et qu’elle interdit de communier même verbalement (le salut=Dieu vous bénisse) avec ceux qui ne professent pas la vraie doctrine du Christ (apostats, hérétiques, schismatiques, hérétiques contre la loi naturelle). Le pape Pie XI explique pourquoi il en est ainsi, c’est parce que « cette unité [de l’Église] ne peut naître que d’un magistère unique, d’une règle unique de foi » (Mortalium Animos, 1er juin 1928, Magistère)

L’hérésie « vous ne pouvez pas juger » (Ch. 17 du livre Hors de l’Église catholique il n’y a absolument pas de salut) – Par Frère Peter Dimond, O.S.B. :

Objection : « Vous ne pouvez pas juger si tous les non-catholiques vont en Enfer. Vous n’êtes pas Dieu. Vous devez Lui laisser de tels jugements »

Réponse : Dieu nous a déjà révélé Son jugement. Dire qu’on ne peut pas être sûr ou qu’ « on ne peut pas juger » si tous ceux qui meurent non-catholiques vont en Enfer, revient à dire que le jugement de Dieu serait possiblement faux, ce qui est hérésie, blasphème et orgueil de la pire espèce. C’est juger de façon scandaleuse comme potentiellement dignes du Ciel ceux que Dieu a explicitement révélé qu’Il ne sauverait pas. Pour le dire simplement : affirmer qu’on ne peut pas juger que tous ceux qui meurent non-catholiques vont en Enfer (alors que Dieu l’a pourtant révélé), c’est juger de la manière la plus gravement coupable — d’une manière directement contraire à la vérité révélée et au jugement révélé de Dieu.

Pape Eugène IV, Concile de Florence, « Cantate domino ; » 1441, ex cathedra [déclaration solennelle du Magistère] : « La sainte Église romaine croit fermement, professe et prêche qu’aucun de ceux qui se trouvent en dehors de l’Église catholique, non seulement païens mais encore juifs ou hérétiques et schismatiques ne peuvent devenir participants à la vie éternelle, mais iront dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et ses anges à moins qu’avant la fin de leur vie ils ne lui aient été agrégés… » (Les Conciles Œcuméniques, Les Décrets, T. II-1, p. 1183. Enchiridion Symbolorum Denzinger, 1351)

L’hérésie « vous ne pouvez pas juger » est incroyablement répandue de nos jours. Le 15 décembre 2003, j’ai eu une conversation avec un « moine traditionaliste » du nom de F. Giardina, du Monastère du Christ-Roy dans l’Alabama. Je lui ai demandé s’il croyait que tous ceux qui meurent non-catholiques ne peuvent pas être sauvés. Il a dit qu’il ne savait pas et ne pouvait pas juger. Je lui demandai alors s’il croyait que c’était possible que des rabbins qui rejettent le Christ pussent être sauvés. Il me répondit que c’était possible parce qu’il ne pouvait pas juger. En refusant d’accepter ce que Dieu a révélé sous le prétexte hérétique « vous ne pouvez pas juger», cette personne est tombée dans un rejet de l’Évangile [des vérités révélées] et de la nécessité du Christ Lui-même. Au contraire, le grand saint François-Xavier montre comment un catholique doit affirmer que tous ceux qui meurent hors de l’Église sont définitivement perdus, comme il le fit à propos d’un corsaire païen avec lequel il voyageait et qui mourut.

St François-Xavier, 5 nov. 1549 : « Le “Pirate” est mort ici, à Kagoshima ; il a été bon envers nous pendant tout le voyage et nous, nous ne pouvons pas être bons envers lui, car il est mort dans son infidélité et nous ne pouvons plus être bons envers lui en le recommandant à Dieu, car son âme doit se trouver en enfer ». (St François Xavier, Correspondance 1535-1552, Lettres et documents, Desclée de Brouwer, Paris, 1987, p. 358. Henry James Coleridge, S.J., The Life and Letters of St. Francis Xavier (publ. ori. : Burns and Oates, Londres, 1874) seconde réimp. Asian Educational Services, New Delhi, 2004, Vol. 2, p. 281. N.d.T. : la traduction de la source en anglais dit : « … le pauvre camarade, par sa propre main, a jeté son âme en Enfer, où il n’y a pas de Rédemption».)

Pourquoi les gens de mauvaise volonté et pour leur fierté sont abandonnés dans les ténèbres

«Si les hérésies n’étaient pas embrassées par ceux qui avaient persévéré dans la foi, ils seraient perdus par l’irrégularité de leur vie». St Augustin

Le premier péché dans lequel tombe seul tout hérétique avant de tomber dans l’hérésie est toujours un ou plusieurs des sept péchés mortels, à savoir, l’orgueil, la luxure, la gourmandise, l’envie, l’avarice, la paresse et la colère. En raison de leurs péchés mortels, le diable gagne la possession de leur conscience en justice, et est capable d’influencer leur croyances dans les hérésies. C’est la triste vérité derrière l’hérésie.

Une personne qui évite les péchés mortels et suit la loi naturelle, et essaie aussi, autant qu’elle est en mesure, d’éviter les péchés véniels, ne tombera jamais dans l’hérésie, car les saints anges gardiens la protègent dans l’état de grâce.
Nous ne pouvons jamais accepter le moindre péché véniel.

Sainte Thérèse d’Avila dit : «Pour l’amour de Dieu, prenez soin de ne jamais devenir imprudents sur le péché véniel, si petit … Il n’y a rien de petit, si cela va à l’encontre d’un si grand souverain». Le péché véniel délibéré affaiblit les pouvoirs spirituels, réduit notre résistance au mal, et nous pousse à errer dans notre chemin vers la Croix. C’est une maladie de l’âme, mais pas sa mort surnaturelle.

1 Jean 5, 16 : «Il est un péché qui est mortel … Toute iniquité est un péché, mais il est un péché qui n’est pas mortel».

Quand un péché véniel est accepté avec le plein consentement, le diable gagne une emprise sur l’âme de la personne, d’où il est en mesure de plus influencer l’âme, et en peu de temps, il mène l’âme dans d’innombrables péchés mortels pour ce qui semble être un petit péché véniel, à moins que la pénitence et la modification soient apportées en réparation à la justice de Dieu. Une âme qui continue dans le péché véniel, sans quitter ses occasions de pécher, mérite de tomber dans le péché mortel depuis qu’elle a rejeté les commandements de Dieu. Si l’âme continue de commettre un péché véniel, elle finira toujours dans le péché mortel, il est donc très important de se prémunir contre les péchés mortels et véniels en tout temps. Des milliards de pauvres âmes souffrent aujourd’hui dans les feux de l’enfer, maudissant leurs péchés véniels habituels qui les ont conduits à commettre des péchés mortels. Si vous souhaitez éviter de vous joindre à eux dans les flammes de l’enfer, évitez toute occasion de péché, comme si c’était du vrai poison.

Pouvez-vous imaginer l’horreur de se tenir devant le Juge et d’entendre la sentence de mort et la condamnation éternelle prononcée contre vous ? Probablement pas. Mais vous avez ressenti de la culpabilité et de la peur pour votre conduite lorsque la Parole de Dieu vous poignarde avec cette phrase : «Le salaire du péché, c’est la mort» (Romains 6, 23). Pourquoi avons-nous peur et un sentiment de culpabilité ? Parce que «tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu» (Romains 3, 23).

Tous les hérétiques, et toutes les autres personnes qui meurent hors de l’Église et du salut, ne cherchent pas sincèrement [ne courent pas après] la vérité, ni ne prient Dieu avec sincérité pour être éclairés sur la vérité. Ces gens plutôt refusent de croire ou ne croient que dans ce qu’ils pensent être la vraie foi, rejetant tout le reste.

C’est l’hérésie ou le péché mortel de tous les protestants ou «orthodoxes» orientaux, etc., qui révèle en vérité qu’ils (beaucoup d’entre eux) ne comprennent pas pleinement ce que l’Église enseigne (mais qui refusent obstinément de croire à chaque fois que cela leur est présenté) ou refusent d’y croire si jamais cela leur est présenté. C’est la raison exacte pour laquelle beaucoup de gens sont laissés dans l’obscurité et le manque de foi, parce que Dieu connaissait à l’avance leur mauvaise volonté et leur refus d’accepter la vraie foi catholique. C’est une vérité de foi qui est enseignée par de nombreux papes, des saints et des Pères de l’Église.

Saint Augustin (428) : «… Dieu savait d’avance que s’ils avaient vécu et que l’Évangile leur avait été prêché, ils auraient entendu sans conviction».

Saint Thomas d’Aquin, Sent. III, 25, Q. 2, R. 2, solut. 2 : «Si un homme ne devait avoir personne pour l’instruire, Dieu lui montrerait, à moins qu’il ne souhaite rester coupable où il est».

Pape saint Pie X, Acerbo Nimis (n° 2), le 15 Avril, 1905 (Magistère ordinaire infaillible) : «Et comme Notre prédécesseur Benoît XIV,  l’a écrit : « Nous déclarons qu’un grand nombre de ceux qui sont condamnés au châtiment éternel souffrent la calamité éternelle à cause de l’ignorance de ces mystères de la foi qui doivent être connus et crus pour être comptés parmi les élus». 

Benoît XIV, Cum Religiosi (n ° 4), 26 juin 1754 (Magistère ordinaire infaillible) : «Veillez à ce que chaque ministre effectue attentivement les mesures prévues par le saint concile de Trente … que les confesseurs doivent effectuer cette partie de leur devoir à chaque fois que quelqu’un se tient à leur tribunal qui ne sait pas ce qu’il doit, par nécessité de moyens savoir pour être sauvé …»

2 Corinthiens 4, 3 : « Et si notre Évangile est encore voilé, il est voilé pour ceux qui périssent, dont le dieu de ce monde [Satan] a aveuglé l’intelligence des incrédules, que la lumière de l’Évangile de la gloire de Christ, qui est l’image de Dieu, ne doit pas briller pour eux».

C’est pourquoi chaque docteur de l’Église a tenu qu’aucun adulte ne pouvait être sauvé sans la connaissance de la Trinité et de l’Incarnation. C’est pourquoi les docteurs de l’Église qui croient dans le baptême de désir (même s’ils ont eu tort à ce sujet) ne l’ont étendu qu’aux catéchumènes futurs baptisés qui croient en la Trinité et l’Incarnation.

Cependant, nous ne devrions pas penser que nous sommes bons en aucune façon pour avoir la foi ou penser que nous sommes spéciaux en tout cas pour être introduit dans la foi. C’est un piège dans lequel on pourrait facilement tomber. Et c’est un piège très dangereux, car si une personne croit être spéciale de toute façon, alors elle est probablement déjà perdue. La fierté (à mon avis) conduit le plus d’âmes en enfer. C’est le début et la fin de la damnation. (Vous pouvez bien sûr penser ou vous considérer comme particulièrement mauvais ou pécheur, tels que : «vous êtes la pire personne sur terre» ou «le plus grand pécheur de la terre», etc., ce qui est bon de penser de soi-même, c’est la façon dont on devrait se considérer : comme le plus grand pécheur du monde et totalement indigne de recevoir toute grâce de Dieu). En vérité, à titre personnel, on ne peut comprendre pourquoi on a la foi, et pourquoi tant de païens, juifs ou musulmans, qui sont mieux que soi, ne l’ont pas. Qu’à t-on fait pour mériter cette grâce de la foi, et qu’est-ce qui fait qu’ils n’y parviennent pas ? Pourquoi sont-ils dans l’obscurité, alors qu’on a trouvé la vraie lumière de l’Évangile ? C’est pourquoi, on peut se poser souvent cette question, sans comprendre pourquoi.

Saint Alphonse de Liguori, Docteur de la morale, préparation à la mort, 1760 : «Combien devons-nous être reconnaissant à Jésus-Christ pour le don de la foi ! Que serait-il advenu de nous si nous étions nés en Asie, en Afrique, en Amérique, ou au milieu des hérétiques et schismatiques ? Celui qui ne croit pas est perdu. Ce fut donc la première et la plus grande grâce pour nous : notre appel à la vraie foi. Ô Sauveur du monde, que serait-il advenu de nous si tu ne nous avais pas éclairé ? Nous aurions été comme nos pères d’autrefois, qui adoraient les animaux et les blocs de pierre et de bois, et ainsi nous aurions tous péri».

Saint Alphonse de Liguori, Sermons, 1760 : «Combien sont nés parmi les païens, chez les Juifs, chez les Mahométans et les hérétiques, et tous sont perdus».

2 Thessaloniciens 2, 3-11 : «Que personne ne vous séduise en aucune manière … Il [l’homme du péché, le fils de la perdition] viendra par l’opération de Satan, au milieu de toute sorte de miracles, de signes et de prodiges menteurs. Et avec toute séduction d’iniquité pour ceux qui périssent, parce qu’ils n’ont pas reçu l’amour de la vérité afin d’être sauvés. C’est pourquoi Dieu leur enverra une opération d’erreur, de manière qu’ils croiront au mensonge ; en sorte que soient condamnés tous ceux qui n’ont pas cru à la vérité, mais ont acquiescé à l’iniquité».

Pourquoi cela ? «parce qu’ils n’ont pas reçu l’amour de la vérité afin d’être sauvés. …en sorte que soient condamnés tous ceux qui n’ont pas cru à la vérité, mais ont acquiescé à l’iniquité» (2 Thess. 2, 10-11). Parce qu’ils ont préféré le mal au bien et ont déterminé pour eux-mêmes ce qu’est le mal et le bien à la place de Dieu. Le péché enchaîne les gens dans les ténèbres.

Isaïe 5, 20 : « Malheur à ceux qui appellent le mal bien, et le bien mal, qui font des ténèbres la lumière et de la lumière les ténèbres… » 

2 Corinthiens 4, 3 : « Et si notre Évangile est encore voilé, il est voilé pour ceux qui périssent, dont le dieu de ce monde [Satan] a aveuglé l’intelligence des incrédules, que la lumière de l’Évangile de la gloire de Christ, qui est l’image de Dieu, ne doit pas briller pour eux».