Marie et le titre co-rédemptrice

Sommaire

  • Marie n’est pas la Sagesse éternelle
    • Marie est une créature
    • Soutenir que Marie est co-éternelle avec Dieu est hérétique
  • Marie médiatrice
    • Jésus-Christ est le seul Médiateur
    • Marie médiatrice auprès du Médiateur
  • Marie, associée du divin Rédempteur et au mystère de la Rédemption
    • Jésus-Christ seul Rédempteur
    • Marie associée du divin Rédempteur
    • Marie coopératrice de Jésus-Christ Rédempteur
  • Pourquoi l’enseignement catholique nous montre que Marie doit être considérée co-rédemptrice
    • Comment le Concile de Trente doit être compris

Marie n’est pas la Sagesse éternelle

La Sagesse est décrite notamment dans Proverbes 8-9 ; Sagesse 7-11 ; Ecclésiastique 24 :

«J’ai été établie dès l’éternité, et dès le commencement, avant que la terre fût créée. Les abîmes n’étaient pas encore lorsque j’étais déjà conçue». Proverbes 8, 23-24

«La Sagesse éternelle est la vapeur de Dieu, la vertu de Dieu et l’effusion toute pure de la clarté du Tout-Puissant. C’est pourquoi elle ne peut être susceptible de la moindre impureté. Elle est l’éclat de la lumière éternelle, le miroir sans tache de la majesté de Dieu et l’image de sa bonté». Sagesse 7, 25-26

«Je suis sortie de la bouche du Très-Haut ; je suis née avant toutes les créatures». Ecclésiastique 24, 5

«Je suis la mère du pur amour, de la crainte, de la science et de l’espérance sainte. En moi est toute la grâce de la voie et de la vérité ; en moi est toute l’espérance de la vie et de la vertu». Ecclésiastique 24, 24-25

Marie est une créature

Comme toute créature Marie est créée à partir de rien.

Pape Eugène IV, Concile de Florence, «Cantate Domino», 1442, ex cathedra : «Elle [la très sainte Église romaine, fondée par la voix de notre Seigneur et Sauveur] croit, professe, et déclare que le seul vrai Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit, est le créateur de toutes choses visibles et invisibles, qui, quand il l’a voulu, par sa bonté a créé toutes les créatures, spirituelles ainsi que corporelles, bonnes en effet car elles ont été faites par le souverain bien, mais variables [muables], car elles ont été faites à partir de rien [du néant], et elle affirme que la nature n’est pas un mal, car toute la nature, dans la mesure où elle est la nature, est bonne». (Denz. 1333 / 706).

Aucune créature ne peut être une émanation de Dieu ; la Sagesse dit : «Je suis sortie de la bouche du Très-Haut» (Ecclésiastique 24, 5), la Sagesse n’est pas une créature ou Marie. Soutenir que Marie, ou toute créature ange ou homme, est une émanation de Dieu est hérétique.

Concile du Vatican, 1870, le Dieu Créateur de toutes choses, Can. 4, ex cathedra : «Si quelqu’un dit que les choses finies, tant corporelles et spirituelles, ou au moins les spirituelles, ont émanées de la substance divine, ou, que l’essence divine par une manifestation ou évolution d’elle-même devient toutes choses, ou, enfin, que Dieu est l’être universel ou indéterminé, car en déterminant lui-même, Il a créé toutes choses distinctes dans les genres, en espèces et en individus : qu’il soit anathème». (Denz. 1804)

Soutenir que Marie est co-éternelle avec Dieu est hérétique

Cela revient à dire que Marie existait avant le commencement, ou comme ayant toujours été avec Dieu. Comme l’enseigne le symbole d’Athanase :

«… le Père, le Fils et le Saint-Esprit ne sont pas trois éternels, mais un éternel, …»

Éternel est l’attribut unique des deuxième et troisième personnes de la Trinité existant avec le Père.

Accorder trop d’importance à une lecture et exégèse personnelle de l’Écriture est un manque d’humilité dont la conséquence est de tomber dans l’hérésie (hérésie du protestantisme d’interprétation privée de l’Écriture hors de la Tradition de l’Église) et la nouveauté (hérésie de modernisme).

Il est blasphématoire d’appliquer à une créature ce qui seul est dit de Dieu. Marie n’est pas Dieu. Le Christ est la «sagesse de Dieu» (1 Cor. 1, 24 ; Luc 11, 49) et non une créature.

«Je suis sortie de la bouche du Très-Haut ; je suis née avant toutes les créatures». Ecclésiastique 24, 5

«immuable en soi, elle renouvelle toute choses» (Sg 7, 27)

La Sagesse est de nature ou substance divine. La Sagesse est une émanation de Dieu, pas une créature comme la sainte Vierge, les anges, etc. Dieu a créé toutes choses, Marie, anges, etc, ex nihilo : à partir de rien. La Sagesse n’est pas créée mais incréée.

Notre-Seigneur est vrai Dieu et vrai homme. La confusion des natures divine et humaine de notre Seigneur (Hérésie d’Eutychès) est condamnée au Concile de Chalcédoine. L’idée que l’humanité de Notre Seigneur est Dieu ou que sa divinité est humaine a également été condamné par le Concile de Constantinople. L’humanité de Notre Seigneur a été créée à partir de rien, tout comme les créatures. Il était vraiment homme. Les natures divine et humaine sont sans confusion et sans mélange unies inséparablement en la seule personne divine du Verbe : c’est l’union hypostatique.

Concile de Constantinople, Can. 9 : «… [celui qui] mélange ensemble la divinité et l’humanité, parlant monstrueusement d’une seule nature ou de l’essence unie des natures, et donc n’adore le Christ, et ne le vénère pas, par une adoration, Dieu le Verbe fait homme, avec sa chair, comme la Sainte Église l’a enseigné depuis le début : qu’il soit anathème ».

Concile d’Ephèse : «Nous confessons la Parole faire un avec la chair selon la substance, nous adorons un Fils et Seigneur Jésus-Christ: nous ne divisons pas le Dieu de l’homme, ni ne le séparons en plusieurs parties».

Saint-Athanase, Discours contre les ariens, chap. 3 : «C’est le Fils même du Père, naturel et authentique, de sa propre essence, Sagesse Unique, et très unique Parole de Dieu ; pas une créature ou une œuvre, mais une progéniture propre à l’essence du Père. C’est pourquoi il est vrai Dieu, existant en essence avec le Père …»

Sagesse 7, 26-30 : «Car elle est l’éclat de la lumière éternelle, le miroir sans tache de la majesté de Dieu [selon les pères de l’Église, la génération éternelle du Fils qui est la parfaite connaissance de soi, réflexion ou «miroir» du Père], et l’image de sa bonté. Et quoi qu’elle ne soit  qu’une, elle peut tout [toute-puissance, attribut de Dieu seul] ; et immuable en soi [immutabilité de Dieu qui ne peut pas changer dans sa nature ou dans le temps], elle renouvelle toute choses, et elle se répand parmi les nations dans les âmes saintes, et elle forme les amis de Dieu et les prophètes. Car Dieu n’aime personne, si ce n’est celui qui habite avec la sagesse. Car elle est plus belle que le soleil, et au-dessus de toute disposition [l’ordre] des étoiles ; comparée à la lumière, elle se trouve la première. Car à la lumière succède la nuit, mais la malice ne triomphe pas de la sagesse».

Hébreux 1, 3 : le Fils est «l’éclat de sa gloire», c’est-à-dire «l’éclat de la lumière éternelle» de Sagesse 7, 26.

Pour mieux comprendre le Fils de Dieu, la Sagesse éternelle incréée et incarnée, voir le chef-d’œuvre L’ Amour de la Sagesse Éternelle de Saint Louis-Marie Grignion de Monfort.

Certaines paroles de la Sagesse éternelle, le Verbe s’est incarné en elle, en Marie, qui est une créature, sont appliquées à Marie dans la liturgie ¹ parce que par elle et en elle, le Saint-Esprit a opéré l’Incarnation rédemptrice du Verbe de Dieu, c’est-à-dire que le Verbe (Dieu le Fils) s’est fait chair (Homme : âme humaine et corps) par l’âme et la chair de Marie.

¹ La Liturgie sacrée est une profession des vérités célestes soumise à l’autorité du Magistère infaillible de l’Église comme l’enseigne le pape Pie XII, dans Munificentissimus Deus, 1950, ex cathedra : «La liturgie sacrée étant une profession des vérités célestes, soumises au magistère suprême de l’Église».

Marie médiatrice

Notre Dame de La Salette réconciliatrice

Notre-Dame Réconciliatrice, synonyme de Médiatrice

Jésus-Christ est le seul Médiateur

L’Écriture enseigne que Jésus est le seul Médiateur.

I Timothée 2, 5-6 : «Il n’y a qu’un Dieu et qu’un médiateur entre Dieu et les hommes, le Christ Jésus homme, qui s’est livré lui-même pour la rédemption de tous»

Marie est médiatrice auprès du Médiateur

L’église enseigne que Marie est Médiatrice. Marie est médiatrice auprès du Médiateur unique Jésus-Christ. Marie est Médiatrice entre Dieu et les hommes – sa médiation est singulière et supérieure à celle des Anges et des saints.

Pape Pie IX, Const. Ineffabilis Deus, dogme de l’Immaculée-Conception, 8 déc. 1854 ex cathedra : «la Vierge Bienheureuse … la médiatrice la plus puissante de l’univers entier auprès de son Fils unique pour la réconciliation ».

Pape Léon XIII, Fidentem piumque, 20 sept. 1896 : «Il est très certain que le nom et la fonction de Conciliateur parfait ne convienne à nul autre qu’au Christ, car lui seul, à la fois homme et Dieu, a rétabli le genre humain dans la grâce auprès du Père très haut : « Un seul médiateur de Dieu et des hommes, l’homme Jésus-Christ… » (I Tim. 2, 5 s.). Mais si « rien n’empêche, comme l’enseigne le Docteur angélique, que quelques autres soient appelés, sous un certain rapport, médiateurs entre Dieu et les hommes, en tant qu’ils coopèrent d’une façon dispositive et subordonnée à unir les hommes à Dieu » (St Thomas, Summa, III, Q. 26, a. 1), parmi lesquels se trouvent les anges et les saints du ciel, les prophètes et les prêtres des deux Testaments, alors en vérité la parure de cette gloire revient de façon plus éminente encore à la Vierge très haute. Il est impossible en effet de concevoir quelqu’un qui, pour réconcilier les hommes avec Dieu, ait jamais pu ou puisse jamais réaliser une œuvre pareille à celle de Marie. C’est elle en effet qui a donné le Sauveur aux hommes qui couraient à la perte éternelle, à savoir lorsque par son assentiment admirable elle accueillit « au nom de toute la nature humaine » (St Thomas Summa III, Q. 30, a 1), l’annonce du Mystère …, pour ce motif, la digne médiatrice très agréée auprès du Médiateur».

Pape Léon XIII, Octobri mense, 22 sept. 1891 [principes dogmatiques de la Mariologie] : «…rien ne nous est distribué, de par la volonté de Dieu, sinon par Marie, de sorte que de même que personne ne peut accéder au Père sinon par le Fils, de même pour ainsi dire personne ne peut parvenir au Christ sinon par la mère».

Pape St Pie X Ad Diem Illum Laetissimum, 2 fév. 1904 : «de cette société de douleurs et d’angoisses … entre la Mère et le Fils a été donné à cette auguste Vierge « d’être auprès de son Fils unique la très puissante médiatrice et avocate du monde entier » [Pie IX, in Bull. Ineffabilis]. … Marie, comme le remarque justement saint Bernard, est l' »aqueduc » [Serm. de temp., in Nativ. B. V.,  » De Aquæductu « , n. 4] ; ou, si l’on veut, cette partie médiane qui a pour propre de rattacher le corps à la tête et de transmettre au corps les influences et efficacités de la tête, Nous voulons dire le cou. Oui, dit saint Bernardin de Sienne, « elle est le cou de notre chef, moyennant lequel celui-ci communique à son corps mystique tous les dons spirituels » [S. Bernardin Sen., Quadrag. de Evangelio æterno, Serm. X, a. III, c.3]».

Pape Pie XII Ad coeli Reginam, 11 oct. 1954 : «Nous recourons à Marie notre Reine, lui manifestant non seulement Notre amour, mais aussi celui, de quiconque se glorifie du nom de chrétien. … de cette même union avec le Christ, découle la puissance royale qui l’autorise à distribuer les trésors du Royaume du Divin Rédempteur ; enfin cette même union avec le Christ est source de l’efficacité inépuisable de son intercession maternelle auprès du Fils et du Père.  … ayant été établie par le Seigneur Reine du ciel et de la terre et se trouvant exaltée au dessus de tous les chœurs des Anges et de tous les Saints du ciel à la droite de son Fils unique, Jésus-Christ Notre Seigneur : elle obtient audience par la puissance de ses supplications, maternelles, elle reçoit tout ce qu’elle demande et ne connaît jamais de refus. Que quiconque honore donc la Souveraine des Anges et des hommes … l’invoque aussi comme la Reine très puissante, médiatrice de paix».

Saint Louis-Marie de Montfort, Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge, n° 74 : « Quidquid Deo convenit per naturam, Mariae convenit per gratiam : Tout ce qui convient à Dieu par nature, convient à Marie par grâce, disent les saints».

St L-M. de Montfort, Vraie dévotion à la Sainte Vierge, n° 84 : « Notre-Seigneur est notre avocat et notre médiateur de rédemption auprès de Dieu le Père».

St L-M. de Montfort, Vraie dévotion à la Sainte Vierge, n° 86 : « Tout ceci est tiré de saint Bernard et saint Bonaventure ; en sorte que, selon eux, nous avons trois degrés à monter pour aller à Dieu : le premier, qui est le plus proche de nous et le plus conforme à notre capacité, est Marie ; le second est Jésus-Christ ; et le troisième est Dieu le Père. Pour aller à Jésus, il faut aller à Marie, c’est notre médiatrice d’intercession ; pour aller au Père éternel, il faut aller à Jésus, c’est notre médiateur de rédemption».

L’imitation de la sainte Vierge, L4, ch. 1, P. de Rouville, 1772 : «Mère de mon Dieu … ayant donné à Dieu cette vie par laquelle il nous a rachetés, vous méritez de porter le titre de médiatrice du salut, sans préjudice néanmoins de la qualité de seul et unique médiateur, qui, dans le sens propre, ne convient qu’à votre Fils».

Marie, associée du divin Rédempteur et au mystère de la Rédemption

Jésus-Christ seul Rédempteur

Le dogme infaillible, ci-dessous, enseigne que Jésus-Christ seul est Rédempteur.

Pape Eugène IV, Concile de Florence, «Cantate Domino» 1441, ex-cathedra : «La sainte Église romaine croit fermement, professe et enseigne que nul conçu de l’homme et de la femme n’a jamais été libéré de la domination du diable, que par le mérite du médiateur entre Dieu et les hommes, notre Seigneur Jésus-Christ ; Celui qui a été conçu sans péché, est né et mort, a SEUL par sa mort abattu l’ennemi de la race humaine en détruisant nos péchés, et a ouvert l’entrée du royaume du ciel, que le premier homme avait perdu par son propre péché… » (Denz. 1347 / 711)

Pape Pie IV, Concile de Trente , sess. 25, Sur l’invocation, la vénération et les reliques des saints, et sur les images sacrées, ex cathedra : «… les saints qui règnent avec le Christ offrent leurs prières à Dieu pour les hommes ; et qu’il est bon et utile de les invoquer et supplier afin d’obtenir des faveurs de Dieu par son Fils Jésus Christ notre Seigneur, qui SEUL est notre Rédempteur et Sauveur …. Et ils doivent aussi apprendre que les images du Christ, la vierge mère de Dieu et des autres saints doivent être mises en place et maintenues … Mais si quelqu’un doit enseigner ou maintenir quelque chose de contraire à ces décrets, qu’il soit anathème». (Denz. 1821 / 984)

Seul Jésus-Christ est vrai Dieu et vrai homme. Marie étant une créature a eu besoin de la rédemption, sauf que Dieu l’a fait bénéficier de la rédemption d’une manière singulière et à part de toutes les autres créatures : Marie a bénéficié à l’avance de la rédemption parce Dieu voulait se l’associer au mystère de la rédemption !

Marie l’associée du divin Rédempteur

Le dogme infaillible ci-dessous enseigne que la sainte Vierge Marie est «unie étroitement, unie inséparablement avec lui [Jésus-Christ]» et qu’elle est l’«associée du divin Rédempteur».

Pape Pie IX, Ineffabilis Deus, Dogme de L’Immaculée Conception, 8 déc. 1854 ex cathedra (déclaration infaillible de la chaire de Pierre) : …comme le Christ, médiateur entre Dieu et les hommes, détruisit, en prenant la nature humaine, l’arrêt de condamnation qui était contre nous et l’attacha triomphalement à la croix ; ainsi la Très Sainte Vierge, unie étroitement, unie inséparablement avec lui, fut, par lui et avec lui, l’éternelle ennemie du serpent venimeux, le vainquit, le terrassa sous son pied virginal et sans tache, et lui brisa la tête.

Pape Pie XII, Munificentissimus Deus, Dogme de l’Assomption, § V, 1er nov. 1950 ex cathedra (déclaration infaillible de la chaire de Pierre) : «… l’auguste Mère de Dieu, unie de toute éternité à Jésus-Christ, d’une manière mystérieuse, par «un même et unique décret» de prédestination, immaculée dans sa conception, Vierge très pure dans sa divine Maternité, généreuse associée du divin Rédempteur…»

La Mère de Dieu est incluse dans la loi divine par «un même et unique décret [décret divin] de prédestination» :

  • La Maternité divine de Marie ne fait qu’un avec l’Incarnation Rédemptrice de Dieu le Fils.
  • L’Immaculée Conception est une grâce singulière, unique, par avance, de la Rédemption accomplie par Jésus-Christ, pour sa Maternité divine et l’Incarnation rédemptrice de Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme.

Pape Pie IX, Ineffabilis Deus, Dogme de L’Immaculée Conception, 8 déc. 1854 ex cathedra (déclaration infaillible) : «…les termes mêmes dans lesquels les divines Écritures parlent de la Sagesse incréée et représentent son origine éternelle, elle [l’Église] a continué de les employer dans les offices ecclésiastiques et dans la liturgie sacrée, et de les appliquer aux commencements mêmes de la Vierge ; commencements mystérieux, que Dieu avait prévus et arrêtés dans un seul et même décret, avec l’Incarnation de la Sagesse divine».

Pape St Pie X Ad Diem Illum Laetissimum, pour le cinquantenaire du dogme de l’Immaculée Conception, 2 fév. 1904 : «si la Vierge a été affranchie de la tache originelle, c’est parce qu’elle devait être la Mère du Christ : or, elle fut Mère du Christ afin que nos âmes pussent revivre à l’espérance».

  • L’unique Immaculée Marie a coopéré à la Rédemption en donnant Jésus Rédempteur : L’Immaculée Conception est incluse dans la Rédemption pour nous donner le Rédempteur.
  • Marie a coopéré à la rédemption : demeurant fidèle à sa grâce unique d’Immaculée, sa plénitude de surabondance de grâce a augmenté sans cesse car Dieu a voulu que les hommes reçoivent les grâces par la plénitude (reçue) de grâce de Marie car ils étaient indignes de les recevoir directement.
  • Dieu n’a pas voulu que les hommes reçoivent le Rédempteur directement mais par Marie. «Le Verbe a été fait chair (Jn 1, 14)» par Marie, il aurait se faire chair par Lui-même, mais il a voulu se faire chair par la chair de Marie.
  • Dieu le Fils a créé Marie et a pris d’elle sa chair rédemptrice et son humanité. La chair de Jésus-Christ est la chair de Marie dans la Rédemption et dans l’Eucharistie. La chair et le Sang Rédempteurs de Jésus-Christ sont aussi la chair et le sang de sa Mère. L’Esprit-Saint, le sang Rédempteur et l’eau du baptême sont infailliblement inséparables.

La chair et le Sang de Jésus-Christ c’est la chair et le sang de Marie qui ne peuvent absolument pas être séparés de la chair et du sang rédempteurs de son Fils.

Pape Saint Léon le Grand, Concile de Chalcédoine, 451 ex cathedra  (déclaration infaillible de la chaire de Pierre) : «Qu’il y en a trois qui rendent témoignage – l’Esprit, le Sang et l’eau – Les Trois ne sont qu’en d’autres termes, l’Esprit de sanctification, le Sang de la Rédemption et l’eau du baptêmeCes trois sont Un seul et restent indivisibles. Aucun d’entre eux ne sont séparables et n’ont de privilège avec les autres».

I Jean 5, 8 : « Et ils sont trois qui trois qui rendent témoignage sur la terre, l’esprit,  l’eau et le Sang : et ces trois sont une seule chose».

Pape Pie XII, Munificentissimus Deus, Dogme de l’Assomption, § V, 1er nov. 1950 ex cathedra (déclaration infaillible de la chaire de Pierre) : «… l’auguste Mère de Dieu, unie de toute éternité à Jésus-Christ, d’une manière mystérieuse, par «un même et unique décret» de prédestination, immaculée dans sa conception, Vierge très pure dans sa divine Maternité, GÉNÉREUSE ASSOCIÉE DU DIVIN RÉDEMPTEUR qui remporta un complet triomphe sur le péché et ses suites, a enfin obtenu comme suprême couronnement de ses privilèges d’être gardée intacte de la corruption du sépulcre, en sorte que, comme son Fils déjà auparavant, après sa victoire sur la mort, elle fût élevée, dans son corps et dans son âme, à la gloire suprême du ciel où, Reine, elle resplendirait à la droite de son Fils, Roi immortel des siècles».

Le pape Pie XII enseigne infailliblement ci-dessus : «l’auguste Mère de Dieu, unie de toute éternité à Jésus-Christ, d’une manière mystérieuse, par «un même et unique décret» de prédestination, immaculée dans sa conception, Vierge très pure dans sa divine Maternité, généreuse associée du divin Rédempteur». Marie est «associée du divin Rédempteur». C’est la loi divine, c’est-à-dire infaillible et obligatoire à croire pour être catholique, et personne ne peut nier que Marie est associée à la Rédemption sans être hérétique (en connaissance). Marie infailliblement «associée du divin Rédempteur» est le sens du titre co-rédemptrice, non par égalité au Verbe éternel fait chair, mais par association et coopération volontaire en dépendance de Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme. Marie est associée au sang rédempteur puisqu’ils ont le même sang.

Le pape Léon XIII enseigne dans Supremi apostolatus sur le très saint Rosaire, que la Mère de Dieu est associée à Jésus-Christ dans l’œuvre du salut (c’-à-d. la Rédemption) du genre humain.

Pape Léon XIII, Supremi apostolatus sur le très saint Rosaire, 1er sept. 1883 : «Nous estimons que rien ne saurait être plus efficace et plus sûr que de Nous rendre favorable, par la pratique religieuse de son culte, la sublime Mère de Dieu, la Vierge Marie, dépositaire souveraine de toute paix et dispensatrice de toute grâce, qui a été placée par son divin Fils au faîte de la gloire et de la puissance, afin d’aider du secours de sa protection les hommes s’acheminant, au milieu des fatigues et des dangers, vers la Cité Éternelle. Ce fut toujours le soin principal et solennel des catholiques de se réfugier sous l’égide de Marie et de s’en remettre à sa maternelle bonté dans les temps troublés et dans les circonstances périlleuses. Cela prouve que l’Église catholique a toujours mis, et avec raison, en la Mère de Dieu, toute sa confiance et toute son espérance. En effet, la Vierge exempte de la souillure originelle, choisie pour être la Mère de Dieu, et par cela même associée à lui dans l’œuvre du salut du genre humain, jouit auprès de son Fils d’une telle faveur et d’une telle puissance que jamais la nature humaine et la nature angélique n’ont pu et ne peuvent les obtenir…».

Le pape Benoit XV confirme l’association de Marie au rachat du genre humain par le divin Rédempteur.

Pape Benoît XV, Lettre du 22 mars 1918 (Acta Apost. Sed. X, 182) : «Marie, en union avec le Christ, a racheté le genre humain [humanum genus redemisse]».

La sainte Vierge compléta ce qui manquait aux souffrances du Christ pour son Corps qui est L’Église

Si saint Paul le dit de lui-même dans Colossiens 1, 24, combien plus cela est vrai pour la Mère de Dieu, reine des martyrs.

Le pape St Pie X enseigne dans Ad Diem Illum Laetissimum que Marie est la réparatrice par son union à son Fils et qu’elle a été associée par Jésus-Christ à l’œuvre de la rédemption.

Pape St Pie X, Ad Diem Illum Laetissimum, 2 fév. 1904 : «La conséquence de cette communauté de sentiments et de souffrances entre Marie et Jésus, c’est que Marie « mérita très légitimement de devenir la réparatrice de l’humanité déchue » [Eadmeri Mon., De Excellentia Virg. Mariæ, c. IX]. … Il s’en faut donc grandement, on le voit, que Nous attribuions à la Mère de Dieu une vertu productrice de la grâce, vertu qui est de Dieu seul. Néanmoins, parce que Marie l’emporte sur tous en sainteté et en union avec Jésus-Christ et qu’elle a été associée par Jésus-Christ à l’œuvre de la rédemption, elle nous mérite de congruo [de convenance], comme disent les théologiens, ce que Jésus-Christ nous a mérité de condigno [de dignité], et elle est le ministre suprême de la dispensation des grâces».

Le Pape Pie XII enseigne ci-dessous dans Mystici corporis Christi (Magistère ordinaire), que la sainte Vierge présenta son Fils au Père, sur la croix, y joignant son holocauste, en supportant ses immenses douleurs, compléta ce qui manquait aux souffrances du Christ pour son Corps qui est L’Église.

Pape Pie XII, Mystici corporis Christi, 29 juin 1943 (Magistère ordinaire infaillible) : «Ce fut elle [la Vierge Mère de Dieu] qui, exempte de toute faute personnelle ou héréditaire, toujours très étroitement unie à son Fils, le présenta sur le Golgotha au Père Éternel, en y joignant l’holocauste de ses droits et de son amour de mère, comme une nouvelle Ève, pour tous les fils d’Adam qui portent la souillure du péché originel ; ainsi celle qui, corporellement, était la mère de notre Chef, devint spirituellement la mère de tous ses membres, par un nouveau titre de souffrance et de gloire. Ce fut elle qui obtint par ses prières très puissantes que l’Esprit du divin Rédempteur, déjà donné sur la Croix, fût communiqué le jour de la Pentecôte en dons miraculeux à l’Église qui venait de naître. Ce fut elle enfin qui, en supportant ses immenses douleurs d’une âme pleine de force et de confiance, plus que tous les chrétiens, vraie Reine des martyrs, compléta ce qui manquait aux souffrances du Christ… pour son Corps qui est L’Église (Col. I, 24)».

Les souffrances de Jésus-Christ intimement associées à l’amour et aux douleurs de sa Mère

Le pape Pie XII explique aussi dans Haurietis Aquas ci-dessous que «dans l’œuvre de la Rédemption, la Très Sainte Vierge fût indissolublement unie au Christde sorte que le salut nous vînt de la charité et des souffrances de Jésus-Christ intimement associées à l’amour et aux douleurs de sa Mère».

Pape Pie XII, Haurietis Aquas, n° 73, 15 mai 1956 : «Dieu a voulu, en effet, que dans l’œuvre de la Rédemption des hommes, la Très Sainte Vierge fût indissolublement unie au Christ, de sorte que le salut nous vînt de la charité et des souffrances de Jésus-Christ intimement associées à l’amour et aux douleurs de sa Mère».

Pie XII enseigne aussi dans son encyclique Ad coeli Reginam sur la royauté de la sainte Vierge Marie et l’institution de sa fête au 31 mai que Marie a restauré toutes choses, qu’elle contribua à notre rédemption, que le genre humain se sauve par elle, qu’elle est associée dans la rédemption du genre humain, sacrifiant son Fils, et associée à l’œuvre du Divin Rédempteur.

Pape Pie XII Ad coeli Reginam, 11 oct. 1954 : « « … Marie, en restaurant toutes choses par ses mérites, est la Mère et la Souveraine de toutMarie est Souveraine de toutes choses en les restaurant dans leur dignité originelle par la grâce qu’elle mérita  » [Eadmerus Monachus Cantuariensis (1060-1129), De excellentia Virginis Mariae, c. 11 : P. L. CLIX, 508 A B.] « . elle contribua à notre Rédemption, en donnant sa chair à son Fils et en l’offrant volontairement pour nous, désirant, demandant et procurant notre salut d’une manière toute spéciale  » [F. Suarez, De mysteriis vitae Christi, disp. XXII, sect. II, ed. Vivès, XIX, 327] … le genre humain, assujetti à la mort par une vierge, se sauve aussi par l’intermédiaire d’une vierge ; … cette glorieuse Souveraine fut choisie comme Mère de Dieu précisément « pour être associée à lui dans la rédemption du genre humain«  [Pie XI, Epist. Auspicatus profecio : A. A. S. XXV, 1933, p. 80] ; réellement « ce fut elle qui, exempte de toute faute personnelle ou héréditaire, toujours étroitement unie à son Fils, l’a offert sur le Golgotha au Père Éternel, sacrifiant en même temps son amour et ses droits maternels, comme une nouvelle Ève, pour toute la postérité d’Adam, souillée par sa chute misérable »  [Pie XII, Litt. Enc. Mystici Corporis : A. A. S. XXXV, 1943, p. 247] ; Marie … est associée à l’œuvre du Divin Rédempteur dans sa lutte contre ses ennemis et dans son triomphe remporté sur eux tous».

Pie XII enseigne aussi dans Meminisse Iuvat du 14 juillet 1958 – sur les prières pour l’Église persécutée – que la Mère de Dieu fut « pour tout le genre humain cause de salut » :

Pape Pie XII, Meminisse Iuvat du 14 juillet 1958 : «Qu’ils supplient d’une seule voix et d’un seul cœur, celle [la Mère de Dieu] qui fut « pour tout le genre humain cause de salut » [Saint Irénée, Contr. Haeres. 3, 2, 2 ; P. C, 7, 959]».

Marie est coopératrice dans la rédemption, elle qui est « pour tout le genre humain cause de salut » en nous donnant Jésus-Christ.

Saint Irénée, père de l’Église, au 2ème siècle, explique que Marie fut la seule à coopérer à l’économie de salut de Dieu et qu’elle devint cause de salut par son obéissance, et que son sein a régénéré les hommes. C’est autre une façon de dire que Marie est coopératrice unique à l’économie du salut et de la rédemption, c’est ce que signifie le titre de co-rédemptrice.

Saint Irénée, Contre les hérésies, livre 3, partie 2, 2, Complément de preuve en faveur de la naissance virginale du Fils de Dieu : «Marie étant seule à coopérer à l’ « économie » c’est de Marie encore Vierge qu’à juste titre il a reçu cette génération qui est la récapitulation d’Adam. … Marie, ayant pour époux celui qui lui avait été destiné par avance, et cependant Vierge, devint, en obéissant, cause de salut pour elle-même et pour tout le genre humain. Le nœud de la désobéissance d’Ève a été dénoué par l’obéissance de Marie, car ce que la vierge Ève avait lié par son incrédulité, la Vierge Marie l’a délié par sa foi».

Saint Irénée, Contre les hérésies, livre 4, partie 2, 4 : «… ils [les prophètes qui tous préfiguraient un seul personnage : Jésus-Christ] ont prêché l’Emmanuel né de la Vierge : par là ils faisaient connaître l’union du Verbe de Dieu avec l’ouvrage par lui modelé, à savoir que le Verbe se ferait chair, et le Fils de Dieu, Fils de l’homme ; que lui, le Pur, ouvrirait d’une manière pure le sein pur qui a régénéré les hommes en Dieu et qu’il a lui-même fait pur».

Saint Irénée, père de l’Église, Contre les hérésies, L. V, Part 2 § 2 : « … de même que le genre humain avait été assujetti à la mort par une vierge, il en fut libéré par une Vierge, la désobéissance d’une vierge ayant été contrebalancée par l’obéissance d’une Vierge».

Saint Augustin, père de l’Église, dit que par «l’obéissance de Marie», «les maux causés par la désobéissance originelle se trouvent réparés [1]».

Méditations sur les vérités de la foi et de la morale pour tous les jours de l’année, T. I, vendredi III de l’avent, P. Kroust, S J, éd. 1857 : «… les saints pères accordent un mérite sans prix à l’obéissance de Marie. « O heureuse obéissance ! s’écrie saint Augustin, ô grâce insigne ! C’est alors qu’elle mérite la gloire dont elle jouit plus tard. Quelle gloire cette obéissance a rendue à Dieu, quelle joie aux anges, quelle consolation aux patriarches dans les limbes, quels fruits abondants pour nous ! C’est ainsi que par cette obéissance les maux causés par la désobéissance originelle se trouvent réparés [1]« ».

Saint Germain de Constantinople (635-733), père de l’Église, Patriarche de Constantinople et grand théologien marial pendant la crise iconoclaste sous Léon III dit que personne n’est racheté sinon grâce à Mère de Dieu et Saint L.-M. de Montfort le cite dans son Traité de la Vraie Dévotion à la sainte Vierge n° 165.

Saint Germain de Constantinople : «Personne n’est empli de la connaissance de Dieu sinon grâce à vous, ô Toute Sainte ; personne n’est sauvé sinon grâce à vous, Mère de Dieu ; personne n’échappe aux dangers sinon grâce à vous, Vierge-Mère ; personne n’est racheté sinon grâce à vous, Mère du Seigneur ; personne ne reçoit les faveurs de la miséricorde divine sinon grâce à vous, Demeure de Dieu».

Ceux qui nient tout titre de co-rédemptrice  à Marie (pas de la même manière que l’unique Rédempteur, mais en Lui étant associée par convenance ou par grâce) sont dans l’erreur.

Saint Anselme dit que Dit a voulu tirer le monde de la ruine avec le concours de Marie.

Saint Anselme de Cantorbery (1033-1109), Oratio 52 : «Dieu a bien pu créer le monde de rien, mais le monde s’étant, par le péché, précipité dans la ruine, Dieu n’a pas voulu l’en tirer sans le concours de Marie».

Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153), dit que Marie a coopéré à notre réparation, et appelle Marie «la restauratrice [1] des siècles» dans sa lettre aux chanoines de Lyon (Epist. 174, PL 182, 332).

Saint Bernard de Clairvaux, Sermo de duodecim proerogativis B. V. M., n° 1 : «Un homme et une femme ayant coopéré à notre ruine, il convenait qu’un homme et une femme coopérassent à notre réparation».

Méditations sur les vérités de la foi et de la morale pour tous les jours de l’année, Lundi XI ap. la Pentecôte, P. Kroust, éd. 1857 : «Mère très tendre… Mère bienfaisante, que saint Bernard, écrivant aux chanoines de Lyon, appelle l’inventrice de la grâce, la médiatrice du salut, la restauratrice [1] des siècles, parce qu’elle nous a donné le fruit de ses entrailles, le prix de la rédemption, qu’elle l’a offert à Dieu le Père pour le salut des hommes, qu’elle a voulu que son fils unique fut livré pour nous et qu’il fut crucifié ; elle fut présente et présida en quelque sorte à l’exécution avec Dieu le Père, disposée à immoler son Fils de ses propres mains si Dieu l’eût ordonné, afin d’écraser la tête de l’ancien serpent, de l’ennemi du genre humain, selon ce qui est écrit : Elle t’écraseras la tête (Gn 3)». (Cité aussi dans « Maria, Études sur la Sainte Vierge », Hubert du Manoir, S. J., T. II, p. 573, éd. Beauchesne 1952)

Saint Albert le grand (1193-1280), le maître de saint Thomas, appelle Marie la coopératrice de la rédemption.

Saint Albert le grand, Super Missus, q. 29, § 3 : «Marie est l’aide, la coopératrice de la Rédemption».

Saint Bonaventure (≈1218-1274), Docteur séraphique, enseigne que Marie s’est offerte aussi afin de donner sa vie pour nous, nous montrant par là son association.

Saint Bonaventure, Liber de institutione Virginis, cap. VII, n°49 : «Aussi, tandis que le Fils était suspendu mourant à la croix, la Mère s’offrait aux bourreaux afin de donner sa vie pour nous».

Sainte Mechtilde de Hackeborn (1241 – 1298), Vierge bénédictine et sœur de sainte Gertrude (1256 – 1302), abbesse bénédictine d’Helphta, écrit dans son Le Livre de la grâce spéciale (Liber specialis gratiae), que «la rédemption est surtout due à la Vierge», confirmant ainsi sa participation dans l’œuvre de la Rédemption. Les révélations et dévotions de ce livre sont reçues de Jésus-Christ et de la sainte Vierge, et sont une tradition dans l’Église, et son titre-même est donné par Jésus lui-même.

Sainte Mechtilde, Le livre de la grâce spéciale, ch. XLV, n° 8, Comment saluer la bienheureuse Vierge en union avec toute créature (p. 155) : « … le Seigneur lui dit : « Salue ma Mère en union avec toute créature ». … Les dominations portaient une couronne d’une merveilleuse beauté ornées de fines et gracieuses têtes humaines, cela signifiait que la rédemption des hommes est surtout due à la Vierge ».

Sainte Brigitte de Suède (1302-1373), écrit que la sainte Vierge dit elle-même que Son fils et elle-même ont racheté le monde et que les ruines des anges seront réparées [1]. Les Révélations célestes de sainte Brigitte ont été approuvées par les papes Grégoire XI et Boniface IX (Bulle papale Ab origine mundi, par. 39, 7 oct. 1391) et jugées conformes à la foi catholique par les conciles de Constance et de Bâle.
 Révélations célestes de sainte Brigitte, Livre 1, ch. 35 : «Quand il me regardait du haut de la croix et que je le regardais, des  torrents de larmes sortaient de mes yeux ; et quand il m’a vu brisée de douleur, il a ressenti tant d’amertume de ma douleur, que la douleur de ses plaies lui sembla assoupie. Partant, j’ose dire que sa douleur était ma douleur, d’autant que son cœur était mon cœur ; car de même que Adam et Ève ont vendu le monde par une pomme, de même mon cher Fils et moi l’avons racheté comme par un cœur».

Révélations célestes de sainte Brigitte, Livre 6, ch. 56 : «La Sainte Vierge Marie parle : … Or, les amis de Dieu, qui attendaient depuis longtemps, disaient, Dieu les inspirant : Pourquoi nous affligerons-nous davantage ? Il nous faut plutôt réjouir, car la lumière qui illuminera nos ténèbres est née ; nous désirs sont accomplis. Les anges se réjouirent aussi, bien que leur joie soit toujours en la vision divine, disant : Quelque chose de désirable est né en la terre, et c’est une merveille d’amour par laquelle la paix du ciel et de la terre sera affermie, et nos ruines seront réparées [1]».

Le père François Poiré, S. J., appelle la sainte Vierge Marie réparatrice [1] dans son livre La triple Couronne de 1645, œuvre capitale de piété mariale dans l’Église, cité par le père de Barry dans Cent dévotions à la sainte Vierge et qui inspira la petite couronne de St L-M. de Montfort.

P. Poiré, S. J., La Triple Couronne de la Bienheureuse Vierge Mère de Dieu issue de ses principales grandeurs d’’Excellence, de Pouvoir et de Bonté, IIème part. Couronne de Pouvoir, 5ème étoile : Qu’elle soit la Mère du siècle à venir et la Réparatrice [1] de notre race – § II. Du titre de Mère du siècle à venir et de Réparatrice [1] donné à la Mère et à l’Épousé du sauveur : « 3.  … que tous les royaumes et toutes les nations du monde doivent reconnaître pour leur Réparatrice [1], et compagne inséparable du Sauveur, en l’entreprise de notre salut. … Ce point et ce titre de réparatrice [1] étant de telle conséquence comme il est, il ne m’es pas loisible de le passer légèrement, mais je me sens obligé pour l’immortelle mémoire de cette Princesse,et pour la confusion de l’hérésie, et de l’enfer de l’établir en sorte qu’il n’y ait plus de moyen. …

« … le Pape Innocent III (Serm. I De Assompt.) : « Ce qu’Eve a ruiné, Marie l’a sauvé« . … Saint Bernard (Serm. IV De Assompt.) : « Le ciel a été peuplé, l’enfer a été vidé, et les ruines de la Céleste Jérusalem ont été réparées [1]« … (Epist. 174) : « L’inventrice de la grâce, la médiatrice du salut, la réparatrice [1] de tous les élus« . Saint Germain de Constantinople (Serm. De Dormit B. Virg.) : « O Sainte Vierge… nul n’est sauvé que par votre moyen« . … Saint Augustin (Serm. 17 De Nativ.), Saint Fulgence (Lib. De Laudibus Mariae), Saint Irénée (Lib. 1 ? c 11 ?), Saint Pierre Chrysologue (Serm. De Assumpt. IV), Sophronius et plusieurs autres, et Denis le Chartreux (Lib. 1 De Laudibus Virg.) ne fait nulle difficulté de l’appeler après eux la Salvatrice du monde … Le Sauveur de nos âmes n’avait nullement besoin d’aide ni d’assistance pour parachever l’œuvre de notre rédemption, ainsi que remarque gravement Saint Ambroise (Epist. Ad. Eccles. V.), après le prophète David, néanmoins cela n’empêcha pas qu’il fit l’honneur à sa Très Sainte Mère et à sa Très chère Épouse de l’associer à cette conquête [Rédemption]. …

« … Il est à noter que la faveur qui a été communiquée à la bienheureuse Vierge ne déroge nullement en la qualité de Sauveur qui est singulièrement propre de notre Seigneur, mais que nonobstant ce privilège de participation, ce qu’il dit par les prophètes Isaïe et Osée, demeure inviolable savoir qu’il est l’unique Sauveur, qu’il n’en est point d’autre que lui, que jetant les yeux de toutes parts il n’a rencontré personne qui lui put prêter la main : bref qu’il n’a reçu de secours ni d’assistance que de son bras et de son zèle. Car il est vrai que comme il n’appartient qu’à Dieu seul de sauver en qualité de cause principale, ainsi ne convient qu’à Jésus-Christ Dieu et homme, de satisfaire en rigueur de justice et de mériter la grâce et gloire à l’homme disgracié, je dis de la mériter avec condignité [par nature], comme on a coutume de parler en l’école. Et la Saint Vierge n’a garde de s’arroger ce mérite, ni moi de vouloir contester en sa faveur. Tout ce que je prétend ici n’est autre chose que de montrer que sa grâce a été si extraordinaire, ses qualités et ses actions tellement relevées par-dessus le commun qu’elles ont mérités que Dieu eut encore égard à elle, au traité de paix qu’il a fait avec les hommes et qu’à leur considération il ait été mû par une certaine bienséance que nous appelons congruité [de convenance : Ce qui convient à Dieu par nature, convient à Marie par grâce], à les recevoir en son amitié. Passe-droit, lequel, il n’appartient qu’à elle, ainsi ne peut il être dénié à ses rares mérites».

Saint Louis-Marie de Montfort (1673-1716), missionnaire apostolique nommé par le pape Clément XI et apôtre de Marie, l’appelle «la réparatrice [1] du genre humain», et aussi «la Vierge fidèle qui répare [1] les pertes qu’a faites Ève», dans son Traité de la vraie dévotion à la sainte Vierge.

Saint L-M de Montfort, Traité de la Vraie Dévotion, n° 28 : «Marie commande dans les cieux sur les anges et les bienheureux. Pour récompense de son humilité profonde, Dieu lui a donné le pouvoir et la commission de remplir de saints les trônes vides dont les anges apostats sont tombés par orgueil. Telle est la volonté du Très-Haut, qui exalte les humbles (Saint Luc I, 52), que le ciel, la terre et les enfers plient, bon gré mal gré, aux commandements de l’humble Marie, qu’il a faite la souveraine du ciel et de la terre, la générale de ses armées, la trésorière de ses trésors, la dispensatrice de ses grâces, l’ouvrière de ses grandes merveilles, la réparatrice [1] du genre humain, la médiatrice des hommes, l’exterminatrice des ennemis de Dieu et la fidèle compagne de ses grandeurs et de ses triomphes».
St L-M de Montfort, Traité de la Vraie Dévotion, n° 175 : «La Très Sainte Vierge est la Vierge fidèle qui, par sa fidélité à Dieu, répare [1] les pertes qu’a faites Ève l’infidèle par son infidélité».
[1] Restauratrice et réparatrice sont des termes équivalents à co-rédemptrice, c’est-à-dire «associée du divin Rédempteur», ou «associée à lui [son divin Fils] dans l’œuvre du salut», ou «indissolublement unie au Christ dans l’œuvre de la rédemption», comme l’enseignent plus haut les papes Léon XIII et Pie XII. Restauratrice et réparatrice, du latin « reparo » : remettre en état, restaurer, réparer, rétablir ; « reparabilis » (reparo) : qui se renouvelle ; « reparatio » (reparo) : rétablissement, renouvellement ; « reparator » (reparo) : réparateur, restaurateur, Sauveur (figuré).
Saint L-M de Montfort explique pourquoi Marie est appelée réparatrice : c’est parce que dans le Mystère de l’Incarnation rédemptrice, Jésus a choisi les élus et accompli tous les mystères de sa vie de concert avec Marie dans son sein.

Saint L-M de Montfort, Traité de la Vraie Dévotion, n° 248« … pour expliquer les excellences et les grandeurs du mystère de Jésus vivant et régnant en Marie, ou de l’Incarnation du Verbe, je me contenterai de dire … que c’est ici le premier mystère de Jésus-Christ, le plus caché, le plus relevé et le moins connu ; que c’est en ce mystère que Jésus, de concert avec Marie, dans son sein, qui est pour cela appelé des saints aula sacramentorum, la salle des secrets de Dieu (S. Ambroise, De Instit. Virg., cap. 7, n°50), a choisi tous les élus ; que c’est en ce mystère qu’il a opéré tous les mystères de sa vie qui ont suivi, par l’acceptation qu’il en fit : Jesus ingrediens mundum dici : Ecce venio ut faciam, voluntatem tuam etc. (He 10, 5-9) ; et, par conséquent, que ce mystère est un abrégé de tous les mystères, qui renferme la volonté et la grâce de tous …».

Saint Alphonse de Liguori (1696-1787), Docteur de l’Eglise, enseigne que Marie coopérerait à notre rédemption.

Saint Alphonse, Les Gloires de Marie, commentaire d’Isaïe 53, 3 : «Il est vrai que Jésus voulut être seul à mourir pour le salut des hommes : « Seul, dit-il, j’ai foulé le pressoir » (Is 53, 3). Mais, devant l’ardeur de Marie à vouloir, elle aussi, se consumer pour notre salut, voici ce qu’il arrêta : par le sacrifice et l’offrande de sa vie à lui Jésus, elle coopérerait à notre rédemption, et deviendrait ainsi la mère de nos âmes».

La liturgie de l’Église [2] ci-dessous dit que «la virginité féconde de la bienheureuse Vierge a procuré au genre humain la grâce de la Rédemption», et que les sauvés doivent «le commencement de leur salut à l’enfantement de la bienheureuse Vierge», ce qui prouve une fois de plus l’association de la Sainte Vierge à la Rédemption voulue par Dieu.
Notre-Dame Mère de la Grâce, 9 juin, Collecte de la Messe : «Ô Dieu, qui par la virginité féconde de la bienheureuse Vierge, avez procuré au genre humain la grâce de la rédemption… [Latin : Deus, qui humáno géneri beátæ Mariæ virginitáte fœcunda reparatiónis grátiam contulisti…]».
Visitation, 2 juil. et Nativité de la B. V. Marie, 8 sept., Collecte de la Messe : «… afin que ceux qui doivent le commencement de leur salut à l’enfantement de la bienheureuse Vierge …».
[2] La liturgie sacrée est une profession des vérités célestes comme l’enseigne infailliblement le pape Pie XII dans Munifentissimus Deus, 1er nov. 1950, ex cathedra : «… la liturgie sacrée, ainsi que tous le savent, « étant aussi une profession des vérités célestes, soumises au magistère suprême de l’Église [Magistère : Pie XII, Mediator Dei, 20 nov. 1947 ; AAS XXXIX (1947) 541. Cf. SVS n. 249]».
L’Église enseigne infailliblement que Marie est l’associée du rédempteur, les pères enseignent qu’elle est cause du salut par son obéissance, et les saints enseignent qu’elle est réparatrice du genre humain.

Marie coopératrice de Jésus-Christ Rédempteur

Dieu a voulu accomplir la Rédemption par la mort de son Fils et le consentement de Marie, pas sans le consentement de Marie, c’était la volonté de Dieu. C’est la signification de Marie associée au mystère de la Rédemption : «associée du divin rédempteur» (Pape Pie XII). Dieu n’a pas voulu accomplir la rédemption autrement qu’avec la chair et le sang de Marie. Dans le mystère de l’Incarnation Rédemptrice, Dieu le Fils, qui a créé Marie, a pris d’elle sa chair rédemptrice et son humanité. La chair de Jésus-Christ est la chair de Marie dans la Rédemption et dans l’Eucharistie. La chair et le Sang Rédempteurs de Jésus-Christ sont aussi la chair et le sang de sa Mère. La chair et le Sang de Jésus-Christ c’est la chair et le sang de Marie. Le sang de Marie ne peut absolument pas être séparé du « Sang de la Rédemption » (Concile de Chalcédoine) de son Fils.

Pape Léon XIII, Octobri mense, 22 sept. 1891 [principes dogmatiques de la Mariologie] : «Lorsque le Fils éternel de Dieu voulut, pour le rachat … de l’homme, prendre une nature humaine … il ne l’a pas fait avant que la mère choisie n’ait donné son libre consentement ; elle agissait en quelque sorte en la personne du genre humain lui-même…»

Encyclopédie Catholique, 1907-1913, L’Annonciation : «Beaucoup de saints pères (Sts Jérôme, Cyrille, Ephrem, Augustin) disent que le consentement de Marie était essentiel à la rédemption. C’était la volonté de Dieu, dit saint Thomas (Summa III, 30), que la rédemption de l’humanité dépende du consentement de la Vierge Marie. Cela ne signifie pas que Dieu dans ses plans était lié par la volonté d’une créature, et que l’homme n’aurait pas été racheté si Marie n’avait pas consenti. Cela signifie seulement que le consentement de Marie était prévu depuis toute l’éternité, et a donc été considéré comme essentiel à la conception de Dieu».

Ce mystère de Marie médiatrice et co-rédemptrice (au sens orthodoxe des termes) est dû au fait que Jésus-Christ, le Fils de Dieu fait chair en Marie par le Saint-Esprit, a voulu librement se faire l’esclave de sa Mère pour accomplir la Rédemption.

Pape Léon XIII, Octobri mense, 22 sept. 1891 [principes dogmatiques de la Mariologie] : telle [sa mère] nous l’a montrée Jésus-Christ par son agir, en voulant librement être soumis à Marie, et lui obéir comme un fils à sa mère ».

Marie est la créature la plus parfaite de toutes que Dieu s’est associé singulièrement pour l’accomplissement de la Rédemption. Il n’est pas hérétique d’appliquer à Marie le titre « co-rédemptrice » dans le sens orthodoxe du terme qui est en tant qu’«associée du divin rédempteur» (Pie XII, Munificentissimus Deus ex cathedra), ou coopératrice de l’économie du salut (St Irénée). Le titre de Marie co-rédemptrice n’enlève rien au titre de seul rédempteur de Jésus-Christ, car Marie est une créature et qu’elle dépend de Jésus-Christ, tout en étant sa Mère et la Mère des chrétiens.

Pape Léon XIII, Quamquam Pluries, 15 août 1889 : «la Très Sainte Vierge est la mère de Jésus-Christ, elle est aussi la mère de tous les chrétiens qu’elle a enfantés sur la montagne du Calvaire, au milieu des suprêmes souffrances du Rédempteur crucifié».

P. Kroust, S J, Méditations sur les vérités de la foi et de la morale, Lundi saint, éd. 1857 : « S’étant approché de Jésus et voyant qu’il était mort, l’un des soldats lui ouvrit le côté d’un coup de lance, soit pour l’insulter encore, soit pour s’assurer qu’il était mort [et pour l’accomplissement des Écritures]. Ce corps privé de la vie n’éprouva aucune douleur ; mais sa Mère ressentit le coup, remplissant en elle-même ce qui manquait à la passion du Sauveur ».

La passion du Sauveur ne manque de rien et elle est entière et parfaite pour la Rédemption de tous les hommes, et pourtant Marie remplit ce qui « manque à la passion du Sauveur », d’une façon bien supérieure à saint Paul disant dans Colossiens 1, 24, «j’accomplis dans ma chair ce qui manque aux souffrances du Christ pour son corps qui est l’Église». Ceci signifie que la Mère du Rédempteur participe à la Médiation de son Fils Jésus-Christ de manière unique par le glaive qui transperça son âme, c’est la raison pour laquelle l’Église représente le Cœur Immaculé de Marie transpercé d’un glaive selon l’Évangile de saint Luc 2, 35 «Et un glaive transpercera votre âme». C’est ainsi que la sainte Vierge apparut à la rue du Bac en 1830 demandant la frappe de sa médaille de l’immaculée conception, dite médaille miraculeuse, avec son Cœur immaculé transpercé d’un glaive à côté du Sacré-cœur de Jésus et le « M » de Marie entrelacé à la Croix. C’est le sens du terme co-rédemptrice dans lequel le préfixe co signifie ensemble ou avec.

Marie co-rédemptrice ne signifie pas que Marie est une deuxième rédemptrice en substance (en nature) et au même titre que Jésus-Christ, ce serait une hérésie formelle de le penser. Marie co-rédemptrice signifie qu’elle est singulièrement associée et coopératrice de Jésus-Christ dans son œuvre de Rédemption parce que Dieu l’a voulu ainsi, comme l’enseigne l’Église ci-dessous.

Pape Pie XII, Ad caeli Reginam instituant la fête de Marie Reine, 11 oct. 1954 : «ce n’est pas seulement à cause de sa maternité divine que la bienheureuse Vierge Marie doit être appelée Reine, mais aussi parce que de par la volonté de Dieu elle eut une part exceptionnelle à l’œuvre de notre salut éternel. … Or dans l’accomplissement de cette œuvre de la rédemption, la très bienheureuse Vierge Marie fut en vérité intimement associée au Christ… « de même que, pour nous avoir rachetés, le Christ est à ce titre particulier notre Seigneur et notre Dieu, de même aussi la bienheureuse Vierge, en raison de la manière unique dont elle a donné son concours à notre rédemption, en mettant à disposition ce qu’elle est, et en offrant volontairement (le Christ) pour nous, désirant, demandant, et procurant notre salut de façon particulière (St Jean Damascène, De fide orthodoxa IV, 14)». (Denz. 3914)

Pape Pie XII Ad caeli Reginam, 11 oct. 1954 : « « …  Marie est Souveraine de toutes choses en les restaurant [1] dans leur dignité originelle par la grâce qu’elle mérita  » [Eadmerus Monachus Cantuariensis (1060-1129), De excellentia Virginis Mariae, c. 11 : P. L. CLIX, 508 A B.] « . … ELLE CONTRIBUA À NOTRE RÉDEMPTION, en donnant sa chair à son Fils et en l’offrant volontairement pour nous, désirant, demandant et procurant notre salut d’une manière toute spéciale  » [F. Suarez, De mysteriis vitae Christi, disp. XXII, sect. II, ed. Vivès, XIX, 327] … le genre humain, assujetti à la mort par une vierge, se sauve aussi par l’intermédiaire d’une vierge ; … cette glorieuse Souveraine fut choisie comme Mère de Dieu précisément « pour être associée à lui dans la rédemption du genre humain«  [Pie XI, Epist. Auspicatus profecio : A A S XXV, 1933, p. 80] ; réellement « ce fut elle qui, exempte de toute faute personnelle ou héréditaire, toujours étroitement unie à son Fils, l’a offert sur le Golgotha au Père Éternel, sacrifiant en même temps son amour et ses droits maternels, comme une nouvelle Ève, pour toute la postérité d’Adam, souillée par sa chute misérable »  [Pie XII, Litt. Enc. Mystici Corporis : A A S XXXV, 1943, p. 247] ; Marie … est associée à l’œuvre du Divin Rédempteur dans sa lutte contre ses ennemis et dans son triomphe remporté sur eux tous». (AAS 46 (1954), 633-636)

[1] Restauratrice et réparatrice sont des termes équivalents à co-rédemptrice, c’est-à-dire «associée du divin Rédempteur», ou «associée à lui [son divin Fils] dans l’œuvre du salut», ou «indissolublement unie au Christ dans l’œuvre de la rédemption», comme l’enseignent plus haut les papes Léon XIII et Pie XII. Restauratrice et réparatrice, du latin « reparo » : remettre en état, restaurer, réparer, rétablir ; « reparabilis » (reparo) : qui se renouvelle ; « reparatio » (reparo) : rétablissement, renouvellement ; « reparator » (reparo) : réparateur, restaurateur, Sauveur (figuré).

Pape Pie XII, Haurietis Aquas, 15 mai 1956 : «…les fidèles doivent veiller à associer étroitement la vénération du Cœur de Jésus au culte envers le Cœur immaculé de Marie, puisque de par la volonté de Dieu, la bienheureuse Marie a été indissolublement unie au Christ dans l’œuvre de la Rédemption humaine, afin que notre salut vienne de l’amour de Jésus-Christ et de ses souffrances intimement unies à l’amour et aux douleurs de sa Mère… ». (AAS 48 (1956), 316-352)

Par conséquent, refuser ou nier tout titre de Marie co-rédemptrice (au sens orthodoxe du terme), c’est-à-dire en tant qu’associée et coopératrice (nécessaire de par la volonté de Dieu) de Jésus-Christ dans son œuvre de Rédemption, est pour le moins proche de l’hérésie, ou suspect d’hérésie, voir hérétique selon le degré d’obstination et de connaissance contre l’enseignement de l’Église (Les encycliques publiés AAS – Acta Apostolicae Sedis : Actes du Siège Apostolique – font partie du Magistère).

Pourquoi l’enseignement catholique nous montre que Marie doit être considérée co-rédemptrice 

Les gens qui sont contre le titre co-rédemptrice (comme les Dimond) admettent que le sens réel de celui-ci n’est pas hérétique, c’est le titre de co-rédemptrice qu’ils croient être hérétique, même si le sens de celui-ci est orthodoxe. Leur position est que c’est une hérésie de croire qu’elle a racheté l’humanité de la façon dont le Christ l’a fait (et nous sommes d’accord que c’est hérétique). Mais leur position est aussi qu’il est hérétique de donner même à Marie le titre de co-rédemptrice même si le sens est orthodoxe (ils croient qu’il peut être interprété comme hérétique), ils l’ont reconnu dans la vidéo de débat sur cette question et sur leurs articles, comme nous allons le voir. Peter Dimond dit :

  • «La position de Co-Rédemptrice n’est pas que Marie soit dans une catégorie avec les saints sous l’unique Rédempteur, et puisse être appelée co-rédemptrice au sens où c’est dit par St Paul pour aider à combler le travail de la Rédemption. Non, la position de Co-Rédemptrice est que Marie est dans une catégorie unique avec Jésus comme Rédempteur – une catégorie qui ne comprend pas St Paul ou tout autre saint. Par conséquent, on ne peut pas essayer de justifier la position « Co-Rédemptrice » en faisant appel à la façon dont les autres saints participent à l’œuvre de la Rédemption sous l’unique Rédempteur. C’est illogique et fallacieux » (Marie n’est pas le Co-Rédempteur (Co-Rédemptrice) ; cf. Pourquoi l’enseignement catholique nous montre que Marie ne doit pas être considérée comme Co-Rédemptrice ou Co-Rédempteur).

Dans la vidéo de débat, leur adversaire dit sans cesse que cela dépend de comment on définit « co-rédemptrice », ce qui détermine si cela doit être considéré comme hérétique ou orthodoxe, et il l’explique à plusieurs reprises, mais Peter Dimond continue de traiter le titre co-rédemptrice comme signifiant quelque chose qu’il  [leur adversaire] ne veut pas dire, même après que leur adversaire, dans la vidéo, ait expliqué le sens authentique, et Peter l’a même reconnu dans la vidéo, mais il a continué à traiter le titre co-rédemptrice comme signifiant quelque chose qu’il ne veut pas dire, même après que cela lui a été expliqué. Peter Dimond dit :

« Marie était partie intégrante des événements qui ont conduit à la rédemption, mais seul le Christ est le Rédempteur et lui seul a racheté le monde, et donc le titre Co-rédemptrice est un faux titre. … il n’y a pas d’autre raison de lui appliquer le terme Co-rédemptrice, sauf si vous faites la promotion de l’idée qu’elle a joué un rôle intégral spécifique réel dans l’acte formel de la rédemption » (cf. Marie n’est pas Co-rédemptrice ; Pourquoi l’enseignement catholique nous montre que Marie ne doit pas être considérée Co-rédemptrice ou Co-rédempteur)

La signification correcte du titre co-rédemptrice ne signifie même pas la façon dont lui l’interprète obstinément, mais il prétend qu’il n’y a aucune raison de lui appliquer le terme co-rédemptrice à moins que vous ne le promouviez de façon hérétique ! Ceci est de la malhonnêteté au maximum.

Peter Dimond, Notre-Dame est-elle Co-rédemptrice ? : «Ces faits considérés, il est contraire à l’enseignement catholique de dire que Marie est Co-rédemptrice. Certes, il est possible pour les gens de s’exprimer à tort de bonne foi sur cette question avant les définitions dogmatiques spécifiques ci-dessous leurs soient présentées. Mais une fois qu’ils ont vu ces définitions dogmatiques [«Jésus-Christ notre Seigneur, qui seul est notre Rédempteur et Sauveur … » (Concile de Trente, sess XXV)], ils doivent rejeter cette idée ; c’est, à proprement parler, une hérésie qui contredit l’enseignement dogmatique de Trente et Florence».

D’abord, quand Peter a lui-même admis qu’il y a une vue orthodoxe et non-hérétique du titre co-rédemptrice, alors il est évidemment illogique pour lui de conclure qu’il soit hérétique d’appliquer le terme de co-rédemptrice non-hérétique et orthodoxe  à Marie.

[Il laisse entendre que si l’on met Marie dans une catégorie avec les saints, alors ce ne serait pas faux d’utiliser le terme, mais si on la met dans une catégorie à elle, alors c’est mauvais. Dans le débat vidéo, on entend des choses d’un homme, sur la question de la coopération rédemptrice, que les Dimond admettent également]

Deuxièmement, les Papes et la Sainte Écriture enseignent infailliblement que tous les hommes ont péché sans mentionner aucune exception. Cela ne signifie pas qu’il n’y a pas des exceptions, et cela ne veut pas dire que les papes croyaient que le Christ et Marie avaient péché, mais seulement qu’ils ne voyaient aucune nécessité de mentionner l’exception dans le décret infaillible, parce que les exceptions étaient déjà mentionnées ailleurs. La Bible est la source primaire de la révélation infaillible et elle enseigne, « tous les hommes ont péché » sans mentionner les deux exceptions de Jésus et de Marie.

«C’est pourquoi comme par un seul homme le péché est entré dans ce monde et par le péché la mort, et qu’ainsi la mort s’est étendue sur tous les hommes, en qui tous ont péché». (Romains 5, 12.)

Ceci doit être pris dans son contexte. Ce n’est pas censé inclure Jésus et Marie même si cela ne les mentionne pas comme des exceptions. D’autres sources de la révélation doivent être regardées, soit d’autres endroits dans la Bible ou les traditions orales des apôtres originaux. Nous voyons la même chose dans le Concile de Trente.

Concile de Trente, Le Péché Originel, sess. V : «2. Si quelqu’un affirme que la prévarication d’Adam lui seul, et non sa postérité blessée ; et que la sainteté et la justice, qu’il a reçu de Dieu, qu’il a perdu, il l’a perdu pour lui seul, et non pour nous aussi ; ou que lui, s’étant souillé par le péché de désobéissance, n’a pas transfusé la mort, et les douleurs du corps, dans toute la race humaine, mais non pas aussi le péché, qui est la mort de l’âme ; qu’il soit anathème : – ainsi il contredit l’apôtre qui dit : Par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et ainsi la mort s’est étendue sur tous les hommes, en qui tous ont péché. [Rom. 5, 12] » (Denz. 789)

L’exception n’a pas été mentionné du tout dans ce paragraphe. Dans un paragraphe différent du même décret plus loin il est fait mention que Marie n’est pas incluse dans le présent décret. Mais l’exception de Jésus-Christ n’est pas mentionnée du tout. Ce même décret ci-dessus se trouve mot pour mot dans le Concile d’Orange, can 2, en 529, le péché originel, le grâce, la prédestination, et il ne mentionne jamais les exceptions.

Concile d’Orange, Canon 2 (529) : «Si quelqu’un affirme que le péché d’Adam l’a affecté seul et non pas ses descendants aussi, ou du moins s’il déclare que c’est seulement la mort du corps qui est la punition pour le péché, et non pas aussi que le péché, qui est la mort de l’âme, est passé par un seul homme à l’humanité tout entière, il fait injure à Dieu et contredit l’Apôtre, qui dit : «Ainsi donc, comme le péché est entré dans le monde par un seul homme et la mort par le péché, ainsi la mort s’est étendue à tous les hommes parce que tous ont péché  » (Rom. 5, 12). »

Boniface II a confirmé le Concile d’Orange. Note 1, Denzinger 175 : « Orange en Gaule. Ce Concile approuvé par Boniface II [Voir Denz. n. 200 af] a obtenu une telle autorité dans l’Eglise qu’il est dignement tenu comme une règle infaillible ». (Denz. 175) C’est un concile régional qui a été rendu infaillible par un pape.

L’Encyclopédie Catholique explique : «Les actes du Concile, qui ont été signés par les évêques, le préfet du prétoire Libère et sept autres laïcs éminents, ont été envoyés à Rome et approuvés par Boniface II le 25 janvier 531. Par conséquent ils ont profité de l’autorité œcuménique [infaillible] et sont imprimés dans « l’Enchiridion Symbolorum » de Denzinger (10e éd., n. 174-200)».(L’Encyclopédie Catholique, Vol. 11, « Concile d’Orange », 1911)

Le pape Clément VIII a aussi enseigné que « tous ont péché » sans mentionner aucune exception.

Le pape Clément XIII, A Quo Die, 1758 : « 8. … Ne pensons pas que notre gloire vraie, solide et sérieuse vient de la bouche des hommes. Nous avons tous péché, et nous avons tous besoin de la gloire de Dieu ».

Le Concile d’Orange rendu infaillible et le pape Clément disent que le Christ et Marie avaient péché ? Et le Concile infaillible de Trente ne signifie pas que le Christ a péché (ou que Marie a péché jusqu’à ce qu’il ait fait une exception trois paragraphes plus loin) ? Bien sûr que non. Il est entendu qu’ils n’ont pas l’intention de les inclure, parce que les exceptions ont été si bien enseignées ailleurs.

Peter Dimond, Notre-Dame est-elle Co-rédemptrice ? : « Ceux qui ont un problème avec le fait que nous avons dit que Marie n’est pas Co-rédemptrice ou Co-Rédempteur n’ont pas un problème avec nous ; ils ont un problème avec le Concile dogmatique de Trentel’enseignement de la sainte Église catholique, qui a commis une erreur selon eux, quand elle a infailliblement défini que Jésus seul est notre Rédempteur. En outre, examinez le contexte de cette définition dogmatique de l’Église catholique. Le contexte traite de la dévotion à Notre-Dame et des Saints ; et pourtant non seulement il ne dit pas que Notre-Dame est Co-Rédemptrice, il contredit spécifiquement  l’idée en déclarant infailliblement que le Christ seul est notre Rédempteur.

Pie IV, Concile de Trente, Sess. 25, Sur l’invocation et la vénération les reliques des saints et les images sacrées, ex cathedra : «… les saints, qui règnent avec le Christ, offrent leurs prières à Dieu pour nous ; et il est bon et utile de les invoquer et supplier, afin d’obtenir des faveurs de Dieu par son Fils Jésus Christ notre Seigneur, qui est seul notre Rédempteur et Sauveur …. Mais si quelqu’un doit enseigner ou tenir quelque chose de contraire à ces décrets, qu’il soit anathème ». (Denz. 984 à 987)

Comme nous l’avons déjà vu, le point est que juste parce qu’un certain texte infaillible ne mentionne pas une exception, cela ne signifie pas qu’il n’y a pas une exception. D’autres sources de la révélation doivent être regardées, soit d’autres endroits dans la Bible ou les traditions orales des apôtres originaux, ou d’autres conciles infaillibles et décrets. La Sainte Bible contient de nombreux exemples. Je dis cela du dogme «Hors de l’Église point de salut», parce que ceux qui nient le dogme disent qu’il y a des exceptions aux termes des papes Innocent III dans le quatrième Concile de Latran, Boniface VIII dans la Bulle Unam Sanctum, et du pape Eugène IV dans le Concile de Florence. Mais recherchant comme ils peuvent, ils en trouveront sans exceptions mentionnées ailleurs, pas dans les mêmes décrets ou d’autres décrets de ces papes ou leurs prédécesseurs.

Peter a alors dit : «il n’y a pas d’autre raison de lui appliquer le terme Co-rédemptrice, sauf si vous faites la promotion de l’idée qu’elle a joué un rôle essentiel dans l’acte formel spécifique réel de la rédemption».

La Sainte Vierge était évidemment une partenaire dans le rachat – pas une partenaire égale, mais une partenaire moindre. C’est pourquoi elle est appelée Co-rédemptrice et que Jésus est appelé le Rédempteur. Le Christ a racheté les hommes de leurs péchés, mais non sans une partenaire à partir de laquelle il pourrait prendre la chair humaine. Ce partenaire, Marie, est correctement intitulée Co-rédemptrice, car elle a joué un rôle vital dans la rémission des péchés des hommes, tandis que Jésus est l’unique Rédempteur dont la mort a remis les péchés des hommes. Tout simplement parce que le titre de Marie admet le mot «rédemptrice», cela ne signifie pas qu’elle usurpe le titre de Jésus comme unique Rédempteur dont la mort a remis les péchés des hommes.

Tout comme la Bienheureuse Vierge Marie est la Médiatrice, elle est aussi la Co-rédemptrice ou Co-rédempteur. Le principe est le même. Tout comme le titre de Médiatrice pour Marie ne nie pas le titre de Jésus-Christ comme seul médiateur devant les hommes et Dieu le Père, le titre de Co-rédemptrice pour Marie ne nie pas le titre de Jésus-Christ comme unique Rédempteur dont l’attribution est le sacrifice pour les péchés et donc rachète les hommes : «En qui nous avons la rédemption par son sang [Jésus], la rémission des péchés». (Eph. 1, 7).

 

Comment le Concile de Trente doit être compris

Concile de Trente : «Jésus-Christ notre Seigneur, qui seul est notre Rédempteur et Sauveur …  » (XXVème sess.)

Le Concile de Trente utilise le mot «rédempteur» pour désigner celui qui rachète les hommes de leurs péchés et donc les réunit à Dieu et leur offre la vie éternelle. Cependant, la Bible se réfère également à d’autres rédempteurs ; mais ces rédempteurs n’affectent pas la rémission des péchés. Par exemple, Moïse a été également appelé un rédempteur :

« Ce Moïse … que Dieu envoya comme chef et rédempteur par la main de l’ange qui lui était apparu dans le buisson ardent ; » (Actes 7, 35)

[Vulgate latine, Actes 7, 35 : «Hunc Mosen quem negaverunt dicentes quis te constituit principem et iudicem hunc Deus principem et redemptorem misit cum manu angeli qui apparuit illi in rubo».]

Annotation relative aux Actes 7, 35, Dhouay-Rheims, Nouveau Testament, 1582 : «Le Christ est notre Rédempteur, et pourtant Moïse est appelé ici rédempteur. Ainsi, le Christ est notre médiateur et avocat, et pourtant nous pouvons avoir des Saints comme nos médiateurs et avocats inférieurs (Voir Annot. 1 Jean 2, 1)».

En outre, dans le prolongement du Concile de Trente, Session 25 (que Peter cite pour nier Marie comme Co-rédemptrice), il dit concernant «l’unique médiateur de Dieu et des hommes, Jésus-Christ» que :

«Jésus-Christ notre Seigneur, qui seul est notre Rédempteur et Sauveur ; et ils pensent en impies ceux qui nient que les saints qui sont dans le bonheur éternel du ciel doivent être invoqués, ou qui affirment qu’ils ne prient pas pour les hommes, ou que notre invocation de prier pour chacun de nous est individuellement de l’idolâtrie, ou que cela s’oppose à la parole de Dieu et est incompatible avec l’honneur du SEUL médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ … » (Concile de Trente, Session 25)

Ainsi, le Concile de Trente a juste dit infailliblement que ce n’est  pas opposé à la parole de Dieu d’invoquer les saints du ciel et que ce n’est pas « incompatible avec l’honneur du SEUL MÉDIATEUR ENTRE DIEU et les hommes, Jésus-Christ … »

Ainsi le titre de Moïse comme Rédempteur ne nie pas le titre du Christ comme l’unique Rédempteur visé au Concile de Trente, car l’utilisation de Trente du mot «sauveur» est en référence à la rédemption ultime, le salut des âmesLa même chose s’applique au titre du Christ comme seul médiateur devant Dieu. Ce titre ne signifie pas qu’il ne peut pas y avoir d’autres médiateurs, comme la Bienheureuse Vierge Marie et les bons anges et les saints, tous ceux qui sont des médiateurs entre les hommes et le Christ, comme nous venons de le voir. Donc, en effet, Moïse était vraiment un rédempteur, mais un rédempteur inférieure au Christ. Le titre de Moïse comme Rédempteur était en référence au salut temporaire du peuple élu de Dieu de l’esclavage et d’autres difficultés qui leur étaient imposées par les Egyptiens. La rédemption de Moïse a également préparé le peuple élu de Dieu pour la rédemption ultime quand le Christ est mort sur la croix :

Commentaire catholique Actes 7 : « Ver. 35. … Rédempteur. En grec Lutroten ; version protestante, libérateur ; comme Polus l’enseigne dans son Synopsis Criticorum, sur ce passage, aucun dommage n’est fait à Dieu, d’appeler Moïse un Rédempteur, à cet endroit , que de  le qualifier de médiateur dans Galates III, 19. Il est appelé un Rédempteur … dans la mesure où il a dirigé et préservé le peuple de Dieu en toute sécurité par le sang d’un agneau, et cela représentait une figure de la vraie rédemption, par le sang de Christ ».

Le Conseil de Florence a enseigné la même chose. Il a déclaré que seul par sa mort Jésus Christ a racheté la race humaine et «ouvert l’entrée du royaume des cieux». Ainsi, lorsque les Conciles utilisent le mot« sauveur », c’est en référence à l’ultime rédemption, le salut des âmes et l’ouverture du royaume des cieux.

Eugène IV, Concile de Florence, «Cantate Domino» 1441, ex-cathedra : « La sainte Église romaine croit fermement, professe et enseigne que personne conçu de l’homme et de la femme n’a jamais été libéré de la domination du diable, que par le mérite du médiateur entre Dieu et les hommes, notre Seigneur Jésus Christ ; Celui qui a été conçu sans péché, qui est né et mort, par sa mort seule a terrassé l’ennemi de la race humaine en détruisant nos péchés, et a ouvert l’entrée du royaume du ciel, que le premier homme avait perdu par son propre péché … » (Denz. 711)

Il est intéressant que le Catéchisme du Concile de Trente enseigne également que seul le Christ nous a rachetés et «nous a réconciliés avec le Père céleste par son sang». Alors que le catéchisme n’est pas infaillible, il réitère la vérité qui a été solennellement définie dans les conciles ci-dessus.

Catéchisme du Concile de Trente, Partie III : Le Décalogue – Premier Commandement – Tu n’auras pas de dieux étrangers, etc. : «C’est vrai, il n’y a qu’un seul médiateur, le Christ Seigneur, qui seul nous a réconciliés avec le Père céleste par Son sang, et qui, ayant obtenu l’éternelle rédemption, après être entré une fois dans le lieu saint, ne cesse d’intercéder pour nous».

Toutes les citations ci-dessus que nous avons examinés, les Dimond les utilisent pour «prouver» que «le Christ «seul» nous a rachetés et que le Christ «seul» est le Rédempteurce que personne ne nie, et ils se concentrent uniquement sur cette « seule partie », ignorant complètement les moyens que donnent les citations et les conciles avec leurs déclarations.

Peter Dimond : « Le fond du problème est qu’il n’y a pas moyen de contourner les définitions dogmatiques qui déclarent que Jésus-Christ seul est le Rédempteur » (Marie n’est pas la Co-rédemptrice).

Voyons le Concile de  Trente sur la propre réponse de Peter, une objection protestante du Christ «seul», ou le Christ «seul» lorsque ce même terme exact est appliqué à «SEUL MÉDIATEUR ENTRE DIEU et les hommes, Jésus-Christ» :

Concile de Trente : « Jésus-Christ notre Seigneur, qui seul est notre Rédempteur et Sauveur ; et ils pensent en impies ceux qui nient que les saints qui sont dans le bonheur éternel du ciel doivent être invoqués, ou qui affirment qu’ils ne prient pas pour les hommes, ou que notre invocation de prier pour chacun de nous est individuellement de l’idolâtrie, ou que cela s’oppose à la parole de Dieu et est incompatible avec l’honneur du SEUL médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ … » (XXVème sess.)

Tous ceux qui lisent ce texte devrait savoir que Marie est la «Médiatrice de toutes grâces», selon l’enseignement catholique, ce qui signifie qu’elle est un médiateur dans l’œuvre du salut de l’homme. Mais, selon la fausse logique de l’enseignement de MHFM, cela serait nier Trente.

Par conséquent, la référence du Concile de Trente à Jésus comme le seul rédempteur doit être prise dans le contexte correct ou sinon on pourrait nier le verset de la Bible qui dit que Moïse est également un rédempteur, ou nier que Marie peut être Co-médiatrice. Ainsi la Bible, les conciles et les papes n’ont jamais enseigné qu’il ne peut pas y avoir d’autres types de rédempteurs ou de médiateurs, comme Moïse, ou qu’il ne peut pas y avoir une Co-rédemptrice ou Co-médiatrice, comme la Bienheureuse Vierge Marie.

Comme le premier Concile du Vatican l’a déclaré le 6 Janvier 1870 relativement à la compréhension des dogmes que l’Église a compris et comprend :

« Si quelqu’un dit qu’il est possible qu’à un moment donné d’avancement des connaissances, un sens peut être affecté à des dogmes défendus par l’Église qui soit différent de ce que l’Église a compris et COMPREND : qu’il soit anathème ». (Pape Pie IX, Concile Vatican I, Session 3, sur la foi et la raison, 4, 3)

Jésus est l’unique Rédempteur qui a racheté les hommes de leurs péchés. Toutefois, le rachat n’est pas arrivé sans une femme qui était assez digne de concevoir Dieu dans son sein, afin que le rachat puisse avoir lieu. Cette femme est la Vierge Immaculée ! Le Christ est mort pour nos péchés, mais sans Marie il n’y pas le Christ pour mourir pour nos péchés. La mort du Christ rachète les hommes, mais sans Marie il n’y a pas le Christ pour racheter les hommes. Par conséquent, sans Marie, il n’y a pas de rachat. Ainsi Marie est vraiment et correctement la Co-rédemptrice ! Le Christ a racheté les hommes, mais il n’aurait pas racheté les hommes, sans l’aide de Marie dont Il a pris la chair et qui a offert son Fils à Dieu comme Abraham a offert Isaac. C’est dans ce sens que Marie est vraiment la Co-rédemptrice, ce qui n’est pas en contradiction avec la Bible ou des décrets ou des conciles pontificaux infaillibles pris dans leur contexte correct et compris comme l’Eglise le comprend. En effet, des papes, des saints et d’autres écrivains catholiques ont enseigné que Marie est Co-rédemptrice :

Vie de saint Antoine de Padoue (1195-1231) : «Le premier mot [de St Antoine] a être prononcé était le saint nom de Marie … Ses sermons les plus puissants et mobilisant ont été prêchés en son honneur. Dans ses écrits se trouvent les doctrines de son Immaculée Conception et glorieuse Assomption ; et il ne se lasse pas de parler d’elle comme de la Médiatrice de toutes les grâces, ni ne se lasse sur son rôle dans la rédemption» (Saints à connaître et aimer, par les esclaves du Cœur Immaculé de Marie, saint Antoine de Padoue)

Saint Alphonse de Liguori, Les Gloires de Marie, Chapitre IV, Section II – Marie, notre Médiatrice – La nécessité de l’intercession de Marie pour notre salut : «Saint Bernard dit, que comme un homme et une femme ont coopéré à notre ruine, il était donc bon qu’un autre homme et une autre femme doivent coopérer à notre rédemption ; et ces deux étaient Jésus et sa Mère Marie« . « Il ne fait aucun doute, dit le Saint, que Jésus-Christ seul était plus que suffisant pour nous racheter ; mais il a été plus convenable que les deux sexes doivent coopérer à la réparation d’un mal que deux avaient partagé en le provoquant ».

«Ainsi Albert le Grand bénit et appelle Marie « l’aide de la rédemption » : et cela la Vierge elle-même l’a révélé à sainte Brigitte, c’est-à-dire que comme Adam et Eve se sont vendus au monde pour une pomme, elle a fait un cœur avec son Fils en sorte de le racheter comme il était. Ceci est confirmé par Saint Anselme, qui dit que, « bien que Dieu pouvait créer le monde à partir de rien, quand il a été perdu par le péché, Il ne réparerait pas le mal sans la coopération de Marie ».

«Suarez dit que Marie a coopéré à notre salut en trois façons ; d’abord, en ayant mérité par un mérite de convenance l’Incarnation de la Parole ; d’autre part, en ayant constamment prié pour nous tandis qu’elle vivait dans ce monde ; troisièmement, en ayant volontiers sacrifié la vie de son Fils à Dieu. Pour cette raison, notre Seigneur a justement décrété, que Marie a coopéré au salut de l’homme avec tant d’amour, et en même temps a donné une telle gloire à Dieu, pour tous les hommes que par son intercession elle obtient leur salut.

«Marie est appelée « la coopératrice dans notre justification ; car Dieu lui a confié toutes les grâces qui nous sont destinées » ; et donc Saint Bernard affirme, «que tous les hommes, passés, présents et à venir, devraient se pencher sur Marie comme moyen et négociateur du salut de tous les temps» … Et allons-nous avoir du scrupule pour lui demander de nous sauver, quand «la voie du salut est ouverte à aucun autrement que par Marie ? selon certaines remarques de l’auteur. Et avant lui Saint Germain avait dit la même chose, parlant de Marie : « Nul n’est sauvé, que par ton moyen ».  … Et comme nous avons accès au Père éternel, dit saint Bernard, que par Jésus-Christ, nous avons aussi accès à Jésus-Christ que par Marie : «Par toi, nous avons accès au Fils, O enfant bénie de la grâce, porteuse de la vie, et mère du salut, nous ne pouvons le recevoir que par toi, que par toi il nous a été donné ».

Pape Pie IX, Ineffabilis Deus, 2ème partie, 8 déc. 1854 ex cathedra : «7. Ils [les Pères] ont encore professé que la Très glorieuse Vierge avait été la réparatrice [¹] de ses ancêtres et qu’elle avait vivifié sa postérité ;»

Pape Pie IX, Ineffabilis Deus, § La définition dogmatique de l’Immaculée Conception, 8 déc. 1854 ex cathedra :«4. Tout notre espoir, nous le faisons reposer en la Très Sainte Vierge toute belle et immaculée qui a écrasé la tête venimeuse du plus cruel serpent et apporté le salut au monde : en qui est la gloire des prophètes et des apôtres, l’honneur des martyrs, la Couronne et la joie de tous les saints ; en celle qui est le refuge le plus sûr et le plus digne de confiance, l’aide de tous ceux qui sont en danger ; en celle qui, avec son Fils unique, est la plus puissante Médiatrice et Conciliatrice dans le monde entier ; en celle qui est la plus excellente gloire, l’ornement, et la forteresse inexpugnable de la sainte Église».

Pape St Pie X, Ad Diem Illum Laetissimum, 1904 : «6. Impossible que Dieu nous ait donné, d’une autre manière que par la Vierge, le Rédempteur de la race humaine et le Fondateur de la Foi ? Ainsi chaque fois que les Écritures parlent prophétiquement de la grâce qui devait apparaître parmi nous, le Rédempteur de l’humanité est presque toujours présenté comme uni à sa mère. … Maintenant la Sainte Vierge ne concevait pas le Fils éternel de Dieu dans le seul but qu’il puisse être fait homme prenant d’elle sa nature humaine, mais aussi pour que, grâce à la nature assumée Il puisse être le Rédempteur des hommes. …

«12. En outre, ce n’était pas seulement l’apanage de la Très Sainte Mère d’avoir fourni le matériau de sa chair au Fils unique de Dieu, qui était d’être né avec des membres humains, dont le corps devait être préparé comme la victime pour le salut des hommes ; mais le sien était également la fonction de tendresse et de nourrir cette victime, et à l’heure dite de le présenter pour le sacrifice. … Quand l’heure suprême du Fils est venu, à côté de la croix de Jésus se tenait sa mère Marie, pas seulement occupée à contempler le spectacle cruel, mais pour se réjouir que son Fils unique ait été offert pour le salut de l’humanité, et ainsi participer entièrement dans sa Passion, que si cela avait été possible, elle aurait volontiers porté tous les tourments que son Fils a subi. Et à partir de cette communauté de volonté et de la souffrance entre le Christ et Marie, elle a mérité de devenir dignement la Réparatrice [1] [Co-Rédemptrice] du monde perdu et dispensatrice de tous les dons que notre Sauveur a acheté pour nous par sa mort et par Son Sang …

«14. Nous sommes … très loin d’attribuer à la Mère de Dieu une puissance productive de la grâce, un pouvoir qui appartient à Dieu seul. Pourtant, depuis que Marie l’emporte sur tout dans la sainteté et l’union avec Jésus-Christ, et a été associée par Jésus-Christ dans l’œuvre de la rédemption, elle mérite pour nous, « de congruo » [par convenance] dans la langue de théologiens, ce que mérite Jésus-Christ pour nous « de condigno » [par dignité], et elle est le ministre suprême de la distribution des grâces».

[1] Le mot latin « reparo » signifie restaurer, renouveler ou racheter. Ainsi le pape se réfère à Marie comme une partenaire avec Jésus dans le renouvellement des hommes à la vie éternelle et la restauration d’un monde déchu par l’achat de la dette ou le rachat du péché des hommes , ce qui signifie que Jésus est Rédempteur et Marie est Co-Rédemptrice.

Les sources de dogme catholique, Denzinger : «Dans le décret de la Sacrée Congrégation du Saint-Office (section sur les indulgences), Sunt quos Amor 26 Juin 1913 (AAS 5 (1913) 363), il [le Pape Benoît XV] loue la coutume d’ajouter au nom de Jésus le nom de Sa Mère, notre Co-rédemptrice, la bienheureuse Marie » ; cf. aussi la prière enrichi par le Saint-Office d’une indulgence, dans laquelle la Vierge Marie est appelée «Co-rédemptrice de la race humaine» (22 janvier 1914 ; AAS 6 [1914] 108).

Pape Benoît XV, solalicia Inter, 1918 : « La Sainte Vierge a souffert avec son Fils de sa souffrance et a failli mourir avec lui quand il est mort ; elle a abdiqué de ses droits maternels sur son Fils pour le salut des hommes, et pour autant qu’il lui appartenait, elle a immolé son Fils pour apaiser la justice divine ; afin qu’elle puisse à juste titre être considérée comme ayant racheté le genre humain avec le Christ ».

Le pape Pie XI, Miserentissimus Redemptor, 1928 : « Et maintenant enfin la plus bénigne Vierge Mère de Dieu peut sourire dans ce but et au-dessus des désirs qui sont les nôtres ; car depuis qu’elle a présenté pour nous Jésus, notre Rédempteur, l’a nourrit, et l’a offert comme victime de la Croix, par son union mystique avec le Christ et sa grâce très spéciale, elle aussi est devenue et est pieusement appelée réparatrice [Co-rédemptrice] ».

Le pape Pie XI, Auspicatus profecto, 1933 : «[Marie est devenue la Mère de Jésus] afin qu’elle puisse devenir une partenaire [associée] dans la rédemption de l’humanité».

Le pape Pie XI, res Explorata, 1923 : « La Vierge a participé avec Jésus-Christ dans l’acte très douloureux de la rédemption».

Dans une série de livres sur la foi catholique appelée « la bibliothèque de connaissances catholique », dans le livre de la Bienheureuse Vierge Marie, Co-rédemptrice est expliqué, et il est ajouté : « Il appartient à l’Église de fixer la langue de sa théologie, et de juger si oui ou non toute confusion est susceptible de se produire dans certains cas ; et dans les documents autorisés, le magistère de l’Église tend de plus en plus à favoriser l’expression Co-rédemptrice pour exprimer cette doctrine. Elle a maintenant reçu « la liberté de cité » pour ainsi dire, et il nous reste à expliquer ce que cela implique ».

Le livre explique ensuite en détail Co-rédemptrice. Alors, quand c’est arrivé vers elle, l’Église a très certainement permis l’idée et cela a duré des centaines et des centaines d’années, et, comme nous l’avons vu, au moins trois papes l’ont enseigné, les Franciscains médiévaux et des Saints s’y sont beaucoup appuyés, et le point principal est que le terme n’est pas hérétique parce que ce qu’il signifie n’est pas hérétique ! Les Dimond dans leur orgueil (encore une fois) ont menti et se sont accordés beaucoup trop de confiance sur ce point. Pour eux, condamner toute personne qui tient la signification correcte est absolument absurde.

En réparation des outrages à la Sainte Vierge Marie (Tiré de La Raccolta ou recueil de prières indulgenciées)

O Sainte Vierge, Mère de Dieu, regardez vers le bas dans la miséricorde du Ciel, où tu es trône en tant que reine, sur moi, un pécheur misérable, ton indigne serviteur. Même si je connais très bien ma propre indignité, afin d’expier les crimes qui sont faites auprès de vous par des langues impies et blasphématoires, du fond de mon cœur, je vous loue et vous exalte comme la plus pure, la plus belle, la plus sainte créature de toute l’œuvre de Dieu. Je bénis votre saint Nom, je loue et exalte votre privilège d’être véritablement Mère de Dieu, toujours Vierge, conçue sans tache du péché, Co-rédemptrice de la race humaine. Je bénis le Père éternel qui vous a choisi d’une manière particulière pour sa fille ; Je bénis le Verbe incarné qui a pris sur Lui notre nature dans votre sein et ainsi vous a fait sa Mère ; Je bénis le Saint-Esprit qui vous prend comme son épouse. Tout honneur, louange et action de grâce à la Trinité à jamais bénie qui vous a prédestinée et vous a aimée excessivement de toute éternité pour vous élever au-dessus de toutes les créatures dans les hauteurs les plus sublimes. O Vierge sainte et miséricordieuse, obtenez pour tous ceux qui vous offensent la grâce de la repentance, et acceptez gracieusement ce pauvre acte d’hommage de moi votre serviteur, obtenant même pour moi de votre divin Fils le pardon et la rémission de tous mes péchés. Amen.

Indulgence de 500 jours (Saint-Office, le 22 janvier 1914 ; S P Ap, 4 décembre 1934). La Raccolta, traduit en anglais de l’édition 1938 par le révérend Joseph P. Christopher, Ph.D., et Le Très Révérend Charles E. Spence, MA (Oxon.). Par autorisation du Saint-Siège.