La Bienheureuse Vierge Marie – La doctrine mariale prouvée

Doctrine mariale catholique – Mariologie

Pape Pie XII : «Quand nous admirons les dons éminents de la Mère et les louons justement, nous admirons et louons la divinité, la bonté, l’amour et la puissance de son Fils».

Sommaire

  • La maternité divine
  • L’Immaculée Conception
  • La Virginité perpétuelle de Marie
  • L’Assomption
  • Marie notre Médiatrice
  • Honorer la Vierge

 

La maternité divine

Ceux qui relèguent la Sainte Vierge à un rôle accessoire dans l’histoire du salut feraient bien d’accorder une attention particulière à la sainte Parole de Dieu, la Bible. Saint Luc, l’évangéliste qui a pris le plus grand soin à rechercher des événements pertinents de la première vie de Notre-Seigneur, note les paroles suivantes de Ste Elisabeth, la mère de Jean-Baptiste, à la Sainte Vierge : «Et d’où m’arrive-t-il que la mère de mon Seigneur vienne vers moi ?» (St Luc 1, 43).

Une brève note de Haydock dans la Bible catholique Douai-Rheims (La Vulgate en anglais) donne ce simple point : «La mère de mon Seigneur. Une preuve que le Christ était vraiment Dieu, et la Bienheureuse Vierge Marie vraiment la Mère de Dieu».

C’est ce même divin Fils, né de Marie, qui étonnera plus tard ses compatriotes en déclarant qu’il est venu non pour abolir la loi, mais pour accomplir la loi. Notez le libellé du quatrième Commandement comme indiqué dans le livre du Deutéronome : «Honore ton père et mère comme t’a ordonné le Seigneur ton Dieu, afin que tu vives longtemps, et que bien t’arrive dans la terre que le Seigneur ton Dieu va te donner» (Deut. 5, 16). Ceci est le seul Commandement qui offre une bénédiction comme récompense. D’autres commandements offrent des malédictions comme fruits inévitables de non-conformité. Les Israélites ne devaient pas servir les idoles, de peur que Dieu visite l’iniquité des pères sur leurs enfants. Ils ne devaient pas prendre le nom du Seigneur en vain, car il ne restera pas impuni celui qui prendra son nom sur une chose vaine. Mais voyez la tendresse avec laquelle le Tout-Puissant respecte la paternité et la maternité. Il est clair que dans toute l’Écriture seul Jésus a honoré son Père comme un Fils parfait pourrait l’avoir fait. Chacune de ses actions, chacune de ses douleurs et ses gloires étaient dirigées vers la gloire de son Père céleste. Mais, le Dieu-Homme observerait-il seulement à moitié le quatrième Commandement ? S’il devait accomplir parfaitement la loi, aurait-il oublié que le quatrième commandement enjoint d’honorer le père et la mère ? Le Fils de Dieu pourrait-il être si oublieux ? 

Certains protestants sont friands pour décrire Notre-Dame comme un «couveuse» glorifiée, une créature utilisée par Dieu, puis mise de côté sans ménagement. Dans ce point de vue étrange, Dieu devient le «consommateur» ultime, faisant une cueillette des humains au hasard pour certaines tâches, les utilisant et les jetant à la poubelle lorsque leur utilité est terminée. On se demande comment les partisans de ce point de vue réagiraient si on les informait que leurs propres mères étaient de simples «récipients» uniquement destinés à être «utilisés» par leurs pères comme moyen de générer des descendants. La Sainte Écriture nous dit quelque chose de différent. Elle nous dit que le lien spirituel unique entre la mère, le père et l’enfant est si aimé et chéri par le Tout-Puissant qu’Il est allé jusqu’à commander qu’elle soit honorée. Ceci est une simple question d’attestation scripturaire. Toute personne désireuse de dénigrer la place de la Sainte Vierge dans la vie de son Fils le fait au mépris des deux Saintes Écritures et des commandements de la Sainte Trinité. On aurait du mal à trouver dans toute la Bible n’importe quelle circonstance où les mères soient considérées comme de simples «couveuses».

La  maternité divine de notre Vierge n’est donc pas un simple «aspect» des Évangiles, et un élément sans importance que l’on peut ignorer en toute sécurité, mais une partie cruciale. Évidemment, si Dieu pense que le lien entre la mère et l’enfant est si important, alors nous sommes tenus de le voir aussi. Beaucoup de protestants semblent prendre un plaisir particulier à snober la Sainte Vierge. Dans une torsion de la logique qui tend d’un seul coup à nier à la fois le quatrième Commandement et la proclamation que Notre-Seigneur accomplit la loi, ils se posent comme les représentants d’une forme «pure» du culte chrétien, un culte qui est libre de la Sainte Vierge, des saints et des sacrements. Ils oublient l’enseignement de Saint Jacques : «la prière du juste peut beaucoup» (Jc 5, 16), une mention biblique claire de l’intercession pour la foi catholique. Ils croient également que Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme, prend plaisir en quelque sorte, à voir sa sainte Mère méprisée. Il n’est pas étonnant que le cardinal Newman ait écrit ces mots au sujet de leurs idées fausses : «… peu de protestants ont une vraie perception de la doctrine de Dieu et de l’homme en une seule personne. Ils parlent à la manière d’un rêve sombre de la divinité du Christ… Ils Ne peuvent pas supporter de dire, sauf comme figure ou façon de parler, que Dieu avait un corps humain, ou que Dieu a souffert». Peut-être que c’est la raison pour laquelle on ne trouve aucune stations de la Croix ou de dévotion au Sacré-Cœur dans le protestantisme. 

Ce que les catholiques comprennent dans ce qu’ils entendent des Évangiles lus chaque dimanche est que le Christ était semblable à nous dans tous les sens, sauf dans le péché ; Il était et est l’Homme-Dieu. Si quelqu’un, ignorant des Évangiles, pouvait remonter dans le temps avec un caméscope et enregistrer une série de jours dans la vie de la Sainte Famille avant le ministère public de Notre Seigneur, il soupçonnerait peu observer un dieu, sans parler de l’unique et Seul Dieu. Il trouverait une famille pieuse, évidemment aimante et en paix. Il trouverait le Fils obéissant et priant, et menant d’autres activités très banales : travaillant, conversant avec sa famille et connaissances, mangeant, priant. C’est la vie que Dieu a vécu pendant trente ans sur la terre ! Il y a une raison à cela. Dieu ne perd pas de temps. Si la structure hiérarchique de la famille humaine, avec ses liens sacrés et l’obéissance à l’autorité, comme en témoigne le quatrième Commandement, était sans valeur pour la compréhension chrétienne de la foi, Dieu ne nous aurait pas légué l’héritage. Par conséquent, chaque fois que la Mère de Dieu apparaît dans l’Écriture ou fait l’objet d’enseignements doctrinaux, c’est pour une très bonne et importante raison.

 

L’Immaculée Conception

De nombreux volumes pourraient être écrits et ont été écrits sur le dogme chrétien central de l’Immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge dans le ventre de sa mère Sainte Anne. Les Pères de l’Église l’ont compris dès le début comme une question en cours selon laquelle Notre-Dame était sans péché. Dans les premiers siècles de l’Église, quand ils durent lutter contre les diverses hérésies découlant de la confusion des fidèles, ces pieux savants se sont livrés à un examen détaillé de l’impeccabilité de la Vierge. Ils ont compris qu’Elle était libre du péché actuel, et ils savaient qu’elle avait en quelque sorte été sanctifiée dans le sein de sa propre mère. Dès le 4ème siècle, nous trouvons la pensée suivante exprimée dans un poème de Saint Éphrem de Syrie, adressées à notre Sauveur, qui fait écho au Cantique des Cantiques : «Vous et Votre Mère êtes les seuls en cela : vous êtes totalement beaux à tous égards.  Il n’y a en Vous, Seigneur, aucune tache, ni aucune tache en votre Mère».

Ces expressions sont loin d’être rares dans l’Église primitive. Au 5ème siècle, Théodote, évêque d’Ancyre en Galatie, décrit Marie comme «Une vierge innocente ; immaculée ; libre de toute culpabilité ; impeccable ; non-souillée ; sainte dans l’esprit et le corps ; un lis entre les épines». Nous devons nous rappeler qu’il n’y avait pas de mauvaise volonté dans les intentions des auteurs postérieurs comme saint Bernard, saint Bonaventure, saint Albert le Grand et saint Thomas d’Aquin qui mettent en doute le dogme de l’Immaculée Conception. Comme le dogme n’avait pas encore été formulé et défini, une «sanctification pré-natale» de Notre-Dame leur semblait être une orientation plus sûre afin de sauvegarder l’enseignement scripturaire de la médiation unique de Notre Seigneur. Il n’a jamais été question de mettre en doute la sainteté de Notre-Dame, mais de placer Son impeccabilité dans le contexte plus large de la Rédemption. Bien sûr, étant une femme humaine, la Vierge Marie a été rachetée par Jésus-Christ, mais comment est-ce arrivé ?

Saint Paul a écrit ces paroles aux catholiques à Rome : «Et nous savons que pour ceux qui aiment Dieu, toutes choses concourent au bien, à ceux qui selon son dessein, sont appelés à être saints» (Romains 8, 28). Cet enseignement sublime a trouvé une justification abondante dans l’histoire du dogme de l’Immaculée Conception, car il y avait une forte opposition à ce Dogme, une opposition suscitée non pas moins que par une autorité comme saint Bernard de Clairvaux, qui a causé à des érudits du 12ème siècle de commencer à étudier en détail ce privilège unique de la Vierge. Le débat s’était finalement manifesté sur des lignes définies, avec les Dominicains opposés au Dogme, et les Franciscains qui le défendaient avec vigueur. Deux de ces érudits Franciscains sont en particulier crédités de la résolution « de l’énigme » de l’Immaculée Conception, une solution qui porterait des fruits 600 ans plus tard quand le Dogme fut solennellement défini par le Pape Pie IX dans la bulle Ineffabilis Deus. Ces hommes, à qui l’Église doit une dette solide de gratitude, étaient William de Ware (mort vers 1308), conférencier d’Oxford et de Paris et son étudiant, Jean Duns Scot (mort en 1308).

Ces grands érudits se sont illustrés par une approche de bon sens pour l’étude de la Mère de Dieu. William de Ware, un des premiers instructeurs universitaires à enseigner l’Immaculée Conception, a présenté cette observation sur Notre Mère Bénie : Il y a une autre opinion que je veux tenir, celle qu’Elle n’a pas contracté le péché originel, parce que, si je dois me tromper, puisque je ne suis pas certain du côté, je préfère être erroné par l’excès, donnant à Marie un peu de prérogative, que par le défaut, diminuant ou ôtant un peu de sa prérogative. À Duns Scot est rendu d’avoir clarifier le Dogme en termes qui défendent la sainteté de Notre Dame, en élevant aussi l’œuvre Rédemptrice de Notre Seigneur à un nouveau degré. Il souligna qu’il y avait un rachat réparateur, de sorte que l’ humanité contaminée a été purifiée de la tache du péché originel, et un rachat conservateur, par lequel Notre Dame, par les mérites du Christ, fut préservée de la tache du péché originel. Une analogie simple pourrait être présenté à partir de cet enseignement. Pour empêcher quelqu’un de tomber dans une flaque de boue, il serait mieux de soulever cette personne hors de la flaque avant qu’elle soit déjà tombée et entachée.

Raison pour la défense de l’Immaculée Conception : Ou Dieu était en mesure de le faire, et l’a fait, ou, il a voulu la préserver et et l’a fait. S’Il le pouvait pour elle, Dieu serait miséricordieux envers elle. Car personne qui soit en mesure d’honorer sa mère ne parviendrait pas à le faire. De nouveau nous est rappelé le quatrième Commandement et la manière parfaite dont l’Homme-Dieu l’accomplit, avec une générosité et une élégance qui semble n’avoir aucune place dans « la théologie » non-catholique.

Ce serait un bon moment pour parler de l’intention. L’humanité, dotée par son Créateur du don de la raison,a  souhaité savoir, explorer, enquêter sur les questions en détail. Si l’étude de la mariologie n’est finalement pas réalisée pour la plus grande gloire de la Sainte Trinité, elle devient alors un peu plus un exercice académique. Les «savants» anti-catholiques qui prétendent étudier le Dogme de l’Immaculée Conception le font avec un degré de mépris pour elle, avec méfiance, y voyant une menace pour la majesté du Christ. La vue traditionnelle catholique, au contraire, voit dans ce Dogme les profondeurs où le pouvoir salvifique de Notre Seigneur pénètre dans les œuvres de restauration d’un monde déchu. Remarquez l’antithèse. La position anti-catholique voit l’Immaculée Conception comme une menace pour la médiation unique de Jésus-Christ. La position catholique voit une exaltation de l’action de grâces pour la miséricorde divine, une raison de ne pas mépriser la médiation de Notre Seigneur, mais de se réjouir encore plus. Quelle vue, selon le ​​bon sens commun, serait ainsi agréable à Dieu ?

 

La Virginité perpétuelle de Marie

L’objection protestante de la virginité perpétuelle de Notre Dame fournit pour n’importe quel observateur de l’histoire un cas parfait de la nature de « l’esprit de contradiction ». Tandis que le rejet de cette virginité perpétuelle n’est pas « un principe » protestant, beaucoup de sectes enseignent naturellement que Marie a donné naissance à d’autres enfants après que notre Seigneur soit né. Lorsque les arguments de bon sens sont énoncés et examinés, il devient clair que l’objection protestante à cette doctrine est fondée non pas sur la base scripturaire ou philosophique, mais sur la « contradiction », à savoir, ces sectes enseignent que Notre-Dame a porté simplement d’autres enfants parce que cette idée est le contraire de ce qu’enseigne l’Eglise catholique.

Y a-t-il dans la Bible des exemples, des lieux ou des objets qui sont considérés comme «saints», qui sont mis à part, destinés à être traités avec une mesure de respect et de déférence au-delà de ce qui est accordé aux autres lieux ou objets ? Dans le second livre des Rois (Chap. 6), il est raconté comment, après la défaite des Philistins, le roi David récupère l’Arche de Dieu et l’emporte en procession, accompagnées de réjouissance et de musique. Un des hommes de David, Oza, voyant l’Arche pencher de cette charrette, plaça sa main pour l’immobiliser, pour qu’elle ne tombe pas. Au moment où Oza saisit l’Arche, il fut frappé à mort par Dieu «pour sa témérité». Encore une fois, dans le livre de l’Exode (Chap. 3), Moïse, qui alla à l’endroit où il aperçut le buisson ardent, fut averti par Dieu : «ôte la chaussure de tes pieds, car le lieu dans lequel tu es est une terre sainte».

Est-il possible qu’une construction de bois et en métaux terrestres ou d’une motte de terre rocheuse puisse être plus sainte que le sein dans lequel la deuxième personne de la Sainte Trinité a habité pendant neuf mois ? Si le sein qui abritait Dieu Lui-même n’était pas un objet sacré et sanctifié, qu’est-ce qui correspondrait à cette définition ? La mentalité qui imagine  Joseph et Marie «affaires courantes» après l’Incarnation du Sauveur ne reconnaît pas que Dieu appelle souvent les gens à se consacrer à son service de façon unique. Nous voyons mis certaines personnes mises à part, que ce soit le prophète Elie, Saint Jean-Baptiste ou Saint Paul. Certes, si l’Incarnation du Verbe était dans le Plan Divin du «commencement», ainsi était la Mère de qui ce Fils serait né. Les arguments scripturaires en faveur de la virginité perpétuelle de Notre-Dame ont été bien documentés. Tout livre fiable sur la Sainte Vierge les exposera clairement, avec les mêmes arguments utilisés depuis les premiers siècles de notre foi. 

Écrivant au 4 ème siècle, saint Jérôme fit remarquer, de façon pratique, que : « Nous croyons que Dieu est né d’une Vierge parce ce que nous lisons, pas parce ce que nous ne lisons pas, nous ne croyons pas que Marie enfanta à nouveau après la naissance de son enfant ». Dans une lettre à un certain Helvidius qui niait la virginité perpétuelle de Marie, saint Jérôme n’a pas mâché ses mots pour défendre Notre-Dame : « Vous avez mis le feu au temple du corps du Seigneur, vous avez souillé le sanctuaire de l’Esprit-Saint comme vous êtes déterminé à constituer une équipe de quatre frères, et un tas de sœurs en sortent. En un mot, joints au chœur des Juifs vous dites, «N’est-ce pas le fils du charpentier ? Sa mère ne se nomme t-elle pas Marie ? Et ses frères Jacques, Simon et Jude ? Et ses sœurs ne sont-elles pas toutes chez nous ?» Le mot «tous» ne serait pas utilisé s’il n’y en avait pas de nombreux. Vous êtes priés de me dire, qui, avant que vous ne soyez apparus, a eu connaissance de ce blasphème ? » La plupart des protestants de nos jours rejettent la virginité perpétuelle de Marie ; ils pensent que cela contredit la Bible. Beaucoup d’entre eux seront choqués de découvrir que les premiers protestants, y compris Martin Luther, Jean Calvin, Ulrich Zwingli et d’autres, croyaient tous à la virginité perpétuelle de Marie. L’idée que Marie ait cessé d’être vierge et eut d’autres enfants en dehors de Jésus a été inventée de nombreuses générations après l’original « réforme » protestante. Ainsi, la position protestante sur cette question contredit non seulement l’ancienne tradition catholique et la Bible (comme nous le verrons), mais leur propre « «tradition » protestante. La première chose que les protestants citent généralement contre la virginité perpétuelle de Marie est Matthieu 1, 25. 

Matthieu 1, 24-25 : «Ainsi réveillé de son sommeil, Joseph fit comme l’ange du Seigneur lui avait ordonné, et prit sa femme avec lui. Or il ne l’avait point connue, quand [jusqu’à ce que] elle enfanta son fils premier-né, à qui il donna nom de Jésus».

Selon les protestants, cela prouve que Marie ait cessé d’être vierge après la naissance de Jésus. Ceci est tout à fait faux. Le mot grec « jusqu’à ce que » ou « jusqu’à » (heos) ne signifie pas que Joseph a eu des relations conjugales avec Marie après la naissance de Jésus-Christ. Cela signifie simplement qu’ils n’avaient pas de relations jusqu’à ce moment-là, sans rien dire à propos de ce qui est arrivé après. Ceci est prouvé par de nombreux passages ci-dessous. Nous devons également garder à l’ esprit que la Bible a été écrite il y a plusieurs milliers d’ années. Elle a été écrite à une époque et dans des langues qui n’expriment et n’impliquent pas les choses de la même manière qu’elles seraient exprimées et implicites en langue moderne. Par exemple, dans 2 Samuel 6, 23 (II Rois 6, 23 dans la Bible catholique Vulgate), nous lisons que Dieu a maudit Michol, la femme de David. Il l’a maudite parce qu’elle se moquait de David pour la manière dont il se réjouissait devant l’Arche de l’Alliance. En conséquence, Michol n’a pas eu d’enfants « jusqu’au » jour de sa mort. 

2 Samuel 6, 23 : «Ainsi, il n’est point né de fils à Michol, fille de Saül, jusqu’au jour de sa mort».

Est-ce à dire que Michol ait commencé à avoir des enfants après sa mort ? Évidemment, cela ne le dit pas. Ce verset démontre que lorsque l’Écriture décrit quelque chose comme vrai « jusqu’à ce que » ou « avant » un certain point, cela ne signifie pas nécessairement que cela ait cessé d’être vrai après ce point.

Matthieu 27, 56 montre que les « frères » de Jésus ne sont pas de sa fratrie.

Matthieu 13, 55 : « N’est-ce pas le fils du charpentier ? Sa mère ne s’appelle t-elle pas Marie ? Et ses frères, Jacques, Joseph, Simon et Jude ?»

Jacques et Joseph sont deux des noms donnés comme «frères» de Jésus. On peut montrer, par les points suivants, que ceux-ci étaient des enfants d’une autre femme et non pas les frères et sœurs de Jésus. S’il vous plaît veuillez suivre attentivement. Il y avait trois femmes au pied de la Croix : 1) la Bienheureuse Vierge Marie (la mère de Jésus) ; 2) Marie, femme de Cléophas (qui est dit être la sœur de la sainte Vierge Marie) ; et 3) Marie-Madeleine. 

Jean 19, 25 : «Cependant étaient debout près de la croix de Jésus [1] sa mère, et [2] la soeur de sa mère, Marie, femme de Cléophas, et [3] Marie-Madeleine».

Marie, la femme de Cléophas, est également décrite comme «l’autre Marie» dans Matthieu 28, 1. La Bible nous dit que Jacques et Joseph sont les enfants de cette Marie : 

Matthieu 27, 56 : «Et parmi lesquelles étaient Marie-Madeleine, et Marie, mère de Jacques et de Joseph, et la mère des fils de Zébédée».

Ainsi, Jacques et Joseph (qui sont appelés les «frères» de Jésus) ne sont pas Ses frères et sœurs, mais au moins ses cousins. Cependant, ils ne sont probablement même pas ses cousins ​​germains. En effet, Marie de Cléophas (la mère de Jacques et de Joseph), qui est dit être la «sœur» de la mère de Jésus (Jean 19, 25), est également nommée Marie. Il est extrèmement peu probable qu’il soit donné dans une famille hébraïque le même nom à deux enfants de mêmes parents. Très probablement, elles ne sont pas sœurs, mais des membres d’un même clan qui ont été appelées «sœurs» de la même manière que Jacques, Joseph, Simon et Jude ont été appelés «frères» de Jésus. Tout cela montre qu’aucune des déclarations dans la Bible au sujet des frères et sœurs de Jésus ne réfute, en aucune façon, la virginité perpétuelle de la Bienheureuse Vierge Marie.

Maintenant , nous devons regarder la preuve selon laquelle Marie n’avait pas d’autres enfants et qu’elle était perpétuellement vierge. En écrivant à l’Évêque de Thessalonique et à la fin du 4 ème siècle, le Pape Sirice a appelé le déni de la virginité perpétuelle de Marie « que le mensonge juif tient qu’Il (Jésus Christ) ne pourrait pas être né d’une vierge ». Rappelons le Cardinal Newman écrivant sur l’absence de perspicacité des Protestants dans les deux natures (Divine et humaine) trouvées dans la Personne du Christ. Il suffit de regarder la façon dont le corps d’une mère ordinaire est honoré par son fils. Il est rendue sacré par la maternité, mis à part et destiné à être protégé. Imaginez alors le sein de la Mère de Dieu, le premier Tabernacle sur lequel tous les autres tabernacles sont modélisés, épousée du Saint-Esprit, choisi par Dieu le Père et habité par Dieu le Fils. C’est un fait étonnant que la sainteté du corps de Notre-Dame doive même être défendue ; pas même l’intellect le plus dense ne peut comprendre, par la simple intuition, que la virginité perpétuelle de Marie est la seule condition rationnelle pour la Mère de Dieu, après qu’Elle ait donné naissance à Dieu-homme Incarné ? Le déni de la virginité perpétuelle de Notre-Dame est-il la conclusion de l’étude biblique minutieuse, ou une simple projection, une tentative par des hommes pécheurs de justifier leur propre incapacité à observer chasteté ? Après que les soixante-douze disciples soient revenus vers Jésus, rougis par l’excitation de leur premières incursions missionnaires, Notre Seigneur a offert cette prière à son Père : «Je vous rends gloire, ô Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que vous avez caché ces choses sages et aux prudents [intelligents], et que vous les avez révélées aux petits» (St Luc 10, 21).

Il existe des «savants» qui passent leurs journées et nuits à essayer de dénigrer les dogmes mariaux enseignés par la seule véritable Église, armés de dictionnaires grecs et hébreux, de traductions alternatives et des volumes de commentaires douteux, ils perdent des heures précieuses en essayant de rabaisser la Sainte Mère de Dieu jusqu’à leur propre niveau. Ceci est le péché à l’œuvre. Qu’est-ce qui pourrait faire que quelqu’un ne se consacre pas à l’honneur de la Sainte Vierge, mais à la tâche de la placer situer dans des scénarios charnels ? L’Église catholique n’a même jamais joué avec l’idée que Notre Dame porta d’autres enfants. Le concile de Latran de 649 anathématisa quiconque refusait de confesser que la virginité de Marie est restée «inviolée même après la parturition». Le sixième concile œcuménique de Constantinople (680) a décrété que «La virginité de Marie… demeurait avant, pendant et après l’accouchement». En fin de compte, la compréhension catholique de Marie comme «toujours vierge» repose sur une combinaison de Vérité révélée et le bon sens sur la capacité de l’homme à observer des relations dans la sphère naturelle et traduire ses conclusions dans le surnaturel, une capacité décrite par St Paul comme venue par une connaissance de Dieu à travers Ses œuvres.

Lorsque tous les traités et les essais sont mis de côté, c’est la puissance de la vieille raison, éclairée par la foi et une bonne volonté sincère, qui touche le cœur avec certitude et conviction. La meilleure défense pour toutes les doctrines catholiques est finalement la plus simple et la plus directe. Cela se voit clairement dans les ouvrages suivants de saint Ambroise (339-397) sur la défense de la virginité perpétuelle de la Sainte Vierge : «Et Joseph, l’homme juste, n’a certainement pas ainsi complètement relâché son esprit pour chercher des relations charnelles avec la Mère de Dieu». Le célèbre Évêque de Milan a évidemment compris que, parfois, un bon coup de punch fait mouche mieux qu’une douzaine de savants commentaires ne le pourraient. Notre Seigneur Lui-même, quand il a expulsé les marchands du temple, nous a enseigné que la Vérité n’est pas toujours la mieux servie par une apparence «agréable» du sacrilège. À la suite de cet exemple divin, saint Hilaire de Poitiers en colère a appelé ceux qui ont rejeté la virginité perpétuelle de Marie, «irréligieux, pervertis, ne sachant absolument rien de la vérité spirituelle».

 

L’Assomption

Essayez d’imaginer un instant ce que l’ensemble des esprits ressentit pour l’Assomption corporelle de Notre-Dame dans le ciel. Imaginez le monde catholique se réjouir de cette merveilleuse vision d’une éternité avec Dieu, joignant leur gratitude à celle de la Cour céleste et la Mère de Dieu elle-même. Imaginez les sourires de joie sur les visages des clercs et des laïcs comme s’ils avaient mis de côté les tribulations de la vie terrestre pour une journée afin de célébrer la définition de ce dogme. Maintenant, imaginez si vous voulez, les sinistres visages en colère des « chrétiens » anti-catholiques pour qui ce glorieux privilège est une source de ressentiment tenace. Imaginez l’indignation et le murmure de ministres et de «savants», comme s’ils étaient renversés par leur connaissances incomplètes, dépecer les Bibles dans l’espoir de mettre un terme pour la Mère de Dieu aux portes du Ciel et pour Son expédition de retour dans la tombe. Si la marque d’un chrétien est la «joie», laquelle des scènes ci-dessus veut la Sainte Trinité ?

Il est en outre ironique que l’approche «technique» sur les privilèges de Notre-Dame confirme effectivement les enseignements du catholicisme plutôt que ceux des anti-catholiques. Un exemple de cette confirmation se trouve dans l’Évangile de saint Luc, dans la salutation de l’Ange Gabriel à la Sainte Vierge. L’expression familière comme «pleine de grâce» a été rendue dans la Vulgate latine par gratia plena. Cependant, dans l’original grec, l’Ange salut Marie  Kecharitomene. Bien que «pleine de grâce» est une traduction acceptable pour le mot, le terme lui- même exprime beaucoup plus et est intraduisible en langue. La racine de ce mot est charis («grâce»), tel que ce terme exprime le terme parfait en grec, et le sens est non seulement «pleine de grâce», mais un état ​​respectueux de la grâce. Le terme implique que celle à qui cela est adressé a ainsi toujours existé dans un état de grâce et que cette plénitude est permanente et stable. .Ainsi, Kecharitomene, le nom donné à Marie par Dieu (et transmis au messager Gabriel), est non seulement une désignation, mais un mot qui révèle quelque chose d’essentiel à propos de celle qui le porte, tout comme «Isaac» signifiait «rire» ou « Pierre » signifiait « roc ».

Donc, à la fin, l’approche «technique» ou «scientifique» de l’étude de Notre-Dame confirme l’approche traditionnelle, les enseignements du bon sens catholique, comme l’impeccabilité de Marie ou son Immaculée Conception. Ceci est quelque chose à garder à l’esprit lorsqu’ils traitent avec les «savants» non-catholiques. Peu d’hommes ont écrit exquisément sur la Vierge Marie comme l’évêque de Meaux Jacques-Bénigne Bossuet  (1627-1704). Écrivant pour l’Assomption sa classique « substance de tous les sermons pour les Fêtes de Marie tout au long de l’année », Bossuet dit : «Le corps sacré de Marie – trône de la Chasteté, temple de la Sagesse incarnée, instrument du Saint-Esprit, siège de la puissance du Très-haut – ne pouvait pas rester dans la tombe. Son triomphe serait incomplet s’il avait eu lieu en dehors de Sa sainte chair, qui pour cela, sanctifiée expressément pour former le corps du Christ, avait été en quelque sorte la source de toute Sa gloire». La simple logique nous dit que le respect rendu au corps immaculé de Marie sera la mesure de notre respect pour le corps et la personne de son Fils.

Quelle est l’image de la Mère de Dieu subissant la corruption de la tombe comme le disent ceux qui le tiennent ? Comment fonctionne cette corruption corporelle, cette idée de décomposition, comment se reflète le message de l’Ange Gabriel à la femme qui est «pleine de grâce» ? Tout homme normal la regardera comme légère ou une insulte à sa mère comme aussi à lui-même. De même, il prendra en considération tout acte de bonté envers sa mère comme une faveur pour lui-même, se considérant même en «dette» de celui qui a étendu cette bonté à la mère. Posez la question de bon sens : Comment Jésus-Christ peut être heureux quand sa mère est méprisée ? Comment peut-il être heureux quand des siècles et des siècles de croyances pieuses concernant Notre-Dame sont rejetées avec mépris ? Il est stupéfiant de penser que la Vérité Incarnée puisse jamais agir avec une telle mauvaise volonté.

Pourtant, des «églises» ont été construites sur cette supposition bizarre. Nous pouvons également davantage réaliser cette compréhension avec une vue plus large. Est-il logique pour Dieu d’afficher une «église» fondée par les hommes comme égale à celle fondée par son propre Fils ? Un matin, au 16ème siècle, un homme se réveille et décide que l’Église qui a conservé le dépôt apostolique de la foi depuis plus d’un millénaire et, qui, dans le processus, instruit le monde, n’est plus acceptable. Il décide alors que lui et ses cohortes reprendront simplement l’autorité de cette Église, ou à moins d’un tel coup, la rejetteront simplement et commenceront la leur. Comment le Dieu qui dit : «Je suis la Vérité» verrait cette série d’événements, si l’une des caractéristiques durables de la vérité est la cohérence.

Écoutez saint Jean Damascène sur l’Assomption de Notre-Dame : «Autrefois le Seigneur Dieu bannit du jardin nos premiers parents après leur désobéissance, quand ils avaient émoussé l’œil de leur cœur par leur péché et affaibli le discernement de leur esprit, et étaient tombés dans une apathie semblable à la mort. Mais, maintenant, ne doit-elle pas recevoir Son paradis, celle qui a brisé la servitude de toute passion, a semé les graines de l’obéissance à Dieu le Père, et a été le début de la vie pour toute la race humaine ? Le ciel ne lui ouvrira-t-il ses portes avec joie ? Si, en effet». Il a également abordé la Vierge en ces termes : «Ô quel départ béni cet aller à vôtre Dieu. Si Dieu le daigne pour tous ses serviteurs – et nous savons ce qu’il fait – quelle immense différence il existe entre ses serviteurs et sa mère».

Ce n’est pas seulement non-chrétien de rejeter le dogme de l’Assomption, car cela implique que le Christ suivrait mal ou de manière avare le 4ème Commandement, mais c’est déraisonnable de le faire. De toute évidence, notre Seigneur considère que ce Dogme est si important que, par la proclamation de la Bulle Munificentissimus Deus en 1950, il ordonne aux membres de sa véritable Église de le croire. Dans le texte de cette bulle, le pape Pie XII cite ce passage mémorable de saint Robert Bellarmin : «Oh, qui pourrait se résoudre à croire qu’elle est tombée en ruines cette arche de sainteté, cette maison du Verbe Incarné, ce temple du Saint-Esprit ? N’a-t-on pas un esprit de recul à la pensée même, pour cette chair vierge, d’être le lieu de reproduction de la poussière, la proie des vers, qui avait engendré et fait naître, avait allaité et nourri un Dieu ?» Encore une fois, la solide doctrine catholique ne hache pas les mots avec un visage renfrogné, mais sort pleine d’entrain dans la défense de notre Sauveur et de sa Mère.

 

Marie notre Médiatrice

La doctrine de «Marie Médiatrice» semble représenter la plus grande angoisse pour ceux qui rejettent la véritable Église de Dieu, quand, en réalité, elle est probablement la plus facile à comprendre de toutes les doctrines mariales. Car toute l’histoire du salut est remplie d’exemples, après exemples, de Dieu choisissant les instruments pour coopérer avec lui dans l’accomplissement de son plan divin. Dès le moment où Dieu a attribué à Adam la tâche de nommer les animaux, à Noé la construction de l’arche, à Moïse de conduire les Israélites hors d’Égypte,  à Josué de monter à l’assaut des murs de Jéricho, à Jonas de prêcher la repentance au peuple de Ninive, à saint Jean-Baptiste d’appeler les contemporains de Notre Seigneur à la pénitence ou à saint Paul de prêcher aux Gentils, le principe de la «coopération» fut une méthode cohérente de manière de faire de la Sainte Trinité. Maintes et maintes fois, Dieu choisit Son collaborateur humain, lui apporte les grâces et la force nécessaires pour sa tâche, et permet aux événements de suivre leur cours.

C’est vraiment une chose étonnante de voir le Dieu Tout-Puissant, Créateur du ciel et de la terre, mettre une telle confiance dans de simples créatures humaines, inspirant Ses Prophètes à rester ferme contre des civilisations entières, et ses apôtres de répandre l’Évangile et d’établir son Église à travers le monde. En regardant la Sainte Écriture dans son ensemble, la Vierge Marie peut-elle  être comme un caractère «accessoire» ? Est-ce une coïncidence si elle fut le seul être humain à être présent à tous les événements majeurs de la vie terrestre de notre Seigneur : son Incarnation et naissance, sa fuite en Égypte, son premier miracle public, sa mort sur ​​la croix et la naissance de Son Église au cours de la Pentecôte ? Est-ce une coïncidence qu’Elle ait joué un rôle actif dans ces événements, donnant Son fiat pour l’Incarnation, emportant Notre Seigneur en sécurité dans ses bras quand sa vie était menacée par Hérode, lui causant d’inaugurer son ministère public à Cana (après quoi ses disciples « crurent » en Lui), faisant la réception du commandement affichant tous hommes comme ses «fils» sous la Croix du Calvaire et priant avec les Apôtres lorsque le Saint-Esprit vint sur ​​eux à la naissance de l’Église.

L’Évangile de Luc rapporte un fait impressionnant qui est trop facilement négligé au milieu de tous les autres récits bibliques. Après que Marie et Joseph aient retrouvé le jeune Jésus enseignant dans le Temple, après l’avoir cherché pendant trois jours, saint Luc nous dit que : «Il descendit avec eux, et vint à Nazareth, et ​​il leur était soumis». Ainsi, nous avons ici la parole inspirée de Dieu qui nous dit que Dieu lui-même, celui qui a détruit la terre avec les eaux de la crue, qui a vaincu l’armée de Pharaon avec une seule pensée et a fait que le soleil et la lune se tiennent encore un jour à la demande de Josué, ce Dieu lui-même fut soumis à l’autorité d’un humain, d’un homme et d’une femme. Cette révélation divine se retrouve dans l’Imitation de Marie par Alexandre De Rouville (publié à Valence, Espagne, en 1588) : «Il convenait que celle à qui Jésus avait donné l’autorité même sur lui-même devrait ait le droit de commander les Anges et les Saints. Avec quel empressement ils rivalisent en vous donnant l’obéissance et l’honneur qui est Votre dû !»

La compréhension catholique de la «femme revêtue du soleil» de l’Apocalypse (chapitre 12) est incomplète si elle est prise hors du contexte marial. Comme nous l’avons déjà noté, l’Église catholique regarde l’Écriture dans son ensemble, ce qui rend les connexions et les références qui éclairent l’histoire de notre salut. André Feuillet, dans son livre Jésus et sa Mère, écrit : «Il ne fait aucun doute que le chapitre 12 de l’Apocalypse fait référence au chapitre 3 de la Genèse, et plus particulièrement à Genèse 3, 15. Le grand dragon qui fait son apparition dans l’Apocalypse est le serpent ancien (12, 9), à savoir, le tentateur de la Genèse… Tout comme cette prophétie, l’Apocalypse décrit une violente opposition entre la femme et le serpent-dragon. Dans l’Apocalypse le dragon apparaît debout devant la femme qui est sur ​​le point de donner naissance afin de dévorer son enfant ; ce trait correspond à ce qui est dit du serpent dans Genèse 3, 15 : il surveille… la progéniture de la Femme, prêt à attaquer».

Bien sûr, la femme représente l’Église persécutée, luttant à travers les âges. Mais sans l’élément marial qui lie l’Apocalypse à la prophétie de la Genèse, nous nous retrouvons avec une vision, même si elle est puissante, qui est quelque peu détachée de l’histoire concrète de notre salut comme elle est écrite tout au long de l’Écriture Sainte. Notre-Dame est un acteur actif dans la lutte contre le Serpent. L’Écriture, bien comprise, est éloquente sur cette présentation de notre Sainte Mère comme Médiatrice. Nous pouvons revenir sur le quatrième Commandement pour un dernier argument en faveur de la Royauté de Marie. Bien loin d’être le plus fort argument, il nous amène à être prudents de peur que nous faisions un affront au Christ par la désobligeance de Sa sainte Mère. Ce ne fut que la mort du Fils de Dieu qui pouvait payer adéquatement la rançon pour une humanité déchue, car seul un sacrifice de mérite infini pouvait réparer une faute «infinie». Notre seigneur, la deuxième personne de la Sainte Trinité, a payé cette rançon parfaitement et a parfaitement accompli la loi. Ainsi, comment le roi du Ciel et de la Terre, à qui rien n’est impossible, a honoré sa Mère ?

Dans le Troisième Livre des Rois (Chap. 2), nous voyons le comportement du roi Salomon avec sa mère Bethsabée. Un homme nommé Adonais approche Bethsabée et lui demande d’intercéder auprès de son fils, le roi, pour qu’Adonais puisse être autorisé à épouser Abisag la Sunamite. Voici comment l’Écriture décrit la scène qui a suivi : «Bethsabée vint donc auprès du roi Salomon, afin de lui parler pour Adonias ; et le roi se leva au-devant d’elle, puis il s’assit sur son trône ; et un trône fut placé pour la mère du roi, laquelle s’assit à sa droite. Et elle lui dit : «Je n’ai qu’une petite prière à te faire ; ne couvre pas ma face de confusion. Et le roi lui dit : Demandez, ma mère ; car il n’est pas juste que j’écarte votre face» (III Rois 2, 19-20). Faut-il croire que le Divin Roi du Ciel et la Terre serait moins généreux dans l’accomplissement du quatrième Commandement, que le Salomon terrestre ? Si l’Écriture elle-même nous présente cette vénérable image de la Reine-Mère, comment devons-nous raisonner avec la vue protestante, soi-disant basée sur la Bible, qui traite la Mère du Divin Roi et Sauveur non seulement comme servile, mais sans importance, en contradiction avec l’Écriture et la Tradition sacrée ?

 

Honorer la Vierge

Nous honorons la Vierge parce que, non seulement elle mérite notre honneur, mais nous imitons Jésus-Christ quand nous l’honorons. Une telle imitation qu’un homme puisse donner à la Vierge n’est-elle pas qu’une petite fraction de l’honneur que la Sainte Trinité lui a fait en la faisant Mère de Dieu  ? Notre Seigneur a dit : «Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur». Plutôt que le ressentiment ou de douter du glorieux héritage Marial de l’Église, en vrais catholiques, nous devrions renchérirent les uns les autres en faisant l’éloge de la Mère de Dieu et la nôtre. En tant que catholiques, c’est non seulement notre devoir, mais notre privilège, de connaître les doctrines et les dogmes de notre foi, ces legs divins qui nous sont si généreusement donnés pour notre sanctification, illumination et finalement pour notre salut. Dieu ne ment pas.

L’Écriture nous dit qu’il y a des moments pour obéir, et il y a des moments pour être en colère. Même avant que Notre Seigneur ait expulsé de force les marchands de la maison de son Père ou appelé les Pharisiens «Les sépulcres blanchis», nous lisons dans le Livre de l’Ecclésiaste : «Toutes choses ont leur temps, et dans leur limite elles passent toutes sous le ciel… Un temps d’amour et un temps de haine. Un temps de guerre et un temps de paix» (Ecclésiaste 3, 1, 8). Le Livre de l’Ecclésiastique nous exhorte à garder dans nos cœurs un endroit spécial pour nos mères : « Honore ton père, et les gémissements de ta mère, ne les oublie pas ; Souviens-toi que sans eux tu ne serais pas né, et fais pour eux comme ils ont fait eux-mêmes pour toi» (Ecclésiastique 7, 29-30).

Si ce sont les sentiments que l’Écriture sainte nous enjoint de tenir envers nos mères terrestres, combien plus devrions-nous honorer et aimer notre Sainte Mère, sans laquelle nous ne serions pas renés enfants de Dieu. Et quel meilleur « retour » pouvons-nous lui faire que de la défendre chaque fois qu’elle est attaquée et, ce faisant, défendre l’honneur de Notre Sauveur et ainsi de notre Église ? La prochaine fois que vous entendrez la Sainte Vierge rabaissée, déshonorée ou calomniée, ne soyez pas sympathique à propos de cela. Soyez zélé à ce propos. C’est la chose chrétienne à faire. Notre-Dame, Siège de la Sagesse, priez pour nous !

Pour en en savoir plus : La base biblique pour l’enseignement catholique sur la Vierge Marie