Hérésies du Pélagianisme et du Rationalisme – Hérésie semi-pélagienne de faux magistère ordinaire

Sommaire

  • Hérésie Pélagienne
    • Hérésie semi-Pélagienne
  • Hérésie du Rationalisme
    • Hérésie du Rationalisme modéré
  • Hérésie de collégialité
    • Hérésie semi-pélagienne de faux magistère ordinaire

 

Hérésie Pélagienne

Le Pélagianisme ou hérésie Pélagienne est l’hérésie de Pélage , qui dit que l’homme est considéré l’acteur de son propre salut, qui prétend que la sainteté (perfection de la charité) peut être atteinte par la nature (par ses propres forces et par son libre arbitre) et où le rôle de la grâce divine peut ne pas être ou n’est pas indispensable. Pelagius fut condamné hérétique par le 16ème Concile de Carthage en 418, confirmé par le pape saint Zosime, pour avoir nié la nécessité de la grâce (et l’existence du péché originel) en enseignant que l’homme est capable par sa nature de choisir le bien, c-à-d que la grâce de Dieu n’est pas absolument nécessaire pour plaire à Dieu ou faire ce qui plait à Dieu. L’hérésie Pélagienne est un culte antichrist de l’homme.

Pape saint Zosime, 16ème Concile de Carthage, 418, canon 5 sur la grâce : « … Quiconque dit que la grâce de la justification nous est précisément donnée pour pouvoir accomplir plus facilement par elle ce que nous devons faire par notre libre arbitre, en sorte que, si la grâce n’était pas donnée, nous pourrions pourtant, quoique avec moins de facilité, observer sans elle les commandement de Dieu, qu’il soit anathème. Lorsqu’il parle du fruit des commandements, le Seigneur ne dit pas : « Sans moi, vous pouvez le faire plus difficilement », mais : « Sans moi, vous ne pouvez rien faire » [Jn 15, 5] ». [Texte entier Ench. Symb. Denz. 222-230]

Pape Célestin Ier, chapitres pseudo-célestiniens, Indiculus, La grâce, chap. 1, 431 : «Dans la prévarication d’Adam, tous les hommes ont perdu leur pouvoir naturel et leur innocence, et aucun ne peut, par son libre arbitre, remonter de l’abîme de cette ruine si la grâce du Dieu qui fait miséricorde ne le relève…».

Pape Célestin Ier, chapitres pseudo-célestiniens, Indiculus, La grâce, chap. 2, 431 : «Personne n’est bon par soi-même, si celui qui seul est bon ne le fait participer à lui-même…».

Pape Célestin Ier, chapitres pseudo-célestiniens, Indiculus, La grâce, chap. 3, 431 : «Personne, même renouvelé par la grâce du baptême, n’est capable de surmonter les embûches du diable, ni de vaincre les concupiscences de la chair, s’il ne reçoit de l’aide quotidienne de Dieu la persévérance dans une bonne vie…».

Pape Célestin Ier, chapitres pseudo-célestiniens, Indiculus, La grâce, chap. 5, 431 : «Personne ne lui [Dieu] plaît sinon grâce à ce qu’il [Dieu] a donné lui-même… ».

Pape Célestin Ier, chapitres pseudo-célestiniens, Indiculus, La grâce, chap. 6, 431 : «Dieu agit dans le cœur des hommes et dans le libre arbitre lui-même, de sorte qu’une sainte pensée, un pieux dessein et tout mouvement de volonté bonne viennent de Dieu…». [Texte complet : Chapitres pseudo-célestiniens ou Indiculus, La grâce, Ench. Symb. Denz. n° 238-249]

Pape Félix III, 2ème Concile d’Orange, 529, ex cathedra : « Canon 1. Si quelqu’un dit que, par l’offense résultant de la prévarication d’Adam, l’homme n’a pas été tout entier, dans son corps et dans son âme, « changé dans un état pire », et s’il croit que le corps seul a été assujetti à la corruption cependant que la liberté de l’âme demeurait intacte, trompé par l’erreur de Pélage, il contredit l’Écriture qui dit : « l’âme qui a péché périra »  (Ez 18, 20) et : « Ignorez-vous que si vous vous livrez à quelqu’un comme esclave, pour lui obéir, vous êtes esclave de celui à qui vous obéissez ? » (Rm 6, 16) et : « On est esclave de celui par qui on s’est laissé vaincre » (2 P 2, 19) ».

Pape Pie VI, Auctorem fidei, 28 août 1794, Erreurs du synode de Pistoie, ex cathedra : « 16. La doctrine du synode au sujet de l’état d’innocence heureuse telle qu’il le présente en Adam avant le péché, comme incluant non seulement l’intégrité mais aussi la justice intérieure avec l’impulsion vers Dieu par l’amour de charité et la sainteté originelle qui a été rétablie en quelque manière après la chute, dans la mesure où, prise dans son ensemble, elle donne à entendre que cet état est une conséquence de la création, un dû résultant de l’exigence naturelle et de la condition de la nature humaine, et non pas un bienfait gratuit de Dieu, elle est fausse, déjà condamnée chez Baius et Quesnel, erronée et favorise l’hérésie de Pélage ».

L’hérésie Pélagienne est aussi une hérésie de Naturalisme (racine de l’hérésie et apostasie) où la nature se passe de la grâce, ce qui est contre-nature car la nature n’est pas ordonnée pour elle-même mais pour la vie surnaturelle de la grâce.

Pape Pie IX, Syllabus des erreurs, 1864, Naturalisme : «2. On doit nier toute action de Dieu sur les hommes et sur le monde» Condamné (Allocution consistoriale Maxima quidem, 9 juin 1862)

Pape Pie IX, Syllabus des erreurs, 1864, Erreurs concernant la morale naturelle et chrétienne : «56. Les lois de la morale n’ont pas besoin de la sanction divine…» Condamné (Allocution consistoriale Maxima quidem, 9 juin 1862)

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En résumé, l’hérésie pélagienne dit que l’homme peut se passer du Saint-Esprit, alors que Dieu donne par sa grâce le vouloir et le faire. 

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Hérésie semi-Pélagienne

L’hérésie semi-Pélagienne est la même hérésie Pélagienne, mais plus subtile et pour le début de la foi seulement. Le Semi-pélagianisme est une hérésie qui s’oppose au Pélagianisme, et prônant que le salut est un don entièrement gratuit de Dieu, mais que le début de la foi est un acte de libre arbitre sans nécessité de la grâce divine et que c’est la progression de la foi qui est l’œuvre de la grâce divine. Mais la foi catholique enseigne que la grâce est la cause du début de la foi. 

Pape Clément XI, Unigenitus, erreurs de Pasquier Quesnel, 8 sept. 1713, n° 64, ex cathedra : « Sous la malédiction de la Loi on ne fait jamais le bien, parce qu’on pèche soit en faisant le mal, soit en ne l’évitant que par la crainte » [Gal. 5, 18]. 

Pape Pie VI, Auctorem fidei, 28 août 1794, Erreurs du synode de Pistoie, ex cathedra : « 18. La doctrine du synode qui déclare : « Après la chute d’Adam, Dieu a annoncé la promesse d’un libérateur futur et voulut consoler le genre humain par l’espérance du salut que Jésus Christ devait apporter », et d’autre part : « Dieu a voulu que le genre humain passe par divers états avant que vienne la plénitude des temps » ; et d’abord pour que dans l’état de nature « l’homme laissé à ses propres lumières apprenne à se défier de la raison aveugle et quitte ses aberrations pour désirer le secours d’une lumière supérieure », cette doctrine, telle qu’elle est, est captieuse ; et si elle est entendue du désir du secours d’une lumière supérieure en vue du salut promis par le Christ, et vers quoi – est-il supposé – l’homme aurait pu se mouvoir avec ce qui lui restait de lumières propres, est suspecte, favorise l’hérésie semi- pélagienne ».

Pape Pie VI, Auctorem fidei, 28 août 1794, ex cathedra : « 20. Dans la mesure où il est donné à entendre que l’homme sous la loi a pu sans la grâce concevoir le désir de la grâce du médiateur ordonné au salut promis par le Christ, comme si « ce n’était pas la grâce elle-même qui nous a fait la demander » (2ème concile d’Orange, Can. 3), la proposition, telle qu’elle est, est captieuse, suspecte, favorise l’hérésie semi-pélagienne ».

Les hérésies du Pélagianisme (faux rôle de l’homme par rapport à la grâce) et semi-pélagianisme (faux rôle de l’homme par rapport au début de la grâce) consistent à accorder un rôle à l’homme qu’il n’a pas dans la grâce.

St Vincent de Lérins tenait l’hérésie matérielle semi-pélagienne

Certains des critères de St Vincent de Lérins erronés sont mélangés à d’autres justes dans son Commonitorium – Traité contre les nouveautés de toutes les hérésies. Il était un hérétique matériel semi-pélagien (pas hérétique formel) dans l’erreur de bonne foi sur ce point et avant les définitions dogmatiques condamnant le semi-pélagianisme.

L’Encyclopédie catholique, 1907-1913, Saint Vincent de Lérins : «C’était un Semi-pélagien et tellement opposé à la doctrine de St Augustin. Il est cru maintenant qu’il utilise contre Augustin son grand principe : « ce que tous les hommes ont en tout temps et partout cru doit être considéré comme vrai « . Vivant dans un centre profondément imbibé de semi-pélagianisme, les écrits de Vincent montrent plusieurs points de doctrine apparentés à Cassien ou à Faust de Riez, qui devint abbé de Lérins au moment où Vincent écrivait son Commonitorium».

Saint Vincent de Lérins plaçait (matériellement) d’une certaine manière et en partie à pied d’égalité la croyance des hommes par rapport au Magistère.

Saint Vincent de Lérins († v. 450), père de l’Église, Commonitorium, n° 2, Comment distinguer la vérité de l’erreur ? : « Quelqu’un dira peut-être ici : « Puisque le Canon des Écritures est parfait et qu’il se suffit amplement et surabondamment pour tous les cas, quel besoin y a-t-il d’y joindre l’interprétation de l’Église ? » Précisément la profondeur de l’Écriture sainte fait que tous ne l’entendent pas dans un seul et même sens. Les mêmes paroles sont interprétées par l’un d’une façon, par l’autre d’une autre, et on pourrait dire : autant il y a de commentateurs, autant d’opinions. Novatien l’explique d’une façon, Sabellius d’une autre façon, Donat d’une autre encore ; Eunome, Arius, Macédonius ont leur opinion ; Photin, Apollinaire, Priscillien ont la leur ; la leur encore Jovinien, Pélage, Célestius ; la sienne enfin Nestorius. Et c’est pourquoi il est bien nécessaire, en présence de tant d’erreurs aux multiples replis, que la ligne de l’interprétation des livres prophétiques et apostoliques soit dirigée conformément à la règle du sens ecclésiastique et catholique.

« Dans l’Église catholique elle-même, il faut veiller soigneusement à s’en tenir à ce qui a été cru partout, toujours, et par tous. Car est véritablement et proprement catholique, comme le montrent la force et l’étymologie du mot lui-même, l’universalité des choses. Et il en sera ainsi si nous suivons l’Universalité, l’Antiquité, le Consentement général. Nous suivrons l’Universalité, si nous confessons comme uniquement vraie la foi que confesse l’Église entière répandue dans l’univers ; l’Antiquité, si nous ne nous écartons en aucun point des sentiments manifestement partagés par nos saints aïeux et par nos pères ; le Consentement enfin si, dans cette antiquité même, nous adoptons les définitions et les doctrines de tous, ou du moins de presque tous les évêques et les docteurs ».

Le consentement de presque tous les évêques et les docteurs est faillible et ne vaut rien devant le Magistère, et cela n’a rien à voir avec le consentement unanime des pères et l’enseignement universel et constant des théologiens (l’enseignement universel et constant des théologiens étant nécessairement subordonné au consentement unanime des pères, et uniquement pour des points de foi ou de morale non-définis par le Magistère). Si un soi-disant consentement ou enseignement contredisait les définitions dogmatiques ou les vérités révélées du Magistère, ce serait une erreur, une hérésie matérielle, ou une hérésie formelle, à rejeter.

Les paragraphes suivants de saint Vincent contredisent ceux ci-dessus.

Saint Vincent de Lerins, père de l’Église, Comminotorium, n° 2 : « Souvent je me suis enquis avec beaucoup de zèle et d’attention, auprès de nombre d’hommes éminents par leur sainteté et leur savoir. Je leur ai posé la question : « Existe-t-il une méthode sûre, générale pour ainsi dire, et constante, au moyen de laquelle je puisse discerner la véritable foi catholique d’avec les mensonges de l’hérésie ? Et de tous j’ai toujours reçu cette réponse : « Que si moi ou tout autre, nous voulions dépister la fourberie des hérétiques, éviter de tomber dans leurs pièges et demeurer dans une foi saine (avec l’aide de Dieu) sains nous-mêmes et inentamés, il nous fallait abriter cette foi derrière un double rempart : d’abord l’autorité de la loi divine, ensuite la tradition de l’Église catholique ».

Saint Vincent de Lerins, père de l’Église, Comminotorium, n° 20 : « Celui-là est un catholique véritable et authentique qui chérit la vérité de Dieu, l’Église, corps du Christ, qui ne préfère rien à la religion divine, à la foi catholique, ni l’autorité de n’importe quel homme, ni l’amour ni le génie, ni l’éloquence ni la philosophie, mais qui méprisant tout cela et demeurant ferme et stable dans la foi, déclare ne tenir et ne croire que ce qu’il sait avoir été professé en tout temps et en tout lieu par l’Église catholique ».

Ce qui est professé par l’Église Catholique est le Magistère. Le Magistère de Dieu qu’Il a confié à Son Église d’autorité divine pour enseigner sans erreur possible (foi et morale), l’Église Catholique étant la gardienne du dépôt de la foi, et confiée par le Christ à Pierre, et sous sa primauté [Pierre], aux Apôtres (Église apostolique). Et ce qui est professé en tout temps et en tout lieu par l’Église catholique sans avoir été défini de quelque manière par Son Magistère infaillible est l’enseignement universel et constant des pères et à leurs suite des théologiens (partout et par tous : si un seul père ne consent à un enseignement, ce n’est pas un enseignement unanime et universel ou dit de foi, mais du faillible). Certains hérétiques emploient le terme consentement ou enseignement « commun » des théologiens pour faire valoir frauduleusement leurs hérésies.

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En résumé, l’hérésie semi-pélagienne dit que l’homme peut en partie se passer du Saint-Esprit, alors que Dieu donne par sa grâce le vouloir et le faire.

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Le concile de Trente – sur la justification – condamne le pélagianisme et le semi-pélagianisme

Le concile de Trente condamne infailliblement l’hérésie du pélagianisme et du semi-pélagianisme, c’est-à-dire l’idée que l’homme ait un mérite propre dans l’œuvre de son salut, alors qu’en vérité tout vient de la grâce de Dieu. La part de l’homme n’étant que d’accepter et de coopérer (ou obéir) librement (ou pour l’amour de Dieu) à la grâce de Dieu.

Concile de Trente, 6ème sess., ch. 5, 13 janv. 1547 ex cathedra : «Le concile déclare, en outre, que la justification elle-même chez les adultes a son origine dans la grâce prévenante de Dieu par Jésus Christ [can. 3] , c’est-à-dire dans un appel de Dieu par lequel ils sont appelés sans aucun mérite en eux. De la sorte, ceux qui s’étaient détournés de Dieu par leurs péchés, poussés et aidés par la grâce, se disposent à se tourner vers la justification que Dieu leur accorde, en acquiesçant et coopérant librement à cette même grâce [can. 4-5]. De cette manière, Dieu touchant le cœur de l’homme par l’illumination de l’Esprit Saint, d’une part l’homme lui-même n’est pas totalement sans rien faire, lui qui accueille cette inspiration qu’il lui est possible de rejeter, d’autre part, pourtant, sans la grâce de Dieu, il ne lui est pas possible, par sa propre volonté, d’aller vers la justice en présence de Dieu [can. 3]. Aussi, lorsqu’il est dit dans la sainte Écriture « Tournez- vous vers moi et moi je me tournerai vers vous » [Za 1, 3], notre liberté nous est rappelée ; lorsque nous répondons « Tourne-nous vers toi, Seigneur, et nous nous convertirons » [Lm 5, 21], nous reconnaissons que la grâce de Dieu nous prévient».

Concile de Trente, 6ème sess., ch. 16, Canon 1 sur la justification, 13 janv. 1547 ex cathedra : «Si quelqu’un dit que l’homme peut être justifié devant Dieu par ses œuvres – que celles-ci soient accomplies par les forces de la nature humaine ou par l’enseignement de la loi – sans la grâce divine venant par Jésus Christ : qu’il soit anathème [cf Ench. Symb. Denz. 1521]».

Concile de Trente, 6ème sess., ch. 16, Canon 2 sur la justification, 13 janv. 1547 ex cathedra : «Si quelqu’un dit que la grâce divine venant par Jésus Christ n’est donnée que pour que l’homme puisse plus facilement vivre dans la justice et mériter la vie éternelle, comme si, par le libre arbitre et sans la grâce, il pouvait parvenir à l’une et à l’autre chose, toutefois péniblement et difficilement : qu’il soit anathème [cf Ench. Symb. Denz. 1524 s.]».

Concile de Trente, 6ème sess., ch. 16, Canon 3 sur la justification, 13 janv. 1547 ex cathedra : «Si quelqu’un dit que, sans l’inspiration prévenante du Saint-Esprit et sans son aide, l’homme peut croire, espérer et aimer, ou se repentir, comme il le faut, pour que lui soit accordée la grâce de la justification : qu’il soit anathème [cf Ench. Symb. Denz. 1525]».

Concile de Trente, 6ème sess., ch. 16, Canon 4 sur la justification, 13 janv. 1547 ex cathedra : «Si quelqu’un dit que le libre arbitre de l’homme, mû et poussé par Dieu, ne coopère en rien quand il acquiesce à Dieu, qui le pousse et l’appelle à se disposer et préparer à obtenir la grâce de la justification, et qu’il ne peut refuser d’acquiescer, s’il le veut, mais que tel un être inanimé il ne fait absolument rien et se comporte purement passivement: qu’il soit anathème [cf Ench. Symb. Denz. 1525]».

Hérésie du Rationalisme

Le Rationalisme est l’hérésie qui découle de l’hérésie Pélagienne qui place le rôle de la nature à égal avec celui de la grâce divine. Le Rationalisme est l’hérésie condamnée par l’Église qui consiste à mettre la foi et la raison sur un plan d’égalité ou même que la raison peut se passer de la foi pour la connaissance de Dieu (non pas dans la connaissance de l’existence de Dieu prouvée par la seule raison). Le Rationalisme est aussi un Naturalisme.

Pape Grégoire XVI, Mirari vos arbitramur, 15 août 1832, rationalisme« Entourez en premier lieu de votre affection paternelle ceux qui appliquent surtout leur esprit aux disciplines sacrées et aux questions philosophiques exhortez et conseillez-les pour qu’ils ne dérivent pas de façon imprudente du chemin de la vérité vers la voie des impies en se fiant aux seules forces de leur esprit. Qu’ils se souviennent que Dieu guide la sagesse et qu’il dirige les sages [Sg 7, 15] et qu’il est impossible d’apprendre Dieu sans Dieu qui par le Verbe enseigne aux hommes à connaître Dieu ».

Pape Pie IX, Qui PluribusL’erreur du rationalisme, 9 nov. 1846 : « Vous savez que les ennemis du nom chrétien enseignent que les mystères très saints de notre religion sont des imaginations et des inventions des hommes, et que la doctrine de l’Église catholique s’oppose au bien et aux intérêts de la société humaine, et qu’ils ne craignent pas même de renier le Christ et Dieu. Et pour mieux tromper les peuples, et pour abuser ceux surtout qui sont imprudents et sans expérience, et pour les entraîner avec eux dans l’erreur ils prétendent qu’eux seuls connaissent les voies du bonheur et ils n’hésitent pas à s’arroger le titre de philosophes, comme si la philosophie, dont le propre est de rechercher la nature de la vérité, devait rejeter ce que Dieu lui-même, l’auteur suprême et très clément de toute la nature, a daigné manifester aux hommes dans sa bonté et sa miséricorde insignes, pour qu’ils obtiennent la vraie félicité et le salut. Par une argumentation déplacée et des plus fallacieuses, ils ne cessent d’en appeler à la force et à l’excellence de la raison humaine, de l’exalter contre la très sainte foi du Christ, et ils vont répétant avec une extrême audace que celle-ci s’oppose à la raison humaine. On ne peut rien imaginer ni penser de plus fou, de plus impie, de plus contraire à la raison elle-même. Car, même si la foi est au-dessus de la raison, il ne peut jamais exister entre elles aucun dissentiment réel, aucune discorde, puisque toutes deux découlent d’une seule et même source de vérité immuable et éternelle, Dieu très bon et très grand, et qu’elles s’aident mutuellement, en sorte que la raison droite démontre, protège, défend la vérité de la foi, tandis que la foi libère la raison de toute erreur et, par la connaissance qu’elle a des choses divines, elle l’éclaire, la confirme et la parfait magnifiquement ».

Pape Pie IX, Syllabus des erreurs, 1864, Rationalisme absolu : «3. La raison humaine, considérée sans aucun rapport à Dieu, est l’unique arbitre du vrai et du faux, du bien et du mal : elle est à elle-même sa loi, elle suffit par ses forces naturelles à procurer le bien des hommes et des peuples» Condamné (Allocution consistoriale Maxima quidem, 9 juin 1862)

Pape Pie IX, Syllabus des erreurs, 1864, Rationalisme absolu : «4. Toutes les vérités de la religion découlent de la force native de la raison humaine ; d’où il suit que la raison est la règle souveraine d’après laquelle l’homme peut et doit acquérir la connaissance de toutes les vérités de toute espèce» Condamné (Encyclique Qui pluribus, 9 novembre 1846 ; Lettre Singulari quidem aux évêques d’Autriche, 17 mars 1856 ; Allocution consistoriale Maxima quidem, 9 juin 1862).

Pape Pie IX, Syllabus des erreurs, 1864, Rationalisme absolu : «5. La révélation divine est imparfaite, et par conséquent sujette à un progrès continuel et indéfini correspondant au développement de la raison humaine» Condamné (Encyclique Qui pluribus, 9 novembre 1846 ; Allocution consistoriale Maxima quidem, 9 juin 1862).

Pape Pie IX, Syllabus des erreurs, 1864, Rationalisme absolu : «6. La foi du Christ est en opposition avec la raison humaine, et la révélation divine non seulement ne sert de rien, mais encore elle nuit à la perfection de l’homme» Condamné (Encyclique Qui pluribus, 9 novembre 1846 ; Allocution consistoriale Maxima quidem, 9 juin 1862).

Pape Pie IX, Syllabus des erreurs, 1864, Rationalisme absolu : «7. Les prophéties et les miracles racontés dans les saintes Écritures sont des fictions poétiques, et les mystères de la foi chrétienne sont le résumé d’investigations philosophiques ; dans les livres des deux Testaments sont contenues des inventions mythiques, et Jésus-Christ lui-même est un mythe» Condamné (Encyclique Qui pluribus, 9 novembre 1846 ; Allocution consistoriale Maxima quidem, 9 juin 1862).

Concile Vatican I, 3ème sess., chap. 4, 1870, ex cathedra : « Lorsque la raison, éclairée par la foi, cherche avec soin, piété et modération, elle arrive par le don de Dieu à une certaine intelligence très fructueuse des mystères… Mais bien que la foi soit au-dessus de la raison, il ne peut jamais y avoir de vrai désaccord entre la foi et la raison, étant donné que c’est le même Dieu qui révèle les mystères et communique la foi… tous les chrétiens fermes dans leur foi non seulement n’ont pas le droit de défendre comme de légitimes conclusions de la science les opinions connues contraires à la foi, surtout si elles ont été réprouvées par l’Église, mais ils sont strictement tenus de les considérer plutôt comme des erreurs parées de quelque trompeuse apparence de vérité. …la foi et la raison ne peuvent jamais être en désaccord, mais encore elles s’aident mutuellement. La droite raison démontre les fondements de la foi, et, éclairée par la lumière de celle-ci, elle s’adonne à la science des choses divines. Quant à la foi, elle libère et protège la raison des erreurs et lui fournit de multiples connaissances ».

Pape Léon XIII, Satis Cognitum, n° 9, 29 juin 1896 :  … ceux qui ne prennent de la doctrine chrétienne que ce qu’ils veulent, s’appuient sur leur propre jugement et non sur la foi ; et, refusant de « réduire en servitude toute intelligence sous l’obéissance du Christ » (II Corinth. 10, 5), ils obéissent en réalité à eux-mêmes plutôt qu’à Dieu».

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En résumé, l’hérésie du rationalisme absolu dit que la raison n’est pas soumise au Saint-Esprit.

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Hérésie du Rationalisme modéré

Le Rationalisme modéré est la même hérésie du Rationalisme, mais avec une part plus importante de la foi par rapport à la raison (mais la raison garde une part propre sans la foi).

Pape Pie IX, Syllabus des erreurs, 1864, Rationalisme modéré : «8. Comme la raison humaine est égale à la religion elle-même, les sciences théologiques doivent être traitées comme les sciences philosophiques» Condamné (Allocution Singulari quadam, 9 décembre 1854).

Pape Pie IX, Syllabus des erreurs, 1864, Rationalisme modéré : «9. Tous les dogmes de la religion chrétienne sans distinction sont l’objet de la science naturelle ou philosophie ; et la raison humaine n’ayant qu’une culture historique, peut, d’après ses principes et ses forces naturelles, parvenir à une vraie connaissance de tous les dogmes, même les plus cachés, pourvu que ces dogmes aient été proposés à la raison comme objet» Condamné  (Lettre apostolique Gravissimas inter à l’archevêque de Munich-Frisingue, 11 déc. 1862 ; Lettre apostolique Tuas libenter à l’archevêque de Munich-Frisingue, 21 déc. 1863).

Pape Pie IX, Syllabus des erreurs, 1864, Rationalisme modéré : «10. Comme autre chose est le philosophe et autre chose la philosophie, celui-là a le droit et le devoir de se soumettre à une autorité dont il s’est démontré à lui-même la réalité ; mais la philosophie ne peut ni ne doit se soumettre à aucune autorité» Condamné (Lettre apostolique Gravissimas inter à l’archevêque de Munich-Frisingue, 11 déc. 1862 ; Lettre apostolique Tuas libenter à l’archevêque de Munich-Frisingue, 21 déc. 1863).

Pape Pie IX, Syllabus des erreurs, 1864, Rationalisme modéré : «11. L’Église non seulement ne doit, dans aucun cas, sévir contre la philosophie, mais elle doit tolérer les erreurs de la philosophie et lui abandonner le soin de se corriger elle-même» Condamné (Lettre apostolique Gravissimas inter à l’archevêque de Munich-Frisingue, 11 déc. 1862).

Pape Pie IX, Syllabus des erreurs, 1864, Rationalisme modéré : «12. Les décrets du Siège apostolique et des Congrégations romaines empêchent le libre progrès de la science» Condamné (Lettre apostolique Tuas libenter à l’archevêque de Munich-Frisingue, 21 déc. 1863).

Pape Pie IX, Syllabus des erreurs, 1864, Rationalisme modéré : «13. La méthode et les principes d’après lesquels les anciens docteurs scolastiques ont cultivé la théologie ne sont plus en rapport avec les nécessités de notre temps et les progrès des sciences» Condamné (Lettre apostolique Tuas libenter à l’archevêque de Munich-Frisingue, 21 déc. 1863).

Pape Pie IX, Syllabus des erreurs, 1864, Rationalisme modéré : «14. On doit s’occuper de philosophie sans tenir aucun compte de la révélation surnaturelle» Condamné (Lettre apostolique Tuas libenter à l’archevêque de Munich-Frisingue, 21 déc. 1863).

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En résumé, l’hérésie du rationalisme modéré dit que la raison peut ne pas être soumise au Saint-Esprit.

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Hérésie de collégialité

L’hérésie de collégialité (qu’on pourrait appeler Collégialisme) est une hérésie Pélagienne, qui consiste à conférer au collège des évêques un rôle infaillible égal à celui du pape, et où la fonction des évêques (pas infaillibles) est également infaillible en collège avec le pape. 

L’hérésie de collégialité des évêques nie indirectement la primauté du pape et directement l’infaillibilité papale. Cette hérésie se retrouve dans le Conciliarisme, le Gallicanisme, etc., et dans la secte vatican 2 aujourd’hui. Cette même hérésie de collégialité, mais en plus subtile, est fréquente chez les faux traditionalistes hérétiques sous forme d’hérésie semi-Pélagienne qu’on pourrait nommer semi-collégialisme, et où le collège des évêques serait seulement en partie infaillible avec le pape. 

Cette hérésie du Collégialisme et semi-Collégialisme est le fondement de l’hérésie semi-pélagienne de faux magistère ordinaire (voir Hérésies actuellesdes hérétiques traditionalistes actuels.

 

Hérésie semi-pélagienne de faux magistère ordinaire

Tout enseignement universel et constant dans l’Église a pour fondement le Magistère. Seul le Magistère est infaillible, pas les consentements unanimes des hommes : c’est cela l’hérésie subtile semi-pélagienne de faux magistère ordinaire. Cette hérésie inverse les rôles et confond une totalité humaine avec le Saint-Esprit. Qui est comme Dieu ?

C’est le Magistère ordinaire qui, par le Saint-Esprit, est le fondement infaillible du consentement unanime des pères : Le consentement unanime des pères fait partie du Magistère ordinaire et non l’inverse. Le consentement unanime des pères fait partie de l’enseignement universel et constant de l’Église.

Cette hérésie est à la base des hérésies actuelles des hérétiques faux traditionalistes qui servent le diable et tentent de poser une certaine égalité entre des enseignements faillibles de l’homme et ceux infaillibles de Dieu ou masquer des enseignements infaillibles par des faillibles (ou à tenter de faire carrément passer subtilement, tel le serpent, les enseignements infaillibles après les faillibles), quand tout ce qui est faillible n’a absolument aucun poids devant l’infaillible sur quoi repose la vraie foi.

Bien que les apostats, hérétiques et schismatiques paraissent connaître le Magistère de l’Église, ils interprètent les Écritures et le Magistère en dehors de l’Église : en dehors de la règle de l’Église, de la règle de la foi, de la Tradition de l’Église, et de la discipline universelle de l’Église (loi ecclésiastique appliquant la loi divine). Ils font cela parce qu’ils ne sont pas catholiques et ne comprennent donc pas la foi catholique. Tous interprètent les Écritures hors de l’Église (comme le font les protestants) et le Magistère de l’Église, en dehors de l’Église, en dehors de la règle de l’Église, de la règle de la foi, de la Tradition de l’Église, et de la discipline universelle. C’est une abomination car l’Église catholique est infailliblement conduite par le Saint-Esprit dans son Magistère.

Le pape est seul infaillible (dans les conditions de l’infaillibilité), pas les évêques.

Pape Léon XIII, Satis cognitum, 29 juin 1896 : « Celui qui a établi Pierre comme fondement de l’Église a aussi “choisi douze de ses disciples auxquels Il a donné le nom d’Apôtres” (Luc 6, 13). De même que l’autorité de Pierre est nécessairement permanente et perpétuelle dans le Pontife romain, ainsi les évêques, en leur qualité de successeurs des Apôtres, sont les héritiers du pouvoir ordinaire des Apôtres, de telle sorte que l’ordre épiscopal fait nécessairement partie de la constitution intime de l’Église. Et quoique l’autorité des évêques ne soit ni pleine, ni universelle, ni souveraine, on ne doit pas cependant les regarder comme de simples vicaires des Pontifes romains, car ils possèdent une autorité qui leur est propre, et ils portent en toute vérité le nom de prélats ordinaires des peuples qu’ils gouvernent. … Mais le pouvoir du souverain pontife est suprême, universel et de plein droit ; celui des évêques en revanche est circonscrit par des limites précises et n’est pas de plein droit ».

Dire que l’infaillibilité dépend du corps entier des évêques est une hérésie semi-pélagienne d’un faux magistère où l’homme ou la nature prend la place de la grâce. Cette hérésie subtile qui nie le dogme de l’infaillibilité connue sous le nom d’hérésie du faux magistère ordinaire de Vacant (Le Magistère ordinaire de l’Église et ses organes, Vacant, Delhomme et Briguet, 1887) fut très répandue au 19ème siècle. On la retrouve chez Mgr F.-L.-M. Maupied (Le Syllabus et l’Encyclique Quanta Cura du 8 décembre 1864 : Commentaire théologique, canonique, historique, philosophique et politique, et réfutation des erreurs qu’il condamne), ainsi que chez Mgr Gaume (Catéchisme du Syllabus), Mgr Luigi Filippi, archevêque d’Aquila (Le Triomphe de l’Eglise au Concile du Vatican), dans les écrits de Mgr de Segur, etc.

Au 19ème siècle, beaucoup d’évêques adhéraient déjà à cette hérésie (et d’autres comme l’âme de l’Église sans le Corps, baptême de désir/sang, salut pour l’ignorant invincible, etc.). Cette hérésie du faux magistère ordinaire qui considère le Pape infaillible avec les Évêques ou pas sans les évêques ou les évêques infaillibles eux-mêmes, se retrouve aujourd’hui chez de nombreux hérétiques faux traditionalistes. Cette hérésie est un reliquat, en partie, de l’hérésie du conciliarisme (infaillibilité papale dépendante des conciles) dans le gallicanisme, etc.

Pape Pie IX, Concile Vatican I, 1870, Session 4, Chap. 4 : « … lorsque le pontife romain parle ex cathedra, c’est-à-dire lorsque, remplissant sa charge de pasteur et de docteur de tous les chrétiens, il définit, en vertu de sa suprême autorité apostolique, qu’une doctrine en matière de foi ou de morale doit être tenue par toute l’Église, il jouit, en vertu de l’assistance divine qui lui a été promise en la personne de saint Pierre, de cette infaillibilité dont le divin Rédempteur a voulu que soit pourvue son Église lorsqu’elle définit la doctrine sur la foi ou la morale ; par conséquent, ces définitions du pontife romain sont irréformables par elles-mêmes et non en vertu du consentement de l’Église ».

Concile du Vatican, 3ème session, chapitre 3, 1870 : «Ajoutons qu’on doit croire de foi divine et catholique tout ce qui est contenu dans la Parole de Dieu, écrite ou transmise par la Tradition, et que l’Église propose à croire comme divinement révélé, soit par un jugement solennel, soit par son magistère ordinaire et universel».

De qui dépend l’infaillibilité du Magistère ordinaire : De Dieu qui fait les vrais papes. Quand un pape dit ou écrit (ou un décret qu’il approuve) qu’un enseignement fait partie de  la Révélation ou est condamné comme contraire à la Révélation, cela doit être cru de foi divine et catholique, c’est-à-dire que le « Magistère déclare que telle ou telle vérité fait partie de l’ensemble de la doctrine révélée » :

Pape Léon XIII, Satis cognitum, 29 juin 1896 : « Toutes les fois donc que la parole de ce Magistère déclare que telle ou telle vérité fait partie de l’ensemble de la doctrine révélée, chacun doit croire avec certitude que cela est vrai ».

Pape Pie IX, Tuas libenter, 21 déc. 1863 : « …ce que le magistère ordinaire de toute l’Église répandue dans l’univers transmet comme divinement révélé et, par conséquent, qui est retenu d’un consensus universel et constant par les théologiens catholiques, comme appartenant à la foi ».

Un évêque qui reprendrait un dogme ou une vérité révélée (Magistère infaillible) n’est pas infaillible, c’est le dogme ou la vérité de foi qui est infaillible conséquemment à une définition infaillible d’un pape (quand les conditions d’infaillibilité sont réunies) ou conséquemment à l’enseignement universel (tous) et constant (toujours) de l’Église, des papes, des pères d’abord et puis seulement ensuite des théologiens. Le travail de l’évêque est de garder le dépôt de la foi qui lui est infaillible ; l’évêque ne définit rien d’infaillible ou de révélé, seul l’évêque de Rome qui est le Pape a la primauté seul sur tous les évêques du monde et jouit seul de l’infaillibilité dans le Magistère extraordinaire et ordinaire.

Le Concile de Vienne enseigne infailliblement que seul le Pape peut définir le Magistère (Décrets 360).

Pape Grégoire XVI, Mirari vos, 15 août 1832 : « Que tous s’en souviennent : le jugement sur la saine doctrine dont on doit nourrir le peuplele gouvernement et l’administration de l’Église entière appartiennent au Pontife romain, « à qui a été confié, par Notre-Seigneur Jésus-Christ », comme l’ont si clairement déclaré les Pères du concile de Florence,  » le plein pouvoir de paître, de régir et de gouverner l’Église universelle » (Conc. Flor. sess. XXV, in definit. apud Labb. tom XVIII, col. 528. edit. Venet.).

Pape Pie XI, Mortalium Animos, (01/06/1928) [Magistère] : « le magistère de l’Église– lequel, suivant le plan divin, a été établi ici-bas pour que les vérités révélées subsistent perpétuellement intactes et qu’elles soient transmises facilement et sûrement [Tradition] à la connaissance des hommes … cet usage extraordinaire du magistère n’introduit aucune nouveauté à la somme des vérités qui sont contenues, au moins implicitement, dans le dépôt de la Révélation confié par Dieu à l’Église ; mais ou bien il rend manifeste ce qui jusque là pouvait peut-être paraître obscur à plusieurs, ou bien il prescrit de regarder comme de foi ce que, auparavant, certains mettaient en discussion».

Pape Pie XII, Humani generis, n° 21, 12 août 1950 : «Ce dépôt de la foi dont notre divin Rédempteur a donné une interprétation authentique, non à chacun des fidèles, ni même aux théologiensmais seulement à l’autorité d’enseignement de l’Église [Magistère]».

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En résumé, l’hérésie semi-pélagienne de faux magistère ordinaire dit que le faillible est infaillible.

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Ce qu’est le vrai Magistère ordinaire :

En plus des proclamations des papes faites depuis la Chaire de Pierre — les ex cathedra — un
catholique doit aussi croire ce qui est enseigné comme divinement révélé par l’Église catholique
dans son Magistère Ordinaire et Universel (Magistère = autorité enseignante de l’Église).

Pape Pie IX, Vatican I, Srss. 3, ch. 3, ex cathedra : « Ajoutons qu’on doit croire de foi divine et catholique tout ce qui est contenu dans la Parole de Dieu, écrite ou transmise par la Tradition, et que l’Église propose à croire comme divinement révélé, soit par un jugement solennel, soit par son magistère ordinaire et universel ». [22]

L’enseignement du Magistère Ordinaire et Universel se compose des doctrines que les papes,
dans leur enseignement commun et universel, proposent de croire comme divinement révélées.
Par exemple, dans leur enseignement commun et universel, près de dix papes ont dénoncé le
concept hérétique de la liberté de conscience et de culte comme contraire à la révélation. Un
ca-tholique ne peut pas rejeter cet enseignement. Bien sûr, l’enseignement du Magistère
Ordinaire et Universel ne peut jamais contredire l’enseignement de la Chaire de Pierre (les
définitions dog-matiques), puisque les deux sont infaillibles. Donc, le Magistère Ordinaire et
Universel n’a pas vraiment besoin d’être pris en compte en ce qui concerne Hors de l’Église pas
de salut, parce que ce dogme a été défini depuis la Chaire de Pierre et que rien dans le
Magistère Ordinaire et Uni-versel ne peut contredire la Chaire de Pierre. Donc, faites
attention à ces hérétiques qui tentent de trouver des moyens pour nier l’enseignement
dogmatique de l’Église sur Hors de l’Église pas de salut, en disant que des déclarations
faillibles et non-magistérielles contredisant ce dogme font partie du « Magistère ordinaire et
universel ; » alors que non. C’est un stratagème malicieux employé par les hérétiques.

Mais, comme vous allez le voir, les citations suivantes de nombreux papes sont des réaffirmations du dogme Hors de l’Église pas de salut. Ces enseignements des papes font partie du Magistère Ordinaire et Universel — et sont par conséquent infaillibles — car ils réitèrent l’enseignement universel de la Chaire de saint Pierre sur le dogme catholique Hors de l’Église pas de salut.

Pape St Grégoire le Grand, Cit. Summo iugiter studio, 590-604 : « La sainte
Église universelle enseigne qu’il n’est pas possible d’adorer vraiment Dieu sauf en
elle, et affirme que tous ceux qui sont en dehors d’elle ne seront pas sauvés ».
[23]

Pape Innocent III, Eius exemplo, 18 déc. 1208 : « Nous croyons de notre cœur et
confessons de notre bouche une seule Église, non celle des hérétiques, mais la sainte
Église romaine, catholique, apostolique, en dehors de laquelle nous croyons que personne n’est sauvé ».
[24]

Pape Clément VI, Super quibusdam, 20 sep. 1351 : « Nous demandons si vous
croyez, toi et les Arméniens qui t’obéissent, qu’aucun homme dans la condition de
pè-lerin ne peut être sauvé à la fin en dehors de cette Église et l’obéissance aux
pontifes romains ». [25]

Pape St. Pie V, Bulle excommuniant la reine hérétique Elizabeth d’Angleterre, 25 fév.
1570 : « La souveraine juridiction de l’Église catholique, une, sainte et apostolique,
en dehors de laquelle il n’y a pas de salut, a été conférée par Lui [Jésus Christ], à
Qui est donné tout pouvoir au ciel et sur terre, le Roi qui règne en haut, à une seule
personne sur terre, à Pierre, prince des Apôtres… Si quelqu’un venait à contrevenir
à Notre décret, Nous le lions au même lien d’anathème ». [26]

Pape Léon XII, Ubi primum, 5 mai 1824 : « Il est impossible au Dieu véritable
— la Vérité même, le meilleur, le plus sage Dispensateur, et le Rémunérateur des
hommes bons — d’approuver toutes les sectes qui professent de faux enseignements souvent incompatibles et contradictoires entre eux, et de conférer à leurs membres des récompenses éternelles… par foi divine nous tenons un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême… C’est pourquoi nous professons qu’il n’y a
pas de salut en dehors de l’Église ». [27]

Pape Léon XII, Quod hoc ineunte, 24 mai 1824 : « Nous nous adressons à chacun
d’entre vous qui êtes encore séparés de la véritable Église et du chemin du
salut. Dans cette joie universelle, une chose manque : qu’appelés par l’inspiration
de l’Esprit Céleste et qu’ayant brisé tous les pièges décisifs, vous puissiez être
sincère-ment d’accord avec la Mère l’Église, où il n’y a pas de salut en dehors de ses
enseignements ». [28]

Pape Grégoire XVI, Mirari vos, 15 août 1832 : « L’Apôtre nous en avertit : “Il n’y a
qu’un Dieu, qu’une foi, qu’un baptême” (Éph. 4, 5) ; qu’ils tremblent donc ceux qui s’imaginent que toute religion conduit par une voie facile au port de la félicité ; qu’ils réfléchissent sérieusement sur le témoignage du Sauveur lui-même : “qu’ils sont contre le Christ dès lors qu’ils ne sont pas avec le Christ” (Luc 11, 23) ; qu’ils dissipent misérablement par là même qu’ils n’amassent point avec lui, et que par conséquent, “ils périront éternellement, sans aucun doute, s’ils ne gardent pas la foi catholique et s’ils ne la conservent entière et sans altération” (Credo Athanasien) ». [29]

Pape Grégoire XVI, 27 mai 1832 : « Enfin, certains de ces égarés tentent de se
persuader à eux-mêmes ainsi qu’à d’autres, que les hommes ne sont pas sauvés uniquement dans la religion catholique, mais que même les hérétiques peuvent atteindre la vie éternelle ». [30]

Pape Pie IX, Ubi primum, 17 juin 1847 : « Car “il n’existe en effet qu’une seule
Église universelle incluant réguliers et séculiers, prélats et sujets, exempts et non
exempts, hors de laquelle personne n’est sauvé, et pour tous il n’existe qu’un seul Seigneur, une seule foi et un seul baptême” ». [31]

Pape Pie IX, Nostis et nobiscum, 8 déc. 1849 : « Il faut veiller spécialement à ce que
les fidèles eux-mêmes aient profondément gravé dans l’esprit le dogme de notre sainte religion sur la nécessité de la foi catholique pour obtenir le salut [Cette doctrine reçue du Christ et soulignée par les Pères et les Conciles est également contenue dans la formule de la profession de foi utilisée par les catholiques latins, grecs et orientaux] ». [32]

Pape Pie IX, Syllabus des Erreurs Modernes, 8 déc. 1864, n° 16 : « Les hommes
peuvent trouver le chemin du salut éternel et obtenir le salut éternel dans
n’importe quelle religion ». — Condamné [33]

Pape Léon XIII, Tametsi futura prospicientibus, 1er nov. 1900 : « … si pour l’homme
le Christ est la voie, l’Église l’est aussi… Par conséquent, tous ceux qui veulent
arriver au salut en dehors de l’Église se trompent de route et font de vains efforts ». [34]

Pape St Pie X, Jucunda sane, 12 mars 1904 : « En attendant, est-il de Notre devoir de rappeler à tous, grands et petits, comme autrefois le fit le saint Pontife Grégoire, la nécessité absolue où nous sommes de recourir à cette Église pour faire notre salut éternel ». [35]

Pape St Pie X, Editae saepe, 26 mai 1910 : « L’Église seule possède avec son magistère le pouvoir de gouverner et de sanctifier la société humaine. À travers ses ministres et serviteurs (chacun dans son poste et sa fonction), elle confère à l’humanité les moyens de salut appropriés et nécessaires ». [36]

Pape Pie XI, Mortalium animos, 6 jan. 1928 : « Seule… l’Église catholique est celle qui garde le vrai culte. Elle est la source de vérité, la demeure de la foi, le temple de Dieu ; qui n’y entre pas ou qui en sort, se prive de tout espoir de vie et de salut ». [37]

Voir Hors de l’Église Catholique il n’y a absolument pas de salut – Chapitre 4, Autres papes à propos de Hors de l’Église pas de salut

Voir aussi :