Le naturalisme, racine de l’hérésie et apostasie

Sommaire

  • Qu’est-ce que le naturalisme ?
  • Le matérialisme
  • Le rationalisme
  • La philosophie des hommes hors de la Foi Catholique
  • Les naturalistes
  • Le Pélagianisme – Hérésie Pélagienne
    • Semi-pélagianisme – Hérésie semi-Pélagienne
    • Hérésie semi-pélagienne de faux magistère ordinaire
  • L’enseignement de l’Église condamne le naturalisme et ses dérivés : athéisme, matérialisme, panthéisme, théologie naturelle, déisme, rationalisme, fidéisme, agnosticisme, mythologisme, philosophie et théologie libre
    • Différents aspects du naturalisme condamné par l’Église
  • Plus de détails sur le naturalisme
  • Le naturalisme engendre la religion de l’homme, fabriquée par l’homme, pour l’homme, de l’homme à la place de Dieu
  • La loi naturelle
  • Les athées et les agnostiques sont sans excuse
  • Réfutation de la fatalité du destin – La loi naturelle est la liberté morale du bien et du mal
  • Pour résumer
  • Conclusion
  • Supplément : Fausse religion de la nature : l’information égale la conscience
    • Quelques exemples de cette « science » ou fausse religion de la nature où l’information égale la conscience
    • L’enseignement de l’Église condamne cette « science » ou fausse religion de la nature où l’information égale la conscience

 

Pape Pie IX, concile Vatican I, sess. 3, can. II, n° 2 & 3, 1870 ex cathedra (Décrets 810) : «2. Si quelqu’un dit qu’il est impossible ou inutile que l’homme soit instruit par la révélation divine sur Dieu et sur le culte qu’il faut lui rendre, qu’il soit anathème. 3. Si quelqu’un dit que l’homme ne peut pas être élevé par Dieu à une connaissance et à une perfection qui dépassent celles qui lui sont naturelles, mais qu’il peut et doit par lui-même arriver finalement à la possession du vrai et du bien par un progrès continuel, qu’il soit anathème».

 

Qu’est-ce que le naturalisme ?

Le naturalisme est le culte rendu à la nature créée à l’opposé du culte rendu à Dieu.

Pape Pie IX, Syllabus des erreurs, 1864, Naturalisme : « 2. On doit nier toute action de Dieu sur les hommes et sur le monde » – Condamné (Allocution consistoriale Maxima quidem, 9 juin 1862)

Pape Pie IX, Syllabus des erreurs, 1864, Erreurs concernant la morale naturelle et chrétienne : « 56. Les lois de la morale n’ont pas besoin de la sanction divine, et il n’est pas du tout nécessaire que les lois humaines se conforment au droit naturel ou reçoivent de Dieu le pouvoir d’obliger » – Condamné (Allocution consistoriale Maxima quidem, 9 juin 1862)

Pape Pie IX, Syllabus des erreurs, 1864, Erreurs relatives à la société civile, considérée soit en elle-même, soit dans ses rapports avec l’Église : « 48. Des catholiques peuvent approuver un système d’éducation en dehors de la foi catholique et de l’autorité de l’Église, et qui n’ait pour but, ou du moins pour but principal, que la connaissance des choses purement naturelles et la vie sociale sur cette terre ». – Condamné (Lettre Cum non sine à l’archevêque de Fribourg-en-Brisgau, 14 juil. 1864).

Le naturalisme s’oppose à la grâce de Dieu

Le naturalisme est une opposition d’origine diabolique à l’état surnaturel que Dieu offre à ses créatures intelligentes ou rationnelles.

Dieu est infini et ne peut jamais être atteint par aucune créature spirituelle comme les esprits purs, ou aucune créature matérielle comme les hommes fait d’une âme et d’un corps. Il y a une distance infinie entre Dieu et toute créature finie. Aucune créature ne peut par sa nature finie combler la distance infinie entre elle et Dieu. Si Dieu ne se révèle pas, aucune créature ne peut le connaître. C’est pourquoi la Révélation divine est incontournable. L’homme ne peut absolument pas entrer en relation avec Dieu autrement que par le moyen que Dieu lui révèle, c’est-à-dire la foi divine.

Le naturalisme c’est tout le contraire. La nature refuse sa finalité qui est la vie surnaturelle pour laquelle elle est faite, et prétend être sa propre source. La nature est par essence faite pour la grâce parce que la grâce est la vie de Dieu pour les créatures. Le naturalisme est l’impasse du salut. Le naturalisme c’est la nature sans Dieu, ou l’homme sans Dieu ou plutôt l’homme à la place de Dieu. C’est la racine de l’hérésie parce que la nature est créée (Créateur) et qu’elle est faite pour la vie surnaturelle et non pour elle-même.

Le naturalisme peut aussi être théiste, c’est-à-dire une espèce de croyance monstrueuse en un Dieu naturel, c’est-à-dire que la nature est Dieu, ou que Dieu est la nature, ou que Dieu et la nature (création) sont un, comme le panthéisme.

«Puisque c’est de Lui, et par Lui et en Lui que sont toutes choses» (Romains 11, 36).

«Car c’est par lui que toutes choses ont été créées dans les cieux et sur la terre, les visibles et les invisibles, … tout a été créé par lui et en lui» (Colossiens 1, 16).

Encyclopédie catholique 1907-1915, Naturalisme : « Le naturalisme n’est pas tant un système spécifique qu’un point de vue ou une tendance commune d’un certain nombre de systèmes philosophiques et religieux ; ni tant un ensemble bien défini de doctrines positives et négatives qu’ une attitude ou un esprit omniprésent influençant de nombreuses doctrines. Comme son nom l’indique, cette tendance consiste essentiellement en la recherche de la nature comme source originale et fondamentale de tout ce qui existe, en essayant de tout expliquer en termes de nature. Soit les limites de la nature sont aussi les limites de la réalité existante, soit elles sont au moins la cause première si son existence est trouvée nécessaire ; elle [la nature] n’a rien à voir avec le fonctionnement des agencements naturels. Tous les événements, donc, trouvent leur explication adéquate au sein de la nature elle-même».

Le matérialisme 

Le matérialisme est une forme de naturalisme.Le matérialisme est une pensée erronée et pernicieuse qui ne considère que la matière sans rien de spirituel ; et c’est une forme d’hérésie du naturalisme dans lequel la matière est cause et fin d’elle-même. Mais c’est une contradiction car qu’est-ce qui est la cause de la matière ? L’Écriture et la foi nous apprend que tout homme peut connaître qu’un Dieu existe par sa création. L’existence de Dieu est attestée clairement par ses œuvres, ceux qui nient son existence sont sans excuse.

Psaume 53, 1 : «L’insensé a dit en son cœur : Dieu n’existe pas ».

Le seul vrai Dieu peut être connu avec certitude par les choses qui ont été faites, et par la lumière naturelle de la raison humaine.

Romains 1, 19-21 : «Parce que ce qui est connu de Dieu est manifeste pour eux. Car Dieu le leur a manifesté. Les perfections invisibles de Dieu, par la création du monde, sont clairement visibles, étant entendu par les choses qui sont faites ; son éternelle puissance et divinité : de sorte qu’ils sont INEXCUSABLES».

Pape Pie IX, Concile du Vatican, 3ème s. ch. 2, 1870, ex cathedra (Magistère solennel) : «La même sainte Église, notre Mère, tient et enseigne que Dieu, principe et fin de toutes choses, peut être connu avec certitude par la lumière naturelle de la raison humaine à partir des choses créées, car, « depuis la création du monde, ce qu’il y a d’invisible se laisse voir à l’intelligence grâce à ses œuvres » (Rm 1, 20)».

L’Église enseigne infailliblement que la raison naturelle peut savoir qu’il y a un Dieu ou Créateur «à partir des choses créées», c-à-d que la raison peut savoir qu’un Dieu créateur existe, mais elle ne peut pas connaître ce qu’est Dieu.

Pape Pie IX, Concile du Vatican, 3ème sess., 1870, ex cathedra (Magistère solennel) : «canon 1. Si quelqu’un refuse d’admettre qu’il y a un seul Dieu vrai, créateur et Seigneur des choses visibles et invisibles, qu’il soit anathème».

Pape Pie IX, Concile du Vatican, 3e sess., 1870 ex cathedra (Magistère solennel) : «canon 2. Si quelqu’un ne rougit pas d’affirmer qu’il n’existe rien en dehors de la matière, qu’il soit anathème».

Les gens qui pensent ainsi se condamnent par leur propre jugement. Pourquoi cela ?

Romains 1, 28 :«comme ils ne se sont pas souciés de connaître Dieu, Dieu les a livrés à leur intelligence pervertie pour faire ce qui ne convient pas».

2 Thessaloniciens 2, 3, 10-11 : «Que personne ne vous séduise en aucune manière … toute séduction d’iniquité pour ceux qui périssent, parce qu’ils n’ont pas reçu l’amour de la vérité afin d’être sauvés. C’est pourquoi Dieu leur enverra une opération d’erreur [puissance d’égarement], de manière qu’ils croiront au mensonge ; en sorte que soient condamnés tous ceux qui n’ont pas cru à la vérité, mais ont acquiescé [se sont complu] à l’iniquité».

L’Église enseigne que Dieu a créé le monde spirituel et le monde matériel ensemble, puis l’homme fait à la fois d’esprit et de corps.

Pape Innocent III, concile de Latran IV, ch. 1, 1215 (Décrets 230) ex cathedra (Magistère solennel) : « Nous croyons fermement et confessons simplement … un seul et unique vrai Dieu … créateur de toutes les choses visibles et invisibles, spirituelles et corporelles, qui, par sa force toute-puissante, a tout ensemble créé de rien dès le commencement du temps l’une et l’autre créature, la spirituelle et la corporelle, c’est-à-dire les anges et le monde, puis la créature humaine faite à la fois d’esprit et de corps ». (Ench. Symb. 428 800)

Mais il y a plus, l’Église enseigne solennellement que l’âme humaine est immortelle et vraiment essentiellement forme du corps humain, et condamne ceux qui affirment le contraire (ce que fait le matérialisme).

Concile de Vienne, 3ème session, 6 mai 1312 ex cathedra : «(L’âme forme du corps). De plus, avec l’approbation du saint concile, Nous rejetons comme étant erronée et ennemie de la foi toute doctrine ou position qui affirme témérairement ou qui met en doute que la substance de l’âme rationnelle ou intellective n’est pas vraiment et par elle-même forme du corps humain, et, pour que la vérité de l’authentique foi catholique soit connue de tous et que soit barrée la route conduisant à toutes les erreurs et que personne ne s’y engage, Nous définissons que doit être considéré comme hérétique quiconque osera désormais affirmer, soutenir ou tenir avec entêtement que l’âme rationnelle ou intellective n’est pas forme du corps humain par elle-même et par essence». (Ench. Symb. Denz. 481 902)

Pape Léon X, concile de Latran V, 8ème sess. ex cathedra (Décrets 905) : « …Nous condamnons et réprouvons tous ceux qui affirment que l’âme intellective est mortelle ou unique en tous les hommes, ou qui sont dans le doute à ce sujet. En effet, non seulement celle-ci est vraiment, par soi et essentiellement forme du corps humain, comme il est dit dans le canon de notre prédécesseur, le pape Clément V, publié au concile de Vienne [Denz 481 902] , mais elle est à la vérité immortelle, sujette à la multiplicité selon la multiplicité des corps dans lesquels elle est infusée, effectivement multipliée et sujette à être multipliée dans l’avenir. …Puisque la vérité ne peut aucunement être contraire à la vérité, Nous définissons  donc comme étant complètement fausse toute assertion contraire à la vérité de la foi éclairée [Magistère], et Nous interdisons avec la plus grande rigueur de permettre que soit enseignée une position différente. Et Nous décidons  que tous ceux qui adhèrent à l’affirmation d’une telle erreur [que l’âme intellective est mortelle ou unique en tous les hommes, ou qui sont dans le doute à ce sujet]en disséminant de la sorte les hérésies les plus condamnablesseront [ou devront êtretotalement évités et punis [vitandos et puniendos fore decernimus]comme étant de détestables et abominables hérétiques et infidèles qui ébranlent la foi catholique [Discipline universelle]». (Ench. Symb. Denz. 738 1441)

Genèse 2, 7 : «Le Seigneur Dieu forma donc l’homme du limon de la terre, et il souffla sur son visage un souffle de vie, et l’homme fût fait âme vivante».

Le corps de l »homme est formé par Dieu de la terre et son âme immortelle est soufflée par Dieu et elle est essentiellement la forme du corps (l’âme spirituelle forme le corps et non l’inverse). Mais le matérialisme (qui est un athéisme et un naturalisme) affirme le contraire : le corps forme « l’âme » (la chimie du cerveau produit le psychisme). C’est contraire à la vraie foi catholique, et l’Église condamne tous ceux qui pensent obstinément le contraire.

Pape Eugène IV, Concile de Florence, Cantate Domino, 1441 (Décret. 571) ex cathedra : «… tous ceux qui pensent des choses opposées et contraires, l’Église les condamne, les réprouve, les anathématise, et les dénonce comme étrangers au corps du Christ qui est l’Église».

Le rationalisme

Le rationalisme est une autre forme d’hérésie du naturalisme, qui considère que la raison naturelle égale la foi surnaturelle, c-à-d qu’on peut connaître par la raison ce qu’on peut connaître par la foi, autrement dit, que la raison suffit ou qu’elle n’a pas besoin d’être soumise à la foi, c-à-d que la foi n’est pas nécessaire. Cette hérésie nie l’Écriture et le dogme de l’absolue nécessité de la vraie foi ou foi divine et catholique.

Marc 16, 16 : «Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné».

Habacuc 2, 4 : «Le juste vivra de la foi».

Galates 3, 11 : «Le juste vit de la foi».

Hébreux 10, 38 : «Le juste qui m’appartient vit de la foi ; s’il se retire il ne plaira plus à mon âme».

Éphésiens 2, 8 : «Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu».

Hébreux 11, 6 : «sans la foi il est impossible de plaire à Dieu».

Pape Pie IX, Const. Dogm. Dei Filius sur la foi catholique, Concile du Vatican, 24 avr. 1870, 3ème session, chap. 4 ex cathedra (Déclaration solennelle infaillible) : «Mais bien que la foi soit au-dessus de la raison, il ne peut jamais y avoir de vrai désaccord entre la foi et la raison, étant donné que c’est le même Dieu qui révèle les mystères et communique la foi, et qui a fait descendre dans l’esprit humain la lumière de la raison : Dieu ne pourrait se nier lui-même, ni le vrai jamais contredire le vrai. Cette vaine apparence de contradiction vient surtout de ce que les dogmes de la foi n’ont pas été compris et exposés selon l’esprit de l’Église, ou bien lorsqu’on prend des opinions fausses pour des conclusions de la raison. « Nous définissons donc comme étant complètement fausse toute assertion contraire à la Vérité de la foi éclairée » (5ème concile du Latran [Ench. Symb. 1441])». (Ench. Symb. 3017)

Pape Pie IX, Concile du Vatican, Dei Filius, 3ème session, 1870 ex cathredra : «La Foi est l’unique moyen que Dieu le Créateur donne à ses créatures pour qu’elles soient en relation avec Lui, il s’ensuit que sans cette Foi, les créatures se font leur propre foi et leur propre dieu. Les créatures doivent se servir du moyen que Dieu leur donne».

Pape Pie IX, Concile du Vatican, Dei Filius, 3ème session, 1870 ex cathredra : «Puisque l’homme dépend totalement de Dieu comme son créateur et Seigneur, et que la raison créée est complètement soumise à la Vérité incrééenous sommes tenus de présenter par la foi à Dieu qui se révèle, la soumission plénière de notre intelligence et de notre volonté».

Par conséquent mettre sur un pied d’égalité la raison avec la foi, c’est être hérétique, refuser de se soumettre à Dieu, nier Son autorité, se soustraire à Sa paternité.

Pape Pie IX, Concile du Vatican, Dei Filius, 3ème session, 1870 ex cathredra : «Canon 3. Si quelqu’un dit que l’homme ne peut être élevé par Dieu à une connaissance et à une perfection qui dépassent celles qui lui sont naturelles, mais qu’il peut et doit par lui-même arriver finalement à la possession du vrai et du bien par un progrès continuel, qu’il soit anathème».

Pape Pie IX, Concile du Vatican, Dei Filius, 3ème session, 1870 ex cathredra : «Canon 4. Si quelqu’un ne reçoit pas les livres de la sainte Écriture comme sacrés et canoniques, dans leur intégrité et avec toutes les parties, tels qu’ils sont énumérés par le saint concile de Trente, ou s’il nie qu’ils soient divinement inspirés, qu’il soit anathème».

Pape Pie IX, Concile du Vatican, Dei Filius, 3ème session, 1870 ex cathredra : «Canon 1. Si quelqu’un dit que la raison humaine est si indépendante que Dieu ne puisse exiger d’elle la foi, qu’il soit anathème».

Pape Pie IX, Concile du Vatican, Dei Filius, 3ème session, 1870 ex cathredra : «Canon 2. Si quelqu’un dit que la foi divine n’est pas distincte de la connaissance naturelle que l’on peut avoir de Dieu et des règles de la moralité, et que, par suite, il n’est pas requis pour la foi divine que l’on croie à la vérité révélée à cause de l’autorité de Dieu qui révèle, qu’il soit anathème».

La philosophie des hommes hors de la Foi Catholique

La philosophie est encore une autre forme de rationalisme et de naturalisme, c’est-à-dire la raison hors de la foi, et le culte de la nature et le culte de l’homme. L’Église condamne cette philosophie et ses philosophes qui détournent de la vérité de la foi et trompent : La philosophie ne peut s’écarter de la Foi Catholique.

Pape Pie IX, Concile vatican I, 3ème sess. ch. 4, 1870 ex cathedra : «l’Église, qui a reçu, en même temps que la charge apostolique d’enseigner, le commandement de garder le dépôt de la foi, a, de par Dieu, le droit et le devoir de proscrire la fausse « science » (1 Tm 6, 20)afin que nul ne soit trompé par le vain leurre de la philosophie (Col 2, 8) ».

Colossiens 2, 8-9 : «Prenez garde que personne ne vous séduise par la philosophie, par des raisonnements vains et trompeurs, selon la tradition des hommes, selon les éléments du monde, et non selon le Christ ; car en lui toute la plénitude de la divinité habite corporellement…».

Commentaire Col. 2, 8-9, Père de Carrières, 1750 : «[8] Prenez garde que personne ne vous surprenne, et ne vous ravisse votre foi, par la Philosophie, et par des raisonnements vains et trompeurs, qui ne sont fondés que sur les traditions des hommes, et sur les principes d’une science mondaine, et non sur la doctrine de Jésus-Christ, auquel seul nous devons nous attacher, et de qui seul nous devons attendre toute lumière, notre justice et notre sainteté. [9] Car c’est en lui que la plénitude de la divinité habite, non seulement par son opération, ou par quelque effusion de grâces, mais corporellement, et selon toute sa substance : c’est lui qui est la source de toutes grâces, de toutes connaissances et de toutes lumières».

Saint Justin martyr, père de l’Église, 1ère apologie, vers 150, n°4 : «[8] Il y en qui se parent du nom et du manteau de philosophe, et dont la conduite ne répond pas à cette prétention, et vous n’ignorez pas que les anciens qui ont eu les opinions et les principes les plus opposés sont tous compris sous cette unique dénomination de philosophes. [9] Certains d’entre eux enseignèrent l’athéisme ; les poètes viennent et racontent les impuretés de Zeus et de ses enfants : et vous n’imposez pas silence à ceux qui exposent ces enseignements : vous accordez des récompenses et des honneurs à ceux qui débitent avec art des outrages à la divinité».

Saint Justin s’adressait aux autorités de Rome. Aujourd’hui, la Rome redevenue païenne ne tue pas ouvertement physiquement mais spirituellement par l’apostasie (abandon ou reniement de la foi). Les philosophes sont toujours les mêmes antichrists parés du nom et d’habit de philosophes, et qui sont honorés par le monde.

Pape Léon X, Concile de Latran V (Décrets 605 606) ex cathedra : «La philosophie ne peut s’écarter de la Foi Catholique».

Pape Léon X, Concile de Latran V, session 8, Condamnation de toutes les assertions contraires à la vérité de la foi chrétienne éclairée, 1513 (Décrets 605-606) ex cathedra : «Certains s’adonnant à la philosophie avec témérité, soutiennent que cela [erreurs très pernicieuses… l’âme raisonnable… serait mortelle et unique en tous les hommes] est vrai, au moins selon la philosophie. Puisque la vérité ne peut aucunement être contraire à la vérité, Nous définissons donc comme étant complétement fausse toute assertion contraire à la vérité de la foi éclairée, et Nous interdisons avec la plus grande rigueur de permettre que soit enseignée une position différente. Et Nous décidons que [Discipline] tous ceux qui adhèrent à l’affirmation d’une telle erreur, en disséminant de la sorte les hérésies les plus condamnables, doivent être totalement évités et punis, comme étant de détestables et abominables hérétiques et infidèles qui ébranlent la foi catholique».

Pape Pie IX, Concile du Vatican, Dei Filius, 1870, ex cathedra«Nous définissons donc comme étant complétement fausse toute assertion contraire à la vérité de la foi éclairée [Latran V, sess. 8]». (Ench. Symb. 1797 3017)

Les Naturalistes

Proverbes 5, 21-23 : «Le Seigneur regarde les voies de l’homme, et il considère tous ses pas. Ses iniquités saisissent l’impie, et par les liens de ses propres péchés, il est enchaîné. Il mourra, parce qu’il n’a pas eu de discipline, et c’est par l’excès de sa folie qu’il sera trompé».

Proverbes 4, 19 : «La voie des impies est ténébreuse ; ils ne savent où ils se précipitent».

Pape Léon XIII, Humanum genus, condamnant le relativisme philosophique
et moral de la franc-maçonnerie, 20 avr. 1884 : «le premier principe des naturalistes, c’est qu’en toutes choses, la nature ou la raison humaine doit être maîtresse et souveraine. … Ils nient que Dieu soit l’auteur d’aucune révélation. Pour eux, en dehors de ce que peut comprendre la raison humaine, il n’y a ni dogme religieux, ni vérité, ni maître en la parole de qui, au nom de son mandat officiel d’enseignement, on doive avoir foi ».

Pape Léon XIII, Humanum genus, condamnant le relativisme philosophique
et moral de la franc-maçonnerie, 20 avr. 1884 : «Les naturalistes vont encore plus loin.  … ils ne gardent même plus dans leur intégrité et dans leur certitude, les vérités accessibles à la seule lumière de la raison naturelle, telles que sont assurément l’existence de Dieu, la spiritualité et l’immortalité de l’âme».

Pape Léon XIII, Humanum genus, condamnant le relativisme philosophique
et moral de la franc-maçonnerie, 20 avr. 1884 : «les naturalistes et les francs-maçons n’ajoutent aucune foi à la Révélation que Nous tenons de Dieu, nient que le père du genre humain ait péché et, par conséquent, que les forces du libre arbitre soient d’une façon « débilitées ou inclinées vers le mal ». Tout au contraire, ils exagèrent la puissance et l’excellence de la nature et, mettant uniquement en elle le principe et la règle de la justice, ils ne peuvent même pas concevoir la nécessité de faire de constants efforts et de déployer un très grand courage pour comprimer les révoltes de la nature et pour imposer silence à ses appétits».

Pape Léon XIII, Humanum genus, condamnant le relativisme philosophique
et moral de la franc-maçonnerie, 20 avr. 1884 : « Aussi voyons-nous multiplier et mettre à la portée de tous les hommes ce qui peut flatter leurs passions. Journaux et brochures d’où la réserve et la pudeur sont bannies ; représentations théâtrales dont la licence passe les bornes ; œuvres artistiques où s’étalent avec un cynisme révoltant les principes de ce qu’on appelle aujourd’hui le réalisme ; inventions ingénieuses destinées à augmenter les délicatesses et les jouissances de la vie ; en un mot, tout est mis en œuvre pour satisfaire l’amour du plaisir avec lequel finit par se mettre d’accord la vertu endormie. Assurément ceux-là sont coupables mais, en même temps, ils sont conséquents avec eux-mêmes qui, supprimant l’espérance des biens futurs, abaissent la félicité au niveau des choses périssables, plus bas même que les horizons terrestres ».

Pape Léon XIII, Humanum genus, condamnant le relativisme philosophique
et moral de la franc-maçonnerie, 20 avr. 1884 : « voici à quoi se résume l’enseignement des naturalistes. Le mariage n’est qu’une variété de l’espèce des contrats ; il peut donc être légitimement dissout à la volonté des contractants. Les chefs du gouvernement ont puissance sur le lien conjugal. Dans l’éducation des enfants, il n’y a rien à leur enseigner méthodiquement, ni à leur prescrire en fait de religion. C’est affaire à chacun d’eux, lorsqu’ils seront en âge, de choisir la religion qui leur plaira ».

Donc les naturalistes qui sont inexcusables prônent la nature seule comme maître, et nient que la nature soit faite pour la vie surnaturelle. Ils nient Dieu, nient la grâce, nient la vie surnaturelle, nient la révélation, nient le salut, nient l’Église, nient la Foi, nient le péché originel, nient la nature déchue de l’homme, flattent leurs passions, satisfont l’amour du plaisir, nient la nature du mariage, nient l’éducation religieuse des enfants. Par conséquent ils nient l’existence du  péché (violation de la loi divine) et l’existence du diable puisqu’il lui appartiennent.

Les naturalistes sont inexcusables :

Romains 1, 18-20 : «En effet, la colère de Dieu éclate du haut du ciel contre toute impiété et toute injustice des hommes, qui, par leur injustice, retiennent la vérité captive ; car ce qui se peut connaître de Dieu, est manifeste parmi eux : Dieu le leur a manifesté. En effet ses perfections invisibles, son éternelle puissance et sa divinité sont, depuis la création du monde, rendues visibles à l’intelligence par le moyen de ses œuvres. Ils sont donc inexcusables, puisque, ayant connu Dieu, ils ne l’ont pas glorifié comme Dieu et ne lui ont pas rendu grâces ; mais ils sont devenus vains dans leurs pensées, et leur cœur sans intelligence s’est enveloppé de ténèbres ».

2 Corinthiens 4, 3 : « Et si notre Évangile est encore voilé, il est voilé pour ceux qui périssent, dont le dieu de ce monde [Satan] a aveuglé l’intelligence des incrédules, que la lumière de l’Évangile de la gloire de Christ, qui est l’image de Dieu, ne doit pas briller pour eux».

Romains 1, 28 : « Et comme ils ne se sont pas souciés de connaître Dieu, Dieu les a livrés à leur intelligence pervertie pour faire ce qui ne convient pas».

2 Thessaloniciens 2, 3, 10-11 : «… toute séduction d’iniquité pour ceux qui périssent, parce qu’ils n’ont pas reçu l’amour de la vérité afin d’être sauvés. C’est pourquoi Dieu leur enverra une opération d’erreur [puissance d’égarement], de manière qu’ils croiront au mensonge ; en sorte que soient condamnés tous ceux qui n’ont pas cru à la vérité, mais ont acquiescé [se sont complu] à l’iniquité».

Ainsi nous pouvons comprendre pourquoi les naturalistes se damnent : ils ne veulent pas de Dieu, ils croient être eux-mêmes leur propre dieu.

Saint Augustin, La Cité de Dieu, XIV, 28, 1 : «Deux amours ont fait deux cités l’amour de soi jusqu’au mépris de Dieu, la cité terrestre, l’amour de Dieu jusqu’au mépris de soi, la cité céleste. L’une se glorifie en elle-même, l’autre dans le Seigneur. L’une demande sa gloire aux hommes ; pour l’autre, Dieu témoin de sa conscience est sa plus grande gloire. L’une dans sa gloire dresse la tête ; l’autre dit à son Dieu : « Vous êtes ma gloire et vous élevez ma tête » (Ps 3, 4)».

Le Pélagianisme – Hérésie Pélagienne

Le Pélagianisme ou hérésie Pélagienne est l’hérésie de Pélage, qui considère l’homme acteur de son propre salut, qui prétend que la sainteté (perfection de la charité) peut être atteinte par la nature (par ses propres forces et par son libre arbitre) et où le rôle de la grâce divine peut ne pas être ou n’est pas indispensable. Pelagius fut condamné hérétique par le 16ème Concile de Carthage en 418, confirmé par le pape saint Zosime, pour avoir nié la nécessité de la grâce (et l’existence du péché originel) en enseignant que l’homme est capable par sa nature de choisir le bien, c-à-d que la grâce de Dieu n’est pas absolument nécessaire pour plaire à Dieu ou faire ce qui plait à Dieu. L’hérésie Pélagienne est un culte antichrist de l’homme.

Pape saint Zosime, 16ème Concile de Carthage, 418, canon 5 sur la grâce : « … Quiconque dit que la grâce de la justification nous est précisément donnée pour pouvoir accomplir plus facilement par elle ce que nous devons faire par notre libre arbitre, en sorte que, si la grâce n’était pas donnée, nous pourrions pourtant, quoique avec moins de facilité, observer sans elle les commandement de Dieu, qu’il soit anathème. Lorsqu’il parle du fruit des commandements, le Seigneur ne dit pas : « Sans moi, vous pouvez le faire plus difficilement », mais : « Sans moi, vous ne pouvez rien faire » [Jn 15, 5] ». [Texte entier Ench. Symb. Denz. 222-230]

Pape Célestin Ier, chapitres pseudo-célestiniens, Indiculus, La grâce, chap. 1, 431 : «Dans la prévarication d’Adam, tous les hommes ont perdu leur pouvoir naturel et leur innocence, et aucun ne peut, par son libre arbitre, remonter de l’abîme de cette ruine si la grâce du Dieu qui fait miséricorde ne le relève…».

Pape Célestin Ier, chapitres pseudo-célestiniens, Indiculus, La grâce, chap. 2, 431 : «Personne n’est bon par soi-même, si celui qui seul est bon ne le fait participer à lui-même…».

Pape Célestin Ier, chapitres pseudo-célestiniens, Indiculus, La grâce, chap. 3, 431 : «Personne, même renouvelé par la grâce du baptême, n’est capable de surmonter les embûches du diable, ni de vaincre les concupiscences de la chair, s’il ne reçoit de l’aide quotidienne de Dieu la persévérance dans une bonne vie…».

Pape Célestin Ier, chapitres pseudo-célestiniens, Indiculus, La grâce, chap. 5, 431 : «Personne ne lui [Dieu] plaît sinon grâce à ce qu’il [Dieu] a donné lui-même… ».

Pape Célestin Ier, chapitres pseudo-célestiniens, Indiculus, La grâce, chap. 6, 431 : «Dieu agit dans le cœur des hommes et dans le libre arbitre lui-même, de sorte qu’une sainte pensée, un pieux dessein et tout mouvement de volonté bonne viennent de Dieu…». [Texte complet : Chapitres pseudo-célestiniens ou Indiculus, La grâce, Ench. Symb. Denz. n° 238-249]

Pape Félix III, 2ème Concile d’Orange, 529, ex cathedra : « Canon 1. Si quelqu’un dit que, par l’offense résultant de la prévarication d’Adam, l’homme n’a pas été tout entier, dans son corps et dans son âme, « changé dans un état pire », et s’il croit que le corps seul a été assujetti à la corruption cependant que la liberté de l’âme demeurait intacte, trompé par l’erreur de Pélage, il contredit l’Écriture qui dit : « l’âme qui a péché périra »  (Ez 18, 20) et : « Ignorez-vous que si vous vous livrez à quelqu’un comme esclave, pour lui obéir, vous êtes esclave de celui à qui vous obéissez ? » (Rm 6, 16) et : « On est esclave de celui par qui on s’est laissé vaincre » (2 P 2, 19) ».

Pape Pie VI, Auctorem fidei, 28 août 1794, Erreurs du synode de Pistoie, ex cathedra : « 16. La doctrine du synode au sujet de l’état d’innocence heureuse telle qu’il le présente en Adam avant le péché, comme incluant non seulement l’intégrité mais aussi la justice intérieure avec l’impulsion vers Dieu par l’amour de charité et la sainteté originelle qui a été rétablie en quelque manière après la chute, dans la mesure où, prise dans son ensemble, elle donne à entendre que cet état est une conséquence de la création, un dû résultant de l’exigence naturelle et de la condition de la nature humaine, et non pas un bienfait gratuit de Dieu, elle est fausse, déjà condamnée chez Baius et Quesnel, erronée et favorise l’hérésie de Pélage ».

L’hérésie Pélagienne est aussi une hérésie de Naturalisme où la nature se passe de la grâce, ce qui est contre-nature car la nature n’est pas ordonnée pour elle-même mais pour la vie surnaturelle de la grâce.

Pape Pie IX, Syllabus des erreurs, 1864, Naturalisme : «2. On doit nier toute action de Dieu sur les hommes et sur le monde» Condamné (Allocution consistoriale Maxima quidem, 9 juin 1862)

Pape Pie IX, Syllabus des erreurs, 1864, Erreurs concernant la morale naturelle et chrétienne : «56. Les lois de la morale n’ont pas besoin de la sanction divine…» Condamné (Allocution consistoriale Maxima quidem, 9 juin 1862)

En résumé, l’hérésie pélagienne dit que l’homme peut se passer du Saint-Esprit, alors que Dieu donne par sa grâce le vouloir et le faire.

Semi-Pélagianisme – Hérésie semi-Pélagienne

L’hérésie semi-Pélagienne est la même hérésie Pélagienne, mais plus subtile et pour le début de la foi seulement. Le Semi-pélagianisme est une hérésie qui s’oppose au Pélagianisme, et prônant que le salut est un don entièrement gratuit de Dieu, mais que le début de la foi est un acte de libre arbitre sans nécessité de la grâce divine et que c’est la progression de la foi qui est l’œuvre de la grâce divine. Mais la foi catholique enseigne que la grâce est la cause du début de la foi. 

Pape Clément XI, Unigenitus, erreurs de Pasquier Quesnel, 8 sept. 1713, n° 64, ex cathedra : « Sous la malédiction de la Loi on ne fait jamais le bien, parce qu’on pèche soit en faisant le mal, soit en ne l’évitant que par la crainte » [Gal. 5, 18]. 

Pape Pie VI, Auctorem fidei, 28 août 1794, Erreurs du synode de Pistoie, ex cathedra : « 18. La doctrine du synode qui déclare : « Après la chute d’Adam, Dieu a annoncé la promesse d’un libérateur futur et voulut consoler le genre humain par l’espérance du salut que Jésus Christ devait apporter », et d’autre part : « Dieu a voulu que le genre humain passe par divers états avant que vienne la plénitude des temps » ; et d’abord pour que dans l’état de nature « l’homme laissé à ses propres lumières apprenne à se défier de la raison aveugle et quitte ses aberrations pour désirer le secours d’une lumière supérieure », cette doctrine, telle qu’elle est, est captieuse ; et si elle est entendue du désir du secours d’une lumière supérieure en vue du salut promis par le Christ, et vers quoi – est-il supposé – l’homme aurait pu se mouvoir avec ce qui lui restait de lumières propres, est suspecte, favorise l’hérésie semi- pélagienne ».

Pape Pie VI, Auctorem fidei, 28 août 1794, ex cathedra : « 20. Dans la mesure où il est donné à entendre que l’homme sous la loi a pu sans la grâce concevoir le désir de la grâce du médiateur ordonné au salut promis par le Christ, comme si « ce n’était pas la grâce elle-même qui nous a fait la demander » (2ème concile d’Orange, Can. 3), la proposition, telle qu’elle est, est captieuse, suspecte, favorise l’hérésie semi-pélagienne ».

En résumé, l’hérésie semi-pélagienne dit que l’homme peut en partie se passer du Saint-Esprit, alors que Dieu donne par sa grâce le vouloir et le faire.

Les hérésies du Pélagianisme (faux rôle de l’homme par rapport à la grâce) et semi-pélagianisme (faux rôle de l’homme par rapport au début de la grâce) consistent à accorder un rôle à l’homme qu’il n’a pas dans la grâce.

St Vincent de Lérins tenait l’hérésie matérielle semi-pélagienne

Certains des critères de St Vincent de Lérins erronés sont mélangés à d’autres justes dans son Commonitorium – Traité contre les nouveautés de toutes les hérésies. Il était un hérétique matériel semi-pélagien (pas hérétique formel) dans l’erreur de bonne foi sur ce point et avant les définitions dogmatiques condamnant le semi-pélagianisme.

L’Encyclopédie catholique, 1907-1913, Saint Vincent de Lérins : «C’était un Semi-pélagien et tellement opposé à la doctrine de St Augustin. Il est cru maintenant qu’il utilise contre Augustin son grand principe : « ce que tous les hommes ont en tout temps et partout cru doit être considéré comme vrai « . Vivant dans un centre profondément imbibé de semi-pélagianisme, les écrits de Vincent montrent plusieurs points de doctrine apparentés à Cassien ou à Faust de Riez, qui devint abbé de Lérins au moment où Vincent écrivait son Commonitorium».

Saint Vincent de Lérins plaçait (matériellement) d’une certaine manière et en partie à pied d’égalité la croyance des hommes par rapport au Magistère.

Saint Vincent de Lérins († v. 450), père de l’Église, Commonitorium, n° 2, Comment distinguer la vérité de l’erreur ? : « Quelqu’un dira peut-être ici : « Puisque le Canon des Écritures est parfait et qu’il se suffit amplement et surabondamment pour tous les cas, quel besoin y a-t-il d’y joindre l’interprétation de l’Église ? » Précisément la profondeur de l’Écriture sainte fait que tous ne l’entendent pas dans un seul et même sens. Les mêmes paroles sont interprétées par l’un d’une façon, par l’autre d’une autre, et on pourrait dire : autant il y a de commentateurs, autant d’opinions. Novatien l’explique d’une façon, Sabellius d’une autre façon, Donat d’une autre encore ; Eunome, Arius, Macédonius ont leur opinion ; Photin, Apollinaire, Priscillien ont la leur ; la leur encore Jovinien, Pélage, Célestius ; la sienne enfin Nestorius. Et c’est pourquoi il est bien nécessaire, en présence de tant d’erreurs aux multiples replis, que la ligne de l’interprétation des livres prophétiques et apostoliques soit dirigée conformément à la règle du sens ecclésiastique et catholique.

« Dans l’Église catholique elle-même, il faut veiller soigneusement à s’en tenir à ce qui a été cru partout, toujours, et par tous. Car est véritablement et proprement catholique, comme le montrent la force et l’étymologie du mot lui-même, l’universalité des choses. Et il en sera ainsi si nous suivons l’Universalité, l’Antiquité, le Consentement général. Nous suivrons l’Universalité, si nous confessons comme uniquement vraie la foi que confesse l’Église entière répandue dans l’univers ; l’Antiquité, si nous ne nous écartons en aucun point des sentiments manifestement partagés par nos saints aïeux et par nos pères ; le Consentement enfin si, dans cette antiquité même, nous adoptons les définitions et les doctrines de tous, ou du moins de presque tous les évêques et les docteurs ».

Le consentement de presque tous les évêques et les docteurs est faillible et ne vaut rien devant le Magistère, et cela n’a rien à voir avec le consentement unanime des pères et l’enseignement universel et constant des théologiens (l’enseignement universel et constant des théologiens étant nécessairement subordonné au consentement unanime des pères, et uniquement pour des points de foi ou de morale non-définis par le Magistère). Si un soi-disant consentement ou enseignement contredisait les définitions dogmatiques ou les vérités révélées du Magistère, ce serait une erreur, une hérésie matérielle, ou une hérésie formelle, à rejeter.

Les paragraphes suivants de saint Vincent contredisent ceux ci-dessus.

Saint Vincent de Lerins, père de l’Église, Comminotorium, n° 2 : « Souvent je me suis enquis avec beaucoup de zèle et d’attention, auprès de nombre d’hommes éminents par leur sainteté et leur savoir. Je leur ai posé la question : « Existe-t-il une méthode sûre, générale pour ainsi dire, et constante, au moyen de laquelle je puisse discerner la véritable foi catholique d’avec les mensonges de l’hérésie ? Et de tous j’ai toujours reçu cette réponse : « Que si moi ou tout autre, nous voulions dépister la fourberie des hérétiques, éviter de tomber dans leurs pièges et demeurer dans une foi saine (avec l’aide de Dieu) sains nous-mêmes et inentamés, il nous fallait abriter cette foi derrière un double rempart : d’abord l’autorité de la loi divine, ensuite la tradition de l’Église catholique ».

Saint Vincent de Lerins, père de l’Église, Comminotorium, n° 20 : « Celui-là est un catholique véritable et authentique qui chérit la vérité de Dieu, l’Église, corps du Christ, qui ne préfère rien à la religion divine, à la foi catholique, ni l’autorité de n’importe quel homme, ni l’amour ni le génie, ni l’éloquence ni la philosophie, mais qui méprisant tout cela et demeurant ferme et stable dans la foi, déclare ne tenir et ne croire que ce qu’il sait avoir été professé en tout temps et en tout lieu par l’Église catholique ».

Dieu a confié à Son Église l’autorité pour enseigner sans erreur possible (foi et morale), l’Église Catholique étant la gardienne du dépôt de la foi, et confiée par le Christ à Pierre, et sous sa primauté [Pierre], aux Apôtres (Église apostolique). Et ce qui est professé en tout temps et en tout lieu par l’Église catholique sans avoir été défini de quelque manière par Son Magistère infaillible est l’enseignement universel et constant des pères et à leurs suite des théologiens. Certains hérétiques emploient le terme consentement ou enseignement « commun » des théologiens pour faire valoir frauduleusement leurs hérésies.

Le concile de Trente, sur la justification, condamne le pélagianisme et le semi-pélagianisme

Le concile de Trente condamne infailliblement l’hérésie du pélagianisme et du semi-pélagianisme, c’est-à-dire l’idée que l’homme ait un mérite propre dans l’œuvre de son salut, alors qu’en vérité tout vient de la grâce de Dieu. La part de l’homme n’étant que d’accepter et de coopérer (ou obéir) librement (ou pour l’amour de Dieu) à la grâce de Dieu.

Concile de Trente, 6ème sess., ch. 5, 13 janv. 1547 ex cathedra : «Le concile déclare, en outre, que la justification elle-même chez les adultes a son origine dans la grâce prévenante de Dieu par Jésus Christ [can. 3] , c’est-à-dire dans un appel de Dieu par lequel ils sont appelés sans aucun mérite en eux. De la sorte, ceux qui s’étaient détournés de Dieu par leurs péchés, poussés et aidés par la grâce, se disposent à se tourner vers la justification que Dieu leur accorde, en acquiesçant et coopérant librement à cette même grâce [can. 4-5]. De cette manière, Dieu touchant le cœur de l’homme par l’illumination de l’Esprit Saint, d’une part l’homme lui-même n’est pas totalement sans rien faire, lui qui accueille cette inspiration qu’il lui est possible de rejeter, d’autre part, pourtant, sans la grâce de Dieu, il ne lui est pas possible, par sa propre volonté, d’aller vers la justice en présence de Dieu [can. 3]. Aussi, lorsqu’il est dit dans la sainte Écriture « Tournez- vous vers moi et moi je me tournerai vers vous » [Za 1, 3], notre liberté nous est rappelée ; lorsque nous répondons « Tourne-nous vers toi, Seigneur, et nous nous convertirons » [Lm 5, 21], nous reconnaissons que la grâce de Dieu nous prévient».

Concile de Trente, 6ème sess., ch. 16, Canon 1 sur la justification, 13 janv. 1547 ex cathedra : «Si quelqu’un dit que l’homme peut être justifié devant Dieu par ses œuvres – que celles-ci soient accomplies par les forces de la nature humaine ou par l’enseignement de la loi – sans la grâce divine venant par Jésus Christ : qu’il soit anathème [cf Ench. Symb. Denz. 1521]».

Concile de Trente, 6ème sess., ch. 16, Canon 2 sur la justification, 13 janv. 1547 ex cathedra : «Si quelqu’un dit que la grâce divine venant par Jésus Christ n’est donnée que pour que l’homme puisse plus facilement vivre dans la justice et mériter la vie éternelle, comme si, par le libre arbitre et sans la grâce, il pouvait parvenir à l’une et à l’autre chose, toutefois péniblement et difficilement : qu’il soit anathème [cf Ench. Symb. Denz. 1524 s.]».

Concile de Trente, 6ème sess., ch. 16, Canon 3 sur la justification, 13 janv. 1547 ex cathedra : «Si quelqu’un dit que, sans l’inspiration prévenante du Saint-Esprit et sans son aide, l’homme peut croire, espérer et aimer, ou se repentir, comme il le faut, pour que lui soit accordée la grâce de la justification : qu’il soit anathème [cf Ench. Symb. Denz. 1525]».

Concile de Trente, 6ème sess., ch. 16, Canon 4 sur la justification, 13 janv. 1547 ex cathedra : «Si quelqu’un dit que le libre arbitre de l’homme, mû et poussé par Dieu, ne coopère en rien quand il acquiesce à Dieu, qui le pousse et l’appelle à se disposer et préparer à obtenir la grâce de la justification, et qu’il ne peut refuser d’acquiescer, s’il le veut, mais que tel un être inanimé il ne fait absolument rien et se comporte purement passivement: qu’il soit anathème [cf Ench. Symb. Denz. 1525]».

Hérésie semi-pélagienne de faux magistère ordinaire

Cette hérésie est à la base des hérésies actuelles des hérétiques faux traditionalistes qui tentent de poser une certaine égalité entre des enseignements faillibles de l’homme et ceux infaillibles de Dieu ou masquer des enseignements infaillibles par des faillibles (ou à tenter de faire carrément passer subtilement, tel le serpent, les enseignements infaillibles après les faillibles), quand tout ce qui est faillible n’a absolument aucun poids devant l’infaillible sur quoi repose la vraie foi.

Bien que les apostats, hérétiques et schismatiques paraissent connaître le Magistère de l’Église, ils interprètent les Écritures et le Magistère en dehors de l’Église : en dehors de la règle de l’Église, de la règle de la foi, de la Tradition de l’Église, et de la discipline universelle de l’Église (loi ecclésiastique appliquant la loi divine). Ils font cela parce qu’ils ne sont pas catholiques et ne comprennent donc pas la foi catholique. Tous interprètent les Écritures hors de l’Église (comme le font les protestants) et le Magistère de l’Église, en dehors de l’Église, en dehors de la règle de l’Église, de la règle de la foi, de la Tradition de l’Église, et de la discipline universelle. C’est une abomination car l’Église catholique est infailliblement conduite par le Saint-Esprit dans son Magistère.

Le pape est seul infaillible (dans les conditions de l’infaillibilité), pas les évêques.

Pape Léon XIII, Satis cognitum, 29 juin 1896 : « Celui qui a établi Pierre comme fondement de l’Église a aussi “choisi douze de ses disciples auxquels Il a donné le nom d’Apôtres” (Luc 6, 13). De même que l’autorité de Pierre est nécessairement permanente et perpétuelle dans le Pontife romain, ainsi les évêques, en leur qualité de successeurs des Apôtres, sont les héritiers du pouvoir ordinaire des Apôtres, de telle sorte que l’ordre épiscopal fait nécessairement partie de la constitution intime de l’Église. Et quoique l’autorité des évêques ne soit ni pleine, ni universelle, ni souveraine, on ne doit pas cependant les regarder comme de simples vicaires des Pontifes romains, car ils possèdent une autorité qui leur est propre, et ils portent en toute vérité le nom de prélats ordinaires des peuples qu’ils gouvernent. … Mais le pouvoir du souverain pontife est suprême, universel et de plein droit ; celui des évêques en revanche est circonscrit par des limites précises et n’est pas de plein droit ».

Dire que l’infaillibilité dépend du corps entier des évêques est une hérésie semi-pélagienne d’un faux magistère où l’homme ou la nature prend la place de la grâce. Cette hérésie subtile qui nie le dogme de l’infaillibilité connue sous le nom d’hérésie du faux magistère ordinaire de Vacant (Le Magistère ordinaire de l’Église et ses organes, Vacant, Delhomme et Briguet, 1887) fut très répandue au 19ème siècle. On la retrouve chez Mgr F.-L.-M. Maupied (Le Syllabus et l’Encyclique Quanta Cura du 8 décembre 1864 : Commentaire théologique, canonique, historique, philosophique et politique, et réfutation des erreurs qu’il condamne), ainsi que chez Mgr Gaume (Catéchisme du Syllabus), Mgr Luigi Filippi, archevêque d’Aquila (Le Triomphe de l’Eglise au Concile du Vatican), dans les écrits de Mgr de Segur, etc.

Au 19ème siècle, beaucoup d’évêques adhéraient déjà à cette hérésie (et d’autres comme l’âme de l’Église sans le Corps, baptême de désir/sang, salut pour l’ignorant invincible, etc.). Cette hérésie du faux magistère ordinaire qui considère le Pape infaillible avec les Évêques ou pas sans les évêques ou les évêques infaillibles eux-mêmes, se retrouve aujourd’hui chez de nombreux hérétiques faux traditionalistes.

Pape Grégoire XVI, Mirari vos, 15 août 1832 : « Que tous s’en souviennent : le jugement sur la saine doctrine dont on doit nourrir le peuplele gouvernement et l’administration de l’Église entière appartiennent au Pontife romain, « à qui a été confié, par Notre-Seigneur Jésus-Christ », comme l’ont si clairement déclaré les Pères du concile de Florence, « le plein pouvoir de paître, de régir et de gouverner l’Église universelle » (Conc. Flor. sess. XXV, in definit. apud Labb. tom XVIII, col. 528. edit. Venet.) ».

Pape Pie IX, Concile Vatican I, 1870, Session 4, Chap. 4 : « … lorsque le pontife romain parle ex cathedra, c’est-à-dire lorsque, remplissant sa charge de pasteur et de docteur de tous les chrétiens, il définit, en vertu de sa suprême autorité apostolique, qu’une doctrine en matière de foi ou de morale doit être tenue par toute l’Église, il jouit, en vertu de l’assistance divine qui lui a été promise en la personne de saint Pierre, de cette infaillibilité dont le divin Rédempteur a voulu que soit pourvue son Église lorsqu’elle définit la doctrine sur la foi ou la morale ; par conséquent, ces définitions du pontife romain sont irréformables par elles-mêmes et non en vertu du consentement de l’Église ».

Concile du Vatican, 3ème session, chapitre 3, 1870 : «Ajoutons qu’on doit croire de foi divine et catholique tout ce qui est contenu dans la Parole de Dieu, écrite ou transmise par la Tradition, et que l’Église propose à croire comme divinement révélé, soit par un jugement solennel, soit par son magistère ordinaire et universel».

Quand un pape dit ou écrit (ou un décret qu’il approuve) qu’un enseignement fait partie de la Révélation, ou est condamné comme contraire à la Révélation, c’est le Magistère ordinaire, cela doit être cru de foi divine et catholique, c’est-à-dire que le « Magistère déclare que telle ou telle vérité fait partie de l’ensemble de la doctrine révélée » :

Pape Léon XIII, Satis cognitum, 29 juin 1896 : « Toutes les fois donc que la parole de ce Magistère déclare que telle ou telle vérité fait partie de l’ensemble de la doctrine révélée, chacun doit croire avec certitude que cela est vrai ».

Pape Pie IX, Tuas libenter, 21 déc. 1863 : « …ce que le magistère ordinaire de toute l’Église répandue dans l’univers transmet comme divinement révélé et, par conséquent, qui est retenu d’un consensus universel et constant par les théologiens catholiques, comme appartenant à la foi ».

Pape St Pie X, Pascendi Dominici gregis, sur la doctrine des modernistes, 8 sept. 1907, n° 38 : «…dans le Concile du Vatican. La doctrine de loi que Dieu a révélée n’a pas été proposée aux intelligences comme une intention philosophique qu’elles eussent à perfectionner, mais elle a été confiée comme un dépôt divin à l’Épouse de Jésus-Christ pour être par elle fidèlement gardée et infailliblement interprétée. C’est pourquoi aussi le sens des dogmes doit être retenu tel que notre Sainte Mère l’Église l’a une fois défini, et il ne faut jamais s’écarter de ce sens, sous le prétexte et le nom d’une plus profonde intelligence (Dei Filius, ch. 4).  … le Concile du Vatican poursuit : Que l’intelligence, … croisse et progresse dans le fidèle comme dans toute l’Église, d’âge en âge, de siècle en siècle : mais seulement dans son genre, c’est-à-dire selon le même dogme, le même sens, la même acception (Dei Filius, ch. 4)».

Pape Pie XI, Mortalium Animos, 6 janv. 1928 : « le magistère de l’Église – lequel, suivant le plan divin, a été établi ici-bas pour que les vérités révélées subsistent perpétuellement intactes et qu’elles soient transmises facilement et sûrement [Tradition] à la connaissance des hommes … cet usage extraordinaire du magistère n’introduit aucune nouveauté à la somme des vérités qui sont contenues, au moins implicitement, dans le dépôt de la Révélation confié par Dieu à l’Église ; mais ou bien il rend manifeste ce qui jusque là pouvait peut-être paraître obscur à plusieurs, ou bien il prescrit de regarder comme de foi ce que, auparavant, certains mettaient en discussion».

Pape Pie XII, Humani generis, n° 21, 12 août 1950 : «Ce dépôt de la foi dont notre divin Rédempteur a donné une interprétation authentique, non à chacun des fidèles, ni même aux théologiensmais seulement à l’autorité d’enseignement de l’Église [Magistère]».

Le Magistère ordinaire est infaillible, c’est l’enseignement commun et universel des papes de la Chaire de saint Pierre proposé à croire comme divinement révélé. Par exemple, un pape qui reprend ou réitère l’idée d’un dogme, ou «L’Église a toujours enseigné…» ou «c’est une vérité révélée» ou «c’est l’unanimité des pères», ou «contraire à la révélation», ou «conformément à l’unanimité des pères», ou «c’est de droit divin», etc., c’est le Magistère ordinaire.

Exemple de ce qu’est le vrai magistère ordinaire :  Ch. 4. Autres papes à propos de Hors de l’Église pas de Salut

En résumé, l’hérésie semi-pélagienne de faux magistère ordinaire dit que le faillible est infaillible. Tout écrit faillible n’a aucun poids devant les définitions dogmatique et devant le Magistère ordinaire de l’Église. Tout fidèle catholique doit plier devant le Magistère solennel (dogme révélé) et le Magistère ordinaire (vérité à croire de foi divine et catholique faisant partie de la révélation). Un vrai catholique fonde sa foi sur le magistère d’abord et non pas sur les théologiens, même saints, pères ou docteurs qui sont faillibles, dont les écrits faillibles peuvent être erronés, et qui n’ont aucun poids devant le Magistère de l’Église. 

 

L’enseignement de l’Église condamne le naturalisme et ses dérivés : athéisme, matérialisme, panthéisme, théologie naturelle, déisme, rationalisme, fidéisme, agnosticisme, mythologisme, philosophie et théologie libre

Pape Pie IX, Concile Vatican I, constitution dogmatique Dei Filius, 3ème session, ch. 4, Canons, 24 avril 1870 ex cathedra :

I. Dieu, créateur de toutes choses

Contre toutes les erreurs concernant l’existence de Dieu créateur

 « 1. Si quelqu’un refuse d’admettre qu’il y a un seul Dieu vrai, créateur et Seigneur des choses visibles et invisibles, qu’il soit anathème».

Contre le matérialisme

« 2. Si quelqu’un ne rougit pas d’affirmer qu’il n’existe rien en dehors de la matière, qu’il soit anathème».

Contre le Panthéisme et ses différentes formes

« 3. Si quelqu’un dit que la substance ou l’essence de Dieu et de tous les êtres est une et identique, qu’il soit anathème.

« 4. Si quelqu’un dit que les choses finies, soit corporelles soit spirituelles, ou au moins les spirituelles, sont émanées de la substance divine, ou que l’essence divine devient toute chose en se manifestant ou en évoluant, ou enfin que Dieu est l’être universel ou indéfini, qui, en se déterminant, constitue l’universalité des choses, distinctes en genres, espèces et individus, qu’il soit anathème».

Contre Panthéistes et matérialistes contre les Günthériens, et les Hermésiens.

« 5. Si quelqu’un ne confesse pas que le monde et toutes les réalités qu’il contient, spirituelles et matérielles, ont été produits de Dieu dans la totalité de leur substance, ou s’il dit que Dieu n’a pas créé par une volonté libre de toute nécessité, mais aussi nécessairement qu’il s’aime lui-même, ou s’il nie que le monde ait été créé pour la gloire de Dieu, qu’il soit anathème».

II. La Révélation

Contre ceux qui nient la théologie naturelle

« 1. Si quelqu’un dit que le Dieu unique et véritable, notre Créateur et Seigneur, ne peut être connu avec certitude par ses œuvres grâce à la lumière naturelle de la raison humaine, qu’il soit anathème».

Contre le déisme

« 2. Si quelqu’un dit qu’il est impossible ou inutile que l’homme soit instruit par la Révélation divine sur Dieu et sur le culte qu’il faut lui rendre, qu’il soit anathème».

Contre le rationalisme sans limites

« 3. Si quelqu’un dit que l’homme ne peut être élevé par Dieu à une connaissance et à une perfection qui dépassent celles qui lui sont naturelles, mais qu’il peut et doit par lui-même arriver finalement à la possession du vrai et du bien par un progrès continuel, qu’il soit anathème».

Contre la critique de la Bible par les rationalistes

« 4. Si quelqu’un ne reçoit pas les livres de la sainte Écriture comme sacrés et canoniques, dans leur intégrité et avec toutes les parties, tels qu’ils sont énumérés par le saint concile de Trente [Denz. 1501-1508], ou s’il nie qu’ils soient divinement inspirés, qu’il soit anathème».

III. La foi

Contre l’autonomie de la raison

« 1. Si quelqu’un dit que la raison humaine est si indépendante que Dieu ne puisse exiger d’elle la foi, qu’il soit anathème.

« 2. Si quelqu’un dit que la foi divine n’est pas distincte de la connaissance naturelle que l’on peut avoir de Dieu et des règles de la moralité, et que, par suite, il n’est pas requis pour la foi divine que l’on croie à la vérité révélée à cause de l’autorité de Dieu qui révèle, qu’il soit anathème».

Contre le fidéisme

« 3. Si quelqu’un dit que la Révélation divine ne peut être rendue croyable par des signes extérieurs et que, dès lors, les hommes doivent être poussés à la foi uniquement par leur expérience intérieure personnelle ou par une inspiration privée, qu’il soit anathème».

Contre l’agnosticisme et le mythologisme

« 4. Si quelqu’un dit qu’il ne peut pas y avoir de miracle et qu’en conséquence tous les récits qui les mentionnent, même ceux qui se trouvent dans la sainte Écriture, doivent être rejetés comme des fables ou des mythes, ou que les miracles ne peuvent jamais être connus avec certitude ni servir à prouver efficacement l’origine de la religion chrétienne, qu’il soit anathème».

Contre les hermésiens

« 5. Si quelqu’un dit que l’assentiment de la foi chrétienne n’est pas libre, mais qu’il est produit nécessairement par les arguments de la raison humaine, ou que la grâce de Dieu est seulement nécessaire pour la foi vivante qui opère par la charité [Ga 5, 6], qu’il soit anathème.

« 6. Si quelqu’un dit que les fidèles sont dans la même condition que ceux qui ne sont pas encore parvenus à l’unique foi véritable, en sorte que les catholiques pourraient avoir un juste motif, en suspendant leur assentiment, de révoquer en doute la foi qu’ils ont reçue sous le magistère de l’Église jusqu’à ce qu’ils aient terminé la démonstration scientifique de la crédibilité et de la vérité de leur foi, qu’il soit anathème».

IV. La foi et la raison

Contre les écoles philosophiques et théologiques plus libres

« 1. Si quelqu’un dit que la Révélation divine ne contient aucun mystère véritable et proprement dit, mais que tous les dogmes de la foi peuvent être compris et démontrés par la raison, convenablement cultivée, à partir des principes naturels, qu’il soit anathème.

« 2. Si quelqu’un dit qu’on doit traiter les disciplines humaines avec une liberté telle que, même si leurs affirmations s’opposent à la doctrine révélée, elles peuvent être reconnues comme vraies et ne peuvent être interdites par l’Église, qu’il soit anathème.

« 3. Si quelqu’un dit qu’il est possible que les dogmes proposés par l’Église se voient donner parfois, par suite du progrès de la science, un sens différent de celui que l’Église a compris et comprend encore, qu’il soit anathème».

Épilogue

« C’est pourquoi, remplissant notre charge pastorale, Nous conjurons par l’amour de Jésus Christ tous les fidèles du Christ, surtout ceux qui exercent une certaine autorité ou ceux qui ont la charge d’enseigner les autres, et Nous leur ordonnons, pour l’amour de Jésus Christ et par l’autorité de notre Dieu et Sauveur, d’apporter les efforts de leur zèle pour écarter et éliminer ces erreurs de la sainte Église catholique et pour répandre la lumière de la très pure foi. Mais comme il ne suffit pas d’éviter la perversité de l’hérésie si l’on ne fait aussi très attention à fuir les erreurs qui en sont plus ou moins proches, Nous avertissons tous les fidèles du devoir qu’ils ont d’observer aussi les constitutions et les décrets par lesquels le Saint-Siège proscrit et prohibe les opinions perverses qui ne sont pas mentionnées explicitement dans le présent document ».

Différents aspects du naturalisme condamnés par l’Église

L’hérésie naturaliste du panthéisme (Dieu et la nature sont un) :

Pape Pie IX, Syllabus, 1864, erreur condamnée n° 1 : Il n’existe (ASS III, 1867, n° 168) aucun Être divin, suprême, parfait dans sa sagesse et sa providence, qui soit distinct de l’univers, et Dieu est identique à la nature des choses, et par conséquent assujetti aux changements ; Dieu, par cela même, se fait dans l’homme et dans le monde, et tous les êtres sont Dieu et ont la propre substance de Dieu. Dieu est ainsi une seule et même chose avec le monde, et par conséquent l’esprit avec la matière, la nécessité avec la liberté, le vrai avec le faux, le bien avec le mal, et le juste avec l’injuste (Maxima quidem, 9 Juin 1862). – Condamnée

Le faux concept naturaliste de l’inaction de Dieu sur les hommes et le monde :

Pape Pie IX, Syllabus, 1864, erreur condmnée n° 2 : On doit nier toute action de Dieu sur les hommes et sur le monde (Idem). – Condamnée

Le faux concept naturaliste que la raison naturelle est elle-même sa loi :

Pape Pie IX, Syllabus, 1864, erreur condamnée n° 3 : La raison humaine, considérée sans aucun rapport à Dieu, est l’unique arbitre du vrai et du faux, du bien et du mal : elle est à elle-même sa loi, elle suffit par ses forces naturelles à procurer le bien des hommes et des peuples (Id.). – Condamnée

Le faux concept naturaliste que la connaissance des vérités de la religion (Révélation divine) découle de la raison naturelle :

Pape Pie IX, Syllabus, 1864, erreur condamnée n° 4 : Toutes les vérités de la religion découlent de la force native de la raison humaine ; d’où il suit que la raison est la règle souveraine d’après laquelle l’homme peut et doit acquérir la connaissance de toutes les vérités de toute espèce (Qui pluribus, 9 novembre 1846 ; Singulari quidem, 17 mars 1856 ; Id.). – Condamnée

Le faux concept naturaliste que la Révélation divine est sujette au progrès :

Pape Pie IX, Syllabus, 1864, erreur condamnée n° 5 : La révélation divine est imparfaite, et par conséquent sujette à un progrès continuel et indéfini correspondant au développement de la raison humaine (Qui pluribus, Maxima quidem). – Condamnée

Le faux concept naturaliste d’opposition de la foi et de la raison :

Pape Pie IX, Syllabus, 1864, erreur condamnée n° 6 : La foi du Christ est en opposition avec la raison humaine, et la révélation divine non seulement ne sert de rien, mais encore elle nuit à la perfection de l’homme (Id. ; Id.). – Condamnée

Le faux concept naturaliste de l’origine humaine naturelle de la foi :

Pape Pie IX, Syllabus, 1864, erreur condamnée n° 7 : Les prophéties et les miracles racontés dans les saintes Écritures sont des fictions poétiques, et les mystères de la foi chrétienne sont le résumé d’investigations philosophiques ; dans les livres des deux Testaments sont contenues des inventions mythiques, et Jésus-Christ lui-même est un mythe (Id. ; Id.). – Condamnée

Le faux concept naturaliste de liberté de religion d’après la raison

Pape Pie IX, Syllabus, 8 déc. 1864, erreur condamnée n° 15 : «Il est libre à chaque homme d’embrasser et de professer la religion qu’il aura réputée vraie d’après la lumière de la raison» – Condamnée.

Le faux concept naturaliste du salut éternel de n’importe quelle religion :

Pape Pie IX, Syllabus, erreur condamnée n° 16 : «Les hommes peuvent trouver le chemin du salut éternel et obtenir ce salut éternel dans le culte de n’importe quelle religion» Condamnée.

La fausse idée naturaliste que la Révélation divine est acquise par l’homme :

Pape saint Pie X, décret Lamentabili, 1907, erreur condamnée n° 20 : La Révélation n’a pu être autre chose que la conscience acquise par l’homme des rapports existants entre Dieu et lui. Condamnée

La fausse idée naturaliste que les vérités du ciel sont formées par l’esprit humain :

Pape saint Pie X, décret Lamentabili, 1907, erreur condamnée n° 22 : Les dogmes que l’Église déclare révélés ne sont pas des vérités descendues du ciel, mais une certaine interprétation de faits religieux que l’esprit humain s’est formée par un laborieux effort. Condamnée

La fausse idée naturaliste que le dogme vient de la conscience humaine :

Pape saint Pie X, décret Lamentabili, 1907, erreur condamnée n° 27 : La divinité de Jésus-Christ ne se prouve pas par les Évangiles ; mais c’est un dogme que la conscience chrétienne a déduit de la notion du Messie. – Condamnée

La fausse idée naturaliste que la doctrine chrétienne est conçue par la conscience humaine :

Pape saint Pie X, décret Lamentabili, 1907, erreur condamnée n° 31 : La doctrine christologique de Paul, de Jean et des Conciles de Nicée, d’Éphèse, de Chalcédoine, n’est pas celle que Jésus a enseignée, mais celle que la conscience chrétienne a conçue au sujet de Jésus.  Condamnée

La fausse idée naturaliste que la vérité évolue avec l’homme :

Pape saint Pie X, décret Lamentabili, 1907, erreur condamnée n° 58 : La vérité n’est pas plus immuable que l’homme lui-même, car elle évolue avec lui, en lui et par lui Condamnée

La fausse opinion naturaliste qui considère que les religions sont toutes plus ou moins bonnes :

Pape Pie XI, Mortalium Animos, n° 2, 6 janvier 1928 : «… cette fausse opinion qui considère que les religions sont toutes plus ou moins bonnes et louables…  Non seulement ceux qui soutiennent cette opinion sont dans l’erreur et trompés, mais aussi en pervertissant la notion de la vraie religion, ils la rejettent et versent dans le naturalisme et l’athéisme [c’-à-d. l’apostasie]».

 

Plus de détails sur le naturalisme

Encyclopédie catholique 1907-1915, Naturalisme : «Mais, comme les termes nature et naturel sont eux-mêmes utilisés dans plus d’un sens, le terme naturalisme est également loin d’avoir un sens fixe.

«(I) Si la nature est entendu dans le sens restreint de physique ou matériel, la nature, le naturalisme serait la tendance à regarder l’univers matériel comme la seule réalité, pour réduire toutes les lois à des uniformités mécaniques, et pour nier le dualisme de l’esprit et la matière. Les processus mentaux et moraux ne seront que des manifestations spéciales de la matière rigoureusement régie par ses lois.

«(II) Le dualisme de l’esprit et de la matière peut être admis, mais seulement comme un dualisme de modes ou apparences de la même substance identique. La nature comprend des phénomènes multiples et un substrat commun des phénomènes, mais pour son cours réel et son ultime explication, cela ne nécessite aucun principe distinct de lui-même. Dans cette hypothèse, le naturalisme nie l’existence d’une cause transcendante du monde et cherche à donner un compte rendu complet de tous les processus par le déploiement des puissances essentielles à l’univers en vertu des lois qui sont nécessaires et éternelles.

«(III) Finalement, si l’existence d’une Première Cause transcendante, ou Dieu personnel, est admise comme la seule explication satisfaisante du monde, le Naturalisme revendique que les lois dirigeant l’activité et le développement d’êtres irrationnels et d’êtres raisonnables n’ont jamais interféré. Il nie la possibilité, ou au moins le fait, de n’importe quelle intervention transitoire de Dieu dans la nature et de n’importe quelle révélation et d’ordre surnaturel permanent pour l’homme.

«Ces trois formes ne sont pas mutuellement exclusives ; ce que la troisième nie, la première et la deuxième, a fortiori, le nieraient aussi ; toutes sont d’accord pour rejeter toute explication qui aurait recours à des causes hors de la nature. Les raisons de cette négation – c’est-à-dire les vues philosophiques de la nature sur lesquels elle est fondée – et, en conséquence, la mesure pour laquelle les explications dans la nature elle-même sont tenues pour suffire, varient grandement et constituent des différences essentielles entre ces trois tendances.

(I) Naturalisme matérialiste [matérialisme, mécanisme, athéisme]

«Le naturalisme matérialiste affirme que la matière est la seule réalité, et que toutes les lois de l’univers sont réductibles à des lois mécaniques. Que la théorie puisse tenir concernant l’essence de la matière fait peu de différence ici. Que la question soit considérée comme continue ou composée de deux atomes distants les uns des autres, comme étant exclusivement l’extension ou également dotés d’un principe interne d’activité, ou même comme étant seulement un agrégat de centres d’énergie sans aucune extension réelle (voir atomisme ; Dynamisme ; Mécanisme), l’attitude du naturalisme est la même. Il affirme que toutes les réalités dans le monde, y compris les processus de la conscience du plus bas au plus haut, ne sont que des manifestations de ce que nous appelons la matière, et obéissent aux mêmes lois nécessaires. Alors que certains peuvent limiter leur compte matérialiste de la nature elle-même, et admettre l’existence d’un Créateur du monde, ou du moins laisser cette question ouverte, la tendance générale du matérialisme va vers l’athéisme et le naturalisme exclusif. Les premiers philosophes grecs se sont efforcés de réduire la nature à l’unité en pointant un élément primordial duquel toutes choses furent composées. Leurs points de vue étaient, au moins implicitement, animistes [toutes choses animées d’une âme] ou hylozoistes [vie et matière indissolublement liées] plutôt que matérialistes, et la vague fonction formative qui nous est attribué par Anaxagore, ou principe rationnel, n’était qu’une exception au naturalisme qui prévaut. Le pur mécanisme a été développé par les atomistes (Démocrite, Épicure, Lucrèce), et l’âme elle-même avait lieu d’être composée d’atomes spécifiques plus subtils. Dans l’ère chrétienne, le matérialisme dans sa forme exclusive est représenté en particulier par l’école française de la seconde moitié du XVIIIe siècle et l’école allemande de la seconde moitié du XIXème siècle. Puisque la matière est la seule réalité, quoi que ce soit qui ait lieu dans le monde est le résultat de causes matérielles et doit être expliqué par des antécédents physiques sans téléologie [étude de la finalité]. La vie est un problème complexe de physique et de chimie ; la conscience est une propriété de la matière ; la pensée rationnelle est réduite à la sensation, et la volonté comme l’instinct. L’esprit est un accompagnement impuissant ou épiphénomène de certaines formes ou groupements de la matière, et, si elle était supprimée complètement, le monde entier procéderait encore exactement de la même façon. L’homme est un automate conscient dont l’activité mentale ainsi que physiologique, est déterminé par des antécédents matériels. Ce que nous appelons la personne humaine n’est qu’une phase transitoire du régime spécial d’éléments matériels donnant lieu à des résultats mentaux particuliers ; et il va sans dire que dans un tel système, il n’y a pas de place pour la liberté, la responsabilité, ou l’immortalité personnelle. (Encyclopédie catholique 1907-1915, Naturalisme, I)

(II) Panthéisme [monisme, agnosticisme, évolutionnisme]

Le panthéisme dans ses diverses formes affirme que Dieu, la réalité première, raison d’être du monde ou absolu, n’est pas transcendant et personnel, mais immanent dans le monde, et que les phénomènes de la nature ne sont que des manifestations de cette une substance commune. Pour les stoïciens, Il est la raison immanente, l’âme du monde, communiquant partout l’activité et la vie. Selon Scot Erigène, « Dieu est l’essence de toutes choses, car il est seul véritablement » (De divisione naturae, III) ; la nature comprend la totalité des êtres et est divisé en (1) nature et création non traitée, à savoir, Dieu comme l’origine de toutes choses, inconnaissable même à lui-même ; (2) nature créée et création, à savoir, Dieu comme contenant les types et les modèles de toutes choses ; (3) nature créé et non-création, à savoir, le monde des phénomènes dans l’espace et le temps qui sont tous des participations de l’être divin et aussi des théophanies ou manifestations de Dieu ; (4) ni création ni nature créée, à savoir, Dieu comme la fin de toutes choses à qui toutes les choses reviennent en fin de compte. Giordano Bruno professe aussi que Dieu et la nature sont identiques, et que le monde des phénomènes est comme la manifestation de la substance divine qui travaille dans la nature et l’anime. Selon Spinoza, Dieu est une substance qui se déroule à travers les attributs, dont deux, l’extension et la pensée, nous sont connus. Ces attributs se manifestent par un certain nombre de modes qui sont les déterminations finies de la substance infinie. Comme substance absolue, Dieu est natura naturans ; comme se manifestant à travers les différents modes de phénomènes, il est natura natura. Aujourd’hui le monisme reproduit essentiellement les mêmes théories. L’esprit ne se réduit pas à une propriété  ou épiphénomène de la matière, mais la matière et l’esprit sont comme parallèles ; ils procèdent ensemble comme des phénomènes ou des aspects d’une même réalité ultime. Quelle est cette réalité ? Pour certains, explicitement ou implicitement, elle est plutôt conçue comme un matériau, et nous retombons dans matérialisme ; pour d’autres elle est proclamée être plus près de l’esprit que de la matière, et donc entraîner divers systèmes et tendances idéalistes ; pour d’autres, enfin, elle est déclarée être strictement inconnue et inconnaissable, et donc moniste. Le naturalisme entre en contact étroit avec l’agnosticisme. Quoi qu’il en soit, finalement, la nature est essentiellement une ; elle n’exige rien en dehors d’elle-même, mais elle trouve en elle-même son explication adéquate. Soit l’esprit de l’homme est incapable de toute connaissance portant sur la question des origines, soit cette question elle-même n’a pas de sens, puisque les deux la nature et ses processus de développement sont éternels.

«Les changements simultanés ou successifs qui se produisent dans le résultat du monde sont nécessairement des lois de la nature essentielles, parce que la nature est infiniment riche en potentialités dont l’actualisation progressive constitue le processus sans fin de l’évolution inorganique, organique, et mentale. L’évolution et la différenciation d’une substance selon ses propres lois et sans l’agence de direction d’une intelligence transcendante sont une des suppositions de base du Naturalisme Monistique et Agnostique. Il n’est pas possible non plus de voir comment cette forme de Naturalisme peut systématiquement échapper aux conséquences du Naturalisme Matérialiste. Le surnaturel est impossible ; à aucune étape il ne peut y avoir n’importe quelle liberté ou responsabilité ; mais l’homme n’est qu’une manifestation spéciale ou un mode de la substance commune, y compris en lui-même le double aspect de matière et conscience. De plus, puisque Dieu, ou plutôt « le divin », comme certains le disent, doit être trouvé dans la nature, avec laquelle il est identifié, la religion peut seulement être réduite à certains sentiments d’admiration, la crainte, la révérence, la peur, etc., causée dans l’homme par la considération de la nature, ses lois, ses beautés, les énergies et des mystères. Ainsi, parmi les sentiments appartenant à la « religion naturelle« , Haeckel mentionne  » l’étonnement avec lequel nous contemplons les cieux étoilés et la vie microscopique dans une goutte d’eau, la crainte qui nous trace le merveilleux travail de l’énergie dans le mouvement de la matière, la vénération avec laquelle nous saisissons la domination universelle de la loi de substance à travers l’univers  » (« Die Welträthsel », Bonn, 1899, V, XVIII, 396-97 ; tr McCabe, New York, 1900, 344). (Encyclopédie catholique 1907-1915, Naturalisme, II)

(III) Activité excessivement limitée de Dieu dans le monde [rationalisme et déisme]

«Pour ceux qui admettent l’existence d’une cause première transcendante de l’univers, le naturalisme consiste essentiellement à une limitation excessive de l’activité de Dieu dans le monde. Dieu est unique Créateur, pas Providence ; Il ne peut pas, ou ne doit pas, interférer avec le cours naturel des événements, ou il ne le fit jamais, ou, au moins, le fait de Lui ne peut jamais être établi. Même si l’âme de l’homme est considérée comme spirituelle et immortelle, et si, parmi les activités humaines, dont certaines sont exemptées du déterminisme des agents physiques et reconnues pour être libres, tout cela est dans la nature, ce qui comprend les lois régissant les esprits ainsi que celles régissant la matière. Mais ces lois sont suffisantes pour tenir compte de tout ce qui se passe dans le monde de la matière ou de l’esprit. Cette forme de naturalisme est en relation étroite avec le rationalisme et le déisme. Une fois établi par Dieu, l’ordre de la nature est immuable et l’homme est doté par la nature de tout ce qui est exigé même pour son développement religieux et moral. Les conséquences sont claires : les miracles, c’est-à-dire les effets produits par Dieu lui-même et transcendant les forces de la nature, doivent être rejetés. Les prophéties et des événements miraculeux prétendus sont explicables par le connu, ou les lois de nature jusqu’ici inconnues, ou s’ils ne sont pas ainsi explicables, leur événement doit lui-même être nié et la croyance en leur réalité attribuée à l’observation défectueuse. Ainsi, pour le religieux et moral, aussi bien que pour des vérités scientifiques, la raison humaine est la seule source de connaissance, le fait d’une Révélation Divine est rejeté et le contenu d’une telle révélation supposée peut être accepté seulement dans la mesure où ils sont rationnels ; croire aux mystères est absurde. N’ayant pas de destinée surnaturelle, l’homme n’a pas besoin de moyen – ni de grâce sanctifiante surnaturelle comme principe permanent pour donner à ses actions une valeur surnaturelle, ni la grâce actuelle pour éclairer son esprit et pour renforcer sa volonté. La chute de l’homme, les mystères de l’Incarnation et de la Rédemption, avec leurs implications et leurs conséquences, ne peuvent trouver place dans un credo naturaliste. Les prières et sacrements ont seulement des résultats naturels explicables par des raisons psychologiques de confiance avec laquelle ils inspirent ceux qui les utilisent. Si l’homme doit avoir une religion pour tout, elle est seulement ce qui dicte sa raison. Le naturalisme est directement opposé à la religion chrétienne. Mais même dans le giron du christianisme, entre ceux qui admettent une révélation divine et un ordre surnaturel, plusieurs tendances naturalistes sont trouvées. Tels sont celles des pélagiens et Semi-pélagiens, qui minimisent la nécessité et les fonctions de la grâce divine ; Baius, qui affirme que l’élévation de l’homme était une exigence de sa nature ; de nombreuses sectes, en particulier chez les protestants libéraux, tombent dans plus ou moins dans le rationalisme radical ; et d’autres qui cherchent à restreindre dans des limites trop étroites l’agencement divin dans l’univers. (Encyclopédie catholique 1907-1915, Naturalisme, III)

(IV) Considérations générales. Conséquences.

«Des principes fondamentaux du naturalisme sont tirées quelques conséquences importantes dans les sciences esthétiques, politiques, et éthiques. Dans l’esthétique, le naturalisme repose sur l’hypothèse que l’art doit imiter la nature sans aucune idéalisation et sans aucun égard aux lois morales.

«Le naturalisme social et politique enseigne que  » l’intérêt supérieur de la société publique et le progrès civil exigent que dans la constitution et le gouvernement de la société humaine pas plus d’attention ne devrait être accordée à la religion que s’il n’y avait aucune religion du tout, ou du moins qu’aucune distinction ne devrait être faite entre religion vraie et fausse » (Pie IX, Encycl. « Quanta cura », 8 décembre 1864 ex cathedra). Léon XIII, lui, établit que  » la profession intégrale de la foi catholique n’est en aucune façon compatible avec les opinions naturalistes et rationalistes, dont la totalité et la substance s’éloignent en tout des institutions chrétiennes, et, sans tenir compte des droits de Dieu, attribuent à l’homme l’autorité suprême dans la société  » (Encycl. « Immortale Dei », 1er novembre 1885). De plus, comme des organismes individuels, des organismes sociaux obéissent aux lois fatales de développement ;  tous les événements sont les résultats nécessaires d’antécédents complexes, et la tâche de l’historien est de les enregistrer et de suivre les lois de leurs séquences, qui sont aussi strictes que celles des séquences du monde physique.

«Dans l’éthique, la vague supposition selon laquelle la nature est le guide suprême des actions humaines peut être appliquée de nombreuses façons différentes. Déjà le principe des stoïciens, formulé d’abord par Zeno, selon lequel nous devons vivre de façon uniforme [cohérente] ou harmonieusement (en grec : omologoumenos, pour zen) et déclaré plus explicitement par Cléanthe selon lequel l’obligation de vivre en conformité avec la nature (en grec : omologoumenoz te phusei, pour zen), a donné lieu à plusieurs interprétations, certaines compréhensions de la nature exclusivement comme la nature humaine, d’autres surtout comme l’univers entier. De plus, comme l’homme a de nombreuses tendances naturelles, des désirs et des appétits, on peut se demander s’il est moral de tous les suivre sans distinction ; et quand ils sont contradictoires ou incompatibles, de sorte qu’un choix doit être fait, pour quel motif certaines activités doivent avoir une préférence sur les autres ? Avant les stoïciens, les cyniques, tant en théorie qu’en pratique, avaient fondé leurs règles de conduite sur le principe selon lequel rien de naturel ne peut être moralement répréhensible. Coutumes opposées, conventions, raffinement et culture, ont été forcées de revenir au pur état de nature. Rousseau, de même, regarde l’organisation sociale comme un mal nécessaire qui contribue à l’élaboration de normes conventionnelles de la morale. L’homme, selon lui, est naturellement bon, mais se déprave par l’éducation et par le contact avec d’autres hommes. Ce même thème d’opposition entre nature et culture, et la supériorité de l’ancienne, est un des thème favori avec Tolstoï. Selon Nietzsche, les normes actuelles de la vertu sont contre la nature, et, parce qu’elles favorisent les pauvres, les faibles, la souffrance, la misère, en félicitant ces sentiments de charité, de compassion, de pitié, d’humilité, etc., elles sont des obstacles à la voie du vrai progrès. Pour le progrès de l’humanité et le développement du « superhomme », il est essentiel de revenir à la norme primitive et naturelle de la morale, qui est l’énergie, l’activité, la force et la supériorité ; le plus puissant est aussi le meilleur.

«Si on considère le naturalisme éthique dans sa relation avec les trois vues philosophiques expliquées ci-dessus, il signifie parfois seulement le rejet de n’importe quels devoirs basés sur une Révélation Divine, et l’Assomption [la montée] que la seule source de vrai et de faux est la raison humaine. En général, cependant, cela signifie la tendance plus radicale de traiter la science morale de la même manière que la science naturelle. Il n’y a de liberté nulle part, mais une nécessité absolue partout. Toutes les actions humaines, ainsi que les événements physiques, sont des résultats nécessaires d’antécédents qui sont eux-mêmes nécessaires. La loi morale, avec sa distinction essentielle de bonne et mauvaise conduite, n’est pas une norme objective, mais un simple résultat subjectif des associations et des instincts développé à partir de l’expérience utile et agréable, ou de la néfaste et douloureuse, des conséquences de certaines actions. C’est, néanmoins, un motif qui incite à agir dans certaines directions, mais dont l’efficacité est strictement déterminée par le degré de son intensité chez un individu donné par rapport à la résistance qu’il rencontre de la part des idées antagoniques. Ainsi, la science de l’éthique n’est pas normative : elle ne traite pas de lois existant antérieurement aux actions humaines et auxquelles celles-ci doivent obéir. Cela est génétique et tente de faire, pour des actions humaines comme le font les sciences naturelles pour des phénomènes physiques, en somme, découvrir, par une inférence [passage d’une assertion considérée vraie à une autre par un système de règles] des faits de la conduite humaine, les lois auxquelles il arrive de se conformer. Il est impossible d’exposer en détail l’attitude de l’Église catholique envers les suppositions, les implications et les conséquences du naturalisme. Le naturalisme est d’une telle large tendance et de grande envergure, il touche tant de points, ses racines et ramifications s’étendent dans tant de directions, que le lecteur doit être renvoyé à des sujets apparentés traités dans d’autres articles. En général il peut seulement être dit que le naturalisme contredit les doctrines les plus essentielles de l’Église, qui repose essentiellement sur le super-naturalisme. L’existence d’un Dieu personnel et de la Providence Divine, la spiritualité et l’immortalité de l’âme, la liberté humaine et la responsabilité, le fait d’une Révélation Divine, l’existence d’un ordre surnaturel pour l’homme, sont autant d’enseignements fondamentaux de l’Église, qui, tout en reconnaissant tous les droits et exigences de la nature, montent plus haut, à l’Auteur et Législateur Suprême de la nature». (Encyclopédie catholique 1907-1915, Naturalisme, IV) 

 

Le naturalisme engendre la religion de l’homme, fabriquée par l’homme, pour l’homme, de l’homme à la place de Dieu

Toutes les fausses croyances (athéisme, panthéisme, paganisme, ésotérisme, New-âge, Gaïanisme, etc.) sont issues du naturalisme.

Les fausses religions (Islam, Bouddhisme, Hindouisme, Yoga, Taoïsme, etc.) sont issues du naturalisme.

Les hérésies (« Orthodoxie » orientaleprotestantisme, anglicanisme, libéralisme/Modernisme et vatican 2, etc.) sont issues du naturalisme.

La science naturaliste (comme la philosophie athée, les sciences « naturelles » agnostiques, la théorie de l’évolution, « le « réchauffement » climatique, etc.). La science naturaliste ne peut absolument pas prouver l’existence de Dieu. La science pourrait et devrait – si elle ne se construisait pas contre la conscience morale – être un outil de l’intelligence (la capacité du réel) pour prouver l’existence d’un Créateur ou Dieu. Prouver l’existence d’un Créateur ne signifie pas connaître qui est Dieu, qui est infini et inatteignable et ne peut pas être connu s’Il ne révèle pas ce qu’Il est (la relation avec Dieu se fait par la foi surnaturelle qui se greffe sur l’intelligence naturelle). Mais la science naturaliste s’est construite contre la conscience. La science naturaliste rejette la conscience (loi naturelle) alors que l’homme a une conscience morale et une âme rationnelle. Dieu est moral, l’homme est moral. L’intelligence ou la raison sans la conscience (loi naturelle) est stérile et se nuit elle-même jusqu’à la malhonnêteté ou mauvaise foi. L’intelligence sans la conscience prétend refuser la grâce surnaturelle.

Tant que le concepteur intelligent n’est pas Dieu, ils sont d’accord pour que les objets complexes soient réalisés par une intelligence, même s’ils ne savent pas qui a fait l’objet, mais dès que l’on prétend que Dieu est derrière toute la complexité, ils rejettent cette évidence. Cela nous montre que tous les athées sont des menteurs délibérés qui rejettent les principes mêmes qu’ils acceptent. N’importe qui, avec un semblant de logique, est en mesure de voir que la raison pour laquelle les athées rejettent Dieu n’est pas le manque de preuves, mais qu’il y a des motifs inavoués de leur rejet de Dieu. Les athées comprennent que reconnaître quelqu’un d’autre que Dieu comme concepteur signifie ne pas accepter l’idée d’être spirituellement jugés par lui à la mort pour leurs mauvaises actions, ou que l’on soit tenu de respecter et de suivre ses règles morales. Mais accepter l’existence de Dieu implique toutes ces choses, et ainsi, les athées choisissent la solution de facilité en mentant et en niant des faits évidents, irréfutables et scientifiques afin d’échapper d’avoir à traiter avec les sujets pénibles de jugement de Dieu, de l’enfer et de l’éternelle damnation. Il est donc scientifiquement prouvé que Dieu existe et que les athées choisissent sciemment de mentir pour vivre un court moment de péché. C’est triste à dire, ils ne peuvent cacher leur propre conscience malhonnête jusqu’à ce moment de la mort, car la mort est le moment que Dieu a fixé pour nous tous afin d’être jugé pour ses crimes contre sa conscience.

 

La loi naturelle

La loi naturelle est inscrite dans le cœur de tous les hommes, de sorte que tous les hommes savent que certaines choses sont contre la loi de Dieu, et que certaines choses sont conformes à la loi naturelle de la charité, etc. Des exemples de péchés qui enfreignent la loi naturelle et qui sont faciles à reconnaître sont l’avortement, l’assassinat, le viol, le vol, la pédophilie, l’homosexualité, la calomnie, le mensonge, etc. La conscience condamne toujours une personne qui fait ces choses et donc il ne peut jamais y avoir d’excuse pour les personnes qui commettent de tels péchés.

Romains 2, 13-15 : Car ce ne sont pas ceux qui écoutent la loi [loi ancienne mosaïque] qui sont justes devant Dieu ; mais ce sont les observateurs de la loi qui seront justifiés [sauvés par la loi nouvelle]. En effet, lorsque les gentils [païens], qui n’ont pas la loi [ancienne et nouvelle], font naturellement [loi naturelle] ce qui est selon la loi ; n’ayant pas la loi, ils sont à eux-mêmes la loi : montrant ainsi l’œuvre de la loi écrite en leurs cœurs, leur conscience leur rendant témoignage, et leurs pensées s’accusant et se défendant l’une l’autre ».

Comme le commentaire (Bible Haydock) l’explique correctement sur Romains 2, 14-16 :

« Ces hommes sont une loi pour eux-mêmes, et l’ont écrite dans leurs cœurs, quant à l’existence d’un Dieu, et leur raison leur dit que beaucoup de péchés sont illicites : ils peuvent aussi faire des actions qui sont moralement bonnes, comme l’aumône pour soulager les pauvres, en honorant leurs parents, etc. Non pas que ces actions, moralement bonnes, suffiront d’elles-mêmes pour leur justification, ou leurs méritent une récompense surnaturelle dans le royaume des cieux, mais Dieu, dans sa miséricorde infinie, leur donnera des grâces surnaturelles qui, s’ils continuent de coopérer avec elles, leurs obtiendront plus de grâces et finalement ils seront exposées à la foi catholique, s’ils doivent être sauvés».

Pape Pie XII, Mystici Corporis, parlant de non-catholiques, n° 101, 29 juin 1943  : : «Pour ceux-là mêmes qui n’appartiennent pas au corps visible de l’Église, vous savez bien, Vénérables Frères, que, dès le début de Notre Pontificat, Nous les avons confiés à la protection et à la conduite du Seigneur, affirmant solennellement qu’à l’exemple du Bon Pasteur Nous n’avions qu’un seul désir : Qu’ils aient la vie et qu’ils l’aient en abondance. Cette assurance solennelle, Nous désirons la renouveler, après avoir imploré les prières de toute l’Église dans cette Lettre encyclique, où Nous avons célébré la louange du «grand et glorieux Corps du Christ», [Nous voulons que] chacun d’entre eux coopèrent généreusement et volontairement avec les impulsions intérieures de la grâce divine et prennent soin de se dégager de cet état dans lequel ils ne peuvent pas être assurés de leur propre salut éternel. Car même s’ils peuvent être dirigés [ou ordonnés] vers le Corps mystique du Rédempteur par une sorte de désir inconscient et intention, ils n’ont toujours pas les si nombreuses et si grandes aides célestes, qui ne peuvent être appréciées que dans l’Église catholique. Qu’ils entrent donc dans l’unité catholique, et que, réunis avec Nous dans le seul corps du Corps de Jésus-Christ, ils accourent tous vers le Chef unique en une très glorieuse société d’amour. Sans jamais interrompre nos prières à l’Esprit d’amour et de vérité, Nous les attendons les bras grands ouverts, comme des hommes qui se présentent à la porte, non d’une maison étrangère, mais de leur propre maison paternelle».

Pie XII explique que les non-catholiques peuvent obtenir des grâces, qui sont vraies, puisque aucun ne se convertirait à la foi catholique à moins qu’ils aient obtenu des grâces quand ils étaient des infidèles. Il ne dit pas qu’ils sont sauvés hors de l’Église. Pie XII explique comment l’Esprit-Saint aide les gens à devenir catholiques, bien qu’ils ne pensent pas consciemment devenir catholiques à ce moment. L’Esprit leur indique de suivre la loi naturelle et de faire le bien, et ensuite il les aide à penser pour prendre conscience de la façon dont ils doivent se convertir à la foi catholique.

Hébreux, 11, 6 : «Or sans la foi il est impossible de plaire à Dieu. Car il faut que celui qui s’approche de Dieu croie qu’il est, et qu’il récompense [qu’il est le rémunérateur de] ceux qui le cherchent».

Dieu récompense ceux qui le cherchent, c’est-à-dire qu’il donne à ceux qui suivent la loi naturelle de leur conscience, les grâces pour arriver à la vérité de la foi divine catholique et les grâces nécessaires pour leur salut.

Des hérésies communes contre la loi naturelle sont, par exemple, de nier l’existence de Dieu, ou de considérer que le contrôle des naissances ou la planification familiale naturelle, aussi appelée PFN, que beaucoup de « catholiques » pratiquent pour éviter la conception, (ce qui les rend coupables du péché mortel de contraception) est acceptable, ou si une personne considère que l’avortement est acceptable, ou si une personne considère que la consommation de psychotropes où la conscience est entravée est acceptable. Ces exemples pourraient tous tomber dans la catégorie du péché mortel, car ils rejettent une vérité qu’ils savent être vraie de la loi naturelle, à savoir : 1) que l’existence de Dieu peut être connue par la raison naturelle, 2) que l’avortement est un assassinat, 3) que la contraception ou PFN frustre délibérément le pouvoir naturel d’engendrer la vie, 4) et que les psychotropes, tels que fumer de la marijuana, est un péché mortel, tout comme se saouler.

 

Les athées et les agnostiques sont sans excuse

Il est infailliblement enseigné dans l’Écriture Sainte que tout le monde au-dessus de l’âge de la raison peut savoir avec certitude que Dieu existe. Nous savons cela par les choses qui sont existent : les arbres, l’herbe, le soleil, la lune, les étoiles, etc. Quiconque est athée (qui croit que Dieu n’existe pas) ou agnostique (d’avis que l’existence de Dieu est «impossible d’être connue ou avérée) est sans excuse. La loi naturelle les condamne. C’est une vérité révélée de l’Écriture Sainte.

La création elle-même témoigne qu’il y a un Dieu, c’est-à-dire un être vivant, tout-puissant et intelligent qui l’a créé. L’apôtre Paul a écrit aux saints de Rome que depuis la création du monde, les qualités invisibles de Dieu, sa puissance éternelle – et Divinité – ont été clairement vues, étant entendu de ce qui a été fait (Romains 1, 20), et David dit que les cieux racontent la gloire de Dieu, et le firmament montre son ouvrage (Psaume 19, 1).Par conséquent, étant donné que l’existence de Dieu est attestée clairement par ses œuvres, ceux qui nient son existence sont sans excuse. «L’insensé a dit en son cœur :« Dieu n’existe pas » (Psaume 53, 1).

Romains 1 enseigne que le seul vrai Dieu peut être connu avec certitude par les choses qui ont été faites, et par la lumière naturelle de la raison humaine.

Romains 1, 19-21 : «Parce que ce qui est connu de Dieu est manifeste pour eux. Car Dieu le leur a manifesté. Les perfections invisibles de Dieu, par la création du monde, sont clairement visibles, étant entendu par les choses qui sont faites ; son éternelle puissance et divinité : de sorte qu’ils sont INEXCUSABLES « .

Les athées, les agnostiques et les incroyants sont sans excuse, car ils sont entourés par les œuvres de Dieu qui attestent très clairement que Dieu existe. Sans doute, les cieux et la terre, la mer, et tout ce qui est en eux, prouvent clairement l’existence de Dieu, parce qu’ils ne sont pas venus à l’existence par hasard ou par leur propre puissance, mais par la volonté du seul vrai Dieu. En effet, selon l’Ecriture, il fut un temps où toutes ces choses n’existaient pas, alors, à un certain point du temps passé, ils sont venus à l’existence par la volonté de Dieu. Dieu les a créés en six jours (Genèse 1, 1-31 ; 2, 1-3 ; Exode 20, 11), et dans la sagesse de Dieu tous ont été faits (Psaume 104, 24). Oh, quelle merveilleuse sagesse peut être vue dans toutes les œuvres de Dieu ! Il peut être vu même dans les formes les plus simples de la vie. Dieu est en effet un  sage Créateur et concepteur ! Parmi les choses faites par Dieu, une, c’est-à-dire l’homme, a été faite à l’image de Dieu, car l’Écriture dit : «Dieu créa l’homme à son image» (Genèse 1, 27). C’est pourquoi Saint Paul dit que l’homme «est l’image et la gloire de Dieu» (1 Corinthiens 11, 7). L’homme lui-même, par conséquent, témoigne que Dieu existe. Si l’on considère que l’homme est un être intelligent, avec une volonté, la capacité de raisonnement, les émotions et la conscience, comment peut-il nier l’existence de Dieu ?

L’Église catholique a défini dogmatiquement le principe énoncé dans Romains 1 – ce qui contredit directement l’enseignement de l’athéisme.

Pape Pie IX, Concile du Vatican , Session 3, sur la Révélation, Can.1 : « Si quelqu’un dit que le seul vrai Dieu, notre Créateur et Seigneur, ne peut être connu avec certitude par les choses qui ont été faites, par la lumière naturelle de la raison humaine : qu’il soit anathème. »

Pape Pie IX, Concile du Vatican, Session 3, Le Dieu Créateur, Can.1 : « Si quelqu’un doit avoir nié le seul vrai Dieu, Créateur et Seigneur des choses visibles et invisibles : qu’il soit anathème. »

Toutes les personnes qui meurent dans l’incrédulité et dans des cultures qui n’ont jamais été pénétrées par l’Évangile vont en enfer pour les péchés contre la loi naturelle et les autres péchés graves qu’ils commettent – la mauvaise volonté et l’incapacité à coopérer avec la grâce de Dieu est la raison pour laquelle ils nient Dieu ou qu’Il ne leur révèle pas l’Évangile.

2 Corinthiens 4, 3 : « Et si notre Évangile est encore voilé, il est voilé pour ceux qui périssent, dont le dieu de ce monde [Satan] a aveuglé l’intelligence des incrédules, pour que la lumière de l’Évangile de la gloire du Christ, qui est l’image de Dieu, ne doive pas briller pour eux » .

Pour résumer, de même qu’une maison, un ordinateur ou une montre existe parce que quelqu’un les a conçu et construit, nous ne pouvons pas affirmer que personne ne les a fait (même si nous ne savons pas qui les a faites !), donc l’univers (c’est à dire les cieux, la terre, la mer et tout ce qui est en eux) existe parce que quelqu’un l’a conçu et l’a fait, et ce «quelqu’un» est Dieu, notre Créateur. En d’autres termes, la perfection, la beauté, la conception et le bon ordre de l’univers exigent l’existence d’un Être suprême dont l’intelligence et la puissance n’ont pas de limite, et cet Être suprême est Dieu. Il est absurde de penser que l’univers n’a pas été créé par Dieu quand il est si complexe, et il est tout à fait illogique que les athées prétendent qu’une maison ou une montre est faite par une autre personne, même si il ne sait pas qui l’a fait, tout en prétendant que Dieu n’a pas créé l’univers qui est infiniment plus complexe qu’une simple montre. Cet exemple prouve que tous les athées et les agnostiques sont des menteurs délibérés qui comprennent clairement que ce monde doit être conçu par un Être intelligent, mais qui choisissent de rejeter cette connaissance. Simplement dit, un athée ne rejette pas l’existence de Dieu parce qu’il a un bon argument ou une objection contre lui, mais parce que reconnaître l’existence de Dieu signifierait qu’il aurait à accepter certaines règles. Les athées et les personnes qui vivent dans le péché n’aiment pas se faire dire d’arrêter de pécher. Ils veulent continuer à faire ce qui leur plaît. Tous les athées s’engagent sans aucun doute dans les péchés ou des mauvaises actions depuis que presque tous les gens commettent des péchés parfois. Cependant, comme les athées ne veulent pas se sentir tristes à la pensée ou penser qu’ils vont être punis pour leurs péchés volontaires, ils choisissent de rejeter l’existence de Dieu, afin de vivre une courte vie de péché. Un athée ne veut pas trouver Dieu pour la même raison qu’un assassin ou un voleur ne veut pas trouver un agent de police : les deux savent qu’ils sont coupables et qu’ils seront punis pour leurs crimes intentionnels s’ils trouvent Dieu ou un agent de police. Et donc, l’athée est à lui-même afin de supprimer sa conscience qui lui reproche de pécher et lui dit que les mauvaises actions méritent une punition.

En vérité,

«Chacun peut savoir avec certitude qu’il y a un être spirituel suprême, qui est le Seul Vrai Dieu et le Créateur du monde et tout ce qu’il contient. Il n’y a personne qui ne peut pas comprendre et croire que Dieu existe, s’il considère comment la terre porte du fruit et la façon dont les cieux donnent la pluie, comment les arbres fleurissent, comment chaque animal existe dans son propre genre, comment les étoiles servent l’homme, et comment les troubles et les douleurs viennent et souvent se produisent contre la volonté de l’homme. De toutes ces choses, l’homme peut voir qu’il est mortel et que c’est Dieu qui organise et dirige toutes ces choses. Car si Dieu n’existait pas, tout serait désorganisé. Ainsi, toutes choses sont de Dieu, et tout est rationnellement organisé pour l’utilisation et la connaissance de l’humanité. Et il n’y a pas la moindre petite chose qui soit créée ou qui existe dans le monde sans raison valable ». (Cf. les révélations de sainte Brigitte, livre 1, chapitre 15)

Tout le monde sait que Dieu n’est pas quelque chose sculpté en bois ou en jade ou de la pierre. Tous savent que Dieu n’est pas l’arbre qu’ils adorent ou la rivière qu’ils adorent ou la roche ou le serpent ou la grenouille ou des arbres sacrés ou des esprits de la nature. Tous savent que ces choses ne sont pas le Créateur de l’univers. Chaque personne sait qu’il adore une créature au lieu du Créateur.

Ainsi,

«Si un homme ne peut pas comprendre ou comprendre les vertus et les pouvoirs de Dieu à cause de sa faiblesse, il peut encore les voir avec la foi et croire. Mais si les gens dans le monde ne veulent pas utiliser leur raison pour considérer la puissance de Dieu, ils peuvent toujours utiliser leurs mains pour toucher et sentir les actes que Jésus-Christ et ses saints ont fait. Ils sont notamment si évidents que personne ne peut douter qu’ils soient les actes de Dieu. Qui a ressuscité les morts et donne la vue aux aveugles, sinon Dieu ? Qui chassa les mauvais démons des hommes sinon Dieu ? Quels choses ont été enseignées de Dieu, sinon des choses bénéfiques pour la prospérité de l’âme et du corps et facile à porter ? » (Cf. les révélations de sainte Brigitte, livre 1, chapitre 15)

S’il y avait vraiment des gens sincères et de bonne volonté qui n’avaient pas encore atteint la foi, Dieu enverrait un prédicateur (même miraculeusement, si nécessaire) pour que la foi et le baptême catholique lui soit donné.

Saint Thomas d’Aquin, envoyés. III, 25, Q. 2, A. 2, solut. 2 :  » Si un homme ne devait avoir personne pour l’instruire, Dieu lui montrerait, à moins qu’il ne souhaite rester coupable où il est. «

Saint Thomas d’Aquin, envoyés. II, 28, Q. 1, A. 4, ad 4 :  » Si un homme né parmi les nations barbares, fait ce qu’il peut, Dieu lui-même lui montrera ce qui est nécessaire pour le salut, soit par l’inspiration ou l’envoi d’un enseignant pour lui. «

Saint Thomas d’Aquin, De Veritate, 14, A. 11, annonce 1 : Objection :  » Il est possible que quelqu’un puisse être mis dans la forêt, ou parmi les loups, un tel homme ne peut rien savoir explicitement de la foi. » Saint Thomas répond : «C’est la caractéristique de la Divine Providence de fournir à chaque homme ce qui est nécessaire pour le salut … à condition de sa part, qu’il ne soit pas un obstacle. Dans le cas d’un homme qui cherche le bien et évite le mal, par la direction de la raison naturelle, Dieu soit lui révélera par l’inspiration interne ce qui devrait être cru, ou lui enverrait un prédicateur de la foi … «

« Il est en accord avec la justice de Dieu que l’entrée dans le ciel doit être acquise par la foi inébranlable, l’espérance rationnelle, et l’amour fervent. Une personne réfléchit plus fréquemment et adore avec plus d’amour ce que le cœur aime plus et aime avec plus de ferveur. Ce n’est donc pas avec les dieux qui sont placés dans les temples – ils ne sont pas les dieux ni les créateurs, car il n’y a qu’un seul créateur, je le suis, Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit. Mais les propriétaires des temples et les gens en général aiment les dieux plus qu’ils m’aiment, cherchant à atteindre le succès mondain plutôt que de vivre avec moi. Si je devais détruire les choses que les gens aiment plus que moi, et faire que les gens m’adorent contre leur gré, alors je ferais certainement une injustice en enlevant leur libre volonté et le désir de leur part. Comme ils n’ont pas foi en moi, et qu’il est dans leur cœur quelque chose de plus agréable que moi, je leur permet raisonnablement de produire à l’extérieur ce qu’ils aiment dans leurs esprits. Parce qu’ils aiment la création plus que moi, le Créateur, ils peuvent savoir par des signes et des actes probables, si seulement ils pouvaient faire usage de leur raison, et parce qu’ils sont aveugles, maudite est leur création et maudites sont leurs idoles. Ils se tiendront dans la honte et seront condamnés pour leur folie, parce qu’ils refusent de comprendre combien Je suis doux, leur Dieu, qui a créé et racheté l’humanité par amour fervent.» (Révélations de sainte Brigitte, livre 5 ou Livre des Questions – Interrogation 8)

Réfutation de la fatalité du destin : La loi naturelle est la liberté morale du bien et du mal

Saint Justin réfute simplement la fatalité du destin ou que l’homme ne soit pas libre de choisir le bien ou le mal et n’en soit pas responsable. C’est la loi naturelle inscrite dans le cœur de l’homme qui a la capacité naturelle de connaître le bien et le mal et qu’il a par conséquent la responsabilité morale de ses choix.

Saint Justin Martyr, 2ème siècle, Grande Apologie, N° 43 : «Que d’ailleurs, … on ne s’imagine pas que nous croyons la réalisation de ce qui doit arriver due à la fatalité du destin. Voici comment nous répondons à cette objection. Chacun, selon ses œuvres, sera châtié, puni ou récompensé : nous avons appris cette doctrine des prophètes et nous la tenons pour vraie. S’il n’en était pas ainsi, si tout était l’œuvre du destin, il n’y aurait plus de libre arbitre. Si c’est le destin qui veut que celui-ci soit bon, et celui-là mauvais, celui-ci n’est pas digne d’éloge ni celui-là de blâme. Et si l’homme ne peut, par le choix libre de sa volonté, éviter le mal et faire le bien, il n’a aucunement à répondre de ses actions.

«Mais voici qui prouve que l’homme fait librement le bien et le mal. Nous voyons le même homme passer d’un extrême à l’autre. S’il était fatalement bon ou mauvais, il n’y aurait pas de ces contradictions dans sa conduite, et il ne changerait pas constamment. Il n’y aurait ni homme vertueux ni hommes dépravés, puisque le destin serait cause en même temps du bien et du mal, et qu’il serait contradictoire à lui-même. Ou bien encore, il faudrait admettre, comme nous l’avons dit plus haut, que le bien et le mal ne sont rien, et que la vertu et le vice sont choses d’opinion. Or la saine raison nous dit que c’est là une impiété et une injustice odieuse.

«A nos yeux, le vrai destin inévitable, c’est la juste récompense du bien et le juste châtiment du mal. Dieu n’a pas créé l’homme comme les autres êtres, comme les arbres et les quadrupèdes qui ne peuvent rien faire librement. L’homme ne mériterait ni récompense ni louange  si, au lieu de choisir de lui-même le bien, il était bon par nature. De même, on ne pourrait punir justement ses fautes , si elles n’étaient pas volontaires , et si lui-même ne pouvait être autre chose que ce qu’il est».

Quiconque dit que le bien ou le mal n’existe pas ou qu’il n’y a pas de loi naturelle inscrite dans le cœur de l’homme est un menteur de mauvaise foi et un hérétique contre la loi naturelle, car il est évident que l’homme connaît naturellement le bien et le mal.

Que se passe t-il si on se cogne fortement, est-ce que cela fait du bien ? Non. Mettez votre main dans le feu, et voyez ce que cela fait, diriez-vous que c’est bien ? Non. Le dire, serait de la mauvaise foi, ainsi en est-il de quiconque nie la loi naturelle.

La loi naturelle est inscrite dans le cœur de l’homme sans qu’il y soit pour quelque chose, c’est sa nature, pour qu’il connaisse le bien du mal naturellement et choisisse librement l’un ou l’autre.

 

Pour résumer

1° Le naturalisme est la recherche de la nature comme source de tout.

2° Le naturalisme est soit (I) matérialiste ; ou (II) panthéiste ; ou (III) déiste.

3° Le naturalisme rejette toute cause hors de la nature.

4° Les différents aspects menteurs du naturalisme sont :

  • le panthéisme,
  • l’inaction de Dieu,
  • la raison naturelle est elle-même sa propre loi (rationalisme),
  • la connaissance des vérités de la religion découlent de la raison naturelle,
  • la Révélation divine est sujette au progrès (modernisme),
  • l’opposition de la foi et de la raison,
  • la foi est d’origine humaine naturelle,
  • la Révélation divine est acquise par l’homme,
  • les vérités du ciel sont formées par l’esprit humain,
  • le dogme vient de la conscience humaine,
  • la doctrine chrétienne est conçue par la conscience humaine,
  • la vérité évolue avec l’homme (relativisme).

5° Le naturalisme nie l’existence d’un Dieu personnel et de la Divine Providence ;

6° Le naturalisme nie la spiritualité et l’immortalité de l’âme ;

7° Le naturalisme nie la liberté humaine et la responsabilité ;

8° Le naturalisme nie une révélation divine ;

9° Le naturalisme nie l’existence d’un ordre surnaturel pour l’homme ;

10° Le naturalisme nie les enseignements fondamentaux de l’Église.

11° Le naturalisme engendre l’homme qui se fait son dieu et sa propre religion. Ce n’est pas l’homme qui fait le naturalisme, l’homme suit le naturalisme (qui vient du démon).

 

Conclusion

Le naturalisme (la nature cause et fin de tout) est une philosophie qui n’a pas de substance et pas de nature propre : il ne peut être qu’une négation de quelque chose, une négation de Dieu ou de la vérité.

Le naturalisme est une hérésie, un refus des vérités de la foi divine. L’hérésie excommunie automatiquement de l’Église et exclut du salut. C’est le chemin de la damnation. La nature n’est pas faite pour elle-même, elle n’a d’existence que pour la vie surnaturelle (au-dessus d’elle-même). Quand la nature se détourne de ce pour quoi elle est faite, c’est le naturalisme ou la nature elle-même pour fin.

Le naturalisme est la racine des hérésies : Ne suivre que sa nature est naturel et parfait pour le naturalisme. L’homme qui ne suit que sa nature refuse de soumettre son intelligence à la foi pour obéir à la Révélation divine, refusant de «réduire en servitude toute intelligence sous l’obéissance du Christ» (II Corinth. 10, 5), Léon XIII, Satis cognitum n° 9) .

Le naturalisme est l’apostasie pure et simple, un renoncement ou abandon de toute la foi Chrétienne (St Thomas, Sum. IIa. IIæ. Q. 12 art. 1, r. 3 ; CIC can. 1325 § 2.). L’apostat s’excommunie (anathème) automatiquement (ipso facto) du Corps du Christ qui est l’Église.

Croire pour comprendre et non pas comprendre pour croire

Saint Augustin, Sermon 43 : «Et maintenant, ravivez votre attention. Tout homme veut comprendre ; personne qui n’ait ce désir. Mais tous nous ne voulons pas croire. On me dit : « Je veux comprendre pour croire ». Je réponds : « Crois pour comprendre » ; voici donc une discussion qui s’élève entre nous et qui va porter tout entière sur ce point : « Je veux comprendre avant de croire », me dit l’adversaire ; et moi je lui dis : « Crois d’abord et tu comprendras ». Pour trancher le débat, choisissons un juge. Parmi tous les hommes à qui je puis songer, je ne trouve pas de meilleur juge que l’homme que Dieu lui même a choisi pour interprète. En pareille matière et dans un débat de ce genre, l’autorité des littérateurs n’a rien à faire ; ce n’est pas au poète de juger entre nous, c’est au prophète […].

«Tu disais : « J’ai besoin de comprendre pour croire » ; et moi : « Crois d’abord pour comprendre. » La discussion est engagée ; allons au juge ; que le prophète prononce ou plutôt que Dieu prononce par son prophète. Gardons tous deux le silence. Il a entendu nos opinions contradictoires ; « Je veux comprendre, dis-tu, pour croire » ; « Crois, ai-je dit, pour comprendre », et le prophète répond : « Si vous ne croyez pas, vous ne comprendrez pas » (Is 7, 9). […]

«Par conséquent, mes très chers frères, cet homme que j’ai pris comme adversaire et avec lequel j’ai engagé une discussion qui a été portée au tribunal du prophète, n’a pas tout à fait tort de vouloir comprendre avant de croire. Moi qui vous parle, en ce moment, si je parle, c’est pour amener aussi à la foi ceux qui ne croient pas encore. Donc, en un sens, cet homme a dit vrai quand il a dit : « Je veux comprendre pour croire » ; et moi également je suis dans le vrai quand j’affirme avec le prophète : « Crois d’abord pour comprendre ». Nous disons vrai tous les deux : donnons-nous donc la main ; comprends donc pour croire et crois pour comprendre ; voici en peu de mots comment nous pouvons accepter l’une et l’autre ces deux maximes : comprends ma parole pour arriver à croire, et crois à la parole de Dieu pour arriver à la comprendre».

 

Supplément

Fausse religion de la nature : l’information égale la conscience

Cette nouvelle fausse religion combine (syncrétisme ou mélange) l’hérésie du matérialisme (matière cause l’âme), l’hérésie du naturalisme, l’hérésie de l’évolutionnisme, l’hérésie du rationalisme (hérésie où la raison naturelle égale la foi surnaturelle), les Expériences de Mort imminente (EMI/NDE) démoniaques, la pseudo-science quantique (amalgame pseudo-scientifique avec la métaphysique), et les croyances païennes et luciférienne du New-âge, de l’ésotérisme, de l’hindouisme, du yoga, du bouddhisme, du taoïsme, du T’chi ou Qi, etc.

Dans cette nouvelle fausse religion, l’information précède et est au-delà de la matière, non-soumise aux lois de la matière, et l’information immatérielle est considérée égale à la conscience par ceux qui prétendent à cette religion matérialiste et naturaliste.

C’est une fausse religion matérialiste car c’est une confusion entre l’information et la conscience (l’information de la matière appartient à la matière, comme le psychisme appartient à la chair), Et c’est une fausse religion naturaliste car son fondement est l’hérésie du naturalisme où la nature est cause et fin d’elle-même, où l’homme se divinise par sa propre nature, où l’homme est se met à la place de Dieu ; c’est le naturalisme, inspiré du diable, par lequel l’homme tente, par sa nature, d’être comme Dieu.

« Non, vous ne mourrez pas de mort ; car Dieu sait que le jour où vous en mangerez [du fruit défendu de l’arbre de la science du bien et du mal qui est au milieu du paradis terrestre], vos yeux s’ouvriront, vous serez comme des dieux sachant le bien et le mal » (Gen.3, 4).

Mais c’est le contraire, la conscience de l’homme est morale, d’ordre naturel pour tous (loi naturelle) et d’ordre surnaturel dans la foi divine et catholique : la conscience est le discernement entre le bien et le mal par la mémoire, l’intelligence et la volonté de l’homme créé à l’image de Dieu.

«La Sagesse éternelle fit des copies et expressions brillantes de son entendement, de sa mémoire, et de sa volonté, et les donna à l’homme pour être le portrait vivant de la Divinité» (St L.-M. de Montfort, ASE n° 35, 37-38).

La conscience n’est pas la somme gigantesque d’informations toutes connectées en très nombre entre elles. La fausse théorie naturaliste et matérialiste de l’intelligence artificielle croit qu’en connectant un nombre gigantesque d’informations connectées entre elles, cela donnera une conscience.

Quelques exemples de cette « science » ou fausse religion de la nature où l’information égale la conscience 

La mort est une illusion avec Philippe Guillemant, physicien du CNRS (.youtube.com/watch?v=eVP4gJjZSCw)

La réalité c’est quoi ? Philippe Guillemant, Thibault Damour etc. (.youtube.com/watch?v=jg-beTIN1fs)

Un éminent scientifique dit que la Conscience ne peut pas Mourir : «Elle retourne à l’Univers».

Deux éminents scientifiques ont dit que le cerveau d’un humain est un ordinateur biologique et que la conscience d’un être humain est un programme qui fonctionne avec l’ordinateur du cerveau.

Des chercheurs pensent avoir découvert la vérité sur l’âme

Il y a toujours eu un débat sur l’existence même d’une âme chez l’être humain et si elle disparaît ou non quand la personne meurt ou si elle est immortelle. C’est quelque chose qui a interloqué certains des plus grands penseurs de l’histoire et elle a continué à fasciner les domaines scientifiques. Désormais, les chercheurs pensent qu’ils ont trouvé une nouvelle vérité sur l’âme et qu’elle ne meurt pas, elle retourne simplement à l’univers.

Le Dr Stuart Hameroff, physicien pour le Département d’anesthésiologie et de psychologie, avec Sir Roger Penrose, physicien et mathématicien à l’Université d’Oxford, travaille depuis 1996 sur la théorie quantique de la conscience. Ils déclarent que l’âme d’une personne est dans les microtubules des cellules du cerveau. Leur théorie stipule que l’âme est contenue dans les cellules du cerveau dans des structures qui sont à l’intérieur d’eux de « microtubules. »

Les chercheurs disent que le cerveau est un ordinateur biologique

Les chercheurs pensent que le cerveau humain n’est qu’un ordinateur biologique et que la conscience est dirigée par l’ordinateur à l’intérieur du cerveau en tant que programme et qu’elle continue d’exister même après le décès de la personne. Ils disent aussi que ce que les humains pensent de la conscience est le résultat des effets de la gravitation quantique qui est située dans les microtubules et le processus a été nommé par les scientifiques «Orchestrated Objective Reduction».

Leur théorie suggère que lorsqu’une personne entre dans la phase appelée mort clinique, les microtubules dans le cerveau perdent leur état quantique, mais ils sont capables de maintenir toute l’information qui s’y trouve. Ils ont expliqué que cela signifie que lorsque les gens meurent, l’âme retourne à l’univers.

Qu’est ce que la conscience ?

Le Dr Hameroff a déclaré que lorsque le cœur d’une personne cesse de battre, les microtubules perdent leur état quantique. Cependant, l’information quantique qui se trouve dans les microtubules n’est pas détruite, mais elle se dissipe et se répartit dans l’univers. Si le patient doit être réanimé, l’information quantique est capable de réintégrer les microtubules du patient. Cependant, si le patient ne revient pas à la vie, alors l’information quantique se trouve en dehors du corps et il se peut qu’elle continue indéfiniment en tant qu’âme.

Michio Kaku sur la vie après la mort

La théorie suggère que l’âme d’un être humain est nettement bien plus que des interactions de neurones dans le cerveau (20 oct. 2017) (.disclose.tv/news/leading_scientists_say_the_soul_cannot_die_it_goes_back_to_the_universe/140582)

L’enseignement de l’Église condamne cette « science » ou fausse religion de la nature où l’information égale la conscience

Pape Clément V, concile de Vienne, 3ème session, Constitution « Fidei catholicae », 6 mai 1312 (c. Firmiter, § 1, De Summa Trinitate), ex cathedra : « (L’âme forme du corps). De plus, avec l’approbation du saint concile, Nous rejetons comme étant erronée et ennemie de la foi toute doctrine ou position qui affirme témérairement ou qui met en doute que la substance de l’âme rationnelle ou intellective n’est pas vraiment et par elle-même forme du corps humain, et, pour que la vérité de l’authentique foi catholique soit connue de tous et que soit barrée la route conduisant à toutes les erreurs et que personne ne s’y engage, Nous définissons que doit être considéré comme hérétique quiconque osera désormais affirmer, soutenir ou tenir avec entêtement que l’âme rationnelle ou intellective n’est pas forme du corps humain par elle-même et par essence ». (Denz 481 902).

Pape Léon X, concile de Latran V, 8ème sess. (Décrets 905) (Denz. 738 1441) ex cathedra : « De nos jours… le semeur de zizanie, l’antique ennemi du genre humain [Mt 13, 25] a osé à nouveau semer et multiplier dans le champ du Seigneur des erreurs très pernicieuses, qui ont toujours été rejetées par les fidèles, au sujet de l’âme et principalement de l’âme raisonnable, à savoir que celle-ci serait mortelle et unique en tous les hommes. Et certains, s’adonnant à la philosophie avec témérité, soutiennent que cela est vrai, au moins selon la philosophie : Désirant appliquer un remède opportun contre cette peste, avec l’approbation de ce saint concile, Nous condamnons et réprouvons tous ceux qui affirment que l’âme intellective est mortelle ou unique en tous les hommes, ou qui sont dans le doute à ce sujet. En effet, non seulement celle-ci est vraiment, par soi et essentiellement forme du corps humain, comme il est dit dans le canon de notre prédécesseur, le pape Clément V, publié au concile de Vienne [Denz 481 902] , mais elle est à la vérité immortelle, sujette à la multiplicité selon la multiplicité des corps dans lesquels elle est infusée, effectivement multipliée et sujette à être multipliée dans l’avenir. …Puisque la vérité ne peut aucunement être contraire à la vérité, Nous définissons donc comme étant complètement fausse toute assertion contraire à la vérité de la foi éclairée [Conc. Vat. I ex cathedra Denz. 1797 3017] , et Nous interdisons avec la plus grande rigueur de permettre que soit enseignée une position différente. Et Nous décidons que tous ceux qui adhèrent à l’affirmation d’une telle erreur, en disséminant de la sorte les hérésies les plus condamnables, seront totalement évités et punis [Discipline], comme étant de détestables et abominables hérétiques et infidèles qui ébranlent la foi catholique».

Symbole d’Athanase (Denz 40 76), Concile de FLorence ex cathedra : « (29) Mais il est nécessaire au salut éternel de croire fidèlement aussi en l’incarnation de notre Seigneur Jésus Christ. (30) C’est donc la foi droite que de croire et de confesser que notre Seigneur Jésus Christ, Fils de Dieu, est Dieu et homme (aussi bien Dieu qu’il est également homme) : (31) il est Dieu, engendré de la substance du Père avant les siècles, et homme né de la substance de la mère dans le temps ; (32) Dieu parfait, homme parfait, composé d’une âme raisonnable et d’une chair humaine ; (33) égal au Père selon la divinité, inférieur au Père selon l’humanité ; (34) bien qu’il soit Dieu et homme, il n’y a pas cependant deux Christ, mais un seul Christ ; (35) un, non pas parce que la divinité s’est changée en chair (dans la chair), mais parce que l’humanité a été assumée en Dieu ; (36) un absolument, non par un mélange de substance, mais par l’unité de personne. (37) En effet de même que l’âme raisonnable et le corps font un homme un, de même Dieu et l’homme font un seul Christ. (38) Il a souffert pour notre salut, il est descendu aux enfers, le troisième jour il est ressuscité des morts, (39) il est monté aux cieux, il siège à la droite du Père, d’où il viendra juger les vivants et les morts. (40) A sa venue tous les hommes ressusciteront avec (dans) leurs corps et rendront compte chacun de leurs actes ; (41) ceux qui ont bien agi iront dans la vie éternelle, mais ceux qui auront mal agi, au feu éternel. (42) Telle est la foi catholique : si quelqu’un ne la croit pas fidèlement et fermement, il ne pourra être sauvé ».