Sur le sacrement de pénitence et la contrition, et sur le pardon des péchés sans une absolution sacramentelle

Sommaire

  • Lieux de réunions des hérétiques
  • Dieu pardonne les péchés par la contrition que quand il n’y a pas de prêtres possibles
  • Pas d’absolution sans contrition
  • Nous pouvons déduire pourquoi la plupart des gens, en fait, sont damnés

 

Lieux de réunions des hérétiques

Les « lieux de réunions d’hérétiques » que l’Église interdit absolument par sa discipline universelle (qui est inviolable et qui contraint toute l’Église par l’application de la loi divine) sont les lieux d’hérétiques notoires en fait ; Les autres hérétiques publics sont aussi interdits mais pas absolument selon les circonstance et la nécessité, c’est-à-dire qu’ils sont interdits absolument quand il y a des prêtres catholiques, mais non pas absolument, par la nécessité et en cas de nécessité s’il n’y  pas de prêtres catholiques (quasi aucun ou très peu au monde aujourd’hui). Cela est dû au fait que l’hérétique public n’est pas l’hérétique notoire de fait : l’hérétique public n’a pas d’excuse quand il est obstiné mais il peut encore dissimuler son crime par de faux arguments exonérant la connaissance certaine de l’imputabilité de la peine de son crime, ce qui fait qu’il est excommunié pour lui-même par son obstination, mais qu’il n’est pas encore excommunié effectivement par rapport aux autres.

Pape Vigile, deuxième Concile de Constantinople, 553, ex cathedra (déclaration infaillible à tenir sous peine d’hérésie) : « L’hérétiquemême s’il n’a pas été condamné officiellement par un individu, en réalité apporte anathème sur lui-même, s’étant coupé du chemin de la vérité par son hérésie. Quelle réponse ces personnes peuvent apporter à l’Apôtre quand il écrit : « Évite un homme hérétique, après une première et un seconde admonition » ; sachant qu’un tel homme est perverti, et qu’il pèche, puisqu’il est condamné par son propre jugement (Tite 3, 10) ».

L’Église comprend «anathème sur lui-même» par son hérésie obstinée mais non pas par rapport aux autres sauf par sa notoriété de fait (pas la notoriété matérielle qui est celle pouvant encore comporter une excuse) ; Autrement dit, tant qu’un hérétique n’est pas notoire en fait il n’est pas suspendu de son office par rapport aux autres (mais il l’est par rapport à lui-même). C’est la discipline universelle de l’Église que quand on peut trouver un prêtre catholique, c’est un péché d’aller chez des hérétiques même « que » publics, mais ce n’est pas un péché quand on ne peut pas trouver de prêtre catholique et qu’il y a nécessité, à condition que ce ne soit que pour la réception du sacrement et absolument rien d’autre (comme prier avec, aider, assister activement, donner de l’argent, recevoir des cadeaux, etc.). Cela devient un péché seulement quand le prêtre est hérétique, schismatique ou apostat notoire de fait parce que l’hérétique notoire de fait est suspendu par rapport aux autres. L’Église fournit la juridiction tant que l’hérétique n’est pas prouvé notoire de fait.

Dieu pardonne les péchés par la contrition que quand il n’y a pas de prêtres possibles

La contrition inclut le désir de se confesser, car on ne peut pas être contrit sans désir de se confesser. Dieu ne pardonne pas les péchés par la contrition quand il y a des prêtes possibles et qu’on refuse de se confesser.

En ces temps, les prêtres hérétiques publics peuvent être approchés pour la réception du sacrement de pénitence (confession), tant qu’ils ne sont pas notoires de fait prouvés c’est-à-dire tant qu’ils ne sont pas imposants avec leurs hérésies, ou considèrent non catholiques ceux qui refusent les hérésies de baptême de désir, de sang, salut pour ignorance invincible, âme de l’Église hors du corps, planification familiale naturelle ou contrôle naturel des naissances, etc.

Les sacrements sont possibles quand les hérétiques sont publics mais pas quand ils sont notoires de fait. L’hérétique public est excommunié automatiquement pour lui-même mais pas par rapport aux autres, par son hérésie, c’est-à-dire par son obstination hérétique qui consiste à nier obstinément la vérité de la foi qu’il connait. L’hérétique notoire est excommunié automatiquement pour lui-même et par rapport aux autres, et donc ne peut pas être approché pour les sacrements.

Par la contrition, Dieu pardonne les péchés et donc l’âme retrouve l’état de grâce avant la réception du sacrement, quand aucun prêtre est possible mais pas quand un prêtre est possible et qu’on ne le fait pas. Cela signifie que la contrition sans le sacrement ne redonne pas l’état de grâce quand un prêtre est possible et qu’on refuse de recevoir le sacrement. Celui qui croit qu’il n’y a pas de prêtre possible quand il y en a, n’a pas l’état de grâce avec la contrition. Mais par contre celui qui croit que les prêtres hérétiques publics sont possibles et qu’il n’en trouve pas, Dieu lui pardonnera les péchés par la contrition (incluant le désir de se confesser en temps opportun, c’est-à-dire quand un prêtre est possible). La contrition indique nécessairement le désir de se confesser.

Les schismatiques qui refusent les sacrements d’hérétiques publics et pas notoires n’ont pas leurs péchés de pardonner par la contrition, car ils pèchent mortellement contre l’unité de l’Église.

S’il n’y avait pas de prêtre possible, c’est-à-dire même pas de prêtre possible hérétique public, mais que des hérétiques notoires de fait qui sont contraignant avec leur hérésie, il est recommandé de se confesser en  personne et non pas à distance (Cf. P. Pohle/Preuss, Traité dogmatique Vol. III Pénitence, S. 2, n. III) à une personne catholique (non-hérétique) laïque, en laquelle on a confiance pour l’orthodoxie de la doctrine. Cette confession non-sacramentelle – uniquement s’il n’y a pas de prêtre disponible – bien faite diminue la peine, parce que c’est un acte de vertu. Ce type de confession est une aide réelle pour obtenir la grâce de la contrition. Si on ne connaît pas de personne catholique et en laquelle on ait confiance, il faut offrir à Dieu le désir de se confesser à une personne catholique.

Par contre s’il y a des prêtres possibles, c’est-à-dire hérétiques publics, il faut se confesser. Dieu ne pardonnera pas les péchés avec la contrition et le désir de confession seules quand un catholique omet volontairement de se confesser quand il y a un prêtre possible, c’est-à-dire non contraignant avec son hérésie.

Quand le prêtre ordonne au pénitent de faire quelque chose (comme le genre de satisfaction qu’il doit faire pour être absous de ses péchés), le prêtre exerce sa juridiction sur lui. Un prêtre hérétique public est excommunié pour lui-même mais non pas par rapport aux autres. C’est la discipline universelle de l’Église. Par contre un hérétique notoire est excommunié aussi par rapport aux autres, donc il n’a pas de juridiction.

Enseignement de saint Thomas sur la confession non-sacramentelle uniquement quand il n’y a aucun prêtre même hérétique public de possible :

Saint Thomas d’Aquin, Somme Théologique, Partie Suppl., Q. 8, art. 5, réponse au 4 : «quand même on serait forcé de se confesser, on ne se serait pas confessé inutilement la première fois, parce qu’en se confessant à un plus grand nombre de prêtres, on obtient une plus large remise de la peine, soit par suite de la honte de la confession qui est comptée pour une peine satisfactoire, soit d’après le pouvoir des clés. Ainsi on pourrait se confesser tant de fois qu’on fût délivré de la peine temporelle».

Saint Thomas d’Aquin, Somme Théologique, Partie Suppl., Q. 8, art. 1, réponse au 2 : «… la confession et l’absolution … dans lesquels la contrition, avec le dessein de se confesser et le désir de l’absolution, suffit pour les délivrer de la mort éternelle …»

Saint Thomas d’Aquin, Somme Théologique, Partie Suppl., Q. 8, art. 6, réponse au 3 : «… la force sacramentelle de la Pénitence consiste dans la sanctification du ministre. C’est pour cela que celui qui se confesse à un laïc, bien que de son côté il remplisse ce qui appartient à la confession sacramentelle, cependant il n’obtient pas l’absolution sacramentelle. C’est pourquoi ce qui est produit par le mérite et la peine de la confession lui est compté et diminue d’autant la peine temporelle à laquelle il est tenu, mais il n’obtient pas la diminution de cette peine qui résulte du pouvoir des clefs, et c’est pour ce motif qu’il est tenu de se confesser de nouveau à un prêtre [quand il peut le faire]».

Saint Thomas d’Aquin, Somme Théologique, Partie Suppl., Q. 8, art. 2, réponse à la conclusion : «… dans le cas de nécessité, un laïc peut aussi remplacer le prêtre de manière qu’on puisse se confesser à lui ¹».

¹ Note Abbé Drioux, 1854 : Avant saint Thomas et de son temps cet usage était en vigueur. Mais actuellement il n’existe plus… parce que cette espèce de confession n’est nullement de précepte, qu’elle paraîtrait favoriser l’erreur des hérétiques qui prétendent que tout  fidèle est ministre du sacrement.

Saint Thomas d’Aquin, Somme Théologique, Partie Suppl., Q. 8, art. 2, réponse au 1 : «quand la nécessité presse, le pénitent doit faire ce qui le regarde, c’est-à-dire s’exciter à la contrition et se confesser à qui il peut. Ainsi la confession faite à un laïc à défaut de prêtre est sacramentelle d’une certaine manière, quoique le sacrement ne soit pas parfait, parce qu’il manque de ce qui se rapporte au prêtre».

Saint Thomas d’Aquin, Somme Théologique, Partie Suppl., Q. 8, art. 2, réponse au 2 : «quoiqu’un laïc ne soit pas le juge [juridiction] de celui qui se confesse à lui, cependant, en raison de la nécessité, il reçoit absolument le droit de le juger, selon que celui qui se confesse se soumet à lui à défaut de prêtre».

Pas d’absolution sans contrition

Le Concile de Trente ne dit pas qu’on peut être sauvé avec seulement la contrition imparfaite (attrition) avec une absolution sacramentelle. Au contraire, tout ce qu’il dit, c’est que cette attrition (contrition imparfaite) permet de disposer un homme à recevoir le pardon (contrition parfaite) dans le Sacrement de la Confession.

Concile de Trente, sess. 14, chap. 4, sur la contrition, ex cathedra : « La contrition imparfaite [1705], qu’on appelle attritionparce qu’on la conçoit en général ou bien en considérant la laideur du péché ou bien par crainte de l’enfer et des châtiments [mais pas pour Dieu], si elle exclut la volonté de pécher jointe à l’espoir du pardon, le saint concile déclare que non seulement elle ne fait pas de l’homme un hypocrite et un plus grand pécheur [1456], mais qu’elle est aussi un don de Dieu, une impulsion de l’Esprit Saint qui, n’habitant pas encore le pénitent, mais le mouvant seulement, lui vient en aide, pour qu’il prépare pour lui-même le chemin vers la justice. Et bien que sans le sacrement de la pénitence elle [la contrition imparfaite] ne puisse pas par elle-même conduire le pécheur jusqu’à la justificationcependant elle le dispose à obtenir la grâce de Dieu dans le sacrement de la pénitence ».

Comme nous pouvons le voir, le Concile de Trente définit infailliblement que l’attrition ou la contrition imparfaite « dispose le pénitent à obtenir la grâce de Dieu (contrition parfaite ou pardon de ses péchés) dans le sacrement de la Pénitence« Il [le Concile de Trente] n’a jamais dit qu’il [le sacrement] pardonne une personne sans contrition parfaite dans le sacrement de la Pénitence, comme le montrent clairement les mots ci-dessus.

Pour illustrer le point selon lequel l’attrition ne dispose que le pénitent à recevoir quelque chose, supposons que nous changions cette phrase et ajoutions le mot «satisfaction» au lieu du mot « attrition« . Maintenant, la phrase serait comme ceci :

« Et bien que, sans le sacrement de pénitence, elle (satisfaction) ne puisse pas par elle-même mener le pécheur à la justification, cependant elle le dispose à obtenir la grâce de Dieu dans le sacrement de la pénitence« .

Cette phrase signifierait-elle maintenant que ce que tout un chacun a besoin de faire, pour recevoir le pardon de ses péchés dans le sacrement de la Pénitence, est d’accomplir un acte de «satisfaction» ? Bien sûr que non. Ce que toute la citation dit, c’est qu’elle dispose le pénitent à recevoir le pardon dans le sacrement, non pas ce qui est réellement nécessaire pour recevoir le pardon.

Selon le Concile de Trente, le sacrement de la Pénitence est constitué de trois parties – « la contritionla confession et la satisfaction » – et tous ceux qui veulent recevoir le pardon de leurs péchés doivent remplir ces trois conditions – au moins dans le désir s’il ne peuvent pas recevoir le sacrement de Pénitence – afin d’obtenir la justification. Tout ce qu’on a besoin pour recevoir le sacrement de confession est l’attrition, et d’accomplir un acte et la satisfaction pour que celle-ci permette de recevoir une absolution du prêtre – en plus d’être bien disposé – afin d’atteindre la justification. On a besoin de rien de plus que seulement l’attrition pour recevoir le sacrement de la Pénitence mais il faut la contrition avant, pendant ou après la réception du sacrement pour être effectivement absous et si est rempli la satisfaction (mais il demeure ordinairement encore la peine temporelle à expier).

Le Concile de Trente enseigne que la Pénitence, qui est «la contrition, la confession et la satisfaction» sont des parties inséparables du sacrement et qu’elles sont même « OBLIGATOIRES » «pour la rémission pleine et parfaite du péché». Cela signifie que, pour la contrition imparfaite, ceux qui ne sont pas encore justifiés peuvent devenir justifiés en effectuant la pénitence, les bonnes œuvres et les prières afin de parvenir à cette fin – par exemple en faisant la satisfaction de leurs péchés. Ceci s’explique par le Concile de Trente, sess. 14, chap. 3, de la manière suivante :

Pape Jules III, Concile de Trente, sess. 14, chap. 3, sur les parties et les fruits de ce sacrement : «Sont quasi-matière de ce sacrement [de la pénitence] les actes du pénitent lui- même : la contrition, la confession et la satisfaction [1704]. Dans la mesure où ces actes sont requis, parce que D’INSTITUTION DIVINE, CHEZ LE PÉNITENT POUR L’INTÉGRITÉ DU SACREMENT, POUR une PLEINE et PARFAITE rémission des péchésils sont dits pour cette raison PARTIES de la pénitence».

Donc, en faisant pénitence pour ses péchés, en se confessant au prêtre dans la honte, avec le sentiment de tristesse et de honte devant Dieu (que le prêtre représente) et pour avoir offensé Dieu, et par la prière de l’acte de contrition, etc, – toutes ces choses vont faire d’un homme injustifié un justifié – à condition qu’il soit de bonne volonté – et lui donneront la parfaite rémission de ses péchés par Dieu – la rémission de ses péchés qui est une grâce de Dieu (obtenue de Lui et en obéissant à Ses commandements).

Mais nous savons aussi que l’on doit être bien disposé et de bonne volonté pour que les péchés soient pardonnés dans le sacrement car tous ne sont pas absous, même si l’absolution que le prêtre prononce sur le pénitent est valide ou a un effet, les péchés mortels non confessés délibérément sont même un sacrilège dans le sacrement de la Pénitence ; le prêtre peut également refuser une absolution s’il perçoit que le pénitent n’est pas sincère ou non repentant.

Concile de Trente, Session 14 , Chapitre 1 : «Il souffla sur ses disciples, en disant : Recevez le Saint-Esprit, ceux dont vous remettrez les péchés, ils leur seront pardonnés, et ceux dont vous les retiendrez, ils leur seront retenus [Jean 20, 23]».

Ainsi cela prouve absolument que le pardon n’est pas toujours obtenu dans le sacrement – ou lorsque l’on reçoit une absolution – une bonne disposition est absolument nécessaire pour être pardonné et sauvé, et si cela fait défaut, on ne peut pas être véritablement réconcilié avec Dieu que l’on a gravement offensé.

Vous n’êtes pas pardonné sans contrition parfaite, qui est une douleur pour avoir offensé Dieu qui est infiniment charitable et infiniment bon et qui ne mérite pas d’être offensé, plutôt que seulement avec le sentiment d’attrition pour votre propre intérêt ou la crainte des sanctions – comme cela est infailliblement défini par le Conseil de Trente (comme nous allons le voir ci-dessous).

En fait, le pape Léon X et le pape Innocent XI ont même directement condamné l’idée hérétique qui dit que l’on puisse être pardonné et sauvé avec seulement l’attrition ou la contrition imparfaite, et la chose intéressante à propos de ces condamnations, c’est qu’elles ne visent pas seulement les personnes qui n’ont pas encore reçu une absolution, comme si ceux qui avaient reçu une absolution pouvaient être sauvés avec seulement l’attrition – cette théorie fausse et hérétique, dans laquelle beaucoup sont tombés sans le savoir, dit que l’on peut être sauvé avec seulement l’attrition avec une absolution mais pas sans une absolution.

Innocent XI, erreurs diverses sur les questions morales (# 57) 4 mars 1679 :  » Il est probable que la douleur imparfaite naturelle mais honnête pour les péchés suffit »  déclaration condamnée par le pape Innocent XI.

Notez que la proposition ci-dessus, affirmant que «la douleur imparfaite … pour les péchés suffit» a été condamnée.

De même, en l’an 1520, le pape Léon X a condamné la proposition suivante qui affirmait que «la charité imparfaite» est suffisante pour qu’une personne atteigne le salut en passant d’abord par le purgatoire.

Pape Léon X, Exsurge Domine (n° 4), condamnant les erreurs de Martin Luther, 15 juin 1520 : «Pour quelqu’un sur le point de mourir, la charité imparfaite entraîne nécessairement une grande crainte, qui en soi est seule suffisante pour produire la peine du purgatoire, et empêcher l’entrée dans le royaume».  Déclaration condamnée par le pape Léon X

Le même pape a également condamné une autre déclaration de Luther couramment faite par tant de gens aujourd’hui, qui est l’hérésie disant qu’être contrit ou désolé pour ses péchés est une impossibilité.

Pape Léon X, Exsurge Domine (n ° 12), condamnant les erreurs de Martin Luther, 15 juin 1520 :  » Si par impossible [impossibilité] celui qui a avoué n’était pas contrit … si toutefois il croit qu’il a été absous, il est le plus vraiment absous  »  déclaration condamnée par le pape Léon X.

Donc, cette déclaration condamne directement l’idée que la contrition soit une impossibilité. En effet, seul un hérétique dirait que c’est « impossible » de se sentir désolé pour l’amour de Dieu, plutôt que pour la crainte de la peine ou que l’on se damne sans recevoir une absolution quand cela est possible, comme si l’amour de Dieu était une impossibilité pour l’atteindre à une âme qui le veut ! Tous les Saints, ainsi que toutes les autres personnes sauvées n’ont-ils pas tous aimé Dieu et ressenti la douleur d’avoir offensé le bon Dieu plutôt que de craindre l’enfer ou les châtiments ? Bien sûr, ils l’ont eu. Ainsi, c’est possibleet c’est une hérésie de dire que c’est impossible.

Dieu a une connaissance complète et parfaite du passé, du présent et du futur, et Il savait avant la création du monde qu’il y aurait des moments et des lieux où la confession sacramentelle ne serait pas possible. Puisque Dieu est infiniment juste, il n’aurait pas dit que vous devez effectuer un acte de confession sacramentelle pour aller au Ciel, sachant alors qu’en même temps il y aurait des moments et des lieux où la confession sacramentelle ne serait pas possible.

Chaque fois que vous ne pouvez pas aller à la confession pour quelque vraie raison que ce soit (quand les prêtres hérétiques sont notoires de fait, distance irraisonnable, langue différente, etc.), vous devez faire un acte de contrition, qui doit inclure un acte de contrition parfaite, et un désir de recevoir le sacrement dès qu’un prêtre est disponible pour être sauvé, parce que même dans les moments où la Confession sacramentelle n’est pas possible, le désir de recevoir le sacrement de la Pénitence est toujours nécessaire pour le salut, parce que le dogme qui permet de revenir à un état de grâce, sans pouvoir aller à la confession à un prêtre, exige que l’on doive toujours avoir le désir de la confession sacramentelle pour que ses péchés soient remis. Cela est logique puisqu’on ne peut pas concevoir la contrition sans désir de se confesser.

Le sacrement de la Pénitence comprend trois parties – 1) la contrition 2) la confession et 3) la satisfaction – et tous ceux qui veulent recevoir le pardon de leurs péchés doivent remplir ces trois exigences. Quand un pénitent fait un acte de contrition, en disant la prière et l’acte de contrition au prêtre, cette prière doit inclure un acte de contrition parfaite. Si l’on dit cette prière, cela signifie que l’on ne parle pas à tort [pour rien].

La Loi traditionnelle couramment utilisée pour la prière de contrition que l’on peut faire soit à un prêtre, ou directement à Dieu dans le cas où un prêtre n’est pas disponible, contient à la fois un acte de contrition imparfaite et parfaite :

«O mon Dieu, je suis de tout mon cœur désolé de vous avoir offensé, et je déteste tous mes péchés, car je redoute la perte du ciel et les peines de l’enfer [contrition imparfaite ou attrition] ; mais surtout parce qu’ils vous ont offensés, mon Dieu, qui êtes infiniment bon et digne de tout mon amour [contrition parfaite]. Je prends la ferme résolution, avec l’aide de votre grâce, de confesser mes péchés, de faire pénitence, et de modifier ma vie. Amen».

Tant que l’on est vraiment désolé pour l’amour de Dieu quand on fait cet acte de contrition, alors l’acte est appelé parfait. Craindre aussi Dieu ou la peine ne supprime pas le fait que l’on puisse être désolé pour l’amour de Dieu. Et c’est pourquoi tous les saints ont également craint Dieu.

Ainsi, contrairement à ce que certains peuvent croire, la contrition imparfaite est également bénéfique pour l’âme, même s’il n’est pas possible d’être sauvé sans la contrition parfaite, et c’est pourquoi l’attrition est une partie de la contrition, ainsi qu’une partie de la Loi de la prière de Contrition. Le Concile de Trente enseigne que l’attrition se réalise «soit à partir de l’examen de la turpitude du péché ou de la crainte de l’enfer et de la peine», et cela nous montre que l’attrition est tout à fait bénéfique pour l’âme :

Concile de Trente, sess. 14, chap. 4, sur la contrition, ex cathedra : «La contrition imparfaite [1705], qu’on appelle attrition, parce qu’on la conçoit en général ou bien en considérant la laideur du péché ou bien par crainte de l’enfer et des châtiments, si elle exclut la volonté de pécher jointe à l’espoir du pardon, le saint concile déclare que non seulement elle ne fait pas de l’homme un hypocrite et un plus grand pécheur, mais qu’elle est aussi un don de Dieu, une impulsion de l’Esprit Saint qui, n’habitant pas encore le pénitent, mais le mouvant seulement, lui vient en aide, pour qu’il prépare pour lui-même le chemin vers la justice».

Dieu Lui-même a enseigné trois fois au Concile de Trente, une fois dans la quatorzième session et deux fois dans la sixième session, ce que nous avons à faire si la confession n’est vraiment pas possible – mais cela n’est pas valable si elle est possible :

Concile de Trente, session 14, chapitre 4, sur la contrition, 1551, ex cathedra : «il arrive parfois que cette contrition soit rendue parfaite par la charité et réconcilie l’homme avec Dieu avant que ce sacrement ne soit effectivement reçu, il ne faut néanmoins pas attribuer cette réconciliation à cette seule contrition sans le désir du sacrement qui est inclu en elle».

Concile de Trente, Session 6, chapitre 14, sur la justification, 1547, ex cathedra : «… l’absolution par un prêtre, et, de plus, la satisfaction par le jeûne, les aumônes, les prières et autres pieux exercices de la vie spirituelle, non pour remettre la peine éternelle – laquelle est remise en même temps que la faute par le sacrement ou le désir du sacrement -, mais pour remettre la peine temporelle [canon 30] qui, comme l’enseigne l’Écriture sainte, n’est pas toujours totalement remise …».

Concile de Trente, Session 6, chapitre 14, sur la justification, 1547, ex cathedra : «Aussi faut-il enseigner que la pénitence du chrétien après une chute est très différente de la pénitence baptismale. Elle comprend non seulement l’abandon des péchés et leur détestation, ou « un cœur contrit et humilié » [Ps 50, 19], mais aussi la confession sacramentelle de ceux-ci, ou du moins le désir de la faire en temps opportun [dès que possible]».

Le concile de Trente enseigne ainsi directement que l’on peut recevoir le pardon en accomplissant un acte de contrition parfaite lorsque le sacrement de la confession n’est pas possible ; mais, contrairement à beaucoup d’idées fausses et déclarations faillibles, le concile n’a jamais dit que cette loi est « impossible » à réaliser. Donc, le retour de votre âme à un état de grâce quand la Confession sacramentelle n’est pas possible nécessite que l’on fasse un acte de contrition, qui doit inclure un acte de contrition parfaite. La contrition parfaite est la désolation du cœur ou la douleur à cause de l’amour de Dieu ou par charité pour Dieu par vos péchés car ils offensent Dieu ; La contrition imparfaite ou attrition est d’être désolé pour vos péchés à cause de la perte du ciel et des peines de l’enfer.

Compte tenu de cette définition de la contrition parfaite et imparfaite, si l’on sent vraiment la douleur d’avoir offensé Dieu et qu’on a une vraie douleur pour l’amour de Dieu plutôt que de se sentir désolé seulement à cause de la perte du ciel et des peines de l’enfer, etc., alors c’est la définition même de la contrition parfaite selon le concile de trente.

Alors est-ce vraiment « dur » de recevoir la grâce de Dieu si l’on se soucie de Dieu ? De se sentir désolé pour ses péchés, car ils offensent Dieu plutôt que de seulement se sentir désolé pour ses péchés à cause de la perte du ciel et des peines de l’enfer ? Non, pas du tout, mais en réalité, la plupart des gens ne se soucient pas de Dieu, ni ne se soucient d’éviter le péché même le plus petit péché ; donc presque tous les gens sont damnés et ne reçoivent pas cette grâce de Dieu car ils ne l’aiment pas. Que presque tous les gens soient damnés (catholiques ou non) est un fait biblique et est confirmé par tous les saints qui ont pris la parole sur ce sujet.

La confession est cruciale et l’absolution sacramentelle doit être reçue quand elle est possible. Cependant la question de fond porte plutôt sur les personnes vivant une mauvaise vie et qu’ils n’aiment pas assez Dieu, ce qui les rend impossible d’être sauvés.

Cela signifie bien sûr que l’on doit faire tout en son pouvoir pour éviter non seulement le péché mortel, mais aussi le péché véniel. Cela signifie aussi, en fait, n’avoir même jamais une volonté de commettre le moindre péché que l’on sait être un péché coupable ou donner son consentement contre Dieu infiniment bon.

Nous pouvons déduire pourquoi la plupart des gens, en fait, sont damnés

Saint Ambroise  : «La vraie repentance est de cesser de pécher».

C’est un fait certain de la loi naturelle et de la loi divine qui a toujours été enseignée par l’Église et ses Saints, que l’on doive éviter l’occasion prochaine de pécher pour être sauvé et recevoir le pardon de ses péchés de Dieu. Le pape Innocent XI a condamné trois propositions qui niaient cette vérité :

Innocent XI, erreurs diverses sur les questions morales, 2 mars 1679 : «61. Peut parfois être absous celui qui demeure dans une occasion prochaine de pécher qu’il peut et ne veut pas éviter, et même qu’il cherche directement ou délibérément, ou dans laquelle il se jette. – Déclaration condamnée par le pape Innocent XI

Innocent XI, erreurs diverses sur les questions morales, 2 mars 1679 : «62. Une occasion prochaine de pécher ne doit pas être évitée lorsqu’il y a une raison utile ou honnête de ne pas la fuir. – Déclaration condamnée par le pape Innocent XI

Innocent XI, erreurs diverses sur les questions morales, 2 mars 1679 : «63. Il est permis de chercher directement l’occasion prochaine de pécher pour notre bien spirituel ou temporel, ou pour celui du prochain. – Déclaration condamné par le pape Innocent XI

Par exemple, afin d’aider les gens à éviter les occasions de tomber dans le péché, il est nécessaire de surfer sur Internet avec un adblock pour ne pas voir les images des annonces sur divers sites Web afin d’éviter d’innombrables occasions de tomber dans le péché, non seulement des péchés véniels, mais aussi des péchés mortels d’impureté.

Ainsi, beaucoup de gens qui prétendent être catholiques et adorer Dieu et qui désirent le pardon de leurs péchés et entrer au ciel, étrangement ne se soucient pas du tout de cet avis, et ont même choisi de l’ignorer en raison de leur volonté et de leur attachement aux images perverses, impudiques et immodestes. Ainsi, s’ils voulaient vraiment le pardon de leurs péchés et étaient soigneux à propos de Dieu, lui plaire et ne pas l’offenser, ils ne surferaient évidemment pas sur Internet n’importe comment et ne s’exposeraient pas ainsi à d’innombrables mauvaises images de femmes ou d’hommes sensuels les tentant tous les jours de tomber dans des occasions de pécher contre le bon Dieu.

Saint Alphonse de Liguori, La véritable épouse de Jésus-Christ, la mortification des yeux, p. 221 : «Frère Roger, un franciscain de pureté singulière, qui une fois était interrogé sur la raison pour laquelle il était si réservé dans ses rapports avec les femmes, répondit que lorsque les hommes évitent les occasions de pécher, Dieu les préserve ; mais quand ils s’exposent au danger, ils sont juste abandonnés par le Seigneur, et tombent facilement dans certaines transgressions graves».

La plupart des gens ne se soucient pas ou pas assez de Dieu ni ne Le craignent suffisamment pour éviter les occasions prochaines (immédiates ou directes) de péché. Ils ne L’aiment pas plus qu’ils n’aiment leur propre volonté perverse ou l’amour d’eux-mêmes (ils aiment plus leur amour propre que l’amour de Dieu). C’est la cause directe de leur mode de vie indifférent ; c’est la cause qu’ils ne se soucient assez de Dieu de manière à éviter même ce dont ils savent de toute évidence que cela va les conduire dans le péché.

Ainsi la plupart des gens sont condamnés et l’ont toujours été. Alors, la seule raison pour laquelle il serait difficile pour quelqu’un de se faire pardonner ses péchés et d’être sauvé, c’est de ne pas assez aimer Dieu, de ne assez craindre Dieu, ni d’avoir assez confiance en Dieu de tout son cœur, comme de ne pas croire en Lui et de ne pas croire fermement qu’il vous pardonnera si vous faites ce que vous devez faire et pouvez le faire, afin d’obtenir la grâce du pardon et de la persévérance et le salut. Par conséquent, il est difficile d’être sauvé seulement pour les mauvaises âmes – et pas pour les bonnes. 

Voici le mystère : Aimez infiniment plus l’amour de Dieu que votre amour propre. C’est facile parce que Dieu fait miséricorde. C’est le Seigneur Jésus, il aime les hommes, il aime les pécheurs pour les sauver, mais le pécheur endurci et impénitent subira des peines insupportables éternelles.