Communicatio in sacris : Définition, loi divine et discipline de l’Église

Sommaire

  • Définition Communicatio in sacris
  • La discipline universelle de l’Église
  • L’Église catholique interdit de recevoir les sacrements d’hérétiques selon la règle de l’Église
    • Les « lieux de réunions d’hérétiques »
  • Communicatio in sacris ou communion dans les choses sacrées avec les hérétiques
    • La question de la participation dans l’adoration hérétique ou schismatique dans les documents du saint Office à partir du dix-septième siècle

Définition Communicatio in sacris

Le terme communicatio in divinis (Latin) fut changé plus tard par le terme communicatio in sacris. Les termes signifient historiquement que ceux qui adorent ensemble communiquent dans les choses divines, d’où communicatio in sacris.

  1. Communicatio in sacris : Communion dans les choses sacrées.
  2. Communicatio in sacris cum acatholicus : Culte (ou communion) dans les choses sacrées avec des non-catholiques.
  3. Communicatio in divinis : Communion dans les choses divines.

La communicatio est la communion, par exemple, d’un catholique qui participe en communion aux rites ou églises non-catholiques. Cela n’a rien à voir avec des sacrements possibles en cas de nécessité selon la loi de l’Église en ces temps actuels d’exception.

La discipline universelle de l’Église

La discipline universelle de l’Église applique (d’infaillibilité négative) par loi ecclésiastique contraignante la loi divine de la règle de la foi, en matière de foi et de morale. C’est un dogme que l’Église a autorité sur la discipline et l’administration des sacrements.

Pape Pie IV, concile de Trente, 21ème session, ch. 2, 16 juill. 1562 ex cathedra : «Le concile déclare, en outre, que dans l’administration des sacrements il y eut toujours dans l’Église le pouvoir de décider ou de modifier, la substance de ces sacrements étant sauve, ce qu’elle jugerait mieux convenir à l’utilité de ceux qui les reçoivent et au respect des sacrements eux-mêmes, selon la diversité des choses, des temps et des lieux».

Donc c’est un dogme que l’Église, sans pouvoir toucher à la substance des sacrements – intention, matière et forme – a le pouvoir de juger ce qui est le mieux pour l’administration des sacrements et pour ceux qui les reçoivent. C’est pourquoi la discipline universelle de l’Église préserve d’abord le bien et le besoin des fidèles en cas de nécessité jusqu’à un certain point, et non pas le bien des hérétiques.

Par exemple, la loi divine elle-même interdit aux prêtres de donner la communion à des hérétiques, qu’ils soient notoires ou publics ou privés :

Pape Innocent III, Concile de Latran IV (Décrets 234) ex cathedra : «Les Clercs ne peuvent donner la communion aux hérétiques».

Cela ne signifie pas que les fidèles ne pourraient pas, en ces temps où il n’y a quasiment pas de prêtres catholiques, recevoir la communion eucharistique de prêtres hérétiques publics, car l’Église administre par sa discipline et autorité les sacrements pour le bien des fidèles, et non pas évidement pour le bien des hérétiques. C’est la raison pour laquelle la discipline universelle de l’Église autorise la réception du sacrement de communion d’hérétiques qui ne sont pas notoires de fait ou imposants sans prêtres catholiques disponibles et en cas de nécessité.

La discipline universelle de l’Église applique la loi divine par l’Église, dans l’Église, pour l’Église.

Pape Pie IX, Quanta Cura, 8 déc. 1864 ex cathedra : « Il s’agit … d’accorder ou de refuser obéissance au siège apostolique ; il s’agit de reconnaître sa suprême autorité même sur vos églises, et non seulement quant à la Foi, mais encore quant à la discipline : celui qui la [Foi] nie est hérétique ; celui qui la [discipline] reconnaît et qui refuse opiniâtrement de lui obéir est digne d’anathème».

La foi est divine et catholique : Divine, c-à-d ayant pour objet la révélation divine connue comme telle, et catholique, c-à-d selon la règle de l’Église. La discipline universelle de l’Église catholique est la loi ecclésiastique qui applique la loi divine de la foi et la morale, et la règle de la foi, contraignant toute l’Église ; c’est la règle inviolable de l’Église fondée sur la Tradition. Voici quelques exemples :

Pape Léon X, cinquième concile de Latran, Session 8, 19 déc. 1513, Condamnation detoute assertion contraire à la vérité de la foi éclairée (Décrets 605) ex cathedra (Magistère solennel)  : «Puisque la vérité ne peut nullement être contraire à la vérité, Nous définissons donc comme étant complètement fausse toute assertion contraire à la vérité de la foi éclairée [Magistère], et Nous interdisons avec la plus grande rigueur de permettre que soit enseignée une position différente. Et Nous décidons que [Discipline universelle] tous ceux qui adhèrent à l’affirmation d’une telle erreuren disséminant de la sorte les hérésies les plus condamnables, devront être totalement [en tous sens] évités et punis, comme étant de détestables et abominables hérétiques et infidèles qui ébranlent la foi catholique. Que personne donc… Si quelqu’un… [phrases manquantes de déclaration de condamnation ou anathème]».

Pape Léon X, cinquième concile de Latran, Session 9 (Décrets 625) : «Et pour queles faux chrétiens, de même que ceux qui ne pensent pas correctement en matière de foi, quelque soit leur État ou Nation, de même que les hérétiques ouceux qui sont entachés de la souillure d’hérésie, ou encore les judaïsants, soient complètement éliminés du troupeau des fidèles du Christ, pour qu’ils soient chassés de partout, en particulier de la curie romaine, et soient punis d’une juste remontrance [peine] … les constitutions et les décisions de cette sorte que Nous prenons maintenant concernent … la discipline ecclésiastique. … Si quelqu’un y contrevient par une audace téméraire, qu’il encoure par le fait même une peine d’excommunication déjà portée. Que personne donc… Si quelqu’un cependant…».

Pape Paul V, Bref Romani Pontificis, contra Fidelitatis juramentum (Le Pontife romain, contre l’Allégeance), réitération de l’interdiction du pape Paul IV et de ses prédécesseurs, 22 sept. 1606 : «Grande est la douleur de notre esprit pour les tribulations et les calamités vous avez constamment subi pour votre adhésion à la foi de l’Église catholique ; et nous comprenons que ces tentatives sont devenus plus sévères à l’heure actuelle, notre affliction augmente excessivement. Car nous sommes informés que vous êtes forcés, sous les peines les plus graves, d’aller dans les églises des hérétiques, de fréquenter leurs réunions, et d’assister à leurs sermons. En effet, nous sommes pleinement convaincus que vous qui, avec tant de courage et de constance, avez ici à subi des misères presque infinies, afin de marcher sans tache dans la loi du Seigneur, ne consentirez jamais à être souillés par la communication avec ceux qui ont abandonné la loi divine. Néanmoins, poussé par le zèle de notre devoir pastoral, et la sollicitude paternelle avec laquelle nous travaillons tous les jours pour le salut de vos âmes, nous sommes obligés d’avertir et de vous en conjurer, qu’en aucun cas vous alliez dans les églises des hérétiques, ou entendiez leurs sermons, ou participiez à leurs rites, de peur que vous encouriez la colère de Dieu ; Car il n’est pas licite pour vous faire de telles choses, sans déshonorer Dieu, et nuire à votre propre âme».

La discipline universelle de l’Église est l’application de la règle de la foi.

 

L’Église catholique interdit de recevoir les sacrements d’hérétiques selon la règle de l’Église

Code de Droit Canonique 1917, Canon 2197, 1 : «Un crime est public : (1) s’il est déjà communément connu ou que les circonstances sont de nature à conduire à la conclusion qu’il peut et va facilement le devenir».

Code de Droit Canonique 1917, canon 2197, § 3 : « Une infraction est notoire par sa notoriété de faitsi elle est publiquement connue et commise dans des circonstances telles qu‘elle ne peut être dissimulée par aucun subterfuge [tergiversation], ni excusée par aucune excuse admise dans la loi ».

Un hérétique est excommunié pour lui-même par son obstination, c’est-à-dire que plus la vérité de la foi lui est montrée plus il la nie. Il n’est pas excommunié automatiquement par rapport aux autres tant qu’il n’est pas notoire de fait prouvé et en cas de nécessité quand il n’y a pas d’autres prêtres possibles pour le sacrement de communion.

A partir du moment où l’hérétique public ne peut absolument pas dissimuler son crime d’hérésie par aucune tergiversation, ou faux-fuyant, ou artifice qui rend l’imputabilité incertaine, il est excommunié automatiquement pour lui-même et par rapport aux autres : il est notoire de fait et il interdit de recevoir le sacrement de communion d’un tel prêtre, même en cas de nécessité.

La notoriété de fait équivaut à la notoriété de droit : quand le crime est avoué à un juge compétent (un prêtre, un juge de l’ordinaire, etc.) ou par la déclaration nominative de l’Église.

Si la notoriété n’est pas de droit, l’hérétique notoire de fait ne peut être approché pour le sacrement de communion.

Les « lieux de réunions d’hérétiques »

Concile de Constantinople III, 680-681 (Discipline de l’Église) «Si un ecclésiastique ou un laïc doit aller dans la synagogue des Juifs ou des lieux de réunions d’hérétiques pour se joindre à la prière avec eux, qu’ils soient déposés et privés de communion [excommuniés]. Si un évêque, un prêtre ou un diacre doit s’unir à la prière avec les hérétiques, qu’il soit suspendu de la communion».

Pape Pie VIII, Traditi Humilitati (n° 4), 24 mai 1829 : «Jérôme disait ainsi : celui qui mange l’agneau en dehors de cette maison [lieux de réunions des hérétiques] périra tout comme ceux lors de l’inondation qui n’étaient pas avec Noé dans l’arche ».

Pape Grégoire XVI, Commissum divinitus (n° 11), 17 mai 1835 : «… quiconque ose s’écarter de l’unité de Pierre pourrait comprendre qu’il ne partage plus le mystère divin … Celui qui mange l’agneau à l’extérieur de cette maison [lieux de réunion des hérétiques] est impie».

Les « lieux de réunions d’hérétiques » que l’Église interdit absolument par sa discipline universelle (qui est d’infaillibilité négative et qui contraint toute l’Église par l’application de la loi divine) sont les lieux d’hérétiques notoires en fait ; Les autres hérétiques publics sont aussi interdits mais pas absolument selon les circonstance et la nécessité, c’est-à-dire qu’ils sont interdits absolument quand il y a des prêtres catholiques, mais non pas absolument, par la nécessité et en cas de nécessité s’il n’y pas de prêtres catholiques (quasi aucun au monde aujourd’hui). Cela est dû au fait que l’hérétique public n’est pas l’hérétique notoire de fait : l’hérétique public n’a pas d’excuse quand il est obstiné mais il peut encore dissimuler son crime par de faux arguments exonérant la connaissance certaine de l’imputabilité de la peine de son crime, ce qui fait qu’il est excommunié pour lui-même par son obstination, mais qu’il n’est pas encore excommunié effectivement par rapport aux autres.

Pape Vigile, deuxième Concile de Constantinople, 553, ex cathedra : « L’hérétique, même s’il n’a pas été condamné officiellement par un individu, en réalité apporte anathème sur lui-même, s’étant coupé du chemin de la vérité par son hérésie. Quelle réponse ces personnes peuvent apporter à l’Apôtre quand il écrit : « Évite un homme hérétique, après une première et un seconde admonition » ; sachant qu’un tel homme est perverti, et qu’il pèche, puisqu’il est condamné par son propre jugement (Tite 3, 10) ».

Le dogme doit être compris tel qu’il est écrit par les mots mêmes. 

Pape Pie IX, premier concile du Vatican, 1870, Sess. 3, chap. 2, sur la Révélation, ex cathedra : « Ainsi, également, la compréhension de ses dogmes sacrés doit être perpétuellement retenue, telle que la Sainte Mère l’Église les a une fois déclarés, et il ne doit jamais y avoir une récession à partir de cette signification sous le nom spécieux d’une compréhension plus profonde».

L’Église comprend Tite 3, 10 par «anathème sur lui-même» par son hérésie obstinée mais non pas par rapport aux autres sauf par sa notoriété de fait (pas la notoriété matérielle qui est celle pouvant encore comporter une excuse). Autrement dit, tant qu’un hérétique n’est pas notoire en fait il n’est pas suspendu de son office par rapport aux autres (mais il l’est par rapport à lui-même). C’est la discipline universelle de l’Église que quand on peut trouver un prêtre catholique, c’est un péché d’aller chez des hérétiques même « que » publics, mais ce n’est pas un péché quand on ne peut pas trouver de prêtre catholique et qu’il y a nécessité, à condition que ce ne soit que pour la réception du sacrement de l’Eucharistie et absolument rien d’autre (ne pas prier avec, ne pas aider d’aucune manière, ne pas soutenir d’aucune façon, ne pas assister activement, ne pas donner de l’argent, ne pas recevoir de cadeaux, etc.). Cela devient un péché seulement quand le prêtre est hérétique, schismatique ou apostat notoire de fait parce que l’hérétique notoire de fait est suspendu par rapport aux autres. L’Église fournit la juridiction tant que l’hérétique n’est pas prouvé notoire de fait.

Communicatio in sacris ou communion dans les choses sacrées avec les hérétiques

L’Église catholique interdit de recevoir les sacrements de prêtre hérétique (Sainte Eucharistie, Pénitence, Confirmation, Extrême-onction, Mariage et saints Ordres, selon la règle de l’Église.

Les hérétiques interprètent les passages suivants de l’Écriture en dehors de la règle de l’Église pour nier tout sacrement de tout hérétique en cas de nécessité :

Psaume 140, 4 (118, 115) : « Avec des hommes qui opèrent l’iniquité, je n’aurai point de part… Éloignez-vous de moi méchants ».

Proverbes 13, 20 : «Celui qui marche avec les sages sera sage ; l’ami des insensés leur deviendra semblable ».

Romains 16, 17-20 : « Mais je vous prie, mes frères, d’observer ceux qui sèment des dissensions et des scandales contre la doctrine que vous avez apprise, et détournez-vous d’eux. Car de tels hommes ne servent point le Christ Notre Seigneur, mais leur ventre ; et par de douces paroles et des flatteries, ils séduisent les âmes simples [innocents]. Votre obéissance est connue en tout lieu. Je me réjouis donc pour vous, mais je désire que vous soyez sages dans le bien et simples dans le mal. Que le Dieu de la paix broie Satan sous vos pieds au plus tôt. Que Notre Seigneur Jésus-Christ soit avec vous ».

I Corinthiens 15, 33-34 : « Ne vous laissez point séduire, les mauvais entretiens corrompent les bonnes mœurs. Justes, veillez, et ne péchez point, car quelques uns sont dans l’ignorance de Dieu ; je vous le dis pour votre honte ».

II Thessaloniciens 3, 6, 14 : « Or nous vous ordonnons, mes frères, au nom de Notre Seigneur Jésus-Christ, de vous séparer de tous nos frères qui se conduisent d’une manière déréglée, et non selon la tradition qu’ils ont reçu de nous. [14] Que si quelqu’un n’obéit pas, notez-le et n’ayez point de commerce avec lui ».

Éphésiens 5, 6-15 : « Que personne ne vous séduise par de vains discours, car c’est pour ces choses que vient la colère de Dieu sur les fils de la défiance. N’ayez donc point de commerce avec eux. Car autrefois vous étiez ténèbres, mais maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur. Marchez comme des enfants de la lumière. Or le fruit de la lumière consiste en toute bonté, justice et vérité. Examinant ce qui est agréable à Dieu. Ne vous associez point aux œuvres infructueuses des ténèbres, mais plutôt réprouvez-les. Car ce qu’ils font en secret est honteux même à dire. Or tout ce qui est répréhensible se découvre par la lumière ; car tout ce qui se découvre est lumière. C’est pourquoi l’Écriture dit : Lève-toi, toi qui dors ; lève-toi d’entre les morts, et le Christ t’illuminera. Ayez donc soin, mes frères, de marcher avec circonspection, non comme des insensés… »

Tite 3, 10-11 : « Évite un homme hérétique, après une première et une seconde admonition, sachant qu’un tel homme est perverti, et qu’il pèche, puisqu’il est condamné par son propre jugement ».

Mais ces passages ci-dessus n’ont rien à voir avec la communicatio in sacris/in divinis avec les hérétiques selon la règle de l’Église (Discipline universelle) :

Pape Vigile, deuxième concile de Constantinople, 553, (Décrets 110) ex cathedra : «Même si un impie [un hérétique] n’a pas reçu l’anathème d’un autre sous forme verbale, il le porte cependant de fait contre lui en se séparant lui-même de la vraie voie par son impiété. Que répondent-ils à l’Apôtre qui répète encore : Évite [romps avec] un homme [qui est] hérétique, après une première et une seconde admonition, sachant qu’un tel homme est perverti, et qu’il pèche, puisqu’il est condamné par son propre jugement (Tite 3, 10)».

Ci-dessus c’est un dogme (à croire comme c’est écrit par les mots) que l’hérétique dont parle Tite 3, 10-11 est excommunié pour lui-même et non pas par rapport aux autres tant qu’il n’est pas notoire de fait prouvé (il faut prouver les deux critères de la notoriété de fait : 1° D’abord l’impossibilité de tergiversation ou de dissimulation par un subterfuge, et 2° ensuite qu’il n’y a pas d’excuse selon la loi).

II Jean 1, 10-11 : «Si quelqu’un vient à vous et n’apporte point cette doctrine, ne le recevez pas dans votre maison, ne lui dites pas même SALUT. Car celui qui lui dit SALUT communique à ses œuvres mauvaises».

Pape Pie XI, Mortalium animos, n° 9, 6 janv. 1928 : « Tout le monde connait ce que Jean lui-même, l’apôtre de l’amour, qui semble nous révéler dans son Évangile les secrets du Sacré-Cœur de Jésus, et qui n’ a jamais cessé d’impressionner les mémoires de ses disciples du nouveau commandement ‘Aimez-vous les uns les autres’, a en tout interdit toutes relations avec ceux qui professaient une forme mutilée et corrompue de l’enseignement du Christ : ‘Si quelqu’un vient à vous et n’apporte point cette doctrine, ne le recevez pas dans votre maison, ne lui dites pas même SALUT [Dieu vous bénisse]’ (II Jean 10) ».

Ci-dessus le Magistère ordinaire confirme bien que la participation active est interdite de loi divine selon la règle de la foi pour la communicatio in sacris/in divinis. Mais concernant la participation passive en cas de nécessité, c’est autre chose. En effet, aucun catholique ne doit entrer en relation (sauf pour lui fournir la vérité de la foi) ni saluer en matière religieuse un hérétique non-notoire, ni prier en commun, et ne pas le soutenir ou aider de quelque façon que ce soit, et il doit rester circonspect et même sévère, mais il peut recevoir, seulement en cas de nécessité, les sacrements sans aucune autre considération, en préservant l’unité de la foi catholique, car 1° l’administration des sacrements dépend de l’autorité et de la discipline de l’Église, et 2° la réception du sacrement de communion par les fidèles en cas de nécessité demeure dans l’unité de l’Église tant que le prêtre hérétique n’est pas notoire de fait (le prêtre hérétique public obstiné n’est pas dans l’unité de l’Église pour lui-même dans l’administration des sacrements mais non pas par rapport aux autres dans leur réception tant qu’il n’est pas notoire).

Concile de Constantinople III, 680-681 (Discipline universelle) «Si un ecclésiastique ou un laïc doit aller dans la synagogue des Juifs ou des lieux de réunions des hérétiques pour se joindre à la prière avec eux, qu’ils soient déposés et privés de communion [excommuniés]. Si un évêque, un prêtre ou un diacre doit s’unir à la prière avec les hérétiques, qu’il soit suspendu de la communion».

L’Église met en garde les fidèles contre ceux qui citent à la suite des passages de l’Écriture (ce que font les protestants), et il en est de même de la citation du Magistère qui tous deux ne doivent pas être interprétés en privée mais tels que l’Église le comprend et le met en application : «Les lieux de réunions des hérétiques» sont des assemblées d’hérétiques notoires de fait (ou dont les chefs ou les prêtres sont hérétiques notoires de fait) qui constituent des fausses églises. Bien entendu, en temps ordinaire où sont accessibles des prêtres catholiques, les fidèles sont aussi bien interdits d’aller auprès d’hérétiques publics (non-notoires) pour les sacrements. Mais dans des temps où pas un prêtre catholique n’est accessible, comme aujourd’hui où quasiment tous les prêtres tiennent des hérésies obstinément, l’Église permet la réception du sacrement de l’Eucharistie d’hérétiques publics (non-notoires de fait prouvés).

Les hérétiques et schismatiques dont il est question ci-dessous sont ceux qui sont notoires de fait, car seul la notoriété de fait coupe l’hérétique par rapport aux autres.

La congrégation pour la propagation de la foi, 1729 : « Quand ils [hérétiques et schismatiques] voient des catholiques venir à leurs églises, assister à leurs rites, et participer à leurs sacrements, ne doit-on pas croire (ou au moins craindre) que par ce seul acte ils voudraient davantage confirmer leurs erreurs et aussi être persuadés par cet exemple qu’ils marchent droitement vers leur salut ?

« De là il s’ensuit qu’il est de la plus grande difficulté d’éviter le danger de scandale pernicieux des hérétiques et schismatiques eux-mêmes. C’est pourquoi un catholique ne peut pas être en sécurité dans sa conscience s’il adore avec eux ensemble de cette façon ». (S. C., Instruction, De prop. Fide. Pro Mission. Orient. [Instruction de la Sacrée Congrégation à propos de la foi aux missionnaires orientaux] 1729, Fontes 7, 4505)

Rev. Salz, Communion avec les schismatiques, 5 décembre 1668 : «le saint Office ordonna à un évêque d’instruire son peuple de ne pas aller à la messe ou d’autres offices divins dans les églises de schismatiques ou d’hérétiques. et pour les avertir qu’ils n’étaient pas tenus par le précepte d’entendre la messe quand il n’y avait pas de célébration d’une messe catholique»

Cela signifie une Messe célébrée par un hérétique notoire de fait (ou imposant son hérésie).

Les hérétiques et schismatiques ne comprennent pas qu’il y a deux éléments pour la notoriété de fait : 1° aucune dissimulation frauduleuse possible et 2° pas d’excuse en droit. La preuve, c’est qu’une notoriété matérielle pourrait exister : 1° pas de dissimulation frauduleuse, mais 2° une excuse (matériel ou autre). Bien sûr dans une situation « normale » (pas comme dans l’apostasie actuelle où quasi tous les prêtres sont hérétiques), si les fidèles allaient recevoir des sacrements d’hérétiques même que publics alors qu’ils ont des prêtres catholiques non-hérétiques de disponibles, ils pècheraient.

Dans les temps actuels de la grande apostasie quasi tous les prêtres sont hérétiques, mais les fidèles peuvent encore recevoir le sacrement de communion d’hérétiques publics qui ne sont pas excommuniés par rapport aux autre mais pour eux-mêmes. Par contre, recevoir, même en ces temps, la Communion eucharistique de prêtres hérétiques notoires de fait constitue un péché mortel et un sacrilège parce que les catholiques sont censés savoir que le prêtre est un hérétique excommunié par rapport aux autres à cause de sa notoriété. Cependant censé savoir est selon la loi : un fidèle (de fidei : foi, qui tient la foi catholique) pourrait être ignorant de bonne foi et sans faute de sa part dans la situation actuelle jusqu’à un certain point, c’-à-d pas sciemment. Dès qu’il a la moindre connaissance de n’importe quelle façon externe ou interne, mais qu’il le fait quand même, il pèche.

Code de droit canon 1917, can. 1258 § 1 : «Il n’est pas permis aux fidèles d’assister activement ou de prendre part, sous quelque forme que ce soit, aux rites sacrés non-catholiques».

Ce canon 1258 ci-dessus stipule deux choses : 1° ne pas assister activement (aider, prier avec, etc.) et 2° aux rites (Messe et autres) sacrés non-catholiques (rites d’hérétiques et schismatiques notoire de fait et notoires en droit).

 

La question de la participation dans l’adoration hérétique ou schismatique dans les documents du saint Office à partir du dix-septième siècle

Les décrets du saint Office ne sont pas infaillibles. Mais ils peuvent (pas toujours) constituer la discipline universelle de l’Église. La Collectanae des documents du saint Office se réfère de la manière suivante : Col., volume, page, numéro (date)).

  • La communicatio in divinis avec les hérétiques ou schismatiques est «constamment et uniformément interdit» (Collectanae S. Congregationis de Propaganda Fidei seu Decreta instructiones Recsripta pro Apostolicis Missionibus (Ex Typographia Polyglotta, Roma, 1907), vol. I p. 99, n.  311 (1729) et Col., vol. I, p. 293, n. 455 (1764). (Le saint Office traitait principalement de ces questions envoyées par ceux œuvrant dans les territoires de mission où il n’y aurait pas de prêtres catholiques ou là où les non-catholiques tendraient à dominer démographiquement)
  • Si on ne pouvait pas trouver un prêtre catholique, on ne pouvait pas participer dans l’adoration schismatique (Col., vol. I, p. 91, n. 267 (1704)). (Historiquement il y a eu des occasions où les catholiques se trouvaient eux-mêmes dans des lieux où il n’y avait pas de prêtre catholique, mais les schismatiques qui étaient présents offraient le même rituel qui était offert par les catholiques grecs et maintenant aujourd’hui par les catholiques romains)
  • Les Catholiques de Rite grec qui n’avaient pas leur propre église ne pouvaient pas aller aux rites grecs dits par des hérétiques et schismatiques, mais devaient aller au rite latin (Col., vol. I, p. 231, n. 389, ad 2 (1753)).
  • S’il n’y a pas de messe catholique disponible, on n’est pas tenu par le précepte d’entendre la sainte messe (Col., vol. I, p. 54, n. 171 (1668)).
  • Il est interdit aux catholiques d’approcher les églises schismatiques quand il n’y a pas de messe catholique, afin de ne pas entendre la messe, même s’il n’y a rien de contraire à la foi (Col., vol. I, p. 54, n. 171 (1668) et Col., vol I, p. 91, n. 267, 1 (1704)).
  • Les catholiques doivent éviter la communicatio in sacris avec les schismatiques et hérétiques (Voir Col., vol II, p. 233, n. 1696, 7, (1888)).
  • Il est interdit aux catholiques de donner l’aumône à une messe offerte par un prêtre schismatique (Col., vol. I, p. 311, n. 600, 2 (1789)).
  • On ne peut pas participer [activement] aux prières schismatiques, même s’il n’y a rien de contraire à la foi (Col., vol. I, p. 91, n. 267 (1704)).
  • En participant [activement], les catholiques donnent des signes extérieurs de ségrégation et de désapprobation (Col., vol. I, p. 100 n. 311 (1729)) [de l’Église catholique]
  • La participation [active] dans les actions liturgiques constitue un signe d’unité (Col., vol. I, p. 642, n. 1176 (1859)). En allant ensemble avec eux dans l’unité de prière, dans l’unité de culte, dans l’unité de vénération et d’adoration, on le fait ainsi avec les ministres pervers schismatiques et hérétiques (Col. Vol. I, p. 100, n. 311 (1729)).
  • Il n’y a pas d’erreurs relatives aux questions de la foi (Col., vol. I, p. 100, n. 311 (1729))

Toutes ces interdictions concernent les hérétiques notoire de fait (ou en fait) prouvés, qui constituent des églises non-catholiques, et qui étaient aussi communément nommés des hérétiques manifestes (ne peuvent être cachés d’aucune façon) équivalents à notoires avant que le code de droit canon de 1917 détermine précisément les critères de la notoriété de fait.

La communication in sacris/in divinis concerne la participation active, ou prière en commun ou communion ou réception de la communion eucharistique, mais pas – en ces temps actuels exceptionnels de la grande apostasie – la réception du sacrement de pénitence par des fidèles de la part d’hérétiques, car le sacrement de pénitence est nécessaire et il peut être reçu même par un prêtre hérétique notoire de fait (pas notoire en droit). Le terme communicatio in divinis signifie que ceux qui adorent ensemble communiquent dans les choses divines in sacris (culte, adoration eucharistique, prières communes, etc.), pas que les fidèles ne peuvent pas recevoir le sacrement de pénitence de prêtres hérétiques non-déclarés en cas de nécessité et sans les soutenir d’aucune façon.

Les hérétiques sont les églises d’hérétiques ou hérétiques notoires et l’interdiction concerne la communicatio in divinis. Ce décret de loi ecclésiastique ne s’applique pas pour le sacrement de pénitence d’hérétiques notoires de fait (pas notoires en droit) en ces temps exceptionnels, car la réception des sacrements doit être adaptée à la situation actuelles par le principe d’epikeia qui abolit certaines contraintes de loi ecclésiastique et à cause de la nécessité.

Le saint Office a statué que la participation dans l’adoration schismatique et hérétique est interdite pour les raisons suivantes :

1° Il y a danger de perversion de la foi catholique (Col., vol. I, p. 99, n. 311 (1729) et Col., vol. I, p. 642, n. 1176 (1859), c’-à-d. qu’il y a danger de perte de la foi catholique. Le CIC 1917 can. 2316 observe aussi que ceux qui participent contre le canon 1258 – c-à-d participent activement aux rites sacrés non-catholiques – sont suspects d’hérésie. Cela indique aussi l’obligation de protéger la foi et de faire passer la foi avant les sacrements.

2° Il en est de même de la participation dans un rite hérétique ou schismatique (Col., vol. I, p. 99, n. 311 (1729)) pour les raisons mentionnées ci-dessus, c’-à-d. que la participation active même manifeste un signe de désunion de l’Église en étant unis dans l’adoration avec ceux qui ne sont pas dans l’unité de l’Église.

3° La participation dans l’adoration hérétique ou schismatique est un danger et une occasion de scandale (Col., vol. I, p. 99, n. 311 (1729) ; Col., vol. I, p. 231, n. 389 (1753) et Col., vol. I, p. 642, n. 1176 (1859)) (Par scandale, le saint Office signifie que la participation dans l’adoration schismatique et/ou hérétique peut affecter la foi des autres qui voient les catholiques impliqués dans une telle adoration)

4° Dans les églises schismatiques, il y a une commémoration de certains schismatiques qui sont vénérés comme saints ; il y a des images, un culte des reliques ou des fêtes qui sont célébrées pour ceux qui sont morts dans le schisme, aussi bien que la commémoration de patriarches ou d’évêques schismatiques et hérétiques vivants (Col., vol. I, p. 100, n. 311 (1729)).

5° Par la participation active dans leur adoration, on confirme les schismatiques et les hérétiques dans leurs erreurs (Col., vol. I, p. 100, n. 311 (1729)).

6° Le saint Office a observé par conséquent que le concile de Carthage interdisait la prière et les chants (psalmodie) avec les hérétiques (Col., vol. I, p. 642, n. 1176 (1859)). La suprême congrégation a statué que par la participation dans l’adoration schismatique et hérétique est « universellement prohibée par la loi naturelle et divine… [de laquelle] personne n’a le pouvoir de dispenser …  aucune excuse » (Col., vol. I, p. 100, n. 311 (1729)). Ceux qui participent (participation active) doivent recevoir l’absolution dans le sacrement de Pénitence (Col., vol. I, p. 100, n. 311 (1729)).

Tous ces points ci-dessus concernent bien la participation dans l’adoration schismatique et hérétique, et non pas tout sacrement de tout hérétique comme veulent le faire croire les hérétiques qui confondent les hérétiques notoires et ceux non-notoires et qui confondent avec eux le sacrement de l’Eucharistie ou communion avec le sacrement de pénitence, pour empêcher ce sacrement et empêcher le salut des fidèles.

Ce sont les schismatiques et hérétiques notoires de fait contre lesquels la loi de l’Église s’applique de manière absolue (même en cas de nécessité) pour le sacrement de l’Eucharistie et la communicatio in divinis. Encore une fois, en conclusion, les catholiques sont absolument interdits du sacrement de communion d’hérétiques notoires de fait prouvés qui sont excommuniés automatiquement pour eux-mêmes et par rapport aux autres. Mais les catholiques ne sont pas absolument interdits du sacrement de communion d’hérétiques publics excommuniés automatiquement pour eux-mêmes mais pas par rapport aux autres, en cas de nécessité et quand il n’y a aucun prêtre catholique possible. Les catholiques ne sont pas non plus interdits en ces temps actuels exceptionnels de recevoir le sacrement de pénitence d’hérétiques non-déclarés, soit non-notoires, soit notoires de fait, ou imposants.