Sur la pénitence – Pas de salut sans pénitence

Sommaire

  • La pénitence est absolument nécessaire pour le salut
    • Dieu n’écoute pas les impénitents
  • Œuvres qui peuvent faire fléchir la justice divine
  • La vie chrétienne doit être une pénitence perpétuelle
  • La pénitence comprend l’attrition et la contrition
    • L’attrition
    • La contrition
  • Ceux qui croient se sauver sans pénitence
    • Dieu ne pardonne les péchés qu’aux membres de l’Église
    • Dieu n’applique pas sa miséricorde sans pénitence
  • La pénitence comprend la confession de ses péchés
  • La pénitence comprend la satisfaction et l’expiation des péchés
    • La satisfaction
    • L’expiation
    • Jeûne
    • Aumône
    • Patience
  • La pénitence comprend l’évitement de l’occasion de pécher
    • On doit éviter l’occasion prochaine de pécher
    • Le temps est précieux pour faire pénitence
    • Prières
  • Sur la conversion

O pécheurs, n’y aura-t-il que vous qui demeurerez insensibles à ce spectacle si attendrissant ? Jetez un regard sur votre Sauveur, voyez l’état affreux où vos crimes l’ont réduit. Il vous pardonne cependant si votre repentir est sincère ; il a ses pieds attachés pour vous attendre, ses bras étendus pour vous recevoir, son côté ouvert et son cœur blessé pour répandre sur vous toutes ses grâces, sa tête penchée pour vous donner le baiser de paix et de réconciliation (Chemin de Croix, Station XII).

« J’ai pris suffisamment patience, et plus que suffisamment, mon fils, vous pour qui la mort m’est aussi douce que la vie et sans qui la vie est pour moi la mort ; je ne vous demande pas pourquoi vous vous êtes retiré, mais pourquoi vous ne revenez pas ; venez seulement et nous aurons la paix ; revenez et tout est fait ». (Gémissements de Saint Bernard de Clairvaux au nom du Sauveur

La pénitence est absolument nécessaire pour le salut

La pénitence est le repentir, la conversion et l’expiation des péchés. Sans pénitence, il n’y a ni conversion, ni expiation des péchés. Ceux qui n’auront pas fait suffisamment pénitence de leurs péchés déjà pardonnés devront le faire au Purgatoire. Et mieux vaut faire pénitence sur terre qu’au purgatoire.

La pénitence est nécessaire au salut et elle commence par la considération de ses péchés et des peines éternelles du péché, pour ensuite tourner son cœur vers Dieu, dans la vraie foi catholique. La fausse foi (fabriquée par l’homme entièrement ou par mélange) ne considère que la miséricorde de Dieu sans crainte de sa justice inexorable et implacable, et tous ceux qui ne voudront pas se convertir pas à la vraie foi catholique ou traditionnelle resteront hors de la véritable Église et du salut.

Les pécheurs qui sont les ennemis de Dieu en ne voulant pas faire pénitence de leurs péchés, se préparent au feu éternel de l’enfer avec Satan et avec leurs péchés à cause de la justice de Dieu qui exige la peine due aux péchés. Les pécheurs qui font pénitence de leurs péchés, se préparent à la vie éternelle avec Dieu avec leur pénitence et à cause de la miséricorde de Dieu (en passant par le  feu du purgatoire pour ceux qui n’ont pas totalement expiés leurs péchés par leur pénitence). La vie revient à soit 1) faire pénitence pour payer la dette due aux péchés qu’exige la justice de Dieu pour vivre ensuite avec Lui, ou soit 2) vivre des plaisirs de la terre et ensuite brûler.

Matthieu 10, 28: «Ne craignez point ceux qui tuent le corps et ne peuvent tuer l’âme ; mais craignez plutôt celui [Dieu] qui peut précipiter l’âme et le corps dans la géhenne [l’enfer]».

Jean 12, 25b : «Celui qui aime sa vie la perdra ; et celui qui hait sa vie en ce monde, la conservera pour la vie éternelle».

Note Bible catholique Vulgate sur Jean 12, 25 : «Haïr son âme, c’est faire toute espèce de sacrifices, accepter toute espèce de souffrances, pour rester fidèle à Dieu et conserver sa grâce».

Saint Irénée, père de l’Église, L. 4, part. 3, § 2 (2e s.) : « Méprises-tu les richesses de sa bonté, de sa patience et de sa longanimité, ignorant que la bonté de Dieu te pousse à la pénitence ? Par ton endurcissement et ton cœur impénitent, tu t’amasses un trésor de colère pour  le Jour de la colère et de la révélation du juste jugement de Dieu ». « Mais en revanche, dit-il [l’Apôtre Saint Paul, Rom. 2, 4], gloire et honneur pour quiconque fait le bien ».

Dieu n’écoute pas les impénitents

Dieu n’écoute pas favorablement ceux qui ne font pas pénitence de leurs péchés ni les hypocrites qui s’adressent à Lui sans vouloir vraiment sortir de leur état ou habitude de péché.

Matthieu 25, 41 : «Allez loin de moi, maudits, au feu éternel, qui a été préparé au diable et à ses anges».

La plupart des baptisés se font illusion sur leur salut, car Dieu ne se tourne pas vers celui qui ne le craint pas et n’obéit pas à Son Église. Dieu se tourne vers le pauvre d’esprit qui se repent vraiment de l’avoir offensé et qui le craint.

Isaïe 66, 2 : « mais vers qui porterai-je mes regards, sinon vers le pauvre et celui qui a l’esprit contrit, et qui tremble à mes paroles ? ».

Œuvres qui peuvent faire fléchir la justice divine

Méditations sur les vérités de la foi, P. Kroust, mardi II ap. l’Epiphanie : «Voici les œuvres qui peuvent faire fléchir la justice : la prière est bonne quand elle est unie au jeûne et à l’aumône. Par la prière, on entend les œuvres de piété ; par le jeûne, les œuvres de pénitence ; par l’aumône, les œuvres de miséricordes. Parmi ces œuvres, on doit surtout compter celles auxquelles sont attachées les indulgences de l’Église.

«Les œuvres de piété sont tout ce qui tient au culte de Dieu, comme les prières, l’office canonial, le sacrifice de la Messe que le prêtre offre pour ses péchés et pour les négligences et les péchés du peuple, l’examen de conscience fait avec contrition et le bon propos de se corriger, la confession fréquente, la sainte communion, et tout acte de religion, d’adoration, de foi, d’espérance, de charité, qui peut devenir si ardente qu’elle serait capable d’enlever tout à la fois la coulpe et la peine. La charité couvre tous les péchés (Prov. 10). Personne ne peut avoir un plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis (Jean 15). C’est pourquoi on fait injure à un martyre, dit saint Augustin, si l’on prie pour lui après sa mort.

«Mais il convient de faire toutes ces choses avec l’intention de satisfaire à Dieu pour les péchés que l’on a commis, et pour rendre à la majesté divine la gloire et la louange qui lui sont dues ; cette intention n’en exclut pas d’autres.

«Les œuvres de pénitence sont par elles-mêmes des œuvres pénales et laborieuses, telles que la mortification de la chair et de l’esprit. Or, on doit être puni par où l’on a péché (Sap. 12). Vous devez donc choisir celles qui sont opposées à votre esprit et qui contrarient davantage votre naturel, et ce qui tient à la nature dépravée, comme la pratique de l’humilité contre l’orgueil, l’abstinence contre l’intempérance, les châtiments corporels contre le libertinage. C’est ainsi que nous avons part à la passion de Jésus-Christ. Nous ne lui faisons pas injure, mais nous y ajoutons ce qui manque ; car il faut que nous unissions nos satisfactions surabondantes de Jésus-Christ, et que nous nous y appliquions, parce que c’est d’elles que vient tout le mérite des nôtres.

«Il y a des œuvres de miséricorde qui sont corporelles ; ce sont celles par lesquelles nous prêtons secours au prochain dans les misères de cette vie et qui effacent les péchés, comme un verre d’eau froide donné au nom du Sauveur. Car l’aumône résiste au péché (Eccles. 3) et délivre de la mort ; c’est elle qui purifie les péchés et qui fait trouver miséricorde (Tob. 12). Mais les œuvres spirituelles de miséricorde par lesquelles on délivre l’âme du prochain regardent spécialement les ecclésiastiques. Cependant quiconque aura été miséricordieux envers les âmes des morts, qui ne peuvent rien pour elles-mêmes, obtiendra une miséricorde spéciale. Ne craignez pas d’offrir pour elles la plupart des satisfactions que vous faites pour vous-même. L’Église offre tous les jours, ainsi que les fidèles, un grand nombre de prières qui ne sont appliquées à aucune âme en particulier et que la miséricorde de Dieu vous appliquera un jour si vous en avez besoin».

La vie chrétienne doit être une pénitence perpétuelle

Pape Jules III, Concile de Trente, 14ème session, 1551, ex cathedra [Magistère solennel] : «toute la vie chrétienne, qui doit être une pénitence perpétuelle [St Thomas, Summa contra gentiles IV, 73 ; Leonina 15, 234a 18 ; Parme 5, 365b]».

Avez-vous entendu ? C’est l’enseignement infaillible de l’Église (c’-à-d. l’autorité du Magistère de Dieu dans Son Église) que la pénitence n’est pas uniquement nécessaire en partie, mais que toute la vie chrétienne doit être une pénitence perpétuelle. Par conséquent, sans pénitence, il n’y a pas de vraie vie chrétienne ni de salut, et dire ou penser ou faire sciemment le contraire est hérétique.

La pénitence comprend l’attrition et la contrition

L’attrition

La pénitence comprend l’attrition (contrition imparfaite) ou désolation du cœur (ou repentir, ou regret sincère) pour ses péchés par crainte des châtiments ; L’attrition est un don de Dieu, une impulsion de l’Esprit-Saint, qui prépare pour le pécheur le chemin vers la justice, en considérant la laideur du péché ou par crainte de l’enfer et des châtiments, si elle exclut la volonté de pécher jointe à l’espoir du pardon. L’attrition dispose l’âme à la contrition. Contrairement à ce que certains peuvent croire, la contrition imparfaite, l’attrition, est bénéfique pour l’âme, même s’il n’est pas possible d’être sauvé sans la contrition parfaite, et c’est pourquoi l’attrition est une partie de la contrition, ainsi qu’une partie de la Loi de la prière de Contrition [Prière contenant l’attrition puis la contrition].

Concile de Trente, 14 ème sess. chap. 4 ex cathedra : «La contrition imparfaite, qu’on appelle attrition, parce qu’on la conçoit en général ou bien en considérant la laideur du péché ou bien par crainte de l’enfer et des châtiments, si elle exclut la volonté de pécher jointe à l’espoir du pardon, le saint concile déclare que non seulement elle ne fait pas de l’homme un hypocrite et un plus grand pécheur, mais qu’elle est aussi un don de Dieu, une impulsion de l’Esprit Saint qui, n’habitant pas encore le pénitent, mais le mouvant seulement, lui vient en aide, pour qu’il prépare pour lui-même le chemin vers la justice. Et bien que sans le sacrement de la pénitence elle ne puisse pas par elle-même conduire le pécheur jusqu’à la justification, cependant elle le dispose à obtenir la grâce de Dieu dans le sacrement de la pénitence.

Donc l’attrition est :

  • 1° nécessaire pour le sacrement de Pénitence (quand il est disponible),
  • 2° prépare et est une partie de la contrition,
  • 3° c’est une grâce du Saint-Esprit pour aider à préparer le chemin vers la justice,
  • 4° c’est une désolation du cœur par dégoût du péché ou par crainte des châtiments avec la volonté de ne plus pécher et l’espoir du pardon.

La contrition

La pénitence comprend la contrition ou désolation de ses péchés par amour de Dieu, est une vraie détestation de ses péchés qui fait qu’on préférerait mourir que de les commettre, et un amendement de vie. La contrition est une douleur de l’âme et une détestation du péché commis, avec le propos de ne pas pécher à l’avenir. Cette contrition comprend non seulement l’abandon du péché, le propos et le début d’une vie nouvelle, mais aussi la haine de la vie ancienne.

Concile de Trente, 14ème sess. chap. 4 ex cathedra : «La contrition, qui tient la première place parmi les actes du pénitent dont il a été parlé, est une douleur de l’âme et une détestation du péché commis, avec le propos de ne pas pécher à l’avenir. En tout temps ce mouvement de contrition a été NÉCESSAIRE pour obtenir le pardon des péchés».

Donc la contrition est :

  • 1° pas nécessaire pour recevoir le sacrement de Pénitence,
  • 2° nécessaire de loi divine (absolue, universelle et obligatoire) pour le pardon des péchés avec le sacrement de Pénitence ou sans le sacrement de Pénitence quand il est indisponible,
  • 3° contient le désir de se confesser,
  • 4° est une désolation du cœur par amour pour Dieu de l’avoir offensé avec une détestation du péché et la résolution de ne plus pécher.

Celui qui ne déteste pas ses péchés n’évite pas les occasions de pécher et n’a donc pas la contrition, c’est la raison pourquoi la plupart des baptisés se damnent. Quiconque a la contrition évite vraiment les occasions de pécher à cause de la détestation du péché commis pour l’amour de Dieu ; c’est pourquoi celui qui a la contrition ne retombe pas ordinairement dans le péché commis.

Degrés de la contrition

Saint Bonaventure, Docteur de l’Église, L’Échelle d’or des vertus, ch. 22 – Degrés de la contrition :

«I. 1er degré. Se repentir amèrement de tous les péchés mortels. 2ème degré.  Se repentir de tous les graves péchés véniels. 3ème degré. Se repentir des moindres péchés véniels.

«II. 1er degré. Se repentir vivement des péchés qu’on a commis par action. 2ème degré. Se repentir des péchés qu’on a commis des péchés par parole. 3ème degré. Se repentir des péchés qu’on a commis  par pensée et par sentiment.

«III. 1er degré. Se repentir du mal commis. 2ème degré. Se repentir du bien omis. 3ème degré. Se repentir de tout le bien qu’on a laissé se perdre, par ennui, par tiédeur, par impure intention.

«IV. 1er degré. Éprouver de la douleur pour tous les péchés que l’on a commis personnellement. 2ème degré. Éprouver de la douleur pour tous les péchés dont on a été sciemment l’occasion. 3ème degré. Éprouver de la douleur pour tous les péchés, dont on a été l’occasion sans le savoir. D’où ces paroles de David : « Ne vous souvenez pas des fautes de mon ignorance (Ps. 24) ».

«V. 1er degré. Regretter amèrement les péchés manifestes. 2ème degré. Regretter amèrement les péchés cachés que l’on connaît seul devant Dieu, 3ème degré. Regretter amèrement ceux que Dieu seul connaît dans sa lumière, ce qui fait dire à l’Apôtre : « Quoique que ma conscience ne me reproche rien, je ne suis pas justifié pour cela, mais c’est le Seigneur qui est mon juge, il éclairera ce qui est caché dans les ténèbres (I Cor. 4) ».

«VI. 1er degré. Se repentir, à cause du tort que l’on s’est causé à soi-même par le péché. 2ème degré. Se repentir, à cause du tort que l’on causé à la communauté. 3ème degré. Se repentir, à cause de l’outrage fait à Dieu.

«VII. 1er degré. Lorsque dans la contrition la faute seulement est effacée. 2ème degré. Lorsque la faute est effacée ainsi qu’une partie de la peine. 3ème degré. Lorsque la faute est effacée ainsi que toute la peine.

«VIII. 1er degré. Révéler la douleur de son âme purement par l’aveu de ses lèvres. 2ème degré. Révéler la douleur de son âme par les larmes de ses yeux. 3ème degré. Révéler la douleur de son âme par la mortification de sa chair».

Aides à la contrition

La méditation de la Passion de Jésus-Christ et la méditation de l’enfer sont les moyens usuels pour s’aider efficacement à la contrition, et le saint Rosaire est le plus puissant remède en ces temps.

Nécessité de la contrition

Saint Alphonse enseigne conformément au Magistère de l’Église (dogme) que la contrition est absolument nécessaire pour pouvoir être sauvé.

Saint Alphonse de Liguori, Nécessité de la contrition : «On appelle contrition le repentir et la détestation des péchés commis, repentir et détestation accompagnés de la résolution de ne plus pécher à l’avenir. Ce repentir est indispensable pour quiconque veut recevoir l’absolution ; car Dieu ne peut pardonner aucun péché à celui qui ne se repent pas de l’avoir commis. On peut quelquefois obtenir le pardon sans faire d’examen et même sans se confesser. Par exemple, un mourant qui, n’ayant pas de prêtre pour l’entendre, aurait la contrition parfaite, ce mourant serait pardonné et sauvé. Mais sans contrition, il n’y a jamais de pardon».

Si l’attrition [désolation par crainte des peines] est une grâce reçue de Dieu requise ou nécessaire qui prépare à recevoir le sacrement de Pénitence comme l’enseigne infailliblement le Concile de Trente, la contrition [désolation par amour de Dieu] ne peut pas être requise pour recevoir le sacrement de Pénitence, mais elle est absolument nécessaire pendant ou après l’absolution pour le pardon des péchés (De fide, concile de Trente).

« Si dans l’attrition on requérait l’amour divin super omnia [Charité prédominante par laquelle nous aimons Dieu par-dessus toutes choses], le sacrement de Pénitence ne serait plus le sacrement des morts mais celui des vivants, puisque tous les pénitents approcheraient de ce sacrement en état de grâce. …

« Toute contrition qui nait de la Charité prédominante [Charité par laquelle nous aimons Dieu par-dessus toutes choses] efface les péchés et est la vraie contrition (St Thomas, Somme, suppl. q. 5 a. 3). Cela arrive toutes les fois que l’homme est plus touché de la perte de la grâce plus que celle de tout autre bien ». (St Alphonse de Liguori, Œuvres complètes, Tome 19 – Œuvres dogmatiques – Hérétiques réformés, p. 415)

Quand il n’est pas possible de recevoir le sacrement de Pénitence, Dieu absout les péchés par la contrition qui inclut obligatoirement le désir de se confesser (De fide, Concile de Trente).

L’homme ne doit pas se juger digne des consolations de Dieu, mais plutôt de châtiment

L’Imitation de Jésus-Christ, Thomas A Kempis, Livre III, chapitre 52 : «1. Le fidèle : Seigneur, je ne mérite point que vous me consoliez et que vous me visitiez ; ainsi vous en usez avec moi justement, lorsque vous me laissez pauvre et désolé. Quand je répandrais des larmes aussi abondantes que les eaux de la mer, je ne serais pas encore digne de vos consolations. Rien ne m’est dû que la verge et le châtiment, car je vous ai souvent et grièvement offensé, et mes péchés sont sans nombre. Après donc un strict examen, je me reconnais indigne de la moindre consolation. Mais vous, ô Dieu tendre et clément ! qui ne voulez pas que vos ouvrages périssent pour faire éclater les richesses de votre bonté en des vases de miséricorde, vous daignez consoler votre serviteur au-delà de ce qu’il mérite, et d’une manière toute divine. Car vos consolations ne sont point comme les vaines paroles des hommes !

«2. Qu’ai-je fait, Seigneur, pour que vous me donniez quelque part aux consolations du ciel ? Je n’ai point de souvenir d’avoir fait aucun bien ; toujours, au contraire, je fus enclin au vice, et lent à me corriger. Il est vrai, et je ne puis le nier. Si je parlais autrement, vous vous élèveriez contre moi et personne ne me défendrait. Qu’ai-je mérité pour mes péchés, sinon l’enfer et le feu éternel ? Je le confesse avec sincérité : je ne suis digne que d’opprobre et de mépris ; je ne mérite point d’être compté parmi ceux qui sont à vous. Et, bien qu’il me soit douloureux de l’entendre, je rendrai cependant contre moi témoignage à la vérité, je m’excuserai de mes péchés, afin d’obtenir de vous plus aisément miséricorde.

«3. Que dirai-je, couvert comme je le suis, de crime et de confusion ? Je n’ai à dire que ce seul mot : J’ai péché, Seigneur ; j’ai péché ; ayez pitié de moi, pardonnez-moi. Laissez-moi un peu de temps pour exhaler ma douleur, avant que je m’en aille dans la terre des ténèbres, que recouvre l’ombre de la mort. Que demandez-vous d’un coupable, d’un misérable pécheur, sinon que, brisé de regrets, il s’humilie de ses péchés ? La véritable contrition et l’humiliation du cœur produisent l’espérance du pardon, calment la conscience troublée, réparent la grâce perdue, protègent l’homme contre la colère à venir; et c’est alors que se rapprochent et se réconcilient dans un saint baiser Dieu et l’âme pénitente.

«4. Cette humble douleur des péchés vous est, Seigneur, un sacrifice agréable, et d’une odeur plus douce que celle de l’encens. C’est le délicieux parfum que vous permîtes de répandre sur vos pieds sacrés : car vous ne méprisez jamais un cœur contrit et humilié. Là est le refuge contre la fureur de l’ennemi ; là le pécheur se réforme et se purifie de toutes les souillures qu’il a contractées au-dehors».

Ceux qui croient se sauver sans pénitence

Dieu ne pardonne les péchés qu’aux membres de l’Église

Dieu n’applique sa miséricorde qu’à ceux qui sont membres de l’Église par le sacrement du baptême et la vraie foi (traditionnelle) et qui font pénitence de leurs péchés. Dieu n’applique pas sa miséricorde en vue du salut hors de Son Église (Voir Pas de sacrements d’hérétiques), ni hors du sacrement de baptême (Voir Doctrine à connaître sur le dogme et Pas de baptême de désir), ni hors de la vraie foi divine et catholique ou traditionnelle (Voir L’Église est éclipsée), ni aux impénitents (Voir Justice et miséricorde).

Un vrai catholique cherche la vérité. Par conséquent, un catholique doit se soumettre aux vérités de la foi et de la morale, pour pouvoir être membre de l’Église et pour pouvoir être sauvé, c’est-à-dire à la révélation constituée des Écritures et de la Tradition orale dont le contenu est déterminé par le Magistère de l’Église catholique, gardienne du dépôt de la foi (Voir : La révélation divine : l’Écriture, la Tradition orale et le Magistère infaillible). La plupart des baptisés, aujourd’hui, sont dans l’apostasie ou l’hérésie, hors de la vraie foi divine, de la véritable Église et du salut, et sans pénitence de leur péché contre la foi, ils ne seront certainement pas sauvés, mais bruleront en enfer éternellement parce qu’ils ne se sont pas repentis et convertis à la foi catholique en se soumettant au Magistère de l’Église. S’ils avaient appris ce qu’est la vraie foi, ils auraient su que Dieu enseigne infailliblement par le Magistère de son Église qu’Il ne fait pas miséricorde sans pénitence hors de l’Église et hors de la vraie foi catholique (Dieu donne des grâces à ceux qui suivent la loi naturelle de leur conscience morale pour entrer dans l’Église par la foi). Les véritables catholiques basent leur foi sur le dogme catholique infaillible, et non sur les opinions des saints ou des théologiens faillibles ou des autres hommes ou de leur propre esprit.

Pape Eugène IV, Concile de Florence, «Cantate Domino», 1441 ex cathedra (Magistère infaillible solennel) : « …la sainte Église romaine condamne, réprouve, anathématise et déclare être en dehors du Corps du Christ qui est l’Église, ceux qui pensent des choses opposés et contraires ».

Pape Léon XIII, Satis Cognitum, n° 9, 29 juin 1896 (Magistère infaillible ordinaire) : « …peut-il être permis à qui que ce soit de repousser quelqu’une de ces vérités, sans se précipiter ouvertement dans l’hérésie, sans se séparer de l’Église et sans répudier en bloc toute la doctrine chrétienne ? Car telle est la nature de la foi que rien n’est plus impossible que de croire ceci et de rejeter cela. …celui qui, même sur un seul point, refuse son assentiment aux vérités divinement révélées, très réellement abdique tout à fait la foi, puisqu’il refuse de se soumettre à Dieu en tant qu’il est la souveraine vérité et le motif propre [formel] de foi. ceux qui ne prennent de la doctrine chrétienne que ce qu’ils veulent, s’appuient sur leur propre jugement et non sur la Foi ; refusant de « réduire en servitude toute intelligence sous l’obéissance du Christ » (II Corinth. 10, 5), ILS OBÉISSENT EN RÉALITÉ À EUX-MÊMES PLUTÔT QU’À DIEU ».

Pape Pie XII, Mystici Corporis Christi, 29 juin 1943 (Magistère ordinaire infaillible) : «…seuls font partie des membres de l’Église, ceux qui ont reçu le baptême de régénération et professent la vraie foi, et qui n’ont pas eu le malheur de se séparer eux-mêmes de l’unité du corps [par l’apostasie, l’hérésie, le schisme et l’excommunication]».

Quiconque aime la vérité, veut la vérité, et quiconque veut la vérité, la recevra, car Jésus-Christ est la Vérité en personne, et en dehors de Lui, il n’y a que mensonge. Par conséquent, quiconque aime la vérité, voudra être avec Jésus et prendra les moyens nécessaires pour cela, quel qu’en soit le prix, cherchera la contrition et la vraie foi catholique sans laquelle personne ne peut être sauvé (Voir : Il n’y a absolument aucun salut sans la vraie foi catholique) ; les autres qui font mine d’aimer, vouloir ou croire la Vérité, ne prendront pas les moyens, pas vraiment, parce qu’ils ne veulent pas vraiment la vérité.

Dieu n’applique pas sa miséricorde sans pénitence

La plupart des baptisés croient faussement qu’ils vont être sauvés sans faire de pénitence. Tout d’abord Dieu ne pardonne pas les péchés sans pénitence, et comme cela a été déjà vu infailliblement plus haut, c’est un dogme. Sans pardon des péchés, il n’y a aucun salut, mais le feu de l’enfer éternel.

Ecclésiastique 21, 1 : «Mon fils, as-tu péché ? Ne recommence pas de nouveau, mais prie pour tes fautes anciennes, afin qu’elles te soient remises».

En ces temps de grande apostasie (abandon et reniement de la foi divine et catholique) où les hérésies sont généralisées et pullulent partout, la plupart des baptisés appliquent la miséricorde de Dieu là ou Dieu ne l’applique même pas lui-même. Ces mauvais chrétiens sont «déjà condamnés par leur propre jugement» (Tite 3, 10), en ne voulant pas apprendre la foi divine et catholique, ils commettent un péché mortel par omission d’ignorance coupable [ce n’est pas un péché quand il est impossible de connaître la foi, mais c’est un péché quand cela est possible]. S’ils avaient appris la vraie foi, ils auraient su que Dieu ne fait pas miséricorde sans vraie pénitence.

Pape Eugène IV, Concile de Florence, Laetentur caeli, 6 juill. 1439 ex cathedra (Magistère solennel) : «…ceux qui se repentent véritablement meurent dans l’amour de Dieu…».

Ci-dessus, on voit que c’est un dogme ou la loi divine que ceux qui se repentent véritablement meurent dans l’amour de Dieu, les autres, ceux qui ne se repentent pas véritablement ne meurent pas dans l’amour de Dieu, ils sont damnés.

Ecclésiastique 5, 5-6 : «Sur un péché pardonné ne sois pas sans crainte, et n’ajoute pas péché sur péché ; et ne dis pas : La miséricorde du Seigneur est grande, de la multitude de mes péchés il aura pitié».

Saint Augustin, père de l’Église : «Ne tardez pas à vous convertir au Seigneur ; si vous voulez faire pénitence lorsque vous ne pourrez plus jouir du péché, ce sont les péchés qui vous quittent et non vous qui les quittez».

Méditations sur les vérités de foi, P. Kroust, SJ, samedi II de carême : « Le Fils innocent se jette aux pieds de son Père, et, se prosternant profondément, il demande grâce et pardon [pour les pécheurs], tandis que l’esclave pécheur, levant audacieusement la tête en présence de Dieu, se promet grâce et pardon ! … Le Seigneur vous a souvent excité par sa grâce, par votre conscience, par vos supérieurs, et vous n’êtes pas encore réveillé, et vous vous endormez bientôt de nouveau ; vous ressentez même de la peine quand on vous excite, vous vous fâchez lorsqu’on vous reprend, vous excusez votre faute : les disciples au moins supportaient avec patience qu’on les corrigeât, et ils ne savaient que répondre (Marc 14, 40) ».

Méditations sur les vérités de foi, P. Kroust, SJ, mardi III de carême : «Comment osez-vous vous plaindre vile créature ? C’est avec raison que vous souffrez et vous ne recevrez pas selon ce que vous avez mérité (Job 33). Jésus a payé ce qu’il n’avait point pris, il a été broyé pour nos péchés et il a porté nos iniquités. Vous au contraire vous aurez à souffrir des supplices dont vous êtes dignes, à moins que vous ne fassiez de dignes fruits de pénitence en remplissant ce qui manque à la passion du Sauveur. N’ajoutez pas à ses douleurs : il a été pris à cause de vos iniquités et vos iniquités vous prendront à leur tour (Ps 39)».

Ceux qui brûleront en enfer, brûleront par leur faute ; ils n’ont pas vraiment voulu leur salut parce qu’ils n’ont pas voulu faire pénitence de leurs péchés, et d’abord parce qu’ils n’ont pas voulu se soumettre à Dieu pour connaître la vraie foi catholique (traditionnelle). En résumé, ils ont préféré eux-mêmes plus que Dieu.

Révélations de sainte Brigitte, Livre 1, Chapitre 26 : «…il n’y a pas de péché si lourd ou si grave que la pénitence et le repentir ne lavent pas».

Révélations de Sainte Brigitte, Livre 3, Chapitre 19 : «Jésus-Christ parlant à Sainte Brigitte : “Or, si vous vous plaisez à faire quelque petit péché que vous connaissiez être péché, et le faites, vous confiant en l’abstinence et en la présomption [vous abstenant et présumant] de la grâce, n’en faisant point pénitence ni autre satisfaction, sachez qu’il vous dispose au péché mortel».

La pénitence comprend la confession de ses péchés

La pénitence comprend la confession de ses péchés, mais quand il n’est pas possible de recevoir le sacrement de Pénitence, Dieu absout les péchés par la contrition qui inclut obligatoirement le désir de se confesser (De fide, Concile de Trente) au temps opportun, c’est-à-dire quand il sera possible de se confesser à un prêtre catholique, même si c’est un temps long (même si c’est toute la vie).

Concile de Trente, session 14, chapitre 4, sur la contrition, 1551, ex cathedra : «il arrive parfois que cette contrition soit rendue parfaite par la charité et réconcilie l’homme avec Dieu avant que ce sacrement ne soit effectivement reçu, il ne faut néanmoins pas attribuer cette réconciliation à cette seule contrition sans le désir du sacrement qui est inclus en elle.

Concile de Trente, Session 6, chapitre 14, sur la justification, 1547, ex cathedra : «… l’absolution par un prêtre, et, de plus, la satisfaction par le jeûne, les aumônes, les prières et autres pieux exercices de la vie spirituelle, non pour remettre la peine éternelle – laquelle est remise en même temps que la faute par le sacrement ou le désir du sacrement -, mais pour remettre la peine temporelle [canon 30 1580] qui, comme l’enseigne l’Ecriture sainte, n’est pas toujours totalement remise …».

Concile de Trente, Session 6, chapitre 14, sur la justification, 1547, ex cathedra : «Aussi faut-il enseigner que la pénitence du chrétien après une chute est très différente de la pénitence baptismale. Elle comprend non seulement l’abandon des péchés et leur détestation, ou « un cœur contrit et humilié » [Ps 50,19], mais aussi la confession sacramentelle de ceux-ci, ou du moins le désir de la faire en temps opportun».

S’il n’y a pas de prêtre disponible (ou non-hérétique), il est recommandé et conseillé de se confesser (en  personne et non pas à distance : Cf. P. Pohle/Preuss, Traité dogmatique Vol. III Pénitence, S. 2, n. III) à un catholique (non-hérétique) non-prêtre, dans lequel on a confiance de  l’orthodoxie de la doctrine catholique (c-à-d qu’il tient la foi divine et catholique). Cette confession non-sacramentelle n’est possible uniquement s’il n’y a pas de prêtre disponible (sinon c’est un péché). Ce type de confession, quand elle bien faite selon les règle de la pénitence, diminue la peine, parce que Dieu la regarde comme un acte de vertu. Et ce type de confession est une aide réelle pour obtenir la grâce de la contrition. Si on ne connaît pas de personne catholique et en laquelle on ait confiance, il faut offrir à Dieu le désir de se confesser à une personne catholique.

Tout catholique doit ordinairement se confesser quand il peut trouver un prêtre catholique qui a juridiction, mais quand un tel prêtre n’est pas disponible, on peut se confesser à un laïc catholique (cela ne remplace pas la confession sacramentelle mais c’est recommandé jusqu’à ce qu’on puisse se confesser à un prêtre compétent).

La confession est requise et est nécessaire mais uniquement si le prêtre a juridiction de loi divine (Le Magistère utilise généralement le mot requis ou requise quand il s’agit de loi ecclésiastique et le mot nécessité ou nécessaire quand il s’agit de loi divine).

Pape Léon XIII, Satis Cognitum (n° 15), 29 juin 1896 : « Nul ne peut donc avoir part à l’autorité s’il n’est uni à Pierre, car il serait absurde de prétendre qu’un homme exclu de l’Église a l’autorité [peut commander] dans l’Église. C’est à ce titre qu’Optat de Milève reprenait les donatistes : «C’est contre les portes de l’enfer que Pierre, comme nous le lisons dans l’Evangile, a reçu les clés du salut ; Pierre, c’est-à-dire notre chef, à qui Jésus-Christ a dit : «Je te donnerai les clés du royaume des cieux, et les portes de l’enfer ne triompheront jamais d’elles». Comment donc osez-vous essayer de vous attribuer les clés du royaume des cieux, vous qui combattez contre la chaire de Pierre » (Lib. II, n. 4-5).

Notez ci-dessus, que par la phrase « il serait absurde de prétendre qu’un homme exclu de l’Église a l’autorité dans l’Église », l’Église (Magistère), par le pape, parle des clés ou du pouvoir des clés, qui est la juridiction (par Pierre) pour absoudre, juridiction que les hérétiques n’ont pas de fait. Les apostats, hérétiques et schismatiques n’ont pas la juridiction parce qu’ils sont coupés de fait de l’unité de la foi et de l’unité de l’Église (Pierre).

C’est un dogme que le prêtre fait un acte judiciaire de jugement et de commandement dans le sacrement de pénitence :

Concile de Trente, sess. 14, ch. 6, 25 nov. 1551 ex cathedra : « Bien que l’absolution du prêtre soit la dispensation d’un bienfait qui ne lui appartient pas, elle n’est pourtant pas le seul et simple ministère ou d’annoncer l’Evangile ou de déclarer que les péchés sont remis, mais elle est à l’image d’un acte judicaire par où une sentence est prononcée par le prêtre comme par un juge [can. 9] ».

Notez que la juridiction est un dogme et relève de la loi divine.

Concile de Trente, Can. 9 sur le sacrement de Pénitence ex cathedra : « Si quelqu’un dit que l’absolution sacramentelle du prêtre n’est pas un acte judiciaire … : qu’il soit anathème ».

Il faut aussi noter que l’absolution des péchés sans le sacrement mais avec la contrition et le désir du sacrement de Pénitence uniquement valide en cas d’impossibilité de le recevoir d’un prêtre catholique (ou non-hérétique), relève du pouvoir des clés, puisque que c’est un dogme (Trente, justification).

Concile de Trente, sess. 6, ch. 14, 13 janv. 1547 ex cathedra : « Aussi faut-il enseigner que la pénitence du chrétien après une chute est très différente de la pénitence baptismale. Elle comprend non seulement l’abandon des péchés et leur détestation, ou « un cœur contrit et humilié » (Ps 50, 19), mais aussi la confession sacramentelle de ceux-ci, ou du moins le désir de la faire en temps opportun, l’absolution par un prêtre, et, de plus, la satisfaction par le jeûne, les aumônes, les prières et autres pieux exercices de la vie spirituelle, non pour remettre la peine éternelle – laquelle est remise en même temps que la faute par le sacrement, ou le désir du sacrement – mais pour remettre la faute temporelle [can. 30] ».

Notez ci-dessus que le concile Trente répète deux fois le même dogme dans la même phrase, pour bien l’affirmer : « ou du moins [Latin saltem = à défaut] le désir de la faire en temps opportun» et aussi «ou [Latin vel = ou bien, soit] le désir du sacrement».

La confession est nécessaire de loi divine mais uniquement si le prêtre a juridiction comme on peut le voir dans les dogmes ci-dessous :

Pape Martin V, Inter cunctas, 22 fév. 1418, ex cathedra : « 20. De même s’il croit qu’un chrétien, est tenu, pour être nécessairement sauvé, en plus de la contrition de son cœur, quand il peut trouver un prêtre qualifié, de se confesser au prêtre seulement et non à un laïc ou à des laïcs, si bons et si pieux qu’ils soient ».

Pape Martin V, Inter cunctas, 22 fév. 1418, ex cathedra : « 21. De même s’il croit que le prêtre, dans le cas où il a la juridiction, peut absoudre de ses péchés un pécheur qui les confesse et qui a la contrition, et qu’il peut lui imposer une pénitence ».

Notez que c’est un dogme qu’il est nécessaire de se confesser à un prêtre pour le salut, sauf quand il n’a pas juridiction, comme avec les hérétiques qui n’ont pas juridiction parce qu’ils ne sont pas ministres de l’Église.

Le Concile de Trente, saint Thomas d’Aquin, saint Robert Bellarmin, et bien d’autres, enseignent clairement que les hérétiques ne peuvent pas donner une absolution dans la confession ou avoir toute juridiction que ce soit.

Pape Jules III, Concile de Trente, Sess. 14, chap. 7, La réservation des cas, ex cathedra (Magistère solennel) : «Donc, parce que la nature et la constitution d’un jugement demandent que la sentence soit portée sur des sujets [Les catholiques ne sont pas des sujets des hérétiques], on a toujours été persuadé dans l’Église de Dieu – et ce concile confirme que cela est très vrai – que ne doit avoir aucune valeur l’absolution prononcée par un prêtre sur quelqu’un sur lequel il n’a pas de juridiction ordinaire ou déléguée [la compétence doit être considérée comme sans effet]. … Néanmoins, pour que personne ne vienne à périr à cause de cela, il a toujours été très pieusement maintenu dans l’Église de Dieu qu’il n’y a plus aucune réservation à l’heure de la mort [in articulo mortis, en danger de mort], et que, par suite, tous les prêtres [des catholiques, pas les hérétiques hors de l’Église] peuvent absoudre tous les pénitents de tous les péchés et censures possibles. Hors l’article de la mort, les prêtres, puisqu’ils ne peuvent rien [n’ont pas le pouvoir] dans les cas réservés, s’efforceront uniquement de persuader les pénitents de recourir aux juges supérieurs et légitimes pour bénéficier de l’absolution».

Ci-dessus, le Concile de Trente définit infailliblement que «la nature et la constitution d’un jugement demandent que la sentence soit portée sur des sujets». Les catholiques sont-ils des sujets de prêtres et d’évêques qui rejettent l’Église catholique et la foi, et qui sont hérétiques ou schismatiques ? Bien sûr que non ! Ce fait est bien sûr également soutenu par l’Écriture Sainte et le magistère de l’Église : «M’appartient-il de juger ceux qui sont dehors ? Et ceux qui sont dedans, n’est-ce pas vous qui les jugez ?» (1 Corinthiens 5, 12). Ainsi donc, il est parfaitement clair que ceux qui sont dehors ne commandent pas à l’intérieur, car «il est absurde d’imaginer que celui qui est à l’extérieur puisse commander dans l’Église». (Pape Léon XIII, Satis Cognitum, n° 15, 29 juin 1896).

Le Concile de Trente a ordonné à des prêtres (qui étaient parmi tous les prêtres VISÉS) de disposer de l’octroi d’une absolution dans la confession valide que dans la nécessité «à l’heure de la mort [in articulo mortis, en danger de mort]», mais [Hors l’article de la mort] qu’ils «s’efforceront uniquement de persuader les pénitents de recourir aux juges supérieurs et légitimes pour bénéficier de l’absolution». Mais je vous le demande, depuis quand l’Église catholique cautionne des prêtres hérétiques ou schismatiques, leurs supérieurs ou leurs églises ? Jamais ! Par conséquent, cette déclaration ne peut pas avoir parlé des ministres hérétiques, évidemment.

Le Concile de Trente a affirmé que cet enseignement de compétence (juridiction) a toujours été tenu et maintenu par «l’Église de Dieu», et que «ce concile confirme comme le plus vrai», prouvant ainsi à tout le monde qu’il ne s’agit pas simplement de traiter de ce sujet avec les lois ecclésiastiques qui peuvent être changées, mais spécifiquement avec les lois dogmatiques qui ne peuvent pas être changées.

Ces trois points excluent ainsi toujours totalement les hérétiques, les schismatiques, et les apostats d’être en mesure d’accorder une absolution valide dans la confession ou d’être jamais en mesure de recevoir la compétence fournie en cas de nécessité, car ils sont en dehors de l’Église et de sa compétence (de fide).

Quand le prêtre ordonne au pénitent de faire quelque chose (comme ce genre de satisfaction qu’il doit faire pour être absous de ses péchés), le prêtre exerce sa juridiction sur lui. Seul un catholique peut commander un autre catholique de faire quelque chose dans l’église de Dieu qui a trait à son salut. Seul un catholique peut être sous l’autorité spirituelle d’un autre catholique, d’où :

Pape Léon XIII, Satis Cognitum, n° 15, 29 juin 1896 (Magistère ordinaire de l’Église) : «il est absurde d’imaginer que celui qui est en dehors [comme l’hérétique] puisse commander dans l’Église».

Question : Est-ce à dire que toutes mes anciennes confessions aux prêtres hérétiques étaient invalides ? Et dois-je reconfesser tous mes péchés mortels à un nouveau prêtre non-hérétique quand il est disponible ?

Réponse : Oui, vos anciennes confessions étaient en effet invalides et doivent être refaites à chaque fois qu’un prêtre catholique est entièrement à votre disposition. Cependant, même si vos anciennes confessions n’étaient pas valides, elles ne furent pas inutiles, comme cela est expliqué par saint Thomas d’Aquin :

Saint Thomas d’Aquin, Somme Théologique, Partie Suppl., Q. 8, art. 5, réponse au 4 : «quand même on serait forcé de se confesser, on ne se serait pas confessé inutilement la première fois, parce qu’en se confessant à un plus grand nombre de prêtres, on obtient une plus large remise de la peine, soit par suite de la honte de la confession qui est comptée pour une peine satisfactoire, soit d’après le pouvoir des clés. Ainsi on pourrait se confesser tant de fois qu’on fût délivré de la peine temporelle».

Et ne désespérez pas, aussi longtemps que vous êtes vraiment désolé pour vos péchés et avez le désir de vous confesser, vos péchés seront pardonnés.

Saint Thomas d’Aquin, Somme Théologique, Partie Suppl., Q. 8, art. 1, réponse au 2 : «… la confession et l’absolution … dans lesquels la contrition, avec le dessein de se confesser et le désir de l’absolution, suffit pour les délivrer de la mort éternelle …»

L’absolution n’est pas une formule magique qui vous enlève le péché mortel, si vous n’avez pas encore été désolé [désolation spirituelle] d’avoir offensé Dieu. Si vous avez fait un acte de contrition parfaite et avez été vraiment désolé pour votre péché (même si votre cœur se sent froid), alors vous êtes pardonné ! C’est quelque chose que vous devez croire (que Dieu vous pardonnera) parce que Dieu promet de nous pardonner nos offenses, chaque fois que nous voulons nous modifier pour ne plus pécher. Et si une personne n’a pas cette volonté d’arrêter de pécher, alors la confession et la contrition ne seront d’aucune utilité parce que Dieu ne pardonne pas le péché du pécheur qui ne souhaite même pas arrêter de pécher et d’offenser Dieu. Ceci n’est pas à confondre avec le fait de retomber à nouveau dans les anciens péchés, ce que tous les gens peuvent faire. Une âme vraiment repentante cependant ne retombera pas à nouveau dans les anciens péchés (du moins pas les péchés mortels), mais si une personne retombe encore et encore pour le péché d’impureté, par exemple, c’est une indication qu’elle vit une mauvaise vie et qu’elle n’est pas cohérente dans sa vie spirituelle. (Lire cette aide en ce qui concerne ces questions : Information spirituelle que vous devez savoir pour être sauvé). Si nous n’avons pas confiance dans le pardon de Dieu ou qu’Il nous pardonne, alors nous n’avons pas foi en lui ! Si nous agissons de cette façon incrédule, alors nous montrons à Dieu par notre façon d’agir que nous n’avons pas confiance en lui, et c’est une chose très mauvaise à faire. Donc, ne tombez pas dans ce piège de la méfiance et du désespoir, mais ayez une foi totale en Dieu et en sa miséricorde et croyez fermement qu’il vous pardonne – et progressez.

Question : Que dois-je faire si je ne peux pas trouver un prêtre non-hérétique pour confesser ? Puis-je confesser mes péchés à un laïc catholique comme une pénitence pour mon péché, mais il ne peut pas me donner une absolution ?

Réponse : Oui. En manque de prêtres pour confesser, vous pouvez toujours choisir de vous confesser à un laïc catholique de confiance et non-hérétique (se confesser en personne et non pas à distance : Cf. P. Pohle/Preuss, Traité dogmatique Vol. III Pénitence, S. 2, n. III). Si vous ne connaissez pas de catholiques dans votre région, vous pouvez alors vous avouer le bon désir. Cela aussi vous sera utile pour le salut, comme l’explique saint Thomas d’Aquin :

Saint Thomas d’Aquin, Somme Théologique, Partie Suppl., Q. 8, art. 6, réponse au 3 : «… la force sacramentelle de la Pénitence consiste dans la sanctification du ministre. C’est pour cela que celui qui se confesse à un laïc, bien que de son côté il remplisse ce qui appartient à la confession sacramentelle, cependant il n’obtient pas l’absolution sacramentelle. C’est pourquoi ce qui est produit par le mérite et la peine de la confession lui est compté et diminue d’autant la peine temporelle à laquelle il est tenu, mais il n’obtient pas la diminution de cette peine qui résulte du pouvoir des clefs, et c’est pour ce motif qu’il est tenu de se confesser de nouveau à un prêtre [quand il peut le faire]».

Saint Thomas d’Aquin, Somme Théologique, Partie Suppl., Q. 8, art. 2, réponse à la conclusion : «… dans le cas de nécessité, un laïc peut aussi remplacer le prêtre de manière qu’on puisse se confesser à lui ¹».

¹ Note Abbé Drioux, 1854 : Avant saint Thomas et de son temps cet usage était en vigueur. Mais actuellement il n’existe plus… parce que cette espèce de confession n’est nullement de précepte, qu’elle paraîtrait favoriser l’erreur des hérétiques qui prétendent que tout  fidèle est ministre du sacrement.

Saint Thomas d’Aquin, Somme Théologique, Partie Suppl., Q. 8, art. 2, réponse au 1 : «quand la nécessité presse, le pénitent doit faire ce qui le regarde, c’est-à-dire s’exciter à la contrition et se confesser à qui il peut. Ainsi la confession faite à un laïc à défaut de prêtre est sacramentelle d’une certaine manière, quoique le sacrement ne soit pas parfait, parce qu’il manque de ce qui se rapporte au prêtre».

Saint Thomas d’Aquin, Somme Théologique, Partie Suppl., Q. 8, art. 2, réponse au 2 : «quoiqu’un laïc ne soit pas le juge [juridiction] de celui qui se confesse à lui, cependant, en raison de la nécessité, il reçoit absolument le droit de le juger, selon que celui qui se confesse se soumet à lui à défaut de prêtre».

Les Révélations de sainte Brigitte confirment que la bonne volonté suffit au pénitent quand il ne peut trouver un confesseur. Ces Révélations ont été approuvées, confirmées, et jugées favorablement par le pape Grégoire XI (1370-1378) et Boniface IX (1389-1404) dans la Bulle papale Ab origine mundi, par. 39 (7 oct. 1391), puis jugées en conformité avec la foi catholique par les conciles de Constance (1414-1418) et de Bâle (1431-1449)

Révélations de sainte Brigitte, L. 6, ch. 115,  : «Un certain homme était venu d’un diocèse à Rome ; ignorant l’idiome et la langue, ne trouvant à Rome pas un qui l’entendit et ne pouvant avoir de confesseur, il se conseilla avec sainte Brigitte afin de savoir ce qu’il ferait. Lors Jésus-Christ lui dit : Cet homme qui vous a consultée pleure d’autant qu’il n’a personne qui l’oie en confession. Dites-lui que la volonté lui suffit, car qu’est-ce qui profita au larron en la croix ? ne fut-ce pas la bonne volonté et les affections déréglées.

«Lucifer n’a-t-il pas été bien créé ? Ou moi, qui suis la bonté et la vertu même, aurais-je créé quelque mal ? non certes, aucun. Mais après que Lucifer eut abusé de sa volonté et la porta au dérèglement, il a été lui-même déréglé et mauvais par sa mauvaise volonté. Partant, que le pauvre homme demeure stable et qu’il ne se retire point de ses bonnes résolutions ; quand il sera en son pays, qu’il cherche et qu’il oie ce qui est salutaire à son âme ; qu’il soumette sa volonté et qu’il obéisse plutôt au conseil des sages et des justes qu’à sa volonté, ou autrement, s’il meurt par le chemin, il en sera comme du bon larron : Vous serez ce jourd’hui en paradis».

Principaux points d’examen de conscience donnés à titre indicatif d’après Saint Alphonse de Liguori

«[1er Commandement] Refuser de croire tout ce qu’enseigne l’Église ; en douter, avoir honte de montrer qu’on le croit ; s’exposer au danger de perdre la foi en fréquentant des impies ou en faisant des lectures dangereuses etc. ; parler contre la religion, l’Église, ses ministres. – Se laisser aller au désespoir, au découragement, au manque de confiance en la providence ou en la miséricorde de Dieu. – Se livrer à la présomption en espérant se sauver sans prier, ou obtenir miséricorde sans quitter le péché ; en s’autorisant de la miséricorde de Dieu pour faire le mal, ou différer sa conversion, ou s’exposer témérairement aux occasions du péché. – Être superstitieux. – Pécher par sacrilège, soit à l’égard d’une personne consacrée à Dieu, soit à l’égard d’un lieu ou d’une chose sainte, se confesser en cachant un péché mortel, sans contrition, sans bons propos. – Négliger la prière, etc.

«[2ème Commandement] Faire de faux serments, des blasphèmes, des imprécations, des malédictions, violer ses vœux, ses serments, etc.

«[3ème Commandement] Manquer à la Messe [si disponible] ou travailler le dimanche et les jours de préceptes ; commettre des irrévérences dans l’Église [au sens physique de Bâtiment, et au sens spirituel de Corps mystique du Christ], etc.

«[4ème Commandement] Manquer au respect, à l’amour, à l’obéissance, à l’assistance que l’on doit à ses parents. – Négliger l’éducation, la correction, la surveillance de ses enfants, ne pas les faire prier ; les placer dans des écoles, des ateliers ou des maisons où leur foi et leurs mœurs courent des dangers ; ne pas éloigner d’eux les occasions de péché, tels que les lectures, les compagnies, les soirées, les liaisons, les divertissements dangereux. – Pécher, si l’on est marié, par des unions, jalousies, infidélités, actions criminelles contre la sainteté ou la fin du mariage. – Manquer au respect, à l’obéissance, à la fidélité, à la probité que l’on doit à ses maîtres. – Laisser faire le mal à ses subordonnés, les y exciter ; ne pas payer le salaire dû. – Négliger ses devoirs d’état, etc.

«[5ème Commandement] Causer ou souhaiter du mal au prochain, à soi-même ; se laisser à la gourmandise, à l’ivrognerie ; blesser quelqu’un, le frapper ; pécher par haine ; colère, ressentiments, vengeance, désir de se venger, envie, jalousie, scandale, etc.

«[6ème et 9ème Commandement] Blesser la pureté par pensée, désirs, paroles, chansons, regards, lectures, écrits, plaisirs, jeux, familiarités, actions coupables. On doit exprimer quand c’est nécessaire les circonstances qui changent l’espèce de péché.

«[7ème et 10ème Commandement] Offenser Dieu par vol, fraude, usure ; ne pas restituer le bien d’autrui ; ne pas réparer un dommage causé ; ne pas payer ses dettes quand on le peut, gâter ce qui appartient au prochain ; coopérer aux injustices commises par d’autres, etc.

«[8ème Commandement] Pécher par faux témoignages, mensonges, médisances, calomnies, paroles injurieuses, rapports malicieux, interprétations malignes des actions et des intentions d’autrui ; jugements téméraires ; soupçons injustes, divulgation des secrets confiés ; torts non réparés fait à la réputation ou à l’honneur du prochain, etc.

«[Commandements de l’Église] Négliger le devoir pascal. – Violer le jeûne ou l’abstinence sans motif légitime, etc.».

Acte de contrition – Témoignez à Dieu votre douleur

«Mon Dieu, je suis triste de vous avoir offensé, parce que vous êtes infiniment bon et aimable et que le péché vous déplaît ; je me propose de m’amender, moyennant votre sainte grâce et de mourir plutôt que de vous offenser mortellement. Mon Dieu, je vous aime de tout mon cœur et par dessus toutes choses ; je me repens de vous avoir offensé. Je déteste mes péchés qui vous ont blessé, vous mon unique et suprême félicité à qui tout amour et toute reconnaissance doit être rendu. Dans l’affection que je vous porte, je me sens disposé au bon Maître, à renoncer à l’amour de toute créature plutôt que de vous offenser encore. Je prends la ferme résolution d’accomplir en tout votre adorable volonté et de fuir les occasions où votre grâce divine serait mise en péril. Seigneur ayez pitié de moi pécheur. Amen». (Saint Alphonse de Liguori)

Pour le détail sur les dix commandements et les commandements de l’Église (loi de précepte), voir : Catéchisme Penny

Pour le détail de l’examen de conscience, voir : Examen de conscience pour une confession générale

On commence sa confession par le Confiteor :

Confiteor : «Je confesse à Dieu tout-puissant, à la bienheureuse Marie toujours vierge, à saint Michel archange, à saint Jean-Baptiste, aux apôtres saint Pierre et saint Paul, à tous les saints, que j’ai beaucoup péché, par pensées, par paroles et par actions: c’est ma faute, c’est ma faute, c’est ma très-grande faute. C’est pourquoi je prie la bienheureuse Marie toujours vierge, saint Michel archange, saint Jean-Baptiste, les apôtres saint Pierre et saint Paul, tous les saints, de prier pour moi le Seigneur notre Dieu.

Que le Dieu tout-puissant nous fasse miséricorde, et qu’après nous avoir pardonné nos péchés, il nous conduise à la vie éternelle. Que le Seigneur tout-puissant et tout-miséricordieux nous accorde le pardon, l’absolution et la rémission de nos péchés. Ainsi soit-il».

On  termine la confession par un acte de contrition :

Acte de contrition : «Mon Dieu, je suis triste d’avoir offensé votre souveraine majesté. Je regrette tous mes péchés, non seulement parce que j’ai mérité vos châtiments [contrition imparfaite ou attrition], mais surtout parce que vous êtes infiniment parfait et souverainement aimable, et parce que le péché vous déplaît [contrition parfaite]. Je prends la ferme résolution de me corriger et d’éviter les occasions de péché. Dans cette contrition, je veux vivre et mourir».

Autre acte de contrition : «Ô mon Dieu, je suis de tout cœur désolé de vous avoir offensé, et je déteste tous mes péchés, car je redoute la perte du ciel et les peines de l’enfer [contrition imparfaite ou attrition] ; mais surtout parce qu’ils vous ont offensés, mon Dieu, qui êtes tout-bon et digne de tout mon amour [contrition parfaite]. Je prends la ferme résolution, avec l’aide de votre grâce, de confesser mes péchés, de faire pénitence, et de modifier ma vie. Amen».

L’acte de contrition doit être dit sincèrement et pas à la légère, sans le cœur (c’-à-d. dans la volonté même si on n’en a pas de sentiment) c’est une formule vide.

La pénitence comprend la satisfaction et l’expiation des péchés

La satisfaction

La pénitence comprend la satisfaction ou réparation de la faute, conversion et vie nouvelle selon l’Évangile, et également par des pratiques de pénitence, comme le jeûne, la mortification, la prière, etc.

Pape Jules III, Concile de Trente, sess. 14, chap. 3, sur les parties et les fruits de ce sacrement : «Sont quasi-matière de ce sacrement [de la pénitence] les actes du pénitent lui-même : la contrition, la confession et la satisfaction [1704]. Dans la mesure où ces actes sont requis, parce que d’institution divine, chez le pénitent pour l’intégrité du sacrementpour une pleine et parfaite rémission des péchés, ils sont dits pour cette raison partie de la pénitence».

L’expiation

La pénitence comprend aussi l’expiation des péchés ou satisfaction pleine et entière des dettes temporelles dues aux péchés pardonnés.

Saint Bonaventure, Docteur de l’Eglise, L’Echelle d’or des vertus, ch. 23, Degrés de la satisfaction : «I. 1er degré. Satisfaire dignement pour ses propres péchés. 2ème degré. Satisfaire pour les péchés des bons. 3ème degré. Satisfaire pour les péchés des méchants.

«II. 1er degré. Faire pénitence pour les péchés de ses parents. 2ème degré. Faire pénitence pour les péchés des étrangers. 3ème degré. Faire pénitence pour les péchés de ses ennemis.

«III. 1er degré. Faire pénitence dans sa propre maison. 2ème degré. Faire pénitence dans le désert. 3ème degré. Faire pénitence dans le cloître.

«IV. 1er degré. Faire pénitence dans un cloître austère. 2ème degré. Faire pénitence dans un cloître plus austère. 3ème degré. Faire pénitence dans un cloître très austère.

«V. 1er degré. Expier ses péchés par des aumônes. 2ème degré. Expier ses péchés par de bonnes œuvres corporelles, comme le jeûne, la prière, les pèlerinages, etc. 3ème degré. Expier ses péchés par des souffrances corporelles, comme les larmes, les disciplines, les cilices, etc. Car il est plus parfait de souffrir avec patience ce qui est pénible que de s’appliquer aux bonnes œuvres».

Dieu accueille la pénitence en paiement de la dette des péchés

Ézéchiel 18, 21 : «Mais si l’impie fait pénitence de tous ses péchés qu’il a commis, et qu’il garde tous mes préceptes, et qu’il accomplisse le jugement et la justice, il vivra de la vie et ne mourra point».

Ézéchiel 33, 14-16, 19 : «Mais si je dis à l’impie : Tu mourras de mort, et qu’il fasse pénitence de son péché, et qu’il accomplisse le jugement et la justice ; Et que cet impie rende la gage qu’on lui avait confié, et qu’il restitue ce qu’il avait enlevé, et qu’il marche dans les commandements de la vie, et qu’il ne fasse rien d’injuste, il vivra de la vie et il ne mourra pas. Tous ses péchés qu’il a commis ne lui seront point imputés ; il a accompli le jugement et la justice, il vivra de la vie. … Et lorsque l’impie se sera écarté de son impiété, qu’il aura accompli le jugement et la justice, il y vivra».

La pénitence vient d’un cœur humble qui a renoncé à ses péchés et offre un Dieu un cœur contrit et humilié.

Psaume 50, 19 : «Le sacrifice que Dieu désire est un esprit brisé de douleur : vous ne dédaignerez pas, ô Dieu, nu cœur contrit et humilié».

L’âme pénitente (pas faussement) ne retombera plus volontairement dans ses péchés car la pénitence c’est quitter son péché.

Saint Bernard, Degrés de l’humilité et de l’orgueil, Neuvième degré de l’orgueil – un aveu qui n’est qu’une feinte, ch. 18, § 47 : «Quiconque est véritablement pénitent, n’a point de répugnance pour les œuvres de pénitence ; il embrasse au contraire, avec patience et sans se plaindre au fond du cœur, tout ce qui lui est imposé pour sa faute dont il a regret».

La pénitence sert à :

  • Faire mourir le vieil homme afin de ressusciter ;
  • Chercher le pardon des péchés et retrouver la grâce ;
  • Retrouver Dieu qu’on a perdu par sa propre faute ;
  • Ne pas entraver mais augmenter la vie de la grâce ;
  • Expier les péchés pour payer la justice divine ;
  • Prévenir les chutes afin de pouvoir résister dans la tentation ;
  • Porter sa croix afin de suivre Jésus et l’imiter ;
  • Préférer Dieu à soi-même ;
  • Conserver la grâce de Dieu ;
  • Augmenter ses mérites et la grâce de Dieu ;
  • A préserver d’autres du péché, ou à leur conversion, ou à leur salut ;
  • A exercer la charité pour Dieu.

Jeûne

Le jeûne est un moyen de pénitence, une abstention d’œuvres serviles (rendant esclave) pour rompre les chaînes du péché (comme l’aumône, la contrition du cœur, la chasteté du corps et du cœur, la charité et la patience envers le prochain pour Dieu, etc.).

Isaïe 58, 6-7 : «Le jeûne que j’ai choisi n’est-il pas celui-ci ? Romps les liens de l’impiété, délie les faisceaux accablants [Note Vulg. : Tout ce qui gêne, pèse], renvoie libres ceux qui sont opprimés, et brise tout fardeau. Romps ton pain pour celui qui a faim, et fait entrer dans ta maison les indigents et ceux qui errent sans asile ; lorsque tu verra quelqu’un nu couvre-le et ne méprise point ta chair [Note Vulg. : Tes frères, tes proches]».

Le jeûne de nourriture est un moyen et non une fin. Le jeûne est un moyen de mortifier la chair, obéir à Dieu, tourner son cœur vers Dieu. On jeûne pour retrouver la grâce de Dieu qu’on a perdue.

Le jeûne doit être selon les lois de l’Église

Il faut jeûner selon les lois de l’Église, sinon Dieu aura en horreur le jeûne, car la volonté de Dieu est l’obéissance de l’homme à Ses lois, c’est-à-dire :

1° Loi divine (Magistère de l’Église – dogme et vérités de foi, règle de la foi, etc.) ;

2° Loi ecclésiastique (précepte, droit canon, décrets, etc.) ;

3° Loi naturelle (reflet de la loi divine, conscience morale naturelle du bien et du mal).

Châtiez votre chair (corps et âme psychique du vieil homme) pécheresse et rebelle en la mortifiant et en pénitence pour vos péchés qui ont gravement offensés Dieu, mais le jeûne doit se faire dans l’obéissance aux lois de l’Église, car c’est l’obéissance qui compte. Jeûner hors des lois de l’Église, c’est une désobéissance qui ne plaît pas à Dieu, et le jeûne ne sert à rien ; bien pire, jeûner ou se mortifier dans la désobéissance obstinée, c’est un esclavage et un sacrifice offert au démon.

Le jeûne doit être fait dans l’humilité car le jeûne est un moyen de briser les passions par la mortification de la chair pour expier ses péchés, et un pécheur ne saurait s’enorgueillir de son jeûne sous peine de voir son offrande réprouvée par Dieu, comme le pharisien orgueilleux jeûnant deux fois la semaine qui n’est pas justifié, alors que le publicain, qui n’osait pas lever les yeux au ciel mais frappait sa poitrine disant : «O Dieu, ayez pitié de moi qui suis un pécheur(Luc 18, 9-14)», est justifié.

Le jeûne doit être accompagné de la prière, car jeûner sans prier Dieu c’est jeûner sans Dieu, c’est un jeûne naturel sans mérites surnaturels, ou pire, un jeûne naturaliste (hérésie du Naturalisme), un culte de la nature et une injure à Dieu.

Le jeûne doit être fait par charité (et il ne peut y avoir de charité sans la vraie foi), c’est-à-dire pour l’amour de Dieu.

L’Église catholique enseigne infailliblement que les jeûnes, aumônes et tous les autres devoirs de la piété n’ont d’utilité que pour ceux qui sont dans son sein, et non pour ceux qui sont hors de l’Église, comme ceux qui ne professent pas la vraie foi. Il est donc absolument nécessaire de tenir en premier lieu la vraie foi catholique.

Pape Eugène IV, Concile de Florence, Cantate Domino, 1441, ex cathedra (déclaration infaillible) : «… elle [la Sainte Église] professe aussi que l’unité du corps de l’Église a un tel pouvoir que les sacrements de l’Église n’ont d’utilité en vue du salut que pour ceux qui demeurent en elle, pour eux seuls jeûnes, aumônes et tous les autres devoirs de la piété et exercices de la milice chrétienne enfantent les récompenses éternelles, et que personne ne peut être sauvé, si grandes que soient ses aumônes, même s’il verse son sang pour le nom du Christ, s’il n’est pas demeuré dans le sein et dans l’unité de l’Église catholique».

Saint Alphonse de Liguori, La sainteté au jour le jour, 17 mars : « Le jeûne. Sachant que, d’après la doctrine de Jésus-Christ, la pénitence est nécessaire au salut, l’Église a imposé à ses enfants certaines pénitences déterminées ; le jeûne en est une. C’est une obligation grave de jeûner pour quiconque n’a pas une raison grave de s’en dispenser. Sont dispensés du jeûne : les malades, les convalescents, ceux qui exercent des travaux fatigants, ceux qui n’ont pas vingt et un ans et ceux qui en ont soixante. Dans le doute, un bon chrétien demande la dispense [quand il y a un saint Siège]. Il ne se contente pas d’une parole quelconque d’un médecin qui, souvent, n’est pas assez religieux pour donner un avis en cette matière. Il consulte son confesseur [quand il y en a un]. L’avis du confesseur lui-même n’est valable qu’autant que le motif allégué est vrai. On dit : « Le jeûne est incommode ». Il est fait exprès pour nous contrarier ; la pénitence n’est jamais commode. Rougissez de ne savoir rien souffrir pour vos péchés. Demandez à ce prodige de pénitent, saint Patrice, de vous en obtenir le courage».

Aumône

L’aumône est de donner par charité ce que l’on a. Aimer c’est vouloir le bien. L’aumône n’est pas uniquement donner de son argent, mais de ses biens. L’aumône des biens spirituels est encore supérieure. La plus grande charité est de faire l’aumône de ses talents.

Pape saint Grégoire, Homélie sur la parabole des talents (Matthieu 25, 14-30), § 7, 31 décembre 590 : «Ainsi, l’un a reçu la faculté de comprendre : ce talent l’oblige au ministère de la prédication. Un autre a reçu les biens de la terre : de cette fortune, il doit faire l’aumône de son talent. Un autre, qui n’a reçu ni la faculté de comprendre les réalités intérieures, ni une abondante fortune, a cependant appris un métier qui lui assure sa subsistance : son métier même lui est reconnu comme talent reçu. Un autre encore n’a rien eu de tout cela, mais il a peut-être obtenu une place de familier auprès d’un homme riche : cette familiarité est assurément le talent qu’il a reçu. Par conséquent, s’il ne parle pas en faveur des pauvres à son protecteur, il sera condamné pour s’être réservé l’usage de son talent. Toi qui as la faculté de comprendre, prends donc grand soin de ne pas te taire. Toi qui possèdes une abondante fortune, veille à ne pas laisser s’engourdir la compassion qui te pousse à donner. Toi qui connais un métier qui te procure de quoi vivre, applique-toi bien à en partager l’usage et le profit avec ton prochain. Toi qui as tes entrées chez un homme riche, crains d’être condamné pour t’être réservé ce talent en n’intercédant pas auprès de lui pour les pauvres quand tu le peux. Car le Juge qui va venir nous redemandera à chacun en proportion de ce qu’il nous a donné».

C’est donc une aumône de faire bénéficier autrui de ce qu’on a reçu, d’abord des choses spirituelles et ensuite des choses matérielles. Et c’est un péché de ne pas le faire quand on le peut.

Patience

La patience est un moyen puissant de pénitence.

Luc 21, 19 : « C’est par votre patience que vous posséderez [sauverez] vos âmes ».

Porter sa croix en murmurant et en rechignant, ou par mauvaise volonté, c’est porter la croix du démon. Porter sa croix en l’embrassant, c’est renoncer à soi, c’est le chemin du salut. La pénitence doit se faire à sa propre initiative sous l’inspiration du Saint-Esprit, mais surtout à travers la patience dans les épreuves et circonstances de la vie qui sont des croix que Dieu nous donne et qu’on ne choisit pas.

Patience envers les importuns, patience dans les maladies, patience dans les revers, patience offerte à Dieu par les mérites et à l’imitation de Jésus-Christ. Ceux qui ne veulent pas faire l’effort de souffrir patience se leurrent, il n’y a aucun salut sans imitation de Jésus. La persévérance malgré les difficultés est aussi la patience, d’abord dans les difficultés spirituelles (comme la persévérance dans la prière et la vie spirituelle, etc.) et ensuite dans les difficultés d’ordre plus matériel. Que ceux qui veulent et n’y arrivent pas, recommencent sans cesse, et Dieu le considérera comme s’ils y arrivaient.

La pénitence comprend l’évitement de l’occasion de pécher

On doit éviter l’occasion prochaine de pécher

On doit éviter l’occasion prochaine de pécher pour être sauvé et recevoir le pardon de ses péchés de Dieu, cela est un fait certain de la loi naturelle et de la loi divine, qui a toujours été enseigné par l’Église et ses Saints. Par exemple, le bienheureux pape Innocent XI pendant son pontificat, a condamné trois propositions qui niaient cette vérité :

Innocent XI, erreurs diverses sur les questions morales, 2 mars 1679 : 61. – Peut parfois être absous celui qui demeure dans une occasion prochaine de pécher qu’il peut et ne veut pas éviter, et même qu’il cherche directement ou délibérément, ou dans laquelle il se jette. – déclaration condamnée par le pape Innocent XI.

Innocent XI, erreurs diverses sur les questions morales, 2 mars 1679 : 62. – Une occasion prochaine de pécher ne doit pas être évitée lorsqu’il y a une raison utile ou honnête de ne pas la fuir. – déclaration condamnée par le pape Innocent XI.

Innocent XI, erreurs diverses sur les questions morales, 2 mars 1679 : 63. – Il est permis de chercher directement l’occasion prochaine de pécher pour notre bien spirituel ou temporel, ou pour celui du prochain. – déclaration condamné par le pape Innocent XI.

Le temps est précieux pour faire pénitence

Saint Césaire d’Arles, Père de l’Église  : «Que personne ne se réserve de faire pénitence et garder la douceur de la charité plus tard, au moment où l’on est en train de quitter la vie ; que personne ne remette en somme à la vieillesse pour recourir au remède de la pénitence, car on ne sait « de quoi le jour prochain sera fait » (Pr 27, 1). Quel risque de différer son salut jusqu’au temps de la vieillesse, alors qu’on ne peut être certain d’un seul jour de délai  (Saint Césaire d’Arles, textes choisis, Éditions du Soleil Levant, Namur, 1962, p. 79-85 ; Sermon XXII, § 5, Corpus Christianorum CIII, p. 99-103)

Le temps est précieux pour faire pénitence et se convertir, le temps perdu est gâché pour toujours et ne reviendra jamais.

Homélie du pape saint Grégoire le Grand, 28 jan. 591, sur la parabole des dix vierges (Mt. 25, 1-13) : « … Celui qui a gaspillé le temps favorable à la pénitence vient en vain supplier devant la porte du Royaume. C’est en ce sens que le Seigneur déclare par la bouche de Salomon : « J’ai appelé, et vous avez résisté ; j’ai tendu la main, et personne n’y a fait attention. Vous avez méprisé tous mes conseils, et vous avez négligé mes reproches. Moi aussi, je rirai de votre mort, je me moquerai quand vous arrivera ce que vous craigniez. Lorsqu’une soudaine calamité fondra sur vous et que la mort vous assaillira comme une tempête, quand viendront sur vous la tribulation et l’angoisse, alors on m’invoquera, et je n’écouterai pas ; on se lèvera dès le matin, et l’on ne me trouvera pas » (Pr. I, 24-28). Voyez : ces vierges demandent à grands cris qu’on leur ouvre ; repoussées, elles exhalent leur douleur en adressant au Maître un appel redoublé : « Seigneur, Seigneur, ouvre-nous ». Mais elles ont beau offrir leurs prières, on les ignore ; c’est qu’en ce jour, le Seigneur abandonnera comme des inconnus ceux que le mérite de leur vie ne lui fait pas reconnaître maintenant pour siens. Le Seigneur ajoute ici bien à propos une exhortation destinée à tous ses disciples : « Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure ».

«Après le péché, Dieu accepte la pénitence, et si chacun savait quand il doit quitter ce monde, il pourrait se donner un temps pour les plaisirs et un temps pour la pénitence. Mais celui qui a promis le pardon au pénitent n’a pas promis de lendemain au pécheur. Aussi devons-nous toujours craindre notre dernier jour, puisque nous ne pouvons jamais le prévoir.

«Même ce jour où nous vous parlons, nous ne l’avons reçu que comme un répit pour nous convertir, et pourtant nous refusons de pleurer le mal que nous avons fait. Non seulement nous ne nous désolons pas des fautes commises, mais nous en ajoutons d’autres qu’il faudra pleurer. Qu’une maladie nous annoncent une mort prochaine, et nous cherchons une prolongation de vie pour pleurer nos péchés ; mais ce délai que nous demandons alors avec un très ardent désir, nous en jouissons, en ce moment même, sans en faire aucun cas».

Prières

Mon Dieu, je suis triste de vous avoir offensé, parce que vous êtes infiniment bon et aimable et que le péché vous déplaît ; je me propose de m’amender, moyennant votre sainte grâce et de mourir plutôt que de vous offenser mortellement.

«Mon Dieu, je vous aime de tout mon cœur et par dessus toutes choses ; je me repens de vous avoir offensé. Je déteste mes péchés qui vous ont blessé, vous, mon unique et suprême félicité, à qui tout amour et toute reconnaissance doit être rendu. Dans l’affection que je vous porte, je me sens disposé, ô mon Maître, à renoncer à l’amour de toute créature plutôt que de vous offenser encore. Je prends la ferme résolution d’accomplir en tout votre adorable volonté et de fuir les occasions où votre grâce divine serait mise en péril. Seigneur, ayez pitié de moi, pécheur. Ainsi soit-il.

O Dieu, dont la bonté et la puissance sont infinies, excitez dans mon cœur des larmes amères de repentir ; faites que, connaissant mes péchés, je les pleure dans l’amertume de mon âme et en obtienne le pardon.

Dieu éternel et puissant, vous êtes notre Père dans les cieux ! Je confesserai à vous et à votre prêtre sur terre mes infidélités ; manifestez en moi la grandeur de votre bonté, afin que, purifié de toutes souillures, et jouissant de la paix du cœur, je sois délivré non seulement des peines éternelles, mais encore des peines temporelles méritées par mes fautes.

Venez, Esprit-Saint, et remplissez de vos grâces les cœurs de vos fidèles ; illuminez les replis les plus secrets de mon cœur, afin que la vue de mes péchés et de mes imperfections me les fasse regretter, m’en fasse demander humblement pardon, à la plus grande gloire de Dieu et pour le salut de mon âme.

Acte de contrition parfaite à dire tous les jours si on ne peut pas se confesser faute de prêtre
Mon Dieu, je déteste et j’abhorre tous mes péchés, je les quitte, j’y renonce pour toujours, parce qu’ils vous déplaisent, parce qu’ils offensent votre Majesté infinie, parce qu’ils ont été la cause des souffrances et des douleurs de Jésus-Christ mon Sauveur ; je me propose moyennant votre grâce, de les éviter à l’avenir, de les expier par une sincère pénitence, en offrant pour satisfaire à votre justice, le sang, la mort et les souffrances de Jésus expirant sur la Croix. Je voudrais sincèrement les confesser, mais comme je ne le peux, faute de confesseur, je vous prie de me les pardonner par un effet de votre miséricorde, en m’inspirant pour cela une contrition et une charité parfaite.

Acte de contrition à dire tous les jours
Ô bon Jésus, doux Sauveur de mon âme, du plus profond de mon cœur, je vous demande pardon de tous les péchés que j’ai commis contre votre divine Majesté. Hélas mon Dieu, vous m’avez tant aimé que vous avez versé votre sang précieux pour une créature si détestable. Oh mon Seigneur, que je ne perde point le prix d’une chose si précieuse, que plutôt, ô mon Dieu, je meure de mille morts, que de commettre volontairement un seul péché mortel contre une si grande bonté ; et, quelque mort qui m’advienne, ô bon Jésus, ne souffrez pas que votre pauvre serviteur (ou servante) racheté par votre sang soit damné.

Pater noster, Ave Maria, Credo. (Messe, litanies et histoire du précieux Sang de N. S. Jésus-Christ, 1866)

Sur la conversion

Saint Jean Chrysostome, Homélie sur la conversion : «La faute et son remède. Il y a quelque temps, je vous ai parlé de la charité ; vous m’avez entendu, vous vous êtes retirés et vous vous êtes livrés au pillage. Vous n’avez pas mis mes principes en pratique ! N’hésitez cependant pas à revenir à l’église : ayez honte de vos fautes, mas pas de votre repentir. Et comprenez bien l’action que le diable tente d’opérer sur vous. Nous avons deux acteurs en présence : la faute, et la conversion. La faute est la blessure à laquelle la conversion portera remède. Ce qui existe pour le corps existe également pour l’âme : il y a des blessures et des remèdes, des fautes et des conversions.

«Mais tandis que le péché a la honte en contrepartie, le repentir, lui, doit être associé à la confiance. Suivez bien mon développement, je vous prie, car il suffirait que vous perdiez le fil de ma démonstration pour que tout son intérêt vous échappe.

«Nous avons donc une blessure et un remède, la faute et la conversion ; la blessure, c’est la faute, et le remède, c’est la conversion. La première engendre une sorte de gangrène, alors que la seconde a pour objet de l’enrayer. Le péché abrite cette gangrène, il couvre le malade d’opprobre et de mépris. La conversion au contraire est une source de confiance, de liberté et de purification. Soyez très attentifs !

«La honte est une réaction à la faute, la confiance est le corollaire de la conversion. Vous saisissez ce que je veux dire. Satan a inversé l’ordre et a associé la confiance à la faute et la honte à la conversion. Je tiens à élucider cette question, je ne désarmerai pas, même si je dois poursuivre mon discours jusqu’au soir : je m’y suis engagé, il est hors de question que je me dérobe. Nous sommes donc en présence d’une blessure assimilable à la gangrène, et d’un remède destiné à purifier cette gangrène. Est-ce le remède qui génère la corruption, est-ce la blessure qui permet la guérison ? Ces causes et ces effets ne s’ordonnent-ils pas selon un ordre particulier ? Pensez-vous qu’ils soient interchangeables ? Non, en aucun cas !

«Abordons alors le problème de l’âme entachée de péchés. C’est le propre du péché de couvrir de honte, d’infamie et de mépris celui qui l’a commis ; le lot de la conversion, c’est la confiance, la sobriété, l’équité. « Fais toi-même le compte, afin d’être justifié » (Is 43, 26). Et ailleurs : « Le juste commence toujours pas s’accuser lui-même » (Pr 18, 17). Satan sait en outre que le péché engendre un sentiment de honte suffisamment puissant pour ramener le pécheur sur le droit chemin, et que la conversion procure un sentiment de confiance susceptible d’attirer le repentant. Aussi inversa-t-il l’ordre pour couvrir le repentir de honte et envelopper le péché de confiance. Je vais vous en donner un exemple.

«Un homme est saisi d’un désir brûlant pour une prostituée. Il la suit, comme s’il était son prisonnier, et pénètre chez elle. Sans le moindre soupçon de honte, il s’abandonne à elle, il se livre au péché. Je le répète, il ne manifeste aucune confusion. Et c’est une fois que la faute est commise, lorsqu’il ressort et veut se repentir, c’est à ce moment-là qu’il a honte ? Malheureux ! Lorsque vous étiez enlacé dans les bras de cette femme, vous n’aviez pas honte, et maintenant que vous vous disposez à vous convertir, vous êtes saisi de confusion ? Vous me dites qu’il a honte, mais pourquoi n’en éprouvait-il pas lorsqu’il commit son acte ? Pourquoi rougir à parler de son crime, alors qu’il l’a commis sans vergogne ?

«Vous reconnaissez l’œuvre maléfique du diable. Pendant que cet homme s’abandonnait au péché, il n’a pas laissé la honte l’envahir, mais il fait en sorte que sa faiblesse soit rendue publique : car il sait que s’il avait eu honte, il aurait reculé devant la faute. Par contre, il le livre à la honte, il aurait reculé devant la faute. Par contre, il le livre à la honte au moment du repentir, car il sait que ce sentiment sera un obstacle à sa conversion. Son objectif est donc double : entraîner sa proie vers le péché et ensuite empêcher sa conversion.

«Pourquoi cette confusion ? Au moment de commettre l’acte coupable, vous n’en manifestiez aucune, et maintenant que vous êtes sur le point d’y remédier, vous avez honte ? Vous rougissez de vous affranchir du péché ? C’est là la conduite que vous auriez dû avoir lorsque vous péchiez !

«Vous avez attendu d’être justifié pour rougir de honte, alors que cela ne vous a pas effleuré lorsque vous vous êtes rendu coupable ? « Fais toi-même le compte afin d’être justifié » (Is 43, 26). O bienveillance divine ! Le Seigneur n’a pas dit « afin d’échapper au châtiment », mais « afin d’être justifié ». N’était-ce pas suffisant que vous ne le punissiez pas, fallait-il encore le justifier ? Certainement, mais écoutez plutôt. Où trouvons-nous un exemple d’une telle justification ? A propos du larron ; il a suffi à ce dernier de dire à son compagnon : « Tu ne crains même pas Dieu ? Pour nous, c’est justice ; nous recevons ce qu’ont mérité nos actes » pour entendre ces paroles de Jésus : « Aujourd’hui, tu seras avec moi dans le paradis » (Luc 23, 40-41). Il ne lui a pas promis de lui épargner tout blâme et toute punition ; d’emblée, il le conduit justifié, au paradis.

«L’aveu sanctifié. Avez-vous remarqué que c’est grâce à l’aveu de ses fautes que le larron a été justifié ? La bienveillance de Dieu à l’égard des hommes est immense. Il n’épargne pas son propre fils pour épargner un serviteur. Il a livré son fils unique afin de racheter des esclaves ingrats, et, en guise de prix, il a versé son sang. O bienveillance divine !

«Ne me déclarez plus, je vous en prie, « J’ai beaucoup péché, comment pourrai-je être sauvé ? « . Car ce que vous ne pouvez opérer, Dieu, lui, le peut, et son pouvoir ira jusqu’à effacer toutes vos fautes. Soyez attentifs à ce que je vais vous dire. Dieu efface vos péchés de telle sorte qu’il n’en subsiste aucune trace. Un tel prodige n’existe pas dans la nature : un médecin pourra déployer les innombrables ressources de son art pour soigner une blessure, il ne parviendra pas pour autant à en supprimer la trace. Imaginez ainsi un homme qui aurait été frappé à l’œil à plusieurs reprises : même si, à chaque fois, il a soigné sa blessure, il subsistera néanmoins une cicatrice, et cette infirmité attestera dorénavant la lésion subie. Le médecin aura beau s’évertuer à faire disparaître la cicatrice, il n’y parviendra pas, car il se heurtera toujours à cette faiblesse de la nature et aux limites de son art et des médicaments.

«Par contre, lorsque Dieu efface des fautes, il fait en sorte qu’aucune cicatrice, aucune trace ne subsiste ; il affranchit l’âme de tout mal et par là lui restitue sa beauté originelle ; il lui offre sa justice tout en lui épargnant un châtiment ; enfin, il rend le pécheur en tous points semblable à celui qui n’a pas péché. En somme, la faute disparaît complètement, comme si elle n’avait jamais existé. Point de cicatrice, point de trace, point de témoin, point d’indice». (Saint Jean Chrysostome, huitième homélie sur la conversion, n° 2)