Marie et le titre co-rédemptrice – Marie médiatrice et associée du divin Rédempteur, pas corédemptrice

Sommaire

  • Marie n’est pas la Sagesse éternelle
    • Marie est une créature
    • Soutenir que Marie est co-éternelle avec Dieu est hérétique
  • Marie médiatrice
    • Jésus-Christ est le seul Médiateur
    • Marie médiatrice auprès du Médiateur
  • Marie, associée du divin Rédempteur et au mystère de la Rédemption
    • Jésus-Christ seul Rédempteur
    • Marie associée du divin Rédempteur
      • La chair et le Sang de Jésus-Christ c’est la chair et le sang de Marie qui ne peuvent absolument pas être séparés de la chair et du sang rédempteurs de son Fils
      • La sainte Vierge compléta ce qui manquait aux souffrances du Christ pour son Corps qui est L’Église
      • Les souffrances de Jésus-Christ intimement associées à l’amour et aux douleurs de sa Mère
      • Les Pères, les Saints et les théologiens
    • Marie coopératrice de Jésus-Christ Rédempteur
      • La Passion du Christ, pas de Marie
  • Conclusion
  • Supplément Marie n’est pas Co-Rédemptrice

Marie n’est pas la Sagesse éternelle

La Sagesse est décrite notamment dans Proverbes 8-9 ; Sagesse 7-11 ; Ecclésiastique 24 :

«J’ai été établie dès l’éternité, et dès le commencement, avant que la terre fût créée. Les abîmes n’étaient pas encore lorsque j’étais déjà conçue». Proverbes 8, 23-24

«La Sagesse éternelle est la vapeur de Dieu, la vertu de Dieu et l’effusion toute pure de la clarté du Tout-Puissant. C’est pourquoi elle ne peut être susceptible de la moindre impureté. Elle est l’éclat de la lumière éternelle, le miroir sans tache de la majesté de Dieu et l’image de sa bonté». Sagesse 7, 25-26

«Je suis sortie de la bouche du Très-Haut ; je suis née avant toutes les créatures». Ecclésiastique 24, 5

«Je suis la mère du pur amour, de la crainte, de la science et de l’espérance sainte. En moi est toute la grâce de la voie et de la vérité ; en moi est toute l’espérance de la vie et de la vertu». Ecclésiastique 24, 24-25

Marie est une créature

Comme toute créature Marie est créée à partir de rien.

Pape Eugène IV, Concile de Florence, «Cantate Domino», 1442, ex cathedra : «Elle [la très sainte Église romaine, fondée par la voix de notre Seigneur et Sauveur] croit, professe, et déclare que le seul vrai Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit, est le créateur de toutes choses visibles et invisibles, qui, quand il l’a voulu, par sa bonté a créé toutes les créatures, spirituelles ainsi que corporelles, bonnes en effet car elles ont été faites par le souverain bien, mais variables [muables], car elles ont été faites à partir de rien [du néant], et elle affirme que la nature n’est pas un mal, car toute la nature, dans la mesure où elle est la nature, est bonne». (Denz. 1333 / 706).

Aucune créature ne peut être une émanation de Dieu ; la Sagesse dit : «Je suis sortie de la bouche du Très-Haut» (Ecclésiastique 24, 5), la Sagesse n’est pas une créature ou Marie. Soutenir que Marie, ou toute créature ange ou homme, est une émanation de Dieu est hérétique.

Concile du Vatican, 1870, le Dieu Créateur de toutes choses, Can. 4, ex cathedra : «Si quelqu’un dit que les choses finies, tant corporelles et spirituelles, ou au moins les spirituelles, ont émanées de la substance divine, ou, que l’essence divine par une manifestation ou évolution d’elle-même devient toutes choses, ou, enfin, que Dieu est l’être universel ou indéterminé, car en déterminant lui-même, Il a créé toutes choses distinctes dans les genres, en espèces et en individus : qu’il soit anathème». (Denz. 1804)

Soutenir que Marie est co-éternelle avec Dieu est hérétique

Cela revient à dire que Marie existait avant le commencement, ou comme ayant toujours été avec Dieu. Comme l’enseigne le symbole d’Athanase :

«… le Père, le Fils et le Saint-Esprit ne sont pas trois éternels, mais un éternel, …»

Éternel est l’attribut unique des deuxième et troisième personnes de la Trinité existant avec le Père.

Accorder trop d’importance à une lecture et exégèse personnelle de l’Écriture est un manque d’humilité dont la conséquence est de tomber dans l’hérésie (hérésie du protestantisme d’interprétation privée de l’Écriture hors de la Tradition de l’Église) et la nouveauté (hérésie de modernisme).

Il est blasphématoire d’appliquer à une créature ce qui seul est dit de Dieu. Marie n’est pas Dieu. Le Christ est la «sagesse de Dieu» (1 Cor. 1, 24 ; Luc 11, 49) et non une créature.

«Je suis sortie de la bouche du Très-Haut ; je suis née avant toutes les créatures». Ecclésiastique 24, 5

«immuable en soi, elle renouvelle toute choses» (Sg 7, 27)

La Sagesse est de nature ou substance divine. La Sagesse est une émanation de Dieu, pas une créature comme la sainte Vierge, les anges, etc. Dieu a créé toutes choses, Marie, anges, etc, ex nihilo : à partir de rien. La Sagesse n’est pas créée mais incréée.

Notre-Seigneur est vrai Dieu et vrai homme. La confusion des natures divine et humaine de notre Seigneur (Hérésie d’Eutychès) est condamnée au Concile de Chalcédoine. L’idée que l’humanité de Notre Seigneur est Dieu ou que sa divinité est humaine a également été condamné par le Concile de Constantinople. L’humanité de Notre Seigneur a été créée à partir de rien, tout comme les créatures. Il était vraiment homme. Les natures divine et humaine sont sans confusion et sans mélange unies inséparablement en la seule personne divine du Verbe : c’est l’union hypostatique.

Concile de Constantinople, Can. 9 : «… [celui qui] mélange ensemble la divinité et l’humanité, parlant monstrueusement d’une seule nature ou de l’essence unie des natures, et donc n’adore le Christ, et ne le vénère pas, par une adoration, Dieu le Verbe fait homme, avec sa chair, comme la Sainte Église l’a enseigné depuis le début : qu’il soit anathème ».

Concile d’Ephèse : «Nous confessons la Parole faire un avec la chair selon la substance, nous adorons un Fils et Seigneur Jésus-Christ: nous ne divisons pas le Dieu de l’homme, ni ne le séparons en plusieurs parties».

Saint-Athanase, Discours contre les ariens, chap. 3 : «C’est le Fils même du Père, naturel et authentique, de sa propre essence, Sagesse Unique, et très unique Parole de Dieu ; pas une créature ou une œuvre, mais une progéniture propre à l’essence du Père. C’est pourquoi il est vrai Dieu, existant en essence avec le Père …»

Sagesse 7, 26-30 : «Car elle est l’éclat de la lumière éternelle, le miroir sans tache de la majesté de Dieu [selon les pères de l’Église, la génération éternelle du Fils qui est la parfaite connaissance de soi, réflexion ou «miroir» du Père], et l’image de sa bonté. Et quoi qu’elle ne soit  qu’une, elle peut tout [toute-puissance, attribut de Dieu seul] ; et immuable en soi [immutabilité de Dieu qui ne peut pas changer dans sa nature ou dans le temps], elle renouvelle toute choses, et elle se répand parmi les nations dans les âmes saintes, et elle forme les amis de Dieu et les prophètes. Car Dieu n’aime personne, si ce n’est celui qui habite avec la sagesse. Car elle est plus belle que le soleil, et au-dessus de toute disposition [l’ordre] des étoiles ; comparée à la lumière, elle se trouve la première. Car à la lumière succède la nuit, mais la malice ne triomphe pas de la sagesse».

Hébreux 1, 3 : le Fils est «l’éclat de sa gloire», c’est-à-dire «l’éclat de la lumière éternelle» de Sagesse 7, 26.

Pour mieux comprendre le Fils de Dieu, la Sagesse éternelle incréée et incarnée, voir le chef-d’œuvre L’ Amour de la Sagesse Éternelle de Saint Louis-Marie Grignion de Monfort.

Certaines paroles de la Sagesse éternelle, le Verbe s’est incarné en elle, en Marie, qui est une créature, sont appliquées à Marie dans la liturgie ¹ parce que par elle et en elle, le Saint-Esprit a opéré l’Incarnation rédemptrice du Verbe de Dieu, c’est-à-dire que le Verbe (Dieu le Fils) s’est fait chair (Homme : âme humaine et corps) par l’âme et la chair de Marie.

¹ La Liturgie sacrée est une profession des vérités célestes soumise à l’autorité du Magistère infaillible de l’Église comme l’enseigne le pape Pie XII, dans Munificentissimus Deus, 1950, ex cathedra : «La liturgie sacrée étant une profession des vérités célestes, soumises au magistère suprême de l’Église».

Marie médiatrice

Notre Dame de La Salette réconciliatrice

Notre-Dame Réconciliatrice, synonyme de Médiatrice

Jésus-Christ est le seul Médiateur

L’Écriture enseigne que Jésus est le seul Médiateur.

I Timothée 2, 5-6 : «Il n’y a qu’un Dieu et qu’un médiateur entre Dieu et les hommes, le Christ Jésus homme, qui s’est livré lui-même pour la rédemption de tous»

Marie est médiatrice auprès du Médiateur

L’église enseigne que Marie est Médiatrice. Marie est médiatrice auprès du Médiateur unique Jésus-Christ. Marie est Médiatrice entre Dieu et les hommes – sa médiation est singulière et supérieure à celle des Anges et des saints.

Pape Pie IX, Const. Ineffabilis Deus, dogme de l’Immaculée-Conception, 8 déc. 1854 ex cathedra : «la Vierge Bienheureuse … la médiatrice la plus puissante de l’univers entier auprès de son Fils unique pour la réconciliation ».

Pape Léon XIII, Fidentem piumque, 20 sept. 1896 : «Il est très certain que le nom et la fonction de Conciliateur parfait ne convienne à nul autre qu’au Christ, car lui seul, à la fois homme et Dieu, a rétabli le genre humain dans la grâce auprès du Père très haut : « Un seul médiateur de Dieu et des hommes, l’homme Jésus-Christ… » (I Tim. 2, 5 s.). Mais si « rien n’empêche, comme l’enseigne le Docteur angélique, que quelques autres soient appelés, sous un certain rapport, médiateurs entre Dieu et les hommes, en tant qu’ils coopèrent d’une façon dispositive et subordonnée à unir les hommes à Dieu » (St Thomas, Summa, III, Q. 26, a. 1), parmi lesquels se trouvent les anges et les saints du ciel, les prophètes et les prêtres des deux Testaments, alors en vérité la parure de cette gloire revient de façon plus éminente encore à la Vierge très haute. Il est impossible en effet de concevoir quelqu’un qui, pour réconcilier les hommes avec Dieu, ait jamais pu ou puisse jamais réaliser une œuvre pareille à celle de Marie. C’est elle en effet qui a donné le Sauveur aux hommes qui couraient à la perte éternelle, à savoir lorsque par son assentiment admirable elle accueillit « au nom de toute la nature humaine » (St Thomas Summa III, Q. 30, a 1), l’annonce du Mystère …, pour ce motif, la digne médiatrice très agréée auprès du Médiateur».

Pape Léon XIII, Octobri mense, 22 sept. 1891 [principes dogmatiques de la Mariologie] : «…rien ne nous est distribué, de par la volonté de Dieu, sinon par Marie, de sorte que de même que personne ne peut accéder au Père sinon par le Fils, de même pour ainsi dire personne ne peut parvenir au Christ sinon par la mère».

Pape St Pie X Ad Diem Illum Laetissimum, 2 fév. 1904 : «de cette société de douleurs et d’angoisses … entre la Mère et le Fils a été donné à cette auguste Vierge « d’être auprès de son Fils unique la très puissante médiatrice et avocate du monde entier » [Pie IX, in Bull. Ineffabilis]. … Marie, comme le remarque justement saint Bernard, est l' »aqueduc » [Serm. de temp., in Nativ. B. V.,  » De Aquæductu « , n. 4] ; ou, si l’on veut, cette partie médiane qui a pour propre de rattacher le corps à la tête et de transmettre au corps les influences et efficacités de la tête, Nous voulons dire le cou. Oui, dit saint Bernardin de Sienne, « elle est le cou de notre chef, moyennant lequel celui-ci communique à son corps mystique tous les dons spirituels » [S. Bernardin Sen., Quadrag. de Evangelio æterno, Serm. X, a. III, c.3]».

Pape Pie XII Ad coeli Reginam, 11 oct. 1954 : «Nous recourons à Marie notre Reine, lui manifestant non seulement Notre amour, mais aussi celui, de quiconque se glorifie du nom de chrétien. … de cette même union avec le Christ, découle la puissance royale qui l’autorise à distribuer les trésors du Royaume du Divin Rédempteur ; enfin cette même union avec le Christ est source de l’efficacité inépuisable de son intercession maternelle auprès du Fils et du Père.  … ayant été établie par le Seigneur Reine du ciel et de la terre et se trouvant exaltée au dessus de tous les chœurs des Anges et de tous les Saints du ciel à la droite de son Fils unique, Jésus-Christ Notre Seigneur : elle obtient audience par la puissance de ses supplications, maternelles, elle reçoit tout ce qu’elle demande et ne connaît jamais de refus. Que quiconque honore donc la Souveraine des Anges et des hommes … l’invoque aussi comme la Reine très puissante, médiatrice de paix».

Saint Louis-Marie de Montfort, Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge, n° 74 : « Quidquid Deo convenit per naturam, Mariae convenit per gratiam : Tout ce qui convient à Dieu par nature, convient à Marie par grâce, disent les saints».

St L-M. de Montfort, Vraie dévotion à la Sainte Vierge, n° 84 : « Notre-Seigneur est notre avocat et notre médiateur de rédemption auprès de Dieu le Père».

St L-M. de Montfort, Vraie dévotion à la Sainte Vierge, n° 86 : « Tout ceci est tiré de saint Bernard et saint Bonaventure ; en sorte que, selon eux, nous avons trois degrés à monter pour aller à Dieu : le premier, qui est le plus proche de nous et le plus conforme à notre capacité, est Marie ; le second est Jésus-Christ ; et le troisième est Dieu le Père. Pour aller à Jésus, il faut aller à Marie, c’est notre médiatrice d’intercession ; pour aller au Père éternel, il faut aller à Jésus, c’est notre médiateur de rédemption».

L’imitation de la sainte Vierge, L. 4, ch. 1, P. de Rouville, 1772 : «Mère de mon Dieu … ayant donné à Dieu cette vie par laquelle il nous a rachetés, vous méritez de porter le titre de médiatrice du salut, sans préjudice néanmoins de la qualité de seul et unique médiateur, qui, dans le sens propre, ne convient qu’à votre Fils».

Marie, associée du divin Rédempteur et au mystère de la Rédemption

Jésus-Christ seul Rédempteur

Le dogme infaillible, ci-dessous, enseigne que Jésus-Christ seul est Rédempteur.

Pape Eugène IV, Concile de Florence, «Cantate Domino» 1441, ex-cathedra : «La sainte Église romaine croit fermement, professe et enseigne que nul conçu de l’homme et de la femme n’a jamais été libéré de la domination du diable, que par le mérite du médiateur entre Dieu et les hommes, notre Seigneur Jésus-Christ ; Celui qui a été conçu sans péché, est né et mort, a SEUL par sa mort abattu l’ennemi de la race humaine en détruisant nos péchés, et a ouvert l’entrée du royaume du ciel, que le premier homme avait perdu par son propre péché… » (Denz. 1347 / 711)

Pape Pie IV, Concile de Trente , sess. 25, Sur l’invocation, la vénération et les reliques des saints, et sur les images sacrées, ex cathedra : «… les saints qui règnent avec le Christ offrent leurs prières à Dieu pour les hommes ; et qu’il est bon et utile de les invoquer et supplier afin d’obtenir des faveurs de Dieu par son Fils Jésus Christ notre Seigneur, qui SEUL est notre Rédempteur et Sauveur …. Et ils doivent aussi apprendre que les images du Christ, la vierge mère de Dieu et des autres saints doivent être mises en place et maintenues … Mais si quelqu’un doit enseigner ou maintenir quelque chose de contraire à ces décrets, qu’il soit anathème». (Denz. 1821 / 984)

Seul Jésus-Christ est vrai Dieu et vrai homme. Marie étant une créature a eu besoin de la rédemption, sauf que Dieu l’a fait bénéficier de la rédemption d’une manière singulière et à part de toutes les autres créatures : Marie a bénéficié à l’avance de la rédemption parce Dieu voulait se l’associer au mystère de la rédemption !

Marie l’associée du divin Rédempteur

Le dogme infaillible ci-dessous enseigne que la sainte Vierge Marie est «unie étroitement, unie inséparablement avec lui [Jésus-Christ]» et qu’elle est l’«associée du divin Rédempteur».

Pape Pie IX, Ineffabilis Deus, Dogme de L’Immaculée Conception, 8 déc. 1854 ex cathedra (déclaration infaillible de la chaire de Pierre) : …comme le Christ, médiateur entre Dieu et les hommes, détruisit, en prenant la nature humaine, l’arrêt de condamnation qui était contre nous et l’attacha triomphalement à la croix ; ainsi la Très Sainte Vierge, unie étroitement, unie inséparablement avec lui, fut, par lui et avec lui, l’éternelle ennemie du serpent venimeux, le vainquit, le terrassa sous son pied virginal et sans tache, et lui brisa la tête.

Pape Pie XII, Munificentissimus Deus, Dogme de l’Assomption, § V, 1er nov. 1950 ex cathedra (déclaration infaillible de la chaire de Pierre) : «… l’auguste Mère de Dieu, unie de toute éternité à Jésus-Christ, d’une manière mystérieuse, par «un même et unique décret» de prédestination, immaculée dans sa conception, Vierge très pure dans sa divine Maternité, généreuse associée du divin Rédempteur…»

La Mère de Dieu est incluse dans la loi divine par «un même et unique décret [décret divin] de prédestination» :

  • La Maternité divine de Marie ne fait qu’un avec l’Incarnation Rédemptrice de Dieu le Fils.
  • L’Immaculée Conception est une grâce singulière, unique, par avance, de la Rédemption accomplie par Jésus-Christ, pour sa Maternité divine et l’Incarnation rédemptrice de Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme.

Pape Pie IX, Ineffabilis Deus, Dogme de L’Immaculée Conception, 8 déc. 1854 ex cathedra (déclaration infaillible) : «…les termes mêmes dans lesquels les divines Écritures parlent de la Sagesse incréée et représentent son origine éternelle, elle [l’Église] a continué de les employer dans les offices ecclésiastiques et dans la liturgie sacrée, et de les appliquer aux commencements mêmes de la Vierge ; commencements mystérieux, que Dieu avait prévus et arrêtés dans un seul et même décret, avec l’Incarnation de la Sagesse divine».

Pape St Pie X Ad Diem Illum Laetissimum, pour le cinquantenaire du dogme de l’Immaculée Conception, 2 fév. 1904 : «si la Vierge a été affranchie de la tache originelle, c’est parce qu’elle devait être la Mère du Christ : or, elle fut Mère du Christ afin que nos âmes pussent revivre à l’espérance».

  • L’unique Immaculée Marie a coopéré à la Rédemption en donnant Jésus Rédempteur : L’Immaculée Conception est incluse dans la Rédemption pour nous donner le Rédempteur.
  • Marie a coopéré à la rédemption : demeurant fidèle à sa grâce unique d’Immaculée, sa plénitude de surabondance de grâce a augmenté sans cesse car Dieu a voulu que les hommes reçoivent les grâces par la plénitude (reçue) de grâce de Marie car ils étaient indignes de les recevoir directement.
  • Dieu n’a pas voulu que les hommes reçoivent le Rédempteur directement mais par Marie. «Le Verbe a été fait chair (Jn 1, 14)» par Marie, il aurait se faire chair par Lui-même, mais il a voulu se faire chair par la chair de Marie.
  • Dieu le Fils a créé Marie et a pris d’elle sa chair rédemptrice et son humanité. La chair de Jésus-Christ est la chair de Marie dans la Rédemption et dans l’Eucharistie. La chair et le Sang Rédempteurs de Jésus-Christ sont aussi la chair et le sang de sa Mère. L’Esprit-Saint, le sang Rédempteur et l’eau du baptême sont infailliblement inséparables.

La chair et le Sang de Jésus-Christ c’est la chair et le sang de Marie qui ne peuvent absolument pas être séparés de la chair et du sang rédempteurs de son Fils

Pape Saint Léon le Grand, Concile de Chalcédoine, 451 ex cathedra  (déclaration infaillible de la chaire de Pierre) : «Qu’il y en a trois qui rendent témoignage – l’Esprit, le Sang et l’eau – Les Trois ne sont qu’en d’autres termes, l’Esprit de sanctification, le Sang de la Rédemption et l’eau du baptêmeCes trois sont Un seul et restent indivisibles. Aucun d’entre eux ne sont séparables et n’ont de privilège avec les autres».

I Jean 5, 8 : « Et ils sont trois qui trois qui rendent témoignage sur la terre, l’esprit,  l’eau et le Sang : et ces trois sont une seule chose».

Pape Pie XII, Munificentissimus Deus, Dogme de l’Assomption, § V, 1er nov. 1950 ex cathedra (déclaration infaillible de la chaire de Pierre) : «… l’auguste Mère de Dieu, unie de toute éternité à Jésus-Christ, d’une manière mystérieuse, par «un même et unique décret» de prédestination, immaculée dans sa conception, Vierge très pure dans sa divine Maternité, GÉNÉREUSE ASSOCIÉE DU DIVIN RÉDEMPTEUR qui remporta un complet triomphe sur le péché et ses suites, a enfin obtenu comme suprême couronnement de ses privilèges d’être gardée intacte de la corruption du sépulcre, en sorte que, comme son Fils déjà auparavant, après sa victoire sur la mort, elle fût élevée, dans son corps et dans son âme, à la gloire suprême du ciel où, Reine, elle resplendirait à la droite de son Fils, Roi immortel des siècles».

Le pape Pie XII enseigne infailliblement ci-dessus : «l’auguste Mère de Dieu, unie de toute éternité à Jésus-Christ, d’une manière mystérieuse, par «un même et unique décret» de prédestination, immaculée dans sa conception, Vierge très pure dans sa divine Maternité, généreuse associée du divin Rédempteur». Marie est «associée du divin Rédempteur». C’est la loi divine, c’est-à-dire infaillible et obligatoire à croire pour être catholique, et personne ne peut nier que Marie est associée à la Rédemption sans être hérétique (en connaissance). Marie infailliblement «associée du divin Rédempteur» est le sens du titre co-rédemptrice, non par égalité au Verbe éternel fait chair, mais par association et coopération volontaire en dépendance de Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme. Marie est associée au sang rédempteur puisqu’ils ont le même sang.

Le pape Léon XIII enseigne dans Supremi apostolatus sur le très saint Rosaire, que la Mère de Dieu est associée à Jésus-Christ dans l’œuvre du salut (c’-à-d. la Rédemption) du genre humain.

Pape Léon XIII, Supremi apostolatus sur le très saint Rosaire, 1er sept. 1883 : «Nous estimons que rien ne saurait être plus efficace et plus sûr que de Nous rendre favorable, par la pratique religieuse de son culte, la sublime Mère de Dieu, la Vierge Marie, dépositaire souveraine de toute paix et dispensatrice de toute grâce, qui a été placée par son divin Fils au faîte de la gloire et de la puissance, afin d’aider du secours de sa protection les hommes s’acheminant, au milieu des fatigues et des dangers, vers la Cité Éternelle. Ce fut toujours le soin principal et solennel des catholiques de se réfugier sous l’égide de Marie et de s’en remettre à sa maternelle bonté dans les temps troublés et dans les circonstances périlleuses. Cela prouve que l’Église catholique a toujours mis, et avec raison, en la Mère de Dieu, toute sa confiance et toute son espérance. En effet, la Vierge exempte de la souillure originelle, choisie pour être la Mère de Dieu, et par cela même associée à lui dans l’œuvre du salut du genre humain, jouit auprès de son Fils d’une telle faveur et d’une telle puissance que jamais la nature humaine et la nature angélique n’ont pu et ne peuvent les obtenir…».

Le pape Benoit XV confirme l’association de Marie au rachat du genre humain par le divin Rédempteur.

Pape Benoît XV, Inter sodalicia, 22 mars 1918 (Acta Apostolicae Sedis X [1918], p. 181-184) : «Elle [La Bse V. Marie (au calvaire)] abdiqua, pour procurer le salut des hommes, ses droits de mère sur son Fils [Maternam in Filium iura] et l’immola, autant qu’il était en son pouvoir, pour apaiser la justice divine, de sorte qu’on peut dire avec raison, qu’elle-même avec le Christ racheta le genre humain [Ipsam cum Christo humanum genus redemisse]». (Cité dans Maria, Étude sur la Sainte Vierge, T. I, 1948, P. Hubert du Manoir S.J., p. 531)

La sainte Vierge compléta ce qui manquait aux souffrances du Christ pour son Corps qui est L’Église

Si saint Paul le dit de lui-même dans Colossiens 1, 24, combien plus cela est vrai pour la Mère de Dieu, reine des martyrs.

Le pape St Pie X enseigne dans Ad Diem Illum Laetissimum que Marie est la réparatrice par son union à son Fils et qu’elle a été associée par Jésus-Christ à l’œuvre de la rédemption.

Pape St Pie X, Ad Diem Illum Laetissimum, 2 fév. 1904 : «La conséquence de cette communauté de sentiments et de souffrances entre Marie et Jésus, c’est que Marie « mérita très légitimement de devenir la réparatrice de l’humanité déchue«  (EADMERI MON., De Excellentia Virg. Mariæ, c. IX), et, partant, la dispensatrice de tous les trésors que Jésus nous a acquis par sa mort et par son sang. … Il s’en faut donc grandement, on le voit, que Nous attribuions à la Mère de Dieu une vertu productrice de la grâce, vertu qui est de Dieu seul. Néanmoins, parce que Marie l’emporte sur tous en sainteté et en union avec Jésus-Christ et qu’elle a été associée par Jésus-Christ à l’œuvre de la rédemption, elle nous mérite de congruo [de convenance], comme disent les théologiens, ce que Jésus-Christ nous a mérité de condigno [de dignité], et elle est le ministre suprême de la dispensation des grâces».

Pape St Pie X, Ad Diem Illum Laetissimum, 2 fév. 1904 : « Jésus est cloué à la croix, et on lui reproche, en le maudissant, « de s’être fait le Fils de Dieu » (Joan. XIX, 7). Marie, elle, avec une indéfectible constance, reconnaît et adore en lui la divinité. Elle l’ensevelit après sa mort, mais sans douter un seul instant de sa résurrection. Quant à la charité dont elle brille pour Dieu, cette vertu va jusqu’à la rendre participante des tourments de Jésus-Christ et l’associée de sa Passion ; avec lui, d’ailleurs, et comme arrachée au sentiment de sa propre douleur, elle implore pardon pour les bourreaux, malgré ce cri de leur haine : « Que son sang soit sur nous et sur nos enfants » (Matth. XXVII, 25)».

Le Pape Pie XII enseigne ci-dessous dans Mystici corporis Christi (Magistère ordinaire), que la sainte Vierge présenta son Fils au Père, sur la croix, y joignant son holocauste, en supportant ses immenses douleurs, compléta ce qui manquait aux souffrances du Christ pour son Corps qui est L’Église.

Pape Pie XII, Mystici corporis Christi, 29 juin 1943 (Magistère ordinaire infaillible) : «Ce fut elle [la Vierge Mère de Dieu] qui, exempte de toute faute personnelle ou héréditaire, toujours très étroitement unie à son Fils, le présenta sur le Golgotha au Père Éternel, en y joignant l’holocauste de ses droits et de son amour de mère, comme une nouvelle Ève, pour tous les fils d’Adam qui portent la souillure du péché originel ; ainsi celle qui, corporellement, était la mère de notre Chef, devint spirituellement la mère de tous ses membres, par un nouveau titre de souffrance et de gloire. Ce fut elle qui obtint par ses prières très puissantes que l’Esprit du divin Rédempteur, déjà donné sur la Croix, fût communiqué le jour de la Pentecôte en dons miraculeux à l’Église qui venait de naître. Ce fut elle enfin qui, en supportant ses immenses douleurs d’une âme pleine de force et de confiance, plus que tous les chrétiens, vraie Reine des martyrs, compléta ce qui manquait aux souffrances du Christ… pour son Corps qui est L’Église (Col. I, 24)».

Les souffrances de Jésus-Christ intimement associées à l’amour et aux douleurs de sa Mère

Le pape Pie XII explique aussi dans Haurietis Aquas ci-dessous que «dans l’œuvre de la Rédemption, la Très Sainte Vierge fût indissolublement unie au Christde sorte que le salut nous vînt de la charité et des souffrances de Jésus-Christ intimement associées à l’amour et aux douleurs de sa Mère».

Pape Pie XII, Haurietis Aquas, n° 73, 15 mai 1956 : «Dieu a voulu, en effet, que dans l’œuvre de la Rédemption des hommes, la Très Sainte Vierge fût indissolublement unie au Christ, de sorte que le salut nous vînt de la charité et des souffrances de Jésus-Christ intimement associées à l’amour et aux douleurs de sa Mère».

Pie XII enseigne aussi dans son encyclique Ad coeli Reginam sur la royauté de la sainte Vierge Marie et l’institution de sa fête au 31 mai que Marie a restauré toutes choses, qu’elle contribua à notre rédemption, que le genre humain se sauve par elle, qu’elle est associée dans la rédemption du genre humain, sacrifiant son Fils, et associée à l’œuvre du Divin Rédempteur.

Pape Pie XII Ad coeli Reginam, 11 oct. 1954 : « « … Marie, en restaurant toutes choses par ses mérites, est la Mère et la Souveraine de toutMarie est Souveraine de toutes choses en les restaurant dans leur dignité originelle par la grâce qu’elle mérita  » [Eadmerus Monachus Cantuariensis (1060-1129), De excellentia Virginis Mariae, c. 11 : P. L. CLIX, 508 A B.] « . elle contribua à notre Rédemption, en donnant sa chair à son Fils et en l’offrant volontairement pour nous, désirant, demandant et procurant notre salut d’une manière toute spéciale  » [F. Suarez, De mysteriis vitae Christi, disp. XXII, sect. II, ed. Vivès, XIX, 327] … le genre humain, assujetti à la mort par une vierge, se sauve aussi par l’intermédiaire d’une vierge ; … cette glorieuse Souveraine fut choisie comme Mère de Dieu précisément « pour être associée à lui dans la rédemption du genre humain«  [Pie XI, Epist. Auspicatus profecio : A. A. S. XXV, 1933, p. 80] ; réellement « ce fut elle qui, exempte de toute faute personnelle ou héréditaire, toujours étroitement unie à son Fils, l’a offert sur le Golgotha au Père Éternel, sacrifiant en même temps son amour et ses droits maternels, comme une nouvelle Ève, pour toute la postérité d’Adam, souillée par sa chute misérable »  [Pie XII, Litt. Enc. Mystici Corporis : A. A. S. XXXV, 1943, p. 247] ; Marie … est associée à l’œuvre du Divin Rédempteur dans sa lutte contre ses ennemis et dans son triomphe remporté sur eux tous».

Pie XII enseigne aussi dans Meminisse Iuvat du 14 juillet 1958 – sur les prières pour l’Église persécutée – que la Mère de Dieu fut « pour tout le genre humain cause de salut » :

Pape Pie XII, Meminisse Iuvat du 14 juillet 1958 : «Qu’ils supplient d’une seule voix et d’un seul cœur, celle [la Mère de Dieu] qui fut « pour tout le genre humain cause de salut » [Saint Irénée, Contr. Haeres. 3, 2, 2 ; P. C, 7, 959]».

Marie est coopératrice dans la rédemption, elle qui est « pour tout le genre humain cause de salut » en nous donnant Jésus-Christ.

Les Pères, les Saints et les théologiens

Les pères, les saints, et les théologiens, confirment aussi que Marie coopère à la rédemption (elle opère avec et en dépendance de Jésus-Christ), comme on peut le voir dans les citations suivantes :

Saint Irénée, père de l’Église, au 2ème siècle, explique que «Marie seule à coopérer à l’économie» de salut de Dieu, «elle devint cause de salut» par son obéissance, et que «son sein a régénéré les hommes». C’est autre une façon de dire que Marie est coopératrice unique (par grâce et convenance) à l’économie du salut et de la rédemption, c’est ce que signifie l’appelation « co-rédemptrice ».

Saint Irénée, Contre les hérésies, livre 3, partie 2, 2, Complément de preuve en faveur de la naissance virginale du Fils de Dieu : «Marie étant seule à coopérer à l’ « économie » c’est de Marie encore Vierge qu’à juste titre il a reçu cette génération qui est la récapitulation d’Adam. … Marie, ayant pour époux celui qui lui avait été destiné par avance, et cependant Vierge, devint, en obéissant, cause de salut pour elle-même et pour tout le genre humain. Le nœud de la désobéissance d’Ève a été dénoué par l’obéissance de Marie, car ce que la vierge Ève avait lié par son incrédulité, la Vierge Marie l’a délié par sa foi».

Saint Irénée, Contre les hérésies, livre 4, partie 2, 4 : «… ils [les prophètes qui tous préfiguraient un seul personnage : Jésus-Christ] ont prêché l’Emmanuel né de la Vierge : par là ils faisaient connaître l’union du Verbe de Dieu avec l’ouvrage par lui modelé, à savoir que le Verbe se ferait chair, et le Fils de Dieu, Fils de l’homme ; que lui, le Pur, ouvrirait d’une manière pure le sein pur qui a régénéré les hommes en Dieu et qu’il a lui-même fait pur».

Saint Irénée, père de l’Église, Contre les hérésies, L. V, Part 2 § 2 : « … de même que le genre humain avait été assujetti à la mort par une vierge, il en fut libéré par une Vierge, la désobéissance d’une vierge ayant été contrebalancée par l’obéissance d’une Vierge».

Saint Augustin, père et docteur de l’Église, dit que par «l’obéissance de Marie», «les maux causés par la désobéissance originelle se trouvent réparés [1]».

Méditations sur les vérités de la foi et de la morale pour tous les jours de l’année, T. I, vendredi III de l’avent, P. Kroust, S J, éd. 1857 : «… les saints pères accordent un mérite sans prix à l’obéissance de Marie. « O heureuse obéissance ! s’écrie saint Augustin, ô grâce insigne ! C’est alors qu’elle mérite la gloire dont elle jouit plus tard. Quelle gloire cette obéissance a rendue à Dieu, quelle joie aux anges, quelle consolation aux patriarches dans les limbes, quels fruits abondants pour nous ! C’est ainsi que par cette obéissance les maux causés par la désobéissance originelle se trouvent réparés [1]« ».

Saint Germain de Constantinople (635-733), grand théologien marial pendant la crise iconoclaste sous Léon III, dit que «personne n’est racheté sinon grâce à vous Mère de Dieu».

Saint Germain, Patriarche de Constantinople, père de l’Église : «Personne n’est empli de la connaissance de Dieu sinon grâce à vous, ô Toute Sainte ; personne n’est sauvé sinon grâce à vous, Mère de Dieu ; personne n’échappe aux dangers sinon grâce à vous, Vierge-Mère ; personne n’est racheté sinon grâce à vous, Mère du Seigneur ; personne ne reçoit les faveurs de la miséricorde divine sinon grâce à vous, Demeure de Dieu». (Cité par Saint L.-M. de Montfort dans son Traité de la Vraie Dévotion à la sainte Vierge n° 165).

Saint Anselme dit que «Dieu n’a pas voulu tirer le monde de la ruine sans le concours de Marie».

Saint Anselme de Cantorbery (1033-1109), Docteur de l’Église, Oratio 52 : «Dieu a bien pu créer le monde de rien, mais le monde s’étant, par le péché, précipité dans la ruine, Dieu n’a pas voulu l’en tirer sans le concours de Marie».

Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153) dit que Marie a coopéré à notre réparation, et appelle Marie «la restauratrice [1] des siècles» dans sa lettre aux chanoines de Lyon (Epist. 174, PL 182, 332).

Saint Bernard de Clairvaux, Docteur de l’Église, Sermo de duodecim proerogativis B. V. M., n° 1 : «Un homme et une femme ayant coopéré à notre ruine, il convenait qu’un homme et une femme coopérassent à notre réparation».

Saint Bernard, Serm. IV in eâdem solemnitate : «…ô Vierge bénie … les dimensions de votre miséricorde. … Sa hauteur … [de votre miséricorde] a restauré la cité d’en haut. …sa profondeur a obtenu la rédemption de ceux qui étaient assis dans les ténèbres et dans l’ombre de la mort».

Saint Bernard, Serm. II de Adventu : «Ô femme bénie entre toutes les femmes, inventrice de la grâce, cause de notre vie, mère de notre salut…»

Méditations sur les vérités de la foi et de la morale pour tous les jours de l’année, Lundi XI ap. la Pentecôte, P. Kroust, éd. 1857 : «Mère très tendre… Mère bienfaisante, que saint Bernard, écrivant aux chanoines de Lyon, appelle l’inventrice de la grâce, la médiatrice du salut, la restauratrice [1] des siècles, parce qu’elle nous a donné le fruit de ses entrailles, le prix de la rédemption, qu’elle l’a offert à Dieu le Père pour le salut des hommes, qu’elle a voulu que son fils unique fut livré pour nous et qu’il fut crucifié ; elle fut présente et présida en quelque sorte à l’exécution avec Dieu le Père, disposée à immoler son Fils de ses propres mains si Dieu l’eût ordonné, afin d’écraser la tête de l’ancien serpent, de l’ennemi du genre humain, selon ce qui est écrit : Elle t’écraseras la tête (Gn 3)». (Cité aussi dans « Maria, Études sur la Sainte Vierge », Hubert du Manoir, S. J., T. II, p. 573, éd. Beauchesne 1952)

Saint Albert le grand (1193-1280) appelle Marie «la coopératrice de la rédemption».

Saint Albert le grand, Docteur de l’Église, Super Missus, q. 29, § 3 : «Marie est l’aide, la coopératrice de la Rédemption».

Saint Bonaventure (≈1218-1274) enseigne que «la Mère s’offrait» aussi afin de donner sa vie pour nous, nous montrant par là son association, et l’appelle ailleurs «salvatrice».

Saint Bonaventure, Docteur de l’Église, Liber de institutione Virginis, cap. VII, n°49 : «Aussi, tandis que le Fils était suspendu mourant à la croix, la Mère s’offrait aux bourreaux afin de donner sa vie pour nous».

Saint Bonaventure, Psalter. majus B. V., Cant. Instar. Is. XII, 2 : «Ma chère Maitresse et salvatrice [salvatrix], j’agirai avec confiance et je ne craindrai point, parce que vous êtes ma force et ma louange dans le Seigneur». (Cité aussi dans Traité de la Vraie Dévotion à la T. S. Vierge, St L.-M. de Montfort, n° 216)

Sainte Mechtilde de Hackeborn (1241 – 1298) écrit dans son Livre de la grâce spéciale (Liber specialis gratiae), que «la rédemption est surtout due à la Vierge», confirmant ainsi sa participation dans l’œuvre de la Rédemption (« surtout » ne signifie pas ici « plus » mais « d’abord » ou « par la Vierge »). Les révélations et dévotions de ce livre sont de tradition dans l’Église.

Sainte Mechtilde, Le livre de la grâce spéciale, ch. XLV, n° 8, Comment saluer la bienheureuse Vierge en union avec toute créature (p. 155) : « … le Seigneur lui dit : « Salue ma Mère en union avec toute créature ». … Les dominations portaient une couronne d’une merveilleuse beauté ornées de fines et gracieuses têtes humaines, cela signifiait que la rédemption des hommes est surtout due à la Vierge ».

Sainte Brigitte dans ses Révélations célestes (approuvées par les papes Grégoire XI et Boniface IX, Bulle papale Ab origine mundi, par. 39, 7 oct. 1391 ; et jugées conformes à la foi catholique par les conciles de Constance et de Bâle) écrit que la sainte Vierge dit elle-même «mon cher Fils et moi avons racheté le monde comme par un cœur» ; et Jésus-Christ dit lui-même «quasi¹ ma Mère et moi avons sauvé l’homme comme d’un cœur».
Révélations célestes de sainte Brigitte, Livre 1, chapitre 35 : «Quand il me regardait du haut de la croix et que je le regardais, des  torrents de larmes sortaient de mes yeux ; et quand il m’a vu brisée de douleur, il a ressenti tant d’amertume de ma douleur, que la douleur de ses plaies lui sembla assoupie. Partant, j’ose dire que sa douleur était ma douleur, d’autant que son cœur était mon cœur ; car de même que Adam et Ève ont vendu le monde par une pomme, de même mon cher Fils et moi l’avons racheté comme par un cœur».

Révélations célestes de sainte Brigitte, Livre 9, chapitre 3 : « Ma Mère, dit Jésus-Christ, a délivré en quelque manière* cette créature, quand elle a résigné sa volonté en mes mains et voulut souffrir toute sorte de tribulations, afin que les âmes fussent sauvées, car c’est celle-là qui est la vraie sagesse de soumettre sa volonté à la volonté de Dieu, et de se plaire à pâtir pour l’amour de Dieu. A raison donc de cette volonté, moi, Fils de Dieu, j’ai été fait homme en la Sainte Vierge, dont le cœur était comme mon cœur ; et partant, je puis dire que quasi¹ ma Mère et moi avons sauvé l’homme comme d’un cœur, moi en pâtissant de cœur et en ma chair, et elle, par douleur de cœur et d’amour ».

* «en quelque manière» et «quasiment» sont synonymes et signifient que ce qui convient par nature à Jésus-Christ est attribué par grâce ou par convenance à Marie.

Saint Pierre Canisius (1521-1597) S.J., Docteur de l’église, enseigne la rédemption par l’entremise de Marie, qu’elle est l’inventrice de la grâce, et que sa miséricorde a restauré le ciel et obtenu la rédemption.

Saint Pierre Canisius, Grand catéchisme, T. I, La salutation angélique, p. 202 : «…l’immense bienfait de notre rédemption dont nous sommes redevables à Jésus-Christ et auquel le Père éternel a préludé en voulant se servir de l’entremise de Marie … dans la personne de qui Dieu veut que nous honorions l’inventrice de la grâce et la mère de la vie».

Saint Pierre Canisius, Grand catéchisme, T. I, La salutation angélique, p. 224 : «26. St Bernard, Serm. IV in eâdem solemnitate : «…ô Vierge bénie … les dimensions de votre miséricorde. … Sa hauteur … [de votre miséricorde] a restauré la cité d’en haut. …sa profondeur a obtenu la rédemption de ceux qui étaient assis dans les ténèbres et dans l’ombre de la mort».

Saint Pierre Canisius, Grand catéchisme, T. I, La salutation angélique, p. 227 : «8. St Bernard, Serm. II de Adventu : «Ô femme bénie entre toutes les femmes, inventrice de la grâce, cause de notre vie, mère de notre salut…»

Saint Jean Eudes (1601-1680), Confesseur de la Foi (Instituteur de la congrégation de Jésus et de Marie de l’Ordre de Notre-Dame de la Charité, auteur de la société du Cœur admirable de la Mère de Dieu et du culte liturgique des S.S. Cœurs de Jésus et de Marie), affirme, après saint Pierre Damien, Docteur de l’Église, que rien n’a été réparé sans la Mère de Dieu.

Saint Jean Eudes, Œuvres  complètes T. V, éd. 1907, p. 207 : «L’homme s’étant perdu misérablement, et le Père des miséricordes cherchant le moyen de le sauver, voilà le nom de Marie qui parait dans les trésors de la divine Sagesse, et qui se présente aux yeux de son infinie bonté, à la vue duquel ce Dieu de toute consolation fait un décret dans son divin conseil, que ce grand œuvre de la Rédemption des hommes et de la réparation du monde se fera par Marie, en Marie, de Marie, et avec Marie, afin que, comme rien n’a été fait sans le Verbe incarné, rien ne soit réparé [1] sans la Mère du Verbe incarné. C’est  à peu près le discours de ce saint Cardinal [Saint Pierre Damien] qui nous fait voir que le sacré Nom de Marie est sorti du trésor de la divine Charité, où il était caché de toute éternité». (; cité aussi dans Commentaire du Traité de la Vraie Dévotion à la Sainte Vierge, P. Armand Plessis s.m.m., 1942, p. 396)

Le père François Poiré, S. J., dans sa triple Couronne de la Bienheureuse Vierge Mère de Dieu (1ère édition 1630), œuvre capitale de piété mariale dans l’Église, appelle la sainte Vierge Marie «réparatrice [1]». La triple Couronne de Poiré a inspiré St L-M. de Montfort qui connut l’édition 1639 à la bibliothèque à saint Sulpice (St L-M de Montfort, Traité de la Vraie Dévotion, n° 26 : «Si je parlais à des esprits forts de ce temps, je prouverais tout ce que je dis simplement, plus au long, par la Sainte Écriture, les Saints Pères, dont je rapporterais les passages latins, et par plusieurs solides raisons qu’on pourra voir au long déduites par le R.P. Poiré en sa Triple Couronne de la Sainte Vierge».) La triple Couronne de Poiré est aussi citée par le père de Barry dans Le paradis ouvert à Philagie par cent dévotions à la sainte Vierge, p. 67, ouvrage cité aussi par St L.-M. de Montfort dans Son Traité de la Vraie Dévotion à la Sainte Vierge n° 117)

P. Poiré, S. J., La Triple Couronne de la Bienheureuse Vierge Mère de Dieu issue de ses principales grandeurs d’’Excellence, de Pouvoir et de Bonté, Traité IIème, ch. V, p. 338-341, Qu’elle soit la Mère du siècle à venir et la Réparatrice [1] de notre race – § II. Du titre de Mère du siècle à venir et de Réparatrice [1] donné à la Mère et à l’Épousé du sauveur : « 3.  … que tous les royaumes et toutes les nations du monde doivent reconnaître pour leur Réparatrice [1], et compagne inséparable du Sauveur, en l’entreprise de notre salut. … Ce point et ce titre de réparatrice [1] étant de telle conséquence comme il est, il ne m’es pas loisible de le passer légèrement, mais je me sens obligé pour l’immortelle mémoire de cette Princesse, et pour la confusion de l’hérésie, et de l’enfer de l’établir en sorte qu’il n’y ait plus de moyen. …

« … le Pape Innocent III (Serm. I De Assompt.) : « Ce qu’Eve a ruiné, Marie l’a sauvé« . … Saint Bernard (Serm. IV De Assompt.) : « Le ciel a été peuplé, l’enfer a été vidé, et les ruines de la Céleste Jérusalem ont été réparées [1]« … (Epist. 174) : « L’inventrice de la grâce, la médiatrice du salut, la réparatrice [1] de tous les élus« . Saint Germain de Constantinople (Serm. De Dormit B. Virg.) : « O Sainte Vierge… nul n’est sauvé que par votre moyen« . … Saint Augustin (Serm. 17 De Nativ.), Saint Fulgence (Lib. De Laudibus Mariae), Saint Irénée (Lib. 1 ? c 11 ?), Saint Pierre Chrysologue (Serm. De Assumpt. IV), Sophronius et plusieurs autres, et Denis le Chartreux (Lib. 1 De Laudibus Virg.) ne fait nulle difficulté de l’appeler après eux la Salvatrice du monde … Le Sauveur de nos âmes n’avait nullement besoin d’aide ni d’assistance pour parachever l’œuvre de notre rédemption, ainsi que remarque gravement Saint Ambroise (Epist. Ad. Eccles. V.), après le prophète David, néanmoins cela n’empêcha pas qu’il fit l’honneur à sa Très Sainte Mère et à sa Très chère Épouse de l’associer à cette conquête [Rédemption]. …

« … Il est à noter que la faveur qui a été communiquée à la bienheureuse Vierge ne déroge nullement en la qualité de Sauveur qui est singulièrement propre de notre Seigneur, mais que nonobstant ce privilège de participation, ce qu’il dit par les prophètes Isaïe et Osée, demeure inviolable savoir qu’il est l’unique Sauveur, qu’il n’en est point d’autre que lui, que jetant les yeux de toutes parts il n’a rencontré personne qui lui put prêter la main : bref qu’il n’a reçu de secours ni d’assistance que de son bras et de son zèle. Car il est vrai que comme il n’appartient qu’à Dieu seul de sauver en qualité de cause principale, ainsi ne convient qu’à Jésus-Christ Dieu et homme, de satisfaire en rigueur de justice et de mériter la grâce et gloire à l’homme disgracié, je dis de la mériter avec condignité [par nature], comme on a coutume de parler en l’école. Et la Saint Vierge n’a garde de s’arroger ce mérite, ni moi de vouloir contester en sa faveur. Tout ce que je prétend ici n’est autre chose que de montrer que sa grâce a été si extraordinaire, ses qualités et ses actions tellement relevées par-dessus le commun qu’elles ont mérités que Dieu eut encore égard à elle, au traité de paix qu’il a fait avec les hommes et qu’à leur considération il ait été mû par une certaine bienséance que nous appelons congruité [de convenance : Ce qui convient à Dieu par nature, convient à Marie par grâce], à les recevoir en son amitié. Passe-droit, lequel, il n’appartient qu’à elle, ainsi ne peut il être dénié à ses rares mérites».

P. Poiré, S. J., La Triple Couronne de la Bienheureuse Vierge Mère de Dieu, 2ème Traité, Ch. 6, Paragraphe IV, « Le second titre par lequel la Sainte Vierge a droit à la qualité de Réparatrice [1] des hommes… », p. 343 : «Les saints Pères ne s’arrêtent pas à ce premier titre, et ne peuvent consentir qu’elle ne soit appelée Réparatrice [1] seulement pour avoir mis au monde le Réparateur ; ils passent plus outre et considérant comme la très sacrée Vierge comme Mère et comme épouse du Père du siècle à venir, ils reconnaissent en elle un certain pouvoir, par lequel joint à un consentement libre et arrêté de livrer son Fils et son Époux pour nous, elle a coopéré d’une très spéciale manière à notre salut et à notre rédemption». (Voir aussi pp. s. jusqu’à p. 352)

P. Poiré, S. J., La Triple Couronne de la Bienheureuse Vierge Mère de Dieu, Traité IIIème, ch. I, paragraphe I, Que la sainte Vierge est la vraie Mère de tous les enfants de l’Église, n° 5, p. 457 : «La sainte Vierge est mère des enfants de salut en qualité d’épouse du Sauveur : je dis de cette première et principale épouse qu’il a choisie pour sa fidèle compagne, pour la dame de tous ses biens, et pour la coadjutrice en l’œuvre de notre réparation. Et d’autant que je me suis assez étendu sur ce titre au second Traité, je remarque seulement en passant, que cette vérité est autorisée de saint Augustin, lequel il enseigne (Lib. De Sancta Virgin.), que la Vierge l’appelle à bon droit la Mère par esprit des enfants et des membres du Sauveur, puis qu’elle a coopéré par sa charité à leur naissance spirituelle».

Saint Louis-Marie de Montfort (1673-1716) appelle Marie «la réparatrice [1] du genre humain», et aussi «la Vierge fidèle qui répare [1] les pertes qu’a faites Ève», dans son Traité de la vraie dévotion à la sainte Vierge.

Saint L-M de Montfort, Traité de la Vraie Dévotion, n° 18 : «[Dieu fait homme] il a glorifié son indépendance et sa majesté à dépendre de cette aimable vierge, dans sa conception, en sa naissance, en sa présentation au temple, en sa vie cachée de trente ans, jusqu’à sa mort où elle devait assister pour ne faire avec elle qu’un même sacrifice, et pour être immolé par son consentement au Père éternel, comme autrefois Isaac par le consentement d’Abraham à la volonté de Dieu. C’est elle qui l’a allaité, nourri, entretenu, élevé et sacrifié pour nous».

Saint L-M de Montfort, Traité de la Vraie Dévotion, n° 28 : «Marie commande dans les cieux sur les anges et les bienheureux. Pour récompense de son humilité profonde, Dieu lui a donné le pouvoir et la commission de remplir de saints les trônes vides dont les anges apostats sont tombés par orgueil. Telle est la volonté du Très-Haut, qui exalte les humbles (Saint Luc I, 52), que le ciel, la terre et les enfers plient, bon gré mal gré, aux commandements de l’humble Marie, qu’il a faite la souveraine du ciel et de la terre, la générale de ses armées, la trésorière de ses trésors, la dispensatrice de ses grâces, l’ouvrière de ses grandes merveilles, la réparatrice [1] du genre humain, la médiatrice des hommes, l’exterminatrice des ennemis de Dieu et la fidèle compagne de ses grandeurs et de ses triomphes».

Saint L-M de Montfort, Traité de la Vraie Dévotion, n° 53 : «ce qu’Ève a damné et perdu par désobéissance, Marie l’a sauvé par obéissance. Ève en obéissant au serpent, a perdu tous ses enfants avec elle, et les lui a livrés ; Marie, s’étant rendue parfaitement fidèle à Dieu, a sauvé tous ses enfants et serviteurs avec elle, et les a consacrés à sa Majesté».

St L-M de Montfort, Traité de la Vraie Dévotion, n° 175 : «La Très Sainte Vierge est la Vierge fidèle qui, par sa fidélité à Dieu, répare [1] les pertes qu’a faites Ève l’infidèle par son infidélité».

Saint L-M de Montfort, Traité de la Vraie Dévotion, n° 249 : «Il a fallu que la Sainte Vierge ait apparue plusieurs fois à de grands saints forts éclairés, pour leur en [l’Ave Maria] montrer le mérite comme à saint Dominique, à saint Jean de Capistran, au bienheureux Alain de la Roche. … Ils ont prêché publiquement que le salut du monde (ayant) commencé par l’Ave Maria, le salut de chacun en particulier était attaché à cette prière…»

St L-M de Montfort, Traité de la Vraie Dévotion, n° 250 : «…la salutation angélique [l’Ave Maria], qui a réparé tout le monde [Bx Alain de la Roche, Lib. De Dignit. Rosarii cap. II]».

St L-M de Montfort, L’Amour de la Sagesse éternelle, n° 226 – Consécration de soi-même à Jésus-Christ, la Sagesse incarnée, par les mains de Marie : «O Mère admirable, présentez-moi à votre cher Fils en qualité d’esclave éternel, afin que m’ayant racheté par vous, il me reçoive par vous».

Saint L.-M. de Montfort avait soigneusement noté dans son Cahier de Notes une citation attribuée à Saint Anselme ou Saint Bernardin, qui vient de De excellentia Virginis Mariae de St Anselme de Canterbury : «Incomparabili pietate haec promeruit, ut Reparator perditi orbis dignissima fieret» : Par son incomparable piété elle méritait, par ces choses, de devenir la Réparatrice d’un monde déchu. (St Anselme, De excellentia Virginis Mariae, c. 9 ; PL 159, 573 D. Cf. Cahier de notes de Montfort, 57-60. Cf. Pape St Pie X, Ad Diem Illum Laetissimum, 2 fév. 1904)

[1] Restauratrice et réparatrice sont des termes équivalents signifiant «associée du divin Rédempteur», ou «associée à lui [son divin Fils] dans l’œuvre du salut», ou «indissolublement unie au Christ dans l’œuvre de la rédemption», comme l’enseignent plus haut les papes Léon XIII et Pie XII. Restauratrice et réparatrice, du latin « reparo » : remettre en état, restaurer, réparer, rétablir ; « reparabilis » (reparo) : qui se renouvelle ; « reparatio » (reparo) : rétablissement, renouvellement ; « reparator » (reparo) : réparateur, restaurateur, Sauveur (figuré).

Saint L-M de Montfort explique pourquoi Marie est appelée réparatrice : c’est parce que dans le Mystère de l’Incarnation rédemptrice, Jésus a choisi les élus et accompli tous les mystères de sa vie de concert avec Marie dans son sein.

Saint L-M de Montfort, Traité de la Vraie Dévotion, n° 248 : «… pour expliquer les excellences et les grandeurs du mystère de Jésus vivant et régnant en Marie, ou de l’Incarnation du Verbe, je me contenterai de dire … que c’est ici le premier mystère de Jésus-Christ, le plus caché, le plus relevé et le moins connu ; que c’est en ce mystère que Jésus, de concert avec Marie, dans son sein, qui est pour cela appelé des saints aula sacramentorum, la salle des secrets de Dieu (S. Ambroise, De Instit. Virg., cap. 7, n°50), a choisi tous les élus ; que c’est en ce mystère qu’il a opéré tous les mystères de sa vie qui ont suivi, par l’acceptation qu’il en fit : Jesus ingrediens mundum dici : Ecce venio ut faciam, voluntatem tuam etc. (He 10, 5-9) ; et, par conséquent, que ce mystère est un abrégé de tous les mystères, qui renferme la volonté et la grâce de tous …».

Saint Alphonse de Liguori (1696-1787) enseigne que Marie coopérerait à notre rédemption.

Saint Alphonse, Docteur de l’Église, Les Gloires de Marie, commentaire d’Isaïe 53, 3 : «Il est vrai que Jésus voulut être seul à mourir pour le salut des hommes : « Seul, dit-il, j’ai foulé le pressoir » (Is 53, 3). Mais, devant l’ardeur de Marie à vouloir, elle aussi, se consumer pour notre salut, voici ce qu’il arrêta : par le sacrifice et l’offrande de sa vie à lui Jésus, elle coopérerait à notre rédemption, et deviendrait ainsi la mère de nos âmes».

La liturgie de l’Église [2] ci-dessous dit que «la virginité féconde de la bienheureuse Vierge a procuré au genre humain la grâce de la Rédemption», et que les sauvés doivent «le commencement de leur salut à l’enfantement de la bienheureuse Vierge», ce qui prouve une fois de plus l’association de la Sainte Vierge à la Rédemption voulue par Dieu.

Notre-Dame Mère de la Grâce, 9 juin, Collecte de la Messe : «Ô Dieu, qui par la virginité féconde de la bienheureuse Vierge, avez procuré au genre humain la grâce de la rédemption… [Latin : Deus, qui humáno géneri beátæ Mariæ virginitáte fœcunda reparatiónis grátiam contulisti…]».

Visitation, 2 juil. et Nativité de la B. V. Marie, 8 sept., Collecte de la Messe : «… afin que ceux qui doivent le commencement de leur salut à l’enfantement de la bienheureuse Vierge …».

[2] La liturgie sacrée est une profession des vérités célestes comme l’enseigne infailliblement le pape Pie XII dans Munifentissimus Deus, 1er nov. 1950, ex cathedra : «… la liturgie sacrée, ainsi que tous le savent, « étant aussi une profession des vérités célestes, soumises au magistère suprême de l’Église [Magistère : Pie XII, Mediator Dei, 20 nov. 1947 ; AAS XXXIX (1947) 541. Cf. SVS n. 249]».

Le Père Armand Plessis, théologien et montfortain, cite saint Jean Eudes, qui affirme à la suite du cardinal saint Pierre Damien, que rien n’est réparé (voir 1 ci-dessus) sans la Mère du Verbe incarné et de sa collaboration à notre salut, dans son Commentaire du Traité de la Vraie Dévotion à la Sainte Vierge, en commémoration du centenaire de la découverte le 22 avril 1842 du Traité de la Vraie Dévotion à la T. S. Vierge du Bienheureux L.-M. de Montfort.
P. Armand Plessis s.m.m., Commentaire du Traité de la Vraie Dévotion à la Sainte Vierge, 1942, p. 396 : «L’homme s’étant perdu misérablement, et le Père des miséricordes cherchant le moyen de le sauver, voilà le nom de Marie qui parait dans les trésors de la divine Sagesse, et qui se présente aux yeux de son infinie bonté, à la vue duquel ce Dieu de toute consolation fait un décret dans son divin conseil, que ce grand œuvre de la Rédemption des hommes et de la réparation du monde se fera par Marie, en Marie, de Marie, et avec Marie, afin que, comme rien n’a été fait sans le Verbe incarné, rien ne soit réparé [1] sans la Mère du Verbe incarné. C’est  à peu près le discours de ce saint Cardinal [Saint Pierre Damien] qui nous fait voir que le sacré Nom de Marie est sorti du trésor de la divine Charité, où il était caché de toute éternité». (Saint Jean Eudes, Œuvres  complètes T. V, éd. 1907, p. 207)
P. Plessis, s. m. m. Manuale Mariologiae Dogmaticae n° 281-282 ; Commentaire du Traité de la Vraie Dévotion à la Ste Vierge, p. 323, n° 206, note 87 : «À cause de ses vertus, de ses souffrances et de sa collaboration à notre salut, il est convenable que Marie intervienne dans la distribution des fruits de la Rédemption».
Le P. Armand Plessis, s. m. m., dans son Manuale Mariologiae Dogmaticae (Manuel de Mariologie (théologie mariale) Dogmatique), 1942, p. 249, montre réalisée dans la corédemption de Marie, la quadruple modalité de mérite, de satisfaction, de sacrifice et de rachat (Cité dans Maria, T. I, Étude sur la Sainte Vierge, Hubert du Manoir, S. J., 1948, p. 530 – Livre III, n° I-La Médiation universelle de Marie, c) Développement de la doctrine de la corédemption, p. 477-536).
Conclusion
Le Magistère de l’Église enseigne infailliblement que Marie est l’associée du rédempteur et  réparatrice du genre humain (en dépendance de Jésus-Christ qui a voulu dépendre d’Elle). Les pères enseignent qu’elle est cause du salut par son obéissance, et les saints et théologiens (les vrais théologiens sont ceux de la Foi, non pas les mauvais théologiens qui ne sont pas de la foi catholique mais de la philosophie naturelle ou naturalisme), enseignent la même chose. Par conséquent, sa qualité d’associée du Rédempteur et son titre de réparatrice (de foi) confèrent à la Mère de Dieu d’être la coopératrice de la Rédemption et du salut des hommes, ce qui est la signification orthodoxe : par grâce, par sa dépendance de Jésus-Christ, par son Immaculée-Conception en vue de Sa Maternité divine afin de donner sa chair au Rédempteur, par son sacrifice associé à celui du Christ qui a accompli la Rédemption dans sa chair et rejailli dans l’âme de la Mère. Mais de plus, Marie a conçu le Christ et son Corps mystique à l’Annonciation ; elle nous portés en union avec son Fils pendant les trente-trois années de sa vie terrestre, et elle nous a enfantés dans la douleur au Calvaire.

Marie coopératrice de Jésus-Christ Rédempteur

Dieu a voulu accomplir la Rédemption par la mort de son Fils et le consentement de Marie, pas sans le consentement de Marie, c’était la volonté de Dieu. C’est la signification de Marie associée au mystère de la Rédemption : «associée du divin rédempteur» (Pape Pie XII). Dieu n’a pas voulu accomplir la rédemption autrement qu’avec la chair et le sang de Marie. Dans le mystère de l’Incarnation Rédemptrice, Dieu le Fils, qui a créé Marie, a pris d’elle sa chair rédemptrice et son humanité. La chair de Jésus-Christ est la chair de Marie dans la Rédemption et dans l’Eucharistie. La chair et le Sang Rédempteurs de Jésus-Christ sont aussi la chair et le sang de sa Mère. La chair et le Sang de Jésus-Christ c’est la chair et le sang de Marie. Le sang de Marie ne peut absolument pas être séparé du « Sang de la Rédemption » (Concile de Chalcédoine) de son Fils, mais la nature du sang de Marie est humaine et celle de Jésus est humaine dans sa divinité.

Pape Léon XIII, Octobri mense, 22 sept. 1891 [principes dogmatiques de la Mariologie] : «Lorsque le Fils éternel de Dieu voulut, pour le rachat … de l’homme, prendre une nature humaine … il ne l’a pas fait avant que la mère choisie n’ait donné son libre consentement ; elle agissait en quelque sorte en la personne du genre humain lui-même…»

Encyclopédie Catholique, 1907-1913, L’Annonciation : «Beaucoup de saints pères (Sts Jérôme, Cyrille, Ephrem, Augustin) disent que le consentement de Marie était essentiel à la rédemption. C’était la volonté de Dieu, dit saint Thomas (Summa III, 30), que la rédemption de l’humanité dépende du consentement de la Vierge Marie. Cela ne signifie pas que Dieu dans ses plans était lié par la volonté d’une créature, et que l’homme n’aurait pas été racheté si Marie n’avait pas consenti. Cela signifie seulement que le consentement de Marie était prévu depuis toute l’éternité, et a donc été considéré comme essentiel à la conception de Dieu».

Ce mystère de Marie médiatrice et associée à la rédemption est dû au fait que Jésus-Christ, le Fils de Dieu fait chair en Marie par le Saint-Esprit, a voulu librement se faire l’esclave de sa Mère pour accomplir la Rédemption.

Pape Léon XIII, Octobri mense, 22 sept. 1891 [principes dogmatiques de la Mariologie] : telle [sa mère] nous l’a montrée Jésus-Christ par son agir, en voulant librement être soumis à Marie, et lui obéir comme un fils à sa mère ».

Marie est la créature la plus parfaite de toutes que Dieu s’est associé singulièrement pour l’accomplissement de la Rédemption en tant qu’«associée du divin rédempteur» (Pie XII, Munificentissimus Deus ex cathedra), ou coopératrice de l’économie du salut (St Irénée). Marie est une créature singulièrement (uniquement) «associée du divin rédempteur», le seul rédempteur est Jésus-Christ, car elle dépend de Jésus-Christ, tout en étant sa Mère et la Mère des chrétiens.

Pape Léon XIII, Quamquam Pluries, 15 août 1889 : «la Très Sainte Vierge est la mère de Jésus-Christ, elle est aussi la mère de tous les chrétiens qu’elle a enfantés sur la montagne du Calvaire, au milieu des suprêmes souffrances du Rédempteur crucifié».

P. Kroust, S J, Méditations sur les vérités de la foi et de la morale, Lundi saint, éd. 1857 : « S’étant approché de Jésus et voyant qu’il était mort, l’un des soldats lui ouvrit le côté d’un coup de lance, soit pour l’insulter encore, soit pour s’assurer qu’il était mort [et pour l’accomplissement des Écritures]. Ce corps privé de la vie n’éprouva aucune douleur ; mais sa Mère ressentit le coup, remplissant en elle-même ce qui manquait à la passion du Sauveur ».

La passion du Sauveur ne manque de rien et elle est entière et parfaite pour la Rédemption de tous les hommes, et pourtant Marie remplit ce qui « manque à la passion du Sauveur », d’une façon bien supérieure à saint Paul disant dans Colossiens 1, 24, «j’accomplis dans ma chair ce qui manque aux souffrances du Christ pour son corps qui est l’Église». Ceci signifie que la Mère du Rédempteur participe à la Médiation de son Fils Jésus-Christ de manière unique par le glaive qui transperça son âme, c’est la raison pour laquelle l’Église représente le Cœur Immaculé de Marie transpercé d’un glaive selon l’Évangile de saint Luc 2, 35 «Et un glaive transpercera votre âme». C’est ainsi que la sainte Vierge apparut à la rue du Bac en 1830 demandant la frappe de sa médaille de l’immaculée conception, dite médaille miraculeuse, avec son Cœur immaculé transpercé d’un glaive à côté du Sacré-cœur de Jésus et le « M » de Marie entrelacé à la Croix. C’est le sens du terme «associée du divin rédempteur» (Pie XII, Munificentissimus Deus ex cathedra).

Marie est singulièrement associée et coopératrice de Jésus-Christ dans son œuvre de Rédemption parce que Dieu l’a voulu ainsi, comme l’enseigne l’Église ci-dessous.

Pape Pie XII, Ad caeli Reginam instituant la fête de Marie Reine, 11 oct. 1954 : «ce n’est pas seulement à cause de sa maternité divine que la bienheureuse Vierge Marie doit être appelée Reine, mais aussi parce que de par la volonté de Dieu elle eut une part exceptionnelle à l’œuvre de notre salut éternel. … Or dans l’accomplissement de cette œuvre de la rédemption, la très bienheureuse Vierge Marie fut en vérité intimement associée au Christ… « de même que, pour nous avoir rachetés, le Christ est à ce titre particulier notre Seigneur et notre Dieu, de même aussi la bienheureuse Vierge, en raison de la manière unique dont elle a donné son concours à notre rédemption, en mettant à disposition ce qu’elle est, et en offrant volontairement (le Christ) pour nous, désirant, demandant, et procurant notre salut de façon particulière (St Jean Damascène, De fide orthodoxa IV, 14)». (Denz. 3914)

Pape Pie XII Ad caeli Reginam, 11 oct. 1954 : « « …  Marie est Souveraine de toutes choses en les restaurant [1] dans leur dignité originelle par la grâce qu’elle mérita  » [Eadmerus Monachus Cantuariensis (1060-1129), De excellentia Virginis Mariae, c. 11 : P. L. CLIX, 508 A B.] « . …ELLE CONTRIBUA À NOTRE RÉDEMPTION, en donnant sa chair à son Fils et en l’offrant volontairement pour nous, désirant, demandant et procurant notre salut d’une manière toute spéciale  » [F. Suarez, De mysteriis vitae Christi, disp. XXII, sect. II, ed. Vivès, XIX, 327] … le genre humain, assujetti à la mort par une vierge, se sauve aussi par l’intermédiaire d’une vierge ; … cette glorieuse Souveraine fut choisie comme Mère de Dieu précisément « pour être associée à lui dans la rédemption du genre humain«  [Pie XI, Epist. Auspicatus profecio : A A S XXV, 1933, p. 80] ; réellement « ce fut elle qui, exempte de toute faute personnelle ou héréditaire, toujours étroitement unie à son Fils, l’a offert sur le Golgotha au Père Éternel, sacrifiant en même temps son amour et ses droits maternels, comme une nouvelle Ève, pour toute la postérité d’Adam, souillée par sa chute misérable »  [Pie XII, Litt. Enc. Mystici Corporis : A A S XXXV, 1943, p. 247] ; Marie … est associée à l’œuvre du Divin Rédempteur dans sa lutte contre ses ennemis et dans son triomphe remporté sur eux tous». (AAS 46 (1954), 633-636)

[1] Restauratrice et réparatrice sont des termes équivalents à coopératrice du divin Rédempteur, ou «associée du divin Rédempteur», ou «associée à lui [son divin Fils] dans l’œuvre du salut», ou «indissolublement unie au Christ dans l’œuvre de la rédemption», comme l’enseignent plus haut les papes Léon XIII et Pie XII. Restauratrice et réparatrice, du latin « reparo » : remettre en état, restaurer, réparer, rétablir ; « reparabilis » (reparo) : qui se renouvelle ; « reparatio » (reparo) : rétablissement, renouvellement ; « reparator » (reparo) : réparateur, restaurateur, Sauveur (figuré).

Pape Pie XII, Haurietis Aquas, 15 mai 1956 : «…les fidèles doivent veiller à associer étroitement la vénération du Cœur de Jésus au culte envers le Cœur immaculé de Marie, puisque de par la volonté de Dieu, la bienheureuse Marie a été indissolublement unie au Christ dans l’œuvre de la Rédemption humaine, afin que notre salut vienne de l’amour de Jésus-Christ et de ses souffrances intimement unies à l’amour et aux douleurs de sa Mère… ». (AAS 48 (1956), 316-352. Les encycliques publiés AAS – Acta Apostolicae Sedis : Actes du Siège Apostolique – font partie du Magistère).

Philippiens 2, 5-8 : «Le Christ Jésus, qui étant dans la forme de Dieu, n’a pas cru que ce fut une usurpation de se faire égal à Dieu ; mais il s’est anéanti lui-même, prenant la forme d’esclave, ayant été fait semblable aux hommes, et reconnu pour homme par les dehors. Il s’est humilié lui-même, s’étant fait obéissant jusqu’à la mort de la croix».

Saint Paul nous enseigne ci-dessus que le Verbe fait chair s’est anéanti et s’est humilié. Il s’est anéanti prenant la forme d’esclave et il s’est humilié s’étant fait obéissant. Eh bien Jésus-Christ a voulu dépendre de Sa Mère non seulement en tant que Mère mais aussi en tant que Maîtresse. C’est là un mystère incompréhensible devant lequel toute langue doit rester muette. Cela signifie qu’est inclut dans le mystère de l’Incarnation rédemptrice, le fait que notre Seigneur Jésus-Christ a accompli la rédemption en sa personne propre mais a voulu que ce soit en soumission de sa sainte Mère. Eh bien Marie est l’instrument dont le Rédempteur a voulu se servir pour accomplir la rédemption par son obéissance.

Par conséquent, de même que le tuteur de la pousse ne peut pas être considéré comme étant la cause de la force de maintien de la pousse mais seulement l’instrument de celle-ci, il est quand même associé à son maintien ; De même aussi l’instrument d’obéissance du Rédempteur est associé à la Rédemption : c’est une raison, en plus des autres, pour laquelle Marie est associée au divin Rédempteur.

Marie coopératrice de l’œuvre de la Rédemption

Marie opère avec Jésus-Christ, mais l’opération de Marie n’est pas de la même nature que celle de Jésus. Celle de Marie est humaine et celle de Jésus-Christ est divine.

 

coopère signifie opère avec

Jésus opère par nature divine et humaine. Marie opère par nature humaine. On peut appeler Médiatrice de convenance (par grâce) auprès de Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme, seul Médiateur entre Dieu et les hommes de par sa nature divine et humaine en sa personne, mais on ne peut pas appeler Marie corédemptrice ou rédemptrice avec Jésus-Christ parce que l’opération de Marie, en sa personne et nature, est humaine et non divine. Par conséquent, on ne peut pas dire que Marie soit rédemptrice de convenance (par grâce) auprès de ou avec Jésus-Christ.

Dieu seul est sauveur par sa divinité. Que Marie donne sa substance à l’humanité de Jésus vrai Dieu et vrai homme ne la rend pas sauveur. Que Marie consente à L’Incarnation rédemptrice, lui est un mérite unique dans l’œuvre de la Rédemption, mais ne la rend pas sauveur. Que Marie consente à immoler Son Fils, est un mérite unique, mais ne la rend pas sauveur. Que Marie participe dans son âme aux souffrances de Jésus-Christ est un mérite unique qui la fait reine des martyrs, mais ne la rend pas sauveur. Car la souffrance de Marie est le summum de la souffrance humaine EN Jésus-Christ vrai Dieu et vrai homme.

Que Marie soit appelée réparatrice, ce doit être compris tel que l’Église le comprend ; cela ne signifie pas sauveur ni de nom ni de sens, car le sens en latin n’est que figuré. Que Moïse soit appelé rédempteur dans le Nouveau Testament, ne permet pas d’appliquer à Marie le titre de rédemptrice auprès de ou avec le Rédempteur, comme on l’a vu ci-dessus à cause de la différence de nature des opérations : nature humaine de Marie et nature humaine de Jésus dans sa divinité. Si Moïse est appelé rédempteur dans le nouveau Testament (Actes 7, 35), c’est en tant que figure (réalité à venir) du Rédempteur dans l’Ancien Testament prophétie du Nouveau Testament. L’ancien Testament utilise ce titre comme type, mais dans le Nouveau Testament, la réalité s’accomplit devant la figure, car les Écritures de l’Ancien Testament parlent de Jésus-Christ.

C’est parce que les opérations de Jésus et de Marie ont des natures différentes que l’Église prie Jésus par rapport à son humanité dans sa divinité et Marie par rapport à son humanité, en disant pour le Christ « Jésus, ayez pitié de nous » et pour la sainte Vierge « Marie, priez pour nous ».

La Passion du Christ, pas de Marie 

Ci-dessus, monogramme de la Mère de Dieu : Le M de Marie s’insère et s’associe à la Croix de Jésus-Christ

Seul le Christ a subi la Passion, ni Marie ni l’Église ne subissent la Passion. Marie n’a pas subi la Passion car la Passion est une opération divine du Christ à travers le voile de Son humanité, tandis que l’opération de Marie est humaine et pas du même ordre.

Jésus s’était uni à sa croix, et selon saint L.-M. de Montfort Jésus-Christ et la Croix ne font qu’un. Et cela est si vrai que l’Église adore la Croix. L’adoration (culte de Latrie) n’est due qu’à Dieu, pas aux créatures. Donc c’est bien la preuve que l’opération du Christ est divine et celle de marie humaine et pas du même ordre (voir plus haut), même si par ailleurs, la Mère de Dieu s’est unit à la Passion de Son divin Fils, mais avec son opération à Elle propre, c’est-à-dire humaine et immaculée pleine de grâce et représentant l’humanité.

 

Conclusion

Marie est «associée du divin rédempteur» (Pie XII, Munificentissimus Deus ex cathedra), ou coopératrice de l’économie du salut (St Irénée). On ne peut pas donner à Marie de titre de co-rédemptrice mais on peut dire que Marie coopère et participe de manière éminente et unique à l’économie du salut comme c’est le cas. Jésus-Christ unique Rédempteur dont l’attribution est le sacrifice pour les péchés et donc rachète les hommes : «En qui nous avons la rédemption par son sang [Jésus], la rémission des péchés» (Eph. 1, 7). «En qui» = nature humaine de Jésus dans Sa divinité : Les saints participent à Son économie par son humanité dans sa divinité. Quand on dit en Marie, on dit dans sa nature humaine, tandis qu’en Jésus, on dit en son humanité dans sa divinité.

Actes 7, 35 : « Ce Moïse … que Dieu envoya comme chef et rédempteur par la main de l’ange qui lui était apparu dans le buisson ardent ».

Note Dhouay-Rheims, Actes 7, 35, 1582 : «LeChrist est notre Rédempteur, et pourtant Moïse est appelé ici rédempteur. Ainsi, le Christ est notre médiateur et avocat, et pourtant nous pouvons avoir des Saints comme nos médiateurs et avocats inférieurs (Voir Annot. 1 Jean 2, 1)».

Commentaire catholique Actes 7 : « Ver. 35. … Rédempteur. En grec Lutroten ; version protestante, libérateur ; comme Polus l’enseigne dans son Synopsis Criticorum, sur ce passage, aucun dommage n’est fait à Dieu, d’appeler Moïse un Rédempteur, à cet endroit, que de le qualifier de médiateur dans Galates III, 19. Il est appelé un Rédempteur … dans la mesure où il a dirigé et préservé le peuple de Dieu en toute sécurité par le sang d’un agneau, et cela représentait une figure de la vraie rédemption, par le sang de Christ ».

Moïse est appelé « rédempteur » dans Actes 7, 35 en tant que type (figure) du seul Rédempteur Jésus-Christ. Marie est Médiatrice auprès du seul Médiateur.

Concile de Trente, Session 25 : «Jésus-Christ notre Seigneur, qui seul est notre Rédempteur et Sauveur ; et ils pensent en impies ceux qui nient que les saints qui sont dans le bonheur éternel du ciel doivent être invoqués, ou qui affirment qu’ils ne prient pas pour les hommes, ou que notre invocation de prier pour chacun de nous est individuellement de l’idolâtrie, ou que cela s’oppose à la parole de Dieu et est incompatible avec l’honneur du SEUL médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ … » (Concile de Trente, Session 25)

 

MHFM, Peter Dimond : «La position de Co-Rédemptrice n’est pas que Marie soit dans une catégorie avec les saints sous l’unique Rédempteur, et puisse être appelée co-rédemptrice au sens où c’est dit par St Paul pour aider à combler le travail de la Rédemption. Non, la position de Co-Rédemptrice est que Marie est dans une catégorie unique avec Jésus comme Rédempteur – une catégorie qui ne comprend pas St Paul ou tout autre saint. Par conséquent, on ne peut pas essayer de justifier la position « Co-Rédemptrice » en faisant appel à la façon dont les autres saints participent à l’œuvre de la Rédemption sous l’unique Rédempteur. C’est illogique et fallacieux » (Marie n’est pas le Co-Rédempteur (Co-Rédemptrice) ; cf. Pourquoi l’enseignement catholique nous montre que Marie ne doit pas être considérée comme Co-Rédemptrice ou Co-Rédempteur).

MHFM, Peter Dimond :« Marie était partie intégrante des événements qui ont conduit à la rédemption, mais seul le Christ est le Rédempteur et lui seul a racheté le monde, et donc le titre Co-rédemptrice est un faux titre. … il n’y a pas d’autre raison de lui appliquer le terme Co-rédemptrice, sauf si vous faites la promotion de l’idée qu’elle a joué un rôle intégral spécifique réel dans l’acte formel de la rédemption » (cf. Marie n’est pas Co-rédemptrice ; Pourquoi l’enseignement catholique nous montre que Marie ne doit pas être considérée Co-rédemptrice ou Co-rédempteur)

MHFM, Peter Dimond, Notre-Dame est-elle Co-rédemptrice ? : «Ces faits considérés, il est contraire à l’enseignement catholique de dire que Marie est Co-rédemptrice. Certes, il est possible pour les gens de s’exprimer à tort de bonne foi sur cette question avant les définitions dogmatiques spécifiques ci-dessous leurs soient présentées. Mais une fois qu’ils ont vu ces définitions dogmatiques [«Jésus-Christ notre Seigneur, qui seul est notre Rédempteur et Sauveur … » (Concile de Trente, sess XXV)], ils doivent rejeter cette idée ; c’est, à proprement parler, une hérésie qui contredit l’enseignement dogmatique de Trente et Florence».

MHFM, Peter Dimond, Notre-Dame est-elle Co-rédemptrice ? : « Ceux qui ont un problème avec le fait que nous avons dit que Marie n’est pas Co-rédemptrice ou Co-Rédempteur n’ont pas un problème avec nous ; ils ont un problème avec le Concile dogmatique de Trentel’enseignement de la sainte Église catholique, qui a commis une erreur selon eux, quand elle a infailliblement défini que Jésus seul est notre Rédempteur. En outre, examinez le contexte de cette définition dogmatique de l’Église catholique. Le contexte traite de la dévotion à Notre-Dame et des Saints ; et pourtant non seulement il ne dit pas que Notre-Dame est Co-Rédemptrice, il contredit spécifiquement  l’idée en déclarant infailliblement que le Christ seul est notre Rédempteur.

MHFM, Peter Dimond : « Le fond du problème est qu’il n’y a pas moyen de contourner les définitions dogmatiques qui déclarent que Jésus-Christ seul est le Rédempteur » (Marie n’est pas la Co-rédemptrice).

Pie IV, Concile de Trente, Sess. 25, Sur l’invocation et la vénération les reliques des saints et les images sacréesex cathedra : «… les saints, qui règnent avec le Christ, offrent leurs prières à Dieu pour nous ; et il est bon et utile de les invoquer et supplier, afin d’obtenir des faveurs de Dieu par son Fils Jésus Christ notre Seigneur, qui est seul notre Rédempteur et Sauveur …. Mais si quelqu’un doit enseigner ou tenir quelque chose de contraire à ces décrets, qu’il soit anathème ». (Denz. 984 à 987)

Pape Eugène IV, Concile de Florence, «Cantate Domino» 1441, ex-cathedra : « La sainte Église romaine croit fermement, professe et enseigne que personne conçu de l’homme et de la femme n’a jamais été libéré de la domination du diable, que par le mérite du médiateur entre Dieu et les hommes, notre Seigneur Jésus Christ ; Celui qui a été conçu sans péché, qui est né et mort, par sa mort seule a terrassé l’ennemi de la race humaine en détruisant nos péchés, et a ouvert l’entrée du royaume du ciel, que le premier homme avait perdu par son propre péché … » (Denz. 711)

Catéchisme du Concile de Trente, Partie III : Le Décalogue – Premier Commandement – Tu n’auras pas de dieux étrangers, etc. : «C’est vrai, il n’y a qu’un seul médiateur, le Christ Seigneur, qui SEUL nous a réconciliés avec le Père céleste par Son sang, et qui, ayant obtenu l’éternelle rédemption, après être entré une fois dans le lieu saint, ne cesse d’intercéder pour nous».

Jésus est l’unique Rédempteur qui a racheté les hommes de leurs péchés. Toutefois, le rachat n’est pas arrivé sans une femme qui était assez digne de concevoir Dieu dans son sein, afin que le rachat puisse avoir lieu. Cette femme est la Vierge Immaculée ! Le Christ est mort pour nos péchés, mais sans Marie il n’y pas relativement (et non pas absolument parlant) le Christ pour mourir pour nos péchés. La mort du Christ rachète les hommes, mais sans Marie il n’y a pas le Christ pour racheter les hommes. Par conséquent, sans Marie, il n’y a pas de rachat. Mais ceci par grâce et non par nature, c’est -à-dire en dépendance de la nature divine et humaine dans la personne de Jésus-Christ vrai Dieu et vrai homme qui a voulu qu’il en soit ainsi. Le Christ a racheté les hommes, mais il n’aurait pas racheté les hommes, sans l’aide de Marie dont Il a voulu prendre la chair et qui a offert son Fils à Dieu comme Abraham a offert Isaac. C’est dans ce sens que Marie est «associée du divin rédempteur» (Pie XII, Munificentissimus Deus ex cathedra). Coopératrice (opère avec : co = avec ; latin = cum) n’est pas co-rédemptrice (accomplit la rédemption avec) car la nature divine de Jésus Christ opère la rédemption dans sa nature humaine en sa divinité. Marie a une seule nature humaine qui est instrument (singulier ou unique) de la nature divine de Jésus-Christ opérant par sa nature humaine.

Vie de saint Antoine de Padoue (1195-1231) : «Le premier mot [de St Antoine] a être prononcé était le saint nom de Marie … Ses sermons les plus puissants et mobilisant ont été prêchés en son honneur. Dans ses écrits se trouvent les doctrines de son Immaculée Conception et glorieuse Assomption ; et il ne se lasse pas de parler d’elle comme de la Médiatrice de toutes les grâces, ni ne se lasse sur son rôle dans la rédemption» (Saints à connaître et aimer, par les esclaves du Cœur Immaculé de Marie, saint Antoine de Padoue)

Saint Alphonse de Liguori, Les Gloires de Marie, Chapitre IV, Section II – Marie, notre Médiatrice – La nécessité de l’intercession de Marie pour notre salut : «Saint Bernard dit, que comme un homme et une femme ont coopéré à notre ruine, il était donc bon qu’un autre homme et une autre femme coopèrent à notre rédemption ; et ces deux étaient Jésus et sa Mère Marie« . « Il ne fait aucun doute, dit le Saint, que Jésus-Christ seul était plus que suffisant pour nous racheter ; mais il a été plus convenable que les deux sexes doivent coopérer à la réparation d’un mal que deux avaient partagé en le provoquant ».

«Ainsi Albert le Grand bénit et appelle Marie « l’aide de la rédemption » : et cela la Vierge elle-même l’a révélé à sainte Brigitte, c’est-à-dire que comme Adam et Eve se sont vendus au monde pour une pomme, elle a fait un cœur avec son Fils en sorte de le racheter comme il était. Ceci est confirmé par Saint Anselme, qui dit que, « bien que Dieu pouvait créer le monde à partir de rien, quand il a été perdu par le péché, Il ne réparerait pas le mal sans la coopération de Marie ».

«Suarez dit que Marie a coopéré à notre salut en trois façons ; d’abord, en ayant mérité par un mérite de convenance l’Incarnation de la Parole ; d’autre part, en ayant constamment prié pour nous tandis qu’elle vivait dans ce monde ; troisièmement, en ayant volontiers sacrifié la vie de son Fils à Dieu. Pour cette raison, notre Seigneur a justement décrété, que Marie a coopéré au salut de l’homme avec tant d’amour, et en même temps a donné une telle gloire à Dieu, pour tous les hommes que par son intercession elle obtient leur salut.

«Marie est appelée « la coopératrice dans notre justification ; car Dieu lui a confié toutes les grâces qui nous sont destinées » ; et donc Saint Bernard affirme, «que tous les hommes, passés, présents et à venir, devraient se pencher sur Marie comme moyen et négociateur du salut de tous les temps» … Et allons-nous avoir du scrupule pour lui demander de nous sauver, quand «la voie du salut est ouverte à aucun autrement que par Marie ? selon certaines remarques de l’auteur. Et avant lui Saint Germain avait dit la même chose, parlant de Marie : « Nul n’est sauvé, que par ton moyen ».  … Et comme nous avons accès au Père éternel, dit saint Bernard, que par Jésus-Christ, nous avons aussi accès à Jésus-Christ que par Marie : «Par toi, nous avons accès au Fils, O enfant bénie de la grâce, porteuse de la vie, et mère du salut, nous ne pouvons le recevoir que par toi, que par toi il nous a été donné ».

Pape Pie IX, Ineffabilis Deus, 2ème partie, 8 déc. 1854 ex cathedra : «7. Ils [les Pères] ont encore professé que la Très glorieuse Vierge avait été la réparatrice [¹] de ses ancêtres et qu’elle avait vivifié sa postérité ;»

Pape Pie IX, Ineffabilis Deus, § La définition dogmatique de l’Immaculée Conception, 8 déc. 1854 ex cathedra :«4. Tout notre espoir, nous le faisons reposer en la Très Sainte Vierge toute belle et immaculée qui a écrasé la tête venimeuse du plus cruel serpent et apporté le salut au monde : en qui est la gloire des prophètes et des apôtres, l’honneur des martyrs, la Couronne et la joie de tous les saints ; en celle qui est le refuge le plus sûr et le plus digne de confiance, l’aide de tous ceux qui sont en danger ; en celle qui, avec son Fils unique, est la plus puissante Médiatrice et Conciliatrice dans le monde entier ; en celle qui est la plus excellente gloire, l’ornement, et la forteresse inexpugnable de la sainte Église».

Pape St Pie X, Ad Diem Illum Laetissimum, 1904 : «6. Impossible que Dieu nous ait donné, d’une autre manière que par la Vierge, le Rédempteur de la race humaine et le Fondateur de la Foi ? Ainsi chaque fois que les Écritures parlent prophétiquement de la grâce qui devait apparaître parmi nous, le Rédempteur de l’humanité est presque toujours présenté comme uni à sa mère. … Maintenant la Sainte Vierge ne concevait pas le Fils éternel de Dieu dans le seul but qu’il puisse être fait homme prenant d’elle sa nature humaine, mais aussi pour que, grâce à la nature assumée Il puisse être le Rédempteur des hommes. …

«12. En outre, ce n’était pas seulement l’apanage de la Très Sainte Mère d’avoir fourni le matériau de sa chair au Fils unique de Dieu, qui était d’être né avec des membres humains, dont le corps devait être préparé comme la victime pour le salut des hommes ; mais le sien était également la fonction de tendresse et de nourrir cette victime, et à l’heure dite de le présenter pour le sacrifice. … Quand l’heure suprême du Fils est venu, à côté de la croix de Jésus se tenait sa mère Marie, pas seulement occupée à contempler le spectacle cruel, mais pour se réjouir que son Fils unique ait été offert pour le salut de l’humanité, et ainsi participer entièrement dans sa Passion, que si cela avait été possible, elle aurait volontiers porté tous les tourments que son Fils a subi. Et à partir de cette communauté de volonté et de la souffrance entre le Christ et Marie, elle a mérité de devenir dignement la Réparatrice [1] du monde perdu et dispensatrice de tous les dons que notre Sauveur a acheté pour nous par sa mort et par Son Sang …

«14. Nous sommes … très loin d’attribuer à la Mère de Dieu une puissance productive de la grâce, un pouvoir qui appartient à Dieu seul. Pourtant, depuis que Marie l’emporte sur tout dans la sainteté et l’union avec Jésus-Christ, et a été associée par Jésus-Christ dans l’œuvre de la rédemption, elle mérite pour nous, « de congruo » [par convenance] dans la langue de théologiens, ce que mérite Jésus-Christ pour nous « de condigno » [par dignité], et elle est le ministre suprême de la distribution des grâces».

[1] Le mot latin « reparo » signifie restaurer, renouveler ou racheter.

Pape Benoît XV, solalicia Inter, 1918 : « La Sainte Vierge a souffert avec son Fils de sa souffrance et a failli mourir avec lui quand il est mort ; elle a abdiqué de ses droits maternels sur son Fils pour le salut des hommes, et pour autant qu’il lui appartenait, elle a immolé son Fils pour apaiser la justice divine ; afin qu’elle puisse à juste titre être considérée comme ayant racheté le genre humain avec le Christ ».

Le pape Pie XI, Miserentissimus Redemptor, 1928 : « Et maintenant enfin la plus bénigne Vierge Mère de Dieu peut sourire dans ce but et au-dessus des désirs qui sont les nôtres ; car depuis qu’elle a présenté pour nous Jésus, notre Rédempteur, l’a nourrit, et l’a offert comme victime de la Croix, par son union mystique avec le Christ et sa grâce très spéciale, elle aussi est devenue et est pieusement appelée réparatrice ».

Le pape Pie XI, Auspicatus profecto, 1933 : «[Marie est devenue la Mère de Jésus] afin qu’elle puisse devenir partenaire [associée] dans la rédemption de l’humanité».

Le pape Pie XI, res Explorata, 1923 : « La Vierge a participé [associée] avec Jésus-Christ dans l’acte très douloureux de la rédemption».

Livres et écrits nommant à tort Marie co-rédemptrice

Dans une série de livres sur la foi catholique appelée « la bibliothèque de connaissances catholique », le livre de la Bienheureuse Vierge Marie explique en détail Co-rédemptrice : « Il appartient à l’Église de fixer la langue de sa théologie, et de juger si oui ou non toute confusion est susceptible de se produire dans certains cas ; et dans les documents autorisés, le magistère de l’Église tend de plus en plus à favoriser l’expression Co-rédemptrice pour exprimer cette doctrine. Elle a maintenant reçu « la liberté de cité » pour ainsi dire, et il nous reste à expliquer ce que cela implique ».

Mais dire que «le magistère de l’Église tend de plus en plus à favoriser l’expression Co-rédemptrice pour exprimer cette doctrine» est dire justement que ce n’est pas le Magistère, parce que si c’était le Magistère cela serait infaillible et ne pourrait absolument pas «tendre de plus en plus à favoriser l’expression». C’est comme cela que se forme des phraséologies d’erreur et des hérésies ou qui permettent ensuite à des hérétiques de venir greffer leur hérésies.

Que les Franciscains médiévaux et des Saints se soient beaucoup appuyés sur le terme co-rédemptrice, ne signifie pas la Tradition de l’Église qui est constante et universelle.

Les deux textes suivants ne sont pas infaillibles et n’ont pas de poids devant le dogme selon lequel «Jésus-Christ notre Seigneur, qui est seul notre Rédempteur et Sauveur… Mais si quelqu’un doit enseigner ou tenir quelque chose de contraire à ces décrets, qu’il soit anathème ». (Concile de Trente, Sess. 25 ; Denz. 984 à 987) ; et «Celui [Notre Seigneur Jésus-Christ] … par sa mort seule a terrassé l’ennemi de la race humaine en détruisant nos péchés, et a ouvert l’entrée du royaume du ciel, que le premier homme avait perdu par son propre péché … ». (Concile de Florence, «Cantate Domino» ; Denz. 711)

Ces deux textes ci-dessous qui nomment Marie « co-rédemptrice » ne sont pas la discipline universelle de l’Église qui applique le Magistère infaillible et la loi divine par la loi ecclésiastique inviolablement par contrainte :

I. Les sources du dogme catholique, Denzinger : « Dans le décret de la Sacrée Congrégation du Saint-Office – Sacrée Pénitencerie (section sur les indulgences), Sunt quos Amor 26 juin 1913 AAS 5 (1913) 363, il [le Pape Benoît XV] loue la coutume d’ajouter au nom de Jésus le nom de Sa Mère, notre Co-rédemptrice, la bienheureuse Marie ».

Il s’agit d’AAS 5 (1913) 364, car il n’y a rien en date du 26 juin 1913 aux AAS et rien non plus à ce sujet page 363. Concernant le pape Benoit XV il s’agit d’Inter sodalicia :

Pape Benoît XV, Inter sodalicia, 22 mars 1918 (Acta Apostolicae Sedis X [1918], p. 181-184) : «Elle [La Bse V. Marie (au calvaire)] abdiqua, pour procurer le salut des hommes, ses droits de mère sur son Fils [Maternam in Filium iura] et l’immola, autant qu’il était en son pouvoir, pour apaiser la justice divine, de sorte qu’on peut dire avec raison, qu’elle-même avec le Christ racheta le genre humain [Ipsam cum Christo humanum genus redemisse]». (Cité dans Maria, Étude sur la Sainte Vierge, T. I, 1948, P. Hubert du Manoir S.J., p. 531)

II. Prière enrichie par le Saint-Office – Sacrée Pénitencerie – d’une indulgence, dans laquelle la Vierge Marie est appelée «Co-rédemptrice de la race humaine» (22 janvier 1914 ; AAS 6 [1914] 108) :

En réparation des outrages à la Sainte Vierge Marie

O Sainte Vierge, Mère de Dieu, regardez vers le bas dans la miséricorde du Ciel, où tu es trône en tant que reine, sur moi, un pécheur misérable, ton indigne serviteur. Même si je connais très bien ma propre indignité, afin d’expier les crimes qui sont faites auprès de vous par des langues impies et blasphématoires, du fond de mon cœur, je vous loue et vous exalte comme la plus pure, la plus belle, la plus sainte créature de toute l’œuvre de Dieu. Je bénis votre saint Nom, je loue et exalte votre privilège d’être véritablement Mère de Dieu, toujours Vierge, conçue sans tache du péché, Co-rédemptrice de la race humaine. Je bénis le Père éternel qui vous a choisi d’une manière particulière pour sa fille ; Je bénis le Verbe incarné qui a pris sur Lui notre nature dans votre sein et ainsi vous a fait sa Mère ; Je bénis le Saint-Esprit qui vous prend comme son épouse. Tout honneur, louange et action de grâce à la Trinité à jamais bénie qui vous a prédestinée et vous a aimée excessivement de toute éternité pour vous élever au-dessus de toutes les créatures dans les hauteurs les plus sublimes. O Vierge sainte et miséricordieuse, obtenez pour tous ceux qui vous offensent la grâce de la repentance, et acceptez gracieusement ce pauvre acte d’hommage de moi votre serviteur, obtenant même pour moi de votre divin Fils le pardon et la rémission de tous mes péchés. Amen.

Indulgence de 500 jours (Saint-Office, le 22 janvier 1914 ; S P Ap, 4 décembre 1934). La Raccolta, traduit en anglais de l’édition 1938 par le révérend Joseph P. Christopher, Ph.D., et Le Très Révérend Charles E. Spence, MA (Oxon.). Par autorisation du Saint-Siège. (Tiré de La Raccolta ou recueil de prières indulgenciées)

Cette prière ci-dessus de la Sacrée Pénitencerie n’est pas infaillible mais faillible, et n’est pas l’enseignement de l’Eglise.

Voici un exemple, où la Sacrée Pénitencerie répond en faveur d’une hérésie, la Planification Familiale Naturelle qui est un péché de contrôle naturel des naissances, ce qui prouve que les réponses ou décisions de la Sacrée Pénitencerie ne sont pas nécessairement l’enseignement infaillible de l’Église. Cette réponse de la Sacrée Pénitencerie en 1880, ci-dessous, n’est pas nécessairement une hérésie formelle, mais plutôt une réponse erronée en faveur de la contraception naturelle contraire à l’enseignement infaillible de l’Église avant la définition par le pape Pie XI, Casti Connubii, 31 décembre 1930.

Réponse de la Sacrée Pénitencerie, 16 juin 1880, Jugement à porter sur la méthode Knaus-Ogino ¹, L’observance des périodes infécondes :  «Question : Est-il permis de n’user du mariage qu’aux jours où une conception est plus difficile ?
Réponse : Des conjoints qui font usage de la manière précitée ne doivent pas être inquiétés, et le confesseur peut – avec précaution cependant – suggérer ce dont il s’agit à des époux qu’il aura tenté vainement d’éloigner d’une autre manière du crime détestable de l’onanisme». (Ench. Symb. Denz. 3148)

¹ Méthode Knaus-Ogino : méthode de contraception, appelée méthode du calendrier, inventée à l’époque où il n’existait pas de contraception médicale ; c’est une contraception naturelle par le rythme par abstinence sexuelle périodique consistant à éviter les rapports sexuels durant la période de fécondabilité ou période féconde.

Supplément

Marie n’est pas Co-Rédemptrice – la-foi.fr

Débat entre F. Peter Dimond et un quelqu’un supportant la fausse théorie ‘Marie Co-Rédemptrice’ [vidéo en anglais]

Il s’agit d’un dogme infailliblement défini que Jésus-Christ est le seul Rédempteur.

Pape Pie IV, Concile de Trente, Sess. 25, Décret sur l’invocation, la vénération et les reliques des saints, et sur les saintes images, 3 décembre 1563, ex cathedra : « … les saints qui règnent avec le Christ offrent à Dieu leurs prières pour les hommes qu’il est bon et utile de les invoquer humblement et, pour obtenir de Dieu des bienfaits par son Fils Jésus Christ notre Seigneur, qui est notre seul Rédempteur et Sauveur… De plus, on doit avoir et garder, surtout dans les églises, les images du Christ, de la Vierge Marie Mère de Dieu et des autres saints… Si quelqu’un enseigne ou pense des choses contraires à ces décrets : qu’il soit anathème. « 

Cette définition dogmatique, que le Christ seul est Rédempteur, mentionne même Marie. Donc, le Concile de Trente déclare dans le même contexte mentionnant la Très Sainte Vierge que le Christ seul est le Rédempteur. Cela prouve que Marie n’est pas la Co-Rédemptrice. Le concile de Florence enseigna la même chose de façon infaillible. Il déclara que Jésus-Christ SEUL par Sa mort racheta la race humaine.

Pape Eugène IV, Concile de Florence, « Cantate Domino » 1442, ex cathedra :
« La Sainte Eglise Romaine croit fermement, professe et enseigne que jamais être conçu d’un homme et d’une femme n’a été délivré de la domination du diable, sinon par la foi en notre Seigneur Jésus Christ médiateur entre Dieu et les hommes, qui, conçu, né et mort sans péché, a seul par sa mort abattu l’ennemi du genre humain, en détruisant nos péchés, qui a de nouveau ouvert l’entrée du Royaume céleste que le premier homme avait perdue par son propre péché … »

Ces faits devraient suffire à un croyant catholique pour voir que Marie ne devrait pas être appelée Co-Rédempteur ou Co-Rédemptrice.

Il est intéressant de notre que le Catéchisme du Concile de Trente enseigne également que le Christ ‘seul’ nous a rachetés et que le Christ ‘seul’ est le Rédempteur. Même si le catéchisme n’est pas infaillible, il réitère la vérité qui fut solennellement définie dans les conciles susmentionnés.

Catéchisme du Concile de Trente, partie III : Le Décalogue – Premier Commandement – #4 : « Nous n’avons qu’un seul Médiateur, Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui nous a réconciliés par son Sang avec le Père céleste, et qui, nous ayant rachetés pour l’éternité, est entré une seule fois dans le Sanctuaire, où il ne cesse d’intercéder pour nous. « 

Pour maintenir que Marie est ‘Co-Rédemptrice’ après avoir lu les définitions dogmatiques ci-dessus – qui déclarent infailliblement que Jésus seul est notre Rédempteur – il faudrait affirmer qu’il n’y a pas de contradiction entre ces deux déclarations :

Jean marcha dans le désert seul

Jean marcha dans le désert avec Marguerite

Est-ce qu’il y a une contradiction entre ces 2 déclarations ? Oui, bien sûr. Elles ne peuvent pas être vraies toutes les deux en même temps. De même, Jésus et Marie ne peuvent pas être nos Rédempteurs (Jésus d’une façon supérieure, Marie d’une façon moins grande) si Jésus seul est notre Rédempteur. Appliquer à Marie le titre doctrinal de ‘Co-Rédemptrice’ est clairement une erreur. Et ça ne diminue en aucune manière le rôle unique de Marie dans notre salut et dans les événements qui conduisirent à notre Rédemption. Il s’agit simplement ici de dire la vérité.

Faites attention aux illuminés et autres faux dévots de Notre Dame qui seront d’accord avec n’importe quelle déclaration qui semble la louer, même si ce n’est pas cohérent avec l’enseignement catholique. Jésus-Christ seul est le Rédempteur. Seul Dieu – et Dieu seulement – aurait pu payer notre rançon et ‘détruire nos péchés’. Ces définitions dogmatiques sont définitives. Donc, elles devraient suffire à prouver notre argument à n’importe quel catholique, malgré un tas de déclarations qui semblent suggérer le contraire mais qui n’ont pas d’autorité infaillible. Cependant, nous avons été déçus de voir que certaines personnes ne sont pas satisfaites par ces définitions dogmatiques. Ils continuent à appeler Marie le Co-Rédempteur ou Co-Rédemptrice, même après avoir lu ces définitions dogmatiques. C’est un problème, car en se faisant ils s’eloignent de la vérité dogmatique.

LE FAIT QUE LE CHRIST SEUL SOIT LE REDEMPTEUR, ET QUE MARIE NE SOIT PAS CO-REDEMPTRICE, EST PROUVE EGALEMENT PAR LE PECHE ORIGINEL ET LE TYPOLOGIE D’ADAM ET EVE

Voici un autre moyen de montrer pourquoi c’est incorrect de nommer Marie ‘Co-Rédemptrice’. La plupart des gens qui s’engagent dans de l’apologétique catholique sont d’accord pour dire que Jésus-Christ est le second Adam. Ceci est dit clairement dans le Nouveau Testament (1 Cor. 15:45).

Romains 5:14 – « Cependant la mort a régné depuis Adam jusqu’à Moïse, même sur ceux qui n’avaient pas péché par une transgression semblable à celle d’Adam, qui est la figure [type] de celui que devait venir [Jésus]. »

En accord avec la typologie de Jésus comme second Adam qui renverse la malédiction d’Adam, Marie est la nouvelle Eve. Jésus est le nouvel Adam, et Marie la nouvelle Eve. Tout comme Eve, la première femme, fut intimement impliquée avec le premier homme dans les événements qui ont mené à la chute de l’humanité, il y a une femme, Marie, qui est intimement liée aux évènements qui menèrent à la Rédemption. Eve désobéit à Dieu et pécha. Marie obéit à Dieu et ne pécha jamais. Bien plus de choses pourraient être évidemment dites à ce sujet ; mais notre argument ici est que même si le rôle d’Eve avec Adam dans les événements qui menèrent au péché originel fut unique et crucial, ce fut malgré tout le péché d’Adam seul qui constitua la péché originel et mena à la chute de l’humanité. C’est affirmé très clairement dans l’enseignement catholique.

Romains 5:12 – « C’est pourquoi de même que par un seul homme le péché est entré dans ce monde, et par le péché la mort… »

LE CONCILE DE TRENTE ET SAINT THOMAS CONFIRMENT QUE C’EST ADAM SEUL QUI PLONGEA LE MONDE DANS LA MORT ; DE MEME, C’EST LE CHRIST SEUL QUI RACHETA LE MONDE

L’idée que Marie est formellement ‘Co-Rédemptrice’ serait cohérente avec l’idée que le péché originel fut le péché d’Adam et Eve. Mais ce n’est pas ce que dit l’enseignement catholique. En fait, dans le passage suivant, St. Thomas écarte cette idée. Il dit que ce ne fut pas le péché de deux personnes qui constitua le péché originel et la chute de l’humanité.

Saint Thomas d’Aquin, Summa Theologiae, Pt. Ia-IIae, Q.81, A.5 : « …Cependant, d’après l’Apôtre (Rm 5, 12): « Par un seul homme le péché est entré dans le monde. » Si la femme avait transmis à sa descendance le péché originel, il aurait mieux valu dire « par deux », puisque tous deux ont péché; ou plutôt « par la femme », puisqu’elle a péché la première… Je réponds que le péché originel ne vient pas de la mère mais du père; de sorte que si Ève avait péché et non pas Adam, les enfants ne contracteraient pas le péché originel, tandis que ce serait le contraire si Adam avait péché et non pas Ève. »

Notez que St. Thomas rejette l’idée que c’était le péché des deux qui constitua le péché originel. De plus, le concile de Trente est très clair sur le fait que le péché originel est le péché d’Adam seul, et pas le péché d’Adam et Eve. Eve a certainement péché ; mais le péché d’Adam seul entraina la chute de l’humanité et amena la mort dans le monde.

Concile de Trente, Session 5 sur le péché originel, Can.1 : « Si quelqu’un ne confesse pas que le premier homme, Adam, après avoir transgressé le commandement de Dieu dans le paradis, a immédiatement perdu la sainteté et la justice dans lesquelles il avait été établi… »

Concile de Trente, Session 5 sur le péché originel, Can.2 : « Si quelqu’un affirme que la prévarication d’Adam n’a nui qu’à lui seul et non à sa descendance… »

Concile de Trente, Session 5 sur le péché originel, Can.3 : « Si quelqu’un affirme que ce péché d’Adam – qui est un par son origine, et transmis par propagation héréditaire et non par imitation, est propre à chacun -, est enlevé par les forces de la nature humaine ou par un autre remède que le mérite de l’unique médiateur notre Seigneur Jésus Christ qui nous a réconciliés avec Dieu dans son sang, devenu pour nous justice, sanctification et Rédemption…qu’il soit anathème. »

Le concile de Trente dit donc à plusieurs reprises que c’était le ‘péché d’Adam’, et pas une seule fois qu’il s’agissait du péché ‘d’Adam et Eve’. Il dit même que ce péché était celui d’un seul homme et ‘un par son origine’. Donc, même si le rôle de Marie fut unique et constitutif des événements qui menèrent à la Rédemption, la Rédemption elle-même fut effectuée par la Christ seul. C’est pourquoi Jésus-Christ seul est le Rédempteur et Lui seul doit être appelé comme tel.

LA CHUTE DE L’HUMANITE LA REDEMPTION

Adam et Eve sont intimement impliqués dans les évènements y menant

Le péché d’Adam seul constitua le péché originel et entraina la chute

« …ce péché d’Adam – qui est un par son origine… »
(Trent., Sess.5 sur le péché originel)

Jésus et Marie sont intimement impliqués dans les évènements y menant

Jésus-Christ seul effectua la Rédemption

« Jésus Christ notre Seigneur, qui est notre seul Rédempteur et Sauveur »
(Trent., Sess.25)

REFUTONS UN FAUX ARGUMENT RECURRENT SUR CE POINT –
L’IDEE QUE MARIE EST UNE SUB-REDEMPTRICE SOUS LE SEUL REDEMPTEUR

Maintenant je vais réfuter un argument régulièrement soulevé par des défenseurs de Marie ‘Co-Rédemptrice’. En tentant de prouver que Marie est Co-Rédemptrice, les gens affirment souvent que Marie est une rédemptrice moindre placée sous le seul rédempteur, tout comme est dit que St. Paul et les autres saints ont aidé à accomplir l’œuvre de la Rédemption. Par exemple, un dénommé Michael C. nous a écrit ceci :

« En appelant Notre Dame Co-Rédemptrice, nous ne voulons pas dire que Jésus n’est pas le seul rédempteur de l’humanité mais il y a des médiateurs avec le médiateur lui-même et ceux qui participent à son œuvre de Rédemption comme son corps mystique comme nous le lisons dans Colossiens 1:24 … il y a des rédempteurs moindres, et ce titre peut être appliquée avec raison à Notre Dame comme participation aux œuvres de Notre Seigneur, pas de façon séparée ni sur un pied d’égalité. »

Ils affirment donc que Marie est appelée Co-Rédemptrice dans le sens où les personnalités glorieuses et les saints qui ont aidé à mener à bien l’œuvre de Rédemption du Christ peuvent être appelés rédempteurs, comme St. Paul le dit lui-même.

Colossiens 1:24 – « Maintenant je me réjouis dans mes souffrances pour vous, et ce qui manque aux souffrance du Christ, je le complète dans ma char pour son corps, qui est l’Eglise. »

Actes 7:35 – « Ce Moïse qu’ils avaient renié, en disant : Qui t’a établi prince et juge ? Dieu l’a envoyé comme prince et rédempteur, avec l’aide de l’ange qui lui était apparu dans le buisson. »

Ils pointent du doigt également que Moïse était, dans un sens, appelé le rédempteur parce qu’il délivrait les gens dans l’Ancien Testament. Cependant, tous ces arguments sont spécieux et incohérents avec leur vraie position. Permettez-moi d’illustrer pourquoi en employant cet argument ils ont en fait abandonné leur position que Marie est formellement Co-Rédemptrice uniquement avec le Christ. Leur argument est maintenant devenu celui-ci :

ARGUMENT SPECIEUX EMPLOYE DANS UNE TENTATIVE DE PROUVER LEUR POSITION, MAIS ILLOGIQUE ET LES MENANT A ABANDONNER LEUR POSITION

UN REDEMPTEUR DE MOINDRES REDEMPTEURS AVEC/SOUS LE PRINCIPAL REDEMPTEUR

Jésus-Christ

Marie – « Co-Rédemptrice »

Saint Paul (Col. 1:24)

Les saints

Dans un sens Moïse

En essayant de défendre Marie comme ‘Co-Rédemptrice’, ils emploient un argument figuré dans le tableau ci-dessus. Ils disent que Marie est ‘Co-Rédemptrice’, tout comme d’autres (par ex. St. Paul) ont aidé à mener à bien l’œuvre de la Rédemption. Le gros problème pour eux c’est qu’il ne s’agit pas de leur position.

Comme je l’ai pointé du doigt dans la réponse à Michael C. : cet argument échoue misérablement. Il contient une fausse analogie qui n’est pas logiquement cohérente avec leur position. Leur position est que, en réalité, Marie est formellement Co-Rédemptrice avec le Christ. En d’autres mots, la position de Co-Rédemptrice est que Notre Dame, au regard de la Rédemption, est dans une catégorie unique avec le Christ. Mais, selon l’argument qu’ils emploient maintenant (dans le tableau ci-dessus), Marie est simplement dans la même catégorie que les autres saints qui participent à l’œuvre de Rédemption sous le principal Rédempteur. Selon cet argument, elle est juste l’un des nombreux co-rédempteurs. Ainsi, en essayant de défendre leur fausse position, ils ont abandonné et contredit leur position.

La position que Marie est ‘Co-Rédemptrice’ ne consiste pas à dire que Marie se trouve dans une catégorie avec des saints placés sous le seul Rédempteur, et qu’elle pourrait être appelée co-rédempteur dans le sens où l’ont dit par exemple de St. Paul qu’il a aidé à accomplir l’œuvre de la Rédemption. Non, la position de Co-Rédemptrice est que Marie est dans une catégorie unique avec Jésus comme Rédempteur – une catégorie qui n’inclut pas St. Paul ou d’autres saints. Donc, on ne peut pas essayer d’argumenter en faveur de la position de ‘Co-Rédemptrice’ en faisant appel à l’argument que d’autres saints ont participé à l’œuvre de la Rédemption sous le seul Rédempteur. C’est illogique et fallacieux.

Ainsi, alors que le tableau ci-dessus représentait leur argumentation, le tableau ci-après représente leur véritable position sur le sujet de Marie ‘Co-Rédemptrice’.

LA VERITABLE POSITION SUR MARIE ‘CO-REDEMPTRICE’, QU’ILS ABANDONNENT ET CONTREDISENT QUAND ILS ARGUMENTENT COMME VU PLUS HAUT

DEUX REDEMPTEURS DE MOINDRES REDEMPTEURS SOUS LES DEUX REDEMPTEURS

Jésus-Christ

Marie – « Co-Rédemptrice »

Saint Paul (Col. 1:24)

Les saints

Dans un sens Moïse

Ce tableau est la véritable représentation de leur position. Ils disent donc que Marie, en termes de rédemption, se trouve avec Jésus dans une catégorie où les saints ne se trouvent pas. Ainsi il ne s’agit pas seulement avec St. Paul et les autres d’une différence de degré, mais de genre. Donc tous leurs arguments pour dire que St. Paul, etc. peuvent aussi être appelé ‘rédempteurs’ ne viennent pas étayer leur position. Quand ils argumentent de cette manière, ils en arrivent en fait contredire leur position et affirmer que Marie n’est qu’un des nombreux co-rédempteurs.

Donc, s’ils veulent défendre leur position légitimement, ils ne peuvent avancer que des arguments qui permettent de placer Marie sur le côté gauche du tableau avec Jésus. Mais ils ne peuvent pas argumenter grâce aux personnes à la droite du tableau, car en ce faisant, ils contredisent leur position et admettent qu’elle est juste une des nombreuses personnes qui peuvent être appelées de façon approximative et dans un sens non-littéral ‘co-rédempteurs’. Mais leurs arguments contredisent leur position car leur position est fausse.

Le fait est qu’il n’y a aucun moyen de contourner la définition dogmatique qui déclare que Jésus Christ seul est le Rédempteur.

Pape Pie IV, Concile de Trente, Sess. 25, Décret sur l’invocation, la vénération et les reliques des saints, et sur les saintes images, 3 décembre 1563, ex cathedra : « … les saints qui règnent avec le Christ offrent à Dieu leurs prières pour les hommes qu’il est bon et utile de les invoquer humblement et, pour obtenir de Dieu des bienfaits par son Fils Jésus Christ notre Seigneur, qui est notre seul Rédempteur et Sauveur… De plus, on doit avoir et garder, surtout dans les églises, les images du Christ, de la Vierge Marie Mère de Dieu et des autres saints… Si quelqu’un enseigne ou pense des choses contraires à ces décrets : qu’il soit anathème. »