Débat sur les «sacrements d’hérétiques non déclarés» – Citations importantes

De Peter Dimond, MHFM : Débat – « Sacrements d’hérétiques non-déclarés » – Les citations importantes (“Sacraments from Undeclared Heretics” Debate – The Important Quotes)

[Analyse du débat par Peter Dimond de MHFM avec Eli des schismatiques radicaux suédois] 

Traduction en français personnelle de 2014 et 2018 sur la version américaine

[Pour l’explication de la trame de fond, c-à-d, 1° la différence entre hérétique public et hérétique notoire de fait, 2° les deux critères de la notoriété, et 3° la discipline universelle de l’Église qui applique la règle de la foi de loi divine, voir : Sur les sacrements d’hérétiques en ces temps de la grande apostasie – Réfutation de la position schismatique]

 

Frère Peter DIMOND

L’OBJECTIF DE CET ARTICLE

LES CITATIONS UTILISÉES PAR LES SCHISMATIQUES RADICAUX NE SONT PAS AU POINT

LE PREMIER CONCILE DE CONSTANTINOPLE CONFIRME NOTRE POSITION SUR LE SUJET

. PLUS DE PREUVE POUR CE POINT SUR NOTOIRE EN FAIT

CE QUE DIT LE CONCILE DE CONSTANCE À PROPOS DU MANQUE DE «DISSIMULATION»

CE QUE DIT LE CONCILE DE BÂLE À PROPOS DU MANQUE DE «DISSIMULATION»

LA DIFFÉRENCE D’UTILISATION DU TERME « HÉRÉTIQUE » DANS LES DÉFINITIONS DOGMATIQUES ET DANS LA LOI ECCLÉSIASTIQUE DE L’ÉGLISE

. DEUX AUTRES EXEMPLES DE CE POINT

L’ÉNORME BOURDE DES SCHISMATIQUES RADICAUX À PROPOS DU QUATRIÈME CONCILE DU LATRAN : R.I., ÉRIC, DAVE, ET D’AUTRES

. L’ÉNORME BOURDE DE RI SUR LE QUATRIÈME CONCILE DU LATRAN

. L’ÉNORME BOURDE D’ ÉRIC HOYLE SUR LE QUATRIÈME CONCILE DU LATRAN

. L’ÉNORME BOURDE DE DAVE SUR LE QUATRIÈME CONCILE DU LATRAN

RÉFUTATION DES SCHISMATIQUES RADICAUX À PROPOS DU QUATRIÈME CONCILE DU LATRAN ET DU TERME « SUSPECT D’HÉRÉSIE »

. L’EMPEREUR FRÉDÉRIC II A ÉTÉ DÉCLARÉ « SUSPECT D’HÉRÉSIE » PAR LE PREMIER CONCILE DE LYON ; IL AVAIT DÉJÀ ÉTÉ DÉCLARÉ EXCOMMUNIÉ POUR DE NOMBREUSES CHOSES

LE QUATRIÈME CONCILE DU LATRAN À PROPOS DU FAIT D’ÉVITER DES GENS APRÈS UNE DÉCLARATION OU DÉSIGNATION (NOTEZ L’HARMONIE)

LES MARIAGES MIXTES – UNE RÉALITÉ FATALE AUX SCHISMATIQUES RADICAUX

D’AUTRES ARGUMENTS DÉSESPÉRÉS ET HORS DE PROPOS

LE CINQUIÈME CONCILE DU LATRAN – LA GROSSE ERREUR DES SCHISMATIQUES RADICAUX À PROPOS DE LEUR CITATION FAVORITE

ST THOMAS ENSEIGNE DÉFINITIVEMENT QUE L’ON PEUT RECEVOIR LA COMMUNION ET ÉCOUTER LA MESSE D’UN HÉRÉTIQUE NON-DÉCLARÉ – CELA DÉTRUIT LA POSITION DES SCHISMATIQUES RADICAUX

. ZOOM SUR LE POINT DE ST THOMAS

. UNE AUTRE CITATION DE ST THOMAS CONFIRME LE POINT

. TACTIQUE ÉCHAPPATOIRE «MAIS SAINT THOMAS N’EST PAS INFAILLIBLE»

LE CODE DE DROIT CANON DE 1917 CONTREDIT LA POSITION DES SCHISMATIQUES

UNE CITATION INTÉRESSANTE DE SAINT CYRILLE D’ALEXANDRIE

L’ANGLETERRE

PENSÉES DE CONCLUSION

 

L’OBJECTIF DE CET ARTICLE

Les lecteurs de notre site web savent que j’ai récemment engagé un débat avec un schismatique radical. Voici les liens :

Windows Media Audio ; Vidéo Youtube

[Vidéo en anglais. Traduction français voir : Sacrements d’hérétiques non-déclarés – Débat]

 

Le débat portait sur le fait de savoir s’il est autorisé, en cette période de crise et d’apostasie, de recevoir les sacrements de la part de certains hérétiques non-déclarés. Ce débat traite d’une question extrêmement importante : les principes fondamentaux autour de la question de la réception des sacrements de la part d’hérétiques non déclarés, et les sujets en lien avec celui-ci. Il a été satisfaisant de pouvoir confondre ces schismatiques radicaux qui ont attaqué à tort MHFM et d’autres vrais catholiques de façon si vicieuse et arrogante. Nous pensons que ce débat a mis en valeur la bonne posture à adopter, et que démonstration a été faite de la malice et de l’ignorance des schismatiques radicaux.

Le but de cet article est simple : puisque de très nombreux documents et citations ont été utilisés pendant ce débat, il est utile de mettre par écrit les plus importants.

LES CITATIONS UTILISÉES PAR LES SCHISMATIQUES RADICAUX NE SONT PAS AU POINT

Les deux citations qui suivent sont caractéristiques des arguments utilisés par les schismatiques radicaux pour attaquer les véritables catholiques. Ils nous condamnent parce que nous affirmons que l’on peut recevoir les sacrements de la part de certains hérétiques non déclarés (mais pas tous), lesquels célèbrent la liturgie traditionnelle, mais reconnaissent l’antipape Benoît XVI et nient le dogme du salut.

Concile de Carthage : « On ne doit ni prier ni chanter de psaumes avec des hérétiques, et quiconque communique avec ceux qui sont séparés de la communion de l’Église, clercs ou laïques : qu’il soit anathème ».

Troisième Concile de Constantinople, 680-681 : « Si un prêtre ou un laïque se rend dans la synagogue des juifs ou dans les lieux de rencontre des hérétiques pour se joindre à eux dans la prière, qu’il soit destitué et privé de communion [excommunié]. Si un évêque ou un prêtre ou un diacre s’unit dans la prière avec les hérétiques, qu’il soit suspendu de communion .»

Comme nous l’avons démontré lors du débat, ces citations sont hors sujets. En effet, ces condamnations contre le fait de se rendre dans les « lieux de rencontre des hérétiques » se réfèrent à des sectes, des groupes et des églises qui sont notoires de droit comme étant hérétiques (c.-à-d. ils ont été officiellement excommuniés) ou notoires de fait (c.-à-d. ils rejettent ouvertement et sans aucune dissimulation la foi catholique). Des exemples de telles sectes de nos jours sont, entre autres, les églises Protestantes, les églises « Orthodoxes » orientales, les églises Vieille-« Catholique », etc. – bref, des églises qui ne sont manifestement pas catholiques. Ou bien ces « lieux de rencontre » et ces sectes ont été spécifiquement déclarés comme devant être évités (voir par exemple Graves Ac Diuturnae, de Pie IX (1875) à propos des « Vieux-Catholiques ») ou alors ils rejettent ouvertement et sans dissimulation la foi catholique.

La citation suivante du premier concile de Constantinople prouve que c’était bien le sens et la signification des décrets ecclésiastiques concernant les regroupements d’hérétiques et le fait d’éviter les assemblés d’hérétiques.

LE PREMIER CONCILE DE CONSTANTINOPLE CONFIRME NOTRE POSITION SUR LE SUJET

Premier Concile de Constantinople, 381, canon 6 : « Si la plainte portée contre l’évêque a trait à des affaires ecclésiastiques, il faut alors soumettre à l’examen la personne des accusateurs, afin qu’avant tout il ne soit pas possible à des hérétiques de porter contre les évêques orthodoxes des accusations concernant les affaires ecclésiastiques. Nous regardons comme hérétiques ceux qui sont déjà depuis longtemps bannis de l’Église et ceux qui, depuis lors, ont été anathématisés par nous et, en plus de ces cas, ceux qui prétendent professer la foi saine, mais qui se sont séparés et tiennent des assemblées rivales contre les évêques en communion avec nous. » (Pères Nicéens et Post-Nicéens, Second Series, Vol. 14, p. 183)

Notez que dans ce décret ecclésiastique, ils désignent les hérétiques comme étant 1) ceux qui ont été spécifiquement anathématisés (c-à-d., déclarés, notoires de droit), ou ceux qui tiennent des assemblées/réunions en opposition directe avec la véritable Église – et rejettent donc ouvertement et sans dissimulation l’Église catholique (c-à-d., notoires de fait).

Quand les conciles se réfèrent au fait d’éviter les « lieux de rencontre des hérétiques » et les « églises non-catholiques », ils désignent, comme ce canon, des groupes et des sectes qui sont notoires de droit (c.-à-d. dans la loi, déclarés) ou notoires de fait (c.-à-d. se proclamant ouvertement non-catholiques).

Cela devrait être évident, même pour le sens catholique commun de toute personne qui considère cette question ; car il y a une différence évidente entre un individu membre d’une église « orthodoxe » orientale, qui ne dissimule pas son rejet de la Papauté, et un hérétique « traditionaliste » sous Benoît XVI, qui, lui, dissimule son rejet de l’enseignement catholique sous couvert d’une fausse déclaration de fidélité à l’enseignement de Vatican I à propos de la Papauté. De la part de ce dernier, cette « dissimulation » pourrait le rendre moins connu dans son hérésie, même si cela ne l’ « excuse pas » d’adhérer obstinément à un hérétique.

PLUS DE PREUVE POUR CE POINT SUR NOTOIRE EN FAIT

Le Code de Droit Canonique contient les distinctions entre public, notoire en droit et notoire en fait.

Canon 2197. 1-4, Code de droit canonique 1917 : «Un crime est public : (1) s’il est déjà communément connu ou si les circonstances sont de nature à conduire à la conclusion qu’il peut et va facilement le devenir ;
(2) Notoire par la notoriété de la loi, [si c’est] après une sentence par un juge compétent qui rend l’affaire une chose adjugée, ou après une confession faite par le délinquant devant le tribunal en accord avec Canon 1750 ;
(3) Notoriété par la notoriété des faits, si elle est publiquement connue et a été commise dans de telles circonstances qu’aucune évasion intelligente n’est possible et aucune excuse légale ne peut excuser [l’acte] ;
(4) Occultes, si elles ne sont pas publiques ; matériellement occulte, si le délit est caché ; formellement occulte, si l’imputabilité [n’est pas connue] … »

Pour résumer les définitions :

Public = communément connu ou peut être communément connu

Notoriété en droit = ​​déclarée

Notoire en fait = public et si notoire qu’il ne peut pas être caché ou excusé

Puisque le sens de notoire en droit (déclaré) est évident, nous devons continuer à se concentrer sur notoire en fait. Comme nous le voyons ci-dessus, le manque de «dissimulation» ou «évasion» est la clé pour rendre quelque chose de notoire en fait. Le crime de la personne notoirement connue ne peut être caché. Bien qu’il y ait de nombreux exemples que nous pourrions considérer, le rejet «orthodoxe» oriental de Vatican I est excellent. Il n’y a pas de dissimulation : ils n’acceptent pas la papauté. Ils la rejettent ouvertement et sans évasion  Ils sont donc notoires en fait. Un tel prêtre est ouvertement non-catholique et doit être évité.

Dans les décrets des conciles et des papes, nous voyons à plusieurs reprises que l’incapacité ou la non-dissimulation d’un crime est ce qui le rend notoire en fait. Cela signifie que l’obligation absolue d’éviter un hérétique dans tous les cas vient : 1) s’il a été déclaré, ou à défaut d’une telle déclaration, 2) s’il est si notoire qu’il ne peut pas dissimuler ou excuser son crime en droit. Nous trouvons cette distinction dans l’histoire de l’Église.

CE QUE DIT LE CONCILE DE CONSTANCE À PROPOS DU MANQUE DE «DISSIMULATION»

Pape Martin V, Concile de Constance, Ad Evitanda Scandala, 1418 : « Pour éviter les scandales et beaucoup de périls et pour venir en aide aux consciences timorées par la teneur de ces présentes, nous accordons miséricorde à tous les fidèles du Christ que désormais personne ne sera obligé de s’abstenir de communion avec quiconque dans l’administration ou la réception des sacrements ou dans tout autre acte religieux ou non religieux quel qu’il soit, ni d’éviter quiconque ou d’observer tout interdit ecclésiastique, sous prétexte d’une quelconque sentence ou censure ecclésiastique promulguée généralement, que ce soit pour le droit ou pour un particulier ; à moins que la sentence ou censure en question n’ait été spécifiquement et expressément publiée ou dénoncée par le juge envers ou contre une personne définie, un collège, une université, une église, une communauté ou un lieu. Nonobstant du contraire toute constitution apostolique ou autres constitutions, sauf le cas de quelqu’un dont on saura si notoirement que celui-ci a encouru la sentence prononcée par le canon de l’imposition des mains sacrilèges sur un clerc, que le fait ne puisse être caché par aucune tergiversation ni excusé par aucun moyen de défense juridique. Car nous nous abstiendrons de communion avec un tel homme, en conformité avec les sanctions canoniques, même s’il ne sera pas dénoncé ». (Fontes I, 45)

Dans ce décret, on voit qu’on doit éviter : 1) ceux qui ont été déclarés (notoires de droit) ; ou 2) ceux qui n’ont pas été déclarés, mais qui ont frappé un clerc et que la preuve ne peut être « dissimulée par aucune tergiversation ». Tergiversation signifie « paroles équivoques [caractère évasif] », « mensonge [fausseté] ». En d’autres termes, cela doit être tellement évident que ça ne peut pas être caché, même par une argumentation malhonnête. C’est un autre exemple de l’observation faite ci-dessus concernant l’église « orthodoxe » orientale, qui ne cache pas, et ne peut pas cacher, son rejet de la papauté.

CE QUE DIT LE CONCILE DE BÂLE A PROPOS DU MANQUE DE «DISSIMULATION»

Pape Eugène IV, Concile de Bâle, Sess. 20, 22 janv. 1435 : « Pour éviter les scandales et beaucoup de périls et pour venir en aide aux consciences timorées, il statue aussi que personne désormais ne soit tenu de s’écarter de la communion de qui que ce soit dans l’administration ou la réception des sacrements ,ou dans d’autres services divins ou en dehors, sous prétexte d’une quelconque sentence ou censure ecclésiastique, d’une suspension ou d’une interdiction , promulguée par un homme ou de façon générale par le droit, ou bien d’éviter quelqu’un ou d’observer un interdit ecclésiastique, à moins que la sentence, interdiction, suspension ou censure de cette sorte n’ait été publiée ou annoncée spécialement ou expressément par un juge envers ou contre une personne, un collège, une université, une église ou un lieu déterminés, ou bien si, de notoriété publique, il est assuré que la sentence d’excommunication a frappé quelqu’un de telle sorte qu’elle ne puisse être cachée par aucun détour ou être excusée de manière quelconque par un jugement de droit. Car elle veut que l’on s’abstienne de la communion avec lui selon les sanctions canoniques. Par ce décret cependant le synode n’entend nullement innocenter de tels excommuniés, suspens, interdits ou prohibés ni le moins du monde les approuver ».

Dans ce décret, on voit aussi que ceux qui doivent être évités sont : 1) ceux qui ont été déclarés (notoire de droit) ; ou 2) ceux qui, sans déclaration, ont à ce point encouru notoirement l’excommunication, qu’elle ne peut pas être « cachée » ou « excusée » de droit (notoire de fait).

Notez qu’il existe une distinction entre la capacité de quelqu’un à dissimuler un crime et sa capacité à l’excuser. Quand j’ai demandé au schismatique radical d’expliquer cette distinction dans le débat, il était perdu. Les schismatiques radicaux ne peuvent pas faire face à cette distinction, car elle réfute leur fausse position et met en évidence notre vraie position.

Par exemple, un prêtre qui offre une liturgie traditionnelle sous Benoît XVI, qui a vu la preuve que Benoît XVI ne peut pas être le pape, ne peut pas « excuser » son adhésion à ce pape. Il est coupable d’hérésie pour avoir adhéré au pape obstinément. Mais il pourrait être en mesure de « dissimuler » son crime et son rejet de l’enseignement catholique en vertu d’une prétendue fidélité à Vatican I, une prétendue fidélité à l’enseignement que « nul ne peut juger le Saint-Siège », etc. Bien que cette « dissimulation » ne l’excuse pas – il reste malgré tout coupable d’hérésie – cela pourrait le rendre non « notoire de fait ».

Ainsi, on peut voir que les conciles du Moyen-Âge contiennent le même enseignement que le sixième canon du premier Concile de Constantinople sur les assemblées des hérétiques. Les évidents « lieux de réunions des hérétiques » non-catholiques devant absolument être évités sont : 1) ceux qui ont été déclarés ou 2) ceux qui rejettent notoirement l’Église catholique sans « dissimulation » – notoire de droit ou notoire de fait. Les décrets concernant l’obligation pour quelqu’un d’éviter les « lieux de réunions des hérétiques » ne se réfèrent donc pas aux prêtres et aux groupes qui célèbrent le rite catholique traditionnel et déclarent adhérer à tous les enseignements catholiques, mais qui sont en fait des hérétiques.

LA DIFFÉRENCE D’UTILISATION DU TERME « HÉRÉTIQUE » DANS LES DÉFINITIONS DOGMATIQUES ET DANS LA LOI ECCLÉSIASTIQUE DE L’ÉGLISE

Un point pour lequel j’ai passé quelque temps dans le débat était sur la distinction de la façon dont l’Église utilise le terme «hérétique» dans les décrets dogmatiques et dans le droit ecclésiastique. Nous savons que, conformément à l’enseignement dogmatique de l’Église, tous ceux qui sont en désaccord avec un enseignement doctrinal de l’Église sont par le fait même considérés comme hérétiques. Cependant, la loi ecclésiastique de l’Église a utilisé le terme dans un sens différent. Le cas de Martin Luther est un premier exemple.

Martin Luther était un hérétique manifeste avant même qu’il ne soit déclaré comme tel. Bien entendu, nous n’affirmons pas qu’il est impossible d’identifier quelqu’un comme hérétique sans déclaration préalable de l’Église, mais nous nous intéressons plutôt au fait de savoir quand est-ce que l’obligation d’éviter en toute circonstance un hérétique dévient effective.

En étudiant les bulles papales relatives à Martin Luther, on découvre qu’il n’avait pas été considéré comme hérétique dans le droit ecclésiastique de l’Église jusqu’à ce qu’il soit déclaré comme tel. À partir de ce moment là, l’obligation de l’éviter fût imposée. Luther n’a été déclaré officiellement comme hérétique par le droit ecclésiastique qu’à partir de la publication des bulles Exsurge Domine et Decet Romanum.

Pape Léon X, Exsurge Domine, 15 Juin 1520 : « Mais il a toujours refusé d’écouter et, méprisant la précédente citation à comparaître et chacune de nos demandes ci-dessus, il a dédaigné venir. Jusqu’à ce jour, il a été contumace. Avec un esprit obstiné, il a persisté pendant un an sous la censure. Le pire, ajoutant ainsi du mal au mal, et malgré la connaissance de sa citation, est qu’il se lança dans un appel imprudent à un nouveau concile… Par conséquent nous pouvons, sans autre citation et délai supplémentaires, procéder à son endroit à sa condamnation et damnation, au motif qu’il est notoirement suspect dans sa foi et qu’il est en fait un véritable hérétique, avec la pleine sévérité de chacune et de toutes les sanctions et censures ci-dessus… Si, cependant, le dit Martin, ses sympathisants, adhérents et complices, à notre grand regret, s’obstinaient à ne pas se conformer aux stipulations mentionnées dans le délais évoqués, nous serions dans l’obligation, suivant en cela l’enseignement du saint apôtre Paul, qui nous apprend qu’il faut éviter un hérétique après l’avoir averti par deux fois, de condamner le dit Martin, ses partisans, adhérents et complices comme sarments stériles hors du Christ, prêchant une doctrine répugnante contraire à la foi chrétienne et offensant la divine majesté, causant des dommages et la honte de l’Église chrétienne toute entière, et diminuant les clés de l’Église en tant qu’hérétiques obstinés et publics ».

Notez que le pape Léon X enseigne que l’obligation absolue d’éviter dans tous les cas une personne découle de la déclaration même. Alors que quelqu’un comme Luther était clairement un hérétique avant même cette déclaration, cela est un exemple de la façon dont l’Église comprenait l’obligation d’éviter des assemblées d’hérétiques. Celle-ci se réfère aux hérétiques déclarés, comme Luther, ou à ceux qui sont tellement connus que leur crime ne peut être dissimulé.

La bulle Decet Romanum fut la dernière bulle contre Luther. Elle illustre la même chose.

Pape Léon X, Decet Romanum, 3 janv. 1521 : « II. Nous avons été informés qu’après que la missive précédente eût été exposée en public et que l’intervalle ou les intervalles qu’elles prescrivaient eurent été écoulés [60 jours] – et nous donnons par la présente avis solennel à tous les fidèles chrétiens que ces intervalles ont fini de s’écouler – beaucoup de ceux qui avait suivi les erreurs de Martin prirent connaissance de notre missive et de ses mises en garde et injonctions : l’esprit d’un conseiller plus sain les ramena à la raison, ils avouèrent leurs erreurs et abjurèrent l’hérésie à notre demande, et par un retour à la vraie foi catholique obtinrent la grâce du sacrement de pénitence … ; et en plusieurs États et localités de la dite Allemagne, les livres et les écrits du dit Martin furent brûlés publiquement, comme nous l’avions enjoint ».

« Néanmoins Martin lui-même – et dire ceci nous cause une peine profonde et une grande perplexité – esclave d’un esprit dépravé, a dédaigné de révoquer ses erreurs dans l’intervalle prescrit et de nous informer d’une telle révocation, ou de venir nous voir en personne ; que dis-je, comme une pierre d’achoppement, il n’a pas eu peur d’écrire et de prêcher des choses bien pires à notre encontre, ainsi qu’à celle du Saint Siège et de la foi catholique, et ainsi d’entraîner d’autres à faire de même ».

Notez que l’obligation absolue de l’éviter, lui, et ceux qui le suivent, découle maintenant de la déclaration même :

« Il a été désormais déclaré hérétique ; et par la même aussi ceux qui, quelque soit leur autorité et leur rang, ne se sont pas préoccupés un instant de leur propre salut mais sont devenus publiquement, et aux yeux de tous, des partisans de la secte dangereuse et hérétique de Martin, et en lui donnant ouvertement et publiquement leur aide, leurs conseils et faveurs et en l’encourageant par leur tiédeur à la désobéissance et à l’obstination, ou en entravant la publication de la dite missive : ceux-là encourent les punitions dévoilées dans cette missive, et doivent être traités de plein droit comme des hérétiques et évités par tous les chrétiens croyants, comme le dit l’Apôtre (Tite III, 10-11) »

« III. Notre objectif est que de tels hommes soient de plein droit rangés dans la même catégorie que Martin et les autres hérétiques maudits et excommuniés, et que autant ils ont varié dans l’obstination à faire le pêché que Martin, ils devront en conséquence partager son châtiment et son nom, en ayant à porter où qu’ils aillent le titre de «Luthériens» et les châtiments que cela induit ».

« … Nous prescrivons et ordonnons que les hommes en question soient partout dénoncés publiquement comme excommuniés, maudits, condamnés, interdits, privés de leurs biens et incapable de les posséder. Ils doivent être strictement évités par tous les chrétiens fidèles ».

Notez à nouveau que la déclaration impose l’obligation des les éviter.

Comme nous le voyons, le terme d’ « hérétique » est utilisé dans des sens différents dans la loi ecclésiastique de l’Église et dans les déclarations dogmatiques.

Ces faits démontrent que, quand il s’agit de la loi ecclésiastique, un décret de l’Église dit qu’il est obligatoire d’éviter, dans tous les cas, les hérétiques – cela se réfère à ceux qui sont déclarés officiellement comme tels (notoires de droit) ou ceux qui sont tellement connus qu’ils ne peuvent même pas le dissimuler (notoires de fait). Cela ne fait pas nécessairement référence aux hérétiques non-déclarés, qui prétendent suivre l’ensemble de l’enseignement catholique, mais dissimulent leurs déviations.

DEUX AUTRES EXEMPLES DE CE POINT

Pape Clément VII, Bulle d’Excommunication du roi Henri VIII, 11 juillet 1533 : «… par cette même sentence, après délibération, en vertu de Notre fonction, Nous prononçons le susdit Henry [VIII] pour être tombé, pour sa propre damnation, sous la censure de la plus grande excommunication, et d’avoir porté sur lui les autres censures et pénalités dans le Mémoire précité exprimé … et Nous ordonnons à tous les fidèles de l’éviter ». (Rév. Dr. Nicholas Sander, La montée et la croissance du Schisme anglican, page 103)

Notez la déclaration de l’obligation de l’éviter.

Pape saint Pie V, Regnans in Excelsis, contre la reine Elizabeth, 27 avril 1570 : «Par conséquent, reposant sur l’autorité de Celui dont le plaisir était de nous placer (quoique indigne d’une telle charge) sur ce siège suprême de justice, nous déclarons par la plénitude de notre pouvoir apostolique que la précitée Élisabeth est une hérétique et une favorite des hérétiques, et ses adhérents dans les affaires susmentionnées ont encouru la sentence d’excommunication et sont coupés de l’unité du corps de Christ».

Même si Élisabeth était déjà une hérétique évidente qui était coupée de l’Église en réalité, elle n’est légalement considérée comme «coupée» que par la déclaration de l’Église, ce qui l’a rendue notoirement légale. Cette référence à «couper» devient très pertinente lorsque nous considérons l’enseignement de saint Thomas sur la possibilité de recevoir la communion ou d’entendre la messe d’un hérétique non-déclaré.

L’ÉNORME BOURDE DES SCHISMATIQUES RADICAUX À PROPOS DU QUATRIÈME CONCILE DU LATRAN : R.I., ÉRIC, DAVE, ET D’AUTRES

Dans le récent débat, j’ai passé un certain temps à mettre en avant quelques passages cruciaux du quatrième Concile de Latran. C’est l’un des aspects les plus importants du débat, car il sert à illustrer comment les schismatiques radicaux, en proclamant avec véhémence qu’ils ont raison, ont en fait gravement tort. Pour illustrer l’étendue de leur erreur, je dois préciser l’historique de cette opposition. Le différend a commencé il y a quelques années, lorsque nous avons souligné que le quatrième Concile du Latran fait cette déclaration.

Pape Innocent III, Quatrième Concile du Latran, Constitution 3, Des Hérétiques, 1215 : « En outre, nous déterminons sujets à l’excommunication les croyants qui reçoivent, défendent ou soutiennent des hérétiques … Si, toutefois, il s’agit d’un clerc, qu’il soit dépossédé de toutes ses charges et bénéfices, pour qu’ainsi plus grande soit la faute, plus grande soit la punition. Si quiconque refuse d’éviter de telles personnes APRÈS QU’ELLES AIENT ÉTÉ DÉSIGNÉES PAR L’ÉGLISE, [postquam ab Ecclesia denotati fuerint], qu’il soit puni de la sentence d’excommunication jusqu’à ce qu’il ait donné la satisfaction appropriée ».

Nous avons souligné que ce passage définit comme loi – en accord avec notre position et les thèmes que j’ai abordés précédemment – que l’obligation absolue d’éviter les gens qui commettent des infractions dans ces domaines s’applique « après que ces gens aient été désignés par l’Église ». Reconnaissant que cela contredit leur position, les schismatiques radicaux furent scandalisés. Ils décidèrent de regarder le décret (chose qu’ils n’avaient probablement pas faite jusqu’à ce que nous les ayons amené à le faire), et ils ont violemment attaqué notre argument. Ils ont dit que cela était scandaleux, profondément mauvais, malhonnête, et plus encore. Pourquoi ?

Leur réponse était centrée sur le fait que le passage en question mentionne « les croyants qui reçoivent, défendent ou soutiennent des hérétiques« . Ils ont dit que nous avions trompé les gens parce que «les croyants qui reçoivent, défendent ou soutiennent des hérétiques» ne sont pas nécessairement des hérétiques. (Soit dit en passant, c’est seulement dans ce cas qu’ils disent que ceux qui « défendent et soutiennent » des hérétiques ne sont pas hérétiques. Dans tous les autres cas, ils dénonceraient rapidement ces personnes comme étant hérétiques.) Ils ont fait valoir qu’alors que le Concile enseigne que les croyants qui reçoivent, défendent ou soutiennent des hérétiques ne doivent pas nécessairement être évités jusqu’à ce que « ils aient été pointés du doigt par l’Église », les hérétiques, quant à eux, doivent être évités sans déclaration préalable. Dans une tentative pour renforcer leur position, ils ont fait référence à une autre partie du même décret, concernant ceux « suspects d’hérésie ». Voici le passage :

Pape Innocent III, Quatrième Concile du Latran, 1215, 3ème Constitution, Des Hérétiques : « Ceux qui sont simplement déclarés suspects d’hérésie doivent être frappés avec l’épée de l’anathème, à moins qu’ils prouvent leur innocence par une pénitence appropriée, eu égard aux motifs de soupçon et au caractère de la personne. Que ces personnes soient évités par tous, jusqu’à ce qu’elles aient donnée la satisfaction adéquate ».

Attirant l’attention sur ce passage, les schismatiques radicaux disent fondamentalement : «Les Dimond ont complètement tort. Le même décret dit que ceux «suspects d’hérésie» doivent être évités par tous ! Si ces «suspects d’hérésie» doivent être évités sans déclaration, combien plus devons-nous éviter les hérétiques !»

Par «suspects d’hérésie », ils pensaient à des individus qui n’ont pas été déclarés.

L’ÉNORME BOURDE DE RI SUR LE QUATRIÈME CONCILE DU LATRAN

Voici comment un schismatique radical nommé RI [Richard Ibranyi] a articulé la question dans une tentative de contredire notre position. Remarquez qu’il considère les «suspects d’hérésie» dans le décret du IVe Concile de Latran comme ceux qui sont «automatiquement excommuniés» (c’est-à-dire, des individus non-déclarés).

RI, FBM, sur le passage ci-dessus du quatrième Concile de Latran : «Notez bien que ceux qui sont seulement suspects d’hérésie sont frappés de l’anathème de l’excommunication automatique et doivent être évités par tous les catholiques jusqu’à ce qu’ils prouvent leur innocence (c.-à-d. sont innocents). Et s’ils persistent dans l’excommunication pendant un an, ils sont automatiquement dénoncés comme hérétiques. Combien plus, alors, tous les hérétiques connus doivent être évités … « 

Il dit aussi:

RI : «Notez très soigneusement que la personne dont il est question ici n’est ni hérétique, ni suspecte d’hérésie, mais de ceux qui défendent ou soutiennent les hérétiques. Par conséquent seuls ceux qui soutiennent ou défendent les hérétiques doivent être condamnés par un juge avant d’être évités par les Catholiques. Et les parties précédentes du décret cité ci-dessus enseignent que tous les hérétiques (condamnés et non-condamnés) et tous ceux qui sont suspects d’hérésie sont automatiquement condamnés et doivent donc être évités par les catholiques».

Il considère que les personnes soupçonnées d’hérésie sont « automatiquement » frappées et utilise cela pour prouver que vous devez éviter ces personnes avant toute déclaration. Le schismatique radical Eric Hoyle (qui est aussi un apostat stupéfiant qui professe simultanément et publiquement que les «Bénédictins» de Vatican II sont les vrais «Bénédictins») a fait le même argument.

L’ÉNORME BOURDE D’ ÉRIC HOYLE SUR LE QUATRIÈME CONCILE DU LATRAN

Dans une conversation enregistrée avec Luke Stevens (un autre schismatique radical), Eric Hoyle discutait de notre argumentation sur le Quatrième Concile du Latran. Il dit essentiellement à Luke que les Dimond ne connaissent pas cet «autre passage» (sur «suspect d’hérésie»). Hoyle pensa que nous ne le savions pas, et devint confiant (dans son ignorance de la question) sur la façon dont il pensait que le passage allait complètement à l’encontre de notre position. Il ne se rendit pas compte qu’il ne savait pas de quoi il parlait, comme nous le verrons. Non seulement étions-nous conscients du passage, mais nous étions les seuls parmi ceux qui comprenaient réellement ce que cela signifiait parce qu’apparemment nous étions les seuls à avoir lu attentivement les conciles.

Comme RI, Eric Hoyle a conclu que les «suspects d’hérésie» dans ce passage étaient ceux qui n’étaient pas déclarés. Il a également écrit un e-mail sur ce point à quelqu’un que nous connaissons.

Eric Hoyle à Keith McKay sur le Quatrième Conseil du Latran : «Il y a un passage dans le paragraphe précédent du quatrième citation du Concile de Latran dont nous avons discuté, que je vous ai envoyé par courriel :

«Ceux qui ne sont trouvés que suspects d’hérésie doivent être frappés de l’épée d’anathème, à moins qu’ils ne prouvent leur innocence par une purgation appropriée, eu égard aux raisons de la suspicion et au caractère de la personne.  Que ces personnes soient évitées par tous jusqu’à ce qu’elles aient fait une satisfaction adéquate. S’ils persistent dans l’excommunication pendant un an, ils doivent être condamnés comme hérétiques».

«Croyez-vous que le même concile qui a écrit ceci considérerait acceptable d’assister à la messe d’un prêtre qui est certainement un hérétique public, qu’un juge ecclésiastique ait ou non traité la question ? Évidemment pas ».

Hoyle était si confiant dans son argument sur cette question qu’il a même appelé notre argumentation sur le Quatrième Conseil du Latran (et les questions connexes) « trash » [ordure]. Comme nous le verrons, c’est en fait sa connaissance et sa compréhension du problème.

L’ÉNORME BOURDE DE DAVE SUR LE QUATRIÈME CONCILE DU LATRAN

Reprenant le même argument que les deux schismatiques radicaux décrits ci-dessus, Dave L. a attaqué notre position et notre argumentation sur le Quatrième Concile du Latran. Il a appelé notre argument « bouffonnerie », et a affirmé au sujet du décret : « Gardez à l’esprit que nous parlons toujours des personnes non-hérétiques qui ont été excommuniées pour aider d’une certaine manière un hérétique … ».

En d’autres termes, il a adopté le même argument que les schismatiques ci-dessus : que le passage que nous avons cité concerne seulement les croyants qui défendent et aident les hérétiques – pas les hérétiques ou les suspects d’hérésie. Les hérétiques et les suspects d’hérésie doivent être évités sans déclaration, affirment-ils.

Dave continue : «Aux Dimond, ces portes de l’enfer : Ce décret n’a RIEN à voir avec les HÉRÉTIQUES étant signalés par l’Église, O vous les loups menteurs ! L’ensemble parle de ceux que l’Église a excommuniés pour traiter favorablement avec les hérétiques, même s’ils ne sont pas eux-mêmes des hérétiques».

Encore une fois, il affirme avec insolence que le Concile n’enseigne en rien que les hérétiques ou les suspects doivent être évités après avoir été déclarés, mais que la déclaration ne se réfère qu’aux croyants qui aident les hérétiques. Il conclut en disant : « Les Dimond se moquent des âmes bien intentionnées qui veulent vraiment la vérité. Ils sont indéniablement méchants et ne soyez pas surpris s’ils se moquent de tous leurs partisans à huis clos ».

Beaucoup d’autres schismatiques radicaux ont fait le même argument au sujet de l’expression «suspect d’hérésie», et comment ces personnes doivent être évitées sans une déclaration, y compris Eli, le schismatique avec qui j’ai récemment débattu. Si vous avez entendu le débat, vous savez ce qui s’est passé. Leur énorme gaffe a été dévoilée, leurs fausses accusations arrogantes ont été démolies, et leur ignorance des conciles a été rendue publique pour tous.

Il faudrait probablement ajouter qu’après avoir exposé tous les schismatiques radicaux dans le débat – car ils font tous les mêmes arguments – y compris Eli, RI, Dave, Frank, Eric, etc. ad nauseam – le schismatique Dave ment maintenant sur sa position sur la question. Plutôt que d’admettre qu’il avait tout à fait tort, il prétend maintenant qu’il comprenait tout ce que Latran IV disait à propos de ces «suspects d’hérésie», en se référant à ceux qui étaient déclarés ! Inutile de dire que c’est un mensonge scandaleux, comme nous pouvons le voir à partir de son assertion odieuse citée ci-dessus. Il a hardiment (et à tort) déclaré qu’il est faux de soutenir que le quatrième Concile de Latran a enseigné quelque chose sur les hérétiques déclarés ou signalés par l’Église.

RÉFUTATION DES SCHISMATIQUES RADICAUX À PROPOS DU QUATRIÈME CONCILE DU LATRAN ET DU TERME « SUSPECT D’HÉRÉSIE »

Le point clé dans la réfutation des schismatiques radicaux sur ce sujet est de se rendre compte que lorsque le concile parle de ceux «suspectés d’hérésie», il se réfère en fait à ceux qui sont déclarés suspects d’hérésie. C’est ce qu’ils ne savaient pas parce qu’ils n’avaient pas étudié les conciles. Alors que les schismatiques pensaient à tort que nous n’étions pas au courant de ce passage, la vérité est tout le contraire : j’ai repéré leur erreur la première fois que j’ai vu leur argument. Je savais que l’expression « frappé avec l’épée d’anathème » faisait référence à une sentence déclarée.

Pape Innocent III, Quatrième Concile du Latran, 1215, Constitution 3, Des Hérétiques : « Ceux qui sont seulement déclarés suspects d’hérésie doivent être frappés avec l’épée de l’anathème, à moins qu’ils prouvent leur innocence par une pénitence appropriée, eu égard aux motifs de soupçon et au caractère de la personne. Que ces personnes soient évitées par tous, jusqu’à ce qu’elles aient donnée la satisfaction adéquate. Si elles persistent dans l’excommunication pour un an, elles seront condamnées comme hérétiques. Que les autorités séculières, quelles que soient les fonctions qu’elles occupent, soient conseillées et encouragées et, si besoin est, obligées par la censure ecclésiastique, si elles désirent conserver leur réputation de fidélité, à prêter serment publiquement en faveur de la défense de la foi avec l’effet qu’elles chercheront, autant qu’elles peuvent, à expulser de leurs terres tous les hérétiques désignés de bonne foi par l’Église ».

Ce terme, frappé « de l’épée de l’anathème » (anathemis gladio), ou le terme similaire, « l’épée de l’excommunication » (excommunicationis gladius), est souvent utilisé par les conciles. Il fait référence à une excommunication déclarée. Voici deux autres exemples :

Pape Calixte II, Premier Concile du Latran, 1123, 20 : « En gardant à l’esprit les exemples dans la tradition des Pères, et en nous acquittant de notre devoir pastoral, nous décrétons que les églises et ce qui leur appartient, que ce soit les personnes ou les possessions matérielles, à savoir les clercs, moines et autres frères lais, ainsi que ceux qui viennent pour prier et ce qu’ils amènent avec eux, doivent être protégés et il ne doit pas leur être porté atteinte. Si quiconque ose ne pas se conformer à cela, et si après avoir reconnu son infamie il n’a pas fait amende de manière appropriée sous trente jours, qu’il soit banni du corps de l’Église et abattu avec l’épée de l’anathème ».

Concile de Trente, Sess. 25, Décret sur le Réforme, chap. 3 : « Bien que le glaive de l’excommunication soit le nerf de la discipline ecclésiastique, fort salutaire pour maintenir les peuples dans leurs devoirs, il faut cependant y recourir avec sobriété et grande circonspection. L’expérience, en effet, nous enseigne que, si l’on en frappe à la légère et pour des choses peu importantes, il est plus méprisé que redouté et est davantage à l’origine de mal que de bien. C’est pourquoi ces excommunications qui, précédées de monitions, sont ordinairement portées pour obtenir des aveux ou pour des choses perdues ou soustraites, ne seront décrétées par personne d’autre que par l’évêque, et alors pour des choses qui sortent du commun et après que l’évêque a examiné avec soin et grande maturité une cause qui suscite son émotion. Que l’évêque ne soit pas conduit, pour décider de ces excommunications, par l’autorité d’une personne séculière, même celle d’un magistrat ; mais tout cela reposera sur sa décision et sa conscience lorsqu’il aura lui-même jugé qu’elles doivent être portées en fonction de la chose, du lieu, de la personne et du temps ».

Comme nous le voyons, le premier concile du Latran et le concile de Trente utilise les termes « épée de l’anathème » et « épée de l’excommunication » pour parler d’une sentence déclarée. Par cette utilisation du terme, le quatrième Concile du Latran enseigne que ceux qui sont « suspectés d’hérésie » doivent être évités, tout comme il enseigne que les croyants qui aident des hérétiques doivent être évités « après avoir été signalés par l’Église ». Et il y a encore d’autres preuves. Prenons le premier Concile de Lyon.

L’EMPEREUR FRÉDÉRIC II A ÉTÉ DÉCLARÉ « SUSPECT D’HÉRÉSIE » PAR LE PREMIER CONCILE DE LYON ; IL AVAIT DÉJÀ ÉTÉ DÉCLARÉ EXCOMMUNIÉ POUR DE NOMBREUSES CHOSES

Pape Innocent IV, premier concile de Lyon, 1245, bulle de déposition de l’empereur Frédéric II : «Nous l’informâmes encore que nos ambassadeurs étaient prêts à entendre et à traiter de la paix, et même de la satisfaction, si l’empereur était prêt à le faire en ce qui concerne toutes les choses pour lesquelles il avait encouru l’excommunication… Pour ne rien dire de ses autres crimes, il en a commis quatre de plus grande gravité, qui ne peut être cachée par l’évasion. Car, il a souvent échoué à garder son serment ; il a délibérément brisé la paix précédemment établie entre l’Église et l’empire ; il commit un sacrilège en provoquant l’arrestation des cardinaux de la sainte Église romaine et des prélats et des clercs des autres églises, religieux et laïques, qui venaient au concile que notre prédécesseur avait décidé de convoquer ; il est aussi suspect d’hérésie, par des preuves qui ne sont pas légères ou douteuses mais claires et incontournables».

Comme on le voit, dans le premier concile de Lyon, l’empereur Frédéric II avait déjà été excommunié quand il était considéré comme «suspect d’hérésie».

Par conséquent, quand le Quatrième Concile de Latran dit que «Ceux qui ne sont trouvés que suspects d’hérésie doivent être frappés avec l’épée d’anathème, à moins qu’ils ne prouvent leur innocence par une purgation appropriée … Que ces personnes soient évitées par tous», il se réfère aux personnes qui sont déclarées. Ceci est parfaitement cohérent avec notre position, et totalement contraire à la position et aux arguments des schismatiques radicaux. Ils se sont complètement trompés au sujet du quatrième Concile de Latran, et leur fierté a encore été confondue.

Deuxièmement, le fait que le Quatrième Concile du Latran se réfère à une peine déclarée quand il parle de ces «suspects d’hérésie» ressort clairement du contexte.

Pape Innocent III, Quatrième Concile du Latran, 1215, Constitution 3, Des Hérétiques : « Ceux qui sont seulement déclarés suspects d’hérésie doivent être frappés avec l’épée de l’anathème, à moins qu’ils prouvent leur innocence par une pénitence appropriée, eu égard aux motifs de soupçon et au caractère de la personne. Que ces personnes soient évitées par tous, jusqu’à ce qu’elles aient donnée la satisfaction adéquate. Si elles persistent dans l’excommunication pour un an, elles seront condamnées comme hérétiques. Que les autorités séculières, quelles que soient les fonctions qu’elles occupent, soient conseillées et encouragées et, si besoin est, obligées par la censure ecclésiastique, si elles désirent conserver leur réputation de fidélité, à prêter serment publiquement en faveur de la défense de la foi avec l’effet qu’elles chercheront, autant qu’elles peuvent, à expulser de leurs terres tous les hérétiques désignés de bonne foi par l’Église ».

Remarquez que ceux qui auront été «trouvés» suspects d’hérésie seront condamnés comme hérétiques «s’ils persistent dans l’excommunication pendant un an». Cela prouve que la période pendant laquelle ils ont été considérés comme «suspects d’hérésie» a commencé avec une déclaration d’excommunication. En effet, durant cette période de l’histoire de l’Église, lorsque les conciles se réfèrent à «l’excommunication», ils se réfèrent presque toujours à une phrase déclarée. Par conséquent, ceux qui sont «suspects d’hérésie» sont ceux qui ont été déclarés suspects et, de toute évidence, une telle déclaration formelle comporte l’obligation pour les autres d’éviter ces personnes.

Après la période durant laquelle ils sont «suspects», une autre déclaration viendrait les déclarer ou les «désigner» comme hérétiques (comme l’enseigne le même décret). Évidemment, tous les hérétiques désignés ou déclarés doivent être évités, comme nous le voyons dans de nombreux décrets. Ces faits démontrent à quel point les schismatiques radicaux ont tort, et comment ils appliquent mal l’enseignement catholique et les décrets des conciles. Ils se moquaient en fait de notre argumentation sur le quatrième Concile de Latran, mais ils ne faisaient que démontrer la fausseté de leur position, ainsi que leur manque d’une connaissance plus approfondie du sujet.

Mais il y a plus. Remarquez que dans ce passage (tiré du même décret du Quatrième Concile de Latran) nous voyons que les «hérétiques» eux-mêmes doivent absolument être expulsés lorsqu’ils ont été «désignés» par l’Église.

Pape Innocent III, quatrième Concile de Latran , 1215, Constitution 3 sur les hérétique : «Que les autorités séculières, quelles que soient les fonctions qu’elles occupent, soient conseillées et encouragées et, si besoin est, obligées par la censure ecclésiastique, si elles désirent conserver leur réputation de fidélité, à prêter serment publiquement en faveur de la défense de la foi avec l’effet qu’elles chercheront, autant qu’elles peuvent, à expulser de leurs terres tous les hérétiques désignés de bonne foi par l’Église ».

Ce passage est un exemple de la désignation ou de la déclaration de l’Église qui a été faite avant qu’il y ait une obligation stricte, dans tous les cas, d’éviter quelqu’un ou d’agir de manière connexe. Ceci s’applique aux « croyants qui reçoivent, défendent ou soutiennent les hérétiques » ; il s’applique à ceux «suspects d’hérésie» ; et, comme nous le voyons ici, il s’applique aux « hérétiques » eux-mêmes. En fait, nous avons déjà vu que les «hérétiques» dans la loi ecclésiastique de l’Église sont ceux qui ont été déclarés ou sont si célèbres qu’ils ne peuvent pas être dissimulés dans la loi. Autrement dit, les schismatiques radicaux ne pouvaient pas avoir plus tort.

LE QUATRIÈME CONCILE DU LATRAN À PROPOS DU FAIT D’ÉVITER DES GENS APRÈS UNE DÉCLARATION OU DÉSIGNATION (NOTEZ L’HARMONIE)

LES CROYANTS QUI DÉFENDENT DES HÉRÉTIQUES SONT «DÉSIGNÉS» CEUX « SUSPECTÉS D’HÉRÉSIE » SONT FRAPPÉS D’UNE DÉCLARATION LES « HÉRÉTIQUES » SONT DÉSIGNÉS
Pape Innocent III, Quatrième Concile du Latran, Constitution 3, Des Hérétiques, 1215 : « En outre, nous déterminons sujets à l’excommunication les croyants qui reçoivent, défendent ou soutiennent des hérétiques… Si, toutefois, il s’agit d’un clerc, qu’il soit dépossédé de toutes ses charges et bénéfices, pour qu’ainsi plus grande soit la faute, plus grande soit la punition. Si quiconque refuse d’éviter de telles personnes APRES QU’ELLES AIENT ÉTÉ DÉSIGNÉES PAR L’ÉGLISE, [postquam ab Ecclesia denotati fuerint], qu’il soit puni de la sentence d’excommunication jusqu’à ce qu’il ait donné la satisfaction appropriée ». Pape Innocent III, Quatrième Concile du Latran, 1215, 3ème Constitution, Des Hérétiques : « Ceux qui sont seulement déclarés suspects d’hérésie doivent être frappés avec l’épée de l’anathème, à moins qu’ils prouvent leur innocence par une pénitence appropriée, eu égard aux motifs de soupçon et au caractère de la personne. Que ces personnes soient évitées par tous, jusqu’à ce qu’elles aient données la satisfaction adéquate. Si elles persistent dans l’excommunication pour un an, elles seront condamnées comme hérétiques. »

« Frappé avec l’épée de l’anathème » veut dire déclaration (cf. Premier Concile de Latran, Concile de Trente)

Pape Innocent III, Quatrième Concile du Latran, 1215, 3ème Constitution, Des Hérétiques : « Que les autorités séculières, quelles que soient les fonctions qu’elles occupent, soient conseillées et encouragées et, si besoin est, obligées par la censure ecclésiastique, si elles désirent conserver leur réputation de fidélité, à prêter serment publiquement en faveur de la défense de la foi avec l’effet qu’elles chercheront, autant qu’elles peuvent, à expulser de leurs terres tous les hérétiques désignés de bonne foi par l’Église ».

De plus, ceux qui sont « hérétiques » dans la loi officielle de l’Eglise, sont ceux qui sont déclarés ou notoires de fait, comme le montre cet article

Je vais fermer cette section sur le quatrième Concile de Latran en soulignant comment les schismatiques radicaux, n’ayant aucune réponse convaincante aux faits dévastateurs que nous venons de couvrir, sont obligés de multiplier leurs arguments non pertinents. Ils re-citent le passage suivant du même décret, même si c’est totalement hors-sujet.

Pape Innocent III, Quatrième Concile du Latran, Constitution 3, Des Hérétiques : « Nous excommunions et anathémisons toute hérésie s’élevant contre cette Foi Sainte, orthodoxe et Catholique que nous avons exposée plus haut. Nous condamnons tous les hérétiques, quel que soit le nom qu’ils portent».

Ils prétendent que cela condamne infailliblement tous les hérétiques automatiquement, sans déclaration, peu importe leur nom. C’est vrai, et complètement hors de propos. Soit ils mentent, soit ils n’ont toujours pas compris la distinction entre : 1) le fait que les hérétiques peuvent être rejetés comme non-catholiques sans déclaration aucune, et 2) que l’obligation absolue d’éviter un hérétique dans tous les cas en droit ecclésiastique vient avec la «déclaration» de l’Église ou «désignation», ou si l’hérétique est tellement connu qu’il ne peut pas dissimuler son crime en droit.

C’est la question 2) qui est en discussion, pas la 1) et, comme les passages ci-dessus le montrent clairement, le quatrième Concile du Latran enseigne clairement que les hérétiques, ainsi que ceux suspects d’hérésie et les croyants qui défendent les hérétiques, sont à éviter en conformité avec la déclaration de l’Église, ou si le crime de quelqu’un est tellement connu qu’il ne peut pas être caché en droit.

LES MARIAGES MIXTES – UNE RÉALITÉ FATALE AUX SCHISMATIQUES RADICAUX

Dans le débat avec Eli, j’ai soulevé le fait que l’Église a permis des mariages mixtes. Tandis que l’Église ne recommande pas les mariages mixtes – elle les décourage activement – c’est un fait qu’en certaines occasions des mariages entre des catholiques et des hérétiques ont été approuvés par les papes. En plus d’autres arguments, ce fait est fatal à l’argumentation des schismatiques radicaux. C’est parce qu’ils estiment que communiquer sciemment dans un sacrement avec un hérétique est nécessairement communiquer dans le péché de l’hérétique. Ils l’assimilent à une maladie contagieuse qui se transmet par contact : si vous le recevez sciemment de quelqu’un d’infecté, vous contractez la maladie. Cette ligne d’argumentation, tout en faisant appel à l’émotion, est complètement erronée ; et elle est réfutée par la réalité des mariages mixtes. Voilà pourquoi les schismatiques radicaux deviennent extrêmement mal à l’aise quand ils commencent à discuter des mariages mixtes.

Dans le mariage, les deux personnes s’échangent entre eux le sacrement. Cela signifie qu’en fait un catholique échange le sacrement du mariage avec un hérétique.

Pape Grégoire XVI, Summo Iugiter Studio, 27 mai 1832 : « Dès que les fidèles bavarois auront compris la nécessité de maintenir l’unité catholique, les avertissements et mises en garde à leur égard contre le fait de s’unir dans le mariage avec des hérétiques ne seront certainement pas vains. Si à l’occasion une grande cause devait suggérer un tel mariage mixte, ils demanderont alors une dispense de l’Église et observeront les conditions que Nous avons mentionnées ci-dessus ».

Si communiquer avec un hérétique dans un sacrement entraîne nécessairement le fait de communiquer dans le péché de l’hérétique (attraper la maladie), alors l’Église et les papes n’auraient pas approuvé les mariages mixtes (approuvant ainsi le péché mortel). Le fait que l’Église ait occasionnellement approuvé de tels mariages prouve que la communication dans un sacrement avec un hérétique n’implique pas nécessairement la communication dans le péché d’un hérétique.

Donc, qu’est-ce qui provoque le péché dans le fait de communiquer dans le sacrement avec un hérétique ? Le péché est causé par le fait de communiquer avec eux en dépit de (en allant contre) l’interdiction de l’Eglise, comme on le verra avec St Thomas d’Aquin.

Voilà pourquoi la question n’est pas si vous savez si quelqu’un est un hérétique non-déclaré ou non, mais plutôt de savoir où est-ce que l’Église a tracé la ligne de démarcation au-delà de laquelle il faut éviter dans tous les cas de tels hérétiques non-déclarés. Comme l’a montré le débat, l’Église a clairement fait savoir que jusqu’à ce que quelqu’un soit déclaré, ou soit tellement notoire que son hérésie ne puisse pas être cachée dans la loi, ça n’est pas nécessairement un péché de recevoir le sacrement de sa part (surtout s’il y a nécessité).

Les schismatiques radicaux ne peuvent pas répondre à cette réalité des mariages mixtes et à leur autorisation par l’Église dans le passé. La seule chose qu’il peuvent faire c’est déformer la question avec malhonnêteté. Dans le débat, Eli a changé de sujet et a fait valoir que l’Eglise n’a jamais approuvé le fait d’aller vers un ministre hérétique pour le mariage. Bien sûr que c’est vrai, mais c’est complètement hors-sujet. Cela n’a rien à voir avec la question. On convient que l’Église n’a pas approuvé le fait d’entrer dans une église non-catholique ou de chercher un ministre non-catholique pour assister au mariage. Le point est que dans le mariage, les deux personnes s’échangent entre elles le sacrement, et de ce fait, dans un mariage mixte, le catholique échange le sacrement avec un hérétique.

D’AUTRES ARGUMENTS DÉSESPÉRÉS ET HORS DE PROPOS

Vu que leurs autres fausses idées et réponses ont été réfutées pendant le débat, les schismatiques radicaux ont maintenant recours à une citation différente. Cette citation, d’ailleurs, est à nouveau tirée de celles que nous postions dans notre rubrique « Citation du jour » pendant des années.

Pape Vigile, Second Concile de Constantinople, 553 : « L’hérétique, même s’il n’a pas été condamné formellement par un quelque individu, amène en réalité l’anathème sur lui-même, car il s’est coupé lui-même du chemin de la vérité du fait de ses hérésies. Quelle réponse peut bien donner une telle personne à l’Apôtre lorsqu’il écrit : Évite celui qui est hérétique, après un premier et un second avertissement, sachant qu’un homme de cette espèce est perverti, et qu’il pèche, condamné par son propre jugement (Tite 3, 10-11) ».

Ils prétendent que cela prouve qu’il faut absolument éviter – éviter en toutes circonstances – un hérétique qui a été automatiquement condamné par la loi divine (c-à-d un hérétique non déclaré), même s’il n’a pas fait l’objet d’une déclaration de la part de l’Église. Cet argument est facilement réfuté, et cela ne durerait pas 30 secondes dans un débat. Dans un e-mail à un schismatique radical qui a cité ce passage, j’ai répondu en disant : Est-ce que cette citation de Constantinople II signifie, à votre avis, que vous devez « éviter en toute circonstance » un hérétique dans le mariage ? Est-ce que cela veut dire qu’un catholique ne pourrait jamais épouser un hérétique ? Répondez.

Naturellement, il n’a pas répondu à la question, même s’il a répondu à d’autres questions. C’est parce qu’il ne peut pas fournir une réponse à la question qui soit conforme à son argumentation. En répondant à la question, son argumentation serait réfutée. La réponse à la question n’est pas : le passage ne prouve pas qu’un catholique doit « éviter en toute circonstance » un hérétique dans le mariage. Cela ne signifie pas qu’un catholique ne pouvait pas épouser un hérétique, car, comme nous l’avons vu plus haut, des catholiques se mariaient avec des hérétiques, à l’occasion, avec l’approbation de l’Église. Cela ne prouve pas qu’un catholique ne pourrait pas communiquer dans un sacrement avec un hérétique non déclaré. Alors, qu’est-ce que cette citation prouve ? Rien du tout.

C’est simplement une reformulation de Tite 3, 10, ce passage signifie que les hérétiques doivent être rejetés comme étant à l’extérieur de votre communion et étrangers à votre Église et foi, une fois qu’il est clair qu’ils ont encouru l’excommunication divine automatique. Bien sûr, nous sommes d’accord : si vous connaissez un hérétique, vous devez le considérer comme étant condamné. Il ne doit pas être approuvé, soutenu, ou considéré comme entrant dans votre communion.

Toutefois, cela ne se rapporte pas à la question précise de savoir s’il est absolument nécessaire d’éviter un hérétique non déclaré dans tous les cas, en particulier en cas de nécessité. En fait, le contexte du décret cité ci-dessus ne faisait pas du tout référence à ce sujet. Il traitait plutôt du fait de rejeter les hérétiques comme étant damnés et séparés de Dieu. Comme nous l’avons déjà vu dans les décrets de l’Église qui abordent la question d’éviter les hérétiques dans tous les cas, l’obligation absolue d’éviter une personne dans tous les cas débute avec la déclaration de l’Église, ou quand elle est tellement connue qu’elle ne peut pas se dissimuler en droit.

Pape Innocent III, Quatrième Concile du Latran, Constitution 3, Des Hérétiques, 1215 : « Si quiconque refuse d’éviter de telles personnes APRÈS QU’ELLES AIENT ÉTÉ DÉSIGNÉES PAR L’ÉGLISE, [postquam ab Ecclesia denotati fuerint], qu’il soit puni de la sentence d’excommunication jusqu’à ce qu’il ait donné la satisfaction appropriée».

Pape Innocent III, Quatrième Concile du Latran, Constitution 3, Des Hérétiques, 1215 : « … expulser des terres soumises à leur juridiction tous les hérétiques désignés de bonne foi par l’Église ».

Pape Innocent III, Quatrième Concile du Latran, Constitution 3, Des Hérétiques, 1215 : « Ceux qui sont seulement déclarés suspects d’hérésie doivent être frappés de l’épée de l’anathème [UNE SENTENCE DÉCLARÉE] … Que ces personnes soient évitées par tous jusqu’à ce qu’elles aient donnée une satisfaction adéquate. Si elles persistent dans l’excommunication pour un an, elles doivent être condamnées comme hérétiques ».

LE CINQUIÈME CONCILE DU LATRAN – LA GROSSE ERREUR DES SCHISMATIQUES RADICAUX À PROPOS DE LEUR CITATION FAVORITE

Dans les écrits des schismatiques radicaux, la citation suivante du cinquième Concile du Latran est apparue peut-être plus que tout autre. La traduction suivante est celle qu’ils utilisent en général pour présenter le passage.

Pape Léon X, Cinquième Concile du Latran, Session 8 : « Et puisque la vérité ne peut contredire la vérité, nous déclarons que toute déclaration contraire à la vérité de la foi éclairée est totalement fausse et nous interdisons strictement tout enseignement non autorisé. Nous décrétons que tous ceux qui tiennent des affirmations erronées de ce genre, semant ainsi des hérésies totalement condamnées, doivent être évités dans tous les cas et condamnés comme de détestables et odieux hérétiques et des infidèles sapant la foi catholique ».

Après l’avoir citée, ils diront que ce décret déclare dogmatiquement que celui tient des propos hérétiques doit être évité automatiquement dans tous les cas. Par exemple, les schismatiques radicaux Dave et Frank ont déclaré avec joie : « [Cinquième Concile du Latran] : Dans tous les cas, à l’exception de la réception des sacrements, c’est ça chers Dimonds ? Contredisant ainsi le Concile dogmatique, n’est-ce pas chers Dimond ? »

Leur argument est faux, comme je l’ai démontré lors du débat.

Sans même entrer dans l’examen du texte latin (qui expose leur erreur), quelqu’un avec un bon sens vraiment Catholique (un attribut que les schismatiques ne possèdent pas) aurait détecté la faiblesse de leur affirmation. Comment l’Église pourrait décréter dogmatiquement que quiconque ne souscrit pas à la vérité catholique doive être évité en toute circonstance ? Les déclarations dogmatiques n’admettent aucune exception. Si c’était un dogme, l’Église n’aurait jamais pu permettre à un hérétique de baptiser ; elle n’aurait jamais approuvé les mariages mixtes ; elle n’aurait jamais approuvé l’approche d’un hérétique pour une confession en cas de nécessité ; elle aurait demandé aux Catholiques de toujours éviter de communiquer, dans les affaires familiales, avec des membres de la famille hérétiques, etc. Pour toutes ces raisons, l’interprétation de la citation du point de vue des schismatiques aurait dû être rejetée d’emblée. S’ils avaient un bon sens Catholique, ils auraient pu se rendre compte que ce passage n’allait pas dans leur sens.

La vérité est que le passage que nous étudions – et précisément, la deuxième partie qui concerne le fait d’éviter les hérétiques – est une déclaration de droit ecclésiastique de l’Église à l’époque. Il met en avant un principe général de fonctionnement qui devait être compris et appliqué par l’Église . Ce n’est pas une définition dogmatique. Et quand on consulte le latin, l’erreur des schismatiques devient encore plus apparente.

Latin : « Cumque verum vero minime contradicat, omnem assertionem veritati illuminatae fidei contrariam, omnino falsam esse definimus, et ut aliter dogmatizare non liceat, districtius inhibemus: omnesque huiusmodi erroris assertionibus inhaerentes, veluti damnatissimas haereses seminantes, per omnia, ut detestabiles et abhominabiles haereticos et infideles, catholicam fidem labefactantes, vintandos et puniendos fore decernimus ».

Une meilleure traduction serait :

« Et puisque la vérité ne peut pas contredire la vérité, toute assertion contraire à la vérité éclairée de la foi, nous la décrétons comme étant absolument fausse, et il n’est pas licite d’enseigner de manière différente, nous l’interdisons catégoriquement : tous ceux qui adhérent à des assertions erronées de cette sorte, pour ainsi dire semant des hérésies qui sont condamnées, nous décrétons qu’ils devront être évités et punis à tous égards comme de détestables et abominables hérétiques et infidèles sapant la foi Catholique ».

Le point clé est « fore decernimus ». Decernimus veut dire « nous décrétons ». Fore est l’infinitif futur du verbe latin « sum » (je suis). L’infinitif présent est esse ; cela veut dire « être ». Fore signifie littéralement « être sur le point de », et est fréquemment traduit par « sera ». Ainsi, le Concile décrète que ceux qui sèment de telles erreurs sont sur le point ou seront évités et punis en tant qu’hérétiques. Cela veut dire qu’ils seront envoyés dans le processus pour être déclarés hérétiques et évités, comme nous l’avons vu avec les conciles précédents. Les schismatiques radicaux ont tort à nouveau. Ils mettent sans arrêt en avant cette citation, et tentent de condamner les catholiques de façon mensongère, alors qu’une bonne compréhension du passage contredit en fait leur position.

ST THOMAS ENSEIGNE DÉFINITIVEMENT QUE L’ON PEUT RECEVOIR LA COMMUNION ET ÉCOUTER LA MESSE D’UN HÉRÉTIQUE NON-DÉCLARÉ – CELA DÉTRUIT LA POSITION DES SCHISMATIQUES RADICAUX

St Thomas d’Aquin, Summa Theologica, IIIa Pars, Q. 82, A. 9 : «Est-il permis de recevoir la communion de la part d’hérétiques, d’excommuniés ou de prêtres pécheurs, et d’écouter leur messe ? : « Je réponds que, comme nous l’avons déjà dit, les prêtres qui sont hérétiques, schismatiques ou excommuniés, ou encore pécheurs, bien qu’ils aient le pouvoir de consacrer l’eucharistie, n’en usent pas régulièrement ; au contraire, ils pèchent en exerçant ce pouvoir. Or, quiconque communie avec autrui dans le péché partage à son tour son péché. C’est pourquoi on lit dans la 2° épître de S. Jean (v. 11) que « celui qui aura dit Salut à l’hérétique communie à ses œuvres mauvaises ». Et c’est pourquoi il n’est pas permis de recevoir la communion ou d’entendre la messe célébrée par de tels prêtres. Cependant il y a une différence entre ces diverses catégories. Car les hérétiques, les schismatiques et les excommuniés sont privés par sentence ecclésiastique d’exercer le pouvoir de consacrer. Aussi pèche-t-on si l’on entend leur messe ou si l’on reçoit d’eux le sacrement. Mais tous les pécheurs ne sont pas privés par sentence de l’Église de l’exercice de ce pouvoir. Et ainsi, bien qu’ils soient suspens en ce qui les concerne par sentence divine, ils ne le sont pas à l’égard des autres par sentence de l’Église. Et c’est pourquoi, jusqu’à ce que l’Église ait prononcé sa sentence, il est permis de recevoir d’eux la communion et d’entendre leur messe. Aussi, commentant S. Paul (1 Co 5, 11) : « Ne pas même prendre de repas avec un tel homme », la Glose d’Augustin dit-elle : « Par cette parole, il n’a pas voulu que l’homme fût jugé par l’homme sur un simple soupçon, ou même par un jugement extraordinaire, mais plutôt en vertu de la loi de Dieu, selon l’ordre de l’Église, soit qu’il ait avoué ensuite, soit qu’il ait été accusé et convaincu».

Ce passage détruit la fausse théologie des schismatiques radicaux. Saint Thomas s’intéresse ici au fait de savoir si l’on peut recevoir la communion, ou écouter la messe, d’un hérétique, schismatique, excommunié, etc.

Il dit : « … Et c’est pourquoi, jusqu’à ce que l’Église ait prononcé sa sentence, il est permis de recevoir d’eux la communion et d’entendre leur messe ». Il dit donc clairement – et c’est en accord avec les autres points que nous avons abordés (quatrième Concile du Latran, etc.) – que l’obligation absolue d’éviter un hérétique découle de la déclaration de la sentence de l’Église.

ZOOM SUR LE POINT DE ST THOMAS

Il y a un certain nombre de points sur lesquels nous devons nous concentrer pour bien comprendre ce problème. Même si son article traite des hérétiques, les schismatiques radicaux prétendent que saint Thomas ne parle pas d’hérétiques dans le passage susmentionné. Ils excluent les hérétiques du passage, tout comme ils le font avec le Code de droit canon de 1917, même si l’article (dans lequel le passage est contenu) traite des hérétiques. Ils doivent exclure arbitrairement les hérétiques de la discussion ; car si saint Thomas enseigne qu’on peut recevoir la communion d’un hérétique non-déclaré et entendre sa messe, toute leur position s’effondre. En conséquence, ils soutiennent que St Thomas parlait seulement de pécheurs qui ne sont pas des hérétiques quand il déclare que «jusqu’à ce que la sentence de l’Église soit prononcée, il est permis de recevoir d’eux la communion et d’entendre leur messe». Leur argument est réfuté par un examen attentif du contexte et d’autres passages de saint Thomas.

Pour réfuter complètement leur argument, nous devons remarquer que saint Thomas établit une distinction entre 1) ceux qui sont suspendus par la sentence divine, et 2) ceux qui sont suspendus par la sentence de l’Église. Il dit que les hérétiques et les excommuniés doivent être évités parce qu’ils ont été suspendus par les deux. Il dit aussi que les pécheurs, quoique suspendus par la sentence divine, « n’ont été suspendus par aucune sentence ecclésiastique à l’égard des autres ». Il oppose les pécheurs aux hérétiques, etc., qui ont été « suspendus à l’égard des autres» par la sentence de l’Église. C’est un point clé. Le péché vient en communiquant avec quelqu’un qui a été «suspendu par rapport aux autres» par la sentence de l’Église.

Est-ce que l’expression « suspendus à l’égard des autres » fait référence à une pénalité automatique ou à une pénalité déclarée ? Elle se réfère à une peine déclarée, au for externe, qui suspend un prêtre en vue des autres fidèles. Saint Thomas enseigne que cette suspension « à l’égard des autres » s’est produite dans le cas des hérétiques, des excommuniés, etc., qui doivent être évités. Puisqu’ils ont été «suspendus à l’égard des autres» par la sanction déclarée de l’Église, c’est un péché de communiquer avec eux dans les sacrements. Cependant, «jusqu’à ce que la sentence de l’Église soit prononcée », cela peut être licite. Ceci confirme également notre point de vue, que le péché de communication dans les sacrements avec un hérétique est déclenché en le faisant contre la désignation de l’Église, etc.

Notre compréhension de ce passage est soutenue par le fait que lorsque saint Thomas parle d’une «sentence ecclésiastique» (c’est-à-dire une excommunication par l’Église), il se réfère presque toujours à une pénalité déclarée (pas automatique). Voici un exemple.

St Thomas, Summa Theologica, Supplementum Part., Q. 21, A. 3, Relatif à l’excommunication : «Je réponds que, par l’excommunication, le juge ecclésiastique exclut un homme, en un sens, du royaume ».

Notre compréhension de l’enseignement de saint Thomas est également confirmée par le fait que saint Thomas utilise les mots «jusqu’à ce que la sentence de l’Église soit prononcée », il est légitime de recevoir la communion d’eux. Considérez le mot «prononcé». Est-ce que cela fait référence à une pénalité automatique ou déclarée ? Il se réfère clairement à une peine déclarée, qui est « prononcée » en vue de l’Église. Si une pénalité automatique «prend effet» ou est «encourue». Si Saint Thomas parlait d’une peine automatique, alors il dirait simplement : «jusqu’à ce que la sentence de l’Église prenne effet …». Il ne dirait pas «jusqu’à ce que la sentence de l’Église soit prononcée».

De plus, dans le passage ci-dessus, vous souvenez-vous de la référence de saint Thomas à «la sentence de l’Église» ? Il dit : «… par conséquent, jusqu’à ce que la sentence de l’Église soit prononcée, il est permis de recevoir d’eux la communion et d’entendre leur messe …»

Eh bien, voici un passage différent dans lequel saint Thomas se réfère à la «sentence» de l’Église , et il la décrit comme une peine déclarée.

St Thomas, Summa Theologica, Supplementum Part., Q. 21, A. 4 : « Une excommunication peut être injuste pour deux raisons. Premièrement, de la part de son auteur, comme quand quelqu’un excommunie par haine ou colère, et pourtant, l’excommunication prend effet, bien que son auteur pèche, parce que celui qui est excommunié souffre justement, même si l’auteur agit à tort en l’excommuniant. Deuxièmement, de la part de l’excommunication, parce qu’il n’y a pas de cause valable, ou que la sentence soit prononcée sans que les formes de la loi soient respectées ».

Il fait clairement référence à la «sentence» de l’Église comme une déclaration déclarée, pas automatique, contrairement à ce que les schismatiques radicaux argumentent désespérément. Tout cela démontre à quel point ils ont tort à ce sujet.

De plus, à cette époque, la peine automatique était appelée la «sentence divine». Ainsi, lorsque saint Thomas dit qu’il ne parle pas de la sentence divine, mais de la sentence de l’Église, il est évident qu’il ne parle pas d’une excommunication automatique.

Avec tout cela considéré, il est tout à fait évident que saint Thomas enseigne qu’il peut être permis de recevoir la communion d’un prêtre ou d’en entendre la messe s’il n’a pas été « suspendu » par la « déclaration » de la « sentence » qui le suspend « à l’égard des autres ».

Par conséquent, saint Thomas enseigne que puisque les hérétiques, les excommuniés, etc. ont été condamnés par une peine déclarée « suspendus à l’égard des autres », on ne peut pas recevoir la communion d’eux ou assister à la messe. … jusqu’à ce que la sentence soit prononcée, il est permis de recevoir d’eux la communion et d’entendre leur messe». C’est-à-dire qu’il peut être licite de recevoir la communion et d’assister à la messe d’un hérétique non-déclaré. C’est exactement notre position, et cela détruit la position des schismatiques radicaux. Leur fausse position exigerait qu’ils condamnent saint Thomas d’Aquin comme un hérétique qui a rejeté la foi apostolique. En fait, considérez à quel point le langage de saint Thomas sur ce point est parallèle aux citations que nous avons déjà couvertes du quatrième Concile de Latran (au même siècle), d’éviter les gens après la déclaration de l’Église.

UNE AUTRE CITATION DE ST THOMAS CONFIRME LE POINT

Pour réfuter encore les schismatiques sur saint Thomas, nous devons examiner ce passage, pour lequel ils n’ont pas le moindre semblant de réponse.

Saint Thomas d’Aquin, Summa Theologica , Suppl. Part, Q. 38, A. 2 : «Je réponds que, sur cette question, quatre opinions sont mentionnées dans le texte (Sent. Iv, D, 25). Certains ont dit que les hérétiques, tant qu’ils sont tolérés par l’Église, conservent le pouvoir d’ordonner, mais pas après qu’ils ont été coupés de l’Église ; comme ne le sont pas ceux qui ont été dégradés et similaires. C’est la première opinion. Mais cela est impossible, car quoi qu’il arrive, aucun pouvoir donné avec une consécration ne peut être enlevé tant que la chose elle-même demeure, pas plus que la consécration elle-même ne peut être annulée, car même un autel ou un chrême une fois consacré reste consacré pour toujours. C’est pourquoi, puisque le pouvoir épiscopal est conféré par la consécration, il doit durer éternellement, quel que soit le péché d’un homme ou qu’il soit coupé de l’Église …. Alors d’autres ont dit que même ceux qui sont coupés de l’Église peuvent conférer des ordres et les autres sacrements, pourvu qu’ils observent la forme et l’intention, à la fois quant au premier effet, qui est l’attribution du sacrement, et quant à l’ultime effet qui est l’attribution de la grâce. Mais ceci est inadmissible, puisque par le fait même qu’une personne communique dans les sacrements avec un hérétique qui est coupé de l’Église, il pèche, et s’approche ainsi du sacrement avec insouciance et ne peut obtenir la grâce, sauf peut-être dans le baptême de nécessité. D’autres disent qu’ils confèrent validement les sacrements, mais ne leur confèrent pas de grâce, non que les sacrements manquent d’efficacité, mais à cause des péchés de ceux qui reçoivent les sacrements de telles personnes malgré l’interdiction de l’Église. C’est la troisième et la vraie opinion».

Dans ce passage, saint Thomas parle d’ordination. Ces points ne sont pas pertinents pour notre sujet. Ce qui est extrêmement pertinent pour notre sujet est le fait que cette citation montre que saint Thomas (et d’autres auteurs de son temps) a distingué entre deux classes d’hérétiques. Ceux qui sont «tolérés» par l’Église sont ceux qui n’ont pas encore été spécifiquement déclarés hérétiques par un juge et à éviter. Ces hérétiques «tolérés» sont automatiquement séparés de l’Église pour avoir nié la foi, mais ils n’ont pas été déclarés. Ceux qui ont été «coupés» sont ceux qui ont été condamnés par un juge dans une sentence déclarée.

Maintenant, remarquez que dans la citation ci-dessus, saint Thomas dit qu’une personne qui communique dans les sacrements avec un hérétique «qui est coupé» de l’Église pèche nécessairement. Rappelez-vous, ceux qui ont été «coupés» sont ceux qui ont été officiellement déclarés. Il ne fait aucun doute, par conséquent, qu’il enseigne que l’obligation absolue de ne pas communiquer dans les sacrements avec un hérétique s’applique aux hérétiques qui ont été déclarés hostiles : ceux qui ont été officiellement «coupés».

Si saint Thomas enseignait ce que disent les schismatiques radicaux, il n’aurait évidemment pas mentionné seulement ceux qui sont «coupés» de l’Église. Certains schismatiques radicaux disent que quiconque communique sciemment dans les sacrements avec quelqu’un qu’il reconnaît être un hérétique pèche nécessairement, même si cet hérétique n’est pas déclaré et remplit certaines conditions. Ce que dit saint Thomas réfute leur position. Il dit que communiquer dans les sacrements avec un hérétique qui a été officiellement «retranché» est un péché, mais il ne le dit pas à propos des hérétiques non-déclarés. Ce passage de St Thomas confirme nos points sur la citation précédente dont nous avons débattu. Comme notre débat l’a montré, les schismatiques radicaux n’ont aucune réponse à cet argument ou pour la distinction que St Thomas emploie ici. Ils peuvent seulement l’ignorer.

Dans cette veine, je dois rapidement mentionner quelques autres arguments malhonnêtes que les schismatiques emploient. Quelques schismatiques citeront St Thomas dans Summa Theologica, Supplementum Part., Q. 38, A. 2, Obj. 1, dans lequel l’objection (pas nécessairement saint Thomas) dit qu’un hérétique ne peut pas absoudre. Cependant, les schismatiques ne citent pas la réponse de saint Thomas à l’objection, dans laquelle il déclare qu’il fait référence à ceux qui sont «coupés». Les hérétiques qui ont été officiellement «coupés» ou «suspendus à l’égard des autres» par une déclaration ne peuvent pas avoir compétence, et ne peuvent donc pas absoudre.

Les schismatiques citeront aussi malhonnêtement saint Thomas de Summa Theologica, Pt. III, Q. 82, A. 7, Réponse à l’Obj. 2, dans lequel saint Thomas dit qu’en aucun cas un hérétique ne peut consacrer légitimement l’Eucharistie. Les schismatiques présentent en fait la citation comme si elle traitait de la possibilité d’approcher licitement un hérétique non-déclaré, alors que St Thomas n’aborde pas du tout cette question. Comme le précise l’article (7), il s’interroge sur la question de savoir si un hérétique pèche en consacrant. Il dit oui, « ils agissent mal, et pèchent en faisant ainsi ». C’est ce à quoi il se réfère quand il dit, en réponse à l’Obj. 2, qu’en aucun cas un hérétique ne peut licitement consacrer (c’est-à-dire sans péché). Il ne se demande pas si un catholique peut approcher un hérétique non-déclaré pour les sacrements. Comme nous l’avons vu plus haut, lorsque saint Thomas aborde cette question, il enseigne clairement que « jusqu’à ce que la sentence de l’Église soit prononcée », il est permis de recevoir d’eux la communion et d’entendre leur messe.

Notez également que dans le décret suivant, dans lequel la reine Elizabeth a été officiellement déclarée hérétique par la bulle du pape Saint Pie V, elle a ensuite été appelée «coupée». Cela confirme le fait que la référence pour «couper» (dans le contexte ci-dessus) est pour un hérétique déclaré.

Pape saint Pie V, Regnans in Excelsis, contre la reine Elizabeth, 27 avril 1570 : «Par conséquent, reposant sur l’autorité de Celui dont le plaisir était de nous placer (quoique indigne d’une telle charge) sur ce siège suprême de justice, nous déclarons par la plénitude de notre pouvoir apostolique que la précitée Élisabeth est une hérétique et une favorite des hérétiques, et ses adhérents dans les affaires susmentionnées ont encouru la sentence d’excommunication et sont coupés de l’unité du corps de Christ».

TACTIQUE ÉCHAPPATOIRE «MAIS SAINT THOMAS N’EST PAS INFAILLIBLE»

Puisque saint Thomas confirme notre position et réfute celle des schismatiques radicaux, ils rétorquent souvent : « Eh bien, peu importe parce que même si vous avez raison à propos de saint Thomas, il n’est pas infaillible ». Cette réponse n’est pas infaillible . Cette réponse ne marche pas, d’ailleurs, comme je l’ai montré dans le débat.

Cela ne fonctionne pas parce que nous ne traitons pas d’une position qui est prouvée par référence à des décrets dogmatiques spécifiques. Dans ces cas, il faut voir et comprendre les preuves dogmatiques spécifiques et les arguments impliqués, puis les rejeter, pour être un hérétique. C’est pourquoi quelqu’un comme saint Thomas pourrait simplement se tromper, sans être un hérétique, pour enseigner l’erreur sur le «baptême de désir». Avec cette question, cependant, les schismatiques soutiennent que l’idée de recevoir sciemment un sacrement d’un hérétique est contraire à la foi catholique depuis le début. Ils soutiennent que tenir une telle opinion est contraire à la possession même de la foi catholique et incompatible avec celle-ci. Ils déclarent que cette question est liée à la profession de base de la foi chrétienne qui incombe à tout catholique. Par conséquent, ils soutiennent de ne jamais approcher sciemment un hérétique car un sacrement est un péché mortel, et celui qui enseignait le contraire (quel que soit le siècle) n’avait pas la foi catholique et était un hérétique.

Par conséquent, quand nous prouvons que saint Thomas enseigne, en accord avec les autres faits que j’ai couverts, que l’on peut recevoir des sacrements et entendre la Messe d’un hérétique non-déclaré, cela enterre leur position. Si les schismatiques étaient conséquents, ils auraient à appeler saint Thomas un hérétique qui pervertissait et ne professait pas la foi apostolique ; mais cela condamnerait bien sûr l’Église catholique qui l’a exalté comme saint et docteur.

LE CODE DE DROIT CANON DE 1917 CONTREDIT LA POSITION DES SCHISMATIQUES

Canon 2261. 2-3, Code 1917 : « …les fidèles peuvent pour une bonne raison demander les sacrements ou sacramentaux d’un excommunié, surtout s’il n’y a personne d’autres pour les donner (c. 2261. 2). Mais de la part d’un excommunié qui a été coupé ou contre qui il y a une sentence déclaratoire ou condamnatoire, le fidèle ne peut demander l’absolution sacramentelle qu’en danger de mort d’après les canons 882, 2252, et aussi pour les autres sacrements et sacramentaux s’il n’y a personne d’autre pour les administrer (c. 2261. 3) ».

Ce canon réfute également la position des schismatiques radicaux. Il enseigne clairement que le fidèle peut recevoir les sacrements des excommuniés, surtout s’il n’y a personne d’autre pour leur donner les sacrements. En réponse, les schismatiques sont contraints d’exclure arbitrairement les hérétiques du groupe des « excommuniés », même si il n’y a rien pour soutenir une telle exclusion. En effet, le Code les contredit en incluant les hérétiques parmi les « excommuniés ».

Canon 2314. 1, 1917 : « Tous les apostats de la foi chrétienne et tous les hérétiques et schismatiques : 1. Encourent par le fait même l’excommunication ».

Les canonistes de l’époque n’excluent pas les hérétiques de la discussion. En plus, le canon 2262. 2 fait référence au décret du concile de Constance, Ad evitanda Scandala. D’après le cardinal Lugo (un important théologien du 17ème siècle), ce décret permet la réception des sacrements de la part de certains hérétiques non-déclarés. Même si nous ne sommes pas d’accord avec tout ce que dit De Lugo, nous pensons que sa position sur le sujet est la bonne.

Le cardinal De Lugo traite la question de la réception des sacrements de la part d’un prêtre qui a une position hérétique :

« Le deuxième doute majeur est de savoir si nous pouvons communiquer avec un hérétique non-déclaré seulement dans les affaires civiles et humaines ou même dans les choses sacrées et spirituelles. Il est certain que nous ne pouvons pas communiquer avec les hérétiques dans les rites propres à une secte hérétique, parce que cela serait contraire au précepte de la confession de foi et contiendrait une profession implicite de l’erreur. Mais la question se rapporte aux choses sacrées dénuées d’erreur, par exemple, s’il est légitime d’entendre la messe avec un hérétique, ou de célébrer en sa présence, ou d’être présents alors qu’il célèbre le rite catholique, etc. »

« Mais le point de vue opposé [à savoir que la participation à une telle messe est licite] est généralement partagé [communis] et vrai, à moins que cela doive être considéré comme illicite pour une autre raison à cause du scandale ou du refus implicite de la foi … Tel est l’enseignement de Navarro et Sanchez, Suarez, Hurtado et c’est ce que j’ai dit en parlant du sacrement de la pénitence et de mariage et des autres sacrements. Il est certain aussi, en vertu de ladite litterae extravagantes [c.-à-d. Ad evitanda scandala] dans laquelle la communication avec un excommunicati tolerati est concédé aux fidèles dans la réception et l’administration des sacrements ».

« Donc, puisque ces hérétiques ne sont pas déclarés excommuniés ou notoirement coupables de frapper un clerc, il n’y a aucune raison pour laquelle nous devrions être empêché de recevoir les sacrements d’eux à cause de leur excommunication, même si pour d’autres motifs cela peut souvent être illicite, sauf excuse de nécessité en tant que je l’ai expliqué dans les dits lieux». (Cardinal Jean de Lugo S.J. (1583-1660), Tractatus de Virtute Fidei Divinae : Disputatio XXII, Sectio)

Puisque le Code de 1917 contredit complètement leur position, de nombreux schismatiques radicaux rejette le code complètement, ainsi que les papes qui ont régné au cours de cette période.

UNE CITATION INTÉRESSANTE DE SAINT CYRILLE D’ALEXANDRIE

Dans le débat, j’ai fait référence à une citation intéressante de Saint Cyril d’Alexandre. Saint Cyril, docteur de l’Église, joua un rôle proéminent (sans doute le plus proéminent) lors du Concile d’Éphèse, et lors de la condamnation de Nestorius.

Nous et d’autres avons souligné que, après que Nestorius eût enseigné son hérésie, les catholiques auraient pu (et certains l’ont fait) le rejeter comme extérieur à l’Église et dépourvu de l’autorité catholique. Ils en sont venus à cette conclusion juste avant toute déposition officielle de Nestorius. Cependant, pour illustrer comment la Tradition de l’Église enseigne qu’il est absolument obligatoire dans tous les cas d’éviter quelqu’un après déclaration, nous vous donnons cette citation importante.

Saint Cyrille d’Alexandrie, au Pape Célestin, évidemment après la chute de Nestorius : « Nous ne nous sommes pas en toute certitude abstenus de communion avec lui (Nestorius) avant de vous en informer ; condescendez, par conséquent, à donner votre jugement, que nous sachions clairement si nous pouvons communiquer avec lui, lui qui chérit cette doctrine erronée ».

Cette citation est un autre exemple du principe que j’ai exposé dans cet article et que j’ai expliqué dans le débat. L’obligation absolue d’éviter quelqu’un dans tous les cas découle de la déclaration, ou si c’est tellement connu que ça ne pourrait être dissimulé en droit.

L’ANGLETERRE

Lorsque la révolte protestante eût lieu en Angleterre, il y avait des prêtres qui administraient une véritable communion pour les catholiques restant dans le rite traditionnel de l’Église. Cependant, certains de ces prêtres étaient des hérétiques compromis qui distribuaient simultanément le pain hérétique et invalide des protestants à de faux « Catholiques ». Ceci est rapporté dans The Rise and Growth of the Anglican Schism, dans la section rédigée par le père Edward Rishton. Rishton était un prêtre catholique qui a été jugé et condamné à mort avec le bienheureux Edmund Campion. Il explique ce qui se passait :

«Elle [Elizabeth] a également contraint les gens à fréquenter les églises comme avant, et conformément à la loi, a infligé une amende d’un shilling à quiconque serait absent [de la nouvelle messe] les jours de fête. Et donc, par la force ou la fraude, il arriva que la plus grande partie des catholiques s’était donnés par degrés à leurs ennemis, et ne refusaient pas de temps en temps d’entrer publiquement dans les églises schismatiques et d’entendre les sermons dans celles-ci, et de recevoir la communion dans ces conciliabules. Dans le même temps, ils faisaient dire la messe en secret dans leurs propres maisons par les prêtres mêmes qui dans l’église célébraient publiquement la fausse liturgie, et parfois par d’autres qui ne s’étaient pas souillés avec des hérésies ; oui, et dans ces temps désastreux se trouvaient souvent le même jour, sur la même table, des participants de celle de notre Seigneur et des partisans de la table du Diable, c’est à dire de la très sainte Eucharistie et du souper calviniste. Oui, et ce qui est encore plus merveilleux et plus triste, parfois le prêtre disant la messe à la maison, pour le bien de ces catholiques qu’il savait être désireux de celles-ci, apportaient avec lui des Hosties consacrées selon le rite de l’Église, avec lesquelles il les faisait communier en même temps qu’il donnait à des catholiques plus négligents de la foi le pain préparé pour eux selon le rite hérétique ».

Le père Rishton a été martyrisé avec le bienheureux Edmund Campion. Par conséquent, nous pensons que la plupart des gens doivent considérer Rishton comme ayant été un vrai catholique. Il explique que certains catholiques recevaient l’Eucharistie véritable de prêtres qui avaient été compromis dans l’hérésie – prêtres qui avaient distribué le pain protestant hérétique et invalide. Rishton dit que les catholiques qui ont reçu l’Eucharistie véritable de ces prêtres – encore une fois, des prêtres hérétiques et compromis – étaient plus prudents concernant la foi. Le père Rishton ne condamne évidemment pas ces personnes comme hérétiques pour avoir reçu la communion de la part de tels hérétiques ; car il a reconnu que c’était une nécessité, qu’ils n’étaient pas d’accord avec l’hérétique, qu’ils ne participaient pas à son hérésie, ou qu’ils ne recevaient pas le pain invalide donné aux autres.

Comme nous pouvons le voir, le père Rishton et les catholiques de cette période ne considèrent pas cette question comme les schismatiques radicaux le font. Les schismatiques radicaux devraient condamner le père Rishton comme hérétique. Tout cela démontre combien leur position est fausse, schismatique et contraire à la conception de l’Église à travers l’histoire.

PENSÉES DE CONCLUSION

Dans cet article, j’ai examiné certaines des citations les plus importantes abordées dans le débat. Cependant, de nombreux autres points ont été abordés dans le débat et c’est pourquoi nous encourageons fortement les gens à l’écouter s’ils ne l’ont pas fait. Tandis que les hérétiques et les schismatiques peuvent parfois s’en tirer avec des arguments trompeurs quand ils écrivent, c’est une tout autre histoire dans un débat interactif.

Si vous écoutez le débat, vous entendrez que mon adversaire a tenté de citer le Concile de Laodicée comme étant infaillible. J’ai réfuté son point en l’informant que Laodicée n’est pas infaillible, mais que c’est en fait un concile régional qui a omis l’Apocalypse de sa liste des livres sacrés. Il a également utilisé une fausse citation de la célèbre épître du pape Clément, il a appliqué à tort Graves ac diuturnae de Pie IX, et bien d’autres choses encore.

Nous avons également discuté de l’un des principaux dilemmes posés par la théologie schismatique radicale. Cela concerne leur fausse position selon laquelle dans chaque église où figure un hérétique non-déclaré, celle-ci devient de ce fait une église non-catholique ou un « lieu de réunion des hérétiques ». Dans le débat, on a discuté sur certaines des implications les plus ridicules de la position schismatique à cet égard. Cela signifierait que toutes les églises pré-Vatican II, qui prétendaient être catholiques et offraient une liturgie traditionnelle, dans lesquelles se trouvait un hérétique non-déclaré qui croyait au salut hors de l’Église (par exemple, l’église du père Denis Fahey), aurait été un « lieu de réunion des hérétiques » notoire, non-catholique. En examinant cette question, la théologie schismatique non-catholique est exposée comme la farce illogique et démoniaque qu’elle est.

À défaut de comprendre les points abordés dans cet article, et en rejetant les preuves qui auraient dû les faire ralentir, les schismatiques radicaux finissent par plonger tête baissée dans des vues scandaleuses concernant l’ecclésiologie. La plupart d’entre eux concluent que toutes les personnes ayant assisté à une messe traditionnelle depuis Vatican II étaient ipso facto non-catholiques, et certains ont condamné des papes jusqu’à remonter au pape Léon XIII. Ce n’est qu’un exemple de la sombre fin de leur erreur fatale et de leur schisme orgueilleux. Proverbes 16, 25 – « Il y a un chemin qui semble droit à l’homme, et ses fins mènent à la mort».

Il convient aussi de souligner que, même si nous indiquons que, dans cette période, les catholiques peuvent recevoir les sacrements de la part de certains prêtres hérétiques non-déclarés, aucun catholique ne peut toutefois approuver ou soutenir un tel prêtre, et ce, en aucune façon. Par ailleurs, nous ne parlons que des prêtres qui sont validement ordonnés, lesquels administrent des sacrements traditionnels valides, et réunissent certaines conditions. Pour savoir quels prêtres pourraient s’inscrire dans cette catégorie comme des options acceptables pour les sacrements, consultez notre dossier « Où aller à la messe ».

LIENS AU DÉBAT

Windows Media Audio ; Vidéo Youtube

(Note : l’accent mis sur cet article, comme l’italique et le soulignement, était le mien et pas nécessairement celui de la source citée).

Fin de la traduction du débat

Concernant l’explication de la trame de fond, c’est-à-dire 1° de la différence entre hérétique public et hérétique notoire de fait ; 2° de l’importance des deux critères de la notoriété (1) impossibilité de tergiverser + 2) pas d’excuse licite) par rapport à la publicité ; 3° de la discipline universelle de l’Église qui applique la loi divine, voir : Sur les sacrements d’hérétiques en ces temps de la grande apostasie