Sur le sacrement de Pénitence et la contrition, et sur le pardon des péchés sans une absolution sacramentelle

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Sommaire

  • Avant-propos : Erreur et hérésie dans l’ancienne page
  • Republication depuis le 16 décembre 2018
    • Partie 1. Sur le sacrement de Pénitence et la contrition
      • Absolution sacramentelle et contrition
      • Pas d’absolution sans éviter les occasions prochaines de péché
      • Toute confession doit nécessairement se faire en personne et non pas à distance, par téléphone, par écrit, etc.
    • Partie 2. Sur le pardon des péchés sans une absolution sacramentelle
      • Confession non-sacramentelle si aucun prêtre possible du tout
    • Plus sur la contrition
      • Aides à la contrition
      • Prières de contrition

 

Note préalable : Le sacrement de pénitence, en cas de nécessité, dans la situation actuelle exceptionnelle, et sans meilleure option (pas de prêtres catholiques ni de prêtres hérétiques non-notoires possibles), est possible d’hérétiques notoires de fait ou imposants (s’il refuse de donner l’absolution parce qu’il considère un fidèle comme un hérétique ou est trop violent, il faut aller à un autre), car :

  • ° le sacrement de pénitence est nécessaire ;
  • 2° il n’implique pas la communion ou participation religieuse avec le prêtre ;
  • 3° l’Église le permet pour le bien des fidèles, en cas de nécessité, dans la situation actuelle exceptionnelle («dans l’administration des sacrements … l’Église a le pouvoir de décider ou de modifier … ce qu’elle jugerait mieux convenir à l’utilité de ceux qui les reçoivent et au respect des sacrements eux-mêmes, selon la diversité des choses, des temps et des lieux» – Trente, sess. 21, ch. 2) ;
  • 4° la distinction entre la notoriété de fait et la notoriété de droit (avoué à un juge compétent ou déclaré par l’Église) doit encore être prise en compte à cause de la situation actuelle d’exception.

 

Avant-propos : Erreur et hérésie dans l’ancienne page

Cette page, d’avant le 30 novembre 2018, contenait une partie (du contenu d’avant comme le montre la capture d’écran ci-dessous) qui enseignait l’hérésie qu’on ne pourrait pas être pardonné avec seulement l’attrition et le sacrement de pénitence, ce qui est bien évidemment absolument faux, et ce n’est pas ce que je croyais. Je voulais expliquer le «mouvement de contrition» dont parle le Concile de Trente, nécessaire pour obtenir le pardon des péchés, mais je n’ai pas su bien l’exprimer, et je croyais qu’on recevait la contrition dans le sacrement de pénitence. 

Je me repens, je condamne et déteste (absolument de toute mes forces et pour l’amour de Dieu) d’avoir laissé l’enseignement d’une hérésie, et j’abjure d’avoir ainsi propagé une hérésie. Je professe, au contraire, qu’on peut être sauvé avec seulement l’attrition et le sacrement de pénitence (des mérites de la Passion de Jésus-Christ et de sa contrition parfaite).

Mais cette page remaniée vers le 30 novembre 2018 a été à nouveau corrigée depuis le 13 décembre 2018 car j’avais inséré la phrase «En fait, le pape Léon X et le pape Innocent XI ont même directement condamné l’idée hérétique qu’on puisse être pardonné et sauvé avec seulement l’attrition ou la contrition imparfaite» dans la partie « Sur le sacrement de Pénitence et la contrition » au lieu de la partie « Sur le pardon des péchés sans une absolution sacramentelle », parce que je n’ai pas fait assez attention ayant voulu allé trop vite quand j’ai remanié les paragraphes. J’ai refait entièrement cette page (republiée depuis le 16 décembre 2018) pour plus de sûreté.

 

Republication depuis le 16 décembre 2018

Psaume 50, 19b : «vous ne dédaignerez pas, ô Dieu, un cœur contrit et humilié»

Partie 1. Sur le sacrement de Pénitence et la contrition

Absolution sacramentelle et contrition

Le sacrement de pénitence est nécessaire au salut

Concile de Trente, 14ème session, ch. 2, 1551 ex cathedra : «Ce sacrement de la pénitence est nécessaire au salut pour ceux qui sont tombés après le baptême, comme l’est le baptême lui-même pour ceux qui n’ont pas encore été régénérés».

(Entre parenthèses, le concile de Trente, 14ème sess., ch. 2 ci-dessus, condamne aussi le baptême de désir qui ne régénère pas, selon l’avis même des partisans de l’hérésie du baptême « de désir »).

Pape Eugène IV, Exsultate Deo, 22 novembre 1439, Décret pour les Arméniens : «L’effet de ce sacrement est l’absolution des péchés». (Denz. 1323)

Concile de Trente, sess. 14, chap. 3, sur les parties et les fruits de ce sacrement, ex cathedra : « Pour ce qui concerne la vertu et l’efficacité du sacrement, la réconciliation avec Dieu en est la réalité et l’effet ».

La contrition

La contrition est la désolation ou douleur de ses péchés par amour de Dieu. La contrition est une douleur de l’âme et une détestation du péché commis, avec le propos de ne pas pécher à l’avenir. Cette contrition comprend non seulement l’abandon du péché, le propos et le début d’une vie nouvelle, mais aussi la haine de la vie ancienne.

Concile de Trente, Session 14 , Chapitre 4 ex cathedra : «La contrition, qui tient la première place parmi les actes du pénitent dont il a été parlé, est une douleur de l’âme et une détestation du péché commis, avec le propos de ne pas pécher à l’avenir. En tout temps ce mouvement de contrition a été nécessaire pour obtenir le pardon des péchés ; dans celui qui est tombé après le baptême, il prépare encore à la rémission des péchés s’il est joint à la confiance en la miséricorde divine et au désir de faire tout le reste requis pour recevoir ce sacrement comme il convient».

Concile de Trente, Session 14 , Chapitre 4 ex cathedra : «Le saint concile déclare donc que cette contrition comprend non seulement l’abandon du péché, le propos [de ne pas pécher à l’avenir] et le début d’une vie nouvelle, mais aussi la haine de la vie ancienne, conformément à ces paroles : « Rejetez loin de vous toutes les iniquités par lesquelles vous avez prévariqué, et faites-vous un cœur nouveau et un esprit nouveau » (Ez 18, 31)».

La contrition imparfaite (ou l’attrition) est la désolation du cœur ou douleur de ses péchés (ou repentir, ou regret sincère) par considération du péché ou par crainte des châtiments.

Concile de Trente, sess. 14, chap. 4, sur la contrition, ex cathedra : « La contrition imparfaite [1705], qu’on appelle attritionparce qu’on la conçoit en général ou bien en considérant la laideur du péché ou bien par crainte de l’enfer et des châtiments, si elle exclut la volonté de pécher jointe à l’espoir du pardon, le saint concile déclare que non seulement elle ne fait pas de l’homme un hypocrite et un plus grand pécheur [1456], mais qu’elle est aussi un don de Dieu, une impulsion de l’Esprit Saint qui, n’habitant pas encore le pénitentmais le mouvant seulement, lui vient en aide, pour qu’il prépare pour lui-même le chemin vers la justice. Et bien que sans le sacrement de la pénitence elle [la contrition imparfaite] ne puisse pas par elle-même conduire le pécheur jusqu’à la justificationcependant elle le dispose à obtenir la grâce de Dieu dans le sacrement de la pénitence ».

Le mouvement de contrition qui est nécessaire pour obtenir le pardon des péchés

Concile de Trente, Session 14 , Chapitre 4 ex cathedra : «La contrition, qui tient la première place parmi les actes du pénitent dont il a été parlé, est une douleur de l’âme et une détestation du péché commis, avec le propos de ne pas pécher à l’avenir. En tout temps ce mouvement de contrition a été nécessaire pour obtenir le pardon des péchés ; dans celui qui est tombé après le baptême, il prépare encore à la rémission des péchés s’il est joint à la confiance en la miséricorde divine et au désir de faire tout le reste requis pour recevoir ce sacrement comme il convient».

Ce mouvement de contrition est : 1° la douleur de l’âme (par contrition pour l’amour de Dieu ou par attrition pour la crainte des peines), 2° détestation du péché commis (par contrition pour l’amour de Dieu ou par attrition pour la crainte des peines), 3° propos (résolution) de ne pas pécher à l’avenir.

L‘attrition si elle exclut la volonté de pécher jointe à l’espoir du pardon est une impulsion de l’Esprit-Saint n’habitant pas encore le pénitent, mais le mouvant seulement. L’adhésion du pécheur à cette impulsion entraîne le mouvement de contritionL’attrition si elle exclut la volonté de pécher jointe à l’espoir du pardon est surnaturelle ; Un mouvement seulement naturel ne suffit pas :

Innocent XI, erreurs diverses sur les questions morales (# 57), 4 mars 1679 : «Il est probable qu’il suffit d’une attribution naturelle dès lors qu’elle est honnête»  Condamnée par le pape Innocent XI (Ench. Symb. Denz. 1207 2157)

Se confesser sans ferme propos d’amendement est un sacrilège.

Monastère de la Très Sainte Famille : « Si une confession d’un péché mortel a été faite sans le ferme propos d’arrêter de commettre le péché (c’est ce qui est appelé « le ferme propos d’amendement »), alors cette confession était sacrilège. Un péché mortel a été commis en la faisant », voir Les mauvaises confessions sont le chemin de l’enfer pour beaucoup – A propos des confessions sacrilèges).

On ne peut pas obtenir la grâce du sacrement sans aucun mouvement (mouvement de contrition).

Concile de Trente, sess. 14, chap. 4, sur la contrition, ex cathedra : « C’est pourquoi on calomnie faussement des écrivains catholiques, comme s’ils avaient enseigné que le sacrement de la pénitence conférait la grâce sans aucun bon mouvement de la part de ceux qui le reçoivent ; jamais l’Église de Dieu n’a enseigné ni pensé cela. Mais fausse est la doctrine qui enseigne que la contrition est extorquée et forcée, et non pas libre et volontaire».

La douleur de l’âme par attrition minimum (considérant la laideur du péché ou la crainte de l’enfer et des châtiments), et la détestation du péché par attrition minimum (repentir ou regret par attrition minimum) avec le propos de ne pas pécher à l’avenir permet de recevoir le pardon des péchés dans le sacrement de pénitence.

La volonté de ne plus pécher s’exprime dans le propos (ou ferme résolution de ne pas pécher à l’avenir) par l’acte de contrition (Trente, sess. 14, chap. 3, & canon 4 ci-dessous).

Le repentir est le regret douloureux de ses péchés avec le désir de les réparer et de ne plus y retomber (par attrition considérant la laideur du péché ou crainte de l’enfer et des châtiments, ou par contrition), et fait partie du mouvement de contrition.

Matière du sacrement de pénitence

Pape Eugène IV, Exsultate Deo, 22 novembre 1439, Décret pour les Arméniens : «Le quatrième sacrement est la pénitence, dont la matière en quelque sorte est constituée par les actes de pénitence qui se divisent en trois sortes : la première est la contrition du cœur à laquelle se rapporte la douleur du péché commis avec la résolution de ne plus pécher désormais. La deuxième est la confession de bouche pour laquelle il importe que le pécheur confesse intégralement à son prêtre tous les péchés dont il a le souvenir. La troisième est la réparation pour les péchés selon le jugement du prêtre ; elle se fait surtout par l’oraison, le jeûne et l’aumône». (Denz. 1323)

Concile de Trente, sess. 14, chap. 3, les parties et les fruits de ce sacrement : «Sont quasi-matière de ce sacrement les actes du pénitent lui-même : la contrition, la confession et la satisfaction». (Denz. 1673)

Concile de Trente, Canons sur le très saint sacrement de la pénitence : «4. Si quelqu’un nie que, pour une entière et parfaite rémission des péchés, trois actes sont requis chez le pénitent comme matière du sacrement de la pénitence, à savoir la contrition, la confession et la satisfaction, qui sont dites les trois parties de la pénitence ; ou s’il dit qu’il n’y a que deux parties de la pénitence : les terreurs qui frappent la conscience en reconnaissant son péché et la foi née de l’Évangile ou l’absolution par laquelle on croit les péchés remis par le Christ : qu’il soit anathème». (Denz. 1704).

La matière du sacrement de pénitence est :

  • 1° la douleur du péché commis (par contrition pour l’amour de Dieu ou par attrition pour la crainte des peines) avec la résolution de ne plus pécher ;
  • 2° la confession de bouche ;
  • 3° la réparation (satisfaction).

Forme du sacrement

Pape Eugène IV, Exsultate Deo, 22 novembre 1439, Décret pour les Arméniens : «La forme de ce sacrement ce sont les paroles de l’absolution que prononce le prêtre quand il dit : « Moi je t’absous ». Le ministre de ce sacrement est le prêtre ayant l’autorité pour absoudre soit ordinaire soit par délégation d’un supérieur».  (Denz. 1323)

Concile de Trente, sess. 14, chap. 3, les parties et les fruits de ce sacrement : «Le saint concile enseigne en outre que la forme du sacrement de la pénitence, dans laquelle réside principalement sa vertu, est placée dans ces paroles du ministre : « Je t’absous, etc. [Latin : Ego te absolvo, etc.]« ». (Denz. 1673)

La formule d’absolution est : « Je vous absous au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit ». Cette formule est absolument nécessaire pour la validité de l’absolution, et non pas une formule comme « Dieu vous pardonne », etc.

Pas d’absolution sans éviter les occasions prochaines de péché

Le pape Innocent XI enseigne ci-dessous qu’on ne pas être absous en demeurant volontairement, ou en ne voulant pas éviter, ou en cherchant, ou en se jetant dans une occasion (directe ou immédiate) prochaine de pécher (Ench. Symb. Denz. 1211 2161) :

Innocent XI, erreurs diverses sur les questions morales  n° 61, 4 mars 1679 : «Peut parfois être absous celui qui demeure dans une occasion prochaine de pécher qu’il peut et ne veut pas éviter, et même qu’il cherche directement ou délibérément, ou dans laquelle il se jette» Condamnée

Le pape Innocent XI enseigne aussi ci-dessous qu’on doit fuir et ne pas chercher directement l’occasion prochaine (directe ou immédiate) de pécher :

Innocent XI, erreurs diverses sur les questions morales,  n° 62, 4 mars 1679 : «Une occasion prochaine de pécher ne doit pas être fuie lorsqu’il y a une raison utile ou honnête de ne pas la fuir» – Condamnée (Ench. Symb. Denz. 1212 2162)

Innocent XI, erreurs diverses sur les questions morales, n° 63, 4 mars 1679 : «Il est permis de chercher directement l’occasion prochaine de pécher pour notre bien spirituel ou temporel, ou pour celui du prochain» – Condamnée (Ench. Symb. Denz. 1213 2163)

Voir Éviter les occasions prochaines de péché

Saint Ambroise  : «La vraie repentance est de cesser de pécher».

Saint Alphonse de Liguori, La véritable épouse de Jésus-Christ, la mortification des yeux, p. 221 : «Frère Roger, un franciscain de pureté singulière, qui une fois était interrogé sur la raison pour laquelle il était si réservé dans ses rapports avec les femmes, répondit que lorsque les hommes évitent les occasions de pécher, Dieu les préserve ; mais quand ils s’exposent au danger, ils sont juste abandonnés par le Seigneur, et tombent facilement dans certaines transgressions graves».

Toute confession doit nécessairement se faire en personne et non pas à distance, par téléphone, par écrit, etc.

Pape Innocent IX, Décret du St Office, 20 juin 1602 : «Le très saint Seigneur… a condamné et prohibé la proposition suivante, à savoir « qu’il est permis de confesser les péchés sacramentellement à un confesseur absent, par lettre ou par messager, et de recevoir l’absolution de ce même prêtre absent« , comme fausse, téméraire et scandaleuse, et il a ordonné que désormais cette proposition ne doit plus être enseignée dans des cours, des conférences ou des assemblées, en privé ou en public, et que jamais elle ne doit être soutenue, imprimée, ou mise en pratique en quelque manière, comme étant probable en certains cas». (Ench. Symb. Dentz. 1994) (Cf. P. Pohle/Preuss, Traité dogmatique Vol. III Pénitence, S. 2, n. III – VO Anglais).

Il est nécessaire de rappeler que 1° la confession est une accusation sincère – après examen de conscience – de chacun de ses péchés et de leurs circonstances devant Dieu, et non pas de raconter sa vie au prêtre, ce qui est plutôt un manque de bonne disposition.

En ces temps, les prêtres hérétiques publics peuvent être approchés pour la réception du sacrement de pénitence (confession), et même, à défaut, notoires de fait.

Le prêtre  exerce sa juridiction en ordonnant au pénitent de faire la satisfaction qu’il doit faire pour être absous de ses péchés (La satisfaction est une partie du sacrement).

Où recevoir les sacrements ?

Sur les sacrements d’hérétiques en ces temps de la grande apostasie – Réfutation des schismatiques niant la réception de sacrements de certains hérétiques non-notoires

Partie 2. Sur le pardon des péchés sans une absolution sacramentelle

Dieu pardonne les péchés par la contrition et le désir de se confesser avant le sacrement, ou en cas d’impossibilité du sacrement de confession.

Chaque fois que vous ne pouvez pas aller à la confession pour des vraies raisons (pas de prêtre possible), vous pouvez faire un acte de contrition, qui doit inclure un acte de contrition parfaite et le désir de recevoir le sacrement dès qu’un prêtre est possible. Je dis possible, car s’il est possible de se confesser, et que vous ne le faites pas volontairement, Dieu ne vous pardonnera pas vos péchés sans confession sacramentelle.

C’est une hérésie de dire que c’est impossible d’avoir la contrition, c-à-d. la douleur pour l’amour de Dieu, plutôt que la douleur pour la crainte de la peine. Tous les Saints ont aimé Dieu et ont eu la douleur de L’avoir offensé plutôt que de craindre l’enfer ou les châtiments.

Dieu ne pardonne pas les péchés par la contrition quand il y a des prêtes possibles et qu’on refuse de se confesser. Dieu ne pardonne pas les péchés par la seule contrition et le désir de se confesser alors qu’il est possible de se confesser et qu’on refuse. Cependant Dieu peut pardonner les péchés avant de recevoir le sacrement si on a la contrition avec le désir de se confesser sacramentellement et l’intention véritable de se confesser, pas si on a pas l’intention de se confesser.

Par contre Dieu pardonne les péchés avec la contrition et le désir de confession quand il est impossible de recevoir le sacrement de Pénitence, soit parce qu’il n’y a pas de prêtres possibles du tout pour le sacrement de Pénitence, ou pas de prêtres possibles à une distance raisonnable, ou pas de prêtres possibles qui parle la langue, ou dans d’autres cas particuliers dans lesquels la confession sacramentelle est impossible : verbalement impossible pour maladie, pour article de la mort, etc.

Quand la Confession sacramentelle n’est pas possible, le désir de recevoir le sacrement de la Pénitence est toujours nécessaire sans possibilité d’aller à la confession à un prêtre, car l’Église enseigne que l’on doive toujours avoir le désir de la confession sacramentelle et d’éviter l’occasion prochaine de péché pour que ses péchés soient remis. La contrition comprend nécessairement le désir de confession sacramentelle car on ne peut pas avoir la contrition sans avoir le désir de se confesser (on ne peut pas imaginer être contrit par amour de Dieu sans avoir le désir de se confesser).

Le Concile de Trente enseigne que la contrition et le désir de confession sacramentelle pardonne les péchés avant le sacrement (Ceci s’applique quand la confession sacramentelle n’est vraiment pas possible, et cela n’est valide que si la confession sacramentelle n’est pas possible, non pas quand elle est possible et qu’on refuse) :

Concile de Trente, session 14, chapitre 4, sur la contrition, 1551, ex cathedra : «Le Saint concile enseigne en outre que, même s’il arrive parfois que cette contrition soit rendue parfaite par la charité et réconcilie l’homme avec Dieu avant que ce sacrement ne soit effectivement reçu, il ne faut néanmoins pas attribuer cette réconciliation à cette seule contrition sans le désir du sacrement, désir qui est inclus en elle». (Ench. Symb. Denz. 898 1677)

La contrition implique nécessairement le désir de se confesser. La contrition peut être rendue parfaite par la charité avant le sacrement et réconcilier ainsi avec Dieu. Le sacrement reste nécessaire quand il est possible.

Concile de Trente, Session 6, chapitre 14, sur la justification, 1547, ex cathedra : «Aussi faut-il enseigner que la pénitence du chrétien après une chute est très différente de la pénitence baptismale. Elle comprend non seulement l’abandon des péchés et leur détestation, ou « un cœur contrit et humilié » [Ps 50, 19], mais aussi la confession sacramentelle de ceux-ci, ou du moins le désir de la faire en temps opportun [dès que possible], l’absolution par un prêtre, et, de plus, la satisfaction par le jeûne, les aumônes, les prières et autres pieux exercices de la vie spirituelle, non pour remettre la peine éternelle – laquelle est remise en même temps que la faute par le sacrement ou le désir du sacrement -, mais pour remettre la peine temporelle [canon 30] qui, comme l’enseigne l’Écriture sainte, n’est pas toujours totalement remise… ». (Ench. Symb. Denz. 807 1543)

La pénitence comprend l’abandon des péchés et leur détestation, ou « un cœur contrit et humilié » et la confession sacramentelle des péchés ou le désir du sacrement (Le sacrement de pénitence demeure toujours nécessaire quand il est possible). Quand on ne peut pas recevoir le sacrement de pénitence ou quand on le pourra dès que possible (en temps opportun), la peine éternelle du péché mortel est remise par le sacrement ou le désir du sacrement.

Confession non-sacramentelle si aucun prêtre possible du tout

Dans la situation où il n’y aurait pas du tout de prêtre possible pour la confession, il est recommandé de se confesser à une personne catholique (non-hérétique) laïque, en laquelle on a confiance pour l’orthodoxie de la doctrine. Cette confession non-sacramentelle serait licite uniquement s’il n’y avait pas de prêtre disponible possible pour recevoir le sacrement de Pénitence (dans le cas contraire, ce serait illicite et pécheur s’il était possible de se confesser à un prêtre et qu’on se confesse plutôt à un laïc à la place). Ce type de confession, dans ces conditions, et dans les bonnes dispositions, avec l’attrition et le ferme propos, est une aide réelle pour obtenir la grâce de la contrition, et c’est un acte de vertu. Avec la contrition ce type de confession, dans les bonnes conditions, peut diminuer la peine. Si on ne connaissait pas de personne catholique et en laquelle on ait confiance, il faudrait offrir à Dieu le désir de se confesser à un prêtre, ou à défaut offrir à Dieu le désir de se confesser à une personne non-prêtre catholique.

Par contre s’il y a des prêtres possibles, il faut se confesser. Dieu ne pardonnera pas les péchés avec la contrition et le désir de confession seules quand un catholique omet volontairement de se confesser quand il y a un prêtre possible.

Enseignement de saint Thomas sur la confession non-sacramentelle (uniquement quand il n’y a aucun prêtre possible du tout) :

Saint Thomas d’Aquin, Somme Théologique, Partie Suppl., Q. 8, art. 5, réponse au 4 : «quand même on serait forcé de se confesser, on ne se serait pas confessé inutilement la première fois, parce qu’en se confessant à un plus grand nombre de prêtres, on obtient une plus large remise de la peine, soit par suite de la honte de la confession qui est comptée pour une peine satisfactoire, soit d’après le pouvoir des clés. Ainsi on pourrait se confesser tant de fois qu’on fût délivré de la peine temporelle».

Saint Thomas d’Aquin, Somme Théologique, Partie Suppl., Q. 8, art. 1, réponse au 2 : «… la confession et l’absolution … dans lesquels la contrition, avec le dessein de se confesser et le désir de l’absolution, suffit pour les délivrer de la mort éternelle …»

Saint Thomas d’Aquin, Somme Théologique, Partie Suppl., Q. 8, art. 6, réponse au 3 : «… la force sacramentelle de la Pénitence consiste dans la sanctification du ministre. C’est pour cela que celui qui se confesse à un laïc, bien que de son côté il remplisse ce qui appartient à la confession sacramentelle, cependant il n’obtient pas l’absolution sacramentelle. C’est pourquoi ce qui est produit par le mérite et la peine de la confession lui est compté et diminue d’autant la peine temporelle à laquelle il est tenu, mais il n’obtient pas la diminution de cette peine qui résulte du pouvoir des clefs, et c’est pour ce motif qu’il est tenu de se confesser de nouveau à un prêtre [quand il peut le faire]».

Saint Thomas d’Aquin, Somme Théologique, Partie Suppl., Q. 8, art. 2, réponse à la conclusion : «… dans le cas de nécessité, un laïc peut aussi remplacer le prêtre de manière qu’on puisse se confesser à lui ¹».

¹ Note Abbé Drioux, 1854 : Avant saint Thomas et de son temps cet usage était en vigueur. Mais actuellement il n’existe plus… parce que cette espèce de confession n’est nullement de précepte, qu’elle paraîtrait favoriser l’erreur des hérétiques qui prétendent que tout fidèle est ministre du sacrement.

Saint Thomas d’Aquin, Somme Théologique, Partie Suppl., Q. 8, art. 2, réponse au 1 : «quand la nécessité presse, le pénitent doit faire ce qui le regarde, c’est-à-dire s’exciter à la contrition et se confesser à qui il peut. Ainsi la confession faite à un laïc à défaut de prêtre est sacramentelle d’une certaine manière, quoique le sacrement ne soit pas parfait, parce qu’il manque de ce qui se rapporte au prêtre».

Saint Thomas d’Aquin, Somme Théologique, Partie Suppl., Q. 8, art. 2, réponse au 2 : «quoiqu’un laïc ne soit pas le juge [juridiction] de celui qui se confesse à lui, cependant, en raison de la nécessité, il reçoit absolument le droit de le juger, selon que celui qui se confesse se soumet à lui à défaut de prêtre».

Plus sur la contrition

C’est une bonne chose de s’exercer à la contrition avant le sacrement de pénitence. Et quand le sacrement de pénitence n’est pas possible, la contrition est nécessaire.

Aides à la contrition

Avec le regret des péchés, la méditation de la Passion de Jésus-Christ et la méditation de l’enfer sont les moyens usuels pour s’aider efficacement à la contrition, et le saint Rosaire est le plus puissant remède en ces temps.

Crainte de Dieu et crainte des peines de l’enfer

Révélations de sainte Brigitte, L. 9 ch. 89 – Du secours de la Sainte Vierge à ceux qui veulent se réconcilier avec Dieu : «Il semblait à sainte Brigitte que la Sainte Vierge était auprès d’elle ; à sa droite étaient plusieurs instruments avec lesquels elle se pouvait défendre de tous les périls et dangers, et qu’à gauche étaient comme des armes propres pour punir ceux qui, par leur mauvaise volonté, s’étaient damnés. Lors la Sainte Vierge dit à l’épouse : Comme vous voyez divers instruments, chacun propre pour son ouvrage, de même je viendrai au secours de tous ceux qui craignent et aiment mon Fils, et qui résistent généreusement contre les tentations de Satan. Ceux-là sont comme assis entre les murs du camp, combattant tous les jours contre les ennemis, les malins esprits, auxquels je viens en défenderesse avec mes armes ; et cependant que les ennemis s’efforcent de percer la muraille et de la détruire, j’y mets un appui ; s’ils s’efforcent de monter par des échelles, je les fais trébucher avec des fourches ; s’ils s’efforcent de faire des trous en la muraille, je les bouche dès l’instant. C’est en cette manière que j’aide tous ceux qui  veulent se réconcilier avec mon Fils et ne pécher désormais à escient ; et bien que j’aie nommé trois sortes d’instruments, j’aide et défends mes amis d’un nombre quasi infini d’autres instruments qui sont à gauche : je veux vous en nommer trois.

«Le premier est mon glaive, qui est fort aigu et tranchant ; le deuxième est un lacet ; le troisième, c’est le bois pour brûler ceux qui ont la volonté de pécher jusques à la fin, à laquelle ils se condamnent aux peines éternelles ; car quand l’homme fait résolution de pécher toute sa vie, il faut que la justice divine le condamne aux peines éternelles ; et comme on a accoutumé de punir les forfaits en terre par diverses morts, de même a-t-on accoutumé de punir en enfer les damnés par divers genres de supplices : partant, quand l’homme veut pécher durant toute sa vie, il est digne que le diable ait puissance sur son corps et sur son âme. Et comme est coupée des os, de même il sera au pouvoir du diable de séparer le corps et l’âme d’une peine très-amère, comme si la chair était séparée des os avec une pierre, et qu’il pût vivre longtemps en cette peine. Sachez néanmoins pour certain que quand quelqu’un serait livré au diable à raison de l’énormité de ses crimes, Dieu ne lui ôterait point la grâce de se repentir, tant que l’âme sera avec le corps et que l’homme sera en bon sens. Mais Dieu abrégera les peines à ceux qui n’obtiendront point le temps de se repentir, afin que le diable n’ait pas autant de puissance, pendant la vie, qu’il en a dans l’enfer ; car comme si quelqu’un sciait le col de quelqu’un pour lui causer une plus grande douleur, de même le diable en fait en enfer contre l’âme vivante en la mort éternelle. Le lacet signifie la douleur que l’âme damnée souffrira après la mort, qui sera plus grande que la vie n’a été longue au monde. Et le diable voudrait que celui qui a volonté de pécher vécût plus longtemps, afin qu’il le pût plus faire endurer dans l’enfer : partant, ma grâce a rompu ce lacet que vous voyez, c’est-à-dire, elle a abrégé la vie misérable de la chair contre la volonté du diable, afin que la peine ne soit si grande que l’ennemi désire. Le diable allume le feu aux cœurs de ses amis, qui vivent en leurs voluptés ; et bien que leur conscience leur dise que cela est contre Dieu, néanmoins, ils veulent satisfaire à leurs voluptés, ne se souciant de Dieu : c’est pourquoi le diable a droit d’allumer autant de fois les feux de l’enfer qu’ils ont accompli dans le monde leurs perverses voluptés».

Ce qu’est la contrition, saint Jean Eudes

Comme l’enseigne saint Jean Eudes, la contrition est :

  • 1° un acte de volonté ;
  • 2° une protestation à Dieu ;
  • 3° une haine et détestation du péché commis ;
  • 4° une douleur ou désolation du cœur ;
  • 5° un renoncement au péché ;
  • 6° un désir de quitter le péché (et l’occasion prochaine de péché) ;
  • 7° la considération de l’intérêt de Dieu et du mal qu’on a fait à notre Seigneur Jésus-Christ.

St Jean Eudes, ce que c’est que la contrition : « La contrition est un acte de haine et d’horreur, de douleur et de repentance au regard du péché que l’on a commis, à cause qu’il déplaît à Dieu ; c’est-à-dire, c’est un acte de notre volonté, par lequel nous protestons à Dieu que nous voulons haïr et détester nos péchés, que nous sommes marris [affligés, tristes, fâchés] de les avoir commis, et que nous y renonçons et avons désir de nous en séparer, non pas tant pour la considération de notre propre intérêt que pour celle du sien. Je veux dire, non pas tant à cause du mal, du tort et du dommage que nous nous sommes fait à nous-mêmes par nos péchés, qu’à cause de l’injure, du déshonneur, des grands tourments et de la mort très cruelle que nous avons fait souffrir à Notre Seigneur pour ces mêmes péchés.

« Ensuite de quoi il est à remarquer qu’encore qu’il soit vrai que la moindre offense faite contre une bonté infinie est si détestable, que quand nous pleurerions jusqu’au jour du jugement ou que nous mourrions de douleur pour la plus petite de nos fautes, ce serait encore trop peu ; néanmoins il n’est pas nécessaire absolument, pour avoir une vraie contrition, de répandre des larmes, ni de concevoir une douleur sensible ou un sentiment douloureux de ses péchés. Car la contrition étant un acte spirituel et intérieur de la volonté, qui est une puissance spirituelle et non sensible de notre âme, on peut faire un acte de contrition sans avoir aucune douleur sensible ; d’autant qu’il suffit de protester à Notre-Seigneur, d’une véritable volonté, que nous voulons haïr et détester nos péchés, et nous en séparer pour l’avenir, à cause qu’ils lui déplaisent, et que nous avons le désir de nous en confesser à la première confession que nous ferons.

« Remarquez aussi que la contrition est un don de Dieu et un effet de la grâce ; à raison de quoi, quand vous sauriez très bien en quoi elle consiste, et que vous emploieriez toutes les forces de votre esprit et de votre volonté pour en produire quelque acte, vous ne le pourriez jamais faire, si le Saint-Esprit ne vous en donnait la grâce. Mais ce qui vous doit consoler, c’est qu’il ne vous la refusera pas, si vous [la] lui demandez avec humilité, confiance et persévérance, et que vous n’attendiez pas à l’heure de la mort à [la] lui demander ; car d’ordinaire elle est refusée, à cette heure-là, à ceux qui l’ont négligée durant leur vie.

« Notez encore que, pour avoir une véritable contrition, quatre autres choses sont nécessaires, dont la première est de rendre au plus tôt le bien d’autrui, quand on l’a et qu’on le peut rendre, même en s’incommodant, et de faire restitution de sa renommée quand on la lui a ravie par quelque calomnie ou médisance.

« La seconde, de faire de son côté tout ce qu’on peut pour se réconcilier à ceux avec lesquels on est en discorde.

« La troisième, d’avoir une volonté ferme et constante, non seulement de confesser ses péchés et d’y renoncer, mais aussi d’employer les remèdes et les moyens nécessaires pour vaincre ses mauvaises habitudes, et pour commencer une vie vraiment chrétienne.

« La quatrième, de quitter effectivement toutes les occasions, tant actives que passives du péché, c’est-à-dire tant celles qu’on donne aux autres d’offenser Dieu, que celles par lesquelles on est porté à l’offenser : telles que sont aux concubinaires et adultères leurs vilaines ; aux ivrognes les tavernes ; aux joueurs et blasphémateurs les jeux, quand ils ont coutume d’y jurer et blasphémer, ou d’y perdre beaucoup de temps ou d’argent ; aux femmes et aux filles la nudité de leurs gorges, ou leur trop grande curiosité et vanité en leurs cheveux et habits ; et à plusieurs autres les méchants livres, les vilains tableaux, les bals, les danses, les comédies, la fréquentation de certains lieux, de certaines compagnies ou de certaines personnes ; comme aussi certaines professions et offices qu’on ne peut exercer sans péché. Car, lorsque le Fils de Dieu nous dit : Si ta main, ou ton pied, ou ton œil te scandalisent, coupe-les, arrache-les et les jette bien loin de toi, parce qu’il vaut mieux que tu entres dans le ciel avec une main, ou un pied, ou un œil seulement, que non pas être précipité dans l’enfer ayant deux mains, ou deux pieds, ou deux yeux (Matth. 18, 8), c’est un commandement absolu qu’il nous fait sous peine d’une damnation éternelle, selon l’explication des saints Pères, de retrancher de nous et de quitter entièrement toutes les choses qui sont occasion de ruine pour nous ou pour autrui, même celles qui de soi ne sont pas mauvaises, comme certaines professions et offices, quand on en peut néanmoins les exercer sans péché, et celles qui nous sont extrêmement conjointes, chères et précieuses, lorsqu’elles nous sont occasion de perdition.

« On peut faire des actes de contrition en tout temps, et en toute occasion, mais spécialement on en doit faire :

« 1 – Lorsqu’on va à confesse, car la contrition (ou tout au moins l’attrition qui est une contrition imparfaite) est une partie nécessaire à la Pénitence. C’est pourquoi j’ai dit par ci-devant, et le dis encore, qu’il faut avoir un grand soin auparavant que de se confesser, après s’être examiné, de demander à Dieu la contrition, et ensuite tâcher d’en former des actes.

« 2 – Lorsqu’on est tombé en quelque péché, afin de se relever tout aussitôt par le moyen de la contrition.

« 3 – Le matin et le soir, afin que, si on a commis quelques péchés durant la nuit et durant le jour, ils soient effacés par la contrition, et qu’ainsi on se conserve toujours en la grâce de Dieu. C’est pourquoi je vous ai marqué plusieurs actes de contrition dans l’exercice du soir, en suite de l’examen.

« Mais outre cela, afin de vous faciliter davantage le moyen et la manière de pratiquer une chose si nécessaire et si importante, et dont nous avons besoin à toute heure, j’ai ajouté encore ici plusieurs actes de contrition en diverses manières, desquels vous pourrez faire usage, vous servant tantôt de l’un, tantôt de l’autre, selon le mouvement et la conduite de l’Esprit de Dieu.

« Mais ne vous trompez pas, vous imaginant que, pour avoir la contrition de vos péchés, il suffise de lire et prononcer avec attention les actes qui sont couchés en ce livre, ou en d’autres semblables ; car, outre qu’il est nécessaire que la vraie contrition soit accompagnée des conditions susdites, vous devez principalement vous souvenir qu’il vous est impossible d’en produire aucun acte, sans une grâce particulière de Dieu. Et, partant, lorsque vous désirez entrer dans une véritable repentance et contrition de vos fautes, ayez soin de prier Notre-Seigneur qu’il vous en donne la grâce, en cette façon.

« Pour demander à Dieu la contrition

« Ô bon Jésus, je désire avoir toute la contrition et repentance de mes péchés que vous désirez que j’aie : mais vous savez que je ne puis l’avoir si vous ne me la donnez. Donnez-la moi donc, s’il vous plait, mon Sauveur, par votre très grande miséricorde. Je sais bien que je suis très indigne d’être regardé et exaucé de vous ; mais j’ai confiance en votre infinie bonté, que vous m’accorderez ce que je vous demande très instamment, par les mérites de votre sainte Passion, de votre sainte Mère, de tous vos Anges et de tous vos Saints.

« Ô Mère de Jésus, ô saints Anges, ô bienheureux Saints et Saintes, priez Jésus pour moi, qu’il me donne une parfaite repentance de mes péchés.

« Actes de contrition

« Ô mon très aimable Jésus, je veux haïr et détester mes péchés pour l’amour de vous.

« Ô mon Sauveur, je renonce pour jamais à tout péché, parce qu’il vous déplaît.

« Ô mon Jésus, je veux haïr et avoir en horreur mes offenses, à cause de l’injure et du déshonneur que je vous ai fait par celles-ci.

« Ô mon Dieu, à la mienne volonté¹ ne vous avoir jamais offensé, parce que vous êtes digne de tout honneur et amour. (¹ À la mienne volonté, tournure vieillie qu’on employait pour exprimer un vœu, un souhait. «À la mienne volonté que je n’eusse jamais péché», S. François de Sales, Traité de l’amour de Dieu, liv. I, ch. 7).

« Ô mon Seigneur, je veux avoir toute la contrition que vous voulez que j’aie de mes péchés.

« Ô mon Dieu, à ma volonté avoir en moi toute la douleur et contrition que tous les saints pénitents ont jamais eue de leurs péchés.

« Ô bon Jésus, faites-moi participant de la contrition que vous-même avez portée de mes péchés : car je désire avoir la même contrition que vous en avez portée, autant qu’il m’est possible.

« Ô Père de Jésus, je vous offre la contrition et pénitence que votre Fils bien-aimé a portée de mes péchés, me joignant à cette même contrition.

« Ô très aimable Jésus, que je haïsse et que j’aie en horreur mes péchés, parce qu’ils ont été la cause des tourments et de la mort que vous avez soufferte en la croix.

« Ô mon Dieu, je veux haïr mes péchés de la même haine de laquelle vos Anges et vos Saints les haïssent.

« Ô mon Dieu, je veux haïr et détester mes péchés comme vous-même les haïssez et détestez.

« Vous pouvez encore faire un acte de contrition, en frappant votre poitrine, comme ce pauvre publicain de l’Évangile, et disant avec lui : Deus, propitius esto mihi peccatori (Luc 18, 13) : «Ô Dieu, soyez propice à moi pécheur» ; mais désirant de faire et de dire cela dans la même contrition avec laquelle il faisait et disait ces mêmes choses, et en vertu de laquelle il s’en retourna justifié en sa maison, selon le témoignage même du Fils de Dieu.

« Voilà divers actes de contrition dont le moindre est capable d’effacer toutes sortes de péchés, pourvu qu’il soit prononcé, soit de bouche, soit de cœur seulement, avec une véritable volonté, mue par l’opération de la grâce, et avec une ferme résolution de quitter le péché et les occasions de péché, de s’en confesser et d’effectuer au plus tôt les autres conditions marquées ci-dessus ». (Œuvres complètes de St Jean Eudes, Le royaume de Jésus, T. I, p. 130)

Prières de contrition

Mon Dieu, je suis triste de vous avoir offensé, parce que vous êtes infiniment bon et aimable et que le péché vous déplaît ; je me propose de m’amender, moyennant votre sainte grâce et de mourir plutôt que de vous offenser mortellement.

«Mon Dieu, je vous aime de tout mon cœur et par dessus toutes choses ; je me repens de vous avoir offensé. Je déteste mes péchés qui vous ont blessé, vous, mon unique et suprême félicité, à qui tout amour et toute reconnaissance doit être rendu. Dans l’affection que je vous porte, je me sens disposé, ô mon Maître, à renoncer à l’amour de toute créature plutôt que de vous offenser encore. Je prends la ferme résolution d’accomplir en tout votre adorable volonté et de fuir les occasions où votre grâce divine serait mise en péril. Seigneur, ayez pitié de moi, pécheur. Ainsi soit-il.

O Dieu, dont la bonté et la puissance sont infinies, excitez dans mon cœur des larmes amères de repentir ; faites que, connaissant mes péchés, je les pleure dans l’amertume de mon âme et en obtienne le pardon.

Dieu éternel et puissant, vous êtes notre Père dans les cieux ! Je confesserai à vous et à votre prêtre sur terre mes infidélités ; manifestez en moi la grandeur de votre bonté, afin que, purifié de toutes souillures, et jouissant de la paix du cœur, je sois délivré non seulement des peines éternelles, mais encore des peines temporelles méritées par mes fautes.

Venez, Esprit-Saint, et remplissez de vos grâces les cœurs de vos fidèles ; illuminez les replis les plus secrets de mon cœur, afin que la vue de mes péchés et de mes imperfections me les fasse regretter, m’en fasse demander humblement pardon, à la plus grande gloire de Dieu et pour le salut de mon âme.

Acte de contrition parfaite à dire tous les jours si on ne peut pas se confesser faute de prêtre

Mon Dieu, je déteste et j’abhorre tous mes péchés, je les quitte, j’y renonce pour toujours, parce qu’ils vous déplaisent, parce qu’ils offensent votre Majesté infinie, parce qu’ils ont été la cause des souffrances et des douleurs de Jésus-Christ mon Sauveur ; je me propose moyennant votre grâce, de les éviter à l’avenir, de les expier par une sincère pénitence, en offrant pour satisfaire à votre justice, le sang, la mort et les souffrances de Jésus expirant sur la Croix. Je voudrais sincèrement les confesser, mais comme je ne le peux, faute de confesseur, je vous prie de me les pardonner par un effet de votre miséricorde, en m’inspirant pour cela une contrition et une charité parfaite.

Acte de contrition à dire tous les jours

Ô bon Jésus, doux Sauveur de mon âme, du plus profond de mon cœur, je vous demande pardon de tous les péchés que j’ai commis contre votre divine Majesté. Hélas mon Dieu, vous m’avez tant aimé que vous avez versé votre sang précieux pour une créature si détestable. Oh mon Seigneur, que je ne perde point le prix d’une chose si précieuse, que plutôt, ô mon Dieu, je meure de mille morts, que de commettre volontairement un seul péché mortel contre une si grande bonté ; et, quelque mort qui m’advienne, ô bon Jésus, ne souffrez pas que votre pauvre serviteur (ou servante) racheté par votre sang soit damné.

Pater noster, Ave Maria, Credo. (Messe, litanies et histoire du précieux Sang de N. S. Jésus-Christ, 1866)

Prière de l’Imitation de Jésus-Christ

L’Imitation de Jésus-Christ, L. IV, ch. 9 : «2. Toutes les fautes et tous les crimes que j’ai commis devant vous et devant vos saints anges depuis le jour où j’ai pu commencer à pécher jusqu’à ce moment, je vous les offre, Seigneur, sur votre autel de propitiation pour que vous les consumiez par le feu de votre amour, que vous effaciez toutes les taches dont ils ont souillé ma conscience, et qu’après l’avoir purifiée vous me rendiez votre grâce que mes péchés m’avaient fait perdre, me les pardonnant tous pleinement et me recevant, dans votre miséricorde, au baiser de paix.

«3. Que puis-je faire pour expier mes péchés, que de les confesser humblement, avec une amère douleur, et d’implorer sans cesse votre clémence ? Je vous en conjure, exaucez-moi, soyez-moi propice quand je me présente devant vous, mon Dieu. J’ai une vive horreur de tous mes péchés et je suis résolu à ne plus les commettre. Ils m’affligent profondément et toute ma vie je ne cesserai de m’en affliger, prêt à faire pénitence et à satisfaire pour eux selon mon pouvoir. Pardonnez les-moi, Seigneur, pardonnez-les-moi pour la gloire de votre saint nom. Sauvez mon âme, que vous avez rachetée au prix de votre sang. Voilà que je m’abandonne à votre miséricorde, je me remets entre vos mains ; traitez-moi selon votre bonté et non selon ma malice et mon iniquité».

Prière de contrition

La loi traditionnelle couramment utilisée pour la prière de contrition que l’on peut faire soit à un prêtre, ou directement à Dieu soit avant le sacrement soit dans le cas où un prêtre n’est pas possible, contient à la fois un acte de contrition imparfaite et parfaite :

«O mon Dieu, je suis de tout mon cœur désolé de vous avoir offensé, et je déteste tous mes péchés, car je redoute la perte du ciel et les peines de l’enfer [contrition imparfaite ou attrition] ; mais surtout parce qu’ils vous ont offensés, mon Dieu, qui êtes infiniment bon et digne de tout mon amour [contrition parfaite]. Je prends la ferme résolution, avec l’aide de votre grâce, de confesser mes péchés, de faire pénitence, et de modifier ma vie. Amen».