Mariage, catéchisme, doctrine catholique du mariage

Sommaire

  • Catéchisme sur le mariage
    • Les Fiançailles
    • Le mariage est un sacrement
    • Les trois propriétés du contrat de mariage
    • Biens du mariage véritable
    • Fins du mariage
    • Devoirs du mariage
    • Grâce sacramentelle du sacrement de mariage
    • Mariage invalide
    • Annulation du mariage
    • Indissolubilité du Mariage
    • Ministres du sacrement de mariage
    • Témoins
    • Mariage devant un prêtre hérétique : excommunication
    • Mariage civil
    • Mariage entre deux catholiques
    • Mariage entre un catholique et un baptisé non-catholique : Mariage mixte
      • L’Église interdit sous peine d’excommunication automatique qu’un catholique contracte mariage devant un prêtre hérétique
      • Différence entre mariage mixte et mariage avec disparité de culte
      • Conditions strictes de la dispense d’empêchement prohibitif dans le mariage mixte
    • Mariage entre 2 païens : Mariage selon la loi naturelle
      • Privilège Paulin
    • Mariage entre un non-baptisé et un catholique : Disparité de culte
    • Mariage entre un non-baptisé et un hérétique ou schismatique
    • Devoir des maris envers leur épouse
    • Devoir des femmes envers leur époux
    • Devoir des parents
    • Devoir des enfants
    • Vices de formes rendant le mariage invalide
    • Empêchements dirimants (empêchent la validité du mariage)
    • Empêchements prohibitifs (empêchent la licéité)
    • Dissolution du mariage
    • Séparation
    • Divorce
    • Contraception
    • Avortement
    • Dû conjugal
    • Fidélité conjugale
    • Chasteté conjugale
      • Continence vertueuse
    • Acte sexuel
  • Mariage en ces temps de grande apostasie
  • Doctrine catholique du mariage
    • Concile de Trente
    • Mariages mixtes (Pape Grégoire XVI)
    • Erreurs condamnées concernant le mariage chrétien (Pape Pie IX, syllabus)
    • Arcanum divinae, Léon XIII
    • Casti connubii, Pie XI
    • Homélies de saint Jean Chrysostome sur le mariage
    • Sermon du saint curé d’Ars sur le Mariage
    • Catéchisme sur le Mariage
  • Vidéos relatives au Mariage

 

 Catéchisme sur le mariage

Les Fiançailles

Les Fiançailles sont sous la juridiction de l’Église et doivent être ratifiées pour être valides. Les Fiançailles constituent une promesse de mariage et une préparation au mariage.

Code de droit canon 1917, Can. 1017, 1 «La promesse de mariage, soit unilatérale, soit bilatérale ou fiançailles, est nulle au double for, si elle n’est pas faite par écrit signé des parties et, ou bien du curé ou de l’Ordinaire du lieu, ou bien au moins de deux témoins».

Les fiançailles doivent rester absolument chastes, et les fiancés doivent prier et s’instruire pour se préparer au mariage et pour discerner si Dieu confirme le mariage.

Le mariage est un sacrement

Un sacrement est un signe de Dieu qui réalise ce qu’il signifie – opérant de lui-même (ex opere operato). Le sacrement de Mariage est un sacrement réalisé par le consentement mutuel, pour plusieurs personnes, et pour la perpétuation de l’Église et de ses membres.

Le Concile de Trente enseigne infailliblement que le verset d’Éphésiens 5, 32 «Ce sacrement est grand, je dis dans le Christ et dans l’Église», insinue le caractère sacramentel du mariage chrétien.

Pape Pie Pie IV, Concile de Trente, 24ème session, 11 nov. 1563, ex cathedra : Canon 1. «Si quelqu’un dit que le mariage n’est pas vraiment et proprement l’un des sept sacrements de la Loi évangélique que le Christ notre Seigneur a institués, mais qu’il a été inventé dans l’Église par les hommes et qu’il ne confère pas la grâce : qu’il soit anathème».

Pape Pie IX, Syllabus, 1864, proposition n° 65 : «On ne peut établir par aucune preuve que le Christ a élevé le mariage à la dignité de sacrement» – Condamné

Pape Pie IX, Syllabus, 1864, proposition n° 66 : «Le sacrement de mariage n’est qu’un accessoire du contrat et peut en être séparé, et le sacrement lui-même ne consiste que dans la seule bénédiction nuptiale» – Condamné

L’Encyclopédie catholique, vol. 13, «Sacrements» (1912) : «Il est maintenant tenu comme certain que dans le mariage les parties contractantes sont les ministres du sacrement, parce qu’ils font le contrat et le sacrement est un contrat élevé par le Christ à la dignité de sacrement (cf. Léon XIII, encyclique « Arcanum », 10 févr., 1880) ».

Pape Pie XI, Casti connubii, 31 déc. 1930 (Magistère) : «Et parce que le Christ a choisi pour signe de cette grâce le consentement conjugal lui-même validement échangé entre les fidèles, le sacrement est si intimement uni avec le mariage chrétien qu’aucun vrai mariage ne peut exister entre des baptisés «sans être, du même coup, un sacrement» (Cod., iur. can., Can. 1012).

Les trois propriétés du contrat de mariage 

Si une des propriétés est absente, le mariage est invalide, c’-à-d. nul ou n’ayant pas existé.

  • 1 – Intention de procréer [les parents sont procréateurs avec Dieu créateur de l’âme] et d’éduquer les enfants [dans la foi et la morale catholique ; morale ou loi naturelle pour les mariages naturels].
  • 2 – Indissolubilité (perpétuelle) [brisée uniquement par la mort d’un des époux].
  • 3 – Unité d’un homme et d’une femme pour éduquer les enfants.

Le contrat ne peut pas être séparé du sacrement de mariage entre des baptisés.

Pape Pie IX, Syllabus, 1864, proposition n° 66 : «Le sacrement de mariage n’est qu’un accessoire du contrat et peut en être séparé…» Condamné

L’Encyclopédie catholique, vol. 13, «Sacrements» (1912) : «Il est maintenant tenu comme certain que dans le mariage les parties contractantes sont les ministres du sacrement, parce qu’ils font le contrat et le sacrement est un contrat élevé par le Christ à la dignité de sacrement (cf. Léon XIII, encyclique « Arcanum », 10 févr., 1880) ».

Triple bien du mariage :

  • Les enfants et leur éducation (fin primaire du mariage) : devoir de les accueillir avec amour, de les nourrir avec sollicitude, de les élever religieusement.
  • La fidélité (foi conjugale) : obligation de s’abstenir de tout rapport sexuel en dehors du lien conjugal.
  • L’indivisibilité (sacrement de Mariage) : devoir de ne pas rompre la vie commune, interdiction, pour celui ou celle qui se sépare, de s’engager dans une autre union.

Pape Eugène IV, Concile de Florence, session 8, 22 nov. 1439, ex cathedra : «On assigne un triple bien au mariage. Le premier est d’avoir des enfants et de les élever en vue du culte de Dieu. Le second est la fidélité que chacun des époux doit garder envers l’autre. Le troisième est l’indivisibilité du mariage, pour la raison qu’il signifie l’union indivisible du Christ et de l’Église».

Pape Pie XI, Casti connubii, 31 déc. 1930 : «… Voilà tous les biens – dit saint Augustin – qui font que le mariage est bon : les enfants, la foi conjugale, le sacrement» (S. August., De bono coniug., cap. XXIV, N. 32)

Pape Pie XI, Casti connubii, 31 déc. 1930 : «… Par la foi conjugale, on a en vue cette obligation qu’ont les époux de s’abstenir de tout rapport sexuel en dehors du lien conjugal ; dans les enfants, on a en vue le devoir, pour les époux, de les accueillir avec amour, de les nourrir avec sollicitude, de les élever religieusement dans le sacrement, enfin, on a en vue le devoir, qui s’impose aux époux, de ne pas rompre la vie commune, et l’interdiction, pour celui ou celle qui se sépare, de s’engager dans une autre union, fût-ce à raison des enfants. Telle est la loi du mariage où la fécondité de la nature trouve sa gloire, et le dévergondage de l’incontinence, son frein». (S. August., De Gen. ad litt., I. IX, ch. VII, N. 12)

Les fins du mariage 

Fin première : Procréation et éducation des enfants :

Pape Pie XI, Casti Connubii (n° 17), 31 déc. 1930 : « La fin principale du mariage est la procréation et l’éducation des enfants».

Fins secondaires subordonnés à la fin première : l’entraide, la culture de l’amour mutuel et l’apaisement de la concupiscence :

Pape Pie XI, Casti Connubii (n° 59), 31 déc. 1930 : «Pour les liens du mariage, ainsi que dans l’utilisation du droit matrimonial il y a aussi des fins secondaires, telles que l’entraide, la culture de l’amour mutuel et l’apaisement de la concupiscence que le mari et la femme ne sont pas interdits de considérer tant qu’ils sont subordonnés à la fin première et aussi longtemps que la nature intrinsèque de l’acte est préservée ».

Décret du Saint-Office, Les fins du mariage, 29 mars-1er avril 1944 : Exposé : Dans certains écrits il est affirmé que la fin primaire du mariage n’est pas de procréer des enfants, ou que les fins secondaires ne sont pas subordonnées à la fin primaire mais en sont indépendantes. Dans ces élucubrations la fin primaire est désignée diversement par les divers auteurs, par exemple l’accomplissement et la perfection personnelle des époux par une communauté complète de vie et d’action ; l’amour mutuel des conjoints à favoriser et à accomplir par le don psychique et corporel de sa propre personne, et d’autres semblables.
Dans ces mêmes écrits on donne parfois aux mots employés dans les documents de l’Église (comme fin primaire ou secondaire) un sens qui ne correspond pas à celui qu’ont ces concepts selon l’usage universel des théologiens. Question : Peut-on admettre l’opinion de certains modernes qui soit nient que la fin primaire du mariage est de procréer et d’éduquer des enfants, soit enseignent que les fins secondaires ne sont pas essentiellement subordonnées à la fin primaire, mais sont également principales et indépendantes ? Réponse (confirmée par le souverain pontife le 30 mars) : Non. 

Les devoirs du mariage 

  • Magistère : devoir d’enseignement ;
  • Ministère : devoir de sanctification ;
  • Gouvernement : devoir de direction.

Grâce sacramentelle du sacrement de mariage

  • perfectionne les forces naturelles ;
  • forces surnaturelles pour remplir les devoirs et tâches fidèlement, saintement, persévéramment jusqu’à la mort ;
  • accomplir en pratique ce qui se rapporte à l’état conjugal, à ses fins et à ses devoirs ;
  • droit au secours actuel de la grâce pour remplir les obligations de l’état du mariage.

Pape Pie XI, Casti connubii, 31 déc. 1930 : «Par le fait même, par conséquent, que les fidèles donnent ce consentement d’un cœur sincère ils s’ouvrent à eux-mêmes le trésor de la grâce sacramentelle, où ils pourront puiser des forces surnaturelles pour remplir leurs devoirs et leurs tâches fidèlement, saintement, persévéramment jusqu’à la mort. Car ce sacrement, en ceux qui n’y opposent pas d’obstacle, n’augmente pas seulement la grâce sanctifiante, principe permanent de vie surnaturelle, mais il y ajoute encore des dons particuliers, de bons mouvements, des germes de grâces ; il élève ainsi et il perfectionne les forces naturelles, afin que les époux puissent non seulement comprendre par la raison, mais goûter intimement et tenir fermement, vouloir efficacement et accomplir en pratique ce qui se rapporte à l’état conjugal, à ses fins et à ses devoirs ; il leur concède enfin le droit au secours actuel de la grâce, chaque fois qu’ils en ont besoin pour remplir les obligations de cet état».

Mariage invalide

Il n’y a pas de mariage (le mariage est nul, c-à-d n’ayant pas existé) :

  • s’il n’y a pas l’intention de faire ce que fait l’Église,
  • s’il n’y a pas consentement de fidélité et de procréation des enfants,
  • si l’intention est viciée,
  • s’il y a un empêchement invalidant le mariage qui n’est pas dispensé par l’Église (voir empêchements dirimants plus bas).

Pape Pie XI, Casti connubii, 31 déc. 1930 : «Le Docteur Angélique, dans ses considérations sur la fidélité conjugale et sur la procréation des enfants, remarque que, «dans le mariage, ces choses sont impliquées par le consentement conjugal même, et, en conséquence, si, dans le consentement qui fait le mariage, on formulait une condition qui leur fût contraire, il n’y aurait pas de mariage véritable» (S. Thom. d’Aquin, Summa theol., p. III. Supplem. 9, XLIX, art. 3)».

En cas de doute, le mariage jouit de la faveur du droit.

Code de droit canon 1917, Can. 1014 : «Le mariage jouit de la faveur du droit ; c’est pourquoi en cas de doute il faut tenir pour la validité du mariage jusqu’à ce que le contraire soit prouvé, la prescription du Can. 1127 demeurant sauve».

Annulation du mariage 

L’Église ne peut seulement que déclarer qu’un mariage est invalide parce qu’il n’y a pas eu de mariage (valide) du tout, c’est-à-dire que le mariage n’a pas existé et était donc nul. L’Église ne peut pas annuler un mariage valide et consommé. 

Pape Pie XI, Casti connubii, 31 déc. 1930 : «soit le mariage que l’on dit contracté, ou bien ce mariage est contracté en effet de façon à être effectivement un mariage véritable, et alors il comportera ce lien perpétuel inhérent, de droit divin, à tout vrai mariage ; ou bien on le suppose contracté sans ce lien perpétuel, et alors ce n’est pas un mariage, mais une union illicite incompatible comme telle avec la loi divine : union dans laquelle, en conséquence, on ne peut ni s’engager ni demeurer» (Pie VI, Rescript. ad Episc. Agriens., 11 juillet 1789).

Indissolubilité du Mariage

Le mariage ratifié et consommé est indissoluble, sauf par la mort d’un des époux.

Pape Pie XI, Casti connubii, 31 déc. 1930 : «si cette indissolubilité semble être soumise à une exception, très rare d’ailleurs comme dans les mariages naturels contractés entre seuls infidèles, ou si cette exception se vérifie en des mariages consentis entre chrétiens – ces derniers mariages consentis sans doute, mais non encore consommés, – cette exception ne dépend pas de la volonté des hommes ni d’aucun pouvoir purement humain, mais du droit divin, dont seule l’Église du Christ est la gardienne et l’interprète. Aucune faculté de ce genre, toutefois, pour aucun motif, ne pourra jamais s’appliquer à un mariage chrétien contracté et consommé. Dans un mariage pareil, le pacte matrimonial a reçu son plein achèvement, et du même coup, de par la volonté de Dieu, la plus grande stabilité et la plus grande indissolubilité y resplendissent et aucune autorité des hommes ne pourra y porter atteinte».

Code de droit canon 1917, Can. 1118 : «Le mariage valide ‘ratum et consummatum’ [ratifié et consommé] ne peut être dissous par aucune puissance humaine ni par aucune cause, sauf la mort».

Catéchisme Penny n° 312 : Le pouvoir humain peut-il dissoudre le mariage ? Aucun pouvoir humain ne peut dissoudre le lien du mariage, car le Christ a dit : «Que l’homme ne sépare donc pas ce que Dieu a uni». (Mat. 19, 6).

Ministres du sacrement de mariage

Le sacrement est réalisé par le consentement mutuel des deux baptisés, qui sont les ministres du sacrement. Les fiancés doivent être en état de grâce pour recevoir le sacrement (le mariage est valide mais contracté en état de péché). 

L’Encyclopédie catholique, vol. 13, «Sacrements» (1912) : «Il est maintenant tenu comme certain que dans le mariage les parties contractantes sont les ministres du sacrement, parce qu’ils font le contrat et le sacrement est un contrat élevé par le Christ à la dignité de sacrement (cf. Léon XIII, encyclique « Arcanum », 10 févr., 1880) ».

Pape Pie XI, Casti connubii, 31 déc. 1930 : «Et parce que le Christ a choisi pour signe de cette grâce le consentement conjugal lui-même validement échangé entre les fidèles, le sacrement est si intimement uni avec le mariage chrétien qu’aucun vrai mariage ne peut exister entre des baptisés «sans être, du même coup, un sacrement» (Cod., iur. can., C. 1012). Par le fait même, par conséquent, que les fidèles donnent ce consentement d’un cœur sincère ils s’ouvrent à eux-mêmes le trésor de la grâce sacramentelle, où ils pourront puiser des forces surnaturelles pour remplir leurs devoirs et leurs tâches …»

Pape Pie XII, Mystici corporis Christi, 29 juin 1943 : «Par le Mariage, où les époux sont l’un pour l’autre ministres de la grâce, il a procuré l’accroissement extérieur et ordonné de la communauté chrétienne, et ce qui est mieux encore, la bonne éducation religieuse des enfants, sans laquelle son Corps mystique serait exposé aux plus grands dangers ».

Le curé de la paroisse de l’épouse est ordinairement le témoin officiel du mariage en tant que ministre de l’Église et représentant l’Église, mais il n’est pas le ministre du sacrement du mariage. La juridiction ordinaire du mariage est le lieu de la fiancée

CIC 1917, can. 1097 § 2 : «On prendra généralement comme règle de célébrer le mariage devant le curé de la femme, à moins qu’une juste cause n’en excuse ; les mariages de catholiques de rite mixte seront célébrés selon le rite de l’homme et devant son curé, sauf si le droit particulier en décide autrement».

Témoins

Depuis le Décret « Tametsi » du concile de Trente sur les mariages clandestins, deux témoins (en plus du témoin religieux officiel) sont requis pour éviter les mariages clandestins.

CIC 1917, Can. 1098 : «S’il n’est pas possible d’avoir ou d’aller trouver sans grave inconvénient le curé, ou l’Ordinaire, ou le prêtre délégué, qui assisteraient au mariage selon la norme des Can. 1095-1096 :

1° En cas de péril de mort, le mariage contracté devant les seuls témoins est valide et licite ; et même en dehors de ce cas, pourvu qu’en toute prudence, il faille prévoir que cette situation durera un mois ;

2° Dans les deux cas, si un autre prêtre pouvait être présent, il devrait être appelé et assisterait, avec les témoins, au mariage, le mariage étant toutefois valide devant les seuls témoins».

Donc, même en dehors de cas de péril de mort, le mariage est valide et licite sans prêtre catholique possible du tout si cette situation durera (au-moins) un mois. L’Église interdit le mariage devant un ministre religieux non-catholique ¹, sous peine d’excommunication.

¹ Un prêtre hérétique ou schismatique. Un mariage d’un baptisé devant un ministre religieux non-catholique non-baptisé païen ou juif est un acte d’apostasie qui encoure l’excommunication automatique de loi divine.

Mariage devant un prêtre hérétique : excommunication

Code droit canon. 1917, can. 2319 : «Les catholiques encourent une excommunication ‘latae sententiae’ réservée à l’Ordinaire : S’ils contractent mariage devant un ministre [religieux] non catholique contre la prescription du Can. 1063 § 1 [ci-dessous].

«2° S’ils se marient avec le pacte, explicite ou implicite, que tous leurs enfants, ou du moins l’un d’eux, seront élevés hors de l’Église catholique.

«3° Ceux qui sciemment osent offrir à des ministres non catholiques leurs enfants à baptiser.

«4° Les parents, ou leurs remplaçants, qui sciemment font élever ou instruire leurs enfants dans une religion non catholique.

Can. 1063 § 1 : «Bien que la dispense sur l’empêchement de religion mixte ait été obtenue de l’Église, les conjoints ne peuvent, avant ou après le mariage contracté devant l’Église, aller trouver également, par eux-mêmes ou par procureur, un ministre acatholique agissant comme préposé aux choses sacrées, pour donner ou renouveler le consentement matrimonial».

Can. 1063 § 3 : «Toutefois, il n’est pas défendu, si la loi civile l’exige, que les conjoints se présentent devant un ministre acatholique agissant exclusivement dans la charge de fonctionnaire civil, et ce uniquement pour accomplir un acte civil, en vue des effets civils du mariage [enregistrement civil du Mariage]».

Mariage civil

Le mariage civil est non-religieux. Sans intention de sacrement de mariage ou contrat devant Dieu, ce n’est qu’un concubinage public.

Pape Pie IX, Syllabus, proposition n° 73 : «Par la force du contrat purement civil, un vrai mariage peut exister entre chrétiens ; et il est faux, ou que le contrat de mariage entre chrétiens soit toujours un sacrement, ou que ce contrat soit nul en dehors du sacrement (9, 11, 12, 23)». Condamné

Depuis le Concordat de Napoléon, l’Église suit les lois civiles uniquement pour ce qui concerne ce qui est réglementé par l’État (lois civiles d’âge, biens, etc.) mais l’État n’a pas de regard sur le sacrement.

Pape Pie IX, Syllabus, proposition condamnée n°71 :« La forme prescrite par le concile de Trente n’oblige pas sous peine de nullité, quand la loi civile établit une autre forme à suivre et veut qu’au moyen de cette forme le mariage soit valide (9)». Condamné

Pape Léon XIII, Arcanum, 1880 : «Tout le monde doit savoir aussi que chez les chrétiens l’union de l’homme et de la femme, contractée en dehors du sacrement, n’a ni la validité, ni la nature d’un vrai mariage. Fût-elle conforme aux lois civiles, elle n’a cependant d’autre valeur que celle d’une formalité ou d’un usage introduit par le droit civil».

Le droit civil ne donne aucun droit légitime au Mariage. Le droit civil n’a compétence que pour les aspects de lois civiles relatives au Mariage (enregistrement administratif, biens civils, partage administratif, gestion des impôts, successions, etc.)

Code de droit canon 1917, Can. 1016 : «Le mariage des baptisés est régi non seulement par le droit divin, mais aussi par le droit canonique, sauf la compétence du pouvoir civil au sujet des effets purement civils de ce mariage».

Mariage entre deux catholiques

Code de droit canon 1917, canon 1012 § 1 : «Le Christ a élevé à la dignité de sacrement le contrat matrimonial lui-même entre baptisés. § 2 C’est pourquoi entre baptisés le contrat matrimonial ne peut exister validement, sans être en même temps sacrement».

Code de droit canon 1917, can. 1016 : «Le mariage des baptisés est régi non seulement par le droit divin, mais aussi par le droit canonique, sauf la compétence du pouvoir civil au sujet des effets purement civils de ce mariage».

Il ne peut pas y avoir de mariage entre chrétiens sans le sacrement (Seuls les catholiques sont Chrétiens, Pie VI, Super soliditate, Ench. Symb. 1500 2592-2597, et seuls les Catholiques adorent Dieu, Grégoire XVI, Summo Iugiter 6). 

Il n’y a pas de séparation entre le contrat et le sacrement :

Pape Pie IX, Syllabus, 1864, proposition n° 66 : «Le sacrement de mariage n’est qu’un accessoire du contrat et peut en être séparé…» Condamné

L’Encyclopédie catholique, vol. 13, «Sacrements» (1912) : «Il est maintenant tenu comme certain que dans le mariage les parties contractantes sont les ministres du sacrement, parce qu’ils font le contrat et le sacrement est un contrat élevé par le Christ à la dignité de sacrement (cf. Léon XIII, encyclique « Arcanum », 10 févr., 1880) ».

Le mariage naturel préfigurait le sacrement institué par le Christ aux noces de Cana (S. Thom. d’Aquin, Summa theol., IIIa, Q. 61, art. 3, sol. 3).

En cas de nécessité de sacrement de Mariage entre deux catholiques, et sans prêtre catholique (non-hérétique) disponible, les parties contractantes sont interdits de se marier devant un prêtre hérétique et doivent se passer de prêtre hérétique.

Mariage entre un catholique et un baptisé non-catholique : Mariage mixte

Pape Grégoire XVI, Summo Iugiter Studio sur les mariages mixtes, 27 mai 1832 : «2. nous sommes affligés d’entendre les rapports de vos diocèses qui indiquent que certaines des personnes engagées à votre charge encouragent librement les mariages mixtes. En outre, ils favorisent des opinions contraires à la foi catholique : ils osent affirmer qu’un catholique peut librement et légalement contracter le mariage avec un parti hétérodoxe, non seulement sans demander une dispense (qui doit être obtenue du Siège apostolique dans chaque cas individuel), mais aussi sans accepter les obligations nécessaires, en particulier le devoir d’éduquer tous les descendants de la religion catholique. … 6. Si, à l’occasion, une cause grave devrait suggérer un tel mariage mixte, ils demanderont une dispensation de l’Église et observeront les conditions que nous avons mentionnées ».

Un mariage entre un catholique et un hérétique (ou schismatique) est illicite d’office et mortellement pécheur. Un tel mariage doit être dispensé d’empêchement par l’Église, et elle ne dispense pour de tels mariage qu’en cas de causes graves. Les contractants d’un tel mariage sans dispense de l’Église pèchent mortellement et commettent un sacrilège ; ce mariage est valide car le mariage est de droit divin, mais devient interdit de loi divine s’il y a risque de perversion de la foi.

Comment un mariage avec un hérétique est possible si l’Écriture et le Magistère enseignent ce qui suit :

Tite 3, 10 : « Évite un homme hérétique après une première et un seconde admonition, sachant qu’un tel homme est perverti et qu’il pèche, puisqu’il est condamné par son propre jugement ».

Pape Vigile, deuxième concile de Constantinople, 553, ex cathedra : «Même si un impie n’avait pas reçu l’anathème d’un autre sous forme verbale, il le porte cependant de fait contre lui en se séparant lui-même de la vraie vie par son impiété. Que répondent-ils à l’Apôtre qui répète encore : Pour ce qui est de l’hérétique, après un ou deux avertissements, romps avec lui, sachant qu’un tel homme est dévoyé, qu’il pèche et se condamne lui-même (Tite 3, 10)».  (Décrets 110)

Si Tite 3, 10 est à croire de foi divine et catholique (Pape Vigile, deuxième concile de Constantinople, 553), alors comment un mariage avec un hérétique est possible ? Parce que de foi catholique signifie selon la règle de l’Église et la règle de la foi, et parce que le mariage est de droit divin : La loi divine est infaillible et donc ne peut pas se contredire. L’hérétique (l’impie) est lui-même séparé de l’unité de l’Église. Quand il y a un risque de perversion (hérétique) de la foi, le mariage est interdit par loi divine à cause de l’unité de la foi qui est l’unité de l’Église car l’unité de l’Église est fondée par Dieu sur l’unité de la foi. C’est uniquement si le risque de perversion hérétique de la foi est strictement écarté (cas particuliers très rares) pour la partie catholique et les enfants que le mariage avec un hérétique peut être autorisé par l’Église seulement pour des raisons graves (par ex. entre chefs de nations pour l’intérêt collectif ou de l’Église, etc.). Pour être licite, ce type de mariage doit être autorisé par l’Église catholique, c’est-à-dire être dispensé de l’empêchement qui l’interdit d’office. En ces temps actuels de la grande apostasie où il n’y a pas de hiérarchie ecclésiastique pour dispenser un empêchement d’un mariage mixte, le mariage serait valide mais illicite, contracté mais pécheur, car l’epikeia ¹ ne s’appliquerait ordinairement pas dans ce cas car l’empêchement prohibitif est l’intention du législateur qui l’interdit d’office puisqu’est prévu une dispense ; Cependant, en ces temps actuels de la grande apostasie, il pourrait exister des cas particuliers de mariage mixte sans dispense où l’épikeia pourrait s’appliquer, par exemple, si le salut est en jeu sans le mariage, si un baptisé revenu de l’hérésie s’est converti, si la conversion est envisageable de la partie hérétique.

¹ L’epikeia est le principe d’équité qui dispense de la loi ecclésiastique (ou de précepte) quand la loi n’a pas été prévue, ni l’intention du législateur n’a été indiquée, pour une situation.

Un hérétique marié à un catholique avec dispense de l’Église n’est pas membre de l’Église pour autant, il demeure hors de l’Église pour lui-même tant qu’il reste hérétique. Le sacrement du mariage ne met pas en communion l’Église et l’hérétique.

L’Église interdit d’office (et prohibe sévèrement) le mariage mixte avec un hérétique (baptisé non-catholique) sous peine de péché mortel mais l’Église peut donner une dispense sous conditions pour raison grave. Si le mariage est contracté devant un ministre hérétique témoin religieux, il y a encourt d’excommunication.

Pape Pie VIII, Traditi Humilitati nostrae, 24 mai 1829 : « le mariage n’est pas seulement régi par de lois humaines, mais par la loi divine ; que ce n’est pas une chose terrestre, mais bien une chose sainte et par suite subordonnée entièrement à la puissance de l’Église. Car l’union conjugale qui n’avait d’abord d’autre but que la reproduction et la perpétuité de l’espèce humaine a été élevée par Notre Seigneur Jésus-Christ à la dignité de Sacrement et enrichie des dons célestes. … Il est bien constant en effet que cette union du mariage, dont Dieu est l’auteur, est la figure de l’union intime et éternelle de Notre Seigneur Jésus-Christ avec son Église ; et que cette société étroite du mari et de la femme est un sacrement, c’est à dire un signe sacré de l’amour immortel de Jésus-Christ pour son épouse. Il faut donc instruire les peuples sur ce point, leur expliquer ce qui est ordonné et ce qui est défendu par les lois de l’Église et les décrets des conciles, afin qu’ils se conforment à ce qui est de l’essence du Sacrement et évitent avec soin tout ce que l’Église a condamné ».

Pape Grégoire XVI, Commissum Divinitus, 17 mai 1835 : « ils s’opposent à la vérité catholique et à la doctrine de l’Église qui interdit les mariages mixtes comme honteux à cause de la communion dans les choses saintes et à cause du grave danger de la perversion du conjoint catholique et de l’éducation perverse des futurs enfants. L’Église n’a jamais non plus accordé le libre pouvoir de contracter un tel mariage, à moins d’y ajouter des conditions qui empêchent les causes de danger et de difformité ».

CIC 1917, can. 1060 : « L’Église interdit partout très sévèrement qu’un mariage soit conclu entre deux personnes baptisées dont l’une est catholique, l’autre inscrite à une secte hérétique ou schismatique ; s’il y a danger de perversion du conjoint catholique et des enfants, une telle union est également prohibée par la loi divine elle-même ».

CIC 1917, can. 1061 : § 1 «L’Église ne dispense de l’empêchement de religion mixte que :

1° S’il y a des raisons justes et graves ;

2° Si le conjoint acatholique donne la garantie d’écarter le danger de perversion du conjoint catholique et si les deux conjoints donnent celle de baptiser tous leurs enfants et de leur assurer la seule éducation catholique ;

3° S’il y a certitude morale que ces garanties seront exécutées.

§ 2 Généralement les garanties seront demandées par écrit ».

Catéchisme Penny n° 308 : «Est-ce un sacrilège que de contracter un mariage en état de péché mortel ou en désobéissant aux lois de l’Église ? C’est un sacrilège que de contracter un mariage en état de péché mortel ou en désobéissant aux lois de l’Église. Au lieu de la bénédiction, les parties coupables attirent sur elles-mêmes la colère de Dieu (pour que le mariage d’un catholique soit valide, doivent être présents 1) soit l’évêque ou le prêtre de paroisse, ou un autre prêtre dûment délégué, et 2) deux témoins)».

Catéchisme Penny n° 309 : «Qu’est-ce qu’un «mariage mixte ?» «Un mariage mixte» est un mariage entre un catholique et une personne qui, bien que baptisée, ne professe pas la foi catholique».

Catéchisme Penny n° 310 : «L’Église encourage-t-elle les mariages mixtes ? L’Église n’encourage pas les mariages mixtes et les considère dangereux».

Catéchisme Penny n° 311 : «L’Église permet-elle parfois les mariages mixtes ? L’Église permet parfois les mariages mixtes en accordant une dérogation, sous certaines conditions spéciales».

Le prêtre qui est ministre de l’Église est témoin religieux du mariage, mais il n’est pas ministre du Mariage. Ce sont les parties contractantes qui sont les ministres du Mariage. Le Mariage est de droit divin (Pape Léon XIII, Arcanum ; pape Pie XI, Casti conubii).

Pape Léon XIII, Arcanum divinae, n° 19, 10 févr. 1880 : « Le mariage a Dieu pour auteur, et a été dès le début une sorte de préfiguration de l’Incarnation de son Fils ; et donc il demeure une chose sainte et religieuse ; pas étrangère, mais innée ; ne provenant pas des hommes, mais implanté par la nature. Innocent III, donc, et Honorius III, nos prédécesseurs, ont affirmé ni faussement ni témérairement que le sacrement du mariage existait toujours parmi les fidèles et les infidèles ».

Pape Pie XI, Casti connubii, 31 déc. 1930 : «bien que le mariage puisse exister sans le sacrement – c’est le cas du mariage entre infidèles, – il doit, même alors, puisqu’il est un mariage véritable, garder – et il garde, en effet – ce caractère de lien perpétuel qui, depuis l’origine, est de droit divin, tellement inhérent au mariage qu’aucune puissance politique n’a de prise sur lui».

L’Église interdit sous peine d’excommunication automatique qu’un catholique contracte mariage devant un prêtre hérétique

L’Église interdit sous peine de péché et d’excommunication automatique qu’un catholique contracte mariage devant un prêtre hérétique.

Code droit canon 1917, can. 2319 : «Les catholiques encourent une excommunication ‘latae sententiae’ réservée à l’Ordinaire : S’ils contractent mariage devant un ministre [religieux] non catholique contre la prescription du Can. 1063 § 1».

Encyclopédie catholique (1907-1913), « Excommunication », Sect. Excommunication latae sententiae maintenant en vigueur, § Excommunications de la constitution « Apostolicæ Sedis » [¹], s/§ Excommunications spécialement réservés au pape [²]  : « (1) …la peine est encourue … notamment par la participation volontaire et active in sacris (ie dans le culte public) avec les hérétiques, d’où l’excommunication de ceux qui contractent un mariage mixte devant un ministre hérétique en tant que tel (Saint Office, 28 août 1888)».

[¹] Pape Pie IX, Apostolicæ Sedis Moderationi, 12 oct. 1869.

[²] Excommunication automatique ou par le fait (ipso facto) ou latae sententiae, c-à-d  la plus grave et réservée au pape, ancienne excommunication majeure, qui peut être de loi divine (Magistère) ou de loi ecclésiastique.

Encyclopédie Catholique, Vol. 9, « Mariage mixte » (1910) : « Quant à un mariage mixte contracté devant un ministre non-catholique, le pape Pie IX a publié une instruction, le 17 février 1864. Il a déclaré que dans les endroits où le prédicateur hérétique occupait la position d’une fonction de magistrat [c-à-d fonction civile] et où les lois des mariages du pays sont requises pour être conclu devant lui, afin que certains effets juridiques puissent suivre, il est permis pour la partie catholique de comparaître devant lui, soit avant ou après que le mariage ait eu lieu en présence du prêtre [catholique] de paroisse. Si, toutefois, le ministre hérétique est tenu pour acquitter un devoir religieux [comme la confection de l’Eucharistie] dans un tel témoignage du mariage, il est illicite pour un catholique de renouveler le consentement devant lui, ce serait une communion dans les choses sacrées et implicitement céder à l’hérésie [*]».

[*] Le mariage devant un prêtre hérétique, ministre non-catholique en tant que fonction de témoin religieux du mariage, est un péché mortel, un sacrilège et une communicatio in sacris (communion religieuse) avec les hérétiques qui fait suspect d’hérésie (CIC, can. 2316) et excommunié automatiquement (Saint-Office, 28 août 1888 ; Encyclopédie catholique, « Excommunication », Sect. « Excommunication latae sententiae maintenant en vigueur », § « Excommunications de la constitution « Apostolicæ Sedis », Pape Pie IX, 12 oct. 1869« , s/§ « Excommunications spécialement réservés au pape »).

Cependant le Mariage est licite si autorisé par dispense de l’Église – ce que l’Église autorise ne peut pas être sacrilège et pécheur – même s’il n’y a pas de prêtre catholique disponible, même sans péril de mort :

CIC 1917, can. 1098 : « S’il n’est pas possible d’avoir ou d’aller trouver sans grave inconvénient le curé, ou l’Ordinaire, ou le prêtre délégué, qui assisteraient au mariage selon la norme des Can. 1095-1096 : 1° En cas de péril de mort, le mariage contracté devant les seuls témoins est valide et licite ; et même en dehors de ce cas, pourvu qu’en toute prudence, il faille prévoir que cette situation durera un mois [ou plus] ; »

Mais comment un hérétique peut-il recevoir le sacrement de Mariage ? Parce que le Mariage est à part de droit divin et est réalisé par le consentement mutuel des parties contractantes.

L’Encyclopédie Catholique, Vol. 13, « Sacrements » (1912) : «Il est maintenant tenu pour certain que dans le Mariage, les parties contractantes sont les ministres du sacrement, parce qu’ils font le contrat et le sacrement est un contrat élevé par le Christ à la dignité de sacrement (cf. Léon XIII, Encyclique Arcanum, 10 févr. 1880)».

Par conséquent, dans le cas d’un Mariage entre deux baptisés dont un est hérétique, les deux parties contractantes sont ministres du Mariage.

Mais comment l’hérétique peut-il être ministre du Mariage ? L’hérétique contractant mariage autorisé par l’Église avec un catholique reste coupé de l’Église tant qu’il reste hérétique, mais il est cependant ministre du sacrement de Mariage car ce sont les parties contractantes qui sont ministres du Mariage parce que le Mariage est de droit divin, et le ministre de l’Église (prêtre catholique ou non-hérétique) est seulement le témoin religieux officiel. L’hérétique public est séparé pour lui-même de l’Église mais pas par rapport aux autres, c-à-d pas par rapport à son conjoint ; mais un hérétique notoire de fait ou imposant mettrait la foi de son conjoint et des enfants en péril, et dans ce cas, le mariage est même interdit de loi divine, comme cela est vu plus haut.

Dans le Mariage mixte, s’il est autorisé par l’Église, les deux époux bénéficieront de la grâce sacramentelle du Mariage pour les fins primaires du Mariage (procréation et éducation des enfants) et les fins secondaires subordonnées (apaisement de la concupiscence, etc.) et pour leur sanctification individuelles dans le Mariage : L’époux catholique pour se sanctifier dans l’Église et l’époux hérétique pour se convertir et revenir dans le sein de l’Église, et puis ensuite se sanctifier. L’Église considère que le fait de demander une dispense (d’empêchement du mariage) inclut l’acceptation et l’obligation d’observation des conditions de la dispense (voir conditions strictes plus bas).

Pape Grégoire XVI, Summo Iugiter studio, n° 6, 1832 : « Une fois que les fidèles bavarois comprennent cette nécessité [loi divine] de maintenir l’unité catholique, les admonitions et les avertissements contre leur mariage avec les hérétiques ne seront certainement pas en vain. Si, à l’occasion, une cause grave devrait suggérer un tel mariage mixte, ils demanderont une dispensation de l’Église et observeront les conditions que nous avons mentionnées ».

 Summo Iugiter Studio, pape Grégoire XVI, Sur les mariages mixtes

L’Église prohibe sévèrement le mariage mixte et fait tout pour en détourner ses membres, car si le mariage est de droit divin, l’unité catholique est de loi divine. Comme on le voit dans Summo Iugiter ci-dessus, un catholique qui se marie avec un hérétique commet un sacrilège et un péché mortel, mais l’Église peut donner une dispense d’empêchement du mariage pour une cause grave, et s’il y a danger de perversion de la foi, le mariage est interdit de loi divine.

Pape Léon XIII, Arcanum divinae, 10 fév. 1880 : «Il faut aussi veiller à ce qu’on ne se décide pas facilement à contracter mariage avec des non-catholiques [schismatiques, hérétiques, apostats]. Lorsque les âmes sont en désaccord sur la religion, il est bien difficile qu’elles soient longtemps d’accord sur les autres points. De semblables unions fournissent l’occasion de participer à des pratiques religieuses défendues. Elles créent un péril pour la foi de l’époux catholique. Elles sont un empêchement à la bonne éducation des enfants, et très souvent elles accoutument les esprits à tenir pour équivalentes toutes les religions [indifférence religieuse], en leur faisant perdre le discernement du vrai et du faux. Ce sont autant de raisons de les éviter».

L’Église interdit sévèrement le mariage entre un catholique et un hérétique ou schismatique, et s’il y a danger de perversion de la foi pour l’époux catholique et pour les enfants, le mariage est interdit par la loi divine :

Pape Pie XI, Casti connubii, 31 déc. 1930 : «Ils se mettent bien en défaut à cet égard, et parfois non sans risquer leur salut éternel, ceux qui s’engagent témérairement dans les unions mixtes, dont l’amour maternel et la maternelle prévoyance de l’Église, pour des raisons très graves, détourne les siens – comme on le voit par de nombreux documents, y compris le canon du Code qui décrète ceci : « L’Église prohibe très sévèrement le mariage entre deux personnes baptisées, dont une est catholique et dont l’autre est adhérente à une secte hérétique ou schismatique ; que s’il y a péril de perversion pour l’époux catholique et pour les enfants, le mariage est interdit par la loi divine elle-même » (Cod. iur. can., C. 1060). Si l’Église, quelquefois, pour des raisons de temps, de choses, de personnes, ne refuse point de dispenser de ces sévères prescriptions (le droit divin étant sauf [validité], et le péril de perversion ayant été écarté dans toute la mesure possible), il arrivera toutefois difficilement que l’époux catholique ne subisse en ce genre de mariage aucun détriment. Il n’est pas rare qu’il en résulte pour les enfants de déplorables défections religieuses, ou, du moins, un glissement rapide en ce qu’on appelle l’indifférence religieuse, si proche de l’infidélité et de l’impiété».

Code de droit canonique 1917, can. 1060 : « L’Église interdit partout très sévèrement qu’un mariage soit conclu entre deux personnes baptisées dont l’une est catholique, l’autre inscrite à une secte hérétique ou schismatique ; s’il y a danger de perversion du conjoint catholique et des enfants, une telle union est également prohibée par la loi divine elle-même ».

Différences entre mariage mixte et mariage avec disparité de culte :

Un mariage mixte est entre deux baptisés, alors qu’un mariage avec disparité de culte est entre un baptisé et un non-baptisé. Il y a une différence de type d’empêchement. Pour un mariage mixte l’Église peut dispenser d’un empêchement prohibitif ou prohibant (qui rend d’office le mariage illicite sans dispense). Pour un mariage avec disparité de culte (un baptisé et un non-baptisé), l’Église peut dispenser d’un empêchement dirimant ou invalidant (qui rend d’office le mariage invalide ou nul sans dispense ; voir plus bas : Mariage entre un non-baptisé et un catholique & Empêchements dirimants). Les baptisés dépendent de la puissance de juridiction de l’Église

Code de droit canon 1917, can. 1012 § 1 : «Le Christ a élevé à la dignité de sacrement le contrat matrimonial lui-même entre baptisés. § 2 C’est pourquoi entre baptisés le contrat matrimonial ne peut exister validement, sans être en même temps sacrement».

Code de droit canon 1917, can. 1016 : «Le mariage des baptisés est régi non seulement par le droit divin, mais aussi par le droit canonique, sauf la compétence du pouvoir civil au sujet des effets purement civils de ce mariage».

Code de droit canon 1917, can. 1036 § 1 : «L’empêchement prohibitif contient une grave interdiction de contracter mariage ; celui-ci n’est cependant pas nul s’il a lieu malgré l’empêchement. § 2 L’empêchement dirimant interdit le mariage mais empêche aussi qu’il soit validement contracté. § 3 Même si l’empêchement n’affecte qu’une des parties, il n’en rend pas moins le mariage ou illicite ou invalide».

Code de droit canon 1917, can. 1040 : « En dehors du pontife romain, personne ne peut abroger des empêchements de droit ecclésiastique soit prohibitifs soit dirimants, ou y déroger ; ni en dispenser, sauf si ce pouvoir a été concédé par le droit commun ou par un indult spécial du Saint-Siège ».

Code de droit canon 1917, can. 1070 § 1 : «Est nul le mariage contracté entre une personne non baptisée et une personne baptisée dans l’Église catholique, ou venue de l’hérésie ou du schisme à cette Église».

Code de droit canon 1917, can. 1101 § 2 : «Seul le prêtre qui peut assister validement et licitement au mariage peut donner cette bénédiction solennelle par lui-même ou par autrui».

Code de droit canon 1917, can. 1109 § 3 : «Les mariages entre une partie catholique et une partie acatholique auront lieu en dehors de l’église ;»

Dans un mariage mixte, un baptisé qui se marie devant un ministre hérétique (non-catholique) témoin religieux du mariage encourt l’excommunication. Dans un mariage avec disparité de culte, un baptisé qui se marie devant un témoin religieux non-baptisé du mariage (rabbin juif ou représentant païen, musulman, hindou, bouddhiste, etc.) commet un acte d’apostasie et s’excommunie par acte. Ceci n’a rien à voir avec se marier devant un ministre civil pour l’enregistrement du mariage civil.

Conditions strictes de la dispense d’empêchement prohibitif dans le mariage mixte (entre un catholique et un baptisé non-catholique) :

L’Église dispense (lève une interdiction d’office) d’un empêchement prohibitif (qui rend d’office le mariage illicite et mortellement pécheur) le mariage mixte sous conditions strictes.

  • Le conjoint non-catholique ne doit jamais chercher à convertir le catholique à sa religion ;
  • Le conjoint non-catholique ne doit jamais empêcher le catholique de participer au culte catholique ;
  • Le mariage a lieu en privé avec deux témoins, sans messe, à la sacristie, et le prêtre ne porte pas d’étole ;
  • Le conjoint catholique ne peut pas se marier devant le faux ministre sous peine d’excommunication.
  • Le conjoint catholique est tenu par l’obligation de travailler prudemment à la conversion du conjoint acatholique (Can. 1062).
  • Le conjoint acatholique donne la garantie d’écarter le danger de perversion du conjoint catholique (Can. 1061).
  • Les deux conjoints donnent la garantie de baptiser tous leurs enfants et de leur assurer la seule éducation catholique (Can. 1061).

Donc, la grâce sacramentelle du Mariage mixte est : 1° la grâce du Mariage lui-même et ses fins propres primaires et secondaires ; 2° la grâce de sanctification des époux, c-à-d la grâce de sanctification de l’époux catholique et la grâce de conversion venant de la grâce de sanctification pour l’époux non-catholique. (Voir « Empêchements prohibitifs » plus bas).

Le prêtre ne remplit pas la même fonction dans le sacrement du Mariage comme dans les autres sacrements. Il est ministre de l’Église en tant que ministre des sacrements, mais dans le Mariage, le prêtre, ministre de l’Église, n’a pas la fonction de ministre du sacrement de Mariage mais de témoin officiel religieux du sacrement pour l’Église, c-à-d représentant l’Église.

Un mariage contracté entre deux hérétiques est un double péché mortel et un double sacrilège.

 

Mariage entre 2 païens : Mariage selon la loi naturelle

Un mariage naturel entre deux non-baptisés est valide de droit divin s’il y a les intentions du contrat de Mariage, mais les non-baptisés ne sont pas tenus par les lois de l’Église. Ce Mariage n’est pas le sacrement tant que les époux demeurent non-baptisés, mais s’ils sont baptisés par la suite, ils entrent dans l’Église et bénéficient automatiquement de la grâce de leur Mariage comme sacrement s’ils ne sont sont pas par ailleurs en péché mortel :

Pape Léon XIII, Arcanum divinae, n° 19, 10 févr. 1880 : « Le mariage a Dieu pour auteur, et a été dès le début une sorte de préfiguration de l’Incarnation de son Fils ; et donc il demeure une chose sainte et religieuse ; pas étrangère, mais innée ; ne provenant pas des hommes, mais implanté par la nature. Innocent III, donc, et Honorius III, nos prédécesseurs, ont affirmé ni faussement ni témérairement que le sacrement du mariage existait toujours parmi les fidèles et les infidèles ».

Pape Pie XI, Casti connubii, 31 déc. 1930 : «bien que le mariage puisse exister sans le sacrement – c’est le cas du mariage entre infidèles, – il doit, même alors, puisqu’il est un mariage véritable, garder – et il garde, en effet – ce caractère de lien perpétuel qui, depuis l’origine, est de droit divin, tellement inhérent au mariage qu’aucune puissance politique n’a de prise sur lui».

Privilège Paulin :

Le privilège paulin (de saint Paul) est fondé sur la première épître de saint Paul aux Corinthiens 7, 10-11.

Corinthiens 7, 10-11 : «Pour ceux qui sont mariés, ce n’est pas moi, mais le Seigneur, qui commande que la femme ne se sépare point de son mari. Que si elle en est séparée, qu’elle demeure sans se marier, ou qu’elle se réconcilie avec son mari. Que le mari, de même, ne quitte point sa femme».

Ce privilège autorise la dissolution d’un mariage naturel si un des deux se convertit chrétien, il peut en faire usage uniquement si l’autre «refuse de se convertir ou de cohabiter sans injure à l’égard du Créateur».

Pape Pie IX, 1855  : «… s’il s’agit de la femme païenne d’un païen concubinaire, et qu’elle se convertit, dans ce cas, une fois faite l’interpellation (comme plus haut), s’il refuse de se convertir ou de cohabiter sans injure à l’égard du Créateur, et donc de renoncer au concubinage (dans lequel il n’est certainement pas possible de vivre sans injure à l’égard du Créateur), elle pourra faire usage du privilège [Paulin] concédé en faveur de la foiD’une façon générale, si la conversion du conjoint a précédé le mariage avec un non-croyant, conclu après dispense apostolique, il n’est absolument pas possible de bénéficier du privilège concédé en faveur de la foi ; mais si le mariage a précédé la conversion, alors la partie qui s’est convertie peut faire usage de ce privilège, toutes choses étant sauves, ainsi qu’il a été dit». (Ench. Symb. Denz. 2817-2820)

Code de droit canon 1917, can. 1120 § 1 : « Le mariage légitime entre non-baptisés, même consommé, est rompu en faveur de la foi en vertu du privilège paulin.

§ 2 Ce privilège ne vaut pas lors d’un mariage contracté entre une partie baptisée et une partie non baptisée avec dispense de l’empêchement de disparité de culte ».

Le mariage est de droit divin entre païens mais est rompu en faveur de la foi (privilège Pétrinien) par privilège Paulin quand un des conjoints devient catholique et est empêché par l’autre.

Code de droit canon 1917, Can. 1121 § 1 : «Avant que le conjoint converti et baptisé contracte un nouveau mariage, il doit, sauf dans les cas prévus au Can. 1125, demander à la partie non-baptisée : 1° Si elle veut elle-même se convertir et recevoir le baptême ; 2° Si elle veut du moins cohabiter pacifiquement sans injure au Créateur. Et dans ces deux cas le mariage n’est pas rompu».

Pape Innocent III, Lettre Gaudeamus in Domino à l’évêque de Tibériade, 1201, les mariages des païens et le privilège paulin (Denz. Ench. Symb. 407 777) : «Si des païens qui épousent des femmes apparentées à eux au deuxième, troisième, ou à un autre degré, en étant apparentées ainsi, doivent demeurer ensemble après leur conversion, ou s’ils doivent être séparés : telle est la question au sujet de laquelle tu demandes à être informé par un écrit apostolique. À ce sujet Nous donnons à ta fraternité la réponse suivante : étant donné que le sacrement du mariage existe pour les fidèles et les non- croyants, comme le montre l’Apôtre lorsqu’il dit : « Si un frère a une femme non croyante et qu’elle consent à vivre avec lui, qu’il ne la répudie pas » [1 Co 7, 12] ; et puisque dans les degrés de parenté précités le mariage a été contracté de façon licite par des non-croyants qui ne sont pas tenus par les déterminations canoniques (que nous importe, selon le même Apôtre, « de juger ceux qui sont au-dehors ? » [1 Co 5, 12] : pour cette raison, et pour favoriser surtout la religion et la foi chrétiennes que les hommes pourraient facilement être dissuadés d’embrasser par les femmes, si celles-ci craignaient d’être répudiées, des fidèles engagés dans les liens du mariage de cette façon pourront demeurer licitement et librement unis, puisque le sacrement du baptême ne dissout pas les mariages mais enlève les péchés».

Pape Clément XIII, réponse du saint office à l’évêque de Cochin, Privilège paulin, 1er août 1759 (Denz. Ench. Symb. 2580-2583, 2585) : « Exposé : il arrive souvent que de deux non-croyants l’un se convertit à la foi, mais que l’autre, à ce moment-là, ne veuille pas se convertir, mais entende cependant cohabiter avec le fidèle sans mépris pour le Créateur et sans l’entraîner au péché mortel, et que même il promette d’embrasser lui aussi la foi ultérieurement, ce qu’il estime nécessaire de différer encore un certain temps pour des raisons particulières. C’est pourquoi le fidèle ne quitte pas le non-croyant mais ils continuent à cohabiter comme des époux, et cela pendant un certain temps et même pendant plusieurs années mais plus tard le non-croyant, ayant changé d’avis, non seulement ne veut plus la conversion, mais tente d’attirer le fidèle au culte des idoles, ou il se sépare et ne consent plus à habiter avec lui, et même contracte une autre union.

« Questions : 1. Dans ce cas le fidèle qui est abandonné peut-il lui aussi se séparer et contracter une autre union, et le privilège promulgué par l’Apôtre s’applique-t-il alors « Si le non-croyant se sépare, qu’il se sépare » [1 Co 7, 15] ? 2. S’applique-t-il seulement lorsqu’un non-croyant se sépare par haine de la foi, ou aussi lorsqu’il se sépare en raison de discordes ou d’autres causes qui n’ont pas trait à la foi ? 3. Le fidèle peut-il également contracter une autre union lorsque le non-croyant s’est séparé de lui quelle qu’en soit la raison, et qu’il n’est pas possible de savoir s’il vit encore ou non ? … 5. D’une manière générale, et pendant combien de temps, un fidèle peut-il cohabiter après la conversion avec un non- croyant sans être privé de la possibilité de contracter une autre union ?

« Réponses : Pour 1. Dans le cas dont il s’agit, oui.
« Pour 2. Etant donné que du côté de l’époux converti milite la faveur de la foi, celui-ci peut en faire usage pour toute raison dès lors qu’elle est juste, à savoir s’il n’a pas fourni à l’autre époux un motif juste et fondé de séparation, mais en ce sens cependant que le lien du mariage avec le non-croyant ne sera considéré comme dissous que si le conjoint converti (l’autre, après interpellation, ayant refusé de se convertir) s’engage dans une autre union avec un fidèle.
« Pour 3. Il faut que précède une interpellation par laquelle il est demandé au conjoint non croyant s’il veut se convertir : une interpellation dont le Siège apostolique dispense pour de justes causes. …
« Pour 5. Au moment de la conversion celui qui s’est converti à la foi n’est pas considéré comme libéré du lien du mariage qu’il a contracté avec un non- croyant encore vivant ; il acquiert seulement par là le droit de s’engager dans une autre union, mais avec un croyant fidèle, et cela si après interpellation, le conjoint non croyant refuse de se convertir. Pour le reste le lien du mariage n’est dissous que lorsque le conjoint converti contracte de façon effective une autre union. Cependant si avant de recevoir le baptême l’époux converti devait avoir plusieurs épouses, et que la première refuse d’embrasser la foi, il peut alors légitimement retenir l’une d’entre elles dès lors qu’elle devient croyante ; mais dans ce cas les contractants doivent renouveler leur consentement mutuel devant le curé et des témoins».

 

Mariage entre un non-baptisé et un catholique : Disparité de culte

Un mariage entre un non-baptisé et un baptisé catholique est invalide (nul ou n’ayant jamis existé).

Dans II Corinthiens 6, Saint Paul interdit le mariage d’un Chrétien (seuls les vrais catholiques sont chrétiens) avec un païen.

II Cor 6, 14-16 : « Ne trainez point le même joug que les infidèles. Car quoi de commun entre la justice et l’iniquité ? Ou quelle alliance entre la lumière et les ténèbres ? Quel accord entre le Christ et Bélial ? Ou quel commerce entre le fidèle et l’infidèle ? Quel rapport entre le temple de Dieu et les idoles ? »

Commentaire Abbé Calmet, II Cor. 6, 14 : « Plusieurs l’entendent du joug du mariage (Est. hic. et Cornel. Ieronym. Lib. I contra Jovinian. cleric. hic. Tir. Erasm.) : N’en contractez point avec les infidèles… D’autres (Vide Grot. Est. Ham. alios passim.) l’expliquent en général des liaisons de commerce, d’amitié, d’habitation, de manger, et généralement de tout ce qui peut donner occasion à l’apostasie, au crime, au relâchement, au scandale des faibles ».

Cependant c’est la loi divine que l’Église a le pouvoir d’autoriser (même si elle ne l’a semble t-il jamais fait) un mariage entre un chrétien et un non-baptisé. Ce type de mariage est appelé de disparité de culte. La loi divine ne peut pas se contredire : L’Écriture (canonique) est infaillible mais c’est l’Église qui est la gardienne du dépôt de la foi reçue des Apôtres et qui a seule l’autorité pour interpréter l’Écriture, c-à-d que c’est l’autorité du Magistère et la Tradition qui interprète l’Écriture infailliblement, comme dans II Corinthiens 6, 14-16 ci-dessus.

Pape Pie IV, Concile de Trente, 24ème sess., 11 nov. 1563, ex cathedra : « Canon 4. Si quelqu’un dit que l’Église n’a pas pu établir des empêchements dirimant [empêchent la validité] le mariage, ou qu’elle s’est trompée en les établissant : qu’il soit anathème ».

Pape Pie IX, Syllabus, 1864, proposition condamnée n° 67. L’Église n’a pas le pouvoir d’établir des empêchements dirimants au mariage : mais ce pouvoir appartient à l’autorité séculière, par laquelle les empêchements existants peuvent être levés (8). – Condamnée

Code de droit canon 1917, canon 1016 : Le mariage des baptisés est régi non seulement par le droit divin, mais aussi par le droit canonique, sauf la compétence du pouvoir civil au sujet des effets purement civils de ce mariage.

Selon la loi ecclésiastique, s’il est prouvé avec certitude que l’une des parties a été baptisée et l’autre pas, le mariage est nul.

CIC 1917, canon 1070 § 1 : Est nul le mariage contracté entre une personne non baptisée et une personne baptisée dans Église catholique, ou venue de l’hérésie ou du schisme à cette Église.

§ 2 Si, au moment où le mariage fut contracté, une partie était communément tenue pour baptisée ou si son baptême était douteux, il faudrait conformément au Can. 1014 [1], tenir le mariage pour valide, jusqu’à ce qu’il soit prouvé avec certitude que l’une des parties a été baptisée et l’autre pas.

[1] Can. 1014 : Le mariage jouit de la faveur du droit ; c’est pourquoi en cas de doute il faut tenir pour la validité du mariage jusqu’à ce que le contraire soit prouvé, la prescription du Can. 1127 (En matière douteuse, le privilège de la foi jouit de la faveur du droit) demeurant sauve.

CIC 1917, canon 1071 : Ce qui est statué au sujet des mariages mixtes [empêchement prohibitif] dans les Can. 1060-1064, doit également être appliqué aux mariages auxquels s’oppose l’empêchement de disparité de culte [empêchement dirimant].

Pape Pie IX, 1855 : «Il est absolument défendu qu’une chrétienne épouse un païen ; mais si, après l’obtention de la dispense de disparité de culte par le Saint- Siège, il devait arriver qu’un tel mariage se réalise, on sait qu’il sera indissoluble quant au lien, et qu’il peut seulement être dissous parfois quant à la couche… C’est pourquoi une femme chrétienne ne pourra jamais contracter de secondes noces du vivant de cet homme non croyant, même s’il est concubinaire. (Ench. Symb. Denz. 2817-2820)

L’ignorance invincible ou la bonne foi ne rendent pas valide un mariage avec empêchement dirimant (invalidant) sans dispense.

Pape Pie IX, 1855 : «Pour ce qui est des empêchements dirimants [invalidants], il faut considérer également que l’ignorance invincible ou la bonne foi ne suffisent pas pour qu’un mariage soit contracté de façon valide. Même si parfois (mais cela doit rarement être considéré comme étant le cas dans la pratique) cette ignorance et cette bonne foi peuvent excuser du péché, jamais cependant elles ne peuvent rendre valide un mariage qui a été conclu malgré un empêchement dirimant». (Ench. Symb. Denz. 2817-2820)

Un mariage entre un baptisé et un non-baptisé est nul sans dispense de l’empêchement par l’Église. Voir « Empêchements dirimants » plus bas.

 

Mariage entre un non-baptisé et un hérétique ou schismatique

C’est un mariage invalide, c-à-d nul (Empêchement dirimant).

Code de droit canon 1917, Can. 1070, § 1 : «Est nul le mariage contracté entre une personne non baptisée et une personne baptisée dans l’Église catholique, ou [*] venue de l’hérésie ou du schisme à cette Église». (Cf Pape Benoit XIV, Singulari, I, 9 s., 9 fév. 1749, Magistère)

[*] Latin vel : «ou pour parler plus exactement». Ce « ou » pourrait se traduire dans ce contexte par «mais» ou «et».

 

Devoirs des maris envers leurs épouses

Ephésiens 5, 25, 28-29, 31, 33 : « 25. Maris, aimez vos femmes, comme le Christ a aimé l’Église, et s’est livré lui-même pour elle, … 28. Ainsi les maris doivent aimer leurs femmes comme leur propre corps [Ainsi : l’amour des époux a pour but final leur sanctification mutuelle]. Celui qui aime sa femme, s’aime lui-même. 29. Car personne n’a jamais haï sa chair, mais il la nourrit et la soigne, comme le Christ l’Église. 31. … l’homme … s’attachera à sa femme ; et ils seront deux dans une seule chair. 33. Que chacun de vous donc aime sa femme comme lui-même …»

Colossiens 3, 19 : «Maris, aimez vos femmes et ne soyez point amers avec elles».

1 Pierre 3, 7 : «… maris, vivez sagement [selon la science, c’-à-d. sagesse, prudence] avec vos femmes, les honorant comme un vase plus faible, et cohéritières de la grâce de vie ; afin que vos prières n’aient point d’empêchement».

Devoirs des femmes envers leurs époux

La femme a été faite pour être l’aide, l’assistante et la compagne de l’homme.

Genèse 2, 18 : «Le Seigneur Dieu dit aussi : Il n’est pas bon que l’homme soit seul ; faisons-lui une aide semblable à lui».

Ephésiens 5, 22-24 ; 33 : «22. Que les femmes soient soumises à leurs maris comme au Seigneur ; 23. Parce que l’homme est le chef de la femme, comme le Christ est le chef de l’Église, et il est aussi le Sauveur de son corps. 24. Comme donc l’Église est soumise au Christ, ainsi le soient en toutes choses les femmes à leurs maris [L’Église, selon saint Paul, obéit toujours à Jésus-Christ ; par conséquent elle ne se séparera jamais de lui, et ne deviendra jamais adultère]. 33. … mais que la femme craigne son mari».

Colossiens 3, 18 : «Femmes, soyez soumises à vos maris, comme il convient dans le Seigneur».

I Pierre 3, 1-6 : «… que les femmes aussi soient soumises à leurs maris ; afin que si quelques-uns ne croient pas à la parole, ils soient gagnés sans la parole, par la conduite de leurs femmes. En considérant votre conduite chaste, jointe à une crainte respectueuse. Qu’elles n’aient pas au dehors une chevelure habilement arrangée, ou des ornements d’or, ou de riches vêtements pour parure. Mais au dedans, l’homme caché [l’homme intérieur, Rom. VII, 22] dans l’incorruptibilité de l’esprit calme et modeste, qui est d’un grand prix aux yeux de Dieu. Car c’est ainsi qu’autrefois les saintes femmes, espérant en Dieu, se paraient, étant soumises à leurs maris. Telle était Sara, qui obéissait à Abraham, l’appelant son seigneur, et dont vous êtes les filles, en faisant le bien, et ne craignant aucun trouble».

Notre-Dame de Fatima, 1917 : «Les péchés du monde sont trop importants. Les péchés qui conduisent le plus d’âmes en enfer sont les péchés de la chair ! Certaines modes vont être mises en place qui vont beaucoup offenser Notre Seigneur. Ceux qui servent Dieu ne devraient pas suivre ces modes. L’Église n’a pas de mode ; Notre Seigneur est toujours le même. Beaucoup de mariages ne sont pas bons ; ils ne plaisent pas à Notre Seigneur et ne sont pas de Dieu».

1 Timothée 2, 9 : «De la même manière, je veux les femmes aussi dans un habillement décent : en se parant avec pudeur et sobriété …»

Galates 5, 19 : «Or, les œuvres de la chair sont manifestes, ce sont la fornication, l’impureté, l’impudeur …»

Devoirs des parents

Toute autorité vient de Dieu qu’Il donne aux parents sur leurs enfants pour leur éducation. Les parents qui n’éduquent pas religieusement leurs enfants pèchent et les perdent. L’éducation des enfants est un devoir des parents de loi divine, qui oblige sous peine de péché mortel. L’Église enseigne infailliblement que les parents qui demandent le baptême pour leurs enfants doivent les éduquer religieusement car l’éducation des enfants est de loi divine une fin primaire du mariage, et les enfants doivent ensuite ratifier leur baptême à partir de l’âge de raison.

Pape Pie XI, Casti Connubii (n° 17), 31 décembre 1930 (Magistère) : « La fin principale du mariage est la procréation et l’éducation des enfants ».

Proverbes 13, 24 : «Celui qui épargne la verge hait son fils ; mais celui qui l’aime le corrige fortement».

Proverbes 23, 13-14 : «Ne soustrais pas à l’enfant la discipline ; car si tu le frappes de la verge, il ne mourra pas. Tu le frapperas donc de la verge ; et de l’enfer tu délivreras son âme».

Proverbes 29, 15 : «La verge et la correction donnent la sagesse ; mais l’enfant abandonné à sa volonté couvre de confusion sa mère».

Proverbes 29, 17 : «Forme ton fils, et il te consolera, et il fera les délices de ton âme».

Ephésiens 6, 4 : «Et vous, pères, ne provoquez point vos enfants à la colère mais élevez-les dans la discipline et la correction du Seigneur».

Colossiens 3, 21 : «Pères, n’irritez point vos enfants, de peur qu’ils ne deviennent pusillanimes [peureux, pleutres]».

Les parents doivent éduquer leurs enfants sur la pudeur et la modestie, et leur éviter les occasions de péché et la mondanité (l’esprit du monde)

La pudeur est le sentiment de honte de sa propre nudité suite au péché originel. Le démon attaque la pudeur, en particulier chez les femmes, avec des vêtements inadaptés montrant cou, bras, jambes, moulant les formes, immodestes, etc.

La modestie est mettre de l’ordre dans les choses. Le démon tente toujours d’entraîner au désordre de l’immodestie par des choses anodines et/ou par l’influence de personnes désordonnées : parures, bijoux, maquillage, coiffure immodeste, etc. Sans pudeur et modestie, la chasteté est inexorablement vouée à la ruine.

La mondanité (l’esprit du monde) est les attitudes, paroles, lectures, images, vêtements, jeux, jouets immodestes, immorales ou impudiques qui tous doivent être totalement exclus pour les enfants et pour les parents ; et pour que les parents ne terminent pas en enfer avec leurs enfants.

Saint Alphonse de Liguori,, Les principes chrétiens chez les enfants : «Nous devons, à tout propos, inculquer aux enfants les maximes de l’Évangile. Il faut leur inspirer l’horreur du péché, l’attachement à la prière, la dévotion à la sainte Vierge, la crainte des mauvaises compagnies et des occasions dangereuses. Il faut leur dire combien il est méritoire de se résigner à la volonté de Dieu dans les contrariétés, de pardonner une injure, de supporter un affront. Il faut leur répéter souvent que le monde n’est rien, qu’à la mort tout finit ; que la seule chose nécessaire est de sauver son âme. Une bonne mère disait souvent à son fils : « je ne veux pas être une mère de réprouvés ». Croyez-vous que si on tenait toujours devant les enfants un si noble langage, on n’en ferait pas de bons chrétiens ? Hélas ! que de fois, par des paroles imprudentes, on leur inculque les maximes du monde et le mépris des choses saintes. Ô Marie, modèle des mères, enseignez aux mères, enseignez-moi, à former le cœur des enfants».

Saint Alphonse de Liguori, La véritable épouse de Jésus-Christ, la mortification des yeux, p. 221 : «Frère Roger, un franciscain de pureté singulière, s’est vu une fois demandé pourquoi il était si réservé dans ses rapports avec les femmes, il répondit que lorsque les hommes évitent les occasions de péché, Dieu les préserve ; mais quand ils s’exposent au danger, ils sont juste abandonnés par le Seigneur, et tombent facilement dans certaines transgressions graves».

C’est un péché de ne volontairement pas éviter les occasions prochaines (directes, immédiates) de péché.

Pape Innocent XI, erreurs diverses sur les questions morales  n° 61, 4 mars 1679 : «Peut parfois être absous celui qui demeure dans une occasion prochaine de pécher qu’il peut et ne veut pas éviter, et même qu’il cherche directement ou délibérément, ou dans laquelle il se jette» – Condamnée (Ench. Symb. Denz. 1211 2161)

Pape Innocent XI, erreurs diverses sur les questions morales,  n° 62, 4 mars 1679 : «Une occasion prochaine de pécher ne doit pas être fuie lorsqu’il y a une raison utile ou honnête de ne pas la fuir» – Condamnée (Ench. Symb. Denz. 1212 2162)

Pape Innocent XI, erreurs diverses sur les questions morales, n° 63, 4 mars 1679 : «Il est permis de chercher directement l’occasion prochaine de pécher pour notre bien spirituel ou temporel, ou pour celui du prochain» – Condamnée (Ench. Symb. Denz. 1213 2163)

Ceux qui permettent à leurs enfants pas assez matures de se fréquenter commettent un péché de scandale, c’est-à-dire qu’ils sont pour eux occasion de chute.

Saint Alphonse de Liguori, docteur de la morale : «1. Il est, en premier lieu, nécessaire d’expliquer ce qu’on entend par scandale. Voici comment saint Thomas le définit : « Le scandale est un mot ou un acte qui donne lieu à la ruine de son prochain » (S. Theol. 2-2, q. 45, art. 1). Le scandale, alors, est un mot ou acte par lequel vous êtes pour votre prochain la cause ou l’occasion de perdre son âme. Il peut être direct ou indirect. Il est direct lorsque vous tentez ou induisez autrui à commettre un péché directement. Il est indirect lorsque, bien que vous prévoyez que des mots ou des mauvaises actions seront la cause du péché d’un autre, vous ne vous en abstenez pas. Mais le scandale, qu’il soit direct ou indirect, s’il est dans une question de grande importance, est toujours un péché mortel.

«13. Peut-être certains pères de famille parmi vous diront : Ainsi, je suis perdu parce que j’ai donné scandale ? N’y a t-il aucun espoir de salut pour moi ? Non, je ne dirais pas que vous êtes sans espoir – la miséricorde de Dieu est grande. Il a promis le pardon à tous ceux qui se repentent. Mais, si vous voulez sauver votre âme, vous devez réparer le scandale que vous avez donné. « Laissez », dit Eusèbe Emmissenus, « celui qui a lui-même détruit par la destruction d’un grand nombre, se racheter par l’édification d’un grand nombre » (Hom. 10 ad lun.). Vous avez perdu votre âme, et vous avez détruit les âmes de beaucoup par vos scandales. Vous êtes maintenant tenu de réparer le mal. Comme vous avez jusqu’à présent attiré les autres à pécher, vous êtes tenu de les porter à la vertu par des mots d’édification, par exemple, en évitant les occasions de péché, par la fréquentation des sacrements, en allant souvent à l’église pour prier, et en participant à des sermons. Et à partir de ce jour, d’éviter, comme vous le feriez mort, tout acte et parole qui pourrait scandaliser les autres. « Que leur propre ruine », dit saint Cyprien, « suffira pour ceux qui sont tombés » (Liv. 1, L. 3). Et Saint Thomas de Villanova dit : « Que vos propres péchés sont suffisants pour vous ». Quel mal Jésus-Christ fait vous a fait pour que ce ne soit pas assez pour vous de l’avoir offensé, mais de souhaiter faire que d’autres l’offensent ? C’est un excès de cruauté» (saint Alphonse de Liguori, Sermons n. 2-4 des œuvres ascétiques, Volume XVI, Sermons pour tous dimanches de l’année, 1882, p. 152-173)

La maturité du garçon commence ordinairement par un travail stable. S’il ne respecte pas la jeune fille, il ne respectera pas l’épouse non plus. La maturité de la jeune fille passe par sa féminité, qu’elle se comporte et s’habille comme une femme, c’est-à-dire le contraire d’un objet sexuel. La jeune fille non respectée (et non respectable) ne sera pas non plus une épouse respectée.

L’imitation de la sainte Vierge, Père Francisco Arias (1533-1605) S. J. (Trad. P. Joseph de Courbeville, Éd. 1767) : «St Jérôme écrivait ainsi à une mère sur l’éducation de sa fille (Ad. gaud. de Instit. Infantulæ) : « Ayez soin qu’elle n’entende ni ne dise que des choses qui la conservent dans la crainte de Dieu, qu’on ne lui apprenne point des chansons trop mondaines, que l’on ne joue point devant elle des air de musique capables d’amollir le cœur ; qu’elle ne converse point avec de jeunes gens légers, badins, familiers, qu’elle n’aille point aux spectacles, aux bals, à ces assemblées où règnent la dissipation et les rires ; qu’elle n’ait point de ces habits magnifiques propres à lui attirer des regards ; qu’elle ne se montre point comme Dina, pour être vue et pour passer le temps dont les moments sont si précieux ; qu’elle vaque à la prière, à la lecture des livres de piété, au travail des mains, comme faisait la femme forte qui filait, et qui cousait, et que les saintes Lettres ont si louée pour cela même ». Ainsi pensait St Jérôme, ce Docteur de l’Église si éclairé. Une mère est donc très étroitement obligée d’éloigner sa fille de toutes les occasions et de tous les dangers de pécher ; de la porter et de l’exhorter à des œuvres de piété, telles que sont la prière, la lecture spirituelle, entendre la parole de Dieu, approcher des Sacrements, afin de se maintenir dans la crainte du Seigneur , et de conserver l’esprit de dévotion, sans quoi l’innocence des mœurs ne dure pas longtemps. Au reste, ces attentions des parents sont très méritoires aux yeux du Seigneur, qui les en récompense par de puissants secours pour opérer leur propre salut ; et si leurs enfants meurent avant eux en état de grâce, quelles instances ne font-ils point auprès de Jésus-Christ pour la sanctification de ceux qui les ont élevés dans la piété ? Ce sont ici des motifs pressants pour les pères et les mères, d’apporter tous leurs soins à l’éducation de leur famille».

Devoirs des enfants

Éphésiens 6, 1-3 : «Enfants, obéissez à vos parents dans le Seigneur ; car cela est juste. Honore ton père et ta mère (c’est le premier commandement fait avec une promesse), afin que bien t’arrive et que tu vives longtemps sur la terre».

Colossiens 3, 20 : «Enfants, obéissez en tout à vos parents, car cela plaît au Seigneur».

 

Vices de formes rendant le mariage invalide :

  • folie,
  • violence,
  • crainte grave,
  • ignorance de la nature du mariage,
  • erreur sur la personne,
  • erreur sur la qualité sinéquanone (qualité essentielle à la réalisation).

Empêchements dirimants (empêchent la validité du mariage) :

L’empêchement dirimant empêche d’office la validité du mariage : le mariage est nul, c-à-d qu’il n’y a pas eu mariage du tout. 

  • Si l’empêchement est dirimant et que la mariage est sans dispense de l’Église, le mariage est invalide ou nul (n’ayant pas existé).
  • Si l’empêchement est dirimant et que le mariage est avec dispense de l’Église, les conditions sont celles de l’empêchement prohibitif (voir plus bas : Empêchement prohibitif – Conditions de la dispense d’empêchement prohibitif du mariage mixte).

Pape Pie Pie IV, Concile de Trente, 24ème sess., 11 nov. 1563, Doctrine et canons sur le sacrement de mariage, ex cathedra : «Canon 4. Si quelqu’un dit que l’Église n’a pas pu établir des empêchements dirimant [empêche la validité] le mariage, ou qu’elle s’est trompée en les établissant : qu’il soit anathème».

Pape Pie IX, Syllabus, proposition condamnée n°67 : «L’Église n’a pas le pouvoir d’établir des empêchements dirimants au mariage : mais ce pouvoir appartient à l’autorité séculière, par laquelle les empêchements existants peuvent être levés ». – Condamnée

CIC 1917, can. 1036 § 2 : « L’empêchement dirimant interdit le mariage mais empêche aussi qu’il soit validement contracté.

§ 3. Même si l’empêchement n’affecte qu’une des parties, il n’en rend pas moins le mariage [ou illicite ou] invalide ».

C’est la loi divine que l’Église a pouvoir d’établir des empêchements dirimant (invalidant) le mariage, et qu’Elle ne peut pas se tromper en les établissant.

1er empêchement dirimant : Âge :

Can. 1067 : § 1 L’homme ne peut contracter validement mariage avant seize ans accomplis, et la femme avant quatorze ans accomplis.

§ 2. Quoique le mariage contracté après cet âge soit valide, les pasteurs d’âmes tâcheront cependant d’en écarter ceux qui n’ont pas encore atteint l’âge admis par les usages de la région pour contracter mariage.

2ème empêchement dirimant : Impuissance :

Can. 1068 : § 1 L’impuissance antécédente et perpétuelle soit du côté de l’homme, soit du côté de la femme, qu’elle soit connue ou non de l’autre partie, absolue ou relative, rend de par le droit naturel lui-même le mariage invalide.

§ 2. Si l’empêchement d’impuissance est douteux, que ce soit d’un doute de droit ou de fait, le mariage ne doit pas être empêché.

§ 3. La stérilité n’est empêchement ni dirimant ni prohibitif.

3ème empêchement dirimant : Lien :

Can. 1069 : § 1 Celui qui est tenu par le lien d’un mariage antérieur, quoique non consommé, attente invalidement mariage, sauf dans le cas où joue le privilège de la foi.

§ 2. Quoique le mariage soit invalide ou dissous pour n’importe quelle cause, il n’est pas permis d’en contracter un autre avant que la nullité ou la dissolution du premier mariage ne soit établie légitimement et avec certitude.

4ème empêchement dirimant : Crime :

Can. 1075 : Ne peuvent contracter validement mariage :

2° Ceux qui, durant un même mariage légitime, ont consommé entre eux l’adultère, et si l’un deux tue son conjoint;

3° Ceux qui par une entente mutuelle, physique ou morale, ont causé la mort du conjoint, même sans avoir commis l’adultère entre eux.

5ème empêchement dirimant : Disparité de culte (mariage entre un baptisé et un non-baptisé) :

Can. 1070 : § 1 Est nul le mariage contracté entre une personne non baptisée et une personne baptisée dans Église catholique, ou venue de l’hérésie ou du schisme à cette Église.

§ 2. Si, au moment où le mariage fut contracté, une partie était communément tenue pour baptisée ou si son baptême était douteux, il faudrait conformément au Can. 1014, tenir le mariage pour valide, jusqu’à ce qu’il soit prouvé avec certitude que l’une des parties a été baptisée et l’autre pas.

Can. 1071 : Ce qui est statué au sujet des mariages mixtes dans les Can. 1060-1064, doit également être appliqué aux mariages auxquels s’oppose l’empêchement de disparité de culte.

L’Église n’a semble-t-il jamais donné de dispense pour un mariage entre un baptisé et un juif ou un musulman jusqu’en 1958 où a commencé l’apostasie avec l’antipape Jean 23.

6ème empêchement dirimant : Ordre sacré :

Can. 1072 : Les clercs constitués dans les ordres majeurs attentent invalidement mariage.

7ème empêchement dirimant : Profession de religion solennelle :

Can. 1073 : De même, attentent invalidement mariage les religieux qui ont prononcé les voeux solennels ou les voeux simples auxquels la force de rendre le mariage nul a été ajoutée par prescription spéciale du Siège apostolique.

8ème empêchement dirimant : Rapt :

Can. 1074 : § 1 Aucun mariage ne peut exister entre l’homme ravisseur et la femme ravie en vue du mariage, tant qu’elle demeure sous le pouvoir du ravisseur.

§ 2. Si la femme, séparée de son ravisseur et constituée en un lieu sûr et libre, consent à le prendre comme mari, l’empêchement cesse.

§ 3. En ce qui concerne la nullité du mariage il faut mettre sur le même pied que le rapt la détention forcée de la femme, c’est-à-dire sa réclusion par la violence en vue du mariage, soit là où elle demeure, soit en un lieu où elle s’est rendue librement.

9ème empêchement dirimant : Consanguinité :

Can. 1076 : § 1 La consanguinité en ligne directe rend le mariage nul entre tous les ascendants et descendants, tant légitimes que naturels.

§ 2. En ligne collatérale, le mariage est nul jusqu’au troisième degré inclusivement, et l’empêchement se multiplie autant de fois qu’il y a de souches communes.

§ 3. Le mariage n’est jamais permis, tant qu’il subsiste un doute sur la consanguinité des parties à un degré quelconque de la ligne directe ou au premier degré de la ligne collatérale.

  • 1er degré de consanguinité en ligne directe : Père, mère, enfants.
  • 2ème degré de consanguinité en ligne directe : Grand-parents, petit-enfants.
  • 3ème degré de consanguinité en ligne directe : Arrière-grand-parents, arrière-petit-enfants.
  • 1er degré de consanguinité en ligne collatérale : Frères et sœurs.
  • 2ème degré de consanguinité en ligne collatérale : Oncle et neveu, tante et nièce.
  • 3ème degré de consanguinité en ligne collatérale : Cousins germains.

10ème empêchement dirimant : Affinité :

Can. 1077 : § 1 L’affinité rend le mariage nul en ligne directe à tous les degrés ; en ligne collatérale, jusqu’au deuxième degré inclusivement.

§ 2. L’affinité se multiplie :

1° Chaque fois que se multiplie l’empêchement de consanguinité dont elle dérive ;

2° Par nouveau mariage avec un consanguin de l’époux défunt.

Un veuf ne peut pas épouser les parents, filles, sœurs, tante, nièce de sa défunte. Une veuve ne peut pas épouser les parents, fils, frères, oncle, neveu de son défunt.

11ème empêchement dirimant : Parenté spirituelle :

Can. 1079 : Seule la parenté spirituelle dont parle le Can. 768 rend le mariage nul. [Can. 768 : Seuls celui qui baptise et le parrain contractent une parenté spirituelle avec le baptisé lors du baptême.]

Le mariage est nul entre parrains et filleuls, entre baptisant et baptisé, avec l’enfant que l’on a baptisé ou tenu sur les fonts du baptême. 

12ème empêchement dirimant : Honnêteté publique :

Can. 1075 : Ne peuvent contracter validement mariage :

1° Ceux qui, durant un même mariage légitime, ont consommé entre eux l’adultère et se sont engagés mutuellement à se marier ou ont attenté mariage, même par un acte purement civil ;

Can. 1078 : L’empêchement d’honnêteté publique naît d’un mariage invalide, consommé ou non, et d’un concubinage public et notoire ; il rend le mariage nul au premier et au deuxième degré de la ligne directe entre l’homme et les consanguins de la femme, et vice versa.

Can. 1080 : Ceux à qui la loi civile interdit de s’épouser sous peine de nullité, à cause de leur parenté légale née de l’adoption, ne peuvent non plus contracter validement mariage de par le droit canonique.

Un ou une fiancé(e) ne peut pas se marier avec la mère (ou le père), ni la fille (ou le fils),  ni la sœur (ou le frère), de la personne avec laquelle il ou elle avait été fiancé(e).

Empêchements prohibitifs (empêchent la licéité) :

Le mariage est valide mais illicite (loi ecclésiastique), contracté avec péché mortel et donc sans la grâce sanctifiante ni la grâce sacramentelle du mariage.

Code droit canon 1917, canon 1036 : § 1 L’empêchement prohibitif contient une grave interdiction de contracter mariage; celui-ci n’est cependant pas nul s’il a lieu malgré l’empêchement.

§ 3. Même si l’empêchement n’affecte qu’une des parties, il n’en rend pas moins le mariage [ou] illicite [ou invalide].

1er empêchement prohibitif : Parenté légale :

Can. 1059 : Dans les régions où de par la loi civile la parenté légale, née de l’adoption, rend les noces illicites, le mariage est également illicite en vertu du droit canonique.

2ème empêchement prohibitif : Vœu simple :

Le vœu simple est le vœu privé (non-solennel) fait à Dieu. Il y a par exemple, le vœu de virginité, le vœu de chasteté parfaite, le vœu de ne pas se marier, le vœu de recevoir les ordres sacrés, le vœu d’embrasser l’état religieux, etc. Le vœu simple n’est pas une simple promesse (une promesse n’empêche pas le mariage), le vœu simple engage devant Dieu au point de rendre le mariage illicite (pécheur). 

Can. 1058 : § 1 Le vœu simple de virginité, de chasteté parfaite, de ne pas se marier, de recevoir les ordres sacrés, d’embrasser l’état religieux, empêche le mariage.

§ 2. Aucun voeu simple ne rend le mariage invalide, à moins que l’invalidité n’ait été statuée pour quelques-uns d’entre eux par une prescription spéciale du Siège apostolique.

Le vœu simple peut être levé par l’évêque ou un prêtre d’un ordre religieux mendiant (Franciscains, Dominicains, Carmes, Augustins, Trinitaires, Mercédaires (ND de la Merci), Servites, Minimes, Capucins).

3ème empêchement prohibitif : Religion mixte :

Entre deux baptisés : Un catholique avec un baptisé non-catholique :

Can. 1060 : L’Église interdit partout très sévèrement qu’un mariage soit conclu entre deux personnes baptisées dont l’une est catholique, l’autre inscrite à une secte hérétique ou schismatique ; s’il y a danger de perversion du conjoint catholique et des enfants, une telle union est également prohibée par la loi divine elle-même.

Can. 1061 : § 1. Église ne dispense de l’empêchement de religion mixte que :

1° S’il y a des raisons justes et graves ;

2° Si le conjoint acatholique donne la garantie d’écarter le danger de perversion du conjoint catholique et si les deux conjoints donnent celle de baptiser tous leurs enfants et de leur assurer la seule éducation catholique ;

3° S’il y a certitude morale que ces garanties seront exécutées.

§ 2. Généralement les garanties seront demandées par écrit.

Can. 1062 : Le conjoint catholique est tenu par l’obligation de travailler prudemment à la conversion du conjoint acatholique.

Can. 1063 : § 1 Bien que la dispense sur l’empêchement de religion mixte ait été obtenue de Église, les conjoints ne peuvent, avant ou après le mariage contracté devant Église, aller trouver également, par eux-mêmes ou par procureur, un ministre acatholique agissant comme préposé aux choses sacrées, pour donner ou renouveler le consentement matrimonial.

§ 2. Si le curé sait avec certitude que les conjoints violeront ou ont déjà violé cette règle, il n’assistera pas à leur mariage, si ce n’est pour des causes très graves, tout scandale étant écarté et l’Ordinaire préalablement consulté.

§ 3. Toutefois, il n’est pas défendu, si la loi civile l’exige, que les conjoints se présentent devant un ministre acatholique, agissant exclusivement dans la charge de fonctionnaire civil, et ce uniquement pour accomplir un acte civil, en vue des effets civils du mariage.

Can. 1064 : Les Ordinaires et autres pasteurs d’âmes :

1° Détourneront autant qu’ils le peuvent les fidèles des unions mixtes ;

2° S’ils ne peuvent les empêcher, ils veilleront de tout leur zèle à ce qu’elles ne soient pas contractées à l’encontre des lois de Dieu et de Église ;

3° Ils veilleront à ce que les fidèles, dont le mariage mixte a été célébré sur leur propre territoire ou au dehors, accomplissent fidèlement les engagements pris ;

4° S’ils assistent au mariage, ils observeront la prescription du Can. 1102.

Can. 1065 : § 1. Les fidèles seront également détournés de contracter mariage avec ceux qui notoirement ou bien ont abandonné la foi catholique, sans être cependant passés à une secte acatholique, ou bien sont inscrits à des sociétés condamnées par Église.

§ 2. Le curé n’assistera à ces noces qu’après avoir consulté l’Ordinaire qui, tenant compte de toutes les circonstances, pourra lui permettre d’être présent au mariage pourvu qu’il y ait une raison grave et qu’à son avis soient suffisamment garantis et l’éducation chrétienne de tous les enfants et l’éloignement du danger de perversion pour l’autre conjoint.

Un mariage entre un catholique et un hérétique est illicite d’office, c’est-à-dire que les contractants pèchent mortellement. Ce type de mariage doit être autorisé par l’Église catholique, c’est-à-dire être dispensé de l’empêchement prohibitif qui l’interdit d’office. Ce mariage est valide mais illicite sans dispense, et l’hérétique ainsi marié n’est pas membre de l’Église pour autant, il demeure hors de l’Église tant qu’il reste hérétique. Le sacrement du mariage ne met pas en communion l’Église et l’hérétique.

Chaque époux est dispensé de péché mortel pour la réception du sacrement grâce à la dispense de l’Église. Dans le mariage mixte, les époux reçoivent des grâces actuelles et sacramentelles. Le non-catholique reçoit uniquement des grâces sacramentelles de conversion tant qu’il reste non-catholique, mais s’il se convertit il recevra automatiquement les grâces sacramentelles du mariage. Les grâces que reçoit le non-catholique sont inscrites dans le mariage pour sa conversion d’abord et ensuite sa sanctification.

Comme ce type mariage, dispensé d’empêchement par l’Église, n’incorpore pas de fait un non-catholique dans l’Église ou qu’il reste hors de l’Église (loi divine) malgré le mariage, la condition d’obligation pour le catholique de travailler (avec prudence) à la conversion de son conjoint non-catholique (ce qui sauvegarde l’intégrité de sa foi), ainsi que les autres obligations (ci-dessous), est obligatoire. Si le conjoint catholique rompait – de façon coupable – son obligation de travailler à la conversion (avec prudence) de son conjoint non-catholique, il pécherait mortellement et exposerait ainsi sa foi à la perversion.

L’Église prohibe le mariage mixte (avec un hérétique ou baptisé non-catholique) mais Elle peut donner une dispense (d’empêchement prohibitif) sous conditions :

Pape Léon XIII, Arcanum divinae, 1880 : Il faut aussi veiller à ce qu’on ne se décide pas facilement à contracter mariage avec des non-catholiques. Lorsque les âmes sont en désaccord sur la religion, il est bien difficile qu’elles soient longtemps d’accord sur les autres points. De semblables unions fournissent l’occasion de participer à des pratiques religieuses défendues. Elles créent un péril pour la foi de l’époux catholique. Elles sont un empêchement à la bonne éducation des enfants, et très souvent elles accoutument les esprits à tenir pour équivalentes toutes les religions, en leur faisant perdre le discernement du vrai et du faux. Ce sont autant de raisons de les éviter.

Pape Pie XI, Casti connubii, 31 décembre 1930 (Magistère) : «Ils se mettent bien en défaut à cet égard, et parfois non sans risquer leur salut éternel, ceux qui s’engagent témérairement dans les unions mixtes, dont l’amour maternel et la maternelle prévoyance de l’Eglise, pour des raisons très graves, détourne les siens – comme on le voit par de nombreux documents, y compris le canon du Code qui décrète ceci : «L’Église prohibe très sévèrement le mariage entre deux personnes baptisées, dont une est catholique et dont l’autre est adhérente à une secte hérétique ou schismatique ; que s’il y a péril de perversion pour l’époux catholique et pour les enfants, le mariage est interdit par la loi divine elle-même». (Cod. iur. can., C. 1060)

«Si l’Église, quelquefois, pour des raisons de temps, de choses, de personnes, ne refuse point de dispenser de ces sévères prescriptions (le droit divin étant sauf, et le péril de perversion ayant été écarté dans toute la mesure possible), il arrivera toutefois difficilement que l’époux catholique ne subisse en ce genre de mariage aucun détriment. Il n’est pas rare qu’il en résulte pour les enfants de déplorables défections religieuses, ou, du moins, un glissement rapide en ce qu’on appelle l’indifférence religieuse, si proche de l’infidélité et de l’impiété».

Conditions de la dispense d’empêchement prohibitif du mariage mixte :

  • Le conjoint non-catholique ne doit jamais chercher à convertir le catholique à sa religion ;
  • Le conjoint non-catholique ne doit jamais empêcher le catholique de participer au culte catholique ;
  • Le mariage a lieu en privé avec deux témoins, sans messe, à la sacristie, et le prêtre ne porte pas d’étole ;
  • Le conjoint catholique ne peut pas se marier devant le faux ministre sous peine d’excommunication.
  • Le conjoint catholique est tenu par l’obligation de travailler prudemment à la conversion du conjoint acatholique (Can. 1062).
  • Le conjoint acatholique donne la garantie d’écarter le danger de perversion du conjoint catholique (Can. 1061).
  • Les deux conjoints donnent la garantie de baptiser tous leurs enfants et de leur assurer la seule éducation catholique (Can. 1061).

 

Dissolution du mariage

Le mariage valide ratifié et consommé n’est dissous que par la mort d’un des époux.

Pape Pie XI, Casti connubii, 31 déc. 1930 (Magistère) : «si cette indissolubilité semble être soumise à une exception, très rare d’ailleurs comme dans les mariages naturels contractés entre seuls infidèles, ou si cette exception se vérifie en des mariages consentis entre chrétiens – ces derniers mariages consentis sans doute, mais non encore consommés, – cette exception ne dépend pas de la volonté des hommes ni d’aucun pouvoir purement humain, mais du droit divin, dont seule l’Église du Christ est la gardienne et l’interprète. Aucune faculté de ce genre, toutefois, pour aucun motif, ne pourra jamais s’appliquer à un mariage chrétien contracté et consommé. Dans un mariage pareil, le pacte matrimonial a reçu son plein achèvement, et du même coup, de par la volonté de Dieu, la plus grande stabilité et la plus grande indissolubilité y resplendissent et aucune autorité des hommes ne pourra y porter atteinte».

Code de droit canon 1917, Can. 1118 : «Le mariage valide ‘ratum et consummatum’ [ratifié et consommé] ne peut être dissous par aucune puissance humaine ni par aucune cause, sauf la mort».

 

Le pape a le pouvoir de rompre le lien matrimonial seulement dans certains cas :

  • 1° uniquement pour un Mariage ratifié et non consommé (en blanc)
  • avec l’autorisation de l’autre époux,
  • seules la profession religieuse solennelle ou l’ordination rompent le lien du mariage et l’autre époux peut se remarier.

Le Mariage entre 2 païens est naturel et il n’est valide que s’il y a respect des trois propriétés du contrat de Mariage* mais le mariage est non-sacramentel. En cas de baptême d’un des deux conjoint, le Mariage devient automatiquement soumis aux lois divines et canoniques de l’Église. Le privilège Paulin permet au pape de dissoudre le mariage pour protéger la foi de la personne convertie au catholicisme uniquement quand le conjoint infidèle refuse la cohabitation pacifique.

*Contrat du Mariage : 1° Intention de procréer et d’éduquer les enfants ; 2° Indissolubilité perpétuelle, brisée uniquement par la mort d’un des époux ; 3° Unité d’un homme et d’une femme qui éduquent les enfants.

 

Séparation

Que la séparation soit temporaire ou définitive le mariage reste valide.

Code de droit canon 1917, Can. 1129, 1 : « À la suite de l’adultère du conjoint, l’autre époux a le droit de rompre, même à perpétuité, la communauté de vie, le lien du mariage demeurant ; à moins qu’il n’ait consenti à ce délit ou n’en soit la cause ou ne l’ait pardonné expressément ou tacitement ou n’ait commis de son côté la même faute ».

Code de droit canon 1917, Can. 1131, 1 : « Si l’un des conjoints a donné son nom à une secte acatholique, s’il élève les enfants en dehors du catholicisme, s’il mène une vie criminelle ou ignominieuse, s’il est un danger grave pour l’âme ou le corps de l’autre, s’il rend la vie commune très difficile par des sévices, ou s’il fournit d’autres motifs du même genre, l’autre conjoint peut légitimement se séparer, de l’autorité de l’Ordinaire du lieu, et même de sa propre autorité, si le motif est certain et s’il y a urgence ».

La séparation peut être définitive pour certaines raisons gravissimes :

  • apostasie,
  • ivresse continuelle,
  • perte de la foi,
  • infidélité régulière,
  • usage de la contraception.

La séparation licite ne dissous pas le Mariage, c-à-d que les époux séparés ne sont pas libres de se marier avec un(e) autre.

Matthieu 19, 9 : «je vous dis que quiconque renvoie sa femme, si ce n’est pour cause d’adultère, et en épouse une autre, commet un adultère ; et celui qui épouse une femme renvoyée se rend adultère ».

Note Vulgate Mat. 19, 9 : Jésus-Christ permet à un mari, en cas d’adultère, de se séparer de sa femme, mais non pas d’en épouser une autre du vivant de la première.

Pape Clément XIII,  réponse du saint office à l’évêque de Cochin, n°4, 1er août 1759 (Denz. Ench. Symb. 2584) : « Un fidèle qui, en vertu d’une dispense, a contracté un mariage valide avec un non-croyant, peut-il contracter une autre union si le non-croyant se sépare, ou qu’il ne veut pas cohabiter, ou qu’il l’incite au péché mortel ?
« Si un fidèle, après dispense, a contracté un mariage avec un infidèle, il est considéré comme l’ayant contracté avec une condition explicite : à savoir à condition que le non-croyant veuille cohabiter avec lui sans injure à l’égard du créateur ; c’est pourquoi si le non-croyant ne respecte pas là condition susdite, il faut mettre en œuvre les moyens de droit pour qu’il la respecte ; sinon ils doivent être séparés quant à la couche et à la cohabitation, mais non quant au lien ; c’est pourquoi, dans le cas dont il s’agit, aussi longtemps que le conjoint non croyant demeure vivant, le fidèle ne peut pas s’engager dans une autre union».

Divorce

Si la loi mosaïque (Deut. 24, 1) avait permis le renvoi de la femme par un acte de répudiation ou divorce, la loi nouvelle de l’Église l’interdit. Ce qui de droit divin dans la loi ancienne est immuable, mais ce qui est de précepte peut changer. Et la loi nouvelle évangélique est supérieure à l’ancienne car elle l’accomplie.

Matthieu 19, 8-9 : « Moise, à cause de la dureté de votre cœur, vous a permis de renvoyer vos femmes ; mais au commencement il n’en fut pas ainsi. Aussi je vous dis que quiconque renvoie sa femme, si ce n’est pour cause d’adultère, et en épouse une autre, commet un adultère ; et celui qui épouse une femme renvoyée se rend adultère ».

Note Vulgate Mat. 19, 9 : Jésus-Christ permet à un mari, en cas d’adultère, de se séparer de sa femme, mais non pas d’en épouser une autre du vivant de la première.

Le Mariage est de droit divin.

Pape Pie VIII, Traditi Humilitati nostrae, 24 mai 1829 : « le mariage n’est pas seulement régi par de lois humaines, mais par la loi divine ; que ce n’est pas une chose terrestre, mais bien une chose sainte et par suite subordonnée entièrement à la puissance de l’Église. Car l’union conjugale qui n’avait d’abord d’autre but que la reproduction et la perpétuité de l’espèce humaine a été élevée par Notre Seigneur Jésus-Christ à la dignité de Sacrement et enrichie des dons célestes. … Il est bien constant en effet que cette union du mariage, dont Dieu est l’auteur, est la figure de l’union intime et éternelle de Notre Seigneur Jésus-Christ avec son Église ; et que cette société étroite du mari et de la femme est un sacrement, c’est à dire un signe sacré de l’amour immortel de Jésus-Christ pour son épouse. Il faut donc instruire les peuples sur ce point, leur expliquer ce qui est ordonné et ce qui est défendu par les lois de l’Église et les décrets des conciles, afin qu’ils se conforment à ce qui est de l’essence du Sacrement et évitent avec soin tout ce que l’Église a condamné ».

Pape Léon XIII, Arcanum divinae, n° 19, 10 févr. 1880 : « Le mariage a Dieu pour auteur, et a été dès le début une sorte de préfiguration de l’Incarnation de son Fils ; et donc il demeure une chose sainte et religieuse ; pas étrangère, mais innée ; ne provenant pas des hommes, mais implanté par la nature. Innocent III, donc, et Honorius III, nos prédécesseurs, ont affirmé ni faussement ni témérairement que le sacrement du mariage existait toujours parmi les fidèles et les infidèles ».

Pape Pie XI, Casti connubii, 31 déc. 1930 (Magistère) : «bien que le mariage puisse exister sans le sacrement – c’est le cas du mariage entre infidèles, – il doit, même alors, puisqu’il est un mariage véritable, garder – et il garde, en effet – ce caractère de lien perpétuel qui, depuis l’origine, est de droit divin, tellement inhérent au mariage qu’aucune puissance politique n’a de prise sur lui».

Pape Pie XI, Casti connubii, 31 déc. 1930 : «soit le mariage que l’on dit contracté, ou bien ce mariage est contracté en effet de façon à être effectivement un mariage véritable, et alors il comportera ce LIEN PERPÉTUEL inhérent, DE DROIT DIVIN, à tout vrai mariage ; ou bien on le suppose contracté sans ce lien perpétuel, et alors ce n’est pas un mariage, mais une union illicite incompatible comme telle avec la loi divine: union dans laquelle, en conséquence, on ne peut ni s’engager ni demeurer» (Pie VI, Rescript. ad Episc. Agriens., 11 juillet 1789).

Le Mariage est régi d’abord par le droit divin, puis ensuite par le droit canonique pour les baptisés et ensuite seulement après par le droit civil uniquement pour les affaires civiles relatives au Mariage (administration d’enregistrement, partages de biens, successions, etc.).

Code de droit canon 1917, Can. 1016 : «Le mariage des baptisés est régi non seulement par le droit divin, mais aussi par le droit canonique, sauf la compétence du pouvoir civil au sujet des effets purement civils de ce mariage».

Le Mariage valide ratifié et consommé est indissoluble.

Pape Pie XI, Casti connubii, 31 décembre 1930 (Magistère) : «si cette indissolubilité semble être soumise à une exception, très rare d’ailleurs comme dans les mariages naturels contractés entre seuls infidèles, ou si cette exception se vérifie en des mariages consentis entre chrétiens – ces derniers mariages consentis sans doute, mais non encore consommés, – cette exception ne dépend pas de la volonté des hommes ni d’aucun pouvoir purement humain, mais du droit divin, dont seule l’Église du Christ est la gardienne et l’interprèteAucune faculté de ce genre, toutefois, pour aucun motif, ne pourra jamais s’appliquer à un mariage chrétien contracté et consommé. Dans un mariage pareil, le pacte matrimonial a reçu son plein achèvement, et du même coup, de par la volonté de Dieu, la plus grande stabilité et la plus grande indissolubilité y resplendissent et aucune autorité des hommes ne pourra y porter atteinte».

Code de droit canon 1917, Can. 1118 : «Le mariage valide ‘ratum et consummatum’ [ratifié et consommé] ne peut être dissous par aucune puissance humaine ni par aucune cause, sauf la mort».

Comme le Mariage ratifié consommé est dissous uniquement par la mort d’un des conjoints, il s’en suit qu’aucune juridiction, même Dieu Lui-même, ne peut casser ce Mariage par un jugement légitime de divorce.

 

Code de droit canon 1917, Can. 985 : «Sont irréguliers par délit : 3° Ceux qui osent attenter un mariage ou en accomplir les formalités civiles, lorsqu’ils sont eux-mêmes tenus par le lien du mariage ou par l’ordre sacré ou par des vœux de religion même simples et temporaires ou lorsque la femme est liée par ces mêmes vœux ou par un mariage valide».

Ainsi les divorcés civils restent toujours mariés de droit divin (devant Dieu) jusqu’à ce qu’un époux soit veuf de l’autre et, bien sûr, seulement si le Mariage précédent était valide (il va de soi que si le Mariage est invalide, étant nul, il est non-avenu), et ils ne peuvent pas se remarier avec quelqu’un d’autre (sauf veuvage) sous peine : 1° d’invalidité de fait de ce « remariage », 2° de péché mortel, 3° de sacrilège, 4° de concubinage public en cas de remariage civil (ou péché mortel de concubinage privé sans mariage civil mais vie maritale), 5° d’infamie * de fait, et 6° d’excommunication automatique si persistance :

Code de droit canon 1917, can. 1075 : «Ne peuvent contracter validement mariage : 1° Ceux qui, durant un même mariage légitime, ont consommé entre eux l’adultère et se sont engagés mutuellement à se marier ou ont attenté mariage, même par un acte purement civil».

Code de droit canon 1917, chap. 4 Les empêchements dirimants, Can. 1078 : «L’empêchement d’honnêteté publique naît d’un mariage invalide, consommé ou non, et d’un concubinage public et notoire [même tentative de mariage civil]».

Code de droit canon 1917, can. 2356 : «Les bigames, c’est-à-dire ceux qui, malgré le lien conjugal, font la tentative d’un autre mariage, du moins civil, comme on dit, sont infâmes [*] par le fait même ; de plus, si, méprisant la monition de l’Ordinaire, ils persistent dans leur concubinage adultérin, que suivant la gravité de leur faute, on les excommunie ou qu’on les frappe d’un interdit personnel».

* Encyclopédie catholique, 1907-1913, « Infamie » : «L’infamie au sens canonique est définie comme la privation ou la diminution de sa réputation en raison de sa mauvaise côte, même chez les hommes prudents. Il s’agit d’une irrégularité, c’est-à-dire d’un empêchement canonique… L’infamie de fait [infamia facti] est le résultat d’une opinion répandue, par laquelle la communauté attribue une délinquance exceptionnellement grave, comme l’adultère ou autre chose, à une personne. C’est plus une inaptitude qu’une irrégularité proprement dite, à moins qu’une sentence prononcée devant un tribunal ne soit prononcée. Elle cesse donc quand on a montré par un changement de vie s’étendant sur une période de deux ou probablement trois ans que son repentir est sincère».

Pape Léon XIII, Arcanum, 1880 (Magistère) : «Tout le monde doit savoir aussi que chez les chrétiens l’union de l’homme et de la femme, contractée en dehors du sacrement, n’a ni la validité, ni la nature d’un vrai mariage. Fût-elle conforme aux lois civiles, elle n’a cependant d’autre valeur que celle d’une formalité ou d’un usage introduit par le droit civil».

Catéchisme Penny n° 308 : «Est-ce un sacrilège que de contracter un mariage en état de péché mortel ou en désobéissant aux lois de l’Église ? C’est un sacrilège que de contracter un mariage en état de péché mortel ou en désobéissant aux lois de l’Église. Au lieu de la bénédiction, les parties coupables attirent sur elles-mêmes la colère de Dieu…».

L’Église condamne le divorce civil d’un Mariage valide.

Pape Pie IX, Syllabus des erreurs, n° 67, 1864 : «De droit naturel, le lien du mariage n’est pas indissoluble, et dans différents cas le divorce proprement dit peut être sanctionné par l’autorité civile». condamnée (Cf Ad apostolicae, 22 août 1851 ; Allocution Acerbissimum, 27 sept. 1852)

L’Église interdit tout remariage civil d’un époux baptisé non-délié d’un Mariage valide précédent sous peine d’invalidité, de péché de concubinage public, de sacrilège et de scandale. C’est un dogme de foi que le Mariage valide est indissoluble sur terre.

Éphésiens 5, 31-32 : « …l’homme laissera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme,  ils seront deux dans une seule chair. Ce sacrement est grand, je dis dans le Christ et dans l’Église ».

Matthieu 19, 5 : « Ce que Dieu donc a uni, que l’homme ne le sépare point ».

Pape Pie Pie IV, Concile de Trente, 24ème session, sur le sacrement de mariage, 11 nov. 1563, ex cathedra : «Sous l’inspiration du Saint-Esprit, le premier Père du genre humain a proclamé le lien perpétuel et indissoluble du mariage quand il a dit « Voilà maintenant l’os de mes os, la chair de ma chair. C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère et s’attachera à sa femme, et ils seront deux en une seule chair » [Gn 2, 23 ; Mt 19, 5 Ep 5, 31].

«Que par ce lien ne sont unis que deux êtres, le Christ notre Seigneur l’a assez clairement enseigné lorsque, rappelant ces paroles comme prononcées par Dieu, il a dit : « C’est pourquoi ils ne sont plus deux, mais une seule chair » [Mt 19, 6], et il confirma immédiatement après ces paroles, la solidité de ce lien proclamé si longtemps auparavant par Adam, « Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas » [Mt 19, 6 ; Mc 10, 9].

«La grâce qui porterait cet amour naturel à sa perfection affirmerait cette unité indissoluble et sanctifierait les époux, le Christ lui-même, qui a institué et porté à leur perfection les vénérables sacrements, nous l’a méritée par sa Passion. C’est ce que l’apôtre Paul nous suggère quand il dit : « Maris, aimez vos femmes, comme le Christ a aimé l’Église et s’est livré lui-même pour elle » [Ep 5, 25], en ajoutant aussitôt : « Ce sacrement est grand, je le dis : dans le Christ et dans l’Église » [Ep 5, 32].

«Canon 2. Si quelqu’un dit qu’il est permis aux chrétiens d’avoir en même temps plusieurs épouses, et que cela n’a été défendu par aucune Loi divine [Mt 19, 9] : qu’il soit anathème».

«Canon 4. Si quelqu’un dit que le lien du mariage peut être rompu en raison de l’hérésie, ou bien d’une vie en commun insupportable, ou bien en l’absence voulue d’un conjoint : qu’il soit anathème».

Pape Pie XI, Casti connubii, 31 déc. 1930 (Magistère) : «…dans cette Encyclique même, qui est presque tout entièrement consacrée à prouver la divine institution du mariage, sa dignité de sacrement et son inébranlable perpétuité la nature du mariage est absolument soustraite à la liberté de l’homme, en sorte que quiconque l’a une fois contracté se trouve du même coup soumis à ses lois divines et à ses exigences essentiellesDans un mariage pareil [valide, ratifié et consommé], le pacte matrimonial a reçu son plein achèvement, et du même coup, de par la volonté de Dieu, la plus grande stabilité et la plus grande indissolubilité y resplendissent et aucune autorité des hommes ne pourra y porter atteinte».».

Le divorcé-remarié (civilement) engage le péché de scandale en violant publiquement la loi divine d’indissolubilité du Mariage. Le droit civil du « remariage » est invalide et illégitime contre le droit divin, et incompatible avec le Mariage qui représente l’union du Christ et de Son Épouse qui est l’Église.

Tout péché public doit être réparé publiquement, comme l’enseigne l’Église de loi divine :

Pape Martin V, Concile de Constance, Inter cunctas, Questionnaire aux wyclifites et hussites, 22 fév. 1418 ex cathedra : « 39. De même s’il croit que les péchés mortels, et en particulier ceux qui sont manifestes, doivent être corrigés et extirpés publiquement ».

Le divorcé-remarié s’auto-excommunie : ils n’est même pas admis au sacrement de Pénitence tant que son état de vie demeure, c’est-à-dire qu’ils doit avant quitter l’état de remarié civil et le concubinage (vie commune avec vie intime). L’Église a toujours enseigné qu’on doit éviter l’occasion prochaine de pécher pour être sauvé et recevoir le pardon de ses péchés de Dieu :

Innocent XI, erreurs diverses sur les questions morales  n° 61, 4 mars 1679 : «Peut parfois être absous celui qui demeure dans une occasion prochaine de pécher qu’il peut et ne veut pas éviter, et même qu’il cherche directement ou délibérément, ou dans laquelle il se jette» – Condamnée (Ench. Symb. Denz. 1211 2161)

Innocent XI, erreurs diverses sur les questions morales,  n° 62, 4 mars 1679 : «Une occasion prochaine de pécher ne doit pas être fuie lorsqu’il y a une raison utile ou honnête de ne pas la fuir» – Condamnée (Ench. Symb. Denz. 1212 2162)

Innocent XI, erreurs diverses sur les questions morales, n° 63, 4 mars 1679 : «Il est permis de chercher directement l’occasion prochaine de pécher pour notre bien spirituel ou temporel, ou pour celui du prochain» – Condamnée (Ench. Symb. Denz. 1213 2163)

Et tant le divorcé-remarié demeure dans son état, il reste en état de damnation. Quand ce sont deux divorcés-remariés le péché est doublement plus grave.

Pape Pie XI, Casti connubii, 31 déc. 1930 (Magistère) : «certains en sont arrivés à imaginer de nouveaux genres d’union, appropriées, suivant eux, aux conditions présentes des hommes et des temps. … Bien plus, il en est qui veulent et qui réclament que ces monstruosités soient consacrées par les lois ou soient tout au moins excusées par les coutumes et les institutions publiques des peuples…».

Contraception

Toute forme de contraception artificielle ou naturelle est un péché mortel engagé par l’intention.

Pape Pie XI, Casti connubii, 31 déc. 1930 (Magistère) : «Tout à fait d’accord avec les paroles sévères de l’évêque d’Hippone dénonçant ces parents méchants qui cherchent à rester sans enfant, et à défaut de cela, n’ont pas honte de mettre leurs enfants à mort : «Parfois, cette cruauté lubrique ou cruel désir va aussi loin que de chercher à procurer une stérilité funeste, et si cela échoue, le fœtus conçu dans le sein est d’une manière ou d’une autre étouffé ou évacué, dans le désir de détruire la progéniture avant qu’elle ait la vie, ou si elle vit déjà dans l’utérus, pour la tuer avant qu’elle ne soit néeSi l’homme et la femme ont part à de telles pratiques, ils ne sont pas conjoints du tout, et si c’est la première qu’ils ont exercé, ils se sont donc réunis non pour le mariage honnête, mais pour la gratification impure ».

Les couples mariés qui tentent de faire échouer la conception tout en s’engageant dans l’acte conjugal doivent formuler un plan délibéré pour le faire. Dans tous les cas, ils formulent délibérément un plan pour empêcher la conception avant l’acte conjugal. S’ils ont l’intention d’utiliser des dispositifs de contraception physiques pendant l’acte, ou un plan de retrait pendant l’acte ou envisagent de prendre des pilules de contrôle des naissances qui empêchent l’ovulation avant l’acte, ou prévoient d’utiliser la Planification Familiale Naturelle en ayant des relations que pendant la période infertile, ou suivent des périodes fertiles et infertiles, c’est exactement le même régime. Dans tous les cas, l’objectif de ce plan est le même : empêcher la conception tout en s’engageant dans l’acte conjugal.

C’est intrinsèquement mauvais lorsque les conjoints ont l’intention d’avoir des relations sexuelles tout en ayant également prévu de rendre la conception impossible. Il n’est pas question de la manière selon laquelle les conjoints envisagent d’empêcher la conception. Le principe est le même dans tous les cas : la prévention délibérée de conception par les époux tout en s’engageant dans l’acte conjugal. La culpabilité du péché mortel s’engage lorsque ces deux conditions sont remplies, que ce soit dans l’intention ou selon la loi divine et ecclésiastique. Notre Seigneur nous enseigne que tout péché vient du cœur, et se manifeste dans les actions des hommes.

C’est une loi divine, un dogme de la foi (de fide), que la fin première du mariage est la procréation (avoir des enfants) et l’éducation des enfants. Le pape Pie XI enseigne qu’il «est au-delà de la puissance de toute loi humaine».

Pape Pie XI, Casti Connubii, 31 décembre 1930 : « Car éloigner pour l’homme le droit naturel et originel du mariage, circonscrire en aucune façon les principales fins du mariage prévues au début par Dieu Lui-même à l’augmentation … et multiplication, est au-delà de la puissance de toute loi humaine. … Ceci est aussi exprimé succinctement dans le Code de Droit Canonique « La fin première du mariage est la procréation et l’éducation des enfants ».

Pape Pie IX, premier concile du Vatican, Session 4, chapitre 4, définition de l’infaillibilité : «… nous enseignons et définissons comme un dogme divinement révélé que lorsque le pontife romain parle ex cathedra,  quand, 1. dans l’exercice de ses fonctions de pasteur et professeur de tous les chrétiens, 2. en vertu de sa suprême autorité apostolique, 3. il définit une doctrine concernant la foi ou la morale doit être tenue par l’ Église tout entière, il possède, par l’assistance divine promise au bienheureux Pierre, l’infaillibilité dont le divin Rédempteur a voulu que son église soit dotée pour la définition de la doctrine concernant la foi ou la morale. Par conséquent, ces définitions du Pontife romain sont irréformables d’elles-mêmes, et non par le consentement de l’église. Alors, si quelqu’un, à Dieu ne plaise, avait la témérité de rejeter cette définition qui est la nôtre : qu’il soit anathème ».

Une doctrine de la foi ou de la morale devient partie intégrante du magistère solennel (extraordinaire) quand un pape infaillible définit et donc en fait un dogme de foi ou de morale. Non seulement le magistère ordinaire, mais aussi le magistère solennel, par la définition infaillible de l’encyclique de Pie XI Casti Connubii en 1930, dénonce l’intention de contraception et, partant, toute méthode utilisée pour mener à bien cette intention (ce qui inclut les nouvelles méthodes que la science et la médecine n’avaient pas encore inventés, tels que les pilules de contrôle des naissances qui ont été présentées au public au début des années 1960).

Casti Connubii est une encyclique adressée à l’Église tout entière. Dans cette encyclique, Pie XI déclare clairement ce qu’est la foi de l’Église sur le mariage chrétien. Quand un pape affirme clairement et avec autorité que la foi de l’Église est dans une encyclique pour l’Église tout entière, c’est qu’il représente l’enseignement (infaillible) du Magistère ordinaire et universel, auquel un catholique est tenu. Son enseignement montre que toutes les formes de prévention des naissances sont le mal. (Nous citons ci-dessous un long extrait de son encyclique qui résume la question). En outre, il y a le langage solennel utilisé par le Pape Pie XI dans Casti Connubii qui constitue une déclaration solennelle et infaillible (ex cathedra). Notez les parties en gras et soulignées.

Pape Pie XI, Casti Connubii (# s 53-56), 31 déc. 1930 ex cathedra : «Et maintenant, Vénérables Frères, nous allons expliquer en détail les maux opposés à chacun des avantages du mariage. La première considération est due à la descendance, que beaucoup ont l’audace d’appeler le fardeau désagréable du mariage et disent qu’il doit être soigneusement évité par les personnes mariées non par la continence vertueuse (que permet la loi chrétienne dans le mariage lorsque les deux parties y consentent), mais par frustration de l’acte de mariage. Certains justifient cette violence criminelle au motif qu’ils sont fatigués des enfants et qu’ils veulent assouvir leurs désirs sans leur charge conséquente. D’autres disent qu’ils ne peuvent pas, d’une part rester continent ni de l’autre qu’ils peuvent avoir des enfants à cause des difficultés que ce soit de la part de la mère ou de la part de la situation familiale.

« Mais aucune raison, si grave soit elle, ne peut être mise en avant par laquelle rien d’intrinsèquement contre-nature ne peut devenir conforme à la nature et moralement bon. Ainsi, donc, L’ACTE CONJUGAL EST DESTINÉ PRINCIPALEMENT PAR LA NATURE À LA GÉNÉRATION DES ENFANTS, CEUX QUI DANS SON EXERCICE, DÉLIBÉRÉMENT FRUSTRENT SES POUVOIRS ET FINS NATURELS COMMETTENT LE PÉCHÉ CONTRE LA NATURE ET UN ACTE QUI EST HONTEUX ET INTRINSÈQUEMENT VICIEUX.

« Rien d’étonnant, donc, si l’Écriture sainte atteste que, la divine Majesté considère avec la plus grande détestation ce crime horrible et parfois l’a puni de mort. Comme le note saint Augustin, «LES RAPPORTS SEXUELS, MÊME AVEC L’ÉPOUSE LÉGITIME SONT ILLICITES ET MAUVAIS OÙ LA CONCEPTION DE LA PROGÉNITURE EST EMPÊCHÉE. Onan, fils de Juda, l’a fait, et le Seigneur l’a tué pour cela (Gen. 38, 8-10).

« Comme depuis le début, donc, c’est ouvertement la tradition chrétienne ininterrompue et que certains ont récemment jugé possible de déclarer solennellement une autre doctrine sur cette question, l’Église catholique, à qui Dieu a confié la défense de l’intégrité et la pureté des mœurs, debout au milieu de la ruine morale qui l’entoure, afin qu’elle puisse préserver la chasteté de l’union nuptiale d’être souillée par cette tache, élève la voix en signe de sa fonction d’ambassadrice divine et par notre bouche proclame à nouveau : un usage quelconque DU MARIAGE exercé de façon à frustrer VOLONTAIREMENT l’action de sa puissance naturelle DE PROCRÉER LA VIE EST UNE infraction à la loi de Dieu et de la NATURE, ET ceux qui s’adonnent à pareils actes se sont souillés avec la culpabilité d’un péché GRAVE ».

Ces phrases remplissent les conditions d’un enseignement infaillible en ce qui concerne la doctrine de la morale. Le pape s’adresse à l’Église universelle, « l’Église catholique ». Il a dit clairement qu’il proclame une vérité : «Notre bouche proclame». Le sujet traite de la morale, «l’Église catholique, à qui Dieu a confié la défense de l’intégrité et la pureté des mœurs». Et enfin, il lie les catholiques à cet enseignement sous peine de péché grave, « ceux qui se livrent à pareils actes se sont souillés avec la culpabilité d’un péché grave ». C’est un langage infaillible, ex cathedra ; quiconque le nie ne sait tout simplement pas ce dont il parle, et quiconque persiste en s’obstinant à nier cette vérité catholique est hérétique.

On peut voir que la loi divine condamne toutes les formes de contraception artificielles et naturelles (comme la Planification Familiale Naturelle ou planification naturelle de la famille par contrôle rythmique des naissances) comme un péché mortel, car elles compromettent l’acte de mariage et frustrent la puissance de procréation et car c’est Dieu qui ouvre l’utérus de la femme.

Voir Contraception naturelle : La planification familiale naturelle (contrôle naturel par le cycle) est un péché de contrôle des naissances

Avortement

L’avortement est le résultat de pratiques contraceptives qui ont échoué.

Pape Pie XI, Casti connubii, 31 déc. 1930 (Magistère) : «Tout à fait d’accord avec les paroles sévères de l’évêque d’Hippone dénonçant ces parents méchants qui cherchent à rester sans enfant, et à défaut de cela, n’ont pas honte de mettre leurs enfants à mort : «Parfois, cette cruauté lubrique ou cruel désir va aussi loin que de chercher à procurer une stérilité funeste, et si cela échoue, le fœtus conçu dans le sein est d’une manière ou d’une autre étouffé ou évacué, dans le désir de détruire la progéniture avant qu’elle ait la vie, ou si elle vit déjà dans l’utérus, pour la tuer avant qu’elle ne soit née. Si l’homme et la femme ont part à de telles pratiques, ils ne sont pas conjoints du tout, et si c’est la première qu’ils ont exercé, ils se sont donc unis non pour le mariage honnête, mais pour la gratification impure ».

Code de droit canon 1917, Can. 985 : Sont irréguliers par délit : «4° Ceux qui volontairement ont commis un homicide ou un avortement de fœtus humain, suivis d’effet, et tous leurs coopérateurs».

L’avortement direct est interdit sous peine d’excommunication automatique si la mère a connaissance de cette censure de l’Église :

Code de droit canon 1917, can. 2350 § 1 : «Ceux qui produisent un avortement, sans excepter la mère, encourent, si l’effet a été obtenu, une excommunication ‘latae sententiae’ réservée à l’Ordinaire ; de plus s’ils sont clercs, on doit les déposer».

L’avortement indirect volontaire est une fausse couche pour négligence coupable : c’est une faute grave (péché mortel).

Théologie morale de l’acte mauvais :

La règle morale est qu’on ne peut jamais faire un acte directement mauvais : «on ne peut pas faire un mal pour en tirer un bien» (cf. St Paul, St Augustin).

Conditions de l’acte volontaire indirect à double effet : 

  1. Intention bonne (que pour se soigner)
  2. Cause proportionnée (pas d’autre moyen)
  3. Action bonne ou indifférente (moralement neutre)
  4. Effet bon (l’effet bon ne vient pas de l’effet mauvais)

Si une seule des quatre conditions n’est pas remplie, l’action n’est pas une bonne, mais mauvaise.

On ne peut pas tuer un innocent pour sauver une vie humaine : c’est un crime d’avorter pour sauver la vie de la mère.

La mère n’a pas droit de se tuer pour sauver la vie de son enfant, mais «s’offre elle-même, avec un courage héroïque, à une mort presque certaine pour conserver la vie à l’enfant une fois conçu … Ce qu’elle aura souffert pour remplir pleinement le devoir naturel, Dieu seul, dans toute sa richesse et toute sa miséricorde, pourra le récompenser, et il le fera sûrement dans une mesure non seulement pleine, mais surabondante».

Pape Pie XI, Casti connubii, 31 déc. 1930 (Magistère) : «Pour ce qui concerne les motifs allégués pour justifier le mauvais usage du mariage, il n’est pas rare – pour taire ceux qui sont honteux – que ces motifs soient feints ou exagérés. Néanmoins, l’Église, cette pieuse Mère, comprend, en y compatissant, ce que l’on dit de la santé de la mère et du danger qui menace sa vie. Et qui ne pourrait y réfléchir sans s’émouvoir de pitié ? qui ne concevrait la plus haute admiration pour la mère qui s’offre elle-même, avec un courage héroïque, à une mort presque certaine pour conserver la vie à l’enfant une fois conçu ? Ce qu’elle aura souffert pour remplir pleinement le devoir naturel, Dieu seul, dans toute sa richesse et toute sa miséricorde, pourra le récompenser, et il le fera sûrement dans une mesure non seulement pleine, mais surabondante» (Lc VI, 38).

 

Dû conjugal (ou dette conjugale)

Code de droit canon 1917, Can. 1111 : «Un droit et un devoir égal appartiennent dès le début du mariage à chacun des conjoints en ce qui concerne les actes propres à la vie conjugale».

L’épouse ne peut pas décider seule de ne pas donner la dette conjugale, mais seulement avec l’autorisation de son époux ; et l’époux ne peut pas décider seul de ne pas donner la dette conjugale, mais seulement avec l’autorisation de son épouse.

Pape Pie XI, Casti connubii, 31 décembre 1930 (Magistère) : «Dans cette mutuelle formation intérieure des époux, et dans cette application assidue à travailler à leur perfection réciproque, on peut voir aussi, en toute vérité, comme l’enseigne le Catéchisme Romain (Catéch. Rom. II, ch. VIII, q. 13), la cause et la raison première du mariage si l’on ne considère pas strictement dans le mariage l’institution destinée à la procréation et à l’éducation des enfants, mais, dans un sens plus large, une mise en commun de toute la vie, une intimité habituelle, une société. Cette même charité doit harmoniser tout le reste des droits et des devoirs des époux : et ainsi, ce n’est pas seulement la loi de justice, c’est la règle de la charité qu’il faut reconnaître dans ces paroles de l’Apôtre : «Que le mari rende à la femme son dû ; et pareillement, la femme à son mari (1 Cor. 7, 3)».

Un couple ne peut licitement participer à l’acte conjugal sans péché que s’il est effectué pour la fin primaire d’avoir des enfants, pour payer la dette conjugale, ou pour la fin secondaire d’apaiser la concupiscence qui doit être subordonnée à la fin primaire de procréer des enfants, mais la fin secondaire d’apaiser la concupiscence n’est pas nécessaire pour effectuer licitement l’acte conjugal de la même façon que l’est la fin primaire de procréer des enfants ; La fin secondaire d’apaiser la concupiscence n’est pas méritoire ou nécessaire, même si elle est autorisée.

Saint Thomas d’Aquin, Somme Théologique, Supplément, Q. 64. Art. 1 : «En outre, le mariage doit être dirigé pour éviter la fornication [adultère, masturbation, etc.] (1 Corinthiens 7, 2). Mais cela pourrait ne pas être l’effet du mariage si l’on n’était pas tenu de payer la dette à l’autre lorsque ce dernier est troublé par la concupiscence. Par conséquent, le paiement de la dette est une obligation de précepte».

Saint Thomas d’Aquin, Somme Théologique, Supplément, Q. 64. Art. 1, réponse au 3 : «Si le mari se rendait incapable de payer la dette pour une cause conséquente lors du mariage, par exemple pour avoir déjà payé la dette et être incapable de la payer, la femme n’a pas le droit de la demander à nouveau, et ce faisant, elle se comporte comme une prostituée plutôt que comme une femme. Mais s’il est rendu incapable pour une autre cause [comme la maladie ou la fatigue], et si cela est une cause légitime, il n’est pas tenu [de payer la dette conjugale], et elle ne peut pas la demander, mais si c’est une cause illicite [i.e., il n’a aucune raison grave pour refuser de payer la dette matrimoniale], il a péché, et fait pécher sa femme, si elle tombe dans la fornication [l’adultère, les pensées impures ou la masturbation] sur ce compte, lui est quelque peu imputable. Il doit par conséquent s’efforcer de faire de son mieux pour que sa femme puisse rester continente».

 

Fidélité conjugale 

La fidélité conjugale comprend l’unité, la chasteté, l’obéissance.

Pape Pie XI, Casti connubii, 31 décembre 1930 (Magistère) : «Le bien de la fidélité conjugale comprend donc : l’unité, la chasteté, une digne et noble obéissance ; autant de vocables qui formulent les bienfaits de l’union conjugale, qui ont pour effet de garantir et de promouvoir la paix, la dignité et le bonheur du mariage. Aussi n’est-il pas étonnant que cette fidélité ait toujours été rangée parmi les biens excellents et propres du mariage».

 

Chasteté conjugale

Pape Pie XI, Casti connubii, 31 décembre 1930 (Magistère) : «… afin que le bien de la fidélité conjugale resplendisse de tout son éclat, les rapports intimes entre les époux eux-mêmes doivent porter l’empreinte de la chasteté, en sorte que les époux se comportent en tout suivant la règle de la loi divine et naturelle, et qu’ils s’appliquent toujours à suivre la volonté très sage et très sainte de leur Créateur avec un sentiment profond de respect pour l’œuvre de Dieu».

Le mariage exige infailliblement la chasteté conjugale. La chasteté conjugale signifie garder purs les rapports conjugaux aux fins primaires du Mariage (Procréation et éducation) et aux fins secondaires subordonnées aux fins primaires (l’entraide, la culture de l’amour mutuel et l’apaisement de la concupiscence, dû conjugal).

La chasteté repose sur la pudeur et la modestie :

La pudeur – «modératrice de la passion» (Arcanum, Léon XIII) – est le sentiment de honte de sa propre nudité suite au péché originel. Le démon attaque la pudeur, en particulier chez les femmes, avec des vêtements inadaptés montrant trop des parties du corps, moulant les formes, immodestes, etc.

La modestie est de mettre de l’ordre dans les choses. Le démon tente toujours d’entraîner au désordre de l’immodestie par des choses anodines et/ou par l’influence de personnes désordonnées : parures, bijoux, maquillage, coiffure immodeste, etc.

Sans pudeur et modestie, la chasteté est inexorablement vouée à la ruine.

Continence vertueuse

Les époux peuvent faire continence vertueuse dans leur Mariage en s’abstenant de tout rapport conjugal (pendant un temps donné) pour la gloire de Dieu (et s’ils sont appelés par Dieu à une plus grande perfection de la charité (sainteté) dans et par le Mariage).

Pape Pie XI, Casti Connubii (# s 53-56), 31 déc. 1930 (Magistère) : «… la descendance, que beaucoup ont l’audace d’appeler le fardeau désagréable du mariage et disent qu’il doit être soigneusement évité par les personnes mariées non par la continence vertueuse (que permet la loi chrétienne dans le mariage lorsque les deux parties y consentent), mais par frustration de l’acte de mariage».

 

Acte sexuel

C’est une loi divine, un dogme de la foi (de fide), que la fin première du mariage est la procréation (avoir des enfants) et l’éducation des enfants, le pape Pie XI l’a infailliblement décrété.

Pape Pie XI, Casti Connubii : «La fin première du mariage est la procréation et l’éducation des enfants».

Les fins secondaires, 1) l’entraide, 2) la culture de l’amour mutuel et 3) l’apaisement de la concupiscence, sont toujours secondaires, c’est-à-dire restent immuablement subordonnées aux fins premières.

Pape Pie XI, Casti Connubii (n° 59), 31 décembre 1930 (Magistère) : «Il y a, en effet, tant
dans le mariage lui-même que dans l’usage du droit matrimonial, des fins secondaires, telles que l’entraide, la culture de l’amour mutuel et l’apaisement de la concupiscence que le mari et la femme ne sont pas interdits de considérer tant qu’ils sont subordonnés à la fin première [procréation] et aussi longtemps que la nature intrinsèque de l’acte est préservée» .

Selon le dogme catholique, un mari et sa femme ont le droit d’apaiser leur concupiscence comme fin secondaire subordonnée ou en dépendance de la fin première de procréation. Il s’agit d’un enseignement infaillible de l’Église catholique proclamé par le Pape Pie XI (Casti Connubii). Dans ces conditions, les conjoints sont autorisés à apaiser l’enflammement de la concupiscence dans l’état de mariage sans faire obstacle à la fin première de procréation.

De nombreux couples aujourd’hui, et en particulier ceux qui se font appeler du nom de catholique, pèchent contre les lois du mariage. Ainsi ceux qui commettent des actes sexuels qui n’ont pas pour fin première la procréation (et pour fin secondaire l’apaisement de la concupiscence) engagent le péché.

Monitum du Saint-Office, 30 juin 1952, Relations sexuelles qui évitent l’orgasme :
«C’est avec une vive inquiétude que le Siège apostolique constate qu’un certain nombre d’auteurs, traitant de la vie conjugale, en sont venus ici et là à en traiter publiquement et en allant sans pudeur jusque dans le détail, et que certains même décrivent, approuvent et conseillent un certain acte appelé « étreinte réservée ». Dans une affaire aussi importante, qui touche à la sainteté du mariage et au salut des âmes, … la Congrégation du Saint-Office, pour ne pas manquer à son devoir et par mandat exprès … de Pie XII, avertit gravement tous les auteurs d’avoir à renoncer à cette façon de faire … Quant aux prêtres, dans le ministère des âmes et dans la direction des consciences, qu’ils ne se risquent jamais, soit de leur propre initiative, soit qu’on les interroge, à parler d’une façon qui laisserait entendre qu’il n’y a rien à objecter de la part de la loi chrétienne à l’étreinte réservée».

Pape Innocent XI, erreurs diverses sur les sujets moraux, condamnées dans un décret du Saint-Office, 4 mars 1679 : « L’acte de mariage accompli seulement pour le plaisir est dénué de toute faute vénielle » – Condamné. (Ench. Symb. Denz. 1159 2109)

Saint Augustin, le mariage et la concupiscence 1, 15, 17 (419) : «Je suppose, alors, bien que vous ne mentez pas [avec votre épouse] pour l’amour de la procréation de la progéniture, que vous n’êtes pas pour l’amour de la convoitise et l’obstruction de sa procréation par une prière mauvaise ou une mauvaise action. Ceux qui font cela, sont appelés mari et femme, mais ne le sont pas, pas plus qu’ils ne conservent aucune réalité du mariage, mais avec un nom respectable couvrent une honte.  … Assurément, si le mari et la femme sont comme ça, ils ne sont pas mariés, et s’ils étaient comme ça depuis le début, ils ne s’unissent pas en adhérant au mariage, mais à la séduction. Si les deux sont comme cela, j’ose dire que, soit la femme est, dans un mode, la prostituée de son mari, ou lui est adultère avec sa femme ».

L’acte sexuel dans le mariage n’est pas un péché si l’acte matrimonial garde sa fin première du mariage qui est la procréation et si sa fin secondaire qui est l’apaisement de la concupiscence est préservée (c’est-à-dire si par l’acte sexuel conjugal, la concupiscence n’est pas volontairement enflammée 1° sans intention de procréer, 2° de manière coupable). Les fins secondaires du mariage d’apaisement de la concupiscence et la culture de l’amour mutuel doivent toujours rester subordonnées à la fin principal du mariage (la procréation).

L’acte sexuel sans l’intention de procréation est au démon.

Tobie 6, 16-17 : « Alors l’ange Raphaël lui dit [Tobie] : Écoute-moi, et je te montrerai qui sont ceux sur qui le démon a du pouvoir. Or ceux qui embrassent le mariage de manière qu’ils bannissent Dieu de leur cœur et de leur esprit, et qu’ils s’abandonnent à leur passion, de même que le cheval et le mulet, qui n’ont pas d’intelligence, le démon a pouvoir sur eux ».

Les causes naturelles temporaires ou physiques de stérilité n’empêchent pas l’intention de procréation suivant la saine et naturelle raison.

Pape Pie XI, Casti connubii, 31 déc. 1930 : « Il ne faut pas non plus accuser d’actes contre nature les époux qui usent de leur droit suivant la saine et naturelle raison, si, pour des causes naturelles, dues soit à des circonstances temporaires, soit à certaines défectuosités physiques, une nouvelle vie n’en peut pas sortir. Il y a, en effet, tant dans le mariage lui-même que dans l’usage du droit matrimonial, des fins secondaires — comme le sont l’aide mutuelle, l’amour réciproque à entretenir, et le remède à la concupiscence — qu’il n’est pas du tout interdit aux époux d’avoir en vue, POURVU QUE LA NATURE INTRINSÈQUE DE CET ACTE SOIT SAUVEGARDÉE ».

 

Mariage en ces temps de grande apostasie  

https://www.mostholyfamilymonastery.com/catholicchurch/new-sacraments/#.XEIbg1VKiUk

La nouvelle ordonnance de mariage a été promulguée le 19 mars 1969. Avec la nouvelle célébration du mariage, presque toutes les prières ont été modifiées. Dans le rite traditionnel du mariage, une lecture d’Ephésiens (5: 22-33) était prescrite, stipulant la subordination de la femme au mari. Dans le nouveau rite, il est possible de choisir parmi dix lectures différentes, dont le verset d’Éphésiens, mais cette lecture omet spécifiquement les versets qui traitent de la subordination de la femme au mari ! Dans le questionnement des futurs mariés sur leur engagement à mener un véritable mariage chrétien, ils ne sont pas interrogés séparément, mais ensemble.

La bénédiction nuptiale a été changée ; le libellé a été modifié. En outre, les mariages mixtes sont maintenant très répandus, dont beaucoup sont invalides.

En dépit de ces problèmes, la forme et la matière du sacrement du mariage ne peuvent être changées, car la matière est constituée par les personnes qui se marient et la forme est leur consentement mutuel. Cependant, les changements apportés au rite du sacrement du mariage montrent à nouveau le caractère et l’intention de ceux qui ont mis en œuvre la révolution Vatican II.

Conclusion : le nouveau rite de mariage est valide, mais un catholique traditionnel ne peut être marié selon le nouveau rite. Un grand nombre des mariages mixtes autorisés sont invalides. Le nouveau rite de mariage n’invoque pas Dieu. Le nouveau rite de mariage est utilisé pour corrompre les enseignements catholiques et imposer une fausse compréhension au couple marié. Puisqu’un prêtre est le témoin de l’église dans le mariage, un catholique ne devrait pas se marier devant un prêtre, même valablement ordonné, qui ne soit pas à 100% catholique.

 

Doctrine catholique du mariage

Concile de Trente

Pape Pie Pie IV, Concile de Trente, 24ème session, sur le sacrement de mariage, 11 nov. 1563, ex cathedra : «Sous l’inspiration du Saint-Esprit, le premier Père du genre humain a proclamé le lien perpétuel et indissoluble du mariage quand il a dit  » Voilà maintenant l’os de mes os, la chair de ma chair. C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère et s’attachera à sa femme, et ils seront deux en une seule chair  » Gn 2,23 Mt 19,5 Ep 5,31.

«Que par ce lien ne sont unis que deux êtres, le Christ notre Seigneur l’a assez clairement enseigné lorsque, rappelant ces paroles comme prononcées par Dieu, il a dit : « C’est pourquoi ils ne sont plus deux, mais une seule chair » (Mt 19, 6), et il confirma immédiatement après ces paroles, la solidité de ce lien proclamé si longtemps auparavant par Adam « Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas » (Mt 19, 6 ; Mc 10, 9).

«La grâce qui porterait cet amour naturel à sa perfection affirmerait cette unité indissoluble et sanctifierait les époux, le Christ lui-même, qui a institué et porté à leur perfection les vénérables sacrements, nous l’a méritée par sa Passion. C’est ce que l’apôtre Paul nous suggère quand il dit : « Maris, aimez vos femmes, comme le Christ a aimé l’Église et s’est livré lui-même pour elle » (Ep 5, 25), en ajoutant aussitôt « Ce sacrement est grand, je le dis : dans le Christ et dans l’Église » (Ep 5, 32).

«Comme le mariage dans la Loi évangélique l’emporte en grâce, par le Christ, sur les noces de l’ancienne Loi, c’est à juste titre que nos saints Pères, les conciles et la tradition de l’Église universelle ont toujours enseigné qu’il fallait le compter parmi les sacrements de la Loi nouvelle. Allant contre cette tradition, des hommes impies de ce siècle, déraisonnant, non seulement ont eu des opinions fausses sur ce vénérable sacrement, mais à leur habitude, introduisant la liberté de la chair sous le couvert de l’Évangile, par écrit et oralement, ont répandu nombre d’éléments étrangers au sentiment de l’Église catholique et aux coutumes approuvées depuis le temps des apôtres, et cela non sans grand dommage pour les fidèles.

«Désirant faire face à la témérité de ces hommes, le saint concile universel a jugé qu’il fallait exterminer les hérésies et erreurs notables des schismatiques susdits, pour que leur pernicieuse contagion n’en attire pas un grand nombre à eux aussi décrète-t-il contre ces hérétiques et leurs erreurs les anathématismes suivants.

Canons sur le sacrement du mariage

  1. «Si quelqu’un dit que le mariage n’est pas vraiment et proprement l’un des sept sacrements de la Loi évangélique que le Christ notre Seigneur a institués, mais qu’il a été inventé dans l’Église par les hommes et qu’il ne confère pas la grâce : qu’il soit anathème».
  2. «Si quelqu’un dit qu’il est permis aux chrétiens d’avoir en même temps plusieurs épouses, et que cela n’a été défendu par aucune Loi divine [Mt 19, 9] : qu’il soit anathème».
  3. «Si quelqu’un dit que seuls les degrés de consanguinité et d’affinité exprimés dans le Lévitique [Lv. 18, 6-18] peuvent empêcher de contracter mariage et rendent nul celui qui a été contracté, que l’Église ne peut dispenser d’aucun d’entre eux ni décider qu’un plus grand nombre soit cause d’empêchement et de nullité : qu’il soit anathème».
  4. «Si quelqu’un dit que l’Église n’a pas pu établir des empêchements dirimant le mariage, ou qu’elle s’est trompée en les établissant : qu’il soit anathème».
  5. «Si quelqu’un dit que le lien du mariage peut être rompu en raison de l’hérésie, ou bien d’une vie en commun insupportable, ou bien en l’absence voulue d’un conjoint : qu’il soit anathème».
  6. «Si quelqu’un dit qu’un mariage contracté et non consommé n’est pas annulé par la profession religieuse solennelle de l’un des conjoints : qu’il soit anathème».
  7. «Si quelqu’un dit que l’Église se trompe quand elle a enseigné et enseigne, conformément à l’enseignement de l’Évangile et de l’Apôtre [Mt 5, 32 ; Mt 19, 9 ; Mc 10, 11-12 ; Lc 16, 18 ; 1 Co 7, 11] que le lien du mariage ne peut pas être rompu par l’adultère de l’un des époux, et que ni l’un ni l’autre, même l’innocent qui n’a pas donné motif à l’adultère, ne peut, du vivant de l’autre conjoint, contracter un autre mariage ; qu’est adultère celui qui épouse une autre femme après avoir renvoyé l’adultère et celle qui épouse un autre homme après avoir renvoyé l’adultère : qu’il soit anathème».
  8. «Si quelqu’un dit que l’Église se trompe lorsqu’elle décrète que, pour de nombreuses raisons, les époux peuvent vivre séparés, sans vie conjugale ou sans vie en commun, pour un temps indéterminé ou déterminé : qu’il soit anathème».
  9. «Si quelqu’un dit que les clercs qui ont reçu les ordres sacrés ou les réguliers qui ont fait profession solennelle de chasteté peuvent contracter mariage, qu’un tel mariage est valide, malgré la Loi de l’Église ou leur vœu, et qu’affirmer le contraire n’est rien d’autre que condamner le mariage ; que peuvent contracter mariage tous ceux qui n’ont pas le sentiment d’avoir le don de chasteté (même s’ils en ont fait vœu) : qu’il soit anathème. Puisque Dieu ne refuse pas ce don à ceux qui le demandent comme il faut, et qu’il ne permet pas que nous soyons tentés au-dessus de nos forces [1 Co 10, 13]».
  10. «Si quelqu’un dit que l’état du mariage doit être placé au-dessus de l’état de virginité ou de célibat, et qu’il n’est ni mieux ni plus heureux de rester dans la virginité ou le célibat que de contracter mariage [Mt 19, 11 ; 1 Co 7, 25 ; 1 Co 7, 38-40] : qu’il soit anathème.
  11. «Si quelqu’un dit que l’interdiction de la solennité des noces à des temps déterminés [hors Avent et Carême] de l’année est une superstition tyrannique issue d’une superstition des païens, ou s’il condamne les bénédictions et autres cérémonies dont use l’Église : qu’il soit anathème».
  12. «Si quelqu’un dit que les causes matrimoniales ne relèvent pas des juges ecclésiastiques : qu’il soit anathème».

Décret sur les mariages clandestins

Concile de Trente, Décret « Tametsi » sur la réforme du mariage – mariages clandestins : « On ne doit certes pas douter que les mariages clandestins, qui se sont faits avec le libre consentement des contractants, sont des mariages valides et véritables, tant que l’Église ne les a pas rendus invalides ; aussi est-ce à bon droit que doivent être condamnés, comme le saint concile les condamne par anathème, ceux qui nient que ces mariages sont véritables et valides et affirment faussement que les mariages contractés par les fils de famille, sans le consentement de leurs parents, sont invalides et que les parents peuvent les faire valides ou invalides. La sainte Église néanmoins, pour de très justes raisons, a toujours eu ces mariages en horreur et les a défendus.

« Mais le saint synode s’aperçoit que ces défenses ne servent plus à rien en raison de la désobéissance des hommes ; il pèse la gravité des péchés venant de ces mariages clandestins, particulièrement pour ceux qui demeurent dans l’état de damnation lorsque, après avoir abandonné la première épouse avec laquelle ils avaient secrètement contracté mariage, ils contractent publiquement un mariage avec une autre et vivent avec elle en un perpétuel adultère ; l’Église qui ne porte pas de jugement sur les choses secrètes, ne peut apporter remède à ce mal qu’en recourant à un remède plus efficace. C’est pourquoi, mettant ses pas dans les pas du saint concile du Latran (IV) tenu sous Innocent III [817], le concile ordonne ce qui suit. A l’avenir, avant que soit contracté un mariage, trois fois, trois jours de fête consécutifs, le curé des parties contractantes annoncera publiquement dans l’église, pendant la célébration des messes, entre qui le mariage doit être contracté. Ces annonces faites, si ne s’y oppose aucun empêchement légitime, on procédera à la célébration du mariage devant l’Église, après avoir interrogé l’homme et la femme ; une fois bien compris qu’il y a consentement mutuel de leur part, le curé dira :  » Je vous unis par le mariage, au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit  » ; ou bien il se servira d’une autre formule, conformément au rite reçu de chaque province.

« S’il y avait un soupçon plausible que le mariage peut être empêché par la mauvaise foi, s’il est précédé de tant d’annonces ; soit on ne fera qu’une seule annonce, soit même le mariage sera célébré en présence du curé et de deux ou trois témoins ; ensuite, avant la consommation du mariage, les annonces seront faites dans l’église afin que, s’il demeure quelques empêchements, ceux-ci soient plus facilement découverts, à moins que l’Ordinaire lui-même ne juge expédient d’omettre les susdites annonces, ce que le saint concile laisse à sa prudence et à son jugement.

« Quant à ceux qui entreprendront de contracter mariage autrement qu’en présence du curé ou d’un autre prêtre autorisé par le curé ou l’Ordinaire, et devant deux ou trois témoins, le saint concile les rend absolument inhabiles à contracter de la sorte et décrète que de tels contrats sont invalides et nuls, comme par le présent décret il les rend invalides et les annule ».

Mariages mixtes (Pape Grégoire XVI)

 Summo Iugiter Studio, pape Grégoire XVI, Sur les mariages mixtes (4 pages)

Erreurs condamnées concernant le mariage chrétien (Pape Pie IX, syllabus, magistère)

Pape Pie IX, Syllabus d’erreurs condamnées, n° 65, 1864 : On ne peut établir par aucune preuve que le Christ a élevé le mariage à la dignité de sacrement . condamnée (Cf Lettre apostolique Ad apostolicae, 22 août 1851)

Syllabus n° 66. Le sacrement de mariage n’est qu’un accessoire du contrat et peut en être séparé, et le sacrement lui-même ne consiste que dans la seule bénédiction nuptiale. condamnée (Cf Ad apostolicae, 22 août 1851)

Syllabus n° 67. De droit naturel, le lien du mariage n’est pas indissoluble, et dans différents cas le divorce proprement dit peut être sanctionné par l’autorité civile. condamnée (Cf Ad apostolicae, 22 août 1851 ; Allocution Acerbissimum, 27 sept. 1852 )

Syllabus n° 68. L’Église n’a pas le pouvoir d’établir des empêchements dirimants au mariage : mais ce pouvoir appartient à l’autorité séculière, par laquelle les empêchements existants peuvent être levés. condamnée (Cf Lettre apostolique Multiplices inter, 10 juin 1851)

Syllabus n° 69. L’Église, dans le cours des siècles, a commencé à introduire les empêchements dirimants non par son droit propre, mais en usant du droit qu’elle avait emprunté au pouvoir civil. condamnée (Cf Lettre apostolique Ad apostolicae, 22 août 1851)

Syllabus n° 70. Les canons du concile de Trente qui prononcent l’anathème contre ceux qui osent nier le pouvoir qu’a l’Église d’opposer des empêchements dirimants, ne sont pas dogmatiques ou doivent s’entendre de ce pouvoir emprunté. condamnée (Cf Lettre apostolique Ad apostolicae, 22 août 1851)

Syllabus n° 71. La forme prescrite par le concile de Trente n’oblige pas sous peine de nullité, quand la loi civile établit une autre forme à suivre et veut qu’au moyen de cette forme le mariage soit valide. condamnée (Cf Lettre apostolique Ad apostolicae, 22 août 1851)

Syllabus n° 72. Boniface VIII a le premier déclaré que le vœu de chasteté prononcé dans l’ordination rend le mariage nul. condamnée (Cf Lettre apostolique Ad apostolicae, 22 août 1851)

Syllabus n° 73. Par la force du contrat purement civil, un vrai mariage peut exister entre chrétiens ; et il est faux, ou que le contrat de mariage entre chrétiens soit toujours un sacrement, ou que ce contrat soit nul en dehors du sacrement. condamnée (Cf Lettre apostolique Ad apostolicae, 22 août 1851 ; Lettre au Roi Victor-Emmanuel, 9 sept. 1852 ; Allocution Acerbissimum, 27 sept. 1852 ; Allocution Multis gravibusque, 17 déc. 1860)

Syllabus n° 74. Les causes matrimoniales et les fiançailles, par leur nature propre, appartiennent à la juridiction civile. condamnée (Cf Lettre apostolique Ad apostolicae, 22 août 1851 ; Allocution Acerbissimum, 27 sept. 1852)

Arcanum divinae, Léon XIII

Pape Léon XIII, Arcanum divinae, 10 février 1880 sur le mariage chrétien : «Tous ces vices, toutes ces ignominies qui déshonoraient les mariages furent enfin supprimés et guéris par Dieu. Jésus-Christ voulant restaurer la dignité humaine et perfectionner les lois mosaïques, s’occupa du mariage avec une sollicitude toute particulière.

«En effet, il ennoblit par sa présence les noces de Cana en Galilée, et les rendit mémorables par le premier de ses miracles (Joan. II). Aussi le mariage semble-t-il avoir commencé à recevoir ce jour-là, en raison de ces circonstances, un nouveau caractère de sainteté.

«Ensuite il ramena le mariage à la noblesse de sa première origine. Il réprouva donc les mœurs des Juifs qui abusaient de la multiplicité des épouses et de la faculté de les répudier. Il voulut surtout que personne n’osât séparer ce que Dieu avait joint par un lien d’union perpétuelle. C’est pourquoi, après avoir écarté les difficultés que l’on tirait des institutions mosaïques, il formula, en qualité de législateur suprême, cette règle sur le mariage : Or, je vous dis que quiconque aura renvoyé sa femme hors le cas d’adultère, et en aura pris une autre, commet un adultère, et celui qui aura pris celle qui a été renvoyée commet aussi un adultère (Matth. XIX, 9).

«Ce qui a été décrété et établi par l’autorité de Dieu au sujet des mariages, fut transmis oralement ou par écrit, en termes plus explicites et plus clairs, par les apôtres, messagers des lois divines. Il faut rapporter à leur enseignement ce que les Saints Pères, les Conciles et la tradition universelle de l’Eglise nous ont toujours affirmé (Conc. Trid., sess. XXIV, in principio) à savoir que Notre-Seigneur Jésus-Christ a élevé le mariage à la dignité de sacrement. Grâce à Lui, les époux, revêtus et munis de la grâce céleste, fruit de ses mérites, purent se sanctifier dans le mariage même. Dans ce mariage, image admirable de son union mystique avec l’Eglise, il a rendu l’amour naturel plus parfait et resserré plus étroitement, par le lien de la divine charité, la société familiale, déjà indivisible de sa nature (Conc. Trid., sess. XXIV, cap.1, De reformatione matrimonii.). Epoux, dit saint Paul aux Ephésiens, aimez vos femmes comme le Christ a aimé l’Eglise et s’est livré lui-même pour elle afin de la sanctifier… Les époux doivent aimer leurs femmes comme leur propre corps… car jamais personne n’a haï sa chair, mais il la nourrit et la soigne comme fait le Christ pour l’Eglise, parce que nous sommes les membres de son corps, formés de sa chair et de ses os. C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère pour s’attacher à sa femme, et ils seront deux en une seule chair. Ce mystère est grand ; je veux dire, par rapport au Christ et à l’Eglise (Eph. V, 25-32).

«L’homme est le prince de la famille et le chef de la femme. Celle-ci cependant est la chair de sa chair et l’os de ses os. Comme telle, elle doit être soumise à son mari et lui obéir, non à la manière d’une esclave, mais d’une compagne. Ainsi l’obéissance qu’elle lui rend ne sera pas sans dignité ni sans honneur. Dans celui qui commande, ainsi que dans celle qui obéit, puisque tous deux sont l’image, l’un du Christ, l’autre de l’Eglise, il faut que la charité divine soit la règle perpétuelle du devoir, car le mari est le chef de la femme comme le Christ est le chef de l’Eglise. Mais de même que l’Eglise est soumise au Christ, ainsi les femmes doivent être soumises à leurs maris en toutes choses (Eph. V, 23-24).

«Pour ce qui regarde les enfants, ils doivent être soumis à leurs parents, leur obéir et les honorer par devoir de conscience. En retour, les parents doivent appliquer toutes leurs pensées et tous leurs soins à protéger leurs enfants et surtout les élever dans la vertu. Pères, élevez-les (vos fils), en les corrigeant et en les avertissant selon le Seigneur (Eph. VI, 4)».

Pape Léon XIII, Arcanum divinae, 10 février 1880 sur le mariage chrétien : «…ceux qui nient le caractère sacré du mariage et qui, après l’avoir dépouillé de toute sainteté, le mettent au rang des choses profanes renversent les fondements de la nature. Ils s’opposent aux desseins de la divine Providence, et détruisent, autant qu’il est en eux, ce que Dieu a établi. Aussi n’est-il pas étonnant que ces efforts insensés et impies produisent tant de maux si funestes au salut des âmes et au maintien de la société».

 

Casti connubii, Pie XI

Pape Pie XI, Casti connubii, 31 déc. 1930 (Magistère) : «Et pour prendre Notre point de départ dans cette Encyclique même, qui est presque tout entièrement consacrée à prouver la divine institution du mariage, sa dignité de sacrement et son inébranlable perpétuité, rappelons d’abord ce fondement qui doit rester intact et inviolable : le mariage n’a pas été institué ni restauré par les hommes, mais par Dieu ; ce n’est point par les hommes, mais par l’auteur même de la nature et par le restaurateur de la nature, le Christ Notre-Seigneur, que le mariage a été muni de ses lois, confirmé, élevé ; par suite, ces lois ne sauraient dépendre en rien des volontés humaines, ni d’aucune convention contraire des époux eux-mêmes (Gen I, 27-28; II, 22-23; Mt XIX, 3 sq.; Eph V, 23 sq.).

«Telle est la doctrine des Saintes Lettres, telle est la tradition constante de l’Eglise universelle, telle est la définition solennelle du Concile de Trente, qui, en empruntant les termes mêmes de la Sainte Ecriture, enseigne et confirme que la perpétuelle indissolubilité du mariage, son unité et son immutabilité proviennent de Dieu son auteur (Conc. Trid., sess. XXIV).

«Mais, bien que le mariage, à raison de sa nature même, soit d’institution divine, la volonté humaine y a cependant sa part, qui est très noble : car chaque mariage particulier, en tant qu’il constitue l’union conjugale entre un homme et une femme déterminés, n’a d’autre origine que le libre consentement de chacun des deux époux ; cet acte libre de volonté, par lequel chacune des deux parties livre et reçoit le droit propre du mariage (Cod. iur. can., c. 1081, § 2), est si nécessaire pour réaliser un mariage véritable que «nulle puissance humaine n’y pourrait suppléer» (Cod. iur. can., c. 1081, § 1).

«Cette liberté, toutefois, porte seulement sur un point, savoir : si les contractants veulent effectivement entrer dans l’état de mariage, et s’ils le veulent avec telle personne ; mais la nature du mariage est absolument soustraite à la liberté de l’homme, en sorte que quiconque l’a une fois contracté se trouve du même coup soumis à ses lois divines et à ses exigences essentielles. Car le Docteur Angélique, dans ses considérations sur la fidélité conjugale et sur la procréation des enfants, remarque que, «dans le mariage, ces choses sont impliquées par la consentement conjugal même, et, en conséquence, si, dans le consentement qui fait le mariage, on formulait une condition qui leur fût contraire, il n’y aurait pas de mariage véritable» (S. Thom. d’Aquin, Summa theol., p. III. Supplem. 9, XLIX, art. 3).

«L’union conjugale rapproche donc tout dans un accord intime, les âmes plus étroitement que les corps ; ce n’est point un attrait sensible ni une inclination passagère des coeurs qui la détermine, mais une décision, délibérée et ferme des volontés : et cette conjonction des esprits, en vertu du décret divin, produit un lien sacré et inviolable. Cette nature propre et toute spéciale du contrat le rend irréductiblement différent des rapports qu’ont entre eux les animaux sous la seule impulsion d’un aveugle instinct naturel, où il n’y a ni raison ni volonté délibérée ; elle le rend totalement différent aussi de ces unions humaines instables, réalisées en dehors de tout lien véritable et honnête des volontés et qui n’engendrent aucun droit à vivre en commun. Il est donc manifeste que l’autorité légitime a le droit et qu’elle a même le devoir rigoureux d’interdire, d’empêcher, de punir les unions honteuses qui répugnent à la raison et à la nature ; mais comme il s’agit d’une chose qui résulte de la nature humaine elle-même, l’avertissement donné par Léon XIII (Encycl. Rerum novarum, 15 mai 1891), d’heureuse mémoire, n’est pas d’une vérité moins évidente : «Dans le choix du genre de vie, il n’est pas douteux que chacun a la liberté pleine et entière ou de suivre le conseil de Jésus-Christ touchant la virginité, ou de s’engager dans les liens du mariage. Aucune loi humaine ne saurait ôter à l’homme le droit naturel et primordial du mariage, ou limiter d’une façon quelconque ce qui est la fin principale de l’union conjugal établie dés le commencement par l’autorité de Dieu : Crescite et multiplicamini» (Gen., 1 28).

«Ainsi l’union sainte du mariage véritable est constituée tout ensemble par la volonté divine et par la volonté humaine : c’est de Dieu que viennent l’institution même du mariage, ses fins, ses lois, ses biens; ce sont les hommes – moyennant le don généreux qu’une créature humaine fait à une autre de sa propre personne pour toute la durée de sa vie, avec l’aide et la coopération de Dieu – qui sont les auteurs des mariages particuliers, auxquels sont liés les devoirs et les biens établis par Dieu».

Pape Pie XI, Casti connubii, 31déc. 1930 : «Combien profonde est leur erreur à tous, et combien ignominieusement ils s’écartent de l’honnêteté, on l’a déjà constaté par ce que Nous avons exposé en cette Encyclique touchant l’origine et la nature du mariage, ses fins et les biens qui lui sont attachés. Quant au venin de ces théories, il ressort des conséquences que leurs partisans en déduisent eux-mêmes : les lois, les institutions et les moeurs qui doivent régir le mariage, étant issues de la seule volonté des hommes, ne seraient aussi soumises qu’à cette seule volonté, elles peuvent donc, elles doivent même, au gré des hommes, et suivant les vicissitudes humaines, être promulguées, être changées, être abrogées.

«La puissance génératrice, justement parce qu’elle est fondée sur la nature même, est plus sacrée et va bien plus loin que le mariage : elle peut donc s’exercer aussi bien en dehors du mariage qu’à l’intérieur du foyer conjugal, elle le peut même sans tenir compte des fins du mariage, et ainsi la honteuse licence de la prostituée jouirait presque des mêmes droits que l’on reconnaît à la chaste maternité de l’épouse légitime.

«Appuyés sur ces principes, certains en sont arrivés à imaginer de nouveaux genres d’union, appropriées, suivant eux, aux conditions présentes des hommes et des temps : ils veulent y voir autant de nouvelles espèces de mariages : le mariage temporaire, le mariage à l’essai, le mariage amical, qui réclame pour lui la pleine liberté et tous les droits du mariage, après en avoir éliminé toutefois le lien indissoluble et en avoir exclu les enfants, jusqu’au moment, du moins, où les parties auraient transformé leur communauté et leur intimité de vie en un mariage de plein droit.

«Bien plus, il en est qui veulent et qui réclament que ces monstruosités soient consacrées par les lois ou soient tout au moins excusées par les coutumes et les institutions publiques des peuples, et ils ne paraissent pas même soupçonner que des choses pareilles n’ont rien assurément de cette culture moderne dont ils se glorifient si fort, mais qu’elles sont d’abominables dégénérescences qui, sans aucun doute, abaisseraient les nations civilisées elles-mêmes jusqu’aux usages barbares de quelques peuplades sauvages».

Voir Casti connubii

Homélies de saint Jean Chrysostome sur le mariage

«Maris, aimez vos femmes, comme le Christ a aimé l’Église (Ép 5, 25). Vous avez entendu quelle parfaite soumission il prescrit : vous avez approuvé et admiré saint Paul comme un homme supérieur et spirituel, pour avoir resserré ainsi notre solidarité. Écoutez maintenant ce qu’il exige de vous ; il recourt au même exemple.

«Maris, dit-il, aimez vos femmes, comme le Christ a aimé l’Église. Vous avez connu la mesure de l’obéissance ; sachez maintenant celle de la tendresse. Tu veux que la femme t’obéisse, comme l’Église au Christ ? Veille donc sur elle comme le Christ sur l’Église. Fallût-il donner ta vie pour elle, être déchiré mille fois, tout souffrir, tout endurer, ne recule devant rien. Quand tu aurais tout souffert, tu n’aurais point encore approché des sacrifices du Christ. Car avant de te dévouer pour la femme, tu t’es uni à elle : tandis que le Christ s’est immolé pour une Église qui le fuyait et le haïssait. Fais donc pour ta femme ce qu’il a fait pour celle qui le repoussait, le détestait, le méprisait, l’insultait ; sans menaces, sans injures, sans terreur, par sa seule et infinie sollicitude, il a amené l’Église à ses pieds.

«De même, quand ta femme ne te témoignerait que dédain, mépris, insolence, il ne tient qu’à toi de la ramener à tes pieds à force de bonté, d’amour, de tendresse. Car il n’eut pas d’attache plus forte, surtout entre homme et femme. Par la crainte on peut lier les mains à un serviteur, encore ne tardera-t-il pas à s’échapper : mais la compagne de ta vie, la mère de tes enfants, la source de ton bonheur, ce n’est point par la crainte, par les menaces qu’il faut l’enchaîner, mais par l’amour et l’affection. Qu’est-ce qu’un foyer où la femme tremble devant son mari ? Quelle joie y a-t-il pour l’époux, quand il vit avec son épouse comme avec une esclave, et non une femme libre ? Te ferait-elle souffrir, ne le lui reproche pas : suis l’exemple du Christ.

«Il s’est livré pour elle, afin de la sanctifier en la purifiant (Ép 5, 26). Elle était souillée, laide, vile et repoussante. Quelque femme que vous épousiez, elle ne ressemblera jamais à ce qu’était l’Église quand le Christ l’épousa ; il n’y aura jamais entre vous la distance qui séparait le Christ et l’Église. Pourtant, le Christ ne prit point en horreur, en aversion, cette effrayante laideur. Voulez-vous savoir jusqu’où allait sa difformité ? Écoutez saint Paul : Vous étiez autrefois ténèbres (Ép 5, 8). Vous voyez si elle était noire ! Quoi de plus noir que les ténèbres ? Voyez maintenant son impudence : Vivant dans la méchanceté et l’envie (Tt 3, 3). Et son impureté : Indocile, insensée. Que dis-je ? Elle était démente et sacrilège. Néanmoins le Christ s’est livré pour cette hideuse épouse, comme si elle avait été la plus belle, la plus chérie, la plus admirable des femmes. Saint Paul s’en étonnait : À peine quelqu’un mourrait-il pour un juste (Rm 5, 7). Et encore : Si, lorsque nous étions encore pécheurs, le Christ est mort pour nous (Rm 5, 8). Le mariage accompli, il la pare, il la baigne, il ne répugne pas à de pareils soins.

«Afin de la sanctifier en la purifiant par le baptême d’eau, par la parole, pour faire paraître devant lui une Église resplendissante, sans tache ni ride, ni rien de tel, mais sainte et immaculée (Ép 5, 26-27). Par le baptême, il lave son impureté. Par la parole, ajoute-t-il : Quelle parole ? Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit. Et il ne se borne pas à la parer, il la rend magnifique : N’ayant ni tache ni ride, ni rien de semblable.

«Recherchons nous aussi cette beauté, et nous pourrons en devenir les créateurs. Ne demandez pas à votre femme ce qui n’est pas son fait. Ne voyez-vous pas que l’Église doit tout au Seigneur ? De lui elle tire son éclat, de lui sa pureté. Ne vous effarouchez pas de la laideur de votre femme. Écoutez l’Écriture : Petite est l’abeille parmi les êtres ailés, et son miel dépasse toutes les douceurs (Qo 11, 3). Votre femme est œuvre de Dieu ! La rudoyer, c’est rudoyer son auteur : l’injure n’est pas pour elle. Ne la louez pas de sa beauté : louer, haïr, aimer pour ce motif, tout cela port d’un cœur déréglé. Rechercher la beauté intérieure : imitez l’Époux de l’Église. La beauté physique est une source intarissable d’orgueil et de vanité : elle provoque la jalousie, les soupçons outrageants. Elle nous charme ? Oui, pour un mois ou deux, un an tout au plus ; après, c’est fini, l’habitude calme notre ravissement, tandis que les maux engendrés par la beauté subsistent, l’orgueil, la vanité, l’arrogance. Rien de tel pour les attraits d’une autre nature : l’amour légitime qu’ils inspirent si justement, garde sa force, attachée à la beauté de l’âme, non à celle du corps.

«Qu’existe-t-il de plus beau que le ciel et les étoiles ? Si jolie soit la femme de vos rêves, son corps n’a pas cette blancheur, ni ses yeux cet éclat. Quand les astres parurent, les anges s’émerveillèrent ; aujourd’hui encore nous nous émerveillons, mais ce n’est plus l’émotion des origines. L’habitude qui s’est insinuée en nous a éteint le don de l’étonnement, surtout devant une femme, car une maladie suffit à détruire ses charmes.

«Aussi, dans une femme, cherchons la bonté, la modération, la douceur, qui composent la beauté véritable. Restons insensibles aux attraits du corps et ne lui reprochons pas des défauts qui ne dépendent pas d’elle. Notre querelle serait impudente. Étouffons regrets et déception. Combien, liés à des femmes médiocrement jolies, ont mené jusqu’à la vieillesse une vie heureuse et calme. Purifions les taches de l’âme, effaçons les rides intérieures, guérissons les défauts du caractère. Dieu aime cette beauté-là. Parons notre femme de ces charmes qui plaisent à Dieu, plutôt qu’à nous.

«Soyons indifférents à la fortune, au rang, ne nous soucions que de la noblesse du cœur. Que nul n’attende des trésors de sa femme, profits misérables et mal acquis ! Ne songez pas aux richesses en vous mariant. Ceux qui veulent s’enrichir tombent dans la tentation, dans les convoitises insensées et funestes, dans les pièges, la perte et la ruine (1 Tm 6,9). N’attendez pas de votre femme une grande fortune, tout le reste viendra de lui-même. Qui, dites-le-moi, négligerait l’essentiel pour s’occuper de choses vaines ? Hélas ! Que de fois pourtant nous succombons ! Avons-nous un fils ? Nous ne nous inquiétons pas d’en faire un honnête homme, mais de lui trouver une riche épouse. Nous ne cherchons pas à bien l’élever, mais à bien le pourvoir. Exerçons-nous un métier ? Nous désirons moins l’accomplir correctement que le rendre plus lucratif. L’argent est tout, et si la corruption sévit partout, la faute en est à cette passion qui nous dévore.

«Que chacun de vous aime sa femme comme lui-même mais que la femme craigne son mari (Ép 5, 33). Oui, c’est un mystère, un grand mystère, qu’on oublie son père, l’auteur de ses jours, celui par qui on a été élevé, celle par qui on a été enfanté dans la souffrance, ceux à qui l’on doit tant et avec qui l’on a toujours vécu, pour s’unir à une femme que l’on n’a jamais vue, avec laquelle on n’a rien de commun, et de la préférer à tout. Oui, c’est un mystère. Et les parents ne sont point affligés, le contraire plutôt les peinerait. Il faut qu’ils se mettent en frais, en dépense, et pourtant ils se réjouissent ! Oui, c’est un grand mystère, rempli d’ineffable sagesse. Dès longtemps Moïse l’avait prophétisé ; et voici que Paul, à son tour, s’écrie : Dans le Christ et dans l’Église.

«D’ailleurs, cela n’est pas dit seulement en vue du Christ, mais encore est vue de la femme, afin que le mari en ait soin comme de sa propre chair, comme le Christ a soin de l’Église. Mais que la femme craigne son mari. La femme est l’autorité seconde. Qu’elle ne réclame donc pas l’égalité : elle est au-dessous de la tête. Mais que le mari ne la méprise point comme une sujette : elle est le corps ; si la tête vient à mépriser le corps, elle se perd elle-même. Qu’il fasse de la tendresse le contrepoids de l’obéissance. Que tous deux soient comme la tête et le corps ; celui-ci prêtant à l’autre, pour son service, les mains, les pieds, tous les membres ; celui-là veillant sur le corps, et tenant en soi toute la conscience. Rien de supérieur à cette union…

«Pourvoyez à tous les besoins de votre femme, ne négligez aucun de ses intérêts, n’épargnez pas votre peine : c’est un devoir impérieux. Paul, ici, ne juge pas à propos d’invoquer l’exemple du monde, comme il le fait souvent. Celui du Christ, qui est grand et frappant, lui suffit, surtout en qui concerne la soumission. Il laissera père et mère. Voilà qui est emprunté au monde. Mais il ne dit pas : « et habitera avec elle », mais : s’attachera à elle, marquent ainsi une intime union, une vive tendresse. Et il ne s’en tient pas là : parce qu’il ajoute, il représente la soumission sous de telles couleurs, que les deux ne paraissent plus qu’un. Il ne dit pas : « par l’esprit », ou « par l’âme ». C’est chose évidente, et possible à chacun ; il dit : De telle façon qu’ils ne forment qu’une chair.

«La femme est l’autorité seconde, elle détient de grands pouvoirs et à bien des égards elle est l’égale de l’homme ; pourtant celui-ci garde une supériorité. Voilà la meilleure sauvegarde du couple. Car si l’homme a reçu le rôle du Christ, ce n’est pas seulement pour aimer, mais encore pour instruire : Afin qu’elle soit sainte et immaculée ; tandis que ces mots : qu’une chair, il s’attachera, regardent l’obligation d’aimer. Si vous rendez votre femme pure et sans tache, tout le reste s’ensuit. Cherchez les choses de Dieu et les humaines viendront d’elles-mêmes. Faites l’éducation de votre femme ; par là l’union s’établit dans le couple. Écoutez saint Paul : Si elles veulent savoir quelque chose, qu’elles interrogent à la maison leurs propres maris (1 Co 14, 35). Si nous gouvernons ainsi nos maisons, nous nous rendrons aptes à diriger aussi l’Église : car le foyer est une petite église. Par là mari et femme peuvent surpasser tout le monde.

«Veux-tu donner un repas, un festin ? Au lieu d’inviter des gens grossiers et libertins, va trouver un pauvre en état de sanctifier votre maison, d’y apporter, en entrant, la bénédiction de Dieu, et invite-le. Faut-il ajouter autre chose ? Qu’aucun de vous ne cherche à se marier avec une femme plus riche que lui ; mieux vaut la choisir pauvre. Une femme riche vous apportera moins de jouissance par sa fortune que de tourments par ses insultes, ses demandes d’argent, qui dépasseront sa dot, ses caprices, ses folles dépenses, ses cris de harengère. Elle dira peut-être : « Je n’use rien qui soit à toi, je m’habille à mes frais, sur les revenus qui me viennent de mes parents ». Que dis-tu là ? Tu t’habilles à tes frais ! Quel scandale ! Ton corps ne t’appartient plus et tu fais tiennes les richesses ? Une fois mariés, homme et femme, vous n’êtes plus deux chairs mais une seule, et vous auriez non pas une fortune commune, mais deux séparées ! Ô fatale cupidité ! Vous n’êtes qu’un même être, une même vie, et vous dites encore : « C’est à moi ! » Parole exécrable et criminelle, satanique pensée ! Dieu nous a rendu communes des choses plus nécessaires que les richesses et celles-ci ne le sont point ? On ne peut dire : « La lumière est à moi, le soleil est à moi, l’eau est à moi ». Les biens les plus importants nous sont communs ; l’argent seul ne le serait pas ? Périsse mille fois l’argent, ou plutôt périsse cet attachement, cet aveugle usage, cette passion idolâtre !

«Apprends ces choses-là, avec le reste, à ta femme, mais fais-le avec une grande douceur. L’exhortation à la vertu a par elle-même quelque chose de trop sévère, surtout si elle s’adresse à une femme toute jeune et timide. Quand donc tu t’entretiendras avec elle de notre art de vivre, mets-y beaucoup de grâces, et cherche principalement à arracher de son âme le « tien » et le « mien ». Si elle dit : « Ceci est à moi », réponds : « Que réclames-tu comme étant à toi ? Je l’ignore. Je n’ai, moi, rien en propre. Pourquoi dis-tu c’est à moi, quand tout t’appartient ? » Passe-lui donc cette parole.

«Ne vois-tu pas comme l’on fait avec les enfants ? Quand un tout petit nous a pris un objet de la main et qu’il en veut un autre, nous les lui abandonnons tous deux et disons : « Oui, c’est à toi et cela aussi ». Faisons de même pour notre femme, car elle a une âme d’enfant. Si elle dit : « C’est à moi », dis-lui : « Oui, tout est à toi, et moi aussi je suis à toi. « Ce ne sera pas flatterie, mais profonde sagesse. Ainsi tu pourras tour à tour apaiser sa fougue et guérir son abattement. Il y a flatterie quand on s’abaisse dans une intention coupable ; ici, au contraire, il n’y a qu’une grande sagesse. Dis donc à ta femme :  » Moi aussi, je suis à toi, petite fille ». C’est le précepte que m’adresse saint Paul, en disant : Le mari n’est pas maître de son corps, mais l’épouse (1 Co 7, 4). Si je ne suis plus maître de mon corps, s’il t’appartient, l’argent t’appartient plus encore. Par un tel langage, vous la calmez, vous éteignez son courroux, vous humiliez le diable ; ligotée par ces paroles, votre femme devient plus soumise qu’une esclave achetée à prix d’argent. Apprenez-lui donc par vos discours à ne plus employer ces mots de tien et de mien.

«Jamais ne l’appelez par son nom tout court ! Usez de mots tendres, marquez-lui des égards, et surtout une profonde affection. Honorez-la, et elle ne désirera pas d’autres hommages : la gloire extérieure aura peu de prix à ses yeux si vous la glorifiez vous-même. Mettez-la au-dessus de tout en toute chose, beauté, intelligence, vantez-la. Par là, vous l’amènerez à ne faire aucune attention aux étrangers et à se rire de tous les succès du monde.

«Enseignez-lui la crainte de Dieu, tout le reste coulera de source, et votre maison regorgera d’une profusion de richesses. Si nous cherchons les biens incorruptibles, les biens périssables ne nous feront pas défaut : Cherchez d’abord le royaume de Dieu, et toutes ces choses vous seront données par surcroît (Mt 6, 33). Que devront être les enfants issus des parents aussi vertueux, les esclaves attachés au service de tels maîtres, enfin, tous ceux qui les approchent ? Tous ces gens ne seront-ils pas, eux aussi, comblés de tous les biens ? En général, les serviteurs se modèlent sur leurs maîtres, épousent leurs passions, aiment ce qu’ils leur ont appris à aimer, parlent comme eux, vivent comme eux. Si nous travaillons à nous modeler ainsi nous-mêmes, les yeux fixés sur l’Écriture, nous en recevrons les leçons les plus fortes. Par là, nous pourrons plaire au Seigneur, vivre dans la vertu toute notre vie et obtenir enfin les biens promis à ceux qui aiment Dieu. Puissions-nous tous en être jugée dignes, par la grâce et l’amour de notre Seigneur Jésus Christ, avec qui gloire, puissance, honneur au Père et au Saint Esprit, aujourd’hui et toujours et aux siècles des siècles. Amen». (Saint Jean Chrysostome, Œuvres complètes, Homélie XX sur l’Épître aux Éphésiens, Éd. Louis Guérin 1864)

Homélie sur le choix d’une épouse et les exigences du mariage

Saint Jean Chrysostome, père et docteur de l’Église, IIIème Homélie sur le choix d’une épouse et les exigences du mariage : « … dans notre précédent entretien. Nous vous parlions longuement du mariage : nous vous montrions que c’est un véritable adultère que de répudier sa femme, ou d’épouser une femme répudiée, du vivant de son premier mari ; nous vous lisions la loi du Christ ainsi conçue : « Quiconque épouse une femme répudiée se rend coupable d’adultère ; quiconque répudie sa femme, hormis le cas de prostitution, la rend adultère » (Mt. 5, 32). Je vis alors beaucoup d’entre vous baisser la tête, se frapper le visage, n’oser lever les yeux ; alors, portant mes regards au ciel, je m’écriai : « Loué soit le Seigneur de ce que notre voix ne frappe point des oreilles privées de vie, de ce que nos paroles saisissent les esprits de nos auditeurs, et les ébranlent si fortement ! » Le mieux sans doute est de ne point pécher du tout : mais c’est quelque chose encore, à l’égard du salut, que d’être contristé après le péché, de porter condamnation contre son cœur, de flageller sa conscience avec un scrupule acharné ; un tel repentir fait partie de la justification, et c’est le chemin qui mène à ne plus jamais pécher. Voilà pourquoi Paul se réjouissait quand il avait affligé ses auditeurs, non de les avoir affligés, mais de les avoir corrigés en les affligeant : « Je me réjouis », dit-il, « non de vous voir affligés, mais de vous voir dans cette affliction qui mène au repentir ; car toute affliction selon Dieu produit un repentir de salut » (2 Cor. 7, 9-10). Que ce soient vos péchés ou ceux des autres qui vous aient jetés dans la tristesse, je ne puis dire combien vous méritez d’éloges. Pleurer sur le sort d’autrui, c’est montrer des entrailles apostoliques, c’est imiter l’Esprit-Saint dont voici les paroles : « Qui peut souffrir, sans que je souffre ? Qui peut être scandalisé sans que je sois dans les angoisses ? » (2 Cor. 11, 29). Avoir du regret de ses propres péchés, c’est éteindre la flamme préparée pour le châtiment de ses fautes antérieures, c’est se rendre pour l’avenir, grâce à ce chagrin, moins sujet à tomber. Et c’est pour cela que moi-même, vous voyant baisser la tête, sangloter, vous frapper le visage, je me réjouissais en songeant au fruit de cette douleur : c’est pour cela qu’aujourd’hui encore, je vous entretiendrai du même sujet, afin que ceux qui veulent entrer en ménage réfléchissent mûrement à ce qu’ils vont faire. En effet, s’agit-il pour nous d’un achat de maisons ou de serviteurs, nous prenons mille peines, nous tournons autour du possesseur actuel, des précédents propriétaires. Il nous faut connaître dans un cas l’état du mobilier, dans l’autre la constitution physique et les principes moraux. A plus forte raison, avant de se marier, doit-on prendre autant et bien plus de précautions.

«On peut revendre une maison dont on est mécontent ; on peut renvoyer un serviteur incapable à la personne qui s’en est défaite, mais une épouse, on ne peut la rendre à ceux dont on la tient ; de toute nécessité il faut la garder chez soi pour toujours, ou, si l’on s’en débarrasse en la chassant, être convaincu d’adultère selon les lois de Dieu. Ainsi, quand tu voudras te marier, ne te bornes pas à lire les lois qui sont faites pour le monde : lis d’abord, lis celles qui ont force parmi nous. Car c’est d’après celles-ci, et non pas sur les autres, que dans le grand jour Dieu te jugera : en négligeant ces dernières, c’est une perte d’argent que souvent l’on encourt, mais celles dont je parle appellent sur leurs transgresseurs les supplices éternels et la flamme inextinguible de l’enfer. Cependant quand vous voulez vous marier, vous n’avez rien de plus pressé que de courir chez les jurisconsultes du siècle ; là, vous vous installez, vous vous enquérez minutieusement de ce qui arrivera si la femme meurt sans enfants, ou, au contraire, si elle laisse un, deux, trois enfants ; de ce que deviendront ses biens selon qu’elle aura encore son père, ou qu’elle l’aura perdu ? Quelle part de son héritage doit revenir à ses frères, quelle part à son mari ? Dans quel cas celui-ci aura t-il droit à la totalité, et pourra-t-il s’opposer à ce qu’il en soit rien distrait en faveur de personne ? Et mille autres questions pareilles dont vous harcelez des légistes : démarches, précautions, rien ne vous coûte pour empêcher les parents de la femme de s’immiscer à aucun titre dans ses affaires; et pourtant, comme je l’ai dit plus haut, dût-il advenir quelque accident imprévu, il ne s’agirait que d’une perte d’argent, ce qui ne vous empêche pas de mettre en œuvre toute votre vigilance. Eh bien ! Si pour éviter un préjudice pécuniaire, nous déployons tant d’activité , ne serait-il pas absurde, quand il est question du péril de notre âme et des comptes qui se règlent là-haut, de ne donner aucun soin à une affaire qui réclame, avant toute autre, notre zèle, notre empressement et notre sollicitude ?

«En conséquence, j’invite et j’exhorte ceux qui veulent se marier à prendre conseil du bienheureux Paul, à lire les lois qu’on trouve chez lui au sujet des mariages, à s’instruire d’abord des recommandations qu’il adresse à l’homme auquel est échue une femme vicieuse, corrompue, adonnée au vin , acariâtre, sans jugement, ou frappée de quelque autre imperfection ; et alors seulement à entrer en pourparlers au sujet du mariage. Si tu vois que Paul te permet, pour peu que tu découvres chez ta femme un de ces défauts, de la répudier et d’en prendre une autre, il n’y a plus aucun risque et tu peux te rassurer. Mais s’il te refuse ce droit et t’ordonne au contraire de tout endurer chez ta femme, hormis la prostitution, et de la garder chez toi, quels que soient ses défauts, alors affermis-toi dans cette pensée qu’il te faudra subir tous les vices de ta femme ; que si cette obligation te paraît rigoureuse et intolérable, n’épargne ni tes soins, ni ta peine pour te pourvoir d’une épouse bonne, sage et docile, et ne perds point de vue cette alternative imposée au mari d’une femme vicieuse, ou de supporter les ennuis qu’elle lui cause, ou, s’il s’y refuse et la répudie, d’avoir à répondre d’un adultère. Car il est écrit : « Quiconque répudie sa femme, hormis le cas de prostitution, la rend adultère; et quiconque épouse une femme répudiée se rend coupable d’adultère » (Mt 5, 32). Une fois bien pénétrés, avant le mariage, de ces réflexions et bien instruits de ces lois, nous mettrons tous nos soins à faire choix, tout d’abord, d’une femme vertueuse et bien assortie à notre humeur ; cela fait, nous n’y gagnerons point seulement de ne la répudier jamais, mais encore de l’aimer avec une profonde tendresse, ainsi que Paul le recommande. En effet, il ne se borne pas à dire : « Hommes, aimez vos femmes » (Ep. 5, 25) ; mais il indique encore le degré de cette affection en ajoutant : « Comme le Christ a aimé l’Église ». Mais comment, dis-moi, le Christ L’a-t-Il aimée ? Jusqu’à se sacrifier pour elle. Ainsi, fallût-il mourir pour ta femme, ne marchande point. Si le Seigneur a aimé son esclave au point de se donner pour elle, à plus forte raison dois-tu le même amour à ta compagne d’esclavage. Mais peut-être est-ce la beauté de l’épouse qui a entraîné l’époux, ou les vertus de son âme ? On ne saurait le prétendre, car la suite montre qu’elle était laide et sordide ; écoutez plutôt : Il s’est sacrifié pour elle, vient-il de dire, et il ajoute : « Afin de la sanctifier en la purifiant par l’eau ». Par ce mot purifier, il fait entendre qu’elle était impure et souillée, et non point d’une souillure comme une autre, mais d’une extrême impureté ; ce n’était que graisse, que fumée, que sang ; que taches de toute espèce. Et cependant il n’a pas eu dégoût de sa laideur, il a remédié à ses disgrâces, il a changé sa figure, corrigé ses formes, réparé ses imperfections ; c’est l’exemple que tu dois suivre. Quelques fautes que ta femme puisse commettre à ton égard, oublie tout, pardonne tout. A-t-elle un mauvais caractère, réforme-le à force de douceur et de bonté, comme a fait le Christ à l’égard de l’Église. Car, non content de laver ses taches, il l’a encore débarrassée de la vieillesse, en lui faisant dépouiller le vieil homme, ce composé d’iniquités. Et c’est à quoi Paul encore fait allusion, en disant : « Afin de se faire une Église glorieuse, qui n’eût ni taches, ni rides » (Ep. 5, 27). En effet, c’est peu de l’avoir embellie ; il l’a rajeunie, non selon le corps et la nature, mais selon l’âme et la volonté. Et ce qu’il faut admirer, ce n’est pas seulement que, l’ayant reçue laide, repoussante, difforme et décrépite, loin de prendre en dégoût sa laideur, il se soit livré lui-même au trépas et l’ait transformée par là au point de la rendre admirablement belle ; c’est que, dans la suite, en dépit des taches et des souillures qui reviennent souvent la ternir, il ne la répudie point, ne s’en sépare point, et qu’il persiste à l’entourer de ses soins et à la corriger. Combien, dites-moi, ont péché après avoir reçu la foi ? Et pourtant il ne les a point repoussés avec dégoût. Par exemple ce fornicateur connu des Corinthiens était membre de l’Église, cependant le Christ n’a point coupé ce membre : il l’a redressé. L’Église des Galates tout entière s’emporta hors de la voie et tomba dans le judaïsme, néanmoins il ne l’a pas rejetée non plus : il lui a donné ses soins par le ministère de Paul et l’a ramenée ainsi dans sa première famille. Et nous aussi, de même que, si nous tombons malades, nous ne coupons pas le membre, mais travaillons à chasser la maladie ; c’est ainsi que nous devons agir à l’égard d’une épouse. Si elle a quelque défaut, au lieu de la répudier, c’est son vice qu’il faut tâcher d’expulser. D’ailleurs on peut amener une femme à s’amender, tandis qu’il est bien des cas où un membre attaqué ne peut se guérir. Néanmoins, bien que nous connaissions le membre infirme pour incurable, nous ne le retranchons point pour cela. Combien d’hommes ont un pied de travers, une jambe boiteuse, un bras paralysé et perclus, un œil privé de lumière, qui ne se font point extraire cet œil, couper cette jambe, amputer ce bras, et qui, sans méconnaître que ces parties de leur corps lui sont désormais inutiles et ne servent qu’à le défigurer, les gardent néanmoins par égard pour la solidarité qui les attache aux autres. Mais si, quand la guérison est impossible et que l’utilité est nulle, nous montrons tant de circonspection à abandonner le malade, alors qu’il reste de l’espérance et des chances nombreuses de changement, n’est-ce pas le comble de l’absurdité ? Les infirmités naturelles laissent l’homme sans recours ; mais une volonté pervertie est susceptible d’amélioration.

«En vain tu objecterais que le mal de ta femme est incurable, qu’en dépit de tes soins elle s’obstine à suivre ses propres penchants ce n’est pas encore une raison suffisante pour la répudier ; car, de ce qu’on ne peut guérir un membre, il ne s’ensuit pas qu’on doive le couper. Or c’est un de tes membres que ta femme : « Ils seront deux dans une chair », dit l’Écriture (Gn 2, 24). Mais quand c’est d’un membre qu’il s’agit, il n’y a nul profit à le soigner, une fois que les progrès de la maladie ont rendu la médecine impuissante. Au contraire, si le malade est ta femme, quand bien même sa maladie serait incurable, compte que tu seras bien récompensé de tes leçons et de tes soins paternels. Et dût-elle n’en recueillir aucun fruit, Dieu saura bien rémunérer notre patience, parce que c’est sa crainte qui nous aura excités à montrer tant de persévérance à supporter avec douceur les défauts de notre compagne, à diriger ce membre de nous-mêmes : « Membre de nous-mêmes », dis-je, et « membre inséparable » : aussi devons-nous l’aimer avec prédilection. C’est ce que nous enseigne encore le même Paul en disant : « Les hommes doivent aimer leurs femmes comme ils aiment leurs corps. Car jamais personne n’a haï sa propre chair ; mais il la nourrit et l’entoure de soins comme a fait le Christ pour l’Eglise, car nous sommes membres de son corps, de sa chair, de ses os » (Ep. 5, 28-30).

«Il veut dire que, comme Eve est née de la côte d’Adam, ainsi nous sommes nés de la côte du Christ. En effet, c’est ce que signifie « De sa chair et de ses os ». Mais, pour ce qui est d’Eve, nous savons tous qu’elle est née de la côte d’Adam, et l’Écriture dit clairement que Dieu envoya le sommeil sur Adam, prit une de ses côtes, et en façonna la femme. Maintenant, sur quoi se fonder pour prétendre que l’Église aussi est formée de la côte du Christ ? C’est encore l’Écriture qui nous l’indique. En effet, lorsque le Christ fut élevé sur la Croix, y fut attaché et mourut, un des soldats s’approchant Lui perça le flanc, et il en sortit du sang et de l’eau (Jn 19, 34). Eh bien ! C’est de ce sang et de cette eau que toute l’Église est formée. Jésus lui-même l’atteste par ces paroles : « Quiconque ne sera point régénéré par l’eau et l’esprit, ne pourra entrer dans le royaume des cieux » (Jean 3, 5). Le sang, c’est l’esprit. Nous naissons grâce à l’eau du Baptême, et c’est par le sang que nous sommes nourris. Voyez-vous comment nous provenons de ses os et de sa chair, enfantés, nourris par son sang, par son eau ? Et de même que, pendant le sommeil d’Adam, la femme fut façonnée, ainsi, le Christ mort, l’Église fut formée de son côté. Mais, s’il faut aimer sa femme, ce n’est pas seulement parce que notre femme est membre de nous-mêmes, et que nous avons fourni la matière dont elle a été créée : c’est encore parce que Dieu a promulgué à ce sujet une loi que voici : « L’homme quittera son père et sa mère et s’attachera à sa femme, et ils seront deux dans une chair » (Gn 2, 24). C’est pour cela que Paul aussi nous a lu cette loi, afin de nous pousser de toutes parts à cet amour. Observez ici la sagesse apostolique ! Ce n’est point exclusivement au nom des lois divines, ni des lois humaines, qu’il nous invite à aimer nos épouses ; mais il fait parler les unes et les autres tour à tour : de telle façon que les esprits élevés et philosophiques soient amenés à aimer par les motifs célestes, les esprits faibles au contraire par les raisons terrestres et naturelles. Dans cette vue, il s’appuie d’abord sur la sagesse du Christ et commence son exhortation en ces termes : « Aimez vos femmes ainsi que le Christ a aimé l’Église ». Mais ce qui vient après est humain : Les hommes doivent aimer leurs femmes autant que leurs propres corps. La suite est du Christ : Nous sommes membres de son corps, de sa chair, de ses os. Mais ceci vient des hommes : L’homme quittera son père et sa mère et s’attachera à sa femme. Et après avoir lu cette loi, il ajoute : Voilà le grand mystère. En quoi, grand ? Demanderez-vous. En ce qu’une jeune fille, enfermée jusque-là dans sa chambre, peut aimer et chérir du premier jour, comme son propre corps, l’époux qu’elle n’avait jamais vu auparavant ; en ce que l’homme qu’elle n’a jamais vu préfère du premier jour à toutes choses, une femme avec laquelle il n’avait pas précédemment échangé un propos, qu’il la préfère, dis-je, à ses amis, à ses proches, à son père et à sa mère… Parlons maintenant des parents : viennent-ils, hors ce seul cas, à éprouver quelque perte d’argent, les voilà dans le chagrin ; dans la peine ; ils traînent devant les tribunaux celui qui leur a fait tort : et voici qu’un homme que souvent ils n’ont jamais vu, qu’ils ne connaissent pas, reçoit d’eux avec leur fille une dot considérable. Que dis-je ? C’est une fête pour eux, bien loin qu’ils imputent cet événement à la mauvaise fortune. Au moment où ils se voient enlever leur fille, ils n’éprouvent ni regret de l’intimité passée, ni dépit, ni douleur : loin de là, ils rendent grâces, et jugent leurs vœux exaucés, quand il leur est donné de voir leur fille quitter leur maison, et avec elle s’en aller une partie de leur fortune. Paul remarquant tout cela, considérant que les deux époux quittent leurs parents pour s’attacher l’un à l’autre, et qu’une si longue habitude a dès lors moins d’emprise que cette liaison fortuite, réfléchissant de plus que ce n’est pas là un fait humain, et que c’est Dieu qui sème ces amours dans les âmes, qui inspire cette joie aux parents des époux, comme aux époux eux-mêmes, Paul, en conséquence, a écrit : « Voilà le grand mystère ». Et, pour prendre un exemple chez les enfants, comme le petit enfant qui vient de naître reconnaît tout d’abord ses parents en les voyant, avant de savoir parler : ainsi l’époux et l’épouse, sans que personne les rapproche, les exhorte, les instruise de leurs devoirs, n’ont qu’à se voir pour être unis. Puis, observant que la même chose est arrivée pour le Christ, et principalement pour l’Église, il s’étonne, il admire. Et comment donc la même chose est-elle arrivée pour le Christ et pour l’Église ? De même que le mari quitte son père pour aller trouver sa femme, de même le Christ a quitté le trône paternel pour aller vers son épouse. Au lieu de nous appeler là-haut, il est descendu lui-même vers nous. (D’ailleurs par ces mots il a quitté, n’allez pas entendre un déplacement, mais bien une condescendance ; en effet, même étant avec nous, il était encore avec son Père). Aussi Paul dit-il : « Voilà le grand mystère ». Grand sans doute, même à ne regarder que les hommes. Mais quand je vois que cela est encore vrai à l’égard du Christ et de l’Église, alors je m’étonne, alors j’admire. Lui-même après ces mots : « Voilà le grand mystère », ajoute ceci : « Je parle à l’égard du Christ et de l’Église ». Tu sais maintenant quel mystère c’est que le mariage ; tu sais de quelle grande chose il est le symbole, songes-y donc mûrement et avec circonspection ; et ne cherche pas la richesse quand tu voudras prendre femme. Ne regarde pas le mariage comme un trafic, mais comme l’association de deux existences.

«J’ai souvent ouï dire : Un tel était pauvre son mariage l’a enrichi, il a épousé une femme riche : il vit maintenant dans le luxe et l’opulence. Que dis-tu là, mon ami ? Tu veux que ta femme te rapporte de l’argent ? Tu peux dire cela sans avoir honte, sans rougir ? Et tu ne vas pas te cacher au fond de la terre, toi, qui peux imaginer de pareilles spéculations ? Est-ce là le langage d’un époux ? Tu n’as rien à demander à ta femme que de veiller sur tes épargnes, d’administrer tes revenus, d’avoir soin de ta maison. Dieu te l’a donnée pour t’aider en cela comme dans toutes les choses du même genre. Attendu que deux sortes d’affaires se partagent notre vie, les affaires publiques et les affaires privées, le Seigneur a divisé la tâche entre l’homme et la femme : à celle-ci il a départi le gouvernement de la maison, à celui-là toutes les affaires de l’État, toutes celles qui se traitent sur la place publique, jugements, délibérations, commandements d’armées, et le reste. La femme est incapable de diriger un javelot, de lancer un trait, mais elle est capable de manier la quenouille, de tisser une toile, de faire régner le bon ordre, dans toute la maison. Elle est incapable d’ouvrir un avis dans un conseil ; mais elle est capable d’ouvrir un avis à la maison, et souvent, dans les soins domestiques que son mari partage avec elle, elle montre plus de clairvoyance que lui-même. Elle est incapable de bien gérer les deniers publics, mais elle est capable de bien élever ses enfants, ce trésor précieux entre tous ; elle est capable d’observer les manquements des servantes, de surveiller les mœurs des serviteurs, de procurer à son époux plus de sécurité, de la décharger de tous les soins qu’exige un ménage, j’entends ceux de l’office, du filage, de la cuisine, de la toilette : enfin, elle prend sur elle tous les travaux dont il ne serait ni convenable, ni facile à l’homme de s’occuper, quelque difficile à contenter qu’il puisse être. En effet, c’est un trait de la générosité et de la sagesse divines, que celui qui excelle dans les grandes choses, se montre dans les petites insuffisant et incapable, de telle sorte que l’homme ait besoin de la femme. En effet, si Dieu avait créé l’homme également propre aux deux emplois, le sexe féminin n’aurait été qu’un objet de mépris : et, d’autre part, s’il avait permis aux femmes des fonctions plus relevées et plus sérieuses, il leur aurait inspiré des prétentions extravagantes. Aussi, a-t-il évité de donner les deux aptitudes à la même créature, de peur que l’un des sexes ne fût éclipsé et ne parût inutile : et il n’a pas voulu non plus faire la part égale aux deux sexes, de peur que cette égalité n’engendrât des conflits, des querelles, et que les femmes n’élevassent leurs prétentions jusqu’à disputer aux hommes le premier rang ; mais conciliant le besoin de paix avec les convenances de la hiérarchie, il a fait dans notre vie deux parts, dont il a réservé à l’homme la plus essentielle et la plus sérieuse, en assignant à la femme la plus petite et la plus humble : de telle sorte que les nécessités de l’existence nous la fassent honorer, sans que l’infériorité de son ministère lui permette d’entrer en révolte contre son mari.

«En conséquence, cherchons tous désormais une seule chose, la vertu, un bon naturel, afin de jouir de la paix, de goûter les délices d’une concorde et d’une affection perpétuelles. Epouser une femme riche, c’est prendre un souverain plutôt qu’une femme. Par elles-mêmes, déjà, les femmes ont assez de vanité, assez de penchant à briller : s’il leur survient encore le renfort dont je parle, comment leurs maris pourront-ils y tenir désormais ? Au contraire, celui qui prend une femme de sa condition, ou plus pauvre que lui, prend une auxiliaire ; une alliée : et c’est vraiment le bonheur qu’il introduit dans sa maison. La gêne que cause à l’épouse sa pauvreté lui inspire toutes sortes de soins et d’attentions pour son mari, l’obéissance, une soumission parfaite, et supprime toutes les causes de disputes, de querelles, d’extravagances, de rébellion : elle unit les deux époux dans la paix, la concorde, la tendresse, l’harmonie. Ce n’est donc pas l’argent que nous devons chercher, mais la paix, si nous voulons trouver le bonheur. Le mariage n’est pas fait pour remplir notre maison de luttes et de combats, pour nous faire vivre au milieu des disputes et des querelles, pour mettre la division dans le ménage et nous rendre l’existence insupportable, mais pour nous procurer une aide, pour nous ouvrir un port, un asile, pour nous consoler dans l’affliction, pour que nous trouvions de l’agrément dans la conversation de notre femme. Combien n’a-t-on pas vu de riches, enrichis encore par la dot de leurs femmes, mais privés du même coup, pour jamais, de la paix et de la félicité, par un mariage qui faisait de leur table une arène, un théâtre de querelles journalières ? Combien, au contraire, ne voit-on pas de pauvres, unis à des femmes plus pauvres encore, qui jouissent de la paix, et sont heureux de voir la lumière, tandis que plus d’un riche, au sein de l’abondance, souhaite la mort pour être délivré de sa femme, et ne demande qu’à déposer le fardeau d’une telle vie ? Tant il est vrai que l’argent ne sert à rien, faute d’une compagne vertueuse ! Mais, pourquoi parler de paix et de concorde ? Celui-là même qui ne songe qu’à gagner de l’argent, se trouve mal, souvent, d’avoir épousé une femme plus riche que lui. Quand il a augmenté son luxe en proportion de la dot reçue, une mort prématurée n’a qu’à venir l’obliger de restituer la dot entière aux parents : alors, pareil à ces naufragés dont la personne seule échappe aux flots, ce malheureux, au bout de tant de querelles, de luttes, de révoltes, de procès, a grand peine à se tirer d’affaire avec ses quatre membres et sa liberté. Et comme on voit des trafiquants insatiables, pour avoir encombré leur vaisseau de marchandises et lui avoir imposé un fardeau au-dessus de ses forces, causer la submersion de leur équipage, et perdre toute leur cargaison : ainsi, ces ambitieux qui font des mariages démesurément riches, dans la pensée d’augmenter beaucoup leur avoir, grâce à leurs femmes, perdent souvent jusqu’à ce qu’ils possédaient en se mariant : il suffit d’un instant et du choc d’une vague pour faire enfoncer le navire ; ainsi, la mort prématurée de la femme a suffi pour apporter la ruine avec le deuil à son mari.

«Considérons bien tout cela, et, au lieu de chercher la fortune, cherchons la vertu, l’honnêteté, la modestie. Une femme modeste, vertueuse et sage, fût-elle sans fortune, saura tirer parti de la pauvreté mieux qu’une autre de la richesse : au contraire, une femme gâtée, intempérante, acariâtre, trouvât-elle au logis des milliers de trésors, les aura bientôt dissipés avec la vitesse du vent, et précipitera son mari dans d’innombrables maux, outre la ruine. Ce n’est donc pas l’opulence que nous devons rechercher, mais une femme qui sache bien employer l’argent du ménage.

«Apprends d’abord quelle est la raison du mariage, quel dessein l’a fait introduire dans notre existence, et n’en demande pas davantage. Quel est donc l’objet du mariage, et dont quelle vue Dieu l’a-t-il institué ? Écoute ce que dit Paul : « De peur des fornications, que chacun ait une femme à soi » (1 Cor. 7, 2). Il n’a pas dit : remédier à sa pauvreté ni pour se mettre dans l’aisance. Pourquoi donc ? Afin que nous évitions les fornications, afin que nous réprimions notre concupiscence, afin que nous vivions dans la chasteté, afin que nous nous rendions agréables à Dieu en nous contentant de notre propre femme. Voilà le présent que nous fait le mariage, et voilà le fruit, en voilà le bénéfice. Ne lâche donc pas le plus pour courir après le moins ; car l’argent est peu de chose au prix de la chasteté. Le seul motif qui doive nous déterminer au mariage, c’est la résolution de fuir le péché, d’échapper à toute fornication ; tout le mariage doit donc tendre à ce but, de nous aider à la chasteté. Or il en sera ainsi, si nous épousons des femmes capables de nous inspirer beaucoup de piété, beaucoup de retenue, beaucoup de sagesse. En effet, la beauté du corps, quand elle n’a point la vertu pour compagne, peut bien retenir un mari vingt ou trente jours, mais au delà elle perd son empire, laisse voir les vices qu’elle cachait d’abord, et dès lors tout le charme est rompu. Au contraire, celles en qui reluit la beauté de l’âme, n’ont rien à craindre de la fuite du temps, qui leur fournit chaque jour de nouvelles occasions de découvrir leurs belles qualités ; l’impur de leurs époux n’en devient que plus ardent, et l’attachement mutuel ne fait que se resserrer. Dans cet état de choses et devant l’Obstacle de cette ardente et légitime affection, toute espèce d’amour impudique est rejetée bien loin ; l’idée même de l’incontinence n’entrera jamais chez ce mari attaché à sa femme par l’amour ; jusqu’à la fin il lui reste fidèle, et ainsi, par sa chasteté, appelle sur toute sa maison la bienveillance et la protection divines. Voilà les unions que formaient nos bustes des anciens temps, plus attentifs à la vertu qu’à la fortune. Pour le prouver par un exemple, je vous rappellerai un de ces mariages : Abraham déjà vieux et avancé en âge dit au plus âgé de ses serviteurs qui gérait tous ses biens : Pose ta main sous ma cuisse afin que je te fasse jurer au nom du Seigneur Dieu du ciel et de la terre, de ne pas donner pour femme, à mon fils Isaac une des filles des Chananéens, parmi lesquels j’habite, mais tu te rendras dans la terre où je suis né, au milieu de ma tribu, et tu choisiras là une épouse pour mon fils (Gn 24, 1-4). Voyez-vous quelle sollicitude chez cet homme vertueux, chez ce juste, au sujet du mariage ; il n’a pas recours, comme cela se pratique aujourd’hui, à des entremetteuses, à des négociatrices, à de vieilles conteuses de fables ; c’est à son propre serviteur qu’il confie cette affaire. Et ceci même est une grande marque de la prudence de ce patriarche, qu’il ait su former assez bien un serviteur pour le rendre capable d’un pareil ministère. Ensuite la femme qu’il lui faut n’est ni une femme riche, ni une belle femme, mais une femme vertueuse ; et c’est pour cela qu’il prescrit un aussi long voyage à son messager. Considérez aussi l’intelligence du serviteur : il ne dit point : quelle commission me donnes-tu là ! Quand nous sommes entourés d’un si grand nombre de nations, chez lesquelles se trouvent en grand nombre des filles d’hommes riches, distingués, illustres, tu m’envoies dans un pays aussi lointain, parmi des hommes inconnus ? A qui m’adresser ? Qui me connaîtra ? Et s’ils me tendent des embûches ? S’ils me trompent ? Car il n’y a rien de si facile à prendre au piège qu’un étranger. Il ne fit aucune de ces objections, mais négligeant toutes ces difficultés, il s’arrêta seulement au soupçon qui se présente tout d’abord à l’esprit : en ne résistant pas à son maître, il avait montré son obéissance ; en demandant seulement ce dont il fallait principalement s’informer, il manifesta son intelligence et sa prévoyance. A quoi fais-je allusion ? Et quelle est donc cette question qu’il adressa à son maître ? Si la femme, dit-il, ne veut point partir avec moi, ramènerai-je ton fils dans le pays d’où tu es sorti ? Abraham répondit : Ne ramène pas mon fils en ce pays. Le Seigneur Dieu du ciel et de la terre qui m’a tiré de la maison de mon père et de la terre où je suis né, qui m’a parlé et m’a dit avec un serment ces paroles : Je donnerai cette terre à toi et à ta postérité, ce même Dieu enverra son ange devant toi, et t’aplanira le chemin (Gn 24, 4-7). Voyez-vous la foi du patriarche ? Au lieu de faire appel à ses amis, à ses parents, ou à toute autre personne, c’est Dieu même qu’il donne pour interprète et pour compagnon de route à son messager. Puis, voulant rassurer ce serviteur, au lieu de dire simplement le Seigneur Dieu du ciel et de la terre, il ajoute : qui m’a tiré de la maison de mon père. Souviens-toi, lui dit-il, comment nous avons fait ce long voyage, comment après avoir abandonné notre propre pays, nous avons trouvé sur la terre étrangère plus de ressources et de félicité, comment l’impossible est devenu possible. Et ce n’est pas seulement en ce sens qu’il dit : Qui m’a tiré de la maison de mon père ; il veut encore indiquer que Dieu est son débiteur. Nous sommes ses créanciers, dit-il, il a dit lui-même : Je donnerai cette terre à toi et à ta postérité. De sorte que, tout indignes que nous sommes ; en considération de la promesse qu’il nous a faite de sa bouche, et dans la vue de l’accomplir, il nous assistera, aplanira devant nous tous les obstacles, et mènera à consommation ce qui est l’objet de nos vieux. Cela dit, il congédia son messager.

«Parvenu au pays qui lui avait été désigné, celui-ci n’aborda aucun des habitants de la ville, il n’entra pas en conversation avec les hommes, il n’appela point les femmes ; mais remarquez comment il resta fidèle, lui aussi, à l’intermédiaire qui lui avait été donné, comment il s’adressa à lui seul. Il se lève pour prier, et dit : Seigneur, Dieu de mon maître Abraham, aplanis, aujourd’hui le chemin devant moi (Gn. 24, 12). Il ne dit pas : Seigneur mon Dieu ; que dit-il donc ? Seigneur, « Dieu de mon maître Abraham ». Je ne suis qu’un misérable, un objet de rebut ; mais je me couvre de mon maître ; car ce n’est pas pour moi que je viens, je ne suis que son ministre ; aie donc égard à sa vertu, et aide-moi à accomplir jusqu’au bout la tâche prescrite.

«Maintenant, pour que vous n’alliez pas croire qu’il parle en créancier qui réclame ce qui lui est dû, écoutez les paroles qui suivent : » Et prends en miséricorde mon maître Abraham » (Gen. 24, 12). Quand nous aurions des milliers de mérites, nous voulons devoir à la grâce notre salut, et tenir tout de ta bonté, rien à titre d’acquittement ou de restitution. Et que demandes-tu donc ? Voici, répond-il, que je me tiens debout auprès de la fontaine, et les filles des habitants de la ville sortiront pour venir puiser de l’eau. Donc la jeune fille à qui je dirai : prête-moi ta cruche afin que je boive, et qui me répondra : bois, et je donnerai de plus à boire à tes chameaux jusqu’à ce qu’ils soient abreuvés, c’est celle que tu as préparée pour ton serviteur Isaac, et par là je reconnaîtrai que tu as pris en miséricorde mon maître Abraham. Remarquez la sagesse du serviteur, au signe qu’il choisit. Il ne dit pas : si j’en vois une portée sur un char attelé de mules, traînant à sa suite un essaim d’eunuques, entourée de nombreux esclaves, belle et resplendissante de tout l’éclat de la jeunesse, c’est celle que tu as préparée pour ton serviteur. Que dit-il donc ? Celle à qui je dirai : Prête-moi la cruche afin que je boive. Que fais-tu, mon ami ? C’est une femme de cette sorte que tu cherches pour ton maître, une femme qui porte de l’eau, et qui daigne te parler ? Oui, répond-il : car il ne m’a pas envoyé chercher la richesse, ni la noblesse de la naissance, mais les qualités de l’âme. On trouve souvent des porteuses d’eau qui possèdent une vertu parfaite, tandis que d’autres, nonchalamment assises dans de riches demeures, sont pleines de vices et très-mauvaises. —Mais à quoi reconnaîtra-t-il la vertu de cette femme ? — Au signe qu’il a indiqué. Mais que vaut ce signe pour distinguer la vertu ? — Il est excellent et infaillible. Car il manifeste clairement la charité, de façon à rendre toute autre preuve superflue. Ses paroles reviennent donc à ceci, bien qu’il ne le dise pas en propres termes : Je cherche une vierge tellement charitable, qu’elle rende tous les services dont elle est capable. Et ce n’est point sans réflexions qu’il cherchait une telle épouse : mais, étant d’une maison où florissait surtout l’hospitalité, il voulait avant toute chose trouver une femme assortie à l’humeur de ses maîtres. C’est comme s’il disait : Nous voulons faire entrer chez nous un femme dont les mains soient ouvertes pour les hôtes ; afin qu’il n’y ait pas de guerre et de querelles lorsque le mari fera largesse de son bien à l’exemple de son père, et accueillera les étrangers : ce qui arriverait si la femme était regardante, et ne voulait pas laisser faire, comme c’est le cas dans bien des maisons ; dès maintenant je veux m’assurer si elle est hospitalière, car c’est de là que viennent toutes nos prospérités.

«C’est par là que mon maître a obtenu du ciel celui qu’il va marier, par là qu’il est devenu père. Il a sacrifié un veau, et il a reçu un enfant ; il a pétri la farine, et Dieu lui a promis de lui donner des descendants aussi nombreux que les étoiles. Puis donc que c’est d’une telle source que découlent toutes nos prospérités, je recherche cette qualité avant toutes tes autres. Pour nous, ne nous arrêtons pas à ceci qu’il ne demandait que de l’eau : considérons plutôt que c’est la marque d’un cœur bien hospitalier, de ne pas se borner à donner ce qu’on demande, mais d’offrir plus que ce qui est demandé. Et il arriva ceci, dit l’Écriture, qu’avant qu’il eût fini de parler, Rebecca sortait de la ville, et ainsi se trouva accomplie cette parole du Prophète : Tu n’auras pas fini de parler que je dirai : me voici (Isaïe 58, 9).

«Voilà les prières des hommes vertueux : avant qu’elles soient finies, Dieu a, déjà consenti à les exaucer. Et toi aussi, par conséquent, lorsque tu voudras te marier, n’aie point recours aux hommes, ni à ces femmes qui font métier du malheur d’autrui, et ne se proposent qu’un but, à savoir, de gagner un salaire. Aie recours à Dieu. Il ne dédaigne point de présider lui-même à ton mariage. C’est lui-même qui en a fait la promesse en ces termes : « Cherchez le royaume des cieux, et tout le reste vous sera donné par surcroît » (Mt 6, 33). Et garde-toi de dire : Mais comment puis-je voir le Seigneur ? Est-ce qu’il peut m’adresser la parole, et s’entretenir avec moi visiblement, de telle façon que je puisse aller à lui et l’interroger ? Pensées d’une âme sans foi. Un instant suffit à Dieu, et la parole ne lui est pas nécessaire pour exécuter tout ce qu’il veut : et c’est justement ce qui eut lieu pour le serviteur d’Abraham. Il n’ouït aucune voix, ne vit aucune apparition. Debout auprès de la fontaine, il pria, et sur-le-champ fut exaucé. Il arriva ceci, qu’avant qu’il eût fini de parler, il vit sortir de la ville Rébecca, fille de Bathuel, fils de Melcha ; portant une cruche sur l’épaule : cette vierge était très-belle ; elle était vierge, aucun homme ne l’avait connue. Mais à quoi bon me parler de sa beauté ? C’est afin que tu comprennes à quel point elle était chaste, et quelle beauté elle avait dans l’âme. C’est une chose admirable que la chasteté, mais bien plus admirable encore, quand elle est jointe à la beauté. C’est pourquoi l’Écriture, avant de raconter l’histoire de Joseph et de sa chasteté, parle d’abord de ses avantages corporels : elle nous apprend qu’il était beau et dans tout l’éclat d’une jeunesse florissante, et c’est alors seulement qu’elle nous entretient de sa chasteté, et fait voir que cette beauté ne l’avait point précipité dans l’incontinence. En effet, la beauté ne provoque pas plus nécessairement la débauche, que la laideur ne fait la chasteté. Beaucoup de femmes parées de tous les charmes du corps ont brillé, grâce à la chasteté, d’un éclat encore plus vif tandis que d’autres qui étaient difformes et repoussantes ont eu dans l’âme encore plus de difformité, et se sont souillées d’innombrables prostitutions. Ce n’est pas dans le corps, c’est dans l’âme et dans la volonté que résident les principes de ce vice comme de cette vertu.

«Ce n’est pas sans intention qu’il lui applique deux fois le nom de vierge. Rappelez-vous qu’après avoir dit : Cette vierge était très-belle, il ajoute : Elle était vierge, aucun homme ne l’avait connue. C’est parce qu’il ne manque pas de vierges qui, tout en conservant leur corps intact, ouvrent l’accès de leur âme à tous les désordres, coquetteries, manèges pour attirer de toutes parts une foule d’amants autour d’elles, regards propres à enflammer les espérances des jeunes gens, gouffres et embûches de toutes sortes ; c’est pour cela, dis-je, que Moïse, voulant indiquer que Rebecca n’était pas semblable à ces filles, mais qu’elle était vierge à la fois de corps et d’âme, prend soin d’ajouter : Elle était vierge, aucun homme ne l’avait connue. Cependant ce n’est pas faute d’occasions qu’aucun homme ne l’avait connue : je dis cela d’abord à cause de sa beauté ; et en second lieu, à cause de l’office qu’elle remplissait. Si elle était restée perpétuellement dans sa chambre, comme les jeunes filles d’aujourd’hui, si elle ne s’était jamais montrée sur la place, si elle n’était jamais sortie de la maison paternelle, l’éloge eût été moins grand à dire qu’aucun homme ne l’avait connue. Mais si vous vous la représentez allant sur la place, obligée de se rendre chaque jour à la fontaine, une fois, deux fois et plus, et que vous songiez ensuite qu’aucun homme ne la connut, c’est alors que vous comprendrez parfaitement la valeur de l’éloge. On a vu plus d’une jeune fille qui n’était ni belle ni gracieuse, et qu’escortaient une quantité de suivantes, perdue néanmoins pour avoir passé une fois ou, deux sur la place publique. Que direz-vous donc de celle qui sort chaque jour seule de la maison paternelle, et cela, non-seulement pour aller sur la place, mais pour se rendre à la fontaine et rapporter de l’eau, courses qui l’exposent nécessairement à mille rencontres ? N’est-elle pas vraiment digne de toute notre admiration, lorsque ni ces sorties, continuelles, ni les charmes qui l’embellissent, ni les passants qui s’offrent partout à sa vue, rien, en un mot, ne peut porter atteinte à sa pureté, lorsqu’elle sait maintenir son âme et son corps à l’abri de la corruption, garder plus strictement la chasteté que les femmes qui restent enfermées chez elles, se montrer enfin pareille à celle que Paul demande en ces termes : « Qu’elle soit sainte de corps et d’esprit ? » (1 Cor 7, 34). Étant donc descendue à la fontaine, elle remplit d’eau sa cruche et remonta ; alors le serviteur courut à sa rencontre et lui dit : Laisse-moi boire un peu â ta cruche. Elle répondit : Bois, seigneur, et elle s’empressa de prendre sa cruche sur son bras, et elle lui donna à boire jusqu’à ce qu’il fût désaltéré. Puis elle ajouta : je puiserai aussi pour tes chameaux, jusqu’à ce que tous aient bu. Et elle s’empressa de vider sa cruche dans l’abreuvoir : et elle courut au puits afin de tirer de l’eau pour tous les chameaux (Gn 24, 16-20).

«Grande était la charité de cette femme, grande sa chasteté ; ces deux points sont bien établis, tant par ses actions que par ses paroles. Vous avez vu comment sa chasteté ne nuisait point en elle à la charité, comment d’autre part la charité ne compromettait point sa chasteté. Ne s’être point précipitée au-devant de l’étranger, ne lui avoir point parlé la première, voilà pour la chasteté ; n’avoir point résisté par signes ou paroles à sa demande, c’est le fait d’une charité et d’une humanité peu communes. En effet, de même qu’elle aurait fait paraître de l’effronterie et de l’impudence si elle était allée à sa rencontre ou lui avait parlé avant qu’il eût rien dit ; de même, si elle l’avait repoussé quand il invoquait son assistance, elle se serait montrée dure et inhumaine. Mais elle sut éviter ces deux écueils : la chasteté ne l’a pas rendue infidèle aux lois de l’hospitalité ; son hospitalité n’a pas su davantage diminuer les éloges dus à sa chasteté ; c’est dans leur intégrité qu’elle a manifesté ces deux vertus : la, chasteté, en attendant la demande de l’étranger ; l’hospitalité, une hospitalité au-dessus de toute louange, en lui fournissant ce qu’il demandait. Hospitalité au-dessus de toute louange, ai-je dit; comment nommer, en effet, celle qui, non contente d’accorder ce qu’on demande, offre encore quelque chose de plus. Sans doute, son présent n’était que de l’eau ; mais c’est tout ce qu’elle avait alors sous la main. Or l’usage est de mesurer la générosité des hôtes, non à la richesse de leur don, mais aux ressources sur lesquelles ils le prélèvent. C’est ainsi que Dieu a loué l’homme qui avait donné un verre d’eau fraîche, et a dit que la femme qui avait offert deux petites pièces de monnaie avait donné plus que personne, parce qu’elle avait sacrifié tout ce qu’elle possédait alors. De même Rebecca fit largesse à ce brave étranger de tout ce qu’elle avait à lui offrir. Ce n’est pas sans intention que le texte emploie ces expressions ; elle se hâta, elle courut, et autres semblables ; c’est pour montrer le zèle avec lequel elle agit en personne qui n’est ni contrainte, ni forcée, qui agit sans hésitation ni répugnance. Ceci n’est pas insignifiant : n’avons-nous pas vu plus d’une fois un passant que nous prions de s’arrêter un instant et de pouvoir laisser allumer notre torche à la sienne, ou de nous donner, pour nous désaltérer, un peu de l’eau qu’il portait, s’y refuser et nous repousser avec brusquerie ? Rebecca, au contraire, non contente d’incliner sa cruche en faveur de l’étranger, va jusqu’à prendre la peine de puiser de l’eau pour tous les chameaux, mettant ainsi avec la plus grande bonté, sa personne même au service de la charité. Ce n’est pas seulement son action, mais encore son empressement qui témoigne de sa vertu ; elle appelle seigneur un inconnu qu’elle voit pour la première fois. Et de même que son futur beau-père Abraham ne demandait pas aux voyageurs : qui êtes-vous ? De quelle famille ? Où allez-vous ? D’où venez-vous ? Et profitait sans retard de l’occasion offerte à sa charité ; de même Rebecca ne demanda pas : qui es-tu ? De quelle famille ? Quel est le motif qui t’amène ? Mais pressée de saisir l’aubaine qui se présentait à son zèle, elle négligeait toutes ces questions superflues. Ceux qui achètent des perles afin de les échanger contre de l’or ne songent qu’à s’enrichir aux dépens des acheteurs, et non à les importuner de questions curieuses. Ainsi Rebecca ne pense qu’à recueillir le fruit de l’hospitalité, qu’à recevoir entière la récompense proposée. Elle n’ignorait pas que les étrangers pèchent moins que personne par excès d’audace ; ils ont besoin d’un accueil empressé qu’un excès de réserve ne vienne pas refroidir ; si nous nous avisons de les obséder de questions indiscrètes, ils s’effarouchent, ils se dérobent, ils ne viennent plus à nous qu’à regret. Aussi s’en garda-t-elle bien dans cette occurrence, et son beau-père de même, quand il recevait des hôtes ; il craignait trop d’effrayer le gibier ; il se contentait de donner ses soins au voyageur, et quand il avait tiré d’eux le profit désiré, alors il les congédiait.

«C’est pour cela qu’il reçut un jour des anges dans sa maison : s’il les avait pressés de questions, sa récompense eût été diminuée d’autant. En effet, ce que nous admirons en lui, ce n’est pas qu’il ait reçu des anges, c’est qu’il les ait reçus sans les connaître. S’il leur avait donné ses soins à bon escient, il n’y aurait là rien de surprenant ; la dignité de tels hôtes aurait rendu courtois et humain l’homme le plus dur et le plus insensible. Ce qu’il faut admirer, c’est que, les prenant pour des voyageurs vulgaires, il leur ait prodigué des soins si empressés. Rebecca fut digne d’Abraham : elle ignorait le nom du serviteur, le but de son voyage, l’intention qu’il avait de la demander en mariage : elle ne voyait en lui qu’un voyageur et un étranger. Aussi la récompense de sa charité fut-elle d’autant plus grande, qu’elle avait accueilli avec une bienveillance parfaite un homme absolument inconnu, tout en restant fidèle aux lois de la chasteté. Ni effronterie, ni hardiesse, ni excès d’instances, ni mauvaise humeur : elle sut remplir son office sans se départir de la réserve convenable. C’est à quoi Moïse fait allusion en disant : « L’homme la considérait en, silence, afin de s’assurer si le Seigneur avait béni son voyage » (Gn 24, 21). Que veut dire ceci : Il la considérait ? Cela veut dire qu’il observait son maintien, sa démarche, sa physionomie, son langage, tout enfin avec un grand soin, cherchant à lire dans ses gestes le secret de son âme. Ce n’est pas tout : il veut recourir encore à une autre épreuve. Lorsqu’elle l’eut désaltéré, il ne s’en tint pas là, et lui dit : Fais-moi savoir de qui tu es la fille : y a-t-il dans la maison de ton père un lieu où je puisse descendre ? (Gn 24, 23) Quelle est sa réponse ? Avec beaucoup de patience et de douceur, elle dit le nom de son père. Elle aurait pu se fâcher et répondre. Mais toi, qui es-tu donc, indiscret, qui t’enquiers si curieusement de notre maison ? Au lieu de cela, elle répondit : Je suis fille de Bathuel, fils de Melcha, qui l’est de Nachor. Il y a chez nous de la paille et du fourrage en abondance, et un endroit pour les hôtes. Encore cette fois, comme lorsqu’il s’agissait de l’eau, elle lui donne plus qu’il ne demandait. Alors il ne demandait qu’à boire : elle lui offrit de désaltérer ses chameaux et les désaltéra en effet. C’est la même chose ici : il lui demandait seulement s’il y avait de la place pour les hôtes, elle lui apprend qu’il y a « de la paille, du fourrage et le reste », le tout afin de l’engager, de l’attirer à la maison, et de recueillir ainsi le prix de l’hospitalité. N’écoutons pas ceci à la légère, ni par manière de distraction, mais songeons à nous-mêmes, mettons-nous à la place des personnages, c’est ainsi que nous apprécierons la vertu de Rebecca. Souvent, quand il nous faut héberger, des amis, des connaissances, nous nous y prêtons à regret, et si leur séjour se prolonge durant une ou deux journées, nous voilà de mauvaise humeur. Rebecca n’avait affaire qu’a, un étranger, un inconnu ; cependant elle met tout son empressement à l’attirer dans sa maison, et cela, sachant bien qu’elle sera obligée de donner ses soins, non-seulement à lui, mais encore à ses chameaux. Le serviteur entre : remarquez une nouvelle et plus forte preuve de son intelligence. Elle lui offre du pain : Je ne mangerai pas, répond-il, avant d’avoir dit ce que j’ai à dire.

«Voyez-vous cette activité, cette tempérance ? On l’invite à parler : considérons le langage qu’il tient. Va-t-il leur dire qu’il a un maître de haut rang, universellement honoré, le premier personnage, sans contredit, de la contrée qu’il habite ; s’il eût voulu parler sur ce ton, il n’aurait pas été embarrassé. En effet, les gens du pays honoraient Abraham à l’égal d’un roi. Mais il ne dit rien de pareil ; il passe sur ces titres humains, et c’est de la faveur divine qu’il décore Abraham en disant : Je suis serviteur d’Abraham, le Seigneur a comblé mon maître de ses bénédictions ; et il a été exalté ; et il lui a donné des brebis et des bœufs, de l’or et de l’argent (Gn 24, 34-35). S’il fait mention de ces richesses, ce n’est point pour montrer qu’Abraham est dans l’aisance, mais pour faire voir qu’il est aimé de Dieu ; ce n’est pas de les posséder qu’il le loue, mais de les avoir reçues de Dieu. Il arrive ensuite au jeune homme. Et Sara, femme de mon maître, lui a donné un fils alors qu’il était déjà vieux. Ici il veut appeler l’attention sur le miracle de cette naissance, en la représentant comme un bienfait de la faveur divine, en dehors des lois de la nature. Et pareillement, si quelqu’un de vous cherche une femme ou un mari, qu’il examine avant tout si la personne qu’il a en vue est aimée de Dieu, si la bonté céleste lui prodigue ses faveurs. Car si cela se trouve en elle, tout le reste s’ensuit : dans le cas contraire , possédât-elle la plus belle fortune et la mieux assurée, c’est comme si elle n’avait rien. Ensuite le serviteur, afin qu’on ne lui demande pas : Pourquoi n’a-t-il pas épousé une femme de son pays ? ajoute aussitôt après : Mon maître m’a fait prêter serment et il m’a dit : Tu ne donneras pas pour femme à mon fils une des filles des Chananéens ; mais tu te rendras dans la maison de mon père, et dans ma tribu, et tu choisiras là une épouse pour mon fils (Gn 24, 37-38). Mais je ne veux pas vous rapporter ici toute l’histoire, de peur que vous ne me trouviez importun. Arrivons donc à la fin. Quand il eut raconté comment il s’était arrêté à la fontaine, comment il avait fait une prière à la jeune fille, comment elle lui avait donné plus qu’il ne demandait, comment Dieu avait été son médiateur ; enfin, quand il eut tout narré dans le plus grand détail, il finit alors de parler. Les autres, après avoir entendu ce récit, n’hésitèrent plus un instant, et sans faire attendre leur réponse, comme inspirés par Dieu lui-même, ils accordèrent leur fille sur-le-champ. Ceci est l’ordre de Dieu, répondirent Laban et Balhuel, nous ne pouvons donc disputer contre toi. Voici Rebecca, emmène-la et pars ; et qu’elle soit la femme de ton maître, suivant la parole du Seigneur (Gn 24, 50-51). Qui ne s’étonnerait ? Qui ne resterait frappé de surprise, en songeant au nombre et à la gravité des obstacles levés ainsi dans un instant ? L’envoyé était un étranger, un serviteur ; la distance à parcourir était considérable ; ni le jeune homme, ni son père, ni aucun de ses parents n’était connu. C’était assez d’une de ces difficultés pour empêcher le mariage ; rien ne l’empêcha pourtant, et comme si Isaac était un voisin, une connaissance, un ami du premier jour, ils lui donnent leur fille avec une entière confiance : c’est que le médiateur était Dieu. En effet, essayons-nous de faire quelque chose sans son appui, ce qui semblait tout simple et tout aisé ne nous offre plus que précipices, qu’abîmes, que chances contraires. Au contraire quand il est avec nous et qu’il nous assiste, le projet le plus difficile à exécuter réussit comme de lui-même. En conséquence, n’entreprenons rien, ne disons rien, sans avoir d’abord invoqué Dieu, et l’avoir prié de mettre la main lui-même à ce qui nous occupe, ainsi qu’a fait le serviteur.

«Voyons maintenant, la demande accordée, comment se firent les noces. Traîna-t-il derrière lui des joueurs de cymbales, de flûte, des danseurs, des tambours, et tout cet appareil que l’on connaît ? Rien de tout cela seule il avait reçu Rebecca, seule il l’emmena, sans autre compagnon que l’ange qui lui faisait escorte, en accomplissement de la prière qu’Abraham avait faite à Dieu, de protéger le voyage de son serviteur, quand il aurait quitté la maison. Et la jeune femme était conduite à son époux, sans qu’elle eût entendu ni flûte, ni lyre, ni autres instruments, mais la tête toute chargée de bénédictions célestes, couronne supérieure en éclat aux plus riches diadèmes. Elle était conduite à son époux, parée non de tissus d’or, mais de chasteté, de piété, de charité, de toutes les vertus enfin. Elle était conduite à son époux, non sur un char couvert, ni sur quelque autre siège d’apparat, mais sur le dos d’un chameau. C’est qu’alors, indépendamment de leurs vertus, les jeunes filles avaient un tempérament robuste. En effet, leurs mères ne les élevaient pas comme c’est la mode aujourd’hui, et ne compromettaient point leur santé à force de bains, de parfums, de fard, de vêtements moelleux, enfin par mille autres superfluités propres seulement à les amollir ; au contraire, elles les soumettaient aux plus rudes épreuves. Aussi avaient-elles une beauté florissante, et de bon aloi, attendu qu’elle devait tout à la nature et rien à l’artifice. Aussi jouissaient-elles d’une santé à l’abri de toute atteinte, et leurs grâces étaient-elles incomparables, parce que leur corps n’était jamais incommodé par la maladie et que la mollesse leur était inconnue. En effet, les peines, les fatigues, l’habitude de faire tout par soi-même, en chassant la mollesse, donnent une force, une santé inébranlable. Par là on les rendait plus capables d’inspirer aux hommes la tendresse et l’amour ; car ils trouvaient en elles, non-seulement plus de perfections corporelles, mais encore plus de qualités morales et plus de sagesse. Elle était donc sur un chameau ; arrivée dans le voisinage, avant qu’elle fût proche de la maison, elle leva les yeux, vit Isaac, et sauta à bas du chameau. Voyez-vous cette force ? Voyez-vous cette agilité ? Elle saute à bas d’un chameau. Telle était la vigueur qui se joignait à la sagesse, chez les filles de ce temps ! Et elle dit au serviteur : Quel est cet homme qui s’avance dans la plaine ? Le serviteur répondit : Mon maître. Alors, prenant son voile, elle s’en enveloppa (Gn 24, 65). Reconnaissez partout sa chasteté, contemplez sa pudeur et sa modestie. Et Isaac la reçut pour femme, et il la chérit, et elle adoucit le chagrin qu’il avait eu de la mort de sa mère Sara (Gn 24, 67). Ces mots, il la chérit, elle adoucit le chagrin qu’il avait eu au sujet de sa mère, ce n’est pas pour rien que je les cite ; j’ai voulu vous faire entendre quels charmes Rebecca avait apportés de chez elle, pour mériter tant de tendresse et d’amour. Et qui aurait pu ne pas chérir une femme si sage, si réservée, si humaine, si charitable et si douce, une femme si virile par le coeur, si robuste par le corps ? Ce que j’en ai dit n’est point pour me faire écouter, ni pour obtenir vos éloges, mais pour exciter votre émulation. Vous, pères, imitez la sollicitude que montra le patriarche, afin de faire épouser à son fils une femme vraiment vertueuse ; il ne rechercha ni la fortune, ni la noblesse, ni la beauté, ni aucun autre avantage que l’excellence de l’âme. Vous, mères, c’est dans cette pensée que vous devez élever vos filles. Quant aux jeunes gens qui voudront les prendre pour femmes, qu’ils célèbrent leurs noces avec la même décence ; loin d’eux les danses, les éclats de rire, les propos grossiers, les flûtes, et toute cette magnificence diabolique, et tout ce qui peut y ressembler : qu’ils prient seulement Dieu d’être leur médiateur dans toutes leurs démarches. Si nous menons toujours ainsi nos affaires, il n’y aura ni divorce, ni soupçon d’adultère, ni motif de jalousie, ni batailles, ni querelles, mais nous goûterons toutes les douceurs de la paix et de la concorde, auxquelles viendront nécessairement se joindre toutes les vertus. De même que, lorsque l’homme et la femme sont divisés, tout s’en ressent dans la maison, quand bien même toutes les autres affaires iraient à souhait : de même, lorsque la paix et la concorde règnent, tout prend du charme, quand bien même l’orage éclaterait cent fois par jour. Si l’on se marie comme je le demande, il sera bien facile d’amener les enfants à la pratique de la vertu. En admettant que la mère soit ce que j’ai dit : réservée, chaste, riche de toutes les vertus, certes elle sera bien en état de gagner son mari et de le maîtriser par la tendresse qu’elle lui inspirera ; et quand elle l’aura gagné, elle trouvera en lui un auxiliaire plein de zèle pour l’éducation de ses enfants. Elle amènera ainsi Dieu lui-même à partager sa sollicitude. Alors, Dieu lui-même prêtant son assistance à ce ménage si bien dirigé, cultivant lui-même les âmes des enfants, tous les ennuis auront disparu ; tout sera pour le mieux dans la maison, comme dans l’âme des maîtres, et chacun pourra de la sorte, avec sa maison, j’entends avec sa femme, ses enfants et ses serviteurs, parcourir sans danger jusqu’au bout sa carrière terrestre, et entrer ensuite dans le royaume des cieux, bonheur que je vous souhaite à tous d’obtenir, par la grâce et la charité de Notre-Seigneur Jésus-Christ , avec lequel gloire et puissance, au Père et à l’Esprit saint et vivifiant, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il». (Saint Jean Chrysostome)

Sermon du saint curé d’Ars sur le Mariage

Sermon du 2ème dimanche après l’Épiphanie

Vocatus est Jesus ad nuptias.

Jésus fut invité aux noces.

(S. Jean 2, 2)

Que les chrétiens seraient heureux, s’ils avaient le bonheur de faire comme ces deux époux fidèles qui allèrent prier Jésus-Christ de venir assister à leurs noces pour les bénir et leur donner les grâces nécessaires à leur sanctification ; mais non, M.F. [Mes Frères], très peu font ce qu’ils doivent faire pour engager Jésus-Christ à venir à leurs noces afin de les bénir : au contraire, il semble que l’on prend tous les moyens pour l’en empêcher. Hélas ! que de gens damnés pour n’avoir pas invité Jésus-Christ à leurs noces, que de gens qui commencent leur enfer en ce monde ! Hélas ! que de chrétiens qui entrent dans cet état avec les mêmes dispositions que les païens et peut-être encore avec de plus criminelles. Disons, M.F., en gémissant, que, de tous les sacrements, il n’y en a point qui soit tant profané. Il semble qu’on ne reçoit ce grand sacrement que pour commettre un sacrilège. Hélas ! si nous voyons tant faire de mauvais mariages, tant de gens malheureux, tant qui, par les malédictions qu’ils se vomissent l’un contre l’autre, vraiment commencent leur enfer en ce monde, n’en cherchons point d’autre raison que la profanation de ce sacrement.

Hélas ! si de tous les trente mariages il y en avait trois qui eussent reçu toutes les grâces, ce serait déjà beaucoup. Mais aussi, que s’ensuit-il, de toutes ces profanations, sinon une génération de réprouvés ? Mon Dieu, peut-on bien y penser et ne pas trembler, en voyant tant de pauvres personnes qui n’entrent en cet état que pour tomber en enfer ? Quel est mon dessein, M.F. ? le voici. C’est d’abord de montrer à ceux qui sont entrés dans cet état, les fautes qu’ils y ont faites, et ensuite à ceux qui pensent d’y entrer, les dispositions qu’ils doivent y apporter.

I Personne ne doute, M.F., que nous pouvons nous sauver dans tous les états que Dieu a créés, chacun dans celui que Dieu nous a destiné, si nous y apportons les dispositions que Dieu demande de nous : de sorte que, si nous nous perdons dans notre état, c’est que nous n’y sommes pas entrés avec de bonnes dispositions. Mais il est vrai qu’il y en a qui renferment beaucoup plus de difficultés que d’autres : Nous savons quel est celui qui en renferme le plus, c’est celui du mariage ; et cependant nous voyons que c’est celui que l’on reçoit avec de plus mauvaises dispositions. Lorsqu’on veut recevoir le sacrement de confirmation, l’on fait une retraite, l’on tâche de bien se faire instruire, pour se rendre digne des grâces qui y sont attachées ; mais pour celui du mariage, d’où dépend ordinairement le bonheur ou le malheur éternel de celui qui le reçoit, bien loin de s’y préparer par une retraite ou quelqu’autre bonne action, il semble que jamais l’on n’aura assez accumulé crimes sur crimes pour le recevoir, il semble qu’on n’aura jamais assez fait de mal pour mériter la malédiction du bon Dieu, afin d’être malheureux toute la vie en se préparant un enfer pour l’éternité. Lorsque l’on veut entrer dans l’état ecclésiastique, ou dans un monastère, ou même rester dans le célibat, l’on consulte, l’on prie, l’on fait des bonnes œuvres, afin de bien demander à Dieu la grâce de connaître sa vocation ; quoique dans l’ordre religieux tout nous porte au bon Dieu, tout nous éloigne du mal, malgré cela, l’on prend beaucoup de précautions ; mais pour le mariage, où il est si difficile de se sauver, ou pour mieux dire, où il y en a tant qui se damnent, où sont les préparations que l’on fait pour demander à Dieu la grâce de mériter le secours du ciel qui nous est si nécessaire pour pouvoir nous y sanctifier ? Presque personne ne s’y prépare, ou on le fait d’une manière si faible que le cœur n’y est pour rien.

Dès qu’un jeune homme ou une jeune fille commence à vouloir penser à s’établir, ils commencent à s’éloigner de Dieu en abandonnant la religion, la prière et les sacrements. Les parures et les plaisirs prennent la place de la religion, et les crimes les plus honteux prennent la place des sacrements. Ils continuent cette route jusqu’au moment où ils entrent dans le mariage, où la plupart consomment leur malheur éternel en commettant trois sacrilèges dans deux ou trois jours : je veux dire, en profanant le sacrement de pénitence, celui de l’eucharistie et celui du mariage, si le prêtre est assez malheureux que de leur administrer les deux premiers ; je dis du moins pour la plupart, si ce n’est pas tous. Le plus grand nombre des chrétiens y apportent un cœur mille fois plus pourri par le vice infâme de l’impureté, qu’un grand nombre de païens, qui n’oseraient pas même faire ce que la plupart des chrétiens font. Une fille qui désire avoir un jeune homme n’a pas plus de réserve qu’une bête la plus immonde. Hélas ! c’est qu’elle abandonne le bon Dieu, et le bon Dieu l’abandonne à son tour ; elle se jette à corps perdu dans tout ce qu’il y a de plus infâme.

Hélas ? que peuvent être et devenir ces pauvres personnes qui reçoivent le sacrement de mariage dans un pareil état, et combien de ces malheureux qui ne le diront pas même en confession ? O mon Dieu ! avec quelle horreur le ciel peut et doit-il bien regarder de tels mariages !

Mais aussi que deviennent ces personnes malheureuses ? Hélas ! le scandale d’une paroisse et une source de malheurs pour les pauvres enfants qui naîtront d’eux. Qu’entend-on dans cette maison ? Rien autre, sinon jurements, blasphèmes, imprécations et malédictions. Cette jeune fille croyait que si elle pouvait avoir ce jeune homme, ou ce jeune homme cette fille, rien ne leur manquerait ; mais, hélas ! après s’être mis en ménage, quel changement, que de larmes, que de repentirs et que de gémissements ! Mais tout cela ne sert de rien. L’on est dans le malheur, et il faut y rester jusqu’à la mort, il faut vivre avec une personne que, le plus souvent, l’on ne peut ni voir ni sentir ; disons mieux, M.F., ils commencent leur enfer en ce monde pour l’aller continuer pendant toute l’éternité. Hélas ! que le nombre de ces mariages, qui sont ainsi malheureux, est grand ! et cependant ; tout cela ne vient que de la profanation de ce sacrement. Ah ! si l’on pensait à ce que l’on va faire en entrant dans l’état du mariage, les charges qu’il y a à remplir et les difficultés que l’on y trouvera pour se sauver, ô mon Dieu, que l’on se comporterait bien plus sagement ! Mais le malheur du grand nombre, c’est qu’ils ont déjà perdu la foi quand ils y entrent. D’un autre côté, le démon fait tout ce qu’il peut pour les rendre indignes des grâces que Dieu leur accorderait s’ils étaient bien préparés. Le démon, non seulement espère les avoir, mais encore que les enfants qui naîtront d’eux seront ses victimes. Oh ! que ceux que Dieu n’appelle pas à cet état sont heureux ! Oh ! que d’actions de grâces ils doivent rendre à Dieu de les exempter de tant de dangers de se perdre ! sans compter qu’ils seront bien plus près de Dieu dans le ciel, que toutes leurs actions seront bien plus agréables à Dieu, et que leur vie sera plus douce, et leur éternité plus heureuse. Mon Dieu ! qui pourra bien comprendre cela ? Hélas ! presque personne, parce que chacun suit, non sa vocation, mais la pente de ses passions.

Cependant, M.F., quoiqu’il soit si difficile de se sauver dans l’état du mariage, et que le plus grand nombre, sans s’en douter un seul moment, seront damnés, ceux que Dieu y appelle peuvent s’y sauver, s’ils ont le bonheur d’y apporter les dispositions que Dieu demande d’eux ; il leur accordera par ses sacrements les grâces qui leur sont promises. Chacun doit entrer où Dieu l’appelle, et nous pouvons dire que le plus grand nombre de chrétiens se damnent parce qu’ils ne suivent pas leur vocation, soit en ne la demandant pas à Dieu ou en se rendant indigne de la connaître par leur mauvaise vie.

Pour vous montrer que l’on peut se sauver dans le mariage, si c’est Dieu qui y appelle, écoutez ce que nous dit saint François de Sales, qui, étant dans le collège, s’entretenait un jour avec un de ses compagnons de l’état où ils entreraient. Saint François lui dit : Je crois que le bon Dieu m’appelle à être prêtre, j’y trouve tant de moyens de m’y sanctifier et d’y gagner des âmes à Dieu, que d’y penser, je me sens le cœur tout rempli de joie ; combien je me trouverais heureux, si je pouvais bien convertir des pécheurs à Dieu ! Pendant toute l’éternité, je les entendrais chanter les louanges de Dieu, je les verrais dans le ciel. L’autre lui dit : Je crois que Dieu m’appelle dans l’état du mariage et que j’aurai des enfants et que j’en ferai de bons chrétiens, et que moi-même je m’y sanctifierai. Tous les deux suivirent une vocation bien différente, puisque l’un fut prêtre et évêque, et l’autre fut dans le mariage, cependant tous deux sont saints. Celui qui se maria eut des garçons et des filles ; un de ses garçons fut archevêque, et il a été un saint ; un second ; religieux ; un autre, président dans une chambre, lequel fit de sa maison presque un monastère. Il se levait tous les jours à quatre heures du matin, à cinq heures faisait la prière avec tous ses domestiques, les instruisait chaque jour. Plusieurs de ses filles furent religieuses ; de sorte, nous dit saint François de Sales, que tous, dans cette famille, furent des modèles de vertu dans le pays où ils furent placés-Vous voyez cependant que, quoiqu’il soit bien difficile et très difficile de se sauver dans l’état du mariage, ceux qui y sont appelés par Dieu, s’ils y apportent de bonnes dispositions, peuvent espérer de s’y sanctifier. Mais traitons d’une manière plus directe ce qui regarde ce sacrement.

II – Si je demandais à un enfant ce que c’est que le sacrement de mariage, il me répondrait : c’est un sacrement qui a été institué par Notre-Seigneur Jésus-Christ, et qui donne les grâces nécessaires pour sanctifier ceux qui se marient selon les lois de l’Église et de l’État. Mais quelles sont les dispositions pour recevoir les grâces que Dieu nous communique par ce sacrement ? Les voici : 1° C’est d’être suffisamment instruit des devoirs de son état et des misères qu’on y éprouve. 2° C’est d’être en état de grâce, c’est-à-dire d’avoir fait une bonne confession de tous ses péchés, avec un vrai désir de ne plus les commettre. Si vous me demandez pourquoi il faut être en état de grâce pour se marier ? Je vous répondrai : 1° Parce que c’est un sacrement des vivants ; il faut donc que notre âme soit exempte de péchés, ; 2° A défaut d’être en état de grâce, on commet un sacrilège, à moins que ce ne soit faute d’être suffisamment instruit.

Ceux qui veulent recevoir dignement ce sacrement doivent être instruits suffisamment pour connaître leurs devoirs et pour apprendre à leurs enfants ce qu’ils doivent faire pour vivre chrétiennement. Si une personne qui se marie ne sait pas ce qu’est le sacrement qu’elle va recevoir, qui l’a institué, quelles grâces il nous accorde, et quelles sont les dispositions que nous devons y apporter, il est bien certain qu’elle ne peut que commettre un sacrilège. Hélas ! que de sacrilèges dans la réception de ce grand sacrement, et combien de gens qui se marient sans savoir même les principaux mystères ; c’est-à-dire, laquelle des trois personnes divines s’est faite homme ! Ils ne sauraient pas seulement vous répondre que c’est la seconde personne qui a pris un corps et une âme dans le sein de la sainte Vierge par l’opération du Saint-Esprit, et que c’est le 25 mars ; que c’est le 25 décembre que ce Jésus est venu au monde à minuit, et qu’il est né comme homme et non pas comme Dieu, puisque comme Dieu il est de toute éternité. Combien qui ne savent pas que c’est le Jeudi saint que Jésus-Christ a institué le sacrement adorable de l’Eucharistie, en prenant du pain, le bénissant et le changeant en son corps ; et qu’ensuite-il prit du vin et le changea en son sang, et qu’il dit à ses apôtres : « Toutes les fois que vous prononcerez ces mêmes paroles, vous ferez le même miracle ! » Combien qui ne savent pas que c’est le Jeudi saint que Jésus-Christ a institué les prêtres en leur disant ces paroles : « Faites ceci en mémoire de moi. Toutes les fois que vous direz les mêmes paroles, vous changerez comme moi le pain en mon corps, le vin en mon sang [1] ». Peut-être même quelques-uns ignorent le jour que le bon Dieu est mort, qu’il est ressuscité et qu’il est monté au ciel. Cela vous étonne ? Hélas ! il y en a plus de deux qui ne savent pas combien, qui ne savent pas comment Dieu a souffert et comment il est mort ; c’est-à-dire qui ne savent pas que Dieu a souffert et est mort comme homme et non comme Dieu, puisque comme Dieu il ne pouvait ni souffrir ni mourir. Combien qui croient que les trois personnes de la Sainte Trinité ont souffert et sont mortes. Combien ne savent pas que Jésus-Christ, comme homme, est plus jeune que la sainte Vierge ; et que, comme Dieu, il est de toute éternité ! Combien auraient été bien embarrassés, si, avant de se marier, on leur avait demandé : Qui a institué les sacrements, et quels sont les effets de chaque sacrement en particulier, et quelles sont les dispositions que demande chaque sacrement ? Combien croient que c’est la sainte Vierge ou les apôtres qui ont institué les sacrements, et qui ne savent pas véritablement que c’est Jésus-Christ, et qu’il n’y a que lui qui pouvait les instituer et leur communiquer les grâces que nous y recevons : c’est-à-dire, que le baptême nous purifie du péché que nous apportons en venant au monde, que c’est le premier sacrement qu’un chrétien peut recevoir, et que les eaux pour le baptême ont été sanctifiées lorsque saint Jean baptisa Jésus-Christ dans le Jourdain, que Jésus-Christ l’a institué en disant à ses apôtres : « Allez, instruisez toutes les nations, baptisez-les au nom du Père, etc., etc. [2] »

Combien ne savent pas ce que c’est que le Saint-Esprit qu’ils reçoivent dans le sacrement de Confirmation, et que ce sacrement ne peut être donné que par les évêques, et qu’il faut être en état de grâce pour le recevoir ! Combien ne savent pas dans quel moment ils reçoivent le sacrement de Pénitence, et ne savent pas que c’est quand ils se confessent et qu’on leur donne l’absolution, et non pas toutes les fois qu’ils se confessent ! Combien ne savent pas que, dans le sacrement de l’Eucharistie, ils reçoivent le corps, le sang et l’âme de Notre-Seigneur Jésus-Christ, et qu’ils ne reçoivent ni les anges ni les saints ! Combien ne savent pas faire la différence entre le sacrement de l’Eucharistie et les autres, c’est-à-dire qu’ils ne savent pas que, dans le sacrement de l’Eucharistie, ils reçoivent le corps adorable et le sang précieux de Jésus-Christ, au lieu que dans les autres nous ne recevons que l’application des mérites de son sang précieux ! Combien ne savent pas connaître quels sont les sacrements des vivants et les sacrements des morts, et pourquoi on leur donne ces noms ; ils ne savent pas que le Baptême, la Pénitence et quelquefois l’Extrême-Onction, sont les sacrements des morts, parce qu’ils nous rendent la vie de la grâce que nous avons perdue par le péché, et que les autres sont appelés sacrements des vivants, parce qu’il faut que nous n’ayons point de péchés sur notre conscience quand nous voulons les recevoir. Combien d’autres ne savent pas ce qu’ils reçoivent lorsqu’on leur fait les onctions sur leurs sens, et quelle grâce ce sacrement de l’Extrême-Onction accorde aux malades qui le reçoivent dignement, c’est-à-dire qu’ils ne savent pas que ce sacrement les purifie de tous les péchés qu’ils ont commis par leurs sens, c’est-à-dire par les yeux, la bouche et les oreilles, etc., etc. Enfin combien d’autres ont ignoré la grâce que donnait le sacrement de mariage ! Combien d’autres qui ne savent pas que les sacrements n’ont eu leur effet qu’après la Pentecôte. Hélas ! que de sacrilèges ! hélas ! que de gens mariés damnés ! Cependant si vous ignorez ces choses, vous pouvez bien compter que tous les sacrements que vous avez reçus sont à peu près des sacrilèges.

Une deuxième raison qui doit porter à bien se préparer pour recevoir toutes les grâces que nous confère ce grand sacrement, c’est qu’il y a bien des misères à y souffrir : Combien de pauvres femmes qui sont obligées de passer leur vie avec des maris dont les uns sont des hommes emportés, qu’un rien fait mettre en colère ; semblables à des lions, ils sont toujours après elles, les disputent et souvent même les maltraitent ; ils ne peuvent les voir manger. Elles meurent de chagrin ; il est bien rare si elles passent un jour sans verser des larmes [3] ; d’autres ont des maris qui mangent tout ce qu’ils ont dans les cabarets, tandis qu’une pauvre femme périt de misère avec ses enfants dans la maison. Ce que je dis des maris, je le dis pareillement des femmes. Combien de maris qui ont des femmes qui ne leur disent jamais un mot de bonne grâce, qui les méprisent, qui délaissent tout ce qu’il y a dans la maison, qui ne font que les disputer du matin au soir. Vous conviendrez avec moi que pour souffrir tout cela sans murmurer, de manière à le rendre méritoire pour le ciel, il faut une grâce extraordinaire. Eh bien ! M.F., si vous aviez reçu toutes les grâces que vous donne ce sacrement, vous en auriez un trésor infini pour le ciel ; les grâces que Dieu vous a préparées pour vous sauver, qu’il a attachées à votre vocation, vous rendraient cela supportable sans vous en plaindre. Mais d’où vient que cet homme ne peut pas souffrir les défauts qu’il aperçoit dans sa femme, et que la femme maudit à chaque instant son mari parce qu’il est un ivrogne ? C’est que ces personnes n’ont pas reçu les grâces du sacrement de mariage ; ils ne peuvent donc qu’être malheureux pendant leur vie et damnés après leur mort.

Mais un plus grand malheur encore, c’est que, outre cela, leurs enfants leur ressemblent. Hélas ! qui pourrait conter l’état déplorable des enfants qui naissent de tels mariages ? Vous les voyez presque vivre comme des bêtes. D’abord, les parents n’ont jamais su leur religion, par conséquent ils ne peuvent pas l’apprendre à leurs enfants. Hélas ! des enfants qui ont dix ou onze ans ne savent pas seulement leur prière, ni un mot de leur religion ; ils n’ont déjà que des jurements et des mauvais propos à la bouche. Hélas ! que de personnes mariées et d’enfants damnés. au moins s’ils n’étaient pas mariés, ils seraient damnés tout seuls ! Que la profanation de, ce sacrement peuple les enfers !

2° Mais, me direz-vous, que faut-il donc faire pour entrer saintement dans cet état ? – Mon ami, le voici. Écoutez-le bien, heureux si vous en profitez ! Il faut que votre mariage n’ait rien de semblable à ceux des païens. Voici les mariages des païens. Lorsqu’ils veulent s’établir, les uns prennent une femme pour en avoir des enfants à qui ils puissent laisser leur nom et leurs biens ; les autres, parce qu’ils ont besoin d’une compagne pour les aider dans les soins de la vie ; celui-ci, pour la beauté et les agréments, mais très peu pour la vertu. Après cela, l’on prend ses sûretés de part et d’autre ; on passe le contrat, et on célèbre le mariage, qui est accompagné de quelques cérémonies religieuses en leur manière ; l’on fait un grand festin, et on se livre à toutes sortes de joies et d’excès. Voilà, M.F., la manière dont procèdent les païens, c’est-à-dire, ceux qui n’ont pas comme nous le bonheur de connaître le vrai Dieu. Si vos mariages n’ont rien de mieux, tenez-vous sûrs que vous avez profané ce sacrement ; et, après cela, il faut encore vous résoudre à aller passer votre éternité dans les enfers.

Ce n’est donc véritablement que l’esprit de piété qui fait le mariage chrétien ; il faut donc le faire au nom de Jésus-Christ, en vue de lui plaire et de suivre sa vocation, se proposer le salut de son âme et rien autre. Ce n’est donc ni l’intérêt, ni le désir de suivre le penchant de son cœur, qui doit porter un chrétien à se marier ; mais celui de suivre la voix de Dieu qui vous appelle dans cet état, d’élever chrétiennement les enfants qu’il plaira à Dieu de vous donner. Mais dans une démarche si importante, l’on ne doit rien faire avec précipitation, ne jamais manquer de consulter ses parents, et ne rien conclure sans leur consentement. Les parents, non plus, ne doivent jamais forcer leurs enfants à prendre des personnes qu’ils n’aiment pas, parce qu’ils ne peuvent qu’être malheureux l’un et l’autre. Il faut toujours choisir des personnes qui ont de la piété – : vous devez les préférer, quand même elles auraient moins de biens, parce que vous êtes sûrs que Dieu bénira votre mariage ; au lieu que pour ceux qui n’ont point de religion, leurs biens périront en peu de temps. Il ne faut pas faire comme plusieurs qui prennent un garçon ivrogne et mauvais sujet, en disant que, quand il sera marié, il se corrigera ; c’est tout le contraire, il ne deviendra que plus mauvais, et vous passerez votre vie dans une espèce d’enfer. Hélas ! que ces mariages sont épais [4] !

C’est dans la prière et les bonnes œuvres que vous devez demander à Dieu de vous faire connaître celui ou celle que Dieu vous destine. L’on dit qu’afin qu’un mariage soit bien fait ; c’est-à-dire heureux, il faut qu’il soit fait dans le ciel avant de l’être sur la terre. D’abord les jeunes gens qui veulent mériter les grâces du mariage que Dieu prépare à ceux qui espèrent s’y sanctifier, ne doivent pas se parler seuls ni le jour ni la nuit, sans la présence de leurs parents, et ne jamais se permettre la moindre familiarité, ni la moindre parole indécente, sans quoi ils sont sûrs d’éloigner Dieu de leurs noces, et que, si Dieu n’y assiste pas, ce sera le démon. Hélas ! il n’y en a pas un tous les deux cents qui observe cela. L’on peut bien dire aussi qu’il n’y a pas un mariage, pas un ménage tous les deux cents, qui soit véritablement tel que la religion et la paix y règnent, de manière que l’on puisse dire que c’est une maison du bon Dieu. Au contraire, il y en a qui se traînent pendant trois ou quatre ans dans les danses, les bals, les comédies, les cabarets, qui passent les trois quarts de leurs nuits seuls, à se permettre tout ce que le démon d’impureté peut leur inspirer. Mon Dieu, sont-ce bien là des chrétiens qui doivent porter sous le voile du sacrement un cœur pur et exempt de tout péché ? Hélas ! qui pourra compter le nombre de péchés dont leur cœur est couvert et leur pauvre âme toute pourrie ? Hélas ! comment peut-on espérer que le bon Dieu pourra, tout puissant qu’il est, bénir de tels mariages de personnes qui vivent dans l’impureté la plus infâme depuis peut-être combien d’années ? qui ne font peut-être de prières ni le matin ni le soir ? qui ont laissé les sacrements depuis plusieurs années, ou, s’ils les ont fréquentés, ne l’ont fait que pour les profaner ? Hélas ! comment se peut-il faire que le sang adorable de Jésus-Christ puisse descendre sur ces noces pour les sanctifier, et rendre les peines du mariage douces et méritoires pour le ciel ? Hélas ! que de sacrilèges, et que de gens mariés qui iront brûler dans les abîmes ! Mon Dieu, que les chrétiens connaissent peu leur malheur et leur perte éternelle ! Hélas ! ils ne quitteront pas leurs crimes infâmes après leurs noces ; toujours mêmes infamies, et toujours dans la route de l’enfer, où ils tomberont bientôt. Non, M.F., n’entrons pas dans le détail des horreurs qui se commettent dans le mariage, tout cela fait mourir d’horreur. Tirons le voile, qui ne se lèvera véritablement qu’au grand jour des vengeances, où nous verrons toutes ces turpitudes sans craindre de souiller notre imagination. Gens mariés, ne perdez jamais de vue que tout se verra au jour du jugement ; ce qui jettera une infinité de personnes dans l’étonnement, c’est que des chrétiens se soient permis des infamies semblables. Arrêtons-nous là.

III – Si maintenant vous me demandez quelles sont les conditions qu’il faut pour qu’un mariage soit bon devant Dieu et devant les hommes, mon ami, deux choses que voici : il faut qu’il soit contracté selon les lois de l’Église et de l’État ; sans quoi le mariage serait nul, c’est-à-dire que les personnes vivraient dans le péché, comme deux personnes qui se mettent ensemble sans se marier devant l’Église. L’Église a fait ses lois, assistée, dirigée par le Saint-Esprit.

Si vous me demandez ce que c’est que les fiançailles, le voici : c’est la promesse que deux personnes se font l’une à l’autre de s’épouser. Dès le moment que deux personnes se sont fiancées, elles ne doivent pas rester dans la même maison sous peine de gros péché, à cause des dangers et des tentations auxquelles elles seront exposées ; parce que le démon fait tout ce qu’il peut pour-les rendre indignes de la bénédiction du bon Dieu qui leur est promise dans le sacrement de mariage. C’est pourquoi l’Église leur défend d’habiter sous le même toit tout le temps des fiançailles.

Je vous ai dit, M.F., qu’il n’y a point de sacrements pour lesquels on prenne tant de précautions extérieures, que l’on reçoive avec tant d’appareil que celui du mariage. Après que le contrat est passé, l’on publie trois dimanches de suite les personnes qui veulent se marier, et cela pour deux raisons : la première, pour inviter tous les fidèles à prier pour eux, afin que Dieu leur accorde les grâces qui leur sont nécessaires pour entrer saintement dans cet état. La deuxième raison, c’est pour découvrir les empêchements qui pourraient mettre obstacle à ce mariage. Les cas dans lesquels l’Église défend le mariage s’appellent empêchements ; il y a de ces empêchements qui rendent les noces nulles, de sorte que des personnes qui se seraient mariées avec quelqu’un des empêchements que nous allons voir, ne seraient pas mariées, leur vie ne serait qu’une fornication continuelle. Hélas ! qu’il y en a, de ces malheureux mariages, qui font tomber les malédictions du ciel avec des peines partout où ils se trouvent ! Ne doutons pas ; M.F., que la profanation de ce sacrement, et les crimes qui se commettent dans le mariage, ne soient la cause de tous les grands maux dont Dieu nous accable, et nous le reconnaîtrons au jour du jugement.

Nous disons donc qu’il y a des empêchements qui se nomment dirimants ; voici ceux qui se rencontrent le plus souvent. Le premier, c’est la parenté jusqu’au quatrième degré inclusivement, c’est-à-dire qui renferme le quatrième degré et non le cinquième : cela se comprend aisément. Quand on annonce le mariage, si vous pensez que celui qui le publie ne sait pas ce que les fiancés lui cachent, vous êtes obligés de le dire à celui qui l’a publié, sans quoi vous commettez un gros péché mortel, puisqu’il y en a plusieurs qui le cachent autant qu’ils peuvent, par crainte de demander dispense et qu’il leur en coûte quelque chose. Le second, c’est l’affinité, c’est-à-dire qu’un veuf ne peut pas épouser les parents, de sa défunte jusqu’au quatrième degré, ni la veuve les parents de son défunt. Le troisième, c’est la parenté spirituelle, c’est-à-dire que l’on ne peut pas se marier avec l’enfant que l’on a ondoyé ou tenu sur les fonts du baptême, ni avec le père ou la mère de cet enfant. Le quatrième, c’est l’honnêteté publique, c’est-à-dire que, quand une personne a été fiancée avec une personne, elle ne peut pas se marier ni avec la mère, ni avec la fille, ni avec la sœur de la personne avec qui elle avait été fiancée. Voilà, M.F., les empêchements que les fidèles peuvent connaître le plus, et lorsqu’on publie un mariage que l’on sait être dans quelqu’un de ces cas, on est obligé de le dire, ou bien l’on commet un péché mortel, et l’on se met dans le cas d’être excommunié, c’est-à-dire retranché du sein de l’Église. Vous voyez, M.F., combien vous devez prendre garde et ne jamais manquer de dire ce que vous savez. Il y en a quelques autres qui sont moins communs, quelques-uns qui sont secrets et infamants, comme l’adultère et l’homicide ; ceux qui en sont coupables doivent en avertir leur confesseur. Les lois de l’Église qui défendent ces sortes de mariages sont très sages, elles ont toutes été dictées par le Saint-Esprit. Il y a encore le vœu simple de chasteté, de six mois, un an, et le reste…

Il y a cependant quelquefois que l’Église donne des dispenses en faisant faire quelque aumône à ceux qui les demandent, mais n’oubliez jamais que toutes les dispenses que l’on demande, et où on ne dit pas bien les choses telles qu’elles sont, ne valent rien. Le Saint-Père n’accorde qu’à condition que ce que l’on dit est véritable ; de sorte que si ce que nous disons n’est pas bien vrai, c’est-à-dire, si vous donnez des raisons qui ne sont pas ou que vous les augmentiez, vos dispenses ne valent rien, par conséquent votre mariage est nul : c’est-à-dire que vous n’êtes pas mariés et que vous avez commis un sacrilège en recevant le sacrement de mariage, ainsi que tous les sacrements que vous recevez dans la suite. Hélas ! que le nombre en est grand, de ces malheureux, et qui dorment tranquilles, tandis que le démon leur creuse un enfer éternel ! Vous ne devez donc jamais donner des raisons qui ne sont pas, et si vos pasteurs ne les trouvent pas bonnes, prenez bien garde de les presser en leur disant que vous vous mettrez tout de même ensemble. Hélas ! que de gens mariés damnés [5] !

Mais, me direz-vous, comment doit-on passer le temps des fiançailles ? – Le voici : Ce temps-là est un temps sacré qui doit se passer dans la retraite, la prière, et à faire toutes sortes de bonnes œuvres, pour mériter que Jésus-Christ vous fasse, comme aux époux de Cana, en Galilée, la grâce d’assister à vos noces pour vous bénir, en vous donnant les secours nécessaires pour pouvoir vous y sanctifier. Il est très bon et souvent bien nécessaire de faire une confession générale, soit pour réparer les mauvaises que l’on aurait pu faire pendant sa vie, soit encore pour se rendre plus digne de recevoir ce sacrement, puisque les grâces y sont abondantes à proportion des dispositions que l’on y apporte. Dites-moi, M.F., est-ce bien de cette manière que l’on passe un temps aussi précieux que celui des fiançailles ? Hélas ! ne prenez-vous pas, M.F., les païens pour modèles, lesquels même ne font pas tout ce que le plus grand nombre de chrétiens de nos jours se permettent ! Ces malheureux chrétiens ne sont pas contents d’avoir traîné presque toute leur vie ou au moins une bonne partie, dans le crime et l’infamie la plus noire ! il semble qu’ils n’en ont pas assez fait le premier jour de leurs fiançailles : les danses, les bals, les cabarets et la viande, si c’est un jour maigre.

Non contents de faire le mal seuls, comme s’ils craignaient de ne pas assez irriter la juste colère de Dieu sur eux, afin qu’au lieu de les bénir il les maudisse, ils seront trois ou cinq personnes à la fois ; c’est-à-dire selon leur fortune : ceux qui ont de quoi dépenser en invitent plus, et ceux qui ont moins en invitent moins ; mais toujours autant qu’ils ont. Il y en a qui peut-être perdront leurs âmes, feront des dettes en passant les trois quarts de la nuit, sans compter le jour, dans les cabarets, à se livrer à toutes sortes d’excès ; une partie se traînant par les chemins, et peut-être même l’épouse. Mais, me direz-vous, cela ne vous regarde pas, ce n’est pas votre argent que nous dépensons ; nous ne vous devons rien. – Non, sans doute votre argent ne me regarde pas, mais vos âmes dont Dieu m’a chargé, me regardent.

Eh bien ! M.F., voilà le commencement de la sainte retraite des jeunes gens qui viennent de se fiancer ; voilà leur préparation pour recevoir le sacrement de mariage. Ce n’est pas encore tout ; le démon n’en a pas encore assez. Après avoir passé quelques jours dans la débauche avec les parents de la fille, ils passeront tout le reste du temps à courir les maisons pour porter des fiançailles. Dans chaque maison, ils commettront, peut-être, trois ou quatre gros péchés par les embrassements qu’ils font ou qu’ils permettent. – Mais, me direz-vous, c’est la coutume. – Ah ! vos coutumes, ce sont celles des païens ; comme vous avez suivi jusqu’à présent la même marche que celle des païens, il faut bien continuer ! Malgré ce que vous direz, cela n’empêchera pas que, lorsque vous paraîtrez au tribunal de Dieu pour y rendre compte de votre malheureuse vie, tous les embrassements que vous aurez donnés ou reçus dans ces temps de fiançailles, ne soient des péchés et, la plupart, des péchés mortels. Oh ! je n’en crois rien. – Vous n’en croyez rien ? C’est que vos yeux sont un peu troubles ; mais ne vous inquiétez pas, le grand juge vous les éclaircira bien. Pourquoi est-ce, que les garçons ne donnent pas des fiançailles aux garçons et les filles aux filles ? ­Je le sais bien : c’est que le démon n’y trouve pas si bien son compte. Le temps des fiançailles se passe dans cette dissipation ou plutôt dans cette chaîne de péchés, sans parler de tout ce qui se passe entre les femmes. Mon Dieu, sont-ce là des chrétiens ou des païens ? Hélas ! je n’en sais rien ; tout ce que je sais, c’est que ce sont de pauvres âmes que le démon traîne et dévore jusqu’à ce qu’il les précipite dans les flammes. Le temps du mariage arrive, ils n’ont plus que trois ou quatre jours ; ils vont se présenter au tribunal de la pénitence sans regret et sans désir même de mieux faire. La preuve en est bien claire : vous allez voir les plaisirs, les mêmes danses, les excès dans le boire et le manger ; ils commencent les familles en se livrant à tout ce que le démon peut leur inspirer le jour de leurs noces, et encore pis s’ils le peuvent., Ils viennent de recevoir ce grand sacrement. ; ah ! je me trompe, ils viennent de commettre un horrible sacrilège, et ils vont mettre le cachet à leur réprobation en passant, peut-être, un jour ou deux en débauches.

Mon Dieu, que penser de ces pauvres chrétiens ? Que vont-ils devenir ? Hélas ! vous les avez déjà abandonnés, parce qu’ils n’ont rien oublié pour vous forcer à les maudire et à les réprouver.

Mais, me direz-vous, il est permis de se réjouir ce jour-là. – Oui, sans doute, mais de se réjouir dans le Seigneur. Vous avez beau dire ce que sous voudrez, vous ne laisserez pas de rendre compte jusqu’à un sou dépensé inutilement ; vous aurez beau vous en moquer, cela est tel que je vous le dis. Un jour nous le verrons, prenez bien garde que ce ne soit pas trop tard pour vous.

Tout cela est bien difficile à croire, parce que, si nous faisions mal, le bon Dieu nous punirait ; pourtant nous en voyons qui se divertissent bien et qui tout de même font bien leurs affaires. – Mon ami, ceci, loin d’être une bonne marque, est le plus grand de tous les malheurs. Savez-vous pourquoi le bon Dieu se conduit de cette sorte ? Le voici : c’est qu’il est juste. Il vous récompense de tout le bien que vous avez fait, afin qu’après votre mort, il n’ait qu’à vous jeter en enfer. Voilà la raison pourquoi il semble vous bénir malgré toutes les horreurs que vous avez commises dans vos fiançailles et vos noces, sans compter que tous les péchés que ceux que vous avez invités ont commis, seront pour votre compte, sans qu’ils en soient eux-mêmes innocents. Hélas ! que la mort fera trouver de péchés là où plusieurs croient qu’il n’y en a point !

Que devrait faire un chrétien pour dignement recevoir ce sacrement ? Ce serait de s’y préparer de tout son cœur, d’avoir fait une bonne confession et d’avoir passé saintement le jour de ses fiançailles ; et, ce qu’il aurait pu dépenser, le donner aux pauvres pour attirer les divines bénédictions sur lui. Le jour de leurs noces, qu’ils aillent de grand matin à l’église pour implorer le secours et les lumières du Saint-Esprit, en recevant la bénédiction nuptiale. Que le sang de Jésus-Christ coule sur leurs âmes. Le jour qu’ils ont été mariés, qu’ils passent la journée dans la présence de Dieu en pensant quel malheur ce serait s’ils venaient à profaner ce jour si saint. Après leur mariage, ils doivent aller trouver un confesseur pour se faire instruire, afin qu’ils ne se perdent pas sans le savoir, ou plutôt, afin qu’ils puissent se comporter comme de vrais enfants de Dieu. Hélas ! où sont les chrétiens qui se conduisent de cette manière ? Hélas ! où sont aussi les gens mariés qui seront sauvés ?

Qu’il y en aura de perdus ! De ceux qui y apportent de bonnes dispositions, il n’y en a presque point. Que conclure de cela ? Le voici : C’est que la plupart des chrétiens entrent dans le mariage sans demander à Dieu les grâces qui leur sont nécessaires, ils y portent un cœur et une âme couverts de mille et mille péchés, et profanent ce sacrement : ce qui est une source de malheurs pour eux dans ce monde et dans l’autre. Heureux les chrétiens qui entrent dans ces bonnes dispositions et qui y persévèrent jusqu’à la fin ! C’est ce que je vous souhaite…

[1] I Cor. XI, 23-26.

[2] Matth. XXVIII, 19.

[3] Exemple de Sainte Monique et de tant d’autres.  (Note du Saint)

[4] C’est-à-dire nombreux.

[5] « Une dispense obtenue sans des raisons légitimes rend le mariage nul. » (Instruction du père Jean Gibert, docteur de Sorbonne, sur le mariage, page 335. (Note du Saint.)

Une dispense obtenue sans raisons légitimes est une dispense qui a été obtenue en ne déclarant pas ce que l’on devrait découvrir, ou en alléguant faussement des raisons demandées par le droit, la coutume ou le style de la Chancellerie romaine.

Catéchisme sur le Mariage

Catéchisme Penny, ch. 18 – Sacrements, n° 306-312 : « 306. Qu’est-ce que le sacrement du Mariage ? Le Mariage est le sacrement qui sanctifie le contrat de mariage chrétien, et donne une grâce spéciale à ceux qui le reçoivent dignement.

« 307. Quelle grâce spéciale le sacrement du Mariage donne-t-il à ceux qui le reçoivent dignement ? Le sacrement du Mariage donne à ceux qui le reçoivent dignement une grâce spéciale qui leur permettent de supporter les difficultés de leur état, de s’aimer et rester fidèles mutuellement, et d’élever leurs enfants dans la crainte de Dieu.

« 308. C’est un sacrilège que de contracter un mariage en état de péché mortel ou en désobéissant aux lois de l’Église. Au lieu de la bénédiction, les parties coupables attirent sur elles-mêmes la colère de Dieu (pour que le mariage d’un catholique soit valide, doivent être présents 1) soit l’évêque ou le prêtre de paroisse, ou un autre prêtre dûment délégué, et 2) deux témoins).

« 309. Qu’est-ce qu’un «mariage mixte ?» «Un mariage mixte» est un mariage entre un catholique et une personne qui, bien que baptisée, ne professe pas la foi catholique.

« 310. L’Église encourage-t-elle les mariages mixtes ? L’Église n’encourage pas les mariages mixtes et les considère dangereux.

« 311. L’Église permet-elle parfois les mariages mixtes ? L’Église permet parfois les mariages mixtes en accordant une dérogation, sous certaines conditions spéciales.

« 312. Le pouvoir humain peut-il dissoudre le mariage ? Aucun pouvoir humain ne peut dissoudre le lien du mariage, car le Christ a dit : «Que l’homme ne sépare donc pas ce que Dieu a uni» (Mat. 19, 6) ».

Voir aussi : 

Vidéos relatives au Mariage