Vie de la foi dans la grande apostasie actuelle – La Femme ou l’Église au désert

Sommaire

  • Les œuvres de la foi absolument nécessaires au salut

  • La grande apostasie actuelle est un désert spirituel pour accomplir les œuvres de la foi
  • La femme ou l’Église au désert
  • Vie chrétienne
    • Jugement de Dieu
    • Trois degrés
    • Renoncer au monde
    • Renoncer à soi-même
    • Faire pénitence
    • Combat spirituel
    • Suivre Jésus avec l’Évangile

    • Méditer la passion de Jésus-Christ

  • Conclusion

Saint Antoine, abbé, père du désert, apophtegme 25 : «Un temps vient où les hommes seront fous, et quand ils verront quelqu’un qui n’est pas fou, ils s’insurgeront contre lui, disant : « Tu es fou », parce qu’il n’est pas comme eux».

Les œuvres de la foi absolument nécessaires au salut

1 Corinthiens 4, 20 : «Car ce n’est pas dans les paroles que consiste le royaume de Dieu, mais dans la vertu».

Le commentaire de la Vulgate sur 1 Cor. 4, 20 précise : «Le royaume de Dieu : c’est-à-dire la vertu, la perfection chrétienne. Ne consiste pas : n’a pas pour condition d’existence des paroles, plus ou moins éloquentes, mais la foi et la sainteté, qui sont les œuvres de force et de puissance. Comp. Mt 7, 21».

Jacques 2, 17-20, 26 : «La foi, si elle n’a pas les œuvres, est morte en elle-même. Mais dira quelqu’un : Toi, tu as la foi, et moi j’ai les œuvres ; montre-moi ta foi sans les œuvres, et moi je te montrerai ma foi par mes œuvres. Tu crois qu’il n’y a qu’un seul Dieu, tu fais bien ; mais les démons croient aussi, et ils tremblent. Or veux-tu savoir, ô homme vain, que la foi sans les œuvres est morte ? … Comme le corps sans l’esprit est mort, ainsi la foi elle-même sans les œuvres est morte».

La foi sans les œuvres est morte et une foi morte de donne pas le salut. Les œuvres de la foi sont les œuvres morales de justice, miséricorde, et les autres, c’est-à-dire la mise en pratique des vérités de la foi. Il n’y a pas de charité sans la foi. Si la foi ne coopère pas aux œuvres, il ne peut pas y avoir de justification.

Jacques 1, 22-24 : «… pratiquez cette parole, et ne l’écoutez pas seulement, vous trompant vous-mêmes. Car si quelqu’un écoute la parole et ne la pratique pas, celui-là sera comparé à un homme qui regarde dans un miroir le visage qu’il avait en naissant. Il s’est regardé, et s’en est allé, et aussitôt il a oublié comment il était».

Jacques 1, 26-27 : «Si quelqu’un croit être religieux, et ne met pas un frein à sa langue, mais séduit son propre cœur, sa religion est vaine. La religion pure et sans tache devant Dieu le Père, la voici : Visiter les orphelins et les veuves dans leurs afflictions, et se conserver sans être souillé par ce siècle».

«Que celui qui fait l’injustice, la fasse encore ; que celui qui est souillé, se souille encore ; que celui qui est juste, devienne plus juste encore ; que celui qui est saint, se sanctifie encore. Voilà que je viens bientôt, et ma récompense est avec moi, pour rendre à chacun selon ses œuvres». (Ap. 22, 11-12)

Commentaire Vulgate Ap. 22, 11 : «Que celui qui fait l’injustice, la fasse encore, etc. Ce n’est pas une permission ou un conseil donné au méchant de faire le mal, mais une une simple supposition. Le vrai sens est donc : Si l’homme injuste continue ses injustices, il ne tardera pas à en subir la peine ; de même que si celui qui est juste le devient encore davantage, il en recevra bientôt la récompense. Au reste, le verset suivant [v. 12] suffit pour justifier cette interprétation».

Mettre en adéquation sa vie avec sa foi, c’est ce qui compte, ce sont les œuvres de la foi sans lesquelles la foi est morte. C’est cela qui fait dire à Jésus : 

Apocalypse 3, 16 : «Mais parce que tu es tiède, et que tu n’es ni froid ni chaud, je suis près de te vomir de ma bouche».

Œuvres de miséricorde corporelle :

  • Donner à manger à ceux qui ont faim.
  • Donner à boire à ceux qui ont soif.
  • Vêtir ceux qui sont nus.
  • Visiter les malades.
  • Visiter les prisonniers.
  • Loger les pèlerins.
  • Enterrer les morts.

Œuvres de Miséricorde spirituelle :

  • Enseigner les ignorants.
  • Conseiller ceux qui doutent.
  • Réprimander les pécheurs.
  • Consoler les affligés.
  • Pardonner les offenses.
  • Supporter avec patience les importuns.
  • Prier pour les vivants et les morts.

 

La grande apostasie actuelle est un désert spirituel pour accomplir les œuvres de la foi

Le désert de l’apostasie mondiale et générale actuelle est un lieu de mort pour les âmes vraiment chrétiennes ou catholiques, soit un lieu de mort spirituelle pour celles qui ne persévèrent pas ou soit un lieu de mort à soi-même pour vivre avec Dieu.

En ces temps actuels de grande apostasie post-vatican 2, (voir aussi Hérésies pré-vatican 2) la plupart rejettent le Christ et Son Église ou la Révélation divine qui est la Parole de Dieu et la Tradition de l’Église.

Luc 18, 8 : «Quand le Fils de l’homme viendra, pensez-vous qu’il trouve de la foi sur la terre ?»

2 Thessaloniciens 2, 3 : «Il [le jour du Seigneur] ne viendra point, qu’auparavant ne soit venue l’apostasie».

La plupart sont emportés par l’apostasie générale loin de la vraie foi catholique absolument nécessaire au salut, et sont en état de mort spirituelle ; quelques âmes survivent comme des rescapés par la grâce de Dieu.

Le désert est le lieu du combat spirituel contre le monde, la chair et le diable,  et le lieu de rencontre avec Dieu. Dieu mène l’homme au désert par la foi pour mortifier sa nature, le dépouiller de son orgueil, le purifier de ses péchés par la contrition et la pénitence, et lui parler au cœur.

Osée 2, 14, 20 : «A cause de cela, voici que moi, je l’attirerai doucement et l’amènerai dans la solitude, et je parlerai à son cœur. … Et je te prendrai pour mon épouse par la foi, et tu sauras que je suis le Seigneur».

Le désert est le lieu de l’épreuve et aussi le refuge loin du monde damné. Au désert, l’homme se centre sur sa condition mortelle et pécheresse, sur son salut et sur le Christ, dans la crainte de Dieu.

En ces temps actuels d’apostasie généralisée, le monde est un désert pour les âmes catholiques qui ont détaché leur cœur du monde pour suivre Jésus-Christ.

Saint Augustin, sermon sur le psaume 95 : « Que doit donc faire le chrétien ? User du monde, ne pas servir le monde. En quoi cela consiste-t-il ? À posséder, comme si l’on ne possédait pas. C’est ce que dit saint Paul : [I Cor. 7, 29-32 ci-dessous]».

I Corinthiens 7, 29-32 : «… Le temps est court ; il faut que ceux même qui ont des femmes soient comme n’en ayant pas ; Et ceux qui pleurent, comme ne pleurant pas ; ceux qui se réjouissent, comme ne se réjouissant pas : ceux qui achètent, comme ne possédant pas ; Et ceux qui usent du monde, comme s’ils n’en usaient pas ; car elle passe, la figure du monde. Je voudrais que vous fussiez exempts de soucis».

La femme ou l’Église au désert

La femme de la Genèse qui écrasera la tête du serpent, prédite par Dieu, est la Vierge Mère du Christ

Genèse 3, 14-15 : «Le Seigneur Dieu dit au serpent : … Je mettrai des inimitiés entre toi et la femme, entre ta postérité  et sa postérité : Elle te brisera la tête, et toi, tu lui tendras des embûches au talon».

Dieu a Lui-même posé des inimitiés irréconciliables, des haines secrètes, entre la postérité de Satan – les fils de Bélial ou fils des ténèbres ou enfants de l’orgueil, et la postérité de la femme – Jésus-Christ et Son Église. Ainsi, on reconnaîtra la postérité de Satan chez les apostats et hérétiques (et athées, libéraux, païens et faux chrétiens obstinés, etc.) qui refusent obstinément le Christ et Son Église, haïssent et persécutent la postérité de la femme, les enfants de la sainte Église catholique.

La femme d’Apocalypse 12 fait référence à Marie Mère de Dieu et à l’Église

Apocalypse, 11, 19 – 12, 5 : « Alors le temple de Dieu fut ouvert dans le ciel, et l’on vit l’arche de son alliance dans son temple, … Et un grand prodige parut dans le ciel : Une femme revêtue du soleil, ayant la lune sous ses pieds, et sur sa tête une couronne de douze étoiles. Elle était enceinte, et elle criait, se sentant en travail, et elle était tourmentée des douleurs de l’enfantement. Et un autre prodige fut vu dans le ciel : un grand dragon roux, ayant sept têtes et dix cornes, et sur ses sept têtes, sept diadèmes. Or sa queue entraînait la troisième partie des étoiles, et elle les jeta sur la terre ; et le dragon s’arrêta devant la femme qui allait enfanter, afin de dévorer son fils aussitôt qu’elle serait délivrée. Elle enfanta un enfant mâle qui devait gouverner toutes les nations avec une verge de fer ; et son fils fut enlevé vers Dieu et vers son trône.

Commentaire de la Vulgate sur Ap. 12, 1 : «La femme revêtue du soleil, couronnée de douze étoiles et dans le travail de l’enfantement, c’est l’Église. Le soleil dont elle est parée, c’est Notre Seigneur, dont elle partage la gloire et dont elle fait rayonner la lumière dans le monde. Elle a la lune sous ses pieds, pour montrer qu’elle domine toutes les agitations et les vicissitudes de ce monde. Sur sa tête est une couronne de douze étoiles, parce que sa gloire et son autorité lui viennent des douze Apôtres. Elle est dans l’enfantement parce que, parmi tant de persécutions et de martyres, il faut qu’elle donne naissance à un peuple nouveau, le peuple chrétien, destiné à dominer sur les nations infidèles. Ce monde n’est pas sans de grands efforts et sans exciter les soulèvements de l’enfer qu’elle le mettra au monde. Elle sera forcée de se dérober bien des fois  à la rage de Satan ; et sa prudence n’empêchera pas le démon d’entraîner dans le même abîme que lui un certain nombre de chrétiens et de pasteurs. Les saints docteurs ont eu raison d’appliquer cet emblème à la sainte Vierge. Étant la reine de l’Église, Marie doit en posséder tous les dons et en partager toutes les prérogatives. On peut dire que l’idée de l’une et de l’autre se présente ici à la fois».

Pape St Pie X, Ad Diem Illum Laetissimum, 2 février 1904 : «Un grand signe – c’est en ces termes que l’apôtre saint Jean décrit une vision divine – « un grand signe est apparu dans le ciel : une femme, revêtue du soleil, ayant sous ses pieds la lune, et, autour de sa tête, une couronne de douze étoiles » (Apoc. XII, 1). Or, nul n’ignore que cette femme signifie la Vierge Marie, qui, sans atteinte pour son intégrité, engendra notre Chef».

Dans Apocalypse 12, la femme ou l’Église s’enfuit dans le désert

Apocalypse, 12, 6, 13-17 : «Et la femme s’enfuit dans le désert où elle avait un lieu préparé par Dieu, pour y être nourrie mille deux cent soixante jours. … Après que le dragon eut vu qu’il avait été précipité sur la terre, il poursuivit la femme qui avait enfanté l’enfant mâle. Mais les deux ailes du grand aigle furent données à la femme, afin qu’elle s’envolât dans le désert en son lieu, où elle est nourrie un temps et des temps, et la moitié d’un temps, hors de la présence du serpent. Alors le serpent vomit de sa bouche, derrière la femme, de l’eau comme un fleuve, pour la faire entraîner par le fleuve. Mais la terre aida la femme ; elle ouvrit son sein, et elle engloutit le fleuve que le dragon avait vomi de sa bouche. Et le dragon s’irrita contre la femme, et alla faire la guerre à ses autres enfants qui gardent les commandements de Dieu, et qui ont le témoignage de Jésus-Christ».

La femme désigne l’âme pénitente

«Cette femme [Ap. 12, 14] désigne l’âme pénitente au sujet de laquelle le Seigneur dit en Jean : La femme, c’est-à-dire l’âme, sur le point d’accoucher, dans la confession, le péché qu’elle a conçu dans le plaisir, s’attriste et doit s’attrister (Jean 16, 21). A cette femme sont données deux ailes d’aigle. « L’aigle appelé ainsi à cause de sa vue aiguë (acutus) et de son bec (cf Isidore, Etymologiae 12, 7-10) » désigne l’homme juste. L’aigle en effet a une vue très perçante « et lorsque son bec grossit à cause du grand âge, il l’aiguise contre une pierre et ainsi le rajeunit  » (Ps 102, 5). « Pareillement l’homme juste fixe avec la perspicacité de la contemplation, la splendeur du vrai soleil » (cf Grégoire Moralium 31, 47-94). Et si parfois son bec c’est-à-dire l’intensité de son esprit, grossit à cause de quelque péché, de telle sorte qu’il ne peut saisir la nourriture habituelle de la douceur intérieure, aussitôt il l’aiguise contre la pierre de la confession et rajeunit ainsi de la jeunesse de la grâce. C’est pourquoi le prophète dit à son sujet : « comme l’aigle se renouvelle ta jeunesse » (Ps 102, 5).

«Cet aigle possède deux ailes qui sont l’amour et la crainte de Dieu. Le Seigneur dit à leur sujet en Job : « Est-ce avec ton discernement par ta sagesse que l’épervier se recouvre de plumes qu’il déploie ses ailes vers le sud ? « (Job 39, 26). Dans ce passage l’homme et l’épervier désignent l’homme juste. Remarque que l’épervier agit de deux manières : il saisit sa proie avec ses pattes, et n’attrape un oiseau qu’en vol. De même, l’homme juste saisit sa proie avec les pieds de l’amour et n’attrape le bien qu’en volant ; il n’a cure des choses de la terre.

«Le juste se couvre de plumes grâce à la sagesse de Dieu. Les plumes de l’épervier, se sont les pensées droites de l’homme juste, qui grâce à la sagesse de Dieu (saveur) pousse bien ordonnées dans l’âme du juste. En effet au temps tu goûtes de Dieu, autant tu te garnis de plumes ; plus tu éprouves la saveur de sa douceur, plus tu pousses les plumes des bonnes pensées. Cet épervier déploie ses ailes, c’est-à-dire l’amour et la crainte de Dieu, vers le sud, c »est-à-dire vers Jésus-Christ, « qui vient du sud » (cf Habacuc 3, 3), afin d’émettre la chaleur qui entretient et d’y infuser la grâce qui conserve.

«Ces deux ailes sont données à la femme, c’est-à-dire à l’âme du pénitent, afin que par elle, elle s’élève des choses de la terre, et s’envole au désert de la pénitence, dont parle l’Évangile (Math. 4, 1)». (Saint Antoine de Padoue, docteur de l’Eglise – Opus Évangelicum – 1er dimanche de Carême).

En cette grande apostasie de la fin des temps totalement antichrist, l’Esprit-Saint mène son Église au désert pour y être nourrie, dans l’aridité spirituelle, dans le combat spirituel et dans la présence de Dieu. C’est au désert que l’âme rencontre Dieu. La bonté de Dieu féconde l’âme au désert de son cœur. Le désert signifie la solitude avec Dieu. Solitude devant Dieu et ses propres péchés. Les âmes catholiques s’enfuient au désert pour y être nourries spirituellement dans l’amour et la crainte.

Vie chrétienne

Apocalypse 22,11 : «Que celui qui est juste devienne plus juste encore ; que celui qui est saint se sanctifie encore».

Le jugement de Dieu

Le jugement de Dieu est une vérité de foi catholique et une réalité inéluctable qu’il faut avoir devant les yeux à chaque instant pour entretenir la crainte de Dieu et l’humilité nécessaire au salut, et pour éviter le péché mortel.

Philippiens 2, 12 : «opérez votre salut avec crainte et tremblement».

Romains 11, 20 : «Pour toi, tu demeures ferme par ta foi, ne cherche pas à t’élever, mais crains».

Mais «la charité parfaite chasse la crainte, parce que la crainte est accompagnée de peine» (1 Jn 4, 18). La charité est supérieure à la foi et à l’espérance (cf 1 Co 13), mais il n’y a pas de charité sans la vraie foi, car la charité est l’œuvre de la foi. La foi sans les œuvres est morte (voir Jacques 2, 17-20, 26 ci-dessus) et la charité sans la grâce ne donne pas le salut, comme l’enseigne l’Église.

Concile de Trente, canons sur la justification : 1. «Si quelqu’un dit que l’homme peut être justifié devant Dieu par ses œuvres – que celles-ci soient accomplies par les forces de la nature humaine ou par l’enseignement de la loi – sans la grâce divine venant par Jésus-Christ : qu’il soit anathème».

Le plus grand acte de charité qu’on puisse faire est d’amener les autres à la vérité de la foi catholique qui donne la vie et le salut.

Jugement particulier : Dieu par Sa Parole qui est Son Verbe Jésus-Christ, jugera chacun selon ses œuvres à l’heure de sa mort.

Jugement général : Dieu par Sa Parole qui est Son Verbe Jésus-Christ, jugera tous au dernier jour à la résurrection où chaque corps sera réuni à son âme bénie pour la vie éternelle ou à son âme damnée pour l’horreur éternelle.

Matthieu 25, 31-34, 41, 46 : «… quand le Fils de l’homme viendra dans sa majesté, et tous les anges avec lui, alors il s’assiéra sur le trône de sa majesté. Et toutes les nations seront rassemblées devant lui, et il les séparera les uns d’avec les autres, comme le pasteur sépare les brebis d’avec les boucs ; Et il placera les brebis à sa droite et les boucs à sa gauche. Alors le rois dira à ceux qui seront à sa droite : Venez les bénis de mon père ; possédez le royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde … il dira aussi à ceux qui seront à sa gauche : Allez loin de moi, maudits, au feu éternel, qui a été préparé au diable et à ses anges ; … Et ceux-ci s’en iront à l’éternel supplice, et les justes dans la vie éternelle».

Jean 12, 48 : «Celui qui me méprise et ne reçoit pas mes paroles, a qui le juge : la parole que j’ai annoncée sera elle-même son juge au dernier jour».

Romains 14, 10 : «Nous paraîtrons tous devant le tribunal du Christ».

2 Corinthiens 5, 10 : «Car nous devons tous comparaître devant le tribunal du Christ, afin que chacun reçoive ce qui est dû à son corps, selon ce qu’il a fait ou de bien ou de mal».

Concile de Constantinople I, 381, ex cathedra : «Je crois … en … Jésus-Christ … qui … reviendra en gloire juger les vivants et les morts…»

Pape Vigile, Dum in sanctae, lettre à l’ensemble du peuple de Dieu, 5 fév. 552, ex cathedra : «… nous prêchons, tenons et proclamons cette foi qui a été transmise par les apôtres et gardée inviolée par leur successeurs … qu’ont publiés ensuite les trois saints synode … de Constantinople… d’Éphèse… de Chalcédoine … il [le Fils de Dieu] viendra juger les vivants et les morts».

Pape Pélage Ier, Humani generis, 3 fév. 557 : «Je crois et je professe… que de même qu’il [Dieu le Fils engendré] est monté aux cieux, il viendra juger les vivants et les morts. Tous les hommes en effet qui sont nés et qui sont morts depuis Adam jusqu’à la consommation des siècles, avec Adam lui-même et sa femme qui ne sont pas nés d’autres parents mais qui ont été créés, l’un de la terre, l’autre de la côte de l’homme [Gn 2, 7 ; 22 ], je professe qu’ils ressusciteront alors et qu’ils se tiendront « devant le tribunal du Christ, afin que chacun reçoive ce qui est dû à son corps, selon ce qu’il a fait ou de bien ou de mal » [Rm 14, 10 ; 2 Co 5, 10] ; et les justes, comme des « vases de miséricorde préparés pour la gloire » [Rm 9, 23], il les récompensera par la grâce surabondante de Dieu avec les récompenses de la vie éternelle, et ils vivront sans fin dans la société des anges, sans crainte aucune de retomber ; quant aux impies qui, par le choix de leur propre volonté, demeurent comme des « vases de colère, destinés à la perdition » [Rm 9, 22], qui soit n’ont pas reconnu la voix du Seigneur, soit l’ont reconnue mais l’ont abandonnée à nouveau parce que séduits par des transgressions de toutes sorte, il les livrera par son très juste jugement aux peines du feu éternel et inextinguible afin qu’ils brûlent sans fin…»

Pape Eugène IV, Concile de Florence, session 8, 22 nov. 1439 ex cathedra : «Nous présentons … cette règle de foi énoncée par le très bienheureux Athanase… : Quiconque veut être sauvé doit, avant tout, tenir la foi catholique : s’il ne la garde pas entière et pure, il périra sans aucun doute pour l’éternité. Voici la foi catholique : … il [notre Seigneur Jésus-Christ] viendra juger les vivants et les morts. À sa venue, tous les hommes ressusciteront avec leurs corps et rendront compte de leurs propres actes : ceux qui ont bien agi iront dans la vie éternelle, ceux qui ont mal agi, au feu éternel. Telle est la foi catholique : si quelqu’un n’y croit pas fidèlement et fermement, il ne pourra être sauvé».

Concile de Trente, session III, Réception du symbole de foi catholique, 4 fév. 1546 ex cathedra (décrétales 662) : «…symbole de foi qu’utilise la sainte Église romaine comme étant le principe dans lequel se retrouvent nécessairement tous ceux qui professent la foi du Christ, et l’unique et ferme fondement contre lequel les portes de l’enfer ne prévaudront jamais [Mat 16, 18], en reprenant les mots avec lesquels il est dit dans toutes les églises : … Il [Seigneur Jésus-Christ] reviendra dans la gloire pour juger les vivants et les morts

Pape Pie IV, Profession de foi catholique tridentine, Bulle Iniunctum nobis, 13 novembre 1564 ex cathedra : «… je crois et je professe d’une foi ferme tous et chacun des articles contenus dans le symbole de foi [de Constantinople I] dont se sert l’Église romaineil [Seigneur Jésus-Christ] reviendra en gloire juger les vivants et les morts».

Trois degrés

I – D’abord la vie purgative ou l’état des commençants :

1) Ceux qui ont à purifier leur âme des péchés qu’elle a commis = purification du cœur par la crainte de Dieu, la contrition et la confession ;

2) et qui ont à purifier leur âme des mauvaises habitudes qu’elle a contractées = purification de l’intelligence par la foi ;

3) et qui ont à purifier leur âme des penchants qui l’entraînent vers le mal = purification de la volonté par l’obéissance.

II – Ensuite la vie illuminative ou l’état d’accroissement :

1) Ce sont les âmes qui ont déjà brisé l’orgueil de leurs propres passions = dominer la chair ;

2) et qui s’abstiennent facilement de toute faute mortelle = éviter toute espèce de péché ;

3) et s’appliquent avec courage à la pratique des vertus théologales et morales = vaincre le monde et le démon.

Cependant, à cause de leurs passions et de leurs appétits pas encore assez domptés ni soumis, ces âmes ne peuvent pas toujours éviter les péchés véniels.

Cet état correspond à la vie illuminative qui s’occupe entièrement à détruire les inclinations perverses et s’exerce autant que possible aux vertus solides.

III – Enfin la vie unitive ou l’état de perfection :

1) Ce sont ceux qui, ayant maîtrisé entièrement leurs passions = l’humilité ;

2) et s’abstiennent facilement de tout péché, soit mortel soit véniel = la sagesse divine ;

3) et font avec joie des actes de charité = la charité parfaite.

Cet état n’est rien autre chose que la vie unitive qui nous donne la paix avec le bonheur d’aimer Dieu d’un amour facile et généreux (Scarannelli, Méthode de direction).

Ainsi l’âme s’élève successivement par trois degrés hiérarchiques à la ressemblance des trois Personnes divines, source de toute pureté (vie purgative avec l’Esprit-saint), de toute lumière (vie illuminative avec le Verbe) et de toute perfection (vie unitive avec le Père).

Pour réussir dans une telle œuvre, il nous faut renoncer au monde, renoncer à soi-même, et faire une pénitence nécessaire.

Renoncer au monde

La vie chrétienne et l’esprit du monde sont absolument inconciliables. On ne peut pas prétendre être chrétien tout en n’ayant pas totalement renoncé à l’esprit du monde, sans être dans le mensonge.

Le pape saint Léon le Grand dénonçait au cinquième siècle la corruption du monde à ce point
qu’il devenait comme nécessaire, disait-il, que même les cœurs religieux en soient souillés, sinon par sa boue, du moins par sa poussière (Necesse est de mundano pulvere etiam religiosa corda sordescere – Serm. 4 de Quadrag.).
Le monde et son esprit de jouissance est opposé à Jésus-christ et son esprit de pénitence.
Le monde et son esprit de possession est opposé à Jésus-Christ et son esprit de détachement.
Le monde et son esprit d’orgueil est opposé à Jésus-christ et son esprit d’humilité.
I Jean 2, 15-16 : «N’aimez point le monde, ni ce qui est dans le monde. Si quelqu’un aime le monde, la charité du Père n’est pas en lui. Parce que tout ce qui est dans le monde est convoitise [concupiscence] de la chair, convoitise des yeux, orgueil de la vie ; cela ne vient pas du Père, mais du monde».
La fausse sagesse du monde se divise en sagesse terrestre, charnelle et diabolique selon saint Jacques : Non est ista sapientia desursum descendens, sed terrena, animalis, diabolica (Jc 3, 15).
Jacques 3, 15 : «Ce n’est point là la sagesse qui vient d’en haut, mais une sagesse terrestre, animale [charnelle], diabolique».
La fausse sagesse du monde est fille de la triple concupiscence – des biens, de la chair et de l’esprit, pleinement adulée et satisfaite.
La sagesse terrestre est l’amour désordonné des biens de ce monde.
La sagesse charnelle est l’amour des plaisirs des sens.
La sagesse diabolique est la recherche passionnée de l’estime, des honneurs et dignités, de tout ce qui peut assouvir l’orgueil humain.
Saint L-M de Montfort, L’Amour de la Sagesse éternelle, L’élection de la vraie Sagesse, chap. 7, § 74-89 : «74. Dieu a sa Sagesse ; et c’est l’unique et véritable qui doive être aimée et recherchée comme un grand trésor. Mais le monde corrompu a aussi sa sagesse, et elle doit être condamnée et détestée comme mauvaise et pernicieuse. Les philosophes ont aussi leur sagesse; et elle doit être méprisée comme inutile, et souvent comme dangereuse au salut. Nous avons jusqu’ici parlé de la Sagesse de Dieu aux âmes parfaites, comme dit l’Apôtre ; mais, de peur qu’elles ne soient trompées par le faux brillant de la sagesse mondaine, montrons-en l’imposture et la malignité.
[1. La sagesse mondaine]
«75. La sagesse mondaine est celle dont il est dit : Perdam sapientiamn sapientium 1 Corint. : je perdrai la sagesse des sages selon le monde. Sapientia carnis inimica est Deo, Rom. 8 : la sagesse de la chair est ennemie de Dieu. Non est ista sapientia desursum descendens, sed terrena, animalis, diabolica, Jacq., 3, 15 : cette sagesse ne vient pas du ciel, mais c’est une sagesse terrestre, animale et diabolique. Cette sagesse du monde est une conformité parfaite aux maximes et aux modes du monde ; c’est une tendance continuelle vers la grandeur et l’estime ; c’est une recherche continuelle et secrète de son plaisir et de son intérêt, non pas d’une manière grossière et criante, en commettant quelque péché scandaleux, mais d’une manière fine, trompeuse et politique, autrement ce ne serait plus selon le monde une sagesse, mais un libertinage.
«76. Un sage du siècle est un homme qui sait bien faire ses affaires, et faire réussir tout à son avantage temporel, sans quasi paraître vouloir le faire ; qui sait l’art de déguiser et de tromper finement sans qu’on s’en aperçoive; qui dit ou fait une chose et pense l’autre; qui n’ignore rien des airs et des compliments du monde ; qui sait s’accommoder à tous pour en venir à ses fins, sans se mettre beaucoup en peine de l’honneur et de l’intérêt de Dieu ; qui fait un secret mais funeste accord de la vérité avec le mensonge, de l’Évangile avec le monde, de la vertu avec le péché, de Jésus-Christ avec Bélial ; qui veut passer pour un honnête homme, mais non pas pour un dévôt ; qui méprise, empoisonne ou condamne aisément toutes les pratiques de piété qui ne s’accommodent pas avec les siennes. Enfin, un sage mondain est un homme qui, ne se conduisant que par la lumière des sens et de la raison humaine, ne cherche qu’à se couvrir des apparences de chrétien et d’honnête homme, sans se mettre beaucoup en peine de plaire à Dieu ni d’expier, par la pénitence, les péchés qu’il a commis contre sa divine Majesté.
«77. La conduite de ce sage du monde est fondée sur le point d’honneur, sur le « qu’endira-t-on », sur la coutume, sur la bonne chère, sur l’intérêt, sur le grand air, sur le mot à rire. Ce sont là les sept mobiles innocents, comme il croit, sur quoi il se tient appuyé pour mener une vie tranquille.
Il a des vertus particulières qui le font canoniser des mondains, comme la bravoure, la finesse, la politique, le savoir-faire, la galanterie, la politesse, l’enjouement. Il prend pour des péchés considérables l’insensibilité, la bêtise, la pauvreté, la rusticité, la bigoterie.
«78. Il suit le plus fidèlement qu’il peut les commandements que le monde lui a faits :
Tu sauras bien le monde ;
Tu vivras en honnête homme ;
Tu feras bien tes affaires ;
Tu conserveras ce qui t’appartient ;
Tu sortiras de la poussière ;
Tu te feras des amis ;
Tu hanteras le beau monde ;
Tu feras bonne chère ;
Tu n’engendreras point de mélancolie ;
Tu éviteras la singularité, la rusticité, [la] bigoterie.
«79. Jamais le monde n’a été si corrompu qu’il l’est, parce que jamais il n’a été si fin, si sage à son sens, ni si politique. Il se sert si finement de la vérité pour inspirer le mensonge, de la vertu pour autoriser le péché, et des maximes mêmes de Jésus-Christ pour autoriser les siennes, que les plus sages selon Dieu y sont souvent trompés. Le nombre de ces sages selon le monde, ou de ces fols selon Dieu, est infini : Stultorum infinitus est numerus [Qo. 1, 13].
«80. La sagesse terrestre, dont parle saint Jacques, est l’amour des biens de la terre. C’est de cette sagesse dont les sages du monde font une profession secrète, quand ils attachent leur coeur à ce qu’ils possèdent ; quand ils tâchent de devenir riches ; quand ils intentent des procès et font des chicanes inutiles pour les avoir ou pour les conserver ; quand ils ne pensent, ils ne parlent, ils n’agissent la plus grande partie du temps que dans la vue d’avoir ou de conserver quelque chose de temporel, ne s’appliquant à faire leur salut et aux moyens de le faire, comme la confession, la communion, l’oraison, etc., qu’à la légère, par manière d’acquit, par intervalles et pour sauver les apparences.
«81. La sagesse charnelle est l’amour du plaisir. C’est de cette sagesse dont les sages du siècle font profession quand ils ne cherchent que les plaisirs des sens ; quand ils aiment la bonne chère ; quand ils éloignent de soi tout ce qui peut mortifier ou incommoder le corps, comme les jeûnes, les austérités, etc. ; quand ils ne pensent plus ordinairement qu’à boire, qu’à manger, qu’à jouer, qu’à rire, qu’à se divertir et qu’à passer agréablement son temps; quand ils recherchent les lits mollets, les jeux divertissants, les festins agréables et les belles compagnies. Et, après que sans scrupules ils ont pris tous ces plaisirs qu’ils ont pu prendre sans déplaire au monde et sans incommoder leur santé, ils cherchent le confesseur le moins scrupuleux (c’est ainsi qu’ils nomment les confesseurs relâchés qui ne font pas leur devoir), afin d’avoir de lui, à bon marché, la paix dans leur vie molle et efféminée et l’indulgence plénière de tous leurs péchés. Je dis : à bon marché ; car ces sages selon la chair ne veulent ordinairement pour pénitence que quelques prières ou quelques aumônes, haïssant ce qui peut affliger le corps.
«82. La sagesse diabolique est l’amour et l’estime des honneurs. C’est de cette sagesse dont les sages du siècle font profession quand ils aspirent, quoique secrètement, aux grandeurs, aux honneurs, aux dignités et aux emplois relevés ; quand ils recherchent à être vus, estimés, loués et applaudis des hommes; quand ils n’envisagent, dans leurs études, dans leurs travaux, dans leurs combats, dans leurs paroles et dans leurs actions, que l’estime et la louange des hommes, pour passer pour des personnes dévotes, pour des gens savants, pour des grands capitaines, pour des savants jurisconsultes, pour des gens d’un mérite infini et distingué ou de grande considération ; quand ils ne peuvent souffrir qu’on les méprise et qu’on les blâme ; quand ils cachent ce qu’ils ont de défectueux et font montre de ce qu’ils ont de beau.
«83. Il faut, avec notre Seigneur Jésus la Sagesse incarnée, détester et condamner ces trois sortes de sagesse fausse pour acquérir la véritable: qui ne cherche point son propre intérêt, qui ne se trouve point dans la terre et dans le cœur de ceux qui vivent à leur aise, et qui a en abomination tout ce qui est grand et relevé devant les hommes.
[2. La sagesse naturelle]
«84. Outre cette sagesse mondaine, qui est condamnable et pernicieuse, il y a une sagesse naturelle parmi les philosophes. C’était cette sagesse naturelle que les Égyptiens et les Grecs recherchaient autrefois avec tant d’empressement : Graeci sapientiam quaerunt. Ceux qui avaient acquis cette sagesse étaient appelés mages ou sages. Cette sagesse est une connaissance éminente de la nature dans ses principes. Elle fut communiquée en plénitude à Adam dans son innocence ; elle fut donné en abondance à Salomon, et dans la suite des temps quelques grands hommes en ont reçu quelque partie, comme l’histoire nous apprend.
«85. Les philosophes vantent leurs arguments de philosophie comme un moyen d’acquérir cette sagesse. Les chimistes vantent les secrets de leur cabale pour trouver la pierre philosophale, dans laquelle ils s’imaginent que cette sagesse est renfermée. À la vérité, la philosophie de l’École, étudiée bien chrétiennement, ouvre l’esprit et le rend capable des sciences supérieures ; mais elle ne donnera jamais cette prétendue sagesse naturelle si vantée dans l’antiquité.
«86. La chimie ou alchimie, ou la science de dissoudre les corps naturels et de les résoudre à leurs principes, est encore plus vaine et plus dangereuse. Cette science, quoique véritable en elle-même, a dupé et trompé une infinité de gens, par rapport à la fin qu’ils se proposaient; et je ne doute point, par l’expérience que j’en ai moi-même, que le démon ne s’en serve aujourd’hui pour faire perdre l’argent et le temps, la grâce et l’âme même, sous prétexte de trouver la pierre philosophale. Il n’y a point de science qui propose l’exécution de plus grandes choses, et par des moyens plus apparents.
Cette science promet la pierre philosophale, ou une poudre qu’ils nomment de projection qui, jetée en quelque métal que ce soit, s’il est fondu, le change en argent ou en or, qui donne la santé, qui guérit les maladies, qui même prolonge la vie, et qui opère une infinité de merveilles qui passent chez les ignorants pour divines et miraculeuses.
Il y a une bande de gens qui se disent savants en cette science, qu’on nomme cabalistes, qui gardent les mystères de cette science si cachés qu’ils aimeraient mieux perdre la vie que de révéler leurs prétendus secrets.
«87. Ils autorisent ce qu’ils disent :
1. Par l’histoire de Salomon qu’ils assurent avoir reçu le secret de la pierre philosophale, et dont ils vantent un livre secret, mais faux et pernicieux, nommé la Clavicule de Salomon.
2. Par l’histoire d’Esdras, à qui Dieu donna à boire une liqueur céleste qui lui donna la Sagesse, comme il est marqué dans le livre d’Esdras.
3. Par les histoires de Raymond Lulle et de plusieurs autres grands philosophes qu’ils assurent avoir trouvé cette pierre philosophale.
4. Enfin, pour mieux couvrir du manteau de la piété leurs tromperies, ils disent que c’est un don de Dieu, qu’il ne donne qu’à ceux qui l’ont longtemps demandé et qui l’ont mérité par leurs travaux et par leurs prières.
«88. Je vous ai rapporté les rêveries ou les illusions de cette science vaine, afin qu’on n’y soit pas trompé comme tant d’autres, car j’en sais qui, après avoir fait plusieurs dépenses inutiles et perdu beaucoup de temps à chercher ce secret, sous les plus beaux et pieux prétextes du monde, et de la manière la plus dévote, ont été enfin obligés de s’en repentir, en avouant leurs tromperies et leurs illusions. Je ne conviens pas que la pierre philosophale soit possible. Le savant Delrio l’assure et la prouve possible ; d’autres la nient. Quoi qu’il en soit, il n’est pas convenable et il est même dangereux qu’un chrétien s’applique à la chercher. C’est faire injure à Jésus-Christ, la Sagesse incarnée, dans lequel sont tous les trésors de la Sagesse et de la science de Dieu, tous les biens de la nature, de la grâce et de la gloire. C’est désobéir au Saint-Esprit qui dit : « Altiora te ne quaesieris, Eccli 3 : Ne cherchez point ce qui est au-dessus de vos forces » [Si 3,22].
[3. Conclusion]
«89. Demeurons-en donc à Jésus-Christ, la Sagesse éternelle et incarnée, hors duquel il n’y a qu’égarement, que mensonge et que mort : Ego sum via, veritas et vita [«Moi je suis la voie, la vérité et la vie» – Jn 14, 6]».

 

Renoncer à soi-même

La connaissance de soi et le renoncement à soi sont absolument indispensables pour pouvoir suivre Jésus-Christ. Le renoncement à soi n’est pas une fin en soi, mais un moyen afin de recevoir la lumière divine. Pour se renoncer, il faut se connaître, et il faut prier Dieu pour se connaître. Il n’est pas possible de recevoir la lumière divine sans d’abord mourir à soi-même.

Saint L-M de Montfort, Traité de la vraie dévotion, n° 78-81 : «78. Troisième vérité. Nos meilleures actions sont ordinairement souillées et corrompues par le mauvais fond qui est en nous. Quand on met de l’eau nette et claire dans un vaisseau qui sent mauvais, ou du vin dans une pipe (Pipe, ancienne mesure de capacité très variable employée dans le commerce des liquides) dont le dedans est gâté par un autre vin qu’il y a eu dedans, l’eau claire et le bon vin en est gâté et prend aisément la mauvaise odeur. De même, quand Dieu met dans le vaisseau de notre âme, gâté par le péché originel et actuel, ses grâces et rosées célestes ou le vin délicieux de son amour, ses dons sont ordinairement gâtés et souillés par le mauvais levain et le mauvais fond que le péché a laissé en nous ; nos actions, même des vertus les plus sublimes, s’en sentent. Il est donc d’une très grande importance, pour acquérir la perfection, qui ne s’acquiert que par l’union à Jésus-Christ, de nous vider de ce qu’il y a de mauvais en nous : autrement, Notre-Seigneur, qui est infiniment pur et qui hait infiniment la moindre souillure dans l’âme, nous rejettera de devant ses yeux et ne s’unira point à nous.
«79. Pour nous vider de nous-mêmes, il faut, premièrement, bien connaître, par la lumière du Saint-Esprit, notre mauvais fond, notre incapacité à tout bien utile au salut, notre faiblesse en toutes choses, notre inconstance en tout temps, notre indignité de toute grâce, et notre iniquité en tout lieu. Le péché de notre premier père nous a tous presque entièrement gâtés, aigris, élevés et corrompus, comme le levain aigrit, élève et corrompt la pâte où il est mis. Les péchés actuels que nous avons commis, soit mortels, soit véniels, quelque pardonnés qu’ils soient, ont augmenté notre concupiscence, notre faiblesse, notre inconstance et notre corruption, et ont laissé de mauvais restes dans notre âme. Nos corps sont si corrompus, qu’ils sont appelés par le Saint-Esprit (Rom, 6, 6 – Ps. 50, 7) corps du péché, conçus dans le péché, nourris dans le péché et capable de tout, corps sujets à mille et mille maladies, qui se corrompent de jour en jour, et qui n’engendrent que de la gale, de la vermine et de la corruption.
«Notre âme, unie à notre corps, est devenue si charnelle, qu’elle est appelée chair : Toute chair avait corrompu sa voie (Gn 6,12). Nous n’avons pour partage que l’orgueil et l’aveuglement dans l’esprit, l’endurcissement dans le cœur, la faiblesse et l’inconstance dans l’âme, la concupiscence, les passions révoltées et les maladies dans le corps. Nous sommes naturellement plus orgueilleux que des paons, plus attachés à la terre que des crapauds, plus vilains que des boucs, plus envieux que des serpents, plus gourmands que des cochons, plus colères que des tigres et plus paresseux que des tortues, plus faibles que des roseaux, et plus inconstants que des girouettes. Nous n’avons dans notre fond que le néant et le péché, et nous ne méritons que l’ire de Dieu et l’enfer éternel (Montfort parle de notre néant et de notre impuissance dans l’ordre surnaturel sans le secours de la grâce. (Voir en effet plus loin, n°83 : «Notre fond…, étant si corrompu, si nous nous appuyons sur nos propres travaux…, pour arriver à Dieu…»).
«80. Après cela, faut-il s’étonner si Notre-Seigneur a dit que celui qui voulait le suivre devait renoncer à soi-même et haïr son âme ; que celui qui aimerait sa vie la perdrait et que celui qui la haïrait la sauverait ? (S. Jean 12, 25). Cette Sagesse infinie, qui ne donne pas des commandements sans raison, ne nous ordonne de nous haïr nous-mêmes que parce que nous sommes grandement dignes de haine : rien de si digne d’amour que Dieu, rien de si digne de haine que nous-mêmes.
«81. Secondement, pour nous vider de nous-mêmes, il faut tous les jours mourir à nous-mêmes : c’est-à-dire qu’il faut renoncer aux opérations des puissances de notre âme et des sens du corps, qu’il faut voir comme si on ne voyait point, entendre comme si on n’entendait point, se servir des choses de ce monde comme si on ne s’en servait point (1 Cor. 7, 29-31), ce que saint Paul appelle mourir tous les jours : Cotidie morior ! (1 Co 15, 31). Si le grain de froment tombant en terre ne meurt, il demeure terre et ne produit point de fruit qui soit bon : Nisi granum frumenti cadens in terram mortuum fuerit, ipsum solum manet (Jean 12, 24-25). Si nous ne mourons à nous-mêmes, et si nos dévotions les plus saintes ne nous portent à cette mort nécessaire et féconde, nous ne porterons point de fruit qui vaille, et nos dévotions nous deviendront inutiles, toutes nos justices (Expression biblique, traduite littéralement en français et équivalent à : «œuvres de justice») seront souillées par notre amour-propre et notre propre volonté, ce qui fera que Dieu aura en abomination les plus grands sacrifices et les meilleures actions que nous puissions faire ; et qu’à notre mort nous nous trouverons les mains vides de vertus et de mérites, et que nous n’aurons pas une étincelle du pur amour, qui n’est communiqué qu’aux âmes dont la vie est cachée avec Jésus-Christ en Dieu (Coloss. 3, 3)».

 

Faire pénitence

La vie chrétienne est une pénitence perpétuelle.

Pape Jules III, Concile de Trente, 14ème session, 1551, ex cathedra : «toute la vie chrétienne, qui doit être une pénitence perpétuelle [St Thomas, Summa contra gentiles IV, 73 ; Leonina 15, 234a 18 ; Parme 5, 365b]».

La pénitence comprend :

  • Le repentir des péchés : regret sincère des offenses faites à Dieu ;
  • L’attrition  : désolation de ses péchés par crainte des châtiments ;
  • La contrition : désolation de ses péchés par amour de Dieu, vraie détestation de ses péchés qui fait qu’on préférerait mourir que de les commettre, et amendement de vie.
  • La satisfaction : action de  réparer la faute par la conversion et la vie nouvelle selon l’Évangile, et également par des pratiques de pénitence, le jeûne, la mortification et la prière ;
  • L’expiation des péchés : satisfaction pleine et entière des dettes dues aux péchés.

Ézéchiel 18, 21 : «Mais si l’impie fait pénitence de tous ses péchés qu’il a commis, et qu’il garde tous mes préceptes, et qu’il accomplisse le jugement et la justice, il vivra de la vie et ne mourra point».

Ézéchiel 33, 14-16, 19 : «Mais si je dis à l’impie : Tu mourras de mort, et qu’il fasse pénitence de son péché, et qu’il accomplisse le jugement et la justice ; Et que cet impie rende la gage qu’on lui avait confié, et qu’il restitue ce qu’il avait enlevé, et qu’il marche dans les commandements de la vie, et qu’il ne fasse rien d’injuste, il vivra de la vie et il ne mourra pas. Tous ses péchés qu’il a commis ne lui seront point imputés ; il a accompli le jugement et la justice, il vivra de la vie. … Et lorsque l’impie se sera écarté de son impiété, qu’il aura accompli le jugement et la justice, il y vivra».

La pénitence vient d’un cœur humble qui a renoncé à ses péchés et offre un Dieu un cœur contrit et humilié.

Psaume 50, 19 : «Le sacrifice que Dieu désire est un esprit brisé de douleur : vous ne dédaignerez pas, ô Dieu, nu cœur contrit et humilié».

L’âme pénitente ou vraiment repentante ne retombera pas dans ses péchés car la pénitence c’est quitter son péché.

Matthieu 3, 8 : «Faites donc de dignes fruits de pénitence».

Marc 1, 15 : «faites pénitence».

Luc 13, 3 : «Mais si vous ne faites pénitence, vous périrez tous».

L’âme pénitente se renonce ou mortifie sa nature pour porter sa croix pour suivre Jésus-Christ

Matthieu 16, 24 : «Alors Jésus dit à ses disciples : Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il porte sa croix et me suive…»

Matthieu 10, 38 : «Et qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas, n’est pas digne de moi».

Luc 14, 27 : «Et qui ne porte point sa croix et ne me suit point, ne peut être mon disciple».

 La pénitence sert à :

  • faire mourir le vieil homme afin de ne pas entraver la vie de la grâce ;
  • expier les péchés pour payer la justice divine ;
  • prévenir les chutes afin de pouvoir résister dans la tentation ;
  • porter sa croix afin de suivre Jésus.

Porter sa croix en murmurant, en rechignant, et par mauvaise volonté, c’est porter la croix du démon. Porter sa croix en l’embrassant, c’est renoncer à soi, c’est renoncer à sa nature, c’est le chemin du salut à travers les épreuves/circonstances de la vie qui sont les croix que Dieu nous donne et qu’on ne choisit pas.

 

Combat spirituel

I – La mortification = Briser l’orgueil des passions.

Les passions sont les inclinations de la nature humaine qui se sont révoltées contre la grâce lors du péché originel, un état déchu commun à tout homme. La maîtrise des passions est impossible sans la grâce surnaturelle et bien qu’elles ne sont pas le péché, elles entraînent le péché. St Thomas dénombre onze passions (Somme, Ia IIae Pars, Q. 23) :

Passions de l’appétit concupiscible :

  • amour (amor) : Inclination vers un bien ;
  • haine (odium) : Inclination loin d’un mal ;
  • désir (desiderium / concupiscentia) : Inclination vers un bien possible à venir ;
  • évitement (fuga / abominatio) : Inclination loin d’un mal possible à venir ;
  • plaisir / joie (delectatio / gaudium / laetitia) : Possession d’un bien ;
  • douleur / tristesse (dolor / tristitia) : Possession d’un mal.

Passions de l’irascible :

  • espoir (spes) : Inclination vers un  bien à venir possible à atteindre ;
  • désespoir (desperatio) : Inclination loin d’un bien à venir impossible à atteindre ;
  • peur (timor) : Inclination loin d’un mal à venir impossible à surmonter ;
  • audace (audacia) : Inclination vers un mal à venir possible à surmonter ;
  • colère (ira) : Réaction à un mal présent ou passé à venger.

Mortification de la volonté :

  • renoncer à faire sa volonté propre, mais faire celle d’un autre qui représente Dieu,
  • renoncer à à suivre sa propre impulsion pour réfléchir de ce que Dieu attend avant d’agir,
  • renoncer à l’indécision et cultiver les convictions de la foi,
  • renoncer à la peur de ne pas réussir pour s’appuyer sur la grâce divine,
  • renoncer aux critiques, aux moqueries et au respect humain qui affaiblissent la volonté, pour s’appuyer sur le jugement de Dieu.
  • renoncer aux mauvais exemples, qui entraînent naturellement à s’éloigner de Dieu,
  • offrir à Dieu une volonté ferme contre le péché et obéissante à ses enseignements.

Le renoncement à la volonté propre n’est pas une fin en soi, mais plutôt un moyen dont le but est de mouvoir la volonté par l’Esprit-Saint.

Mortification de l’intelligence :

  • renoncer à sa suffisance, à son propre jugement
  • renoncer à son idée propre contre l’autorité divine des enseignements de la foi,
  • renoncer à la curiosité vaine de choses inutiles pour l’âme,
  • renoncer à l’ignorance religieuse,
  • renoncer à négliger la science du salut,
  • s’appliquer à connaître ce qui se rapporte à Dieu et au salut par l’enseignement des vérités de foi de Son Église.

Le renoncement à sa propre intelligence n’est pas une fin en soi, mais seulement un moyen dont le but est la vérité. L’intelligence est faite pour la vérité (le mensonge avilie et aliène l’intelligence).

Mortification des yeux :

  • renoncer à suivre sa curiosité propre, qui entraîne ensuite au péché véniel.
  • renoncer aux regards coupables,
  • renoncer aux regards curieux.

Mortification de la chair :

  • renoncer à suivre les inclinations et désirs de la nature et du corps,
  • renoncer à accorder facilement le plaisir aux sens de la vue, l’ouïe, le goût, l’odorat, le toucher, pour les orienter vers Dieu et les utiliser à son salut,
  • renoncer à utiliser ses membres pour les choses contraire à l’honnêteté, à la pureté et à la charité,
  • renoncer à son ventre,
  • renoncer à utiliser son corps pour faire des excès,
  • renoncer à utiliser son corps pour d’autres fins que son devoir d’état et son salut,
  • offrir ses fatigues et maladies à Dieu, et Lui rendre grâce de la santé.

Le jeûne de nourriture est un moyen et non une fin ; jeûner selon Dieu est de se libérer et de libérer les autres par la charité (Il n’y a pas de vraie charité sans la foi).

Isaïe 58, 6-7 : «Le jeûne que j’ai choisi n’est-il pas celui-ci ? Romps les liens de l’impiété, délie les faisceaux accablants [Note Vulg. : Tout ce qui gêne, pèse], renvoie libres ceux qui sont opprimés, et brise tout fardeau. Romps ton pain pour celui qui a faim, et fait entrer dans ta maison les indigents et ceux qui errent sans asile ; lorsque tu verra quelqu’un nu couvre-le et ne méprise point ta chair [Note Vulg. : Tes frères, tes proches]».

Mortification de la langue :

  • renoncer à dire des paroles contraires à l’honnêteté, la pureté et la charité,
  • renoncer à écouter des paroles contraire l’honnêteté, la pureté et la charité
  • renoncer à même entendre des conversations contraires à l’honnêteté, la pureté ou la charité, en les reprenant, ou en les fuyant, ou en se tournant intérieurement vers Jésus-Christ et la sainte Vierge Marie.

Jacques 1, 19 : «que tout homme soit prompt à écouter, lent à parler, et lent à la colère»

Jacques 1, 26 : «Si quelqu’un croit être religieux et ne mets pas un frein à sa langue, mais séduit son propre cœur, sa religion est vaine»

Jacques 3, 2 : «Si quelqu’un ne pêche point en paroles, c’est un homme parfait, et il peut conduire même tout son corps avec le frein».

Jacques 3, 5-6 : «… la langue est à la vérité un petit membre, mais elle fait de grandes choses. Voyez combien peu de feu embrase une grande forêt ! La langue aussi est un feu, un monde d’iniquité. La langue est placé parmi nos membres et souille tout le corps, et enflamme tout le cours de notre vie, enflammée elle-même par la géhenne».

Jacques 3, 8-10 : «… la langue, nul homme ne peut la dompter : c’est un mal inquiet ; elle est pleine d’un venin mortel. Par elle nous bénissons Dieu le Père ; et par elle nous maudissons les hommes qui ont été faits à l’image de Dieu. De la même bouche sorte la bénédiction et la malédiction. Il ne faut pas mes frères qu’il en soit ainsi».

Mortification de la mémoire :

  • renoncer aux souvenirs stériles du passé,
  • renoncer à rendre présent le bien passé qui n’existe plus,
  • renoncer aux ressentiments, aux rancœurs et retours sur soi,
  • garder le souvenir des bienfaits de Dieu,

Mortification de la sensibilité :

  • renoncer à la sensiblerie,
  • renoncer à être sensible aux choses inutiles, pour ordonner la sensibilité à la direction que Dieu y imprime,
  • être sensible aux petits, aux humbles, aux pauvres d’esprit, aux délaissés, aux déshérités, aux accablés, aux souffrants,
  • cultiver la sensibilité aux fins de bonté, de douceur, de patience, de condescendance, de miséricorde.

Mortification de la sentimentalité :

  • renoncer au sentimentalisme
  • renoncer à la capacité de sentiment comme une fin,
  • orienter les sentiments selon le juste et bon usage de la sensibilité.

Mortification de l’imagination :

  • renoncer à l’imaginaire et au fantasme, car l’imagination est une capacité folle que tente toujours d’utiliser le diable,
  • renoncer à l’irréel illusoire, car l’imagination prend rapidement des voies fausses qui départissent de la réalité,
  • évoquer des images naturelles de la création pour y découvrir et admirer la beauté et l’ordre, afin d’élever l’imagination vers Dieu le Père, Jésus-Christ, l’Esprit-Saint, la sainte Vierge, les saints et les anges.

Les capacités naturelles ne sont pas mauvaises en soi, mais elles ont besoin d’être purifiées par le secours de la grâce, ce qui ne peut se faire sans mortification. La mortification n’est pas une fin, mais un moyen, et il ne faut pas confondre la fin et le moyen, car certains se sont mortifiés extrêmement et se sont éloignés de Dieu. La mortification extérieure est un moyen de mortification intérieure pour se purifier, recevoir la grâce, la conserver et l’augmenter.

II – Éviter le péché = S’abstenir de tout péché mortel et véniel et résister dans la tentation.

La tentation n’est pas le péché, mais c’est notre propre convoitise qui nous tente. Résister au péché est un mérite, ne pas y résister, un péché.

Le péché mortel, c’est volontairement préférer à Dieu, la jouissance d’un bien qui Lui est inférieur.

Le péché véniel, c’est se détourner de Dieu, mais sans ôter volontairement la préférence à Dieu.

Les péchés véniels cumulés deviennent des vices (contraire des vertus). Les péchés véniels entretenus volontairement deviennent des péchés mortels.

L’orgueil ou fierté ou vanité est l’amour de sa propre excellence, la croyance excessive en ses propres capacités, qui interfère avec la reconnaissance de la grâce de Dieu. Il a été appelé le péché duquel découlent tous les autres.

L’envie est de ne pas souffrir le bien d’autrui ou détester que les autres aient tel bien, et le désir des traits des autres, de leur statut, de leurs capacités, ou de leur situation.

La colère est la passion meurtrière qui se manifeste en une personne qui dédaigne l’amour et opte plutôt pour la fureur.

L’avarice ou cupidité est le désir de richesse matérielle ou de gain, en ignorant le domaine spirituel. Il est aussi appelé la convoitise.

La luxure est un désir immodéré pour les plaisirs du corps.

La gourmandise ou avidité est un désir immodéré de consommer plus de ce que l’on exige.

La paresse ou acédie est l’évitement de travail physique ou spirituel (L’acédie est la paresse et la torpeur spirituelle).

Voir :

III – Pratiquer les vertus théologales, cardinales et morales = vaincre le monde et le démon.

Vertus théologales :

Foi : moyen de posséder ce qu’on ne voit pas. On croit en ce que Dieu nous révèle parce que c’est Lui qui nous le dit. Sans la vraie foi, il n’y a aucun mérite et aucun salut.

Espérance : certitude et attente d’être unit à Dieu qu’on ne voit pas. On espère être unit à Dieu parce qu’Il se donne Lui-même à nous gratuitement, sans aucun mérite de notre part, par pure Miséricorde.

Charité : Amour dont Dieu S’aime Lui-même.

Vertus cardinales :

Prudence : discerner ; la plus importante et qui imprègne les autres vertus.

Justice : rendre à chacun ce qui lui est dû.

Force : supporter dans la grâce les épreuves et difficultés.

Tempérance : user des biens sans excès.

Vertus morales :

Humilité : considération de soi comme absolument néant devant Dieu. La fausse humilité est une hypocrisie consistant à paraître humble devant les hommes.

Patience : capacité de supporter les aléas, difficultés, épreuves, insultes, etc. à cause de Jésus.

Pureté : fuir la convoitise de la chair en image, en parole, en écoute, en pensée, en acte.

Obéissance : tout quitter promptement pour obéir à son supérieur représentant Dieu.

Oraison : prière du cœur.

Mortification : faire mourir le vieil homme, se renoncer et mourir à soi-même tous les jours.

Ephésiens 4, 22, 24 : «A dépouiller, par rapport à votre première vie, le vieil homme qui se corrompt par les désirs de l’erreur. … et revêtez-vous de l’homme nouveau, qui a été créé selon Dieu dans la justice et la sainteté de la vérité».

Douceur : la douceur éteint la colère.

Sagesse : goût de la suavité de Dieu.

Chasteté : préservation du corps des sens.

Continence : retenue dans les plaisirs des sens.

Modestie : ordre dans la conduite, l’habillement, etc. Sans pudeur et modestie, la mondanité (l’esprit du monde) ruine inexorablement la chasteté.

Mansuétude : pitié, bienveillance, bénignité.

Longanimité : clémence, générosité.

Bonté : bienfaisance, désintéressement, miséricorde.

Paix : La paix naît d’une conscience pure acquise en vivant dans la vérité.

Joie : contentement, satisfaction, transport pour Dieu.

Persévérance : constance et fermeté – dans la foi et les œuvres, nourries par l’espérance.

Suivre Jésus avec l’Évangile

«Seigneur, à qui irions-nous ? Vous avez des paroles de vie éternelle». (Jean 6, 69)

«Mes brebis écoutent ma voix, je les connais et elles me suivent». (Jean 10, 27)

Se convertir :

«Parce que le temps est accompli, et que le royaume de Dieu est proche, faites pénitence et croyez à l’Évangile». (Marc 1, 15)

«Suis-Moi». (Marc 2, 14)

«C’est moi qui suis la lumière du monde : qui me suit ne marche pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie». (Jean 8, 12)

«Si vous ne me croyez pas ce que Je Suis, vous mourrez dans votre péché». (Jean 8, 24)

«C’est moi qui suis la porte des brebis. Tous ceux qui sont venus sont des voleurs et des larrons». (Jean 10, 7-8)

«Celui qui croit en moi, quand même il serait mort, vivra ; Et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais». (Jean 11, 25-26)

La vraie foi :

Matthieu 18, 17 b :« et s’il n’écoute point l’Église, qu’il te soit comme un païen et un publicain».

Luc 8, 18 : «Voyez donc comment vous écoutez. Car il sera donné à celui qui a [l’amour de la Vérité] ; et quiconque n’a point, même ce qu’il croit avoir, lui sera ôté».

Marc 16, 16 : «Celui qui croira [vraie foi dans la véritable Église catholique] et sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné».

Jean 1, 12 : «et à tous ceux qui l’ont reçu [Jésus-Christ] il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu».

Jean 17, 9, 20 : «Je prie pour eux ; je ne prie pas pour le monde, mais pour ceux que vous m’avez donnés, afin qu’ils soient comme nous ; je ne prie pas pour eux seulement mais encore pour ceux qui croiront par leur parole [des apôtres et disciples]».

Romains 1, 17 : «[l’Évangile] La justice de Dieu, en effet, y est révélée par la foi et pour la foi [de l’Église], ainsi qu’il est écrit : Le juste vivra de la [vraie] foi».

Éphésiens 3, 13 : « que le Christ habite par la [vraie] foi dans vos cœurs ».

Éphésiens 4, 5-6 : «Il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous [chrétiens]…».

Éphésiens 4, 13-14 : «Jusqu’à ce que nous parvenions tous à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu … afin que nous ne soyons plus comme de petits enfants qui flottent ni emportés çà et là à tout vent de doctrine, par la tromperie des hommes, par leur astuce pour induire en erreur».

Galates 2, 16 : « …l’homme n’est point justifié [rendu juste devant Dieu] par les œuvres de la Loi [naturelle et mosaïque], mais par la foi en Jésus-Christ [vraie foi ou de l’Église ou traditionnelle]».

Hébreux 11, 6 : «Sans la [vraie] foi, il est impossible de plaire à Dieu».

2 Jean 1, 9 : «Quiconque se retire et ne demeure point dans la doctrine du Christ [Tradition de l’Église] ne possède point Dieu».

Faire pénitence :

«Si vous ne faites pénitence, vous périrez tous … ». (Luc 13, 3, 5)

«Si vous étiez aveugles, vous n’auriez point de péché ; mais vous dites au contraire : Nous voyons. Ainsi votre péché subsiste». (Jean 9, 41)

Pratiquer une nouvelle justice :

«Car je vous dis que si votre justice n’est pas plus abondante que celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez point dans le royaume des cieux». (Mat. 5, 20)

«Prenez garde à ne pas faire votre justice devant les hommes, pour être vus d’eux ; autrement vous n’aurez point de récompense de votre Père qui est dans les cieux». (Mat. 6, 1)

«Ne jugez point, afin afin que vous ne soyez point jugés». (Mat. 7, 1)

«Aimez vos ennemis, faites du bien et prêtez sans rien en espérer». (Luc 6, 35)

«Seigneur, combien de fois, mon frère péchant contre moi, lui pardonnerai-je ? Jusqu’à sept fois ? Je ne te dis pas jusqu’ à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois». (Mat. 18, 21-22)

«Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. Tu aimeras ton prochain comme toi-même. À ces deux commandements se rattachent toute la loi et les prophètes». (Mat. 22, 37, 39, 40)

Esprit d’enfance :

«Mon Père, Seigneur du ciel et de la terre, je vous rends gloire de ce que vous avez caché ces choses aux sages et aux prudents, et que vous les avez révélées aux petits». (Mat. 11, 25)

«Si vous ne vous convertissez, et ne devenez comme les petits enfants, vous n’entrerez point dans le royaume des cieux». (Mat. 18, 4)

«Laissez ces petits enfants et ne les empêchez point de venir à moi ; car à de tels appartient le royaume des cieux». (Mat. 19, 14)

Esprit de prière :

«Priant ne parlez pas beaucoup comme les païens ; ils s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés. Ne leur ressemblez donc pas, car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant que vous le lui demandiez». (Mat. 6, 7-8)

«Demandez et il sera donné ; cherchez et vous trouverez ; frappez et il vous sera ouvert». (Mat. 7, 7)

«Si deux d’entre vous s’accordent sur la terre, quelque chose qu’ils demandent, il le leur sera fait  par mon Père qui est dans les cieux». (Mat. 18, 19)

«Et tout ce que vous demanderez dans la prière avec foi, vous l’obtiendrez». (Mat. 21, 22)

«Veillez et priez afin que vous n’entriez pas en tentation ; à la vérité l’esprit est prompt, mais la chair est faible». (Mat. 26, 41)

Esprit de détachement :

«Vous ne pouvez servir Dieu et l’argent». (Mat. 6, 24)

«Ne vous inquiétez point pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps de quoi vous vous vêtirez». (Mat. 6, 25)

«Votre Père céleste sait que vous en avez besoin. Cherchez donc premièrement le royaume et sa justice, et toutes ces choses vous seront données par surcroît». (Mat. 6, 32, 33)

«Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu as et donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel ; viens ensuite, et suis-moi». (Mat. 19, 21)

«En vérité, je vous dis qu’un riche entrera difficilement dans le royaume des cieux. (Mat. 19, 23)

«Quiconque aura quitté ou maison, ou frères, ou sœurs, ou père, ou mère, ou femme, ou fils ou terre, à cause de mon nom, recevra le centuple, et aura pour héritage la vie éternelle». (Mat. 19, 29)

«Vendez ce que vous avez et donnez l’aumône. Faites-vous des bourses que le temps n’use point, un trésor qui ne vous fasse pas défaut dans les cieux, où le voleur n’approche point, et où les vers ne rongent point. Car où est votre trésor, là sera aussi votre cœur». (Luc 12, 33-34)

Être  serviteur :

«Que celui qui voudra être le plus grand parmi vous, soit votre serviteur ; et celui qui voudra être le premier parmi vous sera votre esclave». (Mat. 20, 26-27)

«Quiconque s’exaltera sera humilié ; et quiconque s’humiliera sera exalté». (Mat. 23, 12)

«Si quelqu’un me sert, qu’il me suive, et où je suis, là sera aussi mon serviteur. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera». (Jean 12, 26)

Être disciple :

«Quiconque d’entre vous ne renonce point à tout ce qu’il possède, ne peut être mon disciple». (Luc 14, 33)

«Ce ne sont pas tous ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur, qui entreront dans le royaume des cieux ; mais celui qui fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, celui-là entrera dans le royaume des cieux ». (Mat. 7, 21)

«Suis-Moi et laisse les morts ensevelir leurs morts». (Mat. 8, 22)

«Vous serez en haine à tous, à cause de mon nom ; mais celui qui aura persévéré jusqu’à la fin, celui-là sera sauvé». (Mat. 10, 22)

«Celui qui sauvera sa vie, la perdra ; et celui qui perdra sa vie pour l’amour de moi, la retrouvera». (Mat. 10, 39)

«Qui vous reçoit, me reçoit, et qui me reçoit, reçoit celui qui m’a envoyé». (Mat. 10, 40)

«Venez à moi, vous tous qui prenez de la peine et qui êtes chargés, et je vous soulagerai. Prenez mon joug sur vous et apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez du repos pour vos âmes. Car mon joug est doux et mon fardeau léger». (Mat. 11, 28-30)

Radicalité de l’Évangile :

«Qui n’est pas avec moi est contre moi, et qui ne rassemble pas avec moi, disperse». (Mat. 12, 30)

«Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il porte sa croix et me suive. Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra ; mais qui perdra sa vie à cause de moi, la trouvera». (Mat. 16, 24-25)

«Si donc ta main ou ton pied te scandalise, coupe-le, et jette-le loin de toi ; il vaut mieux pour toi entrer dans la vie, privé d’une main ou d’un pied, que d’être jeté, ayant deux mains ou deux pieds, dans le feu éternel». (Mat. 18, 8)

«Beaucoup sont appelés, mais peu élus». (Mat. 22, 14)

«Quiconque ayant mis la main à la charrue, regarde en arrière, n’est pas propre au royaume de Dieu». (Luc 9, 62)

«Si quelqu’un vient à moi, et ne hait point son père et sa mère, sa femme et ses fils, ses frères et ses sœurs, et même sa propre vie, il ne peut être mon disciple. Et qui ne porte point sa croix et ne me suit point, ne peut être mon disciple». (Luc 14, 26-27)

Persévérance :

«Beaucoup se scandaliseront ; ils se trahiront et se haïront les uns les autres. Beaucoup de faux prophètes aussi s’élèveront et beaucoup seront séduits par eux. Et parce que l’iniquité aura abondé, la charité d’un grand nombre se refroidira. Mais celui qui persévèrera jusqu’à la fin, celui-là sera sauvé». (Mat. 24, 10-13)

«Ainsi donc, tenez-vous prêts, car c’est à l’heure que vous ne pensez pas que le Fils de l’homme va venir». (Mat. 24, 44)

«Veillez donc et priez en tout temps, afin que vous soyez trouvés dignes d’éviter toutes ces choses qui doivent arriver, et de paraître avec confiance devant le Fils de l’homme». (Luc 21, 36)

«Si vous demeurez dans ma parole, vous serez vraiment mes disciples». (Jean 8, 31)

«Demeurez dans mon amour». (Jean 15, 9)

Le jugement :

«À la fin de l’âge, les anges se présenteront et sépareront les méchants d’entre les justes pour les jeter dans la fournaise ardente : là seront les pleurs et les grincements de dents». (Mat. 13, 49-50)

«Et Il enverra ses anges avec une trompette sonore, pour rassembler ses élus des quatre vents, des extrémités des cieux à leurs extrémités». (Mat. 24, 31)

«Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, escorté de tous les anges, alors il prendra place sur son trône de gloire». (Mat. 25, 31)

«Alors le Roi dira à ceux de droite : venez les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume». (Mat. 25, 36)

«Car J’ai eu faim et vous m’avez donné à manger, j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire, j’étais un étranger et vous m’avez accueilli, nu et vous m’avez vêtu, malade et vous m’avez visité, prisonnier et vous êtes venus me voir. En vérité je vous le dis, dans la mesure où vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait». (Mat. 25, 40)

«Alors il dira encore à ceux de gauche : allez loin de moi, maudits, dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et ses anges». (Mat. 25, 41)

«En vérité je vous le dis, dans la mesure où vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, à moi non plus vous ne l’avez pas fait. Et ils s’en iront, ceux-ci à une peine éternelle, et les justes à une vie éternelle». (Mat. 25, 45-46)

«Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui ne croira pas sera condamné». (Marc 16, 16)

«Celui qui me méprise et ne reçoit pas mes paroles, a qui le juge : la parole que j’ai annoncée sera elle-même son juge au dernier jour». (Jean 12, 48)

«Voyez donc comment vous écoutez. Car il sera donné à celui qui a ; et quiconque n’a point, même ce qu’il croit avoir, lui sera ôté». (Luc 8, 18)

«Et s’il n’écoute point l’Église qu’il te soit comme un païen et un publicain». (Mat. 18, 17)

La mission :

«Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, et leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit». (Mat. 28, 18-20)

«Allez dans le monde entier, proclamez l’Évangile à toute la création». (Marc 16, 15)

«Qui n’est pas contre vous est pour vous». (Luc 9, 50)

«Qui vous écoute, m’écoute, qui vous rejette me rejette, et qui me rejette rejette. Celui qui m’a envoyé». (Luc 10, 16)

La présence de Jésus :

«Et voici que je suis avec vous pour toujours jusqu’à la fin de l’âge». (Mat. 28, 20)

«Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là au milieu d’eux». (Mat. 18, 20)

«Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui». (Jean 6, 56)

«Vous verrez le Fils de l’homme siégeant à droite de la Puissance et venant sur les nuées du ciel». (Mat. 26, 64)

«Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole et mon Père l’aimera et nous viendrons vers lui et nous nous ferons une demeure chez lui». (Jean 14, 23)

«Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, eux aussi soient avec moi, afin qu’ils contemplent ma gloire, que tu m’as donnée parce que tu m’as aimé avant la fondation du monde». (Jean 17, 24)

 

Oracles évangéliques de Jésus-Christ, la Sagesse Incarnée médités par saint Louis-Marie Grignon de Montfort :

Partant du principe fondamental posé par cette Sagesse infinie, à savoir que, pour être son disciple, il faut se renoncer jusqu’à la croix (Luc 9, 23), garder ses commandements (Jean 14, 23), chercher la paix avec nos frères (Mat. 5, 23), le père de Montfort entre aussitôt avec le Christ dans le détail des renoncements exigés :

  • renoncement aux affections charnelles (Luc 14, 26) ;
  • renoncement aux biens de ce monde (Mat. 19, 21, 29) ;
  • renoncement à la volonté propre (Mat. 7, 21, 24) ;
  • renoncement à toute duplicité : se convertir et devenir comme des enfants (Mat. 18, 3) ;
  • renoncement à l’esprit de violence et d’orgueil : Apprenez de Moi que je suis doux et humble de coeur, et vous trouverez le repos de vos âmes (Mat. 11, 29).

Pour réaliser ces renoncements, toujours durs à la nature,

  • il faudra prier de la manière recommandée par la Sagesse (Mat. 6, 5, 7-8 ; Marc 11, 24-25) ;
  • il faudra savoir maîtriser ses sens par le jeûne (Mat. 6, 16), et réparer le passé par la pénitence (Luc 15, 7 ; 5, 32) ;
  • il faudra trouver son bonheur dans les persécutions du monde (Mat. 5, 10 ; Luc 6, 22-23). Si le monde vous hait et vous persécute, sachez qu’il m’a eu en haine le premier… (Jean 15, 18-19).
  • Bien des fois nous serons tentés de découragement. Mais la Sagesse n’est-Elle pas là pour nous soutenir, nous consoler ? Venez à Moi, vous tous qui êtes affligés et chargés, et je vous consolerai (Mat. 11, 28).
  • N’est-Elle pas le pain de vie, capable de nous fortifier ? (Jean 6, 51-52, 56-57).
  • Ne prend-Elle pas soin de nous, quand les hommes nous font souffrir ?… Je vous promets que pas un cheveu de votre tête ne tombera que je n’en aie soin (Luc 21, 17-18).
  • Nous n’avons donc rien à craindre, pourvu toutefois qu’elle soit l’unique Souveraine de notre coeur, car personne ne peut servir deux maîtres à la fois…(Mat. 6, 24) ; et l’homme vaut ce que vaut son coeur. Si le cœur est mauvais, rien de bon n’en sortira (Mat. 15, 19-20 ; 12, 35).

Quelques Conseils dictés pareillement par l’Éternelle Sagesse :

  • Ne jamais regarder en arrière (Luc 9, 62) et faire confiance au Sauveur (Luc 12, 7 ; Jean 3, 17).
  • Aimer vivre dans la Lumière (Jean 3, 20), car  Dieu est Esprit…  (Jean 3, 20), et… la chair ne profite de rien… (Jean 6, 64), et quiconque fait le péché se rend esclave du péché… (Jean 8, 34-35); mais celui qui est fidèle dans les petites choses comme dans les plus grandes (Luc 16, 10), celui-là fait des œuvres de lumière… (Mat. 5, 16).
  • Rechercher un justice abondante, plus que celle des scribes et des pharisiens (Mat. 5, 20) ; une justice prête à tous les sacrifices… qu’il s’agisse d’un membre, si ce membre nous scandalise (Mat. 5, 29 ; 11, 12) ; ou de trésors que la rouille peut corrompre et les voleurs dérober (Mat. 6, 19-20); ou surtout de jugement porté sur le prochain, car le même jugement nous sera appliqué (Mat. 7, 1-2).
  •  Se montrer toujours circonspect, soit vis-à-vis des faux prophètes couverts d’une peau de brebis (Mat. 7, 15-16); soit vis-à-vis des plus petits enfants : il faut prendre garde de n’en mépriser aucun, car leurs anges dans le Ciel voient sans cesse la face du Père (Mat. 18, 10). De plus, se montrer vigilant, puisque nous ne savons ni le jour, ni l’heure où le Seigneur viendra (Mat. 25, 13).
  • Ne s’inquiéter que du salut de son âme et du jugement de Dieu. Donc, ne pas craindre ceux qui ne peuvent tuer que le corps (Luc 12, 4-5), et ne pas se tourmenter au sujet de la nourriture et du vêtement, car le Père céleste sait bien ce qui nous est nécessaire (Luc 12, 22, 30); mais avoir la ferme conviction que tout ce qui est présentement caché et secret sera un jour découvert et révélé (Luc 8, 17).
  • Pratiquer enfin le bien vis-à-vis de tous, amis et ennemis (Mat. 20, 26-27 ; 5, 44), dans un grand esprit de désintéressement, surtout vis-à-vis des richesses (Marc 10, 23 ; Luc 18, 23). Malheur, en effet, à ceux qui ont leur consolation en ce monde (Luc 6, 24).

Telle est la porte étroite, indiquée par la Sagesse (Mat. 7, 13-14 ; 20, 16).

Toujours, son humble disciple se souviendra qu’il doit donner (Actes 20, 35), pardonner (Mat. 5, 39-40), prier sans jamais s’en lasser (Luc 18, 1 ; Mat. 27, 41),faire l’aumône (Luc 6, 41), et aimer s’humilier (Luc 14, 11).

Il aura alors accès aux béatitudes promises et ce sera sa récompense, même dès ici-bas :

Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des Cieux est à eux !

Heureux ceux qui sont doux, car ils posséderont la terre !

Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés !

Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés !

Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde !

Heureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu !

Heureux les pacifiques, car ils seront appelés enfants de Dieu !… (Mat. 5, 3-9).

Tout ceci est la révélation de Dieu aux humbles et aux petits : Je vous bénis, Père, Seigneur du Ciel et de la terre, de ce que vous avez caché ces choses aux prudents du siècle, et les avez révélées aux petits… (Mat. 11, 25-26).

«Voilà l’abrégé», dit Montfort, «des grandes et importantes vérités que la Sagesse Éternelle est venue elle-même nous enseigner sur la terre, après les avoir pratiquées la première… Bienheureux ceux qui ont l’intelligence de ces vérités éternelles. Plus heureux ceux qui les croient. Mais très heureux ceux qui les croient, les pratiquent et les enseignent aux autres, car ils brilleront dans le Ciel comme des étoiles pendant l’éternité». (L’ Amour de la Sagesse Eternelle – Saint Louis-Marie Grignion de Monfort n°133-153)

 

Méditer la passion de Jésus-Christ

Méditer la passion de Jésus-Christ est très méritoire et une aide précieuse à la contrition des péchés qui est absolument nécessaire pour le salut.

«Saint Augustin, tout embrasé d’amour, à la vue de Jésus attaché à la croix, lui faisait cette douce prière : « Gravez, Seigneur, en traits de flammes, vos plaies sur mon cœur, pour que j’y lise la douleur et l’amour. La douleur, afin de supporter toutes douleurs pour vous ; l’amour, afin de mépriser, pour vous, tout autre amour. Oui, mon Dieu, disait ce grand docteur, imprimez profondément vos adorables plaies dans mon cœur, pour que j’y lise continuellement votre douleur et votre amour. Car ayant toujours devant les yeux la grande douleur que vous avez endurée pour moi, mon Dieu, je supporterai avec résignation toutes les peines qui me surviendront ; et en considérant l’amour que vous m’avez montré sur la croix, je n’aimerai, et ne pourrai aimer que vous !« 

«Si vous voulez, dit saint Bonaventure, croître de vertu en vertu, de grâce en grâce, médites sans cesse Jésus-Christ dans sa passion. O homme ! si tu désire marcher de vertu en vertu, avancer de grâce en grâce, médites tous les jours la passion du Seigneur. Et il ajoute qu’il n’est pas de pratique plus propre à rendre une âme sainte, que de considérer souvent les peines de Jésus-Christ : Car rien ne réussit à produire dans l’âme une universelle satisfaction, comme de méditer la passion du Rédempteur.

«Saint Augustin encore assurait qu’une larme répandue au souvenir de la passion de Jésus-Christ, valait plus qu’un pèlerinage à Jérusalem et une année de jeûne au pain et à l’eau. … Peu de chrétiens aiment Jésus, parce qu’il y en a peu qui considèrent les souffrances qu’il a endurées pour nous. Mais celui qui les médite souvent ne peut vivre sans aimer Jésus ; … il se sentira tellement épris de l’amour de Jésus qu’il ne pourra plus s’obstiner à ne pas aimer un Dieu si aimant, qui a tant pour se faire aimer». (Alphonse de Liguori, L’amour des âmes ou réflexions et affectueuses méditations sur la passion de Jésus-Christ : Fruits que l’on retire en méditant la passion de Jésus-Christ, X, 2 ; XII, 6-7)

Méditer la passion de Jésus-Christ peut se faire avec diverses dévotions très efficaces comme : Le chemin de la Croix, le Sacré-Cœur de Jésus, la Croix, la sainte couronne d’épines (célébrée le vendredi après le mercredi des cendres), la sainte lance et les saints clous (célébrés le vendredi après le 1er dimanche de Carême), la sainte Face (ci-dessous), les Saintes plaies (ci-dessous), le précieux Sang, (ci-dessous), et bien sûr les cinq mystères douloureux du saint Rosaire qui sont : 1) l’agonie mortelle, 2) la flagellation sanglante, 3) le cruel couronnement d’épines, 4) le douloureux portement de croix, 5) le crucifiement.

 

La sainte Face

Promesses du Christ à sœur Marie de Saint-Pierre, (1816-1848), carmélite de Tours : 

soeur Marie de saint-Pierre

«Notre-Seigneur m’a promis d’imprimer dans les âmes de ceux qui honorent sa Très Sainte Face les traits de sa divine ressemblance». (21 janv. 1847)

«L’image de cette Face adorable est comme le cachet de la divinité qui a la vertu de réimprimer dans les âmes qui s’appliquent à Elle l’Image de Dieu». (27 oct. 1845)

«Par ma Sainte Face, vous ferez des prodiges». (27 oct. 1845)

«Vous obtiendrez par la dévotion à l’image de ma Sainte Face le salut de beaucoup de pécheurs. Par cette offrande, rien ne vous sera refusé. Si vous saviez combien la vue de ma Face est agréable à mon Père !». (22 nov. 1846)

«De même que, dans un Royaume, on se procure tout ce qu’on peut désirer avec une pièce de monnaie marquée à l’effigie du Prince, ainsi, avec la pièce précieuse de ma Sainte Humanité, qui est ma Face adorable, vous obtiendrez dans le Royaume des cieux tout ce que vous voudrez». (29 oct. 1845)

«Selon le soin que vous aurez de réparer mon portrait défiguré par les blasphémateurs, de même j’aurais soin du vôtre, qui a été défiguré par le péché; j’y réimprimerai mon Image et je le rendrai aussi beau qu’il était au sortir des fonts du Baptême». (3 nov. 1845)

«Notre-Seigneur m’a promis que ceux qui défendraient sa cause en cette œuvre de Réparation, par paroles, par prières ou par écrits, qu’Il défendrait leur cause devant son Père; à leur mort, il essuiera la face de leur âme en effaçant les traces de péché et leur rendra leur beauté primitive». (12 mars 1846)

«Chaque fois que vous offrirez ma Face à mon Père, ma bouche demandera miséricorde».

«Cherchez-moi des « Véroniques » pour essuyer et honorer ma divine Face qui a peu d’adorateurs».

Promesses de Jésus à sainte Gertrude d’Helfta et à sainte Mechtilde de Hackheborn :

«Tous ceux qui, attiré par le désir de Mon Amour, garderont le souvenir de la vision de Ma Face, recevront par la vertu de Mon Humanité l’impression vivante de Ma Divinité. Cette lumière éclairera toujours les profondeurs de leur âme, et dans la gloire éternelle, la Cour Céleste admirera sur leurs traits plus de ressemblance avec Ma divine Face». (Sainte Gertrude, Révélations, livre IV, chapitre VII).

Sainte Mechtilde demandant à Notre-Seigneur que ceux qui célèbrent la mémoire de sa douce Face ne soient jamais privés de son aimable compagnie, Il répondit : «Pas un d’eux ne doit être séparé de moi». (Sainte Mechtilde, livre de la Grâce spéciale, chapitre XIII).

«Je désire particulièrement que ma Face, qui reflète les peines intimes de mon Âme, les souffrances et l’Amour de mon Cœur, soit plus honorée. Qui me contemple, me console». (Jésus à sœur Maria Piérina)

L’Église a reconnu le saint suaire par la prière indulgenciée d’un bref  du pape Pie XI du 23 mars 1934«Est accordée l’indulgence plénière pour le jour du 4 mai, fête du saint Suaire, et deux autres jours à leur choix pendant l’année, aux fidèles qui, s’étant confessés et ayant communié selon les intentions du souverain Pontife, vénéreront dévotement la relique ou l’image du saint Suaire en récitant la prière ci-dessous. De plus, indulgence de 500 jours chaque fois que l’on récitera la même prière avec un cœur contrit».

«Ô Seigneur, vous qui avez daigné laisser les traces de votre présence en ce monde et les gages indéniables de votre amour sur le très saint linceul dans lequel votre Corps adorable fut enveloppé lorsqu’on le descendit de la Croix, Ah ! par les mérites de votre Passion, et en considération de ce vénérable linge qui a servi à votre sépulture, faites-nous la grâce que, lorsque viendra le jour de la résurrection, nous devenions participants de cette gloire dans laquelle vous vivez éternellement. Ainsi soit-t-il.

Le très saint Suaire est célébré le vendredi après le 2ème dimanche de Carême.

 

Les saintes Plaies de Notre Seigneur Jésus-Christ

Une humble Converse de la Visitation de Chambéry, Sœur Marie-Marthe Chambon (décédée en odeur de sainteté le 21 mars 1907) aimait à répéter ces invocations que, dès son vivant, la Communauté adopta à son exemple.

Dans l’offrande des Saintes Plaies se concentrait tout son apostolat en faveur de la Sainte Église, des pécheurs, des Âmes du Purgatoire, etc.

Après sa mort, les invocations qui lui furent si chères se sont répandues dans le monde entier de façon très rapide, et de nombreuses faveurs spirituelles et temporelles ont été obtenues par leur moyen.

Promesses de Notre-Seigneur à sœur Marie-Marthe Chambon (1841-1907), monastère de la Visitation :

«J’accorderai tout ce que l’on me demandera par l’invocation aux saintes Plaies. Il faut en répandre la dévotion».

«Ceux qui les honorent recevront une vraie connaissance de Jésus-Christ».

«Mes Plaies couvriront toutes tes fautes».

«Ma fille, plonge tes actions dans mes Plaies et elles deviendront quelque chose. Toutes vos actions, même les moindres, trempées dans mon Sang, acquerront par cela seul un mérite infini et contenteront mon Cœur !…».

«Lorsque vous avez quelque peine, quelque chose à souffrir, il faut vite l’apporter dans mes Plaies».

«Il faut souvent répéter auprès des malades cette aspiration : «Mon Jésus, pardon et miséricorde, par les mérites de vos saintes Plaies» ! Cette prière soulagera l’âme et le corps».

«Les saintes Plaies ont une efficacité merveilleuse pour la conversion des pécheurs».

«Le pécheur qui dira la prière suivante : «Père Éternel, je vous offre les Plaies de Notre-Seigneur Jésus-Christ pour guérir celles de nos âmes», obtiendra sa conversion».

«Les saintes Plaies sauvent le monde et assurent une bonne mort».

«Mes saintes Plaies vous sauveront infailliblement…, elles sauveront le monde».

«Il faut expirer la bouche appuyée sur ces sacrées ouvertures… Il n’y aura pas de mort pour l’âme qui expirera dans mes Plaies, elles donnent la vraie vie».

Chapelet des Saintes Plaies de Notre-Seigneur Jésus-Christ

Sur les gros grains : Père Éternel, je vous offre les Plaies de Notre-Seigneur Jésus-Christ pour guérir celles de nos âmes.

Sur les petits grains : Mon Jésus, pardon et miséricorde, par les mérites de vos Saintes Plaies.

En terminant le Chapelet on répète trois fois : Père Éternel, je vous offre les Plaies de Notre-Seigneur Jésus-Christ pour guérir celles de nos âmes.

Pensées de Sœur Marie-Marthe sur la dévotion aux Saintes Plaies

  • Les Saintes Plaies de Notre Seigneur Jésus-Christ sont la clé du Paradis. On ouvre toujours avec divines Plaies et pour qui que ce soit. C’est une monnaie contre laquelle le Père Éternel ne peut rien refuser… Il accepte la demande comme venant de Notre Seigneur.
  • Offrir au Père Éternel les Plaies de son divin Fils, c’est lui offrir sa gloire, c’est offrir le Ciel au Ciel !
  • Les Plaies de Jésus sont les trésors du ciel et de la terre. Lorsque nous offrons le mérite des Saintes Plaies pour toutes les créatures, Dieu déverse à chacune sa part.
  • La contemplation des Plaies de Jésus est la meilleure occupation.
  • Dans la contemplation des Saintes Plaies, on trouve tout pour soi et pour les autres.
  • Dans le Crucifix, il y a tout, il y a de quoi se désaltérer… Il y a pour toutes les âmes.
  • La science de l’amour de Dieu se donne à l’âme qui regarde le Crucifié et lui parle cœur à cœur.
  • Il faut bien aimer le Crucifix et vous crucifier pour aimer Jésus, afin de pouvoir mourir comme Jésus et ressusciter dans la vie comme Lui.
  • Toutes les lumières du Saint-Esprit sortent des Plaies de Jésus. Vous recevrez ses dons à proportion de votre humilité.
  • Nous devons faire passer toutes nos actions par les Saintes Plaies de Notre Seigneur. Par ce moyen elles ont autant de mérites que la prière.
  • Il faut beaucoup vous intéresser au salut des personnes qui meurent chaque jour et offrir pour elles le mérite des Saintes Plaies de Notre Seigneur.
  • Le bénéfice des Saintes Plaies fait descendre les grâces du Ciel et monter au Ciel les âmes du Purgatoire.
  • Les Saintes Plaies sont le trésor des trésors pour les âmes du Purgatoire.
  • Une âme qui, pendant sa vie, aura honoré les Plaies de Notre Seigneur Jésus-Christ et les aura offertes au Père Éternel pour les âmes du Purgatoire peut espérer qu’au moment de la mort, elle sera assistée par la Sainte Vierge et les Anges et que le divin Maître la recevra avec miséricorde et la couronnera.
  • La dévotion aux Les saintes plaies est le remède pour ce temps d’iniquité.

Sainte Plaie de l’épaule de Notre Seigneur Jésus-Christ 

Saint Bernard avait demandé à Notre Seigneur Jésus-Christ qu’elle fut la plus grande douleur subie dans son Corps pendant sa Passion. Il lui répondit : «J’eus, en portant la Croix, une Plaie profonde de trois doigts, et trois os découverts sur l’Épaule. Cette Plaie qui n’est pas connue des hommes, M’a occasionné plus de peine et de douleur que toutes les autres. Mais, révèle-la aux fidèles chrétiens, et sache que quelque grâce qui Me sera demandée en vertu de cette Plaie, leur sera accordée. Et à tous ceux qui, par Amour pour elle M’honoreront chaque jour par 3 Pater, Ave, Gloria, Je pardonnerai les péchés véniels. Je ne Me souviendrai plus des mortels, ils ne mourront pas de mort imprévue, à l’heure de leur mort ils seront visités par la Bienheureuse Vierge, et ils obtiendront encore la Grâce et la Miséricorde».

Prière en l’honneur de la plaie de l’épaule de Jésus

Le Pape Eugène III (1145-1153) accorda des indulgences aux conditions usuelles à ceux qui propageront cette prière et la porteront toujours avec eux ; et à ceux qui réciteront 5 Pater, Ave, Gloria :

«Très aimé Seigneur Jésus-Christ, très doux Agneau de Dieu, moi pauvre pécheur, j’adore et vénère la très Sainte Plaie que vous avez reçue à l’épaule, en portant au Calvaire la très lourde Croix qui laissa découverts trois os Saints, occasionnant une immense douleur. Je Vous supplie, en vertu des mérites de la dite Plaie, d’avoir pitié de moi en me pardonnant tous mes péchés mortels [1] et véniels, de m’assister à l’heure de ma mort et de me conduire dans votre heureux Royaume. Ainsi soit-il».

[1] si le sacrement de pénitence est impossible, Dieu pardonne les péchés par la contrition et le désir de se confesser dès que possible, selon l’enseignement infaillible du Concile de Trente Sess. 6, ch. 14 ; Sess. 14, ch. 4.

Les cinq Plaies sacrées de N.S. J-C. sont célébrées le vendredi après le 3ème dimanche de Carême.

Précieux-Sang

Le Précieux-Sang est fêté le 1er juillet et le mois de juillet, et célébré le vendredi après le 4ème dimanche de Carême.

 Sur la Passion et les saintes Plaies de Jésus, voir aussi :

P. Kroust, S J, Méditations sur les vérités de la foi : «À l’adoration de la croix. Je vous adore et je vous bénis, ô Jésus ; que toute la terre vous adore et chante vos louanges ; qu’elle chante la gloire de votre nom, parce que, par votre croix, vous avez racheté le monde. Seigneur Jésus, par la blessure de votre pied droit, je vous demande de me conduire par le chemin de la croix. Seigneur, par celle de votre pied gauche, je vous prie de me diriger dans la voie du salut. Seigneur Jésus, par la plaie de votre main droite, je vous prie de me prendre, de m’affermir jusqu’à la fin et de me sauver. Par la blessure de votre main gauche, je vous demande, lorsque vous viendrez juger l’univers, de ne pas me placer à votre gauche et de ne pas me rejeter de votre présence. Seigneur Jésus-Christ, par la plaie de votre côté et de votre cœur, je vous demande que mon dernier soupir soit un acte d’amour, et ma dernière parole la prononciation de votre saint nom. Nous vous en prions, Seigneur, jetez un regard sur votre famille, pour laquelle notre Seigneur Jésus-Christ n’a pas craint de se livrer aux mains des coupables et de souffrir le tourment de la croix».

Les pères du désert

Les pères du désert (4ème/5ème siècle) ont pratiqué l’Évangile dans le désert, ainsi dans le désert spirituel actuel, leurs enseignements (sentences ou apophtegmes) sont précieux.

Abbé Antoine à l’abbé Pœmen, apophtegme 4 : «Le grand travail de l’homme, c’est de prendre sur soi-même sa faute devant Dieu et de s’attendre à la tentation jusqu’au dernier souffle».

Saint Antoine, apophtegme 5 : «Quiconque n’a pas été tenté ne pourra entrer dans le royaume des cieux. Il est dit en effet : Supprime les tentations, et pas un n’est sauvé».

Saint Antoine, apophtegme 7 : «J’ai vu tous les filets de l’Ennemi tendus sur la terre, et je disais en gémissant : Qui donc passera à travers ? Et j’entendis une voix me dire : L’humilité».

Saint Antoine, apophtegme 11 : «Celui qui se tient au désert dans la retraite est libéré de trois combats : de l’ouïe, du bavardage et de la vue. Il n’en a plus qu’un, celui du cœur».

Saint Antoine, abbé, père du désert, apophtegme 25 : «Un temps vient où les hommes seront fous, et quand ils verront quelqu’un qui n’est pas fou, ils s’insurgeront contre lui, disant : « Tu es fou », parce qu’il n’est pas comme eux».

Abbé Arsène, apophtegme 3 : «Un jour l’abbé Arsène fut assailli dans sa cellule par des démons qui le tourmentèrent. Ses serviteurs venant le visiter et se tenant à l’extérieur de la cellule, l’entendirent crier vers Dieu et dire : Ô Dieu, ne m’abandonne pas. Je n’ai rien fait de bien en ta présence ; mais dans ta bonté donne-moi de commencer».

Abbé Arsène, apophtegme 14 : «L’abbé Daniel disait de l’abbé Arsène qu’il passait toute la nuit éveillé et que, à l’aube, quand la nature le forçait à dormir, il disait au sommeil : Viens ici, mauvais serviteur. Alors, il s’en emparait un peu, assis, et se réveillait aussitôt».

Abbé Arsène, apophtegme 17 : «L’abbé Daniel disait : Toutes les années qu’il demeura avec nous, nous lui faisions seulement une corbeille de pain pour un an ; et quand nous allions le voir, nous en mangions».

Abbé Arsène, apophtegme 33 : «L’abbé Daniel a dit : L’abbé Arsène nous raconta comme si c’était d’un autre – mais c’était bien de lui – -qu’un vieillard, assis dans sa cellule entendit une voix lui disant : Viens et je te montrerai les œuvres des hommes. S’étant levé, il partit. La voix le mena dans un certain lieu et lui montra un éthiopien coupant du bois et faisant un gros fagot qu’il essayait de soulever mais il ne le pouvait pas. Et au lieu d’en retirer, il coupait encore du bois qu’il rajoutait au fagot. Il fit cela longtemps. Après qu’on se fut avancé encore un peu, la voix lui montra un homme qui se tenait sur le bord d’un lac, y puisant de l’eau et la versant dans un récipient troué  d’où l’eau s’écoulait dans le lac. La voix lui dit ensuite : Viens, je vais te montrer autre chose. Il vit alors un temple et deux hommes à cheval, portant une poutre en travers, côte à côte. Ils voulaient entrer par la porte, mais ils ne le pouvaient, parce que la poutre était de travers. Et aucun ne s’effaçait devant l’autre pour porter la poutre droite ; aussi restaient-ils à l’extérieur de la porte. Ces hommes, dit la voix, , ce sont ceux qui portent le joug de la justice avec orgueil et ne s’humilient pas pour se corriger et marcher sur l’humble route du Christ ; c’est pourquoi ils restent en dehors du royaume de Dieu. L’homme qui coupe du bois est celui qui vit dans de nombreux péchés ; au lieu de se repentir, il ajoute d’autres fautes à ses péchés. Et celui qui puise l’eau, c’est l’homme qui fait de bonnes actions, mais, comme il y mêle une mauvaise, il gâche en cela même ses bonnes œuvres. Tout homme doit donc veiller à ses œuvres pour ne pas travailler en vain».

Abbé Agathon, apophtegme 19 : «Le coléreux, même s’il ressuscite un mort, n’est pas agréable à Dieu».

Abbé Agathon, apophtegme 21 : «Un frère interrogea l’abbé Agathon sur la luxure et le vieillard lui dit : Va, jette devant Dieu ton impuissance et tu auras du repos».

Abbé Agathon, apophtegme 23 : «Quand bien même quelqu’un me fût excessivement cher, si je savais qu’il m’entraîne au péché, je le rejetterais loin de moi».

Abbé Agathon, apophtegme 24 : «Il faut que l’homme soit, à toute heure, attentif au jugement de Dieu».

Abbé Alonios, apophtegme 1 : «Si l’homme ne dit pas dans son cœur : Moi seul et Dieu sommes en ce monde, il n’aura pas de repos».

Abbé Ammonas, apophtegme 3 : «J’ai passé quatorze ans à Scété priant Dieu nuit et jour qu’il m’accorde de vaincre la colère».

Abbé Ammonas, apophtegme 11 : «La voie étroite et resserrée (Mt 7, 14), c’est faire violence à ses pensées et retrancher pour Dieu ses propres volontés. Et c’est là aussi ce qui est signifié par la parole : Voici que nous avons tout quitté pour te suivre (Mt 19, 27)».

Abbé Daniel, disciple de l’abbé Arsène, apophtegme 4 : «Autant le corps est florissant, autant l’âme végète ; et autant le corps végète, autant l’âme est florissante».

Saint Épiphane, évêque de Chypre, apophtegme 9 : «Une grande sauvegarde pour ne pas pécher, c’est la lecture des Écritures».

Saint Épiphane, évêque de Chypre, apophtegme 10 : «C’est un grand précipice et un gouffre profond que l’ignorance des Écritures».

Saint Épiphane, évêque de Chypre, apophtegme 11 : «C’est une grande trahison du salut que de ne rien savoir des lois divines».

Abbé Évagre, apophtegme 1 : «Assis dans ta cellule, rassemble tes pensées. Rappelle-toi le jour de la mort. Vois quel sera alors l’état cadavérique de ton corps, considère l’évènement, ressens la peine, condamne la vanité qui est dans le monde, afin de pouvoir persévérer toujours dans ton propos de retraite, sans faillir. Souviens-toi aussi de la condition présente en enfer, réfléchis comment sont là-bas les âmes, dans quel terrible silence, dans quels amers gémissement, dans quelle immense crainte, dans quelle agonie, dans quelle attente ; la torture continuelle, les larmes d’âmes sans fin. Mais souviens-toi aussi du jour de la résurrection et de la comparution devant Dieu. Imagine ce jugement effrayant et redoutable. Évoque ce qui est réservé aux pécheurs : la honte en présence de Dieu et des anges et des archanges et de tous les hommes, c’est-à-dire les supplices, le feu éternel, le ver qui ne meurt pas, le tartare, les ténèbres, le grincement des dents, les épouvantes et les tourments. Évoque aussi les biens qui sont réservés aux justes : l’assurance vis-à-vis de Dieu le Père et de son Fils, des anges et des archanges et de tout le peuple des saints, le royaume des cieux et ses dons, la joie et sa jouissance. De ces deux perspectives garde en toi la mémoire : pleure sur le jugement des pécheurs, sois en deuil, craignant de faire partie toi-même de leur nombre. Mais des biens réservés aux justes, réjouis-toi et sois dans l’allégresse. De ceux-ci efforce-toi d’obtenir la jouissance, et de ceux-là tâche d’être éloigné. Veille à ne jamais oublier, que tu sois à l’intérieur de ta cellule ou hours d’elle, le souvenir de ces vérités de telle sorte qu’au moins grâce à elles, tu fuies les pensées malpropres et nuisibles». (Bases de la vie monastiques 9, PG 40, 1261)

Abbé Évagre, apophtegme 4 : «Souviens-toi toujours de ta sortie, et n’oublie pas le jugement éternel, et il n’y aura pas de dissonance dans ton âme».

Abbé Évagre, apophtegme 5 : «Supprime les tentations, et pas un n’est sauvé».

Abbé Évagre, apophtegme 230 : «Le commencement du salut, c’est la condamnation de soi-même».

Abbé Élie, apophtegme 1 : «Moi, je crains trois choses : le moment où mon âme sortira du corps, celui où je paraîtrai devant Dieu et celui où la sentence sera rendue contre moi».

Abbé Élie, apophtegme 3 : «Que peut le péché là où il y a pénitence ? Et à quoi bon la charité où il y a orgueil ?».

Saint Grégoire de Nazianze, évêque, apophtegme 1 : «Il y a trois choses que Dieu exige de tout homme qui a reçu le baptême : une foi droite dans l’âme, la vérité sur la langue, et la chasteté du corps».

Saint Grégoire de Nazianze, apophtegme 2 : «Toute la vie d’un homme est un seul jour pour ceux qui sont travaillés par le désir».

Abbé Hyperéchios, apophtegme 3 : «Qui ne domine pas sa langue au moment de la colère ne dominera pas non plus ses passions».

Abbé Hyperéchios, apophtegme 4 : «Il vaut mieux manger de la viande et boire du vin plutôt que de dévorer par des médisances la chair de ses frères».

Abbé Hyperéchios, apophtegme 6 : «C’est par des chuchotements malveillants que le serpent a expulsé Ève du paradis (Gn 3, 1). Celui qui parle contre son prochain lui sera donc semblable, car il perd l’âme de celui qui l’écoute, et il ne sauve pas la sienne».

Abbé Isaïe, apophtegme 7 : «Quand Dieu veut faire miséricorde à une âme et que celle-ci résiste et n’accepte pas, faisant au contraire sa volonté propre, il permet qu’elle endure des peines dont elle ne veut pas afin qu’ainsi elle se mette en quête de lui».

Abbé Isidore de Péluse, apophtegme 5 : «Puisque grands sont le faîte de l’humilité, et l’abîme de la jactance, je vous conseille donc d’embrasser l’un pour ne pas tomber dans l’autre».

Abbé Jean Colobos, apophtegme 22 : «L’humilité et la crainte de Dieu sont bien au-dessus de toutes les vertus».

Abbé Jean Colobos, apophtegme 27 : «Il y a une prison qui consiste à rester dans la cellule et à se souvenir de Dieu à tout moment : c’est celle-là dont le Seigneur a dit : J’étais en prison et vous êtes venus à moi [Mt 25, 36]».

Abbé Jean Colobos, apophtegme 338 : «Même si nous sommes tout à fait vils au regard des hommes, réjouissons-nous du moins d’être honorés au regard de Dieu».

Abbé Jean Colobos, apophtegme 341 : «L’abbé Poemen disait que l’abbé Jean avait dit : « Les saints ressemblent à un jardin dont les arbres portent des fruits variés, tout en étant arrosés par la même eau. De fait, autre est l’activité de tel saint, autre celle de tel autre, mais c’est un seul esprit qui agit en eux tous».

Abbé Jean Colobos, apophtegme 362 : «Le même disait encore de l’abbé Isidore que, quand il parlait aux frères à l’Église, il disait seulement cette parole : Frères, il est écrit : Pardonne à ton prochain afn que toi aussi tu reçoives le pardon (Matthieu 6, 14)».

Abbé Joseph le Thébain : «Trois actions ont du prix au regard du Seigneur : Quand un homme est malade et que les tentations l’assaillent, s’il les accueille avec action de grâces ; deuxièmement, si toutes les œuvres que quelqu’un fait sont pures en présence de Dieu, sans rien d’humain ; troisièmement, si quelqu’un demeure dans la soumission au père spirituel et qu’il renonce à toutes les volontés propres. Ce dernier a même une couronne plus belle. Mais moi je préfèrerais la maladie».

Saint Macaire, apophtegme 11 : «S’en revenant un jour du marais à sa cellule en portant des rameaux de palmier, l’abbé Macaire vit le diable venir à sa rencontre sur le chemin avec une dague. Celui-ci voulut l’en frapper, mais ne l’ayant pu, lui dit : « Quelle force sort de toi, Macaire, pour que je sois impuissant contre toi ! Car tout ce que tu fais, je le fais aussi : tu jeûnes, moi aussi ; tu veilles, moi je ne dors pas du tout ; il n’y a qu’un point sur lequel tu me bats ». L’abbé Macaire lui demanda : « Quel est-il ? » Il dit : « Ton humilité. À cause d’elle je ne puis rien contre toi».

Saint Macaire, apophtegme 13 : «Un jour, l’abbé Macaire monta de Scété à Térénouthis, et il entra dans le temple pour dormir. Or il y avait là de vieilles momies païennes. En prenant une, il la plaça sous sa tête comme oreiller. Les démons, voyant donc son audace, furent saisis de jalousie et, pour l’effrayer, dirent comme s’ils s’adressaient à une femme : « Une telle, viens au bain avec nous ». Un autre démon répondait de dessous lui, comme du milieu des morts : « J’ai un étranger sur moi et je ne peux y aller ». Le vieillard cependant ne fut pas effrayé. Au contraire, il frappa bravement la momie en disant : « Lève-toi et va-t-en dans les ténèbres, si tu le peux ». En entendant cela, les démons s’écrièrent de toutes leurs forces : « Tu nous a vaincus ». Et ils s’enfuirent couverts de honte».

Saint Macaire, apophtegme 17 : «Si en reprenant quelqu’un tu te mets en colère, tu assouvis ta propre passion ; ne va donc pas, pour en sauver d’autres, te perdre toi-même».

Saint Macaire, apophtegme 20 : «Si pour toi le mépris est devenu comme la louange, la pauvreté comme la richesse, l’indigence comme l’opulence, tu ne mourras pas. Car il est impossible que celui dont la foi est parfaite et les œuvres faites avec piété tombe dans l’impureté des passions et l’égarement des démons».

Saint Macaire, apophtegme 31 : «On disait de l’abbé Macaire  que, si un frère venait à lui avec révérence comme à un saint et grand vieillard, il ne lui disait rien. Mais si l’un des frères lui disait comme par mépris : « Abbé, quand tu étais chamelier et que tu volais du nitre pour le revendre, est-ce que les gardiens ne te rossaient pas ? » Si quelqu’un lui disait cela, il lui parlait avec joie de tout ce qu’il désirait».

Saint Macaire, apophtegme 36 : «Si nous nous souvenons des maux que nous ont faits les hommes, nous supprimons la force du souvenir de Dieu. Mais si nous nous souvenons des maux faits par les démons, nous sommes indemnes».

Saint Macaire, apophtegme 490 : «Quand j’étais jeune, étant pris d’ennui dans la cellule, je sortis dans le désert et je dis à ma pensée : « Celui que je rencontrerai, je l’interrogerai pour être aidé ». Je trouvai un enfant qui paisait paître des bouvillons et je lui dis : « Que dois-je faire, petit, car j’ai faim ? » Il me dit : « Eh bien, mange ! » Je lui dis : « J’ai mangé et j’ai encore faim ». Il me dit de nouveau : « Eh bien, mange encore ». Je lui répétai : « J’ai mangé et j’ai encore faim ». Alors il me dit : « Peut-être es-tu un âne, abbé, pour vouloir toujours dévorer ». Et je me retirai édifié».

Abbé Matoès, apophtegme 1 : «Je préfère une activité légère et durable à une activité pénible au début et promptement abandonnée».

Abbé Matoès, apophtegme 2 : «Plus l’homme approche de Dieu, plus il se voit pécheur. En effet, Isaïe le prophète, quand il voit Dieu, se déclare misérable et impur (Is 6, 5)».

Abbé Matoès, apophtegme 3 : «Quand j’étais jeune, je me disais : Peut-être fais-je quelque chose de bien ? Maintenant que je suis vieux, je vois que je n’ai en moi pas une seule action bonne».

Abbé Matoès, apophtegme 4 : «Satan ne sait pas par quelle passion l’âme est vaincue. Il sème donc, mais il ne sait pas s’il récoltera : soit des pensées de luxure, soit des pensées de médisance, et ainsi des autres passions. Et la passion vers laquelle il voit l’âme pencher, il lui en procure l’aliment».

Abbé Matoès, apophtegme 11 : «Un frère demanda à l’abbé Matoès : « Dis-moi une parole ». Il lui dit : « Va, supplie Dieu qu’il donne à ton cœur le deuil et l’humilité ; considère à tout moment tes péchés et ne juge pas les autres, mais mets-toi au-dessous de tous ; n’aie pas d’amitié avec un enfant, ni de relations avec une femme, ni d’ami hérétique ; écarte de toi la désinvolture, maîtrise ta langue et ton ventre et bois peu de vin. Quand quelqu’un parle d’une chose quelconque, ne conteste pas avec lui ; s’il parle bien, acquiesce ; s’il parle mal, dis : « Tu sais comment tu parles ; et ne discute pas avec lui sur les choses dont il a parlé. C’est cela l’humilité».

Abbé Matoès, apophtegme 12 : «Un frère demanda à l’abbé Matoès : « Dis-moi une parole ». Le vieillard lui dit : « Retranche de toi toute contestation, pour quelque motif que ce soit ; pleure et sois dans le deuil (Jc 4, 9), car le temps est proche».

Abbé Matoès, apophtegme 13 : «Un frère demanda à l’abbé Matoès : « Que dois-je faire ? Car ma langue me tourmente, et quand je vais parmi les hommes, je ne puis la maîtriser, mais je les condamne en toute œuvre bonne qu’ils font et je les blâme. Que dois-je donc faire ? ». Le vieillard lui répondit : « Si tu ne peux te retenir, fuis dans la solitude, car c’est une infirmité. Or, celui qui demeure avec des frères ne doit pas être anguleux mais sphérique pour rouler au gré de tous ». Et il ajouta :  » Ce n’est pas par vertu que je reste dans la solitude mais par faiblesse : ce sont en effet des forts, ceux qui vont au milieu des hommes».

Abbé Mios, apophtegme 1 : L’abbé Mios de Béléos disait : «Obéissance pour obéissance : si quelqu’un obéit à Dieu, Dieu lui obéit».

Abbé Mios, apophtegme 3 :Un soldat ayant demandé à l’abbé Mios si Dieu agréait la pénitence, le vieillard lui dit après l’avoir longuement catéchisé : «Dis-moi, très cher, si ton manteau s’est déchiré, vas-tu le jeter ?» Il répondit : «Non, je le répare et je m’en sers». Le vieillard lui dit : «Si donc, toi, tu ménages ton vêtemnt, Dieu ne ménagera-t-il pas sa propre créature ?»

Abbé Moïse, apophtegme 1 : Un jour l’abbé Moïse fut fortement combattu par la luxure et, ne pouvant plus rester dans sa cellule, il s’en alla le dire à l’abbé Isidore. Le vieillard lui conseilla de retourner dans sa cellule. Mais il n’y consentit pas disant : « Je ne peux pas, abbé ». Alors, le prenant avec lui, il le fit monter sur la terrasse et lui dit : « Regarde vers le couchant ». Il regarda et vit une foule innombrable de démons qui se démenaient dans le vacarme du combat. Puis l’abbé Isidore lui dit : « Regarde vers le levant ». Il regarda et vit des multitudes innombrables de saints anges revêtus de gloire. Et l’abbé Isidore dit : « Voici que ceux-ci sont envoyés aux saints par le Seigneur pour les secourir, tandis que ceux du couchant sont ceux qui les combattent. Ceux qui sont avec nous sont donc plus nombreux ». Aussi l’abbé Moïse, rendant grâces à Dieu, reprit courage et retourna dans sa cellule.

Abbé Moïse, apophtegme 2 : Un jour un frère commit une faute à Scété. Il y eut un conseil et on envoya chercher l’abbé Moïse. Mais il ne voulut pas venir. Le prêtre lui envoya donc dire : « Viens, car tout le monde t’attend ». Alors, s’étant levé, il s’en alla prendre une corbeille percée, la remplit de sable et l’emporta sur son dos. Les autres, sortis à sa rencontre, lui dirent : « Qu’est-ce  que ceci ? » Le vieillard leur dit : « Mes péchés coulent à flot derrière moi et je ne les vois pas, et je viens aujourd’hui pour juger des fautes d’autrui ». Ayant entendu cette parole, il ne dirent rien au frère mais lui pardonnèrent.

Abbé Moïse, apophtegme 11 : Un frère interrogea l’abbé Moïse disant : « Je vois une chose devant moi et je ne puis la saisir ». Le vieillard lui dit : « Tant que tu n’es pas mort comme ceux qui sont enterrés, tu ne peux la saisir ».

Abbé Moïse, apophtegme 12 : L’abbé Pœmen a dit qu’un frère demanda à l’abbé Moïse de quelle manière un homme se rend comme mort vis-à-vis du prochain. Et le vieillard lui dit : « Tant que l’homme ne se met pas dans le cœur qu’il est déjà depuis trois jours dans une tombe, il n’arrive pas à réaliser cette parole ».

Sept chapitres que l’Abbé Moïse envoya à l’Abbé Pœmen :

Celui qui les observera échappera à tout châtiment et sera en paix, qu’il demeure dans un désert ou au milieu des hommes.

I – (L’abbé Moïse a dit) que l’homme doit être comme mort à l’égard de son compagnon pour ne pas le juger en quoi que ce soit. (Abbé Moïse apophtegme 14)

II – (Il a dit encore que) l’homme doit se faire mourir par rapport à toute chose (mauvaise) avant de sortir du corps, pour ne faire de mal à personne. (Abbé Moïse apophtegme 15)

III – (Il a dit encore) « Tant qu’un homme ne tient pas dans son cœur qu’il est pécheur, Dieu ne l’écoute pas ». Et le frère demanda : « Qu’est-ce que c’est, tenir dans son cœur qu’il est pécheur ? » Le vieillard répondit : « Si quelqu’un porte ses propres péchés, il ne voit pas ceux de son prochain ». (Abbé Moïse apophtegme 16)

IV – (Il a dit encore) « Si la pratique ne s’accorde pas avec la prière, l’homme peine en vain ». Et le frère demanda : « Qu’est-ce que l’accord de la pratique avec la prière ? » Le vieillard répondit : « C’est ne plus faire les choses pour lesquelles nous prions. Car quand un homme abandonne ses volontés propres, alors Dieu se réconcilie avec lui et agrée sa prière ». (Abbé Moïse apophtegme 17)

Le frère demanda : « En tout labeur de l’homme, qu’est-ce qui l’aide ? » Le vieillard répondit : « C’est Dieu qui aide. Il est écrit en effet : Dieu est notre refuge et notre force, notre secours dans les grandes tribulations qui nous sont survenues. (Ps 45, 2). (Abbé Moïse apophtegme 18a)

V- Le frère lui demanda encore : « Les jeûnes et les vielles que l’homme accomplit, à quoi servent-ils ?  » Le vieillard lui répondit : « Ils portent l’âme à s’humilier. Car il est écrit : Vois mon humilité et mon labeur, et efface tous mes péchés. (Ps 24, 18). Si l’âme produit ces fruits, Dieu en est ému de pitié pour elle ». (Abbé Moïse apophtegme 18b)

VI – Le frère demanda au vieillard : « Que fera l’homme en toute tentation qui lui survient et pour toute suggestion de l’Ennemi ? » Le vieillard lui dit : « Il doit pleurer devant la bonté de Dieu afin qu’elle lui vienne en aide, et il sera soulagé rapidement, pourvu qu’il demande en connaissance de cause. Il est écrit en effet : Le Seigneur est mon secours, et je ne craindrai pas ce que me fera un homme ». (Ps 117, 6). (Abbé Moïse apophtegme 18c)

VII – Le frère demanda ensuite : « Voici qu’un homme frappe son esclave pour une faute qu’il a commise. Que va dire l’esclave ? » Le vieillard répondit : « Si c’est un bon esclave, il dira : Aie pitié de moi ! j’ai péché ». Le frère lui dit : « Ne dira-t-il rien d’autre ? » Le vieillard dit : « Non, car dès qu’il prend sur lui de s’accuser et de dire : J’ai péché, sur-le-champ son maître a pitié de lui. Mais la fin de tout cela, c’est de ne pas juger le prochain. Car quand la main du Seigneur fit périr tout premier-né en Égypte, il n’y avait pas de maison où il n’y eût un mort (Ex 12, 29-30) ». Le frère lui demanda : « Que veut dire cette parole ?  » Le vieillard lui répondit : « Si nous nous appliquons à voir nos péchés, nous ne verrons pas les péchés du prochain. C’est en effet une folie, quand on a un mort à soi, de le laisser là pour s’en aller pleurer celui du voisin. Mourir vis-à-vis de ton prochain, c’est porter tes péchés et ne pas te soucier à propos de n’importe quel homme, s’il est bon ou mauvais. Ne fais de mal à personne, n’aie pas dans ton cœur des pensées mauvaises à l’égard de quiconque. Ne méprise pas celui qui fait le mal. Ne te laisse pas circonvenir par celui qui fait du mal à son prochain, et ne te réjouis pas non plus avec celui qui fait du mal à son prochain. Ne parle jamais mal de quelqu’un, mais dis : Dieu connaît chacun. Ne te laisse pas convaincre par le médisant et ne prends pas plaisir à ses racontars. N’imite pas non plus celui qui dit du mal de son prochain. C’est cela le « Ne jugez pas et nous ne serez pas jugés ». (Luc 6, 37). N’aie d’inimitié avec personne et ne garde jamais de haine dans ton cœur. N’imite pas non plus celui qui a de la haine pour son prochain. C’est cela la paix. Excite-toi à tout cela. La peine est pour peu de temps et le repos pour toujours, par la grâce du Dieu Verbe. Amen. (Abbé Moïse apophtegme  18d)

Abbé Nil, apophtegme 1 : «Tout ce que tu as fait pour te venger d’un frère qui t’as fait du tort, tout cela reparaîtra dans ton cœur au temps de la prière».

Abbé Nil, apophtegme 2 : «La prière est un rejeton de la douceur et de l’absence de colère».

Abbé Nil, apophtegme 3 : «La prière est l’antidote de la tristesse et du découragement».

Abbé Nil, apophtegme 5 : «Tout ce que tu endures avec sagesse, tu en trouveras le fruit au temps de la prière».

Abbé Nil, apophtegme 7 : «Ne veuille pas que ce qui te concerne arrive selon ton jugement mais selon le bon plaisir de Dieu, et tu seras sans trouble et reconnaissant dans la prière».

Abbé Paphnuce, disciple de saint Macaire, apophtegme 1 : «Alors que je marchais sur la route, il m’arriva de m’égarer par suite de la brume et de me retrouver près d’un village. Et j’en vis quelques-uns qui se comportaient honteusement ; alors je m’arrêtai et priai pour mes péchés. Et voici qu’un ange survint portant une épée et me dit : « Paphnuce, tous ceux qui jugent leurs frères périront par cette épée. Mais toi, parce que tu n’as pas jugé et que tu t’es humilié devant Dieu comme si c’était toi qui avais commis le péché, à cause de cela ton nom est inscrit dans le livre des vivants (Ps 68, 29)».

Abbé Paphnuce, disciple de saint Macaire, apophtegme 788 : «L’amma Sarra envoya dire à l’abbé Paphnuce : « As-tu fait une œuvre de Dieu en laissant mépriser ton frère ? » Et l’abbé Paphnuce dit : « Paphnuce est en effet ici pour faire l’œuvre de Dieu et il n’a rien à voir avec personne».

Abbé Phocas : L’abbé Phocas, du monastère de l’abbé Théogonios de Jérusalem, disait : Quand je demeurais à Scété, il y a avait aux Cellules un abbé Jacques, jeune moine, qui avait pour père spirituel son père selon la chair. Or les Cellules ont deux églises : l’une des orthodoxes avec  laquelle ils étaient en communion, l’autre des schismatiques. Comme l’abbé Jacques possédait la grâce de l’humilité, il était aimé de tous, aussi bien des catholiques que des schismatiques. Les orthodoxes disaient donc : « Prends garde, abbé Jacques, que les schismatiques ne t’égarent et ne t’entraînent à leur communion ». Pareillement les schismatiques lui disaient de leur côté : « Il faut que tu saches, abbé Jacques, qu’en communiant avec les partisans de deux natures, tu perds ton âme ; car ce sont des nestoriens et des calomniateurs de la vérité. » L’abbé Jacques, qui était sans malice, ayant conçu de l’angoisse des paroles qui venaient des deux partis et se trouvant dans le doute, s’en alla supplier Dieu. Il se cacha dans une cellule retirée qui était en dehors de la laure, revêtu des habits de l’ensevelissement, comme s’il allait mourir. Les Pères égyptiens ont en effet la coutume de conserver jusqu’à la mort le manteau qu’ils ont reçu lors de la prise d’habit, et la cuculle ; ils se font enterrer avec ces vêtements, ne les portent que le dimanche pour la sainte communion et les rangent aussitôt après. Il partit donc dans cette cellule, pria Dieu, s’exténua de jeûne, tomba sur le sol et y resta étendu. Or il disait avoir beaucoup souffert en ces jours-là du fait des démons, surtout en son esprit. Au bout de quarante jours, il vit un petit enfant entrer près de lui, tout joyeux, qui lui dit : « Abbé Jacques, que fais-tu ici ? » Illuminé à l’instant même et reprenant vigueur à sa vue, il lui dit : « Maître, tu sais ce que j’ai. Ceux-ci me disent : N’abandonne pas l’Église, et les autres me déclarent : Les partisans des deux natures se trompent ; et moi, dans le doute, ne sachant que faire, je suis venu ici pour cette affaire ». Le Seigneur lui répondit : « Là où tu es, tu es bien ». Et aussitôt qu’il entendit cette parole, il se retrouva devant les portes de la sainte église des orthodoxes, partisans du Concile.

Abbé Pœmen, apophtegme 8 : «… Il [Un frère] l’emmena [un anachorète] chez le vieillard et l’annonça en disant : « C’est un grand homme, il a beaucoup de charité et une grande renommée dans son pays. Je lui ai parlé de toi, et, désirant te voir, il est venu ». Aussi le vieillard le reçut-il avec joie et, après s’être salués mutuellement, ils s’assirent. L’étranger se mit alors, citant l’Écriture, à parler de choses spirituelles et célestes. Mais l’abbé Pœmen détourna de lui son visage et ne lui aucune réponse. Voyant qu’il ne lui parlait pas, l’autre s’en alla contristé et dit au frère qui l’avait amené : « C’est pour rien que j’ai fait tout ce voyage. Car je suis venu chez le vieillard et voilà qu’il ne veut même pas parler avec moi ». Le frère entra donc chez l’abbé Pœmen et lui dit : « Abbé, c’est pour toi qu’est venu ce grand homme, qui est si célèbre dans sa région. Pourquoi n’as-tu pas parlé avec lui ? » Le vieillard dit : « Lui, il est d’en haut et il parle de choses célestes ; moi, je suis d’en bas et je parle de choses terrestres. S’il m’avait parlé de passions de l’âme, je lui aurais répondu ; mais il m’a parlé de choses spirituelle que moi, je ne connais pas ». Le frère sortit donc et dit à l’étranger : « Le vieillard ne parle pas volontiers de l’Écriture ; mais si quelqu’un lui parle de passions de l’âme, il lui répond ». Touché de componction, le visiteur rentra auprès du vieillard et lui dit : « Que dois-je faire, abbé, car je suis dominé par les passions de l’âme ? » Le regardant alors gaiement, le vieillard lui répondit : « À présent, tu es bien venu ; maintenant ouvre ta bouche là-dessus, et je la remplirai de biens (Ps 80, 11)« . Ayant été très édifié, le visiteur disait : « Réellement c’est la vraie voie ». Et il retourna dans son pays en remerciant Dieu de lui avoir fait rencontrer un si grand saint».

Abbé Pœmen, apophtegme 10 : «Il y a une voix qui crie à l’homme jusqu’à son dernier souffle : Aujourd’hui, convertissez-vous».

Abbé Pœmen, apophtegme 12 : «Un frère interrogea l’abbé Pœmen, lui disant : « J’ai commis un grand péché et je veux faire pénitence pendant trois ans ». Le vieillard lui dit « C’est beaucoup ». Et le frère lui dit : « Au moins une année ? » Le vieillard dit de nouveau : « C’est beaucoup ». Ceux qui étaient présents disaient : « Quarante jours ? » Il dit encore : « C’est beaucoup ». Et il ajouta : « Moi, je dis que, si un homme se repent de tout son cœur et ne recommence pas à commettre le péché, trois jours suffisent pour que Dieu l’accueille».

Abbé Pœmen, apophtegme 14 : «De même que le garde du corps de l’empereur se tient toujours prêt à ses côtés, ainsi faut-il que l’âme soit toujours prête à repousser le démon de la luxure».

Abbé Pœmen, apophtegme 15 : «L’abbé Anoub questionna l’abbé Pœmen sur les pensées impures qu’engendre le cœur de l’homme et sur les vains désirs. Et l’abbé Pœmen lui dit : « Est-ce que la hache peut se glorifier sans celui qui s’en sert pour couper ? (Is 10, 15). Toi aussi, ne leur fais pas de place et ne prends pas plaisir en elles, et elles seront inefficaces».

Abbé Pœmen, apophtegme 20 : «L’abbé Isaïe questionna l’abbé Pœmen sur les pensées impures. Et l’abbé Pœmen lui dit : « De même que les vêtements qui remplissent un coffre et qu’on laisse à l’abandon, s’abîment avec le temps ; ainsi les pensées, si nous ne les réalisons pas corporellement, avec le temps s’abîment, c’est-à-dire disparaissent».

Abbé Pœmen, apophtegme 21 : «L’abbé Joseph posa la même question et l’abbé Pœmen lui dit : « Si on met un serpent et un scorpion dans une outre et qu’on la bouche, avec le temps ils mourront certainement ; de même aussi les mauvaises pensées, engendrées par les démons, disparaissent par l’endurance».

Abbé Pœmen, apophtegme 27 : «Il y a un homme qui paraît se taire, et son cœur condamne les autres ; un tel homme parle sans cesse. Au contraire il en est un autre qui parle du matin au soir, et qui pourtant garde le silence, parce qu’il ne dit rien qui n’ait une utilité spirituelle».

Abbé Pœmen, apophtegme 31 : «L’abbé Joseph demanda à l’abbé Pœmen : « Comment faut-il jeûner ? » L’abbé Pœmen lui dit : « Moi, je préfère qu’on mange un peu chaque jour, de façon à ne pas se rassasier ». L’abbé Joseph lui dit : « Quand tu était jeune, tu ne restais pas un jour sur deux sans manger, abbé ? » Et le vieillard lui dit : « En vérité, même trois et quatre jours, et toute une semaine. Tout cela, les pères l’ont expérimenté, en puissants qu’ils étaient, et ils ont trouvé préférable de manger chaque jour, mais en petite quantité ; et ils nous ont transmis la voie royale (Nb 20, 17), car elle est légère».

Abbé Pœmen, apophtegme 34 : «Un frère lui demanda : « Que signifie : Tu ne rendras pas le mal pour le mal (1 Th 5, 15) ? » Le vieillard lui dit : « Cette passion a quatre manières de s’exercer : premièrement, dans le cœur ; deuxièmement, par le regard ; troisièmement, par la langue ; quatrièmement, en rendant effectivement le mal pour le mal. Si tu peux purifier ton cœur , que la passion n’en vienne pas au regard ; mais si elle en vient au regard, prends garde de ne pas parler ; mais si tu parles, coupe au plus vite pour ne pas rendre effectivement le mal pour le mal».

Abbé Pœmen, apophtegme 36 : «Se jeter en présence de Dieu, ne pas s’estimer soi-même et rejeter derrière soi la volonté propre, sont les instruments de l’âme».

Abbé Pœmen, apophtegme 37 : «Quelque peine qui te survienne, la victoire sur elle, c’est de te taire».

Abbé Pœmen, apophtegme 38 : «C’est une exécration pour le Seigneur que tout bien-être corporel».

Abbé Pœmen, apophtegme 40 : «S’il te vient une pensée à propos de choses nécessaires au corps, que tu y as pourvu une fois et si une deuxième fois, elle revient et que tu y pourvois, la troisième fois qu’elle se présente, n’y prête plus attention, car elle est inutile».

Abbé Pœmen, apophtegme 41 : «Il a dit qu’un frère demanda à l’abbé Alonios : « Qu’est-ce que l’anéantissement ? » Et le vieillard dit : « C’est se mettre au dessous des êtres sans raison et savoir que ceux-ci ne sont pas répréhensibles».

Abbé Pœmen, apophtegme 42 : «Si l’homme se souvenait de la parole de l’Écriture : « C’est d’après tes paroles que tu seras justifié, et d’après tes paroles que tu seras condamné » (Mt 12, 37), il choisirait plutôt de se taire».

Abbé Pœmen, apophtegme 43 : «Le début du mal, c’est la distraction».

Abbé Pœmen, apophtegme 45 : «Un frère dit à l’abbé Pœmen : « Si je suis témoin d’une chose, veux-tu que je la rapporte ? » Le vieillard lui dit : « Il est écrit : Pour qui répond avant d’écouter, sottise et honte » (Pr 18, 13). Si tu es interrogé, parle ; sinon tais-toi».

Abbé Pœmen, apophtegme 47 : «Le vieillard dit : « Un frère demanda à l’abbé Pambo si c’était bien de louer le prochain, et il répondit : « Il est mieux de se taire».

Abbé Pœmen, apophtegme 49 : «L’homme a besoin de l’humilité et de la crainte de Dieu, comme du souffle qui sort de ses narines».

Abbé Pœmen, apophtegme 52 : «L’abbé Pœmen a dit que l’abbé Ammonas avait dit : « Un homme peut porter une hache toute sa vie sans réussir à abattre l’arbre ; mais un autre, qui a l’expérience de la coupe, abat l’arbre en peu de coups ». Et il disait que la hache est le discernement».

Abbé Pœmen, apophtegme 53 : «Un frère demanda à l’abbé Pœmen : « Comment un homme doit-il se conduire ? » Le vieillard lui dit : « Voyons Daniel : on ne trouva contre lui aucun grief, sauf dans ses dévotions envers le Seigneur son Dieu (Dn 6, 5-6)».

Abbé Pœmen, apophtegme 60 : «La pauvreté, l’affliction et le discernement : voilà les trois instruments de la vie solitaire. Il est écrit en effet : Si ces trois hommes sont là, Noé, Job, et Daniel, moi je vis, dit le Seigneur (Ez 14, 4). Noé représente la pauvreté, Job la peine et Daniel le discernement. Si donc ces trois pratiques se trouvent dans l’homme, le Seigneur habite en lui».

Abbé Pœmen, apophtegme 64 : «Un frère demanda à l’abbé Pœmen : « Si je vois une faute de mon frère, est-il bien de la cacher ? » Le vieillard lui dit : « À l’heure même où nous cachons la faute de notre frère, Dieu cache la nôtre ; et à l’heure où nous manifestons la faute du frère, Dieu manifeste aussi la nôtre».

Abbé Pœmen, apophtegme 97 : «Quand un homme arrive à ce que dit l’Apôtre : Tout est pur pour les purs (Tt 1, 15), il se voit inférieur à toutes les créatures. Le frère dit : « Comment puis-je me croire inférieur à un assassin ? » Le vieillard répondit : « Si l’homme qui est parvenu à ce qu’exprime cette parole voit un homme commettre un meurtre, il dira : Celui-ci ne fait que ce seul crime, mais moi je tue chaque jour».

Abbé Pœmen, apophtegme 98 : «Le frère interrogea l’abbé Anoub sur cette même parole selon ce que lui avait dit l’abbé Pœmen. Et l’abbé Anoub lui dit :  » Si l’homme qui est parvenu à ce qu’énonce cette parole voit les fautes de son frère, il fait en sorte que sa justice les engloutisse ». Le frère lui demanda : « Quelle est sa justice ? » Le vieillard répondit : De s’accuser soi-même tout le temps».

Abbé Pœmen, apophtegme 99 : «Un frère dit à l’abbé Pœmen : « Si je tombe dans une faute lamentable, ma pensée me ronge et me  reproche : Pourquoi es-tu tombé ? » Le vieillard lui dit : « À l’heure même où l’homme succombe à l’égarement, s’il dit : J’ai péché, aussitôt c’est fini».

Abbé Pœmen, apophtegme 101 : «Un frère demanda à l’abbé Pœmen : « Pourquoi ne puis-je devenir libre avec les vieillard pour leur découvrir mes pensées ? » Le vieillard lui répondit : « L’abbé Jean Colobos disait : En personne l’Ennemi ne trouve autant de joie qu’en ceux qui ne manifeste pas leurs pensées».

Abbé Pœmen, apophtegme 109 : «Un séculier, dont la vie était très pieuse, se rendit chez l’abbé Pœmen. D’autres frères également se trouvaient chez le vieillard et demandaient à entendre une parole. Le vieillard dit alors au pieux laïc : Dis quelque chose aux frères. Mais l’autre le supplia : « Pardonne-moi, abbé, moi je suis venu pour écouter ». Pourtant, sur les instances du vieillard, il dit : « Moi je suis un séculier qui vend des légumes et fait du commerce. Je délie les grosses bottes et j’en fait de petites, j’achète à bas prix et je revends cher. Évidemment, je ne sais rien dire de l’Écriture, mais je vais vous dire une parabole : Un homme dit à son ami : J’ai grand désir de voir l’empereur, viens donc avec moi. L’ami lui dit : Je t’accompagne jusqu’à mi-chemin. Puis il dit à un autre de ses amis : Allons, toi, conduis-moi à l’empereur. Il lui répond : Je te conduis jusqu’au palais de l’empereur. L’homme demande à un troisième : Viens avec moi chez l’empereur. Et celui-là lui dit : J’y vais, je te conduis dans le palais, je me présente, je dis un mot et t’introduis auprès de l’empereur. Les frères demandèrent le sens de cette parabole et le séculier leur répondit : « Le premier ami, c’est l’ascèse qui conduit jusqu’à la route ; le deuxième, c’est la pureté qui va jusqu’au ciel ; et le troisième, c’est l’aumône qui introduit avec assurance jusqu’à l’empereur divin ». Et les frères s’en allèrent édifiés».

Abbé Pœmen, apophtegme 111 : «Tant que la marmite est sur le feu, une mouche n’y peut toucher pas plus qu’une autre bestiole. Mais quand la marmite est froide, alors elles s’y posent. Ainsi en est-il du moine : tant qu’il persévère dans les pratiques spirituelles, l’Ennemi ne trouve pas le moyen de la faire tomber».

Abbé Pœmen, apophtegme 115 : «Un frère demanda à l’abbé Pœmen : « Que dois-je faire, car je suis en proie à la luxure et à la colère ? » Le vieillard répondit : « C’est pour cela que David disait : Je frappais le lion et j’étouffais l’ours (I R 17, 35), c’est-à-dire : je retranchais la colère et je réprimais la luxure par des fatigues».

Abbé Pœmen, apophtegme 116 : «On ne peut trouver plus grande charité que de donner sa vie pour son prochain (Jn 15, 13). En effet, si quelqu’un entend une parole mauvaise, c’est-à-dire qui  fait de la peine, et que, tout capable qu’il est de dire une parole semblable, il lutte pour ne pas la dire ; ou bien si on le maltraite et qu’il le supporte sans se venger, celui-là donne sa vie pour son prochain».

Abbé Pœmen, apophtegme 117 : «Un frère demanda à l’abbé Pœmen : Qu’est-ce qu’un hypocrite ? » Le vieillard lui dit : Un hypocrite est celui qui enseigne à son prochain une chose à laquelle il n’est pas encore parvenu. Il est écrit en effet : Qu’as-tu à regarder la paille qui est dans l’œil de ton frère et voici la poutre dans ton œil à toi, etc. (Mt 7, 3-4)».

Abbé Pœmen, apophtegme 118 : «Un frère demanda à l’abbé Pœmen : « Qu’est-ce que se mettre en colère contre son frère en vain (Mt 5, 22) ? » Et il dit : Quel que soit le mal que te fait ton frère, si tu te mets en colère contre lui, tu te mets en colère en vain. Quand bien même il t’arracherait l’œil droit et te couperait la main droite, si tu te mets en colère contre lui, tu te mets en colère en vain. Mais, s’il te sépare de Dieu, alors mets-toi en colère».

Abbé Pœmen, apophtegme 119 : «Un frère demanda à l’abbé Pœmen : « Que dois-je faire pour mes péchés ? » Le vieillard lui dit : Qui veut racheter ses péchés, les rachète par les pleurs, et qui veut acquérir les vertus, les acquiert par les pleurs. Pleurer, c’est en effet la voie que nous ont transmise l’Écriture et les pères en disant : Pleurez (Jc 4, 9), car il n’y a pas d’autre voie que celle-là».

Abbé Pœmen, apophtegme 120 : «Un frère demanda à l’abbé Pœmen : « Qu’est-ce que la pénitence du péché ? » Le vieillard répondit : C’est ne plus le commettre désormais. C’est pourquoi les justes sont appelés irréprochables (Col 1, 22), car ils ont abandonné leurs péchés et sont devenus justes».

Abbé Pœmen, apophtegme 129 : «Tous les excès viennent des démons».

Abbé Pœmen, apophtegme 136 : «L’un des pères demanda à l’abbé Pœmen : « Qui est celui qui dit : Moi, j’ai part avec tous ceux qui te craignent (Ps 118, 63) ? » Et le vieillard répondit : « C’est le Saint-Esprit qui dit cela».

Abbé Pœmen, apophtegme 148 : «Un frère demanda à l’abbé Pœmen : « Comment peut-on éviter de dire du mal du prochain ? » Le vieillard lui dit : Nous sommes, nos frères et nous, deux portraits. Dès lors que l’homme se regarde et se méprise, son frère se trouve valorisé auprès de lui. Mais s’il se juge lui-même beau, son frère se trouve avili en sa présence».

Abbé Pœmen, apophtegme 153 : «Un frère interrogea l’abbé Pœmen : « Père que dois-je faire ? » Le vieillard lui dit : Il est écrit : Je proclamerai mon iniquité et je méditerai sur mon péché (Ps 37, 19)».

Abbé Pœmen, apophtegme 157 : «Enseigner son prochain, c’est la même chose que le corriger».

Abbé Pœmen, apophtegme 160 : «Il y a trois choses capitales qui sont utiles : Craindre le Seigneur, prier et faire du bien au prochain».

Abbé Pœmen, apophtegme 162 : «Un frère demanda à l’abbé Pœmen : « Que dois-je faire ? » Le vieillard lui dit : Quand Dieu nous visitera, de quoi nous soucierons-nous ? Le frère répondit : « De nos péchés ». Alors le vieillard dit : Entrons donc dans notre cellule [ou chambre, c’-à-d. l’âme], restons-y à nous souvenir [à méditer] de nos péchés, et le Seigneur sera avec nous en tout».

Abbé Pœmen, apophtegme 172 : «Le même Abbé Pœmen a dit à l’abbé Anoub : Détourne tes yeux pour qu’ils ne voient pas la vanité (Ps 118, 37), car le laisser-aller tue des âmes».

Abbé Pœmen, apophtegme 177 : «La méchanceté ne fait nullement disparaître la méchanceté ; mais si quelqu’un te fait du mal, fais-lui du bien, afin que, par ta bienfaisance, tu fasse disparaître la méchanceté (Rm 12, 21)».

Abbé Pœmen, apophtegme 178 : «Quand David rencontra le lion, il le saisit à la gorge et le tua sur-le-champ (I R 17, 35) ; nous aussi, si nous tenons bien notre gorge et notre ventre, nous vaincrons grâce à Dieu le lion invisible».

Abbé Pœmen, apophtegme 183 : «La nature de l’eau est tendre, celle de la pierre, dure ; mais le vase qui est suspendu au-dessus de la pierre et qui laisse couler l’eau goutte à goutte, transperce la pierre. De même la parole de Dieu aussi est tendre et notre cœur est dur, mais si l’homme entend souvent la parole de Dieu, son cœur s’ouvre à la crainte de Dieu».

Abbé Pœmen, apophtegme supplémentaire 10 : «Ce qu’un homme a vu et ne garde pas, comment peut-il l’enseigner à son prochain ?».

Abbé Pœmen, apophtegme supplémentaire 11 : «Un homme qui habite avec quelqu’un doit être comme une colonne de pierre : insulté, il ne se met pas en colère ; loué, il ne s’élève pas».

Abbé Pœmen, apophtegme supplémentaire 13 : «Un homme en qui ton cœur n’a pas pleine confiance, ne lui confie pas ta conscience».

Abbé Pœmen, apophtegme supplémentaire 14 (654) : «Le fait de ne pas prévoir une chose nous empêche de progresser vers le mieux».

Abbé Pœmen, apophtegme supplémentaire 18 : «Si l’âme se sépare de tout discuteur, de l’agitation humaine et du trouble, l’Esprit de Dieu survient en elle et alors elle pourra engendrer, elle qui était stérile».

Abbé Pœmen, apophtegme 693 : «Un frère demanda à l’abbé Pœmen : « Que dois-je faire pour mes péchés ? » Le vieillard lui dit : « Pleure en toi-même, car la délivrance des péchés et l’acquisition des vertus, les deux choses résultent du deuil».

Abbé Rufus : «Celui qui est établi dans la soumission à un père spirituel obtient un plus grand salaire que celui qui se retire à part soi dans le désert ». Et il rapportait ce que l’un des Pères avait raconté : « J’ai vu quatre ordres dans le ciel : le premier ordre, l’homme qui est malade et qui rend grâces à Dieu ; le deuxième ordre, celui qui pratique l’hospitalité et se dévoue à ce service ; le troisième ordre, celui qui s’attache au désert et à ne voir personne ; le quatrième ordre, celui qui est établi dans la soumission à un Père et qui lui est soumis pour le Seigneur. Or celui qui était arrivé par l’obéissance portait un collier d’or et une couronne, et il avait plus de gloire que les autres. ET moi, continuait-il, je dis à mon guide : « Pourquoi celui-ci, bien qu’il soit plus petit, a-t-il une gloire plus grande que les autres ? » Il me répondit : « C’est que celui qui pratique l’hospitalité agit par sa propre volonté ; et celui qui vit au désert s’est retiré du monde par sa propre volonté ; tandis que celui qui a l’obéissance, ayant abandonné toutes ses volontés, dépend de Dieu et de son propre Père ; à cause de cela il a reçu une gloire plus grande que les autres. Voilà pourquoi, mes enfants, bonne est l’obéissance pratiquée pour le Seigneur. Vous avez donc, mes enfants, au moins partiellement, quelque petite idée de cette vertu, O obéissance, salut de tous les fidèles ! O obéissance, mère de toutes les vertus ! O obéissance, qui découvres le royaume ! O obéissance, qui ouvres les cieux et élèves les hommes au-dessus de la terre ! O obéissance, nourrice de tous les saints, toi qui les a allaités et par qui ils sont devenus parfaits ! O obéissance, compagne des anges !».

Abbé Sarmatas, 871 : «Tout ce que l’homme pourrait fuir et dont il ne se garde pas, rend le péché inévitable».

Amma Sarra, 1 : On racontait d’amma Sarra qu’elle demeura treize ans en butte aux assauts violents du démon de la luxure, et qu’elle ne pria jamais pour que le combat s’éloigne, mais elle disait plutôt: « O Dieu, donne-moi de la force ».

Amma Sarra, 3 : On racontait au sujet d’amma Sarra qu’elle demeura près du fleuve [le Nil] pendant soixante ans et ne se pencha jamais pour le voir.

Amma Sarra, apophtegme 6 : «Je mets le pied sur l’échelle pour monter et je place la mort devant mes yeux avant d’y grimper».

Amma Sarra, 891 : «Elle dit encore aux frères : « Moi, je suis un homme ; c’est vous qui êtes des femmes».

Abbé Sisoès, apophtegme 4 : «L’abbé Sisoès dit un jour avec assurance : « Courage ! voici qu’après trente ans je ne prie plus Dieu au sujet du péché, mais je dis cette invocation : Seigneur Jésus, abrite-moi contre ma langue ; et cependant jusqu’à maintenant je tombe chaque jour à cause d’elle et commets le péché».

Abbé Sisoès, apophtegme 13 : «Un frère interrogea l’abbé Sisoès en disant : « Je m’aperçois que le souvenir de Dieu demeure en moi ». Le vieillard lui dit : « Ce n’esst pas une grande chose que ta pensée soit avec Dieu ; ce qui est grand, c’est de te voir inférieur à toute créature. Car cela, avec le labeur corporel, conduit à l’humilité».

Abbé Sisoès, apophtegme 29 : «Si quelqu’un prend soin de toi, il ne faut pas que tu lui donnes des ordres».

Abbé Sisoès, apophtegme 38 : «Un frère demanda à l’abbé Sisoès : « Que dois-je faire, abbé, car je suis tombé ? » Le vieillard lui dit : « Relève-toi ». Le frère dit : « Je me suis relevé et je suis tombé de nouveau ». Le vieillard dit : « Relève-toi encore et encore ». Alors le frère demanda : « Jusqu’à quand ? » Le vieillard répondit : « Jusqu’à ce que tu sois emporté ou dans le bien ou dans la chute ; car dans l’état où se trouve l’homme, ainsi s’en va-t-il au jugement».

Abbé Sisoès, apophtegme 40 : «Cherche Dieu et ne cherche pas où il habite».

Abbé Sisoès, apophtegme 48 : «Un jour l’abbé Sisoès sortit de la montagne de l’abbé Antoine pour gangner la montagne extérieure de la Thébaïde, où il habita. Or il y avait là des méléciens qui demeuraient à Calamon d’Arsinoé. Certains, ayant appris qu’il s’en était allé à la montagne extérieure, eurent le désir de la voir. Mais ils se disaient : « Que faire ? Dans la montagne il y a des méléciens ; nous savons que le vieillard n’a rien à souffrir d’eux ; mais nous, en voulant le rejoindre, n’allons-nous pas tomber dans l’appât de ces hérétiques ? » Aussi, pour ne pas rencontrer les hérétiques, ils n’allèrent pas voir le vieillard».

Abbé Sisoès, apophtegme supplémentaire 3 : «L’abbé Sisoès dit à un frère : « Comment vas-tu ? » L’autre répondit : « Je perds les journées, Père ». Et le vieillard dit : « Même si moi, je perds une journée, je rends grâces

Amma Synclétique, apophtegme 1 : «Il y a au commencement beaucoup de lutte et de labeur pour ceux qui s’approchent de Dieu, mais ensuite une joie ineffable. En effet, comme ceux qui veulent allumer du feu sont d’abord enfumés et pleurent, et obtiennent ainsi ce qu’ils cherchaient – car il est dit : Notre Dieu est un feu dévorant (Heb. 12, 29) – ainsi, devons-nous aussi allumer en nous le feu divin avec des larmes et des peines».

Amma Synclétique, apophtegme 2 : «Il faut que nous, qui avons embrassé cette profession, nous gardions la plus parfaite chasteté ; en effet, il semble que, chez les séculiers aussi, la chasteté soit pratiquée, mais mêlée d’une certaine intempérance qui les fait pécher par tous les autres sens. En effet, ils regardent sans pudeur et rient sans retenue».

Amma Synclétique, apophtegme 11 : «Imite le publicain, pour ne pas être condamné avec le pharisien (Luc 18, 10-14). Et choisis la douceur de Moïse afin de changer le roc de ton cœur en une source d’eau».

Amma Synclétique, apophtegme 14 : «Plus les athlètes font de progrès, plus fort est l’adversaire qu’ils affrontent».

Amma Synclétique, apophtegme 16 : «Etant dans un monastère de cénobites, préférons l’obéissance à l’ascèse. Celle-ci, en effet, enseigne l’orgueil, celle-là l’humilité».

Amma Synclétique, apophtegme 18 : «Il est écrit : Soyez prudents comme des serpents et simples comme des colombes (Matt 10, 16). Être comme des serpents, cela veut dire ne pas ignorer les assauts et les ruses du diable. Car le semblable reconnaît très vite son semblable. Quant à la simplicité de la colombe, cela désigne la pureté de la pratique».

Amma Synclétique, apophtegme supplémentaire 1 : «Beaucoup qui sont dans la montagne agissent comme les citadins et se perdent. Il est possible, en vivant dans la foule, d’être solitaire par la pensée ; on peut aussi être seul et vivre avec la foule en pensée».

Amma Synclétique, apophtegme supplémentaire 5 : «Mes enfants, tous nous voulons être sauvés, mais par notre négligence nous nous éloignons du salut».

Amma Synclétique, apophtegme supplémentaire 9 : «De même qu’il est impossible de construire un navire sans clous, ainsi est-il inconcevable d’être sauvé sans humilité».

Amma Synclétique, apophtegme supplémentaire 10 : «Il y a une tristesse utile, et il y a une tristesse pernicieuse. La tristesse salutaire, c’est de déplorer d’une part ses propres péchés et d’autre part la faiblesse du prochain, à la fois pour ne pas déchoir de son propos et pour atteindre la perfection de la bonté. Mais il y a aussi la tristesse qui vient de l’ennemi, irraisonnée, que certains ont nommé aussi acédie. Il fat donc mettre en fuite cet esprit surtout par la prière et la psalmodie».

Abbé Théodore de Phermé, apophtegme 4 : «Si tu as une amitié avec quelqu’un et qu’il vienne à tomber dans une tentation de luxure, si tu le peux, donne-lui la main et tire-le de là. Mais s’il tombe dans l’hérésie et ne se laisse pas persuader par toi de s’en détourner (cf. Tite 3, 10), retranche-le promptement de toi, de peur que, en tardant, tu ne sois entraîné avec lui dans l’abîme».

Abbé Théodore de Phermé, apophtegme 16 : «Beaucoup, en ce siècle, prennent le repos avant que Dieu ne le leur donne».

Abbé Tithoès, apophtegme 3 : «Un frère demanda à l’abbé Tithoès : « Comment garderai-je mon cœur ? » Le vieillard lui dit : « Comment pouvons-nous garder notre cœur, alors que nous tenons ouverts notre bouche et notre estomac ?».

Abbé Tithoès, apophtegme 6 : «Un jour, l’abbé Tithoès était assis et il y avait un frère près de lui ; inconsciemment il soupira sans penser qu’un frère était près de lui, car il était en extase. Il fit alors une métanie et dit : « Pardonne-moi, frère, je ne suis pas encore devenu moine, puisque j’ai soupiré devant toi».

Abbé Tithoès, apophtegme 7 : «Un frère demanda à l’abbé Thithoès : « Quelle est la voie qui mène à l’humilité ? » Le vieillard lui dit : « La voie de l’humilité, c’est garder la tempérance, prier et se tenir pour inférieur à toute créature».

Abbé Théodore de Phermé, apophtegme 20 : «Un frère dit à l’abbé Théodore : Dis-moi une sentence, car je suis perdu. Avec effort, le vieillard lui dit : Je suis moi-même en péril, que pourrais-je te dire ?».

Abbé Zénon, apophtegme 7 : «Celui qui veut que Dieu exauce rapidement sa prière chaque fois qu’il lève et qu’il étend les mains vers Dieu, qu’il commence d’abord par prier de toute son âme pour ses ennemis, avant même de prier pour lui-même ; et, en considération de cet acte de vertu, Dieu lui accordera tout ce qu’il demande».

Conclusion

La vie de la foi dans le désert actuel consiste à se convertir à la vraie foi, et à rechercher (et poursuivre) la contrition, la pénitence et la persévérance finale (vivre dans la vraie foi et mourir en état de grâce).