La loi naturelle – conscience morale

Sommaire

  • Qu’est-ce que la loi naturelle
  • La nature humaine n’est pas faite pour elle-même, elle a été créée par Dieu pour vivre de la vie surnaturelle de Dieu
  • La loi naturelle est la conscience morale de l’homme
  • La loi naturelle est que les volontés ne doivent pas dévier de la droite raison
  • La loi naturelle est la norme universelle et la base de la moralité qui trouve son fondement en Dieu juste vengeur des actions humaines
  • La loi naturelle est la participation de la loi éternelle dans la créature douée de raison
    • Le premier précepte de la loi naturelle est qu’il faut faire et rechercher le bien et éviter le mal
    • Relève de la loi naturelle tout ce qui intéresse la conservation de la vie humaine et empêche ce qui lui est contraire
    • Relève de la loi naturelle l’union des sexes, l’éducation des enfants et autres choses semblables
    • Relève de la loi naturelle que l’homme évite l’ignorance, qu’il n’offense pas ceux dans la société desquels il vit, et les autres prescriptions
    • Relève de la loi naturelle l’inclination de l’homme d’agir selon la raison
  • La loi naturelle est la direction divine dans les créatures pour les ordonner et diriger à une fin
  • La nécessité absolue de connaître la loi naturelle
    • La loi naturelle impose aucune excuse à personne pour ne pas parvenir à la connaissance de Dieu et de Sa Révélation
    • L’existence de Dieu est de l’ordre de la loi naturelle

    • Toutes les personnes qui meurent dans l’incrédulité et dans des cultures qui n’ont jamais été pénétrées par l’Évangile vont en enfer pour les péchés contre la loi naturelle et les autres péchés graves qu’ils commettent
    • Tout le monde sait que Dieu n’est pas quelque chose sculpté en bois ou en jade ou de la pierre
    • Les gens sincères et de bonne volonté reçoivent l’aide de Dieu
    • L’homme peut non seulement savoir que Dieu existe, mais aussi le connaître personnellement
  • La loi naturelle donne la liberté morale du bien et du mal
    • Réfutation de la fatalité du destin
    • Conscience naturelle du bien et du mal
    • La loi naturelle est inscrite dans le cœur de tous les hommes
    • Concupiscence ou inclination au mal
      • La triple concupiscence : 1° Concupiscence des yeux et sagesse terrestre du monde. 2° Concupiscence de la chair et sagesse animale. 3° Concupiscence de la vie et sagesse diabolique
  • Hérésies contre la loi naturelle
  • Loi éternelle et loi naturelle
    • La loi éternelle contient et dirige la loi naturelle
    • La loi éternelle est la connaissance de la vérité
    • La loi éternelle est la loi divine
  • Autres pages concernant la loi naturelle

 

Qu’est-ce que la loi naturelle

La loi naturelle est la loi que chaque personne connait par instinct de naissance. Elle est gravée par le Créateur dans notre cœur, et tout le monde – même les païens qui n’ont jamais entendu parler de Dieu ou de la vraie religion catholique – reçoivent ce don de Dieu.

Pape Pie IX, Quanta cura, 1864, n° 3, ex cathedra : «… l’éternelle loi naturelle gravée par Dieu dans tous les cœurs et … la droite raison».

Pape Léon XIII, Libertas praestantissimum, 20 juin 1888 : «Si la loi est nécessaire à l’homme, c’est dans son arbitre même, c’est-à-dire dans le fait que nos volontés ne doivent pas dévier de la droite raison, qu’il faut en chercher la première cause, et comme la racine. … Une telle loi est la loi naturelle, la plus éminente de toutes, qui est écrite et gravée dans l’âme de chaque homme, car c’est la raison elle-même qui commande de faire le bien et qui interdit de pécher. Mais cette prescription de la raison humaine ne peut avoir la force d’une loi que parce qu’elle est la voix et l’interprète d’une raison plus élevée à laquelle notre esprit et notre liberté doivent être soumis».

Pape Pie XII, Summi pontificatus, 20 oct. 1939 : «…la source profonde et dernière des maux dont est affligée la société d’aujourd’hui se trouve dans la négation et le rejet d’une norme universelle de la probité des mœurs, tant dans la vie individuelle que dans la vie sociale elle-même et dans les relations mutuelles qui existent entre les peuples et les nations ; c’est-à-dire que la loi naturelle elle-même est obscurcie par la méconnaissance et l’oubli. Cette loi naturelle trouve son fondement en Dieu, créateur tout-puissant et Père de tous, suprême et absolu législateur, omniscient et juste vengeur des actions humaines».

Des exemples de péchés qui enfreignent la loi naturelle et qui sont faciles à reconnaître sont l’avortement, l’assassinat, le viol, le vol, la pédophilie, l’homosexualité, la calomnie, le mensonge, etc. La conscience condamne toujours une personne qui fait ces choses et donc il ne peut jamais y avoir d’excuse pour les personnes qui commettent de tels péchés.

La nature humaine n’est pas faite pour elle-même, elle a été créée par Dieu pour vivre de la vie surnaturelle de Dieu

Dieu est esprit, Il a créé Adam et Ève, premier homme et femme, à Son Image et à sa ressemblance. Dieu a créé leur âme en leur insufflant son Esprit (Genèse 2, 7). Dans l’état originel d’innocence l’homme vit de la vie surnaturelle de la grâce divine dans son âme. L’âme de l’homme vit de la vie de Dieu son Créateur.

St Irénée de Lyon, Père de l’Église, Contre les hérésies (200), L. II, 4 ; 5, 2 : « Sa seule volonté est la matière dont il [Dieu] a tout tiré … Car, de même que le corps animé par l’âme n’est pas lui-même l’âme, mais participe à l’âme aussi longtemps que Dieu le veut, de même l’âme n’est pas elle-même la vie, mais participe à la vie que Dieu lui donne. C’est pourquoi la parole prophétique dit du premier homme : « Il fut fait âme vivante » [Gn 2, 7] : elle nous enseigne que c’est par une participation à la vie que l’âme a été faite vivante, de telle sorte qu’autre chose est l’âme et autre chose la vie qui est en elle. Si donc Dieu donne et la vie et la durée perpétuelle de cette vie, il n’y a nulle impossibilité à ce que les âmes, quoique n’ayant pas existé d’abord, durent ensuite, puisque c’est Dieu qui veut et qu’elles existent et qu’elles se maintiennent dans cette existence. Car ce qui doit commander et dominer en tout, c’est la volonté de Dieu ; tout le reste doit céder devant elle, se subordonner à elle, se mettre à son service ».

La loi naturelle est la loi écrite par Dieu dans le cœur de l’homme

Par le péché originel, l’homme a perdu la grâce surnaturelle et donc son état d’innocence (ou non-connaissance du mal), et a commencé à avoir connaissance du bien et du mal : la loi naturelle est alors sa conscience naturelle du bien et du mal.

Genèse 3, 22 : «[Le Seigneur Dieu] dit : Voilà qu’Adam est devenu comme l’un de nous, sachant le bien et le mal».

Sainte Hildegarde de Bingen, Livre de œuvres divines, 10ème vision, n° 2 : «Dans l’homme, toute âme raisonnable [ou douée de raison et de libre arbitre] a pour source le vrai Dieu : elle [l’âme raisonnable] doit choisir ce qui lui convient et rejeter ce qui lui déplaît, c’est elle qui connaît ce qui est bon et ce qui est mauvais».

En théorie Dieu aurait pu faire un ordre de choses différent puisqu’il est tout-puissant et créer une nature pure, mais il n’a pas fait l’homme ainsi. Toute nature – qu’elle soit spirituelle comme les esprits purs (anges), ou spirituelle (âme) et matérielle (corps) comme l’homme – est créée pour vivre de la vie surnaturelle de Dieu. Hors de la fin surnaturelle pour laquelle elle a été créée, la nature s’enfonce toujours plus dans le mal et s’enferme dans le mensonge. Sans la grâce, la nature dépérit vers sa fin et sa perte.

La nature ne peut absolument pas se donner l’existence, ni la grâce, ni la perfection, ni la gloire divine

Les fausses croyances du naturalisme hérétique qui enseignent que la nature peut se diviniser par elle-même, c’est-à-dire qu’elle est sa propre cause et sa propre fin, induisent la tromperie diabolique selon laquelle l’homme est Dieu, et mènent à la mort éternelle de l’âme (Le naturalisme est le fondement de ce type de fausses croyances comme le yoga, le taoïsme, le zen, le bouddhisme, le new-âge, la philosophie, le satanisme, le luciférisme, l’ésotérisme, l’occultisme, le spiritualisme, l’illuminisme, l’athéisme, l’agnosticisme, le matérialisme, etc.)

Les fausses religions, dans lesquelles l’homme fait sa religion, éloignent les âmes de la Vérité révélée de Dieu (Le naturalisme est plus indirectement le fondement du Judaïsme, Islam, Hindouisme, paganisme, idolâtrie, polythéisme, panthéisme, etc.)

Les sectes non-catholiques dans lesquelles les hommes fabriquent leur propre foi égarent les âmes loin de la vraie foi divine et catholique (Le naturalisme est aussi indirectement le fondement des hérésies protestantes, schismatiques orientaux, gallicans, anglicans, vieux-catholiques, apostats vatican 2, faux catholiques traditionalistes, autres schismatiques thucites, autres hérétiques traditionalistes, etc.).

Voir Le naturalisme, racine de l’hérésie et apostasie

Dans l’état originel dans lequel le premier homme fut créé, sa nature bénéficiait des dons de la grâce : 1) La grâce sanctifiante qui augmentait chaque jour, perfectionnait la nature, rendait l’homme agréable à Dieu et capable de converser avec le ciel ; 2) La science infuse avec laquelle l’homme connaissait tout ce qu’il avait besoin de connaître sur les choses du ciel et de la terre sans avoir à les apprendre ; 3) La maîtrise des passions par laquelle l’âme dominait la chair (corps et vie psychique) totalement et sans effort et où la chair était totalement soumise à l’âme sans aucun effort ; 4) L’impassibilité par laquelle l’homme ne connaissait pas la souffrance du mal ; 5) L’immortalité par laquelle l’homme devait passer de la terre au ciel avec son corps sans connaître la corruption du tombeau.

Le péché, séparation volontaire d’avec Dieu, faisant perdre la grâce, les dons qui l’accompagnaient furent aussi perdus : 1) La nature privée la grâce était livrée à elle-même pour sa mort ; 2) La science ou connaissance innée était perdue ; 3) La chair était révoltée contre l’âme et la volonté s’opposait à la grâce ; 4) La souffrance entrait dans l’âme et le corps de l’homme ; 5) L’homme connaissait la mort et la corruption.

Le péché, qui sépare la créature de son Créateur, est la révolte de la nature contre la grâce qui a privé l’homme de la vision et de la gloire de Dieu. De pur, innocent, gracieux et lumineux, l’homme est devenu maculé, coupable, lourd, ténébreux, menteur, vaniteux, orgueilleux, dominateur, égocentrique, envieux, égoïste, ambitieux, présomptueux, coléreux, criminel, plus attaché aux biens temporels de la terre qu’aux biens éternels du ciel, et aimant plus sa chair que son âme.

Romains 3, 23 : «Tous ont péché et ont besoin de la gloire de Dieu [manifestation des perfections de Dieu]»

Dès le péché originel commis par les premiers parents de l’humanité, Dieu, qui n’a même pas épargné les anges prévaricateurs, infiniment offensé par le péché mais voulant sauver l’homme pécheur, l’a prévenu de sa future rédemption, par la pénitence et la promesse de l’envoi d’un Sauveur (Gn 3, 15).

Genèse 3, 14-15 : «Le Seigneur dit au serpent … Je mettrai des inimitiés en tre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité [Jésus-Christ]».

C’est par la foi (foi divine, qui vient de Dieu) dans le Sauveur que l’homme peut bénéficier des fruits de la Rédemption et que la vie surnaturelle de la grâce est redonnée.

C’est par la foi en la promesse par Dieu d’un Sauveur que les justes (justifiés par cette foi) de l’ancien Testament ont pu être sauvés.

Hébreux 11, 1-40 : «La foi est le fondement des choses qu’on doit espérer, et la démonstration de celles qu’on ne voit point. Car c’est par elle que les anciens ont reçu témoignage. … Abel … Hénoch … Noé … Abraham … Isaac, Jacob … Joseph …Sara … Tous ceux-ci sont morts dans la foi, n’ayant pas reçu les biens promis, mais les voyant et les saluant de loin, et confessant qu’ils étaient étrangers et voyageurs sur la terre. Moïse … Rahab … Gédéon … Barac … Samson … Jephté … David … Samuel … les prophètes … Tous ceux-là ayant obtenu un bon témoignage pour leur foi, n’ont cependant pas reçu l’effet de la promesse, Dieu nous ménageant quelque chose de meilleur, afin qu’ils ne reçussent pas sans nous leur complète félicité.»

Seul le Créateur pouvait réparer l’homme, réceptacle de toute la création spirituelle et matérielle. Le Verbe de Dieu s’est fait chair pour récapituler toute la création et se charger Lui-même de la condamnation de la justice divine à cause des péchés des hommes. Le Christ Jésus a racheté l’homme par sa passion et lui permet de retrouver la grâce – pas sans son consentement et collaboration (labeur commun) – pour avoir accès au salut éternel. La grâce sanctifiante est redonnée par les mérites de Jésus-Christ, le Verbe incarné, mais la nature demeure blessée par les séquelles du péché. Le péché originel est pardonné dans le baptême et le péché actuel (individuel) est pardonné dans la grâce, mais il laisse son empreinte et ses séquelles dans la nature qui demeure faible, fragile et vouée à la mort sans le secours de la grâce.

L’homme nouveau, c’est-à-dire baptisé en Jésus-Christ, dans la foi divine et catholique et en état de grâce : 1) vit de la grâce sanctifiante avec une nature déchue blessée qui demeure fragile ; 2) il doit faire un apprentissage laborieux des vérités de la foi et ne peut retrouver qu’en partie la science perdue ; 3) il doit lutter constamment contre ses passions (inclinations) et sa concupiscence (inclination au mal), fruit de la révolte de la chair contre l’âme ; 4) La souffrance (et la maladie, l’épreuve et tout ce qui rechigne à la nature) demeure mais peut mériter – dans la vraie foi et la patience – le salut par la rédemption ; 5) La mort est inéluctable mais peut devenir – par la fidélité à la grâce et la persévérance finale – la douce entrée dans l’éternité bienheureuse avec Dieu.

L’homme ne peut absolument rien sans Jésus, le Verbe incarné, même pas exister.

Jean 15, 5 : « Sans moi, vous ne pouvez rien faire ».

La fin de l’homme est Dieu, le moyen pour arriver à cette fin est la grâce, et l’instrument est sa nature. L’homme est fait à l’Image et ressemblance de Dieu, le Verbe de Dieu. Il doit réaliser sa ressemblance avec son libre arbitre, c’est-à-dire utiliser sa liberté pour le bien et contre le mal. Sa nature est faite à l’Image et il doit réaliser la ressemblance par sa conscience morale éclairée par la foi et perfectionnée par la grâce. Les créatures ne sont pas des robots, des automates, elles sont créées libres par Dieu, elles sont même créées libres d’aimer Dieu ou pas. La nature humaine est ordonnée à une fin : c’est la loi naturelle.

La vérité mène à la foi

Saint Irénée, La prédication des apôtres et ses preuves ou la foi chrétienne : «La vérité mène à la foi, car la foi se fonde sur la réalité des choses, afin que nous croyions aux êtres tels qu’ils sont, et qu’en croyant de la sorte, nous gardions toujours à leur égard la fermeté de nos convictions. Or, comme ce qui concerne notre salut dépend de la foi, il est nécessaire d’en avoir le plus grand soin pour trouver le véritable sens des choses».

Le Fils de Dieu accomplit en lui-même la loi dans sa totalité

Sainte Hildegarde de Bingen, Le Livre des œuvres divines, 7ème vision : « La seconde figure … qui a les mains pliées, un visage d’homme, mais les pieds d’un faucon, désigne le temps qui suit le déluge, le temps de la loi, qui réglemente les mœurs. Ce temps s’avança jusqu’à une certaine limite : là la sévérité de ladite loi commença à vaciller ; les intentions et les actions des hommes évitèrent la peine et considérèrent plus la chair que l’esprit ; dans leurs démarches, les hommes pratiquèrent plus la crainte que la tolérance, mais la loi n’en épargna aucun, et elle punit avec sévérité le délinquant. Si la tunique de cette figure est de bois, c’est que ce temps se fixa pour règle l’ancienne loi, qui néglige les fruits spirituels. La couleur blanche, qui va du sommet de la tête jusqu’au nombril, c’est le temps qui précède Noé, Noé qui connut son créateur, qui se sut homme, qui ébaucha le premier édifice de sainteté, et apporta des offrandes à Dieu. Ce temps dura jusqu’à la venue d’Abraham qui était comme un centre de forces, le nombril pour ainsi dire. En ce temps, la fureur des eaux terrifia les hommes à ce point qu’ils pratiquèrent momentanément la crainte de Dieu. Du nombril aux reins, la figure est rougeâtre : c’est le temps qui va d’Abraham à Moïse, le temps qui brûle dans la circoncision, qui vainc la luxure. Des reins aux genoux, la couleur grisâtre montre que le temps qui s’étend du législateur Moïse à l’exil de Babylone est un temps de dureté, de règne de la loi, un temps selon la chair, un temps qui se tourna vers une foule de vanités. Des genoux aux pieds, la couleur trouble évoque l’époque qui va de l’exil de Babylone à la ruine de la loi, avant que ne vienne le Fils de Dieu pour accomplir en lui-même ladite loi dans sa totalité. Si ce temps est un temps de trouble, de négligence, de torpeur, c’est que ladite loi, jugée déshonorante, délaissée comme de l’eau polluée, tendait à la ruine selon la chair. Ceux, en effet, qui paraissaient à cette époque observer la loi, se refusaient à prendre connaissance du lever du soleil de justice ; ils ne s’attachaient qu’à la lettre des tablettes, ils affirmaient qu’il n’y avait rien d’autre à comprendre. Aussi exerçai-je mon jugement, toute justice que je suis, en Égypte et ailleurs, quand ils avaient une confiance excessive en eux, quand ils agissaient uniquement à leur guise, et je leur envoyai des nations pour les emprisonner, pour les exiler en de lointaines contrées. Dans cette dure incroyance ils persisteront jusqu’à ce que l’antique serpent tourne son regard vers l’homme errant, vers l’homme perdu : la divinité cachée le fera disparaître alors, en le frappant d’un coup dont ni l’ange ni l’homme ne s’apercevront. Le peuple de la loi se tournera vers moi dans la douleur ; il se mettra en deuil ; il se lamentera d’avoir été si longtemps trompé ; mais tant que les hommes persisteront dans ce siècle intermédiaire, l’ange et l’homme demeureront dans l’ignorance. Si ladite figure porte un glaive qui repose en travers des reins, c’est que l’homme abandonne certes la chair par la circoncision, mais que la partie qui s’étend du nombril aux reins pousse l’homme au péché, sous l’impulsion de l’esprit. C’est aussi un rappel de la pureté de la justice divine : Dieu déversera le sang du bourreau sur celui qui divise les membres de l’homme : Dieu écrasera après une juste délibération celui qui se détournera de lui en d’autres maux. Si la figure immobile tourne son regard vers le couchant, c’est que l’homme de ce temps, du temps de l’ancienne loi, ne se tournait pas vers la compréhension spirituelle. Il connaissait certes la chute de l’antique serpent, et il percevait les multiples dangers. Mais il ne veillait au salut de son âme que dans la négligence et dans la torpeur. Le dragon de feu qui remarquait que Dieu en avait sauvé une part, que le déluge en avait épargné une part, laissa alors exploser dans son souffle sa fureur, et il s’écria dans son courroux : « Je multiplierai tous mes artifices, mon sceau, je leur imposerai, je les passerai au crible, jusqu’à ce que je trompe, jusqu’à ce que j’entrave ceux que le diable n’a pas engloutis. Ceux-là, je les soumettrai à mon autorité ! »

«Ainsi se développe le temps qui suit le déluge, de Noé à l’incarnation de mon Fils, qui convertit tous ceux qui croient en lui à l’intelligence spirituelle. Avec lui commence une autre époque, qui mène à la vie, point selon la chair, mais selon l’esprit. En Noé, j’ai accompli déjà de multiples merveilles, semblables à celles que j’ai accomplies lors de la première incarnation, quand je prévis en Adam la race humaine tout entière : en Noé ainsi je figurai le nouveau siècle qui allait naître. De son germe naquirent donc les prophètes les plus forts et les plus alertes, qui rapportèrent avec fidélité et vélocité ce qu’ils voyaient dans l’Esprit saint : Dieu enverrait dans le monde son Verbe, qui préexistait en lui avant le commencement des temps. Ce verbe est devenu chair, au grand étonnement du monde entier. Ainsi leurs langues transmirent rapidement au monde le miracle de la venue sur terre du plus beau des fils d’homme. Ainsi la raison commence par dicter, et l’œuvre suit cette dictée : l’ordre inverse ne serait pas possible. En son Verbe, Dieu a dicté le monde et l’homme. Ce Verbe, sans commencement, dicta une œuvre et cette œuvre revêtit en quelque sorte le monde : quand l’homme aurait péché, il lui suffirait de confesser Dieu pour que Dieu revînt, son vêtement aussi. Si le Verbe n’avait pas revêtu ce vêtement, l’homme n’aurait pas été sauvé : cela vaut aussi pour l’ange déchu. Comment Dieu en effet pourrait-il ne par reconduire en son lieu l’homme qui l’aurait quitté, pourvu que cet homme lui fit confiance et se repentît ? Il a plu au Dieu tout-puissant de créer l’homme, il lui a plu aussi de racheter celui qui lui fait confiance. Aussi a-t-il secrètement révélé la prophétie, il l’a envoyée au monde comme une ombre, jusqu’à ce qu’il achevât son œuvre. Avant cette échéance cependant, il indiqua ses intentions par des signes prémonitoires. Il montra à Noé l’arche, il donna à Abraham la circoncision, il enseigna à Moïse la loi, afin qu’ils confondissent l’instinct de désir qui s’agitait comme une langue de serpent : le diable s’était servi des animaux pour tromper l’homme. Les sacrifices d’animaux servirent à terrasser le diable, avant la venue du saint des saints… (Trois signes devancèrent le Fils de Dieu : les sacrifices d’animaux, la circoncision et la loi : ainsi fut préparée la venue du peuple élu)… Mais seul le Fils de Dieu révéla aux croyants par la semence de ses paroles que ces croyants obtiendront la vie, quand ils seront saturés de sa chair et de son sang. C’est lui qui, par lui, manifesta ce qui était caché dans les secrets de Dieu ».

La loi naturelle est la conscience morale de l’homme

La loi naturelle est la loi de la nature humaine, et la nature humaine est rationnelle, c’est-à-dire douée de raison, donc de libre arbitre. La loi naturelle est la conscience de l’homme.

La conscience de l’homme ne signifie pas la connaissance de la connaissance de son existence comme disent les philosophes. La conscience n’est pas non plus un nombre gigantesque d’informations connectées pour former une « conscience d’être », qui serait artificielle, sans âme, comme pensent faussement les naturalistes partisans d’une intelligence et d’une conscience artificielle. Non.

La conscience humaine est morale à la différence des animaux qui ne sont pas doués de raison.

La conscience est la conscience morale. La conscience est morale, il ne peut absolument pas exister de conscience sans morale. Ceux qui disent sciemment le contraire sont simplement des menteurs : ils voudraient anesthésier leur conscience morale pour pouvoir suivre leurs propres convoitises ou inclinations. La conscience morale de l’homme lui permet de choisir entre le bien et le mal.

La conscience du bien et du mal est la conscience morale de l’homme. Tout homme a conscience du bien et du mal, de ce qui est bien et de ce qui est mal. Ceux qui nient sciement cette vérité sont seulement des menteurs. Voici un simple exemple qui illustre cela : Versez de l’eau bouillante sur votre main, est-ce un bien ? Voyez si vous n’êtes pas naturellement conscient que c’est un mal.

La loi naturelle est que les volontés ne doivent pas dévier de la droite raison

Pape Léon XIII, Libertas praestantissimum, 20 juin 1888 : Si la loi est nécessaire à l’homme, c’est dans son arbitre même, c’est-à-dire dans le fait que nos volontés ne doivent pas dévier de la droite raison, qu’il faut en chercher la première cause, et comme la racine. … Une telle loi est la loi naturelle, la plus éminente de toutes, qui est écrite et gravée dans l’âme de chaque homme, car c’est la raison elle-même qui commande de faire le bien et qui interdit de pécher. Mais cette prescription de la raison humaine ne peut avoir la force d’une loi que parce qu’elle est la voix et l’interprète d’une raison plus élevée à laquelle notre esprit et notre liberté doivent être soumis. La force de la loi étant cependant d’imposer les devoirs et d’affirmer les droits, elle repose tout entière sur l’autorité, c’est-à-dire : sur un pouvoir véritable d’établir des devoirs et de déterminer des droits, et de même de sanctionner par des peines et des récompenses ce qui est commandé – toutes choses qui ne pourraient évidemment exister dans l’homme s’il se donnait à lui-même, en législateur suprême, la norme pour ses actes. Il en résulte que la loi naturelle elle-même, inscrite en ceux qui font usage de la raison, et qui incline vers l’acte et la fin qui conviennent ; et elle est la raison éternelle du Créateur lui-même, du Dieu qui gouverne l’ensemble du monde».

La loi naturelle est la norme universelle et la base de la moralité qui trouve son fondement en Dieu, juste vengeur des actions humaines

Pape Pie XII, Summi pontificatus, 20 oct. 1939 : «Il est connu de tous que la source profonde et dernière des maux dont est affligée la société d’aujourd’hui se trouve dans la négation et le rejet d’une norme universelle de la probité des mœurs, tant dans la vie individuelle que dans la vie sociale elle-même et dans les relations mutuelles qui existent entre les peuples et les nations ; c’est-à-dire que la loi naturelle elle-même est obscurcie par la méconnaissance et l’oubli. Cette loi naturelle trouve son fondement en Dieu, créateur tout-puissant et Père de tous, suprême et absolu législateur, omniscient et juste vengeur des actions humaines. Quand la divinité éternelle est reniée avec légèreté, toute base de moralité s’en trouve ébranlée du même coup, et l’on voit s’étouffer ou du moins s’affaiblir singulièrement la voix de la nature qui enseigne aux ignorants et même à ceux qui n’ont pas encore accédé à l’usage de la culture civique, ce qui est bien et ce qui est mal, le licite et l’illicite, et qui leur rappelle qu’un jour ils auront à rendre compte de leurs actions bonnes ou mauvaises devant le juge suprême».

La loi naturelle est la participation de la loi éternelle dans la créature douée de raison

Saint Thomas, Somme théologique, Ia IIae, Q. 91, art. 2 : «la loi naturelle n’est pas autre chose que la participation de la loi éternelle dans la créature raisonnable».

Le premier précepte de la loi naturelle est qu’il faut faire et rechercher le bien et éviter le mal

Saint Thomas, Somme théologique Ia IIae Q. 94, art. 2 : «Le premier précepte de la loi [naturelle] sera donc qu’il faut faire et rechercher le bien et éviter le mal. Et sur lui seront fondés tous les autres préceptes de la loi naturelle, en sorte que seront objets des préceptes de la loi naturelle toutes les choses à faire ou à éviter que la raison pratique percevra naturellement comme des biens humains. Mais parce que le bien a raison de fin, et le mal, raison du contraire, il s’ensuit que toutes les choses vers lesquelles l’homme est incliné de par sa nature, la raison les percevra naturellement comme bonnes, et par conséquent, comme buts d’action, et celles qui leurs sont contraires, comme mauvaises et à éviter».

Relève de la loi naturelle tout ce qui intéresse la conservation de la vie humaine et empêche ce qui lui est contraire 

Saint Thomas, Somme théologique Ia IIae Q. 94, art. 2 : «1° Il y a, en premier lieu, inscrite en l’homme, une inclination au bien, selon ce qu’il a en commun avec les autres substances [natures], au sens où toute substance aspire à la conservation de son être suivant sa nature. En vertu de cette inclination, relèvera de la loi naturelle tout ce qui intéresse la conservation de la vie humaine et empêche ce qui lui est contraire».

Relève de la loi naturelle l’union des sexes, l’éducation des enfants et autres choses semblables 

Saint Thomas, Somme théologique Ia IIae Q. 94, art. 2 : «2° Est inscrite en l’homme, en second lieu, une inclination à certains biens plus spéciaux, selon ce qu’il a en commun avec les autres animaux. En vertu de quoi, on dira que relève de la loi naturelle « ce que la nature a enseigné à tous les animaux », c’est-à-dire l’union des sexes, l’éducation des enfants et autres choses semblables».

Relève de la loi naturelle que l’homme évite l’ignorance, qu’il n’offense pas ceux dans la société desquels il vit, et les autres prescriptions

Saint Thomas, Somme théologique Ia IIae Q. 94, art. 2 : «3° En troisième lieu, est inscrite en l’homme une inclination conforme à la nature de la raison, laquelle lui est propre ; ainsi l’homme aura-t-il une inclination naturelle à connaître la vérité sur Dieu et à vivre en société. Et en vertu de cela, relèvera de la loi naturelle ce qui se rapporte à une inclination de cet ordre, par exemple : que l’homme évite l’ignorance, qu’il n’offense pas ceux dans la société desquels il vit, et les autres prescriptions…».

Relève de la loi naturelle l’inclination de l’homme d’agir selon la raison

Saint Thomas, Somme théologique Ia IIae Q. 94, art. 4 : «relève de la loi naturelle ce vers quoi l’homme est incliné par nature. Et parmi ces inclinations de nature, est propre à l’homme celle d’agir selon la raison».

La loi naturelle est la direction divine dans les créatures pour les ordonner et diriger à une fin

Encyclopédie catholique, « Loi naturelle », 1907-1913 : «Son essence. … ce terme est souvent employé comme équivalent aux lois de la nature, ce qui signifie l’ordre qui régit les activités de l’univers matériel. Parmi les juristes romains, la loi naturelle désignait les instincts et les émotions communes à l’homme et aux animaux inférieurs, tels que l’instinct d’auto-préservation et l’amour de la progéniture. Dans sa stricte application éthique au sens où cet article traite la loi naturelle, elle est la règle de conduite qui est prescrite pour nous par le Créateur dans la constitution de la nature dont il nous a doté.

«Selon St Thomas, la loi naturelle est rien d’autre que « la participation de la créature rationnelle à la loi éternelle » (I-II. 94). La loi éternelle est la sagesse de Dieu, dans la mesure où elle est la norme de directive de tout mouvement et d’action. Lorsque Dieu a voulu donner l’existence à des créatures, il a voulu les ordonner et les diriger à une fin. Dans le cas des choses inanimées, cette direction divine est prévue dans la nature que Dieu a donné à chacune dans leur règne déterminé. Comme tout le reste de la création, l’homme est destiné par Dieu à une fin, et reçoit de lui une direction à cette fin. Cette coordination est d’un caractère harmonieux avec sa nature libre intelligente. En vertu de son intelligence et de sa volonté libre, l’homme est maître de sa conduite. Contrairement aux choses du simple monde matériel, il peut varier son recours, agir ou s’abstenir de l’action, comme il lui plaît. Pourtant, ce n’est pas un non -droit d’être dans un ordre universel. Dans la constitution même de sa nature, il a aussi une loi prévue pour lui qui reflète la coordination et la direction de toutes choses, qui est la loi éternelle. La règle, alors, que Dieu a prescrit pour notre conduite, se trouve dans notre nature elle-même. Ces actions qui sont conformes avec ses tendances, conduisent à la fin de notre destinée et sont ainsi constituées droites et moralement bonnes ; celles en désaccord avec notre nature sont fausses et immorales.

«La norme de conduite, cependant, n’est pas un élément ou un aspect particulier de notre nature. La norme est toute notre nature humaine avec ses relations multiples, considérée comme une créature destinée à une fin particulière. Les actions sont mauvaises si, quoique favorisant la satisfaction d’un certain besoin particulier ou tendance, elles sont en même temps incompatibles avec cette subordination harmonieuse rationnelle de l’inférieur au supérieur que la raison devrait maintenir parmi nos tendances et désirs contradictoires (voir « Bien »). Par exemple, nourrir notre corps est bon, mais se livrer à notre appétit de nourriture au détriment de notre vie corporelle ou spirituelle est mauvais. L’auto-préservation est droite, mais refuser d’exposer notre vie lorsque le bien-être de la société l’exige, est erroné. Il est mauvais de boire jusqu’à intoxication, car, en plus d’être dangereux pour la santé, une telle indulgence prive de l’usage de la raison qui est destinée par Dieu à être le guide et le dictateur de la conduite. Le vol est mauvais, car il subvertit la base sociale de la vie, et la nature de l’homme a besoin pour son bon développement de vivre dans un état de société. Il y a donc une double raison pour appeler cette loi de conduite naturelle : d’abord parce qu’elle est en place concrètement dans notre nature elle-même, et, deuxièmement, parce qu’elle se manifeste à nous par le moyen purement naturel de la raison. Dans les deux cas, elle se distingue de la loi divine positive, qui contient des préceptes qui ne découlent pas de la nature des choses dont Dieu les a constituées par l’acte de création, mais de la volonté arbitraire de Dieu. Cette loi, nous ne l’apprenons pas par l’opération spontanée de la raison, mais à travers la lumière surnaturelle de la révélation …».

La nécessité absolue de connaître la loi naturelle

Tous les hommes sont tenus de suivre la loi naturelle inscrite dans leur nature sous peine de pécher. Tout homme connait par sa conscience ce qu’il fait de bien ou de mal. La conscience humaine est une conscience morale qui permet à l’homme de connaître le réel par la connaissance du bien et du mal.

Toute personne sincère et honnête, correspondant à sa conscience pour le bien sera amenée à la connaissance de la loi surnaturelle.

La loi naturelle impose aucune excuse à personne pour ne pas parvenir à la connaissance de Dieu et de Sa Révélation

1) Parce qu’une personne païenne arrivera à la connaissance de Dieu et de la vraie foi pour être sauvée si elle suit la loi naturelle de sa conscience ou sa conscience morale pour le bien. Cela signifie qu’une personne qui cherche sincèrement la vérité reçoit les grâces pour y parvenir, si elle suit sa conscience.

2) Parce qu’une personne baptisée et/ou éloignée de la vraie foi catholique et du salut, ou même hérétique, pourra revenir dans la vérité de la foi et de la morale, pour son salut, en suivant sa conscience et en faisant le bien, parce que Dieu lui donnera les grâces pour cela. C’est pour cette raison, qu’aucune personne n’a d’excuse pour ne pas parvenir à la connaissance de Dieu et de Sa Révélation. Tous reçoivent la grâce de la loi surnaturelle pour parvenir à la connaissance de leur salut selon qu’ils suivent ou non la loi naturelle de leur conscience morale. L’homme est libre et aucun n’est excusable parce que les gens préfèrent simplement choisir de suivre le mal plutôt que le bien.

3) Parce que enfreindre la loi naturelle est un péché actuel pour toute personne qui ne connait pas ou ne pourrait connaître la loi surnaturelle de la grâce, car toute personne connaît la loi naturelle en elle. Et tout péché actuel doit être puni dans le temps ou dans l’éternité. Enfouir sa conscience morale aggrave la culpabilité.

L’existence de Dieu est de l’ordre de la loi naturelle

Il est infailliblement enseigné dans l’Écriture Sainte que tout le monde au-dessus de l’âge de la raison peut savoir avec certitude que Dieu existe

Nous savons cela par les choses qui sont existent : les arbres, l’herbe, le soleil, la lune, les étoiles, etc. Quiconque croit que Dieu n’existe pas est sans excuse. La loi naturelle le condamne. C’est une vérité révélée de l’Écriture Sainte.

Psaume 14, 1 (sur la corruption des hommes) : «L’insensé [le fou] a dit dans son cœur : Il n’y a point de Dieu».

La création elle-même témoigne qu’il y a un Dieu, c’est-à-dire un être vivant, tout-puissant et intelligent qui l’a créé

L’apôtre Paul a écrit aux saints de Rome que depuis la création du monde, les qualités invisibles de Dieu, sa puissance éternelle – et Divinité – ont été clairement vues, étant entendu de ce qui a été fait (Romains 1, 20), et David dit que les cieux racontent la gloire de Dieu, et le firmament montre son ouvrage (Psaume 19, 1). Par conséquent, étant donné que l’existence de Dieu est attestée clairement par ses œuvres, ceux qui nient son existence sont sans excuse.

Psaume 53, 1 : «L’insensé a dit en son cœur : Dieu n’existe pas ».

Dieu a défini infailliblement, sur la base de Romains 1, que le seul vrai Dieu peut être connu avec certitude par les choses qui ont été faites, et par la lumière naturelle de la raison humaine.

Romains 1, 19-21 : «Parce que ce qui est connu de Dieu est manifeste pour eux. Car Dieu le leur a manifesté. Les perfections invisibles de Dieu, par la création du monde, sont clairement visibles, étant entendu par les choses qui sont faites ; son éternelle puissance et divinité : de sorte qu’ils sont INEXCUSABLES».

Les incroyants sont sans excuse, car ils sont entourés par les œuvres de Dieu qui attestent très clairement que Dieu existe

Sans doute, les cieux et la terre, la mer, et tout ce qui est en eux, prouvent clairement l’existence de Dieu, parce qu’ils ne sont pas venus à l’existence par hasard ou par leur propre puissance, mais par la volonté du seul vrai Dieu. En effet, selon l’Écriture, il fut un temps où toutes ces choses n’existaient pas, alors, à un certain point du temps passé, ils sont venus à l’existence par la volonté de Dieu. Dieu les a créés en six jours (Genèse 1, 1-31 ; 2, 1-3 ; Exode 20, 11), et dans la sagesse de Dieu tous ont été faits (Psaume 104, 24). Oh, quelle merveilleuse sagesse peut être vue dans toutes les œuvres de Dieu ! Il peut être vu même dans les formes les plus simples de la vie. Dieu est en effet un  sage Créateur et concepteur ! Parmi les choses faites par Dieu, une, c’est-à-dire l’homme, a été faite à l’image de Dieu, car l’Ecriture dit : «Dieu créa l’homme à son image» (Genèse 1, 27). C’est pourquoi Saint Paul dit que l’homme «est l’image et la gloire de Dieu» (1 Corinthiens 11, 7). L’homme lui-même, par conséquent, témoigne que Dieu existe. Si l’on considère que l’homme est un être intelligent, avec une volonté, la capacité de raisonnement, les émotions et la conscience, comment peut-il nier l’existence de Dieu ?

L’Église catholique a défini dogmatiquement le principe énoncé dans Romains 1 – ce qui contredit directement l’enseignement de l’athéisme.

Pape Pie IX, Concile du Vatican , Session 3, sur la Révélation, Can.1 : « Si quelqu’un dit que le seul vrai Dieu, notre Créateur et Seigneur, ne peut être connu avec certitude par les choses qui ont été faites, par la lumière naturelle de la raison humaine : qu’il soit anathème».

Pape Pie IX, Concile du Vatican, Session 3, Le Dieu Créateur, Can.1 : « Si quelqu’un doit avoir nié le seul vrai Dieu, Créateur et Seigneur des choses visibles et invisibles : qu’il soit anathème».

Toutes les personnes qui meurent dans l’incrédulité et dans des cultures qui n’ont jamais été pénétrées par l’Évangile vont en enfer pour les péchés contre la loi naturelle et les autres péchés graves qu’ils commettent

La mauvaise volonté et l’incapacité à coopérer avec la grâce de Dieu est la raison pour laquelle ils nient Dieu ou qu’Il ne leur révèle pas l’Evangile.

2 Corinthiens 4, 3 : « Et si notre Évangile est encore voilé, il est voilé pour ceux qui périssent, dont le dieu de ce monde [Satan] a aveuglé l’intelligence des incrédules, pour que la lumière de l’Évangile de la gloire de Christ, qui est l’image de Dieu, ne doive pas briller pour eux « .

Pour résumer, de même qu’une maison, un ordinateur ou une montre existe parce que quelqu’un les a conçu et construit, nous ne pouvons pas affirmer que personne ne les a fait (même si nous ne savons pas qui les a fait !), donc l’univers (c’est à dire les cieux, la terre, la mer et tout ce qui est en eux) existe parce que quelqu’un l’a conçu et l’a fait, et ce «quelqu’un» est Dieu, notre Créateur. En d’autres termes, la perfection, la beauté, la conception et le bon ordre de l’univers exigent l’existence d’un Être suprême dont l’intelligence et la puissance n’ont pas de limite, et cet Être suprême est Dieu. Il est absurde de penser que l’univers n’a pas été créé par Dieu quand il est si complexe, et il est tout à fait illogique de prétendre qu’une maison ou une montre est faite par une autre personne, même si on ne sait pas qui l’a fait, tout en prétendant que Dieu n’a pas créé l’univers qui est infiniment plus complexe qu’une simple montre. Cet exemple prouve que tous les athées et les agnostiques sont des menteurs délibérés qui comprennent clairement que ce monde doit être conçu par un Être intelligent, mais qui choisissent de rejeter cette connaissance. Autrement dit, ce n’est pas rejeter l’existence de Dieu par un bon argument ou une objection contre Dieu, mais c’est reconnaître que l’existence de Dieu signifierait devoir accepter certaines règles. Les personnes qui vivent dans le péché n’aiment pas s’entendre dire d’arrêter de pécher. Elles veulent continuer à faire ce qui leur plaît et s’engagent sans aucun doute dans les péchés ou mauvaises actions comme presque tous les gens qui commettent des péchés. Cependant, ces personnes ne veulent pas se sentir tristes à la pensée ou penser qu’elles vont être punies pour leurs péchés volontaires, elles choisissent de rejeter l’existence de Dieu afin de vivre une courte vie de péché. Ces gens ne veulent pas trouver Dieu pour la même raison qu’un assassin ou un voleur ne veut pas trouver un agent de police : les deux savent qu’ils sont coupables et qu’ils seront punis pour leurs crimes intentionnels (volontaires) s’ils trouvent Dieu ou un agent de police. Et donc, ces gens suppriment eux-même leur conscience qui leur reproche de pécher et qui leur dit que les mauvaises actions méritent une punition.

Révélations de sainte Brigitte, livre 1, chapitre 15 : «Chacun peut savoir avec certitude qu’il y a un être spirituel suprême, qui est le Seul Vrai Dieu et le Créateur du monde et tout ce qu’il contient. Il n’y a personne qui ne peut pas comprendre et croire que Dieu existe, s’il considère comment la terre porte du fruit et la façon dont les cieux donnent la pluie, comment les arbres fleurissent, comment chaque animal existe dans son propre genre, comment les étoiles servent l’homme, et comment les troubles et les douleurs viennent et souvent se produisent contre la volonté de l’homme. De toutes ces choses, l’homme peut voir qu’il est mortel et que c’est Dieu qui organise et dirige toutes ces choses. Car si Dieu n’existait pas, tout serait désorganisé. Ainsi, toutes choses sont de Dieu, et tout est rationnellement organisé pour l’utilisation et la connaissance de l’humanité. Et il n’y a pas la moindre petite chose qui soit créée ou qui existe dans le monde sans raison valable ».

Tout le monde sait que Dieu n’est pas quelque chose sculpté en bois ou en jade ou de la pierre

Tous savent que Dieu n’est pas l’arbre qu’ils adorent ou la rivière qu’ils adorent ou la roche ou le serpent ou la grenouille ou des arbres sacrés ou des esprits de la nature. Tous savent que ces choses ne sont pas le Créateur de l’univers. Chaque personne sait qu’il adore une créature au lieu du Créateur.

Révélations de sainte Brigitte, livre 1, chapitre 15 : «Si un homme ne peut pas comprendre ou comprendre les vertus et les pouvoirs de Dieu à cause de sa faiblesse, il peut encore les voir avec la foi et croire. Mais si les gens dans le monde ne veulent pas utiliser leur raison pour considérer la puissance de Dieu, ils peuvent toujours utiliser leurs mains pour toucher et sentir les actes que Jésus-Christ et ses saints ont fait. Ils sont notamment si évidents que personne ne peut douter qu’ils soient les actes de Dieu. Qui a ressuscité les morts et donne la vue aux aveugles, sinon Dieu ? Qui chassa les mauvais démons des hommes sinon Dieu ? Quels choses ont été enseignées de Dieu, sinon des choses bénéfiques pour la prospérité de l’âme et du corps et facile à porter ? »

Les gens sincères et de bonne volonté reçoivent l’aide de Dieu

S’il y avait vraiment des gens sincères et de bonne volonté qui n’avaient pas encore atteint la foi, Dieu enverrait un prédicateur (même miraculeusement, si nécessaire) pour que la foi et le baptême catholique lui soit donné.

Saint Thomas d’Aquin, Sent. III, 25, Q. 2, A. 2, solut. 2 :  » Si un homme ne devait avoir personne pour l’instruire, Dieu lui montrerait, à moins qu’il ne souhaite rester coupable où il est. «

Saint Thomas d’Aquin, Sent. II, 28, Q. 1, A. 4, ad 4 :  » Si un homme né parmi les nations barbares, fait ce qu’il peut, Dieu lui-même lui montrera ce qui est nécessaire pour le salut, soit par l’inspiration ou l’envoi d’un enseignant pour lui. «

Saint Thomas d’Aquin, De Veritate, 14, A. 11, annonce 1 : Objection :  » Il est possible que quelqu’un puisse être mis dans la forêt, ou parmi les loups, un tel homme ne peut rien savoir explicitement de la foi. » Saint Thomas répond : «C’est la caractéristique de la Divine Providence de fournir à chaque homme ce qui est nécessaire pour le salut … à condition de sa part, qu’il ne soit pas un obstacle. Dans le cas d’un homme qui cherche le bien et évite le mal, par la direction de la raison naturelle, Dieu soit lui révélera par l’inspiration interne ce qui devrait être cru, ou lui enverrait un prédicateur de la foi … «

Révélations de sainte Brigitte, livre 5 ou Livre des Questions, Interrogation 8 : « Il est en accord avec la justice de Dieu que l’entrée dans le ciel doit être acquise par la foi inébranlable, l’espérance rationnelle, et l’amour fervent. Une personne réfléchit plus fréquemment et adore avec plus d’amour ce que le cœur aime plus et aime avec plus de ferveur. Ce n’est donc pas avec les dieux qui sont placés dans les temples – ils ne sont pas les dieux ni les créateurs, car il n’y a qu’un seul créateur, je le suis, Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit. Mais les propriétaires des temples et les gens en général aiment les dieux plus qu’ils m’aiment, cherchant à atteindre le succès mondain plutôt que de vivre avec moi. Si je devais détruire les choses que les gens aiment plus que moi, et faire que les gens m’adorent contre leur gré, alors je ferais certainement une injustice en enlevant leur libre volonté et le désir de leur part. Comme ils n’ont pas foi en moi, et qu’il est dans leur cœur quelque chose de plus agréable que moi, je leur permet raisonnablement de produire à l’extérieur ce qu’ils aiment dans leurs esprits. Parce qu’ils aiment la création plus que moi, le Créateur, ils peuvent savoir par des signes et des actes probables, si seulement ils pouvaient faire usage de leur raison, et parce qu’ils sont aveugles, maudite est leur création et maudites sont leurs idoles. Ils se tiendront dans la honte et seront condamnés pour leur folie, parce qu’ils refusent de comprendre combien Je suis doux, leur Dieu, qui a créé et racheté l’humanité par amour fervent».

Un païen qui ne connaît point Dieu ou un baptisé qui s’est écarté de la foi divine recevra toujours de l’aide de Dieu pour trouver son salut s’il aime Dieu ou la vérité. Dieu est la Vérité en personne. Ci-dessous, dans les Révélations de sainte Brigitte, la Vierge Marie dit à sainte Brigitte qu’il n’y a rien qui plaise tant à Dieu que d’être aimé des hommes, et le montre par un exemple d’une femme païenne qui aima fort son Créateur.

Révélations de sainte Brigitte, Livre 6, ch. 50 : «La Mère de Dieu parle à sainte Brigitte, lui disant qu’il n’y a rien qui plaise tant à Dieu que quand l’homme l’aime sur toutes choses. Je vous en donnerai une similitude d’une femme païenne : ne sachant rien de la foi catholique, elle s’entretenait en ces pensées : Je sais de quelle manière je suis, et je connais mes parents. Je crois aussi qu’il est impossible que j’eusse le corps, les membres, les entrailles, les sens, si quelqu’un ne me les eût donnés ; et partant, il y a quelque Créateur qui m’a faite une si belle créature, et non une créature difforme, comme les vermisseaux et les serpents.

«Il me semble aussi que, bien que j’eusse plusieurs maris, et que, si tous m’appelaient, je courrais plutôt à mon Créateur qui m’appelle qu’aux voix de tous ceux-là. J’ai aussi plusieurs fils et filles : néanmoins, si j’avais de la viande en ma main et savais que mon Créateur en désire, je l’ôterais franchement à mes enfants et la présenterais à mon Créateur. J’ai aussi plusieurs possessions dont je dispose selon mes vouloirs : si je savais néanmoins que la volonté de mon Créateur est autre, je les laisserais, renonçant à ma volonté, et en disposerais à l’honneur de mon Créateur.

«Mais voyez, ma fille, ce que Dieu a fait avec cette femme païenne, car il lui a envoyé un de ses amis qui l’a instruite en la foi sainte, et Dieu a visité son cœur de lui-même, comme vous le pourrez entendre des paroles de la susdite femme, car quand cet homme de Dieu lui prêchait qu’il y avait un seul Dieu sans commencement et sans fin, créateur de toutes choses, elle lui dit : Il est bien croyable que celui qui m’a créée et qui a créé toutes choses, n’a pas par-dessus soi de créateur, et il est vraisemblable que sa vie est éternelle, puisqu’il m’a pu donner la vie.

«Mais quand cette femme ouït que le même Créateur avait pris l’humanité d’une Vierge, qu’il avait prêché lui-même, elle dit : Il est bien fait de croire que Dieu fait de bonnes œuvres. Mais vous, ô mon ami ! dites-moi quelles furent les paroles qui furent proférées de la bouche du Créateur, car je veux renoncer à ma volonté et lui obéir selon qu’il a parlé.

«Or, l’ami de Dieu prêchant et lui parlant de la passion, de la croix et de la résurrection, la femme, ayant les larmes aux yeux, lui dit : Béni soit Dieu qui a manifesté son amour en la terre tel qu’il l’avait au ciel ! Partant, comme je l’aimais auparavant, je suis maintenant obligée de l’aimer comme voie droite et comme Rédempteur, me rachetant de son propre sang. Je suis encore obligée de l’aimer de toutes mes forces et de le servir de tous mes membres. D’ailleurs, je suis obligée d’arracher de moi tous les désirs que j’ai eus en mes passions, fils et parents, et seulement aimer et désirer mon Créateur en la gloire et en la vie qui ne finissent jamais.

«La Mère de Dieu dit : Voyez, ma fille, que cette femme a eu une grande récompense, à raison de la dilection [l’amour] : de même la récompense est donnée à un chacun selon qu’il aime Dieu pendant qu’il vit au monde».

L’homme peut non seulement savoir que Dieu existe, mais aussi le connaître personnellement

En d’autres termes, il peut avoir une relation personnelle avec Dieu. Car Jésus-Christ a dit : «Toutes choses m’ont été données par mon Père, et personne ne connaît qui est le Fils, sinon le Père, et le Père qui est, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler» ( Luc 10, 22). Par conséquent, Dieu le Père peut être connu à travers son Fils, il n’y a pas d’autre moyen de connaître Dieu véritablement que par son Fils. Ainsi, afin de connaître Dieu et être sauvé, un homme a besoin de connaître son Fils. Comment peut-on connaître le Fils de Dieu, alors ? En nous repentant de nos péchés et en croyant en son sacrifice expiatoire et sa résurrection, en étant baptisé et en entrant dans Son Église.

Jésus était et est le sacrifice parfait pour nos péchés. Dieu nous offre à tous le pardon et le salut par la foi et le baptême, si nous recevons  simplement son cadeau pour nous (Jean 1, 12), croire que Jésus est le Sauveur qui a donné sa vie pour nous – Ses amis. Si vous placez votre confiance en Jésus comme votre seul Sauveur et mourez dans un état de grâce (sans péché mortel), vous aurez l’assurance absolue de la béatitude éternelle dans le ciel. Dieu pardonnera vos péchés, purifiera votre âme, renouvellera votre esprit, vous donnera la vie en abondance dans ce monde, et le bonheur éternel dans l’autre monde. Comment pouvons-nous rejeter un tel don précieux ? Comment pouvons-nous tourner le dos à Dieu qui nous a aimés assez pour se sacrifier pour nous ?

Si vous n’êtes pas sûr de ce que vous croyez, nous vous invitons à dire la prière suivante à Dieu : «Dieu, aide-moi à savoir ce qui est vrai. Aide-moi à discerner ce qui est une erreur. Aide-moi à savoir ce qui est le bon chemin vers le salut». Dieu honorera toujours une telle prière.

Si vous souhaitez recevoir la vraie foi biblique et Jésus comme votre Sauveur, parlez simplement à Dieu, verbalement ou silencieusement, recevez le baptême (voir § Étapes pour se convertir à la vraie foi biblique), obéissez à son Église, à ses lois (voir loi naturelle) et à sa Parole, et dites-Lui que vous voulez recevoir le don gratuit du salut par Jésus, notre Seigneur et Sauveur. Si vous voulez une prière à dire, voici un exemple : «Dieu, je vous remercie de m’aimer. Je vous remercie de vous sacrifier pour moi. Je vous remercie de me donner le pardon et le salut. Je veux accepter le don du salut par Jésus. Je veux recevoir Jésus comme mon Sauveur. Amen !»

 

La loi naturelle donne la liberté morale du bien et du mal

Réfutation de la fatalité du destin 

Pape saint Grégoire Ier, Homélie sur l’adoration des mages, n°6, 6 jan. 591 : «Que les fidèles excluent cependant de leur esprit qu’il existe un destin. Car la vie n’est gouvernée que par le seul Créateur qui l’a donnée aux hommes».

Saint Justin réfute simplement la fatalité du destin ou que l’homme ne soit pas libre de choisir le bien ou le mal et n’en soit pas responsable. C’est la loi naturelle inscrite dans le cœur de l’homme qui a la capacité naturelle de connaître le bien et le mal et qu’il a par conséquent la responsabilité morale de ses choix.

Saint Justin Martyr, 2ème siècle, Grande Apologie, N° 43 : «Que d’ailleurs, … on ne s’imagine pas que nous croyons la réalisation de ce qui doit arriver due à la fatalité du destin. Voici comment nous répondons à cette objection. Chacun, selon ses œuvres, sera châtié, puni ou récompensé : nous avons appris cette doctrine des prophètes et nous la tenons pour vraie. S’il n’en était pas ainsi, si tout était l’œuvre du destin, il n’y aurait plus de libre arbitre. Si c’est le destin qui veut que celui-ci soit bon, et celui-là mauvais, celui-ci n’est pas digne d’éloge ni celui-là de blâme. Et si l’homme ne peut, par le choix libre de sa volonté, éviter le mal et faire le bien, il n’a aucunement à répondre de ses actions.

«Mais voici qui prouve que l’homme fait librement le bien et le mal. Nous voyons le même homme passer d’un extrême à l’autre. S’il était fatalement bon ou mauvais, il n’y aurait pas de ces contradictions dans sa conduite, et il ne changerait pas constamment. Il n’y aurait ni homme vertueux ni hommes dépravés, puisque le destin serait cause en même temps du bien et du mal, et qu’il serait contradictoire à lui-même. Ou bien encore, il faudrait admettre, comme nous l’avons dit plus haut, que le bien et le mal ne sont rien, et que la vertu et le vice sont choses d’opinion. Or la saine raison nous dit que c’est là une impiété et une injustice odieuse.

«A nos yeux, le vrai destin inévitable, c’est la juste récompense du bien et le juste châtiment du mal. Dieu n’a pas créé l’homme comme les autres êtres, comme les arbres et les quadrupèdes qui ne peuvent rien faire librement. L’homme ne mériterait ni récompense ni louange  si, au lieu de choisir de lui-même le bien, il était bon par nature. De même, on ne pourrait punir justement ses fautes , si elles n’étaient pas volontaires , et si lui-même ne pouvait être autre chose que ce qu’il est».

Conscience naturelle du bien et du mal

Quiconque dit que le bien ou le mal n’existe pas ou qu’il n’y a pas de loi naturelle inscrite dans le cœur de l’homme est un menteur de mauvaise foi et un hérétique contre la loi naturelle, car il est évident que l’homme connaît naturellement le bien et le mal. Par exemple, que se passe t-il si on se cogne fortement, est-ce que cela fait du bien ? Non. Mettez votre main dans le feu, et voyez ce que cela fait, diriez-vous que c’est bien ? Non. Le dire, serait de la mauvaise foi, ainsi en est-il de quiconque nie la loi naturelle. La loi naturelle est inscrite dans le cœur de l’homme sans qu’il y soit pour quelque chose, c’est sa nature, pour qu’il connaisse le bien du mal naturellement et choisisse librement l’un ou l’autre.

La loi naturelle est la loi que chaque personne sait par instinct de naissance. Elle est plantée par le Créateur dans le cœur, et tout le monde – même les païens qui n’ont jamais entendu parler de Dieu ou de la vraie religion catholique – recoivent ce don de Dieu. Des exemples de péchés contre la loi naturelle qui sont faciles à reconnaître sont : l’assassinat, le viol, le vol, la pédophilie, la calomnie et le mensonge. La conscience convainc toujours une personne qui commet de tels péchés et donc cela ne peut jamais être une excuse pour les personnes qui les commettent.

La loi naturelle que Dieu a imprimé dans le cœur de chaque personne enseigne que certains actes sexuels, les touches et les baisers sont un mal en soi, inutile, égoïste et honteux alors que d’autres ne le sont pas. Certaines personnes, toutefois, se sont endurcies dans leurs péchés et tiennent pas compte de cet avertissement et du reproche de leur conscience. Mais c’est leur faute car ils ont rejeté Dieu et étouffé leur conscience par le péché volontaire. La description d’un pécheur «endurci» lui-même par le péché est ce que l’Ecriture Sainte et les auteurs spirituels utilisent souvent pour décrire ces personnes qui sont en effet dans le processus d’évolution d’un pécheur dans la méchanceté. En effet, plus un homme est de mauvaise volonté, moins aussi sa conscience lui reprochera ses activités pécheresses, de sorte qu’une personne endurcie dans le péché habituel de nombreuses fois, cessera  totalement d’entendre la réprimande de sa conscience.

Exode 8, 15,19,32 : «Et Pharaon voyant que relâche avait été donnée, endurcit son cœur, et ne les entendait pas, comme l’Éternel l’avait ordonné. … Et les magiciens dirent à Pharaon : C’est le doigt de Dieu. Et le cœur Pharaon s’endurcit, et il n’écouta point Moïse et Aaron, comme l’Éternel l’avait ordonné. … Et le cœur de Pharaon s’endurcit, de sorte que cette fois il ne laissa point aller le peuple. «

La loi naturelle est inscrite dans le cœur de tous les hommes

La loi naturelle est inscrite dans le cœur de tous les hommes, de sorte que tous les hommes savent que certaines choses sont contre la loi de Dieu, et que certaines choses sont conformes à la loi naturelle de la charité, etc.

Romains 2, 13-15 : Car ce ne sont pas ceux qui écoutent la loi [loi ancienne mosaïque] qui sont justes devant Dieu ; mais ce sont les observateurs de la loi qui seront justifiés [sauvés par la loi nouvelle]. En effet, lorsque les gentils [païens], qui n’ont pas la loi [ancienne et nouvelle], font naturellement [loi naturelle] ce qui est selon la loi ; n’ayant pas la loi, ils sont à eux-mêmes la loi : montrant ainsi l’œuvre de la loi écrite en leurs cœurs, leur conscience leur rendant témoignage, et leurs pensées s’accusant et se défendant l’une l’autre ».

Comme le commentaire (Bible catholique Vulgate, Commentaire Haydock) l’explique correctement sur Romains 2, 14-16 :

« Ces hommes sont une loi pour eux-mêmes, et l’ont écrite dans leurs cœurs, quant à l’existence d’un Dieu, et leur raison leur dit que beaucoup de péchés sont illicites : ils peuvent aussi faire des actions qui sont moralement bonnes, comme l’aumône pour soulager les pauvres, en honorant leurs parents, etc. Non pas que ces actions, moralement bonnes, suffiront d’elles-mêmes pour leur justification, ou leurs méritent une récompense surnaturelle dans le royaume des cieux, mais Dieu, dans sa miséricorde infinie, leur donnera des grâces surnaturelles qui, s’ils continuent de coopérer avec elles, leurs obtiendront plus de grâces et finalement ils seront exposées à la foi catholique, s’ils doivent être sauvés».

Le pape Pie XII explique comment l’Esprit-Saint aide les gens à devenir catholiques, bien qu’ils ne pensent pas consciemment devenir catholiques à ce moment. L’Esprit leur indique de suivre la loi naturelle et de faire le bien, et ensuite il les aide à penser pour prendre conscience de la façon dont ils doivent se convertir à la foi catholique.

Pape Pie XII, Mystici Corporis, parlant de non-catholiques, n° 101, 29 juin 1943  : «Pour ceux-là mêmes qui n’appartiennent pas au corps visible de l’Église, vous savez bien, Vénérables Frères, que, dès le début de Notre Pontificat, Nous les avons confiés à la protection et à la conduite du Seigneur, affirmant solennellement qu’à l’exemple du Bon Pasteur Nous n’avions qu’un seul désir : Qu’ils aient la vie et qu’ils l’aient en abondance. Cette assurance solennelle, Nous désirons la renouveler, après avoir imploré les prières de toute l’Église dans cette Lettre encyclique, où Nous avons célébré la louange du «grand et glorieux Corps du Christ», [Nous voulons que] chacun d’entre eux coopèrent généreusement et volontairement avec les impulsions intérieures de la grâce divine et prennent soin de se dégager de cet état dans lequel ils ne peuvent pas être assurés de leur propre salut éternel. Car même s’ils peuvent être dirigés [ou ordonnés] vers le Corps mystique du Rédempteur par une sorte de désir inconscient et intention, ils n’ont toujours pas les si nombreuses et si grandes aides célestes, qui ne peuvent être appréciées que dans l’Église catholique. Qu’ils entrent donc dans l’unité catholique, et que, réunis avec Nous dans le seul corps du Corps de Jésus-Christ, ils accourent tous vers le Chef unique en une très glorieuse société d’amour. Sans jamais interrompre nos prières à l’Esprit d’amour et de vérité, Nous les attendons les bras grands ouverts, comme des hommes qui se présentent à la porte, non d’une maison étrangère, mais de leur propre maison paternelle».

Pie XII explique que les non-catholiques peuvent obtenir des grâces, qui sont vraies, puisque aucun ne se convertirait à la foi catholique à moins qu’ils aient obtenu des grâces quand ils étaient des infidèles. Il ne dit pas qu’ils sont sauvés hors de l’Église.

Hébreux, 11, 6 : «Or sans la foi il est impossible de plaire à Dieu. Car il faut que celui qui s’approche de Dieu croie qu’il est, et qu’il récompense [qu’il est le rémunérateur de] ceux qui le cherchent».

Dieu récompense ceux qui le cherchent, c’est-à-dire qu’il donne à ceux qui suivent la loi naturelle de leur conscience, les grâces pour arriver à la vérité de la foi divine catholique et les grâces nécessaires pour leur salut.

Concupiscence ou inclination au mal

L’inclination au mal est la concupiscence ou convoitise. La nature humaine est déchue et blessée, elle est affaiblie et tend au mal. Le mal est un manque ou une déficience de bien. L’homme a perdu son état d’innocence originel ou inconnaissance du mal (l’innocence est un état de perfection naturelle qui n’a pas besoin de la connaissance du mal) par le mauvais usage qu’il a fait de sa volonté libre, et il est tombé de l’innocence à un état de connaissance du bien et du mal. Cette connaissance du mal fait partie de la conscience morale ou loi naturelle.

Comme la nature de l’homme tend au mal, comme un poids naturel, cela ne veut pas dire que la nature humaine est totalement mauvaise. Non, la nature humaine est capable de bien et de mal. La volonté dispose de la liberté qui permet cela, mais cette liberté a besoin d’être aidée par la grâce pour choisir vraiment le vrai bien (car le mal se fait passer aussi pour un bien). La grâce seule oriente la volonté au vrai bien (voir Loi surnaturelle plus bas), c’est-à-dire que la loi naturelle est insuffisante (mais nécessaire) pour connaître le vrai bien.

La concupiscence est l’inclination au mal due à la nature blessée par le péché originel et actuel. La concupiscence est une maladie de la nature contre laquelle il faut constamment appliquer vigilance et remède.

Romains 7, 19 : «Ainsi le bien que je veux, je ne le fais point ; mais le mal que je ne veux pas, je le fais».

La concupiscence (la convoitise) du monde est triple : concupiscence de la chair, concupiscence des yeux, concupiscence de l’esprit.

I Jean 2, 16 : « tout ce qui est dans le monde est convoitise de la chair, convoitise des yeux, orgueil de la vie ; or cela ne vient pas du Père, mais du monde ».

La triple concupiscence est 1) la concupiscence des yeux qui a sa sagesse terrestre ; 2) la concupiscence de la chair qui a sa sagesse animale ; et 3) la concupiscence de la vie ou orgueil de la vie qui a sa sagesse diabolique.

Jacques 3, 15 : «Ce n’est point là la sagesse qui vient d’en haut, mais une sagesse terrestre, animale, diabolique».

La prière du Notre Père demande à Dieu de ne pas être pris dans les filets de cette triple convoitise : «Ne nous induisez pas [laissez succomber] en tentation [c’-à-d du monde, de la chair et du diable]».

La triple concupiscence : 1° Concupiscence des yeux et sagesse terrestre du monde

La concupiscence des yeux a sa sagesse terrestre, mondaine et naturelle due à l’amour désordonné des biens de la terre, du monde et de la nature.

Saint Augustin, Cité de Dieu, XIV : « Deux amours ont bâti deux cités : l’amour de soi jusqu’au mépris de Dieu fit la cité terrestre ; l’amour de Dieu jusqu’au mépris de soi fit la cité céleste».

Saint Augustin, Cité de Dieu, XIX : «Mais ceux qui ne vivent pas de la foi cherchent la paix de leur maison dans les biens et les commodités de cette vie ; au lieu que ceux qui vivent de la foi attendent les biens éternels de l’autre vie qui leur ont été promis, et se servent des temporels comme des voyageurs et des étrangers, non pour y mettre leur cœur et se détourner de Dieu auquel ils tendent, mais pour en être soulagés et se rendre en quelque façon plus supportable le poids de ce corps corruptible qui appesantit l’âme. Ainsi, il est vrai que l’usage des choses nécessaires à la vie est commun aux uns et aux autres dans le gouvernement de leur maison, mais la fin à laquelle ils rapportent cet usage est bien différente. Il en est de même de la Cité de la terre qui ne vit pas de la foi. Elle recherche la paix temporelle : et c’est l’unique but qu’elle se propose dans la concorde qu’elle tâche d’établir parmi ses citoyens, qu’il y ait entre eux une union de volonté pour pouvoir jouir plus aisément du repos et des plaisirs.

«Mais la Cité céleste, ou plutôt cette partie de la Cité qui est étrangère ici-bas, et qui vit de la foi, ne se sert de cette paix que par nécessité en attendant que tout ce qu’il y a de mortel en elle passe. Cela est cause que, tandis qu’elle est comme captive dans la Cité de la terre, où toutefois elle a déjà reçu les promesses de sa rédemption et le don spirituel comme un gage de ses promesses, elle ne fait point de difficulté d’obéir aux lois de cette Cité qui servent à régler les choses nécessaires à la vie ; afin que, comme elle lui est commune avec elle, il y ait pour ce regard une concorde réciproque entre les deux Cités.

L’esprit du monde est opposé à l’Esprit de Dieu

Le monde aime les siens et hait ceux qui ne lui appartiennent pas comme le dit Jean 15, 19 : «Si vous aviez été du monde, le monde aimerait ce qui est à lui, mais parce que vous n’êtes point du monde … le monde vous hait». Lorsqu’on est applaudi par le monde, cela signifie qu’on lui appartient.

L’esprit d’orgueil est opposé à l’esprit d’humilité de Jésus-Christ, l’esprit de possession est opposé à l’esprit de détachement de Jésus-Christ, l’esprit de jouissance est opposé à l’esprit de pénitence de l’évangile.

Jésus-Christ ne prie pas pour le monde. Le monde ne bénéficie pas de la prière du Sauveur. Le monde a un esprit damné.

Jean 17, 9 : « Je ne prie point pour le monde ».

I Jean 2, 15 : «N’aimez point le monde, ni ce qui est dans le monde. Si quelqu’un aime le monde, la charité du Père n’est pas en lui».

La sagesse mondaine, terrestre et naturelle ne vient pas de Dieu

Le monde a une sagesse mondaine, terrestre et naturelle qui ne vient pas de Dieu.

Pape saint Léon le Grand, Père et Docteur de l’Église, Serm. 4 de Quadrag., (Vème s.) : «La corruption du monde est telle qu’il est comme nécessaire que même les cœurs religieux en soient souillés, sinon par sa boue, du moins par sa poussière» [Necesse est de mundano pulvere etiam religiosa corda sordescere].

Saint Augustin, Père et Docteur de l’Église, Cité de Dieu, XIX : « … la Cité de la terre a eu certains Sages dont la sagesse est condamnée dans l’Écriture, qui, sur de fausses imaginations, ou trompés par les démons croyaient qu’il se fallait rendre favorables plusieurs dieux comme présidant chacun sur diverses choses, l’un sur le corps, l’autre sur l’âme, et dans le corps même, celui-ci sur la tête celui-là sur le cou, et ainsi des autres membres, et dans l’âme aussi, l’un sur l’esprit, l’autre sur la doctrine ou sur la colère, ou sur l’amour, pareillement dans les choses qui servent à la vie, celui-ci sur les troupeaux cet autre sur les blés ou sur les vignes, et ainsi du reste ».

Saint L.-M. de Montfort, Missionnaire apostolique, L’Amour de la Sagesse éternelle, 74-80  : L’élection de la vraie Sagesse. 74. «Dieu a sa Sagesse et c’est l’unique et véritable qui doive être aimée et recherchée comme un grand trésor. Mais le monde corrompu a aussi sa sagesse, et elle doit être condamnée et détestée comme mauvaise et pernicieuse. Les philosophes ont aussi leur sagesse et elle doit être méprisée comme inutile et souvent comme dangereuse au salut.

«75. La sagesse mondaine est celle dont il est dit : je perdrais la sagesse des sages selon le monde (1 Corinthiens). La sagesse de la chair est ennemie de Dieu (Romains 8). Cette sagesse ne vient pas du ciel, mais c’est une sagesse terrestre, animale, diabolique (Jacques 3, 15). Cette sagesse du monde est une conformité parfaite aux maximes et aux modes du monde; c’est une tendance continuelle vers la grandeur et l’estime; c’est une recherche continuelle et secrète de son plaisir et de son intérêt, non pas d’une manière grossière et criante, en commettant quelque péché scandaleux, mais d’une manière fine, trompeuse et politique, autrement ce na serait plus selon le monde une sagesse, mais un libertinage.

«76. Un sage du siècle est homme qui sait bien faire ses affaires, et faire réussir tout à son avantage temporel, sans quasi paraître vouloir le faire; qui sait l’art de déguiser et de tromper finement sans qu’on s’en aperçoive; qui dit ou fait une chose et pense l’autre; qui n’ignore rien des airs et des compliments du monde; qui sait s’accommoder à tous pour en venir à ses fins, sans se mettre beaucoup en peine de l’honneur et de l’intérêt de Dieu; qui fait un secret mais funeste accord de la vérité avec le mensonge, de l’évangile avec le monde, de la vertu avec le péché, de Jésus-Christ avec Bélial; qui veut passer pour un honnête homme, mais non pas pour un dévôt; qui méprise, empoisonne ou condamne aisément toutes les pratiques de piété qui ne s’accommodent pas avec les siennes. Enfin, un sage mondain est un homme qui, ne se conduisant que par la lumière des sens et de la raison humaine, ne cherche qu’à se couvrir des apparences de chrétien et d’honnête homme, sans se mettre beaucoup en peine de plaire à Dieu, ni d’expier, par la pénitence, les péchés qu’il a commis contre sa divine Majesté.

«77. La conduite de ce sage du monde est fondée sur le point d’honneur, sur le « qu’en dira-t-on », sur la coutume, sur la bonne chère, sur l’intérêt, sur le grand air, sur le mot à rire. Ce sont là les sept mobiles innocents, comme il croit, sur quoi il se tient appuyé pour mener une vie tranquille. Il a des vertus particulières qui le font canoniser des mondains, comme la bravoure, la finesse, la politique, le savoir-faire, la galanterie, la politesse, l’enjouement. Il prend pour des péchés considérables l’insensibilité, la bêtise, la pauvreté, la rusticité, la bigoterie.

«78. Il suit le plus fidèlement qu’il peut les commandements que le monde lui a faits :

  • Tu sauras bien le monde ;
  • Tu vivras en honnête homme ;
  • Tu feras bien tes affaires ;
  • Tu conserveras ce qui t’appartient ;
  • Tu sortiras de la poussière ;
  • Tu te feras des amis ;
  • Tu hanteras le beau monde ;
  • Tu feras bonne chère ;
  • Tu n’engendreras point de mélancolie ;
  • Tu éviteras la singularité, la rusticité, la bigoterie.

«79. Jamais le monde n’a été si corrompu qu’il l’est, parce que jamais il n’a été si fin, si sage à son sens, ni si politique. Il se sert si finement de la vérité pour inspirer le mensonge, de la vertu pour autoriser le péché, et des maximes mêmes de Jésus-Christ pour autoriser les siennes, que les plus sages selon Dieu y sont souvent trompés. Le nombre de ces sages selon le monde, ou de ces fols selon Dieu, est infini (Qohélet 1, 13).

«80. La sagesse terrestredont parle saint Jacques, est l’amour des biens de la terre. C’est de cette sagesse dont les sages du monde font une profession secrète, quand ils attachent leur cœur à ce qu’ils possèdent; quand ils tâchent de devenir riches; quand ils intentent des procès et font des chicanes inutiles pour les avoir ou pour les conserver; quand ils ne pensent, ils ne parlent, ils n’agissent la plus grande partie du temps que dans la vue d’avoir ou de conserver quelque chose de temporel, ne s’appliquant à faire leur salut et aux moyens de le faire, comme la confession, la communion, l’oraison, etc., qu’à la légère, par manière d’acquis, par intervalles et pour sauver les apparences».

Saint L.-M. de Montfort, L’Amour de la Sagesse éternelle, 84-86, 88 :«84. Outre cette sagesse mondaine, qui est condamnable et pernicieuse, il y a une sagesse naturelle parmi les philosophes. C’était cette sagesse naturelle que les Égyptiens et les Grecs recherchaient autrefois avec tant d’empressement. Ceux qui avaient acquis cette sagesse étaient appelés mages ou sages. Cette sagesse est une connaissance éminente de la nature dans ses principes. Elle fut communiquée en plénitude à Adam dans son innocence ; elle fut donnée en abondance à Salomon, et dans la suite des temps quelques grands hommes en ont reçu quelque partie, comme l’histoire nous apprend.

«85. Les philosophes vantent leurs arguments de philosophie comme un moyen d’acquérir cette sagesse. Les chimistes vantent les secrets de leur cabale pour trouver la pierre philosophale, dans laquelle ils s’imaginent que cette sagesse est renfermée. A la vérité, la philosophie de l’Ecole, étudiée bien chrétiennement, ouvre l’esprit et le rend capable des sciences supérieures; mais elle ne donnera jamais cette prétendue sagesse naturelle si vantée dans l’antiquité.

«86. La chimie ou alchimie, ou la science de dissoudre les corps naturels et de les résoudre à leurs principes, est encore plus vaine et dangereuse. Cette science, quoique véritable en elle-même, a dupé et trompé une infinité de gens, par rapport à la fin qu’ils se proposaient ; et je ne doute point, par l’expérience que j’en ai moi-même, que le démon ne s’en serve aujourd’hui pour faire perdre l’argent et le temps, la grâce et l’âme même, sous prétexte de trouver la pierre philosophale qui … change en argent ou en or, qui donne la santé, qui guérit les maladies, qui même prolonge la vie, et qui opère une infinité de merveilles qui passent chez les ignorants pour divines et miraculeuses. Il y a une bande de gens qui se disent savants en cette science, qu’on nomme cabalistes, qui gardent les mystères de cette science si cachés qu’ils aimeraient mieux perdre la vie que de révéler leurs prétendus secrets.

«88. … Quoiqu’il en soit, il n’est pas convenable et il est même dangereux qu’un chrétien s’applique à la chercher. C’est faire injure à Jésus-Christ, la Sagesse incarnée, dans lequel sont tous les trésors de la Sagesse et de la science de Dieu, tous les biens de la nature et de la gloire. C’est désobéir au Saint-Esprit qui dit : « Ne cherchez point ce qui est au dessus de vos forces » (Siracide 3, 22)».

Saint Alphonse de Liguori, Docteur de l’Église, Fuite du monde : «Saint Paul, premier ermite quitta le monde à 15 ans, pour se retirer dans un désert où il vécut plus d’un siècle. Fuyons le monde, nous aussi, dans la mesure du possible. Qu’est-ce que le monde ? C’est l’ensemble des pécheurs qui, ne voulant pas se soumettre à la loi de Dieu, forment autour de nous une atmosphère empestée d’idées fausses, de maximes funestes, d’exemples pervers, de plaisirs dangereux, d’usages anti-chrétiens. Fuir le monde, c’est se renfermer dans un cercle de parents et d’amis bons chrétiens, et n’avoir avec les violateurs de loi divine que les relations nécessaires. Aimables solitaires de Bethléem, Jésus, Marie, Joseph, inspirez-moi le dégoût du monde et un vif «attrait pour les bons».

Pape Pie XII, sur l’immodestie de la mode, 15 août 1954 : «Non seulement sur les plages, ou dans les lieux de villégiature, mais encore presque partout, même dans les rues des villes et des villages, dans les lieux privés et publics, et souvent presque dans les temples consacrés à Dieu, s’étale une indigne et inconvenante mode du vêtement… en particulier, les vêtements féminins sont parfois tels qu’ils semblent favoriser plutôt l’impudicité que la pudeur.

«On en est venu au point que tout ce qui se passe ou s’exhibe dans la vie privée ou en public, en fait de dépravation ou de malhonnêteté, est relaté impudemment dans les journaux, les publications et les revues de tous genres ; tandis que dans les innombrables salles de cinéma on expose cela aux yeux de tous sur l’écran ; de sorte que non seulement la faible et insouciante jeunesse, mais encore l’âge mûr lui-même sont profondément impressionnés par ces spectacles immoraux, si mauvais pour les esprits sains. Quels maux en découlent, à quels dangers ils exposent, il n’est personne qui ne s’en rende compte». (Lettre sur l’immodestie de la mode, adressée le 15 août 1954, par S. Em. Le cardinal Ciriaci, Préfet de la S. C. du Concile, aux évêques du monde entier, selon mandat reçu de S. S. Pie XII)

Voir :

La triple concupiscence : 2° Concupiscence de la chair et sagesse animale

La chair s’oppose à l’Esprit de Dieu

La chair dans l’Écriture inclue la nature psychique de l’homme.

Jean 3, 6 : « Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l’esprit est esprit ».

Romains 8, 5-8 : « ceux qui sont selon la chair goûtent les choses de la chair … Or la prudence de la chair est la mort… Parce que la sagesse de la chair est ennemie de Dieu ; car elle n’est point soumise à la loi de Dieu ; et elle ne le peut. Creux donc qui sont dans la chair ne peuvent plaire à Dieu ».

Note Vulgate. Sont selon la chair : les hommes charnels qui se laissent emporter aux mouvements déréglés de la chair.

Galates 5, 17 : « La chair convoite contre l’esprit, et l’esprit contre la chair ; en effet, ils sont opposés l’un à l’autre, de sorte que vous ne faites pas tout ce que vous voulez ».

Romains 8, 13 : « Car si c’est selon la chair que vous vivez, vous mourrez ; mais si par l’esprit vous mortifiez les œuvres de la chair, vous vivrez ».

Note Vulgate. Selon la chair : en cherchant à satisfaire vos passions aux dépens même de vos frères.

Galates 5, 19 : « Or on connaît aisément les œuvres de la chair qui sont : la fornication, l’impureté, l’impudicité, la luxure, le culte des idoles, les empoisonnements, les inimitiés, les contestations, les jalousies, les colères, les rixes, les dissensions, les sectes, les envies, les homicides, les ivrogneries, les débauches de table, et autres choses semblables. Je vous le dis, comme je l’ai déjà dit, ceux qui font de telles choses n’obtiendront point le royaume de Dieu ».

La chair n’est pas mauvaise en elle-même, mais par sa révolte contre l’âme. C’est la nature tournée vers la terre qui empêche à l’âme la jouissance de Dieu. Voir La chair et l’esprit

L’homme fut crée avec une âme uniquement tournée vers Dieu, vivante de Dieu et faite pour la vie surnaturelle de Dieu. La nature n’est créée pour elle-même ni encore moins par elle-même, mais elle est faite pour la vie surnaturelle de Dieu. La grâce perfectionne la nature.

La chasteté est un remède contre la concupiscence de la chair. La chasteté repose sur la pudeur et la modestie. La pudeur est le sentiment de honte de sa propre nudité dû au péché originel. La modestie est mettre de l’ordre dans les choses extérieures et intérieures.

Sans la pudeur et la modestie, la chasteté est inexorablement vouée à être mortellement perdue. Le démon essayera toujours d’attaquer la chasteté en attaquant la pudeur, en particulier les femmes, pour ensuite ruiner la modestie, chez les femmes et chez les hommes. Le démon utilise les images, les vêtements et les attitudes immodestes pour influencer les personnes et entraîner au désordre impudique et immoral.

Sagesse charnelle

Saint L.-M. de Montfort, l’Amour de la Sagesse éternelle, n°81 : «La sagesse charnelle est l’amour du plaisir. C’est de cette sagesse dont les sages du siècle font profession quand ils ne cherchent que les plaisirs des sens ; quand ils aiment la bonne chère; quand ils éloignent de soi tout ce qui peut mortifier ou incommoder le corps, comme les jeûnes, les austérités, etc. ; quand ils ne pensent plus ordinairement qu’à boire, qu’à manger, qu’à jouer, qu’à rire, qu’à se divertir et qu’à passer agréablement son temps; quand ils recherchent les lits mollets, les jeux divertissants, les festins agréables et les belles compagnies.

«Et après que sans scrupule ils ont pris tous ces plaisirs qu’ils ont pu prendre sans déplaire au monde et sans incommoder leur santé, ils cherchent le confesseur le moins scrupuleux (c’est ainsi qu’ils nomment les confesseurs relâchés qui ne font pas leur devoir), afin d’avoir de lui, à bon marché, la paix dans leur vie molle et efféminée et l’indulgence plénière de tous leur péchés. Je dis : à bon marché, car ces sages selon la chair ne veulent ordinairement pour pénitence que quelques prières ou quelques aumônes, haïssant ce qui peut affliger le corps».

La triple concupiscence : 3° Concupiscence de la vie et sagesse diabolique

Le démon est la cause première du mal qui existe et l’homme en est la cause seconde, mais il a sa responsabilité dans le mal qui existe car il doit exercer sa liberté.

La sagesse diabolique

Saint t L.-M. de Montfort, l’Amour de la Sagesse éternelle, n°82-83 : «La sagesse diabolique est l’amour et l’estime des honneurs. C’est de cette sagesse dont les sages du siècle font profession quand ils aspirent, quoique secrètement, aux grandeurs, aux honneurs, aux dignités et aux emplois relevés; quand ils recherchent à être vus, estimés, loués et applaudis des hommes ; quand ils n’envisagent, dans leurs études, dans leurs travaux, dans leurs combats, dans leurs paroles et dans leurs actions, que l’estime et la louange des hommes, pour passer pour des personnes dévotes, pour des gens savants, pour des grands capitaines, pour des savants juriconsultes, pour des gens d’un mérite infini et distingué ou de grande considération; quand ils ne peuvent souffrir qu’on les méprise et qu’on les blâme; quand ils cachent ce qu’ils ont de défectueux et font montre de ce qu’ils ont de beau.

«Il faut, avec notre Seigneur Jésus la Sagesse incarnée, détester et condamner ces trois sortes de sagesse fausse [terrestre, charnelle et diabolique] pour acquérir la véritable : qui ne cherche point son propre intérêt, qui ne se trouve point dans la terre et dans le cœur de ceux qui vivent à leur aise, et qui a en abomination tout ce qui est grand et relevé devant les hommes».

L’orgueil, la superbe, l’orgueil de la vie, la vaine gloire, les honneurs, l’égoïsme, la vanité, la présomption, l’ambition, la domination

Jacques 4, 7 : «Dieu résiste aux superbes, mais il donne sa grâce aux humbles. Soyez donc soumis à Dieu et résistez au diable, et il s’enfuira loin de vous»

L’orgueil est un amour de soi excessif et un culte de sa propre excellence, qui engendre la superbe, l’orgueil de la vie, la vaine gloire, les honneurs, l’égoïsme, la vanité, la présomption, l’ambition, la dominationL’orgueil s’oppose à l’humilité. L’orgueil c’est être rempli de soi. L’humilité est être néant devant Dieu. L’orgueil est si contraire à l’esprit du Christ Jésus et à Sa croix, qu’il est antichrist.

I Corinthiens 13, 4 : «La chariténe s’enfle point».

Voir :

La superbe c’est la mise de soi en avant. L’orgueil de la vie est un amour égocentrique désordonné. La vaine gloire est l’amour des honneurs. L’égoïsme c’est tout ramener à soi d’abord. La vanité est la recherche de l’estime. La présomption est la confiance illimitée en soi-même. L’ambition est la recherche des dignités. La domination est la volonté d’arriver aux premières places.

L’hérésie

L’hérésie vient en même temps de la sagesse charnelle et de la sagesse diabolique

L’hérésie est la foi que l’homme se fabrique lui-même par ses propres idées et croyances, ses idoles et son propre dieu (inspirés par le diable), et qui n’est pas la foi révélée par Dieu ou foi divine et catholique. La sagesse charnelle engendre l’hérésie et l’orgueil est la cause de l’obstination hérétique. L’erreur n’est pas l’hérésie car tout homme est enclin à être trompé, mais la persévérance volontaire ou obstination dans l’erreur dans la doctrine de la foi et de la morale catholique, est diabolique. Qui s’obstine dans sa propre idée au lieu de soumettre son intelligence aux vérités de foi enseignées par le Magistère de l’Église est hérétique et coupé automatiquement de l’Église et du salut, et ira sans aucun doute en enfer sauf s’il revient dans le sein de l’Église par la vraie foi en abjurant ses fausses croyances et hérésies et en prouvant qu’il professe la vraie foi.

L’hérésie est le péché mortel contre la foi le plus grave de tous (avec l’apostasie et le schisme)

L’hérésie est la négation délibérée (obstinément en connaissance) d’une autorité doctrinale de l’Église catholique ou vérité de la foi catholique. L’hérésie contre la loi naturelle est la négation de la vérité naturelle ou loi naturelle. L’hérésie est le pire de tous les péchés car il exclut du salut. L’hérésie contre la loi naturelle retient la possibilité même de connaissance du salut.

Pape saint Pie X, Editae Saepe, 26 mai 1910 : « C’est un fait certain, bien établi, qu’aucun autre crime n’offense à ce point gravement Dieu et provoque Sa plus grande colère que le vice de l’hérésie».

L’hérésie tue les âmes en les faisant dévier et sortir de la foi simple et droite, et les langues des hérétiques sont appelés par l’Église catholique «les portes de l’enfer».

Pape Vigile, deuxième Concile de Constantinople, 553 : « Nous ne perdons pas de vue ce qui a été promis au sujet de la sainte Église, c’est-à-dire les paroles qu’Il a Lui-même prononcées : les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle (ces portes nous apparaissent comme étant les langues délétères des hérétiques) … »

L’hérésie chemine toujours par des mélanges subtils de vérité et de mensonge. Sans la vraie foi catholique, le discernement est impossible puisque la vertu de foi se greffe sur l’intelligence et l’éclaire. Qui ne professe pas la vraie foi catholique orthodoxe (doctrine droite) obstinément est hors de l’Église et dans le chemin de la damnation.

Voir :

Hérésies contre la loi naturelle

Une hérésie contre la loi naturelle n’est pas une hérésie contre une ou des vérités de foi divine et catholique, mais contre une ou des vérités naturelles. L’hérésie contre la loi naturelle est un rejet ou une négation de la vérité naturelle que tout le monde peut savoir simplement, quelque chose qu’on sait être vrai, comme, par exemple, l’homme a deux yeux, ou n’a pas d’ailes, ou les enfants sont conçus par deux parents de sexe différent, ou l’avortement est un assassinat (double : mère et enfant), etc. Un hérétique contre la loi naturelle rejette sa propre conscience morale et ne peut donc plus revenir vers la vérité, vers le bien et vers son salut. La conversion de ce genre d’hérésie ou d’hérétique est extrêmement difficile, voir quasi impossible, parce que l’hérétique contre la loi naturelle ne peut pas suivre la loi naturelle car pour lui il n’a pas besoin de conscience morale.

La loi naturelle est la loi que chaque personne connait par instinct de naissance. Elle est gravée par le Créateur dans notre cœur, et tout le monde – même les païens qui n’ont jamais entendu parler de Dieu ou de la vraie religion catholique – reçoivent ce don de Dieu. Des exemples de péchés qui enfreignent la loi naturelle et qui sont faciles à reconnaître sont l’avortement, l’assassinat, le viol, le vol, la pédophilie, l’homosexualité, la calomnie, le mensonge, etc. La conscience condamne toujours une personne qui fait ces choses et donc il ne peut jamais y avoir d’excuse pour les personnes qui commettent de tels péchés.

Le péché contre la loi naturelle fait obstacle à la connaissance de la vérité de la foi pour le salut. L’homme fidèle à la loi naturelle de sa conscience reçoit des grâces pour arriver (ou revenir) à la vraie foi. La loi naturelle est inscrite dans le cœur de tous les hommes, de sorte que tous les hommes savent que certaines choses sont contre la loi de Dieu, et que certaines choses sont conformes à la loi naturelle de la charité, etc.

La loi naturelle impose aucune excuse à personne pour ne pas parvenir à la connaissance de Dieu et de Sa Révélation

1) Parce qu’une personne païenne arrivera à la connaissance de Dieu et de la vraie foi pour être sauvée si elle suit la loi naturelle de sa conscience ou sa conscience morale pour le bien. Cela signifie qu’une personne qui cherche sincèrement la vérité reçoit les grâces pour y parvenir, si elle suit sa conscience.

2) Parce qu’une personne baptisée et/ou éloignée de la vraie foi catholique et du salut, ou même hérétique, pourra revenir dans la vérité de la foi et de la morale, pour son salut, en suivant sa conscience et en faisant le bien, parce que Dieu lui donnera les grâces pour cela. C’est pour cette raison, qu’aucune personne n’a d’excuse pour ne pas parvenir à la connaissance de Dieu et de Sa Révélation. Tous reçoivent la grâce de la loi surnaturelle pour parvenir à la connaissance de leur salut selon qu’ils suivent ou non la loi naturelle de leur conscience morale. L’homme est libre et aucun n’est excusable parce que les gens préfèrent simplement choisir de suivre le mal plutôt que le bien.

3) Parce que enfreindre la loi naturelle est un péché actuel pour toute personne qui ne connait pas ou ne pourrait connaître la loi surnaturelle de la grâce, car toute personne connaît la loi naturelle en elle. Et tout péché actuel doit être puni dans le temps ou dans l’éternité. Enfouir sa conscience morale aggrave la culpabilité.

Les hérésies contre la loi naturelle sont des croyances qui font obstacle à la conversion de ceux qui ne sont pas catholiques et font d’un baptisé une abomination, comme l’eugénisme (détermination naturaliste de l’existence humaine), l’athéisme (négation coupable de l’existence de Dieu), l’avortement, la contraception artificielle, le contrôle naturel des naissances (frustration de la puissance de l’acte conjugal de procréation), le mariage homosexuel, l’euthanasie, la drogue, etc.

Ces exemples d’hérésies communes contre la loi naturelle peuvent tous tomber dans la catégorie du péché mortel, car ils rejettent une vérité qu’ils savent être vraie de la loi naturelle, à savoir, les exemples suivants de violation de la loi naturelle :

  • Nier l’existence de Dieu ; l’existence de Dieu peut être connue par la raison naturelle ; nier l’existence de Dieu (athéisme) est une hérésie contre la loi naturelle car tous savent que c’est un mensonge de croire qu’il n’y a pas une seule vérité mais plusieurs.
  • Considérer que la nature est Dieu ; La nature n’est pas Dieu, c’est de l’idolâtrie et du panthéisme (le panthéisme assimile la création avec Dieu, alors que tout le monde sait que la nature n’est pas Dieu ; car tous savent naturellement qu’un arbre, ou un animal, ou homme ou des sculptures taillées, ne sont pas Dieu, le Créateur de tout ce qui est.
  • Considérer que la pornographie, la masturbation, le sexe oral ou la sodomie sont acceptables ou pas un péché mortel.
  • Considérer que la contraception est acceptable.
  • Considérer que le contrôle des naissances ou la Planification Familiale Naturelle, aussi appelée PFN, que beaucoup de « catholiques » pratiquent pour éviter la conception, (ce qui les rend coupables du péché mortel de contraception) est acceptable ou pas un péché mortel (La contraception ou la Planification des naissances frustre délibérément le pouvoir naturel d’engendrer la vie).
  • Si une personne considère que l’avortement est acceptable ; l’avortement est un assassinat non seulement physique mais spirituel d’un innocent.
  • Si une personne considère que la consommation de drogues (ou d’alcool) où la conscience est entravée est acceptable ; les psychotropes, tels que fumer de la marijuana, est un péché mortel, tout comme se saouler, car la raison est altérée artificiellement volontairement et sans nécessité.
  • Si une personne approuve l’homosexualité ; approuver l’homosexualité ou le mariage homosexuel sont des hérésies contre la loi naturelle, car tout le monde sait naturellement que la fin de la sexualité est la procréation et non l’assouvissement de la passion et de la concupiscence, le plaisir désordonné, le vice de l’impureté, l’idolâtrie du corps, ou que la fin du mariage est la procréation et l’éducation des enfants.
  • Si une personne approuve l’indifférentisme religieux ou que toutes religions se valent. L’indifférentisme religieux et le relativisme religieux sont aussi des hérésies contre la loi naturelle car tous peuvent savoir naturellement la vérité selon laquelle il ne peut y avoir qu’une seule Vérité, car s’il y a deux vérités, une est la vérité et l’autre un mensonge. Tout le monde peut savoir cela par sa nature sans rien connaître des vérités de la foi et du salut.

Pape Pie VIII, Traditi Humilitati (n° 4), 24 mai 1829 (Magistère) : «En effet, cette idée mortelle concernant l’absence de différence entre les religions est réfutée même à la lumière de la raison naturelle [hérésie contre la loi naturelle]. Nous sommes assurés de cela parce que les différentes religions ne sont pas souvent d’accord entre elles. Si l’une est vraie, l’autre doit être fausse ; il ne peut y avoir de société entre l’obscurité et la lumière. Face à ces sophistes expérimentés les gens doivent apprendre que la profession de la foi catholique est particulièrement vraie, comme l’apôtre le proclame : un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême ».

L’indifférentisme religieux et le relativisme religieux (vatican 2) sont des hérésies contre la loi naturelle car tous peuvent savoir naturellement la vérité selon laquelle il ne peut y avoir qu’une seule Vérité, car s’il y a deux vérités, une est la vérité et l’autre un mensonge. Tout le monde peut savoir cela par sa nature sans rien connaître des vérités de la foi et du salut.

  • Si une personne approuve l‘évolutionnisme, qui est une autre hérésie contre la loi naturelle, car tous savent naturellement que l’homme n’a pas d’ancêtre commun avec les animaux. Pourquoi l’homme n’a pas trois yeux, ou des ailes ? Pourquoi donc les organes ? etc.

L’Apôtre saint Paul enseigne infailliblement ci-dessous que la loi naturelle ne sauve absolument pas, mais doit amener à la vérité de la foi surnaturelle afin de pouvoir être sauvé.

Romains 2, 13-15 : « Car ce ne sont pas ceux qui écoutent la loi [loi ancienne mosaïque] qui sont justes devant Dieu ; mais ce sont les observateurs de la loi qui seront justifiés [sauvés par la loi nouvelle]. En effet, lorsque les gentils [païens], qui n’ont pas la loi [ancienne et nouvelle], font naturellement [loi naturelle] ce qui est selon la loi ; n’ayant pas la loi, ils sont à eux-mêmes la loi : montrant ainsi l’œuvre de la loi écrite en leurs cœurs, leur conscience leur rendant témoignage, et leurs pensées s’accusant et se défendant l’une l’autre ».

Comme le commentaire (Bible Haydock) l’explique correctement sur Romains 2, 14-16 :

« Ces hommes sont une loi pour eux-mêmes, et l’ont écrite dans leurs cœurs, quant à l’existence d’un Dieu, et leur raison leur dit que beaucoup de péchés sont illicites : ils peuvent aussi faire des actions qui sont moralement bonnes, comme l’aumône pour soulager les pauvres, en honorant leurs parents, etc. Non pas que ces actions, moralement bonnes, suffiront d’elles-mêmes pour leur justification, ou leurs méritent une récompense surnaturelle dans le royaume des cieux, mais Dieu, dans sa miséricorde infinie, leur donnera des grâces surnaturelles qui, s’ils continuent de coopérer avec elles, leurs obtiendront plus de grâces et finalement ils seront exposées à la foi catholique, s’ils doivent être sauvés».

Le pape Pie XII explique comment l’Esprit-Saint aide les gens à devenir catholiques, bien qu’ils ne pensent pas consciemment devenir catholiques à ce moment. L’Esprit leur indique de suivre la loi naturelle et de faire le bien, et ensuite il les aide à prendre conscience de la façon dont ils doivent se convertir à la foi catholique.

Pape Pie XII, Mystici Corporis, parlant de non-catholiques, n° 101, 29 juin 1943  : «Pour ceux-là mêmes qui n’appartiennent pas au corps visible de l’Église, vous savez bien, Vénérables Frères, que, dès le début de Notre Pontificat, Nous les avons confiés à la protection et à la conduite du Seigneur, affirmant solennellement qu’à l’exemple du Bon Pasteur Nous n’avions qu’un seul désir : Qu’ils aient la vie et qu’ils l’aient en abondance. Cette assurance solennelle, Nous désirons la renouveler, après avoir imploré les prières de toute l’Église dans cette Lettre encyclique, où Nous avons célébré la louange du «grand et glorieux Corps du Christ», [Nous voulons que] chacun d’entre eux coopèrent généreusement et volontairement avec les impulsions intérieures de la grâce divine et prennent soin de se dégager de cet état dans lequel ils ne peuvent pas être assurés de leur propre salut éternel. Car même s’ils peuvent être dirigés [ou ordonnés] vers le Corps mystique du Rédempteur par une sorte de désir inconscient et intention, ils n’ont toujours pas les si nombreuses et si grandes aides célestes, qui ne peuvent être appréciées que dans l’Église catholique. Qu’ils entrent donc dans l’unité catholique, et que, réunis avec Nous dans le seul corps du Corps de Jésus-Christ, ils accourent tous vers le Chef unique en une très glorieuse société d’amour. Sans jamais interrompre nos prières à l’Esprit d’amour et de vérité, Nous les attendons les bras grands ouverts, comme des hommes qui se présentent à la porte, non d’une maison étrangère, mais de leur propre maison paternelle».

Pie XII explique que les non-catholiques peuvent obtenir des grâces, qui sont vraies, puisque aucun ne se convertirait à la foi catholique à moins qu’ils aient obtenu des grâces quand ils étaient des infidèles. Il dit qu’ils sont dirigés (ordonnés) vers le Corps mystique du Rédempteur (l’Église). Il ne dit pas qu’ils sont sauvés hors de l’Église.

Hébreux, 11, 6 : «Or sans la foi il est impossible de plaire à Dieu. Car il faut que celui qui s’approche de Dieu croie qu’il est, et qu’il récompense [qu’il est le rémunérateur de] ceux qui le cherchent».

Dieu récompense ceux qui le cherchent, c’est-à-dire qu’il donne à ceux qui suivent la loi naturelle de leur conscience, les grâces pour arriver à la vérité de la foi divine catholique et les grâces nécessaires pour leur salut.

Saint Irénée, La prédication des apôtres et ses preuves ou la foi chrétienne : «La vérité mène à la foi, car la foi se fonde sur la réalité des choses, afin que nous croyions aux êtres tels qu’ils sont, et qu’en croyant de la sorte, nous gardions toujours à leur égard la fermeté de nos convictions. Or, comme ce qui concerne notre salut dépend de la foi, il est nécessaire d’en avoir le plus grand soin pour trouver le véritable sens des choses».

 

Loi éternelle et loi naturelle

La loi éternelle contient et dirige la loi naturelle

Saint Thomas, Somme théologique Ia IIae Q. 91, art. 2 : «la loi naturelle n’est pas autre chose que la participation de la loi éternelle dans la créature rationnelle».

Saint Thomas, Somme théologique Ia IIae Q. 93, art. 1 : «La loi éternelle n’est rien d’autre que la raison de la divine sagesse, et tant qu’elle dirige tous les actes et toutes les motions [mouvements]».

La loi éternelle est la connaissance de la vérité

Saint Thomas, Somme théologique Ia IIae Q. 93, art. 2 : «nul ne peut connaître la loi éternelle selon ce qu’elle est en elle-même, si ce n’est les bienheureux seulement, qui voient Dieu par son essence. Mais toute créature raisonnable la connaît en quelqu’un de ses reflets, de plus ou moins d’éclat. Car toute connaissance de la vérité est comme un reflet et une participation de la loi éternelle, qui est l’immuable vérité, au dire d’Augustin (De vera relig. ch. 31). Or la vérité, tous la connaissent de quelque façon, au moins quant aux principes communs de la loi naturelle. Pour le reste, ils participent à la connaissance de la vérité, les uns plus, les autres moins ; et par suite, il connaissent aussi plus ou moins la loi éternelle ».

La loi éternelle est la loi divine

La loi surnaturelle est la loi divine, éternelle et immuable qui comprend les dix commandements et la loi surnaturelle de la grâce du Nouveau Testament qui est l’accomplissement de toute la loi de l’Ancien Testament. L’Ancien testament est le type ou figure du Nouveau : L’Ancien Testament est la révélation divine progressive dont l’aboutissement est le Nouveau, qui est la révélation divine complète définitive.

La loi ancienne ou loi mosaïque (de Moïse) révèle le péché, mais ne sauve pas : seule la grâce de Dieu sauve.

Romains 3, 20 : «par la loi, on a que la connaissance du péché».

Romains 5, 13-14 :  «Car le péché a été dans le monde jusqu’à la loi ; mais le péché n’était pas imputé puisque la loi n’existait pas. Mais la mort a régné depuis Adam jusqu’à Moïse, même en ceux qui n’avaient point péché par une prévarication semblable à celle d’Adam, qui est la figure de celui qui devait venir».

Romains 7, 7 : «je n’ai connu le péché que par la loi».

La loi surnaturelle de la grâce

Si la loi ancienne ne fait que révéler le péché, la grâce perfectionne la nature. L’Ecriture enseigne infailliblement que c’est par la foi que vient la justification, c’est-à-dire que l’homme pécheur est rendu juste gratuitement par la foi.

Romains 3, 20-26 : «Parce que nulle chaire ne sera justifiée devant lui par les œuvres de la loi. Car, par la loi, on n’a que la connaissance du péché. Tandis que maintenant, sans la loi, la justice de Dieu a été manifestée, étant confirmée par le témoignage de la loi et des prophètes ; Or la justice de Dieu par la foi en Jésus-Christ est pour tous ceux et sur tous ceux qui croient en lui ; car il n’y a point de distinction ; Parce que tous ont péché et ont besoin de la gloire de Dieu. Etant justifiés gratuitement par sa grâce, par la rédemption qui est dans le Christ Jésus. Que Dieu a établi propitiation par la foi en son sang, pour montrer sa justice par la rémission des péchés précédents. Que Dieu a supportés, pour montrer sa justice en ce temps, afin qu’il soit juste lui-même, et qu’il justifie celui qui a la foi en Jésus-Christ».

A suivre

 

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