Impureté, péché sexuel, pornographie, fornication, masturbation, sexe oral et anal, etc.

Sommaire

  • Introduction
  • La luxure
  • Péchés sexuels
  • La concupiscence, inclination au mal
    • La triple concupiscence de la chair, des yeux, et de la vie
      • 1° La concupiscence des yeux et la sagesse terrestre du monde entraîne à la concupiscence de la chair
      • 2° La concupiscence de la chair et la sagesse animale entraîne à la concupiscence de la vie et à la sagesse diabolique
      • 3° Concupiscence de la vie et sagesse diabolique
  • L’état de mariage et l’apaisement de la concupiscence
  • Remèdes à l’impureté
    • La chasteté

 

 

Introduction

Matthieu 18, 8-9 : «Si donc ta main ou ton pied te scandalise, coupe-le, et jette-le loin de toi ; il vaut mieux pour toi entrer dans la vie, privé d’une main ou d’un pied, que d’être jeté, ayant deux mains ou deux pieds, dans le feu éternel. Et si ton œil te scandalise, arrache-le et le jette loin de toi ; il vaut mieux pour toi entrer dans la vie avec un seul œil, que d’être jeté ayant deux yeux dans la géhenne du feu».

Cela signifie que vous devez retrancher le péché par la pénitence (et la confession) et en évitant l’occasion prochaine (directe, immédiate) de péché.

Jacinta Marto (11 mars 1910-20 fev. 1920), voyante de Fatima, entre décembre 1919 et février 1920 :

  • «… Si les hommes savaient ce qu’est l’éternité, ils feraient tout en leur pouvoir pour changer leur vie».
  • «Fuyez la richesse et le luxe, aimer l’amour de la pauvreté et le silence…».
  • «Les âmes vont en enfer plus à cause des péchés de la chair que pour toute autre raison». [1]
  • «Certaines modes seront introduites qui offenseront beaucoup Notre Seigneur». «Malheur aux femmes manquant de modestie». [2]
  • «La Mère de Dieu veut plus d’âmes vierges liés par le vœu de chasteté».
  • «La confession est un sacrement de la miséricorde et nous devons nous confesser avec joie et confiance».
  • «Beaucoup de mariages ne sont pas de Dieu et ne plaisent pas à Notre Seigneur».

[1] «Les âmes vont en enfer plus à cause des péchés de la chair que pour toute autre raison». Sœur Lucie de Fatima a aussi dit ceci en se référant principalement aux péchés contre la chasteté, également appelés péchés d’impureté. La raison de cette déclaration n’est pas parce que les péchés contre la chasteté sont les péchés les plus graves, mais les plus communs, et à cause de la conscience et de la honte. Pourquoi ? En raison de la conscience et de la honte, les péchés d’impureté sont moins susceptibles d’être repentis et d’être avoués que les autres péchés. Pourquoi ? 1° parce qu’il y a un plus grand sentiment de honte au moment de commettre certains actes impurs et donc une plus grande difficulté à les confesser dans le sacrement de la confession, ou même d’en être repentant dans son cœur ; 2° le plaisir vénérien émousse la conscience et augmente la cécité d’esprit d’une personne concernant les questions spirituelles et morales.

Saint Alphonse, œuvres complètes, œuvr. ascétiques, vol. 15, p. 546 : «Celui qui a offensé Dieu par le péché mortel n’a pas d’autre remède pour empêcher sa damnation que la confession de son péché. Mais si je suis désolé pour le péché dans mon cœur ? Si je fais pénitence pendant toute ma vie ? Si je vais dans le désert et vivre dans les herbes sauvages, et dormir sur le sol ? Vous pouvez le faire autant qu’il vous plaît, mais si vous ne confessez pas tout péché mortel dont vous vous souvenez, vous ne pouvez pas obtenir le pardon … Maudite honte ; Combien y a-t -il de pauvres âmes envoyées en enfer disait Sainte Thérèse encore et encore aux prédicateurs : Prêchez, ô mes prêtres, prêchez contre les mauvaises confessions ; car c’est à cause de mauvaises confessions que la plupart des chrétiens sont damnés».

Le sixième commandement, relatif à la chasteté et à la pureté, a toujours été considéré comme «le commandement difficile» par de nombreuses personnes dans le monde. Aujourd’hui, avec la pornographie partout et les femmes et filles habillées plus impudiques que jamais, pour beaucoup, il peut en effet sembler être «le commandement impossible». Cependant, Jésus nous assure : «Ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu» (Luc 18, 27). Tous ceux qui invoquent la Bienheureuse Vierge Marie pour les aider à surmonter les péchés d’impureté recevront la grâce de le faire, comme elle l’a révélé à sainte Brigitte de Suède et à d’autres saints. Mais ceux qui cherchent à vivre une vie chaste savent par expérience, que quand les péchés d’impureté sont humblement repentis et confessés, qu’un grand fardeau est retiré de la conscience, et ils font l’expérience de la paix de l’âme que le monde et l’indulgence charnelle ne peuvent pas donner.

[2] Jacinta, avant sa mort, a dit que Notre-Dame lui avait dit que certains modes seraient introduites et offenseraient  grandement Notre-Seigneur, qui avait dit dans l’Évangile, «Celui qui regarde une femme pour la convoiter a déjà commis l’adultère avec elle dans son cœur» (Matthieu 5, 28).

Saint Jean Chrysostome, père de l’Église, instruisant les femmes sur la tenue vestimentaire, 4ème siècle : «Vous portez votre piège partout et étalez vos filets en tous lieux. Vous alléguez que vous n’avez jamais invité d’autres à pécher. Vous ne l’avez pas fait, en effet, par vos paroles, mais vous l’avez fait par votre robe et votre tenue. … Quand vous avez fait un autre péché dans votre cœur, comment pouvez-vous être innocentes ? Dites-moi, qu’est-ce que ce monde condamne-t-il ? Que punissent les juges ? Ceux qui boivent le poison ou ceux qui le préparent et administrent la potion fatale ? Vous avez préparé la coupe abominable, vous avez donné la mort en face à boire, et vous êtes plus criminelles que sont ceux qui empoisonnent le corps, vous n’assassinez pas le corps, mais l’âme. Et ce n’est pas à des ennemis que vous faites ceci, vous n’êtes poussées non plus par aucune nécessité imaginaire, ni provoquées par une blessure, mais par vanité idiote et fierté [orgueil] insensée».

 

La luxure

La luxure est un des sept péchés capitaux (têtes ou chefs des péchés), c’est un désir immodéré pour les plaisirs du corps. Sa vertu contraire est la chasteté. La gourmandise entraine à la luxure, ainsi que la paresse. La gourmandise est un désir immodéré de consommer plus de ce que l’on exige dont la vertu contraire est la tempérance. La paresse est l’évitement de travail physique ou spirituel, dont la vertu contraire est la diligence.

Grand catéchisme de St Pierre Canisius, Docteur de l’Église :

 

Péchés sexuels

Le péché est une violation de la loi divine (La loi naturelle gravée dans le cœur de tous les hommes est un reflet de la loi divine ; La loi surnaturelle est la loi de la grâce surnaturelle incluant aussi nécessairement la loi naturelle).

Abominations pour Dieu
Une abomination est quelque chose que Dieu méprise et pour quoi Il n’a aucun respect.
  • Acte sexuel entre personnes de la même famille ou par alliance, inceste (Lévitique 18, 1-16 ; 20, 17-21)
  • Homosexualité (Lévitique 18, 22 ; 20, 13 ; Romains 1, 27)
  • Lesbianisme (Romains 1, 26)
  • Acte sexuel avec une bête (Lévitique 18, 23 ;20, 15-16)

Péchés qui crient vengeance au ciel

  • Péché de Sodome (Genèse 18)

Pécheurs qui n’hériteront pas le royaume de Dieu

  • Fornicateurs (Acte sexuel entre non mariés) (I Cor. 6, 9-10)
  • Adultères (Acte sexuel d’un ou de deux mariés hors du mariage) (I Corinthiens 6, 9)
  • Impudiques (Galates 5, 19, 21 ; Apocalypse 22, 15)
  • Idolâtres (I Cor. 6, 9-10 ;Apocalypse 22, 15)
  • Efféminés (I Cor. 6, 9-10)
  • Abominables (I Cor. 6, 9-10)
  • Ceux qui scandalisent les enfants (Mt 18, 6 ; St Alphonse, œuvres ascétiques, vol. 14, sermons)
  • Ceux par qui arrive le scandale [occasion de péché et cause de chute des autres] (Mt 18, 7 ; Lc 17, 1-2)
  • Vêtements impudiques, vanité, maquillage, etc. (La finalité de l’impudicité est la luxure) (1 Pierre 3, 1-5 ; 1 Timothée 2, 9-10 ; Constitutions apostoliques des Saints Apôtres, 375 ; Saint Clément d’Alexandrie, Père de l’Église, sur les vêtements, L’instructeur ou Le Pédagogue, L. II, ch. 2 et 11, L. III, ch. 5 ; Saint Ambroise de Milan, père de l’Église, En ce qui concerne les vierges, L.  III, ch. 6 ; Sur les vêtements impudiques, L 2, art. 12 ; Saint Cyprien de Carthage, Père de l’Église, Traité  II, sur l’habit des Vierges, Section 19, 21 ; De la discipline et l’avantage de la chasteté, article 12 ; Révélations de Ste Brigitte, L. 4, ch. 51 ; L. 7 ch. 7 et 16 ; St Thomas, Somme IIa IIae, Q. 169, art. 2 ; Livre de la consolation divine de la bienheureuse Angèle de Foligno, 6e Consolation de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ, p. 214-218 ; Concile de Trente, sur les images impudiques, session 25, 1563 ex cathedra ; Saint Alphonse, œuvres ascétiques complètes, vol 15, p. 399-400 ; Sermons n° 2-4 des œuvres ascétiques, Volume XVI, Sermons pour tous dimanches de l’année, 1882, p. 152-173)

Pécheurs qui sont dignes de mort

  • Ceux qui entrent dans le mariage en bannissant Dieu de leur cœur et de leur pensée, pour se livrer à leur passion, comme le cheval et le mulet qui n’ont pas de raison (Tobie 6, 16-17 ; Note Vulg. : «Mulet, qui sont très libidineux, [Montre la pulsion sexuelle excessive ; lubrique] ; Psaume XIII»)
  • Ceux qui font l’acte sexuel volontairement hors de la finalité de procréation, pour la luxure, masturbation, fellation, ou tout autre acte honteux, inutile et égoïste (à la fois avant, pendant ou après l’acte conjugal), qu’ils ne feraient normalement pas s’ils croyaient vraiment que Dieu était présent avec eux (Éph. 5, 12 ; 1 Cor. 6, 15-20 ; Révélations de Ste Brigitte, L.1, ch. 26 ; L. 2, ch. 9)
  • Homosexuels (Romains 1, 27) (L’homosexualité est une idolâtrie)
  • Lesbiennes (Romains 1, 26)
  • Ceux remplis de toute iniquité, malice, fornication, … dissolus, … sans fidélité, … et ceux qui approuvent ceux qui les font (Romains 1, 29-32).
  • Ceux qui vivent dans les délices et voluptés (Jc 5, 2-5)
  • Infâmes débauchés (Jude 7)
  • Ceux qui commettent l’abomination … les idolâtres (Ap. 21, 27 ; 22, 15).

Hiérarchie des péchés mortels sexuels

Thomas N. Tentler, auteur Du péché et de la confession, à la veille de la Réforme, et qui a étudié la question de la hiérarchie des péchés sexuels développés par l’Église catholique dans les manuels de confession qui ont inscrit le classement par ordre des péchés sexuels commis par des personnes mariés et célibataires. Maintenant, c’est ce qui est intéressant, car c’est ainsi que les prêtres catholiques – avant les premiers stades de la Grande Apostasie – auraient vu et jugé plusieurs des actes sexuels des personnes qui s’y engagent aujourd’hui sans aucune honte. Beaucoup de choses que les gens pensent aujourd’hui être acceptables, ne seront pas vues – et, en fait, sont totalement mortellement péccamineuses (mortellement pécheresses). Cela nous donnera un aperçu sur ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas du tout des relations conjugales. Les péchés sont classés en 16 catégories et désignent aussi bien les personnes mariées que célibataires. Ils sont comme suit (ajouts propres) :

  • 1) baiser libidineux (recherche de satisfaction sexuelle) [Pape Alexandre VII, erreurs diverses sur les questions morales, n° 40, 24 sept. 1665 et 18 mars 1666 : «C’est une opinion probable, que celle qui dit qu’un baiser donné à cause de la délectation charnelle et sensible que procure le baiser, sans péril de consentement ultérieur et de pollution, est un péché véniel seulement». Ench. Symb. Denz. 1140 2060],
  • 2) touchers libidineux (recherche de satisfaction sexuelle) [St Thomas,  Somme IIa IIae, Q. 154, art. 4, conc. : «…lorsque les baisers, les étreintes et actions semblables sont faits en vue du plaisir sexuel, ce sont péchés mortels. C’est dans ce cas seulement qu’ils sont dits libidineux. Ainsi de tels actes, selon qu’ils sont libidineux, sont péchés mortels».],
  • 3) fornication (les deux partenaires non-mariés ; acte sexuel sans intention de procréer),
  • 4) débauche (acte sexuel avec une prostituée),
  • 5) adultère simple (un seul partenaire marié),
  • 6) double adultère (les deux partenaires mariés),
  • 7) sacrilège volontaire (un partenaire sous vœux de religion),
  • 8) viol ou enlèvement d’une Vierge,
  • 9) viol ou enlèvement de l’épouse,
  • 10) viol ou enlèvement de nonne,
  • 11) inceste,
  • 12) masturbation,
  • 13) mauvaise position sexuelle, bestiale, etc. (même entre époux) [Gen. 1, 27 ; Eph. 5, 23 ; St Albert le Grand, Comm. in IV senten. Dist. XXIII-L ; St Thomas, Somme, IIa IIae, Q. 154, art. 1, conc. : «Ces espèces de luxure se diversifient davantage du côté de la femme que du côté de l’homme, parce que, dans l’acte sexuel, la femme se comporte comme celle qui pâtit par mode de matière, et l’homme comme celui qui agit».],
  • 14) orifice ou ouverture inadéquat (crime plus odieux entre époux),
  • 15) sodomie (et homosexualité),
  • 16) bestialité (acte sexuel avec une bête) (Thomas N. Tentler, Du péché et de la confession, à la veille de la Réforme).

Autres péchés mortels communs d’impureté couramment pratiqués aujourd’hui :

  • Striptease.
  • Habit sensuel (lascif, impudique, libidineux) avant, pendant ou après les relations conjugales.
  • Jeux sexuels ou jeu de rôle sexuel.
  • Sex toys ou d’autres objets utilisés à cette fin.
  • Fautes de paroles sensuelles, impudiques ou sales avant, pendant ou après les relations conjugales.
  • Gémissement incontrôlable ou débridé : toujours un péché mortel si c’est fait intentionnellement ou avec l’intention d’enflammer sa propre convoitise ou celle de l’autre conjoint. La plupart des femmes peuvent se contrôler elles-mêmes, mais choisissent de ne pas le faire car elles vivent dans la promiscuité. Certaines femmes sont en effet très cruelles et veulent faire du mal à d’autres quand il s’agit de cela, et on peut seulement dire que ces femmes qui agissent de cette façon sont abominables et démoniaques, car elles sont à la recherche d’un plaisir fautif et ainsi elles blessent et tuent l’âme de leur mari.
  • Épilation génitale : si c’est fait avec l’intention d’augmenter le plaisir sexuel et / ou pour en avoir plus de son conjoint, c’est toujours un péché mortel.
  • Piercing génital ou lingual pour augmenter la luxure.
  • Position sexuelle inappropriée : souvent un signe de la passion. Certaines positions bestiales et/ou pour augmenter le plaisir sont toujours un péché.
  • Aphrodisiaques ou substances utilisées pour améliorer ou augmenter la luxure : Si l’intention des conjoints par l’utilisation d’aphrodisiaques est l’amélioration de leur honteuse et maudite luxure, ils commettent absolument un péché mortel. La seule exception à ceci serait si un mari ne pouvait pas obtenir une érection et donc qu’il ait pris une substance qui l’a aidé à atteindre ce but. Dans ce cas, ce ne serait même pas un péché véniel car son intention de l’utiliser n’est pas pour augmenter son plaisir, mais plutôt pour concevoir des enfants et remplir le devoir conjugal. Toutefois, un mari ne doit jamais utiliser des pilules ou composés qu’il sait augmenter sa convoitise. Il existe beaucoup de pilules et d’herbes naturelles qui peuvent être utilisées pour obtenir une érection sans nécessairement augmenter le plaisir. L’érection, d’abord et avant tout, a à voir avec le flux sanguin, et donc c’est ce qui doit être recherché dans des herbes, des médicaments et des suppléments.
  • Acte sexuel en dehors de la fin primaire du mariage qui est la procréation.
  • Pause, interruption ou prolongation de l’acte conjugal : toujours un péché véniel ou mortel si c’est effectué dans le but d’accroître la durée ou l’intensité du plaisir sexuel ou fabriqué par ou pour la femme ou hors de portée du mari en dehors de l’acte conjugal naturel, normal. Il n’est pas naturel d’interrompre l’acte sexuel pour des raisons de simple plaisir. Car, quand un mari ou une femme s’engage dans des actes pour prolonger naturellement ou interrompre l’acte sexuel conjugal, ils ne suivent pas plus l’objectif principal de l’acte (procréation), mais plutôt suivent le motif de satisfaction de leur honteuse et condamnable convoitise comme leur (nouveau) motif principal au cours de relations conjugales. L’Église catholique enseigne que même l’acte conjugal normal lorsqu’il est effectué dans le seul souci de plaisir est au moins un péché véniel. Mais les conjoints qui interrompent l’acte conjugal pour l’amour de la convoitise n’accomplissent même pas l’acte conjugal naturel et normal, mais le freinent ou l’interrompent, ils commettent une action qui est un péché en soi contre nature. L’interruption ou la pause, cependant, n’est pas un péché chaque fois que la situation l’exige. Par exemple, le rapport pourrait donner de la douleur à la femme ou être épuisant pour le mari qui, en toute sincérité, tente de finaliser l’acte mais ne peut pas le faire. Tous ces exemples et d’autres similaires ne sont pas coupables parce qu’ils ne sont pas effectués dans l’intérêt de la luxure. Par conséquent, c’est la mauvaise intention de renforcer le plaisir sexuel tout en refusant de consommer l’acte conjugal déraisonnablement en interrompant ou en le tenant déraisonnablement trop longtemps, qui rend pécheur l’acte de prolonger les relations conjugales. Tout ce qui ne suit pas la raison dans l’acte conjugal, comme expliqué par saint Thomas d’Aquin, est un péché.
  • Masturbation de soi ou de son conjoint avant, pendant ou après l’acte de mariage, ou en dehors. La masturbation a toujours été considérée comme un péché mortel dans l’Église catholique et cela ne cesse pas d’être un péché mortel simplement parce que les conjoints sont mariés. En dépit de cet ancien et constant enseignement moral infaillible dogmatique de l’Église catholique sur la perversité de la masturbation, non seulement les mauvais «catholiques» pervers de Vatican II et les protestants hérétiques, mais aussi beaucoup de couples soi-disant «catholiques traditionnels» croient réellement que la masturbation est licite dans l’acte conjugal ! Bien qu’ils connaissent et admettent même que c’est un péché mortel de se masturber à l’extérieur de l’acte de mariage, ils croient néanmoins qu’il est juste de le faire au sein de la Loi du mariage et que c’est une exception. Mais cela n’est pas un enseignement de l’Église ni d’aucun saints. C’est une hérésie. Seuls les mauvais théologiens, pervers et hérétiques, ou d’autres opinions «catholiques» de laïcs privés hérétiques modernes, au cours des 100 dernières années ou plus peuvent être cités pour appuyer ce faux enseignement. Ce fait est très révélateur, car il s’avère que cet enseignement est inspiré par le diable des fosses de l’enfer, car il était totalement inconnu avant les débuts de la grande apostasie actuelle et du monde moderne. Ceux qui enseignent qu’un tel mode de vie dégradé et débauché est bon ou moral sont des pervers complets et leurs opinions. Tout toucher masturbatoire des organes génitaux de soi-même ou de son conjoint (actes sexuels), est immoral et un péché mortel. N’importe quel type d’attouchement masturbatoire est immoral parce que c’est un acte qui n’est pas naturellement procréateur ou nécessaire pour que la conception se produise et est, par conséquent, un acte déraisonnable.
  • Baisers, touchers, étreintes, caresses réalisés pour des raisons sensuelles lubriques (libidineux : recherche de satisfaction sexuelle) : Les baisers, touchers, étreintes, caresses ne sont pas un péché tant que ce n’est pas dans l’excès ou déraisonnable. Les baisers, touchers, étreintes, caresses arrivent facilement à enflammer la concupiscence et cela peut être un péché véniel qui peu devenir un péché mortel. Plus les conjoints sont indulgents dans ces étreintes licites et n’en font pas attention à l’intérieur, plus cela deviendra un péché. Pour être à l’abri du péché même véniel et devenir parfaits, les conjoints ne devraient pas être sans la présence de Dieu, ni ne doivent jamais se voir les uns les autres nus pendant les rapports sexuels. Les conjoints ne doivent également jamais se promener à la maison partiellement habillés ou déshabillés. Les femmes en particulier ne devraient jamais marcher dans leurs sous-vêtements ou nues en présence de leur mari, car ce comportement sans aucun doute incitera sa convoitise. Ce problème spécifique que nous avons aujourd’hui concernant les gens qui se promènent nus ou habillés comme des prostituées en public ou à la maison était généralement inconnu avant, car la plupart des hommes et des femmes dans le passé étaient beaucoup plus habillés et plus modestement, même à la maison. À titre d’exemple illustrant ce fait, examinez à quoi les sous-vêtements des femmes ressemblaient il y a seulement 200 ans. Croyez-le ou non, mais ces sous-vêtements étaient en fait plus modestes que les vêtements que portent beaucoup de femmes en jupe ou robe en public aujourd’hui !
  • Actes sexuels contre nature : toujours un péché grave. Un acte sexuel ou le toucher contre nature est tout type d’acte sexuel qui n’est pas naturel, raisonnable, ou procréateur. Voici quelques exemples d’actes sexuels contre nature comprenant les actes honteux avec la bouche, la sodomie, les actes effectués sur différentes parties du corps non destinées à cet effet, et des actes sexuels de manipulation sexuelle. Tous les actes sexuels contre nature sont intrinsèquement mauvais et des façons gravement immorales parce que ces actes n’ont pas le sens naturel et procréateur et soumis à la droite raison, sens requis par Dieu pour que des actes sexuels soient moraux. Ces actes ne sont pas orienté pour la procréation. Ce n’est pas le type d’union sexuelle voulue par Dieu pour la personne humaine. Les actes sexuels contre nature ne sont pas justifiés parce qu’ils se font au sein du mariage, ou relations conjugales naturelles, parce que la loi morale nous impose que chaque acte sexuel soit non seulement raisonnable et civil, mais aussi naturel et surtout avec intention procréatrice. Toutes les actes contre nature sont donc intrinsèquement mauvais et toujours gravement immoraux, privés de la fin procréatrice et de la droite raison qui doit toujours être inhérente à l’acte conjugal.

La concupiscence, inclination au mal 

La concupiscence ou convoitise est l’inclination naturelle au mal. La nature humaine est déchue et blessée, elle est affaiblie et tend au mal. Le mal est un manque ou une déficience de bien. L’homme a perdu son état d’innocence originel ou inconnaissance du mal (l’innocence est un état de perfection naturelle qui est soumis à la vie de la grâce surnaturelle, et n’a pas besoin de la connaissance du mal) par le mauvais usage qu’il a fait de sa volonté libre, et il est tombé de l’innocence à un état de connaissance du bien et du mal. Cette connaissance du mal fait partie de la conscience morale ou loi naturelle.

Comme la nature de l’homme tend au mal (concupiscence), comme un poids naturel, cela ne veut pas dire que la nature humaine est totalement mauvaise. Non, la nature humaine est capable de bien et de mal. La volonté dispose de la liberté qui permet cela, mais cette liberté a besoin d’être aidée par la grâce pour choisir et faire le vrai bien (car le mal se fait passer aussi pour un bien) et détester le mal. La grâce seule oriente la volonté au vrai bien, c’est-à-dire que la loi naturelle est insuffisante (mais nécessaire) pour connaître et faire le vrai bien.

La concupiscence est l’inclination au mal due à la nature blessée par le péché originel et actuel. La concupiscence n’est pas le péché, mais l’inclination de la nature qui conduit au péché, d’ailleurs le pape Pie V a condamné l’idée que s’il reste de la concupiscence de la chair, elle empêche la charité pour Dieu :

Pape Pie V, Ex omnibus afflictionibus, Erreurs de Michel Bajus sur la nature de l’homme et la grâce, n° 76 [73], 1er oct. 1567 : «Aussi longtemps qu’il reste quelque chose de la concupiscence de la chair dans celui qui aime, il n’accomplit pas le précepte : « Tu aimeras Dieu de tout ton cœur » (Dt 6, 5 ; Mt 22, 37)». – Condamné (Ench. Symb. Denz. 1076 1976)

Le concile de Trente enseigne infailliblement que «l’Église catholique n’a jamais compris qu’elle fût appelée péché parce qu’elle serait vraiment et proprement péché chez ceux qui sont nés de nouveau, mais parce qu’elle vient du péché et incline au péché». La concupiscence est une maladie de la nature contre laquelle il faut constamment appliquer vigilance et remède, pour ne pas se laisser conduire par son inclination dans le péché. La concupiscence est laissée pour être combattue :

Concile de Trente, 5ème session, n° 5, 17 juin 1546 ex cathedra : «Que la concupiscence ou le foyer du péché demeure chez les baptisés, ce saint concile le confesse et le pense ; cette concupiscence étant laissée pour être combattue, elle ne peut nuire à ceux qui n’y consentent pas et y résistent courageusement par la grâce du Christ. Bien plus, « celui qui aura lutté selon les règles sera couronné » (2 Tm 2, 5). Cette concupiscence, que l’Apôtre appelle parfois « péché » (Rm 6, 12-15 ;  Rm 7, 7 ; Rm 7, 14-20), le saint concile déclare que l’Église catholique n’a jamais compris qu’elle fût appelée péché parce qu’elle serait vraiment et proprement péché chez ceux qui sont nés de nouveau, mais parce qu’elle vient du péché et incline au péché. Si quelqu’un pense le contraire : qu’il soit anathème».

Romains 7, 19 : «Ainsi le bien que je veux, je ne le fais point ; mais le mal que je ne veux pas, je le fais».

Jacques 1, 15-16 : «Mais chacun est tenté par sa concupiscence, qui l’entraîne et le séduit. Puis la concupiscence lorsqu’elle a conçu, enfante le péché, et le péché, quand il a été consommé, engendre la mort».

Saint Augustin, docteur de l’Église, sur le mensonge, ch. 7 : «On définit avec raison la passion : une convoitise de l’âme qui lui fait préférer les biens temporels aux biens éternels».

La triple concupiscence de la chair, des yeux, et de la vie

I Jean 2, 16 : « tout ce qui est dans le monde est convoitise de la chair, convoitise des yeux, orgueil de la vie ; or cela ne vient pas du Père, mais du monde ».

La triple concupiscence est 1) la concupiscence des yeux qui a sa sagesse terrestre ; 2) la concupiscence de la chair qui a sa sagesse animale ; et 3) la concupiscence de la vie ou orgueil de la vie qui a sa sagesse diabolique.

Jacques 3, 15 : «Ce n’est point là la sagesse qui vient d’en haut, mais une sagesse terrestre, animale, diabolique».

La prière du Notre Père demande à Dieu de ne pas être pris dans les filets de cette triple convoitise : «Ne nous induisez [laissez succomber] pas en tentation [c’-à-d du monde, de la chair et du diable]».

1° La concupiscence des yeux et la sagesse terrestre du monde entraîne à la concupiscence de la chair

La concupiscence des yeux a sa sagesse terrestre, mondaine et naturelle due à l’amour désordonné des biens de la terre, du monde et de la nature.

Saint Augustin, Cité de Dieu, XIV : « Deux amours ont bâti deux cités : l’amour de soi jusqu’au mépris de Dieu fit la cité terrestre ; l’amour de Dieu jusqu’au mépris de soi fit la cité céleste».

Saint Augustin, Cité de Dieu, XIX : «Mais ceux qui ne vivent pas de la foi cherchent la paix de leur maison dans les biens et les commodités de cette vie ; au lieu que ceux qui vivent de la foi attendent les biens éternels de l’autre vie qui leur ont été promis, et se servent des temporels comme des voyageurs et des étrangers, non pour y mettre leur cœur et se détourner de Dieu auquel ils tendent, mais pour en être soulagés et se rendre en quelque façon plus supportable le poids de ce corps corruptible qui appesantit l’âme. Ainsi, il est vrai que l’usage des choses nécessaires à la vie est commun aux uns et aux autres dans le gouvernement de leur maison, mais la fin à laquelle ils rapportent cet usage est bien différente. Il en est de même de la Cité de la terre qui ne vit pas de la foi. Elle recherche la paix temporelle : et c’est l’unique but qu’elle se propose dans la concorde qu’elle tâche d’établir parmi ses citoyens, qu’il y ait entre eux une union de volonté pour pouvoir jouir plus aisément du repos et des plaisirs.

«Mais la Cité céleste, ou plutôt cette partie de la Cité qui est étrangère ici-bas, et qui vit de la foi, ne se sert de cette paix que par nécessité en attendant que tout ce qu’il y a de mortel en elle passe. Cela est cause que, tandis qu’elle est comme captive dans la Cité de la terre, où toutefois elle a déjà reçu les promesses de sa rédemption et le don spirituel comme un gage de ses promesses, elle ne fait point de difficulté d’obéir aux lois de cette Cité qui servent à régler les choses nécessaires à la vie ; afin que, comme elle lui est commune avec elle, il y ait pour ce regard une concorde réciproque entre les deux Cités.

L’esprit du monde est opposé à l’Esprit de Dieu

Le monde aime les siens et hait ceux qui ne lui appartiennent pas comme le dit Jean 15, 19 : «Si vous aviez été du monde, le monde aimerait ce qui est à lui, mais parce que vous n’êtes point du monde … le monde vous hait». Lorsqu’on est applaudi par le monde, cela signifie qu’on lui appartient.

L’esprit d’orgueil est opposé à l’esprit d’humilité de Jésus-Christ, l’esprit de possession est opposé à l’esprit de détachement de Jésus-Christ, l’esprit de jouissance est opposé à l’esprit de pénitence de l’évangile.

Jésus-Christ ne prie pas pour le monde. Le monde ne bénéficie pas de la prière du Sauveur. Le monde a un esprit damné.

Jean 17, 9 : « Je ne prie point pour le monde ».

I Jean 2, 15 : «N’aimez point le monde, ni ce qui est dans le monde. Si quelqu’un aime le monde, la charité du Père n’est pas en lui».

La sagesse mondaine, terrestre et naturelle ne vient pas de Dieu

Le monde a une sagesse mondaine, terrestre et naturelle qui ne vient pas de Dieu.

Pape saint Léon le Grand, Père et Docteur de l’Église, Serm. 4 de Quadrag., (Vème s.) : «La corruption du monde est telle qu’il est comme nécessaire que même les cœurs religieux en soient souillés, sinon par sa boue, du moins par sa poussière» [Necesse est de mundano pulvere etiam religiosa corda sordescere].

Saint Augustin, Père et Docteur de l’Église, Cité de Dieu, XIX : « … la Cité de la terre a eu certains Sages dont la sagesse est condamnée dans l’Écriture, qui, sur de fausses imaginations, ou trompés par les démons croyaient qu’il se fallait rendre favorables plusieurs dieux comme présidant chacun sur diverses choses, l’un sur le corps, l’autre sur l’âme, et dans le corps même, celui-ci sur la tête celui-là sur le cou, et ainsi des autres membres, et dans l’âme aussi, l’un sur l’esprit, l’autre sur la doctrine ou sur la colère, ou sur l’amour, pareillement dans les choses qui servent à la vie, celui-ci sur les troupeaux cet autre sur les blés ou sur les vignes, et ainsi du reste ».

Saint L.-M. de Montfort, Missionnaire apostolique, L’Amour de la Sagesse éternelle, 74-80  : L’élection de la vraie Sagesse. 74. «Dieu a sa Sagesse et c’est l’unique et véritable qui doive être aimée et recherchée comme un grand trésor. Mais le monde corrompu a aussi sa sagesse, et elle doit être condamnée et détestée comme mauvaise et pernicieuse. Les philosophes ont aussi leur sagesse et elle doit être méprisée comme inutile et souvent comme dangereuse au salut.

«75. La sagesse mondaine est celle dont il est dit : je perdrais la sagesse des sages selon le monde (1 Corinthiens). La sagesse de la chair est ennemie de Dieu (Romains 8). Cette sagesse ne vient pas du ciel, mais c’est une sagesse terrestre, animale, diabolique (Jacques 3, 15). Cette sagesse du monde est une conformité parfaite aux maximes et aux modes du monde; c’est une tendance continuelle vers la grandeur et l’estime; c’est une recherche continuelle et secrète de son plaisir et de son intérêt, non pas d’une manière grossière et criante, en commettant quelque péché scandaleux, mais d’une manière fine, trompeuse et politique, autrement ce na serait plus selon le monde une sagesse, mais un libertinage.

«76. Un sage du siècle est homme qui sait bien faire ses affaires, et faire réussir tout à son avantage temporel, sans quasi paraître vouloir le faire; qui sait l’art de déguiser et de tromper finement sans qu’on s’en aperçoive; qui dit ou fait une chose et pense l’autre; qui n’ignore rien des airs et des compliments du monde; qui sait s’accommoder à tous pour en venir à ses fins, sans se mettre beaucoup en peine de l’honneur et de l’intérêt de Dieu; qui fait un secret mais funeste accord de la vérité avec le mensonge, de l’évangile avec le monde, de la vertu avec le péché, de Jésus-Christ avec Bélial; qui veut passer pour un honnête homme, mais non pas pour un dévôt; qui méprise, empoisonne ou condamne aisément toutes les pratiques de piété qui ne s’accommodent pas avec les siennes. Enfin, un sage mondain est un homme qui, ne se conduisant que par la lumière des sens et de la raison humaine, ne cherche qu’à se couvrir des apparences de chrétien et d’honnête homme, sans se mettre beaucoup en peine de plaire à Dieu, ni d’expier, par la pénitence, les péchés qu’il a commis contre sa divine Majesté.

«77. La conduite de ce sage du monde est fondée sur le point d’honneur, sur le « qu’en dira-t-on », sur la coutume, sur la bonne chère, sur l’intérêt, sur le grand air, sur le mot à rire. Ce sont là les sept mobiles innocents, comme il croit, sur quoi il se tient appuyé pour mener une vie tranquille. Il a des vertus particulières qui le font canoniser des mondains, comme la bravoure, la finesse, la politique, le savoir-faire, la galanterie, la politesse, l’enjouement. Il prend pour des péchés considérables l’insensibilité, la bêtise, la pauvreté, la rusticité, la bigoterie.

«78. Il suit le plus fidèlement qu’il peut les commandements que le monde lui a faits :

  • Tu sauras bien le monde ;
  • Tu vivras en honnête homme ;
  • Tu feras bien tes affaires ;
  • Tu conserveras ce qui t’appartient ;
  • Tu sortiras de la poussière ;
  • Tu te feras des amis ;
  • Tu hanteras le beau monde ;
  • Tu feras bonne chère ;
  • Tu n’engendreras point de mélancolie ;
  • Tu éviteras la singularité, la rusticité, la bigoterie.

«79. Jamais le monde n’a été si corrompu qu’il l’est, parce que jamais il n’a été si fin, si sage à son sens, ni si politique. Il se sert si finement de la vérité pour inspirer le mensonge, de la vertu pour autoriser le péché, et des maximes mêmes de Jésus-Christ pour autoriser les siennes, que les plus sages selon Dieu y sont souvent trompés. Le nombre de ces sages selon le monde, ou de ces fols selon Dieu, est infini (Qohélet 1, 13).

«80. La sagesse terrestredont parle saint Jacques, est l’amour des biens de la terre. C’est de cette sagesse dont les sages du monde font une profession secrète, quand ils attachent leur cœur à ce qu’ils possèdent; quand ils tâchent de devenir riches; quand ils intentent des procès et font des chicanes inutiles pour les avoir ou pour les conserver; quand ils ne pensent, ils ne parlent, ils n’agissent la plus grande partie du temps que dans la vue d’avoir ou de conserver quelque chose de temporel, ne s’appliquant à faire leur salut et aux moyens de le faire, comme la confession, la communion, l’oraison, etc., qu’à la légère, par manière d’acquis, par intervalles et pour sauver les apparences».

Saint L.-M. de Montfort, L’Amour de la Sagesse éternelle, 84-86, 88 :«84. Outre cette sagesse mondaine, qui est condamnable et pernicieuse, il y a une sagesse naturelle parmi les philosophes. C’était cette sagesse naturelle que les Égyptiens et les Grecs recherchaient autrefois avec tant d’empressement. Ceux qui avaient acquis cette sagesse étaient appelés mages ou sages. Cette sagesse est une connaissance éminente de la nature dans ses principes. Elle fut communiquée en plénitude à Adam dans son innocence ; elle fut donnée en abondance à Salomon, et dans la suite des temps quelques grands hommes en ont reçu quelque partie, comme l’histoire nous apprend.

«85. Les philosophes vantent leurs arguments de philosophie comme un moyen d’acquérir cette sagesse. Les chimistes vantent les secrets de leur cabale pour trouver la pierre philosophale, dans laquelle ils s’imaginent que cette sagesse est renfermée. A la vérité, la philosophie de l’Ecole, étudiée bien chrétiennement, ouvre l’esprit et le rend capable des sciences supérieures; mais elle ne donnera jamais cette prétendue sagesse naturelle si vantée dans l’antiquité.

«86. La chimie ou alchimie, ou la science de dissoudre les corps naturels et de les résoudre à leurs principes, est encore plus vaine et dangereuse. Cette science, quoique véritable en elle-même, a dupé et trompé une infinité de gens, par rapport à la fin qu’ils se proposaient ; et je ne doute point, par l’expérience que j’en ai moi-même, que le démon ne s’en serve aujourd’hui pour faire perdre l’argent et le temps, la grâce et l’âme même, sous prétexte de trouver la pierre philosophale qui … change en argent ou en or, qui donne la santé, qui guérit les maladies, qui même prolonge la vie, et qui opère une infinité de merveilles qui passent chez les ignorants pour divines et miraculeuses. Il y a une bande de gens qui se disent savants en cette science, qu’on nomme cabalistes, qui gardent les mystères de cette science si cachés qu’ils aimeraient mieux perdre la vie que de révéler leurs prétendus secrets.

«88. … Quoiqu’il en soit, il n’est pas convenable et il est même dangereux qu’un chrétien s’applique à la chercher. C’est faire injure à Jésus-Christ, la Sagesse incarnée, dans lequel sont tous les trésors de la Sagesse et de la science de Dieu, tous les biens de la nature et de la gloire. C’est désobéir au Saint-Esprit qui dit : « Ne cherchez point ce qui est au dessus de vos forces » (Siracide 3, 22)».

Saint Alphonse de Liguori, Docteur de l’Église, Fuite du monde : «Saint Paul, premier ermite quitta le monde à 15 ans, pour se retirer dans un désert où il vécut plus d’un siècle. Fuyons le monde, nous aussi, dans la mesure du possible. Qu’est-ce que le monde ? C’est l’ensemble des pécheurs qui, ne voulant pas se soumettre à la loi de Dieu, forment autour de nous une atmosphère empestée d’idées fausses, de maximes funestes, d’exemples pervers, de plaisirs dangereux, d’usages anti-chrétiens. Fuir le monde, c’est se renfermer dans un cercle de parents et d’amis bons chrétiens, et n’avoir avec les violateurs de loi divine que les relations nécessaires. Aimables solitaires de Bethléem, Jésus, Marie, Joseph, inspirez-moi le dégoût du monde et un vif «attrait pour les bons».

Pape Pie XII, sur l’immodestie de la mode, 15 août 1954 : «Non seulement sur les plages, ou dans les lieux de villégiature, mais encore presque partout, même dans les rues des villes et des villages, dans les lieux privés et publics, et souvent presque dans les temples consacrés à Dieu, s’étale une indigne et inconvenante mode du vêtement… en particulier, les vêtements féminins sont parfois tels qu’ils semblent favoriser plutôt l’impudicité que la pudeur.

«On en est venu au point que tout ce qui se passe ou s’exhibe dans la vie privée ou en public, en fait de dépravation ou de malhonnêteté, est relaté impudemment dans les journaux, les publications et les revues de tous genres ; tandis que dans les innombrables salles de cinéma on expose cela aux yeux de tous sur l’écran ; de sorte que non seulement la faible et insouciante jeunesse, mais encore l’âge mûr lui-même sont profondément impressionnés par ces spectacles immoraux, si mauvais pour les esprits sains. Quels maux en découlent, à quels dangers ils exposent, il n’est personne qui ne s’en rende compte». (Lettre sur l’immodestie de la mode, adressée le 15 août 1954, par S. Em. Le cardinal Ciriaci, Préfet de la S. C. du Concile, aux évêques du monde entier, selon mandat reçu de S. S. Pie XII)

Voir :

2° La concupiscence de la chair et la sagesse animale entraîne à la concupiscence de la vie et à la sagesse diabolique

La chair s’oppose à l’Esprit de Dieu

La chair dans l’Écriture inclue la nature psychique de l’homme.

Jean 3, 6 : « Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l’esprit est esprit ».

Romains 8, 5-8 : « ceux qui sont selon la chair goûtent les choses de la chair … Or la prudence de la chair est la mort… Parce que la sagesse de la chair est ennemie de Dieu ; car elle n’est point soumise à la loi de Dieu ; et elle ne le peut. Creux donc qui sont dans la chair ne peuvent plaire à Dieu ».

Note Vulgate. Sont selon la chair : les hommes charnels qui se laissent emporter aux mouvements déréglés de la chair.

Galates 5, 17 : « La chair convoite contre l’esprit, et l’esprit contre la chair ; en effet, ils sont opposés l’un à l’autre, de sorte que vous ne faites pas tout ce que vous voulez ».

Romains 8, 13 : « Car si c’est selon la chair que vous vivez, vous mourrez ; mais si par l’esprit vous mortifiez les œuvres de la chair, vous vivrez ».

Note Vulgate. Selon la chair : en cherchant à satisfaire vos passions aux dépens même de vos frères.

Galates 5, 19 : « Or on connaît aisément les œuvres de la chair qui sont : la fornication, l’impureté, l’impudicité, la luxure, le culte des idoles, les empoisonnements, les inimitiés, les contestations, les jalousies, les colères, les rixes, les dissensions, les sectes, les envies, les homicides, les ivrogneries, les débauches de table, et autres choses semblables. Je vous le dis, comme je l’ai déjà dit, ceux qui font de telles choses n’obtiendront point le royaume de Dieu ».

La chair n’est pas mauvaise en elle-même, mais par sa révolte contre l’âme. C’est la nature tournée vers la terre qui empêche à l’âme la jouissance de Dieu. Voir La chair et l’esprit

L’homme fut crée avec une âme uniquement tournée vers Dieu, vivante de Dieu et faite pour la vie surnaturelle de Dieu. La nature n’est créée pour elle-même ni encore moins par elle-même, mais elle est faite pour la vie surnaturelle de Dieu. La grâce perfectionne la nature.

La chasteté est un remède contre la concupiscence de la chair. La chasteté repose sur la pudeur et la modestie. La pudeur est le sentiment de honte de sa propre nudité dû au péché originel. La modestie est mettre de l’ordre dans les choses extérieures et intérieures.

Sans la pudeur et la modestie, la chasteté est inexorablement vouée à être mortellement perdue. Le démon essayera toujours d’attaquer la chasteté en attaquant la pudeur, en particulier les femmes, pour ensuite ruiner la modestie, chez les femmes et chez les hommes. Le démon utilise les images, les vêtements et les attitudes immodestes pour influencer les personnes et entraîner au désordre impudique et immoral.

Sagesse charnelle

Saint L.-M. de Montfort, l’Amour de la Sagesse éternelle, n°81 : «La sagesse charnelle est l’amour du plaisir. C’est de cette sagesse dont les sages du siècle font profession quand ils ne cherchent que les plaisirs des sens ; quand ils aiment la bonne chère; quand ils éloignent de soi tout ce qui peut mortifier ou incommoder le corps, comme les jeûnes, les austérités, etc. ; quand ils ne pensent plus ordinairement qu’à boire, qu’à manger, qu’à jouer, qu’à rire, qu’à se divertir et qu’à passer agréablement son temps; quand ils recherchent les lits mollets, les jeux divertissants, les festins agréables et les belles compagnies.

«Et après que sans scrupule ils ont pris tous ces plaisirs qu’ils ont pu prendre sans déplaire au monde et sans incommoder leur santé, ils cherchent le confesseur le moins scrupuleux (c’est ainsi qu’ils nomment les confesseurs relâchés qui ne font pas leur devoir), afin d’avoir de lui, à bon marché, la paix dans leur vie molle et efféminée et l’indulgence plénière de tous leur péchés. Je dis : à bon marché, car ces sages selon la chair ne veulent ordinairement pour pénitence que quelques prières ou quelques aumônes, haïssant ce qui peut affliger le corps».

3° Concupiscence de la vie et sagesse diabolique

L’orgueil, la superbe, l’orgueil de la vie, la vaine gloire, les honneurs, l’égoïsme, la vanité, la présomption, l’ambition, la domination

Jacques 4, 7 : «Dieu résiste aux superbes, mais il donne sa grâce aux humbles. Soyez donc soumis à Dieu et résistez au diable, et il s’enfuira loin de vous»

L’orgueil est un amour de soi excessif et un culte de sa propre excellence, qui engendre la superbe, l’orgueil de la vie, la vaine gloire, les honneurs, l’égoïsme, la vanité, la présomption, l’ambition, la domination, l’envie, la colère, l’avarice, la désobéissance, la rébellion, l’amour propre désordonné, la recherche de la satisfaction de ses propres désirs et volonté égoïstes, la fausse humilité

La superbe c’est la mise de soi en avant. L’orgueil de la vie est un amour égocentrique désordonné. La vaine gloire est l’amour des honneurs. L’égoïsme c’est tout ramener à soi d’abord. La vanité est la recherche de l’estime. La présomption est la confiance illimitée en ses propres forces. L’ambition est la recherche des dignités. La domination est la volonté d’arriver aux premières places.

L’orgueil s’oppose à l’humilité. L’orgueil est rempli de soi, l’humilité c’est être néant devant Dieu et aimer Lui obéir (et être rempli de sa grâce). L’orgueil est contraire à l’esprit d’humilité du Christ Jésus, à Sa croix, et sa sainte Mère : L’orgueil est antichrist. 

I Corinthiens 13, 4 : «La chariténe s’enfle point».

Voir :

La sagesse diabolique

Saint t L.-M. de Montfort, l’Amour de la Sagesse éternelle, n°82-83 : «La sagesse diabolique est l’amour et l’estime des honneurs. C’est de cette sagesse dont les sages du siècle font profession quand ils aspirent, quoique secrètement, aux grandeurs, aux honneurs, aux dignités et aux emplois relevés; quand ils recherchent à être vus, estimés, loués et applaudis des hommes ; quand ils n’envisagent, dans leurs études, dans leurs travaux, dans leurs combats, dans leurs paroles et dans leurs actions, que l’estime et la louange des hommes, pour passer pour des personnes dévotes, pour des gens savants, pour des grands capitaines, pour des savants juriconsultes, pour des gens d’un mérite infini et distingué ou de grande considération; quand ils ne peuvent souffrir qu’on les méprise et qu’on les blâme; quand ils cachent ce qu’ils ont de défectueux et font montre de ce qu’ils ont de beau.

«Il faut, avec notre Seigneur Jésus la Sagesse incarnée, détester et condamner ces trois sortes de sagesse fausse [terrestre, charnelle et diabolique] pour acquérir la véritable : qui ne cherche point son propre intérêt, qui ne se trouve point dans la terre et dans le cœur de ceux qui vivent à leur aise, et qui a en abomination tout ce qui est grand et relevé devant les hommes».

L’état de mariage et l’apaisement de la concupiscence

C’est une loi divine, un dogme de la foi (de fide), que la fin première du mariage est la procréation (avoir des enfants) et l’éducation des enfants, le pape Pie XI l’a infailliblement décrété.

Pape Pie XI, Casti Connubii : «La fin première du mariage est la procréation et l’éducation des enfants».

Les fins secondaires, telles que 1) l’entraide, 2) la culture de l’amour mutuel et 3) l’apaisement de la concupiscence, sont toujours secondaires, c’est-à-dire restent immuablement subordonnées aux fins premières.

Pape Pie XI, Casti Connubii (n° 59), 31 décembre 1930 (Magistère) : «… il y a aussi des fins secondaires, telles que l’entraide, la culture de l’amour mutuel et l’apaisement de la concupiscence que le mari et la femme ne sont pas interdits à considérer tant qu’ils sont subordonnés à la fin première [procréation] et aussi longtemps que la nature intrinsèque de l’acte est préservée » .

Selon le dogme catholique, un mari et sa femme ont le droit d’apaiser leur concupiscence comme fin secondaire subordonnée ou en en dépendance de la fin première de procréation. Il s’agit d’un enseignement infaillible de l’Église catholique proclamé par le Pape Pie XI (Casti Connubii). Dans ces conditions les conjoints sont autorisés à apaiser l’enflammement de la concupiscence dans l’état de mariage sans faire obstacle à la fin première de procréation. Le but est d’obtenir le ciel au conjoint, pour la gloire de Dieu, et de se sanctifier soi-même, et non pas principalement de vivre sur le plaisir.

De nombreux couples aujourd’hui, et en particulier ceux qui se font appeler du nom de catholique, pèchent contre les lois du mariage. Ainsi ceux qui commettent des actes sexuels qui n’ont pas pour fin la procréation (et pour l’apaisement de la concupiscence) engagent le péché.

Une doctrine de la foi ou de la morale devient partie intégrante du magistère solennel (extraordinaire) quand un pape infaillible définit et donc en fait un dogme de foi ou de morale. Casti Connubii est une encyclique adressée à l’Église tout entière. Dans cette encyclique, Pie XI déclare clairement ce qu’est la foi de l’Église sur le mariage chrétien. Quand un pape affirme clairement et avec autorité que la foi de l’Église est dans une encyclique pour l’Église tout entière, c’est qu’il représente l’enseignement (infaillible) du Magistère ordinaire et universel, auquel un catholique est tenu. Son enseignement montre que toutes les formes de prévention des naissances sont le mal. (Nous citons ci-dessous un long extrait de son encyclique qui résume la question). En outre, il y a le langage solennel utilisé par le Pape Pie XI dans Casti Connubii qui constitue une déclaration solennelle et infaillible (ex cathedra). Notez les parties en gras et soulignées.

Pape Pie XI, Casti Connubii (# s 53-56), 31 décembre 1930 (Magistère) : « Et maintenant, Vénérables Frères, nous allons expliquer en détail les maux opposés à chacun des avantages du mariage. La première considération est due à la descendance, que beaucoup ont l’audace d’appeler le fardeau désagréable du mariage et disent qu’il doit être soigneusement évité par les personnes mariées non par la continence vertueuse (que permet la loi chrétienne dans le mariage lorsque les deux parties y consentent), mais par frustration de l’acte de mariage. Certains justifient cette violence criminelle au motif qu’ils sont fatigués des enfants et qu’ils veulent assouvir leurs désirs sans leur charge conséquente. D’autres disent qu’ils ne peuvent pas, d’une part rester continent ni de l’autre qu’ils peuvent avoir des enfants à cause des difficultés que ce soit de la part de la mère ou de la part de la situation familiale.

« Mais aucune raison, si grave, peut être mise en avant par laquelle rien d’intrinsèquement contre nature ne peut devenir conforme à la nature et moralement bon. Ainsi, donc, l’acte conjugal est destiné principalement par la nature pour la génération des enfants, ceux qui dans son exercice, délibérément frustrent ses pouvoirs et fins naturels commettent le péché contre la nature et un acte qui est honteux et intrinsèquement vicieux.

« Rien d’étonnant, donc, si l’Écriture sainte atteste que, la divine Majesté considère avec la plus grande détestation ce crime horrible et parfois l’a puni de mort. Comme le note saint Augustin, « Les rapports sexuels, même avec l’épouse légitime sont illégaux et méchants où la conception de la progéniture est empêché. Onan, fils de Juda, l’a fait, et le Seigneur l’a tué pour cela (Gen. 38, 8-10).

« Comme depuis le début, donc, c’est ouvertement la tradition chrétienne ininterrompue et que certains ont récemment jugé possible de déclarer solennellement une autre doctrine sur cette question, l’Église catholique, à qui Dieu a confié la défense de l’intégrité et la pureté des mœurs, debout au milieu de la ruine morale qui l’entoure, afin qu’elle puisse préserver la chasteté de l’union nuptiale d’être souillée par cette tache, élève la voix en signe de sa fonction d’ambassadrice divine et par notre bouche proclame à nouveau : un usage quelconque DU MARIAGE exercé de façon à frustrer VOLONTAIREMENT l’action de sa puissance naturelle de procréer LA VIE EST UNE infraction à la loi de Dieu et de la NATURE, ET ceux qui s’adonnent à pareils actes se sont souillés avec la culpabilité d’un péché GRAVE ».

Ces phrases remplissent les conditions d’un enseignement infaillible en ce qui concerne la doctrine de la morale. Le pape s’adresse à l’Église universelle, «l’Église catholique». Il a dit clairement qu’il proclame une vérité : «Notre bouche proclame». Le sujet traite de la morale, «l’Église catholique, à qui Dieu a confié la défense de l’intégrité et la pureté des mœurs». Et enfin, il unit les catholiques à cet enseignement sous peine de péché grave, «ceux qui se livrent à pareils actes se sont souillés avec la culpabilité d’un péché grave». C’est un langage infaillible, ex cathedra ; quiconque le nie ne sait tout simplement pas ce dont il parle et quiconque persiste à le nier est hérétique.

Le Pape Pie XI a infailliblement condamné comme un péché mortel toutes les formes d’actes qui compromettent la fonction du mariage et frustrent la puissance de procréation.

Saint Augustin, le mariage et la concupiscence 1, 15, 17 (419) : «Je suppose, alors, bien que vous ne mentez pas [avec votre épouse] pour l’amour de la procréation de la progéniture, que vous n’êtes pas pour l’amour de la convoitise et l’obstruction de sa procréation par une prière mauvaise ou une mauvaise action. Ceux qui font cela, sont appelés mari et femme, mais ne le sont pas, pas plus qu’ils ne conservent aucune réalité du mariage, mais avec un nom respectable couvrent une honte.  … Assurément, si le mari et la femme sont comme ça, ils ne sont pas mariés, et s’ils étaient comme ça depuis le début, ils ne s’unissent pas en adhérant au mariage, mais à la séduction. Si les deux sont comme cela, j’ose dire que, soit la femme est, dans un mode, la prostituée de son mari, ou lui est adultère avec sa femme ».

Monitum du Saint-Office, 30 juin 1952, Relations sexuelles qui évitent l’orgasme :
«C’est avec une vive inquiétude que le Siège apostolique constate qu’un certain nombre d’auteurs, traitant de la vie conjugale, en sont venus ici et là à en traiter publiquement et en allant sans pudeur jusque dans le détail, et que certains même décrivent, approuvent et conseillent un certain acte appelé « étreinte réservée ». Dans une affaire aussi importante, qui touche à la sainteté du mariage et au salut des âmes, … la Congrégation du Saint-Office, pour ne pas manquer à son devoir et par mandat exprès … de Pie XII, avertit gravement tous les auteurs d’avoir à renoncer à cette façon de faire … Quant aux prêtres, dans le ministère des âmes et dans la direction des consciences, qu’ils ne se risquent jamais, soit de leur propre initiative, soit qu’on les interroge, à parler d’une façon qui laisserait entendre qu’il n’y a rien à objecter de la part de la loi chrétienne à l’étreinte réservée».

Pape Innocent XI, erreurs diverses sur les sujets moraux, condamnées dans un décret du Saint-Office, 4 mars 1679 : « L’acte de mariage accompli seulement pour le plaisir est dénué de toute faute vénielle » – Condamné. (Ench. Symb. Denz. 1159 2109)

L’acte sexuel dans le mariage n’est pas un péché si l’acte matrimonial garde sa fin première du mariage qui est la procréation et si sa fin secondaire qui est l’apaisement de la concupiscence est préservée (c’est-à-dire si par l’acte sexuel conjugal, la concupiscence n’est pas volontairement enflammée 1° sans intention de procréer, 2° de manière coupable). Les fins secondaires du mariage, comme l’aide mutuelle, l’apaisement de la concupiscence et la culture de l’amour mutuel doivent toujours rester subordonnées à la fin principal du mariage (la procréation et l’éducation des enfants).

Tobie 6, 16-17 : « Alors l’ange Raphaël lui dit [Tobie] : Écoute-moi, et je te montrerai qui sont ceux sur qui le démon a du pouvoir. Or ceux qui embrassent le mariage de manière qu’ils bannissent Dieu de leur cœur et de leur esprit, et qu’ils s’abandonnent à leur passion, de même que le cheval et le mulet, qui n’ont pas d’intelligence, le démon a pouvoir sur eux ».

Voir Mariage

Remèdes au vice de l’impureté

Saint Bonaventure, docteur de l’ÉgliseDu combat spirituel contre les sept péchés capitaux, Du combat contre la luxure ; de la nature de ce vice et des remèdes à y apporter : « Si, au lieu de vaincre la gourmandise, vous vous laissez dominer par elle, elle appellera aussitôt à sa suite sa sœur la luxure, dont vous pourrez reconnaître la présence aux indices que sa nature elle-même vous rendra sensibles. Elle allumera aussitôt en la partie sensible de votre âme l’amour, l’inclination, la passion pour les personnes d’un sexe différent ; ou bien elle excitera des mouvements en votre chair, et vous pouvez le comprendre par les impressions de concupiscence qui se font sentir en votre corps. Quelquefois son action s’exerce principalement sur l’âme par le désir d’actes illicites, ou l’affection pour une personne qu’on aime d’un amour coupable. Vous pouvez vous faire une idée de ce genre d’affection par les sentiments que fait naître en vous l’image empreinte en votre imagination de personnes d’un autre sexe.

« Or, contre un tel vice, le combat est long et pénible, ou plutôt nous sommes impuissants contre lui, réduits à nos seules forces. C’est pourquoi le remède radical, selon saint Augustin, en plusieurs endroits où il traite de la continence au livre de ses Confessions, et selon les autres saints, le remède capital c’est d’humilier son cœur, de reconnaître sa propre fragilité, et de recourir à la miséricorde divine. Il y a aussi quelques autres remèdes qui contribuent à éloigner de l’âme la luxure ; ce sont : la contrition du cœur, la prière fréquente, la méditation continuelle de la mort, de l’enfer, et d’autres sujets semblables. Et la raison, vous la comprenez par ce que nous avons dit de la gourmandise. De même l’exactitude à réprimer toute affection perverse, toute pensée mauvaise ; ce que l’on fait en y substituant des pensées pieuses et de saints désirs. De même encore, il faut ranger parmi les remèdes contre la luxure, l’abstinence de la viande, le jeûne, mais surtout un jeûne égal et modéré, et le travail des mains qui empêche les divagations multipliées de notre cœur.

« Il y a aussi quelques moyens directs à employer contre ce vice, soit qu’on le considère comme résidant dans notre corps ou comme résidant dans notre âme. Ces moyens sont : la garde empressée de nos sens, car ils sont les ouvertures qui lui dorment entrée en nous ; la fuite de toute familiarité et société avec les personnes d’un autre sexe, et la fidélité à ne point demeurer seul, à ne point converser seul avec elles seules, surtout dans un lieu à l’écart, et à ne point fréquenter leurs maisons, selon les enseignements de saint Jérôme (Epist. ad Nepotian.).

« Le premier degré de la chasteté consiste à s’abstenir courageusement de tout acte charnel avec la ferme résolution d’agir toujours ainsi, et de refuser en tout temps son consentement à tout mouvement impur que l’on pourrait éprouver.

« Le second degré consiste à employer les remèdes que nous venons d’indiquer et autres semblables, afin de soumettre la chair à l’esprit, et de rendre les tentations plus rares ; et il faut savoir que cette sorte de tentation se réprime plus facilement par une volonté bien arrêtée que par des efforts violents.

« Le troisième degré consiste à avoir soumis de telle sorte la concupiscence de la chair qu’on n’en ressente plus les mouvements que très-faiblement et à de rares intervalles ; et ensuite d’être dans une telle disposition habituelle qu’on ne puisse entendre parler ou parler soi-même de ces choses qu’avec dégoût et horreur ».

Les remèdes à la luxure, c’est la grâce du Christ, d’aimer Dieu, de suivre Jésus-Christ, de porter sa croix, de prier avec persévérance, de confesser ses péchés, de bien connaître doctrine et tenir la vraie foi catholique traditionnelle, et de mortifier ses passions, sa nature, et sa chair.

La chasteté

Pape Pie IV, Concile de Trente, Session, 14, sur le mariage, 11 nov. 1563 : «Si quelqu’un dit que l’état de mariage doit être placé au-dessus de l’état de virginité, ou de célibat, et que ce n’est pas mieux et plus heureux de rester dans la virginité ou le célibat, que d’être unis dans le mariage (Matt. 19, 11 ; 1 Cor. 7, 25), qu’il soit anathème». (Ench. Symb. Denz. 980)

Saint Jean Chrysostome, an 392 : «Que la virginité est bonne je suis d’accord. Mais elle est encore mieux que le mariage, ce que je confesse. Et si vous le souhaitez, je vais ajouter qu’elle est aussi beaucoup mieux que le mariage comme le ciel est mieux que la Terre, comme les anges sont beaucoup mieux que les hommes».  (La foi des premiers Pères, Vol 2, 1116)

Dans ce monde et en ces temps, la sensualité et la lubricité devenues courantes éclipsent la chasteté, la modestie et la pudeur ; cependant la chasteté est une des vertus les plus enseignées dans les Saintes Écritures.

La vertu de chasteté n’est pas obligatoirement ou automatiquement un gage de vertu et de sainteté et ne garantie ni du salut ni d’être vrai catholique. Nombreux sont les baptisés qui ont paru ascètes, de bonne mœurs et de droite doctrine, mais qui en fait n’étaient que des ennemis du Christ et de Son Église, comme les hérétiques, schismatiques, jansénistes, nestoriens, schismatiques radicaux, etc.

Il n’y a pas de véritable chasteté sans humilité. Saint Bernard enseigne qu’une vierge orgueilleuse sera souillée par l’orgueil : même si elle reste vierge de corps, elle ne le sera pas dans l’âme, tandis qu’une humble recouvrera sa pureté grâce à l’humilité. C’est pourquoi l’humilité est d’abord nécessaire 1° pour obéir à la foi catholique et 2° pour vivre chrétiennement pour de vrai et pas de nom seulement.

Chasteté conjugale

Le mariage exige infailliblement la chasteté conjugale.

Pape Pie XI, Casti connubii, 31 décembre 1930 (Magistère) : «… afin que le bien de la fidélité conjugale resplendisse de tout son éclat, les rapports intimes entre les époux eux-mêmes doivent porter l’empreinte de la chasteté, en sorte que les époux se comportent en tout suivant la règle de la loi divine et naturelle, et qu’ils s’appliquent toujours à suivre la volonté très sage et très sainte de leur Créateur avec un sentiment profond de respect pour l’œuvre de Dieu».

La chasteté est une aussi une vertu nécessaire dans l’état de mariage.

La fidélité conjugale comprend l’unité, la chasteté, l’obéissance :

Pape Pie XI, Casti connubii, 31 décembre 1930 (Magistère) : «Le bien de la fidélité conjugale comprend donc : l’unité, la chasteté, une digne et noble obéissance ; autant de vocables qui formulent les bienfaits de l’union conjugale, qui ont pour effet de garantir et de promouvoir la paix, la dignité et le bonheur du mariage. Aussi n’est-il pas étonnant que cette fidélité ait toujours été rangée parmi les biens excellents et propres du mariage».

La chasteté repose sur la pudeur et la modestie :

La pudeur – « modératrice de la passion (Arcanum Léon XIII) » – est le sentiment de honte de sa propre nudité suite au péché originel. Le démon attaque la pudeur, en particulier chez les femmes, avec des vêtements inadaptés montrant cou, bras, jambes, moulant les formes, immodestes, etc.

La modestie est de mettre de l’ordre dans les choses. Le démon tente toujours d’entraîner au désordre de l’immodestie par des choses anodines et/ou par l’influence de personnes désordonnées : parures, bijoux, maquillage, coiffure immodeste, etc.

Sans pudeur et modestie, la chasteté est inexorablement vouée à la ruine.

Pour être à l’abri du péché même véniel et devenir parfaits, les conjoints ne devraient jamais se voir nus pendant les rapports sexuels. Les conjoints ne doivent également jamais se promener à la maison partiellement habillés ou déshabillés. Les femmes en particulier ne devraient jamais marcher dans leurs sous-vêtements ou nues en présence de leur mari, car ce comportement sans aucun doute incitera sa convoitise. Ce problème spécifique, aujourd’hui, des gens qui se promènent nus ou habillés comme des prostituées en public ou à la maison était généralement inconnu avant, car la plupart des hommes et des femmes dans le passé étaient beaucoup plus habillés et plus modestement, même à la maison. Les parents ne doivent pas négliger de veiller à ce que leurs enfants ne se voient pas nus. Les parents ne doivent jamais en aucun cas se montrer nus devant leurs enfants, sinon ils les scandalisent gravement et sont encore plus coupables que dans Matthieu 18, 6, car ils sont leurs parents :

Matthieu 18, 6-7, 10 : «Mais celui qui scandalise un de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui que l’on suspendit une meule de moulin à son cou, et qu’on le précipitât au profond de la mer. Malheur au monde, à cause des scandales ; car il est nécessaire qu’il vienne des scandales : cependant malheur à l’homme par qui le scandale arrive. … Prenez garde de mépriser un seul de ces petits ; parce que je vous le dis, leurs anges voient sans cesse dans le ciel la face de mon Père qui est dans les cieux».

Voir :