Méthodes du saint Rosaire

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Chapelet de saint Louis-Marie de Montfort

Sommaire

  • Méthode sainte de st L. M. Grignon de MONTFORT pour réciter le Rosaire et attirer sur soi la grâce des mystères de la vie, de la passion et de la gloire de Jésus et de Marie.
  • 2ème méthode plus abrégée pour dire le Rosaire
  • [4ème méthode] Abrégé de la vie, de la mort et passion et de la gloire de Jésus et de Marie dans le Saint Rosaire
  • [5ème méthode] ROSAIRE DES 150 MOTIFS DE DIRE LE ROSAIRE selon st L.M. Grignon de Montfort
  • ROSAIRE MEDITE PAR LES PERES MONTFORTAINS
  • Méditation monfortaine du Rosaire
  • Le Rosaire de l’Amour
  • Clausules du Rosaire
  • Neuvaine à Notre Dame du Rosaire

Méthode sainte de st L. M. Grignon de MONTFORT pour réciter le Rosaire et attirer sur soi la grâce des mystères de la vie, de la passion et de la gloire de Jésus et de Marie.

 

Venez Esprit-Saint, remplissez les cœurs de vos fidèles, et allumez-y en eux le feu de votre Amour.

V/ Envoyez votre Esprit-Saint, Seigneur, et tout sera créé.

R/ Et vous renouvellerez la face de la terre.

Prions. O Dieu, qui avez instruit les cœurs de vos fidèles par la lumière du Saint-Esprit, faites que nous goûtions les douceurs du bien sous l’action de ce même Esprit, et que nous soyons comblés de ses consolations. Par Notre-Seigneur Jésus-Christ. Ainsi soit-il. (Ind. 5 ans. Pén. 22 déc. 1932) 

Veni, Sancte Spiritus, reple tuorum corda fidélium et tui amoris in eis ignem accénde.

V/ Emitte Spiritum tuum et creabuntur.

R/ Et renovabis fàciem terræ.

Orémus. Deus, qui corda fidélium Sancti Spiritus illustratióne docuisti : da nobis in eódem Spiritu recta sápere, et de ejus semper consolatióne gaudére. Per Christum Dóminum nostrum. Amen.

Je m’unis à tous les saints qui sont dans le Ciel, à tous les justes qui sont sur la terre ; je m’unis à vous, mon Jésus, pour louer dignement votre sainte Mère et vous louer en elle et par elle. Je renonce à toutes distractions qui me pourront venir pendant ce chapelet (ou ce Rosaire) [que je veux dire avec attention (c’-à-d. sans distractions volontaires), dévotion (c’-à-d. piété) et modestie (c’-à-d. ordre) comme si c’était le dernier de ma vie].

Nous vous offrons, sainte Vierge, ce Credo pour honorer votre Foi sur la terre et vous demander part à cette même Foi.

Nous vous offrons ce Pater, Seigneur, pour vous adorer dans votre unité, et vous reconnaître comme le premier principe et la fin de toutes choses.

Nous vous offrons, Très sainte Trinité, ces trois Ave Maria pour vous remercier de toutes les grâces que vous avez faites à Marie, et que vous nous avez faites par son intercession.

Credo (sur la Croix), 1 Pater (gros grain), 3 Ave Maria (3 petits grains), Gloria Patri (Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit, comme il était au commencement, maintenant et toujours et pour les siècles des siècles. Amen.)

Mystères joyeux (lundi et jeudi)

Première dizaine. Nous vous offrons cette première dizaine, Seigneur Jésus, en l’honneur du mystère de votre Incarnation, et nous vous demandons, par ce mystère et par l’intercession de votre sainte Mère, une profonde humilité de coeur. 1 Pater (gros grain), 10 Ave Maria (petits grains), Gloria Patri.

Grâce du mystère de l’Incarnation, descendez dans mon âme et la rendez vraiment humble.

Seconde dizaine. Nous vous offrons, Seigneur Jésus, cette seconde dizaine en l’honneur de la Visitation de votre sainte Mère à sa cousine sainte Elisabeth, et nous vous demandons, par ce mystère et l’intercession de Marie, une parfaite charité envers notre prochain. 1 Pater, 10 Ave, Gloria.

Grâce du mystère de la Visitation, descendez dans mon âme et la rendez vraiment charitable.

Troisième dizaine. Nous vous offrons cette troisième dizaine, Enfant Jésus, en l’honneur de votre sainte Nativité, et nous vous demandons, par ce mystère et l’intercession de votre sainte Mère, le détachement de biens du monde, l’amour de la pauvreté et des pauvres. 1 Pater, 10 Ave, Gloria.

Grâce du mystère de la Nativité, descendez en mon âme et la rendez pauvre d’esprit.

Quatrième dizaine. Nous vous offrons, Seigneur Jésus, cette quatrième dizaine en l’honneur de votre Présentation au temple par les mains de Marie, et nous vous demandons, par ce mystère et l’intercession de votre sainte Mère, le don de la sagesse et la pureté de coeur et de corps. 1 Pater, 10 Ave, Gloria.

Grâce du mystère de la Purification, descendez dans mon âme et la rendez vraiment sage et pure.

Cinquième dizaine. Nous vous offrons, Seigneur Jésus, cette cinquième dizaine en l’honneur de votre Recouvrement par Marie au milieu des docteurs, lorsqu’elle vous eut égaré, et nous vous demandons, par ce mystère et l’intercession de votre sainte Mère, notre conversion et celle des pécheurs, hérétiques, schismatiques et idolâtres. 1 Pater, 10 Ave Maria, Gloria.

Grâce du mystère du Recouvrement de Jésus au Temple, descendez dans mon âme et convertissez-la véritablement.

Mystères douloureux (mardi et vendredi)

Sixième dizaine. Nous vous offrons, Seigneur Jésus, cette sixième dizaine en l’honneur de votre Agonie mortelle au jardin des oliviers, et nous vous demandons, par ce mystère et par l’intercession de votre sainte Mère, une parfaite contrition de nos péchés et une parfaite conformité a votre sainte volonté. 1 Pater, 10 Ave Maria, Gloria.

Grâce de l’Agonie de Jésus, descendez dans mon âme et la rendez vraiment contrite et conforme à la volonté de Dieu.

Septième dizaine. Nous vous offrons, Seigneur Jésus, cette septième dizaine en l’honneur de votre sanglante Flagellation, et nous vous demandons, par ce mystère et l’intercession de votre sainte Mère, une parfaite mortification de nos sens. 1 Pater, 10 Ave, Gloria.

Grâce de la Flagellation de Jésus, descendez en mon âme et la rendez vraiment mortifiée.

Huitième dizaine. Nous vous offrons, Seigneur Jésus, cette huitième dizaine en l’honneur de votre cruel Couronnement d’épines, et nous vous demandons, par ce mystère et l’intercession de votre sainte Mère, un grand mépris du monde. 1 Pater, 10 Ave, Gloria.

Grâce du mystère du Couronnement d’épines de Jésus, descendez en mon âme et la rendez vraiment contraire au monde.

Neuvième dizaine. Nous vous offrons, Seigneur Jésus, cette neuvième dizaine en l’honneur de votre Portement de Croix, et nous vous demandons par ce mystère et l’intercession de votre sainte Mère, une grande patience pour porter notre croix à votre suite tous les jours de notre vie. 1 Pater, 10 Ave, Gloria.

Grâce du mystère du Portement de Croix, descendez en mon âme et la rendez vraiment patiente.

Dixième dizaine. Nous vous offrons, Seigneur Jésus, cette dixième dizaine en l’honneur de votre Crucifiement sur le Calvaire, et nous vous demandons, par ce mystère et l’intercession de votre sainte Mère, une grande horreur du péché, l’amour de la Croix et une bonne mort pour nous et pour ceux qui sont maintenant à l’agonie. 1 Pater, 10 Ave, Gloria.

Grâce du mystère de la Mort et Passion de Jésus-Christ, descendez en mon âme et la rendez vraiment sainte.

Mystères glorieux (mercredi, samedi et dimanche)

Onzième dizaine. Nous vous offrons, Seigneur Jésus, cette onzième dizaine en l’honneur de votre triomphante Résurrection, et nous vous demandons, par ce mystère et l’intercession de votre sainte Mère, une vive Foi. 1 Pater, 10 Ave, Gloria.

Grâce de la Résurrection, descendez en mon âme et la rendez vraiment fidèle.

Douzième dizaine. Nous vous offrons, Seigneur Jésus, cette douzième dizaine en l’honneur de votre glorieuse Ascension, et nous vous demandons, par ce mystère et l’intercession de votre sainte Mère, une ferme espérance et un grand désir du Paradis. 1 Pater, 10 Ave, Gloria.

Grâce du mystère de l’Ascension de Jésus-Christ, descendez en mon âme et la rendez vraiment céleste.

Treizième dizaine. Nous vous offrons, Saint-Esprit, cette treizième  dizaine en l’honneur du mystère de la Pentecôte, et nous vous demandons, par ce mystère et l’intercession de Marie, votre fidèle Epouse, la divine sagesse pour connaître, goûter et pratiquer la vérité et la faire participer à tout le monde. 1 Pater, 10 Ave, Gloria.

Grâce de la Pentecôte, descendez en mon âme et la rendez vraiment sage selon Dieu.

Quatorzième dizaine. Nous vous offrons, Seigneur Jésus, cette quatorzième dizaine en l’honneur de la Conception Immaculée et de l’Assomption en corps et en âme de votre sainte Mère dans les cieux, et nous vous demandons, par ces deux mystères et son intercession, une vraie dévotion envers elle, pour bien vivre et bien mourir. 1 Pater, 10 Ave, Gloria.

Grâce de l’Immaculée Conception et de l’Assomption de Marie, descendez en mon âme et la rendez vraiment dévote à Marie.

Quinzième dizaine. Nous vous offrons, Seigneur Jésus, cette quinzième et dernière dizaine en l’honneur du Couronnement de gloire de votre sainte Mère dans les cieux, et nous vous demandons, par ce mystère et son intercession, la persévérance et l’augmentation dans la vertu jusqu’à la mort et la couronne éternelle qui nous est préparée. 1 Pater, 10 Ave, Gloria.

Grâce du Couronnement de Marie, descendez en mon âme et la rendez vraiment persévérante jusqu’à la fin.

Prière finale.

Nous vous prions, Seigneur Jésus, par les quinze mystères de votre vie, votre mort et passion, et votre Gloire, et les mérites de votre sainte Mère, de convertir les pécheurs, d’aider les agonisants, de délivrer les âmes du purgatoire, et de nous donner à tous, votre grâce pour bien vivre et bien mourir, et votre gloire pour vous voir face à face et vous aimer pendant l’éternité. Ainsi soit-il.

 

2ème méthode plus abrégée pour dire le Rosaire (Secret du Rosaire de St L.-M. de Montfort)

Ajouter à chaque Ave Maria de chaque dizaine un petit mot qui nous remette en mémoire le mystère qu’on célèbre par la dizaine ; et il faut ajouter le mot après Jésus, au milieu de l’Ave :

”Je vous salue Marie, pleine de grâce, Le Seigneur est avec vous, vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus [mot] le fruit de vos entrailles est béni”, …

A la 1ère dizaine, … et Jésus incarné le fruit de vos entrailles est béni, …

A la 2ème, Jésus sanctifiant

A la 3ème, Jésus pauvre enfant

A la 4ème, Jésus sacrifié

A la 5ème, Jésus saint des saints

A la 6ème, Jésus agonisant

A la 7ème, Jésus flagellé

A la 8ème, Jésus couronné d’épines

A la 9ème, Jésus portant sa croix

A la 10ème, Jésus crucifié

A la 11ème, Jésus ressuscité

A la 12ème, Jésus montant aux cieux

A la 13ème, Jésus vous remplissant du Saint-Esprit

A la 14ème, Jésus vous ressuscitant

A la 15ème, Jésus vous couronnant

 

[La 3ème méthode n’est pas mentionnée ici car elle est spécifique à la congrégation religieuse des filles de la Sagesse.]

 

[4ème méthode] Abrégé de la vie, de la mort et passion et de la gloire de Jésus et de Marie dans le Saint Rosaire

Credo. La foi : 1° en la présence de Dieu 2° foi dans l’évangile 3° foi et obéissance au pape comme vicaire de Jésus-Christ.

  1. Pater : Unité d’un Dieu seul, vivant, et véritable.
  2. Ave : pour honorer le Père éternel qui produit son Fils en se contemplant.
  3. Ave : Verbe éternel égal à son Père qui avec Lui, produit le St Esprit en s’aimant mutuellement.
  4. Ave : St Esprit qui procède du Père et du Fils par voie d’amour.
  1. Pater : Charité de Dieu immense.

L’incarnation

  1. Ave : pour déplorer l’état malheureux d’Adam désobéissant ; sa juste condamnation et celle de tous ses enfants.
  2. Ave : pour honorer les désirs des patriarches et des prophètes qui demandaient le Messie.
  3. Ave : pour honorer les voeux et les prières de la Ste Vierge pour avancer la venue du Messie, et son mariage avec St Joseph.
  4. Ave : la charité du Père éternel qui nous a donné son Fils.
  5. Ave : l’amour du Fils qui s’est livré pour nous.
  6. Ave : l’ambassade et le salut de l’ange Gabriel.
  7. Ave : la crainte virginale de Marie.
  8. Ave : la foi et le consentement de la Ste Vierge.
  9. Ave : la création de l’âme et la formation du corps de Jésus-Christ dans le sein de Marie par le St-Esprit.
  10. Ave : l’adoration que firent les anges du Verbe Incarné dans le sein de Marie.
  1. Pater : la majesté de Dieu suradorable.

La Visitation

  1. Ave : pour honorer la joie du coeur de Marie dans l’incarnation et la demeure de neuf mois du Verbe éternel dans son sein.
  2. Ave : le sacrifice que Jésus-Christ fit de soi-même à son Père en entrant dans le monde.
  3. Ave : les complaisances de Jésus-Christ dans le sein humble et virginal de Marie et de Marie dans la jouissance de son Dieu.
  4. Ave : le doute de St Joseph sur la grossesse de Marie.
  5. Ave : le choix des élus concerté entre Jésus et Marie dans son sein.
  6. Ave : la ferveur de Marie dans la visite de sa cousine.
  7. Ave : le salut de Marie et la sanctification de St-Jean-Baptiste et de sa mère Ste Elisabeth.
  8. Ave : la reconnaissance de la Ste Vierge envers Dieu dans le Magnificat.
  9. Ave : sa charité et son humilité à servir sa cousine.
  10. Ave : la mutuelle dépendance de Jésus et de Marie et que nous devons avoir de l’un et de l’autre.
  1. Pater : les richesses de Dieu infinies.

La Nativité de Jésus-Christ

  1. Ave : pour honorer les mépris, et les rebuts de Marie et de Joseph à Bethléem.
  2. Ave : la pauvreté de l’étable où Dieu vint au monde.
  3. Ave : la haute contemplation et l’amour excessif de Marie lorsqu’elle fut prête d’enfanter.
  4. Ave : la sortie du Verbe éternel du sein de Marie sans aucune rupture du sceau de sa virginité.
  5. Ave : les adorations et les cantiques des anges à la naissance de Jésus-Christ.
  6. Ave : la beauté ravissante de sa divine enfance.
  7. Ave : la venue des pasteurs dans l’étable avec leurs petites aumônes.
  8. Ave : la circoncision de Jésus-Christ et ses douleurs amoureuses.
  9. Ave : l’imposition du nom de Jésus et ses grandeurs.
  10. Ave : l’adoration des Rois mages et leurs présents.
  1. Pater : la sagesse de Dieu éternelle.

La purification

  1. Ave : l’obéissance de Jésus et de Marie à la Loi.
  2. Ave : le sacrifice que Jésus y fit de son humanité.
  3. Ave : le sacrifice que la Ste Vierge y fit de son honneur.
  4. Ave : la joie et les cantiques de Siméon et d’Anne
  5. Ave : le rachat de Jésus-Christ par l’offrande de deux tourterelles.
  6. Ave : le massacre de Sts Innocents par la cruauté d’Hérode.
  7. Ave : la fuite de Jésus-Christ en Egypte par l’obéissance de St Joseph à la voix de l’ange.
  8. Ave : sa demeure mystérieuse en Egypte.
  9. Ave : son retour à Nazareth.
  10. Ave : son accroissement en âge et en sagesse.
  1. Pater : sainteté de Dieu incompréhensible.

Le recouvrement de Jésus au temple.

  1. Ave : pour honorer sa vie cachée, laborieuse et obéissante dans la maison de Nazareth.
  2. Ave : sa prédication et son recouvrement au temple parmi les docteurs.
  3. Ave : son jeûne et sa tentation au désert.
  4. Ave : son baptême par St Jean-Baptiste.
  5. Ave : ses prédications admirables.
  6. Ave : ses miracles étonnants.
  7. Ave : le choix de ses douze apôtres et les pouvoirs qu’il leur donne.
  8. Ave : sa transfiguration merveilleuse.
  9. Ave : le lavement des pieds de ses apôtres.
  10. Ave : l’institution de la Ste Eucharistie.
  1. Pater : félicité de Dieu essentielle.

L’agonie de Jésus-Christ.

  1. Ave : pour honorer les divines retraites que Jésus-Christ a fait pendant sa vie et principalement celle du Jardin des olives.
  2. Ave : ses oraisons humbles et ferventes pendant sa vie et la veille de sa passion.
  3. Ave : la patience et la douceur avec laquelle il a supporté ses apôtres pendant sa vie et particulièrement au Jardin des olives.
  4. Ave : les ennuis de son âme pendant toute sa vie et principalement au Jardin des olives.
  5. Ave : les ruisseaux de sang dans lesquels la douleur Le noya.
  6. Ave : la consolation qu’il voulut bien recevoir d’un ange dans son agonie.
  7. Ave : sa conformité à la volonté de son Père malgré les répugnances de la nature.
  8. Ave : le courage avec lequel il alla au devant de ses bourreaux, et la force de la parole avec laquelle il les terrassa et releva.
  9. Ave : sa trahison par Judas et sa capture par les Juifs.
  10. Ave : l’abandon de ses apôtres.
  1. Pater : patience de Dieu admirable.

La flagellation

  1. Ave : pour honorer les chaînes et les cordes dont Jésus-Christ fut lié.
  2. Ave : le soufflet qu’il reçut chez Caïphe.
  3. Ave : les 3 reniements de St Pierre.
  4. Ave : les ignominies qu’il reçut chez Hérode lorsqu’il fut revêtu d’une robe blanche.
  5. Ave : le dépouillement universel de ses habits.
  6. Ave : les mépris et les insultes qu’il reçut des bourreaux à cause de sa nudité.
  7. Ave : les verges épineuses et les fouets cruels dont il fut frappé et écorché.
  8. Ave : la colonne où il fut attaché.
  9. Ave : le sang qu’il répandit et les plaies qu’il reçut.
  10. Ave : sa chute de faiblesse dans son sang.
  1. Pater : beauté de Dieu ineffable.

Le couronnement d’épines de Jésus-Christ

  1. Ave : pour honorer son troisième dépouillement.
  2. Ave :
  3. Ave : le voile dont on lui banda les yeux.
  4. Ave : les soufflets et les crachats dont on lui couvrit le visage.
  5. Ave : le vieux manteau qu’on lui mit sur les épaules.
  6. Ave : le roseau qu’on lui mit à la main.
  7. Ave : la pierre pointue sur laquelle il fut assis.
  8. Ave : les outrages et les insultes qu’on lui fit.
  9. Ave : le sang et la cervelle qui sortaient de son chef adorable.
  10. Ave : les cheveux et la barbe qu’on lui arracha.
  1. Pater : toute-puissance de Dieu sans bornes.

Le portement de croix

  1. Ave : pour honorer la présentation de Notre-Seigneur devant le peuple lorsqu’on dit Ecce Homo.
  2. Ave : la préférence de Barrabas à sa personne.
  3. Ave : les faux témoignages qu’on déposa contre Lui.
  4. Ave : sa condamnation à mort.
  5. Ave : les amours avec lesquelles il embrassa et baisa la Croix.
  6. Ave : les peines épouvantables qu’il eût à la porter.
  7. Ave : ses chutes de faiblesses sous son fardeau.
  8. Ave : la rencontre douloureuse de sa Ste-Mère.
  9. Ave : le Voile de la Véronique dans lequel son visage s’imprima.
  10. Ave : ses Larmes, celles de sa Ste-Mère et des femmes pieuses qui le suivaient au Calvaire.
  1. Pater : justice de Dieu épouvantable.

Le crucifiement de Jésus-Christ

  1. Ave : pour honorer les cinq plaies de Jésus-Christ et son sang répandu sur la Croix.
  2. Ave : son coeur percé et la Croix sur laquelle il a été crucifié.
  3. Ave : les clous et la lance qui l’ont percé, l’éponge, le fiel et le vinaigre dont il fut abreuvé.
  4. Ave : la honte et l’infamie qu’il a souffertes d’être crucifié tout nu entre deux larrons.
  5. Ave : la compassion de sa Ste-Mère.
  6. Ave : ses sept dernières paroles.
  7. Ave : son abandon et son silence.
  8. Ave : l’affliction de tout l’univers.
  9. Ave : sa mort cruelle et ignominieuse.
  10. Ave :sa descente de la Croix et sa sépulture.
  1. Pater : éternité de Dieu sans commencement.

La résurrection

  1. Ave : pour honorer la descente de l’âme de Notre-Seigneur aux enfers.
  2. Ave : la joie et la sortie des âmes des anciens pères qui étaient aux limbes.
  3. Ave : la réunion de son âme à son corps dans le tombeau.
  4. Ave : sa sortie miraculeuse du tombeau.
  5. Ave : ses victoires sur la mort et le péché, le monde et le démon.
  6. Ave : les 4 qualités glorieuses de son corps.
  7. Ave : la puissance qu’il a reçue de son Père au ciel et sur la terre.
  8. Ave : les apparitions dont il honora la Ste Vierge, ses apôtres et ses disciples.
  9. Ave : les entretiens du Ciel qu’il eut et le repas qu’il fit avec ses apôtres.
  10. Ave : la paix, l’autorité et la mission qu’il leur donna pour aller par toute la terre.
  1. Pater : l’immensité de Dieu sans limites.

L’ascension de Jésus-Christ

  1. Ave : pour honorer la promesse que Jésus-Christ fit à ses apôtres de leur envoyer le St-Esprit et l’ordre qu’il leur donna de se préparer à sa réception.
  2. Ave : la réunion et l’assemblée de tous ses disciples sur la montagne des oliviers.
  3. Ave : la bénédiction qu’il leur donna en s’élevant de la terre aux cieux.
  4. Ave : sa glorieuse et charmante ascension par sa propre vertu jusqu’au ciel empyrée.
  5. Ave : l’accueil et le triomphe divin qu’il reçut de Dieu son Père et de toute la cour céleste.
  6. Ave : les vertus triomphantes avec lesquelles il ouvrit les portes du ciel où aucun mortel n’était entré.
  7. Ave : sa séance à la droite de son Père comme son Fils bien-aimé égal à lui-même.
  8. Ave : la puissance qu’il a reçue de juger les vivants et les morts.
  9. Ave : son dernier avènement sur la terre où sa puissance et majesté paraîtront en tout leur éclat.
  10. Ave : la justice qu’il y exercera au jugement dernier en récompensant les bons et en punissant les méchants à toute éternité.
  1. Pater : providence de Dieu universelle.

La pentecôte

  1. Ave : pour honorer la vérité du St-Esprit Dieu qui procède du Père et du Fils et qui est le coeur de la divinité.
  2. Ave : l’envoi du St-Esprit par le Père et le Fils sur les apôtres.
  3. Ave : le grand bruit avec lequel il descendit, qui marque sa force et sa puissance.
  4. Ave : les langues de feu qu’il envoya aux apôtres pour leur donner l’intelligence des écritures, l’amour de Dieu et du prochain.
  5. Ave : la plénitude des grâces dont il a privilégié le coeur de Marie sa fidèle épouse.
  6. Ave : sa conduite merveilleuse sur tous les Saints et sur la personne même de Jésus-Christ qu’il a conduit pendant toute sa vie.
  7. Ave : les douze fruits du St-Esprit.
  8. Ave : les sept dons du St-Esprit.
  9. Ave : pour demander en particulier le don de la sagesse et l’avènement de son règne dans les coeurs.
  10. Ave : pour obtenir la victoire des trois mauvais esprits qui lui sont opposés, savoir l’esprit de la chair, du monde et du démon.
  1. Pater : la Libéralité de Dieu inénarrable.

L’assomption de Marie.

  1. Ave : pour honorer la prédestination éternelle de Marie pour être le chef-d’oeuvre des mains de Dieu.
  2. Ave : sa conception immaculée et sa plénitude de grâce et de raison dès le sein de sa mère Ste Anne.
  3. Ave : sa nativité qui a réjoui tout l’univers.
  4. Ave : sa présentation et sa demeure au temple.
  5. Ave : sa vie admirable et exempte de tout péché.
  6. Ave : la plénitude de ses vertus singulières.
  7. Ave : sa virginité féconde et son Enfantement sans douleur.
  8. Ave : sa maternité divine et son alliance avec la Ste-Trinité.
  9. Ave : sa mort précieuse et amoureuse.
  10. Ave : sa résurrection et son assomption triomphante.
  1. Pater : la gloire de Dieu inaccessible.

Le couronnement de Marie.

  1. Ave : pour honorer la triple couronne dont la Ste Trinité a couronné Marie.
  2. Ave : la joie et la gloire nouvelle que le ciel reçut par son triomphe.
  3. Ave : pour la reconnaître pour la reine du ciel et de la terre, des anges et des hommes.
  4. Ave : comme la trésorière et la dispensatrice des grâces de Dieu, des mérites de Jésus-Christ, et des dons du St-Esprit.
  5. Ave : la médiatrice et l’avocate des hommes.
  6. Ave : l’exterminatrice et la ruine du démon et des hérésies.
  7. Ave : le refuge assuré des pécheurs.
  8. Ave : la mère et la nourrice des chrétiens.
  9. Ave : la joie et la douceur des justes.
  10. Ave : l’asile universel des vivants, le soulagement tout-puissant des affligés, des moribonds et des âmes du purgatoire.

 

[5ème méthode] ROSAIRE DES 150 MOTIFS DE DIRE LE ROSAIRE selon st L.M. Grignon de Montfort.

I – Excellence du saint Rosaire dans les figures de l’ancien testament et les paraboles du nouveau.

  1. La force du saint Rosaire contre le monde dans la figure de cette petite pierre qui sans main d’homme tomba sur la figure de Nabuchodonosor et la réduisit en pièces.
  2. Sa force contre le démon dans la figure de la fronde de David dont il vainquit Goliath.
  3. Sa force contre toutes sortes d’ennemis du salut dans la figure de la tour de David où il y avait mille sortes d’armes offensives et défensives.
  4. Ses miracles figurés dans la verge de Moïse qui fit sortir de l’eau des rochers, adoucit les eaux, divisa les mers, et fit mille et mille miracles.
  5. Sa sainteté dans la figure de l’arche d’alliance qui renfermait la Loi, la Manne et la verge, et dans le psautier de David qui en est la figure.
  6. Sa lumière dans les colonnes de feu pendant la nuit et la nuée brillante pendant le jour qui conduisait les Israélites.
  7. Sa douceur dans le miel trouvé dans la gueule du lion.
  8. Sa fécondité dans le filet que saint Pierre, par l’ordre de Notre-Seigneur, jeta dans la mer, et qui quoique de 153 poissons ne fut pas rompu.
  9. Ses fruits merveilleux dans la parabole du grain de sénevé, qui quoique si petit en apparence, devient un grand arbre où les oiseaux du ciel font leur nid.
  10. Ses richesses dans les paraboles du trésor caché dans un champ et qu’un homme sage doit acheter avec tout son bien.

II – C’est un don venu du ciel et un grand présent que Dieu fait à ses plus grands serviteurs.

  1. Dieu est l’auteur des prières dont il est composé et des mystères qu’il renferme.
  2. La sainte Vierge est l’institutrice de la forme du saint Rosaire.
  3. Saint Dominique prêchait et quoiqu’un saint, il ne convertissait quasi aucun pécheur.
  4. Il fut accompagné en ses missions de plusieurs saints Evêques, et ses travaux étaient sans fruits.
  5. Il obtient à force de prières et de mortifications le Rosaire dans la forêt de Toulouse.
  6. Il entre dans Toulouse, il y prêche le Rosaire avec de grandes merveilles et de grandes bénédictions.
  7. Il continua toute sa vie cette prédication avec des fruits inouïs.
  8. Les effets merveilleux que le saint Rosaire faisait de tous côtés pendant qu’il fut prêché.
  9. La décadence du saint Rosaire.
  10. Son rétablissement par le bienheureux Alain de la Roche.

III – Le Rosaire est la triple couronne qu’on met sur la tête de Jésus-Christ et de Marie et dont est couronné celui qui le récite tous les jours.

  1. Il y a trois sortes de couronnes de la sainte Vierge.
  2. Le Rosaire quotidien est la grande couronne.
  3. Les réprouvés se couronnent de roses déjà fanées.
  4. Les prédestinés couronnent Jésus et Marie de roses éternelles.
  5. Les Juifs couronnent Jésus-Christ d’épines piquantes.
  6. Les chrétiens véritables le couronnent de roses odoriférantes.
  7. La 1ère couronne d’épouse ou d’excellence qu’on met sur la tête de Marie par le 1er chapelet.
  8. La 2ème couronne de conquérante ou de puissance par le second chapelet.
  9. La 3ème couronne de souveraine ou de bonté par le 3ème chapelet.
  10. Trois couronnes pour celui qui récite le Rosaire tous les jours; couronne de grâces, de paix, de gloire; pendant la vie, à la mort et dans l’éternité.

IV – Le Rosaire est l’abrégé mystérieux de toutes les plus belles prières de l’Eglise.

  1. Le credo est l’abrégé de l’évangile.
  2. La prière des fidèles.
  3. Le bouclier des soldats de Jésus-Christ.
  4. Le pater, prière dont Jésus-Christ seul est l’auteur.
  5. Prière avec laquelle Il priait Son Père et en obtenait ce qu’Il voulait.
  6. Prière qui renferme autant de mystères que de paroles.
  7. Prière qui renferme tous nos devoirs envers Dieu.
  8. Prière qui contient en abrégé tout ce que nous devons demander à Dieu.
  9. Prière inconnue et très mal récitée de la plupart des chrétiens.
  10. Paraphrase du Pater.

V – Le Rosaire renferme le salut angélique qui est la plus agréable prière qu’on puisse faire à la sainte Vierge.

  1. L’ave est un compliment divin qui gagne le coeur de la sainte Vierge.
  2. C’est le nouveau cantique du nouveau testament que les fidèles chantent à la sortie de la captivité du démon.
  3. C’est le cantique des anges et des saints dans le Ciel.
  4. C’est la prière des prédestinés et des catholiques.
  5. C’est une rose mystérieuse qui réjouit la sainte Vierge et l’âme.
  6. C’est une pierre précieuse qui embellit et sanctifie l’âme.
  7. C’est une pièce de prix pour acheter le Ciel.
  8. C’est la prière qui distingue les prédestinés des réprouvés.
  9. C’est la terreur du démon, le coup qui l’écrase, le clou de Sisara qui lui perce la tête.
  10. Paraphrase de l’ave.

VI – Le Rosaire est l’abrégé divin des mystères de Jésus et de Marie où l’on fait mention et mémoire de leur vie, passion et gloire.

  1. Le malheur et la perte des hommes viennent de l’ignorance et de l’oubli des mystères de Jésus-Christ.
  2. Le Rosaire donne la connaissance et remet en mémoire les mystères de Jésus et de Marie pour les mettre en pratique.
  3. Le plus grand désir de Jésus-Christ a été et est encore qu’on se souvienne de Lui; c’est à effet qu’il a institué la sainte Messe.
  4. Après la sainte Messe, le saint Rosaire est l’action et la prière la plus sainte qu’on puisse faire parce qu’il est une mémoire et une célébration de ce que Jésus-Christ a fait et souffert pour nous.
  5. Le Rosaire est la prière des anges et des saints dans le ciel parce qu’ils sont occupés à célébrer la vie, la mort et la gloire de Jésus-Christ.
  6. Quand on dit son Rosaire, on célèbre en un jour ou une semaine tous les mystères que l’Eglise célèbre en un an pour la sanctification de ses enfants.
  7. Ceux qui disent le saint Rosaire tous les jours ont part à ce que les saints font dans les cieux comme s’ils étaient sur la terre capables de mériter, parce qu’ils font sur la terre ce que les saints font dans le ciel.
  8. Les mystères du saint Rosaire sont les miroirs des prédestinés dans lesquels ils voient leurs défauts et les flambeaux qui les conduisent en cette terre de ténèbres.
  9. Ce sont les fontaines d’eau vive du Sauveur où ils vont avec joie puiser les eaux salutaires de la grâce.
  10. Ce sont les 15 degrés du temple de Salomon et les 15 échelons de l’échelle de Jacob par lesquels les anges descendent à eux et remontent au ciel et par lesquels ils montent au ciel.

VII – Le Rosaire est l’arbre de vie qui porte toute l’année des fruits merveilleux.

  1. Le Rosaire éclaire les pécheurs aveugles et endurcis.
  2. Il ramène les hérétiques obstinés.
  3. Il délivre les captifs.
  4. Il guérit les incurables.
  5. Il enrichit les pauvres.
  6. Il soutient les faibles.
  7. Il console les affligés et agonisants.
  8. Il réforme les religions relâchées.
  9. Il arrête les fléaux de la colère de Dieu.
  10. Il perfectionne les justes.

VIII – Le Rosaire est une pratique que Dieu a autorisée d’une infinité de miracles.

  1. Miracles pour la conversion des pécheurs.
  2. Pour la conversion des hérétiques.
  3. Pour la guérison de toutes sortes de maladies.
  4. Pour les confrères agonisants.
  5. Pour la sanctification des personnes dévotes.
  6. Pour la délivrance des âmes du purgatoire.
  7. Pour la réception en la confrérie.
  8. Pour la procession du saint Rosaire et l’huile de la lampe du saint Rosaire.
  9. Pour sa dévote récitation.
  10. Pour le porter sur soi avec dévotion.

IX – Le saint Rosaire est très excellent parce qu’il a été établi pour des fins très nobles, très glorieuses à Dieu et très salutaire à l’âme.

  1. En s’enrôlant en cette confrérie pour se fortifier admirablement par l’union qu’on acquiert avec des millions de frères et de soeurs.
  2. Pour se souvenir incessament des mystères de Jésus et de Marie.
  3. Pour louer Dieu en tous les temps du jour et de la nuit et en tous les lieux de l’univers, ce qu’on ne pourrait pas faire tout seul.
  4. Pour remercier Notre-Seigneur de toutes les grâces qu’Il nous fait à chaque instant.
  5. Pour lui demander pardon à toute heure des péchés journaliers.
  6. Pour rendre sa prière plus forte par l’union qu’elle a avec les autres.
  7. Pour s’entraider mutuellement à l’heure de la mort qui est si dangereuse et si difficile et si importante.
  8. Pour être appuyés à l’heure du jugement par autant d’avocats qu’il y a de confrères du Rosaire.
  9. Pour après leur mort être soulagé et bientôt délivré des peines du purgatoire par les Messes et les voeux qu’on offrira pour eux.
  10. Pour former une armée rangée en bataille pour détruire l’empire du démon et établir celui de Jésus-Christ.

X – Le Rosaire est le grand magasin d’indulgences accordées par les papes à l’envi les uns des autres. 

  1. Indulgences plénières des stations de Rome et de Jérusalem en communiant à certains jours.
  2. Indulgence plénière pour l’entrée en la confrérie.
  3. Indulgence plénière à l’article de la mort.
  4. Indulgence pour la récitation du saint Rosaire.
  5. Indulgence pour ceux qui font dire le Rosaire.
  6. Indulgence plénière pour ceux qui communient en l’Eglise du Rosaire les premiers dimances du mois.
  7. Indulgence pour la procession.
  8. Indulgence pour ceux qui font dire la Messe du Rosaire.
  9. Indulgence pour certaines oeuvres de piété.
  10. Indulgence pour ceux qui ne peuvent visiter l’Eglise du Rosaire, ni communier, ni assister à la procession.

XI – Le Rosaire est autorisé par les exemples que nous en ont donnés les saints.

  1. Saint Dominique son auteur.
  2. Le bienheureux Alain de la Roche son restaurateur.
  3. Les saints frères prêcheurs ses propagateurs.
  4. Parmi les Papes : Pie V, Innocent III, Boniface VIII qui le fit broder en satin.
  5. Parmi les cardinaux : saint Charles Borromée.
  6. Parmi les Evêques : saint François de Sales.
  7. Parmi les religieux : saint Ignace, saint Philippe de Néry, saint félix de Cantalice.
  8. Parmi les Rois et Reines : saint Louis, Philippe Ier, Roi d’Espagne, la Reine Blanche.
  9. Parmi les savants : saint Albert le Grand, Navarre, etc…
  10. parmi les plus dévots : la fameuse dévote de Rome, sœur Marie de l’Incarnation.

XII – Les ennemis du saint Rosaire terrassés nous en montrent la gloire.

  1. Ceux qui le négligent.
  2. Ceux qui le disent avec tiédeur et sans attention.
  3. Ceux qui le disent à la hâte et par manière d’acquis.
  4. Ceux qui le disent en péché mortel sans amendement.
  5. Ceux qui le disent par hypocrisie sans aucun fond de dévotion.
  6. Les critiques qui tâchent finement de le détruire.
  7. Les impies qui le combattent par leurs discours.
  8. Les lâches qui après l’avoir embrassé l’abandonnent
  9. Les hérétiques qui l’attaquent et le calomnient.
  10. Les démons qui le haïssent et le détruisent par mille artifices.

XIII – La résolution des difficultés que les hérétiques, critiques, libertins, négligents et ignorants ont coutume d’apporter pour le détruire ou ne pas le dire.

  1. Le Rosaire c’est une pratique nouvelle.
  2. C’est une invention de religieux pour avoir de l’argent.
  3. C’est une dévotion de femmelettes qui ne savent pas lire.
  4. C’est une superstition car c’est prier par compte.
  5. Il vaut mieux dire les psaumes pénitentiels.
  6. Il vaut mieux faire oraison mentale.
  7. C’est une prière trop longue et trop ennuyeuse.
  8. On peut se sauver sans dire le Rosaire.
  9. On pèche si on vient à y manquer.
  10. Il est bon mais je n’ai pas le temps de le dire.

XIV – La manière de bien réciter le saint Rosaire.

1. Il faut le dire purement sans attache au péché mortel.

  1. Saintement sans aucune mauvaise intention.
  2. Attentivement sans aucune distraction volontaire.
  3. Lentement et posément en faisant des médiantes.
  4. Dévotement en méditant les mystères.
  5. Modestement, sans immodestie, à genoux ou debout.
  6. Entièrement, sans partage et tous les jours.
  7. Secrètement lorsqu’on le dit tout seul.
  8. Publiquement et à deux choeurs.
  9. Constamment jusqu’à la mort.

XV – Des méthodes différentes de réciter le saint Rosaire.

  1. On peut réciter simplement le st Rosaire ne disant que les Pater et Ave en intention des mystères.
  2. On peut ajouter un petit mot à chaque mystère de la dizaine.
  3. On peut faire une petite offrande à chaque dizaine.
  4. On peut faire une plus grande offrande à chaque dizaine.
  5. On peut à chaque Ave avoir une intention particulière.
  6. On peut le réciter intérieurement sans parler.
  7. On peut à chaque Ave ajouter une génuflexion.
  8. On peut y ajouter une prostration.
  9. On peut y ajouter un coup de discipline.
  10. On peut faire mémoire des saints à chaque dizaine et allier quelqu’une des méthodes susdites selon l’attrait du Saint-Esprit.

 

ROSAIRE MEDITE PAR LES PERES MONTFORTAINS

MYSTERES JOYEUX.

1ère DIZAINE. L’Annonciation. Fruit du Mystère : l’Humilité.

CONSIDEREZ, en union avec la sainte Vierge, les prodigieux abaissements auxquels se voue, pour expier votre orgueil, Celui qui est l’éclat de la lumière éternelle, le miroir sans tâche de la beauté de Dieu et l’image de sa bonté.

Félicitez Marie de sa grandeur, mesurez quelle doit être la profondeur de son humilité, aujourd’hui qu’Elle est élevée à la dignité de Mère de Dieu.

Que vous êtes loin de lui ressembler, vous, si vain, si désireux de l’estime du monde ! Confondez-vous et prenez les moyens sérieux pour acquérir cette vertu si nécessaire et sans laquelle toutes les autres ne sont rien.

2ème DIZAINE. La Visitation. Fruit du Mystère : la Charité envers le prochain.

SUIVEZ la très sainte Vierge chez sa cousine Elisabeth, et tout en vous pénétrant du mystère, adorez Jésus qui commence à répandre par Marie le feu divin dans les coeurs. Que son amour est grand pour vous déjà déjà !… Comme ce Dieu Sauveur aspire après le jour où il s’immolera pour votre salut sur le Calvaire !

Quelle est votre charité ? Voyez en quoi la sainte Vierge demande que vous vous corrigiez, par rapport à cette vertu, et suppliez-la d’embraser votre coeur d’un ardent amour pour le prochain.

3ème DIZAINE. La Naissance de Jésus. Fruit du Mystère : le mépris des richesses et l’amour de la pauvreté.

Quelle pauvreté dans l’étable ! Un peu de paille ! Quelques langes qui garantissent à peine d’un froid intense le divin Enfant, de pauvres bergers qui forment sa cour ! Admirez ce denûement qui n’est que le prélude de tout ce que souffrira Jésus jusqu’au dépouillement du Calvaire !

Concevez de là un parfait détachement de toutes choses, et demandez-en la grâce avec la plus vive confiance à la Vierge Mère.

4ème DIZAINE. La Présentation de Jésus. Fruit du Mystère : une grande pureté de corps et d’esprit.

Uni à votre divine Mère, adorez respectueusement Jésus dans les bras de Siméon, et apprenez de là à qui il se communique de préférence…Aux âmes pures et détachées de tout. « La Sagesse Eternelle est la vapeur de la vertu de Dieu et l’effusion toute pure de la clarté du Tout-puissant. Elle n’habite pas dans l’âme où se trouve le péché. » 

Ayez donc un grand amour pour la pureté, qui vous rend semblable aux Anges et vous unit à Dieu si intimement, et rappelez-vous que vous n’acquerrez cette vertu que par beaucoup de vigilance sur vos sens et surtout par une tendre dévotion à Marie.

5ème DIZAINE. Le Recouvrement de Jésus. Fruit du Mystère : la véritable Sagesse.

En honorant la douleur de la très sainte Vierge cherchant pendant trois jours le divin Enfant, faites un retour sur vous-même, et voyez, sous le regard de votre Mère, quels sont vos désirs de posséder Jésus ; Où sont vos pleurs, ou est votre tristesse de vous en voir si éloigné ?…

Marie est l’aimant sacré qui attire Jésus dans les âmes, adressez-vous à Elle. Elle vous enseignera par une vie plus intérieure, à le retrouver dans le temple de votre coeur où Jésus habite. Elle vous apprendra à ne pas perdre de vue le souvenir de son amour, de ses beautés, des grands biens qu’Il procure.

MYSTERES DOULOUREUX.

6ème DIZAINE. L’Agonie de Jésus. Fruit du Mystère : la Contrition.

ECOUTEZ les plaintes amoureuses de Jésusau jardin des Olives : « Mon âme est triste jusqu’à la mort…Mon Père que ce calice passe loin de moi… » Compatissez aux douleurs de votre Mère en lui offrant cette dizaine. Elle versa tant de fois des larmes de sang pour vos fautes et pour les péchés des hommes !

Suppliez-la de toucher votre coeur et de vous obtenir la grâce de la componction, car jusqu’ici vous avez si peu pleuré vos infidélités ! Demandez en même temps la conversion de quelque grand pécheur, et spécialement la contrition pour tous ceux qui vont mourir aujourd’hui.

7ème DIZAINE. La Flagellation de Jésus. Fruit du Mystère : la mortification des sens.

A quelles violences, à quels opprobres le doux Sauveur a-t-il voulu, par amour pour vous, être en butte depuis son agonie jusqu’à sa flagellation sanglante ! Que cette vue doit vous inspirer d’horreur pour les plus légères sensualités qui ont coûté si cher au doux Jésus de votre âme§…

En compatissant aux douleurs que ressentit la très sainte Vierge de cette scène navrante, demandez-lui la grâce de mortifier vos sens. Tant de pécheurs se perdent par l’amour des plaisirs ! Priez pour eux.

8ème DIZAINE. Le Couronnement d’épines. Fruit du Mystère : le mépris du monde.

Voyez à quel triste état votre orgueil a réduit ce doux Jésus, le Roi des rois, le Seigneur des seigneurs !… Adorez-le maintenant couronné d’épines, couvert d’un haillon de pourpre, traité comme un roi de théatre par cette soldatesque effrénée qui l’accable d’injures et de toutes sortes de mauvais traitements.

Unissez-vous à Marie pour compenser tant d’outrages par vos adorations, votre compassion, votre amour. Suppliez-la de remercier Jésus en votre nom, et demandez la grâce de vous mieux connaître, afin de vous haïr et vous mépriser.

9ème DIZAINE. Le Portement de Croix. Fruit du Mystère : la patience dans les croix.

Voyez avec quel amour Jésus prend et embrasse cette Croix qu’Il regarde comme le signe de votre salut et l’arme toute puissante avec laquelle il doit terrasser vos ennemis ! Remerciez-le et compatissez en même temps au coeur de Marie si cruellement déchiré quand Elle rencontre son divin Fils. Admirez avec quelle ardeur Elle vient partager les douleurs et les humiliations de son Fils au Calvaire !

Mais vous, quelle est votre résignation dans vos épreuves ?… Quelle estime faites-vous de la Croix ? Humiliez-vous de tant de murmures dont vous vous êtes rendu coupable, et suppliez la très sainte Vierge de vous faire comprendre combien il vous est avantageux d’être averti de vos défauts et puni de votre orgueil et de vos fautes.

10ème DIZAINE. Le Crucifiement. Fruit du Mystère : la conversion des pécheurs et le soulagement des âmes du Purgatoire.

Considérez ce qu’il en a coûté à la très sainte Vierge pour vous enfanter à la vie de la grâce. « Toutes les cruautés exercées sur les corps des martyrs, dit saint Anselme, sont légères ou plutôt ne sont rien, comparées à l’excès des souffrances de Marie. »

Honorez cette Reine des martyrs qui a tant souffert pour vous; compatissez à sa profonde tristesse et dites lui avec le prophète : « O Vierge, fille de Sion, à quoi pourrai-je comparer votre douleur ? Elle est immense comme la mer ». A l’exemple de Jésus et de Marie, soyez disposé à tout souffrir pour le salut des âmes.

MYSTERES GLORIEUX.

11ème DIZAINE. La Résurrection. Fruit du Mystère : l’amour de Dieu et la ferveur.

De quelles splendeurs Jésus paraît environné au jour de sa Résurrection ! De quel amour, de quelle allégresse le Coeur de Marie est-il inondé quand Elle voit son Fils sorti des bras de la mort ! Réjouissez-vous avec Elle, félicitez-la de toute l’effusion de votre âme, car la gloire de Jésus, c’est sa gloire.

Voyez avec quelle bonté le Sauveur ressuscité recherche ses disciples et les saintes femmes ! C’est avec ce même amour qu’il vous poursuit et voudrait se communiquer à vous, mais votre âme est si tiède ! Aux pieds de Marie, priez avec ferveur. Cette bonne Mère est inondée de tant de délices en la Résurrection qu’Elle ne saurait vous rien refuser.

12ème DIZAINE. L’Ascension. Fruit du Mystère : le désir du Ciel.

Avec Marie, considérez Jésus s’élevant majestueusement, entouré des Anges et des âmes qu’Il a délivrées des limbes. Quel magnifique triomphe ! Quel honneur, quelle joie pour le Ciel tout entier. En félicitant la très sainte Vierge de la gloire de son divin Fils, pénétrez en son Coeur, et demandez-lui de vous faire connaître quelque chose des sentiments qu’Elle éprouva après l’Ascension. « Tel était le désir de Marie d’être réunie à Dieu qu’il a fallu un miracle continuel pour qu’Elle pût vivre au milieu de si vives ardeurs » (saint Jean Eudes, coeur admirable de la Mère de Dieu, octav. 5).

Mais vous, quels sont vos sentiements ! Vous désirez Jésus : ce désir est-il sincère ? Vous demandez le Ciel : que faites-vous pour le posséder ? Oh ! Si comme Marie, nous n’avions de pensées que pour Jésus, la Sagesse incarnée, si nous nous rappelions souvent ses trésors, son ardent désir de nous posséder au Ciel, combien plus généreux serions-nous à son divin service ! Avec quel zèle nous détruirions tout ce qui peut être un obstacle à l’union avec Jésus ! Demandez-en la grâce à la très sainte Vierge.

13ème DIZAINE. La Pentecôte. Fruit du Mystère : la descente du Saint-Esprit.

Pénétrez-vous bien de ce mystère. Honorez votre divine Mère au milieu des disciples, au cénacle, recevant l’Esprit-saint… De quelle plénitude de grâces Elle est enrichie en ce jour !…

Réjouissez-vous avec Elle, et demandez-lui pour vous et pour tous ses esclaves d’amour, la grâce d’être de plus en plus unis à son très saint Coeur, vous rappelant cette pensée de saint Louis-Marie Grignon de Montfort : Quand l’Esprit divin voit Marie dans une âme, il y vole, il y survient abondamment pour la remplir de ses dons, et surtout celui de sa Sagesse, pour opérer des merveilles de grâce (Traité de la vraie dévotion à la très sainte Vierge, n°36).

14ème DIZAINE. L’Assomption de la très sainte Vierge. Fruit du Mystère : l’amour de Marie.

Venons en esprit assister aux derniers moments de notre Mère ! Quelle douce mort que la sienne ! Visitée par Jésus, son Fils, inondée de délices, Elle meurt d’amour comme Elle avait vécu. Demandez lui cette grâce pour vous et pour tous ceux qui vous sont chers.

Quelques apôtres sont là, près de la couche de la très sainte Vierge, inconsolables de cette séparation; avec quelle bonté Marie adoucit leurs peines, les console, les bénit, les assure de sa puissante médiation près de Jésus-Christ ! Figurez-vous qu’Elle en fait autant pour vous et qu’afin de dilater votre coeur par une sainte confiance, Elle vous dit, avec le plus tendre amour : « Mon enfant, ne crains rien, je suis ta Mère, je vais au Ciel préparer ta demeure ! ». O Dieu ! Quel mot ! Marie, ma Mère et quelle Mère ! Toute bonne, toute compatissante, voyant parfaitement mes peines, mes misères, désireuse de les soulager et de me plonger dans sa gloire.

15ème DIZAINE. Le Couronnement de Marie. Fruit du Mystère : la persévérance dans la grâce et le couronnement de gloire.

Suivons la très sainte Vierge s’élevant au Ciel, appuyée sur son Bien-aimé, entourée d’une multitude d’Anges et de Saints. Quelle pompe ravissante ! Quelles allégresses quand cette divine Reine fait son entrée au Ciel ! De quelle joie, de quellle gloire Marie est inondée quand, placée par la très sainte Trinité sur un trône magnifique, Elle est couronnée comme Fille bien-aimée de Dieu le Père, comme Mère admirable du Fils, comme Epouse très fidèle du Saint-Esprit !… Si le moindre des élus est comblé de tant de délices, quelles sont celles de la Mère de Jésus !… Mais que pouvons-nous dire, nous, pauvres exilés de la douce patrie ! Taisons-nous, admirons, félicitons notre Mère avec les Bienheureux qui, dans ce jour, reçoivent une nouvelle joie et une nouvelle gloire.

O sainte cité de Dieu, divine Vierge, que de perfections en vous qui ravissent les élus !… Quelles splendeurs ! Quelles beautés ! Quelle admirable puissance ! Quelle sagesse ! Quelles lumières ! Surtout quel amour pour vos pauvres enfants de la terre !… O toute bonne Mère, dites-en quelque chose à mon coeur, afin que, tout ravi par vos charmes, la vie me soit à charge, et que je languisse de me voir si longtemps séparé de vous !… Hélas, que deviendrai-je, divine Mère, si vous n’avez pitié de moi, captif, exposé à des dangers sans nombre, déchiré de mille passions, en butte à toutes sortes de d’ennemis ! Infortuné que je suis, qui me délivrera de ce corps de mort ? Comme le cerf altéré cherche avec ardeur l’eau des fontaines, de même je soupire après vous, ô Vierge sainte !… Mon âme languit du désir de vous voir. Quand sera-ce que je vous posséderai éternellement avec mon Dieu ?

FIN.

 Méditation monfortaine du Rosaire

Jésus dépendant de Marie dans les mystères de sa petite enfance.

I. Incarnation

Le Fils de Dieu, notre très doux Rédempteur aurait pu nous sauver sans devenir l’Enfant de la Vierge Marie. Il pouvait apparaître en ce monde à l’état d’homme parfait, comme apparut Adam au sortir des mains du Créateur. Par miséricordieuse condescendance, il a préféré venir comme nous, dans le sein d’une mère, et y demeurer caché pendant neuf mois. Mais, en raison de sa Divinité et aussi de la science infuse qui emplit son intelligence humaine dès le premier instant de sa conception, il est aussitôt conscient de lui-même et de son séjour en Marie.

Dans ce sein virginal, il commence de rendre gloire à son Père : il l’adore, le remercie, lui offre des dilections, des satisfactions et supplications d’une valeur infinie. Il lui offre son coeur, son coeur de quelques jours, de quelques mois, brûlant déjà du désir d’être immolé pour expier nos fautes.

Dans ce sein virginal, il prend ses complaisances comme en un paradis terrestre animé. Il y contemple avec joie ses élus, ses prédestinés, tous ceux qui seront ses membres vivants. « Il se les choisit, dit Montfort, de concert avec Marie« , les enfermant par amour avec lui en elle. Et c’est là « qu’il opère tous les mystères de s vie qui suivront, par l’acceptation qu’il en fait ». (V. D., n° 248). Jésus, ingrediens mundum, dicit…Ecce venio, ut faciam, Deus, voluntatem tuam. (Hebr., X, 5-9). Le sein de la Vierge est son premier autel, sur lequel il s’immole aux volontés de son Père en vue de notre salut. Tout se passe en dépendance de Marie.

II. Visitation

Ayant ainsi pleinement conscience d’exercer sa mission rédemptrice, il a hâte de se donner effectivement aux âmes. C’est pourquoi, au lendemain de l’Annonciation, son divin Esprit inspire à Marie de s’en aller au pays des montagnes en une ville de Judée où demeure sa parente Elisabeth, pour apporter à Jean le Précurseur, encore aussi dans le sein de sa mère, la grâce d’un miraculeux baptême avant le sacrement, et à Elisabeth elle-même, la grâce d’une intime Pentecôte avant celle – éclatante – du Cénacle.

Docile et empressée, la toute jeune Mère s’en va, porteuse du Christ, par les sentiers fleuris du printemps palestinien. La voilà qui entre dans la maison d’Elisabeth. Elle prononce le salut d’usage : Que la paix soit avec vous ! A peine a-t-elle parlé que l’enfant d’Elisabeth tressaille de joie, heureux de se savoir visité et sanctifié par le Verbe fait chair, caché en Marie. Elisabeth pénètre aussi le mystère. Sous l’impulsion de l’Esprit qui l’envahit, elle reprend l’Ave au point où l’avait laissé l’ange et le complète par l’acclamation au Sauveur : « Vous êtes bénie entre les femmes, et le fruit de votre sein est béni…‘ (Luc, 1, 39).

Marie apparaît donc, en ce mystère de la Visitation, premier sacrement du Christ, son sacrement vivant. Par elle, en dépendance de sa divine Maternité, et par le signe sensible de sa voix, Jésus fait passer la grâce sanctifiante qui transforme Jean – jusque-là entaché du péché originel – en juste et en enfant de Dieu. Par elle semblablement, il remplit Elisabeth – déjà en état de justice et de sainteté – d’une telle abondance des dons de l’Esprit-Saint que son âme exulte d’allégresse dans la pleine lumière de la Révélation : « D’où me vient ce bonheur que la Mère de mon Dieu daigne me visiter ? Car voici qu’au moment où le son de votre voix parvenait à mes oreilles, le petit enfant a tressailli dans mon sein. Bienheureux êtes-vous d’avoir eu foi en l’accomplissement de la parole du Seigneur« . (Luc I, 43-45). Toute l’Incarnation lui a été dévoilée. Elle en rend grâces à Marie. L’humble Marie répond par son cantique duMagnificat.

III. Nativité

Dans le mystère de Noël, la même dépendance du Sauveur éclate à nos yeux. C’est Marie qui, après l’avoir mis au monde, l’enveloppe de langes et le couche dans la Crèche. Elle lui donne tous les soins nécessaires à un nouveau-né. Jésus lui confie entièrement sa divine Personne, ainsi réduite à une impuissance extérieure déconcertante. Du moment qu’il a voulu apparaître ici-bas semblable aux autres enfants, il n’appartient et ne peut appartenir qu’à sa Mère ; et parce que cette Mère est vierge, il appartient à Marie comme jamais aucun autre enfant n’appartiendra à celle qui lui a donné la vie.

Aussi, est-ce par elle qui se montre et se donne à ses premiers adorateurs, comme couvé sous la pureté de son regard, ou porté dans ses bras et tenu sur ses genoux. Les bergers, accourant à l’étable, trouvèrent le nouveau-né enveloppé de langes et couché dans une crèche, comme l’ange le leur avait dit. Plus tard, les mages, guidés par l’étoile, « entrant dans la maison, trouvèrent l’Enfant avec sa Mère » (Mat., II, 11). Quelle foi splendide Jésus projeta par elle dans leurs intelligences ! Une foi que ni les années, ni les distances ne pourront affaiblir, et qui s’affirmera même, s’il le faut, dans le témoignage du sang.

IV. Présentation

Le quarantième jour après sa naissance, Jésus fut présenté au Temple de Jérusalem. Ce jour-là, il renouvelait ostensiblement l’offrande, faite de lui-même à son Père dans le secret du sein maternel, dès la première minute de l’Incarnation. Mais cette offrande, d’un caractère officiel, il ne la fait et ne peut la faire qu’en dépendance de Marie. Elle le porte au Temple, elle le tient de ses mains virginales comme le prêtre tient l’Hostie consacrée. Elle l’immole dans son âme de mère, acquiesçant par avance à tous les vouloirs du Père des Cieux. C’est elle véritablement qui offre ce sacrifice du matin, prélude de ce qui sera au Calvaire le sacrifice du soir.

Jésus est heureux d’offrir ainsi, comme il est heureux d’être donné quelques instants par sa Mère à ce saint vieillard Siméon, qui ne vivait depuis toujours que dans l’espérance de voir de ses yeux le Messie promis et attendu. Il fait plus que de le voir, il le tient dans ses bras et le possède dans son coeur. Il est comblé. Quelle grâce ! N’y a-t-il pas là une sortie de communion eucharistique spirituelle ? Siméon peut presser contre sa poitrine le ravissant petit corps de Jésus, et ce corps lui transmet les richesses de l’âme très sainte et de la Divinité. Si son cantique d’action de grâces monte vers Dieu, quelle reconnaissance aura-t-il témoignée à Celle qui lui vaut ce présent inestimable, et qu’il proclame prophétiquement la Mère douloureuse, associée au Rédempteur d’Israël. Il sait qu’elle ne remporte son nouveau-né que pour le nourrir, l’entretenir, l’élever et le garder en vue de la croix.

Jésus dépendant de Marie durant sa vie cachée à Nazareth

V. Recouvrement.

Saint Luc, (II, 40) a résumé  la vie de Jésus à Nazareth jusqu’à sa douzième année en cette seule phrase : « L’Enfant croissait et se fortifiait, rempli de sagesse ; et sur lui reposait la grâce, la bienveillante tendresse de Dieu« .

A l’âge de douze ans, il devenait comme tous les adolescents de son pays, « fils de la Loi », ce qui veut dire qu’il était dès lors personnellement astreint à l’observation de tous les préceptes. C’est pourquoi, Jésus va faire avec les siens, pour la première fois, le grand pèlerinage annuel de Pâques. Nous n’avons, dans l’Evangile, d’autre fait concernant la longue vie cachée du Sauveur, que ce pèlerinage à Jérusalem, raconté par saint Luc (II, 41-52). C’est le mystère de Jésus perdu et retrouvé.

Comment expliquer cette apparente émancipation du plus aimant et du plus obéissant de tous les fils ? Reconnaissons de suite que, s’il reste trois jours dans la ville de Jérusalem à l’insu de Marie et de Joseph, c’est uniquement pour obéir à son Père des Cieux, comme lui-même le déclare au moment du Recouvrement. Marie, qui a tant souffert avec Joseph, vient de l’interroger : « Mon fils, pourquoi nous avez-vous fait cela ? Votre père et moi, nous vous avons cherché dans l’angoisse« . Ce n’est pas un reproche, mais une question : quelle peut être la cause de cette absence ? « Pourquoi me chercher ? répondit Jésus. Vous savez bien que je dois être aux volontés de mon Père« .

Réponse adorablement filiale, et cependant mystérieuse à dessein, Marie ne devant en saisir que plus tard toute la portée.

Les volontés du Père céleste concernaient la mission rédemptrice de Jésus, intimement acceptée – comme nous l’avons vu – dès le premier instant de l’Incarnation, et renouvelée ostensiblement par Marie dans l’offrande de la Présentation au Temple. Mais, devenu légalement responsable de ses actes, quel frémissement d’âme dut éprouver le divin Adolescent, lorsque se trouvant en cette ville qui sera le témoin de son immolation, ses yeux s’arrêtèrent pour la première fois sur la montagne du Calvaire, et que se dressa devant son esprit l’image vivante et comme actuelle de la croix ensanglantée ! Ne sommes-nous pas alors autorisés à penser, après d’autres (Voir Grimal : Avec Jésus formant en nous son prêtre, tome I, 13è méditation, pp. 132, 133), que, saisi par cette connaissance expérimentale et par l’impression d’effroi qu’elle provoqua dans tout son être humain si jeune encore, Jésus voulut prolonger son séjour à Jérusalem, afin de se trouver seul en face des volontés de son Père céleste ? Lentement, il aura parcouru la Voie douloureuse et, arrivé au sommet du Calvaire, prié là longtemps les bras étendus, comme crucifié aux bras de ce Père, lui offrant tout ce qu’il devait endurer pour nous vingt ans plus tard.

Ainsi, anticipait-il en quelque sorte sa sainte Passion, et du fait de cette brusque disparition, Marie souffrait, elle aussi par avance, les douleurs de sa Compassion maternelle. Car pendant ces trois jours, ou – plus exactement pour elle – une nuit, un jour et une autre nuit, comme au temps de la grande déréliction qui ira du Vendredi Saint au soir jusqu’au matin de Pâques, la Vierge ne pouvait distraire son esprit de la pensée que Jésus, dans la Ville sainte, avait sans doute été reconnu par les Hérodiens, saisi et peut-être déjà mis à mort (Mgr Gay, Mystère du Rosaire. Le Recouvrement, pp. 288, 289).

De la sorte Jésus, la Sagesse Incarnée, toujours pour obéir aux volontés de son Père céleste, préparait de loin sa sainte Mère, son Associée dans l’oeuvre de notre salut, à supporter le poids immense des douleurs rédemptrices. Ces douleurs lui furent d’une telle intensité que, sans cette préparation, son coeur aurait pu se briser dans sa poitrine, comme le Coeur de son Fils au jardin de l’agonie.

En pareille occurrence, on ne prévient pas, on garde le silence. L’explication désirée viendra en son temps. Si Marie avait compris toute la portée de la réponse de son Fils au moment du Recouvrement, sa souffrance aurait été plus grande encore.

 

Au matin du troisième jour, lorsque Marie et Joseph (En souffrant avec Marie durant ces trois jours, Joseph – qui ne devait pas voir la Passion – y a participé cependant avant d’entrer dans la gloire) eurent retrouvé Jésus dans le Temple, au milieu des Docteurs, l’Evangile nous dit qu’il descendit avec eux à Nazareth, où il leur demeura soumis comme avant. Et descendit cum eis, et venit Nazareth, et erat subditus illis.

Cette soumission va s’étendre sur la vie cachée pendant dix-huit années, donc bien au-delà de l’adolescence. Et voilà la merveille qui jetait en extase saint Louis-Marie de Montfort ; merveille disait-il, que l’Esprit-Saint n’a pu passer sous silence dans l’Evangile, bien qu’il nous ait voilé presque toutes les choses admirables que cette Sagesse Incarnée a faites dans sa vie cachée ». (V. D. , n°18). Elle aurait pu, dès lors, se libérer des siens et commencer sa prédication. Elle qui venait de provoquer l’étonnement et l’admiration des Docteurs du Temple.

Mais non. Elle ne trouve rien de meilleur pour glorifier son Père et sauver les hommes, que de se soumettre entièrement à la Vierge, sa Mère, et au représentant visible de son Père des Cieux. Et c’est une chose très remarquable, qu’Elle a attendu cet âge de douze ans pour manifester sa volonté de demeurer dans la soumission qu’Elle  avait témoignée jusque-là. Après le Recouvrement, Jésus retourne à Nazareth, pour continuer d’obéir jusque dans son âge d’homme, comme s’il était encore petit enfant.

Oh ! cette vie de silence, d’effacement, de labeur obscur, passée dans une obscure bourgade ! Cette existence simple qui fait passer Jésus, aux yeux de ses compatriotes, pour le fils du charpentier ! Cette vie de prière, de contemplation et de souffrances intimes ! Cette longue préparation du Rédempteur à son apostolat et à son martyre ! Et ces veillées, ces entretiens en famille, ces lectures des pages de la Bible, ces moments de détente face à la montagne si proche du Carmel ! Et cette suavité que l’on devait respirer autour de la sainte maison ; et cette puissance de rayonnement qui émanait d’elle et qui, secrètement, aura touché bien des âmes !…

De tout cela nous ne saurons rien, sinon que tout cela se déroulait au sein de la plus volontaire et plus aimante soumission du Verbe incarné. Subditus, c’est le seul mot que nous a laissé l’Evangile.

 

Jésus Sagesse souffrante et crucifiée

Nous voici aux mystères de la Passion.

La dépendance de Jésus à l’égard de sa sainte Mère ne se révèle pas de prime abord dans les trois premiers. Cependant, comme nous retrouvons Marie au portement de la Croix et au crucifiement, où va se consommer l’oeuvre rédemptrice, c’est une invitation pour nous à découvrir sa participation aux souffrances qui ont précédé.

Nous nous demanderons donc comment Jésus dépend de Marie dans les trois Mystères de son Agonie, de la Flagellation et du Couronnement d’épines. Tout uniment ensuite, nous le contemplerons le long de la Voie douloureuse et sur la montagne du Calvaire, ayant sa Mère à ses côtés. Que de grâces alors ont été déversées sur les âmes qui ont suivi ou même simplement approché la Très Sainte Vierge !

Cette méditation devra nous faire apprécier de plus en plus la valeur surnaturelle des souffrances dans nos courtes vies terrestres. « On va dans la Patrie par le chemin des croix », chantait Montfort. Jésus et Marie marchent devant nous. Demandons-leur lumière et force pour les suivre courageusement.

Les trois premiers mystères douloureux. 

Ces Mystères peuvent être envisagés comme renfermant, en leurs douleurs spéciales, l’expiation offerte par Jésus à son Père pour les innombrables péchés issus de chacune des trois grandes convoitises : l’amour de l’argent, celui des plaisirs de la chair, et l’orgueil de l’esprit. Au jardin de l’Agonie, Jésus souffre en son âme plus particulièrement à la vue des crimes qu’engendre l’amour de l’argent et qui damnent un si grand nombre. A la Flagellation, il souffre dans son corps en expiation des péchés de la chair. Au Couronnement d’épines, il souffre dans sa tête adorable et expie les péchés de l’esprit. Expiation dominante en chacun des trois Mystères, mais nullement exclusive.

VI. Agonie

Dans le Mystère de l’Agonie, justement appelé la Passion du Coeur de Jésus, notre très doux Sauveur a vu passer devant son esprit tous les péchés du monde et, d’une manière plus intense, les crimes qu’engendre la misérable avarice. N’est-ce pas, d’ailleurs, dans le temps même où il entre en sa volontaire et terrible Agonie, que Judas, « l’un des Douze », le vend pour trente pièces d’argent ; et n’est-ce pas en ce jardin des Oliviers que le traître va bientôt venir, à la tête d’une bande armée, consommer le crime de sa trahison ?

Ainsi, Judas a commis son forfait et sombré ensuite dans le désespoir, en conséquence de la hideuse passion qui dévorait son âme. Il a préféré l’argent au sang de son divin Maître. Combien d’autres se damnent à sa suite, leurs regards obstinément rivés à la terre ! Il faut croire qu’un très grand nombre de damnés – peut-être le plus grand nombre – le sont par amour de l’argent et de tout ce qu’on peut obtenir par l’argent, puisque chaque fois que l’Evangile parle de damnés, c’est toujours pour leur attachement calculé aux richesses de ce monde et à la dureté de coeur qui s’en suit (Voir la Parabole du commerçant avare (Luc, XX, 15-21), et celle du mauvais riche (Luc, XVI, 19- 31). « On ne peut servir à la fois Dieu et Mammon ». (Luc XVI, 13).

 

On ne s’imagine pas quel univers d’iniquités sort de cette misérable passion de l’argent : les cupidités, les idolâtries, les vols, les mensonges, les parjures, les suicides, les divisions de familles, les simonies, les trahisons, les hypocrisies, les haines tenaces, les cruautés, les meurtres, les guerres injustes, les guerres avec leur cortège de crimes et de violences de toutes sortes…

Jésus a eu la vision de tout cela, et il en a ressenti une douleur de coeur indescriptible. Quae utilitas in sanguine meo ? (Ps. XXIX, 10). Pourquoi mon sang va-t-il être versé pour tant et tant de malheureux qui n’en profiteront pas, qui se perdront sans retour et me haïront éternellement ? Cette pensée de l’inutilité des souffrances rédemptrices pour un très grand nombre provoque en son âme une telle épouvante, un tel abattement qu’il supplie son Père par trois fois d’éloigner, si possible, ce calice d’amertume ; et ne trouvant autour de lui aucune humaine consolation : Torcular calcavi solus (« J’étais seul à fouler le pressoir ». (Is., LXIII, 3), son Coeur en est comme broyé, il étouffe sous la pression d’angoisse. Une sueur de sang inonde tout son corps et baigne la terre où il est prosterné.

Mais ce Coeur, que la douleur étreint si violemment, où donc a-t-il été formé, si ce n’est dans le sein de la Vierge Marie ? Cor Jesu, in sinu Virginis a Spiritu Sancto formatum, disons-nous dans les Litanies du Sacré-Coeur.

« Coeur de Jésus, formé dans le sein de la Vierge par la vertu de l’Esprit-Saint », c’es-à-dire miraculeusement formé de la substance de Marie. Et ce sang, qui s’échappe par tous les pores et se répand sur la terre du jardin des Oliviers, où donc a-t-il pris sa source sinon dans le coeur très pur de cette Mère immaculée, qu’on a raison d’appeler « Notre-Dame du Précieux Sang » ?

Marie a préparé le Coeur de Jésus à soutenir ce formidable choc en retour de l’immense tristesse de son âme, coopérant ainsi à l’expiation qu’il offrait à la Justice de Dieu. Elle est donc bien dans ce Msytère de l’Agonie. Elle y est profondément, bien que d’une manière plus cachée. C’est à nous de l’y découvrir. Jésus dépend d’elle et d’elle seule en ce désarroi de tout son être humain, en cet affolement de sa sensibilité, ouverte comme la nôtre et plus que la nôtre à la peur, à l’effroi, à l’accablement devant la souffrance et la mort. Les hautes régions de son âme lui demeuraient assurément très unies, en même temps que soumises, sans fléchissement, à la volonté du Père des Cieux.

« Allons, levez-vous, dit-il aux siens après la victoire remportée sur lui-même, voici qu’approche celui qui me trahit« . (Mat., XXVI, 46 ; Marc, XIV, 42).

VII. Flagellation

La même dépendance s’étend sur les Mystères de la Flagellation et du Couronnement d’épines. Celui de la Flagellation se présente, avons-nous dit, comme étant plus spécialement l’expiation rédemptrice des péchés de la chair. Si un très grand nombre d’âmes se damnent pour des crimes d’avarice, combien d’autres se ferment à jamais le Ciel, surpris par la mort en leurs habituelles et honteuses débauches ! Que de péchés graves se commettent dans l’entraînement de la passion sensuelle ! Que d’orgies, que d’abominations et de raffinements, que d’impuretés et d’impudicités ! Péchés de luxure qui crient vengeance, au point d’avoir provoqué le déluge, la destruction de Sodome et Gomorre, et combien d’autres châtiments.

Jésus va souffrir épouvantablement en expiation de ces fautes sans nombre. Dans le prétoire de Pilate, son sang divin se répandra de nouveau, mais cette fois par suite des blessures infligées à sa chair innocente. Pour commencer, voilà son corps, « ce corps sacré, si beau, si chaste et plus que virginal ; ce corps que nul oeil humain n’avait vu depuis les jours de sa première enfance, le voilà dénudé, le voilà exposé à des yeux haineux, curieux, impudents, cyniques » (Mgr Gay, Mystères du Rosaire, I, p. 394). Quelle humiliation et quelle torture pour le plus beau, le plus pur des hommes ; pour le plus sublime des maîtres de la sainteté et de la grandeur morale ! Il s’en est plaint dans les Psaumes : « Pour vous, mon Dieu, j’ai soutenu l’opprobre… » (Ps. 67, 8). « Ils m’ont considéré de près, ils m’ont examiné… (Ps. 21, 18) se vantant de cela et criant : Allons, c’est bien, nos yeux l’ont vu ». (Ps. 34, 21).

Bientôt, sa chair vole en lambeaux sous les coups de lanières garnies d’osselets ou de balles de plomb. Les soldats de la garnison frappent avec violence, se succédant sans répit ni intervalle, et s’excitant eux-mêmes par des railleries, des grossièretés, des blasphèmes.

Combien de temps dura le supplice ? Combien de coups reçut la Vicime ? La limite ordinaire fut sans doute dépassée. « Ils ont frappé sur mon dos comme le forgeron sur l’enclume ; ils ont prolongé sans mesure leur iniquité« . (Ps. 128, 3). Leur but n’était-il pas, sur l’ordre donné par le procurateur, de réduire le patient au point où le peuple le prendrait en pitié ?

 

En vérité, Dieu trouvait là une compensation suffisante à toutes les abominations charnelles. La sainteté, la charité, la pureté de cette hostie vivante et gémissante, en proie à d’incommensurables douleurs, couvrait et absorbait le mal ; sans compter qu’elle arrachait au coeur du Père des Cieux des grâces de miséricorde, en vue du retour à la maison de famille des enfants prodigues de tous les siècles, qui se laisseront toucher par le repentir.

Durant cette longue Flagellation de son pauvre corps, combien souvent la pensée de Jésus dut se porter aussi vers sa Mère ! C’est d’elle seule qu’il avait reçu cette chair, aujourd’hui si affreusement torturée. Caro Christi, caro Mariae, a-t-on pu dire à propos du sacrement de l’Eucharistie, appelé dès le IVème siècle par saint Grégoire de Nysse le sacrement de la Vierge. C’est pourquoi l’Eglise ne cesse de chanter dans l’une de ses hymnes au Saint Sacrement : Ave, verum Corpus natum de Maria Virgine. « Salut, ô vrai Corps né de la Vierge Marie ! » Comme elle lui donna ce Corps pour être notre nourriture dans l’Eucharistie, elle le lui donna pareillement pour être matière à expiation rédemptrice dans sa Passion. Jésus continue ainsi de dépendre de sa sainte Mère. S’il souffre indiciblement en tout son Corps déchiré, c’est comme Fils de Marie, comme Verbe fait chair en Marie : Verbum caro factum. Au plus intime de son âme, il en gardait la claire vision, sachant qu’elle communiait à ses tourments et adorait avec lui les volontés du Père.

VIII. Couronnement d’épines

Au Couronnement d’épines succédant à la Flagellation, Jésus nous apparaît Victime de rédemption pour expier plus spécialement les péchés de l’esprit, les péchés d’orgueil dont la tête est la source et l’organe. L’orgueil à son apogée rejette le Christ, son message et se miracles, ferme les yeux à l’évidence, s’obstine dans le mensonge et la haine, ne recule ni devant aucune grave accusation, ni devant aucune injuste condamnation. Il s’adore lui-même et entend se mettre à la place de Dieu.

Les chefs religieux de la nation juive, Caïphe à leur tête, en sont avec les Pharisiens la vivante manifestation. Pour eux Jésus, qui se dit le Fils de Dieu, est un blasphémateur. Il mérite la mort. On l’amène donc devant le tribunal de Pilate. On l’accuse de pousser le peuple à la révolte, de défendre de payer le tribut de César, et, par-dessus tout, de se dire le Roi des Juifs. Sa Royauté n’est qu’imposture. Nous ne voulons pas qu’il règne sur nous. Enlevez-le. Faites-le disparaître. Qu’il meure crucifié ! C’est à nous que doivent revenir les hommages de la nation.

Péché très grave, le plus grave qui puisse être. Orgueil audacieux qui fait lever la tête et au-dessus des hommes pour les dominer et contre Dieu pour le braver. En expiation de cet outrage à la Majesté divine, Jésus va souffrir dans sa Tête adorable que la Flagellation semble avoir épargnée. La tête, cette partie la plus noble du corps de l’homme, où siège l’intelligence, où brille, sur le front et dans les yeux, un reflet de la lumière d’En-Haut. La tête, sur laquelle, en signe de Souveraineté reconnue, se posent la couronne des rois et la tiare des pontifes.

Aussi, les soldats de Pilate, qui ont entendu la principale accusation lancée par les Juifs, vont-ils s’appliquer à tourner en ridicule cette prétendue Royauté. On assemble la cohorte. Une couronne d’épines est vite tressée et enfoncée brutalement sur la tête du Sauveur. Et pour que rien ne manque à cette parodie sacrilège, on lui jette sur les épaules un haillon écarlate, on lui met entre les mains, en guise de sceptre, un de ces roseaux creux mais solides, que nous nommons bambous et qui croissent nombreux en Judée (Mgr Gay, Mystères du Rosaire, II, p. 10).

On le fait asseoir sur quelque tronçon de colonne; puis, l’un après l’autre, ces païens défilent devant lui, ployant le genou, se moquant et disant : « Salut, roi des Juifs ! » Les uns lui donnent des soufflets, d’autres souillent de crachats l’auguste Visage. Il y en a qui, lui ôtant le roseau des mains, lui en assènent des coups sur la tête, ajoutant le sarcasme à la rage de faire souffrir.

Les épines, longues et aiguës, transpercent le front et les tempes. Les cheveux sont arrachés, les yeux se voilent de sang, les oreilles bourdonnent de douleur. Jésus reparaît ainsi devant les Juifs, portant toujours la couronne et la pourpre, n’ayant presque plus figure humaine. Ecce Homo ! « Voilà l’homme ! », leur dit Pilate, celui qui s’est dit votre Roi ; voyez ce qu’il est devenu. Quelle crainte peut-il vous inspirer désormais ?

Oui, voilà l’Homme-Dieu, le Fils bien-aimé, en qui le Père a déclaré solennellement par deux fois avoir mis ses complaisances ; l’Enfant de la Vierge, à qui l’ange de l’Annonciation l’avait promis comme un Roi, et un Roi dont le Règne n’aurait jamais de fin : Et Regni ejus non erit finis (Luc, I, 32-33). Roi, aujourd’hui couronné d’épines, tourné en dérision, « n’ayant plus ni éclat, ni beauté (Is. LIII, 2) », souffrant d’intolérables élancements dans ce que toute mère – mais surtout Marie Immaculée – chérit le plus en son enfant, comme étant plus particulièrement son bien et sa propriété : le visage qui porte la ressemblance du sien, la chevelure, le front, les yeux, où elle se reconnaît. Tête jadis caressée et baisée en témoignage d’amour et d’affection envers la divine Personne de son Fils. Tête royale, sacerdotale, sacrée, innocente ! Tête douloureuse, excessivement douloureuse ! Tête humiliée, excessivement humiliée ! Visage souillé, outragé, profané, rendu méconnaissable ! Tête et visage de Jésus, Fils de Marie ; apparemment ce qu’il y a de plus Elle en Lui ; puisqu’en voyant le jeune Nazaréen, tous ses compatriotes pouvaient dire et beaucoup le disaient : « Regardez, c’est sa Mère ! »

O Jesu, Fili Mariae ! O Jésus de la Vierge Marie, qu’il nous est bon de retrouver ainsi votre dépendance filiale, même en ces Mystères d’où votre sainte Mère est corporellement absente ! Si notre foi se plaît à découvrir, sous les voiles eucharistiques, ce que vous tenez d’elle, combien plus lorsque nos yeux peuvent regarder votre Humanité douloureuse. Ainsi, vous ne cessez de nous apparaître le fruit béni de ses chastes entrailles.

Vue réconfortante qui ne doit pas nous quitter, lorsque nous méditons ces Mystères de notre Rosaire. Mais voici que se manifeste la présence elle-même de la Vierge dès la sortie de Jésus du prétoire de Pilate.

IX et X. Le Portement de la Croix et le Crucifiement.

Contemplons notre divin Sauveur chargé de la Croix. Elle est lourde de tous les péchés issus des trois grandes convoitises, pour lesquels il a déjà tant souffert. Les supplices de la Flagellation et du Couronnement d’épines, poussés à l’extrême, ont épuisé ses forces. Il n’avance qu’avec peine, trébuchant pour ainsi dire à chaque pas. Il défaille, tombe, se relève sous les coups pour tomber encore. Ses bourreaux, craignant qu’il ne puisse atteindre le Calvaire (car il faut faire vite), contraignent un passant, un étranger qui revient des champs, à porter la Croix derrière lui. Est-ce alors, ou peu auparavant, qu’eut lieu cette rencontre de Jésus et de sa sainte Mère, dont la tradition de Jérusalem nous a réservé le souvenir ? (P. de la Broise, La Sainte Vierge, p. 181) Ce dont nos coeurs ne peuvent douter, c’est que Marie, accompagnée de Jean et des habituelles suivantes de Jésus, s’est présentée à son Fils dès qu’elle aura pu le joindre à travers la foule et la sombre escorte des soldats et des larrons.

Pauvre et vaillante Mère, apercevant son Jésus en cet état méconnaissable où l’on réduit, en quelques heures, les cruels traitements des hommes ! Elle ne le quittera plus jusqu’à la mise au tombeau. Ensemble, ils gravissent le Calvaire, semant des grâces sur leur passage. L’une de ces grâces fut sans doute la transformation qui dut commencer de se faire dans l’âme de Simon le Cyrénéen, au contact de la Croix et au voisinage de Marie implorante. Si les Evangélistes nous ont conservé son nom, celui de sa patrie d’origine (Cyrène de Lybie, en Afrique), et les noms de ses deux fils, Alexandre et Rufus, c’est donc qu’ils étaient alors des personnages bien connus de la première communauté chrétienne (Rufus est nommément désigné dans l’Epitre aux Romains, XVI, 13).

Grâce aussi que l’avertissement donné aux femmes de Jérusalem, à ces inconnues qui suivaient le cortège ou se trouvèrent sur son passage, faisant entendre des lamentations selon l’habitude orientale. Elles pleurent, simplement mues de pitié naturelle pour celui qui allait mourir.

« Filles de Jérusalem, leur dit Jésus, ne pleurez pas sur moi ; bien plutôt, pleurez sur vous et sur vos enfants« . Car vous appartenez à cette nation ingrate qui me renonce et me tue. Pleurez sur les maux qui vous attendent : la ruine de votre ville, la destruction de votre patrie, la dispersion de votre peuple. En ces jours qui sont proches, on dira « Heureuses les stériles, et les entrailles qui n’ont pas enfanté, et les mamelles qui n’ont pas nourri ! » « On verra des mères, rendues folles par la faim, dévorer leurs propres enfants. On souhaitera alors d’être englouti sous les montagnes et les collines. Et ces désirs de l’impossible ne seront encore que l’annonce de ce qui arrivera au grand Jour du Jugement. C’est la nécessité de la Justice ; si l’on me traite comme on le fait, moi le bois vert, le Saint et la source de toute sainteté, quel sera le sort réservé aux coupables impénitents et opiniâtres, rebelles à la Royauté de Dieu et de son Christ, bois sec bon pour le feu éternel (Luc XXIII, 27-31. Voir Mgr Gay, Rosaire, II, pp. 92-95).

Oui, grâce que ce dernier avertissement du Sauveur ; lumière suprême projetée sur sa vie, sa doctrine, ses souffrances, son sacrifice, sa mort. Marie entendit ces paroles ; elle aura prié pour ces femmes, jeunes encore, et dont plusieurs vécurent assez pour voir la ruine de Jérusalem.

 

Mais, entre toutes les grâces de la montée douloureuse, il faut signaler la fidélité de l’apôtre Jean. Alors que tous les autres ont fui, alors que Simon-Pierre ne s’est ressaisi que pour pénétrer dans la cour du palais de Caïphe et y renier son Maître, Jean a pu suivre, sans en être inquiété, les différentes phases du procès. S’il était particulièrement aimé de Jésus, il l’était également de Marie. C’est elle qui l’attire et le retient en ces heures tragiques. C’est elle qui lui vaut cette présence à ses côtés le long de la montée et sur le Calvaire, pour être le témoin officiel des derniers moments de la vie terrestre du Sauveur et des évènements qui marquèrent sa mort. Grâce de choix, faveur inestimable que cette participation aux ultimes souffrances du Rédempteur et en compagnie de Marie ! Lui, qui, la veille, a reposé sa tête sur la poitrine de Jésus, il va entendre à présent ses dernières paroles, et il verra de ses yeux le côté ouvert par la lance du soldat romain.

A cette fidélité de Jean s’ajoute celle des saintes femmes, les pourvoyeuses du collège apostolique, qui avaient suivi le Sauveur depuis la Galilée dans son récent voyage à Jérusalem pour la Pâque. Elles étaient nombreuses, et se groupèrent, au Golgotha, à quelque distance de l’endroit du supplice. Quelques-unes cependant purent s’approcher avec la Sainte Vierge et saint Jean, et Marie-Madeleine (Jean XIX, 25. Voir Dom Delatte, p. 826). Toutes ces femmes, on le pense bien, aimaient d’une très grande et respectueuse affection la Mère de Jésus. Mises tout à coup en face de cette Pâque ensanglantée, comment n’auraient-elles pas témoigné aussitôt leur profonde sympathie à celle qu’elles voyaient si cruellement frappée dans son amour maternel ? Et puisqu’elles ne pouvaient plus servir le Sauveur et ses apôtres, ce leur fut une consolation d’accompagner Marie accourant au-devant de son Fils et de former ainsi le groupe des amies fidèles montant au Calvaire.

Avec Marie et Jean, elles furent les consolatrices du Coeur de Jésus mourant. Que de grâces leur auront values ces heures de fervente assistance à son sacrifice ! Parmi elles, et les plus proches, il y avait deux mères d’apôtres, prêtre consacrés de la veille : Salomé, la mère de Jean et de Jacques le Majeur ; Marie de Cléophas, mère de Jacques le Mineur et de Jude. Les voilà intimement unies à la sainte Mère du Souverain Prêtre offrant au Père des Cieux son immolation rédemptrice !

Il y avait Marie-Madeleine, la pardonnée, se tenant tout près de Marie l’Immaculée, et baignant son âme dans le sang de la divine Victime. Faveur inouïe, prodige d’infinie miséricorde ! Ses larmes du Calvaire, jointes aux larmes, aux douleurs, aux prières de la Vierge, auront sans doute contribué à obtenir la conversion de l’un des larrons crucifiés aux côtés de Jésus. Comme son compagnon, il avait commencé par insulter le Sauveur. Mais bientôt, à la vue de sa patience dans les tourments, de la compassion de sa sainte Mère, de la fidélité des amis silencieux, en contraste avec les Juifs blasphémateurs et la foule hurlante, il se ravise, il ouvre toute grande son âme à la foi en la Divinité et en la Royauté supra-terrestre de Celui qu’il vient d’entendre pardonner à ses bourreaux. Il confesse l’innocence totale de Jésus, et, se tournant vers lui, il implore humblement un souvenir en sa faveur : « Seigneur, souvenez-vous de moi lorsque vous serez dans votre Royaume – Aujourd’hui, répond Jésus, tu seras avec moi dans le paradis« . (Luc, XXIII, 42-43). C’est la seule fois, a-t-on remarqué, que Notre Seigneur ait fait cette promesse ; c’est la première fois qu’il ait parlé du paradis, et c’est à un pécheur qu’il parle ainsi (Louis Rouzic, Les Sept Paroles et le Silence de Jésus en Croix, p. 24).

 

Quelle floraison de grâces sur cette montagne du Calvaire, véritable montagne de la myrrhe et de l’encens, où la souffrance et la prière se tiennent embrassées dans tous ces coeurs fidèles au divin crucifié et sincèrement unis à sa Mère douloureuse ! C’est le moment où Jésus Rédempteur offre son sacrifice suprême. Comment, à cette heure où tout se consomme, ne dépendrait-il pas filialement de Celle qui, jadis, donna son consentement à sa venue ici-bas, l’offrit au Temple le quarantième jour après sa naissance, et ne l’éleva, ne le vit grandir qu’en vue de son immolation sanglante ? Cette longue préparation trouve ici son achèvement total. C’est pourquoi Jésus a voulu sa Mère présente aux douleurs de ses derniers instants et participante à l’oblation de sa vie.

Elle a donc suivi les préparatifs du supplice ; elle a vu le dépouillement brutal, le crucifiement sans pitié qui va disloquer, déformer les membres, leur causant des souffrances indicibles. Elle considère à présent le corps élevé de terre, immobilisé dans les tortures d’une agonie lente, exposé aux regards d’une foule qui se repaît du « spectacle », comme écrira saint Luc (Omnis turba eorum qui simul aderant ad spectaculum istud XXIII, 48). Elle entend les sarcasmes, les défis, les insultes des ennemis triomphants. Elle aperçoit les soldats qui jettent leurs dés pour se partager les vêtements de son Fils, cette robe sans couture tissée de ses mains.

Debout au pied de la Croix, un glaive à travers l’âme, elle souffre et prie avec le divin Patient. Elle l’offre et l’immole comme lui-même s’offre et s’immole. Elle le sacrifie pour nous. Ce corps sanglant et pantelant est en toute vérité son Hostie. L’union du Fils et de la Mère ne fut jamais plus grande. Aussi, après le pardon demandé pour ses bourreaux et l’assurance du paradis donné au larron pénitent, c’est à Marie que Jésus s’adresse : « Mulier, ecce filius tuus« . (Jean, XIX, 26). « Femme, voilà votre fils », dit-il en désignant l’apôtre Jean.

« Femme« , dans la pleine et la plus belle acception de ce mot ; c’est-à-dire ma compagne, mon associée, l’aide semblable toujours à mes côtés, parce qu’il m’a plu de ne point cheminer seul sur la terre ; ma fidèle coopératrice à la même oeuvre, qui me fut comme de moitié en toutes choses. Femme, nouvelle Eve, véritable Mère des vivants de ma vie divine, de tous les hommes rachetés dans mon sang, que représente ici mon disciple le plus cher. Moi, je vais mourir, j’achève mon oeuvre rédemptrice, et je veux que vous en fassiez bénéficier jusqu’à la fin des temps, par le ministère de mes prêtres, de mes apôtres, tous ceux qui croiront en moi. Ils ne seront pas orphelins. Vous serez leur Mère, leur Mère selon la grâce, comme je suis votre Fils selon la nature. Ecce filius tuus. Ecce Mater tua.

Parole testamentaire très aimante, elle rejoint la douce annonce de Nazareth, elle projette sur les douleurs de la Vierge une lumière pleinement révélatrice. De même qu’il a fallu les souffrances et la mort de Jésus pour que nous ayons droit à l’héritage céleste, il fallait aussi les souffrances de Marie, sa communion d’âme à la mort en croix de son Fils, pour qu’elle puisse nous enfanter à la vie surnaturelle. Nous sommes nés de Dieu et de Marie dans la nuit douloureuse du Calvaire.

Jésus se recueille à présent dans ce long silence de plusieurs heures qui précéda sa mort. C’est la grande Elévation de sa Messe sanglante. Il prie, il murmure à son Père les versets des Psaumes qui ont détaillé à l’avance les souffrances de sa Passion et nous ont décrit sa détresse : Deus, Deus meus, quare me dereliquisti ? « O Dieu, mon Dieu, pourquoi m’avez-vous abandonné ? » C’est le premier verset du Psaume 21, que l’on récite le Vendredi Saint au dépouillement des autels. Cette prière intense et prolongée est ce qui donne du poids aux tortures de son pauvre corps martyrisé. L’âme est plus vivante et plus religieuse que jamais, toute imprégnée de patience, d’abandon, de soumission totale. Elle domine et maîtrise la lente agonie, à ce point qu’on entendra Jésus, au moment d’expirer, prononcer d’une voix forte – qui n’est pas celle d’un moribond – le sixième verset du Psaume 30, le faisant précéder du mot « Père » : In manus tuas commendo spiritum meum. « Père, je remets mon âme entre tes mains ». De son plein gré il offre sa vie. Personne ne la lui ôte (Jean X, 18). Lui-même la dépose librement sous les yeux de sa sainte Mère, silencieuse, priante et consentante comme lui.

Consummatum est. Maintenant, tout est accompli ; son obéissance, sa dépendance est consommée. Il l’a poursuivie aussi loin que possible, jusqu’à la mort et la mort de la croix. Et inclinato capite, emitit spiritum. « Et ayant incliné la tête, ajoute saint Jean (XIX, 30), il rendit le dernier soupir ». C’est donc qu’il l’avait redressée, pour prendre, autant que cela lui était possible sur son gibet, l’attitude de maître de sa vie et du sacrifice de sa vie.

Ce geste, de même que le son de la voix, les paroles entendues, l’expression du visage de Jésus mourant, frappèrent d’un tel étonnement le centurion de service qu’il n’hésita point à reconnaître que « cet homme (dont il voyait la Mère)était vraiment le Fils de Dieu« . Ses soldats de garde, très émus eux aussi, confessèrent comme lui la divinité du condamné (Matth., XXVII, 54 ; Marc XV, 39 ; Luc XVIII, 47). La Maternité de Marie exerçait son action bienfaisante.

 

Ainsi, depuis son Agonie du jardin des Oliviers jusqu’à son Agonie de la Croix, Jésus n’a cessé d’offrir ses souffrances et de prodiguer ses grâces en dépendance de sa sainte Mère. Sagesse douloureuse, Sagesse crucifiée et expirante, il garde la même amoureuse conduite qui fut celle de toute sa vie terrestre. Quel encouragement à sanctifier nos souffrances, nos épreuves, nos humiliations ; à porter toutes nos croix, petites ou grandes, en union avec Marie ! Non seulement les porter, mais les aimer, les désirer, les embrasser avec joie quand elles nous arrivent, afin d’augmenter notre surnaturelle ressemblance, notre configuration à son divin Fils.

C’est pour cela que la Très Sainte Vierge, loin de ménager les croix à ses fidèles serviteurs et esclaves, les leur envoie plus nombreuses, plus lourdes, plus persistantes qu’à d’autres qui ne lui sont pas si totalement dévoués. C’est la marque sur eux de ses prédilections ; de même que la facilité avec laquelle on les voit porter ces croix est le signe de la douceur et de l’onction qu’elle verse alors dans leurs âmes (Voir Traité V. D., n°153-154).

Réjouissons-nous donc avec saint Louis-Marie de Montfort, cet amant passionné de la Croix, et entendons-le nous dire : « Depuis qu’il a fallu que la Sagesse Incarnée soit entrée dans le Ciel par la croix, il est nécessaire d’y entrer après elle par le même chemin… La vraie Sagesse fait tellement sa demeure dans la croix que, hors d’elle, vous ne la trouverez point dans ce monde ; et elle s’est tellement incorporée et unie avec la Croix et que la Croix est la Sagesse« . (A.S.E., n°180).

Parole profonde, Montfort ne craint pas d’identifier Jésus avec la Croix ou la Croix avec Jésus. Aimer la souffrance, c’est donc aimer Jésus ; comme aimer Jésus, le Jésus de Marie, c’est aimer la souffrance.

 

Jésus Sagesse glorieuse et triomphante

Nous avons contemplé Jésus dépendant de Marie jusqu’à la mort et la mort de la croix. Glorieux vainqueur de cette mort et remonté vers le Père, il demeure plus que jamais son Fils très aimant et très reconnaissant, au point de l’appeler au terme de sa vie terrestre à le rejoindre en corps et en âme, pour partager son triomphe dans la béatitude céleste.

Mais, suivons-le d’abord au temps de sa Résurrection, de son Ascension et de la Pentecôte. Que de grâces ont été déversées en ces jours privilégiés sur les membres de l’Eglise naissante ! Grâces de FOI, d’ESPERANCE, et de CHARITE, fortes assises de la vie chrétienne pour les siècles à venir.

Les saintes femmes, que nous avons vues auprès de la Croix et que nous allons retrouver au Tombeau du jardin de Joseph d’Arimathie, s’étaient retirées avec la Sainte Vierge et saint Jean dans une maison de famille, à Jérusalem. Simon-Pierre, en proie à sa douleur, ne tardera pas à les retrouver. Les autres apôtres avaient dû s’enfuir selon toute vraisemblance vers Béthanie, dans la nuit de l’arrestation de leur Maître. Ne voyant plus ni Jean, ni Pierre, ils devaient penser qu’eux aussi avaient été arrêtés, et cela avait décuplé leur terreur panique ( Cristiani, Jésus-Christ, Fils de Dieu, Sauveur, III, pp. 308-309). Lorsqu’ils apprirent les événements de la journée du Vendredi Saint, leur premier souci fut de se regrouper au Cénacle. Ils y étaient le dimanche de Pâques, croyant bien que tout était fini. Et voici que tout recommence, selon que l’avait prédit le Sauveur.

Demandons à Marie d’entrer, avec toute sa foi restée intacte, dans ce recommencement si calme, si secret, si réservé, pourrait-on dire, qui suivit le succès incontestable des hautes autorités de la nation juive. Nous abordons les trois grands Mystères qui ont renouvelé la face du monde.

Les grâces des trois premiers Mystères glorieux.

S’il est une chose surprenante à première vue, c’est l’étrange difficulté qu’eurent les apôtres à croire en la Résurrection de leur divin Maître. Les saintes femmes, intimement mêlées à ce Mystère, les dépassent incomparablement. Le soir du Vendredi Saint, après avoir suivi les rites de l’ensevelissement, et examiné comment le corps avait été placé, elles ne pouvaient se résigner à quitter le sépulcre. Saint Matthieu (XXII, 61) nous montre Madeleine et Marie-Cléophas assises en face de la lourde pierre qui en fermait l’entrée. Elles finirent cependant par s’éloigner, mais résolues à revenir dès que possible, pour compléter l’embaumement qu’on avait dû faire en hâte avant l’heure commençante du Sabbat.

XI. Résurrection

Ayant religieusement observé ce Sabbat, le plus solennel de l’année, nous les voyons accourir de très bonne heure au matin de Pâques vers le Tombeau avec des aromates et des parfums. Salomé, la mère de Jean, est avec elles. Tout en traversant les rues de la ville, elle s’inquiétaient de savoir qui roulerait la pierre du sépulcre pour leur permettre d’y pénétrer. Elles ignoraient que les Juifs, la veille, y avaient aposté des gardes ; et, d’ailleurs, les gardes épouvantés s’étaient déjà enfuis. Tout était calme dans le jardin quand elles y arrivèrent (Luc, XXIV, 1). Madeleine avance la première. Parvenue à proximité du sépulcre, elle vit que la pierre avait été roulée et que le corps n’était plus là. « On a enlevé le Seigneur du tombeau ! » , s’écria-t-elle ; et, sans plus attendre, elle revint en courant vers Pierre et Jean, leur criant à tous deux : « On a enlevé le Seigneur du tombeau ! Et nous ne savons où on l’a mis ! »

Pendant ce temps, les deux autres femmes s’étaient approchées du tombeau ouvert. Elles y entrent et s’assurent qu’il est réellement vide. Soudain, deux anges éblouissants apparurent. « Pourquoi, dirent-ils, cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant ? Le Christ n’est plus ici, il est ressuscité. Voici la place où l’avait déposé. Mais allez dire à ses disciples et à Pierre ceci : Il vous précède en Galilée ; là, vous le verrez, comme il vous l’a dit. Souvenez-vous de ce qu’il vous a dit, étant encore en Galilée, au sujet du Fils de l’homme, à savoir qu’il devait être livré aux mains des pécheurs, être crucifié et ressusciter le troisième jour« .

Tremblantes de crainte, elles s’enfuirent et ne purent rien dire sur le moment aux apôtres, tant leur effroi était grand (Marc, XVI, 8). Cependant, prévenus par Madeleine, Pierre et Jean se rendent en courant au Tombeau. Jean y arrive le premier, mais n’entre pas. Simon-Pierre, qui le suivait, y pénètre, aperçoit des bandelettes posées à terre, et le linceul soigneusement plié et rangé. Jean entre à son tour : il voit de ses yeux et il croit. Il fut le premier des apôtres à recevoir cette immense grâce (Jean, XX, 8).

Après avoir alerté Pierre et Jean, Madeleine ne tarda point à revenir au jardin du Tombeau. Inconsolée et pleurant toutes ses larmes, elle se tenait dehors. Et voici qu’une clarté sortit du sépulcre : deux anges vêtus de blanc étaient là, assis l’un à la tête, l’autre aux pieds, où le corps avait été posé. Les anges lui dirent : « Femme, pourquoi pleures-tu ? – Parce qu’ils ont enlevé mon Maître, et je ne sais où ils l’ont mis« . S’étant retournée, elle aperçoit un homme qui lui dit comme les anges : »Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? » Madeleine, pensant au gardien du jardin : « Si c’est vous qui l’avez enlevé, dites-moi où vous l’avez mis, et j’irai le prendre ! »

Jésus se découvre alors en l’appelant de son nom « Maria ». « Ah ! Maître, s’écria-t-elle en se précipitant à ses pieds, comme pour le retenir et ne plus le perdre. « Ne me touche point, lui dit Jésus, car je ne suis pas encore monté à mon Père« . L’heure n’est pas aux effusions ; le plus pressé est d’aller vers mes frères et leur annoncer ma Résurrection, ainsi que mon prochain retour à mon Père. Madeleine le comprit et s’empressa d’annoncer aux apôtres, et même aux disciples qui se regroupaient dans la ville, « qu’elle avait vu le Seigneur« . C’est la première Apparition dont fasse mention l’Evangile (Jean XX, 14-17). Les apôtres et les disciples ne tinrent aucun compte de ce message.

A leur tour, Marie-Cléophas et Salomé reviennent au Tombeau, accompagnées cette fois des autres saintes femmes du Calvaire, celles qui se tenaient un peu à l’écart. Jésus ressuscité se présente à leur rencontre. D’un élan spontané, elles se prosternent devant lui et baisent ses pieds. « Ne craignez pas, leur dit-il, allez dire à mes frères qu’ils aillent bientôt en Galilée, car c’est là qu’ils me reverront« . Ce nouveau message ne trouva pas davantage créance auprès des apôtres (Luc XXIV, 11). Il faudra que Jésus se manifeste à eux en personne, et encore ils douteront.

 

Les réponses des deux disciples d’Emmaüs au Voyageur inconnu, qui les aborde le soir de Pâques, nous expliquent cet état d’esprit des amis du Sauveur. Ceux-ci avaient mis en lui toutes leurs espérances, pensant bien « qu’il délivrerait Israël » et lui rendrait son ancienne splendeur. Mais voilà, disait Cléophas, que nos grands prêtres et nos magistrats l’ont livré pour être condamné à mort et l’ont crucifié ; et nous sommes au troisième jour depuis que ces choses ont eu lieu. « Il est vrai, ajoutait-il, que quelques femmes de notre groupe, s’étant rendues de grand matin au Tombeau, n’ont pas trouvé le corps. Elles sont même venues dire qu’elles avaient vu une apparition d’anges qui l’assuraient en vie. Et quelques-uns des nôtres sont allés au Tombeau, et ils ont vu les choses comme les femmes les avaient dites ; mais lui, ils ne l’ont pas vu ! »

Ces esprits droits, entièrement conquis au Christ, attendaient tout au moins une Résurrection éclatante, qui aurait été la revanche immédiate sur ceux qui l’avaient condamné et aussi le rétablissement de l’ancien royaume d’Israël, leur rêve national de toujours. Mais rien n’a changé, les maîtres de l’heure sont les mêmes, tout est donc bien fini.

Le Voyageur qui les écoute leur reproche d’être lents à croire ce qu’avaient annoncé les prophètes concernant le Messie : « Ne fallait-il pas que le Christ souffrît et entrât ainsi dans sa gloire ?  » Et au long du chemin, il reprend et commente tout ce qui avait été dit à son sujet dans les Ecritures. On connaît la suite du récit de saint Luc. Ce qu’il nous faut surtout retenir, c’est l’argument dont se sert Jésus pour ranimer la foi au coeur de ces disciples découragés, et lui assurer son vrai et solide fondement : l’autorité de la parole divine. Nous devons croire en ce que Dieu a pris soin de nous révéler par ses Prophètes et par son Fils. Bienheureux ceux qui acceptent cette révélation et lui accordent toute leur confiance, quoi qu’il advienne !

Dans ce mystère qui nous occupe, la Sainte Vierge demeure le modèle unique. Elle seule a cru sans défaillance, et les âmes, qui ont cru les premières, sont précisément celles qui l’accompagnèrent jusqu’à la Croix et jusqu’au Tombeau : l’apôtre Jean d’abord, puis Madeleine ; et après Madeleine, Marie-Cléophas et Salomé, avec les autres suivantes de Jésus au temps de ses prédications. Toutes ces femmes ont eu l’insigne privilège de voir aussitôt Jésus ressuscité, et elles ont cru immédiatement. Jean n’a vu que le tombeau vide, mais cela lui a suffi pour croire.

Les autres apôtres, malgré les messages des saintes femmes et malgré le récit haletant des disciples d’Emmaüs, persistaient dans leur incrédulité. Ces derniers, après la révélation de la fraction du pain et malgré l’heure avancée, avaient repris de suite la route de Jérusalem et s’étaient rendus au Cénacle pour communiquer à tous leur joie d’avoir entendu et vu le Christ ressuscité. Les apôtres étaient là, à l’exception de Thomas. Saint Marc fait remarquer qu’ils ne crurent pas non plus la merveilleuse Apparition qu’on leur racontait (XVI, 13). Et voici que, soudain, Jésus lui-même parut au milieu d’eux, dans cette salle dont cependant les portes étaient soigneusement closes, par peur des Juifs. « La paix soit avec vous, leur dit-il, c’est moi, ne craignez point« . Mais eux, troublés, effrayés, croyaient voir un fantôme. « Pourquoi êtes-vous si troublés, reprit Jésus, et pourquoi laissez-vous des incertitudes s’élever en vos coeurs ? Voyez mes mains et mes pieds ; oui, c’est bien moi. Touchez, regarder, rendez-vous compte qu’un esprit n’a ni chair ni os, comme vous constatez que j’en ai« . Et tout en leur montrant ses mains et ses pieds transpercés, il leur reprochait leur incrédulité, leur dureté de coeur, parce qu’ils n’avaient pas cru à ceux qui l’avaient vu ressuscité.

Avant cette Apparition du Cénacle et celle d’Emmaüs, Jésus s’était montré à Simon-Pierre. Saint Luc nous l’atteste (XXIV, 34) et aussi saint Paul en sa première Epitre aux Corinthiens (XV, 5) ; mais nous n’avons aucun détail de cette Apparition. Par humilité, l’apôtre qui avait renié son divin Maître voulut garder le silence sur cette condescendante sollicitude à son endroit. Dès le matin de Pâques il se savait pardonné, puisque nous le voyons accourir au Tombeau avec Jean, après avoir entendu ce que leur rapportait Madeleine. Il y était revenu seul peu après, et ce fut durant ce trajet que le Sauveur dut lui apparaître. On peut se représenter l’apôtre fondant en larmes à la vue du divin Ressuscité, et se jetant à ses pieds, sans oser toutefois les toucher et les baiser. Et Jésus ne lui adressa aucun reproche, mais lui témoigna un amour encore plus grand qu’auparavant.

Après la nuit de son reniement, Pierre avait dû retrouver Jean témoin de sa chute, « et sans doute aussi la Sainte Vierge, à qui il sentait un irrésistible besoin de confesser sa faute et de demander pardon. Il était avide de savoir ce qui s’était passé depuis la condamnation chez Caïphe » (Mgr Gay, Mystères du Rosaire, II, p. 201). Quel torrent de pleurs aura-t-il versé alors ! Marie lui avait rendu confiance, elle avait prié, elle avait obtenu pour lui cette Apparition privilégiée du matin de Pâques. Pierre fut donc le premier entre les apôtres à voir de ses yeux Jésus ressuscité : Pierre, demeurant toujours le Chef du Collège apostolique et devenant ainsi le premier témoin  attitré de la Résurrection du Sauveur. Oui, Apparition privilégiée, comme celle accordée à Madeleine.

 

Comment douter après cela que Jésus n’ait commencé par se manifester à sa sainte Mère ? L’Evangile n’en parle point. L’Evangile n’avait pas à en parler : il rapporte les Apparitions dont le but était de prouver la victoire du Christ sur les tourments et la mort, et par le fait d’obtenir une foi à toute épreuve dans le succès de l’oeuvre rédemptrice, malgré les apparences contraires. Marie, nous l’avons dit, n’avait cessé de croire à la Résurrection ; aussi, ne la voyons-nous pas prendre une part quelconque aux préoccupations des saintes femmes touchant l’embaumement du Corps enseveli. Cette attitude avait dû frapper l’esprit observateur et intuitif de l’apôtre Jean ; c’est pourquoi, devant le Tombeau vide, il s’était rendu aussitôt à l’évidence du grand miracle.

Quelle fut la béatitude de Marie en contemplant le Corps désormais glorieux de son Jésus ? Les mots nous manquent pour l’exprimer. C’était bien ce même Corps reçu d’elle, et qu’elle avait vu grandir, souffrir, mourir sur la Croix et porter au sépulcre de Joseph d’Arimathie. Les stigmates y ajoutaient leur preuve impressionnante. Cette Apparition ne ressemblait en rien à celles qui allaient suivre, tant elle les dépassait par sa splendeur, sa douce et sainte intimité, par ses effusions célestes, ses embrassements, ses échanges de tendresse, par ses actions de grâces aussi après tant de souffrances ensemble endurées et surmontées. C’était une joie sublime, intraduisible ; un bonheur surhumain qui dépasse nos conceptions, en même temps qu’une juste et royale récompense de sa foi. Quelle divine leçon pour nous encourager à implorer de Marie cette FOI inébranlable, qui s’appuie avant tout sur la certitude de la parole révélée, en attendant la vision de gloire ! Resurrexit sicut dixit. (Antienne du Regina coeli laetare).

 

Jésus ressuscité avait demandé à ses apôtres de se rendre en Galilée, loin de la crainte des Juifs. Dans cette tranquille contrée, qui fut le berceau de leur vocation, il va les préparer à son départ et leur confier le soin de son Eglise, où toutes les âmes chrétiennes puiseront l’ESPERANCE de le rejoindre un jour.

Déjà, le soir de Pâques, au Cénacle de Jérusalem, il leur avait transmis le pouvoir de remettre ou de retenir les péchés, les établissant ainsi juges des consciences. Et maintenant, sur les bords du lac de Tibériade, c’est l’investiture solennelle de Simon-Pierre comme Chef de toute l’Eglise. « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? » lui demanda Jésus par trois fois en compensation du triple reniement. « Sois le Pasteur de mes Agneaux… Sois le Pasteur de mes brebis« . Sois le Pasteur suprême du troupeau entier, fidèles et prêtres à tous les degrés de la hiérarchie.

Après cette consécration définitive de la primauté de Pierre, Jésus convoqua ses apôtres sur une montagne de Galilée dont on ne dit pas le nom, peut-être le Thabor. Les « Onze » étaient là, qui entendirent ces paroles : « Toute Puissance m’a été donnée au Ciel et sur la terre. Allez donc enseigner toutes les nations, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, leur enseignant à pratiquer tout ce que je vous ai commandé. Et voici que je suis avec vous tous les jours jusqu’à la consommation du siècle« .

Sublime mission apostolique ! Avant de prendre possession du Ciel, il entend, par ses envoyés, prendre possession de la terre : portez à tous les peuples mon Evangile, la « Bonne Nouvelle » du Royaume des Cieux. Puis, à ceux qui croiront en votre parole, communiquez la vie surnaturelle par le Baptême, et les autres sacrements destinés à la maintenir et développer. Enfin, apprenez-leur à observer tous mes commandements, car il importe de produire, au prix d’efforts persévérants, des oeuvres de renoncement, de charité, de sacrifice. Le Ciel est une récompense qu’il faut personnellement mériter. L’Eglise devient alors pour les âmes croyantes et pratiquantes comme le vestibule du Paradis, la véritable maison de l’Espérance chrétienne.

XII. Ascension

Cependant, ce n’est pas en Galilée que Jésus entend faire à ses apôtres son adieu terrestre. Il leur enjoint donc de regagner Jérusalem et leur assigne comme dernier rendez-vous ce Cénacle où il les a consacrés ses prêtres et les dispensateurs de son Eucharistie. Nous les y trouvons dix jours exactement avant la Pentecôte, disposés à recevoir ses recommandations suprêmes. Leur prédication devra d’abord s’appuyer sur l’autorité des Ecritures. Il fallait que soit accompli tout ce qui avait été dit à son sujet dans la Loi de Moïse et dans les Prophètes et dans les Psaumes : ses souffrances, sa mort en croix, sa résurrection le troisième jour. Ensuite, ils devront proclamer à la face du monde lesfaits dont ils ont été les témoins, et on croira sur leurs affirmations. Sous peu d’ailleurs, l’Esprit-Saint les revêtira de sa force. Jésus le leur annonce.

Et il les emmena sur la montagne des Oliviers. Là, étendant les mains sur eux, il les bénit et s’éleva au Ciel. Tous le virent monter majestueusement dans les airs : les apôtres, plusieurs disciples, et Marie avec les saintes femmes venues avec eux au Cénacle.

On était à l’heure de midi. Le soleil inondait le firmament. En tranquille triomphateur, à peu de distance du prétoire de Pilate, Jésus retournait à son Père dans le Royaume de l’éternel rendez-vous. « Je vais vous préparer une place« , avait-il dit aux siens dans son discours après la Cène (Jean XIV, 2). Quelle douce et lumineuse invitation ! Comment mieux nous laisser entendre que l’Eglise, de là-haut, n’est qu’une suite à celle d’ici-bas.

Apôtres et disciples retournèrent à Jérusalem en grande allégresse, note saint Luc (XXIV, 52). Toute crainte avait disparu. Leurs illusions juives, pourtant si tenaces, venaient de s’évanouir. Ils n’espéraient plus dans le relèvement temporel de l’ancien royaume, et comprenaient enfin que Jésus n’était pas venu pour cela. Une autre espérance, autrement grande et belle, emplissait leurs coeurs. Deux anges venaient de leur dire que ce Jésus, enlevé au Ciel, en reviendrait un jour tel qu’ils l’avaient vu monter. Alors, il apparaîtra sur les nuées dans toute sa gloire, pour juger le monde et inaugurer un Règne sans fin. Et puis, Jésus disparu, Marie restait avec eux. Elle avait déjà tant intercédé devant leur lenteur à croire. elle s’était réjouie avec les saintes femmes des Apparitions merveilleuses qui se succédaient, totalement à l’insu des autorités de la nation. Elle n’ignorait pas leur incalculable portée, malgré la discrétion qui les enveloppait présentement. Elle n’avait cessé d’admirer, de louer, de bénir cette mystérieuse Présence prolongée, tantôt visible, tantôt cachée, du Sauveur au milieu des siens. Si son bonheur avait été grand de voir de ses yeux son Fils ressuscité, plus grand encore fut celui de le voir monter au Ciel avec ce Corps qu’elle lui avait donné pour souffrir et que la Gloire enveloppait maintenant de sa splendeur.

O Sagesse victorieuse et triomphante ! pouvait-elle s’écrier en descendant les pentes du mont des Oliviers. Quel contraste avec sa descente du Calvaire, le soir du Vendredi Saint ! Son espérance était déjà comblée dans la Personne du glorieux Ressuscité, en attendant de l’être en sa propre personne. Quel encouragement pour nous à attendre le Ciel, après toutes nos épreuves d’ici-bas, chrétiennement supportées comme l’achat de la béatitude éternelle !

XIII. Pentecôte

Au Cénacle de Jérusalem, où les apôtres, en compagnie de la Sainte Vierge, des saintes femmes et des disciples, commencent leur Retraite de dix jours, la CHARITE sera l’âme de cette fraternelle assemblée. Quelle union, quelle ferveur soutenue, quelle persévérance dans la prière, entre ces murs embaumés du souvenir eucharistique ! Quelle unité des esprits, quelle fusion des coeurs autour de la Mère de Jésus ! C’est elle qui concilie et pacifie. C’est elle qu’on vénère et qu’on écoute.

Lorsque Simon-Pierre propose à ses collègues de donner un successeur à Judas, l’élection se passe dans une concorde parfaite, sans l’ombre d’une opposition ou d’une divergence. Mathias est ainsi désigné et reconnu par les « Onze ». Tous les apôtres considèrent Marie comme tenant au milieu d’eux la place du Sauveur monté au Ciel. N’est-elle pas aussi leur Mère ? Sa Maternité ne fut-elle pas proclamée au haut de la Croix ? Mère des pasteurs et des fidèles, Mère du Pasteur suprême lui-même, Mère de ces enfants privilégiés, les choisis, les intimes de Jésus, les premiers membres de son Corps mystique !

Combien elle les aime et désire les voir toujours s’aimer les uns les autres, selon le commandement nouveau, comme ils s’aiment en ce moment sous son regard ! C’est pour eux qu’elle prie ; c’est sur eux tous qu’elle appelle la descente de l’Esprit consolateur. Sa pure et belle dilection avive en chacun le désir de recevoir ce divin Paraclet, tant de fois promis par son Fils et dont elle demeure l’Epouse très fidèle et très aimante.

Voilà de longues années qu’Elle-même a reçu sa venue et sa survenue ; mais il faut qu’elle le reçoive encore, ostensiblement cette fois, pour le communiquer à l’Eglise naissante. Il importe qu’on la reconnaisse dans le plein exercice de ses fonctions maternelles. C’est pourquoi le Livre des Actes nous a signalé expressément sa présence parmi les apôtres et les disciples en prière. Encore quelques jours, et l’Amour personnel du Père et du Fils déversera par eux sa charité sur le monde. Marie les prépare en leur infusant son propre amour. Au matin de Pentecôte, avant que ne s’ouvrent les portes du Cénacle, c’est sur Elle en premier lieu que va descendre l’Esprit-Saint et, par elle, il se répandra dans la plénitude de ses dons sur chacune des personnes présentes.

Alors, sous la poussée du grand souffle venu d’en-haut, ce sera l’embrassement des coeurs et le déliement des langues. Plus rien désormais n’arrêtera les apôtres. Dans Jérusalem surprise et étonnée, entendons-les – Simon-Pierre à leur tête – prêcher hardiment le Christ ressuscité d’entre les morts. Et ces milliers de pèlerins, accourus des provinces les plus reculées pour la Fête des moissons, l’une des trois grandes de l’année, les écoutent et les comprennent malgré la diversité de leurs idiomes particuliers. « Nous sommes les témoins de sa Résurrection« , disent-ils ; et cette Résurrection fut annoncée par David, son Prophète, de même que sa condamnation et sa Passion (Act. II, 7).

Impossible de leur reprocher d’avoir cru à la légère ou par influence des uns sur les autres. Ils ont été, au contraire, les plus rebelles à croire ; Jésus a dû les gagner et les convaincre un à un, pour ainsi dire. Leur affirmation ne craint aucun démenti. C’est elle qui convertit en masse ces premiers auditeurs ; on les croit sur parole, comme le divin Maître le leur avait prédit ; on tient la preuve de la Divinité du Christ et de la vérité de son Evangile. C’est elle aussi qui fermera la bouche aux ennemis prêts à reparaître : « Nous ne pouvons pas taire ce que nous avons vu et entendu ».

Cette puissance de conviction, émanant de l’Esprit qui les enflamme, leur fera braver les menaces, les tribunaux, l’emprisonnement, la mort violente elle-même. Tous finiront par le martyre, heureux de verser leur sang pour les âmes rachetées dans le sang de Jésus. « Il n’est pas de plus grand amour que celui de donner sa vie pour ceux qu’on aime ». (Jean XV, 13). Sublime exemple d’amour de Dieu et du prochain. Ainsi, le mystère de la Pentecôte nous apporte cette grâce de parfaite charité, faisant suite aux grâces de foi et d’espérance des deux mystères précédents.

Jésus glorifié veut glorifier sa Mère

XIV. Assomption

Combien d’années, après son départ et la descente de l’Esprit-Saint, Jésus laissa-t-il Marie sur terre ? Aucun texte sacré ne nous le fait connaître. Le nom de la Vierge disparaît des Ecritures. Retirée auprès de l’apôtre Jean, cette dernière phase de sa vie fut la phase à dominante contemplative, comme le laisse entendre le silence même des pages inspirées. La vigilance du disciple bien-aimé la délivrait de tout souci temporel. Sa messe lui apportait le réconfort du Pain eucharistique et remettait chaque fois sous ses yeux le souvenir de la divine institution, intimement liée à l’immolation sanglante du Calvaire. Qui, plus que Marie, pouvait pénétrer ce mystère de douleur et d’amour ? Qui pouvait plus profondément découvrir l’identité absolue du sacrifice de l’autel avec celui de la croix ? Elle revivait alors les heures du Vendredi Saint, mais c’était dans une action de grâces d’extase ; car son Fils n’avait plus à souffrir et les trésors de sa Rédemption se déversaient sur le monde. Elle-même augmentait de plus en plus ses mérites par ce sacrement de l’Eucharistie, le seul qui convenait à son âme encore voyageuse ici-bas. Quelle merveille de grâce ! Recevoir le Verbe fait pain. Elle, la Mère du Verbe fait chair ! Recevoir sacramentellement Celui qu’elle a conçu spirituellement et corporellement !

Sans doute aimait-elle aussi se remémorer au long des jours les années d’intimité de Nazareth, ce long temps que Jésus lui avait consacré avant de se donner aux autres. Tous ces souvenirs demeuraient vivants dans son coeur ; mais le fait de sa présence à Jérusalem ramenait irrésistiblement ses pensées aux Mystères de la Résurrection, de l’Ascension et de la Pentecôte, qui célébraient le triomphe de son Fils et soutenaient en ce moment la marche de l’Eglise.

Marie, d’ailleurs, ne pouvait qu’être maternellement attentive à cette chrétienté de la capitale, déjà aux prises avec les autorités juives et si heureuse de son assistance. Par Jean, elle connaissait et suivait l’avance de la prédication apostolique en Judée, en Samarie, et au-delà. Combien elle dut admirer et louer la force d’âme du saint diacre Etienne, le premier martyr ! Avec quelle ferveur elle implorait la conversion de Saul de Tarse, le plus acharné des persécuteurs ! Elle remerciait le Seigneur de savoir les apôtres dans la jubilation, après avoir été emprisonnés et battus de verges pour l’amour de leur Maître.

Plus tard, quand s’étendra la persécution, elle sera là pour consoler et soutenir les amis de son Fils. Après la fondation de l’Eglise d’Antioche, elle livrera aux Evangélistes, à Luc en particulier, le fidèle compagnon de Paul, les plus intimes secrets de son coeur, le récit de l’Annonciation, son cantique du Magnificat, et tant de détails qu’elle était seule à connaître.

Tout cela n’arrêtait pas sa contemplation, mais la surélevait bien plutôt, et l’étendait sur toutes les âmes qui viendront boire, dans la suite des temps, à la source évangélique. Jésus, cependant, ne pouvait tarder davantage à l’appeler à lui. Nous aimons, selon la Tradition la plus ancienne, la voir partir de ce monde en cette ville de Jérusalem, à jamais sanctifiée par la mort et la Résurrection de son Fils. Les apôtres, pour la plupart, s’étaient dispersés à travers les nations ; saint Jean, son prêtre et son confident, demeurait fidèlement auprès d’elle, en la maison de Gethsémani, sans doute avec quelques parents et chrétiens dévoués. C’est lui qui aurait pu nous décrire ces journées d’attente paisible qui précédèrent sa Dormition ; ou bien nous dire en termes clairs qu’il l’avait vue, ainsi que d’autres personnes présentes, s’en aller corporellement, vivante, immortelle, et non ressuscitée. Il a préféré le silence, se contentant en son Apocalypse de soulever un coin du voile comme nous allons le voir, et laissant à l’Eglise le soin de définir en son temps ce mystérieux départ. Il a fallu des siècles.

Notre génération a été l’heureuse bénéficiaire de la Définition dogmatique, faite par S. S. Pie XII, le matin du 1er novembre 1950, sur la place Saint-Pierre de Rome. Elle a pu entendre directement, ou par les ondes, ces solennelles et infaillibles paroles : « … Nous prononçons, Nous déclarons et Nous définissons comme un dogme divinement révélé que Marie, Mère immaculée de Dieu et Vierge perpétuelle, au terme de sa vie terrestre, a été élevée avec son corps et son âme dans la gloire du Ciel ».

C’est bien à dessein que, dans cette Définition, aucune mention n’est faite de la mort ni de la résurrection de la Très Sainte Vierge. De même, dans la nouvelle messe de l’Assomption, le Souverain Pontife a fait supprimer l’allusion à la mort de Marie que nous lisions à la Secrète. Et l’Introït de cette messe n’est plus le Gaudeamus omnes in Domino, commun à plusieurs autres messes du Missel, mais le Signum magnum apparuit in coelo du XIIè chapitre de l’Apocalypse, qui nous met de suite en présence de la grandiose vision de saint Jean, exilé à Pathmos (cette vision de la « Femme » dans l’Apocalypse semble P. Jugie, A. A., la grande preuve scripturaire du Dogme défini. Voir son article dans l’Année théologique, 1951, pp. 97-116). L’apôtre revoit et contemple, dans la Jérusalem céleste, Marie en corps et en âme, parée de tout ce qu’il y a de lumineux dans notre firmament.

Le soleil l’enveloppe comme d’un manteau ; la lune est placée sous ses pieds ; douze étoiles forment couronne autour de la tête. Ce SIGNE merveilleux n’est-il pas la description symbolisée de son Assomption de créature immaculée et immortelle ? Une pareille splendeur ne nous laisse-t-elle pas entendre qu’elle fut la plus glorieuse qui puisse lui convenir ? La Divinité de son Fils est son vêtement de gloire. Tous les élus, ses enfants, l’entoureront à jamais de leur clarté du soleil, notre monde inférieur apparaît sous ses pieds, pour nous dire qu’elle a l’a traversé en pureté et beauté, dans le rayonnement de son Fils, sans avoir connu nos misères et notre fin charnelle. Si l’on peut, d’ailleurs, parler de mort au sujet de la Vierge, on doit dire qu’au Calvaire elle l’avait expérimentée en la Personne de Jésus Rédempteur. Le glaive de la Passion transperçait alors son âme de Mère. Désormais, la Rédemption étant entièrement accomplie, l’entrée de Marie dans la grâce sans l’ombre du péché appelait son entrée dans la gloire sans l’attouchement de la mort. La Définition dogmatique de Pie XII, portant uniquement sur sa glorification en corps et en âme à la fin de sa vie terrestre, laisse la voie ouverte à cette interprétation reposante. Ainsi le plan de revanche sur le démon apparaît total et sans restriction, au moins dans un membre de l’humanité rachetée. (Le P. Roschini, directeur du Marianum, pense que désormais le nombre des théologiens, se déclarant en faveur de l’immortalité de Marie, ira croissant. Voir l’Ami du Clergé, n° 38, 20 sept. 1951 ; et n°32, 12 août 1954. Dans le n° 38, page 562, l’Ami rapporte le petit fait suggestif de la photographie d’une prière à Marie dans son Assomption, avec une correction autographe de Pie XII, supprimant des paroles relatives à la mort de la Vierge).

XV. Couronnement de Marie

Que dire à présent de l’accueil fait par Jésus à sa Mère, quand les anges la virent élevée au-dessus de leurs hiérarchies les plus hautes dans le Ciel de la Trinité ? C’est lui, ce Fils bien-aimé, qui la présente, la livre à son Père pour être mise éternellement en possession de la béatitude des trois Personnes, dans la vision face à face. C’est lui qui la fait asseoir à ses côtés sur le même trône : Adstitit Regina a dextris tuis (Ps. 131, 8), pour son Couronnement de gloire.

Y eut-il un rite sensible de cette Intronisation et de ce Couronnement, puisque Jésus couronnait ici, comme homme, la tête glorifiée de sa Mère ? Sans doute, une bénédiction, une consécration, une imposition de ses mains adorables, comme le pense Mgr Gay. « Quant à dire, ajoute cet auteur mystique, l’ampleur, la grâce, l’incomparable beauté de ce geste du Christ, l’expression que prit alors son visage, toute son attitude enfin au moment où il servit d’organe aux trois Personnes divines pour couronner sa Mère, ni le plus sublime génie de l’art ne l’a rêvé, ni la plus haute contemplation des plus grands saints n’a pu l’entrevoir. Ce fut dans le Ciel tout entier la cause d’un vrai transport, mais cela reste pour nous indescriptible et ineffable ; et il faut en dire autant de l’attitude et de la physionomie de la Sainte Vierge (Mystères du Rosaire, II, p. 431) ». Quelle exaltation de son humilité d’esclave du Seigneur au matin de l’Annonce angélique, et combien son cantique du Magnificat est admirablement placé sur nos lèvres dans l’Evangile de la nouvelle messe d’Assomption !

La voilà Souveraine bienheureuse de la Cour céleste et « Toute – Puissance – Suppliante » auprès de son Fils, en faveur de ses enfants de la terre. Constamment occupée de nous, elle prépare ainsi notre place, la place de nos âmes au moment de notre mort ou de notre sortie du Purgatoire, la place de nos corps eux-mêmes au jour de la résurrection générale. Nous participerons alors entièrement à sa béatitude, selon le degré de nos mérites.

Faisons confiance à cette toute-puissante intercession, nous surtout qui, par notre Consécration, permettons à Marie d’exercer sur nos âmes et sur nos corps toute son action de Mère et de Maîtresse. Laissons-la nous former, nous transformer, nous appeler, nous attirer, en ne lui offrant – redisons-le encore – que dépendance amoureuse et persévérante docilité. Remercions-la de nous avoir conduits tout au long de ces Mystères que nous venons de méditer. C’est elle qui les avait commencés, c’est elle qui les clôture ; mais sa mission ne sera terminée que lorsqu’elle verra tous comme une couronne de joie ajoutée à sa couronne de gloire. Jésus, Sagesse éternellement glorieuse et triomphante en son Humanité et en sa Mère, le sera aussi dans ses élus ; et ce sera le Règne qui ne connaîtra plus aucune des ombres et des vicissitudes d’ici-bas.

Laissons-nous soulever par l’espérance vers cette récompense d’un bonheur sans fin.

FIN

Le Rosaire de l’Amour

Le Rosaire de l’Amour est tout entier jailli du Coeur de Jésus dans ses confidences à sa privilégiée soeur Josepha Ménendez, religieuse coadjutrice de la Société du Sacré-Cœur de Jésus à Poitiers (née à Madrid, le 4 février 1890, † 29 décembre 1923).

En 1938, avec la permission du secrétaire d’État de l’époque, le Cardinal Eugenio Pacelli (futur Pie XII), Un Appel à l’Amour, la biographie de Josefa Menéndez contenant ses propres registres des visions. parut aux éditions de l’Apostolat de la Prière (Toulouse),

« Mes paroles, a dit Jésus, auront une telle force et ma grâce les accompagnera de telle manière, que les âmes les plus obstinées seront vaincues par l’Amour ».

MYSTERES JOYEUX.

Ici commence l’Histoire de l’Amour descendu dans la nuit du monde. Il est la lumière et nous sommes dans les ténèbres. Il vient à notre rencontre, ses pas sont des pas de géant dans l’amour et chacune de ses démarches ici-bas va révéler à la terre la bonne nouvelle, la grande joie : Dieu est Amour !

« N’ayez pas peur, car je vous apporte une bonne nouvelle qui réjouira beaucoup tout le peuple » (Luc 2, 10).

I. L’ANNONCIATION.

« Je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon sa parole…(Luc 1, 38).

L’amour, dit Jésus, inclina le Père à donner son Fils pour le salut de l’homme. L’Amour fit qu’une Vierge très pure accepta toutes les souffrances que la Maternité divine devait lui imposer. L’Amour me fit embrasser toutes les misères de la nature humaine.

Je cherche l’amour et je viens redire ce que je veux, ce que je supplie que l’on me donne : l’amour et l’amour seul.

Quand tu te réveilles, entre aussitôt dans mon Coeur et, une fois bien au fond, offre à mon Père toutes tes actions unies aux battements de mon Coeur. Unis de même tous tes mouvements aux miens, afin que ce ne soit plus toi, mais Moi qui agisse en toi.

Vierge de l’Annonciation, faites que très nombreuses soient les âmes qui entendront cet appel.

Notre Père… Dix Je vous salue Marie… Gloire au Père… « O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous ».

II. LA VISITATION.

« … Marie partit… Elle entre chez Zacharie et salua Elisabeth, or dès qu’Elisabeth eut entendu la salutation de Marie, l’enfant tressaillit dans son sein… » (Luc 40, 41).

Ecoute les battements de mon Coeur… Aide-moi, aide-moi à découvrir mon Coeur aux hommes.

Aime et ne crains rien. Je veux ce que tu ne peux pas, mais Je peux ce que tu ne pourras pas. Il ne t’appartient pas de choisir, mais de t’abandonner.

Laiise-toi conduire les yeux fermés, car Je suis ton Père et les miens sont ouverts pour te conduire et te guider.

Vierge de la Visitation, qu’à votre exemple nous soyons au milieu d’un monde rempli de haine, les messagers de l’amour.

Notre Père… Dix Je vous salue Marie… Gloire au Père… O Marie conçue sans péché…

III. LA NATIVITE.

« Et le Verbe s’est fait chair et Il a habité parmi nous » (Jean 1, 14).

Je suis Jésus, fils de la Vierge Immaculée, la seconde Personne de Très Sainte Trinité…

Jésus, le Fils de Dieu et Dieu lui-même… Tu vois comme j’ai voulu me faire petit !

Je veux que tu sois plus petite encore par ta simplicité, ton humilité, ta promptitude à obéir. J’aime l’humilité… et combien s’éloignent de moi, par orgueil !

Vierge de la Nativité, que dans notre monde pétri d’orgueil, nous soyons ces âmes de « bonne volonté » dont les anges ont chanté le bonheur en la nuit de Noël !

Notre Père… Dix Je vous salue Marie… Gloire au Père… O Marie conçue sans péché… 

IV. LA PRESENTATION.

« … Ils portèrent l’enfant à Jérusalem pour le présenter au Seigneur… » (Luc 2, 22).

Aux âmes je ne demande rien de ce qu’elles n’ont pas. Ce que j’exige c’est qu’elles me donnent tout ce qu’elles possèdent, car tout m’appartient.

Si elles n’ont que misères, et faiblesses, je les désire… Si elles n’ont que fautes et péchés, je les demande, je supplie qu’on me les donne…

Donne-moi ton coeur vide et je le remplirai… Donne-le moi dénué de tout et je le revêtirai… Donne-le moi avec tes misères et je les consumerai…

Pour tout ce que tu me donnes, moi, je te donne mon Coeur !

O Jésus, nous nous offrons à vous avec nos misères et nos péchés : pardonnez-nous, aimez-nous, sanctifiez-nous.

Notre Père… Dix Je vous salue Marie… Gloire au Père… O Marie conçue sans péché…

V. LE RECOUVREMENT DE JESUS AU TEMPLE.

« Pourquoi Me cerchez-vous ? Ne savez-vous pas que Je me dois d’être aux affaires de mon Père » (Luc 49, 50).

Quand tu m’appelles, je ne suis pas loin de toi, mais tout proche au contraire. Console-moi en m’appelant et en me désirant. Apaise ma soif par la faim que tu as de moi.

Beaucoup m’oublient et me laissent seul des jours entiers, des mois, des années. Beaucoup d’autres n’entendent pas ma voix… cependant je leur parle sans cesse.

Désire-moi comme je te désire… Aime-moi comme je te cherche…

Vierge du Recouvrement obtenez-nous de rechercher Jésus toujours dans les enseignements de son Eglise et dans les sacrements.

Notre Père… Dix Je vous salue Marie… Gloire au Père… O Marie conçue sans péché…

MYSTERES DOULOUREUX.

Ici se poursuit l’Histoire de l’Amour s’immolant pour la vie du monde. Lui qui n’a répandu que l’amour, il est victime de la haine… Lui qui apporte la paix au monde, il est l’objet de la cruauté la plus acharnée… Lui qui vient rendre la liberté aux hommes, il est emprisonné, lié, et meurt cloué à la Croix…

Mais l’Amour méconnu n’a qu’un mot de vengeance : Croyez à mon Amour et à ma Miséricorde. Vous m’avez offensé : Je vous pardonne ! Vous m’avez persécuté : Je vous aime ! Vous m’avez blessé : Je vous ouvre mes Trésors !

VI. L’AGONIE.

Mon âme est triste à mourir… Mon Père s’il est possible que cette coupe passe loin de Moi ! Cependant, non pas comme Je veux, mais comme tu veux (Mat. 26, 39).

Sous ce fardeau d’ignominie, je sentis fondre sur moi la colère d’un Dieu offensé et irrité. Sous le poids de tant de crimes ma nature humaine fut saisie d’une telle angoisse et d’une si mortelle agonie, que tout mon corps fut couvert d’une sueur de sang !

Toi qui connaît la tendresse de mon Coeur, tu peux mesurer ma douleur au milieu des outrages de mes ennemis et de l’abandon des miens.

O pécheurs qui me faites ainsi souffrir… ce Sang vous donnera-t-il le salut et la vie ?… ou sera-t-il perdu pour vous ?

O mon Père, ayez pitié des pécheurs. Ne les châtiez pas comme ils le méritent. Mais faites-leur miséricorde comme votre Fils vous en supplie !

Notre Père… Dix Je vous salue Marie… Gloire au Père… O Marie conçue sans péché…

VII. LA FLAGELLATON.

…Quant à Jésus, après l’avoir fait flageller, il le leur livra pour être crucifié… (Mat. 27, 26).

Sur mon corps couvert de meurtrissures et brisé de fatigue, les bourreaux déchargent avec la plus cruelle frénésie leurs fouets… Le sang jaillit de tous mes pores. Je suis réduit à un état si pitoyable que je n’ai même plus l’apparence d’un homme !… 

Mets-toi tout près de moi pour me défendre des outrages et des insultes… Donne-moi sans cesse des témoignages d’adoration, de réparation et d’amour.

Regardez mes blessures et voyez s’il est quelqu’un qui ait autant souffert pour vous prouver son amour.

O Dieu de miséricorde, ayez pitié de notre fragilité et accordez-nous la grâce de vaincre la tentation.

Notre Père… Dix Je vous salue Marie… Gloire au Père… O Marie conçue sans péché…

VIII. LE COURONNEMENT D’EPINES.

… ayant tressé une couronne avec des épines, ils la placèrent sur sa tête avec un roseau dans sa main droite et, ployant le genou devant Lui, ils se moquèrent de Lui… (Mat. 27, 29).

Les bourreaux se sont lassés à force de frapper… Ils tressent une couronne d’épines, l’enfoncent sur ma tête et défilent devant moi en disant : « Roi, nous te saluons ! ». Les uns m’insultent, les autres me frappent à la tête et chacun ajoute une nouvelle douleur à celles qui, déjà épuisent mon corps.

Moi qui suis le Fils de Dieu, le soutien de l’univers, j’ai voulu passer aux yeux des hommes comme le dernier et le plus méprisable de tous.

Je garde le plus profond silence et pas une plainte ne s’échappe de mes lèvres.

O Père très Saint, nous vous offrons en expiation de notre orgueil et de notre indépendance, la tête transpercée d’épines de votre divin Fils.

Notre Père… Dix Je vous salue Marie… Gloire au Père… O Marie conçue sans péché…

IX. LE PORTEMENT DE CROIX.

Ils le conduisirent dehors pour le crucifier. Et ils requièrent, pour porter sa croix, Simon de Cyrène qui revenait des champs. Et ils amenèrent Jésus au lieu dit : Golgotha (Marc 15, 21, 22).

Contemple-moi sur le chemin du Calvaire chargé de la lourde Croix… Derrière moi Simon M’aide à la porter… Avance encore avec  moi, tu rencontreras celle que j’aime le plus au monde : ma Très sainte Mère, le coeur transpercé de douleur. Car la mort dont je souffre dans mon Corps, ma Mère la porte dans son Coeur. Pas une parole n’est prononcée, mais que de choses se disent nos deux Coeurs en cette douloureuse entrevue !

Je ne te demande que l’amour en toutes tes actions. Fais tout par amour, souffre par amour, travaille par amour et surtout abandonne-toi à l’amour. Quand Je te fais sentir l’angoisse et la solitude, accepte-les et souffre dans l’amour. Je veux me servir de toi comme du baton sur lequel s’appuie une personne fatiguée…

Père éternel, accorde-nous le courage et la patience dans toutes nos épreuves.

Notre Père… Dix Je vous salue Marie… Gloire au Père… O Marie conçue sans péché…

X. LE CRUCIFIEMENT.

Ils le crucifient et se partagent ses vêtements en tirant au sort ce qui reviendrait à chacun. C’était la troisième heure quand ils Le crucifièrent (Marc 15, 24, 25).

L’heure est arrivée !… Les bourreuax M’étendent sur la croix… Entendez le premier coup de marteau qui cloue ma main droite… Ecoutez encore, ils fixent ma gauche… Ils tirent cruellement sur mes pieds… Mes plaies s’ouvrent, mes nerfs se rompent, mes os se déboîtent… La douleur est intense.

Mes pieds sont transpercés zet mon sang baigne la terre. Un Dieu cloué sur la croix ! Contemple-le, toi que j’aime… Il est sans mouvement, sans vêtements, sans honneurs et sans liberté… Tou lui a été arraché…

Si tu m’aimes, que ne feras-tu pas pour Me ressembler ? qu’épargneras-tu pour Me consoler, refuseras-tu quelque chose à mon Amour ?

Notre Père… Dix Je vous salue Marie… Gloire au Père… O Marie conçue sans péché…

MYSTERES GLORIEUX.

Ici l’histoire de l’Amour raconte le triomphe du Rédempteur. Il remonte vers son Père. Il entraîne sa Mère dans le sillage de sa gloire. Marie, Mère des hommes, est couronnée dans le Royaume, Reine du monde.

XI. LA RESURRECTION.

Avoir la foi, c’est être sûr de ce que l’on espère, c’est être convaincu de ce que l’on ne voit pas (Hébreux 2, 1).

Vainqueur de la mort… Mes mains sont à toi pour te soutenir… Mes pieds pour te suivre sans jamais te laisser seul… Mon Coeur qui est tout amour, ouvert pour toujours…

Je suis le Soleil qui te découvre ta misère. Plus tu la vois grande, plus doivent s’accroître ta tendresse et ton amour pour moi. Si ton âme est incapable de produire aucun fruit, Moi, je suis le jardinier qui la cultive, j’enverrai un rayon de soleil pour la purifier… et ma main sèmera…

Reste bien petite ! Je suis assez grand, je suis ton Dieu, et toi, la misère de mon Coeur. Abandonne-toi à ma garde et ne doute jamais de l’amour de mon Coeur.

Que votre amour, O Jésus, soit le soleil qui nous éclaire et nous réchauffe.

Notre Père… Dix Je vous salue Marie… Gloire au Père… O Marie conçue sans péché…

XII. L’ASCENSION.

Rappelez-vous que le Seigneur vous récompensera. Vous recevrez les biens qu’il réserve aux siens… (Colossiens 3, 34).

Dans mon Royaume, c’est Moi qui te présenterai devant la cour céleste. C’est Moi qui prépare la tunique dont je te revêtirai. Elle est tissée du plus précieux de mes mérites et teint dans la pourpre de mon sang.

Ne crains rien, vis de paix et de confiance… Je suis ta Vie et ta Force… Je suis tout pour toi et je ne t’abandonne jamais.

Je t’ai aimée et gardée. Je t’aime et je te garde ! Je t’aimerai et je te garderai toujours !

Notre Père… Dix Je vous salue Marie… Gloire au Père… O Marie conçue sans péché…

XIII. LA PENTECÔTE.

Je vous donnerai un coeur nouveau. Je mettrai en vous un esprit nouveau (Ezechiel 36, 27).

La grâce divinise la nature humaine. Ainsi Dieu habite dans l’âme où habite la grâce. Cette âme devient la demeure de la très Sainte Trinité.

Un pas que l’on fait, une paille que l’on ramasse, un regard échangé, un service rendu, un sourire aimable, tout cela doit être offert à l’Amour… Ne regarde que ma volonté et tout ce que tu fais et accomplis-la avec grande soumission.

Vis avec Moi, je vivrai avec toi. Cache-toi en moi, je me cacherai en toi.

O Notre-Dame de la Pentecôte, obtenez-nous une union toujours plus étroite avec la Trinité.

Notre Père… Dix Je vous salue Marie… Gloire au Père… O Marie conçue sans péché…

XIV. L’ASSOMPTION.

Un signe grandiose apparut au ciel : c’est une femme ! le soleil l’enveloppe, la lune est sous ses pieds et douze étoiles couronnent sa tête (Apocal. 12).

C’est vraiment au jour de Mon Assomption que la joie pleine et sans mélange a commencé pour moi…

O Marie, Mère tendre et aimante, Mère de mon Sauveur, je vous salue avec tout l’amour dont puisse vous aimer le coeur d’un enfant. O Notre-Dame, que votre bonheur soit la nôtre à tous un jour.

Notre Père… Dix Je vous salue Marie… Gloire au Père… O Marie conçue sans péché…

XV. LE COURONNEMENT DE MARIE.

De même qu’une fiancée fait la joie de son fiancé, tu feras la joie de ton Dieu (Isaïe 6, 25).

Que dire de l’étonnement dont je fus saisie à la vue de mon extrême bassesse couronnée par mon divin Fils et environnée de tant d’acclamations.

Plus de tristesse !… Plus de mélange !… Tout est douceur, tout est gloire… Tout est amour !

Mon enfant tout passe et la béatitude n’a pas de fin. Souffre et aime. Mon Fils couronnera bientôt tes efforts et tes labeurs. Reste lui bien fidèle et ne lui refuse rien.

Courage ! Courage ! Générosité et amour !… L’hiver de la vie est court et le printemps éternel !

Notre Père… Dix Je vous salue Marie… Gloire au Père… O Marie conçue sans péché…

PRIERE.

O Marie, exempte de toute corruption, vous avez été toujours fidèle aux mouvements de la grâce, et votre âme accumulait ainsi de tels mérites, qu’elle s’est élevée au dessus de toutes les créatures.

Vous êtes ma Mère, Vierge très puissante, Vierge clémente, Vierge fidèle, refuge des pécheurs.

Choisie pour être la Mère de Jésus-Christ, vous l’avez gardé comme un sanctuaire très pur, et Celui qui venait donner la Vie aux âmes, a pris Lui-même la vie en vous.

Soyez bénie et louée, Mère de mon Rédempteur, Mère des pauvres pécheurs !

Je vous salue et je me réjouis à la vue de tels dons que vous a fait le Tout-Puissant et de tnat de prérogatives dont Il vous a couronnée.

Je vous salue au nom de tous les hommes, de tous les saints et de tous les anges.

Je vous salue et je vous aime par votre divin Fils.

Je vous salue avec la pureté de l’Esprit-Saint et la sainteté de la Trinité adorable.

O Vierge incomparable, Mère tendre et chérie, je vous salue nuit et jour et dans le temps et dans l’éternité !

Fin

 Clausules du Rosaire

Clausules : mots ou phrases supplémentaires pour diminuer les distractions de l’imagination et pour aider à prier.

1ère méthode

Aux ”Je vous salue Marie, pleine de grâce, Le Seigneur est avec vous, vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus le fruit de vos entrailles est béni”, ajoutez :

Mystères Joyeux

  • 1er (Annonciation) : « Vous, Ô Vierge, qui l’avez conçu par le Saint Esprit »…
  • 2ème (Visitation) : « Vous, Ô Vierge, qui l’avez apporté à Elisabeth »…
  • 3ème (Nativité) : « Vous, Ô Vierge, qui lui avez donné naissance »…
  • 4ème (Présentation) : « Vous, Ô Vierge, qui l’avez apporté au temple »…
  • 5ème (Recouvrement) : « Vous, Ô Vierge, qui l’avez retrouvé au temple…

Mystères Douloureux

  • 1er (Agonie) : « Qui pour nous a sué du sang »…
  • 2ème (Flagellation) : « Qui pour nous a été flagellé »…
  • 3ème (Couronnement d’épines) : « Qui pour nous a été couronné d’épine »…
  • 4ème (Portement de Croix) : « Qui pour nous a porté la croix »…
  • 5ème (Crucifiement) : « Qui pour nous a été crucifié »…

Mystères Glorieux

  • 1er (Résurrection) : « Qui est ressuscité des morts »…
  • 2ème (Ascension) : « Qui est monté aux Cieux »…
  • 3ème (Pentecôte) : « Qui nous a envoyé l’Esprit Saint »…
  • 4ème (Assomption) : « Qui vous a emporté, Ô Vierge, au Paradis »…
  • 5ème (Couronnement) : « Qui vous a couronnée, Ô Vierge, dans le Paradis »…

 

2ème méthode : Clausules détaillées

Pour chaque Ave Maria :

« Je vous salue Marie, pleine de grâce, Le Seigneur est avec vous, vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus [clausule] le fruit de vos entrailles est béni”…

Annonciation

  1. Jésus conçu du Saint-Esprit.
  2. Jésus Verbe incarné.
  3. Jésus que vous annonce Gabriel.
  4. Jésus que vous concevez par votre fiat.
  5. Jésus notre Sauveur.
  6. Jésus le Rédempteur.
  7. Jésus le Messie.
  8. Jésus vrai Dieu et vrai homme
  9. Jésus qui vous a créée.
  10. Jésus Dieu qui vous couvre de son ombre.

Visitation

  1. Jésus que vous portez.
  2. Jésus dont vous êtes la médiatrice.
  3. Jésus qui remplit Elisabeth du Saint-Esprit.
  4. Jésus qui sanctifie Jean-Baptiste.
  5. Jésus qui fait tressaillir Jean-Baptiste.
  6. Jésus qui fait prophétiser Elisabeth
  7. Jésus qui vous fait prophétiser.
  8. Jésus qui vous fait glorifier le Seigneur.
  9. Jésus qui vous fait tressaillir d’allégresse en Dieu.
  10. Jésus qui vous fait demeurer trois mois avec Elisabeth.

Nativité

  1. 1er Ave. Jésus qui naît à Bethleem.
  2. Jésus que vous enfantez dans une grotte.
  3. Jésusvenu au monde dans la pauvreté.
  4. Jésus lumière du monde.
  5. Jésus Christ Sauveur.
  6. Jésus l’étoile du matin.
  7. Jésus loué des Anges.
  8. Jésus adoré des bergers.
  9. Jésus vénéré par les mages.
  10. Jésus à qui Joseph a donné le nom.

Présentation

  1. 1er Ave. Jésus premier-né que vous consacrez.
  2. Jésus que Siméon attendait.
  3. Jésus le Fils de Dieu.
  4. Jésus qui vous a préservé.
  5. Jésus qui fait prophétiser Siméon.
  6. Jésus le désiré des collines éternelles.
  7. Jésus le prince de la vie.
  8. Jésus le sacrifice du matin.
  9. Jésus oblation pour nos péchés.
  10. Jésusqui fait prophétiser Anne.

Recouvrement

  1. Jésus que vous eûtes égaré.
  2. Jésus que vous cherchez trois jours.
  3. Jésus la Sagesse Eternelle.
  4. Jésusla Sagesse Incrée.
  5. Jésusla Sagesse Incarnée.
  6. Jésus le maître des docteurs.
  7. Jésus le soleil de Justice.
  8. Jésus qui vous prépare à sa passion.
  9. Jésus qui est aux affaires de son Père.
  10. Jésus qui vous est soumis.

Agonie

  1. Jésus qui entre dans la passion de son Cœur.
  2. Jésus dont l’âme est triste à mourir.
  3. Jésus qui prie son Père d’éloigner cette coupe.
  4. Jésus qui sue du sang.
  5. Jésus qui répand son sang à terre.
  6. Jésus qui dit : «Père, que ta volonté soit faite».
  7. Jésus qui dit : «Veillez et priez, afin que vous n’entriezpoint en tentation».
  8. Jésus trahi par Juda.
  9. Jésus qui,par sa parole, renverse à terre ses ravisseurs.
  10. Jésus qui se livre aux juifs et aux païens pour les siens.

Flagellation

  1. Jésus que Ponce Pilate fait flagellé.
  2. Jésus qui seul expie les péchés.
  3. Jésus qui reçut5480 coups en son corps.
  4. Jésus dont la chair fut déchirée.
  5. Jésus qui se livra pour son Eglise.
  6. Jésus seul qui foule le pressoir.
  7. Jésus dont la chair se répand à terre.
  8. Jésus qui prend sur Lui notre condamnation.
  9. Jésusle Seul innocent qui paye pour nous la Justice divine.
  10. Jésus qui épuise les bourreaux.

Couronnement d’épines

  1. Jésus raillé des méchants.
  2. Jésus moqué des soldats.
  3. Jésus frappé des païens.
  4. Jésus haï des pécheurs endurcis.
  5. Jésus doux et humble de cœur.
  6. Jésus sur qui on crache.
  7. Jésus couvert de dérision.
  8. Jésus la tête ensanglantée.
  9. Jésus livré à la place de Barabbas.
  10. Jésus Dieu fait homme.

Portement de Croix

  1. Jésus condamné à mort,…
  2. Jésus chargé de sa Croix,…
  3. Jésus tombant sous le poids de sa Croix,…
  4. Jésus vous rencontrant,…
  5. Jésus dont Simon porte la croix,…
  6. Jésus dont Véronique essuie la face,…
  7. Jésus tombant une seconde fois,…
  8. Jésus consolant les femmes de Jérusalem,…
  9. Jésus tombant une dernière fois,…
  10. Jésus dépouillé de ses vêtements,…

Crucifiement

  1. Jésus cloué sur la Croix,…
  2. Jésus disant : «Père, pardonnes-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font»,…
  3. Jésus disant au larron : «En vérité, je te le dis, aujourd’hui, tu seras avec moi au paradis»,…
  4. Jésus disant : «Femme, voici ton fils. Voici ta Mère»,…
  5. Jésus disant : «J’ai soif»,…
  6. Jésus disant : «Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as tu abandonné»,…
  7. Jésus disant : «Tout est consommé»,…
  8. Jésus disant : «Père, entre tes mains je remet mon esprit»,…
  9. Jésus remis entre vos bras,…
  10. Jésus déposé au sépulcre,…

Résurrection

  1. Jésus remonté des enfers,…
  2. Jésus dans son corps glorifié,…
  3. Jésus dans son corps lumineux,…
  4. Jésusdans son corps impassible,…
  5. Jésus qui se montre à vous en premier, …
  6. Jésus qui s’est montré à ses disciples, …
  7. Jésus disant : «La paix soit avec vous»,…
  8. Jésus qui montre ses plaies à Thomas…
  9. Jésus notre Seigneur et notre Dieu,…
  10. Jésus qui fait de Pierre le pasteur de ses brebis,…

Ascension

  1. Jésus sur le mont des oliviers,…
  2. Jésus à qui toute puissance a été donnée dans le ciel et sur la terre ,…
  3. Jésus commandant aux Apôtres d’enseigner toutes les nations, les baptisant au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit»,…
  4. Jésus disant d’apprendre à garder tout ce qu’il a commandé,…
  5. Jésus disant de précher l’Evangile à toute créature,…
  6. Jésus avec nous tous les jours jusqu’à la consommation du siècle,…
  7. Jésus qui enverra la vertu de l’Esprit-Saint,…
  8. Jésus qui a fait beaucoup d’autres choses que le monde ne peut contenir, …
  9. Jésus qui s’élève au ciel en bénissant,…
  10. Jésus dérobé à la vue dans une nuée, …
  11. Jésus qui reviendra de la même manière,…

Pentecôte

  1. Jésus qui a promis d’envoyer le don du Père,…
  2. Jésus qui répand le Saint-Esprit comme un vent impétueux,…
  3. Jésus qui vous remplie du Saint-Esprit,…
  4. Jésus qui répand le Saint-Esprit comme des langues de feu ,…
  5. Jésus dont l’Esprit fait parler diverses langues ,…
  6. Jésus qui enivre les siens du Saint-Esprit, …
  7. Jésus qui fait des siens ses témoins,…
  8. Jésus qui répand son Esprit sur ses serviteurs qui prophétiseront,…
  9. Jésus qui fera des prodiges dans le ciel et des signes sur la terre,…
  10. Jésus qui fait perséverer dans la doctrine des Apôtres,…

Assomption

  1. Jésus qui vous a créé immaculée,…
  2. Jésus votre Fils immaculé,…
  3. Jésus qui vous a préservé immaculée,…
  4. Jésus dont vous avez soutenu l’Eglise sur terre,…
  5. Jésus qui vous a donné son Apôtre vierge comme fils, …
  6. Jésus quivous a donné son Apôtre bien-aimé pour veiller sur vous , …
  7. Jésus qui vous a ressuscité,…
  8. Jésus qui vient vous emporter près de lui,…
  9. Jésus qui vous élève corps et âme au ciel,…
  10. Jésus qui donne aux siens sa sainte Mère comme Mère,…

Couronnement de Marie

  1. Jésus qui vous béni et vous présente à son Père,…
  2. Jésus qui vous revêt du Saint-Esprit ,…
  3. Jésus qui vous honore au-dessus de toute créature ,…
  4. Jésus qui vous couronne Reine de l’univers, …
  5. Jésus qui vous rend terrible au diable,…
  6. Jésus qui vous fait louer des Anges, …
  7. Jésus qui vous place sur le trône de la grâce,…
  8. Jésus qui vous fait Maîtresse des Anges et des hommes …
  9. Jésus qui vous fait toute-puissante-suppliante,…
  10. Jésus qui vous fait gardienne du Paradis,…

Neuvaine à Notre Dame du Rosaire

(Pape Léon XIII, Jucunda semper, 1894)

C’est auprès de vous que nous nous réfugions, Sainte Mère de Dieu, Reine du Très saint Rosaire ; ne méprisez pas les malheureux fils d’Ève ! Nous vous implorons, Médiatrice de notre salut, Vierge puissante, Vierge clémente. Par la douceur des joies qui vous sont venues de votre Fils Jésus, Par votre communion à ses ineffables douleurs, par l’éclat de sa gloire qui rejaillit sur vous, nous vous supplions de toutes nos forces. Daignez nous obtenir … Oh ! malgré notre indignité, écoutez-nous, Vierge bénigne, et exaucez-nous.

Trois Ave Maria pour honorer la bienheureuse Vierge dans les mystères joyeux, douloureux et glorieux du Rosaire.

Un Gloria Patri pour remercier Dieu des grâces et privilèges dont Il l’a comblée.

Trois fois : Reine du Très saint Rosaire, exaucez-nous.

(Ind. 5 ans chaque jour de la neuvaine, plén. à la fin aux cond. ord.)