Le mal – Loi de liberté entre le bien et le mal

Sommaire

  • Le problème du mal
    • La réalité morale
    • Existence de Dieu
    • Le mal n’a et n’est pas de nature et est une absence de Bien
    • La liberté du bien et du mal
  • La loi naturelle
    • Réfutation de la fatalité du destin

    •  L’homme est fait libre de sa décision entre le bien et le mal
    • La loi naturelle inscrite dans le cœur de tous les hommes

  • Le diable
    • Le mal a commencé avec le diable, le premier apostat
    • Le diable est un ange créé bon par Dieu et qui s’est rendu mauvais
    • Le diable est l’instigateur du premier péché de l’homme
    • Le diable, prince de ce monde
  • Le péché origine du mal
    • Perte de la grâce originelle

    • La nature humaine incline au péché depuis le péché originel
    • Qu’est-ce que le péché
    • Péché originel

    • Péché actuel

    • Peines du péché
    • Éviter les occasions de péché et résister aux tentations

    • La bonne foi et la foi

    • Le monde et l’esprit du monde
  • Le péché enchaîne les gens dans les ténèbres

St Thomas, Somme, Ia IIae, Q. 90 : «… le principe extérieur qui incline au mal est le diable ; … le principe extérieur qui meut au bien, c’est Dieu, qui nous instruit par la loi et nous aide par la grâce».

Le problème du mal

La réalité morale

De nombreuses personnes pensent et disent que Dieu qui est bon n’existe pas car le mal existe. Il est vrai que l’homme mauvais, le vice, la souffrance, la dégénérescence, la mort, etc., existent. Mais le bien aussi existe.

Si la réalité n’est pas morale, le bien et le mal sont inapplicables à ce qui est, alors avoir raison n’a pas plus de sens que d’avoir tort. Le fondement de la morale est détruit. Le problème du mal n’est pas pris au sérieux et il n’y a pas de distinctions entre le bien et le mal. Mais Dieu est très bon, et certaines choses sont vraiment mauvaises.

Que Dieu soit inconnaissable d’une manière intellectuelle est dénué de sens ou voué à l’échec. Car, si cette affirmation (fausse) elle-même ne peut pas être comprise d’une manière intellectuelle, alors elle est auto-détruite. Ce qui est affirmé c’est que rien ne peut être entendu au sujet de Dieu d’une manière intellectuelle. Mais cette affirmation demande que nous sachions intellectuellement cette vérité selon laquelle Dieu ne peut pas être compris d’une manière intellectuelle. En d’autres termes, c’est une déclaration au sujet de Dieu avec l’effet que de telles déclarations ne peuvent pas être faites à propos de Dieu. Mais comment peut-on faire une affirmation positive de Dieu, affirmation qui prétend que seules les affirmations négatives peuvent être faites au sujet de Dieu ? Plotin a admis que la connaissance négative suppose une certaine prise de conscience positive. Sinon, on ne saurait pas quoi nier.

Ainsi tout ce que Dieu fait est bon, même les choses qui semblent mauvaises apparaissent de cette façon uniquement  en raison d’un contexte ou d’une perspective limitée. Considéré dans son ensemble, ce qui semble être le mal contribue finalement à un plus grand bien.

Par exemple, certaines vertus ne pourraient pas exister sans mal : le courage, la miséricorde, le pardon, la patience, le réconfort, l’héroïsme, la persévérance, la fidélité, la maîtrise de soi, la longanimité, la soumission et l’obéissance, pour n’en nommer que quelques-unes. Ce ne sont pas des vertus abstraites, mais des éléments de caractère qui ne peut être fait que par les âmes morales. Tout comme le mal est le résultat d’actes de volonté, la vertu l’est aussi. Le choix moral des actes accomplit les deux.

A quoi bon la mort dans un accident, quelqu’un pourrait demander, ou la mort d’un adolescent par overdose, ou le viol d’une fille, ou la maltraitance des enfants ? La réponse est qu’un bien proportionnel n’est pas toujours perceptible sur les situations individuelles, si Dieu est certainement capable de racheter toute tragédie. Mais plutôt, que des plus bons résultats puissent exister dans un monde dans lequel il y a la liberté morale, et la liberté morale rend morales les tragédies comme celles-ci possibles.

Cette observation révèle une tournure intéressante à ce problème. Si la morale librement choisie ne peut pas se produire dans un monde où le mal est possible, alors le ciel sera un endroit où il n’y aura pas de grandeur morale, où les choix moraux ne seront pas possibles parce que tous les habitants du ciel seront immuablement bons. La croissance de l’âme est seulement possible et disponible pour les habitants d’un monde déchu.

Deux observations bibliques prêtent de la crédibilité à ce point de vue. Tout d’abord, en racontant les grands héros de la foi, l’auteur d’Hébreux mentionne que certains ont été sauvés par la foi, mais d’autres ont enduré par la foi «… afin qu’ils puissent obtenir une meilleure résurrection». (Héb. 11, 35) Deuxièmement, saint Paul dit Saint Timothée que «… la piété est utile à tout, ayant la promesse de la vie présente et pour la vie à venir » (1 Tim. 4, 8)

Ces deux versets indiquent que les conditions de cette vie influent sur les conditions de la prochaine. Être sous le mal dans cette vie améliore notre résurrection dans la prochaine. La piété dans cette vie apporte profit dans la prochaine. Ces avantages ne sont pas disponibles après cette vie là ou il y aurait peu d’urgence à croître maintenant ; toute l’éternité serait laissée dans laquelle se rattraper.

Plus c’est profond, plus profonds sont des bons résultats quand la vertu est gagnée par des âmes morales libres luttant avec le mal, plutôt que simplement accordée comme un élément de leur constitution.

Il y a une raison valable pour laquelle Dieu a permis à l’homme la liberté de choisir le mal. Il n’est pas en conflit avec sa bonté. Dieu n’est ni l’auteur du mal, ni sa victime impuissante. Plutôt, précisément à cause de sa bonté, Il choisit de co-exister avec le mal pour un moment, comme sa bonté peut être d’autant plus manifeste en ceux qui le surmontent en choisissant librement de faire le bien et d’éviter le mal.

Romains 8, 28 : « Et nous savons que pour ceux qui aiment Dieu, toutes choses concourent au bien, à ceux qui, selon son dessein, sont appelés à être saints ».

Pape Léon XIII, Libertas praestantissimum, 20 juin 1888 : «… Dieu qui en permettant qu’il y ait du mal dans le monde, « ne veut ni que les choses mauvaises soient, ni que les choses mauvaises ne soient pas, mais veut permettre qu’elles soient, et cela est un bien » (St Thomas, Summa, I Q. 19, a. 1, ad 3)».

 

Existence de Dieu

Tout le monde au-dessus de l’âge de la raison peut savoir avec certitude que Dieu existe. Nous savons cela par les choses qui sont existent : les arbres, l’herbe, le soleil, la lune, les étoiles, etc. Quiconque croit que Dieu n’existe pas ou que l’existence de Dieu est impossible d’être connue ou avérée est sans excuse. La loi naturelle les condamne. C’est une vérité révélée de l’Écriture Sainte.

La création elle-même témoigne qu’il y a un Dieu, c’est-à-dire un être vivant, tout-puissant et intelligent qui l’a créé. L’apôtre Paul a écrit aux saints de Rome que depuis la création du monde, les qualités invisibles de Dieu, sa puissance éternelle – et Divinité – ont été clairement vues, étant entendu de ce qui a été fait (Romains 1, 20), et David dit que les cieux racontent la gloire de Dieu, et le firmament montre son ouvrage (Psaume 19, 1). Par conséquent, étant donné que l’existence de Dieu est attestée clairement par ses œuvres, ceux qui nient son existence sont sans excuse. «L’insensé a dit en son cœur : « Dieu n’existe pas » (Psaume 53, 1).

Les incroyants sont sans excuse, car ils sont entourés par les œuvres de Dieu qui attestent très clairement que Dieu existe. Sans doute, les cieux et la terre, la mer, et tout ce qui est en eux, prouvent clairement l’existence de Dieu, parce qu’ils ne sont pas venus à l’existence par hasard ou par leur propre puissance, mais par la volonté du seul vrai Dieu. En effet, selon l’Écriture, il fut un temps où toutes ces choses n’existaient pas, alors, à un certain point du temps passé, ils sont venus à l’existence par la volonté de Dieu. Dieu les a créés en six jours (Genèse 1, 1-31 ; 2, 1-3 ; Exode 20, 11), et dans la sagesse de Dieu tous ont été faits (Psaume 104, 24). Oh, quelle merveilleuse sagesse peut être vue dans toutes les œuvres de Dieu ! Il peut être vu même dans les formes les plus simples de la vie. Dieu est en effet un  sage Créateur et concepteur ! Parmi les choses faites par Dieu, une, c’est-à-dire l’homme, a été faite à l’image de Dieu, car l’Écriture dit : «Dieu créa l’homme à son image» (Genèse 1, 27). C’est pourquoi Saint Paul dit que l’homme «est l’image et la gloire de Dieu» (1 Corinthiens 11, 7). L’homme lui-même, par conséquent, témoigne que Dieu existe. Si l’on considère que l’homme est un être intelligent, avec une volonté, la capacité de raisonnement, les émotions et la conscience, comment peut-il nier l’existence de Dieu ?

Dieu a défini infailliblement, sur la base de Romains 1, que le seul vrai Dieu peut être connu avec certitude par les choses qui ont été faites, et par la lumière naturelle de la raison humaine.

Romains 1, 19-21 : «Parce que ce qui est connu de Dieu est manifeste pour eux. Car Dieu le leur a manifesté. Les perfections invisibles de Dieu, par la création du monde, sont clairement visibles, étant entendu par les choses qui sont faites ; son éternelle puissance et divinité : de sorte qu’ils sont INEXCUSABLES».

L’Église catholique a défini dogmatiquement le principe énoncé dans Romains 1, 19-21.

Pape Pie IX, Concile du Vatican , Session 3, sur la Révélation, Can.1 : «Si quelqu’un dit que le seul vrai Dieu, notre Créateur et Seigneur, ne peut être connu avec certitude par les choses qui ont été faites, par la lumière naturelle de la raison humaine : qu’il soit anathème».

Pape Pie IX, Concile du Vatican, Session 3, Le Dieu Créateur, Can.1 : « Si quelqu’un doit avoir nié le seul vrai Dieu, Créateur et Seigneur des choses visibles et invisibles : qu’il soit anathème. »

Toutes les personnes qui meurent dans l’incrédulité et dans des cultures qui n’ont jamais été pénétrées par l’Évangile vont en enfer pour les péchés contre la loi naturelle et les autres péchés graves qu’ils commettent – la mauvaise volonté et l’incapacité à coopérer avec la grâce de Dieu est la raison pour laquelle ils nient Dieu ou qu’Il ne leur révèle pas l’Évangile.

2 Corinthiens 4, 3 : « Et si notre Évangile est encore voilé, il est voilé pour ceux qui périssent, dont le dieu de ce monde [Satan] a aveuglé l’intelligence des incrédules, pour que la lumière de l’Évangile de la gloire de Christ, qui est l’image de Dieu, ne doive pas briller pour eux « .

Pour résumer, de même qu’une maison, un ordinateur ou une montre existe parce que quelqu’un les a conçu et construit, nous ne pouvons pas affirmer que personne ne les a fait (même si nous ne savons pas qui les a faites !), donc l’univers (c’est à dire les cieux, la terre, la mer et tout ce qui est en eux) existe parce que quelqu’un l’a conçu et l’a fait, et ce «quelqu’un» est Dieu, notre Créateur. En d’autres termes, la perfection, la beauté, la conception et le bon ordre de l’univers exigent l’existence d’un Être suprême dont l’intelligence et la puissance n’ont pas de limite, et cet Être suprême est Dieu. Il est absurde de penser que l’univers n’a pas été créé par Dieu quand il est si complexe, et il est tout à fait illogique que l’incroyant prétende qu’une maison ou une montre est faite par une autre personne, même si il ne sait pas qui l’a fait, tout en prétendant que Dieu n’a pas créé l’univers qui est infiniment plus complexe qu’une simple montre. Cet exemple prouve que tous les incroyants sont des menteurs délibérés qui comprennent clairement que ce monde doit être conçu par un Être intelligent, mais qui choisissent de rejeter cette connaissance.

Simplement dit, un incroyant ne rejette pas l’existence de Dieu parce qu’il a un bon argument ou une objection contre lui, mais parce que reconnaître l’existence de Dieu signifierait qu’il aurait à accepter certaines règles. Les personnes qui vivent dans le péché n’aiment pas s’entendre dire d’arrêter de pécher. Ils veulent continuer à faire ce qui leur plaît. Tous les non-croyants s’engagent sans aucun doute dans les péchés ou les mauvaises actions comme presque tous les gens croyants commettent des péchés parfois. Cependant, comme les incroyants ne veulent pas se sentir tristes à la pensée ou ne veulent pas penser qu’ils seront punis pour leurs péchés volontaires, ils choisissent de rejeter l’existence de Dieu, afin de vivre une courte vie de péché. Un non-croyant ne veut pas trouver Dieu pour la même raison qu’un assassin ou qu’un voleur ne veut pas trouver un agent de police : les deux savent qu’ils sont coupables et qu’ils seront punis pour leurs crimes intentionnels s’ils trouvent Dieu, ou un agent de police. Et donc, l’incroyant tente lui-même de supprimer sa conscience qui lui reproche de pécher et lui dit que les mauvaises actions méritent une punition.

Le mal n’a et n’est pas de nature et est une absence de Bien

Pape St Léon le Grand, Quam laudabiliter, chap. 6, 21 juil. 447 : «la vraie foi… professe que la substance de toutes les créatures spirituelles ou corporelles est bonne, et que le mal n’a pas de nature parce que Dieu, qui est le créateur de l’univers, n’a rien fait que de bon».

Pape Eugène IV, Concile de Florence, Cantate Domino, 1441 ex cathedra : «Elle [la saint Église romaine] croit très fermement, professe et prêche que vrai Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit, est le créateur de toutes choses visibles et invisibles, qui, quand il l’a voulu a créé par bonté toutes les créatures tant spirituelles que corporelles, bonnes assurément parce qu’elles ont été faites par le souverain Bien, mais muables, parce qu’elles ont été faites à partir du néant, et elle affirme que le mal n’est pas de nature, parce que toute nature, en tant qu’elle est nature, est bonne.

Pape Léon XIII, Libertas praestantissimum, 20 juin 1888 : «… le mal est la privation d’un bien».

Le mal n’est pas une efficience ou une chose existante par elle-même, mais une déficience ou absence de bien.

La liberté du bien et du mal

Liberté et mal

Mais, objecte-t-on, il [Dieu] n’aurait pas dû faire les anges tels qu’ils pussent désobéir, ni les hommes tels qu’ils devinssent aussitôt ingrats envers lui par là même qu’ils seraient doués de raison et capables d’examen et de jugement, et non — comme les êtres dépourvus de raison et de vie qui ne peuvent rien faire par leur propre volonté, mais sont traînés au bien par nécessité et par force —assujettis à une unique tendance et à un unique comportement, inflexibles et privés de jugement, incapables d’être jamais autre chose que ce qu’ils auraient été faits.

Dans une telle hypothèse, répondrons-nous, le bien n’aurait aucun charme pour eux, la communion avec Dieu serait sans valeur, et il n’y aurait rien de désirable dans un bien qui leur serait acquis sans mouvement ni souci ni application de leur part et aurait surgi automatiquement et sans effort ; par suite, les bons n’auraient aucune supériorité, puisqu’ils seraient tels par nature plus que par volonté et qu’ils posséderaient le bien automatiquement et non par libre choix ; aussi ne comprendraient-ils même pas l’excellence du bien et ne pourraient-ils en jouir. Car quelle jouissance du bien pourrait -il y avoir pour ceux qui

l’ignoreraient ? Quelle gloire, pour ceux qui ne s’y seraient pas exercés ? Quelle assurance, pour ceux qui n’y auraient pas persévéré ? Quelle couronne enfin, pour ceux qui n’auraient pas conquis celle-ci de haute lutte ? …

… Au reste, il serait insaisissable pour  l’esprit, un bien qui serait nôtre sans que nous ayons eu à nous y exercer. La vue non plus ne serait pas pour nous si désirable, si nous ne savions quel grand mal c’est de ne pas voir ; la santé aussi est rendue plus précieuse par l’expérience de la maladie, tout comme la lumière par le contraste des ténèbres et la vie par celui de la mort. Ainsi le royaume céleste est-il plus précieux pour ceux qui connaissent celui de la terre ; et plus il sera précieux, plus nous l’aimerons ; et plus nous l’aurons aimé, plus nous serons glorieux auprès de Dieu

Liberté, croissance et perfection

Ici, l’on objectera peut-être : Eh quoi? Dieu n’eut-il pu faire l’homme parfait dès le commencement ? — Qu’on sache donc que pour Dieu, qui est depuis toujours identique à lui-même et qui est incréé, tout est possible, à ne considérer que lui. Mais les êtres produits, du fait qu’ils reçoivent subséquemment leur commencement d’existence, sont nécessairement inférieurs à leur Auteur. Impossible, en effet, que soient incréés des êtres nouvellement produits. Or, du fait qu’ils ne sont pas incréés, ils sont inférieurs à ce qui est parfait : car, du fait qu’ils sont nouvellement venus à l’existence, ils sont de petit s enfants, et, du fait qu’ils sont de petits enfants, ils ne sont ni accoutumés ni exercés à la conduite parfaite.

…Et c’est pourquoi aussi notre Seigneur, dans les derniers temps, lorsqu’il récapitula en lui toutes choses, vint à nous, non tel qu’il le pouvait, mais tel que nous étions capables de le voir : il pouvait, en effet, venir à nous dans son inexprimable gloire, mais nous n’étions pas encore capables de porter la grandeur de sa gloire. Aussi, comme à de petits enfants, le Pain parfait du Père se donna-t-il à nous sous forme de lait — ce fut sa venue comme homme —, afin que, nourris pour ainsi dire à la mamelle de sa chair et accoutumés par une telle lactation à manger et à boire le Verbe de Dieu, nous puissions garder en nous-mêmes le Pain de l’immortalité qui est l’Esprit du Père.

… Quant à l’homme, il fallait qu’il vînt d’abord à l’existence, qu’étant venu à l’existence il grandît, qu’ayant grandi il devînt adulte, qu’étant devenu adulte il se multipliât, que s’étant multiplié il prît des forces, qu’ayant pris des forces il fût glorifié, et enfin qu’ayant été glorifié il vît son Seigneur : car c’est Dieu qui doit être vu un jour, et la vision de  Dieu procure l’incorruptibilité, « et l’incorruptibilité fait être près de Dieu ».

Ils sont donc tout à fait déraisonnables, ceux qui n’attendent pas le temps de la croissance et font grief à Dieu de la faiblesse de leur nature. Dans leur ignorance de Dieu et d’eux-mêmes, ces insatiables et ces ingrats refusent d’être d’abord ce qu’ils ont été faits, des hommes sujets aux passions ; outrepassant la loi de l’humaine condition, avant même d’être des hommes, ils veulent être semblables au Dieu qui les a faits et voir s’évanouir toute différence entre le Dieu incréé et l’homme nouvellement venu à l’existence.

…Pourtant, dans la simplicité de sa bonté, Dieu a fait même cela, pour que nul ne le croie envieux ou avare, car il a dit : « J’ai dit : Vous êtes des dieux, vous êtes tous les fils du Très-Haut» ; mais, parce que nous étions incapables de porter la puissance de la divinité, il ajoute : « Mais vous, comme des hommes, vous mourrez ». Il exprimait par là ces deux choses : la générosité de son don, d’une part ; notre faiblesse et notre libre arbitre, d’autre part.

Dans sa générosité, en effet, il a donné magnifiquement le bien et a fait les hommes maîtres d’eux-mêmes à sa ressemblance ; dans sa prescience, d’autre part, il a connu la faiblesse des hommes et ce qui devait en résulter ; dans son amour et sa puissance, enfin, il triomphera de la substance de la nature créée. Ainsi fallait-il que d’abord apparût cette nature, qu’ensuite ce qui est mortel fût vaincu et englouti par l’immortalité, et ce qui est corruptible, par l’incorruptibilité, et que l’homme devînt ainsi à l’image et à la ressemblance de Dieu, après avoir reçu la connaissance du bien et du mal.

L’homme, artisan de son destin éternel

Or le bien consiste à obéir à Dieu, à lui être docile, à garder son commandement : c’est la vie de l’homme ; de même, désobéir à Dieu est mal : c’est la mort de l’homme. Dieu ayant usé de longanimité, l’homme a donc connu et le bien de l’obéissance et le mal de la désobéissance, afin que l’œil de son esprit, ayant acquis l’expérience de l’un et de l’autre, fasse choix du bien avec décision et ne soit ni paresseux ni négligent à l’égard du commandement de Dieu : ce qui lui ôte la vie, c’est-à-dire désobéir à Dieu, il saura par expérience que c’est mal et il ne l’entreprendra plus jamais ; au contraire, ce qui lui conserve la vie, c’est-à-dire obéir à Dieu, il saura que c’est bien et il le gardera avec un soin scrupuleux. Et c’est pourquoi il a reçu une double faculté possédant la connaissance de l’un et de l’autre, afin de faire choix du bien en connaissance de cause. Cette connaissance du bien, comment aurait-il pu l’avoir, s’il avait ignoré son contraire ? Car plus ferme et plus incontestable est la perception d’objets présents qu’une conjecture résultant d’une supposition. Car, de même que la langue acquiert par le goût l’expérience du doux et de l’amer, que l’œil distingue par la vue le noir du blanc, que l’oreille connaît par l’audition la différence des sons, ainsi l’esprit, après avoir acquis par l’expérience de l’un et de l’autre la connaissance du bien, devient plus scrupuleusement attentif à le conserver en obéissant à Dieu : en premier lieu, par le repentir, il rejette la désobéissance, par ce qu’elle est chose amère et mauvaise ; ensuite, sachant par une perception immédiate ce qu’est le contraire du bien et du doux, plus jamais il n’entreprendra de goûter de la désobéissance à Dieu. Si tu répudies cette connaissance de l’un et de l’autre et cette double faculté de perception, sans le savoir, tu supprimeras l’homme même que tu es.

Comment, d’ailleurs, seras-tu dieu, alors que tu n’as pas encore été fait homme ? Comment seras-tu parfait, alors que tu viens à peine d’être créé ? Comment seras-tu immortel, alors que, dans une nature mortelle, tu n’as pas obéi à ton Créateur ? Car il te faut d’abord garder ton rang d’homme, et ensuite seulement recevoir en partage la gloire de Dieu : car ce n’est pas toi qui fais Dieu, mais Dieu qui te fait. Si donc tu es l’ouvrage de Dieu, attends patiemment la Main de ton Artiste, qui fait toutes choses en temps opportun — en temps opportun, dis-je, par rapport à toi qui es fait. Présente-lui un cœur souple et docile et garde la forme que t’a donnée cet Artiste, ayant en toi l’Eau qui vient de lui et faute de laquelle, en t’endurcissant, tu rejetterais l’empreinte de ses doigts. En gardant cette conformation, tu monteras à la perfection, car par l’art de Dieu va être cachée l’argile qui est en toi. Sa Main a créé ta substance ; elle te revêtira d’or pur au dedans et au dehors, et elle te parera si bien, que le Roi lui-même sera épris de ta beauté. Mais si, en t’endurcissant, tu repousses son art et te montres mécontent de ce qu’il t’a fait homme, du fait de ton ingratitude envers Dieu tu as rejeté tout ensemble et son art et la vie : car faire est le propre de la bonté de Dieu et être fait est le propre de la nature de l’homme. Si donc tu lui livres ce qui est de toi, c’est-à-dire la foi en lui et la soumission, tu recevras le bénéfice de son art et tu seras le parfait ouvrage de Dieu. Si, au contraire, tu lui résistes et si tu fuis ses Mains, la cause de ton inachèvement résidera en toi qui n’as pas obéi, non en lui qui t’a appelé. Car il a envoyé des gens pour inviter aux noces, mais ceux qui ne l’ont pas écouté se sont eux-mêmes privés du festin du royaume.

Ce n’est donc point l’art de Dieu qui est en défaut, car il peut, à partir de pierres, susciter des fils à Abraham ; mais celui qui ne se plie pas à cet art, celui-là est cause de son propre inachèvement. La lumière non plus n’est pas en défaut à cause de ceux qui se sont aveuglés eux-mêmes, mais, tandis qu’elle demeure semblable à elle-même, ces aveugles sont, par leur propre faute, plongés dans le s ténèbres. La lumière ne subjugue personne de force : Dieu ne violente pas davantage celui qui refuserait de garder son art. Ceux qui se sont séparés de la lumière du Père et ont transgressé la loi de la liberté se sont séparés par leur faute, puisqu’ils avaient été faits libres et maîtres de leurs décisions. Et Dieu, qui sait toutes choses par avance, a préparé aux uns et aux autres des demeures appropriées : à ceux qui recherchent la lumière de l’incorruptibilité et courent vers elle, il donne avec bonté cette lumière qu’ils désirent ; mais à ceux qui la méprisent, se détournent d’elle, la fuient et, en quelque sorte, s’aveuglent eux-mêmes, il a préparé des ténèbres bien faites pour ceux qui se détournent de la lumière, et à ceux qui fuient la soumission à Dieu il a préparé un châtiment approprié. Or la soumission à Dieu est l’éternel repos, en sorte que ceux qui fuient la lumière aient un lieu digne de leur fuite et que ceux qui fuient l’éternel repos aient une demeure appropriée à leur fuite. Car, comme tous les biens se trouvent auprès de  Dieu, ceux qui fuient Dieu de leur propre mouvement se frustrent eux-mêmes de tous les biens : ainsi frustrés de tous les biens qui se trouvent auprès de Dieu, ils tomberont à bon droit sous le juste jugement de Dieu. Car ceux qui fuient le repos vivront justement dans la peine, et ceux qui ont fui la lumière habitent justement les ténèbres. Il en est comme de cette lumière passagère : ceux qui la fuient sont cause de ce qu’ils sont privés de la lumière et habitent les ténèbres, et ce n’est pas la lumière qui est pour eux cause d’un tel séjour, ainsi que nous l’avons dit plus haut ; de même ceux qui fuient l’éternelle lumière de Dieu qui renferme tous les biens, habiteront par leur faute d’éternelles ténèbres, privés qu’ils seront de tous les biens pour avoir été pour eux-mêmes cause d’un tel séjour. (Saint Irénée, Père de l’Église, Contre les hérésies, L.4, part. 3, 2)

 

La loi naturelle

Saint Thomas, Somme théologique, Ia IIae, Q. 91, art. 2 : «la loi naturelle n’est pas autre chose que la participation de la loi éternelle dans la créature raisonnable».

Réfutation de la fatalité du destin

La loi naturelle est la liberté morale du bien et du mal. Il n’y a pas de destin fatal, mais une loi naturelle dans l’homme pour utiliser sa liberté pour le bien ou pour le mal, ce sont des choix moraux dont l’homme est responsable, c’est-à-dire qu’ils ont des causes et des effets.

Pape saint Grégoire Ier, père de l’Église, Homélie sur l’adoration des mages, 6 jan. 591 : «Que les fidèles excluent cependant de leur esprit qu’il existe un destin. Car la vie n’est gouvernée que par le seul Créateur qui l’a donnée aux hommes».

Saint Justin réfute simplement la fatalité du destin ou que l’homme ne soit pas libre de choisir le bien ou le mal et n’en soit pas responsable. C’est la loi naturelle inscrite dans le cœur de l’homme qui a la capacité naturelle de connaître le bien et le mal et qu’il a par conséquent la responsabilité morale de ses choix.

Saint Justin Martyr, père de l’Église, 2ème siècle, Grande Apologie, N° 43 : «Que d’ailleurs, … on ne s’imagine pas que nous croyons la réalisation de ce qui doit arriver due à la fatalité du destin. Voici comment nous répondons à cette objection. Chacun, selon ses œuvres, sera châtié, puni ou récompensé : nous avons appris cette doctrine des prophètes et nous la tenons pour vraie. S’il n’en était pas ainsi, si tout était l’œuvre du destin, il n’y aurait plus de libre arbitre. Si c’est le destin qui veut que celui-ci soit bon, et celui-là mauvais, celui-ci n’est pas digne d’éloge ni celui-là de blâme. Et si l’homme ne peut, par le choix libre de sa volonté, éviter le mal et faire le bien, il n’a aucunement à répondre de ses actions.

«Mais voici qui prouve que l’homme fait librement le bien et le mal. Nous voyons le même homme passer d’un extrême à l’autre. S’il était fatalement bon ou mauvais, il n’y aurait pas de ces contradictions dans sa conduite, et il ne changerait pas constamment. Il n’y aurait ni homme vertueux ni hommes dépravés, puisque le destin serait cause en même temps du bien et du mal, et qu’il serait contradictoire à lui-même. Ou bien encore, il faudrait admettre, comme nous l’avons dit plus haut, que le bien et le mal ne sont rien, et que la vertu et le vice sont choses d’opinion. Or la saine raison nous dit que c’est là une impiété et une injustice odieuse.

«A nos yeux, le vrai destin inévitable, c’est la juste récompense du bien et le juste châtiment du mal. Dieu n’a pas créé l’homme comme les autres êtres, comme les arbres et les quadrupèdes qui ne peuvent rien faire librement. L’homme ne mériterait ni récompense ni louange  si, au lieu de choisir de lui-même le bien, il était bon par nature. De même, on ne pourrait punir justement ses fautes , si elles n’étaient pas volontaires, et si lui-même ne pouvait être autre chose que ce qu’il est».

Quiconque dit que le bien ou le mal n’existe pas ou qu’il n’y a pas de loi naturelle inscrite dans le cœur de l’homme est un menteur de mauvaise foi contre sa propre conscience et un hérétique contre la loi naturelle « déjà condamné par son propre jugement » (Tite 3, 10), car il est évident que l’homme connaît naturellement le bien et le mal.

Prenons un exemple simple et pratique de base, que se passe t-il si on se cogne fortement, est-ce que cela fait du bien ? Non. Mettez votre main dans le feu, et voyez ce que cela fait, diriez-vous que c’est bien ? Non. Le dire, serait de la mauvaise foi, ainsi en est-il de quiconque nie la loi naturelle.

La loi naturelle est inscrite dans le cœur de l’homme sans qu’il y soit pour quelque chose, c’est sa nature, pour qu’il connaisse le bien du mal naturellement et choisisse librement l’un ou l’autre.

L’homme est fait libre de sa décision entre le bien et le mal

Dieu donne le bien, et l’homme garde la liberté de préserver et suivre le bien ou de le rejeter, y compris le plus grand des biens qu’est la Foi. (L’homme qui suit la loi de sa conscience naturelle est amené à la vraie Foi de l’Église. La Foi est le don de Dieu reçu dans le baptême d’eau.)

Saint Irénée, père de l’Église Contre les hérésies, L. 4, part . 3, § 2 (2e s.) : «Dieu a donc donné le bien, comme en témoigne l’Apôtre [St Paul, Rom. 2], et ceux qui le font recevront gloire et honneur pour avoir fait le bien alors qu’ils pouvaient ne pas le faire, tandis que ceux qui ne le font pas subiront le juste jugement de Dieu pour n’avoir pas fait le bien alors qu’ils pouvaient le faire. Si, au contraire, c’était par nature que les uns fussent mauvais et les autres bons, ni ceux-ci ne seraient louables du fait qu’ils seraient bons, puisque tels ils auraient été créés, ni ceux-là ne seraient blâmables, puisqu’ils auraient été ainsi faits. Mais en fait tous sont de même nature, capables de garder et de faire le bien, capables aussi de le rejeter et de ne pas le faire … C’est pourquoi les prophètes exhortaient les hommes à pratiquer la justice et à faire le bien…

«…tous les textes analogues qui montrent le libre arbitre de l’homme et le conseil de Dieu : car celui-ci nous exhorte à la soumission envers lui et nous détourne de lui être infidèles, mais il ne nous fait pas violence pour autant. Même l’Évangile, en effet, il est loisible de ne pas le suivre, si l’on veut, encore que ce soit sans profit : car la désobéissance à Dieu et le rejet du bien sont au pouvoir de l’homme, mais comportent un préjudice et un châtiment non négligeables.

«…Et c’est pourquoi Paul dit : « Tout est loisible, mais tout n’est pas profitable » : il enseigne ainsi la liberté de l’homme, en vertu de laquelle tout est loisible, puisque Dieu ne le contraint pas ; et il souligne aussi l’absence de profit, afin que nous ne nous servions pas de la liberté pour voiler notre malice, car ce serait sans profit. …l’homme est libre dans sa décision depuis le commencement — car Dieu aussi est libre dans sa décision, lui à la ressemblance de qui l’homme a précisément été fait — : aussi, en tout temps, lui est-il donné le conseil de garder le bien, ce qui s’accomplit par l’obéissance envers Dieu.

«…Et ce n’est pas seulement dans les actes, mais jusque dans la foi, que le Seigneur a sauvegardé la liberté de l’homme et la maîtrise qu’il a de soi-même : « Qu’il te soit fait selon ta foi », dit-il, déclarant ainsi que la foi appartient en propre à l’homme par là même que celui-ci possède sa décision en propre».

C’est pourquoi, en matière de foi, l’homme «est condamné par son propre jugement» (Tite 3, 10) quand il nie ou refuse la vraie foi du Christ et de Son Église.

La loi naturelle inscrite dans le cœur de tous les hommes

La loi naturelle est inscrite dans le cœur de tous les hommes, de sorte que tous les hommes savent que certaines choses sont contre la loi de Dieu, et que certaines choses sont conformes à la loi naturelle de la charité, etc.

Romains 2, 13-15 : Car ce ne sont pas ceux qui écoutent la loi [loi ancienne mosaïque] qui sont justes devant Dieu ; mais ce sont les observateurs de la loi qui seront justifiés [sauvés par la loi nouvelle]. En effet, lorsque les gentils [païens], qui n’ont pas la loi [ancienne et nouvelle], font naturellement [loi naturelle] ce qui est selon la loi ; n’ayant pas la loi, ils sont à eux-mêmes la loi : montrant ainsi l’œuvre de la loi écrite en leurs cœurs, leur conscience leur rendant témoignage, et leurs pensées s’accusant et se défendant l’une l’autre ».

Comme le commentaire (Bible catholique Vulgate, Commentaire Haydock) l’explique correctement sur Romains 2, 14-16 :

« Ces hommes sont une loi pour eux-mêmes, et l’ont écrite dans leurs cœurs, quant à l’existence d’un Dieu, et leur raison leur dit que beaucoup de péchés sont illicites : ils peuvent aussi faire des actions qui sont moralement bonnes, comme l’aumône pour soulager les pauvres, en honorant leurs parents, etc. Non pas que ces actions, moralement bonnes, suffiront d’elles-mêmes pour leur justification, ou leurs méritent une récompense surnaturelle dans le royaume des cieux, mais Dieu, dans sa miséricorde infinie, leur donnera des grâces surnaturelles qui, s’ils continuent de coopérer avec elles, leurs obtiendront plus de grâces et finalement ils seront exposées à la foi catholique, s’ils doivent être sauvés».

Le pape Pie XII explique comment l’Esprit-Saint aide les gens à devenir catholiques, bien qu’ils ne pensent pas consciemment devenir catholiques à ce moment. L’Esprit leur indique de suivre la loi naturelle et de faire le bien, et ensuite il les aide à penser pour prendre conscience de la façon dont ils doivent se convertir à la foi catholique.

Pape Pie XII, Mystici Corporis, parlant de non-catholiques, n° 101, 29 juin 1943  : «Pour ceux-là mêmes qui n’appartiennent pas au corps visible de l’Église, vous savez bien, Vénérables Frères, que, dès le début de Notre Pontificat, Nous les avons confiés à la protection et à la conduite du Seigneur, affirmant solennellement qu’à l’exemple du Bon Pasteur Nous n’avions qu’un seul désir : Qu’ils aient la vie et qu’ils l’aient en abondance. Cette assurance solennelle, Nous désirons la renouveler, après avoir imploré les prières de toute l’Église dans cette Lettre encyclique, où Nous avons célébré la louange du «grand et glorieux Corps du Christ», [Nous voulons que] chacun d’entre eux coopèrent généreusement et volontairement avec les impulsions intérieures de la grâce divine et prennent soin de se dégager de cet état dans lequel ils ne peuvent pas être assurés de leur propre salut éternel. Car même s’ils peuvent être dirigés [ou ordonnés] vers le Corps mystique du Rédempteur par une sorte de désir inconscient et intention, ils n’ont toujours pas les si nombreuses et si grandes aides célestes, qui ne peuvent être appréciées que dans l’Église catholique. Qu’ils entrent donc dans l’unité catholique, et que, réunis avec Nous dans le seul corps du Corps de Jésus-Christ, ils accourent tous vers le Chef unique en une très glorieuse société d’amour. Sans jamais interrompre nos prières à l’Esprit d’amour et de vérité, Nous les attendons les bras grands ouverts, comme des hommes qui se présentent à la porte, non d’une maison étrangère, mais de leur propre maison paternelle».

Pie XII explique que les non-catholiques peuvent obtenir des grâces, qui sont vraies, puisque aucun ne se convertirait à la foi catholique à moins qu’ils aient obtenu des grâces quand ils étaient des infidèles. Il ne dit pas qu’ils sont sauvés hors de l’Église.

Hébreux, 11, 6 : «Or sans la foi il est impossible de plaire à Dieu. Car il faut que celui qui s’approche de Dieu croie qu’il est, et qu’il récompense [qu’il est le rémunérateur de] ceux qui le cherchent».

Dieu récompense ceux qui le cherchent, c’est-à-dire qu’il donne à ceux qui suivent la loi naturelle de leur conscience, les grâces pour arriver à la vérité de la foi divine catholique et les grâces nécessaires pour leur salut.

Des hérésies communes contre la loi naturelle sont, par exemple, de nier l’existence de Dieu, ou de considérer que le contrôle des naissances ou la planification familiale naturelle, aussi appelée PFN, que beaucoup de « catholiques » pratiquent pour éviter la conception, (ce qui les rend coupables du péché mortel de contraception) est acceptable, ou si une personne considère que l’avortement est acceptable, ou si une personne constate que la consommation de psychotropes où la conscience est entravée est acceptable. Ces exemples pourraient tous tomber dans la catégorie du péché mortel, car ils rejettent une vérité qu’ils savent être vraie de la loi naturelle, à savoir : 1) que l’existence de Dieu peut être connue par la raison naturelle, 2) que l’avortement est un assassinat, 3) que la contraception ou PFN frustre délibérément le pouvoir naturel d’engendrer la vie, 4) et que les psychotropes, tels que fumer de la marijuana, est un péché mortel, tout comme se saouler.

 

Le diable

Le mal a commencé avec le diable, le premier apostat

«Le mot « Satan », en langue hébraïque, signifie « apostat » … son pouvoir consiste dans la transgression et l’apostasie». (St Irénée, Contre les hérésies, L. V).

Le péché de Satan et des anges apostats qui l’ont suivi est d’avoir apostasié leur foi et préféré leur nature à la grâce. L’ange apostat est éternellement sans repentir. L’apostat désigne celui qui renonce ou abandonne toute la foi au Christ (St Thomas, II. II. Q. XII art. 1, r. 3 ; CIC 1325 § 2) ; il est excommunié (ou anathème, maudit) automatiquement (ipso facto).

Pape St Léon le Grand, Quam laudabiliter, chap. 6, 21 juil. 447 : « [le diable] … ayant mal usé de son excellence naturelle et « n’étant pas demeuré dans la vérité » (Jn 8, 44) il n’est pas passé à une substance contraire mais il s’est séparé du souverain bien auquel il devait rester uni».

Pape St Léon Ier le Grand, Lectis dilectionis tuae, 449 : «… le diable … l’auteur du péché et de la mort».

Le mal est un manque de bien. Lucifer est la première créature céleste ou le premier ange qui s’est séparé éternellement de Dieu son Créateur, son seul Bien. Il est devenu Satan.

Pape Vigile, Ier Concile de Constantinople, anathématismes contre Origène, 543 ex cathedra : «Si quelqu’un dit ou pense que le châtiment des démons et des impies est temporaire, et qu’il prendra fin après un certain temps, ou bien qu’il y aura restauration des démons et des impies, qu’il soit anathème».

Saint Irénée (130-202), Exposé de la prédication des Apôtres : «Le chef et l’instigateur du péché, ce fut l’ange par fourberie ; lui qui avait péché contre Dieu, fut frappé… Et parce que, suivant ses penchants, il s’était révolté et avait abandonné Dieu, il s’appelait Satan, selon l’expression hébraïque, ce qui signifie révolté ; mais c’est celui-là même qui est aussi appelé diable».

Le diable est un ange créé bon par Dieu et qui s’est rendu mauvais

Pape Jean III, Ier concile de Braga, 561 ex cathedra : «7. Si quelqu’un dit que le diable n’a pas été d’abord un ange bon, créé par Dieu, et que sa nature n’est pas l’œuvre de Dieu, mais qu’il dit qu’il a émergé des ténèbres, que personne ne l’a fait, mais qu’il est lui-même le principe et la substance du mal, comme Mani et Priscillien l’ont dit, qu’il soit anathème».

Pape Innocent III, 4 ème concile du Latran, ch. 1, 1215 ex cathedra : «le diable et les autres démons ont été créés par Dieu bons par nature ; mais ce sont eux qui se sont rendus eux-mêmes mauvais».

Le diable est l’instigateur du premier péché de l’homme

Pape Innocent III, 4 ème concile du Latran, ch. 1, 1215 ex cathedra : «Quant à l’homme, c’est à l’instigation du démon qu’il a péché».

Saint Irénée (130-202), Exposé de la prédication des Apôtres : «Le chef et l’instigateur du péché, ce fut l’ange par fourberie ; lui qui avait péché contre Dieu … et il fit chasser l’homme du Paradis».

1 – Dieu avait interdit le fruit de la connaissance du bien et du mal sous peine de mort.

Genèse 2, 16 17 : Et Yahweh Dieu donna à l’homme cet ordre :  » Tu peux manger de tous les arbres du jardin ; mais tu ne mangeras pas de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, tu mourras certainement».

2 – Satan posséda le serpent et s’adressa à Ève.

Gen 3, 1-7 : Le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs que Yahweh Dieu ait faits. Il dit à la femme :  » Est-ce que Dieu aurait dit :  » Vous ne mangerez pas de tout arbre du jardin ?  » La femme répondit au serpent :  » Nous mangeons du fruit des arbres du jardin. Mais du fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : Vous n’en mangerez point et vous n’y toucherez point, de peur que vous ne mouriez».

3 – Satan mentit à la femme.

Gen 3 : «Le serpent dit à la femme : «Non, vous ne mourrez point ; mais Dieu sait que le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront et vous serez comme Dieu, connaissant le bien et le mal». La femme vit que le fruit de l’arbre était bon à manger, agréable à la vue et désirable pour acquérir l’intelligence ; elle prit de son fruit et en mangea ; elle en donna aussi à son mari qui était avec elle, et il en mangea. Leurs yeux à tous deux s’ouvrirent et ils connurent qu’ils étaient nus».

Le  diable trompa l’homme en lui faisant croire qu’il sera « comme Dieu » par son intelligence naturelle sans la grâce divine. Cette manœuvre visait en fait à lui faire perdre la grâce sanctifiante qui maintenait sa nature dans l’innocence (ne connaissant pas le mal), infuse de science (science nécessaire au salut infusée par Dieu et qui ne demandait pas d’apprentissage), maîtrisant les passions (l’âme en état de grâce domine les facultés naturelles psychiques et physiques), impassible (sans souffrance), et non-mortelle (l’homme devait croître en grâce sans connaître la corruption de la mort).

Mais l’homme qui a donc voulu, sur l’instigation de Satan, connaître le bien et le mal – que Dieu avait interdit – a perdu son innocence, qui est l’état où il ne connaissait pas le mal. Satan a donc fait connaître le mal à l’homme en lui proposant de connaître le bien !

C’est le fondement de l’ésotérisme de l’homme impie (hérétique) qui croit pouvoir devenir divin avec sa nature, par son intelligence, et pas par la grâce. Mais la nature humaine (comme celle des anges) a été faite par Dieu POUR la grâce et la vie surnaturelle PAR la foi.

Le péché des hommes qui suivent Satan et les anges qui l’ont suivi est d’apostasier leur foi et la grâce pour préférer leur nature. Mais Dieu n’a pas créé de nature pure faite pour elle-même et sa fin propre fin, mais pour Lui, «Puisque c’est de Lui, et par Lui et en Lui que sont toutes choses» (Romains 11, 36) ; «Car c’est par lui que toutes choses ont été créées dans les cieux et sur la terre, les visibles et les invisibles, … tout a été créé par lui et en lui» (Colossiens 1, 16). La nature est faite pour la grâce parce que la grâce est la vie de Dieu pour les créatures. La nature n’est pas faite pour elle-même, c’est l’impasse du salut. C’est pour réparer l’homme par la grâce que Jésus-Christ, le Fils de Dieu est venu.

Le diable, prince de ce monde

«C’est maintenant le jugement du monde, maintenant le prince de ce monde sera jeté dehors» (Jean 12, 31)

«le prince de ce monde vient, et il n’a rein en moi» (Jean 14, 30)

«le prince de ce monde est déjà jugé» (Jean 16, 11)

«Pour les infidèles dont le dieu de ce siècle a aveuglé l’esprit» (I Corinthiens 4, 4)

«Le monde est tout entier sous l’empire du malin» (1 Jn 5, 19)

Quand Jésus dit : «le prince de ce monde sera jeté dehors» (Jean 12, 31), il signifie le royaume de Dieu pour ses amis et disciples, non pas le monde. Voir aussi ci-dessous : Le monde et l’esprit du monde.

Jean 17, 9 : «Je ne prie point pour le monde, mais pour ceux que vous m’avez donné».

Jésus n’a pas prié pour le monde, c‘est pourquoi Satan est le prince de ce monde et que «Le monde est tout entier sous l’empire du malin» (1 Jn 5, 19).

 

Le péché origine du mal

Perte de la grâce originelle

Par le péché originel la nature humaine a perdu la grâce sanctifiante, et avec elle, l’innocence (non-connaissance du mal), la science infuse (connaissance innée), la maîtrise des passions (domination de l’âme en état de grâce sur les capacités inférieures), l’impassibilité (non-souffrance), et l’immortalité (non-corruption).

15 ème Concile de Carthage, canon 1, 418 : «Quiconque dit qu’Adam, premier homme, a été créé mortel de telle sorte que, qu’il péchât ou non, il devait mourir corporellement, c’est-à-dire que quitter son corps ne serait pas une conséquence du péché mais une nécessité de nature, qu’il soit anathème.

Pape Félix III, 2ème Concile d’Orange, can. 15, 529 ex cathedra : «Par rapport à l’état dans lequel Dieu l’avait formé, Adam a été changé, mais en pire, par son iniquité».

Pape Félix III, 2ème Concile d’Orange, can. 21, 529 ex cathedra : «… la nature perdue  par Adam fût réparée par celui qui a dit être venu « pour vchercher et sauver ce qui était perdu » [Luc 19, 10]».

Pape Honorius Ier, 6ème Cocile de Tolède, 638 : «… seul le Fils, pour la rédemption du genre humain,  afin de supprimer les dettes du péché que nous avons contracté au commencement par la désobéissance d’Adam…»

Pape Léon IV, Concile de Quierzy, Chap. 1, mai 853 : «Dieu tout-puissant a créé l’homme droit, sans péché, et avec le libre arbitre, et il l’a placé dans le paradis, voulant qu’il demeure dans la sainteté de la justice. L’homme, ayant mal usé de son libre arbitre, a péché et est tombé, et il est devenu « masse de perdition » (St Augustin) de tout le genre humain».

Pape Paul III, Concile de Trente, 5ème sess. n°1, 13 janv. 1546, ex cathedra : «Si quelqu’un ne confesse pas que le premier homme, Adam, après avoir transgressé le commandement de Dieu dans le paradis, a immédiatement perdu la sainteté et la justice dans lesquelles il avait été établi et a encouru, par l’offense que constituait cette prévarication, la colère et l’indignation de Dieu et, par la suite, la mort dont il avait été auparavant menacé par Dieu, et avec la mort la captivité sous le pouvoir de celui qui ensuite « a eu l’empire de la mort, c’est-à-dire le diable » (He 2, 14) ; et que par l’offense que constituait cette prévarication Adam tout entier, dans son corps et dans son âme a été changé en un état pire : qu’il soit anathème».

La nature humaine incline au péché depuis le péché originel

Depuis le péché originel, la nature humaine est empreinte de concupiscence qui est l’inclination au mal ; la concupiscence n’est pas le péché, mais elle vient du péché et elle entraîne au péché.

Pape Concile de Trente, 5ème session, n° 5, 17 juin 1546 ex cathedra : Que la concupiscence ou le foyer du péché demeure chez les baptisés, ce saint concile le confesse et le pense ; cette concupiscence étant laissée pour être combattue, elle ne peut nuire à ceux qui n’y consentent pas et y résistent courageusement par la grâce du Christ. Bien plus, « celui qui aura lutté selon les règles sera couronné » (2 Tm 2, 5). Cette concupiscence, que l’Apôtre appelle parfois « péché » (Rm 6, 12-15 ;  Rm 7, 7 ; Rm 7, 14-20), le saint concile déclare que l’Eglise catholique n’a jamais compris qu’elle fût appelée péché parce qu’elle serait vraiment et proprement péché chez ceux qui sont nés de nouveau, mais parce qu’elle vient du péché et incline au péché. Si quelqu’un pense le contraire : qu’il soit anathème».

La nature n’est pas mauvaise en soi, mais elle tend vers le mal, elle a donc absolument besoin du secours de la grâce pour sortir du péché et pour son salut. C’est pour redonner la grâce sanctifiante que Jésus-Christ le Fils de Dieu s’est incarné, est mort pour les péchés des hommes (péché originel et péchés actuels), et est ressuscité. Mais l’homme est libre d’accepter la grâce ou pas.

Qu’est-ce que le péché

Le péché est se détourner de Dieu

Pape Paul III, Concile de Trente, 6ème sess., ch. 5, 13 janv. 1547 ex cathedra : «…ceux qui s’étaient détournés de Dieu par leurs péchés…»

Le péché est et rend ennemi de Dieu

Pape Paul III, Concile de Trente, 6ème sess., ch. 7, 13 janv. 1547 ex cathedra : «…Par là [la justification], l’homme devient juste, d’ennemi ami…»

Le péché est une transgression libre de la Loi divine

Décret du saint Office (sous le pape Alexandre VIII), condamnant le péché philosophique, 24 août 1690 : «…le péché … est une transgression libre de la loi divine».

La loi divine que transgresse le péché comprend la loi naturelle (reflet de la loi divine), les dix commandements, l’Écriture et la Tradition de l’Église catholique ou vérités de foi divine et catholique (Révélation divine ou dogmes révélés).

Le péché est une offense à Dieu

Pape Pie XII, Humani generis, 12 août 1950 : «la notion du péché originel et en même temps celle du péché en général en tant qu’il est une offense à Dieu…»

Le salaire du péché est la mort

Romains 6, 23 : «La solde du péché est la mort».

Pape Pélage Ier, Humani generis, 3 fév. 557 : «quant aux impies qui, par le choix de leur propre volonté, demeurent comme des « vases de colère, destinés à la perdition » (Rm 9, 22), qui soit n’ont pas reconnu la voix du Seigneur, soit l’ont reconnue mais l’ont abandonnée à nouveau parce que séduits par des transgressions de toute sorte, il les livrera par son très juste jugement aux peines du feu éternel et inextinguible afin qu’ils brûlent sans fin».

Pape Innocent III, Maiores Ecclesiae causas, 1201 : «La peine du péché originel est la privation de la vision de Dieu, mais la peine du péché actuel est le supplice de la géhenne éternelle».

Effets du péché

Premièrement, le péché renverse la raison, ce qui fait que l’homme suit l’animal comme un insensé : «La sagesse n’habitera pas dans un corps assujetti aux péchés» (Sg 1, 4). Deuxièmement, le péché subvertit la volonté, ce qui fait que l’homme suit ses inclinations au mal, ce qui entraîne la désobéissance et la mort. Troisièmement, le péché détruit la liberté, ce qui fait que l’homme abuse de sa liberté et s’enchaine : «on est esclave de celui par qui on a été vaincu» (II Pierre 2, 19).

Le péché mortel (ou grave) est volontairement préférer à Dieu quelque chose d’inférieur : L’âme se coupe de Dieu. Le péché mortel tue la vie de l’âme qui est la charité, c’est la mort éternelle. La contrition avec la confession ou le désir de confession en cas d’impossibilité obtient le pardon du péché mortel de la part de Dieu.

Le péché véniel n’implique pas autant la volonté mais l’affection et sa délectation de quelque chose d’inférieur à Dieu : le cœur se détourne de Dieu sans se couper de Lui. Les péchés véniels dont on ne se repend pas et pour lesquels on ne fait pas pénitence conduisent au péché mortel ou deviennent mortels. La volonté de persévérer dans le péché véniel est un péché mortel.

Pape Innocent III, Maiores Ecclesiae causas, 1201 : «… La peine du péché originel est la privation de la vision de Dieu. …  la peine du péché actuel est le supplice de la géhenne éternelle».

Pape Innocent IV, Ier concile de Lyon, 1245 ex cathedra : «péché mortelexclus du royaume de Dieu [I Cor. 6, 9 s.]»

Pape Innocent IV, Ier concile de Lyon, 1245 ex cathedra : «Si quelqu’un meurt sans pénitence en état de péché mortel, il ne fait aucun doute qu’il sera tourmenté pour toujours par les feux de l’enfer éternel».

Pape Grégoire X, IIème concile de Lyon, 4ème sess., 1274 ex cathedra : «Pour les âmes de ceux qui meurent en état de péché mortel ou avec seulement le seul péché originel, elles descendent immédiatement en enfer, où elles reçoivent cependant des peines inégales».

Pape Benoit XII, Benedictus Deus, 29 jan. 1336 ex cathedra : «… nous définissons que, selon la disposition générale de Dieu, les âmes de ceux qui meurent en état de péché mortel descendent aussitôt après leur mort en enfer, où elles sont tourmentées de peines éternelles».

Pape Eugène IV, Concile de Florence, Laetentur caeli, 6 juil. 1439 ex cathedra : «Quand âmes de ceux qui disparaissent en état effectif de péché mortel ou seulement originel, elles descendent aussitôt en enfer, pour y être punies cependant de peines inégales».

Pape Eugène IV, Concile de Florence, Cantate Domino 1442 ex cathedra : Elle [l’Eglise] croit fermement, professe et enseigne que jamais être conçu d’un homme et d’une femme n’a été délivré de la domination du diable, sinon par la foi [mérite du Christ] en notre Seigneur Jésus-Christ médiateur entre Dieu et les hommes [I Tm 2, 5]»

Pape Paul III, Concile de Trente, 6ème sess., ch. 1, 13 jan. 1547 ex cathedra : «… tous les hommes ayant perdu l’innocence dans la prévarication du péché d’Adam (Rm 5, 12 ; I Cor. 15, 22) « devenus impurs » (Es 64, 6) et … « enfants de colère par nature » (Ep 2, 3), … « esclaves du péché » (Rm 6, 20) et sous le pouvoir du diable et de la mort…»

Pape Paul III, Concile de Trente, 6ème sess., ch. 15, 13 jan. 1547 ex cathedra : «Contre les esprits rusés de certains hommes qui, « par de doux discours et des bénédictions, séduisent les cœurs simples » (Rm 16, 18), il faut affirmer que la grâce de la justification, qui a été reçue, se perd non seulement par l’infidélité (can. 27), par laquelle se perd aussi la foi elle- même, mais aussi par n’importe quel péché mortel, bien qu’alors ne se perde pas la foi (can.28). On défend ainsi la doctrine de la Loi divine qui exclut du Royaume de Dieu non seulement les infidèles [non-catholiques : apostats, hérétiques, schismatiques, païens, idolâtres], mais aussi les fidèles [catholiques pécheurs mortels] fornicateurs, adultères, efféminés, sodomites, voleurs, avares, ivrognes, médisants, rapaces (I Cor 6, 9-10) et tous les autres qui commettent des péchés mortels dont, avec l’aide de la grâce divine, ils peuvent s’abstenir et à cause desquels ils sont séparés de la grâce du Christ (can. 27)».

Pape Jules III, Concile de Trente, 14ème Sess., ch. 1, 25 nov. 1551 ex cathedra : «ceux qui se sont ensuite [péché mortel après le baptême] livrés à l’esclavage du péché et au pouvoir du démon…»

Pape Jules III, Concile de Trente, 14ème Sess., ch. 5, 25 nov. 1551 ex cathedra : «les … péchés mortels rendent les hommes « enfants de colère » (Ep. 2, 4) et ennemis de Dieu…»

Pape Jules III, Concile de Trente, 14ème Sess., can. 5, 25 nov. 1551 ex cathedra : «… la perte du bonheur éternel et la damnation éternelle…»

Le péché est une corruption de la volonté et un abus du don de la liberté que Dieu nous donne avec tant d’amour

Par le péché, l’homme se choisit lui-même au-dessus de l’amour pour son créateur et fuit la justice et l’amour divins. Car Dieu ne nous rejette pas, c’est plutôt l’homme qui rejette Dieu. Ce rejet de Dieu et la violation des lois justes de notre Créateur font perdre la grâce dans l’âme de l’auteur et la dépouillent de la vie divine. Une âme sans la grâce ne peut pas passer au ciel après la mort, et est vouée à souffrir en enfer, un endroit prévu par Dieu pour tous ceux qui rejettent son amour et sa miséricorde.

Comme tous les hommes ont péché devant Dieu, soit par le péché personnel ou par le péché originel inhérent à la nature, tous les hommes méritent la mort corporelle et spirituelle. La justice et la bonté infinie de Dieu ne peut pas forcer l’homme à l’aimer, car cela priverait l’homme de son libre arbitre. Le libre arbitre est nécessaire pour le véritable amour, car l’amour ne peut être forcé, il doit être donné librement.

Afin de sauver l’homme de ses péchés et d’une éternité en enfer, Jésus-Christ a servi de substitut pour les transgressions de l’homme par son obéissance et sa mort sacrificielle. La mort du Christ a racheté tous les hommes et a ouvert la possibilité de salut pour tous. Afin de recevoir la vie éternelle, une personne doit avoir la foi divine et vraie dans le Christ comme son sauveur. Un croyant doit également être baptisé et doit vivre une vie de charité chrétienne à travers l’obéissance aux commandements du Christ et les préceptes de l’Église. La vraie foi naît de la prière et est un don gratuit de l’Esprit Saint à ceux qui choisissent de rechercher le Christ.

«Mais par l’envie du diable, la mort est entrée dans le monde, et ceux qui sont dans sa possession en font l’expérience». (Sagesse 2, 24)

Jésus parle du mal comme de la désobéissance à la volonté de Dieu tout-puissant, et un rejet de son amour divin. Le mal est entré dans la création de Dieu par Satan, l’ange de la mort et le prince du mal. L’Église enseigne que Satan avait été un bon ange créé par Dieu. Cependant, Satan (parce qu’il a reçu le don du libre arbitre) a décidé de rejeter Dieu, préférant ses propres désirs égoïstes. Le Christ nous dit : «Je voyais Satan tomber comme l’éclair du ciel» (Luc 10, 18). Satan a été chassé du ciel, mais a été autorisé à tenter l’humanité loin de la bonté de Dieu et de la justice divine. A cause de Satan le péché est entré dans le monde, l’a corrompu et a provoqué la mort.

Il existe une raison valable pour laquelle Dieu a permis à l’homme la liberté de choisir le mal. Cela ne s’oppose pas à sa bonté. Dieu n’est ni l’auteur du mal, ni sa victime impuissante. Cependant, il est un fait que Satan existe et est «menteur et père du mensonge» (Jean 8, 44). Satan s’oppose à la vérité et en trompe beaucoup en tentant des personnes à abandonner Dieu, de préférence à des formes inférieures de bien corrompu par le mal.

Au cours des siècles, les théologiens et les philosophes chrétiens ont spéculé sur le problème du mal. Il existe quatre possibilités pour l’existence du mal et de la souffrance :

  1. La souffrance est une punition pour le péché.
  2. Dieu permet le mal parce que Dieu peut en tirer une forme supérieure de bien (le salut du Christ et la vie éternelle conséquence de la mort corporelle).
  3. Le mal est une conséquence du don de Dieu de la libre volonté. L’homme doit être libre soit d’embrasser Dieu, soit d’embrasser le mal. Satan, un être spirituel, a également reçu le don du libre arbitre et il a choisi d’en abuser.
  4. Dieu permet le mal pour la décision de l’âme : l’homme doit être libre de choisir son destin moral et être en mesure de répondre à la vertu ou au mal comme de défis. Le mal est permis afin de donner la possibilité d’un ordre supérieur de la bonté.

Précisément à cause de sa bonté, Dieu choisit de faire co-exister avec le mal pour un temps, afin que sa bonté puisse être d’autant plus manifeste dans ceux qui le surmontent en choisissant librement de faire le bien et d’éviter le mal. Un prophète du nom de Job a connu de terribles souffrances et le mal en dépit de sa vie vertueuse consacrée à Dieu. Il a exigé une explication du Seigneur pour sa souffrance et sa douleur. Dieu répondit :

«Qui est celui qui obscurcit les plans divins avec des mots d’ignorance … Où étiez-vous quand j’ai fondé la terre ? … Aurons-nous à discuter avec le Tout-Puissant par la critique ? Que celui qui permettrait de corriger Dieu donne la réponse !» (Job 38, 1-2 ; 40, 2).

Dieu a donné une leçon d’emploi de l’humilité que nous devrions tous apprendre.

Péché originel 

Pape Innocent III, Maiores Ecclesiae causas, 1201 : «Nous disons : il faut distinguer qu’il y a un double péché : à savoir le péché originel et le péché actuel, l’originel qu’on contracte sans consentement et l’actuel qui est commis avec consentement.

Seul le sacrement de baptême remet le péché originel et permet les grâces pour le salut

Pape Félix III, 2ème Concile d’Orange, can. 13, 529 ex cathedra : «Le libre arbitre blessé dans le premier homme ne peut être rétabli que par la grâce du baptême».

Pape Innocent III, Maiores Ecclesiae causas, 1201 : «L’originel [péché] donc, qui est contracté sans consentement, est remis sans consentement en vertu du sacrement [de baptême] ; … La peine du péché originel est la privation de la vision de Dieu…»

Le péché originel est transmis du premier homme à tous les hommes par génération

Romains 5, 12 : «Par un seul homme [Adam], le péché est entré dans le monde, et par le péché, la mort, et ainsi la mort a passé dans tous les hommes, tous ayant péché en lui».

Pape St Zozime, Epistula tractoria, 418 : «Par sa mort [le Fils] est déchiré ce décret de mort (Col 2, 14) qui a été contracté par propagation, et qui a été introduit par Adam pour nous tous et transmis à toute âme – décret auquel tous ceux, sans exception, qui sont nés sont soumis avant d’être libérés par le baptême».

Indiculus attribué à Célestin Ier, Chap. 1 : «Dans la prévarication d’Adam, tous les hommes ont perdu leur pouvoir naturel (S. Augustin, De natura et gracia 40, n°47) et leur innocence, et aucun ne peut, par son libre arbitre, remonter de l’abîme de cette ruine si la grâce du Dieu qui fait miséricorde ne le relève, comme le déclare le pape Innocent, d’heureuse mémoire, dans son épître au concile de Carthage :  » Victime un jour de son libre arbitre, en usant de ses biens inconsidérément, l’homme tombe dans les profondeurs de la prévarication, où il s’enfonce, et il ne trouve rien qui puisse lui permettre d’en sortir. Trompé pour toujours par sa liberté, il demeurerait écrasé sous le poids de cette ruine si ensuite ne le relevait, par sa grâce, la venue du Christ, qui a lavé tout péché passé dans le bain du baptême par la purification d’une nouvelle naissance».

Pape Felix III, 2ème Concile d’Orange, 529, can. 1, ex cathedra : «Si quelqu’un dit que, par l’offense résultant de la prévarication d’Adam, l’homme n’a pas été tout entier, dans son corps et dans son âme, « changé dans un état pire »…».

Pape Felix III, 2ème Concile d’Orange, 529, can. 2, ex cathedra : «Si quelqu’un affirme que la prévarication d’Adam n’a nui qu’à lui seul et non à sa descendance, ou s’il déclare que c’est seulement la mort corporelle, peine du péché, et non le péché, mort de l’âme, qui par un seul homme a passé dans tout le genre humain, il attribue une injustice à Dieu en contredisant l’Apôtre qui dit : « Par un seul homme, le péché est entré dans le monde, et ainsi la mort a passé dans tous les hommes, tous ayant péché en lui » (Rm 5, 12)».

Pape Felix III, 2ème Concile d’Orange, 529, conclusion, ex cathedra : «Ainsi, selon les sentences de la sainte Ecriture alléguées plus haut et les définitions des anciens Pères, nous devons avec l’aide de Dieu, prêcher et croire que le péché du premier homme a tellement dévié et affaibli le libre arbitre que personne, depuis, ne peut aimer Dieu comme il faut ni croire ni faire le bien pour Dieu si la grâce de la miséricorde divine ne l’a prévenu».

Pape Jean IV, Dominus qui dexit, 641 : «…notre Rédempteur, de même qu’il est Dieu parfait est aussi homme parfait, pour que, né sans aucun péché, il rétablisse la noblesse de l’état originel que le premier homme avait perdu par la transgression».

Pape Paul III, Concile de Trente, 5ème sess. n°2, 13 janv. 1546, ex cathedra : «Si quelqu’un affirme que la prévarication d’Adam n’a nui qu’à lui seul et non à sa descendance, et qu’il a perdu la sainteté et la justice reçues de Dieu pour lui seul et non aussi pour nous, ou que, souillé par le péché de désobéissance, « il n’a transmis que la mort » et les punitions « du corps à tout le genre humain, mais non pas le péché, qui est la mort de l’âme » : qu’il soit anathème, puisqu’il est en contradiction avec l’Apôtre qui dit : « Par un seul homme, le péché est entré dans le monde, et par le péché, la mort et ainsi la mort a passé dans tous les hommes, tous ayant péché en lui » (Rm 5, 12)».

Pape Paul III, Concile de Trente, 6ème sess., ch. 3, 13 janv. 1547, ex cathedra : « … de même qu’en toute vérité les hommes ne naîtraient pas injustes s’ils ne naissaient de la descendance issue corporellement d’Adam, puisque, quand ils sont conçus, ils contractent une injustice personnelle par le fait qu’ils descendent corporellement de lui, de même ils ne seraient jamais justifiés s’ils ne renaissaient pas dans le Christ, puisque, grâce à cette renaissance, leur est accordé par le mérite de sa Passion la grâce par laquelle ils deviennent justes. Pour ce bienfait l’Apôtre nous exhorte à toujours « rendre grâce au Père qui nous a rendus dignes d’avoir part à l’héritage des saints dans la lumière et nous a arrachés à la puissance des ténèbres et transférés dans le Royaume de son Fils bien-aimé, en qui nous avons la Rédemption et la rémission des péchés » (Col 1, 12-14)».

Péché actuel

Le péché actuel est celui qui est commis avec le consentement

Pape Innocent III, Maiores Ecclesiae causas, 1201 : «l’actuel [péché], qui est contracté avec consentement, n’est nullement remis sans consentement. …  la peine du péché actuel est le supplice de la géhenne éternelle».

Pape Concile de Trente, 5ème session, n° 5, 17 juin 1546 ex cathedra : Que la concupiscence ou le foyer du péché demeure chez les baptisés, ce saint concile le confesse et le pense ; cette concupiscence étant laissée pour être combattue, elle ne peut nuire à ceux qui n’y consentent pas et y résistent courageusement par la grâce du Christ. Bien plus, « celui qui aura lutté selon les règles sera couronné » (2 Tm 2, 5). Cette concupiscence, que l’Apôtre appelle parfois « péché » (Rm 6, 12-15 ;  Rm 7, 7 ; Rm 7, 14-20), le saint concile déclare que l’Eglise catholique n’a jamais compris qu’elle fût appelée péché parce qu’elle serait vraiment et proprement péché chez ceux qui sont nés de nouveau, mais parce qu’elle vient du péché et incline au péché. Si quelqu’un pense le contraire : qu’il soit anathème».

Pape Pie V, Ex omnibus afflictionibus, 1er oct. 1567 : 46. [46A] «Le volontaire n’appartient pas à l’essence et à la définition du péché, et ce n’est pas une question de définition, mais de cause et d’origine, que de savoir si tout péché doit être volontaire». – Condamné

Pape Léon X, Exsurge domine, erreurs de Luther, n° 35 : «Personne n’est certain qu’il ne pèche pas sans cesse naturellement, en raison du vice très caché de l’orgueil». – Condamné

Seule la contrition avec le sacrement de Confession ou le désir de Confession pardonne les péchés actuels

La contrition est une douleur de l’âme et une détestation du péché commis, avec le propos de ne pas pécher à l’avenir. Cette contrition comprend non seulement l’abandon du péché, le propos et le début d’une vie nouvelle, mais aussi la haine de la vie ancienne.

Pape Jules III, Concile de Trente, 14 ème sess. chap. 4, 25 nov 1551 ex cathedra : «La contrition, qui tient la première place parmi les actes du pénitent dont il a été parlé, est une douleur de l’âme et une détestation du péché commis, avec le propos de ne pas pécher à l’avenir. En tout temps ce mouvement de contrition a été nécessaire pour obtenir le pardon des péchés ; dans celui qui est tombé après le baptême, il prépare encore à la rémission des péchés s’il est joint à la confiance en la miséricorde divine et au désir de faire tout le reste requis pour recevoir ce sacrement comme il convient.

«Le saint concile déclare donc que cette contrition comprend non seulement l’abandon du péché, le propos et le début d’une vie nouvelle, mais aussi la haine de la vie ancienne, conformément à ces paroles : « Rejetez loin de vous toutes les iniquités par lesquelles vous avez prévariqué, et faites-vous un coeur nouveau et un esprit nouveau  » (Ez 18, 31). Et assurément celui qui aura considéré ces cris des saints : « Contre toi seul j’ai péché et en ta présence j’ai fait le mal » (Ps 50, 6) ; « j’ai peiné en gémissant, chaque nuit, je baigne ma couche » (Ps 6, 7) ; « je me rappellerai pour toi toutes mes années dans l’amertume de mon âme » (Is 38, 15), et d’autres de ce genre, comprendra aisément qu’elles provenaient d’une violente haine de la vie passée et d’une très grande détestation des péchés.

«Le saint concile enseigne en outre que, même s’il arrive parfois que cette contrition soit rendue parfaite par la charité et réconcilie l’homme avec Dieu avant que ce sacrement ne soit effectivement reçu, il ne faut néanmoins pas attribuer cette réconciliation à cette seule contrition sans le désir du sacrement, désir qui est inclus en elle».

L’attrition ou contrition imparfaite dispose à la contrition

Exemple d’Attrition : Un enfant casse le vase précieux de sa mère et craint de se faire disputer, et avoue par crainte ;

Exemple de Contrition : L’enfant est peiné d’avoir blessé sa mère en cassant son vase qu’elle aimait et l’avoue pour ce motif.

L’attrition est un don de Dieu, une impulsion de l’Esprit-Saint, qui prépare pour le pécheur le chemin vers la justice, en considérant la laideur du péché ou par crainte de l’enfer et des châtiments, si elle exclut la volonté de pécher jointe à l’espoir du pardon.

Pape Léon X, Exsurge Domine, erreurs de Luther, n° 6, 15 juin 1520 : La contrition , que préparent la recherche, la récapitulation et la détestation des péchés, lorsqu’on repense à sa vie dans l’amertume de son cœur (Is 38, 15), en pesant la gravité, le nombre et la laideur des péchés, en voyant la béatitude éternelle perdue et la damnation éternelle encourue, cette contrition [attrition] rend hypocrite et même plus pécheur. – Condamné

Pape Jules III, Concile de Trente, 14 ème sess. chap. 4, 25 nov 1551 ex cathedra : «La contrition imparfaite, qu’on appelle attrition, parce qu’on la conçoit en général ou bien en considérant la laideur du péché ou bien par crainte de l’enfer et des châtiments, si elle exclut la volonté de pécher jointe à l’espoir du pardon, le saint concile déclare que non seulement elle ne fait pas de l’homme un hypocrite et un plus grand pécheur, mais qu’elle est aussi un don de Dieu, une impulsion de l’Esprit Saint qui, n’habitant pas encore le pénitent, mais le mouvant seulement, lui vient en aide, pour qu’il prépare pour lui-même le chemin vers la justice. Et bien que sans le sacrement de la pénitence elle ne puisse pas par elle-même conduire le pécheur jusqu’à la justification, cependant elle le dispose à obtenir la grâce de Dieu dans le sacrement de la pénitence. C’est fort utilement frappés par cette crainte que les gens de Ninive firent une pénitence complète à la prédication terrifiante de Jonas et obtinrent miséricorde du Seigneur (Jon. 3)…. C’est pourquoi on calomnie faussement des écrivains catholiques, comme s’ils avaient enseigné que le sacrement de la pénitence conférait la grâce sans aucun bon mouvement de la part de ceux qui le reçoivent ; jamais l’Église de Dieu n’a enseigné ni pensé cela. Mais fausse est la doctrine qui enseigne que la contrition est extorquée et forcée, et non pas libre et volontaire».

Pape Jules III, Concile de Trente, 14 ème sess. canon 5, 25 nov 1551 ex cathedra : «Si quelqu’un dit que la contrition que préparent l’examen [Attrition], le rappel et la détestation des péchés, et par laquelle on pense à ses années dans l’amertume de son cœur (Is 38, 15), en pesant la gravité, l’abondance et la laideur de ses péchés, ainsi que la perte du bonheur éternel et la damnation éternelle encourue, avec le ferme propos d’une vie meilleure, que cette contrition n’est pas une douleur véritable et utile et ne prépare pas à la grâce, mais qu’elle rend l’homme hypocrite et davantage pécheur ; que, enfin, elle est une douleur contrainte et non pas libre et volontaire : qu’il soit anathème» 1456 ; 1676.

Principaux points d’examen de conscience d’après Saint Alphonse de Liguori

Refuser de croire tout ce qu’enseigne l’Eglise ; en douter, avoir honte de montrer qu’on le croit ; s’exposer au danger de perdre la foi en fréquentant des impies ou en faisant des lectures dangereuses etc. ; parler contre la religion, l’Eglise, ses ministres. – Se laisser aller au désespoir, au découragement, au manque de confiance en la providence ou en la miséricorde de Dieu. – Se livrer à la présomption en espérant se sauver sans prier, ou obtenir miséricorde sans quitter le péché ; en s’autorisant de la miséricorde de Dieu pour faire le mal, ou différer sa conversion, ou s’exposer témérairement aux occasions du péché. – Etre superstitieux. – Pécher par sacrilège, soit à l’égard d’une personne consacrée à Dieu, soit à l’égard d’un lieu ou d’une chose sainte, se confesser en cachant un péché mortel, sans contrition, sans bons propos. – Négliger la prière, etc.

Faire de faux serments, des blasphèmes, des imprécations, des malédictions, violer ses vœux, ses serments, etc.

Manquer à la Messe ou travailler le dimanche et les jours de préceptes ; commettre des irrévérences dans l’Eglise, etc.

Manquer au respect, à l’amour, à l’obéissance, à l’assistance que l’on doit à ses parents. – Négliger l’éducation, la correction, la surveillance de ses enfants, ne pas les faire prier ; les placer dans des écoles, des ateliers ou des maisons où leur foi et leurs mœurs courent des dangers ; ne pas éloigner d’eux les occasions de péché, tels que les lectures, les compagnies, les soirées, les liaisons, les divertissements dangereux. – Pécher, si l’on est marié, par des unions, jalousies, infidélités, actions criminelles contre la sainteté ou la fin du mariage. – Manquer au respect, à l’obéissance, à la fidélité, à la probité que l’on doit à ses maîtres. – Laisser faire le mal à ses subordonnés, les y exciter ; ne pas payer le salaire dû. – Négliger ses devoirs d’état, etc.

Causer ou souhaiter du mal au prochain, à soi-même ; se laisser à la gourmandise, à l’ivrognerie ; blesser quelqu’un, le frapper ; pécher par haine ; colère, ressentiments, vengeance, désir de se venger, envie, jalousie, scandale, etc.

Blesser la pureté par pensée, désirs, paroles, chansons, regards, lectures, écrits, plaisirs, jeux, familiarités, actions coupables. On doit exprimer quand c’est nécessaire les circonstances qui changent l’espèce de péché.

Offenser Dieu par vol, fraude, usure ; ne pas restituer le bien d’autrui ; ne pas réparer un dommage causé ; ne pas payer ses dettes quand on le peut, gâter ce qui appartient au prochain ; coopérer aux injustices commises par d’autres, etc.

Pécher par faux témoignages, mensonges, médisances, calomnies, paroles injurieuses, rapports malicieux, interprétations malignes des actions et des intentions d’autrui ; jugements téméraires ; soupçons injustes, divulgation des secrets confiés ; torts non réparés fait à la réputation ou à l’honneur du prochain, etc.

Négliger le devoir pascal. – Violer le jeûne ou l’abstinence sans motif légitime, etc.

Acte de contrition – Témoignez à Dieu votre douleur

Mon Dieu, je suis triste de vous avoir offensé, parce que vous êtes infiniment bon et aimable et que le péché vous déplaît ; je me propose de m’amender, moyennant votre sainte grâce et de mourir plutôt que de vous offenser mortellement. Mon Dieu, je vous aime de tout mon cœur et par dessus toutes choses ; je me repens de vous avoir offensé. Je déteste mes péchés qui vous ont blessé, vous mon unique et suprême félicité à qui tout amour et toute reconnaissance doit être rendu. Dans l’affection que je vous porte, je me sens disposé au bon Maître, à renoncer à l’amour de toute créature plutôt que de vous offenser encore. Je prends la ferme résolution d’accomplir en tout votre adorable volonté et de fuir les occasions où votre grâce divine serait mise en péril. Seigneur ayez pitié de moi pécheur. Amen.

Peines du péché

Peines du péché mortel

La peine du péché mortel (sans contrition et confession ou désir de confession) est le feu éternel de l’enfer ; La peine du péché originel (sans sacrement de baptême) est l’enfer.

Pape Eugène IV, Concile de Florence, 6 juil. 1439, ex cathedra : «Quand aux âmes de ceux qui disparaissent en état effectif de péché mortel ou seulement originel, elles descendent aussitôt en enfer, pour y être punies cependant de peines inégales».

Peines du péché véniel

Exemples de péché véniel : Commencer à se mettre en colère et s’y laisser aller (péché véniel volontaire) ; laisser entrer consciemment dans son cœur des mauvaises pensées ;

Exemples de péché mortel : Laisser aller sa colère et consentir à la laisser s’exprimer en sachant qu’elle blesse autrui ; entretenir volontairement des mauvaises pensées pour s’en délecter ou consentir à réaliser les mauvaises pensées si c’était possible.

Le péché véniel est non-mortel

Pape Paul III, Concile de Trente, 6ème sess. ch. 11, 13 jan. 1547 ex cathedra : «Bien qu’en cette vie mortelle, aussi saints et justes qu’ils soient [les enfants de Dieu], ils tombent parfois au moins dans les péchés légers et quotidiens qu’on appelle aussi véniels [canon 23], ils ne cessent pas cependant d’être justes».

Pape Jules III, Concile de Trente, 14ème Sess., ch. 5, 25 nov. 1551 ex cathedra : «Quant aux péchés véniels, qui ne nous excluent pas de la grâce de Dieu et dans lesquels nous tombons fréquemment…».

Pape Pie V, Ex omnibus afflictionibus, 1er oct. 1567 : «Il n’est pas de péché qui soit véniel de part sa nature, mais tout péché mérite la peine éternelle».Condamné

La peine du péché véniel est une peine temporelle qui doit être satisfaite pendant la vie ou sinon après la mort pour entrer au ciel.

Pape Grégoire X, 2ème Concile de Lyon, 6 juil. 1274 ex cathedra : «…si vraiment pénitents, ils sont morts dans la charité, avant d’avoir satisfait, par de dignes fruits de pénitence, pour ce qu’ils ont commis ou omis, leurs âmes sont purifiées après la mort par des peines purgatoires et purifiantes…».

Le péché véniel peut conduire au péché mortel ou devenir mortel.

Saint Thomas, Somme théologique, Q. 88, Art. 2 & 3, Réponse à l’Objection 1/En sens contraire : «Le fait que quelqu’un choisisse ce qui est contraire à la charité divine, prouve qu’il le préfère à Dieu et par conséquent qu’il l’aime plus que Dieu. … il est dit dans l’Ecclésiastique (19, 1) : « Celui qui méprise les petites choses, se perd peu à peu ». Or celui qui pèche véniellement semble bien mépriser les petites choses. Donc peu à peu il se prépare à tomber tout à fait par le péché mortel».

Saint Thomas d’Aquin, Somme Théologique, Ia-IIae, Q. 88, Art. 4 & 2) : «Que le péché véniel devienne mortel, cela peut s’entendre… La chose est possible lorsque l’on met sa fin dans le péché véniel, ou qu’on le rapporte à un péché mortel comme à une fin, nous l’avons dit (Article 2). … il arrive donc parfois que ce qui est un péché du genre véniel en raison de son objet devient mortel en raison de l’agent. Ou bien parce que celui-ci y met sa fin ultime, ou bien parce qu’il se dispose par là à quelque chose qui est du genre péché mortel, par exemple quand un individu tient des propos oiseux en vue de commettre l’adultère».

Le péché véniel devient mortel si l’homme y met son affection et sa délectation avec volonté de persévérer.

Les Révélations de Sainte Brigitte de Suède, Livre 3, Chapitre 19 : «Or, si vous vous plaisez à faire quelque petit péché que vous connaissiez être péché, et le faites, vous confiant en l’abstinence et en la présomption de la grâce, n’en faisant point pénitence ni autre satisfaction, sachez qu’il vous dispose au péché mortel. Partant, s’il arrive en votre volonté quelque délectation de péché, quelle que ce soit, considérez soudain à quoi elle tend, et repentez-vous-enDieu ne hait rien tant que le péché, et l’endurcissement de ceux qui n’ont soin de le quitter et qui présument de leurs autres actions méritoires, comme si, grâce à elles, Dieu leur pardonnerai leur péché, comme s’il ne pouvait être honoré sans eux ; et partant qu’il vous permettra de faire quelque mal

«… Je dédaignerai aussi de relâcher et de pardonner leur péché, et de la sorte, les péchés étant augmentés par les actes, ce qui était rémissible par la contrition et était véniel, est aggravé par le mépris. … et ainsi l’âme, étant enveloppée en iceux par l’habitude qu’elle avait aux délectations déréglées, ne les a pas corrigées, ni n’a pas réprimé la volonté du péché, jusqu’à ce qu’elle a vu le jugement aux portes, et que la dernière période de sa vie s’approchait … car Dieu souffre et attend l’âme jusqu’au dernier point, parce que, par aventure, elle voudrait quitter sa volonté libertine qu’elle a eu l’affection du péché. Mais d’autant que la volonté ne se corrige point, c’est pourquoi l’âme est tourmentée sans fin».

Les Révélations de Sainte Brigitte, Livre 7, Chapitre 27 : «Au reste, sachez que, comme tous les péchés sont très graves, aussi le péché véniel devient mortel si l’homme y met son affection et sa délectation avec volonté de persévérer».

Selon cette définition faite par Notre-Seigneur Jésus-Christ, si une personne commet un péché véniel mais ne veut pas ou ne souhaite pas continuer à commettre ce péché à l’avenir, une telle personne n’est pas en état de damnation à cause de ce péché, même si elle réalisait qu’elle l’avait encore commis par la suite, parce que sa volonté de l’époque n’était pas de continuer à le faire.

Au contraire, si une autre personne a la «volonté de persévérer» dans un péché véniel et ne se repent pas avec une ferme résolution ou volonté de ne plus commettre à nouveau ce péché à l’avenir, mais souhaite continuer à le faire et ne s’en repent pas, alors elle est en état de damnation.

 

Éviter les occasions de péché et résister aux tentations

C’est un péché mortel de ne pas éviter – délibérément et en connaissance de cause – les occasions de pécher, quand on peut le faire.

Pape Innocent XI, Erreurs d’une doctrine morale plus laxiste, n° 61-63, 2 mars 1679 : 61. «Peut parfois être absous celui qui demeure dans une occasion prochaine de pécher qu’il peut et ne veut pas éviter, et même qu’il cherche directement ou délibérément, ou dans laquelle il se jette». – Condamné

62. «Une occasion prochaine de pécher ne doit pas être fuie lorsqu’il y a une raison utile ou honnête de ne pas la fuir». – Condamné

63. «Il est permis de chercher directement l’occasion prochaine de pécher pour notre bien spirituel ou temporel, ou pour celui du prochain». – Condamné

Pape Innocent XI, Erreurs du quiétisme, n° 12, oct. 1682 : «Il est tout à fait impie, et indigne de la pureté chrétienne, que d’affirmer qu’il ne faut pas résister aux tentations, et que les contemplatifs ne se verraient pas imputer les péchés commis par eux pendant qu’ils contemplent, dans l’idée fausse qu’alors ce ne sont pas les contemplatifs eux- mêmes, mais le diable qui les opère à travers leurs membres. De même il est impie d’affirmer que les contemplatifs n’auraient pas à s’ouvrir de tels péchés dans le sacrement de la pénitence et à les soumettre aux clés de l’Église». – Condamné

Pape Innocent XI, Erreurs quiétistes condamnées, n° 17, 37, 47, 20 nov. 1687 : «17. Le libre arbitre étant remis à Dieu, le soin et l’examen de notre âme lui étant aussi abandonnés, il n’y a plus lieu de s’inquiéter des tentations, et on ne doit pas leur opposer d’autre résistance que négative, sans s’efforcer davantage, et si la nature se meut, il faut la laisser se mouvoir, puisqu’elle est la nature. – Condamné

«37. Dans le cas de tentations même violentes, l’âme ne doit pas faire d’actes explicites de vertus qui y sont opposés, mais demeurer dans l’amour et la résignation dont il a été parlé. – Condamné

«47. Lorsque surviennent ces violences, il faut laisser faire Satan sans y opposer aucun moyen de résistance ni aucun effort ; au contraire, l’homme doit rester dans le néant et même s’il s’ensuit des pollutions et des actes obscènes produits par les mains et pis encore, il n’y a pas lieu de s’inquiéter, mais il faut chasser les scrupules et les craintes, car l’âme est plus éclairée, plus fortifiée et plus pure, et l’on acquiert la sainte liberté ; et surtout il n’est pas besoin de confesser ces choses, et l’on agit très saintement en ne les confessant pas, car c’est par ce moyen qu’on triomphe du démon et qu’on acquiert un trésor de paix». – Condamné

La bonne foi et la foi

La bonne foi concerne la loi morale naturelle ou conscience morale de l’homme. L’homme qui suit sa conscience sait intérieurement s’il ment ou non, s’il est sincère et honnête, s’il est de bonne foi ou non. S’il ne l’est pas il pèche contre la loi morale naturelle.

«Tout ce qui ne se fait pas de bonne foi est péché» (Romains 14, 23)

La bonne foi est une base nécessaire pour recevoir la foi. Quiconque est de bonne foi pourra toujours recevoir les grâces pour arriver à la vraie foi nécessaire à son salut, sinon non.

La foi est de l’ordre de la vie surnaturelle, et concerne la relation de l’âme avec Dieu son Créateur, son Sauveur et son Sanctificateur. Le péché est alors ce qui est hors de la foi car sans la foi on ne peut pas plaire à Dieu.

«Sans la foi, il est impossible de plaire à Dieu. Car il faut que celui qui s’approche de Dieu croie qu’il est, et qu’il récompense ceux qui le cherchent» (Hé. 11, 6).

La foi (ordre surnaturel) comprend et implique nécessairement la bonne foi (ordre naturel). La foi sans la bonne foi n’est pas la foi du tout. La foi est la vraie foi, la foi en Jésus-Christ et Son Église, la foi catholique de tous les temps ou de la Tradition de l’Église.

Pape Grégoire XVI, Mirari vos, 15 août 1832 : «Les méchants pensent que « la Foi quelle qu’elle soit » conduit au ciel».

Il n’y a aucun salut sans la vraie foi.

Pape Eugène IV, Concile de Florence, Le symbole d’Athanase, Sess. 8, 22 novembre 1439, ex cathedra [déclaration infaillible à tenir sous peine d’hérésie] : «Celui qui veut être sauvé, doit avant tout tenir la foi catholique, à moins que chacun la conserve intègre et inviolée, il périra sans aucun doute pour l’éternité».

Le monde et l’esprit du monde

L’esprit du monde est un esprit de perdition pour l’homme : le diable est le prince, le péché abonde, la triple concupiscence (inclination au mal), des biens, de la chair, et de l’esprit, est enflammée et la fin est l’enfer éternel.

L’esprit de jouissance du monde est opposé à l »esprit de pénitence de Jésus-Christ. L’esprit de possession du monde est opposé à l’esprit de détachement de Jésus-Christ. L’esprit d’orgueil du monde est opposé à l’esprit d’humilité de Jésus-Christ.

Le Sauveur n’a pas prié pour le monde : «Je ne prie point pour le monde, mais pour ceux que vous m’avez donné» (Jean 17, 9). C’est pourquoi «Le monde est tout entier sous l’empire du malin» (1 Jn 5, 19).

Sagesse 2, 24 : «Mais par l’envie du diable, la mort est entrée dans le monde, et ceux qui sont dans sa possession en font l’expérience».

Romains 5, 12 : «Le péché est entré dans le monde».

I Jean 2, 15 : «N’aimez point le monde ni ce qui est dans le monde. Si quelqu’un aime le monde, la charité du Père n’est pas en lui. Parce que tout ce qui est dans le monde est convoitise de la chair, convoitise des yeux, orgueil de la vie ; or cela ne vient pas du Père, mais du monde».

Jacques 2, 5 : «Dieu n’a -il pas choisi les pauvres en ce monde pour être riches dans la foi, et héritiers du royaume que Dieu a promis à ceux qui l’aiment ?»

Jacques 4, 4 : «Quiconque donc veut être ami du monde se fait ennemi de Dieu».

1 Timothée 6, 10 : «Car la racine de tous les maux est la cupidité [l’amour de l’argent] ; aussi, quelques-uns y ayant cédé, ont dévié de la foi, et se sont engagés dans beaucoup de chagrins [tourments]».

La fausse sagesse du monde est fille de la triple concupiscence, des biens, de la chair, et de l’esprit, pleinement adulée et satisfaite. La fausse sagesse du monde se divise en sagesse terrestre, sagesse charnelle et sagesse diabolique.
Jacques 3, 15 : «Ce n’est point là la sagesse qui vient d’en haut, mais une sagesse terrestre, animale [charnelle], diabolique».

La sagesse terrestre est l’amour désordonné des biens de ce monde.

La sagesse charnelle est l’amour des plaisirs des sens.

La sagesse diabolique est la recherche passionnée de l’estime, des honneurs et dignités, de tout ce qui peut assouvir l’orgueil humain.

Sagesse 1, 16-2, 25 : «Mais les impies, par les mains et par les paroles, ont appelé la mort : et l’estimant amie, ils ont disparu ; et ils ont fait alliance avec elle, parce qu’ils sont dignes d’être de son parti. Ils ont dit, en effet, pensant faussement en eux-mêmes : Il est court et plein d’ennui le temps de notre vie, et il n’est pas de jouissance à la fin de l’homme, et il n’est personne qu’on sache être revenu des enfers ; Parce que nous sommes nés de rien, et qu’après cela nous serons comme si nous n’avions pas été ; parce que le souffle de nos narines est une fumée, et la parole une étincelle pour agiter notre cœur ; Cette étincelle éteinte, notre corps sera cendre, et l’esprit se dissipera comme un air subtil, et notre vie passera comme la trace d’un nuage, et s’évanouira comme un brouillard qui est chassé par les rayons du soleil et qui tombe, appesanti par sa chaleur ; Et notre nom subira l’oubli par le temps, et personne ne se souviendra de nos œuvres. Car c’est le passage d’une ombre que notre temps, et il n’y a pas de retour après notre fin, parce que le sceau est posé, et que personne ne revient.

«Venez donc, et jouissons des biens qui sont, et usons promptement des créatures, de même que dans la jeunesse. Enivrons-nous des vins exquis, et parfumons-nous ; et que la fleur de la saison ne nous échappe point. Couronnons-nous de roses, avant qu’elles se flétrissent qu’il n’y ait aucune prairie par laquelle ne passent nos plaisirs. Que personne de nous ne soit exclu de nos plaisirs : laissons partout des marques de réjouissance, parce que c’est là notre partage et notre sort.

«Opprimons le juste pauvre, et n’épargnons pas la veuve, et ne respectons pas les cheveux blancs du vieillard d’un long âge. Mais que notre force soit la loi de la justice : car ce qui est faible est regardé comme inutile. Circonvenons donc le juste, parce qu’il nous est inutile, qu’il est contraire à nos œuvres, qu’il nous reproche les péchés contre la loi, et qu’il nous déshonore en décriant les fautes de notre conduite. Il se vante d’avoir la science de Dieu, et il se nomme le fils de Dieu. Il est devenu pour nous le censeur de nos pensées [vraie raison de l’athéisme]. Sa vue nous est même à charge, parce que sa vie est dissemblable de la vie des autres et que ses voies ont été changées. Nous sommes estimés par lui frivoles ; il s’abstient de nos voies comme de souillures ; préfère les derniers moments des justes, et il se glorifie d’avoir pour père Dieu. Voyons donc si ses paroles sont véritables ; éprouvons ce qui lui arrivera, et nous saurons quels seront ses derniers moments. Car s’il est vrai fils de Dieu, Dieu prendra sa défense, et il le délivrera des mains de ses ennemis. Interrogeons-le par l’outrage et les tourments, afin que nous connaissions sa résignation, et que nous éprouvions sa patience.

«Condamnons-le à la mort la plus honteuse ; car on aura égard à lui d’après ses paroles. Voici ce qu’ils ont pensé, et ils ont erré ; aveuglés. car leur malice les a aveuglés. Ils n’ont pas su les secrets de Dieu ; ils n’ont pas espéré la récompense de la justice, et ils n’ont pas jugé justement l’honneur des âmes saintes. Car Dieu a créé l’homme inexterminable, et c’est à l’image de sa ressemblance qu’il l’a fait. Mais, par l’envie du diable, la mort est entrée dans le globe de la terre. Or ceux-là l’imitent, qui sont de son parti».

II Timothée 3, 1-2, 5 : Or sache qu’à la fin des jours, viendront des temps périlleux. Il y aura des hommes s’aimant eux-mêmes, avides, arrogants, orgueilleux, blasphémateurs, n’obéissant pas à leurs parents, ingrats, couverts de crimes, sans affection, implacables, calomniateurs, dissolus, durs, sans bonté, traîtres, insolents, enflés d’orgueil, aimant les voluptés plus que Dieu ; Ayant toutefois une apparence de piété, mais en repoussant la réalité».

Apocalypse 22, 15 : «Loin d’ici les chiens, les empoisonneurs, les impudiques, les homicides, les idolâtres, et quiconque aime et fait le mensonge».

 

Le péché enchaîne les gens dans les ténèbres

Pourquoi les gens de mauvaise volonté et pour leur fierté sont abandonnés dans les ténèbres ?