Communion en ces temps de grande apostasie – Communion spirituelle

Mysterium fidei (Mystère de foi) – Le corps du Christ qui est l’Église

Sommaire

  • Communion en ces temps d’apostasie
    • Ne pas participer à des sectes hérétiques
    • La réception de sacrements d’hérétiques interdite par l’Église
    • Tous les hérétiques sans exception sont automatiquement hors de l’Église par loi divine
    • Pas de communion avec les hérétiques
    • L’unité de la foi, l’unité de l’Église, et l’unité de la communion sont nécessaires par loi divine
    • Sanctifier le dimanche et les jours d’obligation.
    • À propos de Jean 6, 54 : «si vous ne mangez la chair du Fils de l’homme … vous n’aurez point la vie en vous»
  • Communion spirituelle
    • Nature de la Communion spirituelle
    • Histoire de la Communion spirituelle
    • Fondement théologique de la Communion spirituelle
    • Effets de la Communion spirituelle
    • Pratique de la Communion spirituelle
    • Prières de Communion spirituelle

Communion en ces temps d’apostasie

Ne pas participer à des sectes hérétiques

Aucun ne doit jamais participer à des sectes non-catholiques, comme les apostats, les hérétiques, et schismatiques (« orthodoxes » orientaux, protestants, anglicans, etc.). La participation à une secte non-catholique – en connaissance – est un péché mortel et encoure l’excommunication automatique.

Aucun ne doit jamais en aucune façon participer à la secte vatican 2 non-catholique, ni à sa nouvelle fausse messe idolâtre. La participation à une secte non-catholique – en connaissance – est un péché mortel et encoure l’excommunication automatique. La participation à la fausse messe de vatican 2 est – en plus – un péché d’idolâtrie.

Aucun ne doit jamais participer à une Messe traditionnelle de prêtres « traditionalistes » hérétiques (FSSPX, Thucites, etc.) qui reconnaissent les antipapes chefs de vatican 2 comme de vrais papes. La participation à une secte non-catholique – en connaissance – est un péché mortel et encoure l’excommunication automatique.

Aucun ne doit jamais participer à une Messe traditionnelle de prêtres sédévacantistes (ne reconnaissant pas les chefs de vatican 2 à raison) qui sont hérétiques (IMBC, SSPV, CMRI, Mission Ste Agnès, indépendants, etc.). La participation à une secte non-catholique – en connaissance – est un péché mortel et encoure l’excommunication automatique. Ce n’est pas parce qu’un homme ou un groupe tient la (vraie) position sédévacantiste qu’ils sont catholiques. S’ils tiennent ou pratiquent toute hérésie alors ils ne sont pas catholiques. Quasiment tous ceux qui tiennent la position sédévacantiste ne sont pas catholiques et sont les hérétiques pré-vatican 2 qui ont conduit à la grande apostasie. Au lieu d’être une issue de secours, c’est une porte de l’enfer. Voir Sédévacantistes hérétiques.

Si une Messe catholique d’un prêtre catholique n’est pas disponible, aucun catholique n’est obligé par le précepte d’assister à la Messe du dimanche et fêtes d’obligation (voir ci-dessous).

 

La réception de sacrements d’hérétiques est interdite par l’Église

La secte « monastère de la très sainte famille » et leurs adeptes préconisent la réception de sacrements d’hérétiques, chose totalement condamnée par l’Église (voir ci-dessous).

1° Ils prônent les sacrements d’hérétiques sauf si les hérétiques sont « assez notoires », ce qui n’est pas l’enseignement de l’Église.

2° Ils prônent les sacrements d’hérétiques sauf si les hérétiques « imposent » leurs hérésies, ce qui n’est pas non plus l’enseignement de l’Église.

3° Ils prônent les sacrements d’hérétiques sauf si les hérétiques considèrent les vraies positions catholiques comme des positions non-catholiques ou des hérésies ;

4° Ils prônent les sacrements d’hérétiques sauf si les hérétiques interdisent leurs sacrements à ceux qui tiennent la vraie position catholique ;

5° Ils prônent les sacrements d’hérétiques sauf si les hérétiques font des sermons (notamment messes du samedi soir et du dimanche) ;

6°  Ils prônent les sacrements d’hérétiques sauf si les hérétiques reconnaissent l’antipape Jean-Paul 2 comme « saint » (ce qui est une idolâtrie).

 Ils prônent les sacrements d’hérétiques à condition de ne pas soutenir les hérétiques, ni de les aider, ni de ne rien recevoir d’eux. Ne pas soutenir, ni aider, ni rien recevoir des hérétiques est bien enseigné par l’Église, mais ils se contredisent en disant que les catholiques peuvent communier chez des hérétiques à condition de ne pas soutenir précisément ces mêmes hérétiques, aveu que ce sont bien des « lieux de réunion d’hérétiques », ce que l’Église interdit.

Selon l’invention des frères Dimond du « monastère de la très sainte famille« , les catholiques ne peuvent pas recevoir les sacrements d’hérétiques, mais peuvent communier avec les hérétiques dans d’autres cas, ce que l’Église interdit.

Voir :

 

Tous les hérétiques sans exception sont automatiquement hors de l’Église par loi divine

Pape Vigile, deuxième Concile de Constantinople, 553, ex cathedra (déclaration infaillible à tenir sous peine d’hérésie) : « L’hérétiquemême s’il n’a pas été condamné officiellement par un individu, en réalité apporte anathème sur lui-même, s’étant coupé du chemin de la vérité par son hérésie. Quelle réponse ces personnes peuvent apporter à l’Apôtre quand il écrit : « Évite un homme hérétique, après une première et un seconde admonition » ; sachant qu’un tel homme est perverti, et qu’il pèche, puisqu’il est condamné par son propre jugement (Tite 3, 10) ».

Pape Innocent III, quatrième Concile du Latran, 1215, const. 3, ex cathedra (déclaration infaillible à tenir sous peine d’hérésie) :  » Nous excommunions et anathématisons toute hérésie se dressant contre la foi sainte, catholique et orthodoxe, … Nous condamnons tous les hérétiques, quelque nom qu’ils portent, présentant des visages différents, mais étant liés ensemble par la queue, parce que la vanité les rassemble ».

Pape Eugène IV, Concile de Florence, «Cantate Domino», 1441, ex cathedra (déclaration infaillible à tenir sous peine d’hérésie) : « … la sainte Église romaine condamne, réprouve, anathématise et déclare être en dehors du Corps du Christ qui est l’Église, celui qui tient des points de vue opposés ou contraires ».

Pape Eugène IV, Concile de Florence, Cantate Domino, 1441, ex cathedra (déclaration infaillible à tenir sous peine d’hérésie) : «… aucun de ceux qui se trouvent en dehors de l’Église catholique, non seulement païens, mais encore juifs ou hérétiques et schismatiques ne peuvent devenir participants à la vie éternelle, …»

Pape Pie VI, Auctorem fidei, 47ème proposition condamnée, 28 août 1794 ex cathedra : « De même, la proposition qui enseigne qu’il est nécessaire, selon les lois naturelles et divines, soit pour l’excommunication ou pour la suspension, qu’un examen personnel doit précéder, et que, par conséquent, les peines appelées «ipso facto» [par le fait ou automatiquement] n’ont aucune autre force que celle d’une menace sérieuse sans effet réel « – Condamnée comme fausse, téméraire, pernicieuse, nuisible à la puissance de l’Église, erronée.

Comme on peut le voir ci-dessus dans Auctorem fidei du pape Pie VI, l’excommunication automatique ipso facto a le même effet réel que l’excommunication déclarée par l’Église.

Pape Léon XIII, Satis Cognitum, 29 juin 1896 : «L’Église a toujours considéré comme des rebelles et expulsé des rangs de ses enfants tous ceux qui avaient de fortes croyances sur n’importe quel point de la doctrine différente de la sienne. … St Augustin note que «d’autres hérésies peuvent surgir, et si à une seule, quelqu’un donne son assentiment, il est par le fait même coupé de l’unité catholique … si quelqu’un tient une seule de ces [hérésies] il n’est pas catholique » (S. Augustin, De Haeresibus, n. 88)».

Pape Léon XIII, Satis Cognitum, n° 9 :  » La pratique de l’Eglise a toujours été la même, comme le montre l’enseignement unanime des Pères, qui avaient coutume de tenir hors de la communion catholique, et étranger à l’Église, celui qui s’écarterait le moins du monde à partir de n’importe quel point de la doctrine proposée par l’autorité de son Magistère».

Pape Pie XII, Mystici Corporis Christi, n° 23, 29 juin 1943 : «Ce n’est pas tout péché, si grave soit-il, qui, comme de sa propre nature, entraîne un homme à rompre du corps de l’Église, comme le fait le schisme, l’hérésie ou l’apostasie».

Pape Pie XII, Mystici Corporis Christi : « … celui qui refuse d’écouter l’Église doit être considéré, d’après l’ordre du Seigneur, comme un païen et un publicain (Matt. 18, 17). Et ceux qui sont divisés pour des raisons de foi [comme les hérétiques] ou de gouvernement [comme les schismatiques] ne peuvent vivre dans ce même Corps ni par conséquent de ce même Esprit divin ».

Comme on peut le voir dans les citations ci-dessus, la loi divine excommunie tous les hérétiques sans exception automatiquement hors de l’Église.

 

Pas de communion avec les hérétiques 

Comme il n’y a plus actuellement de prêtres connus pour ne pas tenir des positions hérétiques, tous les baptisés qui les approchent – en le sachant – pour le culte (sacrements ou prières), qui les soutiennent financièrement de manière coupable ou qui les aident d’autres manières coupables encourent l’excommunication automatique.

Saint Matthieu 18, 17 : «Et s’il n’écoute point l’Église [comme l’hérétique], qu’il te soit comme un païen et un publicain».

Tite 3, 10 : «Évite un homme hérétique, après une première et une seconde admonition».

2 Tim. 3, 1-2, 5 : « Or sache qu’à la fin des jours, viendront des temps périlleux. Il y aura des hommes … Ayant toutefois une apparence de piété, mais en repoussant la réalité [comme les hérétiques]. Évite encore ceux-là ; »

II Jean 1, 10-11 : «Si quelqu’un vient à vous et n’apporte point cette doctrine [comme l’hérétique], ne le recevez pas dans votre maison, ne lui dites pas même Salut. Car celui qui lui dit Salut communique à ses œuvres mauvaises».

Concile de Constantinople III, 680-681 ex cathedra (déclaration infaillible à tenir sous peine d’hérésie) : «Si un ecclésiastique ou laïc doit aller dans la synagogue des Juifs ou des lieux de réunions des hérétiques pour se joindre à la prière avec eux, qu’ils soient déposés et privés de communion [excommuniés] … »

Pape Léon X, cinquième concile de Latran, 1512-1517, Session 8 et 9, ex cathedra (déclaration infaillible à tenir sous peine d’hérésie) : «Puisque la vérité ne peut nullement être contraire à la vérité, Nous définissons donc comme étant complètement fausse toute assertion contraire à la vérité de la foi éclairée, et Nous interdisons avec la plus grande rigueur de permettre que soit enseignée une position différente. Et Nous décidons que tous ceux qui adhèrent à l’affirmation d’une telle erreur, en disséminant de la sorte les hérésies les plus condamnables, doivent être totalement évités et punis, comme étant de détestables et abominables hérétiques et infidèles qui ébranlent la foi catholique. […] Et pour que les faux chrétiens, de même que ceux qui ne pensent pas correctement en matière de foi, quelque soit leur Etat ou Nation, de même que les hérétiques ou ceux qui sont entachés de la souillure d’hérésie, ou encore les judaïsants, soient complètement éliminés du troupeau des fidèles du Christ, pour qu’ils soient chassés de partout, en particulier de la curie romaine, et soient punis d’une juste remontrance … »

Infailliblement tous les hérétiques doivent être totalement évités. L’excommunication est automatique pour hérésie et aussi pour participation dans une secte hérétique.

Pape Paul V (1552-1621), réitère l’interdiction du pape Paul IV (1476-1559) et répète l’interdit de ses prédécesseurs, le 22 Septembre 1606 dans son bref Romani Pontificis, contra Fidelitatis juramentum (Le Pontife romain, contre l’Allégeance) : «Grande est la douleur de notre esprit pour les tribulations et les calamités vous avez constamment subi pour votre adhésion à la foi de l’Église catholique ; et nous comprenons que ces tentatives sont devenus plus sévères à l’heure actuelle, notre affliction augmente excessivement. Car nous sommes informés que vous êtes forcés, sous les peines les plus graves, d’aller dans les églises des hérétiques, de fréquenter leurs réunions, et d’assister à leurs sermons. En effet, nous sommes pleinement convaincus que vous qui, avec tant de courage et de constance, avez ici à subi des misères presque infinies, afin de marcher sans tache dans la loi du Seigneur, ne consentirez jamais à être souillés par la communication avec ceux qui ont abandonné la loi divine. Néanmoins, poussé par le zèle de notre devoir pastoral, et la sollicitude paternelle avec laquelle nous travaillons tous les jours pour le salut de vos âmes, nous sommes obligés d’avertir et de vous en conjurer, qu’en aucun cas vous alliez aux ÉGLISES des hérétiques, ou entendiez leurs sermons, ou participiez à leurs rites, de peur que vous encouriez la colère de Dieu ; Car il n’est pas licite pour vous faire de telles choses, sans déshonorer Dieu, et nuire à votre propre âme. » (Cité dans Bp., George Hay  » Le chrétien sincère)

Avez-vous entendu ? « QU’EN AUCUN CAS VOUS ALLIEZ dans les églises des hérétiques, ou entendiez leurs sermons, ou participiez à leurs rites, de peur que vous encouriez la colère de Dieu ; Car il n’est pas licite pour vous faire de telles choses, sans déshonorer Dieu, et nuire à votre propre âme».

Pape Pie VI, Caritas Quae, 13 Avril 1791 : « 31 … Tenez-vous à l’écart de tous les intrus, qu’ils soient appelés archevêques, évêques, ou curés, ne tenez pas la communion avec eux, surtout dans le culte divin ».

Avez-vous entendu ? «ne tenez pas la communion avec eux [tous les intrus, qu’ils soient appelés archevêques, évêques, ou curés], surtout dans le culte divin »

Pape Pie IX, « Graves Ac Diuturnae », 1875, (n° 4) : «Vous devez leur rappeler de se méfier de ces ennemis perfides du troupeau du Christ et leurs aliments empoisonnés. ILS DOIVENT TOTALEMENT EVITER leurs célébrations religieuses, leurs BÂTIMENTS ET LEURS PRÉSIDENCES PESTILENCIELLES qu’ils entretiennent avec IMPUNITE pour transmettre les enseignements sacrés. ILS DOIVENT EVITER leurs écrits ET TOUT CONTACT AVEC EUX. Ils ne doivent pas avoir de relations ou de réunions avec les prêtres et les apostats faisant usurpation de la foi qui osent exercer les fonctions d’un ministre ecclésiastique sans posséder une mission légitime ou une juridiction. Ils devraient les éviter comme des étrangers et des voleurs qui ne viennent que pour voler, tuer et détruire. Les enfants de l’Église devraient examiner les mesures qui s’imposent pour préserver le trésor le plus précieux de la foi, sans laquelle il est impossible de plaire à Dieu, ainsi que l’action calculée pour atteindre l’objectif de la foi, c’est le salut de leurs âmes, en suivant le droit chemin de la justice ».

Peut-on être plus clair que cela ? Nous «ne devrions pas avoir de relation ou réunions avec les prêtres et les apostats faisant usurpation de la foi qui osent exercer les fonctions d’un ministre ecclésiastique sans posséder une mission légitime ou une juridiction [compétence] …» ; nous «devons les éviter comme des étrangers et des voleurs qui ne viennent que pour voler, tuer et détruire» ; et «DEVONS TOTALEMENT ÉVITER LEURS célébrations religieuses, leurs bâtiments, et leurs présidences pestilencielles qu’ils entretiennent avec IMPUNITÉ pour transmettre les enseignements sacrés». Nous «DEVONS ÉVITER leurs écrits ET TOUT CONTACT AVEC EUX».

Pape Pie XIMortalium animos (n ° 10) : «Alors, Vénérables Frères, il est clair que ce Siège apostolique n’a jamais permis à ses sujets de prendre part aux assemblées des non-catholiques : l’union des chrétiens ne peut seulement être encouragée que pour favoriser le retour à la seule véritable Église du Christ de ceux qui sont séparés d’elle , dans le passé, et qu’ils ont malheureusement quitté. Pour la seule véritable Église du Christ, nous disons, ce qui est visible à tous, et qui doit rester, selon la volonté de son auteur, exactement le même que celui qu’il a instituée».

Avez-vous entendu ? «ce Siège apostolique n’a jamais permis à ses sujets de prendre part aux assemblées des non-catholiques».

 

L’unité de la foi, l’unité de l’Église, et l’unité de la communion sont nécessaires par loi divine

Pape Léon XIIISatis Cognitum (n° 10), 29 juin 1896 : « … l’unité de la foi est nécessairement requise pour l’unité de l’Église, dans la mesure où c’est le corps des fidèles, de même pour cette même unité, dans la mesure où l’Église est une société divinement constituée, dont les effets sont l’unité de gouvernement et implique l’unité de la communion, est nécessaire jure divino (par la loi divine) » .

L’enseignement du Pape Léon XIII ci-dessus est incontournable : l’unité de la communion, est nécessaire jure divino (par la loi divine).

Pape Pie XII, Mystici Corporis Christi, 29 juin 1943 : « Mais seuls font partie des membres de l’Église, ceux qui … professent [déclarent, confessent] la vraie foi«.

Pape Pie XIIMystici Corporis Christi (n ° 22): «… comme dans la vraie communauté chrétienne il n’y a qu’un seul corps, un seul Esprit, un seul Seigneur, un seul baptême, il ne peut y avoir qu’une seule foi. Et par conséquent, si un homme refuse d’entendre l’Église qu’il soit considéré – ainsi le Seigneur commande – comme un païen et un publicain. Il s’ensuit que ceux qui sont divisés pour des raisons de foi [comme les hérétiques] ou de gouvernement [comme les schismatiques] ne peuvent vivre dans ce même Corps ni par conséquent de ce même Esprit divin ».

Peut-on vraiment « communier » avec des hérétiques [clercs et/ou laïcs] non-membres de l’Église ?

Non, car « l’unité de la foi est nécessairement requise pour l’unité de l’Église » et que « l’unité de la communion, est nécessaire jure divino (par la loi divine) ». Les hérétiques ne professent pas la vraie foi et ne sont pas membres de l’Église, et il n’y a qu’un seul corps qui est l’Église. C’est par la loi divine que l’excommunication est automatique (en connaissance) pour participer (communion, prières, sacrements, soutien) à une secte non-catholique.

La loi divine ne distingue pas les hérétiques mais comprend tous les hérétiques. L’hérésie est l’obstination en connaissance à la vérité de foi ou dans ce qui est opposé ou contraire à la foi. L’obstination qui fait l’hérésie relève de la loi divine alors le degré de notoriété (nombre de personnes sachant) dépend de la loi ecclésiastique pour les autres pécheurs (pas les hérétiques). Quand on sait, qu’on connaît ou qu’on voit que quelqu’un contredit une vérité de foi par la parole, les œuvres ou les actes extérieurs, et qu’il s’obstine alors même que lui a été présentée la vérité catholique (Magistère infaillible), il est hérétique selon la règle de la foi qui relève de la loi divine.

L’Église, selon la loi divine, donne à chacun le pouvoir de condamner et de juger les gens qui se sont séparés du sein et de l’unité de l’Eglise catholique. Il s’agit d’un commandement, et non de quelque chose que les gens peuvent choisir de faire. Vous devez défendre la vraie foi, chaque fois que le comportement, le silence ou l’omission qui impliquerait que vous niez la foi ou que vous êtes d’accord avec l’hérésie. Tout catholique doit faire usage de la règle de la foi (Magistère de l’Église / autorité doctrinale de la foi et de la morale), pour reconnaître la vérité catholique, pour ne pas se laisser tromper par les hérétiques ni les laisser répandre leurs mensonges meurtriers des âmes. Tout le monde est autorisé à juger quand quelqu’un est tombé dans l’hérésie ou non. Sans cette vérité, les gens seraient obligés de professer la communion avec tout le monde : les protestants, les musulmans, les adorateurs du diable et ainsi de suite. Si vous prétendez que vous pouvez juger un adorateur du diable être en dehors de l’Eglise, alors vous pouvez aussi juger quelqu’un qui prétend être un catholique, mais qui tient une ou plusieurs hérésies. C’est le bon sens, à moins d’être un menteur.

Des gens ensuite qui prétendent (en dépit de toutes les citations ci-dessus en disant autrement) que l’on peut prier dans les églises d’hérétiques ou recevoir les sacrements de leur part ou qu’une assemblée présidée par des hérétiques ou une assemblée qui prie en communion avec les autres hérétiques, est en quelque sorte l’Église de Dieu ou l’Église des catholiques, c’est tout simplement nier la vérité révélée infaillible de Dieu.

Voir :

 

Sanctifier le dimanche et les jours d’obligation

Si une Messe catholique n’est pas disponible, aucun catholique n’est obligé par le précepte d’assister à la Messe (la Messe relève de la loi divine, le précepte du droit ecclésiastique).

Cependant les sacrements indisponibles ne doivent pas empêcher d’accomplir l’accomplissement des fêtes d’obligation et prescriptions de l’Église.

Si on ne peut pas, pour de vraies raisons (par exemple, pas de Messe catholique, prêtres hérétiques, maladie, ou autre véritable empêchement non-coupable) assister à la Messe les dimanches et fêtes d’obligation, ces jours doivent quand même être sanctifiés (rapprochement avec Dieu) par la prière, la lecture spirituelle, l’abstention de travaux serviles, activités familiales charitables, bonnes œuvres, etc.

En ces temps d’apostasie générale, les catholiques doivent faire les quinze dizaines du Rosaire le dimanche et fêtes d’obligation pour sanctifier ce jour.

Quand la communion sacramentelle n’est pas disponible ou possible (éloignement géographique déraisonnable, sacrement invalide, prêtres hérétiques, ou autre impossibilité), on peut faire la communion spirituelle qui consiste à désirer, avec foi et amour, recevoir Notre-Seigneur, dans le sacrement de l’Eucharistie.

«Je prends tant de plaisir à être désiré, qu’autant de fois un cœur forme ce désir, autant de fois je le regarde amoureusement pour l’attirer à moi» – Le Sacré-Cœur à sainte Marguerite-Marie.

Si on a le malheur d’être en état de péché mortel, on doit implorer d’abord la miséricorde divine par un acte de contrition. On peut communier spirituellement à condition de poser un acte de contrition parfaite déterminé à ne plus vivre dans un état de péché grave si tel était le cas.

« O mon Dieu, je suis de tout cœur désolé de vous avoir offensé, et je déteste tous mes péchés, car je redoute la perte du ciel et les peines de l’enfer [contrition imparfaite ou attrition] ; mais surtout parce qu’ils vous ont offensés, mon Dieu, qui êtes tout-bon et digne de tout mon amour [contrition parfaite]. Je prends la ferme résolution, avec l’aide de votre grâce, de confesser mes péchés, de faire pénitence, et de modifier ma vie. Amen».

Voir Sur le sacrement de pénitence et la contrition et quand à recevoir le pardon sans une absolution.

 

À propos de Jean 6, 54 : «si vous ne mangez la chair du Fils de l’homme … vous n’aurez point la vie en vous»

Le libellé «si vous» est personnel et se réfère seulement à «vous», ce qui signifie quand il est possible de satisfaire à ce commandement. Il n’est pas universel. Par contre, le commandement (Jean 3, 5) «si un homme ne naît de l’eau et de l’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume des cieux» est universel.

Certains auteurs (hérétiques partisans de l’hérésie du « baptême de désir ») ont tenté de réfuter l’interprétation littérale (comme c’est écrit) de Jean 3, 5 en faisant appel aux paroles de Notre-Seigneur dans Jean 6, 54 : «Amen, amen, je vous le dis : Si vous ne mangez la chair du Fils de l’homme, et ne buvez son sang, vous n’aurez point la vie en vous « .

Ces auteurs font valoir que le langage du verset Jean 6, 54 est le même que dans Jean 3, 5, et pourtant l’Église ne prend pas Jean 6,54 littéralement, car les nourrissons ne reçoivent pas l’Eucharistie pour être sauvés. Ainsi cet argument vacille parce que les partisans de cet argument ont raté une différence cruciale dans le libellé de ces deux versets.

Jean 6, 54 : «Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez la chair du Fils de l’homme, et ne buvez son sang, vous n’aurez point la vie en vous».

Jean 3, 5 : «Amen, amen, je te le dis, si quelqu’un ne renaît de l’eau et de l’Esprit-Saint, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu».

Notre Seigneur Jésus-Christ, parlant de la nécessité de recevoir l’Eucharistie dans Jean 6, 54, ne dit pas : «si un homme ne mange la chair du Fils de l’homme …». Il dit : «Si vous …». Ses mots sont donc manifestement destinés à des personnes à qui il parlait, pas à chaque homme. Ainsi les gens à qui il parlait pouvaient recevoir l’Eucharistie, ils ont dû la recevoir pour être sauvés. Cela vaut pour tous ceux qui peuvent recevoir l’Eucharistie, c’est ce que l’Église enseigne.

Mais dans Jean 3, 5, Notre Seigneur parle sans équivoque de tout homme, et parle universellement. Voilà pourquoi l’enseignement du Magistère de l’Église catholique, dans tous les cas, a traité littéralement avec Jean 3, 5, et l’a pris comme il est écrit (voir Concile de Carthage, Denz. 102 ; Florence, Denz. 696 ; Trente, Sess 5, n° 4, Denz. 791 ; Trente, Sess. 6, Chap. 4 ; Trente, Can. 2 et 5 sur le baptême, Denz. 858 et 861).

L’Église a toujours pris Jean 3, 5 littéralement. Exemple du Canon 5 de Trente sur le sacrement de baptême.

La différence de libellé de ces deux versets – Jean 6, 54 : « si vous » et Jean 3, 5 « si quelqu’un » – montre effectivement l’inspiration surnaturelle de la Bible et la nécessité absolue du baptême d’eau pour chaque homme.

Les Canons de Trente sur le baptême sont des canons sur le Sacrement (Canones de Sacramento baptismi). Le Canon 5 (voir ci-dessous) condamne quiconque (« si quelqu’un ») dit que le sacrement du Baptême (ie, le baptême d’eau) n’est pas nécessaire pour le salut. Il prend également Jean 3, 5 littéralement une fois de plus, comme l’Église l’a toujours fait.

Pape Paul III, Concile de Trente, canons sur le sacrement du Baptême, Can. 5 : «Si quelqu’un dis que le baptême [le sacrement] est facultatif, c’est-à-dire non nécessaire pour le salut (cf. Jean 3, 5) : qu’il soit anathème».

Jean 3, 5, 7 : «Jésus répondit : En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît de nouveau de l’eau et l’Esprit-Saint, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu … Ne t’étonnes point que je t’aie dit : Il faut que vous naissiez de nouveau».

En conclusion : Jean 6, 54 n’est pas universel et Jean 3, 5 est universel. Quand le sacrement de Communion n’est pas disponible, cela n’empêche pas le salut.

Communion spirituelle

L’Imitation de Jésus-Christ, L. 4, ch. 10, § 5 et 6 : «si quelqu’un, de temps à autres, s’abstient, par esprit d’humilité ou par un empêchement légitime, il doit être loué pour ce respect. … Quand on a été empêché, pour un motif vraiment légitime, on conservera toujours la bonne volonté et la pieuse intention de communier : et ainsi, on se privera pas du fruit de ce sacrement».

Nature de la Communion spirituelle

Dans le langage des auteurs spirituels modernes, l’expression « communion spi­rituelle » est parfaitement claire. Elle désigne l’union de l’âme à Jésus-Eucharistie, réalisée non par la réception du sacrement, mais par le désir de cette réception. « Communier spirituellement, c’est s’unir à Jésus-Christ présent dans l’eucharistie, non pas en le recevant sacramentelle ment, mais par un désir procédant d’une foi animée par la charité (Dictionnaire de Théologie Catholique ou DTC, art. Communion spirituelle, col. 572-573). Cette notion dérive en droite ligne de l’enseignement du concile de Trente, qui, reprenant la division depuis longtemps classique des trois manières possibles de communier, sacramentaliter tantum, spiritualiter tan­tum, sacramentaliter et spiritualiter, décrit ainsi ceux qui font la communion spirituelle : « alios tantum spiritualiter, illos nimirum, qui veto propositum illum coelestem panem edentes, ide viva, quae per dilectionem operatur (Gal. 5, 6), fructum ejus et uti­litatem sentiunt » (sess. 13, c. 8).

Chez les théologiens du moyen âge et les grands scolastiques, les formules :  » La manducation spirituelle est user du mystère spirituel – manducatio spiritualis, usus spiritualis sacramenti » sont prises en des accep­tions diverses et donnent lieu à des distinctions nombreuses, qui ne sont pas toujours absolument concordantes. Ainsi, être uni au Christ par la vie de la grâce, c’est manger sa chair. En ce sens saint Augustin avait écrit : « manger cette nourriture et boire cette boisson signifie vivre dans le Christ et l’avoir toujours en lui-même » (PL 35, 1614).

De même la manducation de la manne, figure de l’eucharistie, contient un désir implicite du sacrement et l’on se demande si c’est vraiment une communion spirituelle (S. Th., 3 q. 80 a. 1 ad 3 ; Salmantic., De Euchar. Sacram., disp. 2, dub. 1). De même encore le baptême, qui est ordonné à l’eucharistie, suppose un désir implicite de l’eucha­ristie et les enfants à leur baptême en reçoivent les fruit. « Sicut ex fide Ecclesiae credunt, sic ex inten­tione Ecclesiae desiderant Eucharistiam, et per consequens recipiunt rem ipsius (S. Th., 3 q. 73 a. 3).

Ne nous attardons pas à ces sens secon­daires dérivés, tenons-nous en au sens premièrement indiqué, puisque, seule cette commu­nion spirituelle constitue une pratique de piété, susceptible d’une méthode, d’une technique déter­minée.

Quels éléments comporte la communion spirituelle ainsi définie ?

Elle est constituée essentiellement par un désir.

C’est ce que dit saint François de Sales : « Mais quand vous ne pourrez pas avoir ce bien de commu­nier réellement à la sainte messe, communiez au moins de coeur et d’esprit, vous unissant par un ardent désir à cette chair vivifiante du Sauveur» (Introduction à la vie dévote, 20 part., chap. 21). Scaramelli est du même avis : « Cette réception mentale consiste, d’après saint Thomas, dans un vif désir de participer à ce très auguste mystère» (Méthode de direction spirituelle, 3ème traité, art. 10, chap. 7). Rodriguez développe ce point avec une insistance de termes qui ne manque pas de verdeur et qui est même un peu excessive : « La communion spirituelle consiste à avoir un ardent désir de rece­voir ce sacrement adorable… Car de même que quand on a une grande faim, on dévore les viandes des yeux, de même il faut dévorer des yeux de l’esprit cette viande céleste : il faut, quand le prêtre ouvre la bouche pour recevoir le corps de Jésus-Christ, ouvrir en même temps la bouche de l’âme, avec un désir ardent de recevoir cette manne divine, et il faut en savourer longtemps les douceurs dans son esprit (Pratique de la Perfection Chrétienne, 2e part., traité 8, chap. 15).

C’est un désir du sacrement de l’eucharistie.

Aussi les théologiens disent généralement que la manducation de la manne n’est pas « proprie spiri­tualis manducatio hujus sacramenti », elle est seule­ment « figurata et materialis manducatio », les sacre­ments de la nouvelle Loi n’étant pas institués alors (Suarez, In 3 D. Th., disp. 62, sect. 1). C’est pourquoi aussi les anges, au jugement de saint Thomas, s’ils peuvent manger spirituellement le Christ pour autant qu’ils lui sont unis par la charité et la vision béatifique, ne peuvent pas manger spi­rituellement le sacrement, qui suppose la possibilité de le recevoir réellement ; au sens propre, ils ne font pas la communion spirituelle (S. Th., 35 q.80 a.3).

C’est un désir inspiré par la charité.

L’Instructio sacerdotis, publiée à la suite des oeuvres de saint Ber­nard, mais qui n’est pas de lui, l’avait déjà noté expressément : « Spiritualiter tantum sumit quisque fidelis, qui est de membris Ecclesiae, perseverans in charitate » (PL 184, 789). Théologiens et auteurs spirituels sont d’accord et c’est, nous l’avons vu, l’enseignement du concile de Trente. « Est auteur observandum ex conc. Trid., sess. 13, c. 8, non omne desiderium, seu propositum hujus sacramenti censeri spiritualem sumptionem ejus, sed solum illud quod ex fide viva proficiscitur » (Suarez, loc. cit.). La com­munion spirituelle requiert donc l’état de grâce et nous verrons les conséquences de cette condition pour les effets de la communion spirituelle. Quant aux dispositions qu’implique cette foi vive, cette charité, dont parle le concile, ce sont celles qui sont indiquées, plus loin et dont les formules remplissent les livres de piété sous la rubrique : Actes avant et après la communion.

Ce désir doit-il être explicite ? ou le désir implicite est-il suffisant ?

Beaucoup de théologiens affir­ment qu’il suffit de recevoir l’eucharistie in voto implicito en certains cas pour en obtenir les fruits spirituels ; c’est qu’ils traitent la question à propos de la nécessité de l’eucharistie et qu’ils veulent conci­lier cette nécessité avec l’impossibilité pratique, pour les enfants morts après le baptême par exemple, de désirer explicitement le sacrement eucharisti­que (M. de la Taille, Mysterium Fidei, Paris, 1931, p. 565-571). Mais ce désir implicite ne constitue évidemment pas la communion spirituelle au sens d’exercice de piété on nous le définissons ici, et on ne peut guère concevoir que la communion spirituelle proprement dite n’implique pas le désir explicite de l’eucharistie (DTC, Com. spir., col. 573).

Concile de Trente, XIIIème session, ch. 8, 11 oct. 1551 (Ench. 881 1648) ex cathedra : « D’autres ne le [Saint Sacrement] reçoivent que spirituellement : ce sont ceux qui, mangeant par le désir le pain céleste qui leur est offert avec cette « foi » vivent « qui opèrent par la charité » [Ga 5, 6], en ressentent le fruit et l’utilité ».

Histoire de la Communion spirituelle

La communion spirituelle n’est pas une pratique inventée par la spiritualité moderne. S’il ne faut pas prendre au pied de la lettre certaines formules de saint Augustin et y transférer la signification que nous y mettons de nos jours (Batiffol, Etudes d’histoire et de théologie positive, 2e série, Paris, 1905, p. 242), on peut déjà trouver dans les écrits de l’évêque, d’Hippone les linéaments d’une théorie qui deviendra vite traditionnelle. La distinction entre sacramentum et res sacramenti est à l’origine de la doctrine montrant que ce sont des réalités séparables en fait et qui peuvent être reçues l’une sans l’autre. C’est notamment dans son com­mentaire de saint Jean que la question de la commu­nion spirituelle est au moins touchée, si elle n’est pas spécifiquement envisagée (M. de la Taille, Mysterium Fidei, Paris, 1931, p. 568).

A propos du Christ, pain descendu du ciel, saint Augustin souligne le désir que doit avoir de ce pain l’homme intérieur. « Panis quippe iste inte­rioris hominis quaerit esuriem » (In Joannem tract. 26, PL 35, 1606). De Moïse, d’Aaron, de Phinées, qui mangèrent la manne, symbole de l’eucharistie, il loue la faim spirituelle et admire les fruits dont elle fut récompensée. « Quia visibilem cibum spiri­taliter intellexerunt, spiritaliter esurierunt, spirita­liter gustaverunt, ut spiritaliter satiarentur » (ibid., col. 1614). Surtout il montre que si celui qui mange le pain de vie ne meurt pas, cela tient à la vertu du sacrement et non au signe sensible. « Sed quod pertinet ad virtutem sacramenti, non quod pertinet ad visibile sacramentum : qui manducat intus, non foris ; qui manducat in corde, non qui premit dente »(ibid., col. 161.2).

En approfondissant cette distinction, et dans la mesure où on sera fidèle au réalisme augustinien, on comprendra de mieux en mieux comment on peut recevoir les effets du sacrement sans recevoir le sacrement lui-même ; on sera sur le chemin de la communion spirituelle proprement dite; ce sera l’oeuvre des théologiens postérieurs. Un prédicateur médiéval de renom, Raoul l’Ardent, écrit : « Duo quippe sunt modi manducandi corpus Christi, unus sacramentalis, alius spiritualis… Spiritaliter vero accipit corpus bonus, qui etsi non sacramenta­liter quandoque accipit, tamen fide et caritate in corpore Christi est… » (Hom. 51 in die Paschae, PL 155, 1850).

Guillaume de Saint-Thierry distingue très nette­ment la « manducatio spiritualis corporis Christi » et la « corporalis manducatio corporis Domini ». Il montre comment la chair du Christ est une nour­riture de vie « quant tune avidis faucibus sumimus, cum dulciter recolligimus, et in ventre memoriae recondimus quaecumque pro nobis fecit et passus est Christus » (De corp. et sang. Domini, PL 180, 352-353).

Comment ne pas citer aussi ce passage du même auteur, disciple et ami de saint Bernard ? « Sacramentum enim sine re sacramenti sumenti mors est ; res vero sacramenti, etiam praeter sacra­mentum, sumenti vita aeterna est. Si autem vis, et vere vis, omnibus horis, tant diei quant noctis, hoc tibi in cella praesto est. Quoties in commemo­rationem ejus qui pro te passus est, hoc facto ejus pie se fideliter fueris affectus, corpus ejus manducas et sanguinem bibis » (Ep. ad Fratres de Monte Dei, PL 184, 258).

Saint Thomas affirme que l’effet du sacrement peut être réalisé dans l’âme, même si l’on reçoit l’eucharistie seule­ment in voto, comme c’est le cas dans la communion spirituelle. « Effectus sacramenti potest ab, aliquo percipi, si sacramentum habeat in voto, quamvis non accipiat in re…; ira etiam aliqui manducant spiritualiter hoc sacramentum, antequam sacramen­taliter sumant » (IIIa q. 80 a. 1 ad 3).

Les théologiens postérieurs développeront la même doctrine, qui trouvera sa consécration au concile de Trente. Les auteurs spirituels auront surtout le souci d’organiser cette doctrine en pra­tique de piété. Sainte Thérèse la recommande à ses filles (Chemin de la Perfection, ch. 37) et saint François de Sales, à Philothée (Intr. à la vie dévote, 2e part., chap. 21). Ils ne sont que l’écho d’une tra­dition qui s’était déjà fait entendre dans l’Imita­tion de Jésus-Christ (liv. 4, ch. 10). On trouve des recommandations analogues dans les ouvrages du Vén. Louis Du Pont (De la perfection du chrétien dans l’état ecclésiastique, 28ème traité, chap. 14), de Rodriguez (op. et loc. cit.), de saint Alphonse de Li­guori (La véritable épouse de Jésus-Christ, ch. 18), etc. Parmi les modernes, le Père Faber, anglican convertit au catholicisme en 1845, a consacré des pages suggestives  à cette dévo­tion (The blessed Sacra­ment), qui est universellement recommandée dans les livres et manuels de piété.

 

Fondement théologique de la Communion spirituelle

La valeur de la communion spirituelle repose en somme sur deux principes.

Premier principe : la foi en la présence du Christ dans l’eucharistie comme source de vie, d’amour et d’unité.

On ne peut bien comprendre le désir de l’eucharistie, si on n’accepte pas le principe de la valeur sanctifiante de l’eucharistie: C’est parce que l’on croit à la présence réelle et vivifiante du Christ dans l’eucharistie, qu’on désire recevoir le sacre­ment. C’est parce que l’on croit au caractère spécial de ce sacrement, qui est d’augmenter la vie de la grâce, d’intensifier la charité, de fortifier l’unité qui nous lie au Corps Mystique, que l’on désire cette union au Christ. C’est parce que l’eucharistie, selon la promesse de Notre-Seigneur, est le pain de l’âme, un aliment de vie, une nourriture spirituelle, que l’on veut effectivement s’en nourrir.

Toute la litur­gie eucharistique, en nous rappelant cette pensée, nous invite à y voir le caractère propre du sacrement. Et c’est pourquoi le désir de l’eucharistie ou la com­munion spirituelle est totalement différent de l’union par la foi au Christ, enseignée par les protestants, ainsi Luther pour qui l’eucharistie n’a pas d’autre valeur que d’exciter la confiance en l’impu­tabilité des mérites du Christ, sans réellement pro­duire un accroissement de grâce dans nos âmes (DTC, art. Luther, col. 1305).

Deuxième principe : l’efficacité du désir peut suppléer l’acte sacramentel.

C’est un principe admis en beaucoup de cas que le désir supplée l’acte, quand celui-ci ne peut être accompli en lui-­même (Suarez, loc. cit., disp.62, sect.1). Ici sans doute l’efficacité du désir n’est pas ex opere operato, comme dans la communion sacramentelle, mais, ex opere operantis ; le désir tend déjà à la réalisation de ce qu’accomplit la communion ex opere operato.

La fin, dit saint Thomas, est contenue dans le désir. « Finis habetur in desiderio et in intentione » (S. Th., IIIa, q. 72 a. 3). Par le désir, la communion est en quelque sorte accomplie ; sans doute elle ne l’est pas matériellement ; mais, puisqu’il faut distinguer dans le sacrement le signe (sacramentum) et la réalité (res sacramenti), le désir atteint la réalité sans passer par le signe. « Res alicujus sacramenti haberi potest ante perceptionem sacramenti, ex ipso voto sacra­menti percipiendi » (S. Th., ibid.).

Ainsi que le déve­loppe avec netteté le Père de la Taille, le mouvement sincère et efficace de l’âme vers la vie est déjà un mouvement de vie. Celui qui tend vers la vie du Christ dans l’eucharistie la trouve, car le Christ ne manque pas à ceux qui le cherchent (M. de la Taille, Mysterium Fidei, Paris, 1931, p. 565).

 

Effets de la Communion spirituelle

Les effets produits sont de même nature que dans la communion eucharistique, donc augmenta­tion de la grâce sanctifiante, grâces d’amour, de vie, de pureté, d’unité… « On rapporte de sainte Angèle de Mérici que lorsqu’on lui interdisait la communion de chaque jour, elle y suppléait par de fréquentes communions spirituelles à la messe, et elle se sen­tait parfois inondée de grâces semblables à celles qu’elle aurait reçues si elle avait communié sous les espèces sacramentelles. Aussi laissa-t-elle à son Ordre comme un legs pieux, une pressante recomman­dation de ne point négliger cette sainte pratique » (Méditations sur l’Eucharistie, par le Frère Philippe, Paris, 1867, p. 459).

Ces effets sont produits ex opere operantis, en vertu de l’agent (la grâce produite dépend de l’état de grâce de l’agente comme dans un sacramental), et non pas ex opere operato, en vertu de l’acte (la grâce est produite par l’opération de l’acte et ne dépend pas de l’état de grâce de l’agent comme dans un sacrement).

Mais l’effet ex opere operantis de la Communion spirituelle réside dans le désir, ce n’est pas un sacramental qui est un rituel administré par un ministre au nom de l’Eglise.

Ces effets peuvent être supérieurs à ceux qui sont produits dans la communion sacramentelle, si les dispositions sont très pures, mais à égalité de dispositions, ils sont évidemment moins abondants que dans la communion eucharistique. « Il peut arri­ver que vous fassiez cette communion spirituelle avec une telle ferveur, que vous méritiez autant de grâces que le prêtre en obtient par la communion sacramentelle, bien que, pour lui, des dispositions semblables unies à la réception du sacrement aient pour résultat des grâces plus abondantes » (Vén. L. Du Pont, op., et loc. cit.). Le Père Faber cite beau­coup de traits – dont l’authenticité aurait sans doute besoin d’être contrôlée – qui mettent en lumière l’efficacité de ce désir de l’eucharistie chez les saints (The blessed Sacrament, T. 2, Liv. 4, sect. 6).

D’après beaucoup d’auteurs, la communion spirituelle pour être fructueuse requiert l’état de grâce (Rodriguez, op. et loc. cit.). Celui qui commu­nierait en état de péché mortel et dans la disposition d’y rester, pécherait gravement (Suarez, op. et loc. cit.). Mais il n’est pas nécessaire de se confesser, un acte de contrition parfaite suffit. En cas de contri­tion imparfaite, il n’y aurait pas de péché ; il y aurait même un bon désir, mais les fruits attachés à la communion spirituelle ne seraient pas produits (Dictionnaire de Théologie Catholique, art. Com. spi, col. 573).

 

Pratique de la Communion spirituelle

Les actes de la communion spirituelle sont du même ordre que ceux qui précèdent, accompagnent et suivent la communion sacramentelle. Ils sont bien décrits dans ce passage du Père Jean-Baptiste Scaramelli (1688-1752) :

« Toute personne pieuse doit d’abord concevoir un sincère repentir de ses péchés et purifier par cette douleur le tabernacle de son coeur, où elle désire recevoir et faire reposer le divin Sauveur. Ensuite elle fera un acte de foi vive sur la présence réelle de Jésus­-Christ dans cet auguste mystère. Puis elle consi­dérera, comme nous l’avons dit pour la communion sacramentelle, la grandeur et la majesté de ce Dieu caché sous le voile des saintes espèces : qu’elle réflé­chisse à l’amour immense, à la grande bonté avec lesquels il désire s’unir à nous ; qu’elle jette aussi ses regards sur sa faiblesse et sa propre misère. Après ces considérations elle doit faire des actes d’humilité et de désir ; d’humilité, à la vue de sa pro­pre indignité ; de désir, à cause de l’amabilité infinie de Dieu. Enfin, puisqu’il ne lui est pas donné de s’unir à son bon Sauveur par la réception réelle de l’eucharistie, qu’elle s’en approche en esprit et s’unisse à lui par le doux lien d’un amour paisible et tranquille. Elle terminera la communion spiri­tuelle en remerciant et en louant le Seigneur ; car, quoique Jésus-Christ ne soit pas descendu réelle­ment dans son coeur, il était cependant bien disposé à cette union d’amour et la désirait avec toute l’ardeur de la charité. Elle lui demandera donc les grâces dont elle se reconnait indigne, et s’appliquera sérieusement à produire les actes qu’elle a coutume de faire après la réception de cette nourriture divine » (Méth. de dir. spir., 3ème traité, art. 10, ch. 7).

La communion spirituelle peut être faite aussi souvent que l’âme le désire.

«Que si des motifs légitimes l’empêchent d’approcher de la sainte Table, il conservera toujours l’intention et le saint désir de communier, et ainsi il ne sera pas entièrement privé du fruit du Sacrement. … il peut aussi communier en esprit tous les jours, à toute heure, avec beaucoup de fruit. Car il communie de cette manière et se nourrit invisiblement de Jésus-Christ toutes les fois qu’il médite avec piété les mystères de son Incarnation et de sa Passion, et qu’il s’enflamme de son amour» (Imitation de Jésus-Christ, livre IV, ch. 10, § 6).

« La bienheureuse Agathe de la Croix était animée d’un tel amour pour le Saint Sacrement, qu’elle serait morte, dit-on, si son confesseur ne lui avait pas enseigné la pratique de la communion spirituelle ; et lorsqu’elle la posséda, elle avait coutume de la répéter jusqu’à deux cents fois dans un jour » (Faber, op. cit., trad. de Bernhardt, t. 2, p. 295).

Le moment privilégié pour faire la communion spirituelle est le temps de la messe, où, si l’on ne peut communier sacramentellement, on peut tou­jours s’unir à la communion du prêtre et faire les actes de la communion spirituelle. L’assistance à la messe est la meilleure préparation à cette commu­nion, qui nous fait participer d’une manière étroite et personnelle au sacrifice de Notre-Seigneur.

Les avantages de la communion spirituelle ne doivent permettre ni d’en exagérer ni d’en mini­miser l’importance. Elle tire sa valeur de la com­munion sacramentelle, mais les richesses du trésor eucharistique ne doivent pas faire négliger l’appoint spirituel de ce désir intérieur du coeur. Et c’est le sens à retenir sans doute de la parole adressée à l’humble soeur Paula Maresca par le Seigneur Jésus, qui lui montrait deux vases précieux, l’un d’or et l’autre d’argent.

« Dans le vase d’or, dit-il, je conserve vos communions sacramentelles et dans le vase d’argent, vos communions spirituelles » (St Alphonse de Liguori, La véritable épouse de Jésus-Christ, chap. 18).

P. Johann Michael Kroust (1694-1772), SJ, Méditations sur les vérités de la foi et de la morale pour tous les jours de l’année, samedi XXI après la pentecôte, De la communion spirituelle : «Cette communion sert de préparation à la communion sacramentelle et à entendre la Messe avec fruit. Celui qui entend la Messe peut offrir le sacrifice pour les mêmes fins que le prêtre ; comme le prêtre consume sacramentellement l’oblation, celui qui assiste peut manger spirituellement et participer à l’oblation par les actes intérieurs de foi, d’espérance et de charité. Le Seigneur a dit : Je suis le pain de vie ; celui qui vient à moi n’aura pas faim, et celui qui croit en moi n’aura jamais soif.

«1er point – Excitez-vous à une foi vive envers ce sacrement qui s’appuie comme sur quatre colonnes : sur la sagesse de Dieu, qui a trouvé un moyen ineffable de se communiquer aux hommes ; sur sa bonté, qui l’incline à se donner à nous ; sur sa toute puissance, qui peut tout ce qu’elle veut ; sur sa vérité, qui ne saurait tromper. Or, c’est lui-même qui nous a révélé que dans ce sacrement il se donne lui-même en nourriture en breuvage.

«La foi, appuyée sur ces motifs et renonçant au témoignage des sens, croit fermement que Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme, est renfermé sous les espèces avec toute la gloire qu’il possède au ciel ; et de même que par la vue de sa divinité et par la présence de son humanité il rend les saints heureux, de même dans ce sacrement il remplit de biens les âmes qui soupirent après lui. Pour augmenter la foi, il sera convenable de parcourir chacune de ses perfections divines ainsi que ses vertus humaines, et tout ce qu’il a fait et souffert pour nous, en faisant un acte de foi sur chacune. Ainsi celui qui est là caché est immense, tout puissant, etc., je le crois ; c’est lui qui est né, qui a souffert pour moi ;  c’est lui qui est mon médecin, mon maître, etc., je le crois.

«Je confesse que je crois ces vérités comme si je les voyais de mes yeux ; j’éprouve la même joie de sa présence cachée, et je lui rends grâces pour sa bonté.

«2ème point – Excitez-vous en l’espérance de recevoir les fruits promis à ceux qui participent au sacrement, quand même vous ne le recevez qu’en désir, en vous rappelant ces paroles : « Celui qui mange ce pain vit éternellement ; celui qui mange ma chair et qui boit mon sang demeure en moi et moi en lui. Comme mon Père qui est vivant m’a envoyé et que je vis par mon Père, celui qui me mange vit par moi ». Mais la puissance de Dieu n’est pas tellement liée par les sacrements qu’elle ne veuille et ne puisse accorder les mêmes grâces à ceux qui les désirent ardemment, surtout lorsqu’il ne convient pas de recevoir le sacrement lui-même et qu’on le reçoit en vœu. Je dirai donc avec le centurion : Seigneur, je ne suis pas digne que vous entriez dans ma maison, mais dites seulement une parole et mon âme sera guérie ; et avec la femme pieuse : Si je touche seulement le bord de sa robe, je serai guérie.

«Si la vue seul du serpent d’airain guérissait ceux qui étaient blessés, pourquoi la vue du Sauveur ne guérirait-elle pas par la foi l’âme malade ? Si l’ombre seule de Pierre guérissait tous les malades, le seul désir de ce sacrement ne peut-il pas plus qu’une ombre ?

«3ème point – Il faut faire des actes d’amour qui nous unissent à Dieu et qui conviennent surtout à ce sacrement qui est un sacrement d’amour. J’aimerai donc ces perfections de Dieu qui se manifestent particulièrement dans ce sacrement ; j’aimerai surtout sa bonté, sa charité, sa puissance, sa libéralité ; je témoignerai aussi le désir d’être libéral envers notre Seigneur, de m’attacher à lui sans interruption, d’exprimer en moi, dans ma conduite, son image, et de n’avoir avec Jésus-Christ que les mêmes sentiments et la même volonté. Je voudrai de tout mon cœur que tous les hommes connaissent le Sauveur, qu’ils le respectent, qu’ils participent à toutes les richesses cachées en lui, qu’ils lui rendent grâces, qu’ils le bénissent pour un don si précieux. Je m’offrirai tout entier à Dieu, qui est admirable dans toutes ses œuvres, mais qui est surtout aimable dans ce sacrement. Je me proposerai de l’aimer de tout mon cœur, de tout mon esprit, de toute mon âme, de toutes mes forces, soit parce qu’il en est infiniment digne et au-dessus de tout amour, soit à cause de ses bienfaits dont il n’a cessé de nous prévenir».

Prières de Communion spirituelle 

Aux fidèles qui feront la communion spirituelle en se servant de n’importe quelle formule, il est concédé : indulgences de 3 ans. Plénière mensuel aux conditions ordinaires (S. P. A. 25 février 1933).

Communion spirituelle

Mon Dieu, je crois fermement que vous êtes réellement présent dans le Sacrement adorable de votre Amour ; je vous aime par-dessus toutes choses et je vous désire de toute l’ardeur de mon âme. Si je ne puis vous recevoir corporellement, venez, du moins, spirituellement dans mon cœur ; je m’unis à vous, ne souffrez pas que je m’en sépare jamais. (Missel 1957)

Acte de communion spirituelle

Mon Seigneur et mon Dieu ! Pénétré du sentiment de votre présence réelle dans la sainte Eucharistie, et ne pouvant vous recevoir maintenant dans la Sainte Communion, je viens du moins solliciter la grâce de vous recevoir spirituellement en mon cœur, car mon âme vous désire, comme le cerf altéré soupire après une source d’eau vive. Pour suppléer à mon insuffisance, je vous offre la contrition infiniment parfaite que votre divin Cœur a conçue de mes péchés au jardin de l’Agonie et sur la Croix… ; je vous offre les dispositions de Cœur Immaculé de la très sainte Vierge Marie au jour de votre Incarnation.

Avec la disciple bien-aimée de votre divin Cœur, j’oserai vous dire : « Abîmez ma misère et ma petitesse dans la grandeur de vos miséricordes et me transformez tout en vous, afin que je ne vive plus que de vous, en vous et pour l’amour de vous. Venez donc en moi, unique objet qui me contente, venez prendre possession de ce cœur qui est à vous et qui ne peut demeurer un seul instant sans vous. Aimable Jésus, je veux me consumer en vous désirant, et ne pouvant vous posséder sans cesse, je ne cesserai de vous désirer». (Missel 1957)

Communion spirituelle

Ô Jésus mon aimable Sauveur, que je voudrais en ce moment m’approcher de votre Table sainte, plein de confiance, non en mes propres mérites, mais en votre infinie bonté ! Que je voudrais aller à Vous, Source de miséricorde ; être guéri par Vous, divin Médecin de mon âme ; chercher en Vous mon appui, en Vous, Seigneur, qui serez un jour mon juge, mais qui ne voulez être, maintenant, que mon Sauveur !

Je vous aime, ô Jésus, Agneau divin, innocente Victime, immolée par amour sur la Croix, pour moi et pour le salut du genre humain. Ô mon Dieu, souvenez-Vous de votre humble créature, rachetée de votre Sang ! Je me repens de Vous avoir offensé et je désire réparer mes fautes par les efforts que je ferai pour obéir à votre sainte volonté. Ô bon Jésus qui, par votre grâce toute-puissante, me fortifiez contre les ennemis de mon âme et de mon corps, faites que bientôt, purifié de toute souillure, j’aie le bonheur de Vous recevoir dans la sainte Eucharistie, afin de travailler, avec une constante générosité, à l’œuvre de mon salut. Amen. (Missel 1957)

Du désir ardent de recevoir Jésus-Christ

L’Imitation de Jésus-Christ, Livre 4, chapitre 17 : Voix du disciple : «1. Seigneur, je désire vous recevoir avec un pieux et ardent amour, avec toute la tendresse et l’affection de mon cœur, comme vous ont désiré dans la communion tant de saints et de fidèles qui vous étaient si chers à cause de leur vie pure et de leur fervente piété. Ô mon Dieu ! Amour éternel, mon unique bien, ma félicité toujours durable, je désire vous recevoir avec toute la ferveur, tout le respect qu’ait jamais pu ressentir aucun de vos saints.
«2. Et quoique je sois indigne d’éprouver ces admirables sentiments d’amour, je vous offre cependant toute l’affection de mon cœur, comme si j’étais animé seul de ces désirs enflammés qui vous sont si agréables. Tout ce que peut concevoir et désirer une âme pieuse, je vous le présente, je vous l’offre, avec un respect profond et une vive ardeur. Je ne veux rien me réserver mais je veux vous offrir sans réserve le sacrifice de moi-même et de tout ce qui est à moi. Seigneur mon Dieu, mon Créateur et mon Rédempteur, je désire vous recevoir aujourd’hui avec autant de ferveur et de respect, avec autant de zèle pour votre gloire, avec au tant de reconnaissance, de sainteté, d’amour, de foi, d’espérance et de pureté, que vous désira et vous reçut votre sainte Mère, la glorieuse Vierge Marie, lorsque l’ange lui annonçant le mystère de l’Incarnation, elle répondit avec une pieuse humilité : «Voici la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon votre parole» (Luc 1, 38).
«3. Et de même que votre bienheureux précurseur, le plus grand des saints, Jean-Baptiste, lorsqu’il était encore dans le sein de sa mère, tressaillit de joie en votre présence, par un mouvement du Saint-Esprit, et que, vous voyant ensuite converser avec les hommes, il disait avec un tendre amour et en s’humiliant profondément : «L’ami de l’époux qui est près de lui et qui l’écoute, est ravi d’allégresse, parce qu’il entend la voix de l’époux» (Jn 3, 29), ainsi je voudrais être embrasé des plus saints, des plus ardents désirs, et m’offrir à vous de toute l’affection de mon cœur. C’est pourquoi je vous offre tous les transports d’amour et de joie, les extases, les ravissements, les révélations, les visions célestes de toutes les âmes saintes, avec les hommages que vous rendent et vous rendront à jamais toutes les créatures dans le ciel et sur la terre ; je vous les offre ainsi que leurs vertus, pour moi et pour tous ceux qui se sont recommandés à mes prières, afin qu’ils célèbrent dignement vos louanges et vous glorifient éternellement.
«4. Seigneur mon Dieu, recevez mes vœux, et le désir qui m’anime de vous louer, de vous bénir avec l’amour immense, infini, dû à votre ineffable grandeur. Voilà ce que je vous offre, et ce que je voudrais vous offrir chaque jour et à chaque moment, et je prie et je conjure de tout mon cœur tous les esprits célestes et tous vos fidèles serviteurs de s’unir à moi pour vous louer et pour vous rendre de dignes actions de grâces.
«5. Que tous les peuples, toutes les tribus, toutes les langues vous bénissent et célèbrent dans des transports de joie et d’amour la douceur et la sainteté de votre nom. Que tous ceux qui offrent avec révérence et avec piété les divins mystères, et qui les reçoivent avec une pleine foi, trouvent en vous grâce et miséricorde, et qu’ils prient avec instance pour moi, pauvre pécheur. Et lorsque, après s’être unis à vous selon leurs pieux désirs, ils se retirent de la Table sainte, rassasiés et consolés merveilleusement, qu’ils daignent se souvenir de moi, qui languis dans l’indigence».