Les Anges

 Sommaire

  • Les Anges sont des créatures, des esprits purs créés
    • Les Anges sont créés selon l’Image de Dieu
    • Les Anges sous la loi d’innocence et de justice
    • Noms des Anges
    • Vénération des Anges
    • La Bible sur le culte des anges : L’importance des Anges dans le plan de Dieu
    • Les bons Anges
    • Les mauvais anges ou démons
    • Rôle des bons et mauvais anges
    • Conduite ordinaire du démon
    • Conduite du fidèle à l’égard de son Ange gardien
    • La protection des saints anges contre les démons
  • Saint Michel Archange
  • Saint Gabriel Archange
  • Saint Raphaël Archange
  • Les Neuf Chœurs des Anges
  • La Hiérarchie céleste – Théarchie (Pseudo-Denys l’Aréopagite)
  • L’Ange gardien
  • Faux anges
  • L’Archiconfrérie de Saint Michel
    • Le scapulaire de Saint Michel Archange
    • Chapelet de Saint Michel ou Couronne Angélique
    • Une pieuse servante de l’Archange, Antonia d’Astonac et le chapelet de Saint Michel. Les amis de saint Michel – Annales du Mont Saint Michel, 1886
    • Résumé de l’explication du chapelet de Saint Michel
  • La dévotion aux neufs Chœurs des saints Anges, Père Henri-Marie Boudon 
  • Le Précieux Sang et les Sts Anges ou nouveau mois de St Michel Archange et des Sts anges, d’après St Alphonse, P. Faber, Abbé Soyer 
  • Exorcisme de saint Michel

 

Les Anges sont des créatures, des esprits purs créés

Esprit pur (leur être n’est qu’esprit) est leur nature et Ange (qui signifie messager) est leur fonction.

L’existence des esprits purs créés aussi appelés Anges est une vérité de Foi (obligation d’y croire pour être dans la Foi de l’Eglise) car ils font partie de la Révélation.

Les bons Anges sont les esprits purs créés par Dieu qui sont demeurés fidèles ; Les démons sont les esprits purs qui ont suivis Satan en refusant de servir le Christ : ils ont été déchus de leur place et jetés en enfer.

Les Anges sont créés selon l’Image de Dieu

Les Anges sont « faits selon l’Image » (Saint Athanase d’Alexandrie, De Incarnatione, 13 ,7 ; saint Irénée de Lyon, Contre les hérésies, IV, 20, 1). Les Anges ne sont pas l’Image. Seul « le Verbe est l’Image du Père » (Saint Athanase d’Alexandrie, De Incarnatione, id.)

La connaissance des purs esprits (bons et mauvais) ne grandit pas comme la connaissance humaine (ils connaissent entièrement selon leur intelligence créée) et leur volonté ne délibère pas comme la volonté humaine (ils ne sont pas dotés de repentir).

Les Anges sous la loi d’innocence et de justice

Les bons Anges qui ont conservé leur innocence ont été glorifiés par la justice divine. Les mauvais anges (démons) qui ont perdu leur innocence (perte d’innocence=malice) ont été châtiés par la justice divine. Ils n’ont pas bénéficié de la Rédemption, car ils sont créés sans le repentir.

Adam et Eve furent créés dans l’état d’innocence, ils ont perdus leur innocence et la justice divine les a condamné (et tous les hommes). La Rédemption accomplie par Jésus-Christ a racheté les hommes qui ne sont justifiés que par la nouvelle loi de Grâce et de miséricorde, c’est-à-dire que la grâce (la correspondance à la grâce) est glorifiée par la miséricorde de Dieu.

Noms des Anges

L’Écriture enseigne qu’il existe sept anges devant Dieu : «Et je vis les sept anges qui se tiennent debout en présence de Dieu» (Apocalypse 8, 2a).

Cependant aucun autre nom d’ange n’est à considérer dans la Foi divine catholique autres que ceux révélés par l’Écriture : Michel (Dan. 10, 13 ; 12,1-3 ; Jude 9 ; Ap 12, 7-9), Gabriel (Dan. 8, 1-26 ; 9, 21-27, Jér. 25, 12 ; 29,10 ; Luc 1, 11-38), Raphaël (Tobie 12, 15).

Juges 13, 17-18 : «Il [Manué] lui dit encore [l’ange du Seigneur] : Quel est votre nom, afin que, si vos paroles s’accomplissent, nous vous honorions ? L’ange lui répondit : Pourquoi demandes-tu mon nom, qui est admirable ?»

Le Concile de Rome en 745 et le Concile d’Aix-la-Chapelle en 789 ont interdit l’usage d’autres noms d’anges en dehors de Michel, Gabriel et Raphaël.

Dictionnaire portatif des Conciles, Paris, Veuve Didot, 1767 : «Rome, l’an 745, 25 octobre, sous le Pape Zacharie, assisté de sept évêques, de dix-sept Prêtres et du Clergé de Rome. On y déposa Adelbert et Clément du Sacerdoce, avec anathème. On y condamna au feu les écrits du premier comme impies et insensés [Prière d’Adelbert condamnée : « Precor vos, et conjuro vos, et supplico me ad vos, angelus Raguel, angelus Tubuel, angelus Michael, angelus Adinus, angelus Tubuas, angelus Sabaoc, angelus Simiel – Je vous prie et vous conjure et vous supplie, ange Uriel, ange Raguël, ange Tubuel, ange Michel, ange Inias, ange Tubuas, ange Sabaoc, ange Simiel… »]».

Abbé Th. Laval, Le Monde invisible ou Traité dogmatique et ascétique des Anges, Bruxelles, 1909, Chap. 12 : «On a essayé de donner des noms aux quatre autres [archanges]. Le sens de ces noms : Barachiel, qui signifie Bénédiction de Dieu, – Jéhudiel, Louange de Dieu, – Uriel, Feu de Dieu, – Sealtiel, Prière de Dieu, est irréprochable. Cependant ils ont été réprouvés au Concile de Rome de 745 parce qu’étant d’une valeur toute conjecturale, ils ne peuvent être assimilés aux trois noms donnés par le texte sacré. L’on peut représenter les sept archanges et les honorer ensemble d’un culte spécial ; mais l’on doit alors s’abstenir de désigner par aucun nom ceux d’entre eux qui ne nous sont pas spécialement connus».

Le pape saint Grégoire dit du mot ange, «nomen est officii, non naturæ» – le nom est un office, pas une nature.

Vénération des Anges

On ne rend un culte d’adoration qu’à Dieu Seul et on vénère les Saints et les Anges. L’adoration – latrie – est seulement due à Dieu Père, Fils et Saint-Esprit. La vénération – dulie – des Saints et Anges est inférieure à la vénération singulière et supérieure – hyperdulie – de la Sainte Vierge Marie, Mère de Dieu.

Pape Saint Grégoire, homélie de Noël, 590 : «Avant que notre Rédempteur ne naisse dans la chair, nous étions en discorde avec les anges, nous étant beaucoup éloignés de leur éclatante pureté par la corruption du premier péché et par nos fautes de chaque jour. Et comme nos péchés nous avaient rendus étrangers à Dieu, les anges, ces habitants de la cité de Dieu, nous tenaient pour étrangers à leur société. Mais depuis que nous avons connu notre Roi, les anges nous ont reconnus pour leurs concitoyens. Et parce que le Roi du Ciel a assumé notre chair pétrie de terre, les anges ont cessé de mépriser notre faiblesse du haut de leur sublimité : ils retrouvent la paix avec nous, oublient les griefs de notre ancienne discorde, et honorent désormais comme des compagnons ceux qu’ils méprisaient auparavant comme des êtres faibles et misérables. Voilà pourquoi Lot (cf Gn 19, 1) et Josué (cf Jos 5, 14) adoraient les anges sans en être empêchés, alors que Jean, dans Apocalypse, ayant voulu adorer un ange, en fut empêché par ce dernier, qui lui dit : « Garde-toi de le faire, car je suis serviteur au même titre que toi et tes frères » (Ap 22, 9). Pourquoi les anges, qui, avant la venue du Rédempteur, se laissent adorer par les hommes sans mot dire, s’y refusent-ils après sa venue ? Ne serait-ce pas que voyant élevée au-dessus d’eux notre nature, qu’ils avaient d’abord méprisée, ils redoutent de la voir se prosterner à leurs pieds ? Ils n’osent plus mésestimer comme au-dessous d’eux cette faible nature qu’ils révèrent maintenant au-dessus d’eux dans le Roi du Ciel. Et ils acceptent volontiers l’homme pour compagnon, depuis que leur adoration monte vers l’Homme-Dieu».

La Bible sur le culte des anges : L’importance des Anges dans le plan de Dieu

Nous devons considérer l’enseignement de la Bible sur l’intercession des anges.

1 Chroniques 21, 18 (1 Paralipomenon 21, 18 dans la Bible catholique Vulgate) : « Alors l’ange de l’Éternel avait ordonné à Gad de dire à David … »

2 Rois 1, 3 (4 Rois 1, 3 dans la Vulgate) : «Et un ange du Seigneur parla à Elias … disant lève-toi, monte à la rencontre des messagers … et dis-leur … »

Actes 8, 26 : « Et l’ange du Seigneur parla à Philippe, et lui dit : Lève-toi, et va du côté du sud … »

Tout au long de la Bible, nous voyons que Dieu utilise ses anges. Il y a littéralement des douzaines de passages qu’on pourrait citer. Il les utilise pour délivrer son message, pour donner ses instructions, pour livrer sa justice, et comme une réponse à la prière.

Dieu répond aux prières par ses Anges

Nombres 20, 16 : «Et nous avons crié à l’Eternel, il a entendu notre voix, et envoya un ange … »

Isaïe 37, 15-20, 36 : «Et Ézéchias pria l’Éternel, en disant … Et maintenant, Seigneur, notre Dieu, sauve-nous de sa main … Et l’ange de l’Éternel sortit, et tua dans le camp des Assyriens cent quatre-vingt cinq mille».

Dieu répond aux prières en envoyant ses anges. C’est clair.

Les anges sont aussi implorés, suppliés, et priés

La communication et l’intercession des anges au nom de Dieu est si fréquente, si naturellle, si intimement liée avec le plan de Dieu, comme des dizaines de passages le montrent, que les anges ne sont pas seulement envoyés par Dieu, mais ils sont implorés et suppliés par les hommes. Les anges sont invités, ils sont implorés par le peuple de Dieu, pour obtenir des réponses et de l’aide dans leurs besoins spirituels et temporels.

Juges 6, 12-13 : « L’ange du Seigneur lui apparut et lui dit : Le Seigneur est avec toi, plus vaillant des hommes. Et Gédéon lui dit : Je te prie, mon seigneur, si l’Eternel est avec nous, pourquoi ces maux tombés sur nous » ?

Ici nous voyons que Gédéon implore l’ange. Cela signifie qu’il demande quelque chose de l’ange, il demande quelque chose de lui. Dans le livre d’Osée, nous voyons que Jacob a fait une supplication à un ange. Une supplication est une demande humble ou sérieuse, c’est une prière. Certaines traductions disent que Jacob demanda à l’ange. Mendier signifie prier.

Osée 12, 3-4 : «Oui, il [Jacob] avait combattu avec l’ange, et il l’emporta : il pleurait, et lui fit des supplications».

Alors que la Bible enseigne que les anges non seulement livrent des messages de Dieu, infligent sa justice, sont envoyés en réponse aux prières, ainsi ils sont priés. Ce n’est pas parce que les anges sont Dieu, bien sûr, mais parce que les anges sont puissants et des serviteurs surnaturels du Très-Haut qui ont une relation étroite avec lui dans le ciel. Voici un autre passage pertinent :

Luc 1, 10-13 : « Et toute la multitude du peuple était dehors en prière au moment de l’encens. Et il lui apparut un ange du Seigneur … Et quand Zacharie le vit, il fut troublé, et la frayeur s’empara de lui. Mais l’ange lui dit : Ne crains point, Zacharie, car ta prière a été exaucée … »

On voit que l’ange a entendu la prière et a répondu. Après avoir examiné certains de ces faits et ces passages, certains non-catholiques peuvent dire : ok, vous avez montré que la Bible enseigne que les anges répondent à nos prières, et peut-être même être priés. Mais cela se réfère aux anges, pas aux saints. En réponse, je leur demanderais d’examiner attentivement ces paroles de Jésus :

Jésus dit que les saints seront comme les anges de Dieu

Matthieu 22, 29-30 : « Jésus répondit et leur dit : Vous êtes dans l’erreur, ne connaissant pas les Écritures, ni la puissance de Dieu. Car, dans la résurrection, on ne se marie, ni les femmes ne se marient, mais ils seront comme les anges de Dieu dans le ciel».

Jésus enseigne que les saints de Dieu dans le ciel sont comme les anges. Ce que Jésus dit ici s’applique non seulement après la résurrection finale, mais aux saints du ciel maintenant. Car dans le même chapitre, Jésus continue à parler des justes défunts Abraham, Isaac et Jacob comme vivants (Matthieu 22, 32). La version de ce passage de l’Evangile de Luc fait ressortir cette vérité encore plus clairement.

Luc 20, 34-36 : « Et Jésus, répondant, leur dit : Les enfants de ce monde se marient et sont donnés en mariage : mais ceux qui seront trouvés dignes d’avoir part au ciel et à la résurrection d’entre les morts, ni ne se marient, ni ne sont données en mariage : ils ne sauraient plus mourir, car ils sont semblables aux anges, et sont les enfants de Dieu, étant fils de la résurrection ».

Donc les saints du ciel sont comme les anges. Les anges imposent-ils la justice de Dieu ? Oui. Les anges répondent-ils à nos prières, au nom de Dieu, qui sont dirigées vers le ciel ? Oui. Les anges reçoivent-ils la prière ? Oui. Par conséquent, les saints de Jésus font toutes ces choses.

Maintenant que nous avons vu le lien entre les anges et les saints, nous devons envisager un peu plus de choses à cet égard. L’intercession des anges au nom de Dieu est extrêmement puissante et efficace. Les Anges transmettent si fidèlement le message du Tout-Puissant que, dans de nombreux passages, il n’est pas tout à fait clair si c’est l’ange qui parle ou si c’est Dieu qui parle. Dans certaines descriptions bibliques, les deux se transforment en un, si vous voulez, parce que l’ange est au service complet du Tout-Puissant. Voici trois exemples :

Zacharie 12, 8 : «… la maison de David sera comme Dieu, comme l’ange de l’Éternel devant eux».

Luc 2, 9 : «… un ange du Seigneur leur apparut, et la gloire du Seigneur resplendit autour d’eux …»

Exode 3, 2-4 : « Et l’ange du Seigneur lui apparut dans une flamme de feu, du milieu d’un buisson … Et quand l’Éternel vit qu’il [Moïse] se détournait pour voir, Dieu l’appela … »

Les Anges dans le ciel (et donc saints) sont intimement impliqués dans le salut des hommes en Jésus-Christ

Nous voyons l’importance que Jésus donne au témoinage des anges (et donc ainsi des saints) dans le passage suivant.

Luc 12, 8-9 : « … quiconque me confessera devant les hommes, le Fils de l’homme aussi le confessera devant les anges de Dieu : Mais celui qui me reniera devant les hommes sera renié devant les anges de Dieu».

En plus de sa confession devant son Père (Mt 10, 32), Jésus considère sa confession devant les anges être extrêmement importante.

Jésus indique également que les anges sont intimement impliqués et soucieux pour la conversion et le salut des hommes. Regardez ce qu’il dit ici :

Luc 15, 10 : « De même, je vous le dis, il y a de la joie devant les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se repent».

Cette déclaration de Jésus suggère que les anges ont un lien et une influence pour le salut des hommes. Ils se réjouissent quand un homme se convertit parce qu’ils désirent son salut et leur intercession assiste sa conversion. Ils l’applaudissent, ils l’aident, ils prient pour lui. C’est pourquoi les catholiques comprennent l’intercession des saints pour être si importante, ainsi que des prières pour eux. Les Saints du ciel sont comme les anges de Dieu. Lorsqu’on les prie, à leur tour, ils prient Dieu, qui accorde généralement ses grâces en leur nom en raison de leur étroite relation avec Lui.

La Bible enseigne que les Anges sont présents à l’assemblée des fidèles, et que leur présence mérite l’honneur

1 Cor. 11, 10 : «A cause de cela la femme doit avoir un pouvoir sur sa tête à cause des anges».

Ce passage concerne les couvre-chefs que les femmes doivent avoir au culte. Il dit qu’elles doivent avoir ce pouvoir ou se couvrir à cause des anges. Pensez à ce sujet. Le passage aurait pu dire qu’une femme devrait avoir une couverture sur sa tête à cause de Dieu. Mais il est dit à cause des anges, ce qui indique que la vénération leur est due également. Par ailleurs, dans l’Église catholique traditionnelle, les femmes se couvrent la tête à la messe.  Cette tradition est tirée de ce précepte biblique.

Les bons Anges

Les bons Anges sont de purs Esprits, jouissant dans le ciel de la vision béatifique ; ils sont les ministres de Dieu et les princes de la cour céleste.

Ils sont divisés en neuf chœurs (voir plus bas).

Les mauvais anges ou démons

Les mauvais anges ou démons (daimons : experts) ont été précipités en enfer pour avoir pris part à la révolte de Lucifer contre Dieu ; ils sont aussi appelés esprits de ténèbres et leur chef, Satan.

Pape St Léon le Grand, Quam laudabiliter, chap. 6, 21 juil. 447 : «…le mal n’a pas de nature parce que Dieu, qui est le créateur de l’univers, n’a rien fait que de bon. Mais ayant mal usé de son excellence naturelle et «n’étant pas demeuré dans la vérité» (Jn 8, 44) il [le diable] n’est pas passé à une substance contraire mais il s’est séparé du souverain bien auquel il devait rester uni».

Pape Innocent III, 4 ème concile du Latran, ch. 1, 1215 ex cathedra : «… le diable et les autres démons ont été créés par Dieu bons par nature ; Mais ceux sont eux qui se sont rendus eux-mêmes mauvais».

Aucun autre nom de démon ne doit être connu ou même prononcé autre que ceux révélés par les Écritures et ceux des faux dieux païens qui sont des démons, car «tous les dieux des nations sont des démons» (Ps 95, 5).

Rôle des bons et mauvais anges

C’est l’enseignement de la Sainte Église que chacun a un Ange gardien attaché à sa personne pendant sa vie et que le démon a la permission (de Dieu) de le tenter.

Conduite ordinaire du démon

À l’égard des pécheurs :

La conduite ordinaire du démon à l’égard des pécheurs, est d’occuper leur imagination des attraits trompeurs du mal, en particulier de jouissances et de voluptés sensuelles, afin de les retenir dans le péché, et de les enchaîner par des habitudes mauvaises.

Le bon Ange, au contraire, excite dans leur conscience (morale) le trouble et le remords, pour les faire sortir de leur malheureux état.

À l’égard des âmes généreuses au service de Dieu :

Le démon suit une tactique opposée à l’égard des âmes généreuses au service de Dieu : il cherche à les troubler par de vains scrupules, et à semer leur route d’obstacles imaginaires.

Le bon Ange, au contraire, leur donne courage et leur facilite la voie, afin qu’elles avancent de en plus dans le bien.

Conduite du fidèle à l’égard de son Ange gardien

Les Anges – Anges signifie leur fonction : leur nature est d’être esprits purs créés – sont une vérité de foi (Révélation), mais l’ange gardien n’est pas une vérité de foi définie strictement parlant par le Magistère de l’Église (ou l’Église n’a pas encore défini cette vérité de foi), cependant l’ange gardien fait partie de la Tradition et de l’esprit de l’Église. Cela signifie que croire aux anges et aux démons est une vérité de foi à tenir mais non l’ange gardien, mais que cependant on peut (et on devrait), sans se tromper, croire en l’Ange gardien (et au démon particulier).

Tout fidèle devrait avoir pour son Ange gardien de grands sentiments de reconnaissance et d’amour, une grande docilité, et veiller à ne pas le contrister, bien le prier quotidiennement et vivre en union avec lui, en plus d’une grand confiance aux saints Anges des neuf Chœurs – Séraphins, Chérubins, Trônes, Dominations, Vertus, Puissances, Principautés, Archanges et Anges – et en particulier aux trois grands Archanges, saints Michel, saint Gabriel, et saint Raphaël (Voir les prières plus bas : Neuf Chœurs des Anges, Ange gardien, Saint Michel, etc.).

La protection des saints anges contre les démons

La protection des saints anges contre les démons, particulièrement au sujet de leurs différentes tentations (La Dévotion aux neuf Chœurs des Saints Anges de M. Boudon, Ier traité, VIII)

«Toute notre vie, dit le dévot saint Bernard, n’est qu’une tentation ; et il avait pris cette doctrine de l’Écriture qui nous enseigne la même vérité (Job VII, 1). Tentation au dehors, tentation an dedans. Tentation de la part des créatures, nos semblables, tentation du côté de nous-mêmes. C’est une chose étrange, que nous nous soyons à nous-mêmes de dangereux ennemis ; que nous soyons obligés de nous tenir sur nos gardes, et de nous défier de nous-mêmes, puisque notre perte vient de nous, qui souvent travaillons de toutes nos forces à notre ruine. Mais nous avons encore d’autres combats à donner contre des ennemis puissants en leur force, cruels en leur rage, redoutables en leurs ruses, innombrables en leur multitude, infatigables en leur poursuite. Ajoutez à cela que ce sont de purs esprits, qui frappent sans être vus, qui entrent partout, qui en bas, quoi qu’invisibles, voient tout ce que nous faisons, et qui combattent avec des personnes très faibles, lesquelles marchent au milieu d’une sombre nuit, dans des chemins tout glissants, où l’on ne peut presque se soutenir, et qui sont environnés de tous côtés de précipices effroyables, qui sont suivis de malheurs qui ne finiront jamais, et qui sont extrêmes dans leur grandeur. Oh ! Que si les hommes méditaient bien ces grandes vérités, s’ils donnaient un peu de lieu à la lumière surnaturelle, qu’ils changeraient bien de vie ! Ce serait pour lors assurément qu’ils serviraient le Seigneur avec crainte, et que leur chair serait transpercée de la frayeur des maux épouvantables où nous sommes continuellement exposés, et à qui, hélas ! nous ne pensons guère.

«Oh ! Qui que vous soyez, qui lisez ces choses, ne les lisez pas sans y faire de grandes attentions ! Ces combats que vous allez voir font une guerre qui ne regarde pas seulement le royaume où vous vivez, et les personnes que vous aimez ; c’est à vous-même qu’elle est déclarée ; c’est vous que ces ennemis furieux attaquent ; c’est avec eux qu’il vous faut combattre ; c’est de leur force et de leur ruse que vous, qui n’êtes qu’une pure faiblesse et sans lumière, devez triompher : ou il faut que vous soyez damné pour un jamais. Répétez ces mots effroyables : damné pour un jamais, damné pour un jamais ! Mais en bonne vérité, savons-nous bien ce que nous disons quand nous parlons de la sorte ? Et si nous le savons, pourquoi vivre comme des gens qui n’en ont jamais entendu parler ?

«Mettons-nous donc en la présence de la divine Majesté ; et après un désaveu de cœur, pour l’amour de Dieu seul, de tous nos péchés, rentrons en notre intérieur. Après en avoir calmé toutes les passions, considérons, dans la tranquillité de notre âme, que les démons sont nos ennemis enragés, qui ont tous conspiré de nous perdre éternellement : car ils sont si cruels dans leur rage, qu’ils ne s’attachent pas seulement, comme les ennemis de la terre, à nous ôter une vie du corps, qu’il faut tôt ou tard perdre, ou à nous ravir nos biens, notre honneur, nos amis : niais ils en veulent à notre âme pour la priver d’un empire éternel, pour lui enlever une joie et un honneur achevé de tout point, et pour l’engager dans des tourments que l’œil de l’homme n’a jamais vus, que l’oreille n’a jamais entendus, et que l’esprit ne s’est jamais pu figurer : et cela pour une éternité, pour nous faire souffrir ces tourments inconcevables, dans des rages et désespoirs continuels, autant que Dieu sera Dieu. C’est pourquoi dans l’Écriture, pour nous en donner quelque petite idée, ils sont appelés loups, lions et dragons, leur cruauté ne pouvant jamais être assez bien expliquée.

«Cette rage est accompagnée d’une telle puissance, que nous lisons au chap. XLI de Job (V, 24), qu’il n’y a point de force en la terre qui lui soit comparable, et que le diable ne craint personne. Tous les hommes unis ensemble ne pourraient lui résister sans un secours particulier du ciel ; et les millions de soldats rangés en bataille ne seraient à cet esprit que comme un peu de paille que le vent emporte. Aussi ces anges de ténèbres sont-ils appelés, dans l’Écriture, les Puissances ; ils y sont nommés les princes et les gouverneurs de ce monde corrompu, la plupart des hommes s’étant assujettis par le péché à leur détestable tyrannie.

«Il faut ajouter à leur rage et à leur force une infinité de ruses malicieuses dont ils se servent pour nous séduire, avec des inventions si subtiles et si méchantes que les plus sages en ont été trompés, et les plus éclairés en sont tombés dans l’aveuglement. C’est pourquoi l’Apôtre appelle le diable celui qui tente (I Thess, III, 5) ; et le nom que lui donne l’Évangile est celui de Tentateur. (Matth. IV, 3) Il est encore nommé dans l’Écriture, tantôt dragon et serpent, tantôt chasseur ; menteur, et le père du mensonge, un esprit d’erreur et de vertige. Le serpent, dont il avait pris la figure, est le plus rusé des animaux, comme nous lisons dans la Genèse ; et ayant trompé nos premiers parents par finesse, il a continué dans la suite de tous les siècles à tenter les hommes par cette voie, voyant que c’est le moyen le plus propre pour en venir à bout, et pour mettre à exécution ses plus cruels desseins. La durée des temps ne lui sert qu’à le rendre plus habile dans ses fourbes, et de là vient que les dernières hérésies sont ordinairement les plus subtiles. Les tentations dont il se sert deviennent tous les jours de plus en plus dangereuses, et c’est ce qui nous doit bien donner lieu de trembler, puisque nous devenons plus faibles et nos ennemis plus redoutables. « Comment », lui disait un jour le grand Pacôme, « peux-tu avancer les choses que tu me soutiens devoir arriver à mes religieux ? Ne sais-tu pas bien qu’il n’y a que Dieu seul qui connaisse le futur, ou ceux à qui il lui plait de le révéler ? »

«— « Il est vrai », répartit ce démon, « je ne le sais pas ; mais la grande expérience que j’ai des choses m’en donne des conjectures si fortes, que souvent je les prévois avec facilité auparavant qu’elles soient arrivées ».

«C’est donc un ennemi que les hommes ont dès le commencement du monde, et qui, depuis six ou sept mille ans s’est exercé jour et nuit sans aucun relâche à leur dresser des embûches en toutes choses. Saint Antoine vit un jour le monde plein de pièges, les airs, la terre, les mers et tout le reste des eaux. Il y a des pièges tendus pour la perte éternelle des âmes, dans les déserts et solitudes, au milieu des villes et assemblées, dans les palais et châteaux , dans les plus petites cabanes, dans les honneurs et les bassesses, dans les plaisirs et les souffrances, dans les richesses et la pauvreté, dans les cloîtres et dans le monde, dans le boire, le manger, les veilles, le dormir, dans les exercices les plus saints. Cet ennemi a des traits et des flèches tout prêts à décocher en toutes sortes de lieux, et sur toutes sortes de personnes. Il glisse la médisance dans les entretiens, des pensées sales dans les conversations entre personnes de différent sexe ; quand l’on nous dit quelque chose qui nous fâche, à même temps il ne manque pas de nous porter à la colère ou à la vengeance. Ii se met en toutes manières, il prend toutes sortes de figures. Quelquefois, comme le remarque saint Augustin, il prendra la forme d’un loup, et d’autres fois celle d’agneau : en de certaines occasions, il vient nous battre au milieu des ténèbres, et en d’autres, il nous attaque en plein midi. Il y a un démon dans l’Écriture appelé le démon du midi (Psal. XC, 6).

«Il s’accommode merveilleusement bien à nos humeurs, et dès notre enfance il étudie nos inclinations, il prend garde au penchant de notre nature, à ce qui domine le plus en nous ; et c’est là qu’il dresse particulièrement sa grande batterie, comme un général d’armée, bien expérimenté au fait de la guerre, qui attaque une ville par l’endroit le moins soutenable. Il nous prend par notre faible ; il fait naître mille occasions de lier des amitiés à ceux qui sont portés à l’amour ; il portera à l’impureté et aux plaisirs de la vie les personnes qui ont le sang chaud ; les atrabilaires, à la vengeance ; les mélancoliques, à la tristesse, à l’abattement de courage, au désespoir ; les colères, aux querelles ; les flegmatiques, à la paresse ; les timides, à l’avarice ; les naturels élevés, à l’ambition des charges et des honneurs. Il a dans ses pièges des amorces pour y prendre toutes sortes de personnes, les donnant selon l’inclination d’un chacun, et selon l’humeur qu’il aperçoit dominer davantage.

«Pour y réussir mieux, il ne fait voir que ce qui est agréable dans les honneurs ou plaisirs, y cachant subtilement le mal qui s’y rencontre, comme le pêcheur son hameçon dans la nourriture qu’il prépare aux poissons. Il empêche que les voluptueux ne pensent aux infâmes maladies, au déshonneur, à la dissipation des biens, qui suivent l’impureté. Il fait de même à l’égard de tous les autres vices ; il ne remplit l’imagination que de ce qui plaît à l’humeur, et détourne la vue du malheur éternel, qui est le grand mal, et le souverain et unique mal, qui est caché dans ce bien apparent et trompeur.

«S’il remarque ne rien gagner par une tentation, parce que quelquefois l’âme, avec le secours de la grâce, y veille extraordinairement, il l’attaque par plusieurs. Il imite les tyrans qui, voulant pervertir les Chrétiens et les faire renoncer à leur sainte foi, se servaient de toutes sortes de moyens pour réussir dans leur entreprise ; tantôt leur proposant de belles alliances, de riches partis, la douceur des plaisirs de la vie ; tantôt de glorieuses charges et une fortune élevée. Et quand ces généreux martyrs se rendaient imprenables à tout ce qui pouvait agréer aux sens, ils tâchaient de les surmonter par la peur des tourments et tout ce qu’il y a de plus horrible en ce monde. Ainsi le démon fait la guerre aux hommes par tout ce qui peut charmer les sens ou satisfaire à l’esprit ; et lorsqu’il ne gagne rien par cette voie, il prend celle des peines, soit extérieures, soit intérieures. Il se sert de maladies, de pertes de biens, de réputation, de délaissement de nos amis, du mauvais traitement que l’on nous fait, des contradictions que nous avons, de tristesses, d’ennuis, de nos mauvaises humeurs, d’angoisses intérieures, de dégoûts, de scrupules, et d’autres peines très grandes qu’il nous fait porter à l’égard de Dieu et des hommes.

«Une de ses grandes occupations est de bien prendre son temps ; ainsi il tentera de l’impureté dans le temps où l’on y sera plus porté ; et aussitôt qu’il remarquera quelque émotion violente dans les sens, dans une occasion où le temps, le lieu ou la personne y donneront plus de facilité, en quelque rencontre où il y aura plus de peine à s’en défendre, comme, par exemple, lorsqu’une fille destituée de tout secours voit sa pudicité combattue par des offres qu’on lui fait de la mettre à son aise ; ou bien il portera au péché quand l’on est moins sur ses gardes, dans un lieu de campagne où l’on a moins de secours spirituels, le jour que l’on n’aura pas fait l’oraison, on bien que l’on se sera relâché de ses autres exercices spirituels ; dans le temps de la tiédeur, de l’abattement, de l’inquiétude, du découragement ; lorsqu’il y a quelque temps que l’on ne s’est pas approché de la confession et de la communion, ou bien dans l’état de privation des goûts et consolations sensibles.

«Quelquefois ces malheureux esprits feignent de se retirer, comme ces généraux d’armées qui lèvent le siège de devant une ville pour retourner sur leurs pas et la prendre lorsqu’on y pense le moins. Ils dissimuleront longtemps pour mieux faire leur coup. Par exemple, vous verrez des personnes de différent sexe, soit mariées ou non, qui lieront de fortes amitiés n’ayant aucune intention mauvaise, et il se passera quelquefois des années entières sans que les uns ni les autres pensent au mal : les démons ne les tentent pas, parce que comme ce sont des personnes qui craignent Dieu, elles auraient de la peine de leur amitié si elles en remarquaient le danger. Mais quand ils voient les cœurs bien pris, et la familiarité bien établie et sans crainte, pour lors ils font leurs efforts, et souvent avec des succès qui ne sont que trop funestes. Ainsi ils laisseront engager dans le jeu, dans les divertissements, dans les belles compagnies, dans la lecture des romans, dans la bonne chère et choses semblables, comme le bal ou les promenades un peu libres ; et en tout cela ils travailleront afin que les âmes ne s’aperçoivent pas que l’esprit de dévotion se ralentisse en elles : ils empêcheront même plusieurs fautes qu’on y pourrait commettre, afin que ces gens y étant fortement engagés ne puissent que difficilement s’en déprendre, ce qu’ils pourraient faire avec facilité dans le commencement : et étant ainsi pris, ils tentent avec force et leur font ressentir, mais trop tard, le danger où ils se sont exposés sans l’avoir reconnu.

«Ils amusent par une fausse paix plusieurs qui sont dans le vice ou dans l’erreur, leur faisant faire quantité d’aumônes, de mortifications, de prières et œuvres semblables, leur procurant de belles lumières, des consolations sensibles, une tranquillité de conscience apparente ; et ils trompent de la sorte plusieurs personnes qui sont dans l’hérésie, et qui y demeurent prises par ces belles apparences de vertu, qui servent même aux démons pour y attirer ceux qui en étaient bien éloignés : c’est pourquoi les hérésies qui se masquent de la piété sont bien plus dangereuses que celles que le pur libertinage introduit. J’ai connu un serviteur de Dieu, qui étant tourmenté par de fâcheuses tentations, et en même temps fort porté à embrasser une opinion hérétique, dès lors qu’il délibérait en quelque façon de prendre cette opinion, toutes ses tentations le quittaient ; ces esprits d’enfer se servant de cette ruse pour lui persuader qu’il pouvait en bonne conscience suivre ce sentiment. Souvent il arrive qu’ils usent de cette adresse pour ôter les remords de conscience de ceux qui quittent la religion catholique, faisant qu’ils ne les sentent presque plus, et les portant à la pratique de quantité d’actions fort vertueuses en apparence. Ils s’en servent encore à l’égard de certaines âmes qui, ayant peur de leur perte, à raison de quelque péché mortel où elles sont engagées, tâchent d’apaiser leur conscience par de bonnes œuvres, et de leur ôter ainsi, s’ils peuvent, la juste crainte de leur damnation.

«Ces malheureux esprits étudient, autant qu’ils peuvent, les desseins de Dieu sur une âme, pour lui donner le change dans les voies de la grâce, la tirant de celle où elle est appelée. Ils feront entrer dans le cloître celui qui est appelé à servir l’Église dans le monde, et ils arrêteront celui qui est appelé au cloître, à demeurer prêtre vivant avec les séculiers. S’ils remarquent une grâce étendue dans une personne, et une grande vocation pour travailler en plusieurs lieux pour le bien des âmes, ils tacheront de l’arrêter à quelque cure, quelque prébende, ou autre bénéfice qui demande résidence. Le saint homme d’Avila [St Jean de la Croix], bien éclairé de cette vérité, ne voulut jamais consentir aux propositions que lui fit un grand prélat pour l’arrêter dans son diocèse ; l’événement a bien fait voir que la gloire de Dieu y était intéressée. Ce fut encore la cause qui pressa plusieurs grands personnages de la Compagnie de Jésus, comme il est rapporté dans leur histoire, de résister aux puissantes poursuites que l’empereur leur faisait de prendre des évêchés, outre la raison particulière qu’ils en ont d’autre part ; parce que, disaient-ils ; il faut, disait feu M. Vincent [Saint Vincent de Paul] à un ecclésiastique de grande piété, qui quittait une cure que son oncle voulait lui donner, pour entrer dans la congrégation de la Mission, il faut, dis-je, être curé du monde.

«Il y en a d’autres dont la grâce n’est pas si générale, qu’ils porteront à embrasser trop d’emplois, et les épuisant, les rendent inhabiles à des fonctions plus resserrées que Dieu demande d’eux. Il y a des directeurs qui ont grâce pour les âmes qui commencent dans les voies de la vertu ; il y en a qui ont grâce pour celles qui sont avancées, il y en a qui ont des talents admirables pour celles qui sont dans les voies les plus parfaites. L’on a remarqué dans notre siècle, qu’un des plus grands serviteurs de Dieu qui y ait paru avait une grâce prodigieuse pour les âmes les plus parfaites, et très peu ou presque point pour la conversion des pécheurs. Il se rencontre aussi de saints personnages qui ont des bénédictions incroyables pour tirer les âmes du péché, mais qui en ont peu pour les conduire à une éminente sainteté. C’est une chose rare que d’en trouver dont la grâce s’étende sur toutes sortes d’états. L’occupation des démons est d’appliquer les directeurs hors de leurs grâces, et de leur faire entreprendre ou trop ou trop peu, dans le soin des âmes que Dieu leur adresse. Un grand homme de notre temps, assez connu par plusieurs tomes de Méditations qu’il a données au public, disait à une personne qui lui demandait avis : « Je n’entends rien dans cette voie ». Et un autre religieux de cette même congrégation répondit à une personne qui lui demandait ses sentiments sur son état : « Je n’ai de lumières que jusque-là ». C’étaient des âmes véritablement à Dieu, qui, malgré la haute estime où elles étaient, ne rougissaient pas d’avouer qu’il y avait de certains états dans la vie spirituelle où elles n’avaient pas d’entrées pour y conduire les autres.

«Ces esprits artificieux inspirent la solitude à ceux que la grâce mène aux emplois extérieurs pour le prochain, et donnent de l’inclination pour la vie conversante à ceux qu’elle attire à la retraite. Oh ! combien, écrit dans une de ses épîtres le saint homme d’Avila, que nous avons déjà cité, combien y a-t-il de personnes qui prennent les ordres sacrés, et s’ingèrent dans le sacerdoce par les instigations des diables, qui voyant bien leurs défauts et leurs inclinations vicieuses, savent assez les profanations et sacrilèges qui en arriveront, lorsque ces prêtres seront obligés de célébrer presque tous les jours le saint sacrifice de la messe ! Plusieurs de ces gens-là se seraient sauvés dans le mariage.

«Ils tentent les pères, mères et parents de l’amour du bien ou de l’honneur, pour, dans ces vues, obliger leurs enfants à prendre des états où Dieu ne les appelle pas : ainsi on les fera entrer dans l’état ecclésiastique, ou dans un cloître, pour le soulagement de la famille, ou pour avoir de l’honneur ; par ces mêmes motifs on les pressera d’accepter une charge de judicature, quoiqu’ils n’aient pas, ou la science requise, ou l’application nécessaire pour s’acquitter dignement des devoirs d’un bon juge, d’un bon avocat, ou des obligations d’une autre charge qu’on leur mettra entre les mains. La plupart des gens font toute autre chose qu’ils ne devraient faire, par les tromperies de ces méchants esprits.

«S’ils ne peuvent pas nous détourner des voies de la grâce, ils s’y mêlent, nous y faisant faire les choses d’une autre manière que Dieu ne veut. Dieu demande d’une âme les jeûnes, les veilles, l’exercice de la sainte oraison : ils feront trop jeûner, trop veiller, trop prier. C’est, dit le pieux Grenade, une tentation ordinaire à ceux qui commencent de servir Dieu, et qui se rendent souvent par excès inhabiles à ce qu’ils devraient ou pourraient faire dans la suite du temps. Ils font en sorte que l’on ne s’aperçoit pas du mal que l’on se fait à l’esprit et au corps, afin de ruiner l’un et l’autre avec plus de loisir, sous prétexte que l’on n’est pas incommodé de ces pratiques. Dieu demande la perfection : ils y poussent avec un empressement naturel, qui ne vient que d’amour-propre. Dieu veut que nous ayons regret de nos fautes : ils y mêleront l’inquiétude, le découragement, le chagrin et le dépit. Dieu demande que nous travaillions à notre sanctification, avec le secours de sa grâce : ils n’oublieront rien pour nous mettre dans l’impatience, pour nous décourager, nous faisant voir, par les fautes réitérées que nous commettons, que c’est une chose qui nous est comme impossible. Ils feront tous leurs efforts pour nous faire aller devant la grâce, ou après, nous faisant faire les choses hors les temps que Dieu a ordonnés. Il faut faire le bien, et faire celui que Dieu veut de nous, en la manière qu’il le veut, dans le temps qu’il a ordonné. Saint Philippe de Néry assurément était appelé au sacerdoce ; mais l’ordre de Dieu sur lui était qu’il y entrât dans un âge déjà assez avancé : jamais aussi il ne se voulut rendre aux prières qu’on lui fit de prendre les ordres sacrés auparavant ce temps-là. L’adorable Jésus était venu au monde pour y immoler sa divine vie pour le salut du monde ; il s’enfuit et se cache jusqu’à ce que le temps prescrit par son Père éternel soit arrivé. Il a mis les temps et les moments en sa puissance, dit ce débonnaire Sauveur : ce n’est donc pas à nous de le prévenir ou de reculer quand il est arrivé. Cet aimable Maître devait mourir ; mais il fallait mourir dans le temps que son Père éternel avait ordonné. Le silence est une vertu, cependant saint François le reprit en l’un de ses religieux ; il y avait de l’excès.

«Dieu demande des âmes l’exercice de la sainte oraison ; les démons arrêteront à l’oraison de discours, ou à la méditation, celles qui ont attrait de l’Esprit divin pour la contemplation ; ils en élèveront à la contemplation d’autres qui doivent encore marcher par la voie du discours. Ils feront passer de la contemplation active à la passive les âmes que l’Esprit de Dieu n’y introduit pas ; celles qui y sont introduites, ils leur en donneront et feront donner de la peur. Ils donneront des consolations sensibles pour tirer de la pure foi ou pour débiliter les forces du corps, ils occuperont trop l’imagination et l’esprit, et tâcheront de gâter le cerveau. Ils se transfigureront en anges de lumière par de fausses visions, révélations, paroles intérieures ; et leurs ruses sont si artificieuses, qu’ils feront prendre pour des vues purement intellectuelles leur opération, qui est quelquefois si subtile, qu’en apparence il semble que les sens extérieurs et intérieurs n’y aient aucune part, et que ce soit une opération surnaturelle et par suite de l’Esprit de Dieu, afin que l’on s’y fie, et qu’on tombe plus fortement dans l’illusion.

«Dieu veut que l’on se confesse : ils feront approcher de ce sacrement par amour-propre pour être au plus tôt soulagé de ses fautes, non pas tant par amour de Dieu et mouvement de la grâce que par amour de soi-même, parce que la superbe a de la peine de se voir en cet état humiliant ; aussi ces personnes qui s’en approchent de la sorte retombent encore plus lourdement : l’on peut se confesser tous les jours, et plusieurs fois par jour, ce que quelques saints ont fait, mais il faut le faire comme eux.

«Dieu demande que l’on communie : les démons empêcheront la fréquentation de ce sacrement d’amour ou ils en feront approcher trop souvent des âmes qui n’y ont pas les dispositions nécessaires, et quelquefois même qui y sont attirées par un mouvement secret de leur amour-propre, quoiqu’elles ne le voient pas. Un écolier, un régent, un prédicateur, un juge, un évêque, doivent faire l’exercice de leurs charges, et vaquer aux obligations de leur état : les démons, sous prétexte de retraite, de dégagement du monde, de l’application à la prière, les feront laisser leur étude, le soin des procès, l’attention à leur diocèse ; et d’autre part, sous prétexte d’études, d’affaires, des grands soins que demande l’épiscopat, ils les occuperont tout au dehors ; et le prélat, le juge, le prédicateur ne feront qu’étudier, que parler d’affaires, que converser avec les hommes, sans donner presque aucun temps à l’oraison et à la conversation avec Dieu.

«Ô mon Dieu ! À combien de misères le cœur humain n’est-il pas réduit par les ruses de ces ministres de l’enfer, même dans les voies les plus spirituelles ! Le vénérable P. Jean de la Croix, personnage d’une admirable sainteté, nous enseigne qu’il se rencontre dans ceux mêmes qui tendent à la perfection, une secrète satisfaction de leurs bonnes œuvres, une envie de faire leçon de la vie spirituelle, une démangeaison d’en parler. Les diables, dit ce grand maître du chemin de la perfection, les portent à faire quantité de bonnes œuvres par amour-propre. Quelquefois ils font paraître leur dévotion par des signes extérieurs, comme gestes, soupirs, et parlent facilement de leurs vertus, ayant cependant de la peine jusque dans le confessionnal à déclarer nettement leurs péchés. En de certains temps, ils tiennent peu de compte de leurs fautes, et en d’autres, ils s’en attristent avec excès. Ils ont de la peine à louer les autres, et sont bien aises d’être loués. Ils ne se contentent jamais des dons et des grâces de Dieu, de conseils, d’avis, de livres : ils se chargent de pièces curieuses de dévotion. Quand ils n’ont pas de dévotion sensible, ils s’en fâchent contre eux et contre les autres. Ils s’irritent contre les vices d’autrui d’un zèle inquiet, et les reprennent dans ce zèle. Ils voudraient être saints en un jour, et ont des désirs si naturels et si imparfaits de la perfection, que plus ils font de bons propos et plus ils tombent. Ils tâchent de se procurer du goût dans leurs exercices, s’emportent dans des excès d’austérité qu’ils cèlent quelquefois à leurs directeurs ; ils contesteront avec leurs pères spirituels pour les faire entrer dans leur sentiment. Ils se relâchent et s’affligent quand on leur contredit, et croient que tout ne va pas bien lorsqu’on les tire de leurs pratiques. Ils pensent qu’on ne comprend pas leurs voies, lorsqu’on résiste à leurs pensées. Ils voudraient que Dieu fît leur volonté : d’où vient qu’ils pensent que ce qui n’est pas à leur goût n’est pas la volonté de Dieu. Ils ont de l’envie du bien spirituel de leur prochain, et supportent avec peine de s’en voir devancés dans les voies de l’esprit ; enfin leur goût n’est pas pour la croix et la pure mortification, l’abnégation de soi-même et l’entier anéantissement.

«Ce n’est pas que, dans les peines, les diables ne s’y mêlent, invitant quelquefois à désirer des croix, prévoyant bien que certaines âmes n’en feront pas bon usage ; ou les poussant à s’en procurer, ce qui n’arrivant pas par l’ordre de Dieu, il est facile d’y succomber, ou leur donnant lieu d’augmenter celles qui viennent de la divine Providence. Par exemple, Dieu enverra quelques peines d’esprit, qu’il faut porter avec patience et résignation ; ils porteront les personnes qui les souffrent à y rêver, à faire trop de réflexion, et par suite à les accroître par elles-mêmes. Comme ils cachent le mal qui se rencontre dans les plaisirs illicites, ils ôtent la vue du bien qui est renfermé dans les peines ; ils n’en font voir que ce qui peut faire souffrir, dans le dessein de porter à l’impatience, à l’ennui, au désespoir, aux murmures contre la divine conduite. Ils travaillent puissamment pour faire entrer les âmes dans le découragement, leur faisant voir leurs maux sans remèdes, ne leur faisant envisager que la vie présente, et les poussant à bout. Ils donnent même de pénibles tentations à l’égard de Dieu, par des peines contre la foi, par des pensées que l’on est réprouvé, par des doutes du consentement au péché ; brouillant l’imagination et laissant l’esprit inquiet, parce que l’on ne sait si l’on a consenti à la tentation ou non ; donnant des scrupules au sujet des confessions que l’on s’imagine n’avoir jamais bien faites, faisant réitérer des confessions générales mal à propos, et souvent les confessions ordinaires, par la peur que l’on a de n’avoir pas tout dit ou de s’être mal expliqué ; tenant le cœur dans l’angoisse, car, comme ce sont les esprits hors de toute espérance, hors de tout ordre, et toujours dans des inquiétudes inexplicables, les effets qu’ils produisent sont convenables à leur malheureux état. Ils causent partout où ils sont le trouble, le découragement, la tristesse et le désordre, et ils ne peuvent rendre les hommes compagnons de leur misère en l’autre vie, au moins ils tâchent de les y faire participer en la vie présente. Dans les contradictions extérieures, ils suscitent nos proches, nos amis, des personnes que nous avons obligées, comme il se voit en la femme de Job, pour nous irriter, nous représentant dans l’imagination leurs ingratitudes et leurs injustices.

«Quelquefois, Dieu le permettant ainsi , ils s’emparent de l’imagination des gens de bien, même d’une telle façon qu’ils leur font voir les choses tout d’une autre manière qu’elles ne sont, rendant inutile par ce moyen tout ce que l’on peut dire et faire au contraire. Ce saint homme; le P. Jean de la Croix , fut empoisonné par les religieux de son ordre, et étrangement maltraité : on lui ôta même l’habit de religieux comme à un incorrigible. L’on s’étonne qu’un si grand serviteur de Dieu ait été traité de la sorte par des gens de bien ; mais il n’en faut pas être surpris : Dieu ayant dessein d’en faire un homme de souffrance, il permit au diable de l’exercer cruellement ; et pour ce sujet ces esprits d’artifice ne le faisaient voir aux religieux qui le tourmentaient que comme une personne désobéissante et nullement soumise ; et ces pensées ne manquèrent pas d’apparence, car, dans un chapitre que l’on avait tenu dans l’ordre, plusieurs braves religieux, supérieurs en charges et gens de doctrine, et considérables par leurs qualités, avaient ordonné que le P. Jean de la Croix ne se mêlerait plus dans les affaires qu’il avait commencées ; ainsi on ne le regardait que comme rebelle. L’on ne manquait pas de dire que ses desseins, quelque bons qu’ils fussent, étaient à rejeter, puisqu’on lui faisait défense d’y plus penser ; qu’au reste c’était une personne sans conduite, qui n’était propre qu’à faire grand bruit et bien brouiller, dans l’ordre du Carmel, par son zèle indiscret et emporté. Tout ce que l’on alléguait au contraire n’était nullement considéré. Mais cette vérité est toute sensible en la dernière persécution qu’il endura à la mort, par le prieur de la maison où il était malade. Ce prieur, quoique religieux réformé, et dans le commencement de l’une des plus saintes réformes qui ait jamais été, dans un temps où les prémices du plus pur esprit de ce saint ordre étaient communiquées en abondance, interprétait toutes les actions de l’homme de Dieu d’une étrange manière, ce qui lui donnait lieu de l’exercer puissamment. C’est une chose étonnante que son provincial, passant par ce monastère, fit ce qu’il put, et par son autorité et par ses raisons, pour adoucir l’esprit de ce prieur ; mais tout cela en vain : le démon, qui était dans son imagination, ne la tenait remplie que de certaines espèces qui lui faisaient voir les choses tout autrement qu’elles n’étaient. Enfin, quelque peu de temps auparavant que l’homme de Dieu expirât, le démon s’étant retiré, voilà ce supérieur dans un étonnement prodigieux de ce qu’il avait fait ; il n’était arrivé rien de nouveau, toutes choses étaient dans le même état, le démon seulement s’était retiré.

«Les plus petites imperfections donnent de grandes prises à ces esprits apostats. Les moindres choses, comme il est dignement remarqué dans la Vie de saint Jean Chrysostome, depuis peu donnée au public, leur suffisent pour exciter des passions violentes contre ceux qui leur font la guerre, en tâchant de rétablir les mœurs de l’Église dans leur première pureté. Les moindres actions d’un fidèle serviteur de Dieu peuvent servir aux princes des ténèbres, de fondement et d’ouverture à une grande persécution, et ils savent envenimer les choses les plus innocentes. Si les évêques et les prêtres qui ont vécu au temps de la persécution sont morts pour la défense de la foi, les évêques et les prêtres ne peuvent être persécutés, depuis la paix de l’Église, que pour la défense de la vigueur de la discipline. Les démons font dans l’imagination ce que certains miroirs font à nos yeux : ils grossissent les espèces, et ils peuvent faire paraître des atomes comme de hautes montagnes.

«Ils font aussi voir les choses, comme nous l’avons déjà dit, d’une autre manière qu’elles ne sont ; comme ces verres qui vous représentent les objets tout d’une autre couleur que celle qu’ils ont. Ils vous donnent des idées très fausses de la véritable dévotion ; ils la font mettre où elle n’est pas, en de certaines pratiques, en des lumières et mouvements sensibles ; ils ne la font pas mettre où elle est, dans une volonté résolue de faire la volonté de Dieu en toutes choses, et en la manière qu’il le veut. Ils persuadent aux gens du monde qu’elle n’est bonne que pour les cloîtres, et la font paraitre d’une telle façon qu’il ne leur est pas possible de la pratiquer. Leurs artifices vont à la faire envisager comme impossible à ceux qui vivent dans le siècle, afin de leur en ôter la pensée ; ou ils la représentent si hideuse, qu’on n’a pas le courage de l’embrasser ; ou ils lui imposent les défauts de ceux qui en font profession, pour la décrier.

«Comme ils sont tous dans la malignité, ils glissent dans les esprits une inclination maligne, qui leur fait trouver du venin dans les actions les plus saintes, et les portent à interpréter en mal les œuvres du prochain ; au contraire de la véritable charité, qui pense du bien d’un chacun, et qui, lorsqu’elle ne peut pas approuver l’action, excuse au moins l’intention. C’est un des maux des plus ordinaires du monde, que de croire le bien avec peine, et de penser le mal avec facilité. Si l’on ne peut pas blâmer une vie vertueuse, qui nous sert de reproche, l’on s’en prend à l’intérieur ; et pénétrant le fond du cœur, qui n’est connu que de Dieu seul, on le taxera d’hypocrisie et de dissimulation. Sainte Thérèse rapporte que la sainte dame de Cardone parlait facilement de ses grâces, et disait assez bonnement ses vertus ; elle regarde ce procédé comme celui d’une âme qui ne regardait que Dieu seul, sans se considérer : une autre l’aurait condamnée de vanité, et aurait soupçonné cette vertueuse dame de rechercher l’estime des créatures.

«Le P. Caussin, dans sa Cour sainte, faisant réflexion sur cette vérité, que nous devons être fort retenus à porter notre jugement sur les actions de nos prochains, après avoir hautement loué la conduite du grand saint François de Sales, remarque qu’un esprit critique y aurait bien trouvé à redire. Par exemple, dit cet éloquent auteur, le saint témoigne que le souvenir de madame de Chantal [Béatifiée en 1751, par notre St Père le Pape Benoit XIV], de glorieuse mémoire, lui est si cher, qu’il y pense souvent, et avec affection, et même au saint autel ; un esprit pointilleux n’approuverait pas que l’imagination d’un saint homme fût remplie du souvenir d’une femme ; cependant il y était appliqué par grâce. Mais nous lisons de certains saints qu’ils demandaient à Dieu de ne se souvenir jamais, même dans leurs prières, des femmes qui s’y recommandaient. C’était leur grâce que d’en user de la sorte ; mais les voies que tient l’esprit de Dieu en la conduite de ses saints sont si différentes, que c’est un abîme au pauvre esprit humain.

«Quand les démons prévoient de grands secours pour les âmes, des bénédictions spéciales sur une ville, un diocèse, une province, ils suscitent de grandes persécutions contre les personnes dont Dieu veut se servir. Ils n’oublient rien pour les décrier et pour en donner de l’horreur : et non-seulement ils maltraitent les personnes employées dans les fonctions publiques, mais celles qui sont les plus retirées et les plus solitaires, lorsqu’ils y remarquent une vertu extraordinaire ; car ces âmes, dit sainte Thérèse, ne vont jamais au ciel seules ; elles sauvent et sanctifient grand nombre de personnes par leurs oraisons et par leur union avec Dieu. L’on a vu de notre temps un religieux carme déchaussé mener une vie fort solitaire sur le mont-Carmel, et imiter ces anciens Pères qui se retiraient dans les solitudes les plus écartées, pour y passer quelque temps dans un entier éloignement des hommes ; c’est une chose étonnante d’apprendre la rage des démons contre ce serviteur de Dieu.

«S’ils conjecturent que la piété d’une âme solidement vertueuse, et les grâces extraordinaires que le ciel lui a faites, doivent faire de grands fruits dans l’Église, ils travailleront à mettre en vogue quelque créature trompée ; ils la feront passer pour sainte, ensuite ils en découvriront les tromperies, pour faire juger qu’il en est de même de celles qui sont mues par l’esprit de Dieu, et par là empêcher le bien qui en peut arriver. S’ils voient que la dévotion s’établisse dans un pays, par la solide pratique de l’usage fréquent des sacrements, de l’exercice de l’oraison, de l’union avec Dieu, ils feront tomber dans quelques fautes quelques-unes des personnes qui font profession de dévotion, et ensuite feront crier contre la fréquente communion, contre l’oraison, et les autres pratiques de piété : ils rendront ridicules les dévots, et feront les derniers efforts pour s’opposer aux desseins de Dieu. « Ô mon Seigneur », s’écrie la séraphique Thérèse, « que c’est une grande pitié ! Si une personne est trompée dans les voies de l’oraison, l’on crie, l’on fait grand bruit, et l’on ne voit pas que pour une personne qui s’égare, prenant mal l’oraison, les milliers d’âmes se damnent par faute de la faire ». Le pieux Grenade, en son Mémorial, fait un chapitre dans lequel il montre que c’est souvent un grand abus que de crier tant contre les abus de la fréquente communion : « Ce n’est pas qu’on ne les doive blâmer et avoir en horreur ; mais l’on ne prend pas garde, dit ce savant maître de la vie spirituelle, que sous prétexte de quelques abus qui se commettent, l’on empêche non-seulement les grands progrès des bonnes âmes en la vertu, par l’usage fréquent de la communion, mais encore, et c’est ce qui est grandement considérable, beaucoup de gloire qui en reviendrait à Dieu ».

«Notre-Seigneur révéla à sainte Gertrude, que ceux qui empêchaient la fréquente communion lui ravissaient ses délices. Saint Thomas enseigne que la communion journalière était de précepte dans les premiers siècles. Le saint concile de Trente souhaite que l’usage en pût être rétabli. Il faut examiner les personnes qui reçoivent tous les jours la sacrée communion, afin qu’on n’en fasse pas un mauvais usage : mais de désapprouver un usage si établi dans la primitive Église, et que le dernier concile général voudrait pouvoir être rétabli, c’est un effet de la haine que les esprits d’enfer ont conçue contre ce mystère d’amour.

«Un grand serviteur de Dieu a sagement remarqué qu’il y a de certaines personnes dans lesquelles les démons sont comme dans leur fort, et par le moyen desquelles ils rendent leurs tentations plus dangereuses. Il y a des personnes dont les approches portent à l’impureté, les autres à la vengeance, les autres à la vanité. Les démons sont dans les yeux de quelques personnes, dans leurs cheveux, dans leurs mains ; et ils rendent tout ce que ces personnes font si agréable, leur voix, leurs paroles, le mouvement de leurs yeux, leurs gestes, qu’il est difficile de n’y être pas pris. L’on s’étonne quelquefois de voir des malheureux s’attacher à des créatures assez imparfaites, et quitter leurs femmes qui sont belles et agréables ; souvent cela arrive par l’opération secrète des démons, qui mettent des charmes pour les cœurs en des misérables qui naturellement devraient donner de l’aversion. Un malade qui était sur le point de mourir était dans une grande paix ; un de ses amis, hérétique, entre en sa chambre pour lui rendre visite, à même temps il se trouva grandement tenté contre la foi. Les démons, qui n’avaient pas de prise dans ce lieu pour combattre ce pauvre malade, se trouvèrent en cet hérétique comme dans leur fort pour l’attaquer : j’ai appris ceci de feu M. Gauffre, digne successeur du P. Bernard, de glorieuse mémoire ; et la chose mérite bien d’être remarquée, pour ne pas donner lieu aux diables de nous tenter, particulièrement à l’heure de la mort, prenant garde aux compagnies que nous fréquentons. Disons ici que comme les diables nous font de rudes combats par les gens qui sont à eux, aussi l’esprit de Dieu nous donne de grands secours par les âmes qu’il remplit. La bienheureuse Angèle de Foligni, faisant un voyage de dévotion, fut favorisée de dons grandement extraordinaires, et notre bon Sauveur lui révéla que si elle eût pris une autre compagnie que celle qu’elle avait, qui était une personne de vertu, elle eût été privée de toutes ces grâces. Rien de plus pernicieux que la conversation avec les méchants, rien de plus utile que celle que l’on a avec les gens de bien.

«Enfin, le grand ravage de ces maudits esprits est l’établissement de l’hérésie : pour ce sujet ils usent de leurs ruses ; ils commencent par les choses qui ne peuvent pas tant étonner de prime abord, Ils suscitèrent Luther pour crier contre les indulgences ; mais ils le firent commencer par les abus des indulgences, des cérémonies, et insensiblement ils en vinrent à la foi.

«Sainte Thérèse enseignait que le grand courage était tout à fait nécessaire en la milice spirituelle ; et il est bien vrai, puisque nos ennemis, non-seulement sont terribles en leur force, cruels en leur rage, extraordinairement redoutables en leurs ruses, mais qu’ils sont infatigables en leur poursuite : toute leur occupation est de nous surprendre ; ils veillent à notre perte pendant que nous dormons. « Nos ennemis », dit saint Augustin, « sont toujours attentifs à notre ruine, et nous sommes toujours dans l’oubli de notre salut. Ils veillent sans cesse pour nous faire mourir de la mort éternelle, et nous sommes continuellement endormis quand il s’agit de nous sauver. Le sommeil et la nourriture, non plus que les autres soins qui nous lassent, ne les fatiguent jamais, puisqu’ils n’en ont pas besoin ; ils sont toujours sous les armes jour et nuit, et durant tout le cours de notre vie, et ils ne les quittent jamais : s’ils donnent quelque apparence de paix ou de trêve, ce n’est que pour mieux nous faire la guerre, et pour nous combattre avec plus de forces et plus de succès ».

«De plus, ce sont de purs esprits, aussi vites que nos pensées, qui entrent partout, qui nous suivent partout, à qui rien n’est fermé : vous avez beau mettre des portes et des serrures à vos chambres et à vos cabinets, l’entrée ne laisse pas de leur en être libre ; et comme ils sont invisibles, ils vous combattent sans être vus ; ils vous frappent, et vous ne voyez personne, ils sont auprès de vous méditant votre perte, et vous n’en savez rien ; leurs armes sont invisibles ; ce qui marque assez combien il est difficile de s’en défendre. Ils nous tentent en tout temps, et Cassien nous apprend que les Pères du désert connaissaient par expérience que dans les temps les plus saints leurs tentations étaient plus grandes ; comme, par exemple, durant le saint temps de carême.

«Leurs attaques deviennent plus violentes à mesure que l’amour de Dieu s’augmente. Dès qu’on commence à le servir, il faut se préparer à la tentation ; et il ne faut pas s’en étonner : pour lors la guerre est déclarée, auparavant ils ne s’en mettaient pas en peine, tenant l’âme sous leur tyrannie. Les saints se voient souvent sur le bord du précipice, par la violence de leurs tentations : ce sont ceux-là, dit Cassien, qui souvent sont bien tentés des convoitises de la chair. Ce Pharaon infernal accable de travaux ceux qui tâchent de s’échapper de sa cruelle domination. Il n’y a point de lieu qui nous exempte de cette guerre ; nos temples et les lieux les plus saints ne nous en préservent pas : ils se glissent partout. Ils font tomber dans la solitude le pauvre Loth dans l’impureté, lui qui s’était conservé chaste au milieu d’une ville toute pleine des plus monstrueuses impudicités. Il n’y a point d’âge en la vie qui nous mette à couvert de leurs attaques. Un grand et excellent solitaire, ayant résisté à leurs tentations en sa jeunesse, aimant mieux faire brûler son corps dans le feu matériel que d’abandonner son âme aux feux de l’impureté, et triomphant de la sorte de l’effronterie d’une femme qui tendait des pièges à sa pudicité, étant âgé de soixante ans ou plus, se laissa vaincre à ces tentateurs, par le moyen d’une créature qui en était possédée. Considérons cet exemple en passant, et tremblons. Un jeune homme, qui dans la fleur de son âge avait remporté de si glorieux triomphes, se laisse vaincre, et cela dans la vieillesse, après tant de jeûnes et de mortifications, ayant le corps consumé de grandes austérités ; après tant de victoires remportées durant le cours de tant d’années ; après une vie céleste, tant de dons extraordinaires, tant de grâces miraculeuses, il se laisse vaincre par une femme qui était possédée, ce qui devait donner de l’horreur, et après avoir chassé le diable de son corps.

«Un de leurs soins est de nous lasser par la durée du combat ; et l’expérience fait assez voir que l’on succombe à la fin, après avoir résisté un long temps. Une âme sera fidèle à ses exercices, malgré tous les dégoûts et toutes les répugnances qu’elle en peut avoir, quoiqu’elle n’y ait aucun sentiment, et qu’elle n’y porte que des peines : à la fin l’ennui l’accable, et elle cède à la tentation. Elle s’assujettira aux bons conseils qu’on lui donne, et gardera inviolablement les ordres qu’on lui prescrit : à la fin elle en fera à sa tête, et cédera à ses pensées et à ses inclinations. Quand ces esprits malheureux voient qu’ils ne peuvent rien gagner, ils vont prendre de nouvelles forces ; ils s’associent des démons plus puissants encore et plus malicieux, et reviennent au combat, terrassant souvent ceux qui en avaient auparavant triomphé.

«Après tout, leur nombre est incroyable. Saint Bernard dit que les diables, qui sont les singes de la Divinité, se partagent, afin que tous les hommes aient un mauvais ange, comme ils en ont un bon. Saint Grégoire de Nysse est dans le même sentiment. Saint Antoine disait souvent que des millions de diables parcouraient toute la terre. Saint Hilarion, son disciple, disait la même chose, et rapportait sur ce sujet l’histoire de l’Évangile, qui nous enseigne qu’un seul homme en était possédé d’une légion, c’est-à-dire de six mille six cent soixante-six. Le glorieux saint Dominique délivra un malheureux qui était possédé de quinze mille diables, qui étaient entrés dans son corps en punition des railleries qu’il avait faites des quinze mystères du rosaire. Ceci mériterait bien d’être considéré par ces gens qui se raillent des associations établies avec autorité légitime. Mais considérons combien d’ennemis conspirent à la perte d’un seul homme. Saint Jérôme, sur le chapitre VI aux Éphésiens, déclare que c’est une opinion générale des docteurs, que l’air est tout rempli de ces ennemis invisibles.

«Après cela, donnons un peu nos attentions aux dangers où nous sommes exposés ayant de tels ennemis sur les bras. Mais donnons-les en même temps à la considération de ce que nous sommes, nous qui avons à combattre contre de telles forces. Nous vivons au milieu de la nuit, et dans le plein midi de la grâce, nous ne voyons pas même, aveuglés que nous sommes de nos passions. Nous marchons dans des lieux tout pleins de précipices éternels, et dans des chemins si glissants, que les plus saints ont bien de la peine à s’y soutenir : nous ne savons pas le chemin qu’il faut tenir, et nous prenons facilement, selon le sentiment de saint Bernard, celui de l’enfer ; ceux que nous rencontrons sont des aveugles et des ignorants comme nous, qui, au lieu de nous aider à nous tirer de ces mauvais pas, servent à nous y perdre. Nous ne sommes que pure faiblesse, et percés de coups mortels de toutes parts. Ô mon Dieu, ô mon Dieu, qui pourra se sauver dans un état si déplorable ? Hélas ! Ô homme, à quoi pensons-nous, lorsque nous sommes dans l’oubli de ces dangers effroyables ? Est-il donc possible que ces vérités soient indubitables, et que nous y pensions si peu comme il faut ? En vérité, en vérité, il faut que nous soyons enchantés ; qu’ayant des yeux nous ne voyions pas, des oreilles sans entendre, et des pieds, demeurant cependant immobiles pour l’éternité ; nous ne voyons, nous n’entendons, nous ne marchons que pour la vie présente.

«Ces aveuglements et insensibilités, sont la cause que la plupart des âmes deviennent la proie des démons : si nous voulions bien nous laisser aller aux lumières et aux mouvements de la grâce, ne pouvant rien de nous-mêmes, nous pourrions tout en celui qui est notre force. C’est en sa vertu qu’il faut résister généreusement à la puissance des démons, qui, à la manière des crocodiles, fuient ceux qui les poursuivent et poursuivent ceux qui les fuient. Résistez au diable, nous enseigne la divine parole, et il s’enfuira de vous (Jac. IV, 7). Il est vrai que nos forces sont entièrement inégales ; mais la vertu de Jésus-Christ supplée à notre faiblesse. Le grand saint Antoine assurait que depuis la venue de Notre-Seigneur, nous pouvions venir à bout du démon comme d’un moineau, et briser ses forces comme l’on ferait de la paille.

«Il faut donc mettre toute sa confiance en Jésus-Christ et sa sainte croix, en la protection de sa sainte Mère, qui a écrasé la tête de ce malheureux serpent, et se servir des sacrements, de l’eau bénite, des images saintes, pour détruire tous ses efforts, nous tenant toujours d’une autre part dans l’humilité, vertu toute puissante pour rendre les tentations de l’enfer inutiles, mais vertu sans laquelle toutes les autres vertus nous serviront de peu contre ses attaques. Saint Antoine, dont je viens de parler, ayant vu tout le monde rempli de pièges, et un démon qui de sa tête touchait les astres, et ravissait la plupart des âmes, fut pénétré de douleur ; et comme ce saint homme criait avec force : « Qui pourrait donc s’échapper de ces liens, et des mains de ce monstre infernal ? », une voix du ciel lui répondit : « Antoine, ce sera l’humilité » [Sentences des pères du désert]. Cette vertu doit être accompagnée d’une entière défiance de nous-mêmes. Si nous prenons quelque appui sur nos forces, sur notre expérience, notre conduite, nos résolutions, nous sommes perdus ; tôt ou tard, infailliblement, nous périrons : et il faut bien prendre garde à une confiance secrète que nous avons en nous-mêmes, qui est quelquefois imperceptible : il semble, quand nous avons fait de certaines pratiques de piété, que tout est gagné ; et Notre-Seigneur permet qu’ensuite nous retombions plus lourdement.

«Il y a des âmes qui voient bien de certaines imperfections dont elles ont horreur ; elles soupirent, elles travaillent, et n’en peuvent venir à bout. C’est, dit le saint homme le P. de Condren, que ces âmes ne connaissent pas encore assez leur faiblesse, leur insuffisance, leur impuissance. La défiance de nous-mêmes doit être suivie de crainte : Craignez le Seigneur, est-il écrit, vous tous qui êtes ses saints (Psal. XXXIII, 10). Si les saints doivent opérer leur salut avec tremblement (Philip. II, 12), que doivent faire les pécheurs ? Un larron auprès de la croix est sauvé, un autre dans le même lieu est damné. Dieu pardonne à l’un de ses apôtres qui l’a renié, il condamne un de ses disciples qui l’a trahi. Il y a un paradis, mais il y a un enfer ; quelques-uns ont fait une véritable pénitence à la mort, mille et mille sont morts dans le péché. Enfin, l’on a vu les plus belles lumières de l’Église s’éclipser, l’on a vu des anges de la terre se précipiter dans les enfers par un mouvement de superbe à la fin de leur vie ; l’on a vu des colonnes de l’Église ébranlées et abattues, l’on a vu ceux qui y éclairaient les autres, des plus pures lumières de la foi tomber dans l’hérésie, l’on a vu des saints devenir des diables.

«Pour ce sujet, il faut être fort sur ses gardes, et ne pas donner lieu à la tentation, en évitant toutes les occasions qui pourraient nous y engager. Veillez et priez, dit la divine Parole, de peur que vous n’entriez en tentation (Matth. XXVI, 41) ; elle ne dit pas de peur que la tentation n’entre en vous, mais de peur que vous n’entriez en la tentation. Quand c’est par l’ordre de Dieu que nous nous trouvons dans le péril, avec son divin secours nous en échapperons ; si c’est de nous-mêmes que nous y sommes engagés, nous y périrons. La tentation de Joseph était bien plus forte que celle de David : Joseph était jeune, David était vieux ; Joseph était poursuivi par les caresses et les menaces d’une femme qui l’importunait sans cesse, David n’était poursuivi de personne. La pudicité de Joseph était attaquée par une femme qui était sa maîtresse ; en lui résistant, il courait risque de sa vie, en donnant les mains à la passion, il pouvait attendre une grande fortune temporelle ; David était roi, il n’avait rien à craindre ni rien à attendre que les remords de sa conscience. David était plus avancé dans la vie spirituelle, et c’était l’homme selon le cœur de Dieu ; cependant David est vaincu par la tentation, Joseph y résiste : c’est que David s’expose lui-même à la tentation, et que Joseph se trouve engagé dans le péril s’acquittant de son devoir dans l’ordre de Dieu. Les enfants ont été délivrés de la fournaise de Babylone, saint Pierre du danger des eaux ; mais, si vous vous jetez à l’eau, ou dans le feu, vous y serez noyé ou brûlé. Si vous vous sentez bilieux, pourquoi n’évitez-vous pas les occasions de la colère ? Si vous vous sentez porté à l’amour, pourquoi ne fuyez-vous pas discrètement les occasions des femmes ? Vous vous fâchez en jouant, pourquoi donc ne renoncez-vous pas au jeu ? Vous êtes distrait quand vous faites vos prières dans des lieux qui ne sont pas assez retirés, que n’en choisissez-vous de plus propres ? Saint Ignace, le fondateur de la compagnie de Jésus, avait le privilège de ne point avoir de distractions pendant ses prières ; mais il fallait qu’il fît, de son côté, ce qu’il pouvait : quand il ne s’éloignait pas assez du monde et du bruit, il ne jouissait plus de cette grâce.

«Soyez aussi prompt à résister à la tentation. Le même saint disait que le serpent fait glisser facilement tout son corps où il a passé sa tête. La négligence que vous apportez à résister à la tentation donne de grandes prises à vos ennemis ; ils craignent grandement les âmes qui résistent de prime abord à leurs attaques ; car ils voient que ces attaques ne leur servent qu’à leur acquérir des couronnes. Si un charbon de l’en tombait sur votre habit, en même temps et, avec le plus de diligence qui vous serait possible, ne le jetteriez-vous pas par terre ? Et, pour peu que vous le laissassiez sur votre habit, n’en serait-il pas gâté ? Quoique la négligence ne soit pas entièrement volontaire, n’y ayant pas une advertance parfaite, c’est toujours un péché véniel, et un seul péché véniel donne des forces étranges au démon pour nous tenter. Quand les exorcistes des possédés de Marseille avaient commis la moindre petite faute, ils ne pouvaient rien faire contre les démons durant quelque temps : au contraire, lorsqu’on a repoussé la tentation promptement, les démons ont peur de revenir, et leurs forces sont affaiblies. Il ne faut jamais délibérer ; une ville qui parlemente est presque prise. Dès lorsque l’on voit le péché, ou l’occasion du péché, il faut rompre, il faut quitter, il faut tout souffrir plutôt que d’y penser.

«Dans les combats de la chasteté, il faut vaincre en fuyant ; ne vous amusez pas à regarder les tentations, fuyez au plus vite : les tentations contre la pureté ont des charmes pour les sens, qui vous prennent si vous les regardez. Dans celles de la foi, il ne faut jamais raisonner : I1 faut s’enfuir, disait saint François de Sales, par la porte de la volonté, et non pas par celle de l’entendement. Donnez-vous bien de garde d’aller chercher des raisons pour vaincre ces sortes de tentations ; ne disputez pas avec le démon, il est trop habile pour vous ; vous ne vous tirerez jamais de ses difficultés. Le saint évêque que nous venons de citer rapportait que cet esprit de subtilité et de malice lui forma une objection si forte contre la présence de Notre-Seigneur en l’Eucharistie, que sans un secours particulier de la grâce il était perdu ; c’est pourquoi jamais cet incomparable prélat n’a voulu dire la difficulté de sa tentation, dans la crainte qu’il avait qu’elle ne fût le sujet de la perte de quelque âme.

«Dans les autres peines d’esprit, il faut un grand abandon à Dieu, et y éviter les réflexions volontaires. L’on ne peut pas empêcher que l’imagination n’en soit attaquée, mais on doit les souffrir en patience, et ne les pas entretenir ou augmenter par des réflexions volontaires. Elles portent ordinairement les personnes à être rêveuses : ce qu’il faut tâcher d’éviter, s’occupant doucement, pour y donner le moins de lieu que l’on peut ; la trop grande crainte en imprime les espèces plus fortement dans l’imagination, et, dans les tentations de l’impureté, les sens en sont plus émus.

«Dans les peines de scrupules ou d’autres inquiétudes, le remède est de ne se pas arrêter à son jugement, de prendre avis d’une personne expérimentée dans ces sortes de voies (car il y a de grands directeurs qui n’en ont pas d’expérience), et qui ait de la doctrine et de la résolution, et s’en rapporter à ses avis, soit pour ne plus réitérer de confessions générales, quoique l’on estime en avoir besoin ; soit pour ne plus dire de certaines fautes, soit pour ne se pas accuser de certains doutes. Car enfin l’ordre que Dieu a établi en son Église est de ne nous pas gouverner immédiatement, mais par les personnes qu’il a appelées aux fonctions sacrées du sacerdoce. Une personne qui, agissant contre la conscience, ferait une chose qu’elle estimerait péché mortel, quoique ce ne fût qu’une faute vénielle, sans doute, si elle faisait cette chose avec une délibération parfaite, il y aurait un péché notable ; mais, si, nonobstant le jugement qu’elle fait de l’énormité d’une faute, elle passe par-dessus, soumettant son jugement à celui de son directeur, qui a plus de lumière qu’elle, et qui discerne mieux le péché d’avec le péché, assurément elle fait bien. Mais elle agit, me direz-vous, contre la conscience ; il est vrai, mais c’est une conscience dans l’erreur, et elle suit les règles d’une conscience véritablement éclairée, qui est celle du directeur. L’on ne doit pas non plus s’inquiéter sur ce qu’il vient en l’esprit que l’on ne s’est pas assez bien expliqué, ou bien que le directeur ne connaît pas bien notre état (ce sont des tentations communes presque à toutes les personnes peinées), ni s’embarrasser sur ce que nos peines peuvent venir de nos péchés ; car, après avoir renoncé à nos fautes, il est expédient d’en porter les peines dans la paix. Les peines du purgatoire sont à la vérité des peines et des châtiments du péché ; cela empêcherait-il que les âmes qui y souffrent ne les portent avec tranquillité et une entière résignation aux ordres de Dieu ?

«Dans les peines de blasphème ou de réprobation, il est nécessaire d’y éviter doucement les réflexions volontaires ; et dans ce temps ordinairement la vue confuse de Notre-Seigneur est plus propre, dans l’oraison, qu’une connaissance distincte des mystères, parce que la tentation s’augmente et s’entretient par la vue distincte des vérités de la foi. Surtout, il est à propos de ne se pas laisser aller au découragement, quelques fautes que l’on commette. Quand vous tomberiez cent fois par jour, relevez-vous cent fois par jour. Un homme ne serait-il pas ridicule s’il demeurait couché au milieu d’une rue dans la boue, et la fange, parce qu’il s’est laissé tomber plusieurs fois ? Humilions-nous bien de nos fautes, et en ayons du regret, mais jamais ne nous en décourageons… C’est une maxime générale : l’ennui et l’impatience causent de grands maux. Apprenons à nous supporter dans nos défauts, attendant avec patience le secours du Seigneur. C’est une fâcheuse tentation que le trop grand empressement à la perfection, que souvent nous voulons par amour-propre. Notre orgueil voudrait nous voir bientôt être parfaits, et il nous fait étonner de ce que nous tombons, qui est tout ce que nous pouvons de nous-mêmes. Mon juste, dit l’Apôtre, vit de la foi (Galal. III, 11) ; c’est la grande et certaine règle de toute la vie spirituelle. Ne vous réglez pas par les goûts, les sentiments, ou les sécheresses et aridités, mais conduisez-vous par la foi, qui vous montrera que Dieu doit être également servi et adoré dans le temps de la tribulation comme dans le temps de la consolation. Ainsi vous serez fidèles à vos exercices, sans considérer si vous y avez répugnance ou inclination. Vous ne serez jamais non plus trompés dans les voies extraordinaires, où souvent les directeurs perdent beaucoup de temps pour discerner si les grâces viennent de l’esprit de Dieu, du démon, ou de l’imagination, et bien souvent ils y sont abusés.

«Les serviteurs de Dieu, qui conclurent que sainte Thérèse était trompée dans ses grâces extraordinaires, à raison de plusieurs imperfections qu’ils remarquaient en elle, se trouvèrent eux-mêmes dans la tromperie. Ce n’est pas une conclusion, dit le savant évêque qui a composé la Vie de la sainte, que les dons que l’on voit dans une âme ne procèdent pas de l’esprit de Dieu, parce qu’elle est imparfaite, car quelquefois ils sont donnés pour délivrer de ces imperfections. Si l’âme, quelques paroles intérieures qu’elle entende, quelque vision qui lui soit représentée, ne s’arrête qu’à la pure foi, laissant ces choses pour telles qu’elles sont, elle demeurera toujours dans la vérité. Si c’est le démon qui agit, il n’en recevra que de la honte et du dépit ; si c’est l’esprit de Dieu, il opérera dans l’âme, indépendamment de sa vue ou réflexion. Les tableaux que nous avons dans nos églises sont un usage que l’esprit de Dieu a introduit, et qui le blâmerait serait hérétique. Cependant si l’on s’arrêtait à l’image, au lieu de passer de l’image à la chose représentée, sans doute l’on manquerait beaucoup. Or, les visions que l’esprit de Dieu même donne, sont des figures ou images de la Divinité ; elles ne sont pas Dieu, et l’esprit de Dieu ne les donne que pour nous élever à lui. Or, comme la foi est le plus prochain moyen de l’union divine, il faut s’en tenir là. Enfin, l’entier et parfait abandon à la divine volonté pour toutes choses, et en toutes choses, ne désirant rien en particulier, est le grand secret pour vaincre les tentations. L’on doit se souvenir qu’il ne faut pas s’attacher aux moyens qui conduisent à Dieu, quelque excellents qu’ils soient, ni à aucune pratique, quelque bonne qu’elle puisse être ; mais qu’on doit la prendre et la quitter quand il la faut prendre ou quitter ; car tous ces moyens ne sont pas Dieu, à qui seul nous devons nous arrêter inviolablement comme à notre seule fin.

«Avant que de finir cette matière, je me sens pressé de donner avis d’une tentation ordinaire, mais dangereuse, et qui rend presque toutes nos actions, ou inutiles ou imparfaites. C’est que le démon travaille à nous faire occuper de toute autre chose que de ce que nous faisons. Si vous êtes dans l’oraison, il vous fera penser à quelque bonne action que vous avez à faire ; quand vous serez dans cette action, il vous occupera d’une autre ; et ainsi vous pensez toujours à ce que vous ne faites pas, et ne pensez jamais bien, ou qu’à demi, à ce que vous faites. Or, chaque moment a sa bénédiction ; faites bien ce que vous faites, et pour le bien faire ne pensez à autre chose. Le moment passé n’est pas à vous ; le futur n’y est pas encore ; il n’y a donc que le présent. Or voici la ruse du démon : vous désoccupant du présent, et vous tenant toujours en haleine pour l’avenir, jamais vous n’avez aucun moment à vous.

«C’est encore une de ses ruses, de vous donner du goût pour des emplois qui ne sont pas de votre état. Que vous sert-il de vous occuper de la vie des Chartreux, si votre état est dans les emplois extérieurs ? Et que sert aux Chartreux de penser à la prédication, ou à la visite des hôpitaux, puisqu’il faut qu’ils vivent solitaires ? Nous ferions des merveilles, à ce que nous pensons, si nous faisions des choses que cependant nous ne ferons jamais ; et nous ne songeons pas à bien faire ce que nous sommes obligés de faire tous les jours. Vous êtes engagé dans un état où il y a bien de la peine à se sauver, et il faut, malgré vous, que vous y demeuriez. Considérez donc sérieusement qu’il faut vous sauver dans cet état si dangereux, et n’allez pas perdre le temps à vous imaginer d’autres états où vous n’entrerez jamais. Travaillez cependant, dans quelque condition que vous soyez, à bien régler vos passions ; et sachez que la moindre est capable de vous jeter dans un aveuglement déplorable, et qui vous met même hors d’état de prendre aucun avis ; la raison en est que nos passions nous trompant, nous font voir les choses d’une autre façon qu’elles ne sont ; ainsi nous les proposons, pour en avoir avis, comme nous les concevons, et l’on nous donne conseil comme nous les expliquons ; ce qui fait que souvent l’on est dans de grandes erreurs, même en suivant conseil, et cela par notre faute, ce qui ne nous excusera pas devant Dieu. Or, ce que nous avons déjà dit, que les démons nous trompent dans la vue des choses, cela arrive par le moyen de nos passions, dont ils se servent.

«Mais le Dieu du ciel a plus de désir de nous sauver que l’enfer n’a de rage pour nous perdre. Comme il sait à fond nos impuissances, dans l’excès de ses divines miséricordes, il donne des secours proportionnés à nos faiblesses ; et pendant que l’enfer veille continuellement à notre perte, ses yeux sont toujours amoureusement ouverts à notre défense. Il nous envoie les anges bienheureux de sa cour céleste, par une Providence que l’Église appelle ineffable, pour nous soutenir dans les combats que nous devons donner contre ces puissances, dont la force infailliblement nous accablerait, sans une protection si particulière. « L’âme », dit saint Bernard, « est quelquefois dans un tel trouble, son esprit dans un ennui si fâcheux, son cœur dans des angoisses si pressantes, son corps tellement affligé, sa tentation si vive, que, sans un grand secours, elle succombera. Elle a besoin pour lors d’être assistée par les anges, continue ce Père ; elle a besoin de la consolation de ces esprits du ciel. Comme elle est toute languissante, elle ne pourrait pas marcher ; il est nécessaire que les anges la portent entre leurs bras ». Certainement j’estime qu’en cet état ils la soutiennent, pour ainsi dire, comme avec deux mains, et la font passer si doucement à travers de tous les dangers qui lui donnaient plus de crainte, qu’en quelque façon elle les sent, et ne s’en aperçoit pas. Il nous faut marcher sur les aspics et les basilics ; il nous faut fouler aux pieds les lions et les dragons. Qu’il est nécessaire, pour cet effet, d’avoir les anges pour maîtres et pour guides ! Qu’il est nécessaire même qu’ils nous portent, particulièrement nous qui ne sommes que comme de faibles enfants ! Mais que nous passons facilement ces routes dangereuses, si nous sommes portés par leurs mains ! Que craignons-nous ? Ils sont fidèles, ils sont sages, ils sont puissants ; suivons-les seulement, et ne nous en séparons pas.

«Toutes les fois donc que vous vous verrez pressé de quelque grande tentation ou affliction, ayez recours à votre bon ange ; dites-lui : Seigneur, sauvez-nous, car nous sommes sur le point de nous perdre. Ce sont les sentiments de ce grand saint qui nous font assez voir la nécessité et la douceur de la protection de ces aimables princes du paradis. Comme les rois font mourir dans leurs États les larrons, pour y conserver les biens et la vie de leurs sujets, de même ces glorieux esprits détruisent la puissance des princes de l’enfer pour le salut de nos âmes, et la gloire de leur souverain. Aussi est-il dit dans l’Écriture qu’ils lient les démons, c’est-à-dire, qu’ils empêchent leur pouvoir. Le solitaire Moïse était grandement tourmenté des tentations de la chair ; et allant trouver l’abbé Isidore, pour lui exposer ses peines, et y trouver quelques remèdes, cet abbé lui fit voir une troupe de démons sous des formes sensibles, animés plus que jamais à le combattre ; ce qui affligea beaucoup ce serviteur de Dieu : mais peu à peu il lui montra une bien plus grande troupe de saints anges préparés à sa défense, en lui disant : Sachez, mon fils, qu’il nous faut dire, avec le prophète Élisée, que nous en avons plus pour nous que contre nous : ce qui lui donna une telle consolation, qu’il s’en retourna tout joyeux en sa cellule, et dans une grande résolution de résister généreusement à toutes les attaques des esprits de l’enfer.

«Je vous dis, mon cher lecteur, la même chose, après vous avoir parlé des tentations des démons, de leur rage, de leur force, de leurs ruses et de leur multitude. Nous en avons plus avec nous que contre nous. Cette vérité est bien douce et bien capable de nous consoler dans toutes nos peines ; mais méditez-la un peu à loisir. Nous espérons encore en parler, avec le secours du ciel, au sujet de la confiance que nous devons avoir en la protection des saints anges, dont nous traiterons ci-après. Seulement encore un mot : Sachez qu’un seul démon, si Dieu lui permettait, serait capable de faire périr tous les hommes, quand tous les hommes de la terre seraient autant de soldats et tous sous les armes. Mais sachez aussi qu’un seul ange du ciel est plus puissant, en la vertu qu’il reçoit de Dieu, que tous les diables ensemble. Souvenez-vous ensuite que tous ces anges bienheureux veillent avec des bontés qui surpassent nos pensées à notre défense, et que les diables les craignent étrangement et plus que les saints (l’on excepte toujours celle qui ne peut souffrir de comparaison, l’incomparable Mère de Dieu) : la raison est que les bons anges ayant combattu généreusement pour la cause de Dieu contre ces apostats, dans le temps de leur rébellion, ils ont mérité d’avoir un empire particulier sur ces rebelles. Le souvenir aussi que les démons ont, qu’ils ont été dans le même pouvoir qu’eux d’arriver à la gloire, dont ils sont si malheureusement déchus, la vue qu’ils ont du bonheur qu’ils possèdent, et dont ils sont privés, les tourmentent extraordinairement».

 

Saint Michel Archange

vision de saint Aubert

Vision de saint Aubert de 708 – Mont Saint Michel

Pape Léon XIII, exorcisme de saint Michel ordonné à tous les fidèles, fin 19 ème siècle : «saint Michel et toute l’armée des Anges bienheureux, combattez le combat du Seigneur, tout comme antan, vous avez lutté contre Lucifer, le coryphée de la superbe, et contre ses anges apostats. «Et voici, ils ne purent vaincre, et leur lieu même ne se trouva plus dans le ciel. Et il fut précipité, le grand dragon, l’antique serpent, celui qui est appelé le diable ou Satan, le séducteur du monde entier, il fut précipité sur la terre, et ses anges furent précipités avec lui (Apoc. XII, 8-9) » .

Saint Michel est le Grand défenseur des droits de Dieu. Il a précipité du ciel «Lucifer» (Isaïe 14, 12), le «chérubin protecteur» (Ez 28, 14), «à l’intérieur rempli d’iniquité», qui «a péché», «chassé de la montagne de Dieu», «exterminé par Dieu (Ez 28, 16), qui «a perdu sa sagesse dans sa beauté», qui a été «jeté sur la terre» (Ez 28, 17), «l’accusateur» (Ap 12, 10), «l’adversaire» (1 P 5, 8), «l’ennemi» (Matt 13, 39), devenu «le dragon, l’antique serpent, le diable et Satan» (Ap 12, 9 ; 20, 3), «homicide dès le commencement, menteur et le père du mensonge» (Jn 8, 44), «prince des ténèbres» (trait. S. Augustin Evang. S. Jean) et «prince de ce monde» (Jn 14, 30 ; 16, 11).

Saint Michel est le plus zélé pour la Gloire de Dieu et Sa Royauté. Son nom (Mika-El) signifie « Qui est comme Dieu ». Il est le prince des Anges, et contient éminemment en lui toutes les perfections et propriétés des Anges, Archanges, Principautés, Vertus, Puissances, Dominations, Trônes, Chérubins et Séraphins.

Il est patron des employés, chapeliers, merciers, bonnetiers, épiciers, balanciers, escrimeurs, étuvistes, et des gaufriers. Il est le protecteur de l’Église comme Saint Joseph (de première importance en ces temps de grande apostasie) et des agonisants.

Fête : 8 mai (Apparition au mont Gargan en 525), 29 septembre (Dédicace d’une église en l’honneur de St Michel à Rome).

Saint L-M de Montfort, Traité de la Vraie Dévotion à la sainte Vierge, n° 8 : «Tous les anges dans les cieux lui crient incessamment, comme dit saint Bonaventure : Sancta, sancta, sancta Maria, Dei Genitrix et Virgo ; et lui offrent millions de millions de fois tous les jours la Salutation des anges : Ave, Maria, etc., en se prosternant devant elle, et lui demandant pour grâce de les honorer de quelques-uns de ses commandements. Jusqu’à saint Michel qui, dit saint Augustin, quoique le prince de toute la cour céleste, est le plus zélé à lui rendre et à lui faire rendre toutes sortes d’honneurs, toujours en attente pour avoir l’honneur d’aller, à sa parole, rendre service à quelqu’un de ses serviteurs».

Encyclopédie catholique, « Saint Michel Archange », 1907-1913 : « Quatre fois son nom est sauvegardé dans l’Écriture :

« 1) Daniel 10, 13 sq., Gabriel dit à Daniel, quand il demande à Dieu de permettre aux Juifs de retourner à Jérusalem : «L’Ange [prince] du royaume des Perses m’a résisté et voici Michel…, un des principaux chefs, est venu à mon secours… et aucun n’est mon aide dans toutes ces choses, sinon Michel votre prince».

« 2) Daniel 12, l’Ange parlant de la fin du monde et de l’Antéchrist dit : «En ce temps Michel se lèvera, le grand prince qui se tient pour les enfants de ton peuple».

« 3) Épître catholique de St Jude : «Quand l’Archange Michel, disputant avec le diable , a défendu le corps de Moïse», etc. St Jude fait allusion à une ancienne tradition juive d’un différend entre Michel et Satan sur le corps de Moïse, un compte rendu de ce qui se trouve également dans le livre apocryphe sur l’hypothèse de Moïse (Origène, De Principiis III.2.2). St Michel cachait le tombeau de Moïse ; Satan, cependant, en le divulguant, a tenté de séduire les Juifs au péché du culte des héros. St Michel protège également le corps d’Ève selon la «Révélation de Moïse» (« Évangiles apocryphes », etc., éd. A. Walker, Edinburgh, p. 647).

« 4) Apocalypse 12, 7,  «Et il y avait une grande bataille dans le ciel , Michel et ses anges combattirent contre le dragon…» St Jean parle du grand conflit à la fin du temps, ce qui reflète également la bataille dans le ciel au début du temps. Selon les Pères, il est souvent question de Saint Michel dans l’Écriture où son nom ne soit pas mentionné. Ils disent qu’il était le chérubin qui se tenait à la porte du paradis «pour garder le chemin de l’arbre de la vie» (Genèse 3, 24), l’ange par lequel Dieu a publié le Décalogue à ses personnes choisies, l’ange qui se tenait contre Balaam (Nombres 22, 22 sq.), l’ange qui déroute l’armée de Sennachérib (2 Rois 19, 35).

« Suite à ces passages scripturaires, la tradition chrétienne donne quatre offices à St Michel :

  • Lutter contre Satan.
  • Sauver les âmes des fidèles de la puissance de l’ennemi, surtout à l’heure de la mort.
  • Champion [défenseur des droits] du peuple de Dieu, les Juifs dans l’ancienne loi, les chrétiens dans le Nouveau Testament ; par conséquent il était le patron de l’Église et des ordres de chevaliers au Moyen-Âge.
  • Appeler sur la terre les âmes des hommes et les porter au jugement (« signifer S. Michael repraesentet eas in lucam sanctam », Offert. Miss Defunct. « Constituit eum principem super animas suscipiendas », Antiph. off. Cf. Le Berger d’Hermas, L. III, Similitude 8, Chapitre 3).

« En ce qui concerne son rang dans les hiérarchies célestes, les opinions varient ; St Basile (Hom de angelis.) et d’autres Pères grecs, et aussi Salmeron, Bellarmin, etc., placent St Michel au-dessus de tous les anges ; il est appelé « archange », disent-ils, parce qu’il est le prince des autres anges ; d’autres (cf. P. Bonaventura, op. cit.) croient qu’il est le prince des séraphins, le premier des neuf ordres angéliques. Mais, selon St Thomas (Summa Ia, 113, 3), il est le prince du dernier et plus bas chœur, les anges. La liturgie romaine semble suivre les Pères grecs ; elle l’appelle « Princeps militiae coelestis quem honorificant angelorum cives ». L’hymne du Bréviaire mozarabe place Saint Michel au-dessus même des vingt-quatre vieillards. Les Liturgies grecs le nomment Archistrategos, « le plus grand » (cf. Menaea, 8 novembre et 6 septembre) ». (Encyclopédie catholique « Saint Michel Archange », 1907-1913)

La dévotion aux neufs chœurs des saints anges, P. Henri-Marie Boudon : «Saint Michel a pris la défense de l’honneur de Dieu contre Lucifer, au sujet de l’incarnation du Verbe, et saint Jean Chrysostome estime qu’il fut aussi des premiers à lui rendre ses hommages au jour de son humble naissance en la crèche de Bethléem. C’est lui qui est l’archange tutélaire de l’Église, et c’est avec grande raison qu’il passe pour être aussi celui de la France. Les signalés secours que ce royaume en a reçus en sont de fortes preuves. Ce grand prince du paradis a voulu même avoir un lieu en ce royaume, dans le diocèse d’Avranche, qui lui fût particulièrement consacré, qui est à présent vulgairement appelé le mont Saint-Michel ; lieu célèbre par le concours extraordinaire des peuples qui y arrivent de toutes parts, pour honorer ce saint archange. C’est lui qui assiste les âmes à l’heure redoutable de la mort, et qui, selon la doctrine de saint Augustin et de saint Bonaventure, ne les assiste pas seulement en ce moment décisif de l’éternité, mais encore les introduit après la mort dans le ciel. Il est bon ici de remarquer qu’il attend les ordres de l’auguste Mère de Dieu, pour assister plus spécialement les âmes qu’elle favorise davantage ; c’est le sentiment de saint Bonaventure : et le ciel a bien voulu réserver cette faveur à la reine du ciel. Oh ! Qu’il est doux de vivre et mourir sous la protection d’une si aimable et si aimante protectrice ! C’est enfin saint Michel qui est estimé le premier de tous les anges en gloire, et le plus élevé des séraphins [¹]. Si nous aimons donc l’intérêt de Dieu seul, il le faut aimer ; car c’est le grand saint de l’intérêt de Dieu, et de Dieu incarné. Si nous aimons l’Église, si nous nous aimons nous-mêmes, si nous avons soin de notre salut, si nous voulons être secourus au dernier moment de la vie : il le faut beaucoup honorer dans les besoins de l’Église, pour la destruction des schismes et des hérésies, pour l’établissement de la vigueur de la discipline ecclésiastique, pour la sainteté des mœurs des prélats, et spécialement du Souverain Pontife, pour la conservation et augmentation de la foi dans les pays où elle est établie, pour la publication de l’Évangile dans les terres des infidèles».

¹ Séraphin dans son amour de Dieu, non dans sa seule nature, car l’Archange saint Michel n’est pas un esprit qui appartient au Chœur des séraphins, car il le Prince des armées célestes, et «un des sept prince qui se tient devant la gloire de Dieu» (cf Tb 12, 15 ; Dn 12, 1 ; etc.) : Saint Michel est une synthèse des neufs Chœurs des Anges.

L’Archange saint Michel étouffera le roi des ténèbres à la fin des temps

Notre Dame de la Salette, n° 3, sur la fin des temps, 19 septembre 1846 : «Voici le temps ; l’abîme s’ouvre. Voici le roi des rois des ténèbres. Voici la bête avec ses sujets, se disant le « Sauveur » du monde. Il s’élèvera avec orgueil dans les airs pour aller jusqu’au ciel ; il sera étouffé par le souffle [l’Esprit] de saint Michel Archange».

Saint Michel Protecteur invincible et le gardien de l’Église, de la maison de famille, qui est reste aujourd’hui à travers le Monastère de la Très Sainte Famille (MTSF) – Most Holy Family Monastery (MHFM), dernier rempart du Catholicisme en ces derniers jours.

Saint Gabriel Archange

Saint Gabriel est l’Archange de l’Incarnation.

Il annonce l’Incarnation au prophète Daniel, à Zacharie, le père de saint Jean-Baptiste, et probablement à Saint Joseph.

C’est Lui qui salue Marie de la part de Dieu, «Je vous salue, pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous ; vous êtes bénie entre les femmes» (Lc 1, 28), pour lui demander son consentement à l’incarnation du Verbe.

Son nom (Gabri-El) signifie « Force de Dieu ».

L’Archange Saint Gabriel obtient une grande dévotion au Verbe incarné et à sa Sainte Passion, et une grande dévotion au Saint-Esprit, à la Très Sainte Vierge et à Saint Joseph. Il est un grand secours dans les tentations et les peines. Il est patron des facteurs, des aviateurs.

Fête : 24 mars.

Seuls quatre apparitions de Gabriel sont sauvegardées : Dans Daniel 8, il explique la vision du bélier à cornes que présage la destruction de l’Empire perse par le macédonien Alexandre le Grand, après la mort duquel le royaume sera divisé entre ses généraux, un dont jaillira Antiochus Epiphane. Dans le chapitre 9, après que Daniel ait prié pour Israël, nous lisons que «l’homme Gabriel…. Volant rapidement m’a touché» et lui a communiqué la mystérieuse prophétie des «soixante-dix semaines» qui devraient s’écouler avant la venue du Christ. Dans le chapitre 10, on ne sait pas si c’est l’Ange Gabriel ou non, mais en tout cas nous pouvons lui appliquer la description merveilleuse dans les versets 5 et 6. Dans le Nouveau Testament, il prédit à Zacharie la naissance du Précurseur, et à Marie celle du Sauveur.

Ainsi, il est, tout au long, l’ange de l’Incarnation et de la Consolation, et ainsi pour la tradition Chrétienne, Gabriel est toujours l’ange de la miséricorde tandis que Michel est plutôt l’ange du jugement. En même temps, même dans la Bible, Gabriel est, conformément à son nom, l’ange de la puissance de Dieu, et il est intéressant de noter la fréquence avec laquelle des mots tels que «grand», «pouvoir», «puissance» et «force» se trouvent dans les passages mentionnés ci-dessus. Les Juifs semblent en effet avoir particulièrement insisté sur cette fonctionnalité dans dans le caractère de Gabriel, et il est considéré par eux comme l’ange du jugement, alors que Michael est appelé l’ange de la miséricorde. Ainsi, ils attribuent à Gabriel la destruction de Sodome et de l’armée de Sennachérib, et le considèrent aussi comme l’ange qui a enterré Moïse, et comme l’homme délégué pour marquer la figure Tau sur le front des élus (Ezéchiel 9, 4). Dans littérature juive, par la suite, les noms des anges ont été considérés comme ayant une efficacité particulière, et le British Museum possède quelques bols magiques inscrits d’incantations en hébreu, araméen, et syriaque dans lesquelles se trouvent les noms de Michel, Gabriel et Raphaël. Ces bols ont été trouvés à Hillah, le site de Babylone, et constituent une relique intéressante de la captivité juive. Dans la littérature apocryphe chrétienne les mêmes noms se trouvennt, cf. Enoch, IX, et l’Apocalypse de la Sainte Vierge.

Comme dit plus haut, Gabriel n’est mentionné que deux fois dans le Nouveau Testament, mais il est raisonnable de supposer, avec la tradition Chrétienne, qu’il est celui qui est apparu à St Joseph et aux bergers, et aussi que ce fut lui qui «fortifia» Notre Seigneur dans le jardin (cf. Hymne pour Laudes, 24 mars). Gabriel est généralement appelé seulement un archange, mais l’expression utilisée par St Raphaël, «Je suis l’ange Raphaël, l’un des sept qui se tiennent devant le Seigneur» (Tobie 12, 15) et les propres paroles de Gabriel, «Je suis Gabriel, qui me tient devant Dieu» (Luc 1, 19), ont conduit certains à penser que ces anges doivent appartenir au plus haut rang ; mais cela est généralement expliqué comme se référant à leur rang le plus élevé de messagers de Dieu, et non pas comme les plaçant parmi les Séraphins et les Chérubins (cf. St Thomas, I. 112. 3 ; III. 30. 2 ad 4um). (Encyclopédie catholique « Saint Gabriel Archange », 1907-1913)

«Saint Gabriel est aussi l’un des premiers séraphins ; et quand on l’appelle archange, comme l’on fait aussi saint Michel, il faut savoir que ce n’est pas que l’on entende qu’il soit simplement du huitième chœur des archanges ; mais ce nom d’archange est commun à ceux qui sont les plus considérables entre les princes du ciel, de même que l’est le nom d’ange à tous ces esprits bienheureux, de quelque ordre qu’ils soient, aussi bien aux séraphins qu’aux anges du neuvième et dernier chœur. C’est saint Gabriel qui a été choisi de Dieu pour traiter du mystère de l’Incarnation ; et ceux qui donnent à la reine du ciel un ange gardien estiment que ç’a été ce glorieux prince qui en a eu soin. Et même dans l’opinion de ces savants, qui pensent que la Mère de Dieu n’avait pas d’ange gardien, mais des troupes d’anges servants, c’est saint Gabriel qui était l’un des premiers de ces troupes 90 bienheureuses à servir celle à qui un Dieu n’a pas fait de difficulté de s’assujettir». (La Dévotion aux neufs Chœurs des Anges, Henri-Marie Boudon)

 

Saint Raphaël Archange

L’Archange saint Raphaël est l’aide précieuse dans les situations délicates.

Son nom (Rapha-El) signifie «Médecine de Dieu».

Il chasse et lie le démon Asmodée (Tobie 3, 8), « nom probablement dérivé de la racine hébreu signifiant « détruire », correspondrait au démon Abaddon appelé le Destructeur dans l’Apocalypse 9, 11 » (Encyclopédie Catholique). Selon le Dictionnaire Littré, Asmodée est le démon des voluptés charnelles du mazdéisme (ancêtre du zoroastrisme païen). Ce démon est traditionnellement connu comme celui qui fait périr et même le plus cruel des démons. À cause de l’enflammement de la concupiscence charnelle qui est une maladie de la nature humaine blessée par le péché, ce démon est celui qui tue les âmes dans les mauvais mariages qui ne sont pas de Dieu ou ceux où les époux bannissent Dieu de leur  vie conjugale. Voir Plaisir sexuel et luxure. Ce démon ou plutôt ce tueur est très actif dans les temps actuels et est impliqué dans tous les adultères. Il agit à travers les yeux (Voir Mortification des yeux) et peut même se distinguer sensiblement dans les yeux comme une espèce de lumière sourde paraissant tiède invinciblement attirante qui force et fascine l’attrait physique, sensuel et sexuel.

Tobie 6, 16-17, 22 ; 8, 9 : « Alors l’ange Raphaël lui dit [Tobie] : « Écoute-moi, et je t’apprendrai qui sont ceux sur lesquels le démon a du pouvoir. Ce sont ceux qui entrent dans le mariage en bannissant Dieu de leur cœur et de leur pensée, pour se livrer à leur passion, comme le cheval et le mulet qui n’ont pas de raison : sur ceux-là le démon a pouvoir».

Encyclopédie Catholique, « Asmodeus », 1907 : « Dieu a permis au démon [Asmodée] de tuer ces hommes parce qu’ils sont entrés mariage avec des motifs impies. La jeunesse pieuse, Tobie, agissant sous les instructions de Raphaël, prend Sara pour femme, et Raphaël expulse le démon. L’exemple la chasteté et la tempérance de Tobias et Sara les sauvent du démon, et offrent un exemple pour l’humanité. En fait, l’autorisation donnée par Dieu au démon dans cette histoire semble avoir comme motif de châtier l’homme de la luxure et de sanctifier le mariage ».

Saint Raphaël est un guide sage et puissant pour ceux qui s’engagent dans la voie du mariage, en particulier pour les fiancés et les jeunes foyers. Il est un conseiller et un soutien pour ceux qui cherchent leur vocation. Il est gardien vigilant de la jeunesse et protecteur des voyageurs.

C’est un modèle de la vie contemplative, même au milieu des affaires, un modèle et un secours très précieux pour avancer dans l’oraison et supporter les épreuves.

Il est patron des médecins et des malades.

Fête : 24 octobre.

Le nom de cet archange (Raphaël = « Dieu a guéri ») ne figure pas dans les Écritures hébreux et dans la Septante, que dans le livre de Tobias. Ici, il apparaît d’abord déguisé en forme humaine comme le compagnon de voyage du jeune Tobias, qui se fait appeler «Azarias, fils du grand Ananias». L’histoire du voyage de l’aventure au cours de laquelle l’influence protectrice de l’ange est représentée de nombreuses façons, y compris le lien «dans le désert de la Haute Égypte» du démon qui avait déjà tué sept maris de Sara, fille de Raguel, est pittoresquement liée à Tobit 5-11, à laquelle le lecteur est renvoyé. Après le retour et la guérison de l’aveuglement de l’aîné Tobias, Azarias se fait connaître comme «l’ange Raphaël, l’un des sept qui se tiennent devant le Seigneur» (Tobie 12, 15 ; Cf. Apocalypse 8, 2). Parmi ces sept «archanges» qui apparaissent dans l’angélologie du judaïsme post-exilique, trois seulement, Gabriel, Micheel et Raphaël, sont mentionnés dans les Écritures canoniques.

En ce qui concerne les fonctions attribuées à Raphaël nous avons peu de plus que sa déclaration à Tobias (Tobie 12)quand  lorsque celui-ci était occupé à ses œuvres de miséricorde et de charité , il (Raphaël) a offert sa prière au Seigneur, qu’il a été envoyé par le Seigneur pour le guérir de sa cécité et délivrer du diable Sara, la femme de son fils. La catégorie juive des archanges est reconnue dans le Nouveau Testament (1 Thessaloniciens 4, 15 ; Jude 9), mais seuls Gabriel et Michel sont mentionnés par leur nom. De nombreux commentateurs, cependant, identifient Raphael avec « l’ange du Seigneur » mentionné dans Jean 5. Cette conjecture est basée à la fois sur la signification du nom et sur le rôle de guérison attribué à Raphaël dans le livre de Tobias. L’Église assigne la fête de Saint-Raphaël au 24 octobre. Les hymnes de l’office rappellent le pouvoir de guérison de l’archange et sa victoire sur le démon. Les leçons du premier Nocturne et les antiennes de l’ensemble de l’office sont prises à partir du livre de Tobias, et les leçons des deuxième et troisième Nocturnes des œuvres de St Augustin, à savoir, pour le deuxième Nocturne un sermon sur Tobias (sermon du quinzième dimanche), et pour le troisième une homélie sur le verset d’ouverture de Jean 5. L’Épître de la messe est tirée du douzième chapitre de Tobias et l’Évangile de Jean 5, 1-4, se référant à la piscine appelée Probatica, où la multitude des infirmes laïcs attendant le mouvement de l’eau, car «un ange du Seigneur descendait dans la piscine à certains moments et l’eau était agitée, et celui qui était descendu d’abord dans la piscine après le mouvement de l’eau était guéri de quelque infirmité qu’il avait». Ainsi la conjecture des commentateurs ci-dessus est confirmée par la liturgie officielle de l’Église.(Encyclopédie catholique « Saint Raphael Archange », 1907-1913)

«Saint Raphaël est encore un des sept premiers princes qui sont auprès du trône de la divine Majesté, comme l’Écriture nous l’enseigne (Tob. XII, 15) ; il n’y a aucun lieu d’en douter. Il ne faut que lire dans l’Écriture les services qu’il a rendus à Tobie, pour être saintement passionné de cet esprit du ciel. Il est bien difficile de ne pas se sentir le cœur amoureusement attendri à la vue des charitables assistances qu’il lui a rendues. Le père de Tobie l’envoyant à la ville de Ragès, et lui ayant recommandé de chercher un guide fidèle pour l’accompagner en son voyage, saint Raphaël lui apparut visiblement, en forme d’un jeune homme d’une grande beauté, et lui tint compagnie durant tout son voyage, le consolant l’instruisant, le délivrant de grands périls, et le comblant de mille et mille faveurs. De prime abord il le salue, en lui disant : Que la joie soit toujours avec vous (Tob. V, 2) ; il le délivre du monstre marin qui pensa le dévorer ; il lui procure de l’argent et une épouse, il empêche les démons de lui nuire, il redonne la vue à son père ; il lui donne, et à toute sa famille, des bénédictions d’une paix céleste, d’une joie du paradis, et une abondance de tous biens pour cette vie et pour l’autre. Il a conduit, comme il a été dit, saint Macaire le Romain durant trois ans visiblement jusque bien avant dans les déserts, lui ayant toujours tenu compagnie depuis sa sortie de Rome, d’où il s’était enfui, ayant quitté son épouse le jour de ses noces pendant qu’on tenait le bal. Il a délivré du mal caduc un novice de Saint-Dominique, à condition qu’il serait bien chaste. Il a délivré des mains des voleurs un pèlerin français qui allait à Saint-Jacques en Galice ; et enfin, il ne faut que lui être dévot pour en ressentir les faveurs qu’il départ avec une libéralité surprenante». (La Dévotion aux neufs Chœurs des Anges, Henri-Marie Boudon)

Les Neuf Chœurs des Anges

La Tradition de l’Église nous fait connaître la hiérarchie des anges de Dieu (théarchie) en neufs Chœurs répartis en trois ordres. L’Ecriture ne dit pas leur nombre, sinon des myriades. Ils s’éclairent les uns et les autres selon cette hiérarchie :

  • Premier ordre : Les Séraphins, les Chérubins et les Trônes
  • Deuxième ordre : Dominations, les Puissances et les Vertus
  • Troisième ordre : Les Principautés, les Archanges et les Anges

Les premiers promoteurs des neufs Chœurs des saints Anges sont le pseudo-Denys l’Aréopagite (probablement Denys l’Aréopagite d’Actes 7, 34), saint Denis (premier évêque de Paris † 275), saint Jean Chrysostome, Docteur de l’Église († 407), le pape saint Grégoire (reg. 590-604), Saint Bonaventure (Bréviloque, La triple voie), Docteur de l’Église († 1274), saint Thomas d’Aquin (Somme, Prima Q. 108), Docteur de l’Eglise, qui tous, ont écrit sur les Neufs Chœurs ou Hiérarchie des Anges. Le père Henri-Marie-Boudon, archidiacre d’Évreux († 1702) a écrit La dévotion aux neufs Chœurs des saints Anges.

Pape saint Grégoire Ier, Homélie 34 § 8, sur Luc 15, 1-10, La brebis et la drachme, 29 sept. 591 : « Il faut encore savoir que le terme d’Ange désigne une fonction, et non une nature. Car si les esprits bienheureux de la patrie céleste sont toujours des esprits, ils ne peuvent pas toujours être appelés des Anges ; ils ne sont Anges que lorsqu’ils annoncent quelque chose. C’est pourquoi le psalmiste affirme : «Des esprits, il fait ses Anges» (Ps 104, 4). C’est comme s’il disait clairement : «Lui qui a toujours les esprits à sa disposition, il en fait ses Anges quand il le veut ».

Pape saint Grégoire Ier, Homélie 34 § 7, 8 et 11, sur Luc 15, 1-10, La brebis et la drachme, 29 sept. 591 : « 7. Nous avons dit qu’il existe neuf ordres d’anges. Nous savons en effet, par le témoignage de la Sainte Ecriture, qu’il y a les Anges, les Archanges, les Vertus, les Puissances, les Principautés, les Dominations, les Trônes, les Chérubins et les Séraphins. Qu’il y ait des Anges et des Archanges, presque toutes les pages de la Sainte Ecriture l’attestent ; quant aux Chérubins et aux Séraphins, chacun sait que les livres des prophètes en parlent souvent. L’apôtre Paul énumère pour les Éphésiens les noms de quatre autres ordres lorsqu’il dit : «Au-dessus de toute Principauté, Puissance, Vertu et Domination» (Ep 1, 21). Il dit encore, en écrivant aux Colossiens : «Aussi bien les Trônes que les Puissances, les Principautés ou les Dominations» (Col 1, 16). S’adressant aux Éphésiens, il avait déjà cité les Dominations, les Principautés et les Puissances ; mais avant d’en parler aussi aux Colossiens, il met en tête les Trônes, dont il n’avait rien dit aux Éphésiens. Si donc on joint les Trônes aux quatre ordres que Paul cite aux Éphésiens — Principautés, Puissances, Vertus, Dominations — cinq ordres se trouvent ainsi mentionnés nommément ; et si l’on y ajoute les Anges et les Archanges, les Chérubins et les Séraphins, on trouve sans nul doute qu’il existe neuf ordres d’anges.

«C’est pourquoi le prophète affirme au premier ange qui fut créé : «Tu as été le sceau de la ressemblance, plein de sagesse et parfait de beauté dans les délices du paradis de Dieu» (Ez 28, 12-13). Il faut noter ici qu’il ne le dit pas créé à la ressemblance de Dieu, mais sceau de sa ressemblance, afin de faire comprendre que sa nature est marquée d’une ressemblance plus exacte à l’image de Dieu, du fait qu’elle est d’une perfection plus achevée. Le même texte poursuit aussitôt : «Ton vêtement est tout couvert de pierres précieuses : sardoine, topaze et jaspe, chrysolithe, onyx et béryl, saphir, escarboucle et émeraude». Ce sont neuf noms de pierres précieuses qui sont énumérés, puisque les ordres d’anges sont au nombre de neuf. Le premier ange nous apparaît orné et couvert de ces neuf ordres d’anges, parce qu’ayant la prééminence sur toutes les milices angéliques, il semble encore plus brillant de gloire si on le compare avec les autres.

« 8. Le mot Ange signifie en grec «Annonciateur», et Archange, «Grand Annonciateur». … On appelle Anges ceux qui annoncent les choses de moindre importance, Archanges ceux qui annoncent les plus élevées. …

«10. Par les Vertus, on désigne les esprits par lesquels s’opèrent le plus souvent les signes et les miracles.
Par les Puissances, on désigne ceux qui ont reçu, dans leur ordre, plus de pouvoir que les autres pour soumettre les forces adverses à leur autorité, limiter leur puissance et empêcher ainsi qu’elles ne tentent les cœurs des hommes autant qu’elles le voudraient.
Par les Principautés, on désigne ceux qui commandent aux autres bons esprits angéliques eux-mêmes, qui distribuent à ceux qui leur sont soumis les ordres de tout ce qu’ils doivent faire, et qui les dirigent dans l’accomplissement des missions divines.
Par les Dominations, on désigne les esprits qui dépassent de loin la puissance des Principautés. Car avoir la principauté consiste à tenir le premier rang dans un groupe, tandis que dominer, c’est également avoir chacun des autres sous son autorité. On appelle donc Dominations les troupes des anges qui, par leur puissance admirable, ont le pas sur les autres, du fait que ceux-ci sont tenus de se soumettre à eux par l’obéissance.
Par les Trônes, on désigne les milices que préside toujours le Dieu tout-puissant pour exercer la justice [en étant assis devant elles]. Puisque [le mot grec] trône signifie «siège» en latin, on nomme Trônes de Dieu les esprits qui sont comblés par la grâce divine avec une telle abondance que le Seigneur siège en eux et se sert d’eux pour prononcer ses jugements. C’est pourquoi le psalmiste affirme : «Tu sièges sur un Trône, ô toi qui juges avec équité» (Ps 9, 5).
Chérubin veut dire «plénitude de la science». Les troupes plus élevées sont appelées Chérubins, car ce sont des esprits d’autant plus parfaitement remplis de la science de Dieu qu’ils contemplent sa gloire de plus près ; à leur mesure de créatures, ils ont une connaissance de toutes choses d’autant plus complète qu’ils s’approchent davantage de la vision de leur Créateur, en vertu de leur dignité.
On appelle enfin Séraphins les milices des saints esprits qui brûlent d’un amour incomparable du fait de la proximité singulière où ils se trouvent vis-à-vis de leur Créateur. Séraphin signifie en effet «ardent et brûlant». Ils sont à ce point unis à Dieu qu’aucun autre esprit ne se place entre eux et lui. Ils sont donc d’autant plus embrasés qu’ils le voient de plus près. La flamme dont ils brûlent est assurément celle de l’amour, car leur amour est d’autant plus ardent qu’ils contemplent la gloire de la divinité avec un regard plus pénétrant.

« 11. … La cité céleste se compose en effet des anges et des hommes, et nous croyons qu’y monteront autant de représentants du genre humain qu’il y est demeuré d’anges élus, ainsi qu’il est écrit : «Il a fixé les limites des peuples d’après le nombre des anges de Dieu» (Dt 32, 8). Il nous faut donc tirer profit pour notre vie des distinctions qui existent entre les habitants de la cité d’en haut, afin de nous enflammer nous-mêmes d’une sainte ardeur à croître dans la vertu. Car s’il est vrai que le nombre des hommes destinés à monter au Ciel est égal à celui des anges qui y sont demeurés, ces mêmes hommes qui retournent à la patrie céleste se doivent d’imiter en quelque chose les milices qu’ils rejoignent là-haut. Les diverses manières de vivre des hommes correspondent bien, en effet, à chacun des ordres des milices célestes, et nous recevons une place dans leurs rangs d’après la similitude de notre manière de vivre avec la leur.
Il en est beaucoup qui ne comprennent que d’humbles vérités, mais ne cessent de les annoncer à leurs frères avec bonté : de tels hommes courent rejoindre la troupe des Anges.
D’autres, fortifiés par les dons de la largesse divine, sont capables de comprendre et d’annoncer les mystères célestes les plus élevés : où les placer, sinon au nombre des Archanges ?
D’autres encore réalisent des choses admirables et opèrent des miracles d’une grande puissance : quel est le rang et la place qui leur conviennent, sinon ceux des Vertus d’en haut ?
Certains obligent les esprits malins à fuir hors du corps des possédés, et les chassent par la vertu de leur prière et de la puissance qui leur a été donnée : avec qui obtiennent-ils de jouir du fruit de leurs mérites, sinon avec les Puissances célestes ?
Il en est qui surpassent, par les vertus qu’ils ont reçues, les mérites des autres élus ; meilleurs que les bons eux-mêmes, ils exercent une principauté jusque sur leurs frères élus : en quel groupe prennent-ils rang, sinon parmi les Principautés ?
D’autres dominent si bien en eux tous les vices et tous les désirs, que leur pureté leur donne droit à être appelés des dieux parmi les hommes, comme le Seigneur l’a dit à Moïse : «Vois : je t’ai constitué le dieu de Pharaon» (Ex 7, 1) : à laquelle des milices courent-ils se joindre, sinon à celle des Dominations ?
D’autres encore mettent un soin vigilant à se dominer eux-mêmes et une attention toujours en éveil à s’examiner : ne se départant jamais de la crainte de Dieu, ils obtiennent en récompense de leurs vertus le pouvoir de bien juger également les autres. Le Seigneur, tenant à la disposition de leur esprit la contemplation de sa divinité, préside en eux comme de son trône, et il examine par eux les actes d’autrui, réglant toutes choses avec un ordre admirable du haut de son siège. Que sont donc de tels hommes, sinon les Trônes de leur Créateur ? Et où les inscrire, sinon au nombre des Sièges célestes ? Et puisque c’est par eux que la sainte Eglise est régie, même les élus sont habituellement jugés par eux pour leurs actes de faiblesse.
Certains sont remplis d’un tel amour de Dieu et du prochain qu’on les nomme à bon droit Chérubins. Si en effet, comme nous l’avons déjà affirmé, Chérubin veut dire «plénitude de science», et si, comme nous le savons par le témoignage de Paul, «la charité est la plénitude de la Loi» (Rm 13, 10), tous les hommes qui aiment Dieu et leur prochain avec une plénitude dépassant celle des autres ont mérité d’être mis au nombre des Chérubins.
Il en est enfin qui sont enflammés par la contemplation des choses d’en haut et aspirent de tout leur désir à leur Créateur ; ils ne souhaitent plus rien en ce monde, ils se nourrissent du seul amour de l’éternité, rejettent tous les biens terrestres, s’élèvent par l’esprit au-dessus de tout ce qui passe ; ils aiment et ils brûlent, et ils prennent leur repos dans cette brûlure même ; ils brûlent en aimant, ils embrasent les autres en leur parlant, et font aussitôt brûler de l’amour de Dieu ceux qu’ils touchent par leurs paroles. Que dire de tels hommes, sinon qu’ils sont des Séraphins ? Leur cœur, changé en feu, éclaire et brûle, puisque tout en tournant les yeux des âmes vers les lumières d’en haut, ils les purifient de la rouille de leurs vices en les faisant pleurer de componction. Oui, ceux que l’amour de leur Créateur enflamme à ce point ont bien reçu vocation à prendre place parmi les Séraphins ». (Pape Saint Grégoire)

Saint Bonaventure, Docteur de l’Église, Bréviloquium, ch. 8 : «Dans la première hiérarchie, se trouvent trois ordres, les Trônes à qui revient la révérence, les Chérubins à qui revient la sagesse, les Séraphins à qui revient la bienveillance.

«À la parfaite virtuosité correspond la force de commandement, la force d’exécution et la force de combat. La première revient aux Dominations, la deuxième aux Vertus, la troisième aux Puissances, dont le rôle est de repousser les puissances contraires.

«Au service parfait, revient le gouvernement, la révélation et le relèvement. Les Principautés gouvernent, les Archanges révèlent, les Anges soutiennent parce qu’ils gardent ceux qui sont debout de peur qu’ils ne tombent et aident ceux qui sont tombés à ressurgir».

Saint Bonaventure, L’incendie de l’amour, ch. III (La triple voie, Autre mode hiérarchique de la contemplation) : «…afin que dans cette élévation vous puissiez vous exercer à contempler la Vérité, notez bien que dans la première hiérarchie il faut appeler la Vérité par le gémissement et la prière, ce qui est l’office des Anges ; qu’il faut, en second lieu, écouter la Vérité par le goût et la dévotion, c’est l’office des Archanges ; et enfin L’annoncer par l’exemple et la prédication, c’est l’office des Principautés.

«Dans la seconde hiérarchie, il faut aller à la Vérité par voie de refuge et de commission, ce qui appartient aux Puissances ; il faut La saisir par le zèle et l’émulation, c’est le propre des Vertus ; Enfin, il faut s’associer intimement à Elle par le mépris de soi-même et la mortification, et c’est ce qui appartient aux Dominations.

«Dans la troisième hiérarchie, la Vérité doit être adorée par le sacrifice et la louange, et tel est l’office des Trônes. Elle doit être admirée par extase et contemplation, c’est le propre des Chérubins ; embrassée par baiser et dilection, c’est le propre des Séraphins. Considérez soigneusement tout ce que nous venons de dire, car on y trouve la source de vie.».

La dévotion aux neufs Chœurs des saints Anges, Père H-M Boudon : «Il faut être dévot aux Anges pour en obtenir la pureté de corps et d’esprit, la charité envers le prochain et la patience ; aux Archanges pour en obtenir le zèle de l’intérêt de Dieu ; aux Principautés pour en obtenir la réforme de notre intérieur ; aux Puissances pour en obtenir la destruction des efforts, des tentations, ruses, et force des démons ; aux Vertus pour en obtenir ressource dans nos faiblesses, pour surmonter nos attaches et résister à nos inclinations ; aux Dominations pour en obtenir la connaissance des ordres de Dieu et ne pas confondre notre volonté avec Celle de Dieu ; aux Trônes pour en obtenir fermeté, repos, paix « incompréhensible », que Dieu seul suffit ; aux Chérubins pour en obtenir d’aimer le mépris, l’abjection, la pauvreté, le renoncement à soi, la vie cachée ; aux Séraphins pour en obtenir l’Amour excessif qui brûle et porte des incendies. …

«Le Chœur des Anges est appliqué aux soins des hommes ; Le Chœur des Archanges veille sur les empires et les provinces ; Le Chœur des Principautés leur communiquent les ordres de la Divine Providence ; Le Chœur des Puissances résiste aux diables qui s’opposent aux ordres de Dieu et détruit leur pouvoir ; Le Chœur des Vertus donne des forces pour exécuter les ordres de Dieu ; Le Chœur des Dominations donne les ordres de Dieu ; Le Chœur des Trônes dans une élévation très sublime proche de la Gloire de La Majesté, manifeste les Divins Jugements ; Le Chœur des Chérubins fait rejaillir avec abondance les saintes clartés dont elle est remplie sur les autres hiérarchies ; Le Chœur des Séraphins dont l’amour se plonge, se perd et s’abîme en La Divinité porte l’Amour et la clarté dans tous les Chœurs. …

«En temps de guerre, avoir une dévotion pour les Trônes afin d’invoquer leur Paix. Contre les fléaux et calamités naturelles, avoir une dévotion pour les Vertus qui gouvernent les saisons, les éléments. Contre les efforts des malins esprits, avoir une dévotion pour les Puissances auxquels Dieu a donné un pouvoir très spécial. …

«Aimez, ô hommes, les Séraphins, ce sont les princes du pur amour. Aimez les Chérubins, ce sont les grands docteurs de la science des saints. Aimez les Trônes, ce sont les patrons du véritable repos de l’âme, et de la tranquille paix du cœur. Aimez les Dominations, ils vous apprendront à devenir les maîtres de vous-même et de toutes choses, vous élevant au-dessus de tout l’être créé par une union intime au Créateur. Aimez les Vertus, ce sont les maîtres des voies de la sainte perfection. Aimez les Puissances, ils sont vos défenseurs contre la malice, la rage et le pouvoir des démons. Aimez les Principautés, ce sont eux qui prennent des soins si grands du bien des monarchies, des Etats, et de ceux qui gouvernent. Aimez les Archanges, ce sont les zélateurs du bien commun, et l’on en reçoit mille et mille bénédictions dans les provinces, dans les villes, dans les villages et dans toutes sortes de pays. Aimez, enfin, les Anges du dernier Chœur, ce sont les astres dont nous ressentons plus souvent les célestes influences, étant plus proches de nous, et veillant sur le bien de tous les hommes en particulier avec un amour et des soins inexplicables». (Père H-M. Boudon, 1624-1702, archidiacre d’Evreux, La dévotion aux Neufs Chœurs des saints Anges)

Oraison aux neufs Chœurs des saints Anges

Esprits bienheureux de la cour céleste, défenseurs invincibles de l’intérêt de Dieu, après avoir adoré, loué, béni et remercié ce Dieu de toute bonté, des grâces incomparables qu’il vous a faites, après vous avoir fait une protestation sincère du meilleur de nos cœurs que nous y prenons toute la part possible, nous réjouissant de vos joies et de la gloire inénarrable que vous possédez ; après vous avoir conjurés de recevoir bénignement la résolution inviolable que nous prenons de vous avoir le reste de nos jours une dévotion très spéciale, et d’en procurer par toutes les voies qui seront en notre pouvoir l’établissement et l’augmentation partout où nous le pourrons ; nous implorons le secours de toutes vos troupes glorieuses, pour l’avancement du règne de l’adorable Jésus et de l’aimable Marie , sur tous les infidèles, hérétiques, schismatiques, sur toutes les personnes véritablement soumises à la sainte religion catholique, apostolique et romaine, et particulièrement sur le Souverain Pontife, qui en est l’unique chef visible en terre, et sur tous les autres prélats ; afin que tous les peuples faisant profession d’une même foi, s’attachant à la pureté de ses maximes, menant une vie conforme à ses règles, les sacrés intérêts de Dieu seul vivent et règnent de siècle en siècle dans tous les cœurs.

C’est la grâce, ô redoutables princes de la milice céleste, que nous demandons au Père des miséricordes par vos puissantes intercessions ; c’est la consolation que nous demandons au Dieu de toute consolation, que son nom soit sanctifié, que son règne arrive, que sa volonté se fasse en la terre comme au ciel, que l’empire du péché et des démons soit détruit, que l’Évangile soit annoncé à toutes les nations, qu’il soit reçu par toute la terre, que le saint nom de Dieu y soit honoré et glorifié, que tous les esprits y louent le Seigneur, l’y adorent, l’y aiment et soient dans une entière et parfaite soumission à ses divines volontés. Venez donc, anges, archanges, accourez à l’établissement des intérêts de Dieu dans les royaumes et provinces, dans les villes et campagnes, dans toutes les personnes qui y habitent ; sacrées principautés, gouvernez les cœurs, soyez-en les maîtres, pour les assujettir à l’empire de Jésus et de Marie : admirables puissances, confondez les démons qui s’y opposent ; ruinez les desseins de l’enfer et la malice de tous les sorciers et magicien, et autres ennemis de Dieu ; divines vertus, faites marcher les âmes dans les solides voies du divin amour ; glorieuses dominations, découvrez, pour ce sujet, aux hommes la volonté divine sur eux : aimables trônes, établissez dans le plus intime de leurs cœurs la paix que Notre-Seigneur nous a laissée ; chérubins, princes de la science du ciel, communiquez-en les belles lumières en notre terre ; et vous, séraphins, princes du pur amour, faites que les hommes ne vivent que de ses flammes, afin que Dieu seul soit le digne souverain et le maître absolu de tout ce que nous sommes, et de tout ce que nous faisons. Ainsi soit-il, ainsi soit-il. Dieu seul, Dieu seul. Dieu seul. (Père H-M. Boudon, 1624-1702, archidiacre d’Evreux, La dévotion aux Neufs Chœurs des saints Anges).

Dieu est Charité (I Jn 4, 8), Dieu est Lumière (I Jn 1, 5), Dieu est Esprit (Jn 4, 24) : Voici Le Père, le Fils et le Saint-Esprit.

Les Séraphins brûlent de Charité, les Chérubins brillent de Lumière, l’Esprit de Dieu repose sur les Trônes. Les Dominations (ou Souverainetés) représentent Dieu, les Puissances détruisent les actions opposées à la volonté divine, les Vertus (ou Pouvoirs) soutiennent toute la création par la volonté divine. Les Principautés représentent la primauté divine, les Archanges sont les messagers des grandes choses, et les Anges sont les messagers des autres choses divines.

Représentations des anges :

Les Séraphins ont six ailes, deux pour se couvrir la face devant Dieu, deux pour se couvrir les pieds, et deux pour s’élever.

Les Chérubins ont des yeux partout et quatre ailes, deux pour se couvrir la face devant Dieu, et deux pour s’élever.

Les Trônes sont comme des roues portant le trône de Dieu.

Les Dominations sont comme des seigneurs avec un sceptre.

Les Puissances ont une hache.

Les Vertus ont une coupe.

Les Principautés ont une couronne.

Les Archanges ont un glaive.

Les Anges ont une ceinture d’or.

La hiérarchie céleste – Théarchie

(Pseudo-Denys l’Aréopagite)

 

[205] Des séraphins, des chérubins et des trônes, et de la première hiérachie qu’ils constituent.

« Ces noms nous révèlent la façon constante dont ils se conforment à Dieu (la propriété durablement acquise – habitus – de la «déiformité»)

« La sainte appellation de séraphins signifie pour qui sait l’hébreu «ceux qui brûlent», c’est-à-dire «ceux qui échauffent … Le mouvement perpétuel tout autour des secrets divins, la chaleur, la profondeur, l’ardeur bouillonnante d’une constante révolution qui ne connaît ni relâche ni déclinaison, le pouvoir d’élever efficacement à leur ressemblance leurs inférieurs en les animant de la même ardeur, de la même flamme et de la même chaleur, le pouvoir de purifier par la foudre et par le feu, l’évidente et indestructible aptitude à conserver identiques et leur propre lumière et leur pouvoir d’illumination, la faculté de rejeter et d’abolir toute ténèbre obscurcissante …

« L’appellation de chérubins signifie «masse de connaissance», c’est-à-dire «effusion de sagesse … l’aptitude à connaître et à contempler Dieu, à recevoir les plus hauts dons de sa lumière, à contempler dans sa puissance primordiale la splendeur théarchique, à accueillir en soi la plénitude des don qui rendent sages et à les communiquer ensuite aux essences inférieures grâce à l’effusion de cette Sagesse même qui les a comblés de ses bienfaits.

« Quant au nom de trônes très sublimes et très lumineux, il indique l’absence totale en eux de toute concession aux biens inférieurs, cette tendance continue vers les sommets…, leur indéfectible aversion à l’égard de toute bassesse, la tension de toutes leurs puissances pour se maintenir de façon ferme et constante auprès de Celui qui est véritablement le Très Haut, leur aptitude à recevoir dans une totale impassibilité, loin de toute souillure matérielle, toutes les visitations de la Théarchie, le privilège qu’ils ont de servir de sièges à Dieu et leur zèle vigilant à s’ouvrir aux dons divins. »

[208] « On doit penser qu’elles [les premières essences] sont pures, non point parce qu’elles sont libres de tout péché et de toute souillure profane, mais parce qu’elles ignorent toute imagination matérielle, parce qu’elles demeurent sans mélange au-dessus de toute faiblesse, au-dessus de tous les degrés inférieurs de sainteté, parce que leur sublime pureté dépasse toute autre puissance apte à assurer la conformité avec Dieu, parce qu’elles conservent inébranlablement, grâce à leur indéfectible amour de Dieu, l’odre de leur mouvement propre, spontané et immuable, parce qu’elles ne sauraient d’aucune façon ni se pervertir ni subir aucune perte mais qu’elles gardent au contraire sans déchéance ni corruption l’indéfectible et perpétuelle stabilité du pouvoir qui leur appartient en propre de se conformer à Dieu.

« Elles sont également contemplatrices, non parce qu’elles contemplent intellectuellement des symboles sensibles ni qu’elles s’élèvent spirituellement vers le divin à travers une variété de saintes allégories, mais bien parce qu’elles reçoivent en toute plénitude le savoir immatériel d’une lumière supérieure, qu’elles se repaissent, autant qu’elles le peuvent faire sans sacrilège, de la contemplation de cet Etre suressentiel et triplement lumineux qui est l’origine et le principe de toute beauté ; parce qu’elles ont également mérité d’entrer en communion avec Jésus, non par de saintes allégories où s’imprime figurativement la ressemblance de l’opération divine, mais par une véritable proximité, parce qu’elles ont part de façon primordiale à la connaissance de ses opérations lumineuses et divines, parce qu’il leur a été donné au plus haut point d’imiter Dieu et qu’elles entrent en communion, autant qu’elles le peuvent, au sein de sa puissance fondamentale avec les vertus par quoi il exerce à l’égard des hommes son opération divine et manifeste son amour pour eux.

« Elles sont enfin parfaites, non par l’illumination d’un savoir qui leur permettrait d’analyser la variété des saints mystères, mais bien par la plénitude d’une déification primordiale et excellente, par la science suprême qu’elles possèdent, en qualité de messagères angéliques, des opérations divines. … elles conservent constamment une parfaite et indéfectible pureté, et leur noblesse immatérielle et intellectuelle les élève, autant qu’il leur est permis sans sacrilège, à la contemplation, leur permettant de s’initier au principe rationnel des opérations divines, à titre d’essences premières et proches de Dieu qui reçoivent leur perfection de façon éminente de Celui qui est le principe même de toute perfection.

[212] « Tel est … le premier ordre des essences célestes, celui qui fait cercle autour de Dieu et dans son immédiat voisinage, qui entoure sa perpétuelle connaissance d’une ronde simple et continue, celui qui, grâce à cette stabilité perpétuellement mouvante qui convient à des anges et qu’il possède au plus haut degré, peut non seulement contempler d’un regard pur une foule de spectacles bienheureux, mais encore recevoir l’illumination des splendeurs simples et immédiates et se repaître de la manne divine. … Digne au plus haut point d’entrer avec Dieu en communion et en coopération, ce premier ordre imite autant qu’il le peut la beauté des pouvoirs et des opérations propres à Dieu. … la théologie a transmis aux habitants de la terre les hymnes que chantent ces anges du premier ordre et où apparaît saintement le caractère transcendant de leur sublime illumination. Certains … ressemblent à la voix d’un torrent impétueux, lorsqu’ils s’écrient : «Bénie soit en son lieu la gloire du Seigneur !» (Ezech. III, 12) D’autres entonnent l’hymne théologique célèbre et très vénérable : «Saint, Saint, Saint, le Seigneur des armées, toute la terre est pleine de sa gloire» (Isaïe IV, 3)

 

[237] Des seigneuries [ou Dominations], des puissances et des pouvoirs [ou Vertus] et de la hiérarchie moyenne qu’ils constituent

« …la seconde hiérarchie des intelligences célestes manifeste sa conformité à Dieu … ainsi elle se purifie, elle s’illumine, elle se parfait … grâce aux illuminations que lui transmet le premier ordre de la hiérarchie…

« … le nom révélateur de saintes seigneuries signifie, je crois, une élévation spirituelle libre et exempte de toute compromission terrestre, sans aucune inclination d’aucune sorte vers aucune de ces tyrannies qui naissent d’une insuffisante assimilation, comme il convient à une seigneuries incorruptible et vraiment libre, supérieure à toute servitude amoindrissante, ignorant toute compromission et séparée de toute dissemblance, tendant avec une ferme vigueur vers la véritable Seigneurie et vers le principe de toute seigneurie, recevant, elle et ses subordonnés, de façon excellente et à la mesure de leurs forces l’empreinte et la ressemblance du Seigneur lui-même, dédaignant les vaines apparences, mais tournée tout entière vers le véritable Seigneur et participant selon ses forces au Principe constant et divin de toute seigneurie.

« En ce qui concerne les saintes puissances, leur nom indique une certaine virilité courageuse et inébranlable dans tous les actes par lesquels elles se conforment à Dieu, virilité qui exclut toute lâcheté et toute mollesse dans la réception des illumination théarchiques qui leurs sont octroyées, qui s’élève courageusement vers l’imitation de Dieu, qui ne se laisse jamais aller à abandonner l’ascension vers la forme divine, mais dont le regard au contraire demeure inflexiblement tourné vers cette Puissance suressentielle qui est la source de toute puissance, car cette virilité même, autant qu’elle le peut, devient l’image de la Puissance dont elle assume la forme, s’attachant à elle de toutes ses forces comme au Principe de toute puissance, sans cesser pour autant de faire descendre sur les essences inférieures son procès [action, existence, état, devenir, etc.] dynamisant et déifiant.

« Le nom des saints pouvoirs indique qu’ils sont de rang égal à celui des seigneuries et des puissances, qu’ils sont disposés harmonieusement et sans confusion pour revoir les dons divins ; que le pouvoir intellectuel [entendement] qui leur appartient et qui n’est pas de ce monde est parfaitement ordonné ; que loin d’abuser tyranniquement de leurs puissants pouvoirs pour faire le mal ils s’élèvent harmonieusement et sans défaillance vers les réalités divines, entraînant avec eux dans leur bonté les essences inférieures, imitant autant qu’ils le peuvent sans sacrilège le Pouvoir fondamental qui est la source de tout pouvoir, sans cesser de faire rayonner ce Pouvoir, dans la mesure où le peuvent des anges, grâce aux ordonnances harmonieuses de son impérieuse puissance.

[241] « C’est une loi universelle divinement instituée par le Principe divin de tout ordre que les essences du second rang participent par l’entremise de celles du premier rang aux illuminations théarchiques. … selon la vision d’un des théologiens, Zacharie, c’est, semble-t-il, un des anges du premier ordre … (… le nom d’ange s’applique indistinctement à toutes les essences célestes) qui reçut de Dieu lui-même, comme le dit l’Ecriture, les paroles consolatrices et c’est un autre ange, appartenant aux rangs inférieurs, qui fut envoyé à la rencontre du premier pour recevoir et pour transmettre son illumination, et qui, une fois initié comme par un grand prêtre à la volonté divine, confia à son tour au théologien la sainte nouvelle que Jérusalem reflorirait et que des multitudes d’hommes la peupleraient (Zach. I, 8-17).

« … c’est le premier des chérubins qui (dans le récit sacré) reçoit la sainte ordonnance, celui-là qui porte autour des reins une ceinture de saphir et qui a revêtu, en signe de sa fonction sacrée, un manteau tombant jusqu’aux pieds. Ensuite, seulement, le Principe divin de tout ordre prescrit que le secret de la décision divine soit transmis par le premier des anges aux autres, à ceux qui portent des haches. A lui, .. il prescrit de traverser toute la ville de Jérusalem et de marquer au front les innocents. Aux autres, il commande : «Allez à sa suite dans la ville, frappez et que vos yeux ne se laissent point fléchir […] mais n’approchez d’aucun de ceux qui furent marqués» (Ezech. IX, 5-6)

 » Et que dire encore de cet ange qui annonca à Daniel : «La parole est sortie dès le commencement de tes supplications» (Dn IX, 23) ou de celui qui, le premier, reçut le feu du milieu des chérubins (Ezech. X, 2) ? Ou encore ceci qui démontre plus clairement le bon ordre qui préside aux anges : le chérubin qui transmet le feu entre les mains de celui qui a revêtu l’étole sainte (Ezech. X, 7) ? Que dire également de celui qui appela le très divin Gabriel et qui lui dit : «Fais-lui entendre la vision» (Dn VIII, 16), ou enfin de tous les autres exemples fournis par les saints théologiens de cette divine et harmonieuse disposition qui est propre aux hiérarchies célestes ? »

 

[257] Des principautés, des archanges et des anges, et de la dernière hiérarchie qu’ils constituent.

« Le nom de principautés célestes signifie qu’elles possèdent dans l’ordre sacré un principat et une hégémonie [suprématie] de forme divine, des puissances de commandement de la plus haute convenance, le pouvoir de se convertir entièrement au Principe qui est au-dessus de tout principe et de conduire les autres vers lui avec une autorité primordiale, de recevoir de lui-même au maximum l’empreinte de ce Principe qui est source de tout principe, de révéler enfin le Principe suressentiel de tout ordre par l’harmonie de leurs puissances de commandement.

« Les saints archanges ont le même rang que les principautés célestes. … il [l’ordre sacré des archanges] entre tout ensemble en communion avec les très saintes principautés et avec les saints anges ; il se convertit de façon primordiale au Principe suressentiel, qu’il reçoit autant qu’il le peut sans sacrilège, l’empreinte de ce Principe et il confère l’unité aux anges grâce aux pouvoirs invisibles d’ordination et d’harmonisation qu’il tient du Principe même ; … il [l’ordre sacré des archanges] appartient lui aussi au rang des interprètes, recevant hiérarchiquement les illuminations théarchiques par l’entremise des puissances du premier rang, les transmettant dans sa bonté aux anges, et, par l’entremise des anges, nous les révélant à nous-mêmes dans la mesure où chacun de nous peut recevoir la sainte illumination des secrets divins.

« Les anges, … terminent et complètent le dispositif entier des intelligences célestes ; … par leur entremise la hiérachie se manifeste plus clairement à nos yeux et d’une façon qui touche davantage à notre monde. … l’ordre supérieur, plus proche, par sa dignité même, du sanctuaire secret, initie mystérieusement le second ordre … des seigneuries, des puissances et des pouvoirs, qui commande d’autre part aux principautés, aux archanges et aux anges, révèle les mystères moins secrètement que la première hiérarchie, mais moins ouvertement que la dernière. Ainsi c’est à l’ordre des principautés, des archanges et des anges qu’appartient la fonction révélatrice ; c’est lui qui, … préside aux hiérarchies humaines afin que se produisent de façon ordonnée l’élévation spirituelle vers Dieu, la conversion, la communion, l’union et … le mouvement processif [procédant] de Dieu lui-même… la théologie réserve aux anges le soin de notre hiérarchie, appelant Michel l’archonte [archange] du peuple juif [Dn X, 21], et d’autres anges les archontes [archanges] des autres nations, car «le Très Haut a établi les frontières des nations selon le nombre des anges de Dieu» (Septante, Deut. XXXII, 8). »

L’Ange gardien

Chaque homme a un Ange Gardien, un Esprit céleste, préposé à sa garde qui doit le protéger et le guider dans la voie du bien. Il offre à Dieu ses prières et ses bonnes œuvres, et l’assiste dans les tentations.

Fête des Saints Anges Gardiens : 2 octobre.

On les invoque pour bien mourir.

Que chaque âme individuelle a un tuteur ange n’a jamais été défini par l’Église, et, par conséquent, ce n’est pas un article de foi ; mais c’est l’esprit de l’Église, comme St Jérôme l’a exprimé : «à quel point la dignité de l’âme, puisque chacun a à sa naissance un ange chargé de le garder» (Comm. Matt., XVIII, lib. II).

Encyclopédie catholique, « Ange gardien », 1907-1913 : «St Thomas nous enseigne (Somme Théologique I, 113, 4) que seuls des anges des Chœurs les plus bas sont envoyés aux hommes, et qu’ils sont par conséquent seuls nos gardiens. Nos anges gardiens peuvent agir sur nos sens (I, 111, 4 ) et sur nos imaginations (I, 111, 3 ), pas cependant sur nos volontés, à l’exception « per modum suadentis », à savoir, en œuvrant sur notre intellect, et donc sur notre volonté, par les sens et l’imagination (I, 106, 2 et I, 111, 2). Enfin, ils ne sont pas séparés de nous après la mort, mais restent avec nous dans le ciel, pas cependant pour nous aider à atteindre le salut, mais « ad aliquam illustrationem » (I, 108, 7, ad 3am)».

Saint Jean-Marie Vianney, Curé d’Ars : «Il faut, dès le matin, en s’éveillant offrir à Dieu son cœur, son esprit, ses pensées, ses paroles, ses actions, tout soi-même, pour ne servir que sa gloire. Renouveler les promesses de son baptême, remercier son Ange gardien, lui demander sa protection, à ce bon Ange qui est resté à côté de nous pendant notre sommeil».

Neuf pater en l’honneur des Anges

Le livre de la grâce spéciale, révélations de Sainte Mechtilde : « [Jésus-Christ] Ma fille, vous direz neuf fois le Pater en l’honneur de leurs neuf chœurs [des Anges] ».

Chapelet pour l’Ange gardien

 

  • Sur la croix :  Te Deum ou Credo, Pater, Ave Maria.
  • Gros grains : Un Gloria Patri ou un Ave Maria
  • Chaque petits grains : Angele Dei (ci-dessous), ou « Mon bon ange, je vous aime et veux vous aimer », ou « Saints anges, je vous aime et veux vous aimer ».

Angele Dei, custos de qui es mei, Me tibi commissum pietate superna ; Hodie (nocte Hac), illumina, custodi, rege, et guberna. Amen.

Ange de Dieu, qui êtes mon gardien, à qui j’ai été confié par Son Amour ; Aujourd’hui (cette nuit), éclairez-moi, gardez-moi, régissez-moi et gouvernez-moi. Amen.

La Dévotion aux neufs Chœurs des Anges, P. Henri-Marie Boudon : «Il y a un chapelet en l’honneur du saint ange gardien. Sur la croix l’on dit le Credo ou le Te Deum, ensuite l’Oraison dominicale, la Salutation angélique ; et puis, sur les gros grains, ou le Gloria Patri, ou l’Ave Maria ; et sur tous les petits grains l’Angele Dei ; ou, pour ceux qui ne le savent pas, cette courte prière : « Mon bon ange, je vous aime et veux vous aimer ». Si on le veut dire en l’honneur de tous les neuf chœurs, l’on se servira de ces autres paroles : « Saints anges, je vous aime et veux vous aimer».

Prière à l’ange gardien

Ange de Dieu, qui êtes mon gardien, puisque le ciel m’a confié à vous dans sa bonté, mon bon ange, aidez-moi, guidez-moi, secourez-moi, assistez-moi, inspirez-moi, fortifiez-moi, instruisez-moi, protégez-moi, éclairez-moi, gardez-moi, défendez-moi, consolez-moi, purifiez-moi, sanctifiez-moi, dirigez et gouvernez ma vie ! Mon bon ange, vous devez me conduire avec assurance jusqu’au ciel ! (Ind 300 j. ; Plén. mois)

Faux anges

Les faux anges sont des démons déguisés (grossièrement) en « ange » de lumière.

II Corinthiens 11, 14 : «… Satan lui-même se transforme en ange de lumière».

Faux anges dans l’ésotérisme

Il existe des anges faux qui sont inspirés de l’astrologie (divination) et de la cabale (texte hermétique occulte juif) de 72 noms. Déjà, il faut savoir que la sainte écriture (la révélation) ne dénombre jamais les anges et ensuite que les écrits cabalistiques sont des œuvres du démon pour qui cherche, comme le fit Eve par curiosité, à s’intéresser au savoir et au pouvoir interdit.

Dieu a interdit toute divination, magie, occultisme, et spiritisme car dans ces cas-là, l’homme se met en contact avec des esprits qui le souille et il devient une abomination devant Son Créateur (Deutéronome 18,10-12).

Dans les images trompeuses

Les images de démons un peu enfantines, ou sous forme de « toons », soit en tatouage, ou en cartes, ou en publicités notamment pour les portables qui représentent des petits démons rouges avec des petites cornes et un corps de bambin paraissent anodines et rigolottes.

Derrière ces représentations se cachent des démons « inférieurs » qui sont chargés ou plutôt contraints par leurs chefs d’attirer à ce monde là. Évidemment cela s’adresse aux enfants et aux adolescents…..que tout adulte reste en partie en lui-même…

Parents, faites attention à ce que vos jeunes enfants ne s’attachent pas d’une façon ou d’une autre à de telles figurines. Satan est le prince de la séduction.

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Exemples de faux anges New-âge

Anges et Révélation

Selon la règle de la foi catholique tous les anges qui n’ont pas leur fondement dans la Révélation (les Écritures et la Tradition) sont faux, sinon il n’y aurait pas été utile qu’il y ait une Révélation pour nous dire ce qui vient de Dieu.

Aucun autre nom de démon ne doit être connu que ceux révélés par les Écritures.

Exemples : Lucifer (Isaïe 14, 12-15 ; Éz. 28, 12-15), Satan (Job, Évangiles, Ap. 12,9), Bélial (II Cor. 6, 15), Baal/Bel (dieu phénicien, Rois), Asmodée (Tobie), Belzebuth/Baal-zébub (dieu philistin, Évangiles), Mammon (personnification hébraïque de la richesse, Évangiles, Traité de l’Enfer, Ste Françoise Romaine, 1414), Adramelech (II R 17, 31), Abaddon/Apollyon (Ap. 9, 11), Azazel (Lv 16, 7), Balaam/Balam (Ancien Testament), Lilith/la lamie (déesse mésopotamienne dite « la nocturne », Isaie 34, 14), Moloch/Molech (dieu canaanite-ammonite, culte syncrétique des rois apostats d’Israël).

Les noms des faux dieux païens de l’Écriture et les autres connus sur terre sont des noms de démons.

Selon Psaume 95, 5 : «tous les dieux des nations sont des démons», c’est-à-dire, les dieux sumériens, dieux cananéens, dieux babyloniens, dieux phéniciens, dieux égyptiens, dieux philistins, dieux grecs, dieux romains, dieux hindous, et autres dieux païens, déités, etc., comme par exemple : Amon (dieu égyptien), Astarté/Astaroth (déesse phénicienne), Belphégor/Baal-Peor (dieu sémitique), Cerbère (dieu grec), Phoenix (dieu grec et égyptien), Isis (déesse égyptienne), Zeus (dieu grec), Shiva (dieu hindou), Allah (dieu de l’islam), Bouddha (homme divinisé du bouddhisme), etc.

Prière contre le démon familier (démon personnel)

(De saint Antoine de Padoue, fêté le 13 juin dans l’année liturgique)

Autant Dieu donne à chacun un Ange gardien particulier pour chaque personne humaine, autant Satan ne manque pas de disposer un démon particulier pour l’entraîner au mal. Cette prière quotidienne permet de neutraliser son influence. On peut écrire cette prière et la porter sur soi dans la foi et non pas dans un esprit magique sacrilège comme pour un talisman.

Au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.

Prologue de l’Évangile de Saint Jean (Jean 1, 1-14) : Au commencement était le Verbe, la parole de Dieu, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement auprès de Dieu. Par Lui, tout s’est fait, et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui. En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes ; la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée.

Il y eut un homme envoyé par Dieu. Son nom était Jean. Il était venu comme témoin, pour rendre témoignage à la Lumière, afin que tous croient par lui. Cet homme n’était pas la lumière, mais il était là pour lui rendre témoignage.

Le Verbe était la vraie lumière, qui éclaire tout homme en venant dans le monde. Il était dans le monde, lui par qui le monde s’était fait, mais le monde ne l’a pas reconnu. Il est venu chez les siens, et les siens ne l’ont pas reçu.

Mais tous ceux qui l’ont reçu, ceux qui croient en son nom, il leur a donné de pouvoir devenir enfant de Dieu. Ils ne sont pas nés de la chair et du sang, ni d’une volonté charnelle, ni d’une volonté d’homme : ils sont nés de Dieu.

Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité.

Voici la Croix  de Notre Seigneur Jésus-Christ,

Fuyez puissances ennemis,

Il a triomphé, le Lion de la tribu de Juda,

le Fils de David, Alléluia, Alléluia.

Saint est Dieu, Saint est le Puissant, Saint est l’Immortel.

O Christ, notre roi et notre Dieu fait homme qui avez habité parmi nous, ayez pitié de nous. O Seigneur Jésus-Christ, soyez avec nous et avec celui qui porte cette prière. Préservez-le de toute malédiction et des attaques des mauvais esprits dans son âme et dans son corps. Protégez-le de toutes les maladies et éloignez de lui l’esprit de malice, dans son sommeil ou pendant qu’il veille. Par les mérites de votre honorable naissance, de votre sainte enfance, de votre crucifixion rédemptrice, de votre mort vivifiante et de votre glorieuse résurrection d’entre les morts, par votre honorable ascension au ciel et votre session à la droite de Dieu, et par l’invocation de votre humanité qui s’élève au-dessus des hiérarchies célestes où vous êtes glorifié avec le Père le Fils et le Saint-Esprit dans les siècles des siècles. Amen.

 

L’Archiconfrérie de Saint Michel

L’Archiconfrérie de Saint Michel est dans la véritable Église catholique et non pas dans l’actuelle secte vatican 2 : Toute inscription à l’Archiconfrérie de Saint Michel de la secte vatican 2 est invalide et illicite. La véritable inscription à l’Archiconfrérie de Saint Michel se fait sans inscription administrative en ces temps de la grande apostasie, elle se fait par l’unité de la vraie foi qui est l’unité de la véritable Église. Voir : Hors de l’Église catholique, point de salutL’unité de l’Église est fondée par Dieu sur l’unité de la foi

But.

 Appeler la protection spéciale du ciel sur l’Église, Notre Saint Père le Pape [et non pas les antipapes Jean 23, Paul 6, Jean-Paul 1er, Jean-Paul 2, Benoit 16, François, chefs de la secte apostate vatican 2], et la Patrie, par l’intercession de St Michel, vainqueur du démon et protecteur de l’Église.

 Avec St Michel combattre Satan, les démons et ceux qui réclament d’eux pour perdre les âmes.

 Obtenir la grâce d’une bonne mort, la préservation de mort subite et la délivrance des âmes du purgatoire.

Historique.

Une Archiconfrérie de Saint Michel exista sous Louis XI (ainsi qu’un ordre de chevalerie de St Michel).

Le Pape Léon XIII (1878-1903) fonda la Confrérie de Saint Michel Archange en 1878 et l’éleva en Archiconfrérie en 1880. Il approuva une consécration à cet Archange et l’imposition de son scapulaire. La Confrérie Saint-Michel liée à la paroisse Saint-Michel à Paris a opéré jusqu’à la fin des années 1950/début 60 ou début de l’apostasie vatican 2.

Le scapulaire de Saint Michel Archange.

Le diable déteste et fuit le scapulaire de saint Michel. Ce scapulaire se porte cordon bleu à droite et cordon noir à gauche ; étoffe bleue devant et étoffe noire derrière. L’imposition du scapulaire donne de participer aux biens spirituels de l’Archiconfrérie de Saint Michel et d’être protéger par lui. Le port du scapulaire n’exige pas l’inscription à l’Archiconfrérie de saint Michel. Ordinairement seul un prêtre autorisé par l’Archiconfrérie a le pouvoir de l’imposer. En ces temps de la grande apostasie, tout prêtre catholique peut faire le rite d’imposition grâce à l’épikéia, principe d’équité pour les cas, situations et nécessités non prévus par la loi ecclésiastique et le droit canon (L’épikéia n’est pas applicable pour la loi divine ou dogmatique qui a rapport à la vérité de la foi et de la morale).

Prière de bénédiction du scapulaire de Saint Michel 

Formule de bénédiction [prêtre] et d’imposition du scapulaire validée par la Congrégation des Rites en 1883, Rituale Romanum.

V/ Notre secours est dans le Nom du Seigneur.
R. Qui a fait le ciel et la terre.

V/ Le Seigneur soit avec vous.
R. Et avec votre esprit.

Prions. Dieu éternel et tout-puissant, toi qui, par saint Michel Archange, daignes défendre ton Église contre les attaques diaboliques, nous te prions de bénir + et de sanctifier + ce signe que tu as voulu pour exciter et favoriser la dévotion à un tel Patron parmi les fidèles, et pour donner la victoire sur les ennemis de l’âme et du corps en cette vie et dans la mort à ceux qui l’auront porté habituellement en étant fortifiés par l’assistance de saint Michel. Par Jésus, le Christ, Notre-Seigneur.

R. Amen.

Aspersion du Scapulaire d’eau bénite et imposition :

Mon frère (ma sœur), reçois le scapulaire de saint Michel Archange afin que, par sa constante assistance, tu puisses mener une vie sainte.

R. Amen.

Prions. Accueillez favorablement nos prières, nous vous en prions, Seigneur, et daignez bénir + votre serviteur (servante) placé(e) tout particulièrement sous le patronage de saint Michel Archange, afin que, par son intercession, évitant et empêchant tout ce qui peut vous offenser, il (elle) mérite de recevoir sa propre sanctification et celle des autres. Par Jésus, le Christ, Notre-Seigneur.

R. Amen.

Chapelet de Saint Michel ou Couronne Angélique

Décret d’Indulgences, S.S. Pie IX, 1851 :

«1 – Celui qui récitera ce chapelet gagnera chaque fois sept années et autant de quarantaines d’indulgence.

2 – Celui qui portera sur soi ce chapelet ou qui baisera seulement, en quelque jour que ce soit, la médaille à l’effigie des saints Anges qui lui est annexée, gagnera une indulgence de cent jours.

3 – Ceux qui réciteront journellement ce chapelet obtiendront une indulgence plénière, une fois le mois, au jour dans lequel, s’étant confessés et ayant fait la communion, ils prieront particulièrement pour l’exaltation de notre sainte mère l’Église, et pour la conservation du Souverain Pontife.

4 – Ceux qui pratiqueront les œuvres précédemment enjointes gagneront une indulgence plénière dans les fêtes de l’Apparition de saint Michel (8 mai), de la Dédicace du saint Archange (29 septembre), de l’Archange saint Gabriel (18 [24] mars), de l’Archange saint Raphaël (24 octobre), et des saints Anges Gardiens (2 octobre).
Pour gagner ces indulgences, il faut se servir d’un chapelet particulier : il consiste en neuf Pater Noster avec trois Ave Maria après chaque Pater Noster, en quatre autres Pater Noster à la fin, et en la récitation des salutations correspondantes avec l’Antienne et l’Oraison finale, comme ci-après. Ces chapelets doivent être bénits par le confesseur Pro tempore du monastère de Vetralla, ou par les prêtres qui en ont obtenu le pouvoir.

… Les Carmélites du monastère de la ville de Vetralla, au diocèse de Viterbe, désirant que les fidèles qui ne savent pas lire puissent participer aux biens spirituels de ces indulgences [du chapelet angélique] en récitant seulement les Pater et les Ave en nombre assigné dans la formule du Chapelet angélique et en remplissant toutes les autres conditions exprimées dans le double décret, renouvelèrent à Sa Sainteté leurs humbles supplications pour l’extension des indulgences aux fidèles mêmes qui ne savent pas lire. Sa Sainteté en audience particulière, a accordée à moi soussigné, secrétaire, daigna, par faveur spéciale, accorder la supplique dans les termes exposés. Nonobstant, etc.»

Le 8 septembre 1851.
A. C. Lambrruschini. – Préfet de la S. C. Des Rites.
DI. Gigli. — Prosecrét. de la S. C. des Rites.

 

Origine du chapelet de Saint Michel :

Selon une révélation privée, l’Archange Saint Michel aurait révélé au 18ème siècle à sœur Antonia Astónaco (d’Astonac), carmélite portugaise, qu’il voulait que l’on compose en son honneur neufs salutations correspondants aux neufs Chœurs des saints Anges :

« Je veux que tu répètes neuf fois en mon honneur un Pater et trois Ave, en union avec chacun des neuf chœurs des Anges. Tu termineras ces neuf salutations par quatre pater, dont le premier en mon honneur, le deuxième en l’honneur de saint Gabriel ; le troisième, de saint Raphaël ; et le dernier, de l’Ange gardien ».

A ceux qui réciteraient ce chapelet, il assurerait son assistance continuelle et celle des saints Anges durant tout le cours de la vie, et, après la mort, la délivrance du purgatoire [La délivrance du purgatoire signifie la réduction des peines temporelles – encore à expier pour les péchés mortels pardonnés et les péchés véniels] pour soi et pour ses parents. Quiconque le réciterait serait accompagné à l’Autel de neuf Anges, un de chaque Chœurs (Livre II, chapitre 74).

La couronne angélique fut propagée par sœur Angèle-Colombe du Sacré-Cœur de Jésus (- † 1751), carmélite de Vetralla (diocèse de Viterbe en Italie).

 chapelet-saint-michel

Avec un chapelet spécial (béni/indulgencié, s’il n’a de prêtre catholique disponible, prier le Seigneur Dieu de le bénir) :

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.

On fait un acte de contrition le plus parfaitement possible et si possible devant une image de l’Archange saint Michel. On baise la médaille.

V/ Ô Dieu, venez à notre aide,
R/ Hâtez-vous, Seigneur, de nous secourir.

Gloire au Père et au Fils et au Saint Esprit, comme il était au commencement, maintenant et toujours, pour les siècles des siècles. Amen.

Saint Michel Archange, défendez-nous dans le combat afin que nous ne périssions pas au jour du redoutable Jugement.

Au premier Chœur des Anges : 1 Pater, 3 Ave Maria. Par l’intercession de Saint Michel et du Chœur céleste des Séraphins, que le Seigneur nous rende dignes d’être embrasés du feu d’une parfaite charité. Amen.

Au deuxième Chœur des Anges : 1 Pater, 3 Ave Maria. Par l’intercession de Saint Michel et du Chœur céleste des Chérubins, que le Seigneur veuille nous faire la grâce d’abandonner la voie du péché et d’avancer dans celle de la perfection chrétienne. Amen.

Au troisième Chœur des Anges : 1 Pater, 3 Ave Maria. Par l’intercession de saint Michel et du Chœur céleste des Trônes, que le Seigneur répande en nos cœurs l’esprit d’une véritable et sincère humilité. Amen.

Au quatrième Chœur des Anges : 1 Pater, 3 Ave Maria. Par l’intercession de Saint Michel et du Chœur céleste des Dominations, que le Seigneur nous fasse la grâce de dominer nos sens et de nous libérer de l’esclavage des passions. Amen.

Au cinquième Chœur des Anges : 1 Pater, 3 Ave Maria. Par l’intercession de saint Michel et du Chœur céleste des Puissances, que le Seigneur daigne préserver nos âmes des embûches et des tentations du démon. Amen.

Au sixième Chœur des Anges : 1 Pater, 3 Ave Maria. Par l’intercession de saint Michel et du Chœur admirable des Vertus célestes, que le Seigneur ne nous laisse pas succomber à la tentation, mais qu’Il nous délivre du mal. Amen.

Au septième Chœur des Anges : 1 Pater, 3 Ave Maria. Par l’intercession de saint Michel et du Chœur céleste des Principautés, que le Seigneur remplisse nos âmes de l’esprit d’une véritable et sincère obéissance. Amen.

Au huitième Chœur des Anges : 1 Pater, 3 Ave Maria. Par l’intercession de saint Michel et du Chœur céleste des Archanges, que le Seigneur nous accorde le don de la persévérance dans la foi et dans les bonnes œuvres, pour gagner la gloire du paradis. Amen.

Au neuvième Chœur des Anges : 1 Pater, 3 Ave Maria. Par l’intercession de Saint Michel et du Chœur céleste de tous les Anges, que le Seigneur daigne nous faire la grâce d’être gardés par eux en cette vie mortelle pour être conduits ensuite à la gloire éternelle du ciel. Amen.

Sur les quatre grains :

Un premier Pater en l’honneur de Saint Michel,

Un second Pater en l’honneur de Saint Gabriel,

Un troisième Pater en l’honneur de Saint Raphaël,

Un quatrième Pater en l’honneur de notre Ange Gardien.

Antienne :

Très glorieux saint Michel, chef et prince des armées célestes, gardien fidèle des âmes, vainqueur des esprits rebelles, favori de la maison de Dieu, notre admirable  guide après Jésus-Christ, vous dont l’excellence et la vertu sont suréminentes : daignez nous délivrer de tous les maux, nous tous qui recourons à vous avec  confiance, et faites par votre incomparable protection, que nous avancions chaque jour dans la fidélité à servir Dieu.

V/ Priez pour nous, ô bienheureux saint Michel, Prince de l’Église de Jésus-Christ.
R/ Afin que nous puissions être dignes de ses promesses.

Oraison :

Dieu tout puissant et éternel, qui par un prodige de bonté et de miséricorde pour le salut commun des hommes, avez choisi pour prince de votre Église le très glorieux Archange saint Michel ; rendez-nous dignes, nous Vous en prions, d’être délivrés, par sa bienveillante protection, de tous nos ennemis, afin qu’à notre mort aucun d’eux ne puisse nous inquiéter, mais qu’il nous soit donné d’être introduits par lui en présence de votre puissante et auguste majesté. Par les mérites de Jésus-Christ Notre-Seigneur. Amen.

Une pieuse servante de l’Archange, Antonia d’Astonac et le chapelet de Saint Michel (Suite) [Voir la livraison de juin 1890] – Les amis de saint Michel, Annales du Mont Saint Michel, 1886 :

«Les Anges, selon la pensée de saint Bonaventure, sont pour le chrétien ce que les étoiles sont dans la nuit pour les voyageurs ; ils l’éclairent dans sa marche (In Hexameron, serm. XXI).
Distribués en trois hiérarchies, selon le nombre des Personnes divines dont ils imitent les opérations, ils nous apprennent par quels degrés nous arriverons à la perfection à laquelle nous sommes appelés. C’est ce que saint Denys avait appris de son maître saint Paul : « La perfection, dit-il, consiste à s’élever chacun selon ses forces, à l’imitation de Dieu, et ce qui est encore plus divin, dit la parole sainte, à devenir les coopérateurs de Dieu (Hierarchia cœlistis, cap. III). — Le salut, dit-il ailleurs, ne se peut faire que par la déification, et la déification est l’union et la ressemblance avec Dieu autant que chacun en est capable. Or, le but que se propose toute hiérarchie n’est autre qu’un amour continuel envers Dieu et les choses divines ; c’est, au préalable, le complet et irrévocable dépouillement de tout ce qui lui est contraire ; c’est la connaissance de la vérité sacrée ; c’est la participation à la suprême perfection (Hierarchia cœlistis, cap. I) ».

«De là trois degrés que les théologiens mystiques appellent vie purgative, vie illuminative, et vie unitive ou parfaite. Cette distinction vengée par Innocent XI des attaques de Molinos (Voici la proposition de Molinos [n°26] : «Ces trois voies, purgative, illuminative et unitive, sont la plus grande absurdité qu’on ait jamais dite dans la théologie mystique». Innocent XI l’a condamnée comme téméraire) qualifie admirablement les diverses étapes de la vie spirituelle.

«D’abord la vie purgative. C’est celle des commençants qui ont à purifier leurs âmes des péchés qu’elle a commis, des mauvaises habitudes qu’elle a contractées et des penchants qui l’entraînent vers le mal. Vient ensuite l’état d’accroissement [vie illuminative], c’est-à-dire des âmes qui ont déjà brisé l’orgueil de leurs propres passions, qui s’abstiennent facilement de toute faute mortelle et s’appliquent avec courage à la pratique des vertus théologales et morales, quoique cependant, à cause de leurs passions et de leurs appétits qui ne sont pas encore assez domptés ni soumis, elles ne puissent pas toujours éviter les péchés véniels. On fait correspondre à cet état la vie illuminative qui s’occupe entièrement à détruire les inclinations perverses et s’exerce autant que possible aux vertus solides.

«Enfin l’état de perfection [vie unitive] est celui où se trouvent ceux qui, ayant maîtrisé entièrement leurs passions, s’abstiennent facilement de tout péché, soit mortel soit véniel, et font avec joie des actes de charité. Cet état n’est rien autre chose que la vie unitive qui nous donne la paix avec le bonheur d’aimer Dieu d’un amour facile et généreux (Scarannelli, Méthode de direction). Ainsi l’âme s’élève successivement par trois degrés hiérarchiques à la ressemblance des trois Personnes divines, source de toute pureté, de toute lumière et de toute perfection.

«Mais pour réussir dans une telle œuvre il nous faut appui et protection. Nous avons besoin de lumières supérieures aux nôtres pour éclairer sûrement notre route ; il nous faut aussi un secours puissant pour nous aider dans cette lutte sans trêve que nous avons à soutenir contre ceux qui ont juré notre perte.
Saint Michel le sait ; aussi, est-ce pour nous le rappeler et nous dire qu’il est toujours avec nous qu’il a institué son rosaire. Nous nous en rendrons compte en étudiant l’ordonnance et la formule de chaque salutation.

«Nous l’avons dit, il y a trois hiérarchies angéliques distribuées selon l’ordre et le nombre des Personnes divines auxquelles elles sont assimilées et dont elles reproduisent les opérations. C’est d’abord celle du Père, modèle de toute perfection ; celle du Fils source de toute lumière, et enfin celle du Saint-Esprit principe de toute pureté. Chacune, comme l’explique merveilleusement l’Aréopagite (Hierarchia ang. cap. III et IV [voir La Hiérarchie céleste ci-dessus]), s’empresse de communier à cette pureté, à cette lumière et à cette perfection primordiales, dans la proportion de la grâce et de la puissance qui leur ont été départies, afin de nous en transmettre les rayons et de nous initier graduellement à ce que Dieu veut de nous, c’est-à-dire nous former à son image. C’est ainsi que les Anges deviennent les modèles de la vie spirituelle et nous enseignent les vertus qui en constituent l’essence.

«Voilà ce que saint Michel a voulu nous inculquer en instituant son rosaire et en inspirant les prières de chaque salutation. Que demande-t-on en effet par l’intercession de l’Archange et de chacun des chœurs qui forment les trois hiérarchies ? Le don des vertus qui constituent l’élément de la vie spirituelle. Le choix n’en est pas arbitraire ; d’un côté il est conforme à ce que la tradition nous enseigne du caractère de chaque chœur et des fonctions qu’elle lui attribue ; de l’autre il convient admirablement aux trois degrés qui élèvent l’âme à la perfection, c’est-à-dire à la ressemblance de Dieu.

«Ce sont d’abord les trois grandes vertus qui caractérisent la vie unitive : la charité parfaite, la sagesse et l’humilité. Nous les demandons par l’intercession des Séraphins, des Chérubins, et des Trônes dont elles sont l’apanage. Ces esprits sublimes qui forment la première hiérarchie, les ont puisées dans la contemplation des vertus spéciales au Père « source de tout don parfait (S. Dionysius ; Hierarchia coel, cap. VII [voir La Hiérarchie céleste ci-dessus]) » dont ils forment la cour. Les uns, à la vue de cet Être incréé, souverainement indépendant et d’une puissance infinie, dominés par la considération de leur petitesse, s’anéantissent dans les sentiments d’une humilité sans égale, qui les rend dignes de devenir ces Trônes sublimes sur lesquels Dieu rend ses jugements ; les autres, les Chérubins, plus spécialement sous le coup des fulgurations que leur envoie le Père vivant en son Verbe, absorbent à longs traits « les flots de la suprême lumière (Ibid.) » et communient à l’infinie sagesse ; tandis que les Séraphins se précipitent dans les flammes d’amour qui jaillissent du cœur du Père vivant en son Esprit et en communiquent aux autres les ardeurs.

«Comme pour la vie parfaite, trois chœurs nous initient à la vie illuminative dont la source est dans le Verbe, «vraie lumière qui illumine tout homme venant en
ce monde (Evang. Joann., cap. I)» ; ce sont les Dominations, les Vertus et les Puissances. Selon la remarque de saint Denys (Hierarch. cœl.. cap. VII, [voir La Hiérarchie céleste ci-dessus]), les noms de ces sublimes esprits font connaître les propriétés qui les rendent semblables à Dieu et par lesquelles ils l’imitent dans leurs divines fonctions. Ils nous envoient les reflets de la vie du Verbe dans la Trinité, c’est-à-dire du Verbe vivant en son Père, vivant en lui-même et vivant dans le Saint-Esprit. C’est la même vie que le Verbe incarné est venu révéler au monde en triomphant de ses trois grands ennemis, le monde, le démon et la chair. Ne l’oublions pas, cette vie s’impose à notre imitation ; elle forme l’essence du Christianisme. Il nous faut dominer la chair, vaincre le monde et le démon, et éviter toute espèce de péché. Pour réussir dans cette lutte, saint Michel nous offre le secours des Dominations, des Puissances et des Vertus.

«La vie purgative, avons-nous dit, ouvre la vie spirituelle. À celle-ci correspond la troisième hiérarchie, celle de l’Esprit sanctificateur, qui comprend les trois chœurs des Principautés, des Archanges et des Anges. Les premiers nous enseignent à purifier notre volonté par l’obéissance ; les seconds à purifier notre intelligence par la foi, les troisièmes à purifier notre cœur par le ministère du prêtre de Dieu [voir : Sur le sacrement de pénitence et la contrition et quand à recevoir le pardon sans une absolution] qui doit devenir notre guide dans les voies du salut. C’est là aussi ce que, saint Michel nous fait demander par les trois dernières salutations.

«Telle est la forme du Rosaire angélique. Elle nous montre la vie spirituelle élevant les âmes sur le modèle des Anges, afin de les façonner à la ressemblance de Dieu. — On aura remarqué qu’au lieu de monter, comme dans la vie spirituelle, du moins parfait au plus parfait, de la vie purgative à la vie unitive, on suit dans les salutations une marche contraire, descendant du plus parfait au moins parfait. C’est l’ordre des communications divines qu’elles arrivent graduellement aux inférieurs par les supérieurs qui les reçoivent eux-mêmes immédiatement (Saint Denys, Hierarch. ang., cap. VII [Voir « La Hiérarchie céleste » ci-dessus]. Saint Bonaventure, in Hexameron, serm. XXII). Ainsi le Rosaire [angélique] commence par l’invocation du secours d’en haut : Deus in adjutorium meum intende, et par la glorification des trois Personnes divines, Gloria Patri et Filio et Spiritui Sancto, source des vertus que nous allons demander par « l’intercession » de chacun des chœurs angéliques, en commençant par celui qui se tient le plus près de la Divinité.

«On pourrait se demander pourquoi les trois Ave après chaque Pater. N’est-ce point parce que le monde angélique est organisé sur le nombre trois comme la sainte Trinité ? Trois hiérarchies composées chacune de trois chœurs. Ceux-ci ne seraient-ils point encore divisés en trois ordres comme des théologiens l’ont pensé ? Et alors ne serait-ce point en leur honneur et en union avec eux que nous adresserions à la Trinité tout entière et à la Vierge Marie les louanges qui leur sont dues pour l’accomplissement du grand mystère de l’Incarnation ?
Il se peut, mais quel que soit le motif, il importe avant tout de nous bien pénétrer de la beauté et de l’importance de cette prière qui dans sa première partie répond à l’esprit angélique, lequel est un esprit de louanges, et, dans la seconde répond aux principaux besoins de notre « pauvre » humanité.

«Après les neuf salutations aux neuf chœurs viennent quatre Pater, en l’honneur de saint Michel, de saint Gabriel, de saint Raphaël et de notre Ange gardien. Il est juste en effet que nous rendions nos devoirs aux trois Archanges dont il a plu à Dieu de nous révéler les noms et à l’Ange préposé spécialement à notre garde. Quelqu’un a dit que saint Michel était l’ombre du Père, saint Gabriel celle du Fils et saint Raphaël celle du Saint-Esprit. Nous ne voyons dans cette idée rien que de conforme à ce que nous connaissons du caractère de ces trois sublimes esprits ; nous lui donnerons plus tard les développements que nous suggérera une étude sérieuse.

«Il fallait d’abord, dans une vue d’ensemble, nous rendre compte de la beauté de cette prière et de ses harmonies avec la vie du chrétien ici-bas. Une méditation plus approfondie de chacune de ses parties nous ouvrira de nouveaux et plus vastes horizons.

«Jusqu’ici la vie d’Antonia d’Astonac est à peu près ignorée (Nous prions les Zélateurs et les Zélatrices de saint Michel de nous communiquer tous les documents qui pourraient parvenir à leur connaissance. Nous avons fait chercher de tous côtés, mais inutilement, la vie d’Antonia d’Astonac). Nous ne connaissons que le bref de Pie IX accordant, le 8 août 1851, les indulgences que nous allons rappeler. Mais cet acte en dit assez.

«L’exil de Gaëte venait de finir par l’intervention de la France de saint Michel et surtout par le secours des prières qui s’étaient élevées de toute part dans l’Église.
Si notre mémoire ne nous trompe pas, on parlait en beaucoup d’endroits de l’efficacité du chapelet angélique. C’est alors que Pie IX, pour ménager un secours à l’Église et aux âmes dans les difficultés qui allaient surgir plus grandes et plus nombreuses que jamais, recommandait le Rosaire de Saint-Michel par la concession d’indulgences très précieuses.

«Qu’on en juge plutôt :

1° Chaque fois qu’on récitera la couronne angélique, indulgence de sept ans et sept quarantaines.

2° Cent jours pour chaque jour qu’on porte sur soi ladite couronne ou seulement qu’on baise la médaille qui s’y trouve fixée.

3° Indulgence plénière une fois par mois, si on récite la couronne tous les jours, à la condition de se confesser, de communier et de prier spécialement pour l’exaltation de la sainte Église et la conservation du Souverain Pontife.

4° Indulgence plénière aux conditions ci-dessus énoncées :

1) Le jour de l’apparition de saint Michel, 8 mai ;

2) Le jour de la dédicace de saint Michel, 29 septembre ;

3) Le jour de saint Gabriel archange, 18 [24] mars ;

4) Le jour de saint Raphaël, 24 octobre ;

5) Le jour des saints Anges Gardiens, 2 octobre.

«Ces indulgences sont applicables aux âmes du Purgatoire. Peu de pratiques de piété offrent autant d’avantages spirituels aux chrétiens de bonne volonté.
Nous dirons donc avec le prophète : Gustate et videte, goûtez, savourez les fruits du chapelet angélique ; ils donneront à votre âme une vigueur jusqu’alors inconnue, en même temps qu’ils la feront jouir de délices inexprimables.

«Et maintenant nous savons à quoi sert le chapelet de saint Michel et quels remerciements nous devons à Antonia d’Astonac, dont l’Archange s’est servi pour nous manifester cette pieuse pratique». (Les annales du Mont Saint-Michel, 1886, vol. 3, page 308)

Résumé de l’explication du chapelet de Saint Michel

La vie chrétienne comporte trois degrés ou étapes que les théologiens mystiques appellent vie purgative, vie illuminative, et vie unitive. Ces étapes sont basées sur la hiérarchie céleste (Théarchie) des neufs Chœurs des saints Anges. Au lieu de monter, comme dans la vie spirituelle, du moins parfait au plus parfait, de la vie purgative à la vie unitive, on suit dans les salutations une marche contraire, descendant du plus parfait au moins parfait. C’est l’ordre des communications divines qu’elles arrivent graduellement aux inférieurs par les supérieurs qui les reçoivent eux-mêmes immédiatement (Saint Denys, Hierarch. ang., cap. VII [Voir « La Hiérarchie céleste » ci-dessus].

I – La vie unitive ou l’état de perfection :

  • 1) Ce sont ceux qui, ayant maîtrisé entièrement leurs passions correspondent à l’humilité des Trônes dominés par la considération de leur petitesse, à la vue de cet Être incréé, s’anéantissent dans les sentiments d’une humilité sans égale, par rapport au Père en Lui-même ;
  • 2) Ceux qui s’abstiennent facilement de tout péché, soit mortel soit véniel correspondent à la sagesse divine des Chérubins sous le coup des fulgurations que leur envoie le Père vivant en son Verbe ;
  • 3) Ceux qui font avec joie des actes de charité correspondent à la charité parfaite des Séraphins dans les flammes d’amour qui jaillissent du cœur du Père vivant en son Esprit.

Cet état n’est rien autre chose que la vie unitive qui nous donne la paix avec le bonheur d’aimer Dieu d’un amour facile et généreux (Scarannelli, Méthode de direction).

II – La vie illuminative ou l’état d’accroissement :

  • 1) Ce sont les âmes qui ont déjà brisé l’orgueil de leurs propres passions et peuvent dominer la chair par les Dominations, reflets de la vie du Verbe vivant en son Père ;
  • 2) Les âmes qui s’abstiennent facilement de toute faute mortelle et peuvent éviter toute espèce de péché par les Vertus, reflets de la vie du Verbe vivant en lui-même ;
  • 3) Les âmes qui s’appliquent avec courage à la pratique des vertus théologales et morales peuvent vaincre le monde et le démon par les Puissances, reflets de la vie du Verbe vivant dans le Saint-Esprit.

Cependant, à cause de leurs passions et de leurs appétits pas encore assez domptés ni soumis, ces âmes ne peuvent pas toujours éviter les péchés véniels. Cet état correspond à la vie illuminative qui s’occupe entièrement à détruire les inclinations perverses et s’exerce autant que possible aux vertus solides.

III – La vie purgative ou l’état des commençants :

  • 1) Ceux qui ont à purifier leur âme des péchés qu’elle a commis par la purification du cœur, par la contrition (désolation du cœur par amour de Dieu), par les Anges, qui correspondent à l’Esprit Saint en lui-même ;
  • 2) Ceux qui ont à purifier leur âme des mauvaises habitudes qu’elle a contractées par la purification de l’intelligence par la foi, par les Archanges, qui correspondent à l’Esprit Saint dans le Verbe ;
  • 3) Ceux qui ont à purifier leur âme des penchants qui l’entraînent vers le mal par la purification de la volonté par l’obéissance, par les Principautés, qui correspondent à l’Esprit Saint dans le Père.

L’âme s’élève successivement par trois degrés hiérarchiques à la ressemblance des trois Personnes divines, source de toute pureté (vie purgative avec l’Esprit-saint), de toute lumière (vie illuminative avec le Verbe) et de toute perfection (vie unitive avec le Père) :

Vie purgative : Commençants qui ont 1) à purifier leurs âmes des péchés qu’elle a commis, 2) des mauvaises habitudes qu’elle a contractées et 3) des penchants qui l’entraînent vers le mal.

  • 1) Purification du cœur par la contrition avec les Anges.
  • 2) Purification de l’intelligence par la foi avec les Archanges.
  • 3) Purification de la volonté par l’obéissance avec les Principautés.

Vie illuminative : Progressants qui 1) s’abstiennent facilement de toute faute mortelle, 2) s’appliquent avec courage à la pratique des vertus théologales et morales, et 3) ont déjà brisé l’orgueil de leurs propres passions.

  • 1) Accomplissement de la volonté de Dieu avec les Vertus.
  • 2) Vaincre l’esprit du monde et le diable avec les Puissances.
  • 3) Conformité à la volonté de Dieu avec les Dominations.

Vie unitive : Parfaits qui 1) ont maîtrisé entièrement leurs passions, 2) s’abstiennent facilement de tout péché, soit mortel soit véniel, et 3) font avec joie des actes de charité.

  • 1) Humilité pour ne tendre qu’à Dieu avec les Trônes.
  • 2) Sagesse et science des saints avec les Chérubins.
  • 3) Charité ardente pour Dieu avec les Séraphins.

Exorcisme de saint Michel

Exorcisme contre Satan et les anges apostats, dit «Petit exorcisme de Léon XIII» ou «Exorcisme de saint Michel»

Présentation

Cette prière, composée par le Pape Léon XIII, d’après le formulaire des Exorcismes du Rituel Romain de 1903, complétée et mise en français (et en latin) dans le texte authentique ci-dessous, devrait être récitée fréquemment par tous, en public comme en privé, pour mettre en fuite les démons, diminuer leur action perverse sur les pécheurs, préserver l’Église, la Patrie et les familles, de grands maux.

Cette très méritoire prière, enrichie d’une indulgence plénière applicable chaque fois aux vivants et aux défunts, exerce particulièrement son influence libératrice sur les personnes et sur les lieux maléficiés (infestés par maléfice, voir : Le démon) par des sorts occultes, des menaces ennemies, et tout ce qui peut gravement troubler la concorde et la paix chrétienne, surtout quand il importe de triompher de dangereuses tentations contre la Foi ou les mœurs, de l’endurcissement de certains pécheurs, de crise de désespoir dans le malheur, des assauts diaboliques au moment de l’agonie, en général, de toutes calamités publiques ou privées. C’est pourquoi il est encore particulièrement recommandé de la réciter en public au cours de pèlerinages.

Aucune autorisation ecclésiastique spéciale, ni jeûne préalable, ne sont exigés ; mais il est recommandé une confession (si disponible) et une communion (si disponible), autant que possible, jointe à quelque pénitence ou aumône préparatoire, afin de lui obtenir une complète efficacité.

Si la confession ou la communion sont indisponibles (Pas de sacrements d’hérétiques) voir :

En famille, ainsi que dans les oratoires privés, en l’absence de tout prêtre, un clerc exorciste, un membre de l’Ordre religieux, et même un simple fidèle laïc, homme ou femme, peuvent réciter cette prière à haute voix au nom de l’assemblée chrétienne. Dans la récitation publique, les laïcs omettent de dire les invocations liturgiques réservées au prêtre (indiquées dans le texte traduit).

A la fin de l’exorcisme, on asperge d’eau bénite le lieu et les personnes présentes.

L’Exorcisme de saint Michel est une prière de libération que tout fidèle peut faire (Il va se soi que son interdiction, en 1985, aux fidèles, sous l’antipape et antichrist Jean-Paul 2 et par l’apostat Ratzinger, antipape Benoit 16, chefs de la fausse église vatican 2, est nulle et non-avenue, c-à-d comme n’ayant jamais existé). Ce n’est pas un exorcisme comme l’exorcisme solennel que fait le prêtre, ici l’intitulé  est au pluriel «Nous t’exorcisons…». Cet exorcisme a été ordonné par le pape Léon XIII pour tous les fidèles pour l’Église. C’est un sacramental dont l’efficacité dépend de la foi et de l’état de grâce.

En ces temps actuels de grande apostasie, il est plutôt recommandé de se servir du saint Rosaire et de s’instruire de la s’instruire de la vraie foi, plutôt que de ne réciter que cet exorcisme sans le saint Rosaire et sans s’instruire de la vraie foi. Cela signifie que tout baptisé, en ces temps, peut dire en sécurité cet exorcisme ordonné par Léon XIII s’il respecte strictement ces recommandations ; Si la confession ou la communion sont indisponibles (Pas de sacrements d’hérétiques) suivre : Sur le sacrement de pénitence et la contrition et quand à la réception du pardon sans une absolution ; Sur la pénitence et La Communion spirituelle.

annales mont st michel 1928 1

annales mont st michel 1928 2

EXORCISME CONTRE SATAN ET LES ANGES APOSTATS

Édité par ordre de Léon XIII, Pape.

 Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit. Ainsi soit-il.

Psaume LXVII

Que Dieu Se lève, et que Ses ennemis soient dispersés ; *

et que fuient devant Sa face ceux qui le haïssent.

Comme se dissipe la fumée, dissipe-les ; *

comme la cire se fond au feu, que les pécheurs disparaissent devant Dieu.

Psaume XXXIV

Seigneur, jugez ceux qui me veulent du mal. *

Triomphez de ceux qui m’assaillent.

Qu’ils soient confondus et rougissent de honte * ceux qui en veulent à ma vie,

Qu’ils reculent et soient confondus * ceux qui méditent ma perte,

Qu’ils soient comme la poussière au souffle du vent, *

et que l’Ange du Seigneur les chasse devant lui.

Que leur voie soit ténébreuse et glissante, *

et que l’Ange du Seigneur les poursuive.

Car, sans cause, ils ont caché leur filet pour ma ruine, *

c’est sans fondement qu’ils ont porté blâme contre moi.

Que la ruine tombe sur lui à l’improviste, *

que le filet qu’il a caché le saisisse ; qu’il y tombe et périsse.

Et mon âme exultera dans le Seigneur, * elle goûtera l’allégresse dans Son salut.

Gloire soit au Père, au Fils et au Saint Esprit, *

Comme il était au commencement, maintenant et toujours et dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

SUPPLIQUE À SAINT MICHEL ARCHANGE

Très glorieux prince de la milice céleste, saint Michel Archange, défendez-nous dans la lutte et le combat que nous devons affronter contre les principes et les puissances qui ourdissent dans ce monde de ténèbres, contre tous les esprits pervers «qui errent dans l’atmosphère» (Eph. VI, 12). Venez en aide aux hommes que Dieu avait créés vierges de toute errance, «forgés à l’image de sa propre nature» (Sag. II, 23), et rachetés «à si grand prix» (Sag. II, 23 ; I Cor. VI, 20) de la tyrannie exercée par le démon.

Maintenant encore, vous-même saint Michel et toute l’armée des Anges bienheureux, combattez le combat du Seigneur, tout comme antan, vous avez lutté contre Lucifer, le coryphée de la superbe, et contre ses anges apostats. «Et voici, ils ne purent vaincre, et leur lieu même ne se trouva plus dans le ciel. Et il fut précipité, le grand dragon, l’antique serpent, celui qui est appelé le diable ou Satan, le séducteur du monde entier, il fut précipité sur la terre, et ses anges furent précipités avec lui». (Apoc. XII, 8-9)

Or, voici que cet antique ennemi, «homicide dès le principe» (Jn. VIII, 44), s’est dressé avec véhémence, «déguisé en ange de lumière» (II Cor. XI, 14), ayant pour escorte la horde des esprits pervers, c’est en tout sens qu’il parcourt la terre, et partout s’y insère : en vue d’y abolir le nom de Dieu et de Son Christ, en vue de dérober, de faire périr et de perdre dans la damnation sans fin, les âmes que devait couronner la gloire éternelle. Le dragon maléfique transfuse, dans les hommes mentalement dépravés et corrompus par le cœur, un flot d’abjection : le virus de sa malice, l’esprit de mensonge, d’impiété et de blasphème, le souffle mortel du vice, de la luxure et de l’iniquité universalisée.

L’Eglise, épouse de l’Agneau Immaculé, la voici saturée d’amertume et abreuvée de poison, par des ennemis très rusés ; ils ont porté leurs mains impies sur tout ce qu’elle désire de plus sacré.

Là où fut institué le siège du bienheureux Pierre, et la chaire de la Vérité, là ils ont posé le trône de leur abomination dans l’impiété ; en sorte que le pasteur étant frappé, le troupeau puisse être dispersé. O saint Michel, chef invincible, rendez-vous donc présent au peuple de Dieu qui est aux prises avec l’esprit d’iniquité, donnez-lui la victoire et faites le triompher.

La Sainte Eglise vous vénère comme étant son Gardien et son Protecteur ; elle vous rend gloire comme étant son Défenseur contre toutes les puissances nuisibles, sur terre et dans les enfers ; à vous le Seigneur a confié de conduire les âmes des rachetés dans le lieu de la suprême Félicité. Priez le Dieu de la Paix qu’Il écrase Satan sous nos pieds, afin qu’il ne puisse plus, ni retenir les hommes captifs, ni nuire à l’Eglise. Offrez nos prières en présence du Très-Haut, afin que «surviennent en nous au plus vite les Miséricordes du Seigneur» (Ps. LXXVIII, 8), et que vous saisissiez le dragon, l’antique serpent qui est le diable ou Satan, et que, «lié dans l’abîme, il ne séduise plus les nations». (Apoc. XX, 3)

Ainsi nous fiant à votre protection et à votre patronage, de par l’Autorité sacrée de notre Mère la Sainte Église, c’est en toute confiance que nous entreprenons de refouler, au nom de Jésus-Christ, notre Dieu et Seigneur, les infestations de l’astuce diabolique.

V/ Voici la Croix du Seigneur, fuyez, puissances ennemies.

R. Il a vaincu le lion de la tribu de Juda, le rejeton de David.

V/Que votre miséricorde, Seigneur, soit sur nous.

R. Selon la mesure même où nous espérons en Vous.

V/Seigneur, exaucez ma prière.

R. Et que mon cri monte jusqu’à Vous.

V/Le Seigneur soit avec vous.

R. Et avec votre esprit.

[Les laïcs omettent ce dernier Verset/ Répons.]

Oraison.

Dieu et Père de Notre Seigneur Jésus Christ, nous invoquons Votre Saint Nom ; et, suppliants, nous réclamons très instamment votre Clémence, par l’intercession de la Vierge immaculée, Mère de Dieu, de saint Michel Archange, de saint Joseph époux de Marie, des saints Apôtres Pierre et Paul et de tous les Saints, daignez nous octroyer secours contre Satan et tous les autres esprits impurs, qui parcourent le monde en vue de nuire au genre humain et de perdre les âmes. Ainsi-soit-il.

EXORCISME

Nous t’exorcisons, qui que tu sois, esprit immonde, puissance satanique, horde de l’infernal ennemi, légion démoniaque, toute assemblée et secte diabolique ; au nom et par la «Vertu» (Luc. VIII, 46) de Jésus-Christ  Notre Seigneur, sois extirpé et chassé par l’Eglise de Dieu, des âmes (Math. XII, 43) créées à l’image de Dieu et rachetées par le précieux Sang du Divin Agneau . Désormais, n’aies plus l’audace, perfide serpent, de tromper le genre humain, de persécuter l’Église de Dieu, de secouer et de «cribler comme le froment» (Luc XXII, 31) les élus de Dieu  .

Il te le commande, le Dieu Très Haut  à qui, en ton grand orgueil, tu prétends encore être semblable, Lui qui veut que «tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la Vérité» (I Tim II, 4).

Il te le commande, Dieu le Père  ;

Il te le commande, Dieu le Fils  ;

Il te le commande, Dieu le Saint Esprit  ;

Il te le commande, le Christ en majesté, Verbe éternel de Dieu fait chair , qui, pour le salut de notre race, perdue par ta jalousie, «s’est humilié lui-même et s’est fait obéissant jusqu’à la mort» (Philip. II, 8), qui a édifié son Eglise, sur le «Roc» (Math. VII, 24), et promis que «les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle» (Math. XVI, 18), puisqu’ «Il demeurera avec Elle jusqu’à la consommation des siècles» (Math. XXVIII, 20).

Il te le commande, le signe sacré de la Croix  , et la vertu inhérente à tous les mystères de la foi chrétienne  .

Elle te le commande, la très auguste Mère de Dieu, la Vierge Marie  qui, dès le premier instant de son Immaculée Conception, a, par son humilité, écrasé ta tête trop orgueilleuse.

Elle te le commande la Foi des saints Apôtres Pierre et Paul et des autres Apôtres  .

Il te le commande le sang des martyrs et la pieuse intercession de tous les Saints et les Saintes  .

Ainsi donc, maudit dragon et toute légion diabolique, nous t’adjurons par le Dieu  Vivant, par le Dieu  Vrai, par le Dieu  Saint, par ce Dieu qui a tant aimé le monde au point de lui donner Son Fils unique, afin que quiconque croit en Lui ne périsse pas, mais ait la vie éternelle (Jean III, 15).

Cesse de tromper les humaines créatures et de leur verser le poison de la damnation éternelle. Cesse de nuire à l’Église et d’entraver sa liberté.

Arrière Satan, inventeur et maître de toute tromperie, ennemi du salut des hommes ! Cède ta place au Christ en qui tu n’as rien trouvé de tes œuvres. Cède la place à l’Eglise, une, sainte, catholique et apostolique, que le Christ a acquise au prix de Son Sang. Incline-toi sous la main puissante de Dieu, tremble et fuis à l’invocation que nous faisons du saint et redoutable Nom de ce Jésus qui fait trembler les enfers, à qui sont soumises les Vertus des Cieux et les Puissances et les Dominations, que les Chérubins et les Séraphins louent dans un concert sans fin, disant : Saint, Saint, Saint est le Seigneur, Dieu des armées.

V/ Seigneur, exaucez ma prière.

R. Et que mon cri s’élève jusqu’à vous.

V/ Le Seigneur soit avec vous.

R. Et avec votre esprit.

[Les laïcs omettent ce dernier Verset/ Répons.]

Oraison.

Dieu du Ciel, Dieu de la terre, Dieu des Anges, Dieu des Archanges, Dieu des Patriarches, Dieu des Prophètes, Dieu des Apôtres, Dieu des Martyrs, Dieu des Confesseurs, Dieu des Vierges, Dieu qui avez le pouvoir de donner la vie après la mort, le repos après le travail, parce qu’il n’y a pas d’autre Dieu que Vous, et qu’il ne peut y en avoir si ce n’est Vous, le Créateur de toutes choses visibles et invisibles, Vous dont le règne n’aura point de fin : nous supplions humblement Votre Glorieuse Majesté d’user de Sa Puissance pour nous délivrer de toute tyrannie des esprits infernaux, de leurs pièges, tromperies, méchancetés, et de nous conserver indemnes de tout mal. Par Jésus-Christ Notre-Seigneur. Ainsi soit-il.

V/ Des embûches du démon.

R. Délivrez-nous, Seigneur.

V/ Que Votre Église Vous serve dans la liberté, l’ordre et la paix ;

R. Nous Vous en prions, écoutez-nous, Seigneur.

V/ Que les ennemis de Votre Sainte Église soient humiliés et convertis ;

R. Nous Vous en supplions, Seigneur, exaucez-nous.

Antienne

Seigneur, ne Vous souvenez pas de nos fautes, ni de celles de nos parents, et ne tirez point vengeance de nos péchés ; ne nous laissez pas succomber à la tentation, mais délivrez-nous du mal. Ainsi soit-il (Tob. III, 3 ; Math. VI, 13).

Notre Père qui êtes au cieux,

Que votre Nom soit sanctifié,

Que votre règne vienne,

Que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel,

Donnez-nous aujourd’hui notre pain quotidien,

Pardonnez-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés,

Et ne nous induisez pas en tentation,

Mais délivrez-nous du mal. Amen.

Aspersion d’eau bénite (sur les personnes et les quatre coins de la pièce).

Rendre grâces par le Magnificat.

MAGNIFICAT

Mon âme exalte le Seigneur,
et mon esprit a exulté en Dieu, mon Sauveur.

Car il a jeté les yeux sur l’humilité de sa servante,
Et voici que désormais on me dira bienheureuse de génération en génération.

Car il fit pour moi de grandes choses, celui qui est puissant,
Et saint est son nom.

Et son pardon s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent.

Il a placé la puissance dans son bras.

Il a dispersé ceux dont le cœur était orgueilleux.
Il a renversé les puissants de leurs trônes et élevé les humbles.

Il a comblé de biens les affamés, et renvoyé les riches les mains vides.

Il a secouru Israël, son enfant, il s’est souvenu du pardon qu’il avait promis.

Ainsi avait-il parlé à nos pères, à Abraham et à sa descendance, pour les siècles.

Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit, comme il était au commencement, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen. 

LATIN

EXORCISMUS IN SATANAM ET ANGELOS APOSTATICOS

Rituale Romanum Pauli V Pontificis Maximi jussu editum et a Benedicto XIV auctem et castigatum cui novissima accedit Benedictionum et Instructionum appendix (Ed. Desclée, Lefebvre & Soc., 1903)

Jussu Leonis XIII, Pont. Max. Editus

 In nomine Patris, et Filii, et Spiritus Sancti. Amen.

Psalmus LXVII 

Exsurgat Deus et dissipentur inimici ejus : *

et fugiant qui oderunt eum a facie ejus.

Sicut deficit fumus, deficiant ; *

sicut fluit cera a facie ignis, sic pereant peccatores a facie Dei.

Psalmus XXXIV

Judica Domine nocentes me * expugna impugnantes me.

Confundantur et revereantur * quærentes animam meam.

Avertantur retrorsum et confundantur * cogitantes mihi mala.

Fiant tamquam pulvis ante faciem venti : * et Angelus Domini coarctans eos.

Fiat via illorum tenebræ, et lubricum : * et Angelus Domini persequens eos.

Quoniam gratis absconderunt mihi interitum laquei sui : * supervacue exprobraverunt animam meam.

Veniat illi laqueus quem ignorat ; * et captio quam abscondit, apprehendat eum : et in laqueum cadat in ipsum.

Anima autem mea exsultabit in Domino : * et delectabitur super salutari suo.

Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto, *

Sicut erat in principio, et nunc et semper, et in sæcula sæculorum. Amen.

AD S. MICHALEUM ARCHANGELUM PRECATIO

Princeps gloriosissime cœlestis militiæ, sancte Michael Archangele, defende nos in prœlio et colluctatione, quæ nobis est adversus principes et potestates, adversus mundi rectores tenebrarum harum, contra spiritualia nequitiæ, in cœlestibus (Ephes. VI, 12). Veni in auxilium hominum ; quos Deus creavit inexterminabiles, et ad imaginem similitudinis suæ fecit, et a tyrannide diaboli emit pretio magno (Sap. II, 23- I Cor. VI, 20).

Prœliare hodie cum beatorum angelorum exercitu prœlia Domini, sicut pugnasti olim contra ducem superbiæ luciferum et angelos ejus apostaticos ; et non valuerunt, neque locus inventus est eorum amplius in cœlo. Sed projectus est draco ille magnus, serpens antiquus, qui vocatur diabolus et satanas, qui seducit universum orbem ; et projectus est in terram, et angeli ejus cum illo missi sunt (Apoc. XII, 8-9).

En antiquus inimicus et homicida vehementer erectus est. Transfiguratus in angelum lucis, cum tota malignorum spirituum caterva, late circuit et invadit terram, ut in ea deleat nomen Dei et Christi ejus, animasque ad æterna gloriæ coronam destinatas furetur, mactet ac perdat in sempiternum interitum. Virus nequitiæ suæ, tamquam flumen immundissimum, draco maleficus transfundit in homines depravatos mente et corruptos corde ; spiritum mendacii, impietatis et blasphemiæ ; halitumque mortiferum luxuriæ, vitiorum omnium et iniquitatum.

Ecclesiam, Agni immaculati sponsam, vaferrimi hostes repleverunt amaritudinibus, inebriarunt absinthio ; ad omnia desiderabilia ejus, impias miserunt manus.

Ubi sedes beatissimi Petri et Cathedra veritatis ad lucem gentium constituta est, ibi thronum posuerunt abominationis impietatis suæ ; ut percusso pastore, et gregem disperdere valeant. Adesto, itaque, Dux invictissime, populo Dei contra irrumpentes spiritales nequitias, et fac victoriam.

Te custodem et patronum sancta veneratur Ecclesia ; te gloriatur defensorem adversus terrestrium et infernorum nefarias potestates ; tibi tradidit Dominus animas redemptorum in superna felicitate locandas. Deprecare Deum pacis, ut conterat satanam sub pedibus nostris, ne ultra valeat captivos tenere homines, et Ecclesiæ nocere. Offer nostras preces in conspectu Altissimi, ut cito anticipent nos misericordiæ Domini (Ps. LXXVIII, 8), et apprehendas draconem serpentem antiquum, qui est diabolus et satanas, ac ligatus mittas in abyssum, ut non seducat amplius gentes (Apoc. XX, 3).

Hinc tuo confisi præsidio ac tutela, sacra Sanctæ Matris Ecclesiæ auctoritate, ad infestationes diabolicæ fraudis repellendas in nomine Jesus-Christi Dei et Domini nostri fidentes et securi aggredimur.

V/ Ecce Crucem Domini, fugite partes adversæ.

R. Vicit leo de tribu Juda, radix David.

V/ Fiat misericordia tua, Domine, super nos.

R. Quemadmodum speravimus in te.

V/ Domine, exaudi orationem meam.

R. Et clamor meus ad te veniat.

V/ Dominus vobiscum.

R. Et cum spiritu tuo.

[Laici hoc omitto Versu /Répons.]

Oremus.

Deus et Pater Domini nostri Jesu Christi, invocamus nomen sanctum tuum, et clementiam tuam supplices exposcimus : ut per intercessionem immaculatæ semper Virginis Dei Genitricis Mariæ, beati Michaelis Archangeli, beati Joseph ejusdem beatæ Virginis Sponsi, beatorum Apostolorum Petri et Pauli et omnium sanctorum, adversus satanam, omnesque alios irnmundos spiritus, qui ad nocendum humano generi animasque perdendas pervagantur in mundo, nobis auxilium præstare digneris. Per eumdem Christum Dominum nostrum. R. Amen.

EXORCISMUS

Exorcizamus te, omnis immunde spiritus, omnis satanica potestas, omnis incursio infernalis adversarii, omnis legio, omnis congregatio et secta diabolica, in nomine et virtute Domini nostri Jesu  Christi, eradicare et effugare a Dei Ecclesia, ab animabus ad imaginem Dei conditis ac pretioso divini Agnis sanguine redemptis  . Non ultra audeas, serpens callidissirne, decipere humanum genus, Dei Ecclesiam persequi, ac Dei electos excutere et cribrare sicut triticum  .

lmperat tibi Deus altissimus , cui in magna tua superbia te similem haberi adhuc præsumis ; qui omnes homines vult salvos fieri, et ad agnitionem veritatis venire (I Tim. II, 4).

lmperat tibi Deus Pater  ;

Imperat tibi Deus Filius  ;

Imperat tibi Deus Spiritus Sanctus .

lmperat tibi majestas Christi, æternum Dei Verbum caro factum  , qui pro salute generis nostri tua invidia perditi, humiliavit semetipsum factus obediens usque ad mortem (Phil. II, 8) ; qui Ecclesiam suam edificavit supra firmam petram, et portas inferi adversus eam numquam esse prævalituras edixit, cum ea ipse permansurus omnibus diebus usque ad consummationem sæculi (Math. XXVIII, 20.).

Imperat tibi sacramentum Crucis , omniumque christianæ fidei Mysteriorum virtus .

Imperat tibi excelsa Dei Genitrix Virgo Maria  quæ superbissimum caput tuum a primo instanti Immaculatæ suæ Conceptionis in sua humilitate contrivit.

Imperat tibi fides sanctorum Apostolorum Petri et Pauli, et ceterorum Apostolorum  .

lmperat tibi Martyrum sanguis, ac pia Sanctorum et Sanctarum omnium intercessio  .

Ergo, drago maledicte et omnis legio diabolica, adjuramus te per Deum  vivum, per Deum  verum, per Deum  sanctum, per Deum qui sic dilexit mundum, ut Filium suum unigenitum daret, ut omnis qui credit in eum non pereat, sed habeat vitam æternam (Jo. III, 15) :

Cessa decipere humanas creaturas, eisque æternæ perditionis venenum propinare : desine Ecclesiæ nocere et ejus libertati laqueos injicere. Vade satana, inventor et magister omnis falIaciæ, hostis humanæ salutis. Da locum Christo, in quo nihil invenisti de operibus tuis ; da locum Ecclesiæ uni, sanctæ, catholicæ, et apostolicæ, quam Christus ipse acquisivit sanguine suo. Humiliare sub potenti manu Dei ; contremisce et effuge, invocato a nobis sancto et terribili nomine Jesu, quem inferi tremunt, cui Virtutes cœlorum et Potestates et Dominationes subjectæ sunt ; quem Cherubim et Seraphim indefessis vocibus laudant dicentes : Sanctus, Sanctus, Sanctus Dominus Deus Sabaoth.

V/ Domine, exaudi orationem meam.

R. Et clamor meus ad te veniat.

V/ Dominus vobiscum.

R. Et cum spiritu tuo.

[Laici hoc omitto Versu /Répons.]

Oremus.

Deus cœli, Deus terræ, Deus Angelorum, Deus Archangelorum, Deus Patriarcharum, Deus Prophe-tarum, Deus Apostolorum, Deus Martyrum, Deus Confessorum, Deus Virginum, Deus qui potestatem habes donare vitam post mortem, requiem post laborem ; quia non est Deus præter te, nec esse posset esse nisi tu creator omnium visibilium et invisibilium, cujus regni non erit finis : humiliter majestati gloriæ tuæ supplicamus, ut ab omni infernalium spirituum potestate, laqueo, deceptione et nequitia nos potenter liberare, et incolumes custodire digneris. Per Christum Dominum nostrum. Amen.

V/ Ab insidiis diaboli,

R. Libera nos Domine.

V/ Ut Ecclesiam tuam secura tibi facias libertate servire ;

R. Te rogamus, audi nos.

V/ Ut inimicos sanctæ Ecclesiæ humiliare digneris;

R. Te rogamus, audi nos.

Ne reminiscaris Domine delicta nostra, vel parentum nostrorum : neque vindictam sumas de peccatis nostris (Tob. III, 3).

Pater noster, qui es in caelis, 

Sanctificetur nomen tuum,

Adveniat regnum tuum,

Fiat voluntas tua sicut in caelo et in terra.

Panem nostrum quotidianum da nobis hodie,

Et dimitte nobis debita nostra, sicut et nos dimittimus debitoribus nostris,

Et ne nos inducas in tentationem,

Sed libera nos a malo. Amen.

Et aspergatur locus aqua benedicta.

Deo gratias per Magnificat.

MAGNIFICAT

Magnificat anima mea Dominum,
et exsultavit spiritus meus in Deo salutari meo.

Quia respexit humilitatem ancillae suae.
Ecce enim ex hoc beatam me dicent omnes generationes.

Quia fecit mihi magna qui potens est.

Et sanctum nomen eius.

Et misericordia eius a progenie in progenies timentibus eum.

Fecit potentiam in brachio suo.

Dispersit superbos mente cordis sui.
Deposuit potentes de sede, et exaltavit humiles.

Esurientes implevit bonis, et divites dimisit inanes.

Suscepit Israël puerum suum, recordatus misericordiae suae.

Sicut locutus est ad patres nostros, Abraham et semini eius in saecula.

Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Santo, sicut erat in principio, et nunc et semper, et in saecula saeculorum. Amen.