Se convertir à la vraie foi pour le salut – Tous doivent absolument s’instruire de la vraie foi ou ils périront en enfer

 Sommaire

  • Introduction
  • Dans le peu de temps qui reste en cette fin des temps et de la grande apostasie de la foi divine et catholique, la plupart périssent dans les péchés, les hérésies et l’apostasie
  • Entrer ou revenir dans la véritable Église par la vraie foi dans la grande apostasie actuelle
    • La foi catholique traditionnelle est absolument nécessaire pour pouvoir être sauvé
    • Sans la vraie foi on n’est pas membre de la véritable Église catholique qui est l’Épouse et le Corps du Christ
    • L’Église enseigne infailliblement que tous les non-baptisés ne seront pas sauvés, et que les baptisés hors de la vraie foi divine sont hors de l’Église, et iront en enfer sauf s’ils rentrent dans la véritable Église
    • Tout baptisé est tenu de connaître la foi quand c’est possible, sous peine de péché mortel d’omission pour ignorance coupable ; Qui néglige sciemment de s’instruire de la vraie foi traditionnelle en ces temps et voir les preuves de la secte vatican 2 et des autres sectes hérétiques est suspect d’hérésie, et qui persiste dans sa mauvaise volonté doit être considéré hérétique
  • Chemin de conversion
    • Nécessité de moyens – foi minimum
      • La Trinité et l’Incarnation
      • Dieu rémunérateur
      • La loi naturelle
      • La loi naturelle et l’hérésie du salut par ignorance invincible des mystères essentiels de la foi
    • Vérités de la foi

    • Profession de foi tridentine
    • Œuvres de la foi
    • Quelques vérités de base sur le catholicisme traditionnel que les catholiques doivent connaître
  • Peu sont sauvés
    • Annexe : Du Nombre des Élus, Dom B. Maréchaux O.S.B.

Introduction

L’Église enseigne infailliblement que tous doivent être entièrement soumis aux vérités de la foi catholique pour être membres de l’Église, pour le salut et pour ne pas périr en enfer. La véritable Église catholique est le petit reste de baptisés qui gardent la vraie foi divine et catholique et ceux qui se convertissent à la vraie foi divine et catholique. Tous doivent craindre Dieu et s’astreindre à s’instruire de la foi catholique absolument nécessaire pour le salut en ces temps de la fin.

Aujourd’hui il ne reste que peu de temps pour pouvoir faire son salut en ces temps de la grande apostasie. N’indignez pas Dieu, pour votre malheur, en négligeant de connaître la foi de la Tradition de l’Église qui est la foi divine de tous les temps car la Tradition et l’Écriture sont les sources de la Révélation, « afin que nous ne soyons plus comme des petits enfants qui flottent, ni emportés çà et là à tout vent de doctrine, par la méchanceté des hommes, par l’astuce qui entraîne dans le piège de l’erreur » (Éphésiens 4, 14).

Tout baptisé doit absolument tenir la foi divine et catholique traditionnelle pour pouvoir être sauvé et ne pas périr éternellement en enfer. Tout baptisé est tenu de s’instruire de la foi sous peine de péché mortel (contre la foi, par omission) d’ignorance coupable (sauf impossibilité).

«Sans la foi il est impossible de plaire à Dieu» – Hébreux 11, 6

«Celui qui veut être sauvé, doit avant tout tenir la foi catholique, à moins que chacun la conserve intègre et inviolée, il périra sans aucun doute pour l’éternité» – Concile de Florence, Magistère

«…elle [L‘Église] a regardé comme des rebelles déclarés, et chassé loin d’elle tous ceux qui ne pensaient pas comme elle sur n’importe quel point de sa doctrine » – Pape Léon XIII, Satis Cognitum, Magistère

«…celui qui, même sur un seul point, refuse son assentiment aux vérités divinement révélées, très réellement abdique tout à fait la foi » – Pape Léon XIII, Satis Cognitum, Magistère

« seuls font partie des membres de l’Église, ceux qui ont reçu le baptême de régénération et professent la vraie foi » – Pie XII, Mystici Corporis, Magistère

Les deux sources de la Révélation divine (La Vérité de Jésus-Christ) sont les Écritures et la Tradition de l’Église. La Tradition orale de l’Église précède l’Écriture. Sans l’entière soumission au Magistère de l’Église il n’y a aucun salut car sans la vraie foi catholique nul n’est membre de la véritable Église. Convertissez-vous à la vraie foi catholique traditionnelle (de la Tradition de l’Église), la foi divine de tous les temps, absolument nécessaire pour le salut. Si vous n’êtes pas baptisé, recevez la vraie foi et le sacrement du baptême pour votre salut ; si vous êtes baptisé, revenez dans la vraie foi pour faire votre salut.

Luc 8, 18 : « Voyez donc comment vous écoutez. Car il sera donné à celui qui a (l’amour de la vérité) ; et quiconque n’a point, même ce qu’il croit avoir, lui sera ôté ».

Il n’y a rien de plus simple pour qui veut comprendre la vérité et il n’y a rien de plus compliqué pour qui ne veut pas comprendre la vérité.

Pour pouvoir être sauvé il faut : 1) Être baptisé (sacrement) ; 2) Tenir la vraie foi divine et catholique (être membre de l’Église) ; 3) Mourir en état de grâce (sans péché mortel sans pénitence).

 

Dans le peu de temps qui reste en cette fin des temps et de la grande apostasie de la foi divine et catholique, la plupart périssent dans les péchés, les hérésies et l’apostasie

Jésus est vrai Dieu et vrai homme. L’arche de Noé fut une figure (ou un type) de l’Église. Tous ceux qui ne furent pas dans l’arche périrent dans les flots du déluge. De même aujourd’hui, tous ceux qui ne sont pas dans l’Église périssent dans les flots du déluge spirituel de l’apostasie, des hérésies et des péchés.

L’Église est le corps mystique du Christ, composé de toutes les personnes baptisées qui gardent la foi transmise par Jésus-Christ à ses apôtres et successeurs désignés par eux. La foi a d’abord été transmise oralement puis une partie a été écrite : c’est la Tradition orale et l’Écriture. L’Ancien Testament est l’Écriture prophétique du Nouveau Testament. La foi de l’Ancien Testament est fondée sur la venue de Jésus-Christ à venir, et la foi du Nouveau Testament est fondée sur la venue de Jésus-Christ venu. Cela signifie que l’Église contient tout depuis le commencement. Jésus-Christ a constitué Pierre chef de ses apôtres et a fait Son Église gardienne du dépôt de la foi lui partageant son autorité enseignante (Magistère) par l’assistance du Saint-Esprit qui est son âme et afin que son autorité enseignante reste infaillible en matière de doctrine de foi et de morale.

En ces temps les gens ne comprennent plus ni la foi, ni la morale ni même la loi naturelle de leur propre conscience morale naturelle. La plupart, ou quasiment tout le monde, ne comprend plus que l’homme est à l’Image de Dieu avec une âme éternelle. La plupart, ou quasiment tout le monde, ne voit plus la gravité du péché. La plupart, ou quasiment tout le monde, et les plus sots, méprisent la réalité du jugement de Dieu qui les attend et de l’enfer éternel.

Les esprits sont enténébrés par le naturalisme, la racine des hérésies, qui fait croire que la nature est faite pour elle-même. Les esprits sont enténébrés par la philosophie trompeuse qui fait s’interroger la raison sur elle-même avec des questions prétendument « existentielles » du genre : « D’où venons-nous, qui sommes-nous, , où allons-nous ? ». Les esprits sont enténébrés par le retour du paganisme (néo-paganisme) qui fait rendre un culte à des faux dieux (des faux créateurs) jusqu’à avilir l’homme à se prosterner devant des choses de la nature, alors que  l’homme est créé à l’Image du seul vrai Dieu. Les esprits sont enténébrés par les fausses religions, alors qu’il n’y a qu’une vérité (S’il y avait plusieurs vérités, une seule serait vraie et les autres seraient des mensonges). Toutes ces ténèbres spirituelles ont préparé la secte apostate vatican 2, et depuis la tromperie diabolique de la fausse Église vatican 2 (contre-Église), toutes ces ténèbres se sont ancrées chaque jour davantage dans les esprits. C’est la raison pour laquelle la situation actuelle est catastrophique – et ce n’est qu’un début qui laissera place au règne de Satan par l’Antéchrist – car la véritable Église est éclipsée (masquée par un corps étranger).

L’homme est à l’Image de Dieu et Dieu est souverainement libre. La nature humaine est faite pour la vie surnaturelle (c’est sa nature), pas pour la vie seulement naturelle. Tous ceux qui prônent la nature pour elle-même mentent parce qu’ils haïssent Dieu et sont déjà condamnés par leur propre jugement. Seule la grâce de Dieu perfectionne la nature (pour la gloire qui perfectionne la grâce). L’homme a perdu sa vie surnaturelle en utilisant sa liberté pour connaitre le mal (la désobéissance du bien), mais Dieu s’est fait homme pour lui redonner la vie surnaturelle (la nature reste blessée mais retrouve la vie de la grâce qui la perfectionne à nouveau selon la liberté donnée à l’homme et dont il doit faire usage).

Les gens sont apostats, ils ont renié la vérité de la foi pour d’autres vérités et leurs vérités inventées, ils se sont laissés déchristianiser parce qu’ils ont abandonné le Christ et Son Église (et la foi de l’Église), ils ont renié leur Sauveur car ils ont préféré écouter le diable ; ils n’ont plus la crainte de Dieu qui est le principe de la sagesse (la sagesse est bibliquement le contraire de la folie). Un petit nombre, que Dieu connaît d’avance, doit être sauvé à cause de son amour de la vérité : des non-baptisés viendront à la vraie foi et au baptême pour leur salut et les baptisés égarés reviendront dans la véritable Église par la vraie foi.

Mais qu’est-ce que la foi ? La foi est une vertu surnaturelle greffée sur l’intelligence ; le moyen ou capacité de posséder ce qu’on ne voit pas. La foi est la conviction des choses que nous ne voyons pas (St Paul). Ce qui se voit n’est plus l’objet de la foi mais c’en est de la connaissance (St Grégoire). La foi est le fondement des choses que nous devons espérer. La foi montre le chemin qui mène à la gloire ; l’Espérance excite à la mériter (P. Kroust, Méditations sur les vérités de la foi, dimanche de la Trinité). La foi pure est le fondement de la charité (Pape Pie Pie XI).

La foi que l’homme se fabrique lui-même pour lui-même, une foi d’homme, est du vent de ses propres idées qui sont du vide et ne sauvent pas. La foi divine est révélée par le Créateur (Dieu) à l’homme afin qu’il possède Dieu, ou autrement dit seule la foi est le moyen donné par Dieu à l’homme pour aller à Dieu et le connaître. La foi est la racine de l’espérance (attente et certitude d’union à Dieu) et le fondement de la charité (amour de Dieu et du prochain par amour de Dieu). La foi est le pivot et la charnière de tout. Sans la vraie foi, l’homme se perd. Tout amour de la vérité doit amener à la vraie foi, sinon cet amour est faux.

Soit l’homme suit sa nature (ses passions ou instincts naturels), ses propres idées et sa propre volonté pour sa perdition éternelle, soit il soumet son intelligence à la foi révélée pour faire son salut. C’est pourquoi les pères ont pu dire : « il faut d’abord croire pour comprendre et non comprendre pour croire ». Cela signifie que pour les choses de Dieu (ou d’ordre surnaturel) il faut d’abord croire en Dieu et donc en ce qu’Il nous dit, alors que pour les choses d’ordre naturel la raison suffit pour comprendre (on n’a pas besoin de croire en des choses naturelles). Mais croire simplement en Dieu est insuffisant et ne sauve pas, il faut tenir et garder la vraie foi entière et intacte.

Entrer ou revenir dans la véritable Église par la vraie foi dans la grande apostasie actuelle

La foi catholique traditionnelle est absolument nécessaire pour pouvoir être sauvé

La foi catholique traditionnelle est l’unique vraie foi de tous les temps de l’Église ou de la Tradition. C’est la foi fondée sur le Magistère infaillible du Christ transmis aux Apôtres : La Sainte Écriture et la Tradition de l’Église sont les deux sources de la Révélation divine. La vérité de Jésus-Christ est la Révélation Divine. La Tradition (orale) de l’Église précède l’Écriture, l’Écriture ne peut pas être hors de la Tradition de l’Église.

L’unique véritable Épouse du Christ est l’Église romaine, une, sainte, catholique et apostolique, fondée par Jésus-Christ sur l’apôtre Pierre et ses successeurs, hors de laquelle il n’y a aucun salut.

Luc 14, 34-35 : «Le sel [doctrine droite de la foi qui assaisonne les âmes] est bon. Mais si le sel perd sa vertu, avec quoi l’assaisonnera-t-on ? Il n’est plus propre, ni pour la terre, ni pour le fumier ; mais il sera jeté dehors. Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende».

Marc 16, 16 : «Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné».

Jean 12, 48 : «Celui qui me méprise et ne reçoit pas mes paroles a qui le juge : la parole que j’ai annoncée sera elle-même son juge au dernier jour».

Jean 10, 26 : «vous ne croyez point parce que vous n’êtes point de mes brebis».

Jean 14, 24 : «Celui qui ne m’aime point ne garde pas mes paroles [qui « sont esprit de vie » (Jn 6, 64), car « la lettre tue mais l’esprit vivifie » (2 Cor. 3, 6)]».

Jean 18, 37 : «quiconque est de la vérité écoute ma voix»

Sans la vraie foi on n’est pas membre de la véritable Église catholique qui est l’Épouse et le Corps du Christ

Il faut être baptisé validement et tenir la vraie foi divine et catholique (ou traditionnelle) pour être dans la véritable Église hors de laquelle il n’y a aucun salut. Ceux qui refusent de se soumettre au Magistère de l’Église ne sont pas membres de l’Église ni du salut. Ce n’est pas parce que des baptisés se disent catholiques qu’ils le sont. Seuls les vrais catholiques sont chrétiens : c’est–à-dire les baptisés qui tiennent la vraie foi sont membres de l’Église ; ceux qui ne tiennent pas la vraie foi ne sont pas membres de l’Église. Dieu seul sait le peu de temps qui reste en cette grande apostasie de la foi divine et catholique. La plupart périssent dans les péchés, les hérésies et l’apostasie, mais quelque uns pourraient encore être sauvés.

Les deux sources de la Révélation divine (Vérité de Jésus-Christ) sont les Écritures et la Tradition de l’Église. La Tradition orale de l’Église précède l’Écriture. Sans l’entière soumission de l’intelligence au Magistère de l’Église il n’y a aucun salut car sans la vraie foi catholique nul n’est membre de la véritable Église : Où est la vraie foi est la véritable Église.

Proverbes 21, 16 : « L’homme qui s’égare de la voie de la doctrine [Magistère] demeurera dans l’assemblée des géants [dans l’enfer] ».

2 Jean 1, 9 : «Quiconque se retire et ne demeure point dans la doctrine du Christ [Tradition de l’Église] ne possède point Dieu [le Christ n’habite pas dans le cœur sans la vraie foi catholique traditionnelle]».

Hébreux 11, 6 : «Sans la [vraie] foi, il est impossible de plaire à Dieu [sans l‘unique vraie foi c’est la réprobation]».

Pape Pie XII, Mystici Corporis Christi, 29 juin 1943 (Magistère) : «seuls font partie des membres de l’Église, ceux qui ont reçu le baptême de régénération et professent la vraie foi».

Saint Irénée, Père de l’Église, Contre les hérésies, L. III, 1 (2e siècle) : « il ne faut donc plus chercher auprès d’autres la vérité qu’il est facile de recevoir de l’Église, car les apôtres, comme en un riche cellier, ont amassé en elle, de la façon la plus plénière, tout ce qui a trait à la vérité, afin que quiconque le désire y puise le breuvage de la vie. C’est elle, en effet, qui est la voie d’accès à la vie ; « tous les autres sont des voleurs et des brigands ». C’est pourquoi il faut les rejeter, mais aimer par contre avec un zèle extrême ce qui est de l’Église et saisir la Tradition de la vérité ».

Saint Cyrille de Jérusalem, Père et Docteur de l’Église, Catéchèse XV, PG 33 (n. 9), 869-916, (4e siècle) : « [2 Thessaloniciens 2, 3-10] c’est maintenant l’apostasie, car les hommes ont apostasié la foi droite. Auparavant les hérétiques se remarquaient, mais maintenant l’Église est remplie d’hérétiques… Car les hommes se sont éloignés de la vérité…. Un discours séducteur ? et tous l’écoutent ravis. Un discours de conversion ? et tous se détournent. Le grand nombre s’est détourné des paroles de vérité… L’apostasie est donc là, et l’ennemi s’apprête à venir ».

Saint Vincent de Lerins, Père de l’Église, Comminotorium, 20 (5e siècle): «Celui-là est un catholique véritable et authentique qui chérit la vérité de Dieu, l’Église, corps du Christ, qui ne préfère rien à la religion divine, à la foi catholique, ni l’autorité de n’importe quel homme, ni l’amour ni le génie, ni l’éloquence ni la philosophie, mais qui méprisant tout cela et demeurant ferme et stable dans la foi, déclare ne tenir et ne croire que ce qu’il sait avoir été professé en tout temps et en tout lieu par l’Église catholique».

Seuls les fidèles baptisés – c’est-à-dire ceux qui tiennent la vraie foi divine et catholique – appartiennent à la véritable Église catholique Épouse de Jésus-Christ. Il faut tenir la vraie foi catholique traditionnelle pour être dans la véritable Église hors de laquelle il n’y a aucun salut. Ceux qui refusent de se soumettre au Magistère de l’Église ne sont pas membres de l’Église ni du salut.

L’Église enseigne infailliblement que tous les non-baptisés ne seront pas sauvés, et que les baptisés hors de la vraie foi divine sont hors de l’Église, et iront en enfer sauf s’ils rentrent dans la véritable Église

Pape Pie XII, Humani Generis, n° 27, 1950 (Denz. 2319) : «Certains disent qu’ils ne sont pas liés par la doctrine, comme expliqué dans Notre Encyclique d’il y a quelques années [Mystici corporis Christi], et repose sur les sources de la révélation, qui enseigne que le Corps mystique du Christ et l’Église catholique romaine sont une seule et même choseCertains réduisent à une formule vide de sens la nécessité d’appartenir à la véritable Église pour obtenir le salut éternel».

Ceux qui refusent le Magistère de l’Église sont «déjà condamnés par leur propre jugement (Tite 3, 10)». Jésus-Christ, Fils de Dieu, a fondé Son Église sur la foi indéfectible de Pierre. C’est Pierre et ses successeurs qui disposent du charisme d’infaillibilité en matière de foi et de morale. La vraie foi divine est la foi de la véritable Église catholique traditionnelle et non la secte vatican 2 et les sectes « traditionnalistes » non-catholiques.

Matthieu 16, 18-19 : «Aussi moi je te dis que tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les portes de l’enfer [les langues des hérétiques] ne prévaudront point contre elle. Et je te donnerai les clefs du royaume des cieux ; et tout ce que tu lieras sur la terre sera lié aussi dans les cieux ; et tout ce que tu délieras sur la terre, sera aussi délié dans les cieux».

Concile du Vatican, 4ème session, chapitre 4, 18 juillet 1870 ex cathedra (Magistère solennel infaillible) : «… nous enseignons que c’est une dogme révélé par Dieu : lorsque le pontife romain parle ex cathedra, c’est-à-dire lorsque, remplissant sa charge de pasteur et de docteur de tous les chrétiens, il définit, en vertu de sa suprême autorité apostolique, qu’une doctrine en matière de foi ou de morale doit être tenue par toute l’Église, il jouit, en vertu de l’assistance divine qui lui a été promise en la personne de saint Pierre, de cette infaillibilité dont le divin Rédempteur a voulu que soit pourvue son Église lorsqu’elle définit la doctrine sur la foi ou la morale ; par conséquent, ces définitions du pontife romain sont irréformables par elles-mêmes et non en vertu du consentement de l’Église… [Canon] Si quelqu’un, ce qu’à Dieu ne plaise, avait la présomption de contredire notre définition qu’il soit anathème».

La parole transmise par Jésus-Christ à ses apôtres est transmises par eux à leurs disciples et transmises par eux aux fidèles.

Jean 17, 9, 20 : «Je prie pour eux ; je ne prie pas pour le monde, mais pour ceux que vous m’avez donnés, afin qu’ils soient comme nous ; je ne prie pas pour eux seulement mais encore pour ceux qui croiront par leur parole [c’-à-d. la Tradition orale des apôtres et leurs disciples]».

Concile du Vatican, 3ème session, ch. 3, 1870 ex cathedra (Magistère solennel infaillible) : «…on doit croire de foi divine et catholique tout ce qui est contenu dans la Parole de Dieu, écrite ou transmise par la Tradition, et que l’Église propose à croire comme divinement révélé, soit par un jugement solennel, soit par son Magistère ordinaire et universel [qui comprend aussi le consentement unanime des pères]».

Pape Paul III, Concile de Trente, Session 4, 1546, ex cathedra (Magistère solennel infaillible) : «En outre, pour contenir les esprits indociles, il décrète que personne, dans les choses de la foi ou des mœurs [la morale] concernant l’édifice de la foi chrétienne, ne doit, en s’appuyant sur son seul jugement, oser interpréter l’Écriture sainte en détournant celle-ci vers son sens personnel allant contre le sens qu’a tenu et que tient notre sainte mère l’Église, elle à qui il revient de juger du sens et de l’interprétation véritables des saintes Écritures, ou allant encore contre le consentement unanime des pères [Latin : unanimem consensum patrum], même si des interprétations de ce genre ne devaient jamais être publiées. Les contrevenants seront dénoncés par les Ordinaires et punis des peines prévues par le droit». (Décrets 664)

Le baptême d’eau est absolument nécessaire au salut.

Jean 3, 5 : «Jésus répondit : En vérité, en vérité, je te le dis, si quelqu’un [quiconque] ne renaît de l’eau [sacrement de baptême] et de l’Esprit-Saint [Esprit de l’Église], il ne peut entrer dans le royaume de Dieu».

Pape Eugène IV, Concile de Florence, Laetentur caeli, 1439, (Décret. 528) ex cathedra (Magistère solennel) : «Quand aux âmes de ceux qui disparaissent en état effectif de péché mortel ou seulement originel, elles descendent aussitôt en enfer, pour y être punies cependant de peines inégales».

Pape Eugène IV, Concile de Florence, Exultate Deo, 22 nov. 1439 ex cathedra (Magistère solennel) : «La première place de tous les sacrements est tenue par le saint baptême, qui est la porte de la vie spirituelle ; par lui nous devenons membres du Christ et du corps de l’Église. Et comme par le premier homme la mort est entrée en tous [Rm 5, 12], si nous ne renaissons pas par l’eau et l’Esprit nous ne pouvons, comme dit la Vérité, entrer dans le Royaume des cieux [Jn 3, 5]».

Il n’y a absolument aucun salut en dehors de la véritable Église catholique.

Pape Boniface VIII, Unam Sanctam, 18 novembre 1302, ex cathedra (Magistère infaillible solennel) : «… cette Église en dehors de laquelle il n’y a pas de salut ni rémission des péchés …En outre, nous déclarons, disons, définissons et proclamons à toute créature humaine qu’ils ont la nécessité absolue pour le salut d’être entièrement soumis au Pontife romain».

Pape Eugène IV, Concile de Florence, Cantate Domino, 1441, ex cathedra (Magistère infaillible solennel) : «… aucun de ceux qui se trouvent en dehors de l’Église catholique, non seulement païens, mais encore juifs ou hérétiques et schismatiques [tous automatiquement hors de la foi catholique par loi divine] ne peuvent devenir participants à la vie éternelle, mais iront « dans le feu éternel qui est préparé pour le diable et ses anges » (Mt 25, 41), à moins qu’il lui aient été réagrégés [par la pénitence, le renoncement à l’erreur, l’abjuration de l’hérésie, la soumission au Magistère et la preuve d’adhésion à la vraie foi] … personne ne peut être sauvé, … même s’il verse son sang pour le nom du Christ, s’il n’est pas demeuré dans le sein et dans l’unité de l’Église catholique».

Ceux qui ne se soumettent pas au Magistère de la véritable Église catholique sont de fait (automatiquement) hors de l’Église.

Pape Eugène IV, Concile de Florence, Cantate Domino, 1441 (Décret. 571) ex cathedra (Magistère infaillible solennel) : «… tous ceux qui PENSENT des choses OPPOSÉES ET CONTRAIRES, l’Église les condamne, les réprouve, les anathématise, et les dénonce comme ÉTRANGERS au corps du Christ qui est l’Église».

Pape Léon XIII, Satis Cognitum, n° 9, 29 juin 1896 (Magistère ordinaire infaillible) : «L‘Église n’a jamais rien eu de plus à cœur, rien poursuivi avec plus d’effort, que de conserver de la façon la plus parfaite l’intégrité de la foi [foi entière et intacte]. C’est pourquoi elle a regardé comme des rebelles déclarés, et chassé loin d’elle tous ceux qui ne pensaient pas comme elle, sur n’importe quel point de sa doctrine».

Pape Léon XIII, Satis Cognitum, n° 9, 29 juin 1896 (Magistère infaillible ordinaire) : «…peut-il être permis à qui que ce soit de repousser quelqu’une de ces vérités, sans se précipiter ouvertement dans l’hérésie, sans se séparer de l’Église et sans répudier en bloc toute la doctrine chrétienne ? Car telle est la nature [unité] de la foi que rien n’est plus impossible que de croire ceci et de rejeter cela».

Pape Léon XIII, Satis Cognitum (n° 9), 29 juin 1896 : « La pratique de l’Eglise a toujours été la même, comme le montre l’enseignement unanime des Pères, qui avaient l’habitude de tenir À L’EXTÉRIEUR DE LA COMMUNION CATHOLIQUE  ET ÉTRANGER À L’ÉGLISE, QUICONQUE se retirait le moins du monde de tout point de DOCTRINE PROPOSÉ PAR L’AUTORITÉ DE SON MAGISTÈRE ».

Pape Léon XIII, Satis Cognitum, n° 9, 29 juin 1896 (Magistère infaillible ordinaire) : «…celui qui, même sur un seul point, refuse son assentiment aux vérités divinement révélées, très réellement abdique tout à fait la foi [apostasie], puisqu’il refuse de se soumettre à Dieu en tant qu’il est la souveraine vérité et le motif propre [formel] de la foi».

Pape Léon XIII, Satis Cognitum, n° 9, 29 juin 1896 (Magistère infaillible ordinaire) : «ceux qui ne prennent de la doctrine chrétienne que ce qu’ils veulent, s’appuient sur leur propre jugement et non sur la Foi ; refusant de « réduire en servitude toute intelligence sous l’obéissance du Christ » (II Corinth. 10, 5), ils obéissent en réalité à eux-mêmes plutôt qu’à Dieu».

Pape Pie XII, Mystici Corporis Christi (n° 23), 29 juin 1943 (Magistère ordinaire infaillible) : «Ce n’est pas tout péché, si grave soit-il, qui soit tel que de sa propre nature fait rompre un homme du Corps de l’Église, comme le fait le schisme, l’hérésie ou l’apostasie ».

Pape Pie XII, Mystici Corporis Christi, 29 juin 1943 (Magistère ordinaire infaillible) : « …celui qui refuse d’écouter l’Église doit être considéré, d’après l’ordre du Seigneur, comme un païen et un publicain (Matt. 18, 17)».

Pape Pie XII, Mystici Corporis Christi, 29 juin 1943 (Magistère ordinaire infaillible) : «…seuls font partie des membres de l’Église, ceux qui ont reçu le baptême de régénération et professent la VRAIE foi, et qui n’ont pas eu le malheur de se séparer eux-mêmes de l’unité du corps [par l’apostasie, l’hérésie, le schisme et l’excommunication]».

Saint Athanase, évêque d’Alexandrie, père de l’Église, Lettre à son troupeau, IVème siècle  «Que Dieu vous console !… Ce qui vous attriste aussi, c’est que les autres ont occupé les églises … tandis que vous, pendant ce temps, vous êtes dehors. C’est un fait, ils ont les locaux : mais vous avez la foi apostolique. Eux, ils peuvent occuper nos églises, mais ils sont hors de la vraie Foi catholique. … C’est vous qui êtes heureux, vous qui restez dans l’Église par votre foi, vous qui tenez fermement aux fondements de la foi qui vous est parvenue de la sainte Tradition apostolique ».

Tout baptisé est tenu de connaître la foi quand c’est possible, sous peine de péché mortel d’omission pour ignorance coupable ; Qui néglige sciemment de s’instruire de la vraie foi traditionnelle en ces temps et voir les preuves de la secte vatican 2 et des autres sectes hérétiques est suspect d’hérésie, et qui persiste dans sa mauvaise volonté doit être considéré hérétique

Concile du Vatican, 3ème session, chapitre 3, 1870 : «Ajoutons qu’on doit croire de foi divine et catholique tout ce qui est contenu dans la Parole de Dieu, écrite ou transmise par la Tradition, et que l’Église propose à croire comme divinement révélé, soit par un jugement solennel, soit par son magistère ordinaire et universel».

Tous les baptisés doivent croire tout ce que l’Église propose à croire comme divinement révélé.

Saint Thomas, Somme théologique, Ia, q. 32, a. 4 : «tous les catholiques sont censés connaître le magistère de l’Église et les vérités révélées dans la Sainte Écriture».

Code droit canon 1917, canon 1324 : « Il ne suffit pas d’éviter la dépravation hérétique, mais il faut également fuir avec empressement ces erreurs qui en approchent plus ou moins. C’est pourquoi tous doivent, en effet, suivre les constitutions et décrets par lesquels ces opinions sont proscrites et interdites par le Saint-Siège ».

Code droit canon 1917, canon 16 § 1 : « Aucune ignorance des lois irritantes ou inhabilitantes n’excuse de les observer, sauf stipulation contraire ».

§  2 : « L’ignorance ou l’erreur portant sur la loi ou sur la peine ou sur le fait propre ou sur le fait d’autrui quand il est notoire n’est généralement pas présumée ; elle est présumée en ce qui concerne le fait d’autrui dépourvu de notoriété, sauf preuve du contraire ».

Quand le fait est notoire la loi est censée être connue. Cela signifie que le fait d’une personne lui est certainement imputable quand le fait est notoire, c’est-à-dire que la personne en question est censée ne pas ignorer la loi. Et sans notoriété du fait, l’ignorance ou l’erreur de la loi est présumée sauf preuve qu’il est notoire (publiquement connu et pas de fraude intelligente ni d’excuse possible, can. 2197, 3), c-à-d certainement imputable.

Code droit canon 1917, canon 2229, § 1 : « L’ignorance  affectée [volontaire et par la décision de ne pas s’instruire de la loi pour y manquer plus librement] de la loi, ou seulement de la peine, n’excuse jamais d’aucune peine latae sententiae [excommunication automatique] ».

§ 3 : « L’ignorance crasse ou supine [paresseux négligeant de s’instruire de ce qu’ils devraient savoir] de la loi, ou seulement de la peine, n’excuse d’aucune peine latae sententiae [excommunication automatique] ».

Tous les baptisés sont tenus par la loi de connaître leur foi et de s’instruire de la foi de l’Église quand c’est possible, sous peine de péché mortel d’omission pour ignorance coupable. Un seul péché mortel envoie en enfer pour l’éternité, sauf repentir et pénitence. Un baptisé qui néglige sciemment (sachant qu’il doit le faire) de s’instruire de la vraie foi traditionnelle en ces temps (et à cause de ces temps de grande apostasie) et voir les preuves de la secte vatican 2 et des autres sectes hérétiques doit être considéré suspect d’hérésie, et celui qui persiste dans sa mauvaise volonté doit être considéré comme hérétique.

Il n’y a absolument aucun salut possible sans la vraie foi catholique.

Ceux qui refusent (en sachant qu’ils doivent le faire) de s’instruire de la vraie foi commettent un péché mortel d’omission qui les exclut du salut (sauf s’ils reviennent). Ceux qui persistent dans leur mauvaise volonté à obéir à l’Église et les discuteurs qui refusent de se soumettre au Magistère infaillible de l’Église ne sont pas membres de l’Église ni du salut et sont «déjà condamnés par leur propre jugement (Tite 3, 10)», car il faut tenir la vraie foi catholique traditionnelle (et être baptisé) pour être dans la véritable Église hors de laquelle il n’y a aucun salut.

« La crainte du Seigneur est le principe de la Sagesse. La sagesse et la doctrine, les insensés les méprisent »(Proverbes 1, 7)

« L’homme impie affermit effrontément son visage, mais celui qui est droit corrige sa voie » – (Proverbes 21, 29)

Luc 8, 18 : «Voyez donc comment vous écoutez. Car il sera donné à celui qui a [l’amour de la Vérité] ; et quiconque n’a point, même ce qu’il croit avoir, lui sera ôté».

Marc 16, 16 : «Celui qui croira [vraie foi catholique ou traditionnelle] et sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné [nul salut sans la vraie foi]».

1 Pierre 5, 8-9 : «Soyez sobres et veillez, car votre adversaire, le diable, comme un lion rugissant, rôde autour de vous, cherchant qui il pourra dévorer. Résistez-lui forts dans la [vraie] foi[le diable se moque de la fausse foi]».

Romains 1, 17 : « La justice de Dieu, en effet, y [l’Évangile] est révélée par la  [vraie] foi et pour  la [vraie] foi, ainsi qu’il est écrit : Le juste vivra de la [vraie] foi».

Romains 15, 13 : «Que le Dieu de l’espérance vous remplisse de toute joie et toute paix dans votre foi [vraie foi de l’Église], afin que vous abondiez dans l’espérance et dans la vertu de l’Esprit-Saint».

Éphésiens 3, 13 : « que le Christ habite par la [vraie] foi dans vos cœurs [le Christ n’habite pas dans le cœur sans la vraie foi]».

Éphésiens 4, 5-6 : «Il y a un seul Seigneur, UNE SEULE FOI, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous [chrétiens]…».

Éphésiens 4, 13-14 : «Jusqu’à ce que nous parvenions tous à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu [nulle connaissance du Christ sans l’unique vraie foi]… afin que nous ne soyons plus comme de petits enfants qui flottent ni emportés çà et là à tout vent de doctrine [hérésies], par la tromperie des hommes, par leur astuce pour induire en erreur ».

Galates 2, 16 : « …l’homme n’est point justifié [rendu juste devant Dieu] par les œuvres de la Loi [naturelle et mosaïque], mais par la foi en Jésus-Christ [foi de l’Église ou vraie foi ou foi traditionnelle]».

Hébreux 11, 6 : «Sans la [vraie] foi, il est impossible de plaire à Dieu [sans la vraie foi c’est la réprobation]».

2 Jean 1, 9 : «Quiconque se retire et ne demeure point dans la doctrine du Christ [Tradition de l’Église] ne possède point Dieu [le Christ n’habite pas dans le cœur sans la vraie foi]».

Pape Eugène IV, Concile de Florence, Le symbole d’Athanase, Sess. 8, 22 novembre 1439, ex cathedra (Magistère infaillible solennel) : «Celui qui veut être sauvé, doit avant tout tenir la foi catholique, à moins que chacun la conserve INTÈGRE et INVIOLÉE, il périra sans aucun doute pour l’éternité».

Pape Pie IV, Concile de Trente, ex cathedra (Magistère infaillible solennel) : «Cette vraie foi catholique hors de laquelle personne ne peut être sauvé…»

Benoît XIV, Cum Religiosi (n ° 4), 26 juin 1754 : «Veillez à ce que chaque ministre effectue attentivement les mesures prévues par le saint concile de Trente … que les confesseurs doivent effectuer cette partie de leur devoir à chaque fois que quelqu’un se tient à leur tribunal qui ne sait pas ce qu’il doit, par nécessité de moyens savoir pour être sauvé …»

Pape Pie IX, Concile du Vatican, 1870, ex cathedra (Magistère infaillible solennel) : «Cette vraie foi catholique hors de laquelle personne ne peut être sauvé…»

Pape Grégoire XVI, Mirari vos (Magistère infaillible ordinaire de l’Église) : « Ils sont contre le Christ dès lors qu’ils ne sont pas avec le Christ » (Lc XI, 23) ; ils dissipent misérablement par là même ceux qui n’amassent point avec lui, et par conséquent « ils périront éternellement, sans aucun doute, s’ils ne gardent pas la foi catholique et s’ils ne la conservent entière et sans altération » (Symb. S. Athanas.)».

Pape saint Pie X, Acerbo Nimis (n° 2), le 15 avril 1905 : «Et comme Notre prédécesseur Benoît XIV, vient de l’écrire : « Nous déclarons qu’un grand nombre de ceux qui sont condamnés au châtiment éternel souffre la calamité éternelle à cause de l’ignorance de ces mystères de la foi qui doivent être connus et crus pour être comptés parmi les élus». 

Pape Pie XI, Mortalium Animos, n° 9 (Magistère) : «Le fondement de la charité est la foi pure et sans tache [c’-à-d. nulle charité sans la vraie foi]».

Pape Pie XII, Mystici corporis Christi, 29 juin 1943 (Magistère) : tous les autres membres [laïcs] du Corps mystique de Jésus-Christ, chacun pour sa part, ont le devoir de travailler avec énergie et diligence à l’édification et à l’accroissement de ce Corps [l’Église].

Un seul péché mortel sur la conscience envoie en enfer.

Pape Benoit XII, Benedictus Deus, 29 janv. 1336 ex cathedra (Magistère solennel) : «les âmes de ceux qui meurent en état de péché mortel descendent aussitôt après leur mort en enfer où elles sont tourmentées de peines éternelles».

La négligence volontaire à s’instruire de la foi est un péché qui entraîne à la suspicion d’hérésie par la complaisance avec l’hérésie.

Pape Alexandre III, Concile de Latran III, Canon 27, 1179 ex cathedra (Magistère infaillible solennel) : «… la perversité condamnable des hérétiques …. a pris tant de force, que désormais ce n’est pas en secret, comme quelques uns, qu’ils mettent leur malice [méchanceté], mais qu’ils manifestent leur erreur ouvertement [publiquement] et attirent à eux les simples et les faibles. C’est pourquoi nous décrétons frappés d’anathème ceux qui les défendent et les reçoivent, et nous défendons sous peine d’anathème que personne n’ait l’audace de les garder dans sa maison ou sur son territoire, ou de les encourager, ou encore de faire du commerce avec eux. S’ils viennent à mourir dans ce péché, aucun prétexte de privilèges accordés par nous, ne permettra d’offrir de messe pour eux ou de les enterrer parmi les chrétiens. … Les évêques ou les prêtres qui ne s’opposeraient pas avec force à de telles choses, seront punis par la privation de leur office jusqu’à ce qu’ils obtiennent le pardon du Siège apostolique».

Pape Innocent III, Concile du Latran IV, constitution 3, 1215, ex cathedra (Magistère infaillible solennel) : «Pour ceux qui sont connus comme seulement soupçonnés d’hérésie, à moins qu’ils ne fassent la preuve de leur innocence personnelle par un amendement adéquat concernant les motifs de suspicion et leur propre comportement, on les frappera d’anathème [excommunication] et tous les éviteront jusqu’à satisfaction convenable. S’ils demeurent sous l’excommunication pendant une année [s’ils continuent à s’obstiner dans leur excommunication pour suspicion d’hérésie], ils seront alors condamnés [automatiquement] comme hérétiques».

Saint Thomas d’Aquin, Summa, Prima Secunda Pars, Q. 76, art. 2 : « …celui qui néglige de faire ou de faire ce qu’il doit faire, commet un péché d’omission. C’est pourquoi, par négligence, l’ignorance de ce que l’on est tenu de connaître, est un péché [mortel], alors qu’elle n’est pas imputée comme un péché de l’homme, s’il ne parvient pas à savoir ce qu’il est incapable de savoir».

Code droit canon 1917, Can. 1325 : § 1 «Les fidèles du Christ sont tenus de professer ouvertement leur foi [sous peine de péché mortel] dans toutes les circonstances où leur silence, leurs hésitations ou leur attitude signifierait une négation [déni] implicite [sous-entendu] de la foi, un mépris de la religion, une injure à Dieu ou un scandale pour le prochain».

Code droit canon 1917, Can. 2316 : «Est suspect d’hérésie celui qui spontanément et sciemment aide de quelque manière que ce soit la propagation de l’hérésie, ou communique in divinis [communicatio in divinis] avec des hérétiques, contre ce qui est prescrit au Can. 1258 » [Can. 1258 § 1 : « Il n’est pas permis aux fidèles d’assister activement ou de prendre part, sous quelque forme que ce soit, aux rites sacrés non-catholiques ». Le Can. 1258 § 2 : « La présence passive ou simplement matérielle aux cérémonies d’un culte hétérodoxe pour un motif d’honneur à rendre ou d’obligation de politesse » est scandaleux].

«Comment pèche-t-on contre la foi catholique ? Un catholique pèche contre la foi par l’apostasie, l’hérésie, l’indifférentisme [religieux] et en prenant part au culte non catholique». (Catéchisme du Concile de Trente, Catéchisme [attribué au] pape saint Pie X, et Catéchisme de Baltimore)

Catéchisme Penny n° 177 : «Quels sont les péchés contre la Foi ? Les péchés contre la Foi sont toutes les fausses religions, les doutes volontaires, l’incrédulité ou le refus du moindre article de foi et l’ignorance coupable des doctrines de l’Église».

Catéchisme Penny n° 329, neufs manières de participer au péché d’autrui : «3. Par consentement ; 8. Par silence ;».

Jacques 4, 17 : «Pour celui qui connait le bien à faire, et ne le fait pas, pour lui c’est le péché».

Pape Innocent IV, premier concile de Lyon, II, 5 (decret. 300), 1245 ex cathedra (Magistère infaillible solennel) : «… ne pas vouloir inquiéter ceux qui font le mal n’est rien d’autre que de les encourager, et … celui qui s’abstient de s’opposer à une mauvaise action évidente [crime manifeste] ne manque pas d’être soupçonné de complicité occulte».

Pape Léon XIII, Inimica vis, 8 déc. 1892 : «Grave et très grave est le jugement qu’à porté à ce sujet Félix III, Notre prédécesseur : C’est approuver l’erreur que de ne pas y résister ; c’est étouffer la vérité que de ne pas la défendre… Quiconque cesse de s’opposer à un forfait manifeste peut en être regardé comme le complice secret».

Saint Justin Martyr, Père de l’Église, Dialogue avec Tryphon, n° 82, 2ème siècle : « … tous ceux qui peuvent dire la vérité et ne la disent pas seront jugés par Dieu, selon que Dieu le témoigne par la bouche d’Ézéchiel lorsqu’il dit : « Je t’ai établi gardien de la maison d’Israël, si le pécheur pèche et que tu ne l’avertisses pas, il sera perdu lui-même par son péché, … mais à toi je te demanderai son sang ; si au contraire tu l’as averti, tu seras innocent » (Ez. 3, 17-19)».

Chemin de conversion

Le baptême d’eau et la vraie foi catholique sont absolument nécessaires pour entrer dans l’Église et être membre de  l’Église (la vraie foi est aussi nécessaire pour la validité du baptême). Ceux qui viennent de l’athéisme, de fausses religions païennes doivent d’abord s’instruire des pages suivantes :

Ceux qui ne sont pas baptisés, doivent recevoir le baptême après avoir accepté au-moins les mystères essentiels de la foi (ci-dessous) quand il leur est impossible d’en connaître davantage. Mais s’il est possible de connaître davantage la foi, ils doivent s’instruire des autres vérités de la foi (ci-dessous) pour la validité de leur baptême.

Ceux qui sont baptisés doivent revenir à la vraie foi, car la plupart sont dans l’apostasie et sur le chemin de l’enfer.

La nécessité de moyens – foi minimum

La nécessité de moyens signifie les mystères essentiels à croire au minimum pour le salut :

  • La Trinité et l’Incarnation,
  • Dieu rémunérateur,
  • La loi naturelle.

Le baptême est invalide (nul ou n’ayant pas existé) sans la foi minimum en ces mystères essentiels. Ceci est uniquement valable quand la personne demandant le baptême ne peut absolument pas en connaître davantage sans faute de sa part, ce qui s’appelle l’ignorance invincible des autres vérités de foi en dehors des mystères essentiels, ce qui n’a rien à voir avec l’hérésie du salut par ignorance invincible des mystères essentiels obligatoires (Voir ci-dessous : La loi naturelle et l’hérésie du salut par ignorance invincible des mystères essentiels de la foi).

La Trinité et l’Incarnation

Pape Eugène IV, Concile de Florence, session 8, 22 nov. 1439 ex cathedra [Magistère solennel] : « Nous présentons … cette règle de foi énoncée par le très bienheureux Athanase [Symbole de saint Athanase] … : «Quiconque veut être sauvé doit, avant tout, tenir la foi catholique : s’il ne la garde pas entière et pure, il périra sans aucun doute pour l’éternité.

«Voici la foi catholique : nous vénérons un Dieu dans la Trinité et la Trinité dans l’Unité, sans confondre les Personnes ni diviser la substance : autre est en effet la Personne du Père, autre celle du Fils, autre celle du Saint-Esprit ; mais une est la divinité du Père, du Fils et du Saint-Esprit, égale la gloire, coéternelle la majesté.

«Comme est le Père, tel est le Fils, tel est aussi le Saint-Esprit : incréé est le Père, incréé le Fils, incréé le Saint-Esprit ; infini est le Père, infini le Fils, infini le Saint-Esprit ; éternel est le Père, éternel le Fils, éternel le Saint-Esprit ; et cependant, ils ne sont pas trois éternels, mais un éternel ; tout comme ils ne sont pas trois incréés, ni trois infinis, mais un incréé et un infini. De même, tout-puissant est le Père, tout-puissant le Fils, tout-puissant le Saint-Esprit ; et cependant ils ne sont pas trois tout-puissants, mais un tout-puissant. Ainsi le Père est Dieu, le Fils est Dieu, le Saint-Esprit est Dieu ; et cependant ils ne sont pas trois Dieux, mais un Dieu. Ainsi le Père est Seigneur, le Fils est Seigneur, le Saint-Esprit est Seigneur ; et cependant ils ne sont pas trois Seigneurs, mais un Seigneur ; car, de même que la vérité chrétienne nous oblige à confesser que chacune des personnes en particulier est Dieu et Seigneur, de même la religion catholique nous interdit de dire qu’il y a trois Dieux ou trois Seigneurs.

«Le Père n’a été fait par personne et il n’est ni créé ni engendré ; le Fils n’est issu que du Père, il n’est ni fait, ni créé, mais engendré ; le Saint-Esprit vient du Père et du Fils, il n’est ni fait, ni créé, ni engendré, mais il procède. Il n’y a donc qu’un Père, non pas trois Pères ; un Fils, non pas trois Fils ; un Saint-Esprit, non pas trois Saint-Esprit. Et dans cette Trinité il n’est rien qui soit avant ou après, rien qui soit plus grand ou plus petit, mais les Personnes sont toutes trois également éternelles et semblablement égales. Si bien qu’en tout, comme on l’a déjà dit plus haut, on doit vénérer, et l’Unité dans la Trinité, et la Trinité dans l’Unité. Qui donc veut être sauvé, qu’il croie cela de la Trinité.

«Mais il est nécessaire au salut éternel de croire fidèlement aussi en l’incarnation de notre Seigneur Jésus-Christ. C’est donc la foi droite que de croire et de confesser que notre Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, est Dieu et homme. Il est Dieu, de la substance du Père, engendré avant les siècles, et il est homme, de la substance de sa mère, né dans le temps ; Dieu parfait, homme parfait composé d’une âme raisonnable et de chair humaine, égal au Père selon la divinité, inférieur au Père selon l’humanité. Bien qu’il soit Dieu et homme, il n’y a pas cependant deux Christ, mais un Christ ; un, non parce que la divinité a été transformée en la chair, mais parce que l’humanité a été assumée en Dieu ; un absolument, non par un mélange de substance, mais par l’unité de la personne. Car, de même que l’âme raisonnable et le corps font un homme, de même Dieu et l’homme font un Christ. Il a souffert pour notre salut, il est descendu aux enfers, le troisième jour il est ressuscité des morts, il est monté aux cieux, il siège à la droite du Père, d’où il viendra juger les vivants et les morts. À sa venue, tous les hommes ressusciteront avec leurs corps et rendront compte de leurs propres actes : ceux qui ont bien agi iront dans la vie éternelle, ceux qui ont mal agi, au feu éternel. Telle est la foi catholique : si quelqu’un n’y croit pas fidèlement et fermement, il ne pourra être sauvé».

Dieu rémunérateur

La nécessité de moyen (minimum à croire pour pouvoir être sauvé si impossibilité de connaître davantage la foi catholique) comprend aussi de croire que Dieu est le rémunérateur.

Hébreux 11, 6 : «Or, sans la foi il est impossible de plaire à Dieu. Car il faut que celui qui s’approche de Dieu croie qu’il est, et qu’il est le rémunérateur de ceux qui le cherchent».

Pape Eugène IV, Concile de Florence, session 8, 22 nov. 1439 ex cathedra : « Nous présentons … cette règle de foi énoncée par le très bienheureux Athanase… : il viendra juger les vivants et les morts. À sa venue, tous les hommes ressusciteront avec leurs corps et rendront compte de leurs propres actes : ceux qui ont bien agi iront dans la vie éternelle, ceux qui ont mal agi, au feu éternel. Telle est la foi catholique : si quelqu’un n’y croit pas fidèlement et fermement, il ne pourra être sauvé».

Pape Pie XII, Summi pontificatus, 20 oct. 1939 : «Dieu, créateur tout-puissant et Père de tous, suprême et absolu législateur, omniscient et juste vengeur des actions humaines. … Quand la divinité éternelle est reniée avec légèreté, toute base de moralité s’en trouve ébranlée du même coup, et l’on voit s’étouffer ou du moins s’affaiblir singulièrement la voix de la nature qui enseigne aux ignorants et même à ceux qui n’ont pas encore accédé à l’usage de la culture civique, ce qui est bien et ce qui est mal, le licite et l’illicite, et qui leur rappelle qu’un jour ils auront à rendre compte de leurs actions bonnes ou mauvaises devant le juge suprême».

La loi naturelle

La nécessité de moyen comprend aussi la loi naturelle car toute violation de la loi naturelle est un péché. La loi naturelle est un reflet de la loi éternelle. La loi naturelle est inscrite dans le cœur de tous les hommes, de sorte que tous les hommes savent que certaines choses sont contre la loi de Dieu, et que certaines choses sont conformes à la loi naturelle de la charité, etc.

Pape Pie XII, Summi pontificatus, 20 oct. 1939 : «Il est connu de tous que la source profonde et dernière des maux dont est affligée la société d’aujourd’hui se trouve dans la négation et le rejet d’une norme universelle de la probité des mœurs, tant dans la vie individuelle que dans la vie sociale elle-même et dans les relations mutuelles qui existent entre les peuples et les nations ; c’est-à-dire que la loi naturelle elle-même est obscurcie par la méconnaissance et l’oubli. Cette loi naturelle trouve son fondement en Dieu, créateur tout-puissant et Père de tous, suprême et absolu législateur, omniscient et juste vengeur des actions humaines. Quand la divinité éternelle est reniée avec légèreté, toute base de moralité s’en trouve ébranlée du même coup, et l’on voit s’étouffer ou du moins s’affaiblir singulièrement la voix de la nature qui enseigne aux ignorants et même à ceux qui n’ont pas encore accédé à l’usage de la culture civique, ce qui est bien et ce qui est mal, le licite et l’illicite, et qui leur rappelle qu’un jour ils auront à rendre compte de leurs actions bonnes ou mauvaises devant le juge suprême».

La loi naturelle est la loi que chaque personne connait par instinct de naissance. Elle est gravée par le Créateur dans notre cœur, et tout le monde – même les païens qui n’ont jamais entendu parler de Dieu ou de la vraie religion catholique – reçoivent ce don de Dieu. Des exemples de péchés qui enfreignent la loi naturelle et qui sont faciles à reconnaître sont l’avortement, l’assassinat, le viol, le vol, la pédophilie, l’homosexualité, la calomnie, le mensonge, etc. La conscience condamne toujours une personne qui fait ces choses et donc il ne peut jamais y avoir d’excuse pour les personnes qui commettent de tels péchés.

Romains 2, 13-15 : Car ce ne sont pas ceux qui écoutent la loi [loi ancienne mosaïque] qui sont justes devant Dieu ; mais ce sont les observateurs de la loi qui seront justifiés [sauvés par la loi nouvelle]. En effet, lorsque les gentils [païens], qui n’ont pas la loi [ancienne et nouvelle], font naturellement [loi naturelle] ce qui est selon la loi ; n’ayant pas la loi, ils sont à eux-mêmes la loi : montrant ainsi l’œuvre de la loi écrite en leurs cœurs, leur conscience leur rendant témoignage, et leurs pensées s’accusant et se défendant l’une l’autre ».

Le commentaire (Vulg. Douai Rheims, Haydock) de la Bible catholique Vulgate explique correctement Romains 2, 14-16 :

« Ces hommes sont une loi pour eux-mêmes, et l’ont écrite dans leurs cœurs, quant à l’existence d’un Dieu, et leur raison leur dit que beaucoup de péchés sont illicites : ils peuvent aussi faire des actions qui sont moralement bonnes, comme l’aumône pour soulager les pauvres, en honorant leurs parents, etc. Non pas que ces actions, moralement bonnes, suffiront d’elles-mêmes pour leur justification, ou leurs méritent une récompense surnaturelle dans le royaume des cieux, mais Dieu, dans sa miséricorde infinie, leur donnera des grâces surnaturelles qui, s’ils continuent de coopérer avec elles, leurs obtiendront plus de grâces et finalement ils seront exposées à la foi catholique, s’ils doivent être sauvés».

Exemples de violation de la loi naturelle :

Ces exemples peuvent tous tomber dans la catégorie du péché mortel, car ils rejettent une vérité qu’ils savent être vraie de la loi naturelle, à savoir : 1) que l’existence de Dieu peut être connue par la raison naturelle ; 2) que la masturbation, le sexe oral ou la sodomie ou préliminaires sont contre nature, honteux et contre la procréation ; 3) que l’avortement est un assassinat ; 4) que la contraception ou PFN frustre délibérément le pouvoir naturel d’engendrer la vie ; 5) que les psychotropes, tels que fumer de la marijuana, est un péché mortel, tout comme se saouler.

  • nier l’existence de Dieu est une hérésie contre la loi naturelle car tous savent que c’est un mensonge de croire qu’il n’y a pas une vérité mais plusieurs.
  • approuver l’homosexualité ou le mariage homosexuel sont des hérésies contre la loi naturelle, car tout le monde sait naturellement que la fin de la sexualité est la procréation et non l’assouvissement de la passion et de la concupiscence, le plaisir désordonné, le vice de l’impureté, l’idolâtrie du corps, ou que la fin du mariage est la procréation et l’éducation des enfants.
  • L’indifférentisme religieux et le relativisme religieux sont aussi des hérésies contre la loi naturelle car tous peuvent savoir naturellement la vérité selon laquelle il ne peut y avoir qu’une seule Vérité, car s’il y a deux vérités, une est la vérité et l’autre un mensonge. Tout le monde peut savoir cela par sa nature sans rien connaître des vérités de la foi et du salut.
  • L’évolutionnisme est une autre hérésie contre la loi naturelle, car tous savent que l’homme n’a pas d’ancêtre commun avec les animaux. Pourquoi l’homme n’a pas trois yeux, ou des ailes ? Pourquoi donc les organes ? Etc.

Cependant suivre la loi naturelle ou celle écrite de Moïse ne sauve pas, mais amène l’homme qui lui obéit à la vérité de la foi par la grâce de Dieu (ou ramène à la vérité de la foi celui qui s’en est éloigné). Aucun salut n’est possible sans obéir à la loi de grâce ou loi évangélique.

Galates 2, 16 : « Sachant que l’homme n’est point justifié [rendu juste devant Dieu] par les œuvres de la Loi [naturelle et mosaïque], mais par la foi en Jésus-Christ, … attendu que par les œuvres de la loi ne sera justifiée nulle chair ».

La loi naturelle et l’hérésie du salut par ignorance invincible des mystères essentiels de la foi

Quand les gens enfreignent la loi naturelle, c’est toujours un péché, et cela ne peut être excusé, car cette loi est écrite par Dieu dans le cœur de chaque homme. L’ignorance de la Trinité et de l’Incarnation, cependant, n’est pas un péché en soi, mais Dieu retient cette connaissance des mystères essentiels pour de nombreuses personnes dont Il a connu d’avance qu’ils rejetteraient son offre de salut.

Le pape Pie XII explique comment l’Esprit-Saint aide les gens à devenir catholiques, bien qu’ils ne pensent pas consciemment devenir catholiques à ce moment. L’Esprit leur indique de suivre la loi naturelle et de faire le bien, et ensuite il les aide à penser pour prendre conscience de la façon dont ils doivent se convertir à la foi catholique.

Pape Pie XII, Mystici corporis, n° 101, 29 juin 1943 [Magistère] : «Pour ceux-là mêmes qui n’appartiennent pas au corps visible de L’Église, vous savez bien, Vénérables Frères, que, dès le début de Notre Pontificat, Nous les avons confiés à la protection et à la conduite du Seigneur, affirmant solennellement qu’à l’exemple du Bon Pasteur Nous n’avions qu’un seul désir : Qu’ils aient la vie et qu’ils l’aient en abondance [1]. Cette assurance solennelle, Nous désirons la renouveler, après avoir imploré les prières de toute l’Église dans cette Lettre encyclique, où Nous avons célébré la louange du  » grand et glorieux Corps du Christ  » [2], les invitant tous et chacun de toute Notre affection à céder librement et de bon cœur aux impulsions de la grâce divine et à s’efforcer de sortir d’un état où nul ne peut être sûr de son salut éternel [3] ; car, même si, par un certain désir et souhait inconscient, ils se trouvent ordonnés au Corps mystique du Rédempteur, ils sont privés de tant et de si grands secours et faveurs célestes, dont on ne peut jouir que dans l’Église catholique. Qu’ils entrent donc dans l’unité catholique, et que, réunis avec Nous dans le seul corps du Corps de Jésus-Christ, ils accourent tous vers le Chef unique en une très glorieuse société d’amour [4]. Sans jamais interrompre nos prières à l’Esprit d’amour et de vérité, Nous les attendons les bras grands ouverts, comme des hommes qui se présentent à la porte, non d’une maison étrangère, mais de leur propre maison paternelle».

[1] Pie XII, Lettre encyclique Summi Pontificatus, 20 octobre 1939 ; AAS XXXI (1939) 419 ; St Jean 10, 10. [2] St Irénée, Adv. Hær., IV, 33, 7 ; PG 7, 1076. [3] Cf. Pie IX, Iam vos omnes [Denz. 2997], 13 sept. 1868 ; Act. Conc. Vat., CL VII, 10. [4] Cf. St Gélase Ier, 1er mars 492-21 novembre 496 [Denz. 347], Epist. XIV. PL 59, 89.

Pie XII dit que les non-catholiques (y compris les  membres de sectes non-catholiques) peuvent obtenir des grâces, qui sont vraies, puisque aucun ne se convertirait à la foi catholique à moins d’avoir reçu des grâces quand ils étaient des infidèles. Contrairement aux mensonges des hérétiques (hérésies du salut par ignorance invincible de la foi ou sans sacrement de baptême) le pape Pie XII ne dit en aucun cas ici qu’ils sont sauvés hors de l’Église. Voir Pas de baptême de désir – Hérésie du baptême de désir

La nécessité de moyen suffit quand les circonstances rendent impossible de connaître davantage la foi, mais non pas quand cela est possible ; la mauvaise volonté pour connaître la sainte foi quand cela est possible ou accessible est une faute grave, un péché mortel qui conduit en enfer.

Saint Thomas d’Aquin, Summa, Prima Secunda Pars, Q. 76, art. 2 : « Maintenant, il est évident que celui qui néglige de faire ou de faire ce qu’il doit faire, commet un péché d’omission. C’est pourquoi, par négligence, l’ignorance de ce que l’on est tenu de connaître, est un péché, alors qu’elle n’est pas imputée comme un péché de l’homme, s’il ne parvient pas à savoir ce qu’il est incapable de savoir. Par conséquent l’ignorance de ces choses est appelée«invincible», parce qu’elle ne peut être surmontée par l’étude. Pour cette raison, l’ignorance, n’étant pas volontaire, il n’est pas en notre pouvoir de s’en débarrasser, n’est pas un péché : c’est pourquoi il est évident que l’ignorance invincible n’est pas un péché. D’autre part, l’ignorance invincible est un péché, si c’est sur des questions qu’on est obligé de savoir, mais ça ne l’est pas, si c’est sur des choses qu’on n’est pas obligé de le savoir ».

Ces mystères essentiels de la foi pour le salut impliquent obligatoirement de ne pas nier toute vérité des Écritures ou toute vérité enseignée par l’Église. Ces mystères crus font les catholiques (chrétiens) qui ne peuvent pas connaître plus la foi, à moins qu’ils tiennent une position qui soit incompatible avec la foi en la Trinité et l’Incarnation ou refusent une vérité à savoir sur Dieu et la loi naturelle ou refusent quelque chose qu’ils savent être clairement enseigné dans l’Écriture. Par exemple, si la personne baptisée prétend croire en la Trinité et l’Incarnation, mais soutient que toutes les religions sont plus ou moins bien, alors c’est un hérétique et qui n’a pas la foi catholique (avant même qu’il sache qu’une telle position est condamnée par l’Église) parce que sa croyance est incompatible avec la vraie foi dans la Trinité comme seul vrai Dieu, où la croyance selon laquelle il doit avoir la foi catholique dans ses composantes les plus simples.

Un autre exemple serait si la personne baptisée qui croit en la Trinité et l’Incarnation (qui sont les éléments les plus simples de la foi catholique), et n’a jamais entendu parler d’autres dogmes catholiques, soutient que l’homme n’a pas le libre arbitre (comme certains protestants l’enseignent). Cette personne deviendrait hérétique parce qu’elle rejette une vérité que tous savent être vraie de la loi naturelle, à savoir, que l’ homme a une volonté libre. Ainsi, elle nie une toute vérité à savoir sur l’homme de la loi naturelle et est hérétique.

Un autre exemple serait si la personne baptisée qui croit en la Trinité et l’Incarnation (la foi catholique dans ses composantes les plus simples), et n’a jamais entendu parler d’autres dogmes catholiques, refuse de croire que Dieu est le rémunérateur et punisseur. Cette personne est hérétique parce qu’elle rejette une vérité qu’elle sait être vraie de la loi naturelle, que Dieu est le rémunérateur et punisseur de nos actions (voir Héb. 11, 6).

Un autre exemple est ceux qui croient aux doctrines de «la foi seule» et «sécurité éternelle» (une grande majorité des protestants). Ces doctrines contredisent à la fois la loi naturelle et la raison qui dit que chaque homme doit être récompensé ou puni pour ses actes. Cela contredit également, mot pour mot, l’enseignement de Jacques 2 dans l’Écriture, qui enseigne que la foi sans les œuvres est morte, et que l’ homme n’est pas sauvé par la foi seule. Cette personne qui croit en la foi seule ou la sécurité éternelle est hérétique, même si elle n’a jamais su que sa position est condamnée par l’Église et n’a jamais entendu parler d’autres dogmes catholiques, parce qu’elle rejette une vérité qu’elle sait être vraie de la loi naturelle, que Dieu est le rémunérateur et punisseur de nos actions, et que la foi seule ne justifie pas un homme seulement, mais nos actes aussi.

L’ignorance invincible des autres vérités de la foi (en dehors des mystères essentiels) – c-à-d l’ignorance qui ne peut être surmontée par un effort humain bien ordonné – est une autre affaire, et est totalement excusable, c’est-à-dire quand il est impossible de connaître plus que les mystères essentiels – la Trinité et l’Incarnation, et la loi naturelle – qui doivent absolument être connus explicitement par tous au-dessus de l’âge de raison, pour le salut.

On est vraiment obligé de connaître la foi catholique assez bien pour être en mesure de repérer l’hérésie quand elle se présente (hérésie de salut sans la vraie foi ou « ignorance invincible », hérésie du salut sans sacrement de baptême ou « baptême de désir » et « baptême de sang », hérésie de salut hors de l’Église ou « âme de l’Église » hors du Corps du Christ qui est l’Église, etc.). Alors – en conformité avec le Docteur angélique – si nous savons que notre prêtre, évêque, etc., est hérétique ou schismatique, mais que nous adhérons à lui de toute façon, alors nous partageons en effet son péché d’hérésie ou de schisme, ce par quoi nous œuvrerons alors en dehors de la vraie religion.

Le salut de l’ignorant invincible de la foi minimale (mystères essentiels) est une hérésie pure et simple qui nie directement les dogmes suivants (entre autres) de la foi :

Pape Eugène IV, Concile de Florence, Le symbole d’Athanase, Sess. 8, 22 novembre 1439, ex cathedra (Magistère solennel) : «Celui qui veut être sauvé, doit avant tout tenir la foi catholique, à moins que chacun la conserve intègre et inviolée, il périra sans aucun doute pour l’éternité».

Pape Pie IV, Concile de Trente, ex cathedra (Magistère solennel) : «Cette vraie foi catholique hors de laquelle personne ne peut être sauvé…»

Pape Pie IX, Concile du Vatican, 1870, ex cathedra (Magistère solennel) : «Cette vraie foi catholique hors de laquelle personne ne peut être sauvé…»

Vérités de la foi

Les gens qui peuvent (quand c’est possible) connaître la foi au-delà des mystères essentiels doivent absolument accepter et soumettre leur intelligence aux vérités de foi et de morale suivantes.

Pape saint Clément Ier (88-98)

  • Les hérétiques sont les fils du démon – Épître aux Corinthiens 42. 46

Pape Damase Ier (366-384)

  • Jésus Christ viendra juger les vivants et les morts – Rome Tomus Damasi (Ench. Symb. 73 167)

Pape saint Zosime Ier (417-418)

  • Le Baptême est nécessaire au Salut des enfants – (Ench. Symb. 102 223)

Pape Célestin Ier (422-432)

  • Jésus Christ est la Vérité – Éphèse Décrets 57
  • Les idolâtres [païens, musulmans, bouddhistes, hindouistes, etc.] sont sans Dieu, « victimes de toutes sortes d’erreurs, vases de colère» qui doivent être «arrachés à la puissance des ténèbres» – Indiculus (Ench. Symb. 139 246)
  • Les infidèles [athées, panthéistes, new-âgers, etc.] doivent recevoir la foi, « victimes de toutes sortes d’erreurs, vases de colère» qui doivent être «arrachés à la puissance des ténèbres» – Indiculus (Ench. Symb. 139 246)
  • Les juifs ne luisent pas de la lumière de la vérité, ils doivent faire disparaître le voile couvrant leur cœur, « victimes de toutes sortes d’erreurs », des «vases de colère» qui doivent être «arrachés à la puissance des ténèbres» – Indiculus (Ench. Symb. 139 246)
  • Les hérétiques doivent se repentir et accepter la foi catholique, « victimes de toutes sortes d’erreurs, vases de colère» qui doivent être «arrachés à la puissance des ténèbres» – Indiculus (Ench. Symb. 139 246)
  • Les schismatiques doivent faire pénitence, « victimes de toutes sortes d’erreurs, vases de colère» qui doivent être «arrachés à la puissance des ténèbres» – Indiculus (Ench. Symb. 139 246)
  • Les catéchumènes sont « victimes de toutes sortes d’erreurs », des «vases de colère» qui doivent être «arrachés à la puissance des ténèbres», et doivent être conduits au sacrement de la régénération (baptême d’eau) pour le salut – Indiculus (Ench. Symb. 139 246)
  • Les hérétiques corrompent la véritable manifestation du Saint Esprit  – Ephèse Décrets (ou décrétales) 74
  • Les hérétiques attirent sur leurs têtes un feu inextinguible – Ephèse Décrets 74

Pape saint Léon Ier (440-461)

  • En dehors de l’Église Catholique, il n’existe pas de Sainte Unité – De Jejun. Pent. 129. II. 3

Pape Vigile (537-555)

  • Ceux qui rejettent la Foi sont “étrangers à l’Église Catholique” – Constantinople II Décrets 113
  • Les hérétiques sont les portes de l’Enfer – Constantinople II Décrets 113
  • L’hérétique, même s’il n’a pas été condamné officiellement par un individu, en réalité apporte anathème sur lui-même – Constantinople II, 553
  • Quiconque ne condamne pas les hérétiques, qu’il soit anathème – (Ench. Symb. 223 433)

Pape Pélage Ier (556-561)

  • L’Église est spécialement préparée pour répondre aux questions de chacun – Humani generis (Ench. Symb. 228 a 443)

Pape Pélage II (579-590)

  • Il n’y a pas de martyrs chrétiens en dehors de l’Église – Dilectionis vestrae (Ench. Symb. 247 468)
  • Quiconque n’est pas Catholique ne possède pas le Père – (Ench. Symb. 246 – )

Pape saint Grégoire Ier (590-604)

  • Les sectes hérétiques ne peuvent pas vivre de la vie de l’Église – Exposition sur le Psaume V
  • Les Juifs apostats n’ont pas foi dans le Salut – Epître à Cledonius

Pape Saint Martin Ier (649-655)

  • Les Catholiques doivent anathématiser tous les hérétiques – Latran (Ench. Symb. 271-272 518-520)
  • Les prédicateurs hérétiques sont le fruit d’une opération diabolique – Latran (Ench. Symb. 271 522)

Pape saint Agathon Ier (678-681)

  • Quiconque prie avec les hérétiques est hérétique – Sacrorum Conciliorium XI, 635
  • Personne ne peut prier avec les hérétiques et être Catholique – Sacrorum Conciliorium XI, 635. 12

Pape Hadrien Ier (772-795)

  • L’Église est pure de toute tâche et de toute offense –  Nicée II Décrets 133
  • Les Juifs sont anathèmes, totalement coupés de la Communion et de l’éclat divins – Nicée II Décrets 145
  • Qui ne vénère pas les images de Marie est maudit du Père, du Fils et du Saint Esprit – Constantinople IV Décrets 168

Pape Hadrien II (867-872)

  • Les hérétiques ne sont pas dignes de s’approcher des Sacrements – Constantinople IV Décrets 178

Pape saint Léon IX (1049-1054)

  • Le Père, le Fils et le Saint Esprit sont les créateurs de toutes choses – Congratulamur vehementer (Ench. Symb. 343 680)

Pape Innocent II (1130-1143)

  • Aucun laïc ne peut exercer de ministère pastoral – Latran II Décret 199
  • Nous excluons de l’Église du Christ les hérétiques baptisés – Latran II Décrets 202

Pape Innocent III (1198-1216)

  • Nous condamnons tous les hérétiques, quelque nom qu’ils portent – Latran IV
  • Nous confessons l’unique Église, pas des hérétiques, mais la Sainte, romaine, catholique et apostolique en dehors de laquelle nous croyons qu’aucun n’est sauvé – Eius exemplo, 18 déc. 1208
  • Nous démasquons et nous nous dressons contre les hérétiques, adversaires du Christ – ius exemplo (Ench. Symb. 426 796)
  • Les Clercs ne peuvent donner la communion aux hérétiques – Latran IV Décrets 234
  • L’Église Catholique est l’Église Universelle – Latran IV (Ench. Symb. 430 802)
  • Quiconque protège les hérétiques est un hérétique – Lectures dans l’histoire de l’Église I, 441

Pape Innocent IV (1243-1254)

  • Doivent être considérés comme des hérétiques… sont ceux qui, même sur une légère preuve, sont coupables de s’être écartés du chemin de la religion catholique – Lyon I

Pape Grégoire X (1271-1276)

  • Les Musulmans sont blasphémateurs et sans Foi – Lyon II Décrets 309
  • Toute expression corporelle à la Messe est condamnée – Lyon II Décrets 328
  • Les défunts vraiment pénitents, morts dans la charité, avant d’avoir satisfait pour les péchés qu’il ont commis ou omis, sont purifiées après la mort par des peines purgatoires – Lyon II (Ench. Symb. 464 856)

Pape Boniface VIII (1294-1303)

  • L’autorité civile doit être soumise à l’autorité de l’Église – Unam Sanctam (Ench. Symb. 469 873-875) 18 nov. 1302
  • La tunique du Seigneur [l’Église] est sans coutures et ne peut être coupée – Unam Sanctam (Ench. Symb. 468 871)
  • Il n’y a pas de salut ni rémission des péchés en dehors de l’Église – Unam Sanctam (Ench. Symb. 468 870)
  • On ne trouve seulement le Salut que dans l’Église Catholique – (Ench. Symb. 468. 469 870-872)
  • Les péchés ne sont pas remis en dehors de l’Église – Unam sanctam (Ench. Symb. 468 870)
  • L’Église Catholique est le parfait moyen de Salut – Unam Sanctam (Ench. Symb. 468 870)
  • Nous déclarons la nécessité absolue pour le salut d’être entièrement soumis au Pontife romain – Unam Sanctam

Pape Clément V (1305 – 1314)

  • C’est une grave offense de ne pas exterminer l’hérésie – Vienne Décrets 382
  • Les fausses religions sont sacrilèges et implantées par le diable – Vienne Décrets 383
  • La vraie liberté ne peut être trouvée que dans l’Église Catholique – Vienne Décrets 383
  • Seul le Pape peut définir le Magistère – Vienne Décrets 360
  • Nous ne pouvons construire que sur la base de la Foi Catholique – Vienne Décrets 360
  • La conduite des Musulmans est obscène et détestable – Vienne Décrets 350
  • La musique païenne est une honte pour les églises – Vienne Décrets 378
  • L’adoration des non Catholiques est un déshonneur et est interdite – Vienne Décrets 380

Pape Benoit XII (1335-1342)

  • Ceux qui meurent en état de péché mortel vont en Enfer – Benedictus Deus (Ench. Symb. 531 1002)

Pape Clément VI (1342-1352)

  • Seule l’Église Romaine est Catholique – Super Quibusdam (Ench. Symb. 570 a 1050)
  • Celui qui rejette la Papauté est en dehors de l’Église – Super Quibusdam (Ench. Symb. 570 b 1051)
  • Personne ne peur être sauvé en dehors de l’Église Catholique – Super Quibusdam (Ench. Symb. 570 b 1051)

Pape Martin V (1417-1431)

  • Les hérétiques offensent Dieu et scandalisent l’Église – Constance Décrets 428
  • Les Catholiques répudient et condamnent la foi des hérétiques – Constance Décrets 421-422

Pape Eugène IV (1431-1447)

  • L’Islam est une secte abominable – Bâle Décrets 479
  • Les Juifs qui observent la Loi seront damnés – Florence, Cantate Domino (Ench. Symb. 712 1348)
  • L’Ancien Testament été remplacé par le Nouveau Testament – Florence, Cantate Domino (Ench. Symb. 712 1348)
  • Les hérétiques, schismatiques, juifs, païens (idolâtres, musulmans, hindous, bouddhistes, etc.) vont en Enfer – Florence, Cantate Domino (Ench. Symb. 714 1351)
  • Les hérétiques sont totalement séparés du Corps de Christ – Cantate Domino (Ench. Symb. 705 1332 1339 1351)
  • Les fausses religions sont séparées de l’Église – (Ench. Symb. 705 1332)
  • Hors de l’Église Catholique il n’y a point de Salut – (Ench. Symb. 714 1351)
  • Personne ne peut être sauvé, même s’il verse son sang pour le Christ, s’il n’est pas dans le sein et l’unité de l’Église catholique – Florence, Cantate Domino (Ench. Symb. 714 1351)
  •  On devient membre du Christ et du Corps de l’Église par le sacrement de baptême – Florence, Exsultate Deo (Ench. Symb. 696 1314)
  • Si nous ne renaissons pas par l’eau et l’esprit, nous ne pouvons pas entrer dans le royaume des cieux [Jn 3, 5] (Ench. Symb. 696 1314)
  • L’Église Catholique condamne et anathématise tous ceux qui tiennent un point de vue opposé ou contraire – Florence, Cantate Domino (Ench. Symb. 705 1332)
  • Celui qui veut être sauvé doit avant tout tenir la foi catholique, à moins que chacun la conserve intègre et inviolée, il périra sans aucun doute pour l’éternité – Florence s. 8, 22
  • Ceux qui se repentent véritablement meurent dans l’amour de Dieu, avant réparé leurs fautes commises par actions ou par omission, sont purifiées après leur mort par des peines purgatoires – Florence s. 6 (Décrét. 527-528)

Pape Pie II (1458-1464)

  • Les Conciles Œcuméniques doivent défendre la Vérité – (Ench. Symb. 717 1375)

Pape Jules II (1503-1513)

  • Les schismatiques sont les fils de la damnation – Latran V Décrets 597

Pape Léon X (1513-1521)

  • Il n’y a absolument aucun Salut en dehors de l’Église – Latran V Décrets 646
  • Les Musulmans attaquent la Croix symbole de Vie – Latran V Décrets 651
  • Les infidèles de l’orient (Turcs, musulmans, hindouistes, etc.) traitent avec un mépris complet le chemin qui mène à la véritable Lumière et au Salut – Latran V Décrets 651
  • Les Infidèles sont les ennemis haïssables de Dieu – Latran V Décrets 651
  • Les schismatiques sont privés des prières habituelles de l’Église – Exsurge Domine (Ench. Symb. 763 1473)
  • Tous ceux qui adhèrent à l’affirmation d’une telle erreur [toute assertion contraire à la vérité de la foi éclairée] doivent être totalement évités et punis – Latran V Décrét. 605
  • Les faux chrétiens, ceux qui ne pensent pas correctement en matière de foi, les hérétiques ou ceux qui sont entachés de la souillure d’hérésie, ou encore les judaïsants, doivent être complètement éliminés du troupeau des fidèles du Christ – Latran V Décrét. 625
  • La philosophie ne peut [ne doit] dévier de la Foi Catholique – Latran V Décrets 605 606
  • Les Infidèles sapent la foi Catholique – Latran V Décrets 605 606
  • Brûler les hérétiques n’est pas contraire à la volonté de Dieu – Exsurge Domine (Ench. Symb. 773 1483)
  • Aucun pape ne peut infirmer l’autorité des Conciles, contredire leurs actes, juger leurs lois – Exsurge Domine, n° 29

Pape Paul III (1534 – 1549)

  • Sans la Foi Catholique, il est impossible de plaire à Dieu – (Ench. Symb. 787 1510)
  • Personne, dans les choses de la foi ou de la morale ne doit oser interpréter l’Écriture sainte contre le sens qu’a tenu et que tient notre sainte mère l’Église – Trente s. 4
  • Par le Christ nos devenons un nouvel homme qui est crée à l’image de Dieu – Trente (Ench. Symb. 792 1515)
  • Le Père envoya Jésus Christ comme la seule offrande possible – Trente (Ench. Symb. 794 1522)
  • Personne ne peut changer les rituels approuvés par l’Église – Trente (Ench. Symb. 856 1613)
  • L’Église est attachée à la coutume des Sacrements – Trente (Ench. Symb. 856 1613)
  • C’est hérésie de dédaigner les rituels approuvés par l’Église – Trente (Ench. Symb. 856 1613)
  • Quiconque change le Sacrement de Baptême, qu’il soit anathème – Trente (Ench. Symb. 856 1613)
  • Les êtres renaissent par le Baptême – Trente (Ench. Symb. 799 1528-1529)
  • Si quelqu’un dit que le [sacrement de] baptême … n’est pas nécessaire pour le salut, qu’il soit anathème – Trente (Ench. Symb. 1618)
  • Par le baptême, l’homme est justifié instantanément – Trente Décrets 673
  • Les non baptisés ne sont pas membres de l’Église – Trente s. 14 c. 2 (Ench. Symb. 895 1671-1672)
  • Quiconque change le Sacrement de Confirmation, qu’il soit anathème – Trente (Ench. Symb. 856 1613)
  • Quiconque change le sacrement de Mariage, qu’il soit anathème – Trente (Ench. Symb. 856 1613)
  • Quiconque dit que celui qui est justifié ne peut perdre la grâce, qu’il soit anathème – Trente (Ench. Symb. 833 1573)
  • Sans la Foi Catholique, personne n’est jamais justifié – Trente (Ench. Symb. 787. 801 1510. 1532)
  • Quiconque rejette la liste des livres saints des Écritures, qu’il soit anathème – Trente (Ench. Symb. 784 1504)
  • Il revient à l’Église de juger du sens et de l’interprétation véritables des saintes Écritures – Trente s. 4
  • Personne, dans les choses de la foi ou de la morale ne doit oser interpréter l’Écriture contre le consentement unanime des pères – Trente s. 4

Pape Jules III (1550-1555)

  • L’Extrême-onction ne peut être changée sans péché – Trente (Ench. Symb. 928 1718)
  • L’Église n’exerce de jugement sur personne entré dans l’Église par la porte du baptême – Trente s. 14 c. 2
  • Le Seigneur Christ fait membre de son corps par le bain du baptême – Trente s. 14 c. 2

Pape Paul IV (1555-1559)

  • Un hérétique ne peut pas être pape – Cum ex Apostolatus Officio, 15 fév. 1559
  • L’Église Catholique condamne les discours hérétiques – Ad Catholicos Angliae

Pape Pie IV (1560-1565)

  • Que tous [clers et laïcs], faisant usage de la règle de la foi, avec l’aide du Christ, puissent être capables de reconnaître plus facilement la vérité catholique [Magistère] au milieu des ténèbres de tant d’erreurs [hérésies] – Trente s. 23, c. 4
  • Hors de la vraie Foi catholique, personne ne peut être sauvé – Iniunctum nobis (Ench. Symb. 1000 1869-1870)

Pape St Pie V (1566 – 1572)

  • Nous interdisons à perpétuité tout nouveau rituel à la Messe – Quo Primum
  • Quiconque change la Messe encourt la colère Divine – Quo Primum
  • Aucun nouveau rituel ne peut être ajouté à la liturgie – Quo Primum
  • Les adaptations radicales de la liturgie sont condamnées – Quo Primum
  • Les hérétiques ne sont pas membres de l’Église Catholique – Catéchisme du Concile de Trente 101

Pape Clément XI (1700-1721)

  • La Foi aux mystères essentiels est une nécessité minimum pour le baptême et le salut – (Ench. Symb. 1349 2380-2381)

Pape Benoit XIV (1740-1748)

  • Nous prions pour les Juifs sans Foi afin qu’ils sortent de leurs ténèbres – Encycliques Papales (Vol. I) 42
  • Le seul objectif d’un missionnaire est de délivrer les non Catholiques de leurs erreurs – Encycliques Papales (Vol. I) 57

Pape Pie VI  (1775 – 1799)

  •  La langue vernaculaire devrait être utilisée dans la liturgie : Hérésie – (Ench. Symb. 1566 2666)
  • Introduire à la Messe le langage populaire est démoniaque – Auctorem Fidei (Ench. Symb. 15331566. 2633 2666)
  • Le rituel de la Messe devrait être simplifié : condamné – Auctorem fidei (Ench. Symb. 1533 2633) 
  • Cette licence de penser, de dire, d’écrire et même de faire imprimer impunément en matière de religion : droit monstrueux – Quod aliquantum, 10 mars 1791
  • Les droits de l’homme, contraires à la religion et à la société – Adeo Nota, 23 avril 1791
  • Seuls les Catholiques sont Chrétiens – Super soliditate (Ench. Symb. 1500 2592-2597)
  • Si nous sommes Chrétiens, nous devons croire en la Papauté – Super soliditate (Ench. Symb. 1500 2593)
  • L’excommunication ou la suspension, …les peines appelées «ipso facto» [par le fait ou automatiquement] n’ont aucune autre force que celle d’une menace sérieuse sans effet réel – Condamné, Auctorem fidei, 47ème proposition condamnée, 28 août 1794
  • L’Église peut donner une mauvaise discipline : Condamné – Auctorem fidei (Ench. Symb. 1578 2678)
  • Le pouvoir de ministère et de gouvernement dérive de la communauté des fidèles aux pasteurs : hérétique – Auctorem fidei, prop. condamnée n°2
  • Le Pontife Romain reçoit non pas du Christ mais de l’Église, le pouvoir de ministère : hérétique – Auctorem fidei, prop. condamnée n° 3

Pape Pie VII (1800 – 1823)

  • La liberté de tous les cultes sans distinction confond la vérité avec l’erreur – Post tam diuturnas, 29 avril 1814

Pape Léon XII (1823-1829)

  • N’est pas notre frère quiconque est hors de l’Église Catholique – Encycliques Papales (Vol. I) 202
  • Un évangile du Démon existe en dehors de l’Église – Encycliques Papales (Vol. I) 202

Pape Pie VIII (1829-1830)

  • La seule véritable religion, c’est l’Église Catholique – Encycliques Papales (Vol. I) 222
  • Celui qui mange l’agneau en dehors de cette maison [lieux de réunions des hérétiques] périra tout comme ceux lors de l’inondation qui n’étaient pas avec Noé dans l’arche – Traditi Humilitati (n° 4), 24 mai 1829

Pape Grégoire XVI (1831 – 1846)

  • L’Église a le pouvoir du magistère pour enseigner et définir les questions de foi et de morale, et d’interpréter les Saintes Écritures sans le danger de l’erreur – Commissum divinitus
  • Il n’y a pas de vérité en dehors de l’Église Catholique – (Ench. Symb. 1617 -)
  • Seuls le salut et les principes moraux sont dans l’Église – (Ench. Symb. 1613 2730)
  • La liberté religieuse traite la révélation avec mépris – Mirari Vos 15, 15 août 1832
  • Il est absurde et outrageant de dire que l’Église a besoin de renouveau – Mirari Vos 11
  • La liberté de la presse est fatale, monstrueuse et horrible – Mirari Vos 16
  • Seuls les Catholiques adorent Dieu – Summo Iugiter 6
  • Hérétiques, juifs apostats et païens (musulmans, bouddhistes, hindouistes, etc.) n’adorent pas le seul vrai Dieu – Summo Iugiter
  • Seuls sont sauvés les hommes de religion Catholique – Summo Iugiter 2
  • Les fausses religions adorent le Démon – Summo Iugiter
  • Les hérétiques rejettent la tradition du Verbe Divin – Inter praecipuas (Ench. Symb. 1630 2771)
  • L’indifférentisme [religieux], poison, délire – Mirari vos
  • La liberté de conscience, folie, erreur des plus contagieuses – Mirari vos (Ench. Symb. 1613 2730)
  • Les méchants pensent que ‘la Foi quelle qu’elle soit’ conduit au ciel – Mirari vos
  • Ceux qui s’imaginent que toute religion conduit au salut … ils périront éternellement, sans aucun doute, s’ils ne gardent pas la foi catholique entière et sans altération – Mirari Vos n ° 13
  • Dire que le Salut est offert aux fausses religions (Hérétiques, schismatiques, juifs, païens, etc.) est une hérésie – Mirari Vos 13
  • La révélation de Dieu à l’homme n’est donnée que par le Christ – Mirari vos 28
  • Les schismatiques ne sont pas régénérés par le baptême – Mirari Vos 14
  • Les hérétiques sont les fils de Bélial – Mirari Vos 25
  • Celui qui mange l’agneau à l’extérieur de cette maison [lieux de réunion des hérétiques] est impie – Commissum divinitus (n° 11), 17 mai 1835
  • Il faut dissuader les mariages inter religieux – Summo Iugiter  1-9

Pape Pie IX (1846 – 1878)

  • Le Salut des âmes est pour nous la loi suprême – (Ench. Symbol. 1847 – )
  • Toute prière avec des hérétiques est condamnable – Condamnation de la « Théorie des branches » (Ench. Symb. 1686 2887), Saint Office
  • Les Protestants pervertissent l’Écriture Sainte – Qui Pluribus 14
  • Le pluralisme [religieux] s’oppose à la raison humaine – Qui Pluribus 15
  • Nous condamnons les bibles protestantes – Qui Pluribus 14
  • Il faut tenir de foi que personne ne peut être sauvé hors de l’Église catholique apostolique et romaine ; il n’y a qu’un Dieu, qu’une Foi, qu’un Baptême – Singulari Quidem, 9 déc. 1854, (Ench. Symb. 1717 2917)
  • La vraie Foi ne peut être trouvée en dehors de l’Église – Singulari Quidem
  • Prier avec les hérétiques pour “l’unité” est une hérésie – (Ench. Symb. 1685-1687 2885-2888)
  • Délire : « La liberté de conscience et des cultes est un droit propre à chaque homme» – Quanta Cura 5
  • Le droit à la liberté religieuse pour tous est une hérésie Quanta Cura 5 (Ench. Symb. 1690 1699 2896)
  • Si quelqu’un dit que le seul vrai Dieu notre Créateur et Seigneur, ne peut être connu avec certitude par les choses qui ont été faites, par la lumière naturelle de la raison humaine : qu’il soit anathème – Vatican I s. 3, sur la révélation, c. 1
  • Si quelqu’un doit avoir nié le seul vrai Dieu, Créateur et Seigneur des choses visibles et invisibles : qu’il soit anathème – Vatican I, s. 3, Le Dieu Créateur, c. 1
  • L’enseignement de l’Église est le dépôt de la Foi – Vatican I, Dei Filius (Ench. Symb. 1800 3020)
  • La Doctrine n’a pas été donnée pour être perfectionnée – Vatican I Dei Filius (Ench. Symb. 1800 3020)
  • Le sens des dogmes doit être conservé à perpétuité comme l’Église l’a présenté une fois pour toutes et il n’est jamais loisible de s’en écarter au nom d’une compréhension plus poussée – Vatican I, sess. 3, chap. 4
  • Je n’interpréterai jamais l’Écriture que selon le consentement unanime des pères – Vatican I s. 2
  • La révélation est contenue dans les livres écrits et dans les traditions non écrites reçues par les apôtres – Vatican I s. 3, c. 2
  • On doit croire de foi divine et catholique tout ce qui est contenu dans la Parole de Dieu, écrite ou transmise par la Tradition, et que l’Église propose à croire comme divinement révélé – Vatican I s. 3, c. 3
  • Il n’est permis à personne d’interpréter l’Écriture contrairement au véritable sens que tient l’Église ni au consentement unanime des pères – Vatican I, s. 3 c. 2
  • Le pontife romain parle ex cathedra, lorsque, remplissant sa charge de pasteur et de docteur de tous les chrétiens, définit, en vertu de sa suprême autorité apostolique, une doctrine en matière de foi ou de morale qui doit être tenue par toute l’Église jouit de l’infaillibilité – Vatican I, s. 4, c. 4
  • La liberté de religion n’est pas sacrée – (Ench. Symb. 1932 – )
  • Ce qu’exprime l’Église doit être tenu éternellement pour la Vérité – Vatican I Dei Filius (Ench. Symb. 1800 3020)
  • Ce que le magistère ordinaire de toute l’Église répandue dans l’univers transmet comme divinement révélé retenu d’un consensus universel et constant par les théologiens catholiques appartient à la foi – Tuas libenter
  • Le Pape est le juge suprême des fidèles – Vatican I, Pastor aeternus (Ench. Symb. 1830 3063)
  • Est complètement fausse toute assertion contraire à la Vérité de la foi éclairée (5ème concile du Latran 1441). Vatican I, Dei Filius (Ench. Symb. 1797 3017)
  •  Aucun homme n’est libre d’embrasser et de professer la religion qu’il aura réputée vraie d’après la lumière de la raison – Syllabus, 8 déc. 1864, n° 15
  • Les hommes ne peuvent pas trouver le salut éternel dans n’importe quelle religion – Syllabus, n° 16
  • Pas de salut éternel pour tous ceux qui ne vivent pas dans le sein de la véritable Église du Christ – Syllabus, n° 17
  • Le protestantisme est une fausse religion chrétienne, désagréable à Dieu – Syllabus, n° 18
  • Toutes les lois doivent être conformes à la Loi Divine – Syllabus n° 56. 57
  • Seuls les Catholiques ont droit à la liberté religieuse – Quanta Cura 5, (Ench. Symb. 1690 1699 2896), Syllabus n° 77
  • L’État doit interdire les religions non Catholiques – Syllabus n° 78
  • La liberté civile de tous les cultes conduit à la corruption des mœurs et des esprits, et propage la peste de l’indifférentisme – Syllabus n° 79
  • Les Maçons sont les fils du Démon – Singulari Quadam
  • La Bienheureuse Vierge Marie, dans le premier instant de sa Conception … a été préservée et exempte de toute tache du péché originel – Ineffabilis Deus 8 déc. 1854
  • La Vierge Bienheureuse … la médiatrice la plus puissante de l’univers entier auprès de son Fils unique pour la réconciliation – Ineffabilis Deus

Pape Léon XIII (1878 – 1903)

  • Quand le Magistère déclare que telle ou telle vérité fait partie de l’ensemble de la doctrine révélée, chacun doit croire avec certitude que cela est vrai – Satis Cognitum
  • L’Église est habilitée à proclamer le Salut en Jésus Christ – Satis Cognitum 4 (Ench. Symb. 1955 3303-3304)
  • Le Magistère ne pourrait en aucun cas s’engager dans un enseignement erroné – Caritatis studium
  • L’unité de l’Église requiert de droit divin l’unité de foi, de gouvernement, de communion, dans la mesure où elle est le corps des fidèles – Satis Cognitum (n° 10), 29 juin 1896
  • Tous les hérétiques sont hors de la Communion Catholique et hostiles à l’Église – Satis Cognitum n° 9
  • Les hérétiques ne peuvent recevoir légalement les sacrements – Exima Nos Laetitia
  • Les Sacrements en dehors de l’unité du Christ ne sont plus les Sacrements, à l’exception du baptême, Exima nos Laetitia 1903
  • L’administration des Sacrements par des hérétiques est un sacrilège – Exima Nos Laetitia
  • Quiconque est séparé de l’Église commet un adultère – Satis Cognitum n° 5
  • Les Protestants n’ont ni la Trinité, ni la Vie, ni le Salut – Satis Cognitum n° 5
  • Quiconque est séparé de l’Église “ne peut jouir de la Foi du Père et du Fils – Satis Cognitum n° 5
  • La vie de l’Esprit Saint n’existe plus dans un membre coupé – Satis Cognitum n° 5
  • L’Esprit Saint ne donne pas la vie aux hérétiques – Satis Cognitum n° 18
  • Les hérétiques pèchent quand ils reçoivent l’Eucharistie – Exima Nos Laetitia
  • Seul le Pape possède l’autorité suprême – Satis cognitum (Ench. Symb. 1961 3309)
  • Le Pape est le juge suprême des fidèles – Satis Cognitum n° 15
  • Les traditions païennes sont stériles et sans valeur – Satis Cognitum n° 9
  • Le Magistère ne peut commettre d’erreur – Satis Cognitum n°9
  • L’Église est “indivisible par nature” bien que les hérétiques tentent d’y ouvrir des brèches de toute part – Satis Cognitum 4
  • Le dissident, même sur un point de vérité divinement révélée, rejette absolument toute foi – Satis Cognitum n° 9
  • Si quelqu’un en tient une seule [de ces hérésies] il n’est pas catholique – Satis Cognitum n° 9
  • L’enseignement unanime des Pères avaient coutume de tenir hors de la communion catholique et étranger à l’Église, celui qui s’écarterait le moins du monde de n’importe quel point de la doctrine du Magistère – Satis Cognitum n° 9
  • Ceux qui ne prennent de la doctrine chrétienne que ce qu’ils veulent obéissent à eux-mêmes plutôt qu’à Dieu – Satis Cognitum n° 9
  • Personne n’est enfant de Dieu s’il ne prend l’Église pour mère – Satis Cognitum n° 16
  • Les Catholiques et les hérétiques ne partagent pas l’unité de Foi – Satis Cognitum 18
  • C’est une erreur gravissime de considérer l’Église comme une institution humaine – Satis Cognitum n° 3
  • Évitez toute amitié avec ceux qui persécutent l’Église – Custodi Di 15
  • Il est faux de dire que l’Église est invisible – Satis Cognitum n° 3
  • L’Église Catholique est la seule Mission Apostolique – Satis Cognitum n° 35
  • Des formes disparates et contraires de la religion équivaut simplement à n’en vouloir ni choisir, ni suivre aucune, c’est l’athéisme moins le nom – Immortale Dei
  • Nier cette souveraineté de Dieu ou refuser de s’y soumettre, ce n’est pas la liberté, c’est le vice capital du Libéralisme».  Libertas, 20 juin 1888
  • Cette liberté [Libéralisme] contraire à la vertu de religion, la liberté des cultes, chacun  professe telle religion qui lui plaît ou même aucune – Libertas, 20 juin 1888
  • La liberté [Libéralisme] s’arrogeant le droit de tout enseigner à sa guise, est en contradiction flagrante avec la raison – Libertas, 20 juin 1888
  • Accordez à chacun la liberté [Libéralisme] illimitée de parler et d’écrire, rien ne demeure sacré et inviolable – Libertas, 20 juin 1888
  • Cette liberté [Libéralisme] veut que l’État ne rende aucun culte à Dieu ou n’autorise aucun culte public, que nulle religion soit préférée à l’autre – Libertas, 20 juin 1888
  • Puisqu’il est donc nécessaire de professer une religion dans la société, il faut professer celle qui est la seule vraie – Libertas, 20 juin 1888
  • L’Église ordonne que le droit de propriété demeure intact – Quod apostolici (Ench. Symb. 1851 3133)
  • La mariage est de droit divin – Arcanum divinae 10 fév. 1880

Pape St Pie X (1903 – 1914)

  • Il est détestable de servir l’homme plutôt que Dieu – E Supremi n° 9
  • Le Christ n’est pas dans tous les hommes – (Ench. Symb. 2103  –)
  • La dignité humaine dans le Christ n’appartient qu’aux Catholiques – Lettre à la Hiérarchie Française
  • La définition de la Franc-maçonnerie c’est : Liberté, Égalité, Fraternité – Lettre à la Hiérarchie Française
  • Tous les Infidèles sont damnés – Porte du Ciel 13
  • Beaucoup sont condamnés au châtiment éternel à cause de l’ignorance des mystères de la foi qui doivent être connus et crus pour être comptés parmi les élus – Acerbo Nimis (n° 2), 15 avril 1905
  • Les modernistes « rénovateurs » sont les adversaires de la foi et les ennemis de l’Église – Pascendi 2
  • Le Modernisme tente de détruire l’Église – Pascendi 23
  • Le sentiment religieux est le germe de toute religion pour les modernistes – Pascendi 11
  • Pour les modernistes l’homme doit penser sa foi – Pascendi 12
  • Les Modernistes soutiennent que tout en religion évolue – Pascendi 26
  • L’Évolution est la doctrine des modernistes – Pascendi
  • L’Évolution des Dogmes et de la doctrine chrétienne est une erreur condamnable des modernistes – Pascendi 12-27
  • C’est une hérésie de dire que toutes les religions sont vraies – Pascendi 14. 16
  • Pour les modernistes toutes les religions sont vraies mêmes les païennes, mahométane, etc. – Pascendi
  • C’est une hérésie de dire que les païens (Musulmans, Hindous, bouddhistes, animistes, etc.) peuvent rencontrer Dieu – Pascendi 14
  • Les laïcs comme le facteur de progrès de l’Église : Doctrine pernicieuse – Pascendi 27
  • L’Église ne peut toucher à la substance des sacrements – Ex quo nono (Ench. Symb. 2147 a 3556)
  • La Révélation n’a pu être autre chose que la conscience acquise par l’homme : Condamné – Lamentabili, n°20
  • La Révélation n’a pas été complète avec les Apôtres : Condamné – Lamentabili, n°21
  • Les dogmes que l’Église déclare révélés ne sont pas des vérités descendues du ciel : Condamné – Lamentabili, n°22
  • La vérité n’est pas plus immuable que l’homme lui-même : Condamné – Lamentabili, n°58
  • Le Christ n’a pas enseigné un corps déterminé de doctrine, applicable à tous les temps et à tous les hommes : Condamné – Lamentabili, n°59
  • Les principaux articles du Symbole des Apôtres n’avaient pas pour les chrétiens des premiers siècles la même signification : Condamné – Lamentabili, n° 62
  • L’Église est incapable de défendre efficacement la morale évangélique : Condamné – Lamentabili, n° 63
  • Le progrès des sciences exige que l’on réforme les concepts de la doctrine chrétienne sur Dieu, sur la Création, sur la Révélation : Condamné – Lamentabili, n° 64
  • Le catholicisme d’aujourd’hui ne peut se concilier avec la vraie science : Condamné – Lamentabili, n° 65
  • L’athéisme est stupide – Pascendi (Ench. Symb. 2073 3476)
  • Vouloir concilier la foi avec l’esprit moderne mène à la perte totale de la foi – Pascendi
  • Les Modernistes maintiennent : Toutes les religions ont le sentiment religieux – Pascendi 14
  • Les Modernistes soutiennent que chacun a la secrète intuition de Dieu – Pascendi 14
  • Les religions païennes (Islam, Bouddhisme, Hindouisme, etc.) sont fausses – Pascendi 14
  • Les Modernistes appliquent l’expérience à la Tradition et ainsi la détruisent – Pascendi 15
  • Les modernistes tiennent pour vraies toutes les religions – Pascendi 16
  • La Conscience est l’autorité chez les Modernistes – Pascendi 23
  • L’Église est une conscience collective : hérésie – Pascendi 23
  • L’adoration des Modernistes consiste surtout à s’adapter aux coutumes du monde – Pascendi 26
  • Les Modernistes soutiennent que tout en religion évolue – Pascendi 26
  • Le modernisme, rendez-vous de toutes les hérésies, de toutes les erreurs qui furent jamais contre la foi – Pascendi 53
  • Seul le Catholicisme permet d’accéder à une famille universelle – Notre Mandat Apostolique 24
  • Les faux espoirs concernant la dignité humaine sont la racine de bien des erreurs – Notre Mandat Apostolique 25
  • La seule vision du monde, c’est la civilisation Catholique universelle – Notre Mandat Apostolique 24. 36

Pape Benoit XV (1914-1922)

  • Adorer en commun avec les hérétiques est condamné – CIC 1258
  • Si un baptisé refuse opiniâtrement ou doute de quelque chose à croire de la vérité de la foi divine et catholique, il est hérétique – CIC 1325
  • Quiconque prie avec les hérétiques est lui-même hérétique – CIC 2238, 2

Pape Pie XI (1922 – 1939)

  • Dieu a fait l’Église participante de son divin magistère, à l’abri de l’erreur – Divini illius magistri
  • À ce magistère le Christ a conféré l’infaillibilité – Divini illius magistri
  • Ce Siège apostolique n’a jamais permis à ses sujets de prendre part aux assemblées des non-catholiques – Mortalium Animos, 6 janv. 1928
  • Prier pour la paix avec les fausses religions est une hérésie – Mortalium Animos 1-17
  • Il y a hérésie si nous prions avec les hérétiques – (Ench. Symb. 2199  –)
  • Qui soutient que les religions sont toutes plus ou moins bonnes est apostat – Mortalium Animos
  • De nos jours, les hérétiques ont méprisé la véritable Foi – Mortalium Animos 16
  • Il n’y a pas des matières de Foi “fondamentales” et “non-fondamentales” – Mortalium Animos 13
  • Un vrai Catholique amène les païens au Catholicisme – Mortalium Animos 10. 17
  • Le fondement de la charité est la foi pure et sans tache, la pure foi catholique – Mortalium Animos 9. 11
  • L’œcuménisme abandonne la religion divinement révélée – Mortalium Animos 2
  • Encourager l’œcuménisme, c’est rejeter la vraie religion – Mortalium Animos 2
  • L’œcuménisme ne peut en aucune façon être approuvé par les Catholiques – Mortalium Animos 2
  • L’œcuménisme déforme la véritable idée de la religion et de ce fait la rejette – Mortalium Animos 2
  • Ces “assemblées” pour “l’unité” [œcuménisme] sont condamnées  – Mortalium Animos 15
  • L’Église Catholique est l’union de tous les Chrétiens – Mortalium Animos 3. 15
  • L’unité chrétienne est l’Église Catholique – Mortalium Animos 3.  7. 15
  • L’Église est le suprême tribunal de la paix – Mortalium Animos 1-17
  • Où il y a diversité, l’unité est brisée – Casti Connubii 43
  • L’Église Catholique a un seul troupeau et un seul berger – Mortalium Animos 7
  • Les modernistes disent : L’Église s’est trompée – Mortalium Animos 8
  • Toute collaboration avec des non-catholiques est interdite – (Ench. Symb. 2199 – )
  • Les hérétiques soutiennent : l’Évangile peut être modifié pour répondre aux besoins de la vie humaine – Mortalium Animos 12
  • Les schismatiques rejettent le Christ quand ils nient l’Immaculée Conception – Mortalium Animos 13
  • S’ils “rêvent d’unité” qu’ils rentrent dans l’Église – Mortalium Animos 16
  • Dieu nous appelle tous à l’unité Catholique – Mortalium Animos 17
  • Apostasie : la fraternité universelle, la profession de certaines doctrines comme fondement commun de vie spirituelle – Mortalium Animos 1-2
  • La coéducation est fausse et nuisible à la Chrétienté – Casti connubii (Ench. Symb. 2215 3698)
  • Les femmes doivent être soumises à leurs maris – Casti Connubii 15
  • L’éducation non chrétienne est pleine d’erreurs – Casti connubii (Ench. Symb. 2213 – )
  • L’éducation sexuelle est répugnante – Casti connubii (Ench. Symb. 2214 3697)
  • Il n’est permis en aucun cas aux couples de limiter les naissances – Casti Connubii 28
  • Le contrôle des naissances est un péché grave – Casti Connubii 28-29
  • Aucune méthode scientifique ne peut contrôler les naissances – Casti Connubii 28-29
  • Les institutions humaines, publiques ou privées, doivent servir le Christ – Quas Primas 19
  • Le monde n’est fait que de chair, de concupiscence et d’orgueil de la vie – (Ench. Symb. 2223 -)

Pape Pie XII (1939 – 1958) :

  • Les hérétiques pensent que la liturgie est une concélébration de la communauté – Mediator Dei 83 20 nov. 1947
  • Seul le prêtre offre la Divine Victime à la Messe – Mediator Dei 92
  • A la Messe le prêtre représente le Christ et non les fidèles – Mediator Dei 92
  • Seul le clerc est un ministre de la liturgie – Mediator Dei 93
  • La révélation de Dieu à l’homme n’est donnée que par le Christ – Mediator Dei 83
  • L’humanisme est dangereux et une erreur pernicieuse – Mediator Dei 203
  • Les Papes confient aux évêques la direction des âmes – Mystici Corporis (Ench. Symb. 2287 3804)
  • Le schisme, l’hérésie ou l’apostasie, fait rompre un homme du Corps de l’Église – Mystici Corporis Christi (n° 23) 29 juin 1943
  • Les Chrétiens sont un dans la Foi et le Gouvernement – Mystici corporis Christi (Ench. Symb. 2286 3802)
  • Les hérétiques et schismatiques ne peuvent vivre de la vie de l’Esprit Saint – (Ench. Symb. 2286 3802)
  • Seuls font partie des membres de l’Église, ceux qui ont reçu le baptême de régénération et professent la vraie foi – Mystici corporis Christi 
  • Seule l’Église Catholique est le Corps du Christ – Mystici Corporis 17-18
  • Celui qui refuse d’écouter l’Église doit être considéré, d’après l’ordre du Seigneur, comme un païen et un publicain – Mystici corporis Christi
  • Hérésie : Les Nations ne forment qu’une seule communauté – Mystici Corporis 18
  • L’auguste Mère de Dieu, … généreuse associée du divin Rédempteur … gardée intacte de la corruption du sépulcre, … fût élevée, dans son corps et dans son âme, à la gloire suprême du ciel où, Reine, elle resplendit – Munificentissimus Deus 1er nov. 1950

Profession de foi tridentine

Il faut faire la Profession de foi du Concile de Trente après avoir accepter les mystères essentiels et les autres vérités de foi.

Pape Pie IV, Iniunctum nobis, 13 nov. 1564 ex cathedra (Denz., Ench. symb. 1862 994 – 1870 1000) :

«Moi, N., je crois et je professe d’une foi ferme tous et chacun des articles contenus dans le symbole de foi (de Constantinople I, Ench. symb. 150) dont se sert l’Église romaine, c’est-à-dire :
Je crois en un seul Dieu, le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, de toutes les choses visibles et invisibles ; et en un seul Seigneur Jésus-Christ, le Fils unique de Dieu, engendré du Père avant tous les siècles, lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu, engendré, non créé, consubstantiel au Père, par qui tout a été fait qui pour nous, les hommes, et pour notre salut, est descendu des cieux, par le Saint-Esprit s’est incarné de la Vierge Marie, et s’est fait homme ; il a été crucifié pour nous sous Ponce Pilate ; a souffert ; a été enseveli, est ressuscité le troisième jour, selon les Écritures, est monté aux cieux ; il siège à la droite du Père et il reviendra en gloire juger les vivants et les morts ; son Règne n’aura pas de fin ; et en l’Esprit Saint, le Seigneur, qui vivifie ; qui procède du Père et du Fils ; qui avec le Père et le Fils est conjointement adoré et glorifié ; qui a parlé par les prophètes. Et en une Église sainte, catholique et apostolique. Nous confessons un baptême pour la rémission des péchés. Nous attendons la résurrection des morts et la vie du siècle à venir. Amen.

«J’accepte et j’embrasse très fermement les traditions apostoliques et celles de l’Église, et toutes les autres observances et constitutions de cette même Église. De même j’accepte l’Écriture sainte, suivant le sens qu’a tenu et que tient notre Mère l’Église, à qui il appartient de juger du véritable sens et de l’interprétation des saintes Écritures. Je n’accepterai et je n’interpréterai jamais l’Écriture que selon le consentement unanime des Pères.

«Je professe aussi qu’il y a, véritablement et à proprement parler, sept sacrements de la Loi nouvelle, institués par notre Seigneur Jésus Christ et nécessaires pour le salut du genre humain, bien que tous ne le soient pas pour chacun : le baptême, la confirmation, l’eucharistie, la pénitence, l’extrême onction, l’ordre et le mariage. Ils confèrent la grâce et, parmi eux, le baptême, la confirmation et l’ordre ne peuvent être réitérés sans sacrilège. Je reçois et j’accepte aussi les rites reçus et approuvés de l’Église catholique dans l’administration solennelle desdits sacrements.

«J’embrasse et je reçois tous et chacun des articles qui ont été définis et déclarés au saint concile de Trente sur le péché originel et la justification.

«Je professe également qu’à la messe est offert à Dieu un sacrifice véritable, proprement dit, propitiatoire pour les vivants et les morts, et que, dans le très saint sacrement de l’eucharistie, se trouvent vraiment, réellement et substantiellement le Corps et le Sang, conjointement avec l’âme et la divinité de notre Seigneur Jésus Christ, et qu’un changement s’accomplit, de toute la substance du pain en son Corps et de toute la substance du vin en son Sang, changement que l’Église catholique appelle transsubstantiation. J’affirme aussi que, sous une seule des espèces, c’est le Christ tout entier et complet et le véritable sacrement qu’on reçoit.

«Je tiens sans défaillance qu’il y a un purgatoire et que les âmes qui y sont retenues sont aidées par les intercessions des fidèles. Et également que les saints qui règnent conjointement avec le Christ doivent être vénérés et invoqués ; qu’ils offrent pour nous des prières à Dieu et que leurs reliques doivent être vénérées.
«Je déclare fermement qu’on peut avoir et garder les images du Christ et de la Mère de Dieu toujours vierge, ainsi que celles des autres saints, et qu’il faut leur rendre l’honneur et la vénération qui leur sont dus. J’affirme aussi que le pouvoir des indulgences a été laissé par le Christ dans l’Église, et que leur usage est très salutaire au peuple chrétien.

«Je reconnais la sainte, catholique et apostolique Église romaine comme la Mère et la maîtresse de toutes les Églises. Je promets et je jure vraie obéissance au pontife romain, successeur du bienheureux Pierre, chef des apôtres, et vicaire de Jésus Christ.

«Je reçois et je professe sans en douter tout ce qui, par les saints canons et par les conciles œcuméniques, principalement par le saint concile de Trente et par le concile œcuménique du Vatican, a été transmis, défini et déclaré (spécialement sur le primat du pontife romain et son magistère infaillible). En même temps, je condamne, je rejette et j’anathématise également tout ce qui leur est contraire et toute espèce d’hérésie condamnée, rejetée et anathématisée par l’Église.

[On peut aussi bien sûr ajouter les dogmes du Concile de Florence, entre autres : Hors de l’Église catholique point de salut ; Nécessité du sacrement de baptême pour entrer dans le Corps du Christ qui est l’Église ; Nécessité du sacrement de baptême pour le salut ; Nécessité de la foi catholique pour le salut. Et aussi : Immaculée conception (Pie IX) et Assomption de la sainte Vierge Marie Mère de Dieu (Pie XII)]

[S’il y a une secte particulière : « orthodoxe », protestante, anglicane, vatican 2, FSSPX, IMBC, SSPV, CMRI, ou autre, lignée Thuc, monastère de la très sainte famille, MLR, ou autre, à laquelle vous apparteniez, ou si vous avez cru en une hérésie spécifique (voir Sur les hérétiques en général en ces temps actuels de grande apostasie), ajoutez à la fin que vous rejetez également cette secte hérétique ou hérésie.]

«Cette vraie foi catholique, hors de laquelle personne ne peut être sauvé, que je professe présentement de plein gré et que je tiens sincèrement, moi, N., je promets, je prends l’engagement, et je jure de la garder et de la confesser, Dieu aidant, entière et inviolée, très fidèlement jusqu’à mon dernier soupir, et de prendre soin, autant que je le pourrai, qu’elle soit tenue, enseignée et prêchée par ceux qui dépendent de moi ou par ceux sur qui ma charge me demandera de veiller. Qu’ainsi Dieu me soit en aide et ces saints évangiles».

Œuvres de la foi

La foi sans les œuvres est morte. Les œuvres de la foi sont absolument nécessaires pour le salut. Sans œuvres de la foi, il n’y a aucun salut. Les œuvres de la foi sont faites par la charité qui est l’amour de Dieu par-dessus toutes choses et l’amour du prochain pour l’amour de Dieu.

1 Corinthiens 4, 20 : «Car ce n’est pas dans les paroles que consiste le royaume de Dieu, mais dans la vertu».

Le commentaire de la Vulgate sur 1 Cor. 4, 20 précise : «Le royaume de Dieu : c’est-à-dire la vertu, la perfection chrétienne. Ne consiste pas : n’a pas pour condition d’existence des paroles, plus ou moins éloquentes, mais la foi et la sainteté, qui sont les œuvres de force et de puissance. Comp. Mt 7, 21».

Jacques 2, 17-20, 26 : «La foi, si elle n’a pas les œuvres, est morte en elle-même. Mais dira quelqu’un : Toi, tu as la foi, et moi j’ai les œuvres ; montre-moi ta foi sans les œuvres, et moi je te montrerai ma foi par mes œuvres. Tu crois qu’il n’y a qu’un seul Dieu, tu fais bien ; mais les démons croient aussi, et ils tremblent. Or veux-tu savoir, ô homme vain, que la foi sans les œuvres est morte ? … Comme le corps sans l’esprit est mort, ainsi la foi elle-même sans les œuvres est morte».

La foi sans les œuvres est morte et une foi morte de donne pas le salut. Les œuvres de la foi sont les œuvres morales de justice, miséricorde, et les autres, c’est-à-dire la mise en pratique des vérités de la foi. Il n’y a pas de charité sans la foi. Si la foi ne coopère pas aux œuvres, il ne peut pas y avoir de justification.

Jacques 1, 22-24 : «… pratiquez cette parole, et ne l’écoutez pas seulement, vous trompant vous-mêmes. Car si quelqu’un écoute la parole et ne la pratique pas, celui-là sera comparé à un homme qui regarde dans un miroir le visage qu’il avait en naissant. Il s’est regardé, et s’en est allé, et aussitôt il a oublié comment il était».

Jacques 1, 26-27 : «Si quelqu’un croit être religieux, et ne met pas un frein à sa langue, mais séduit son propre cœur, sa religion est vaine. La religion pure et sans tache devant Dieu le Père, la voici : Visiter les orphelins et les veuves dans leurs afflictions, et se conserver sans être souillé par ce siècle».

Toute bonne œuvre qui n’est pas dans la véritable Église et dans la vraie foi ne sert à rien pour le salut et l’éternité.

Pape Eugène IV, Concile de Florence, Cantate Domino, 1441, ex cathedra (déclaration infaillible solennelle) : «… aucun de ceux qui se trouvent en dehors de l’Église catholique, non seulement païens, mais encore juifs ou hérétiques et schismatiques ne peuvent devenir participants à la vie éternelle, mais iront «dans le feu éternel qui est préparé pour le diable et ses anges» (Mt 25, 41), à moins qu’avant la fin de leur vie ils ne lui aient été agrégés ;

«…elle [La sainte Église] professe aussi que l’unité du corps de l’Église a un tel pouvoir que les sacrements de l’Église n’ont d’utilité en vue du salut que pour ceux qui demeurent en elle, pour eux seuls jeûnes, aumônes et tous les autres devoirs de la piété et exercices de la milice chrétienne enfantent les récompenses éternelles, et que personne ne peut être sauvé, si grandes que soient ses aumônes, même s’il verse son sang pour le nom du Christ, s’il n’est pas demeuré dans le sein et dans l’unité de l’Église catholique».

S’instruire de la foi fait partie des œuvres de la foi.

Quelques vérités de base sur le catholicisme traditionnel que les catholiques doivent connaître :

Peu sont sauvés

Que peu sont sauvés, c’est l’enseignement de l’Écriture et de l’Église, à l’unanimité des pères, des docteurs et des saints.

Matthieu 7, 13-14 : « Entrez par la porte étroite ; Parce que large est la porte  et spacieuse  la voie qui conduit à la perdition ; et nombreux sont ceux qui entrent par elle. Combien est étroite la porte et resserré la voie qui conduit à la vie, et qu’il en est peu qui la trouvent ! ».

Matthieu 22, 14 : « Car beaucoup sont appelés, mais peu élus ».

Matthieu 24, 13 : « Mais celui qui persévèrera jusqu’à la fin, celui-là sera sauvé » .

Luc 13, 23-24 : « Or quelqu’un lui demanda : Seigneur, y en t-il peu qui soient sauvés ? Il leur répondit : Efforcez-vous d’entre par la porte étroite ; car beaucoup, je vous le dit, chercheront à entrer et ne le pourront pas ».

I Corinthiens 9, 24 : «Ne savez vous pas que ceux qui courent dans la lice [stade] courent tous ; mais qu’un seul remporte le prix ? Courez donc de telle sorte que vous le remportiez».

Saint Clément de Rome, père de l’Église, Hom. VII : «Il existe deux voies. Celle de ceux qui périssent est large et plane, on s’y perd sans fatigue ; celle des sauvés est étroite et âpre, elle mène au salut avec beaucoup de labeur».

Saint Justin Martyr, père de l’Église, Apud Damascenum, Lib. II Paralip, cap. LXXXVII : «L’esprit qui s’est attaché aux choses terrestres ne s’en dégagera qu’avec peine ; il sera très difficile de l’arracher à ce à quoi il s’était habitué».

Saint Irénée, père de l’Église, Contre les Hérésies, C. XXXVI : «II en est aujourd’hui comme sous l’Ancien Testament : Dieu ne se plait pas dans le grand nombre : beaucoup d’appelés, peu d’élus».

Saint Clément d’Alexandrie, père de l’Église, Stromate, Livre V, ch. 5 : « [Sur la parabole des deux voies] L’une est étroite parce qu’elle est resserrée par des commandements et des prohibitions ; l’autre est large et spacieuse parce qu’on y donne libre carrière aux voluptés et à la colère».

Saint Hilaire de Poitiers, père de l’Église, Enar. In Psal. LXIV : «Toute chair viendra au jugement : mais bienheureux qui sera élu. Car suivant l’Évangile, beaucoup d’appelés, peu d’élus».

Saints Basile de Césarée et Basile le Grand, pères de l’église, Serm. De Ren. Saeculi. : « Range-toi du petit nombre. Le bien est rare : il y en a peu qui entrent au royaume des cieux. Prends garde de croire que tous ceux qui habitent une cellule [de moine] seront sauvés, quelle que soit leur vie, bonne ou mauvaise».

Saint Grégoire de Nazianze, père de l’Église, Orat. XLII ad 150 Ep. : «Il appelle ceux qui se perdent une « poussière infinie » ».

Saint Grégoire de Nazianze, Cinq Discours sur Dieu, 1er discours, § 8 : «Mais quand tu entends dire qu’il n’y a qu’une seule voie et qu’elle est étroite, que signifient ces mots, à ton avis ? – Il n’y a qu’une voie, du point de vue de la vertu ; elle est unique, même si elle se divise en plusieurs branches ; elle est étroite à cause des sueurs qu’elle fait répandre et parce que peu de gens la suivent, si on les compare avec la foule de ceux qui suivent la voie opposée, celle du mal. C’est aussi mon avis».

Saint Ambroise de Milan, père de l’Église, In Apol. pro Davide, c. IX : « »Qui habitera, Seigneur, en votre tabernacle, ou qui se reposera sur votre sainte montagne ? » [psaume], il répond : « Non pas personne, mais peu de personnes, non utique nullus, sed rarus »

Saint Jean Chrysostome, père de l’Église, Hom. XXIV in act. Apost. : «Combien pensez-vous qu’il y ait de sauvés dans votre ville ? Ce que je vais dire est pénible, je le dirai néanmoins. Parmi tant de milliers de personnes, il n’y a pas cent qui arriveront au salut ; et encore ne suis-je pas sur de ce nombre. Tant il y a de perversité dans la jeunesse, de négligence dans la vieillesse».

Saint Augustin, père de l’Église, Serm. CVI, alias de verbis Domini, XXXII : «Assurément ceux qui se sauvent sont le petit nombre. Vous vous rappelez la question tirée du saint Évangile : « Seigneur, sont-ils en petit nombre ceux qui se sauvent ? » Que répond le Seigneur ? Il ne dit pas détrompez-vous beaucoup sont sauvés. Non, il ne dit pas cela. Et quoi donc ? Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite. Et parlant ainsi il confirme ce qu’il vient d’entendre. Il y en a peu qui entrent par la porte étroite. Ailleurs il dit : « Étroite est la porte et resserrée la voie qui conduit à la vie, et il y en a peu qui la trouvent ». A quoi bon nous réjouir au sujet des multitudes ? Écoutez-moi, vous qui êtes le petit nombre, vous êtes beaucoup à m’écouter mais peu à m’obéir. Je vois l’aire, je cherche les grains de froment. À peine voit-on les grains quand l’aire est battue ; mais la paille sera vannée. Il y en a donc peu qui se sauvent en comparaison de beaucoup qui périssent».

Saint Jérôme, père de l’Église, In Isai. c. 24, 13-14 : « Il y aura si grande pénurie de saints, suivant la
parole du Sauveur beaucoup d¹appelés et peu d¹élus, que leur petit nombre est comparé
aux très rares olives qui restent au bout des branches après qu¹elles sont été secouées et
cueillies ; comme aussi aux raisins, ou plutôt aux grains épars que les pauvres s¹en vont
grappiller dans les vignes la vendange faite ».

Pape Saint Léon le Grand, père de l’Église, Ser. XLIX. c. 2 : «Alors que la voie large menant à la mort est fréquentée par des foules nombreuses, dans les sentiers du salut on ne voit que les rares vestiges du petit nombre de ceux qui y entrent».

Pape Saint Grégoire le Grand, père de l’Église, Hom. XIX, in Evang. § 5 : «Vous êtes réunis ici en grand nombre pour cette solennité ; vous remplissez l’enceinte de cette église : qui sait en quel petit nombre se trouvent parmi vous les élus de Dieu ? »

Saint Anselme, docteur de l’Église, Epist. II, libri I :  «Que parmi beaucoup d’appelés, il y ait peu d’élus, nous en sommes certains, puisque la Vérité le dit ; mais combien peu il y en a, nous en sommes incertains, la Vérité ne le disant pas. C’est pourquoi quiconque ne vit pas comme le petit nombre, qu’il se corrige et se range du côté du petit nombre ; autrement qu’il se tienne assuré de sa réprobation. Quant à celui qui est avec le petit nombre, qu’il ne se tienne pas encore assuré de son élection pour cela».

Saint Vincent Ferrier, Serm. IV, Edit. Anver., p. 318 : «Oui, il y en a peu qui la trouvent, moins encore qui y demeurent, très peu qui le suivent jusqu’au bout».

Saint Bruno : «Si quelqu’un dit : cette route est étroite, ces commandements sont d’observation très difficiles, il le soumet en disant : « Efforcez-vous d’entrer… » et la voie, dit-il, est resserrée et la porte étroite ; c’est pourquoi elle est trouvée par un petit nombre d’hommes : cependant c’est cette voie et cette porte par laquelle on parvient à la vie éternelle. « Peu sont ceux qui se sauvent, en comparaison de ceux qui se damnent ». D’où le Seigneur dit ailleurs : « Beaucoup sont appelés, peu sont élus ». Ce chemin et cette porte qui conduisent à la perdition est très ouvert et très large et pour cela beaucoup d’hommes s’y engagent. Jeûner, veiller, s’abstenir des désirs de la chair et de toutes les voluptés, ne pas accomplir sa propre volonté, à qui  cela ne semble t il pas étroit et resserré ? Et vraiment, manger et boire en abondance, et de manière raffinée, obéir à tous les désirs de la chair et à toutes les voluptés ne s’opposer  en rien à sa propre volonté, à qui cela ne semble t il pas large et grand ? Beaucoup marchent sur ce chemin, beaucoup entrent par cette porte. Mais où pénètrent-ils ? – Dans la cité de la perdition complète, la société de la mort, la prison des angoisses et le lac de toutes les misères» (Commentaire sur saint Matthieu P. 2 C. 7).

Saint Bruno : « Beaucoup sont appelés, peu sont élus » – il montre qu’il y en a très peu qui se sauvent, en comparaison de ceux qui à chaque heure sont appelés (au sujet de Matthieu chapitre  XX).
« Beaucoup sont appelés, peu sont élus. Beaucoup sont appelés aux noces, peu sont introduits dans la chambre nuptiale et dans la gloire » (À propos de Matthieu XXII).
« Cette arche est la Sainte Église en dehors de laquelle personne n’est sauvé ; celui qui y aura été trouvé au jour de la vengeance ne périra pas. Maintenant il semble qu’il y en ait beaucoup qui se trouveront alors en dehors d’elle … Les méchants sont beaucoup plus nombreux que les bons ; ils sont plus nombreux ceux qui recherchent les biens terrestres que ceux qui recherchent les biens célestes. Étroit est le chemin qui conduit à la vie ; large est celui qui conduit à la perdition» (Premier livre des sentences, chapitre II, de l’arche de Noé).

Saint Bernard, docteur de l’Église, troisième sermon pour la Vigile de la Nativité : «Quel homme en effet, ne fût-il même chrétien que de nom, ignore que le Seigneur doit venir un jour et qu’il viendra en effet, pour juger les vivants et les morts et rendre à chacun selon ses œuvres ? Non mes frères, tout le monde ne sait point cela, ce n’est même su que de peu d’hommes, puisqu’il y en a si peu de sauvés». (Œuvres complètes de saint Bernard, tome III, p.11 Ed. Louis Vivès 1867)

Saint Bonaventure, docteur de l’Église, Breviloque Pars. I. c. 9 : «Comme tous les hommes devraient être damnés en tant que tous issus d’une masse de perdition, s’il y en a un plus grand nombre de réprouvés que de sauvés, c’est pour faire voir que le salut provient d’une grâce spéciale, tandis que la damnation est selon la justice commune. Personne ne peut se plaindre de la volonté divine qui agit en tout avec une suprême rectitude ; bien plus nous devons en toutes choses lui rendre grâce et honorer le gouvernement de la divine Providence».

Saint Thomas d’Aquin, docteur de l’Église, Summa Theol., Prima Pars, Q. 23, a. 7 : «…le bien qui excède l’état commun de la nature se trouve seulement dans un petit nombre et manque dans le grand nombre. … Donc comme la béatitude éternelle, consistant en la vision de Dieu, excède l’état commun de la nature en ce que celle-ci a été destituée de la grace par la corruption du péché originel, c’est le petit nombre qui se sauve. Et en cela même la miséricorde de Dieu brille d’un éclat singulier : car elle élève un certain nombre de créatures humaines au salut éternel, alors que la plupart s’y dérobent selon le cours ordinaire des choses et l’inclination de la nature».

Saint Thomas, Somme Théologique, Prima Pars, Q. 63, Art.9 : «Y a-t-il autant d’anges tombés que d’anges restés fidèles ? 2. La justice et le péché se trouvent de la même manière chez les anges et chez les hommes. Mais, parmi les hommes, il y en a plus de mauvais que de bons, selon cette parole de l’Ecclésiaste (1, 15, Vg) : « Le nombre des insensés est infini »».

Révélations célestes de sainte Brigitte de Suède, Livre 2, chapitre 6 : « Vous donc mes amis, qui êtes au monde, marchez surement ; criez et annoncez-leur ma volonté, et aidez-les, afin qu’ils puissent accomplir mes volontés. Je serai dans votre cœur et dans votre bouche. Je serai votre conducteur en la vie, et votre conservateur en la mort. Allez sûrement, je ne vous laisserai point. La gloire croît par le labeur, car je pourrai toutes choses en un moment et en une parole, mais je veux que du combat croisse votre couronne, et que de votre courage croisse mon honneur. N’admirez pas ce que je vous dis, car si un homme sage pouvait considérer ceci dans le monde, combien d’âmes descendent tous les jours dans l’enfer, il verrait qu’il y en a plus que de sable dans la mer et que de petits cailloux au rivage, car la justice et l’équité veulent que ceux qui se sont séparés de Dieu soient conjoints avec le diable. Partant, afin que le nombre du diable soit diminué, qu’on voie le péril présent et que mes troupes soient augmentées. Je parle ainsi, afin que, par aventure, s’ils entendent, ils s’amendent».

Saint Pierre Canisius, docteur de l’Église, Commentaire de l’Évangile du Dimanche de la Septuagésime : «Je prêcherai le juste jugement par lequel Dieu, tirant vengeance du mépris de sa grâce, ne choisit pour la gloire céleste qu’un petit nombre de ceux qu’il a appelés à son Église».

Saint Robert Bellarmin, docteur de l’Église, De gemitu Columbae, Lib. I, c. 6 : «Que personne ne pense que le nombre des élus surpassera celui des réprouvés, parce qu’il est dit au chapitre VII de l’Apocalypse que les élus ne peuvent être comptés ! À la vérité, il y aura bien plus d’élus parmi les gentils que parmi les hébreux. Mais le nombre des élus, soit juifs, soit gentils, sera tout à fait inférieur au nombre des réprouvés. Les juifs élus ne feront pas la millième partie des juifs réprouvés. Et l’on peut dire la même chose à proportion des chrétiens. Ce que dit Notre-Seigneur en saint Matthieu et en saint Luc de la voie resserrée et de la porte étroite est commun aux juifs et aux chrétiens».

Saint Louis Marie Grignon de Montfort, Lettre aux Amis de la Croix, n° 14 : «SI QUELQU’UN VEUT VENIR APRÈS MOI».  “Si quis”, si quelqu’un ; “quelqu’un”, et non pas “quelques-uns”, pour marquer le petit nombre des élus qui veulent se conformer à Jésus-Christ crucifié, en portant leur croix. Il est si petit, si petit, que, si nous le connaissions, nous nous en pâmerions de douleur. Il est si petit, qu’à peine parmi dix mille y en a-t-il un, comme il a été révélé à plusieurs saints, entre autres à saint Siméon Stylite, selon que le rapporte le saint abbé Nil, après saint Ephrem et quelques autres. Il est si petit, que, si Dieu voulait les assembler, il leur crierait, comme il fit autrefois par la bouche d’un prophète : « Congregamini unus et unus » : assemblez-vous un à un, un de cette province, un de ce royaume».

Saint Alphonse de Liguori, docteur de l’Église, Théologie Morale, Livre 3, n° 413 : «La majeure partie des âmes va en enfer à cause des péchés sexuels : qui plus est, je n’hésite pas à affirmer que ceux qui se damnent vont en enfer ou bien pour ce seul péché ou au moins pas sans lui».

Saint Alphonse de Liguori : «On voit la plupart des hommes se livrer à la damnation éternelle plutôt que d’aimer Dieu ; qui donc, je le répète, s’il n’y avait pas d’enfer, qui L’aimerait ? Ainsi, le Seigneur a menacé d’un supplice éternel quiconque refuse de L’aimer, afin que ceux qui ne L’aiment pas de leur bon gré L’aiment au moins de force, par crainte de l’enfer». (Œuvres complètes de saint Alphonse de Liguori, œuvres ascétiques, tome XI p. 248, Casterman 1879)

Saint Curé d’Ars, sermon du 2ème dimanche ap. l’Épiphanie (sur le Mariage) : «Chacun doit entrer où Dieu l’appelle, et nous pouvons dire que le plus grand nombre de chrétiens se damnent parce qu’ils ne suivent pas leur vocation, soit en ne la demandant pas à Dieu ou en se rendant indigne de la connaître par leur mauvaise vie».

Saint Curé d’Ars, Sermon du 2ème dimanche de l’Avent (sur le respect humain) : «Ô mon Dieu ! que le nombre de ceux qui entreront dans le royaume des cieux est petit, puisqu’il y en a si peu qui font ce qu’ils doivent pour le mériter ? … Hélas ! Mes frères, que le nombre de ceux qui sont pour le ciel est petit, puisqu’il n’y a que ceux qui combattent continuellement et vigoureusement le démon et leurs penchants, et qui méprisent le monde avec toutes ses railleries !»

Saint Curé d’Ars, Sermon  de la Fête des saints Anges gardiens : «Que de chrétiens sont damnés pour avoir méprisé leurs anges gardiens ! Quels reproches à l’heure de la mort, lorsque, implorant son secours, il nous dira, ainsi qu’à ce moribond dont il est parlé dans l’histoire : « Va, malheureux, tu n’as eu que du mépris pour moi, aussi le bon Dieu m’a commandé de t’abandonner à la puissance des démons, dont tu as été le fidèle serviteur ». Hélas ! mon Dieu, que le nombre de ces gens est grand !»

Conclusion

« Bienheureux les pauvres d’esprit, parce qu’à eux appartient le royaume des cieux » – Matthieu 5, 3

Nul ne peut entrer au ciel sans être pauvre d’esprit. Mais la vraie foi divine et catholique est absolument nécessaire pour le salut.

Hébreux 11, 6 : « Sans la foi il est impossible de plaire à Dieu ».

Annexe

Du Nombre des Élus

Dom B. Maréchaux O.S.B.

Table des Matières

Avant-Propos

Ière PARTIE : LA TRADITION
I. La foi et la raison
II L’enseignement des Pères
III. L’enseignement des théologiens et des prédicateurs
IV. Le Modernisme en théologie

IIème PARTIE : LES CONSIDÉRATIONS THÉOLOGIQUES
I. La grâce et la Gloire
II. Les grâces de la dernière heure
III. Peu et Beaucoup
IV. L’harmonie des textes scripturaires

CONCLUSIONS
Appendice I : Le livre du P. Godts, rédemptoriste
Appendice II : Sentiment de Saint Claude de la Colombière, S.J.
Appendice III : Histoire d¹une opinion

Imprimatur
Argentinæ, die 29 sept. 1900,
Adolphus, episc. Argent.

Avant-Propos

Un religieux de talent prétendait naguère prouver scientifiquement, par équations algébriques, que, contrairement à ce qu’on avait cru et enseigné jusqu’à présent, le nombre de ceux qui se sauvent est le GRAND NOMBRE.
Le fondement de cette opinion, en contradiction formelle, on le verra, avec les textes précis du saint Évangile, avec les enseignements universels des Pères et des théologiens, est que le nombre des élus doit égaler celui des anges déchus: simple opinion qui n’a, dit St Thomas, aucun caractère de certitude. Quant à celle qui veut que le nombre des anges tombés dépasse la moitié du genre humain qui a été, qui est et qui sera. C’est une assertion absolument gratuite.
La lecture de l’opuscule que j’ai l’honneur de présenter au public, montrera ce qu’il faut penser de cette thèse paradoxale, spécimen peu encourageant des résultats auxquels conduit l’application de l’algèbre à la théologie.

Ière PARTIE : LA TRADITION

Domine, si pauci sont qui salvantur,
Seigneur, y en aura t-il peu de sauvés,
Luc XII, 23

I. La foi et la raison

La foi ne ressemble en rien aux opinions humaines; elle n’est pas une conception subjective de l’esprit, qui serait variable selon les individus; elle répond à une substance de vérité qui est ferme et immuable.
La foi ne se fait pas: la raison humaine doit l’accepter telle que Dieu la lui présente ; elle n’a pas à la juger ; elle ne peut, et c’est là d’ailleurs une mission assez belle, que déduire et  coordonner les conséquences qui en découlent.
La foi en un mot ne se raisonne pas en ce sens qu’elle pourrait être soumise au contrôle de la raison. Elle a ses principes qui dépassent la raison, sans néanmoins être en contradiction avec elle ; elle a ses règles et ses données, qui (le mot, croyons-nous, est de Bossuet) la déconcertent par leur amplitude, comme ces paraboles qui par leur ouverture immense échappent à toute mensuration.
Par suite la raison ne doit pas se soustraire et se dérober, encore moins s’insurger, s’il y a dans la foi des données qui excèdent sa compréhension, et qui la choquent par une sorte d’incompatibilité qu’elle croit y découvrir. Il faut, en ces occurrences, qu’elle s’impose silence à elle-même, qu’elle s’humilie, qu’elle adore. En s’humiliant et en adorant, elle découvrira dans l’obscurité même du mystère des lumières qui contenteront son légitime besoin de savoir, qui apaiseront son trouble et même qui la raviront.
Ces réflexions nous viennent à l’esprit, tandis que nous abordons la question redoutable du nombre et du petit nombre des élus. Car c’est une des questions qui excitent le plus les  susceptibilités et soulèvent le plus les répugnances de la raison humaine.
Eh ! quoi, s’exclame la raison, les élus seraient le petit nombre ? La masse du genre humain  serait éternellement perdue ? La rédemption opérée par le sang de JÉSUS-CHRIST serait  frustrée pour la plus grand partie des hommes ? La miséricorde de Dieu serait en quelque sorte vaincue par sa justice ? Elle ne recueillerait que quelques élus, et laisserait tomber dans le gouffre éternel l’avalanche des réprouvés ?
Ainsi parle la raison, suivant l’impulsion d’une sensibilité naturelle. Or ce langage n’est pas  sobre et judicieux. Le nombre des élus est une question de fait, sur laquelle le raisonnement perd tous ses droits. La Sainte Écriture, expression de la pensée divine, nous donne-t-elle quelque lumière sur ce problèmes des destinées humaines? Voilà ce qu’il faut chercher en toute soumission d’esprit: et, une fois la réponse de la Sainte Écriture clairement mise au jour, la raison n’a plus qu’une chose à faire, s’incliner et adorer.
Or il est dans la Sainte Écriture, sur la question des élus, des textes concordants qui nous ont toujours paru absolument péremptoires.
Entrez par la porte étroite, dit Notre Seigneur ; la porte est large et la voie spacieuse qui
mène à la perdition ; et il en est beaucoup qui entrent par elle !

«Combien est étroite la porte et resserrée la voie qui mène à la vie, et il en est peu qui la trouvent» (Math, 7, 13-14)
«Il y a beaucoup d’appelés, mais peu d’élus». (Math, 20, 16)
«Quelqu’un lui dit : Seigneur, ceux qui se sauvent sont-il le petit nombre ? Il répondit : Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite, parce que plusieurs, je vous le dis, chercheront à entrer et ne le pourront pas». (Luc 13, 24-26)

Ces déclarations du Sauveur sont à nos yeux d’une irrécusable clarté. Comment nier qu’il  s’agisse du salut des âmes ? Les deux voies sont ouvertes : l’une large qui mène à la perdition, l’autre resserrée qui mène à la vie. Et Notre-Seigneur, d’une vue compréhensive, atteste douloureusement que beaucoup marchent par la première, et que peu suivent la seconde.
Dira-t-on que la miséricorde divine arrêtera sur le bord de l’abîme le grand nombre de ceux qui s’y précipitent ? Notre-Seigneur détruit expressément cette illusion, quand, à la question de ses disciples : Est-ce le petit nombre qui se sauve ? il répond : Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite ; car plusieurs, je vous le dis, chercheront à entrer et ne le pourront pas.
Ainsi ceux qui ne se seront pas efforcés d’entrer par la porte étroite, n’y entreront point par un effort tardif, et ils resteront dehors.
Ces textes, nous ne saurions trop le redire, se présentent à nous avec une netteté que toutes  les arguties ne sauraient obscurcir.
Mais la Sainte Écriture doit être interprétée par l’enseignement de l’Église, qui, se renouvelant à chaque âge, constitue ce que l’on nomme la Tradition. Là où il pourrait y avoir quelque ambiguïté, la Tradition fixe en dernier ressort ce que les fidèles doivent tenir comme étant vraiment la parole de Dieu.
Sur la question du nombre des élus, consultons la Tradition.
Si par la voix des premiers Pères, par celle des docteurs de l’Église, par celles des scolastiques du moyen-âge, par celle des théologiens et grands prédicateurs modernes, elle nous déclare que les élus, c’est-à-dire les sauvés, sont un petit nombre relativement aux réprouvés, il est évident que le problème est résolu. La Sainte Écriture était déjà très claire par elle-même ; la Tradition ne permet pas que l’on détourne les textes de leur sens obvie qu’elle détermine définitivement, et dont elle fait une règle pour les chrétiens.
Voici comment le concile de Trente établit l’autorité de l’Église et des Pères relativement à
l’interprétation de l’Écriture Sainte.

«Pour réprimer la pétulance de certains esprits, le saint Concile défend que personne, en  s’appuyant sur sa prudence, dans les choses relatives à la foi et aux mœurs, ose faire fléchir la Sainte Écriture à son propre sentiment, et l’interpréter à l’encontre du sens qu’a tenu et que tient notre mère la Sainte Église, à laquelle il appartient de juger du vrai sens et de la vraie interprétation des Saintes Écritures, ou encore contre l’unanime et concordant enseignement des Pères».

Ainsi l’esprit humain, dans une question scripturaire, n’est pas libre de suivre son sentiment ; il doit consulter la Tradition de l’Église, et aussi l’enseignement des Pères qui en forme une  portion très importante. Et, du moment où il reconnaît que la Tradition a fixé le sens d’un texte, il ne lui est pas permis de chercher et d’embrasser une autre interprétation.
Or, dans la question du nombre des élus, la Tradition s’est-elle prononcée ? Les Pères ont-ils un enseignement unanime ? C’est ce que nous allons étudier et mettre en relief. Après l’examen des Pères, nous suivrons le courant de la Tradition dans les grands théologiens du moyen-âge, puis dans les auteurs les plus saints et les plus réputés de l’époque moderne ; or nous constaterons qu’ils sont pleinement d’accord avec les Pères dans leur enseignement sur le petit nombre des élus.

II. L’enseignement des Pères

Les deux voies larges et étroite dépeintes par Notre-Seigneur en l’Évangile reviennent à tout  instant dans les écrits de l’âge apostolique. Les anciens auteurs les symbolisaient sous la forme de la lettre Y marquant une bifurcation.
Le très vieux document intitulé Doctrine des douze apôtres débute par la parabole des deux  voies, l’une de vie et de lumière, l’autre de mort et de ténèbres.
Dans les homélies attribuées à saint Clément, on lit ce qui suit : «Il existe deux voies. L’une, celle de ceux qui périssent, est large et plane, on s’y perd sans fatigue ; l’autre, celle des sauvés, est étroite et âpre, elle mène au salut avec beaucoup de labeur» (Hom. 7).
L’épitre attribuée à saint Barnabé contient le même enseignement. «Il est deux voies, l’une de lumière, l’autre de ténèbres. Grande est leur différence. À la première sont préposés des anges de Satan». Et l’auteur décrit les œuvres opposées par lesquelles on suit l’une ou l’autre.
Il appelle nettement la seconde voie la mort éternelle et du supplice sans fin (II Pars. c. 18).
Même langage dans les recueils dits Canons apostoliques et Constitutions des apôtres.
Clément d’Alexandrie met en avant la parabole des deux voies, tellement elle était imprimée  dans l’esprit des héritiers immédiats de la tradition apostolique. «L’une, dit-il, est étroite, parce qu’elle est resserrée par des commandements et des prohibitions ; l’autre est large et spacieuse, parce qu’on y donne libre carrière aux voluptés et à la colère. Pythagore à ce sujet nous défend de suivre la sentence de la multitude, qui, dit-il, le plus souvent est téméraire et  absurde». (Strom. Lib. 5, c. 5).
Origène n’est pas moins formel dans l’explication des deux voies, comme aussi sur le petit  nombre relatif des vrais chrétiens. «Maintenant, dit-il, que nous nous sommes multipliés,  comme il est difficile que beaucoup soient vraiment bons, et impossible que la parole de Jésus : Beaucoup d’appelés et peu d’élus, ne se vérifie pas : de tant de personnes qui professent la foi chrétienne, on en trouve peu qui aient une foi véritable, et qui soient dignes de la béatitude». (Hom. 4 in Jer.)
Il n’est pas jusqu’au poète semi-chrétien Ausone qui ne mentionne à deux reprises en ses vers la lettre symbolique Y, et qui ne décrive les deux routes ouvertes par sa bifurcation.
Lactance a écrit, pour l’instruction de l’empereur Constantin, tout un traité sur les deux voies, «lesquelles, dit-il, font ressembler à la lettre Y le cours partagé des vies humaines. Un embranchement tourne à l’orient et indique la bonne voie; l’autre à l’occident et indique la mauvaise ; celui-là seul qui suit la justice et la vérité recevra la récompense immortelle et entrera en possession de l’éternelle lumière. Or, d’après le Sauveur, c’est le petit nombre qui marche dans cette direction». (Inst. Lib. 6 c. 3)
Saint Jérôme mentionne cette dissertation de Lactance. Il se sert de la lettre Y, qui, observe-t-il, représente une bifurcation de la vie s’orientant à droite ou à gauche. (Epist 66 ad Pam. 107 ad Læt.)
Nous avons comme amoncelé tous ces textes concordants des premiers Pères pour établir que leur pensée était fortement attirée par les paroles de Notre Seigneur, qu’ils les regardaient comme des plus graves et des plus pratiques, et que pour eux il n’y avait pas de doute que ces paroles aient directement visé le salut ou la perte éternelle des âmes. Que répondent à cela certains modernes, d’après lesquels en ce fameux passage le Sauveur aurait fait simplement allusion au petit nombre de juifs qui goûtaient ses enseignements et entraient dans son Église ? Ainsi ne l’entendaient pas les anciens Pères, qui voyaient là un jugement du Sauveur sur les directions opposées de la vie humaine, ayant toujours la même actualité.
Donnons maintenant d’expressives citations des Pères sur le petit nombre des élus.
Tertullien : «Tous ne sont pas sauvés ; mais c’est le petit nombre parmi les juifs et parmi les  chrétiens».
Saint Irénée : «Il en est aujourd’hui comme sous l’Ancien Testament ; Dieu ne se plaît pas dans le grand nombre ; beaucoup d’appelés, peu d’élus». (Contra hær. c. 36)
Saint Hilaire : «Toute chair viendra au jugement mais bienheureux qui sera élu. Car, suivant
l’Evangile, beaucoup d’appelés, peu d’élus». (Enar. in Psalm 64)
Saint Basile exhorte comme il suit un religieux : «Range-toi du petit nombre. Le bien est rare ; il y en a peu qui entrent au royaume des cieux. Prends garde de croire que tous ceux qui habitent une cellule soient sauvés, quelle que soit leur vie, bonne ou mauvaises». (Serm. de Ren. sæculi.)
Saint Ephrem commente dans le même sens la porte étroite et la voie resserrée.
Saint Grégoire de Nazianze appelle ceux qui se perdent une poussière infinie qu’il met en regard des vases d’élection. (Orat. 42 ad 150 Epis.)
Saint Ambroise, à la question du Psaume, qui donc habitera, Seigneur en votre tabernacle, ou qui se reposera sur votre sainte montagne ? répond : «Non pas personne, mais peu de personnes, non utique nullus, sed rarus». (In Apol. pro Davide, c. 9)
Saint Jean Chrysostôme, parlant au peuple d’Antioche, s’écrie : «Combien pensez-vous qu’il y ait de sauvés dans notre ville ? Ce que je vais dire est pénible, je le dirai néanmoins. Parmi tant de milliers de personnes, il n’y a pas cent qui arriveront au salut ; et encore ne suis-je pas sûr de ce nombre. Tant il y a de perversité dans la jeunesse, de négligence dans la vieillesse» (Hom. 24 in act. Apost.). Quelques critiques ont mis en doute si cette homélie est bien du saint. En tout cas l’effrayante menace qu’elle contient se retrouve à peu près dans les mêmes termes, en d’autres passages de ses écrits, et notamment dans le traité su Sacerdoce. Les bénédictins tiennent l’homélie pour authentique.
Saint Jérôme, expliquant un passage de l’Ecclésiastique, dit que la prédication devient relâchée, quand elle promet indifféremment la béatitude et le royaume céleste à la multitude (In Eccl. PL 23, 1099). Ailleurs il prêche très expressément la doctrine du petit et même du très petit nombre des élus : «Il y aura si grande pénurie de saints, suivant la parole du Sauveur beaucoup d’appelés et peu d’élus, que leur petit nombre est comparé aux très rares olives qui restent au bout des branches après qu’elles sont été secouées et cueillies ; comme aussi aux raisins, ou plutôt aux grains épars que les pauvres s’en vont grappiller dans les vignes la vendange faite» (In Isai. c. 24, 13-14).
Nous donnons plus loin de longs extraits de saint Augustin sur le nombre des sauvés. Pour le moment il nous suffira de transcrire le passage suivant qui est très significatif.
«Assurément ceux qui se sauvent sont le petit nombre. Vous vous rappelez la question tirée du saint Évangile : Seigneur, sont-ils en petit nombre ceux qui se sauvent ? Que répond le Seigneur ? Il ne dit pas : détrompez-vous, beaucoup sont sauvés ! Non, il ne dit pas cela. Et quoi donc ? Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite. En parlant ainsi, il confirme ce qu’il vient d’entendre. Il y en a peu qui entrent par la porte étroite. Ailleurs il dit : Etroite est la porte et resserrée est la voie qui conduit à la vie, et il y en a peu qui la trouvent. À quoi bon nous réjouir au sujet des multitudes ? Ecoutez-moi, vous qui êtes le petit nombre.
«Vous êtes beaucoup à m’écoutez, mais peu à m’obéir. Je vois l’aire, je cherche les grains de  froment. À peine voit-on les grains quand l’aire est battue ; mais la paille sera vannée. Il y en a donc peu qui se sauvent, en comparaison de beaucoup qui périssent» (Serm 106 alias de
verbis Domini 32).
Saint Léon le Grand explique de même, et sans aucune hésitation, la parabole du Seigneur  relative aux deux voies, du grand nombre de ceux qui se perdent éternellement. «Alors que la voie large menant à la mort est fréquentée par des foules nombreuses, dans les sentiers du salut on ne voit que les rares vestiges du petit nombre de ceux qui y entrent» (Ser. 49, c. 2).
Saint Grégoire le Grand, entre autres passages caractéristiques, nous offre ce fragment d’un  sermon au peuple. «Plusieurs viennent à la foi, mais peu parviennent au royaume céleste. Vous êtes réunis ici en grand nombre pour la solennité présente ; vous remplissez l’enceinte de cette église : qui sait en quel petit nombre se trouvent parmi vous les élus de Dieu ?» (Hom. 19 in Evang. § 5)
Faut-il citer les derniers des Pères ces docteurs de l’Église qui s’appellent saint Bède le vénérable, saint Pierre Damien, saint Anselme, saint Bernard ?
C’est exactement le même langage, la même manière d’interpréter la Sainte Écriture. Saint  Anselme en particulier est bien instructif ; il écrit à deux de ses disciples Odon et Lanzon :
«Que parmi beaucoup d’appelés il y ait peu d’élus, nous en sommes certains, puisque la Vérité le dit ; mais combien il y en a peu, nous en sommes incertains, la Vérité ne le disant pas. C’est pourquoi quiconque ne vit pas comme le petit nombre, qu’il se corrige et se range du côté du petit nombre ; autrement qu’il se tienne assuré de sa réprobation. Quant à celui qui est avec le petit nombre, qu’il ne se tienne pas encore assuré de son élection pour cela. Car nul ne sait à coup sûr s’il fait partie du nombre des élus, tout en constatant que sa vie est déjà semblable à celle du petit nombre et différente de celle de la multitude des appelés» (Epst. 2, libri 1.). Conclusion : en tout état de cause, faisons effort pour assurer toujours de plus en plus notre élection. Le saint docteur écrit dans les mêmes termes à la comtesse Ida (Epist. 18, libri 3). Cette recommandation lui tenait au cœur et lui semblait d’une souveraine importance.
Ainsi les Pères sont unanimes :
Unanimes dans leur affirmation du petit nombre des élus et du grand nombre des réprouvés;
Unanimes dans leur interprétation des textes de la Saint Écriture relatifs à la question.
Pour eux la sentence scripturaire, beaucoup d’appelés, peu d’élus, vise le petit nombre des
sauvés. Ils n’imaginent pas une distinction fantaisiste entre élus et sauvés; dans leur enseignement, les deux termes sont identiques.
Pour eux les deux voies, la voie large et la voie étroite, sont les voies qui conduisent les hommes soit à leur perte éternelle, soit à leur salut éternel.
Pour eux la réponse de Notre-Seigneur à la question : Y en aura-t-il peu de sauvés ? est nettement affirmative.
Ils n’ont jamais connu les explications ambiguës et entortillées de certains modernes, d’après lesquelles, comme nous l’avons dit Notre-Seigneur en ces textes aurait fait simplement allusion à l’état du Judaïsme de son temps et à l’entrée des juifs dans l’Église fondée par lui. Bien loin de penser que ces textes n’aient plus d’application vis à vis de nous, ce qui est énerver et détruire la vertu de la parole divine qui est de tous les temps et de tous les lieux, les Pères enseignent que ces textes s’adressent à nous tous dans l’intention du Sauveur, et nous indiquent les conditions du salut, en sorte que nous devons sans cesse les tenir devant nos yeux et les méditer. En conséquence, ils n’hésitaient pas à prêcher publiquement à leurs peuples le nombre relativement petit des élus, c’est-à-dire des sauvés. Ils se proposaient par là d’inspirer à leurs auditeurs une crainte salutaire. Ils leur disaient : Rompez avec le monde, séparez-vous d’avec la multitude pour ne point périr avec elle. Elle marche à la perdition par la voie de la licence ; faites effort pour aller à la vie par la voie du sacrifice.
De quel front oserait-on nous tenir un langage diamétralement opposé à celui des Pères ?

III. L’Enseignement des théologiens et des prédicateurs

Le prince des théologiens St Thomas, dans sa Somme théologique, enseigne nettement la théorie du petit nombre des élus, et il l’appuie sur ce raisonnement puissant et formidable :
«Le bien, qui est proportionné à la nature, se produit dans la plupart des êtres, et ne manque que dans le petit nombre d’entre eux : mais le bien qui excède l’état commun de la nature se trouve seulement dans un petit nombre et manque dans le grand nombre. Ainsi la plupart des hommes ont une science suffisante pour le gouvernement de leur vie; le nombre de ceux à qui cette science fait défaut, et qu’on appelle des idiots, est relativement petit ; mais très petit est le nombre de ceux qui atteignent à une science profonde des choses intellectuelles.
«Comme donc la béatitude éternelle consistant en la vison de Dieu excède l’état commun de la nature, surtout en ce que celle-ci a été destituée de la grâce par la corruption du péché originel, c’est le petit nombre qui se sauve. Et en cela même la miséricorde de Dieu luit d’un éclat singulier : car elle élève un certain nombre de créatures humaines au salut éternel, alors que la plupart s’y dérobent selon le cours ordinaire des choses et l’inclination de la nature» (Sum. théol. I a Q 23 art 7 ad 3). En deux autres endroits de ses écrits le saint docteur établit la même doctrine.
Le frère de doctrine de saint Thomas, saint Bonaventure, n’est pas moins catégorique ; il donne cette raison vraiment théologique du petit nombre des élus : «Comme tous les hommes devaient être damnés en tant qu’ils sont tous issus d’une masse de perdition, s’il y en a un plus grand nombre de réprouvés que de sauvés, c’est pour faire voir que le salut provient d’une grâce spéciale, tandis que la damnation est selon la justice commune.
«Personne, ajoute le saint docteur, ne peut se plaindre de la volonté divine, qui agit en tout avec une suprême rectitude ; bien plus nous devons en toutes choses lui rendre grâces, et honorer le gouvernement de la divine Providence» (Brevil. Pars I c 9).
Les grands prédicateurs du Moyen-âge, saint Antoine de Padoue, saint Vincent Ferrier, saint
Bernardin de Sienne, rappellent à leurs auditeurs, pour les exciter à fuir les maximes et la morale relâchée du monde, le petit nombre des élus. Commentant la parole du Sauveur, il y en a peu qui la trouvent (la voie étroite), saint Vincent Ferrier, s’écrie : «Oui il y en a peu qui la trouvent, moins encore qui y demeurent, très peu qui la suivent jusqu’au bout» (Serm.6 Edit Antver. p 318).
Les grands pontifes comme Innocent III les saints évêques comme saint Antonin et plus tard saint Thomas de Villeneuve, ne tiennent pas un autre langage. Ce dernier parle ainsi à son peuple : «Beaucoup d’appelés, peu d’élus, terrible sentence ! Croyez-moi, mes frères, croyez ce dont je n’ai cessé de vous avertir, croyez ce que je n’ai cessé de crier à vos oreilles : si vous ne travaillez pas énergiquement à votre salut, si vous n’en faites pas plus que le commun des hommes, vous ne recevrez pas la récompense éternelle» (Concio II in Dom Septuag.).
Il serait infini de vouloir parcourir tous les théologiens, auteurs ascétiques, prédicateurs de l’âge moderne : nous devons nous borner nécessairement à quelques indications sommaires, à quelques citations rapides.
Les anciens ordres, chartreux en la personne de Denis et de Ludolphe, bénédictins et cisterciens représenté par Trithème et le cardinal Bona, dominicains parmi lesquels il faut citer Louis de Grenade et le cardinal Gotti, franciscains dont le cardinal de Laurea exprime la pensée, carmes avec leurs théologiens de Salamanque, augustins si unanimement fermes dans leurs traditions patristiques ; tous ces ordres, disons-nous, maintiennent très nettement la thèse traditionnelle qui se trouve corroborée du nom de leurs saints et docteurs les plus insignes. Les ordres plus récents s’y rattachent avec empressement comme à la pensée même de l’Église ; et parmi eux il convient de faire mention spéciale de la Compagnie de Jésus. Il serait facile de citer toute une succession de voix autorisées, émanant d’elle, à l’appui de la thèse du petit nombre des élus. Et nous ne croyons pas que durant les deux premiers siècles de son existence, parmi ses membres, on puisse signaler une note manifestement dissonante à cet égard.
Saint Pierre Canisius nous dit : «Je prêcherai le juste jugement, par lequel Dieu, tirant vengeance du mépris de sa grâce, ne choisit pour la gloire céleste qu’un petit nombre de ceux qu’il a appelés à son Église». Le bienheureux Baldinucci faisait un jour un sermon en pleine campagne ; il représentait à ses auditeurs la rigueur des jugements de Dieu. «Ah ! s’écria-t-il tout à coup, il tombe en ce moment en enfer autant d’âmes qu’il y a de feuilles à l’arbre que voici». Et soudain toutes les feuilles de l’arbre désigné tombèrent et jonchèrent le sol ; l’auditoire éclata en sanglots. Ce fait est tiré de la bulle même de béatification du bienheureux jésuite.
En son livre vraiment exquis du Gémissement de la colombe, saint Robert Bellarmin, une des gloires de la Compagnie de Jésus, parle comme il suit : «Que personne ne pense que le nombre des élus surpassera celui des réprouvés parcequ’il est dit au chapitre 7 de l’Apocalypse que les élus ne peuvent être comptés ! A la vérité, il y aura bien plus d’élus parmi les gentils que parmi les hébreux. Mais le nombre des élus, soit juifs, soit gentils, sera tout à fait inférieur au nombre des réprouvés. Les juifs élus ne feront pas la millième partie des juifs réprouvés. Et l’on peut dire la même chose à proportion des chrétiens. Ce que dit Notre-Seigneur en saint Matthieu et en saint Luc de la voie resserrée et de la porte étroite est commun aux juifs et aux chrétiens» (lib.1, C.6).
Cette appréciation est assurément sévère, moins sévère toutefois qu’un fragment de sermon de saint Claude de la Colombière, le célèbre et saint jésuite, directeur de sainte Marguerite Marie. Ne voulant pas détacher une simple phrase de son texte qui demande à être pris dans son ensemble, nous le renvoyons à un appendice; nous nous réservons également de commenter sa pensée, ainsi que celle de Saint Robert Bellarmin.
Nous démontrerons plus loin que les théologiens de la Compagnie de Jésus ont été moralement unanimes, pendant deux siècles, dans leur enseignement sur le petit nombre des élus, au moins relativement à la masse entière de l’humanité. Quant à ses auteurs ascétiques, nous les croyons non moins unanimes, depuis le vénérable P. du Pont jusqu’au P. Judde ; chacun sait quel profond esprit de religion, quel attachement judicieux aux saines traditions, paraît dans les ouvrages d’un Rodriguez, d’un P. de Saint-Jure, d’un P. Lallemand ; certainement aucun de ces écrivains si justement estimés n’aurait voulu s’écarter de l’enseignement des Pères en un point qui intéresse hautement la morale chrétienne.
Parmi les prédicateurs jésuites nous citerons Segneri et Bourdaloue. Le premier fait cette déclaration catégorique: «ce que les saints docteurs nous enseignent tout d’une voix, nous devons l’embrasser comme la vérité. Or ils estiment d’un commun accord qu’il est plus de chrétiens qui se perdent que de chrétiens qui se sauvent».
Bourdaloue, comme d’ailleurs tous les prédicateurs marquants du grand siècle prêche ouvertement la doctrine du petit nombre des élus, et il le fait en ces termes : «Il est constant
que le nombre des élus sera le plus petit, et qu’il y aura incomparablement plus de réprouvés. Or c’est une question que font les prédicateurs, savoir s’il est à propos d’expliquer aux peuples cette vérité, et de la traiter dans la chaire, parce qu’elle est capable de troubler les âmes et de les jeter dans le découragement. J’aimerais autant qu’on me demandât s’il est bon d’expliquer aux peuples l’Evangile et de le prêcher dans la chaire.
«Hé ! qu’y a-t-il en effet de plus marqué dans l’Évangile que ce petit nombre des élus ?». Et l’illustre prédicateur établit qu’il est bon, nécessaire même, de prêcher cette vérité, qu’elle est très efficace pour porter l’âme à la vigilance, très propre à lui faire mesurer les dangers du monde.
Bossuet, cet autre maître de l’éloquence chrétienne, et ce très profond interprète de la tradition, n’est pas moins formel que Bourdaloue. Dans ses Méditations sur l’Évangile, il écrit : «Il y a beaucoup d’appelés et peu d’élus. JÉSUS-CHRIST nous en a souvent averti. Cela est vrai premièrement parmi les juifs. Mais le Sauveur ne parle pas seulement des juifs à l’endroit que nous lisons de la parabole; car c’est après nous avoir fait voir les gentils appelés en la personne de ces aveugles et de ces boiteux qui sont invités à son festin qu’il conclut qu’il y a beaucoup d’appelés et peu d’élus». Et là-dessus le grand évêque s’écrie : «Ne vivons pas comme la plupart, n’alléguons pas la coutume : rangeons-nous avec ce petit nombre d’élus que le monde ne connaît pas, mais dont les noms sont inscrits dans le ciel» (Méd. Dernière semaine du Sauveur, 34e jour).
Puisque nous en sommes aux prédicateurs, nous ne pouvons taire la célèbre sermon de Massillon sur le petit nombre des élus. On a critiqué, non pas la thèse même de l’orateur, mais seulement certains arguments dont il se sert pour l’établir ; il a exagéré, dit-on, les conditions requises pour une vraie pénitence. D’accord. Mais qu’est-ce que cela prouve ? En quoi cela infirme-t-il les textes du saint Évangile, et la grande voix de la tradition qui les commente ? Que peut-on reprendre dans le sermon si net de Bourdaloue sur le même sujet ? Absolument rien.

Il est un sermon, non moins terrible que celui de Massillon, sur le petit nombre des élus, dont les modernes contradicteurs évitent soigneusement de parler: c’est celui que prononça à Rome même de grand missionnaire, cet homme suscité de Dieu pour fléchir à la pénitence les cœurs obstinés des pécheurs, qu’on appelle saint Léonard de Port-Maurice. En ce sermon, qui fut soumis à l’examen canonique comme les autres écrits du serviteur de Dieu lors de sa canonisation, saint Léonard passe en revue les divers états des chrétiens, et conclut de cet examen que, même parmi les prêtres, c’est le petit nombre qui se sauve.
Les partisans du grand nombre des élus prétendent s’appuyer sur l’autorité de saint François
de Sales et de saint Alphonse de Liguori.
Quant au premier, ils mettent en avant un passage du livre qu’à écrit, sur le saint évêque de Genève, Camus évêque de Belley. À ce passage, dans lequel la pensée du saint a pu être plus ou moins altérée en passant par une bouche étrangère, les tenants de la thèse traditionnelle opposent plusieurs extraits de ses écrits authentiques où il tient le même langage que les autres saints et auteurs estimés. «Qui aurait, écrit-il en ses Controverses, les yeux assez clairvoyants pour voir l’issue de la course des hommes, verrait bien dans l’Église de quoi s’écrier : Plusieurs sont appelés et peu sont élus, c’est à dire plusieurs sont en la militante qui ne seront jamais en la triomphante» (Contr. Part.1 ch. 2, art. 2).
Au sujet de saint Alphonse, les religieux de son ordre, héritiers de son esprit et de son zèle, ont protesté avec la dernière énergie contre l’abus que les novateurs font de son nom. Il y a là, disent-ils, une véritable sophistication des textes. Saint Alphonse a écrit quelque part qu’un catholique, venant à mourir l’année où il a fait (et bien fait) sa mission, se damnera difficilement. Et on lui fait dire, absolument, qu’un catholique se damne difficilement. Or, saint Alphonse enseigne ex professo la doctrine scripturaire du petit nombre des élus, même hélas ! parmi les catholiques. «La route du ciel est étroite, dit-il, et pour me servir d’une expression familière, les carrosses n’y passent pas ; en sorte que vouloir aller au ciel en carrosse, c’est y renoncer. Bien peu d’âmes y parviennent, parce que bien peu veulent se faire violence pour résister aux tentations».
Il est superflu, en un court résumé, d’ajouter à des citations aussi décisives.

IV. Le Modernisme en théologie.

D’après cette revue de la Tradition, on peut affirmer que jusqu’au siècle dernier les théologiens furent unanimes à enseigner la doctrine du petit nombre des élus, au moins relativement à la masse de l’humanité. Nous ajoutons à dessein ces derniers mots ; car ils appellent quelques explications que nous sommes heureux de donner.
Il paraît évident, par les citations que nous avons faites, que la presque unanimité des Pères et la plupart des théologiens, en traitant la question du petit nombre des élus, n’envisagent que les chrétiens ; et leur conclusion est que même parmi eux, c’est le petit nombre qui se sauve.
Saint Thomas et saint Bonaventure, dans les textes fondamentaux que nous avons rapportés, considèrent sous une vue générale l’ensemble de l’humanité. En certains autres passages, ils semblent se restreindre aux chrétiens dont beaucoup se perdent pour ne pas prendre soin d’assurer leur élection par une vie foncièrement chrétienne.
Les scolastiques et théologiens, qui suivirent ces deux maîtres, cherchèrent à éclaircir la question plus en détail par plusieurs distinctions importantes.
Ils firent d’abord observer qu’elle s’appliquait aux adultes : Notre-Seigneur, en parlant des deux voies, suppose des personnes qui choisissent elles-mêmes leur voie. Donc les enfants morts avant l’âge de raison, avec ou sans la grâce du baptême, sont mis hors du débat [Les enfants non-baptisés vont en enfer, mais dans les limbes sans peine du feu et des sens, et sans jouissance surnaturelle de Dieu].
En second lieu ils posèrent la question du petit nombre des élus sous différents aspects :
1° Par rapport à la masse entière de l’humanité,
2° Par rapport aux chrétiens, catholiques et hérétiques,
3° Par rapport aux seuls catholiques.
Sur le premier point leur réponse est unanime : c’est le petit nombre qui est sauvé.
Sur le second point, elle paraît à peu près unanime : les sauvés sont en minorité.
Sur le troisième point, la plupart des théologiens répondent encore : c’est le petit nombre qui
arrive au salut. Toutefois quelques-uns croient pouvoir espérer et soutenir que le plus grand
nombre des catholiques est sauvé.
Ce dernier sentiment est exposé par le célèbre Suarez : d’ailleurs il le met en avant avec une grande réserve, et simplement comme plus vraisemblable. Il le motive d’après ce fait que la plupart des catholiques meurent munis du sacrement de pénitence qu’ils ont reçus avec une suffisante lucidité d’esprit et avec l’indispensable attrition [La contrition est absolument nécessaire pour le pardon des péchés] : ce qui hélas ! ne serait plus exact aujourd’hui pour bien des contrées.
D’autres théologiens marquants de la Compagnie de Jésus, par exemple Alvarez, et, constatation curieuse ! Molina lui-même si porté aux opinions larges, n’adoptent pas ce sentiment. Le jésuite Ruiz de Montoya, très estimé comme commentateur de saint Thomas, apprécie comme il suit l’opinion de Suarez. «Elle est, dit-il, plus souhaitable que probable, elle fait plus d’impression sur le cœur que sur la raison, elle relève plus de la sensibilité que de l’autorité. Or, remarque saint Augustin, une opinion humaine ne fera pas qu’il y ait un seul sauvé de plus ; mais, par la séduction qu’elle exerce, elle fera que beaucoup s’endormiront dans la négligence et se damneront». Ainsi parle un jésuite de l’opinion pourtant si réservée de Suarez, qui tenait pour le petit nombre des élus relativement à l’humanité entière et même relativement aux chrétiens pris en général. Qu’aurait pensé, qu’aurait dit Ruiz de Montoya de certaines théories que propagent quelques auteurs modernes ?
Ce n’est plus le grand nombre des sauvés parmi les chrétiens, que soutiennent ces novateurs
hardis ; c’est le très grand nombre des sauvés, relativement à la masse de l’humanité. D’après eux, les païens, les mahométans, les boudhistes, les hérétiques, les schismatiques, sont sauvés en masse ; non pas seulement les catholiques romains.
On frémit en lisant de pareilles théories qui tendent à rendre inutile la grâce du saint baptême, qui vont à déprécier le bienfait de la vraie foi, qui ôtent pratiquement à l’Église catholique son privilège de posséder l’Esprit sanctificateur, qui transforment interprétativement en actes de religion méritoires toutes les idolâtries et tous les fanatismes.
Il serait trop long d’entreprendre la réfutation de ces erreurs attentatoires à la pureté de la foi : qu’il nous suffise de dire qu’elles se sont produites au siècle dernier, et qu’elles ont été condamnées par l’Index en la personne du Père Gravina, jésuite sicilien (On trouvera dans un appendice l’histoire du livre de ce Père, et de sa condamnation).
Aujourd’hui ces mêmes erreurs sont réveillées, remises en vogue, et même lancées dans le public avec un grand fracas de réclame, par le R.P. Castelein, jésuite belge, et quelques auteurs moins connus qui se parent du nom de scientifiques. En vain s’efforcent-ils d’éluder la condamnation qui frappa le P. Gravina, en essayant de la faire tomber sur quelques points de détail. Au fond ils soutiennent la même thèse que lui sur le salut de l’immense majorité des hommes et notamment des infidèles, et ils la soutiennent par les mêmes arguments que lui. Seulement, ce que le P. Gravina ne présentait que comme vraisemblable, ils le donnent comme acquis et démontré, s’inscrivant avec une audace incroyable contre la tradition constante de dix-huit siècles chrétiens.
C’est là où nous prenons position pour leur répondre et nous disons : Il n’est pas permis d’interpréter l’Écriture dans un sens opposé à celui que la tradition a déterminé ; il n’est pas permis d’enseigner une doctrine diamétralement contraire à celle de l’unanimité des Pères et des théologiens. Or, que les paroles du Sauveur sur la voie large et la voie étroite, que la sentence beaucoup d’appelés et peu d’élus, s’appliquent à ceux qui se perdent et à ceux qui se sauvent, c’est l’interprétation traditionnelle constante ; qu’il y ait plus de réprouvés que de sauvés, au moins par rapport à l’ensemble de l’humanité, c’est l’enseignement unanime des Pères et des théologiens.
Les modernes novateurs en théologie se révoltent à la pensée que tant d’âmes, pour lesquelles JÉSUS-CHRIST est mort, soient perdues ; et dès lors ils entreprennent de réduire à une très faible proportion celles qui le seraient effectivement. À y bien réfléchir, et partant du principe très beau mais mal compris par eux de la surabondante miséricorde divine, pourquoi y en aurait-il quelques-unes de damnées, pourquoi une seule ? Que Dieu ait créé une seule âme sachant qu’elle se damnera, et à la rigueur pouvant empêcher qu’elle se damne, c’est là un mystère qui déconcerte la raison, et devant lequel il faut trembler et adorer. Si l’on se plaint de ce qu’il permet la damnation de beaucoup d’âmes, pourquoi ne pas se plaindre de ce qu’il en laisse quelques-unes devenir les victimes d’une irrémédiable justice, alors que l’immense majorité des créatures humaines jouirait au ciel d’une éternelle félicité ? A s’en tenir à des raisons de sentimentalité, on se trouve acculé à l’erreur d’Origène qui dogmatisait qu’à la fin des fins damnés et démons seraient tirés de l’enfer et mis en paradis. Cette erreur est d’ailleurs très contemporaine. Victor Hugo était obsédé par la pensée de l’enfer et il s’écriait :
Espérez, espérez, espérez, misérables :
Pas de maux incurables,
Pas d’enfer éternel !

Comme si ces cris vraiment désespérés empêchaient l’enfer d’exister et d’être éternel, Dieu d’exister et d’être juste !
Non ! la position des modernes novateurs n’est pas tenable sur le terrain de fantaisie théologique et de caprice scripturaire où ils se placent, et qui se dérobe sous leurs pieds. Ils ne peuvent se défendre contre ceux qui nient absolument l’enfer éternel.
La seule position solide est celle-ci : l’homme recueille ce qu’il a semé, l’homme est jugé par Dieu selon ses mérites. S’il a fait bien, il sera récompensé éternellement ; s’il a fait mal, il sera puni éternellement. Si le grand nombre vit dans le mépris de Dieu et de sa loi, le grand nombre sera perdu. La seule chose dont il faudrait s’étonner, c’est que le grand nombre puisse être sauvé, après avoir vécu dans le péché mortel. «N’y aurait-il qu’un élu, disait saint Claude de la Colombière, si vous êtes bon, ce sera vous ; n’y aurait-il qu’un réprouvé, si vous êtes méchant, ce sera vous».
Voilà la seule position à prendre dans une question aussi délicate et aussi redoutable que celle du nombre des élus. On verra mieux encore la nécessité de s’y établir fermement, si l’on veut bien peser les considérations théologiques qui forment la seconde partie de ce travail.

IIème PARTIE : LES CONSIDÉRATIONS THÉOLOGIQUES

Qualis vita, finis ita.
Vieux proverbe.
Telle vie, telle mort.

I. La grâce et la Gloire.

La doctrine sur le petit nombre des élus fait impression. Et il y a de quoi. Il s’agit de nous, de notre salut éternel.
Nous serions désolé que cette impression, ne fut-ce que pour une seule âme, soit décourageante. Elle ne serait telle, que si notre doctrine avait été mal comprise. C’est pour en donner la véritable intelligence que nous ajoutons ces quelques réflexions, qui sont comme la conclusion pratique de ce que nous avons dit en nous basant sur l’Evangile et la doctrine des saints.
Le fond de la question revient à ceci : il y a un rapport nécessaire entre la vie présente et la vie future : celle-là est la préparation de celle-ci. Par suite il y a un rapport entre le nombre de ceux qui servent Dieu ici-bas, et le nombre de ceux qui seront sauvés. Petit est relativement le nombre des premiers ; petit sera le nombre des seconds.
Vous vous étonnez qu’il y ait peu de sauvés ; regardez autour de vous, et votre étonnement cessera. Y a-t-il dans le monde beaucoup de chrétiens fidèles, beaucoup de vrais serviteurs de Dieu ? Hélas ! leur petit nombre est indéniable ; tirez la conclusion et ne soyez pas surpris du petit nombre des sauvés.
Il y a des chrétiens qui perdent la grâce ; il y en a qui, l’ayant perdue, la recouvrent. Il y en a qui commencent et qui ne persévèrent pas ; il y a des ouvriers de la dernière heure. Mais ces pertes et ces profits se compensent à peu près. Et quelle que soit la fluctuation qui se produise dans la composition du groupe des vrais chrétiens, leur nombre est toujours relativement faible en comparaison de la multitude de ceux qui n’observent pas la loi de Dieu.
La théorie du petit nombre des élus n’est donc en définitive que la constatation de cette loi
élémentaire : Pour être sauvé, il faut servir Dieu, vivre en bon chrétien, confesser Notre-Seigneur par ses paroles et ses actes.
Il est très dangereux de détruire dans l’esprit des chrétiens cette notion fondamentale, que l’observation des préceptes divins, que l’imitation fidèle de JÉSUS-CHRIST, que l’effort persévérant dans la pratique du bien, est nécessaire au salut.
Un vieux missionnaire nous disait un jour que, dans les missions qu’il avait prêchées suivant la bonne et traditionnelle méthode des anciens, le sermon qui portait le coup décisif était celui du petit nombre des élus. C’est très compréhensible. Le prédicateur expose la doctrine et la morale chrétienne ; il fait voir l’état du monde livré à la triple concupiscence stigmatisée par saint Jean. Alors il dit à ses auditeurs : «Ne vous illusionnez pas, mes frères, si vous voulez être sauvés, ne vous conformez pas à ce siècle, menez une vie toute différente de la vie mondaine. La vie mondaine c’est la grand chemin large qui mène à la perdition, et beaucoup y marchent. La vie chrétienne, c’est la voie étroite qui conduit à la vie, et peu la suivent. Si donc vous voulez être sauvés, séparez-vous du monde, ne marchez pas avec le grand nombre, rangez-vous avec le petit nombre des amateurs de la croix de JÉSUS-CHRIST». De telles paroles sont évidemment de nature à produire une impression profonde, à provoquer des résolutions sérieuses, à amener des conversions durables.
Mettez en contraste avec ce langage celui d’un missionnaire qui prêcherait le grand nombre des élus. Il a essayé, nous le supposons du moins, d’établir que la vie chrétienne, telle qu’elle ressort des enseignements de Notre-Seigneur, est une vie de devoir austère, d’abnégation et de pénitence. Ses auditeurs ont conclu que, pour être sauvés, il fallait mettre en pratique ces divins enseignements. Et voilà que le prédicateur tire une conclusion tout opposée : «Non ! cela n’est pas nécessaire, les gens du monde font mépris de cette morale, et néanmoins pour le plus grand nombre ils seront sauvés !». Voyez un peu quelle confusion engendre une affirmation pareille ! Les bons chrétiens ne peuvent qu’en être choqués et scandalisés ; quant aux partisans d’une vie libre et d’une morale facile, une semblable thèse détruit leurs velléités de conversion, et les confirme dans des mœurs en contradiction flagrante avec la croix de JÉSUS-CHRIST.
Nous causions un jour de toutes ces choses avec un éminent religieux de l’ordre de saint Dominique. Le R. Père, quoique très entendu dans les choses modernes, était resté l’homme du moyen âge pour tout ce qui est principes, doctrine spirituelle, direction morale. Malgré certain sermon du P. Lacordaire, malgré la thèse édulcorée du P. Monsabré, il ne goûtait pas la théorie du grand nombre des élus. Il nous fit les réflexions suivantes :
«Ouvrez saint Thomas : vous y trouverez que la grâce est la semence de la gloire, semen gloriæ, le chemin pour y arriver, via ad gloriam ; bien plus, qu’elle est une initiation à la gloire, un commencement de la gloire en nous, inchoatio gloriæ in nobis. En un mot la grâce et la gloire ne sont au fond qu’un même état divin de l’âme sous une double forme. La grâce est la gloire en germe ; la gloire est l’épanouissement ultime de la grâce. Or, continuait le R. Père, les théories modernes sur le grand nombre des élus rompent ce rapport si intime. Il est manifeste, hélas ! que la majeure partie des hommes et même des chrétiens ne sont pas en état de grâce ; et l’on veut néanmoins qu’ils entrent en possession de la gloire ! Ils ne prennent pas le chemin, et ils arriveraient au terme ! Ils n’ont pas la semence, et ils auraient l’arbre et le fruit ! Ils restent étrangers à la grâce, initiation à la gloire, et ils posséderaient la gloire ! Non, cela n’est pas possible».
Ces réflexions nous parurent d’une incontestable justesse. C’est l’œuvre de la grâce en nous qui nous prépare à la gloire : où cette préparation manque, la gloire n’a plus de raison d’être.
On dira : d’un même coup, au dernier moment, Dieu peut donner les dispositions à la grâce, la grâce elle-même, et en conséquence le droit à la gloire céleste. Sans doute, cela peut-être, mais par voie d’exception. L’ordre de la Providence, c’est que l’âme mûrisse pour la gloire par la fidélité à la grâce. Le temps de la vie présente nous est donné pour cela. En un mot la loi sur laquelle nous devons baser notre conduite, d’après laquelle nous devons régler nos espérances, a été formulée comme il suit par l’apôtre saint Paul : «L’homme moissonnera ce qu’il aura semé ; quiconque sème dans la chair, des œuvres de la chair moissonnera la corruption ; qui sème en esprit, des œuvres de l’esprit moissonnera la vie éternelle » (Gal. 6, 8).
Croire qu’après avoir semé des œuvres de corruption charnelle, la plupart des hommes moissonneront la vie éternelle, c’est la plus dangereuse des présomptions. Nous n’avons d’autre but que de la combattre, en soutenant la thèse du petit nombre des élus.

II. Les grâces de la dernière heure.

La doctrine que nous exposons, d’après la tradition, sur le nombre des élus, nous amène à considérer ce qu’on appelle les grâces de la dernière heure.
On peut en effet objecter à notre thèse du petit nombre des sauvés qu’il y a les grâces de la dernière heure dispensées aux fidèles sous la forme des derniers sacrements, et qu’en définitive nombreux sont les chrétiens, même en pays où les pratiques religieuses sont rares, qui meurent munis des sacrements, et par suite avec une garantie de salut.
Cette objection soulève une question qui demande à être traitée avec une grande réserve. Nous croyons aux grâces de la dernière heure ; nous sommes convaincu qu’au moment où une âme va entrer dans son éternité, de même que le diable s’agite pour la perdre, la miséricorde divine fait un suprême effort pour la sauver. Le prêtre, qui est l’agent extérieur de cette miséricorde, doit redoubler de zèle pour en seconder les effets, et, sans se décourager jamais, se multiplier autour du mourant, tenter toutes les issues, mettre en œuvre tous les intermédiaires et tous les moyens pour arriver à obtenir de lui une bonne confession et pour lui appliquer les divins remèdes dont il est dépositaire. Une lutte décisive est engagée ; l’enjeu est une âme rachetée par JÉSUS-CHRIST. Quoique cette âme ait abusé des grâces, un bon prêtre ne doit jamais désespérer de son salut.
Et il y a certainement des âmes sauvées à la dernière heure. Le ministère du prêtre, à cette heure terrible, n’est pas sans consolations. Mais combien d’âmes ainsi sauvées ! À coté de ces consolations, que de déceptions, que de tristesses dont le prêtre doit garder le secret ! Nous disons : combien d’âmes ainsi sauvées, c’est-à-dire combien peu meurent dans des dispositions vraiment rassurantes, relativement au nombre de celles sur la mort desquelles planent les plus douloureuses inquiétudes ?
Nous faisons appel à l’expérience des bons prêtres. Parmi les morts qu’ils enterrent, il y a ceux qui ont été emportés par une mort subite et pour lesquels on ne peut invoquer qu’une faible présomption qu’ils auraient accepté les sacrements ; il y a ceux qui reçoivent l’extrême-onction alors qu’ils ont perdu ou presque perdu connaissance ; il y a ceux avec lesquels le prêtre, pressé par le temps, dérangé par l’entourage du malade, n’a pu avoir qu’un trop court entretien, à peine suffisant pour recueillir un désaveu sommaire des fautes de toute une longue vie. Ces trois catégories, pour lesquelles les appréhensions ne sont que trop justifiées, comprennent un grand nombre de mourants, surtout de nos jours. Restent ceux, relativement rares, auprès desquels le prêtre a toute facilité d’approcher, qu’il peut préparer à la confession par des exhortations appropriées. Or pour ceux-là mêmes, tout en ayant des motifs d’espérer, il n’est pas sans crainte : il tremble pour l’issue de la lutte, dont il voit et devine plus encore les péripéties. Il s’agit d’être décidé à changer de vie, à rompre avec de mauvaises habitudes tenaces, à fouler aux pieds le respect humain qui était un tyran, à restituer le bien mal acquis. Que de difficultés doit surmonter la grâce pour convertir à fond un pécheur malade, de manière à assurer son salut s’il vient à mourir !
Le prêtre, qui pèse toute cette situation au poids du sanctuaire, est obligé de convenir, sans rien outrer, que rares sont les conversions de la dernière heure, et que généralement on meurt comme on a vécu, comme on a, pendant sa vie, mérité de mourir. D’ailleurs la contre-épreuve est là, qui justifie cette appréciation. Parmi ceux qui, après avoir reçu les sacrements, reviennent des portes du tombeau, combien peu font paraître dans leur vie, cette vie que Dieu leur a rendue comme par miracle, un véritable changement ! Combien peu se préoccupent de réparer ce que leur existence antérieure a eu de défectueux au point de vue chrétien !
Voilà pourquoi, tout en nous gardant bien de nier les grâces et les conversions de la dernière heure, nous croyons que ce suprême effort de la miséricorde divine n’empêche pas que les élus ne soient le petit nombre, et qu’il confirme, même par les exceptions qu’il y apporte, cette règle générale que pour bien mourir il faut commencer par bien vivre.
Tenons-nous à cette règle, et pour notre gouverne personnelle, et pour les conseils à donner au prochain. N’allons pas contre les indications du saint Évangile, qui nous présente, le ciel comme une récompense promise à la fidélité, comme le salaire des bonnes ¦uvres, comme le prix d’une course infatigable, comme la couronne réservée à de valeureux champions.
Notre-Seigneur lui-même ne nous avertit-il pas de ne pas attendre la dernière heure pour nous convertir et gagner le ciel ? « Efforcez-vous, dit-il, d’entrer par la porte étroite, parce que beaucoup, je vous le dis, chercheront à entrer et ne le pourront pas. Lorsque le père de famille sera entré et aura fermé la porte, alors, vous commencerez à stationner autour et à frapper en disant : Seigneur, ouvrez-nous, et il vous répondra, je ne sais d’où vous êtes » (Luc, 12, 24-25). Même réponse est faite aux vierges folles qui tardivement frappent à la porte du festin des noces. L’Époux leur dit : «En vérité, je ne vous connais pas» (Mat. 25, 12).
En ces deux passages, tout nous porte à voir, et c’est la pensée des Pères et des commentateurs, une peinture de la pénitence tardive, rejetée à l’heure de la mort. Les malheureux, surpris en ces suprêmes angoisses, veulent entrer, ils frappent désespérément : mais, comme c’est une crainte servile, et non un sincère désir de conversion, qui les stimule à frapper, le Seigneur ne leur ouvre pas. Faut-il effacer ces textes du saint Évangile, parce qu’ils sont effrayants ? Non, mais il convient d’en conclure que le vrai temps de la conversion c’est toute la vie présente, et qu’il ne faut pas attendre au dernier moment pour revenir à Dieu dont on a outrageusement, pendant de longues années, méconnu l’autorité et transgressé les préceptes.
Vouloir vivre dans le péché, en se flattant de mourir dans la grâce, quelle présomption terrible ! Comment crier assez haut pour en guérir les âmes, qu’elle conduit à leur perte éternelle ?
Nous faisons ces réflexions, parce qu’elles ressortent de votre Évangile, ô Seigneur Jésus, et sans méconnaître les mystères de votre miséricorde, impénétrables comme ceux de votre justice.

III. Peu et Beaucoup.

En parlant du petit nombre des élus, nous n’entendons pas le très petit nombre, l’infime petit
nombre. Nous restons dans les termes du saint Évangile, peu et beaucoup, termes qui comportent du plus et du moins, qui laissent une certaine latitude d’interprétation.
Il peut arriver qu’en certaines époques de paix et de ferveur, où l’Église exerce librement son ministère, où les saints abondent, le petit nombre augmente dans des proportions considérables. Nous ne faisons même pas difficulté d’admettre qu’en certains lieux privilégiés, et dans un concours de circonstances propices, la majorité des chrétiens puisse être sauvée.
Nous faisons cette déclaration, parce qu’elle nous paraît ressortir d’une observation impartiale, et qu’elle est de nature à rassurer les âmes. Dieu, qui veut que toutes soient sauvées, n’a pas mis à priori (pour parler humainement) de limite infranchissable au nombre des élus ; cette limite peut être étendue indéfiniment par le zèle des bons prêtres et des serviteurs de Dieu. Si le nombre des élus est petit, cela tient à la corruption habituelle du monde, et aussi à la négligence des ministres de l’Évangile. Quiconque prie peut toujours par la prière être sauvé. Ainsi n’exagérons pas la doctrine du petit nombre des élus, déjà assez effrayante par elle-même.

Nous avons promis une explication sur un passage de saint Robert Bellarmin, que nous avons cité. Cet auteur, célèbre par sa sainteté et sa science, une des illustrations de la Compagnie de Jésus, cardinal de la sainte Église romaine, élevé récemment sur les autels, dit quelque part que sur mille chrétiens à peine un sera sauvé. Voici ses paroles : «Les Juifs élus ne feront pas la millième partie des Juifs réprouvés. Et l’on peut dire la même chose à proportion du nombre des chrétiens». Ces paroles assurément sont terribles. Elle le sont moins encore qu’une supputation attribuée à saint Nil, et beaucoup moins qu’une assertion que l’on trouve dans les sermons de saint Claude de la Colombière, et sur laquelle nous n’insistons pas pour ne point assombrir davantage le tableau des jugements de Dieu contre le monde livré au péché. D’ailleurs le passage auquel nous faisons allusion de saint Claude de la Colombière, le directeur de sainte Marguerite-Marie, l’ami du Cœur de Jésus, n’est au fond que la reproduction d’une apostrophe foudroyante de saint Jean Chrysostôme au peuple d’Antioche, que nous avons rapportée.
Que penser de ces assertions et autres semblables, que l’on peut trouver par exemple dans les écrits si justement estimés du P. de Saint-Jure, auteur ascétique de la Compagnie de Jésus ? Nous déclarons très nettement qu’on aurait tort de les prendre à la lettre et d’en tirer des conséquences par trop affligeantes. Les pieux auteurs qui les ont émises ont voulu, non pas prononcer une sentence définitive qui n’est pas du ressort de l’homme, mais simplement exprimer leurs craintes et leurs angoisses motivées par l’ingratitude des chrétiens et par les difficultés du salut. Ils ont envisagé en un mot un côté d’une question nécessairement obscure, et non l’ensemble de la question sous tous ses aspects. Ils ont parlé comme l’apôtre saint Pierre dans sa première épître : Si à peine la juste sera sauvé, que deviendront l’impie et le pécheur ? (1 Petr. 4, 18). Le juste aura peine à être sauvé : ainsi s’exclame quiconque considère purement la justice de Dieu. Elle est telle cette justice, si incisive, si pénétrante, que la justice humaine même la mieux fondée ne peut se soutenir devant elle. En s’arrêtant à la rigueur de cette justice, en considérant les exigences de la sainteté de Dieu, les saints tremblaient pour leur propre salut et se demandaient : Qui donc sera sauvé ? de là les calculs qui venaient sous leur plume, et les apostrophes qui éclataient sur leurs lèvres. Néanmoins ils excitaient tout le monde à la confiance ; et aux faibles, aux petits, aux pécheurs repentants, ils criaient, les mains jointes, de s’abandonner à la miséricorde de Dieu dont le sein toujours ouvert était assez large pour les recevoir tous.
La parole, qui résume admirablement les divers aspects de cette question redoutable, a été dite par saint Augustin, et dite par lui au sujet de sa sainte mère Monique : malheur à la vie humaine même louable, si elle est jugée sans miséricorde ! À coté de la justice, il y a la miséricorde : donc ayons confiance. En vous, Seigneur, j’ai espéré, je ne serai pas éternellement confondu (Te Deum).

Pour en revenir aux passages que nous avons cités de Saint Robert Bellarmin et autres auteurs ascétiques, nous répétons qu’il ne faut pas du tout s’y arrêter comme à une sentence définitive. Le plus sage, en considérant l’état du monde, est de s’en tenir aux expressions du Sauveur, petit nombre et grand nombre, sans les forcer. Il y a là de quoi craindre, mais d’une crainte qui comporte la confiance en excitant la vigilance.
Ces réserves faites, les évaluations des Saint Robert Bellarmin et Claude de la Colombière, avec leur sens simplement comminatoire, suggèrent bien des réflexions.
En les écrivant, ces illustres et saints personnages ne mettaient pas en doute l’amour de Dieu pour ses créatures, la volonté qu’il a que tous les hommes soient sauvés, non plus que la tendresse du Cœur de Jésus pour les pécheurs. En un mot ils n’étaient pas d’esprit calviniste ou janséniste. Il est donc équitable de s’abstenir de toute épithète désobligeante vis-à-vis de ceux qui maintiennent l’ancienne thèse traditionnelle du petit nombre des élus.
Saint Robert Bellarmin et saint Claude de la Colombière, ces gloires de la Compagnie de Jésus, ne voyaient pas l’état du monde, de l’Église et des âmes, avec les mêmes yeux et sous le même angle qu’un autre jésuite, le P. Castelein, qui de nos jours prône, avec une exagération inouïe, la théorie moderne du grand nombre des élus. Nous estimons que le sentiment des deux saints pèse tout autrement dans la balance que celui de leur confrère contemporain.
Nous nous en tenons donc à la vieille tradition, telle qu’elle ressort des paroles du Sauveur, peu et beaucoup. Et néanmoins nous crions à tous les chrétiens, nous voudrions pouvoir crier à tous les hommes : Espérez, priez, et vous serez sauvés.

IV. L’harmonie des textes scripturaires.

Nous avons montré qu’il était sage, en agitant la question du nombre des élus, de laisser aux termes qu’a employés Notre-Seigneur leur imprécision voulue et pour ainsi dire leur élasticité.
Si l’on veut, pour appuyer et fixer son esprit, quelques données générales plus précises, nous croyons qu’on ne saurait mieux les trouver qu’en saint Augustin. Ce grand docteur a été amené par ses discussions avec les Donatistes et les Pélagiens, à scruter plus profondément qu’aucun autre le mystère de l’Église et celui de l’élection divine.
Saint Augustin, ceux qui ont lu ses divins écrits ne nous démentiront pas, est très sobre dans ses affirmations et évite les opinions précipitées. Il n’y a pas d’esprit plus ardent quand il cherche la vérité, et plus réservé quand il expose le fruit de ses recherches. Cette réserve, cette discrétion sont très frappantes quand il traite du nombre des élus.
Voici comment, en son livre de l’Unité de l’Église, écrit contre les Donatistes, il expose les principes qui dominent la question : «Nous avons, dit-il, d’innombrables témoignages de la Sainte Écriture, et sur le mélange des mauvais avec les bons dans la communion des mêmes sacrements, et sur le petit nombre des bons relativement au plus grand nombre des méchants, et enfin sur la multitude des bons envisagés en eux-mêmes».
Ainsi, aux yeux du saint docteur, ces trois propositions sont incontestables : mélange des bons et des méchants dans le sein de l’Église, figuré par le bon grain et la zizanie dans le même champ, par les poissons bons et mauvais dans le même filet ; petit nombre des bons relativement aux méchants, déclaré par Notre-Seigneur lui-même quand il parle du chemin large et de la porte étroite ; enfin multitude des bons envisagés en eux-mêmes, annoncée par le divin Maître, quand il dit que beaucoup viendront de l’Orient et de l’Occident et prendront place avec Abraham, Isaac et Jacob au royaume des cieux. Cette multitude est aussi dépeinte expressément par saint Jean dans l’Apocalypse : «Ainsi, conclut saint Augustin, les mêmes, à savoir les bons, sont qualifiés grand nombre et petit nombre : grand nombre, considérés en eux-mêmes ; petit nombre, en comparaison des méchants» (De Unit. Eccl. 35, 36).
Ce simple exposé si ample, enfermant et harmonisant tous les textes de la Sainte Écriture relatifs à la question, met en quelque sorte l’âme au large, et lui fait éprouver cette impression particulière de paix que la vérité apporte toujours avec elle. La crainte subsiste toujours, mais c’est une crainte préservatrice et tempérée par la confiance qu’excite la vision de cette multitude innombrable de sauvés de toute condition et de tout pays.
Continuons à interroger le saint docteur, et demandons-lui qu’il nous ouvre de nouveaux
jours sur la composition intime de l’Église. Parcourons tout d’abord le livre si beau qu’il a écrit, dès les premiers temps de sa conversion, sur les mœurs de la sainte Église catholique. Là il venge, contre les calomnies des Manichéens, la note de sainteté de l’Église. Il démontre, dans une splendide énumération, qu’il existait dans son sein d’innombrables fidèles d’une incontestable vertu ; et, ajoute le saint docteur, «on peut les trouver, non seulement au fond des déserts ou dans des cloîtres paisibles, mais même au milieu de l’agitation du monde». C’était en ces temps-là, où la foi était ardente ; mais l’Église est toujours sainte dans une partie de ses membres. Au XVIIe siècle, le P. de Condren, deuxième général de l’Oratoire, bon juge, déclarait qu’il y avait autant de saints cachés qu’il pût s’en trouver dans l’Église primitive. Aujourd’hui, hélas ! où la mondanité a tant envahi les familles chrétiennes, où elle perd tant d’âmes, il y a néanmoins, même dans les grandes villes, même et peut-être surtout à Paris, parmi les personnes du monde, des pratiques austères de pénitence, des désintéressements inouïs, et des vertus héroïques. En un mot Dieu a toujours et partout ses élus, et il les a en nombre suffisant pour maintenir l’état du monde.
Saint Augustin en son livre de la Catéchisation des ignorants, parle également de l’Église, et en trace un tableau bien instructif. Il se préoccupe de l’effet désastreux que pourrait produire, sur un catéchumène ou néophyte inexpérimenté, le spectacle de certains désordres auxquels se laissaient aller malheureusement les chrétiens. Il dit que ces scandales n’enlèvent rien à la sainteté de l’Église qui les condamne. Il atteste que, parmi ces chrétiens dont les m¦urs laissent à désirer, il en est beaucoup que la patience de Dieu amène à une salutaire pénitence, et qui même se convertissent avec un grand élan, magno impetu convertuntur. Enfin il déclare qu’il y a dans l’Église, moins en évidence pour l’ordinaire que les chrétiens scandaleux, beaucoup de vrais serviteurs de Dieu. «Unis-toi aux bons, dit-il à son catéchumène, tu en découvriras un grand nombre, si toi-même tu es de cœur avec eux». L’observation du grand saint est très juste. Le vice s’affiche, la vertu se cache. Ce qui frappe tout d’abord les yeux, c’est l’éclat insolent du monde paraissant envahir l’Église. Sous cette paille vaine et agitée, regardez attentivement, vous découvrirez les grains de froment». (De cath. rudibus, cap. 25)

Une distinction fréquente sous la plume de saint Augustin, dans ses livres contre les Donatistes, est celle des spirituels et des charnels dans l’Église. Mais en parlant de ces derniers, il n’entend nullement ceux qui se livrent à la bonne chère ou commettent des impuretés. Il parle d’après saint Paul, de ceux qui, écoutant trop l’instinct de la nature, se laissent aller à certaines querelles ou divisions, sans pourtant vouloir rompre le lien de la charité. Il entend aussi ceux qui n’ont pas une conception intellectuelle de Dieu bien pure. Ce sont là les charnels, qui sont appelés à se spiritualiser progressivement. Or le saint docteur atteste qu’ils sont sauvés par le mérite de la foi qu’ils professent et par la sainteté des sacrements qu’ils ont reçus. Saint Grégoire fait aussi souvent allusion à ces charnels ou petits dans le Christ. Il les voit également en état de salut. Il ajoute que généralement, dans les temps de paix, ils sont sauvés; mais que, dans les temps troublés, beaucoup périssent.
Ceci nous apprend à dégager, dans cette question si redoutable du nombre des élus, un élément fixe et un élément variable. Il y a et il y aura toujours des élus de Dieu ; ils sont la raison d’être du monde. Il ne paraît pas douteux qu’ils soient toujours la minorité relativement aux méchants. Mais leur nombre s’étend ou se resserre suivant les temps et les circonstances. Il y a des temps de grâce et de conversion, où le bien est soutenu et efficacement protégé : un grand nombre de chrétiens peuvent être sauvés. Viennent des temps de désordre, de persécution, de domination du mal : le nombre des sauvés diminue, malgré les efforts de l’Église pour ne perdre aucun de ses enfants.
Pour le dire brièvement, le nombre des sauvés est en rapport avec l’intensité de la prière qui se fait dans l’Église et par l’Église pour le salut des âmes. Prions donc plus instamment, et des âmes en plus grand nombre parviendront au salut éternel.

Conclusions.

Nous avons tracé ces considérations pour mettre dans son vrai jour l’enseignement traditionnel sur le nombre des élus.
Ainsi donc, ô chrétien, si tu veux servir Dieu, tu ne seras pas seul ; tu trouveras dans le sein de ta mère la sainte Église des âmes, et même beaucoup d’âmes, sœurs de la tienne ; et tu seras ainsi soutenu par le lien précieux d’une mutuelle charité.
Toutefois ne t’attends pas à trouver le grand nombre dans le chemin que tu prendras ; tu y marcheras avec le petit nombre ; car c’est le chemin étroit que ne suit pas l’immense foule.
Lève les yeux : la lumière du ciel revêt joyeusement les sommets vers lesquels tu montes, priant toujours pleurant quelquefois, mais aussi chantant. L’air salubre des hauteurs t’environne et te pénètre.
Courage et confiance ! Espère fermement en la grâce puissante qui excite tes efforts et soutient ta marche.
N’oublie pas la pressante recommandation de saint Pierre : Faites en sorte, mes frères, de plus en plus, de rendre certaine votre vocation et votre élection par de bonnes œuvres (2 Petr, 1, 10). Notre salut est encore en suspens ; il se fait et se parfait tous les jours par un effort persévérant. Notre élection est comme incertaine ; c’est l’infatigable application aux bonnes œuvres qui lui donne de la consistance.
N’oublie pas non plus la comparaison de saint Pau l: Ne savez-vous pas, que, dans la course du stade, tous courent, mais un seul emporte le prix ? Courez donc de telle sorte que vous touchiez au but (1 Cor 9, 24). Cela veut dire, non pas qu’un seul est couronné à l’exclusion des autres, mais qu’il faut se conduire dans la voie du salut comme le coureur qui ne s’arrête jamais, qui lutte de vitesse pour l’emporter sur ses concurrents. S’arrêter, se ralentir, c’est s’exposer à tout perdre.
Enfin et surtout écoute, ô chrétien, la voix même du Sauveur Jésus : Faites effort pour entrer par la porte étroite, parce que plusieurs, je vous le dis, chercheront à entrer et ne le pourront pas (Luc 13, 24). Un effort, et un effort soutenu, est donc nécessaire pour entrer au ciel.
Cet effort n’est possible que par la grâce ; or c’est la prière qui obtient la grâce. Pour un effort soutenu, il faut une prière continuelle.
Prie donc, et prie toujours, ô chrétien. Par cette prière, grâce à de généreux efforts, tu seras sauvé.

APPENDICE I.

Le livre du P. Godts, rédemptoriste

De Paucitate Salvandorum quid docuerunt Sancti ; Tel est le titre d’un excellent ouvrage latin que nous recevons de Belgique. Son auteur, le Révérend Père Godts, de la congrégation du Très Saint Rédempteur, s’est déjà fait avantageusement connaître par la publication de plusieurs savants ouvrages sur la question sociale, sur l’éducation chrétienne de l’enfance, sur la souveraineté temporelle des papes.
Le nouveau livre du Révérend Père Godts est la réfutation d’une thèse hardie du Révérend Père Castelein, jésuite, sur le grand nombre des élus. Le Père Castelein appelle rigoristes (il dirait volontiers jansénistes) tous ceux qui, avec l’Évangile et la tradition universelle, croient et enseignent qu’il y a beaucoup d’appelés, mais peu d’élus. «Il cherche, nous dit-il, à éclairer sur le problème de nos destinées finales, la foi de ses lecteurs, pour la mettre en harmonie avec les exigences de leur raison et les besoins de leur cœur».
La Revue des âmes pieuses qui se publie à Bruxelles sous la direction de M. l’abbé Châtel vient de commencer une série d’articles, pour tâcher de paralyser les mauvais effets produits par la lecture du livre du Père Castelein chez plusieurs personnes. «Ses doctrines, dit la Revue, seront très préjudiciables à un grand nombre d’âmes. Du reste son livre n’aura aucune utilité pour les âmes timorées à l’excès ou découragées. Ce n’est pas dans des ouvrages de ce genre, l’expérience l’apprend, qu’elles checheront ou trouveront la lumière, la consolation et la paix».

De son côté, le Révérend Père Godts s’est mis à l’œuvre ; et nous espérons que son enseignement, qui n’est autre que celui des saints de tous les temps et de tous les pays, contribuera pour sa bonne part à rectifier les sentiments des personnes que la thèse de la majorité absolue aurait pu séduire. «La question du nombre des sauvés, dit l’auteur, n’est point du tout purement spéculative : c’est une question pratique, très importante qui entraîne de graves conséquences. Parmi les saints – qui sont les meilleurs maîtres quand il s’agit du salut des âmes – on n’en trouve pas un seul qui ait jamais enseigné que la majorité absolue du genre humain parviendrait au salut éternel. Tout au contraire, tous les saints qui ont traité cette question, se réunissent au Docteur angélique, pour proclamer qu’il y aura moins de sauvés que de réprouvés. Pauciores sunt qui salvantur (Summa Th I a Q 23 a7 ad 3m).
Aucun saint n’a jamais enseigné qu’il y aurait plus de sauvés que de damnés parmi les catholiques. Mais, comme l’atteste le Docteur très zélé, saint Alphonse de Liguori, l’opinion la plus commune tient que le plus grand nombre des catholiques sont damnés (Théol. Mor. l IV Tr. 2, cap 2 n° 130). L’opinion contraire, continue le P. Godts, a été gravement atteinte par la condamnation du Père Gravina. Or il est inconvenant, après cette condamnation, d’infliger la note de rigorisme à l’un et à l’autre sentiment des Saints ci-dessus mentionné, et d’appeler leurs arguments des toiles d’araignées. Il n’est pas moins inconvenant d’assurer que les saints et les anciens interprètes n’ont point du tout compris certains textes de l’Écriture Sainte, et de dire que de nos jours ils auraient donné une interprétation bien plus parfaite.
«De nos jours, quoique disent les scientifiques, la zizanie n’est plus le rigorisme, comme au temps des Jansénistes. La zizanie de notre siècle, c’est le laxisme, né de l’ignorance de la foi, etc.».
Tels sont les principes de notre théologien. Il n’est pas embarrassé pour prouver sa thèse et montrer l’inanité de l’opinion qui voudrait prévaloir, en dépit de la tradition. Il passe en revue les principaux d’entre les Pères, depuis saint Chrysostôme et saint Basile jusqu’à saint Anselme et saint Bernard. Il interroge les théologiens depuis saint Thomas jusqu’à saint Alphonse de Liguori ; il consulte les interprètes les plus autorisés du texte sacré, et tous sans exception, déclarent que les élus sont le petit nombre.
Le dernier chapitre est consacré à l’examen des légers arguments apportés par les partisans de la majorité, en faveur de leur sentiment. Chers lecteurs, voulez-vous un échantillon de la nouvelle exégèse, au moyen de laquelle on rend si facile l’entrée au paradis ? Écoutez le Père Castelein qui parle : «Le monde a été maudit par Notre Seigneur, nous objecte-t-on. Saint Jean dans sa première Épître, (5, 19) dit : Mundus totus in maligno positus est. Tout le monde est sous l’empire de l’esprit malin. Mas de quel droit et à quel titre les rigoristes affirment-ils que ce monde ainsi défini est le milieu des familles chrétiennes, ou simplement que c’est la société publique parmi les chrétiens ? Ce milieu, cette société publique ne seraient donc autres qu’au temps du paganisme ? Le siècle auquel nous appartenons serait-ce ce siècle impie dont saint Paul a dit : Ne vous conformez pas à son esprit. Du même mot monde ou siècle, un théologien peut-il conclure à l’identité des deux sociétés, de la société païenne et de la société chrétienne ?».
Je ne sais si j’ai bien saisi la pensée du Père. Mais après l’avoir lu, j’en ai conclu que le monde maudit par Notre Seigneur n’existait plus en France, ni en Belgique, ni en Italie. De même la recommandation si pressante de saint Paul : Ne vous conformez point à ce siècle, n’aurait plus d’application parmi nous !
Si c’est là l’exégèse nouvelle, je n’en use pas : je la laisse à son inventeur, et avec le Révérend Père Godts, je crois que Celui qui prie sera certainement sauvé. Celui qui ne prie pas sera certainement damné.

APPENDICE II.

Sentiment de Saint Claude de la Colombière S.J.

« Le petit nombre des élus ne doit point faire le sujet de notre crainte ; se sont les péchés qui nous empêchent d’être de ce nombre. Il y a peu de prédestinés parmi les chrétiens, parce que la prédestination est nécessairement suivie du salut. Mais elle n’est pas moins nécessairement suivie des œuvres qui assurent le salut.
« Vous êtes effrayé, quand on vous dit que de cent mille, à peine y en aura-t-il un seul de sauvé. « Que vous importe, pourvu que ce soit vous ? Et si de ce nombre toutes étaient sauvés à la réserve d’un seul, quelle désolation serait-ce pour vous, si vous deviez être ce malheureux ?
« Mais, s’il y a plusieurs élus, j’ai plus d’espérance d’être de cette multitude.  Vous vous trompez ; votre espérance serait fondée, si, pour augmenter le nombre, après avoir admis les bons, on recevait quelque méchant, ou si, pour diminuer ce nombre, on excluait des bons ; mais quelque petit que soit le nombre des prédestinés, les bons n’en seront jamais exclus ; quelque grand que soit ce nombre, les méchants n’y seront jamais compris.
« Si vous êtes bon, quand pour cent mille réprouvés il n’y aurait qu’un élu, ce sera vous ; si vous êtes mauvais, quand pour cent mille élus il n’y aurait qu’un réprouvé, ce sera vous. Voyez si le chemin du ciel est un chemin fort battu ? Il faut que tous les élus aillent par la voie étroite, voie unique du salut. Aujourd’hui ceux-mêmes qui embrassent la piété veulent avoir toutes leurs commodités.
« Pour assurer son salut, il faut vivre en l’état où il faut mourir pour être sauvé. Or, combien en trouverez-vous qui soient habituellement en état de grâce, qui, même par intervalle, conservent durant quelques jours de l’année l’amitié de leur Dieu ? Il n’est pas bien sûr, disons qu’il est entièrement incertain, s’ils la reçoivent dans leurs confessions ; leurs rechutes si fréquentes me persuadent qu’ils ont eu peu de résolution, et qu’ils sont sortis du saint tribunal et de la table sacrée vides de grâces. Que peut-on se promettre pour le ciel de quiconque vit de la sorte ?
« On compte beaucoup sur ce qu’on a dessein de faire à l’heure de la mort. On se confesse mieux alors, je le veux croire ; mais combien s’en trouve-t-il qui alors ne se confessent point ? Outre que la vue de la mort n’ajoute rien aux dispositions ordinaires que le trouble, l’effroi et une crainte toute naturelle, ce qui le prouve, c’est que quand on revient de ce péril, et que la peur est dissipée, on continue de vivre comme on avait vécu.
« Vous vous étonnez que de cent mille chrétiens il n’y en ait pas dix de sauvés ? Et moi au contraire, plus je considère la chose, plus je m’étonne que de cent mille il y en ait trois de sauvés.
« Ce qui fait ma surprise, c’est de voir les fortes inclinations qui nous portent au mal, l’horrible penchant qui nous entraîne dans le précipice, ce penchant secondé de tant d’ennemis qui nous poussent ; un monde si corrompu, des occasions si funestes, si fréquentes, si effrayantes ; une négligence si constante dans l’affaire du salut ; à la vue de tant d’obstacles que nous ne bravons pas, est-il possible, me dis-je à moi-même, que de cent mille chrétiens il y en ait dix qui se sauvent ? ».

Sans doute ce texte est terrible, et on ne peut en admettre la conclusion que comme hypothétique et comminatoire. Mais qu’on suive la pensée de saint Claude de la Colombière, on la trouvera pleine d’enseignements qui ne sont pas sans encouragement !
La question du salut, dit le saint jésuite, est absolument indépendante du nombre des sauvés. Remplissez-vous les conditions posées par Notre-Seigneur pour arriver au salut, vous y arriverez sûrement ; qu’il y ait en fait beaucoup d’élus ou peu d’élus, peu importe ; vous serez jugé sur vos œuvres, et comme si vous aviez été seul au monde. En fait combien y aura-t-il de sauvés ? Tout autant qu’en droit il doit y en avoir. Car tous les bons, sans exception, seront sauvés quel que soit leur nombre.
Ces conclusions, à les bien peser, ne sont nullement décourageantes.
C’est là ce qu’il faut garder des paroles de saint Claude de la Colombière, avec cette conviction que pour être sauvé il ne suffit pas d’être un chrétien de nom et de parade, mais il faut être un vrai chrétien, un chrétien selon l’Évangile : or on devient tel, et on reste tel, par la grâce de Dieu et par la prière.

APPENDICE III.

Histoire d’une opinion.

Nous avons rendu compte plus haut d’un excellent ouvrage sur le Nombre des élus. Nos études sur cette question nous mettent à même d’en donner un précis historique pour le XVIIIe siècle qui en vit la naissance et les premiers développements. Auparavant nous ne croyons pas que la minorité du nombre des élus ait jamais été contestée par des théologiens catholiques.

En 1732, Pierre-François Foggini publia un livre intitulé : Accord admirable des Pères de l’Église sur le petit nombre des adultes qui doivent être sauvés. L’ouvrage est en latin. Lequeux en a donné une édition, Paris 1759, et une traduction française l’année suivante.
Voici à quelle occasion Foggini publia cet écrit. Alexandre Borgia, archevêque de Fermo (mort en 1764) avait osé avancer en public, dans une homélie, que la sentence redoutable de JÉSUS-CHRIST sur le petit nombre des élus, ne doit point s’entendre des chrétiens, mais seulement de la généralité des hommes ; ce qui surprit étrangement son auditoire. Craignant que l’autorité d’un évêque ne séduisit le peuple ignorant et facile à tromper, M. Foggini crut devoir supprimer la nouveauté dès sa naissance en y opposant un recueil des passages des Pères. Benoît XIV estimait Foggini, et voulut l’attacher invariablement à sa cour, en l’associant, en qualité de coadjuteur, à Bottari, sous-bibliothécaire du Vatican, Clément XIV le fit son camérier d’honneur, et Pie VI ne voulut pas laisser sans récompense son mérite et sa vertu. Il l’éleva à la dignité de son camérier secret, et le nomma premier bibliothécaire du Vatican. (Voir Feller)

***

Dix ans après, en 1762, parut à Palerme en Sicile un livre latin de 728 pages in-4° sur le Paradis intitulé : Dissertatio anagogica, theologica, parænetica de Paradiso, et divisé en trois parties. C’était un ouvrage posthume du Père Benoît Plazza, de Syracuse, théologien de la Compagnie de Jésus, mort à Palerme en 1761 âgé de 84 ans. L’éditeur, Joseph-Marie Gravina, autre jésuite, nous apprend dans sa préface que son confrère, le Père Plazza, ayant entrepris ce travail à l’âge de 80 ans n’avait pas eu le temps de l’achever. En conséquence le général des Jésuites chargea Gravina de mettre la dernière main au livre du Paradis, ce dont celui-ci s’acquitta d’une façon mémorable. Le chapitre dernier tout entier est une addition de l’éditeur. Il tient près de 200 pages et traite du Nombre des élus, beaucoup plus grand que celui des réprouvés.
La thèse du Père Gravina est celle-ci : Les élus sont en beaucoup plus grand nombre que les réprouvés : et cela, non pas en comparant uniquement les catholiques les uns aux autres, mais en prenant tous les hommes ensemble depuis le commencement du monde jusqu’à sa destruction : Ex universo hominum genere ab orbe condito ad ejus excidium, Electos
homines respectu hominum Reproborum longe esse numerosiores. Bien entendu qu’il n’est pas question ici des enfants morts sans baptême ; car ceux-ci, dit-il, font une troisième classe entre les élus et les réprouvés.
Cela posé, «j’avoue ingénument, dit Gravina, qu’au premier coup d’œil les simples seront grandement scandalisés de nous voir enseigner que la foule des païens, des mahométans, des hérétiques, des schismatiques et des juifs parviennent au salut éternel. Mais il n’en sera pas de même des théologiens, surtout des modernes, qui ont, pour ainsi dire, conspiré tous à enseigner contre les jansénistes qu’outre la foi explicite, il y en a une implicite qui suffit pour le salut». Or, quelle est cette foi implicite ? «C’est une foi par laquelle on s’en rapporte à la connaissance que Dieu a de la vérité, ou en général à la science de ceux que Dieu en a instruits. Ainsi, il y a toutes sortes de religions dans le monde ; je ne sais quelle est la vraie ; mais je m’en rapporte à celle que Dieu ou certains hommes privilégiés connaissent pour telle, voilà tout l’acte de foi nécessaire au salut. Et, qui est-ce qui usant de sa raison n’a pas cette foi ?». [C’est ici une des hérésies pré-vatican 2 sur l’indifférentisme religieux]
Si ce système sur le très grand nombre des élus paraît nouveau, si le sentiment contraire a prévalu jusqu’alors, notre homme n’en est point embarrassé. La théologie, dit-il, est comme la nature, où, suivant Sénèque, on fait tous les jours de nouvelles découvertes. Cependant, il n’entend donner son opinion que comme probable et vraisemblable. Effectivement, il avoue n’avoir que des conjectures pour l’appuyer : non nisi verisimilem esse et conjecturis firmitam. Mais il espère qu’elle sera de plus en plus adoptée par les catholiques, et deviendra ainsi le sentiment commun.
Gravina entre donc en matière pour développer ses conjectures qu’il tire de l’Écriture Sainte, des Pères, des interprètes, des scolastiques, des auteurs ascétiques, des révélations faites à plusieurs saintes.
La volonté de Dieu et de JÉSUS-CHRIST de sauver les hommes est pour notre auteur un arsenal inépuisable. Mais ce mot volonté lui paraît apparemment trop faible ; il y substitue celui d’étude, studium, qu’il définit d’après Cicéron : Application assidue de l’esprit à un objet auquel on se porte avec ardeur, avec une grande volonté. «Ainsi, ajoute-t-il, Dieu et JÉSUS-CHRIST sont tellement occupés, pour parler humainement, à procurer le salut des hommes, qu’ils le veulent assidûment, ardemment, de la plénitude du cœur.» Et pour prouver que la plupart des hommes sont sauvés en conséquence, voyez, dit-il, comment Dieu se félicite, dans Habacuc, de sa très abondante pêche : il sacrifie à son filet, il offre de l’encens à son rets (Habacuc, 1, 15-16). Le Père Gravina sans doute n’a pas vu que c’est de l’impie et du diable et non pas de Dieu que parle le Prophète. (Voyez le commentaire de S. Jérôme. Migne, t. 25, col 1287).
Ailleurs, il suppose que le nombre des Anges qui ont persévéré dans la justice est double de ceux qui sont tombés. Or Dieu a plus aimé les hommes que les Anges. Donc, conclut-il, il implique que parmi les hommes les réprouvés soient en plus petit nombre que les élus. Raisonnement arbitraire et pur sophisme, dans lequel d’ailleurs, comme dans toute la suite de son ouvrage, il ne tient aucun compte du péché originel.
Il soutient que depuis le commencement de la Genèse jusqu’à la fin de l’Apocalypse, on ne trouve pas un seul homme désigné par son nom comme réprouvé ; (il n’admet que l’Antéchrist comme l’étant certainement) au lieu qu’on y lit les noms d’une multitude d’élus. Donc, admirez cette conséquence, il y a beaucoup plus d’élus que de réprouvés. Il tire une conséquence semblable des paraboles de JÉSUS-CHRIST. Dans les unes, (l’Enfant prodige, la Brebis perdue, etc.) il ne paraît que des élus ; dans d’autres (les Dix Vierges) les élus et les réprouvés y sont en nombre égal. Enfin dans d’autres pour un serviteur paresseux, vous en voyez deux qui sont fidèles et prudents. Donc JÉSUS-CHRIST est le Rédempteur de tous. Il serait mal nommé, et le diable pourrait lui en faire le reproche insultant, si la plupart des hommes n’étaient pas sauvés. Chaque homme a un ou plusieurs anges gardiens, les infidèles surtout, comme étant dépourvus d’autres secours. Or les anges ont plus de puissance et de sagacité pour sauver que les démons pour perdre. Donc, etc.
Les Élus sont comme des étoiles ; et il doivent être autant supérieurs en nombre aux réprouvés que les étoiles le sont des comètes.
Cependant, comme si l’auteur était étonné lui-même de sa proposition, il fait semblant d’être frappé de voir le genre humain dans l’ignorance du vrai Dieu, connu presque uniquement dans la Judée avant JÉSUS-CHRIST ; ensuite la vraie Église ne renfermant qu’un petit nombre des nations, en comparaison de celles qui n’ont point reçu l’Évangile dans tous les temps, un déluge de vices couvre la terre. Il paraît donc très difficile, maxime arduum, que ceux qui parviennent au salut soient en si grand nombre. Mais Gravina se rassure sur la Providence, la puissance et la sagesse de Dieu.
Une autre source non moins féconde pour lui en conjectures, ce sont les Pères de l’Église qu’il divise en plusieurs classes :
1° Les uns, en parlant des miracles de guérison opérés par JÉSUS-CHRIST, disent que le Sauveur guérissait les âmes avant de guérir les corps. Or, les malades à qui le Sauveur a rendu la santé sont sans nombre, innumeros sanavit. Donc, etc.
2° Une seconde classe des Pères est de ceux qui parlant des méchants que Dieu a punis pendant leur vie, établissent (dit-il) comme règle générale, que Dieu ne punit pas deux fois pour les mêmes péchés. Ainsi il faut avoir beaucoup de confiance que tous les pécheurs qui ont essuyé en cette vie le châtiment de leurs crimes, seront sauvés. Les textes allégués parlent des habitants de Sodome consumés par le feu du ciel, des Égyptiens submergés dans la mer Rouge, des Israëlites frappés de mort dans le désert, etc.
3° Il fait dire à d’autres Pères, et c’est ce qui forme chez lui la troisième classe, que beaucoup d’infidèles ont été sauvés, les uns à cause de leur ignorance purement et simplement, les autres à cause de leur sagesse tels que Platon, Socrate et les Sibylles : en quoi il abuse visiblement des textes mêmes qu’il cite, puisqu’ils n’ont parlé du salut possible de ces dernières (par exemple) qu’en supposant qu’elles avaient une foi explicite en JÉSUS-CHRIST.
Enfin, pour consolider sa thèse qu’il sent bien n’être pas ferme, Gravina cite plusieurs visions plus ou moins authentiques, tendant également à insinuer que quelque vie qu’on ait menée, Dieu et ses saints emploient tant de stratagèmes (c’est son expression) pour sauver un pécheur à l’article de la mort, que le plus souvent ils en viennent à bout. Cet avantage n’est point particulier aux chrétiens catholiques, toutes les sectes y ont part : mahométans, hérétiques, schismatiques, juifs, païens, personne n’en est exclu, par le faux culte qu’il professe, parce que la plupart de ces gens-là ignorent que leur religion n’est pas bonne. Ils embrasseraient le christianisme et s’uniraient à l’Église, si on leur en montrait la nécessité. Ce sont des chrétiens cachés. Ils sont infidèles seulement de nom. Car Gravina prétend bien ne mettre en paradis que des chrétiens catholiques. Et si, après tous ses éclaircissements, on a encore de la peine à comprendre que ces sortes de gens puissent appartenir à l’Église comme ses enfants, étant étrangers à son culte ; n’en soyez point surpris, dit-il, c’est un Mystère, Mysterium vobis dico : or l’obscurité est propre aux mystères. [C’est ici l’hérésie du salut hors de l’Église].

Comme il fallait s’y attendre le livre du Père Gravina fit du bruit : il souleva de vives controverses qui aboutirent à sa condamnation par le Saint-Siège. Une lettre du 19 septembre 1767 porte que les professeurs du séminaire du Palerme s’appliquent à prémunir leurs élèves contre les nouveautés contenues dans le livre du Paradis. Les professeurs du séminaire ayant attaqué cet ouvrages dans des thèses, le Père Gravina en prit la défense et engagea plusieurs théologiens de la ville à se joindre à lui.

***

La même année 1767, était imprimé à Venise, chez Simon Occhi, un ouvrage latin intitulé : «Antonii Gardini, Lectoris Camaldulensis, Dissertatio théologica adversus novitates P. Joseph M. Gravina Soc. Jesu, Cæli Januas reserantis non solum hæreticis et schismaticis, verumetiam Hæbreis, Mahumetanis etc. c’est-à-dire : Dissertation théologique du P. Antoine Gardina, Camaldule, contre les nouveautés du Père J. M. Gravina, jésuite, qui ouvre le paradis, non seulement aux hérétiques et aux schismatiques, mais même aux juifs, aux Mahométans, et à d’autres infidèles, d’où il conclut que le nombre des élus est beaucoup plus grand que celui des réprouvés».
L’ouvrage est divisé en deux parties : il s’agit dans la première de la Foi en JÉSUS-CHRIST ; et dans la seconde du petit nombre des élus en comparaison de celui des réprouvés.
L’auteur fait voir que la foi implicite dont parle Gravina, est un mot vide de sens, et il fixe ainsi la notion de ce terme. La foi implicite, dit-il, a lieu par rapport aux articles qui sont renfermés dans ce que l’on croit déjà expressément. Par exemple, ajoute-t-il, dès qu’on croit expressément la Trinité des Personnes en Dieu, on a la foi implicite de la génération du Verbe et de la Procession du Saint-Esprit, parce que ces dogmes sont renfermés dans celui de la Trinité, qu’ils en sont des suites et des conséquences nécessaires. Mais de ce que l’on croit un seul Dieu rémunérateur, il ne s’ensuit nullement que l’on ait une foi implicite de l’Incarnation du Verbe, de l’union des deux natures en une seule personne de la Passion de JÉSUS-CHRIST, de sa mort et de sa résurrection. Ces dogmes, qui regardent la Personne de JÉSUS-CHRIST ne sont point renfermés dans le dogme d’un Dieu rémunérateur, ils en sont totalement distincts, et s’ils n’étaient directement proposés à croire, jamais on ne pourrait les conclure de l’idée de Dieu. Il suit de là que, suivant le Père Gardini, la foi implicite en JÉSUS-CHRIST dans les hommes qui ne connaissent ni les prophéties, ni l’Évangile, est une pure chimère.
Il établit ensuite que, soit dans l’Ancien, soit dans le Nouveau Testament, jamais personne n’a été sauvé avec la seule foi d’un Dieu rémunérateur. Il prouve la nécessité de la foi explicite en JÉSUS-CHRIST. Il traite ex professo de l’ignorance invincible, et fait voir que
certains théologiens concluent mal à propos de ce que l’on peut ignorer invinciblement ce
Divin Médiateur, qu’il n’est pas absolument nécessaire de croire en lui pour être sauvé [C’est ici l’hérésie du salut de l’ignorant invincible des mystères essentiels de la foi]. Il relève avec la force convenable cette assertion hardie de Gravina, qui veut qu’on applique à la théologie ce que Sénèque dit de la nature : que l’on y fait tous les jours des découvertes.
La seconde partie commence par la réfutation de cet autre paradoxe avancé par le Père Gravina : que dans les disputes théologiques on doit avoir moins d’égard aux autorités qu’aux raisons. Gravina reconnaît que le sentiment commun sur le petit nombre des élus est très certain ; et cependant il embrasse le sentiment opposé. Cette manière de procéder en théologie parait monstrueuse au Père Gardini. Quoi ! (dit-il en substance) on ne peut s’empêcher de convenir que tel sentiment ne soit vrai, et malgré cela on ose se déclarer pour le sentiment contraire !

***

Enfin le Père Gravina fut condamné par Rome. Le décret de la Sacrée Congrégation de l’Index est du 22 mai 1772. «OMNINO DAMNATUR, ce sont les paroles de la Sacrée Congrégation, caput quintum operis posthumi Patris Benedicti Plazza S.J. De Paradiso, a P. Gravina, ejusdem Societatis editi, in quo asseritur : Verisimile est, electos homines, respectu hominum reproborum, longe numerosiores esse».
Nous ne savons si Gravina rectifia ses sentiments, au sujet du nombre des élus : mais il n’en est pas moins vrai que les scientifiques, qui de nos jours ont voulu réchauffer sa thèse, cherchent mille détours pour soustraire leur chère opinion à la sentence apostolique. Si au cours de la discussion, vous leur rappelez la triste aventure du Père Gravina, ils vous répondent avec aplomb : «Qu’on n’allègue pas contre notre thèse la mise à l’Index de l’ouvrage du Père Plazza à cause du chapitre V où cette thèse est défendue. Bien des motifs différents peuvent expliquer cette mise à l’Index, par exemple la foi qui y est accordée à des visons peu sûres et peu probantes. Donc il n’est pas absolument certain que c’est la doctrine de ce chapitre qui a été condamnée».
Cette réponse est une mauvaise défaite, ni plus ni moins. La sentence de Rome ne dit pas : Ce chapitre est condamné donec corrigitur, mais absolument donec deleatur ; et cependant Gravina n’avait pas osé proposer sa doctrine comme certaine, ainsi que plusieurs le font de nos jours, mais il avait encore la modestie de ne la donner que comme vraisemblable. La présomption est donc pour la condamnation de la doctrine du susdit chapitre. (Voir l’ouvrage du P. Godts).

***

En 1767, Marmontel avait publié en France son Bélisiaire. C’est un livre écrit dans le goût du jour, pétri de philosophisme et de déisme. Marmontel faisait aussi entrer en foule dans le ciel les hommes de toutes les religions. Les Docteurs de Sorbonne firent une censure exacte des assertions fausses ou erronées du trop fameux écrivain.
Sur le petit nombre des élus, et les profondeurs de la conduite de Dieu par rapport aux hommes coupables qui demeurent dans la masse de perdition et dans la mort du péché, la censure sans recourir à ces explications tout humaines, à ces suppositions imaginaires, à ces défaites frivoles d’une certaine école, s’en tient, à l’exemple de saint Paul, «à la profondeur d’un mystère dont les causes secrètes sont fort au-dessus de notre intelligence en cette vie, et ne peuvent être connues parfaitement que de Dieu, qui gouverne tout avec une sagesse infinie : et à ces principes, que Dieu seul connaît ses voies, et que la réprobation n’a pour cause que les péchés mortels dont les coupables n’ont pas fait en cette vie une pénitence véritable et sincère».

La Faculté remarque avec raison (abstraction faite des enfants morts sans baptême, dont il ne s’agit point ici) que ceux qui sont punis ne l’étant que parce qu’ils ont péché et parce qu’ils sont morts impénitents, sans qu’aucun d’eux puisse accuser Dieu d’injustice : «Le mystère de la foi sur le grand nombre des réprouvés ne consiste pas en ce qu’il y en a tant, dès qu’on sait que tant de pécheurs meurent dans l’état de péché ; mais en ce point unique : pourquoi Dieu permet-il tant de crimes, et laisse-t-il mourir sans conversion et sans pénitence tant de pécheurs, qui en conséquence doivent subir un jugement rigoureux ?». Elle reconnaît que cette conduite de Dieu «est un mystère incompréhensible, et qu’il n’y en a peut-être point qui étonne plus la raison humaine.» Elle ajoute qu’au surplus ce Mystère n’est pas particulier à la religion chrétienne, et qu’il a lieu même dans ceux qui n’ont eu que la loi naturelle, au moins en ce qu’il a de principal : puisqu’il est notoire que le très grand nombre des hommes pèchent conte la loi naturelle, même en des points importants ; que la pénitence qu’il faudrait en faire pour éviter le châtiment, est ou nulle, ou trop superficielle et insuffisante dans presque tous» ; qu’ils ne peuvent donc qu’être punis dans l’autre vie par un Dieu «qui, s’il est infiniment bon et miséricordieux, est aussi essentiellement saint et souverainement ennemi du péché». Par conséquent, il faut toujours en revenir à demander : comment Dieu peut-il permettre que tant d’hommes qui n’ont eu que la loi naturelle, commettent de si grand péchés et meurent dans l’impénitence ? Sur quoi la Faculté rappelle et le philosophe et le chrétien à cette unique réponse de l’Apôtre : « Ô profondeur des trésors de la sagesse et de la science de Dieu ! Que ses jugements sont impénétrables et ses voies incompréhensibles ! Car qui a connu les desseins de Dieu, ou qui est entré dans le secret de ses conseils ? ».
On voit qu’il s’agit ici des vérités adorables de la prédestination gratuite des élus, que saint Robert Bellarmin grand controversiste, reconnaissait, après les Saints Pères, pour des vérités de foi.

***

Le 24 janvier 1768, Monseigneur de Beaumont, archevêque de Paris, lequel, on le sait, combattit très énergiquement le jansénisme, publia un mandement contre le Bélisiaire de Marmontel. Nous en extrayons les passages qui nous intéressent.
Sur le petit nombre des élus, sur cet oracle plus certain encore qu’il n’est terrible : Beaucoup sont appelés, peu sont élus, le prélat renvoie à la réponse de Saint Paul. Cet Apôtre «convaincu que Dieu ne saurait être injuste : que dans l’ordre de la nature, et à plus forte raison dans celui de la grâce, il est des objets qui surpassent notre intelligence ; qu’il serait absurde de nier ou de révoquer en doute des vérités démontrées ou clairement enseignées par la Révélation, parce que notre faible raison y aperçoit des difficultés qu’elle ne peut résoudre, ô profondeur de la sagesse et de la science de Dieu, s’écriait-il, ô que ses jugements sont incompréhensibles, et que ses voies sont impénétrables !».

Comme conclusion, nous constatons que l’opinion hardie qui fait tant de bruit aujourd’hui, fut regardée au XVIIIème siècle comme une triste et dangereuse innovation. Condamnée par Rome, condamnée par l’archevêque de Paris, censurée par la Sorbonne, la thèse du grand nombre des élus tient-elle-debout ? L’Évangile et les Saints Pères enseignent tout le contraire. Dussé-je passer pour rigoriste outré, je préfère m’attacher à l’enseignement traditionnel de l’Église. J’ai assez de foi et de bon sens pour ne pas désespérer en présence de cette vérité que la grande voix de la Tradition fait retentir à mes oreilles : Il y a beaucoup d’appelés mais peu d’élus.
Seigneur, j’ai mis en vous (EN VOUS SEUL et non pas en moi ni dans les scientifiques) mon espérance, je ne serai jamais confondu : In te Domine speravi, non confundar in æternum.

Dom Augustin Larcher.
(Bulletin de Notre-Dame de la Sainte Espérance, mai 1899)

COLMAR, fête du Sacré-Coeur 1900
A.M.P. INGOLD
Publié par A.M.P. INGOLD – PARIS – Charles Poussielgue, Editeur 15, rue Cassette, 15 – 1901
Reprint Éditions Moïse (sauvé des eaux)

Publié avec la permission du Révérendissime Père abbé Général de la Congrégation N.D. du
Mont-Olivet, de l’Ordre de Saint-Benoît, en date du 5 avril 1900.

Les examinateurs délégués,
Mesnil-Saint-Loup, le 9 avril 1900,
D. Emmanuel Marie André, abbé,
D. Placide Marie Larcher, prieur,