Communion en ces temps de grande apostasie – Communion spirituelle

Mysterium fidei (Mystère de foi) – Le corps du Christ qui est l’Église

 

Sommaire

  • Communion en ces temps d’apostasie
    • Tout d’abord, ne jamais assister à la fausse messe idolâtre novus ordo de vatican 2
    • À propos de Jean 6, 54 : «si vous ne mangez la chair du Fils de l’homme … vous n’aurez point la vie en vous»
    • Lieux de réunions d’hérétiques
    • Sur la participation à des sectes hérétiques
    • Sanctifier le dimanche et les jours d’obligation
  • Communion spirituelle
    • Nature de la Communion spirituelle
    • Histoire de la Communion spirituelle
    • Fondement théologique de la Communion spirituelle
    • Effets de la Communion spirituelle
    • Pratique de la Communion spirituelle
    • Prières de Communion spirituelle

 

Communion en ces temps d’apostasie

Tout d’abord, ne jamais assister à la fausse messe idolâtre novus ordo de vatican 2

Si une Messe catholique n’est pas disponible, aucun catholique n’est obligé par le précepte d’assister à la Messe du dimanche et fêtes d’obligation, mais doit cependant sanctifier ce jour.

À propos de Jean 6, 54 : «si vous ne mangez la chair du Fils de l’homme … vous n’aurez point la vie en vous»

Le libellé «si vous» est personnel et se réfère seulement à «vous», ce qui signifie quand il est possible de satisfaire à ce commandement. Il n’est pas universel. Par contre, le commandement (Jean 3, 5) «si un homme ne naît de l’eau et de l’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume des cieux» est universel.

Certains auteurs (hérétiques partisans de l’hérésie du « baptême de désir ») ont tenté de réfuter l’interprétation littérale (comme c’est écrit) de Jean 3, 5 en faisant appel aux paroles de Notre-Seigneur dans Jean 6, 54 : «Amen, amen, je vous le dis : Si vous ne mangez la chair du Fils de l’homme, et ne buvez son sang, vous n’aurez point la vie en vous « .

Ces auteurs font valoir que le langage du verset Jean 6, 54 est le même que dans Jean 3, 5, et pourtant l’Église ne prend pas Jean 6,54 littéralement, car les nourrissons ne reçoivent pas l’Eucharistie pour être sauvés. Ainsi cet argument vacille parce que les partisans de cet argument ont raté une différence cruciale dans le libellé de ces deux versets.

Jean 6, 54 : «Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez la chair du Fils de l’homme, et ne buvez son sang, vous n’aurez point la vie en vous».

Jean 3, 5 : «Amen, amen, je te le dis, si quelqu’un ne renaît de l’eau et de l’Esprit-Saint, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu».

Notre Seigneur Jésus-Christ, parlant de la nécessité de recevoir l’Eucharistie dans Jean 6, 54, ne dit pas : «si un homme ne mange la chair du Fils de l’homme …». Il dit : «Si vous …». Ses mots sont donc manifestement destinés à des personnes à qui il parlait, pas à chaque homme. Ainsi les gens à qui il parlait pouvaient recevoir l’Eucharistie, ils ont dû la recevoir pour être sauvés. Cela vaut pour tous ceux qui peuvent recevoir l’Eucharistie, c’est ce que l’Église enseigne.

Mais dans Jean 3, 5, Notre Seigneur parle sans équivoque de tout homme, et parle universellement. Voilà pourquoi l’enseignement du Magistère de l’Église catholique, dans tous les cas, a traité littéralement avec Jean 3, 5, et l’a pris comme il est écrit (voir Concile de Carthage, Denz. 102 ; Florence, Denz. 696 ; Trente, Sess 5, n° 4, Denz. 791 ; Trente, Sess. 6, Chap. 4 ; Trente, Can. 2 et 5 sur le baptême, Denz. 858 et 861).

L’Église a toujours pris Jean 3, 5 littéralement. Exemple du Canon 5 de Trente sur le sacrement de baptême.

La différence de libellé de ces deux versets – Jean 6, 54 : « si vous » et Jean 3, 5 « si quelqu’un » – montre effectivement l’inspiration surnaturelle de la Bible et la nécessité absolue du baptême d’eau pour chaque homme.

Les Canons de Trente sur le baptême sont des canons sur le Sacrement (Canones de Sacramento baptismi). Le Canon 5 (voir ci-dessous) condamne quiconque (« si quelqu’un ») dit que le sacrement du Baptême (ie, le baptême d’eau) n’est pas nécessaire pour le salut. Il prend également Jean 3, 5 littéralement une fois de plus, comme l’Église l’a toujours fait.

Pape Paul III, Concile de Trente, canons sur le sacrement du Baptême, Can. 5 : «Si quelqu’un dis que le baptême [le sacrement] est facultatif, c’est-à-dire non nécessaire pour le salut (cf. Jean 3, 5) : qu’il soit anathème».

Jean 3, 5, 7 : «Jésus répondit : En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît de nouveau de l’eau et l’Esprit-Saint, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu … Ne t’étonnes point que je t’aie dit : Il faut que vous naissiez de nouveau».

En conclusion : Jean 6, 54 n’est pas universel et Jean 3, 5 est universel. Quand le sacrement de Communion n’est pas disponible, cela n’empêche pas le salut.

Lieux de réunions d’hérétiques

Les « lieux de réunions d’hérétiques » sont les lieux d’hérétiques notoires en fait ou églises hérétiques notoires de fait.

Pape St Damase, Premier Concile de Constantinople (381), Canon 6 : « Nous regardons comme hérétiques aussi bien ceux qui ont été jadis bannis et ceux que nous avons nous-mêmes depuis anathémisés, et aussi ceux qui prétendent professer la foi saine, mais qui se sont séparés et tiennent des assemblées rivales contre les évêques en communion avec nous [c-à-d des églises hérétiques notoires en fait ou « lieux de réunion des hérétiques »] ». (Décrets 33-34)

Pape Innocent III, Eius exemplo, 18 décembre 1208 : «Nous croyons de cœur et nous confessons de bouche l’unique Églisepas des hérétiques [églises hérétiques notoires en fait ou « lieux de réunion des hérétiques »], mais la Sainte, romaine, catholique et apostolique en dehors de laquelle nous croyons qu’aucun n’est sauvé».

L’Église interdit absolument les églises hérétiques notoires. Les autres hérétiques publics sont aussi interdits mais pas absolument en cas de nécessité, c’est-à-dire qu’ils sont évidemment interdits quand il y a des prêtres catholiques possible pour les sacrements, mais ils ne sont pas absolument interdits en cas de nécessité s’il n’y pas de prêtres catholiques comme dans la situation aujourd’hui où il n’y en a quasi aucun au monde. C’est pourquoi, selon la loi ecclésiastique, un fait dépourvu de notoriété n’est pas censé être connu (juridiquement parlant) car la loi canonique présume la connaissance (juridiquement parlant) de ce qui est notoire, pas de ce qui est public.

Cela est dû au fait qu’un hérétique public n’est pas un hérétique notoire de fait : l’hérétique public n’a pas d’excuse quand il est obstiné mais il peut encore dissimuler son crime par de faux arguments exonérant la notoriété et donc la connaissance certaine de l’imputabilité de la peine d’hérésie par rapport aux autres, il est excommunié pour lui-même par son obstination, mais il n’est pas encore excommunié par rapport aux autres parce qu’il n’est pas notoire.

Pape Vigile, deuxième Concile de Constantinople, 553, ex cathedra : « Même si un impie [hérétique] n’avait pas reçu l’anathème d’un autre sous forme verbale, il le porte cependant de fait contre lui en se séparant lui-même de la vraie vie par son impiété [hérésie]. Que répondent-ils à l’Apôtre qui répète encore : « Pour ce qui est de l’hérétique, après un ou deux avertissements, romps avec lui, sachant qu’un tel homme est dévoyé, qu’il pèche et se condamne lui-même » (Tite 3, 10-11) ». (Décrets 110)

L’Église comprend «anathème de fait contre lui» comme anathème de fait sur lui-même par son hérésie obstinée mais non pas par rapport aux autres sauf par sa notoriété de fait (pas la notoriété matérielle qui est celle pouvant encore comporter une excuse) ; Autrement dit, tant qu’un hérétique n’est pas notoire en fait il n’est pas suspendu de son office par rapport aux autres (mais il l’est par rapport à lui-même). C’est la discipline universelle de l’Église que quand on peut trouver un prêtre catholique, c’est un péché d’aller chez des hérétiques même publics, mais ce n’est pas un péché quand on ne peut pas trouver de prêtre catholique et qu’il y a nécessité, à condition que ce ne soit que pour la réception du sacrement de communion et absolument rien d’autre (ne pas prier avec, ni aider, ni assister activement, ni donner de l’argent, ni recevoir des cadeaux, ni saluer religieusement, etc.). Cela devient un péché seulement quand le prêtre est hérétique (ou schismatique ou apostat notoire de fait) parce que l’hérétique notoire de fait est suspendu par rapport aux autres pour la communion religieuse.

Sur la participation à des sectes hérétiques

Une secte non-catholique est une église hérétique (ou apostate, ou schismatique) notoire de fait (non-déclarée) ou notoire en droit (avouée à un juge compétent ou déclarée par l’Église). La participation à une secte non-catholique – en connaissance – est un péché mortel et encoure l’excommunication automatique.

Aucun ne doit jamais participer à des sectes non-catholiques

Les sectes hérétiques sont les « lieux de réunions d’hérétiques » ou d’hérétiques notoires en fait.

En temps ordinaire quand il y a des prêtres catholiques, les fidèles ne pourraient pas recevoir la communion eucharistique de prêtres hérétiques publics. L’Église administre par sa discipline et autorité les sacrements pour le bien des fidèles, et non pas évidement pour le bien des hérétiques. C’est la raison pour laquelle la discipline universelle de l’Église autorise, en ces temps, et en cas de nécessité, la réception du sacrement de communion d’hérétiques qui ne sont pas notoires de fait ou imposants sans prêtres catholiques disponibles.

Les hérétiques publics sont aussi interdits mais pas absolument selon les circonstance et la nécessité, c’est-à-dire qu’ils sont interdits absolument quand il y a des prêtres catholiques, mais non pas absolument, par la nécessité et en cas de nécessité s’il n’y pas de prêtres catholiques (quasi aucun au monde aujourd’hui). Cela est dû au fait que l’hérétique public n’est pas l’hérétique notoire de fait : l’hérétique public n’a pas d’excuse quand il est obstiné mais il peut encore dissimuler son crime par de faux arguments exonérant la connaissance certaine de l’imputabilité de la peine de son crime, ce qui fait qu’il est excommunié pour lui-même par son obstination, mais qu’il n’est pas encore excommunié effectivement par rapport aux autres.

Dans les temps actuels de la grande apostasie quasi tous les prêtres sont hérétiques, mais les fidèles peuvent encore recevoir le sacrement de communion d’hérétiques publics qui ne sont pas excommuniés par rapport aux autre mais pour eux-mêmes. Par contre, recevoir, même en ces temps, la Communion eucharistique de prêtres hérétiques notoires de fait constitue un péché mortel et un sacrilège parce que les catholiques sont censés savoir que le prêtre est un hérétique excommunié par rapport aux autres à cause de sa notoriété.

La communication in sacris/in divinis concerne la participation active, ou prière en commun ou communion ou réception de la communion eucharistique, mais pas – en ces temps actuels exceptionnels de la grande apostasie – la réception du sacrement de pénitence par des fidèles de la part d’hérétiques, car le sacrement de pénitence est nécessaire et il peut être reçu même par un prêtre hérétique notoire de fait (pas notoire en droit). Le termec ommunicatio in divinis signifie que ceux qui adorent ensemble communiquent dans les choses divines in sacris (culte, adoration eucharistique, prières communes, etc.), pas que les fidèles ne peuvent pas recevoir le sacrement de pénitence de prêtres hérétiques non-déclarés en cas de nécessité et sans les soutenir d’aucune façon.

La participation dans l’adoration schismatique et hérétique est interdite et non pas tout sacrement de tout hérétique comme veulent le faire croire les hérétiques qui confondent les hérétiques notoires et ceux non-notoires et qui confondent avec eux le sacrement de l’Eucharistie ou communion avec le sacrement de pénitence, pour empêcher ce sacrement et empêcher le salut des fidèles.

Ce sont les schismatiques et hérétiques notoires de fait contre lesquels la loi de l’Église s’applique de manière absolue (même en cas de nécessité) pour le sacrement de l’Eucharistie et la communicatio in divinis. Les catholiques sont absolument interdits du sacrement de communion d’hérétiques notoires de fait prouvés qui sont excommuniés automatiquement pour eux-mêmes et par rapport aux autres. Mais les catholiques ne sont pas absolument interdits du sacrement de communion d’hérétiques publics excommuniés automatiquement pour eux-mêmes mais pas par rapport aux autres, en cas de nécessité et quand il n’y a aucun prêtre catholique possible. Les catholiques ne sont pas non plus interdits en ces temps actuels exceptionnels de recevoir le sacrement de pénitence d’hérétiques non-déclarés, soit non-notoires, soit notoires de fait, ou imposants.

Sanctifier le dimanche et les jours d’obligation

Si une Messe catholique n’est pas disponible, aucun catholique n’est obligé par le précepte d’assister à la Messe (Il n’y a aucune obligation d’assister à la Messe dans cette situation).

Cependant les sacrements indisponibles ne doivent pas empêcher d’accomplir l’accomplissement des fêtes d’obligation et prescriptions de l’Église.

Si on ne peut pas, pour de vraies raisons (par exemple, pas de Messe catholique, prêtres hérétiques notoires, maladie, ou autre véritable empêchement non-coupable) assister à la Messe les dimanches et fêtes d’obligation, ces jours doivent quand même être sanctifiés (rapprochement avec Dieu) par la prière, la lecture spirituelle, l’abstention de travaux serviles, activités familiales charitables, bonnes œuvres, etc.

En ces temps d’apostasie générale, les catholiques doivent faire les quinze dizaines du Rosaire le dimanche et fêtes d’obligations pour sanctifier ce jour et il est recommandé vivement de faire une communion spirituelle, de lire les Écritures de la Messe du jour et les sermons de saints par exemple comme ci-dessous, ou une autre lecture spirituelle catholique.

Quand la communion sacramentelle n’est pas disponible ou possible (éloignement géographique déraisonnable, sacrement invalide, prêtres hérétiques notoires, ou autre impossibilité non coupable), on peut faire la communion spirituelle qui consiste à désirer, avec foi et amour, recevoir Notre-Seigneur, dans le sacrement de l’Eucharistie.

«Je prends tant de plaisir à être désiré, qu’autant de fois un cœur forme ce désir, autant de fois je le regarde amoureusement pour l’attirer à moi» – Le Sacré-Cœur à sainte Marguerite-Marie.

Si on a le malheur d’être en état de péché mortel, on doit, en attendant de se confesser sacramentellement, implorer d’abord la miséricorde divine par un acte de contrition. On peut communier spirituellement à condition de poser un acte de contrition parfaite déterminé à ne plus vivre dans un état de péché grave si tel était le cas, c’est -à-dire dans la disposition de plutôt mourir que de pécher mortellement.

« O mon Dieu, je suis de tout cœur désolé de vous avoir offensé, et je déteste tous mes péchés, car je redoute la perte du ciel et les peines de l’enfer [contrition imparfaite ou attrition] ; mais surtout parce qu’ils vous ont offensés, mon Dieu, qui êtes tout-bon et digne de tout mon amour [contrition parfaite]. Je prends la ferme résolution, avec l’aide de votre grâce, de confesser mes péchés, de faire pénitence, et de modifier ma vie. Amen».

La communion spirituelle ne peut se faire évidement qu’en étant converti à la vraie foi catholique. Donc, il faut d’abord s’instruire puis se convertir, pour faire après la communion spirituelle.

Communion spirituelle

Pape Pie XII, Mediator Dei, 20 nov. 1947, n° 116-117 (Magistère) : «L’Église, en tant que maîtresse de la vérité, s’efforce par tous les moyens de sauvegarder l’intégrité de la foi catholique … Elle souhaite d’abord que les chrétiens – surtout quand ils ne peuvent pas facilement recevoir la Sainte Communion le fassent au moins par désir, afin qu’avec une foi renouvelée, révérence, humilité et une confiance totale en la bonté du divin Rédempteur, ils puissent être unis à Lui dans l’esprit de la charité la plus ardente».

L’Imitation de Jésus-Christ, L. 4, ch. 10, § 5 et 6 : «Que celui-là est heureux et agréable à Dieu qui vit ainsi et garde, dans une telle pureté, sa conscience, qu’il serait prêt à communier tous les jours et les recherchait, si cela lui était permis et s’il pouvait le faire sans se singulariser ! Si quelqu’un, de temps à autres, s’abstient, par esprit d’humilité ou par un empêchement légitime, il doit être loué pour ce respect. … Quand on a été empêché, pour un motif vraiment légitime, on conservera toujours la bonne volonté et la pieuse intention de communier : et ainsi, on ne se privera pas du fruit de ce sacrementEn effet, tout homme dévot peut, chaque jour et à toute heure, communier spirituellement dans le Christ, avec fruits et sans empressement … Car aussi souvent que l’on communie mystiquement et que l’on est invisiblement rassasié, aussi souvent, on commémore pieusement le mystère de l’Incarnation et de la Passion du Christ, et on s’enflamme dans son amour».

Nature de la Communion spirituelle

Dans le langage des auteurs spirituels modernes, l’expression « communion spi­rituelle » est parfaitement claire. Elle désigne l’union de l’âme à Jésus-Eucharistie, réalisée non par la réception du sacrement, mais par le désir de cette réception. « Communier spirituellement, c’est s’unir à Jésus-Christ présent dans l’eucharistie, non pas en le recevant sacramentelle ment, mais par un désir procédant d’une foi animée par la charité (Dictionnaire de Théologie Catholique ou DTC, art. Communion spirituelle, col. 572-573). Cette notion dérive en droite ligne de l’enseignement du concile de Trente, qui, reprenant la division depuis longtemps classique des trois manières possibles de communier, sacramentaliter tantum, spiritualiter tan­tum, sacramentaliter et spiritualiter, décrit ainsi ceux qui font la communion spirituelle : « alios tantum spiritualiter, illos nimirum, qui veto propositum illum coelestem panem edentes, ide viva, quae per dilectionem operatur (Gal. 5, 6), fructum ejus et uti­litatem sentiunt » (sess. 13, c. 8).

Chez les théologiens du moyen âge et les grands scolastiques, les formules :  » La manducation spirituelle est user du mystère spirituel – manducatio spiritualis, usus spiritualis sacramenti » sont prises en des accep­tions diverses et donnent lieu à des distinctions nombreuses, qui ne sont pas toujours absolument concordantes. Ainsi, être uni au Christ par la vie de la grâce, c’est manger sa chair. En ce sens saint Augustin avait écrit : « manger cette nourriture et boire cette boisson signifie vivre dans le Christ et l’avoir toujours en lui-même » (PL 35, 1614).

De même la manducation de la manne, figure de l’eucharistie, contient un désir implicite du sacrement et l’on se demande si c’est vraiment une communion spirituelle (S. Th., 3 q. 80 a. 1 ad 3 ; Salmantic., De Euchar. Sacram., disp. 2, dub. 1). De même encore le baptême, qui est ordonné à l’eucharistie, suppose un désir implicite de l’eucha­ristie et les enfants à leur baptême en reçoivent les fruit. « Sicut ex fide Ecclesiae credunt, sic ex inten­tione Ecclesiae desiderant Eucharistiam, et per consequens recipiunt rem ipsius (S. Th., 3 q. 73 a. 3).

Ne nous attardons pas à ces sens secon­daires dérivés, tenons-nous en au sens premièrement indiqué, puisque, seule cette commu­nion spirituelle constitue une pratique de piété, susceptible d’une méthode, d’une technique déter­minée.

Quels éléments comporte la communion spirituelle ainsi définie ?

Elle est constituée essentiellement par un désir.

C’est ce que dit saint François de Sales : « Mais quand vous ne pourrez pas avoir ce bien de commu­nier réellement à la sainte messe, communiez au moins de coeur et d’esprit, vous unissant par un ardent désir à cette chair vivifiante du Sauveur» (Introduction à la vie dévote, 20 part., chap. 21). Scaramelli est du même avis : « Cette réception mentale consiste, d’après saint Thomas, dans un vif désir de participer à ce très auguste mystère» (Méthode de direction spirituelle, 3ème traité, art. 10, chap. 7). Rodriguez développe ce point avec une insistance de termes qui ne manque pas de verdeur et qui est même un peu excessive : « La communion spirituelle consiste à avoir un ardent désir de rece­voir ce sacrement adorable… Car de même que quand on a une grande faim, on dévore les viandes des yeux, de même il faut dévorer des yeux de l’esprit cette viande céleste : il faut, quand le prêtre ouvre la bouche pour recevoir le corps de Jésus-Christ, ouvrir en même temps la bouche de l’âme, avec un désir ardent de recevoir cette manne divine, et il faut en savourer longtemps les douceurs dans son esprit (Pratique de la Perfection Chrétienne, 2e part., traité 8, chap. 15).

C’est un désir du sacrement de l’eucharistie.

Aussi les théologiens disent généralement que la manducation de la manne n’est pas « proprie spiri­tualis manducatio hujus sacramenti », elle est seule­ment « figurata et materialis manducatio », les sacre­ments de la nouvelle Loi n’étant pas institués alors (Suarez, In 3 D. Th., disp. 62, sect. 1). C’est pourquoi aussi les anges, au jugement de saint Thomas, s’ils peuvent manger spirituellement le Christ pour autant qu’ils lui sont unis par la charité et la vision béatifique, ne peuvent pas manger spi­rituellement le sacrement, qui suppose la possibilité de le recevoir réellement ; au sens propre, ils ne font pas la communion spirituelle (S. Th., 35 q.80 a.3).

C’est un désir inspiré par la charité.

L’Instructio sacerdotis, publiée à la suite des oeuvres de saint Ber­nard, mais qui n’est pas de lui, l’avait déjà noté expressément : « Spiritualiter tantum sumit quisque fidelis, qui est de membris Ecclesiae, perseverans in charitate » (PL 184, 789). Théologiens et auteurs spirituels sont d’accord et c’est, nous l’avons vu, l’enseignement du concile de Trente. « Est auteur observandum ex conc. Trid., sess. 13, c. 8, non omne desiderium, seu propositum hujus sacramenti censeri spiritualem sumptionem ejus, sed solum illud quod ex fide viva proficiscitur » (Suarez, loc. cit.). La com­munion spirituelle requiert donc l’état de grâce et nous verrons les conséquences de cette condition pour les effets de la communion spirituelle. Quant aux dispositions qu’implique cette foi vive, cette charité, dont parle le concile, ce sont celles qui sont indiquées, plus loin et dont les formules remplissent les livres de piété sous la rubrique : Actes avant et après la communion.

Ce désir doit-il être explicite ? ou le désir implicite est-il suffisant ?

Beaucoup de théologiens affir­ment qu’il suffit de recevoir l’eucharistie in voto implicito en certains cas pour en obtenir les fruits spirituels ; c’est qu’ils traitent la question à propos de la nécessité de l’eucharistie et qu’ils veulent conci­lier cette nécessité avec l’impossibilité pratique, pour les enfants morts après le baptême par exemple, de désirer explicitement le sacrement eucharisti­que (M. de la Taille, Mysterium Fidei, Paris, 1931, p. 565-571). Mais ce désir implicite ne constitue évidemment pas la communion spirituelle au sens d’exercice de piété on nous le définissons ici, et on ne peut guère concevoir que la communion spirituelle proprement dite n’implique pas le désir explicite de l’eucharistie (DTC, Com. spir., col. 573).

Concile de Trente, XIIIème session, ch. 8, 11 oct. 1551 (Ench. 881 1648) ex cathedra : « D’autres ne le [Saint Sacrement] reçoivent que spirituellement : ce sont ceux qui, mangeant par le désir le pain céleste qui leur est offert avec cette « foi » vivent « qui opèrent par la charité » [Ga 5, 6], en ressentent le fruit et l’utilité ».

Histoire de la Communion spirituelle

La communion spirituelle n’est pas une pratique inventée par la spiritualité moderne. S’il ne faut pas prendre au pied de la lettre certaines formules de saint Augustin et y transférer la signification que nous y mettons de nos jours (Batiffol, Etudes d’histoire et de théologie positive, 2e série, Paris, 1905, p. 242), on peut déjà trouver dans les écrits de l’évêque, d’Hippone les linéaments d’une théorie qui deviendra vite traditionnelle. La distinction entre sacramentum et res sacramenti est à l’origine de la doctrine montrant que ce sont des réalités séparables en fait et qui peuvent être reçues l’une sans l’autre. C’est notamment dans son com­mentaire de saint Jean que la question de la commu­nion spirituelle est au moins touchée, si elle n’est pas spécifiquement envisagée (M. de la Taille, Mysterium Fidei, Paris, 1931, p. 568).

A propos du Christ, pain descendu du ciel, saint Augustin souligne le désir que doit avoir de ce pain l’homme intérieur. « Panis quippe iste inte­rioris hominis quaerit esuriem » (In Joannem tract. 26, PL 35, 1606). De Moïse, d’Aaron, de Phinées, qui mangèrent la manne, symbole de l’eucharistie, il loue la faim spirituelle et admire les fruits dont elle fut récompensée. « Quia visibilem cibum spiri­taliter intellexerunt, spiritaliter esurierunt, spirita­liter gustaverunt, ut spiritaliter satiarentur » (ibid., col. 1614). Surtout il montre que si celui qui mange le pain de vie ne meurt pas, cela tient à la vertu du sacrement et non au signe sensible. « Sed quod pertinet ad virtutem sacramenti, non quod pertinet ad visibile sacramentum : qui manducat intus, non foris ; qui manducat in corde, non qui premit dente »(ibid., col. 161.2).

En approfondissant cette distinction, et dans la mesure où on sera fidèle au réalisme augustinien, on comprendra de mieux en mieux comment on peut recevoir les effets du sacrement sans recevoir le sacrement lui-même ; on sera sur le chemin de la communion spirituelle proprement dite; ce sera l’oeuvre des théologiens postérieurs. Un prédicateur médiéval de renom, Raoul l’Ardent, écrit : « Duo quippe sunt modi manducandi corpus Christi, unus sacramentalis, alius spiritualis… Spiritaliter vero accipit corpus bonus, qui etsi non sacramenta­liter quandoque accipit, tamen fide et caritate in corpore Christi est… » (Hom. 51 in die Paschae, PL 155, 1850).

Guillaume de Saint-Thierry distingue très nette­ment la « manducatio spiritualis corporis Christi » et la « corporalis manducatio corporis Domini ». Il montre comment la chair du Christ est une nour­riture de vie « quant tune avidis faucibus sumimus, cum dulciter recolligimus, et in ventre memoriae recondimus quaecumque pro nobis fecit et passus est Christus » (De corp. et sang. Domini, PL 180, 352-353).

Comment ne pas citer aussi ce passage du même auteur, disciple et ami de saint Bernard ? « Sacramentum enim sine re sacramenti sumenti mors est ; res vero sacramenti, etiam praeter sacra­mentum, sumenti vita aeterna est. Si autem vis, et vere vis, omnibus horis, tant diei quant noctis, hoc tibi in cella praesto est. Quoties in commemo­rationem ejus qui pro te passus est, hoc facto ejus pie se fideliter fueris affectus, corpus ejus manducas et sanguinem bibis » (Ep. ad Fratres de Monte Dei, PL 184, 258).

Saint Thomas affirme que l’effet du sacrement peut être réalisé dans l’âme, même si l’on reçoit l’eucharistie seule­ment in voto, comme c’est le cas dans la communion spirituelle. « Effectus sacramenti potest ab, aliquo percipi, si sacramentum habeat in voto, quamvis non accipiat in re…; ira etiam aliqui manducant spiritualiter hoc sacramentum, antequam sacramen­taliter sumant » (IIIa q. 80 a. 1 ad 3).

Les théologiens postérieurs développeront la même doctrine, qui trouvera sa consécration au concile de Trente. Les auteurs spirituels auront surtout le souci d’organiser cette doctrine en pra­tique de piété. Sainte Thérèse la recommande à ses filles (Chemin de la Perfection, ch. 37) et saint François de Sales, à Philothée (Intr. à la vie dévote, 2e part., chap. 21). Ils ne sont que l’écho d’une tra­dition qui s’était déjà fait entendre dans l’Imita­tion de Jésus-Christ (liv. 4, ch. 10). On trouve des recommandations analogues dans les ouvrages du Vén. Louis Du Pont (De la perfection du chrétien dans l’état ecclésiastique, 28ème traité, chap. 14), de Rodriguez (op. et loc. cit.), de saint Alphonse de Li­guori (La véritable épouse de Jésus-Christ, ch. 18), etc. Parmi les modernes, le Père Faber, anglican convertit au catholicisme en 1845, a consacré des pages suggestives  à cette dévo­tion (The blessed Sacra­ment), qui est universellement recommandée dans les livres et manuels de piété.

 

Fondement théologique de la Communion spirituelle

La valeur de la communion spirituelle repose en somme sur deux principes.

Premier principe : la foi en la présence du Christ dans l’eucharistie comme source de vie, d’amour et d’unité.

On ne peut bien comprendre le désir de l’eucharistie, si on n’accepte pas le principe de la valeur sanctifiante de l’eucharistie: C’est parce que l’on croit à la présence réelle et vivifiante du Christ dans l’eucharistie, qu’on désire recevoir le sacre­ment. C’est parce que l’on croit au caractère spécial de ce sacrement, qui est d’augmenter la vie de la grâce, d’intensifier la charité, de fortifier l’unité qui nous lie au Corps Mystique, que l’on désire cette union au Christ. C’est parce que l’eucharistie, selon la promesse de Notre-Seigneur, est le pain de l’âme, un aliment de vie, une nourriture spirituelle, que l’on veut effectivement s’en nourrir.

Toute la litur­gie eucharistique, en nous rappelant cette pensée, nous invite à y voir le caractère propre du sacrement. Et c’est pourquoi le désir de l’eucharistie ou la com­munion spirituelle est totalement différent de l’union par la foi au Christ, enseignée par les protestants, ainsi Luther pour qui l’eucharistie n’a pas d’autre valeur que d’exciter la confiance en l’impu­tabilité des mérites du Christ, sans réellement pro­duire un accroissement de grâce dans nos âmes (DTC, art. Luther, col. 1305).

Deuxième principe : l’efficacité du désir peut suppléer l’acte sacramentel.

C’est un principe admis en beaucoup de cas que le désir supplée l’acte, quand celui-ci ne peut être accompli en lui-­même (Suarez, loc. cit., disp.62, sect.1). Ici sans doute l’efficacité du désir n’est pas ex opere operato, comme dans la communion sacramentelle, mais, ex opere operantis ; le désir tend déjà à la réalisation de ce qu’accomplit la communion ex opere operato.

La fin, dit saint Thomas, est contenue dans le désir. « Finis habetur in desiderio et in intentione » (S. Th., IIIa, q. 72 a. 3). Par le désir, la communion est en quelque sorte accomplie ; sans doute elle ne l’est pas matériellement ; mais, puisqu’il faut distinguer dans le sacrement le signe (sacramentum) et la réalité (res sacramenti), le désir atteint la réalité sans passer par le signe. « Res alicujus sacramenti haberi potest ante perceptionem sacramenti, ex ipso voto sacra­menti percipiendi » (S. Th., ibid.).

Ainsi que le déve­loppe avec netteté le Père de la Taille, le mouvement sincère et efficace de l’âme vers la vie est déjà un mouvement de vie. Celui qui tend vers la vie du Christ dans l’eucharistie la trouve, car le Christ ne manque pas à ceux qui le cherchent (M. de la Taille, Mysterium Fidei, Paris, 1931, p. 565).

 

Effets de la Communion spirituelle

Les effets produits sont de même nature que dans la communion eucharistique, donc augmenta­tion de la grâce sanctifiante, grâces d’amour, de vie, de pureté, d’unité… « On rapporte de sainte Angèle de Mérici que lorsqu’on lui interdisait la communion de chaque jour, elle y suppléait par de fréquentes communions spirituelles à la messe, et elle se sen­tait parfois inondée de grâces semblables à celles qu’elle aurait reçues si elle avait communié sous les espèces sacramentelles. Aussi laissa-t-elle à son Ordre comme un legs pieux, une pressante recomman­dation de ne point négliger cette sainte pratique » (Méditations sur l’Eucharistie, par le Frère Philippe, Paris, 1867, p. 459).

Ces effets sont produits ex opere operantis, en vertu de l’agent (la grâce produite dépend de l’état de grâce de l’agente comme dans un sacramental), et non pas ex opere operato, en vertu de l’acte (la grâce est produite par l’opération de l’acte et ne dépend pas de l’état de grâce de l’agent comme dans un sacrement).

Mais l’effet ex opere operantis de la Communion spirituelle réside dans le désir, ce n’est pas un sacramental qui est un rituel administré par un ministre au nom de l’Eglise.

Ces effets peuvent être supérieurs à ceux qui sont produits dans la communion sacramentelle, si les dispositions sont très pures, mais à égalité de dispositions, ils sont évidemment moins abondants que dans la communion eucharistique. « Il peut arri­ver que vous fassiez cette communion spirituelle avec une telle ferveur, que vous méritiez autant de grâces que le prêtre en obtient par la communion sacramentelle, bien que, pour lui, des dispositions semblables unies à la réception du sacrement aient pour résultat des grâces plus abondantes » (Vén. L. Du Pont, op., et loc. cit.). Le Père Faber cite beau­coup de traits – dont l’authenticité aurait sans doute besoin d’être contrôlée – qui mettent en lumière l’efficacité de ce désir de l’eucharistie chez les saints (The blessed Sacrament, T. 2, Liv. 4, sect. 6).

D’après beaucoup d’auteurs, la communion spirituelle pour être fructueuse requiert l’état de grâce (Rodriguez, op. et loc. cit.). Celui qui commu­nierait en état de péché mortel et dans la disposition d’y rester, pécherait gravement (Suarez, op. et loc. cit.). Mais il n’est pas nécessaire de se confesser, un acte de contrition parfaite suffit. En cas de contri­tion imparfaite, il n’y aurait pas de péché ; il y aurait même un bon désir, mais les fruits attachés à la communion spirituelle ne seraient pas produits (Dictionnaire de Théologie Catholique, art. Com. spi, col. 573).

 

Pratique de la Communion spirituelle

Les actes de la communion spirituelle sont du même ordre que ceux qui précèdent, accompagnent et suivent la communion sacramentelle. Ils sont bien décrits dans ce passage du Père Jean-Baptiste Scaramelli (1688-1752) :

« Toute personne pieuse doit d’abord concevoir un sincère repentir de ses péchés et purifier par cette douleur le tabernacle de son coeur, où elle désire recevoir et faire reposer le divin Sauveur. Ensuite elle fera un acte de foi vive sur la présence réelle de Jésus­-Christ dans cet auguste mystère. Puis elle consi­dérera, comme nous l’avons dit pour la communion sacramentelle, la grandeur et la majesté de ce Dieu caché sous le voile des saintes espèces : qu’elle réflé­chisse à l’amour immense, à la grande bonté avec lesquels il désire s’unir à nous ; qu’elle jette aussi ses regards sur sa faiblesse et sa propre misère. Après ces considérations elle doit faire des actes d’humilité et de désir ; d’humilité, à la vue de sa pro­pre indignité ; de désir, à cause de l’amabilité infinie de Dieu. Enfin, puisqu’il ne lui est pas donné de s’unir à son bon Sauveur par la réception réelle de l’eucharistie, qu’elle s’en approche en esprit et s’unisse à lui par le doux lien d’un amour paisible et tranquille. Elle terminera la communion spiri­tuelle en remerciant et en louant le Seigneur ; car, quoique Jésus-Christ ne soit pas descendu réelle­ment dans son coeur, il était cependant bien disposé à cette union d’amour et la désirait avec toute l’ardeur de la charité. Elle lui demandera donc les grâces dont elle se reconnait indigne, et s’appliquera sérieusement à produire les actes qu’elle a coutume de faire après la réception de cette nourriture divine » (Méth. de dir. spir., 3ème traité, art. 10, ch. 7).

La communion spirituelle peut être faite aussi souvent que l’âme le désire.

«Que si des motifs légitimes l’empêchent d’approcher de la sainte Table, il conservera toujours l’intention et le saint désir de communier, et ainsi il ne sera pas entièrement privé du fruit du Sacrement. … il peut aussi communier en esprit tous les jours, à toute heure, avec beaucoup de fruit. Car il communie de cette manière et se nourrit invisiblement de Jésus-Christ toutes les fois qu’il médite avec piété les mystères de son Incarnation et de sa Passion, et qu’il s’enflamme de son amour» (Imitation de Jésus-Christ, livre IV, ch. 10, § 6).

« La bienheureuse Agathe de la Croix était animée d’un tel amour pour le Saint Sacrement, qu’elle serait morte, dit-on, si son confesseur ne lui avait pas enseigné la pratique de la communion spirituelle ; et lorsqu’elle la posséda, elle avait coutume de la répéter jusqu’à deux cents fois dans un jour » (Faber, op. cit., trad. de Bernhardt, t. 2, p. 295).

Le moment privilégié pour faire la communion spirituelle est le temps de la messe, où, si l’on ne peut communier sacramentellement, on peut tou­jours s’unir à la communion du prêtre et faire les actes de la communion spirituelle. L’assistance à la messe est la meilleure préparation à cette commu­nion, qui nous fait participer d’une manière étroite et personnelle au sacrifice de Notre-Seigneur.

Les avantages de la communion spirituelle ne doivent permettre ni d’en exagérer ni d’en mini­miser l’importance. Elle tire sa valeur de la com­munion sacramentelle, mais les richesses du trésor eucharistique ne doivent pas faire négliger l’appoint spirituel de ce désir intérieur du coeur. Et c’est le sens à retenir sans doute de la parole adressée à l’humble soeur Paula Maresca par le Seigneur Jésus, qui lui montrait deux vases précieux, l’un d’or et l’autre d’argent.

« Dans le vase d’or, dit-il, je conserve vos communions sacramentelles et dans le vase d’argent, vos communions spirituelles » (St Alphonse de Liguori, La véritable épouse de Jésus-Christ, chap. 18).

P. Johann Michael Kroust (1694-1772), SJ, Méditations sur les vérités de la foi et de la morale pour tous les jours de l’année, samedi XXI après la pentecôte, De la communion spirituelle : «Cette communion sert de préparation à la communion sacramentelle et à entendre la Messe avec fruit. Celui qui entend la Messe peut offrir le sacrifice pour les mêmes fins que le prêtre ; comme le prêtre consume sacramentellement l’oblation, celui qui assiste peut manger spirituellement et participer à l’oblation par les actes intérieurs de foi, d’espérance et de charité. Le Seigneur a dit : Je suis le pain de vie ; celui qui vient à moi n’aura pas faim, et celui qui croit en moi n’aura jamais soif.

«1er point – Excitez-vous à une foi vive envers ce sacrement qui s’appuie comme sur quatre colonnes : sur la sagesse de Dieu, qui a trouvé un moyen ineffable de se communiquer aux hommes ; sur sa bonté, qui l’incline à se donner à nous ; sur sa toute puissance, qui peut tout ce qu’elle veut ; sur sa vérité, qui ne saurait tromper. Or, c’est lui-même qui nous a révélé que dans ce sacrement il se donne lui-même en nourriture en breuvage.

«La foi, appuyée sur ces motifs et renonçant au témoignage des sens, croit fermement que Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme, est renfermé sous les espèces avec toute la gloire qu’il possède au ciel ; et de même que par la vue de sa divinité et par la présence de son humanité il rend les saints heureux, de même dans ce sacrement il remplit de biens les âmes qui soupirent après lui. Pour augmenter la foi, il sera convenable de parcourir chacune de ses perfections divines ainsi que ses vertus humaines, et tout ce qu’il a fait et souffert pour nous, en faisant un acte de foi sur chacune. Ainsi celui qui est là caché est immense, tout puissant, etc., je le crois ; c’est lui qui est né, qui a souffert pour moi ;  c’est lui qui est mon médecin, mon maître, etc., je le crois.

«Je confesse que je crois ces vérités comme si je les voyais de mes yeux ; j’éprouve la même joie de sa présence cachée, et je lui rends grâces pour sa bonté.

«2ème point – Excitez-vous en l’espérance de recevoir les fruits promis à ceux qui participent au sacrement, quand même vous ne le recevez qu’en désir, en vous rappelant ces paroles : « Celui qui mange ce pain vit éternellement ; celui qui mange ma chair et qui boit mon sang demeure en moi et moi en lui. Comme mon Père qui est vivant m’a envoyé et que je vis par mon Père, celui qui me mange vit par moi ». Mais la puissance de Dieu n’est pas tellement liée par les sacrements qu’elle ne veuille et ne puisse accorder les mêmes grâces à ceux qui les désirent ardemment, surtout lorsqu’il ne convient pas de recevoir le sacrement lui-même et qu’on le reçoit en vœu. Je dirai donc avec le centurion : Seigneur, je ne suis pas digne que vous entriez dans ma maison, mais dites seulement une parole et mon âme sera guérie ; et avec la femme pieuse : Si je touche seulement le bord de sa robe, je serai guérie.

«Si la vue seul du serpent d’airain guérissait ceux qui étaient blessés, pourquoi la vue du Sauveur ne guérirait-elle pas par la foi l’âme malade ? Si l’ombre seule de Pierre guérissait tous les malades, le seul désir de ce sacrement ne peut-il pas plus qu’une ombre ?

«3ème point – Il faut faire des actes d’amour qui nous unissent à Dieu et qui conviennent surtout à ce sacrement qui est un sacrement d’amour. J’aimerai donc ces perfections de Dieu qui se manifestent particulièrement dans ce sacrement ; j’aimerai surtout sa bonté, sa charité, sa puissance, sa libéralité ; je témoignerai aussi le désir d’être libéral envers notre Seigneur, de m’attacher à lui sans interruption, d’exprimer en moi, dans ma conduite, son image, et de n’avoir avec Jésus-Christ que les mêmes sentiments et la même volonté. Je voudrai de tout mon cœur que tous les hommes connaissent le Sauveur, qu’ils le respectent, qu’ils participent à toutes les richesses cachées en lui, qu’ils lui rendent grâces, qu’ils le bénissent pour un don si précieux. Je m’offrirai tout entier à Dieu, qui est admirable dans toutes ses œuvres, mais qui est surtout aimable dans ce sacrement. Je me proposerai de l’aimer de tout mon cœur, de tout mon esprit, de toute mon âme, de toutes mes forces, soit parce qu’il en est infiniment digne et au-dessus de tout amour, soit à cause de ses bienfaits dont il n’a cessé de nous prévenir».

Prières de Communion spirituelle 

Aux fidèles qui feront la communion spirituelle en se servant de n’importe quelle formule, il est concédé : indulgences de 3 ans. Plénière mensuel aux conditions ordinaires (S. P. A. 25 février 1933).

Communion spirituelle

Mon Dieu, je crois fermement que vous êtes réellement présent dans le Sacrement adorable de votre Amour ; je vous aime par-dessus toutes choses et je vous désire de toute l’ardeur de mon âme. Si je ne puis vous recevoir corporellement, venez, du moins, spirituellement dans mon cœur ; je m’unis à vous, ne souffrez pas que je m’en sépare jamais. (Missel 1957)

Acte de communion spirituelle

Mon Seigneur et mon Dieu ! Pénétré du sentiment de votre présence réelle dans la sainte Eucharistie, et ne pouvant vous recevoir maintenant dans la Sainte Communion, je viens du moins solliciter la grâce de vous recevoir spirituellement en mon cœur, car mon âme vous désire, comme le cerf altéré soupire après une source d’eau vive. Pour suppléer à mon insuffisance, je vous offre la contrition infiniment parfaite que votre divin Cœur a conçue de mes péchés au jardin de l’Agonie et sur la Croix… ; je vous offre les dispositions de Cœur Immaculé de la très sainte Vierge Marie au jour de votre Incarnation.

Avec la disciple bien-aimée de votre divin Cœur, j’oserai vous dire : « Abîmez ma misère et ma petitesse dans la grandeur de vos miséricordes et me transformez tout en vous, afin que je ne vive plus que de vous, en vous et pour l’amour de vous. Venez donc en moi, unique objet qui me contente, venez prendre possession de ce cœur qui est à vous et qui ne peut demeurer un seul instant sans vous. Aimable Jésus, je veux me consumer en vous désirant, et ne pouvant vous posséder sans cesse, je ne cesserai de vous désirer». (Missel 1957)

Communion spirituelle

Ô Jésus mon aimable Sauveur, que je voudrais en ce moment m’approcher de votre Table sainte, plein de confiance, non en mes propres mérites, mais en votre infinie bonté ! Que je voudrais aller à Vous, Source de miséricorde ; être guéri par Vous, divin Médecin de mon âme ; chercher en Vous mon appui, en Vous, Seigneur, qui serez un jour mon juge, mais qui ne voulez être, maintenant, que mon Sauveur !

Je vous aime, ô Jésus, Agneau divin, innocente Victime, immolée par amour sur la Croix, pour moi et pour le salut du genre humain. Ô mon Dieu, souvenez-Vous de votre humble créature, rachetée de votre Sang ! Je me repens de Vous avoir offensé et je désire réparer mes fautes par les efforts que je ferai pour obéir à votre sainte volonté. Ô bon Jésus qui, par votre grâce toute-puissante, me fortifiez contre les ennemis de mon âme et de mon corps, faites que bientôt, purifié de toute souillure, j’aie le bonheur de Vous recevoir dans la sainte Eucharistie, afin de travailler, avec une constante générosité, à l’œuvre de mon salut. Amen. (Missel 1957)

Du désir ardent de recevoir Jésus-Christ

L’Imitation de Jésus-Christ, Livre 4, chapitre 17 : Voix du disciple : «1. Seigneur, je désire vous recevoir avec un pieux et ardent amour, avec toute la tendresse et l’affection de mon cœur, comme vous ont désiré dans la communion tant de saints et de fidèles qui vous étaient si chers à cause de leur vie pure et de leur fervente piété. Ô mon Dieu ! Amour éternel, mon unique bien, ma félicité toujours durable, je désire vous recevoir avec toute la ferveur, tout le respect qu’ait jamais pu ressentir aucun de vos saints.
«2. Et quoique je sois indigne d’éprouver ces admirables sentiments d’amour, je vous offre cependant toute l’affection de mon cœur, comme si j’étais animé seul de ces désirs enflammés qui vous sont si agréables. Tout ce que peut concevoir et désirer une âme pieuse, je vous le présente, je vous l’offre, avec un respect profond et une vive ardeur. Je ne veux rien me réserver mais je veux vous offrir sans réserve le sacrifice de moi-même et de tout ce qui est à moi. Seigneur mon Dieu, mon Créateur et mon Rédempteur, je désire vous recevoir aujourd’hui avec autant de ferveur et de respect, avec autant de zèle pour votre gloire, avec au tant de reconnaissance, de sainteté, d’amour, de foi, d’espérance et de pureté, que vous désira et vous reçut votre sainte Mère, la glorieuse Vierge Marie, lorsque l’ange lui annonçant le mystère de l’Incarnation, elle répondit avec une pieuse humilité : «Voici la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon votre parole» (Luc 1, 38).
«3. Et de même que votre bienheureux précurseur, le plus grand des saints, Jean-Baptiste, lorsqu’il était encore dans le sein de sa mère, tressaillit de joie en votre présence, par un mouvement du Saint-Esprit, et que, vous voyant ensuite converser avec les hommes, il disait avec un tendre amour et en s’humiliant profondément : «L’ami de l’époux qui est près de lui et qui l’écoute, est ravi d’allégresse, parce qu’il entend la voix de l’époux» (Jn 3, 29), ainsi je voudrais être embrasé des plus saints, des plus ardents désirs, et m’offrir à vous de toute l’affection de mon cœur. C’est pourquoi je vous offre tous les transports d’amour et de joie, les extases, les ravissements, les révélations, les visions célestes de toutes les âmes saintes, avec les hommages que vous rendent et vous rendront à jamais toutes les créatures dans le ciel et sur la terre ; je vous les offre ainsi que leurs vertus, pour moi et pour tous ceux qui se sont recommandés à mes prières, afin qu’ils célèbrent dignement vos louanges et vous glorifient éternellement.
«4. Seigneur mon Dieu, recevez mes vœux, et le désir qui m’anime de vous louer, de vous bénir avec l’amour immense, infini, dû à votre ineffable grandeur. Voilà ce que je vous offre, et ce que je voudrais vous offrir chaque jour et à chaque moment, et je prie et je conjure de tout mon cœur tous les esprits célestes et tous vos fidèles serviteurs de s’unir à moi pour vous louer et pour vous rendre de dignes actions de grâces.
«5. Que tous les peuples, toutes les tribus, toutes les langues vous bénissent et célèbrent dans des transports de joie et d’amour la douceur et la sainteté de votre nom. Que tous ceux qui offrent avec révérence et avec piété les divins mystères, et qui les reçoivent avec une pleine foi, trouvent en vous grâce et miséricorde, et qu’ils prient avec instance pour moi, pauvre pécheur. Et lorsque, après s’être unis à vous selon leurs pieux désirs, ils se retirent de la Table sainte, rassasiés et consolés merveilleusement, qu’ils daignent se souvenir de moi, qui languis dans l’indigence».