Sur le second avènement de notre Seigneur Jésus-Christ

Sommaire

  • La Rédemption inclut la Création
    • Le vrai temple de Dieu est Jésus-Christ
    • L’avènement du fils de l’homme
  • Le second avènement de Jésus-Christ est un jugement
    • Il viendra au paroxysme de la tribulation
    • Personne ne connait le jour ni l’heure
    • L’avènement du Fils de l’homme sera comme aux jours de Noé
    • Le Fils de l’homme viendra comme un voleur
    • Le jour du Seigneur ne viendra pas avant que ne soit venue l’apostasie
      • Quand le Fils de l’homme viendra, pensez-vous qu’il trouve de la foi sur la terre ?
    • Il séparera les boucs des brebis
    • Il n’y aura que peu de sauvés
  • Les signes précurseurs de la fin des temps
  • Le second avènement par Marie
    • Le second avènement de Jésus-Christ se fera par Marie
    • Marie est l’arche de la nouvelle alliance
    • L’Église catholique est l’Arche du salut
    • Marie est Mère de l’Église
  • Craignez Dieu
    • C’est par la Crainte de Dieu qu’on commence à lui obéir
    • Il faut craindre Dieu pour pouvoir l’aimer
    • Dieu n’applique pas sa miséricorde sur ceux qui ont négligé ses conseils et réprimandes
    • Repentez-vous
    • Convertissez-vous
    • Veillez
      • Paraboles des dix vierges
      • Le retour du maître
    • Peu sont sauvés
  • Conclusion

 

«Quand le Fils de l’homme viendra, pensez-vous qu’il trouve de la foi sur la terre ?» St Luc 18, 8

 

La Rédemption inclut la Création

La nature créée est faite pour la vie surnaturelle (vie de la grâce, vie de Dieu). Après la chute de la nature qui s’est coupée de l’influx vital de la grâce, Dieu n’a pas mis en place un plan B, mais la chute est inclue dans la Rédemption, afin que l’homme ait une vie glorieuse supérieure avec Dieu.

Le rédempteur récapitule la création. Le Fils de l’homme est le Fils de Dieu fait homme sans cesser d’être Dieu. Son Église inclut le commencement des temps, Adam et Ève.

Ephésiens 1, 9-10 : «…le mystère de sa volonté, selon sa bienveillance, par laquelle il avait résolu en lui-même, selon que sa bonté l’avait prévu dans le Christ : dans dispensation de la plénitude des temps, de restaurer [récapituler] dans le Christ tout ce qui est dans les cieux, et tout ce qui est sur la terre : en lui-même».

Saint Irénée, père de l’Église, Adversus haereses, V, 14, 1 (cf. V, 14, 2) : «Le Christ a récapitulé en lui tout le sang répandu par tous les justes et par tous les prophètes qui ont existé depuis le commencement».

Le vrai temple de Dieu est Jésus-Christ

Le vrai temple de Dieu est Jésus-Christ vrai Dieu et vrai homme. Ceux qui adorent Dieu «doivent l’adorer en esprit et en vérité (Jean 4, 24)» dans le Christ Jésus, c’est-à-dire dans son Corps mystique qui est l’Église catholique véritable. Hors du temple il n’y a pas de salut, il n’y a aucun salut hors du Christ, il n’y a nul salut hors de la véritable Église.

Jean 2, 19 : «Jésus répondit et leur dit : Détruisez ce temple et je le relèverai en trois jours».

Jésus vrai Dieu vrai homme – Jésus est la voie, la vérité, la résurrection et la vie

Tout a été dit par Jésus-Christ, Dieu a tout révélé par Son Fils, car en lui «toute la plénitude de la Divinité habite corporellement» (Colossiens 2, 9), cependant il existe des paroles inspirées du Saint-Esprit qui annonce Jésus et qui rappelle Sa Parole, car Jésus est le Principe. L’enseignement de l’Eglise (doctrine magistérielle) n’est pas la prophétie, c’est la Révélation, c’est-à-dire les vérités révélées qui font déjà partie de la Révélation divine et qui sont dévoilées à l’homme.

Jean 1, 45 : «Nous avons trouvé celui de qui Moïse a écrit dans la loi et ensuite les prophètes, Jésus, fils de Joseph de Nazareth».

Jean 5, 39 : «Scrutez les Écritures, puisque vous pensez avoir en elles la vie éternelle, car ce sont elles qui rendent témoignage de moi».

Exode 3, 14 : «Dieu dit à Moïse : JE SUIS CELUI QUI SUIS. Il ajouta : Tu diras ainsi aux enfants d’Israël : CELUI QUI EST m’a envoyé vers vous».

Commentaire Bible catholique Vulgate Ex. 3, 14 : Je suis celui qui suis. Cette définition parfaite, dit saint Hilaire [de Poitiers, Père et Docteur de l’Église], rend la notion de nature divine par l’expression la mieux appropriée à l’intelligence des hommes. En effet, rien ne se conçoit comme plus essentiel à Dieu que d’être, parce que celui qui est l’existence même ne peut avoir ni fin ni commencement, et que dans la continuité d’une béatitude inaltérable, même ne peut avoir ni fin ni commencement, et que dans la continuité d’une béatitude inaltérable, il n’a pu et ne pourra jamais ne pas être.

Jésus dit qu’Il est Celui qui est, Je suis, dont quelques exemples de citations parmi de nombreuses autres :

Jean 8, 24 : «Je vous ai donc dit que vous mourriez dans vos péchés, car si vous ne me croyez pas ce que je suis, vous mourrez dans votre péché».

Jean 8, 25 : «Qui est-tu ? Jésus leur dit : Le principe, moi-même qui vous parle».

Jean 8, 58 : «Jésus leur dit : En vérité, en vérité, avant qu’Abraham eût été fait, je suis».

Jean 11, 25 : «Jésus lui dit : C’est moi qui suis la résurrection et la vie : celui qui croit en moi, quand même il serait mort, vivra ; Et quiconque vit et croit en moi, ne mourra jamais».

Jean 14, 6 : «Moi je suis la voie, la vérité et la vie. Personne ne vient à mon Père que par moi».

Jean 5, 39 : «Scrutez les Écritures, puisque vous pensez avoir en elles la vie éternelle, car ce sont elles qui rendent témoignage de moi ; Mais vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie».

L’avènement du fils de l’homme

Luc 21, 25-33 : «En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples : «Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles, et sur la terre, les nations seront angoissées au bruit de la mer et des flots bouleversés ; les hommes se dessécheront de frayeur dans l’attente de ce qui doit arriver à la terre entière, car les puissances des cieux seront ébranlées. Alors on verra le Fils de l’homme venir sur les nuées avec une grande puissance et une grande majesté. Quand cela commencera d’arriver, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche».  Et il leur dit une parabole : «Voyez le figuier et tous les arbres : lorsqu’ils font paraître leurs fruits, vous savez que l’été est proche. Ainsi pour vous : quand vous verrez arriver cela, sachez que le Royaume de Dieu est proche. En vérité, je vous le dis, cette génération ne passera pas que tout cela ne soit arrivé. Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront pas».

Homélie du pape saint Grégoire sur l’avènement du fils de l’homme, Luc 21, 25-33, devant le peuple dans la basilique de saint Pierre, apôtre, 12 nov. 590 – Dimanche de l’Avent

«1. Notre Seigneur et Rédempteur, frères très chers, désire nous trouver prêts. Aussi nous annonce-t-il les malheurs qui doivent accompagner la vieillesse du monde, pour nous éloigner de l’amour de ce monde. Il nous fait connaître quelles grandes calamités vont en précéder immédiatement la fin, pour que, si nous ne voulons pas craindre Dieu quand nous sommes tranquilles, nous redoutions du moins, sous les coups répétés de ces calamités, l’approche de son jugement. Car un peu avant le passage du Saint Évangile que votre fraternité vient d’entendre, le Seigneur disait en manière de prémisses : «Les nations se dresseront contre les nations, et les royaumes contre les royaumes ; il y aura de grands tremblements de terre, des pestes et des famines en divers lieux» (Luc 21, 10-11). Et quelques phrases après, il ajoute ce que vous venez d’entendre : «Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles, et sur la terre, les nations seront angoissées au bruit de la mer et des flots bouleversés».
De toutes ces prédictions, nous voyons les unes déjà réalisées ; quant aux autres, nous redoutons de les voir bientôt s’accomplir. Que les nations se dressent contre les nations, qu’elles soient oppressées d’angoisse sur la terre, nous le constatons davantage en notre temps que nous ne le lisons dans les livres. Qu’un tremblement de terre ait ruiné des villes innombrables, vous savez avec quelle fréquence nous l’avons entendu rapporter depuis d’autres parties du monde. Des épidémies, nous en subissons sans cesse. Quant aux signes dans le soleil, la lune et les étoiles, il est vrai que nous n’en avons pas encore aperçu, mais les troubles dans l’atmosphère nous permettent déjà de supposer que ces signes ne sont pas loin. D’ailleurs, avant que l’Italie ne soit livrée aux coups des glaives barbares, nous avons vu dans le ciel des armées tout en feu et, en un flamboiement, le sang du genre humain qui fut répandu par la suite. Un bouleversement inouï de la mer et des flots ne s’est pas encore produit. Mais puisque beaucoup de prédictions se sont déjà réalisées, il n’y a pas de doute que suivra encore le petit nombre de celles qui restent, car les faits passés garantissent l’accomplissement de ceux à venir.

«2. Si nous vous disons cela, frères très chers, c’est pour tenir vos esprits dans une prudence et une vigilance assidues, de peur que la sécurité ne les engourdisse, et que l’ignorance ne les entretienne dans la langueur ; c’est aussi pour que la crainte stimule sans cesse vos esprits, et qu’un tel stimulant les affermisse dans les bonnes œuvres, à la pensée de ces paroles ajoutées par la voix de notre Rédempteur : «Les hommes se dessécheront de frayeur dans l’attente de ce qui doit arriver à la terre entière, car les puissances des cieux seront ébranlées». Qui le Seigneur appelle-t-il puissances des cieux, sinon les Anges, les Archanges, les Trônes, les Dominations, les Principautés et les Puissances ? Ils apparaîtront visiblement à nos yeux lors de la venue du Juge rigoureux, pour nous faire alors payer avec sévérité ce que notre invisible Créateur supporte maintenant de nous sans s’impatienter. Il est ici ajouté : «Alors on verra le Fils de l’homme venir sur les nuées avec une grande puissance et une grande majesté». C’est comme si l’on disait clairement : «Ils verront dans la puissance et la majesté celui qu’ils n’ont pas voulu écouter lorsqu’il se présentait avec humilité, de sorte qu’ils ressentiront alors d’autant plus la rigueur de sa puissance qu’ils ne fléchissent pas maintenant la nuque de leur cœur devant sa patience».

«3. Mais ces paroles ayant été dites à l’intention des réprouvés, celles qui suivent sont adressées aux élus pour les consoler : «Quand cela commencera d’arriver, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche». C’est comme si la Vérité avertissait clairement ses élus en disant : «Au moment où les malheurs du monde se multiplient et où l’ébranlement des puissances célestes annonce la terreur du jugement, relevez la tête, c’est-à-dire réjouissez-vous en vos cœurs ; en effet, tandis que finit le monde, dont vous n’êtes pas les amis, la rédemption que vous avez désirée approche». Dans l’Écriture Sainte, le mot «tête» est souvent mis à la place du mot «esprit», car de même que les membres sont commandés par la tête, les pensées sont gouvernées par l’esprit. Lever la tête, c’est donc élever son esprit vers les joies de la patrie céleste. Ainsi, ceux qui aiment Dieu sont invités à se réjouir d’une grande joie à cause de la fin du monde, parce qu’ils vont rencontrer bientôt celui qu’ils aiment, tandis que passe ce qu’ils n’ont pas aimé. Que le fidèle qui désire voir Dieu se garde bien de pleurer sur les malheurs qui frappent le monde, puisqu’il sait que ces malheurs mêmes amènent sa fin. Il est écrit en effet : «Celui qui veut être l’ami de ce siècle se fait l’ennemi de Dieu» (Jc 4, 4). Celui qui ne se réjouit pas à l’approche de la fin du monde s’affirme donc comme l’ami du monde, et il est par là même convaincu d’être l’ennemi de Dieu. Qu’il n’en soit pas ainsi des cœurs des fidèles. Qu’il n’en soit pas ainsi de ceux qui croient par la foi à l’existence d’une autre vie, et qui montrent par leur manière d’agir qu’ils aiment cette autre vie. Car pleurer sur la destruction du monde convient à ceux qui ont planté les racines de leur cœur dans l’amour du monde, qui ne recherchent pas la vie future, et ne soupçonnent même pas son existence. Mais nous, qui connaissons les joies éternelles de la patrie céleste, nous devons nous empresser vers elles en toute hâte. Il nous faut souhaiter d’y aller au plus vite et d’y atteindre par le plus court chemin.
De quels maux, en effet, le monde n’est-il pas oppressé ? De quelles tristesses et de quelles adversités ne sommes-nous pas angoissés ? Et qu’est-ce que la vie mortelle, sinon un voyage ? Or quelle folie, songez-y bien, mes frères, que de s’épuiser dans les fatigues du voyage sans vouloir pourtant qu’un tel voyage finisse ! Pour nous montrer que le monde doit être foulé aux pieds et méprisé, notre Rédempteur ajoute aussitôt une ingénieuse comparaison : «Voyez le figuier et tous les arbres : lorsqu’ils font paraître leurs fruits, vous savez que l’été est proche. Ainsi pour vous : quand vous verrez arriver cela, sachez que le Royaume de Dieu est proche». C’est comme s’il disait clairement : «Si l’on connaît la proximité de l’été par les fruits des arbres, on peut de même reconnaître par la ruine du monde que le Royaume de Dieu est proche».  Ces paroles nous montrent bien que le fruit du monde, c’est sa ruine : il ne grandit que pour tomber ; il ne bourgeonne que pour faire périr par des calamités tout ce qui aura bourgeonné en lui. C’est avec raison que le Royaume de Dieu est comparé à l’été, car alors les nuages de notre tristesse passeront, et les jours de la vie brilleront de la clarté du Soleil éternel.

«4. Toutes ces vérités nous sont confirmées avec une grande autorité par les phrases qui suivent : «En vérité, je vous le dis, cette génération ne passera pas que tout cela ne soit arrivé. Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront pas». Rien, dans la nature des choses matérielles, n’est plus durable que le ciel et la terre, et rien, dans la réalité, ne passe plus vite qu’un mot. En effet, les paroles, tant qu’elles restent inachevées, ne sont pas des paroles, et dès qu’elles sont achevées, elles ne sont déjà plus, puisqu’elles ne peuvent s’achever qu’en passant. Le Seigneur déclare donc : «Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront pas». C’est comme s’il disait clairement : «Tout ce qui autour de vous est durable, n’est pas durable sans changement devant l’éternité ; et tout ce qui chez moi semble passer, est en fait fixe et ne passe pas, car ma parole qui passe exprime des idées qui demeurent sans pouvoir changer».

«5. Remarquez-le, mes frères, nous voyons désormais s’accomplir ce que nous venons d’entendre. Chaque jour, des maux nouveaux et croissants accablent le monde. Voyez combien vous restez du peuple innombrable que vous étiez ; et cependant, des fléaux ne cessent de fondre sur nous quotidiennement, des malheurs soudains nous frappent, des calamités nouvelles et imprévues nous affligent.
De même qu’au temps de la jeunesse, le corps est vigoureux, la poitrine robuste et saine, la nuque nerveuse et les bronches développées, mais que dans les années de la vieillesse, la taille se courbe, la nuque se dessèche et s’abaisse, la poitrine est accablée de fréquents essoufflements, la force vient à manquer, la respiration difficile interrompt la parole – car même en l’absence de maladie, la santé elle-même n’est souvent pour les vieillards qu’un malaise continuel – de même aussi le monde, dans ses premières années, connut l’équivalent d’une jeunesse vigoureuse ; il fut alors robuste pour multiplier la race humaine, plein de verdeur par la santé des corps, comblé de richesses ; maintenant, au contraire, le monde s’affaisse sous le poids de sa propre vieillesse, et comme si sa mort approchait, il est accablé d’épreuves sans cesse croissantes. Ainsi, mes frères, n’aimez pas ce monde, qui ne pourra, comme vous le voyez, subsister longtemps. Fixez-vous dans l’esprit ce commandement que l’apôtre [Jean] nous donne pour nous mettre en garde : «N’aimez pas le monde, ni ce qui est dans le monde ; car si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est pas en lui» (1 Jn 2, 15).
Avant-hier, mes frères, on vous a appris qu’une tempête subite avait déraciné des arbres centenaires, abattu des maisons et renversé des églises jusqu’aux fondations. Combien d’hommes, qui étaient en parfaite santé à la fin du jour, s’imaginaient qu’ils feraient telle ou telle chose le lendemain, et sont cependant morts cette nuit-là de façon soudaine, emportés par le coup de filet de ce cataclysme !

«6. Considérons pourtant, mes très chers, que pour réaliser cela, le Juge invisible n’a agité que le souffle d’un vent très léger : il lui a suffi de provoquer la bourrasque d’un seul ouragan pour faire trembler la terre et ébranler les fondements de tant d’édifices au point de les renverser. Que fera donc ce Juge lorsqu’il viendra lui-même et que sa colère s’enflammera pour punir les pécheurs, s’il ne peut être supporté alors qu’il nous frappe au moyen d’un tout petit ouragan ? En face de sa colère, quelle chair subsistera, si en agitant le vent, il a fait trembler la terre, et si en remuant violemment les airs, il a renversé tant d’édifices ? C’est en considérant cette sévérité du Juge qui doit venir que Paul s’est écrié : «Il est terrible de tomber aux mains du Dieu vivant» (He 10, 31). Et le psalmiste exprime une telle sévérité en ces termes : «Dieu viendra ouvertement, notre Dieu, et il ne gardera pas le silence. Un feu brûlera en sa présence, et il y aura autour de lui une violente tempête» (Ps 50, 3). À une telle sévérité dans la justice, la tempête et le feu font cortège, car la tempête éprouve ceux que le feu doit consumer.
Remettez-vous donc le jour du jugement devant les yeux, frères très chers, et en comparaison, tout ce qui semble pénible actuellement vous deviendra léger. C’est au sujet de ce jour que le prophète affirme : «Il est proche, le grand jour du Seigneur, proche et venant en toute hâte. Le cri du jour du Seigneur est amer, l’homme vaillant y sera éprouvé. Jour de colère que ce jour-là, jour de tribulation et d’angoisse, jour de calamité et de malheur, jour de ténèbres et d’obscurité, jour de brume et de tornade, jour de sonneries de trompe et de trompette» (So 1, 14-16). De ce jour-là, le Seigneur dit encore par la voix du prophète : «Encore une fois, et j’ébranlerai non seulement la terre, mais aussi le ciel» (Ag 2, 6).
Voyez, nous venons de le dire : il a ébranlé l’air, et la terre n’a pas résisté ; qui donc pourra tenir quand il ébranlera le ciel ? Et que dire des événements terrifiants dont nous sommes les spectateurs, sinon qu’ils sont les annonciateurs de la colère à venir ? Il nous faut donc considérer qu’il y a autant de différence entre les tribulations actuelles et celles du dernier jour, qu’entre la personne d’un annonciateur et celle d’un juge plein de puissance. Ainsi, frères très chers, appliquez toute votre attention à la pensée de ce jour ; rectifiez votre vie, changez de mœurs, surmontez les mauvaises tentations en leur résistant, et celles auxquelles vous avez succombé, expiez-les par vos larmes. Vous verrez un jour l’avènement du Juge éternel avec d’autant plus d’assurance que la crainte de sa rigueur vous en aura dès maintenant fait prendre les devants».

Le second avènement de Jésus-Christ est un jugement

Matthieu 16, 27 : «Car le Fils de l’homme viendra dans la gloire de son Père avec ses anges ; et alors il rendra à chacun selon ses œuvres».

Il viendra au paroxysme de la tribulation

La tribulation est d’abord spirituelle avant d’être physique. Les lois spirituelles présides les lois naturelles et physiques.

Matthieu 24, 29, 31 : « Mais aussitôt après la tribulation de ces jours, le soleil s’obscurcira, et la lune ne donnera plus sa lumière ; les étoiles tomberont du ciel et les vertus des cieux seront ébranlées. … Et il enverra les anges, qui, avec une trompette et une voix éclatante, rassembleront ses élus des quatre vents de la terre, du sommet des cieux jusqu’à leurs dernières profondeurs ». (Et Marc 13, 27)

La tribulation est la grande apostasie actuelle, qui a commencé déjà au 19 ème siècle et consommée avec la fausse église vatican 2, une apostasie telle que les hérésies sont universelles et répandues partout aujourd’hui. Vatican 2 est la contre église de la fin des temps qui occupe le le Vatican, et il ne reste probablement ou quasiment aucun prêtre « traditionaliste » au monde qui ne tienne d’hérésie ou qui ait abjuré et qui peut être approché pour les sacrements.

Matthieu 24, 21 : «alors la tribulation sera grande, telle qu’il n’y en a point eu depuis le commencement du monde jusqu’à présent, il qu’il n’y en aura point». (Et Marc 13, 19) 

Personne ne connait le jour ni l’heure

Matthieu 24, 36 : «Pour ce jour et cette heure personne ne les sait, pas même les anges du ciel, il n’y a que le Père». (Et Marc 13, 32)

Saint Augustin, Père de l’Église, Livre des 83 Quest., quest. 60 : «Le sens véritable de ces paroles : « Le Père seul connaît ce jour », est donc celui que nous avons indiqué, c’est-à-dire qu’il fait connaître ce jour au Fils ; et s’il est dit du Fils qu’il ne sait pas, c’est parce qu’il ne communique point cette connaissance aux hommes».

Saint Hilaire de Poitiers, Père de l’Église, La Trinité, T III, L. IX, n° 58, 63, 75 : «58. les hérétiques tirent un parti injurieux pour sa nature de ce qu’il a été dit : « Pour ce qui est du jour et de heure, personne ne les connaît, ni les anges dans le ciel, ni le Fils, hormis le Père seul ». On objecte donc au Dieu monogène son ignorance du jour et de l’heure : ce Dieu né de Dieu ne serait pas doté de cette perfection de nature que possède Dieu, puisqu’il est soumis à la contrainte de l’ignorance… 63. En effet, dans tous les cas où Dieu déclare ignorer, il a beau avouer ignorer, il n’en est pas pour cela prisonnier de l’ignorance ; en effet, s’il ne sait pas, ce n’est pas faiblesse par non-savoir,  mais ou bien que le moment n’est pas venu de parler ou bien qu’il n’est pas conforme à l’économie d’agir… 75. Le Fils n’ignore point, par conséquent, ce que n’ignore pas le Père. Et, parce que le Père est seul à savoir, le Fils n’en est point pour autant sans savoir, vu que le Père et le Fils sont en permanence un par la nature…» (St Hilaire de Poitiers, La Trinité, T. III, L. IX, p. 229-241)

Jésus-Christ connait parfaitement le jour et l’heure, mais il n’a pas voulu le révéler afin que nous veillions et prions dans la foi et l’Espérance.

L’avènement du Fils de l’homme sera comme aux jours de Noé

Matthieu 24, 37-39 : «Comme aux jours de Noé, ainsi sera l’avènement du Fils de l’homme. Car comme ils étaient aux jours d’avant le déluge, mangeant et buvant, se mariant et mariant leurs enfants, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche, et qu’ils ne reconnurent point de déluge, jusqu’à ce qu’il arriva et les emporta tous, ainsi sera l’avènement même du Fils de l’homme».

Saint Chrysostome, hom. 77 : «cette paix et ces divertissements criminels seront le partage de ceux qui ont perdu tout sentiment. Aussi l’Apôtre ne dit pas : Lorsque la paix existera réellement, mais lorsqu’ils diront : « Paix et sécurité », voulant ainsi nous peindre l’insensibilité de ces hommes de plaisir, trop semblables à ceux qui existaient du temps de Noé ; alors aussi les méchants se livraient à la débauche, tandis que les justes étaient dans la tristesse et l’affliction. Nous apprenons par là que lorsque l’antéchrist viendra, les méchants seront surpris au milieu des plus honteux plaisirs, dans lesquels ils se seront jetés en désespérant de leur salut. Cet exemple est donc choisi fort à propos par le Sauveur. Car lorsque Noé construisait l’arche, les méchants la voyaient sous leurs yeux, leur annonçant les malheurs (2 P 2, 5) qui devaient arriver, mais ils ne voulaient pas y croire, et se livraient à leurs plaisirs coupables comme s’ils n’étaient menacés d’aucun fléau ; c’est donc parce qu’il en est beaucoup qui refusent de croire aux événements futurs qu’il appuie ses prédictions sur les exemples passés. Il donne encore une autre preuve que ce jour viendra à l’improviste, et qu’il ne lui est pas inconnu : « Alors de deux hommes qui seront dans un champ, l’un sera pris, et l’autre laissé », ce qui nous prouve qu’il y en aura de pris et de laissés parmi les serviteurs comme parmi les maîtres, parmi ceux qui se reposeront, comme parmi ceux qui se livreront au travail».

Saint Hilaire : «ces deux hommes qui sont dans un champ, représentent les deux peuples des fidèles et des infidèles dans ce monde, et que le jour du Seigneur surprendra au milieu des occupations de cette vie. Ils seront séparés, puisque l’un sera laissé et l’autre sera pris, ce qui nous prouve le discernement qui sera fait des fidèles d’avec les infidèles. Car les Saints seront protégés contre les effets redoutables de la colère de Dieu, et renfermés dans les magasins du père de famille ; mais les impies seront abandonnés et deviendront la proie des feux vengeurs».

Les gens se distrayait des choses de la terre avant le déluge et oubliaient celles du ciel, et ils ont tous péri dans le déluge. Ainsi en est-il en cette fin des temps. Le diable laisse tranquille ceux qui lui appartiennent sur terre.

I Thessaloniciens 5, 3 : «Lorsqu’ils diront : Paix et sécurité, alors une ruine soudaine les surprendra».

A suivre

Le Fils de l’homme viendra comme un voleur

Matthieu 24, 43-44 : « Si le père de famille savait à quelle heure le voleur doit venir, il veillerait certainement et ne laisserait pas percer sa maison. C’est pourquoi, vous aussi, tenez-vous prêts ; car vous ignorez l’heure à laquelle le Fils de l’homme doit venir ».

Apocalypse 16, 15 : « Voici que je viens comme un voleur. Bienheureux celui qui veille et qui garde ses vêtements, de peur qu’il ne marche nu et qu’on ne voie sa honte ».

A suivre

Le jour du Seigneur ne viendra pas avant que ne soit venue l’apostasie

2 Thessaloniciens 2, 3 : «Il [le jour du Seigneur] ne viendra point, qu’auparavant ne soit venue l’apostasie».

2 Thessaloniciens 2, 10-11 : «Et avec toute séduction d’iniquité pour ceux qui périssent, parce qu’ils n’ont pas reçu [voulu] l’amour de la vérité afin d’être sauvés. C’est pourquoi Dieu leur enverra une opération d’erreur, de manière qu’ils croiront au mensonge ; en sorte que soient condamnés tous ceux qui n’ont pas cru à la vérité, mais ont acquiescé à l’iniquité».

I Timothée 4, 2«L’Esprit dit manifestement que, dans les derniers temps, la plupart abandonneront la foi, s’attachant à des esprits d’erreur, et à des doctrines de démons, parlant le mensonge avec hypocrisie, et ayant la conscience cautérisée».

L’apostasie est l’abandon de la foi divine et catholique. La grande apostasie de la fin des temps est pour notre temps où la plupart, quasi tous, ont abandonné la vraie foi de la véritable Église, et sont hors de l’Église et du salut ; parce qu’il faut être membre de l’Église par le baptême et la vraie foi pour le salut car il n’y a absolument aucun salut hors de l’Église catholique et que l’unité de l’Église est l’unité de la foi de droit divin.

Pape Pie VIII, Traditi Humilitati (n° 4), 24 mai 1829 (Magistère) : «Ayez soin, vénérables Frères, de vous opposer à ces faux docteurs, et enseignez aux peuples que la foi catholique est la seule véritable, qu’ainsi que le dit l’Apôtre, Il n’y a qu’un Seigneur, qu’une foi, qu’un baptême : que l’on est profane, suivant la parole de Saint Jérôme, si l’on mange l’agneau hors de cette maison, et que quiconque n’entrera pas dans l’arche de Noé périra dans le déluge ; car excepté le nom de JÉSUS « il n’est point de nom accordé aux hommes par lequel nous puissions être sauvés. Celui qui aura cru sera sauvé ; celui qui n’aura pas cru sera condamné.

Pape Grégoire XVI, commissum divinitus (n° 11), 17 mai 1835 (Magistère) : «quiconque ose quitter l’unité de Pierre pourrait comprendre qu’il ne partage plus le mystère divin. Saint Jérôme ajoute : « Celui qui mange l’agneau à l’extérieur de cette maison est impie. Ceux qui n’étaient pas dans l’arche de Noé ont péri dans le déluge »».

Pape Léon XIII, Exorcisme ordonné à tous les fidèles fin 19ème siècle : «L’Église, épouse de l’Agneau Immaculé, la voici saturée d’amertume et abreuvée de poison par des ennemis très rusés ; ils ont porté leurs mains impies [hérétiques] sur tout ce qu’elle désire de plus sacré [la vérité de la foi et le salut des âmes]. Là où fut institué le siège du bienheureux Pierre, et la chaire de la Vérité, là ils ont posé le trône de leur abomination dans l’impiété [l’apostasie] ; en sorte que le pasteur étant frappé, le troupeau puisse être dispersé».

Proverbes 21, 16 : « L’homme qui s’égare de la voie de la doctrine demeurera dans l’assemblée des géants [Note Vulgate : dans l’enfer] ».

II Jean 1, 9 : «Quiconque se retire et ne demeure point dans la doctrine du Christ ne possède point Dieu».

Aujourd’hui, l’apostasie est venue, le saint-Siège est vacant, le vatican est occupé par une fausse église et une secte non-catholique de la fin des temps, les traditionalistes tiennent quasi tous des hérésies et ne sont pas catholiques, et il n’y a quasiment aucun prêtre au monde pour recevoir les sacrements.

Quand le Fils de l’homme viendra, pensez-vous qu’il trouve de la foi sur la terre ?

Jésus pose la question à ses apôtres, «Quand le Fils de l’homme viendra, pensez-vous qu’il trouve de la foi sur la terre ?», pour signifier qu’il n’en trouvera que très peu qui auront la vraie foi.

St Luc 18, 8 : «Quand le Fils de l’homme viendra, pensez-vous qu’il trouve de la foi sur la terre ?» 

Saint Théophile d’Antioche, père de l’Église, sur Luc 18, 8 : «Après avoir enseigné la nécessité et l’utilité de la prière à la fin des temps pour échapper aux dangers qui surviendront alors, le Sauveur ajoute : « Mais quand le Fils de l’homme viendra, pensez-vous qu’il trouve de la foi sur la terre ? »

Saint Augustin, père de l’Église, Quest. évang., sur Luc 18, 8 : «Notre-Seigneur a voulu ajouter cet avertissement pour nous apprendre que si la foi s’éteint, la prière cesse elle-même d’exister. Croyons donc pour assurer le succès de nos prières, et prions pour que notre foi ne vienne pas à faiblir. La foi produit la prière, et la prière à son tour obtient l’affermissement de la foi».

Saint Bède, père de l’Église, sur Luc 18, 8 : «Or, lorsque le Créateur tout-puissant apparaîtra sous la forme du Fils de l’homme, les élus seront en si petit nombre, que la ruine du monde sera comme accélérée, moins par les instantes prières des fidèles que par l’indifférence et la tiédeur des autres. Le Sauveur semble parler ici sous une forme dubitative, mais ne nous y trompons pas, ce n’est pas un doute, c’est un reproche qu’il exprime. C’est ainsi que nous-mêmes, dans les choses que nous tenons pour certaines, nous employons la forme dubitative, par exemple lorsque nous disons à un de nos serviteurs : « Faites-y attention, ne suis-je pas votre maître ? »

Saint Augustin. Serm. 36 sur les paroles du Seigneur, Luc 18, 8 : «Notre-Seigneur veut parler ici de la foi parfaite, à peine la trouve-t-on sur la terre ; l’Église de Dieu est remplie de fidèles, qui pourrait y entrer sans avoir la foi ? Et si la foi était parfaite, qui ne transporterait les montagnes ?»

Commentaire Pères, exégètes, Abbé Calmet, OSB, Luc 18, 8 : «Voici celle [explication] qui me semble la plus simple. Les pharisiens, avaient demandé à Jésus-Christ quand le Royaume de Dieu devait se manifester, il leur dit que ce n’était point une chose qui dût venir d’une manière qui se fit remarquer ; qu’il viendrait subitement, et lorsqu’on y penserait le moins. Il exhorte les disciples à la vigilance, et à la prière continuelle et persévérante. Il conclut par ces termes : Croyez-vous que lorsque le Fils de l’Homme viendra, et qu’il établira son Royaume, il doive trouver de la foi parmi les Juifs ? Croyez-vous qu’il doive rencontrer parmi eux des gens disposés à le reconnaître, et à le recevoir ? ils seront tous plongés dans l’infidélité et l’endurcissement. À peine en trouvera-t-il un petit nombre qui vivent de la foi, et qui persévèrent dans la prière. Tout le reste périra faute de vigilance et de foi (Mald. Brug. Men. Ita Aug. serm. 36, nunc 115). C’est ce temps dont il est dit dans saint Matthieu : (Math. 24, 12-13) Et parce qu’alors l’iniquité dominera, la charité de plusieurs se refroidira : Mais celui qui persévérera jusqu’à la fin, sera sauvé. Ce passage de saint Matthieu peut servir de commentaire à celui de saint Luc que nous expliquons. Si la foi nous manque, dit saint Augustin, (Aug. Serm. 105) il n’y a point de prière : Si fides deficit, oratio peris : Qui enim or at quod non credit ? Si donc Jésus-Christ ne trouve point de foi sur la terre, il n’y trouvera point d’oraison».

Il séparera les boucs des brebis

Matthieu 25, 31-32 : «quand le Fils de l’homme viendra dans sa majesté, et tous les anges avec lui, il s’assiéra sur le trône de sa majesté. Et toutes les nations seront rassemblées devant lui, et il les séparera les uns d’avec les autres, comme le pasteur sépare les brebis d’avec les boucs. Il dira à ceux qui seront à sa droite, venez les bénis de mon Père. J’ai eu faim, et vous m’avez donné à manger. Alors les justes lui répondront Quand est-ce que nous vous avons vu avoir faim ? Et le Roi leur répondra : Je vous le dis en vérité, autant de fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits d’entre mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait».

Saint Rémi sur Matthieu 25, 31 : «Remarquez que le Seigneur fait ici mention de sept œuvres différentes de miséricorde, et celui qui aura mis tous ses soins à les accomplir, méritera de posséder le royaume qui a été préparé aux élus dès le commencement du monde. … Dans le sens spirituel, ranimer et nourrir du pain de la parole, ou rafraîchir du breuvage de la sagesse ceux qui ont faim et soif de la justice ; recevoir dans le sein de l’Église notre mère, ceux qui s’égarent dans les sentiers de l’hérésie et du péché ; supporter ceux qui sont faibles dans la foi, c’est observer les prescriptions de la vraie charité».

Saint Grégoire, Moral., 24, 26 : «Ceux qui seront placés à la droite et à qui le souverain juge dira : « J’ai eu faim », etc., sont ceux qui ont été admis au nombre des élus et appelés à régner éternellement, ceux qui ont lavé dans leurs larmes les taches de leur vie, qui ont racheté leurs péchés passés par toute la suite de leurs œuvres, et couvert de leurs aumônes, aux yeux du juste juge, toutes les fautes qu’ils avaient commises. Il en est d’autres qui sont appelés à régner sans être soumis au jugement, ce sont ceux qui ont été bien au delà des préceptes de la loi par la perfection de leur vertu».

Saint Jérôme sur Matthieu 25 : Nous étions libres d’entendre que Jésus-Christ était nourri, et que sa soif était étanchée dans la personne de tous les pauvres, et ainsi des autres bonnes œuvres ; mais ces paroles : «Autant de fois que vous avez agi ainsi à l’égard d’un de mes frères», etc., ne me paraissent pas devoir s’appliquer à tous les pauvres indistinctement, mais seulement aux pauvres d’esprit qu’il indiquait de la main en disant : «Mes frères sont ceux qui font la volonté de mon Père qui est dans les cieux» (Matt. 12, 49 ; Mc 13).

Matthieu 25, 31 : «Il dira ensuite à ceux qui seront à sa gauche : Retirez-vous de moi maudits, allez au feu éternel qui a été préparé pour le diable et ses anges».

Saint Grégoire, Moral., 26, 20 : «Ceux à qui le Sauveur tient ce langage, sont les mauvais chrétiens qui sont jugés avant d’être livrés au supplice, tandis, que les infidèles subissent leur châtiment sans jugement préalable. En effet, on ne discutera pas la cause de ceux qui se présentent devant le tribunal du juge sévère et rigoureux avec la sentence de condamnation que leur a méritée leur infidélité. Ce sont ceux qui ont fait profession de la vraie foi sans en avoir les œuvres, qui auront à subir le jugement avant d’être punis. Ils entendront le souverain juge prononcer leur sentence, parce qu’ils ont au moins conservé la doctrine de la foi, tandis que les infidèles n’entendront même pas la parole du juge éternel prononçant leur condamnation, parce qu’ils n’ont même pas voulu lui rendre hommage par la confession extérieure de sa parole. C’est ainsi qu’un roi de la terre inflige un châtiment différent au citoyen qui se rend coupable dans l’intérieur du royaume, et à l’ennemi qui l’attaque au dehors ; avant de punir le premier, il examine ses droits, tandis qu’il déclare la guerre au second sans s’occuper de ce que la loi renferme sur le châtiment qu’il mérite».

Les boucs sont idolâtres

Babylone est Rome (I Pierre 5, 13), la Rome non-catholique de la fin des temps, qui revient à l’idolâtrie et au paganisme.

Apocalypse 14, 8 : «Babylone [Rome] est tombée, elle est tombée cette grande ville, qui, a fait boire à toutes les nation le vin de la colère de la prostitution».

Commentaire des pères, exégètes, Abbé Calmet, OSB, Apocalypse 14, 8 : «Elle [Rome] a fait boire à toutes le calice de la colère de Dieu, qui est la juste peine de sa prostitution, et de l’idolâtrie où elle les a engagées. Elle a attirée sur elle-même et sur tous ses complices, la vengeance du Seigneur».

Les boucs adorent ce qui n’est pas Dieu à la place de Dieu par la fausse foi de l’homme.

Apocalypse 14, 9-11 :  «Si quelqu’un adore la bête et son image, et en reçoit le caractère sur son front ou dans sa main. Il boira lui aussi du vin de la colère de Dieu, vin tout pur, préparé dans le calice de sa colère ; et il sera tourmenté par le feu et par le soufre en présence des saints anges et en présence de l’Agneau. Et la fumée de leurs tourments montera dans les siècles des siècles ; et ils n’ont de repos ni jour ni nuit, ceux qui ont adoré la bête et son image, ni celui qui a reçu le caractère de son nom».

Commentaire des pères, exégètes, Abbé Calmet, OSB, Apocalypse 14, 9 : «L’agneau sera leur juge. Les Anges seront les spectateurs de leur supplice, les démons en seront les exécuteurs. Il oppose le vin de la colère de Dieu au breuvage que Babylone fait boire à ses amants. Ceux qui auront goûté de la coupe de Babylone seront enivrés du calice du Seigneur».

Apocalypse 17, 4 :  «Cette femme [la prostituée de Babylone assise sur la bête] était vêtue de pourpre et d’écarlate ; elle était parée d’or, de pierres précieuses, et de perles et avait à la main un vase d’or plein des abominations et de l’impureté de sa fornication».

Commentaire des pères, exégètes, Abbé Calmet, OSB, Apocalypse 17, 4 : «Saint Jean … lui donne tous les ornements qui peuvent la désigner pour la maîtresse du monde et pour le siège et le rempart de l’idolâtrie et de la prostitution spirituelle de tous les habitants de la terre : en cela fort semblable à l’ancienne Babylone dont il est écrit (Jérémie 51, 7) : Babylone est une coupe d’or qui enivre toute la terre, toutes les nations ont bu de son vin, c’est pourquoi, elles sont enivrées».

Vous avez beau croire aux mystères essentiels de la foi catholique, cela na vous empêchera pas d’être souillé de la prostitution de la fausse église vatican 2 par tout contact de près ou de loin. L’«église» vatican 2 est-elle la prostituée de Babylone prophétisée dans l’Apocalypse ? Cette prostitution inclut ce qui a préparé son arrivée : les hérésies pré-vatican 2 depuis le 19ème siècle suite à la révolution maçonnique satanique.

C’est pourquoi ceux qui n’ont pas quitté totalement vatican 2 qui est une secte apostate non-catholique, seront placés parmi les boucs, car bien que certains ne connaissant pas les preuves, ils arriveraient à cette connaissance s’il n’étaient pas coupables d’ignorance coupable contre la foi (Voir Se convertir à la vraie foi pour le salut -Nécessité absolue de s’instruire de la vraie foi pour le salut). Ceux qui ne se sont pas coupés des hérésies qui ont préparé vatican 2, comme les prêtres valides « traditionalistes » qui n’ont pas voulu les abjurer, seront aussi placés parmi les boucs. (Hérésies actuelles)

Jérémie 51, 6 : «Fuyez au milieu de Babylone et que chacun sauve son âme».

Apocalypse 18, 4 :  «Sortez de Babylone, mon peuple, de peur que vous n’ayez part à ses péchés».

Apocalypse 19, 20 : «Mais la bête fut prise et avec elle le faux prophète, qui avait fait des prodiges en sa présence, par lesquels il avait séduit ceux qui avaient le caractère [marque spirituelle] de la bête et qui avaient adoré son image, et ces deux furent tout vivant dans l’étang brûlant de feu et de soufre».

Commentaire des pères, exégètes, Abbé Calmet, OSB, Apocalypse 19, 20 : «Le faux prophète marque en général les prêtres du paganisme, les philosophes, les magiciens, les hérésiarques, qui furent comme les défenseurs et les suppôts de la bête. … La bête, c’est-à-dire les idolâtres et les persécuteurs de l’Église».

Les brebis gardent la foi de Jésus

La foi de Jésus est la vraie foi de la véritable Église et les œuvres.

Apocalypse 14, 12 : « ici est la patience des saints qui gardent les commandements de Dieu et la foi de Jésus».

Commentaire des pères, exégètes, Abbé Calmet, OSB, Apocalypse 14, 12 : «Voilà ce qui fait que les saints et les fidèles souffrent en ce monde, toutes sortes de mauvais traitements, sans tomber dans le découragement : c’est qu’ils espèrent de jouir un jour des récompenses promises à leur patience et qu’ils craignent les tourments qui sont préparés à ceux qui ont profané le nom de Dieu et qui ont fléchi le genou devant Baal [la prostitution spirituelle de l’idolâtrie et l’adoration de ce qui n’est pas Dieu]. La foi de Jésus marque ou la foi en Jésus-Christ [Mystères essentiels de la foi catholique] ou la foi que nous avons reçue de Jésus-Christ [la foi de la véritable Église catholique apostolique]».

Apocalypse 19, 10 : « je suis serviteur comme toi et comme tes frères qui ont le témoignage de Jésus. Adore Dieu, car le témoignage de Jésus est l’Esprit de prophétie».

Commentaire des pères, exégètes, Abbé Calmet, OSB, Apocalypse 19, 10 : «Si j’ai la prophétie et si je vous révèle les mystères cachés, vous avez le témoignage de Jésus-Christ, vous confessez son nom, vous annoncez les vérités, vous êtes inspiré de son esprit, vous pouvez souffrir le martyre pour son amour… L’esprit de prophétie est le témoignage de Jésus-Christ, ou le témoignage que vous rendez à Jésus-Christ».

Luc 14, 26 : « si quelqu’un ne hait pas sa propre âme, il ne peut être mon disciple».

Apocalypse 3, 16 : « Parce que tu es tiède, et que tu n’es ni froid ni chaud, je suis prêt de te vomir de ma bouche».

Il n’y aura que peu de sauvés

Matthieu 22,  14 : «Il y a beaucoup d’appelés, mais peu d’élus».

Matthieu 7, 13 : « Entrez par la porte étroite ; parce que large est la porte et spacieuse la voie qui conduit à la perdition ; et nombreux sont ceux qui entrent par elle. Combien est étroite la porte et resserrée la voie qui conduit à la vie, et qu’il en est peu qui la trouvent ! »

L’arche de Noé est une figure de l’Église. Huit personnes seulement furent sauvées du déluge : Noé avec sa femme, et leurs trois fils avec leurs femmes.

Genèse 7, 22 : «Il ne resta que Noé, et ce qui était avec lui dans l’arche».

Huit personnes sur la population d’alors sur la terre qui était peut-être de 5 milliards ou plus, à cause de la longévité antédiluvienne. Et aujourd’hui, dans le déluge spirituel de l’apostasie, combien y a t-il de personnes dans l’arche qui est la véritable Église catholique ?

Les signes précurseurs de la fin des temps

Luc 21, 9-19 : «En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples : Quand vous entendrez parler de combats et de guerres civiles, ne vous effrayez pas, car il faut d’abord que cela arrive, mais ce ne sera pas encore la fin. Il leur dit alors : Les nations se dresseront contre les nations, et les royaumes contre les royaumes ; il y aura de grands tremblements de terre, des pestes et des famines en divers lieux, des phénomènes effrayants venant du ciel, et de grands prodiges. Mais avant tout cela, on mettra la main sur vous et l’on vous persécutera ; on vous traînera dans les synagogues et dans les prisons, on vous traduira devant les rois et les gouverneurs à cause de mon nom. Toutes ces choses vous arriveront en témoignage. Mettez-vous bien ceci dans l’esprit : vous n’avez pas à préparer vos réponses, car c’est moi qui vous donnerai un langage, et une sagesse à laquelle aucun de vos adversaires ne pourra résister ni répondre. Vous serez livrés même par vos parents et vos frères, par vos proches et vos amis ; ils condamneront à mort plusieurs d’entre vous. Et vous serez haïs de tous à cause de mon nom. Mais pas un cheveu de votre tête ne périra. C’est par votre patience que vous posséderez vos âmes».

Homélie du pape saint Grégoire sur les signes précurseurs de la fin des temps, Luc 21, 9-19, devant le peuple dans la basilique de saint Menne, martyr, le jour de sa fête, 11 nov. 591

«1. Comme nous nous sommes bien éloignés de la Ville, il faut nous contenter d’un bref commentaire de ce texte du Saint Évangile, de peur que l’heure trop tardive ne nous empêche de rentrer. Le Seigneur, notre Rédempteur, nous annonce les maux qui précéderont la fin du monde, pour que nous soyons d’autant moins perturbés lorsqu’ils surviendront que nous les aurons connus d’avance. Car les traits blessent moins quand on peut les voir venir, et les malheurs du monde nous semblent moins intolérables si nous nous en protégeons par le bouclier de la prévoyance.
Voici en effet que le Seigneur nous dit : «Quand vous entendrez parler de combats et de guerres civiles, ne vous effrayez pas, car il faut d’abord que cela arrive, mais ce ne sera pas encore la fin». Il faut méditer ces paroles de notre Rédempteur : elles nous annoncent que nous aurons à souffrir au-dedans et au-dehors. Car les combats sont relatifs à des armées ennemies, les guerres civiles à des concitoyens. Et si le Seigneur nous déclare que nous aurons à souffrir ici des armées ennemies et là de nos frères, c’est pour nous faire voir que nous serons mis dans le trouble tant au-dedans qu’au-dehors. Mais ces maux préalables ne devant pas être aussitôt suivis de la fin, il ajoute : «Les nations se dresseront contre les nations, et les royaumes contre les royaumes ; il y aura de grands tremblements de terre, des pestes et des famines en divers lieux, des phénomènes effrayants venant du ciel, et de grands prodiges». Ou, selon certaines variantes : «des phénomènes effrayants venant du ciel et des tempêtes», à quoi s’ajoute : «de grands prodiges». L’ultime tribulation est précédée de nombreuses autres, et ces maux fréquents qui arriveront les premiers ne feront que signaler les maux éternels qui les suivront. Ainsi, ce ne sera pas encore la fin après les combats et les guerres civiles, car il faut une longue suite de malheurs pour annoncer un malheur qui ne doit pas avoir de fin.
Mais là où sont énoncés tant de signes de dérangement, un rapide examen de chacun d’eux s’impose à nous, puisqu’il nous faut souffrir telles choses du ciel, telles de la terre, telles des éléments et telles des hommes. Quand le Seigneur déclare : «Les nations se dresseront contre les nations», il s’agit d’un désordre venant des hommes ; lorsqu’il dit : «Il y aura en divers lieux de grands tremblements de terre», il fait allusion aux effets de la colère d’en haut ; «il y aura des pestes» concerne le dérèglement des corps ; «il y aura des famines» désigne la stérilité de la terre ; «des phénomènes effrayants venant du ciel et des tempêtes» décrit le dérèglement de l’atmosphère.
Puisque toutes choses doivent être détruites, toutes sont ainsi ébranlées avant leur destruction. Et nous qui avons péché par toutes ces choses, nous sommes aussi frappés par toutes, afin de réaliser ce qui a été dit : «Le monde entier combattra pour lui contre les insensés» (Sg 5, 20). Car tout ce que nous avons reçu pour vivre, nous le faisons tourner au péché ; mais tout ce que nous avons infléchi en vue d’un usage criminel se retourne contre nous pour notre châtiment. La tranquillité provenant de la paix entre les hommes, nous en concevons une sécurité illusoire : nous avons préféré l’exil de la terre au séjour de la Patrie. Nous avons fait servir la santé de nos corps à l’entretien de nos vices. L’abondance née de la fécondité du sol, nous l’avons détournée pour alimenter nos plaisirs pervers, au lieu d’en user pour subvenir à nos besoins corporels ; même le charme du ciel d’azur, nous l’avons asservi à notre amour des plaisirs terrestres. Par conséquent, il est bien normal que les éléments, que nous avions soumis tous ensemble à nos mauvais penchants pour satisfaire nos vices, viennent tous ensemble nous frapper, et que nous soyons obligés de souffrir autant de tourments nous venant du monde que nous y avons eu de joies quand tout allait bien. Il faut noter qu’on nous parle de «phénomènes effrayants venant du ciel et de tempêtes». Les tempêtes qui éclatent en hiver appartiennent au cours habituel des saisons. Pourquoi donc sont-elles ici prédites comme un signe de malheur, sinon parce que les tempêtes dont le Seigneur nous annonce la venue ne respectent pas le rythme des saisons ? Celles qui viennent en leur temps ne sont pas des signes, mais les tempêtes ont un caractère de signe lorsqu’elles ne suivent plus l’ordre naturel des saisons. N’est-ce pas là ce que nous venons d’éprouver récemment, quand tout un été s’est trouvé changé en hiver par l’abondance des pluies ?

«2. Puisque tous ces désordres viennent, non pas de l’injustice de celui qui châtie, mais de la faute du monde qui les souffre, le Seigneur nous décrit d’abord les exactions des hommes dépravés en ces termes : «Mais avant tout cela, on mettra la main sur vous et l’on vous persécutera ; on vous traînera dans les synagogues, on vous traduira devant les rois et les gouverneurs à cause de mon nom». C’est comme s’il disait clairement : «Ce sont d’abord les cœurs des hommes, puis les éléments qui seront bouleversés». Ainsi voit-on clairement ce que cette confusion de l’ordre des choses vient punir. Car bien que cela tienne à la nature même du monde d’avoir une fin, le Seigneur, ayant en vue tous les hommes pervers, indique quels sont ceux qui méritent d’être écrasés sous les ruines du monde : «On vous traduira devant les rois et les gouverneurs à cause de mon nom. Toutes ces choses vous arriveront en témoignage». En témoignage contre ceux qui vous mettent à mort quand ils vous persécutent, ou bien qui ne vous imitent pas lorsqu’ils vous voient. Si en effet la mort des justes est un secours pour les bons, elle vient en témoignage contre les mauvais, en sorte que cela même qui sert à porter les élus au bien pour qu’ils vivent, enlève toute excuse aux méchants quand ils périssent.

«3. Mais les cœurs des disciples encore faibles auraient pu être troublés d’entendre tant de choses terrifiantes ; aussi le Seigneur y joint-il une consolation, en ajoutant aussitôt : «Mettez-vous bien ceci dans l’esprit : vous n’avez pas à préparer vos réponses, car c’est moi qui vous donnerai un langage, et une sagesse à laquelle aucun de vos adversaires ne pourra résister ni répondre». C’est comme s’il disait clairement à ses membres infirmes : «Ne craignez pas ; ne vous effrayez pas. C’est vous qui allez au combat, mais c’est moi qui mène la lutte. C’est vous qui prononcez les mots, mais c’est moi qui parle».
Le texte poursuit : «Vous serez livrés même par vos parents et vos frères, par vos proches et vos amis ; ils condamneront à mort plusieurs d’entre vous». Les maux causent moins de douleur s’ils nous sont portés par des étrangers. Mais ils nous font souffrir davantage si nous les subissons de la part de ceux en qui nous avions confiance, car à la souffrance du corps vient alors se joindre celle d’avoir perdu une amitié. Voilà pourquoi le Seigneur, par la bouche du psalmiste, dit au sujet de Judas qui l’a trahi : «Si mon ennemi m’avait maudit, je l’aurais supporté ; et si celui qui me haïssait avait proféré sur moi des paroles orgueilleuses, je me serais simplement tenu caché loin de lui. Mais toi qui ne faisais qu’un avec moi, mon guide et mon ami, qui partageais avec moi les doux mets de ma table, nous marchions en plein accord dans la maison de Dieu» (Ps 55, 13-15). Et ailleurs : «Même l’homme qui était mon ami, qui avait ma confiance et qui mangeait mon pain, a levé le talon contre moi» (Ps 41, 10). C’est comme s’il disait clairement à propos de celui qui l’a trahi : «J’ai d’autant plus souffert de sa trahison que je l’ai ressentie comme venant de celui qui paraissait être tout à moi».
Ainsi, tous les élus, du fait qu’ils sont les membres de la tête suprême, suivent aussi dans les souffrances celui qui est leur chef : il leur faut subir dans la mort l’inimitié de ceux dont la vie leur inspirait confiance, et ils voient la récompense de leurs œuvres s’accroître d’autant plus que la perte d’une amitié fait plus avancer en vertu.

«4. Mais comme ces prédictions de persécution et de mort sont très dures, le Seigneur parle aussitôt après de la consolation et de la joie de la résurrection : «Pas un cheveu de votre tête ne périra». Nous le savons, mes frères, la chair souffre lorsqu’on la coupe, mais pas les cheveux. Le Seigneur déclare donc à ses martyrs : «Pas un cheveu de votre tête ne périra», ce qui signifie en clair : «Pourquoi craindre de voir périr ce qui souffre quand on le coupe, puisque même ce qui en vous ne souffre pas quand on le coupe ne peut périr ?»
Le texte poursuit : «C’est par votre patience que vous posséderez vos âmes». Si la possession de l’âme gît dans la vertu de patience, c’est que la patience est la racine et la protectrice de toutes les vertus. C’est par la patience que nous possédons nos âmes, car ce n’est qu’en apprenant à nous dominer nous-mêmes que nous commençons à nous posséder nous-mêmes. La patience consiste à souffrir avec sérénité les maux venant d’autrui et à n’être tourmenté d’aucun ressentiment contre celui qui nous les inflige. Supporter les mauvaises actions du prochain tout en souffrant en silence et en préparant l’heure de la revanche, ce n’est pas posséder la patience, mais en avoir seulement les dehors. Il est écrit en effet : «La charité est patiente ; elle est bienveillante» (1 Co 13, 4). Elle est patiente en ce qu’elle supporte les maux venant des autres ; elle est bienveillante en ce qu’elle aime ceux-là mêmes qu’elle supporte. La Vérité en personne dit dans le même sens : «Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, priez pour ceux qui vous persécutent et vous calomnient» (Mt 5, 44). Si donc, aux yeux des hommes, c’est vertu de supporter ses ennemis, aux yeux de Dieu, la vertu est de les aimer. Car le seul sacrifice que Dieu tienne pour agréable est celui qu’il voit consumé par la flamme de la charité sur l’autel de nos bonnes œuvres.

«5. Il faut d’ailleurs savoir que nous ne paraissons souvent patients que parce que nous ne pouvons pas rendre le mal pour le mal. Mais, comme nous l’avons déjà dit, ne pas rendre le mal parce qu’on n’en a pas le pouvoir, ce n’est évidemment pas être patient, puisque la patience est à chercher dans le cœur, et non dans ce qu’on fait voir au-dehors.
Le vice de l’impatience détruit même la bonne doctrine, la mère nourricière des vertus. Car il est écrit : «La bonne doctrine de l’homme se révèle par sa patience» (Pr 19, 11). Ainsi, plus on laissera paraître son impatience, moins on passera pour docte. Impossible en effet de dispenser le bien par son enseignement, si dans sa vie on ne supporte pas avec patience le mal causé par autrui.
Salomon indique encore à quel sommet atteint la vertu de patience, en affirmant : «Celui qui est patient vaut mieux que l’homme fort ; et celui qui est maître de son âme vaut mieux que le guerrier qui prend des villes» (Pr 16, 32). Prendre des villes est une moindre victoire, puisqu’on ne l’emporte qu’au-dehors. L’emporter par la patience est plus grand, parce que c’est d’elle-même que l’âme triomphe alors, et c’est encore elle qu’elle soumet à elle-même quand sa patience la contraint à une humble résignation.
Il faut d’ailleurs savoir qu’il est habituel à ceux qui endurent des malheurs ou entendent des injures, de n’éprouver sur le moment aucun ressentiment, et de faire preuve d’assez de patience pour pouvoir garder l’innocence du cœur. Mais lorsque peu après, ils se rappellent tout ce qu’ils ont souffert, ils sont enflammés d’un très violent ressentiment : ils cherchent un moyen de se venger, et changeant d’attitude, ils se départent de la douceur qu’ils avaient mise à supporter le mal.

«6. Le rusé adversaire, en effet, suscite la guerre aux deux partis : l’un qu’il enflamme de colère pour l’amener à proférer le premier des insultes, l’autre qu’il excite, une fois blessé, à répondre aux insultes. Mais parce qu’il s’est rendu victorieux de celui qu’il a poussé à proférer des insultes, il n’en est que plus amer contre celui qu’il n’a pu pousser à répondre aux injures. Il s’ensuit qu’il se dresse de toute sa force contre celui qu’il voit supporter vaillamment les insultes. N’ayant pu l’exciter au moment où il recevait les coups, il cesse de l’attaquer ouvertement, et dans le secret de ses pensées, il guette le moment favorable pour le tromper ; ayant perdu la guerre déclarée, il s’ingénie à tendre des pièges en cachette. À l’heure de la tranquillité, il revient à l’âme qui l’avait vaincu, et lui rappelle soit les dommages causés à ses biens, soit les injures qu’elle a reçues. Il lui répète en l’exagérant tout ce qu’on lui a fait subir, et le lui présente comme intolérable. Celui qui s’était apaisé, il l’enflamme d’une telle fureur que cet homme patient, pris au piège malgré sa victoire, en vient souvent à rougir d’avoir supporté tout cela avec égalité d’âme, à regretter de n’avoir pas répondu aux insultes, et à s’efforcer de rendre le mal avec usure si l’occasion s’en présente.
A qui donc comparer de telles âmes, sinon aux guerriers qui l’emportent par leur courage sur le champ de bataille, mais qui ensuite, par leur négligence, se laissent capturer dans l’enceinte de la ville ? Ou bien à ces hommes qu’une grave maladie n’a pas arrachés à la vie, mais qu’un léger regain de fièvre conduit à la mort. Ainsi, celui-là garde vraiment la patience qui, sur le moment, endure sans ressentiment les maux causés par le prochain, et quand par la suite il s’en souvient, se réjouit de les avoir supportés, afin de ne pas perdre au temps de la paix le bienfait de la patience conservée dans la tempête.

«7. Puisque nous célébrons aujourd’hui la fête d’un martyr, mes frères, nous devons nous sentir concernés par la forme de patience qu’il a pratiquée. Car si nous nous efforçons avec l’aide du Seigneur de garder cette vertu, nous ne manquerons pas d’obtenir la palme du martyre, bien que nous vivions dans la paix de l’Église. C’est qu’il y a deux sortes de martyres : l’un consistant en une disposition de l’esprit, l’autre joignant à cette disposition de l’esprit les actes extérieurs. C’est pourquoi nous pouvons être martyrs même si nous ne mourons pas exécutés par le glaive du bourreau. Mourir de la main des persécuteurs, c’est le martyre en acte, dans sa forme visible ; supporter les injures en aimant celui qui nous hait, c’est le martyre en esprit, dans sa forme cachée.
Qu’il y ait deux sortes de martyres, l’un caché, l’autre public, la Vérité l’atteste en demandant aux fils de Zébédée : «Pouvez-vous boire le calice que je vais boire ?» Ceux-ci ayant répliqué : «Nous le pouvons», le Seigneur répond aussitôt : «Mon calice, vous le boirez en effet» (Mt 20, 22-23). Que devons-nous comprendre par ce calice, sinon les souffrances de la Passion, dont il dit ailleurs : «Mon Père, s’il est possible, que ce calice passe loin de moi» (Mt 26, 39). Les fils de Zébédée, à savoir Jacques et Jean, ne moururent pas tous les deux martyrs, et pourtant il leur fut dit à tous deux qu’ils boiraient le calice. En effet, bien que Jean ne soit pas mort martyr, il le fut cependant, puisque les souffrances qu’il n’avait pas subies dans son corps, il les éprouva dans son esprit. Il faut donc conclure de cet exemple que nous pouvons nous aussi être martyrs sans passer par le glaive, si nous conservons la patience dans notre âme. Je ne crois pas hors de propos, frères très chers, de rapporter ici pour votre édification un exemple de cette vertu de patience.

«8. Il se trouva, en un temps proche du nôtre, un personnage répondant au nom d’Étienne, qui fut abbé du monastère situé près des remparts de la ville de Rieti. C’était un homme très saint, remarquable surtout par sa patience. Beaucoup de ceux qui l’ont connu sont encore vivants, et ils racontent sa vie et sa mort. Son langage n’était pas savant, mais sa vie était celle d’un sage. Il avait tout méprisé pour l’amour de la patrie céleste, et il refusait de rien posséder en ce monde ; il évitait l’agitation des hommes et s’appliquait à des prières longues et répétées. La vertu de patience avait tellement grandi en lui qu’il tenait pour des amis ceux qui lui avaient causé du tort, et qu’il remerciait des outrages reçus. Malgré son dénuement, il prenait pour un grand avantage les dommages qu’on lui infligeait, et il ne voyait en tous ses adversaires que des soutiens. Quand arriva le jour de la mort pour l’obliger à sortir de son corps, nombreux furent ceux qui vinrent recommander leur âme à cette âme si sainte qui quittait le monde. Tous ces gens s’étaient groupés autour du lit. Les uns virent de leurs propres yeux des anges qui entraient, sans toutefois pouvoir articuler un mot ; les autres ne virent rien du tout. Et toute l’assistance fut saisie d’une crainte si violente que personne ne put rester là pendant que cette sainte âme sortait [de son corps]. Ceux qui avaient vu, comme ceux qui n’avaient rien vu du tout, tous s’enfuirent frappés et terrifiés de la même crainte, et aucun d’eux ne put assister à cette mort.
Considérez donc, mes frères, de quelle terreur le Dieu tout-puissant nous frappera lorsqu’il viendra en juge plein de menace, s’il a frappé d’une telle terreur ceux qui étaient là quand il est venu en juge bienveillant pour récompenser, et combien il y aura lieu de le craindre lorsqu’il se rendra visible à nos yeux, s’il a ainsi effrayé ceux qui étaient présents alors qu’ils ne pouvaient le voir.
Voilà, frères très chers, quelle fut la grandeur de la récompense dont Dieu a gratifié la patience que ce saint homme avait conservée dans la paix de l’Eglise. Quel grand bien le Créateur a-t-il dû donner à ce saint au-dedans de lui, puisqu’il nous l’a fait connaître au-dehors par une telle gloire au moment de sa mort ! Ne devons-nous pas penser qu’il a été associé aux saints martyrs, celui qui a été accueilli par les esprits bienheureux, comme certains en ont eu l’assurance par leurs yeux corporels ? Ce n’est pas d’un coup de glaive qu’il mourut, et il reçut cependant en sa mort la couronne de la patience qu’il avait gardée en esprit. Nous vérifions chaque jour la vérité de ce qui a été dit avant nous : «La sainte Église regorge des fleurs des élus : dans la paix, elle a des lys ; dans la persécution, des roses» (Pensée tirée d’une épître de saint Cyprien 10, 5, 2).

«9. Il faut encore savoir que la vertu de patience peut être pratiquée de trois façons, selon qu’il s’agit d’épreuves imposées par Dieu, par l’antique ennemi ou par le prochain. Du prochain, nous supportons persécutions, dommages et injures ; de l’antique ennemi, les tentations ; et de Dieu, les épreuves. L’âme doit donc veiller en elle-même avec grand soin sur ces trois terrains : elle ne doit ni se laisser entraîner à rendre au prochain le mal pour le mal, ni se laisser séduire par les tentations de l’ennemi jusqu’à la complaisance et jusqu’au consentement à la faute, ni se révolter contre les épreuves envoyées par le Créateur au point de murmurer contre lui («Murmurer» est un terme biblique très fort qui exprime un mouvement de violente révolte contre Dieu ou ses représentants). Car pour être parfaitement victorieuse de l’ennemi, notre âme doit à la fois refuser toute complaisance et tout consentement en face de la tentation, se garder de toute haine en face des outrages venant du prochain, et ne pas murmurer en face des épreuves envoyées par Dieu. En agissant de la sorte, nous ne devons pas chercher notre récompense dans les biens de la vie présente. Car les biens qu’il nous faut espérer en récompense de nos efforts de patience se situent dans la vie à venir : nous commencerons à jouir du fruit de nos peines au moment où toute peine cessera. C’est en ce sens que le psalmiste dit : «À la fin, on n’oubliera pas le pauvre ; la patience des pauvres ne périra pas à la fin» (Ps 9, 19). Il semble pour ainsi dire que la patience des pauvres périt, puisque les humbles ne reçoivent en ce monde aucune récompense. Mais la patience des pauvres ne périra pas à la fin, car c’est au moment où toutes leurs peines trouveront un terme qu’ils en recevront la gloire. 

Cette [vertu de] patience, mes frères, exercez-la donc en esprit, et mettez-la en acte quand le besoin s’en fait sentir. Qu’aucune parole injurieuse ne vous conduise à haïr votre prochain, que nulle perte subie en vos biens périssables ne vous trouble. Si vous gardez toujours à l’esprit la crainte de la perte éternelle, vous ne ferez plus aucun cas de la perte des choses qui passent. Si vous considérez la gloire de l’éternelle récompense, vous ne vous affligerez pas pour d’éphémères injustices. Supportez donc vos ennemis ; mais aimez comme des frères ceux que vous supportez. Recherchez d’éternelles récompenses pour des pertes qui ne sont qu’éphémères. N’allez pourtant pas croire que vous pourrez parvenir à une telle vertu par vos propres forces, mais priez pour l’obtenir de celui qui vous ordonne de la pratiquer. Nous savons que Dieu a plaisir à s’entendre demander ce que lui-même nous commande. Car à ceux qui ne cessent de frapper à sa porte en priant, il accorde son aide sans retard dans la tentation, par Jésus-Christ Notre-Seigneur, qui, étant Dieu, vit et règne avec lui dans l’unité du Saint-Esprit, dans les siècles des siècles. Amen».

 

Le second avènement par Marie

« Je ne règnerai pas sans ma Mère ». (Sacré-cœur de Jésus à Ste Marguerite-Marie)

Le second avènement de Jésus-Christ se fera dans son humanité rédemptrice qu’Il tient de sa Sainte Mère.

Saint Bonaventure (et Origène), Speculum B. M. V., Lect. III, 1, 2° : «Marie a deux fils, un homme Dieu et un homme pur ; du premier elle est mère corporellement, du second spirituellement». (Cité dans Traité de la Vraie Dévotion à la T. S. V., St L.-M. de Montfort n° 141)

Le second avènement de Jésus-Christ se fera par Marie

Saint L.-M. de Montfort, missionnaire apostolique, maître de la médiation universelle de Marie,  Traité de la Vraie Dévotion à la sainte Vierge, n° 49 : «Marie n’a presque point paru dans le premier avènement de Jésus-Christ… Mais dans le second avènement de Jésus-Christ, Marie doit être connue et révélée par le Saint Esprit, afin de faire par elle, connaître, aimer et servir Jésus-Christ».

Saint L.-M. de Montfort, missionnaire apostolique, maître de la médiation universelle de Marie,  Traité de la Vraie Dévotion à la sainte Vierge, n° 158 : «si mon aimable Jésus, dans sa gloire, vient une seconde fois sur la terre (comme il est certain) pour y régner, il ne choisira point d’autre voie de son voyage que la divine Marie, par laquelle il est si sûrement et parfaitement venu la première fois. La différence qu’il y aura entre sa première et dernière venue, c’est que la première a été secrète et cachée, la seconde sera glorieuse et éclatante ; mais toutes deux parfaites, parce que toutes deux seront par Marie».

St L.-M. de Montfort, Traité de la Vraie Dévotion à la T. S. Vierge, n° 217 : «Comme votre règne arrive Seigneur que le règne de Marie arrive».

Marie est l’étoile de l’aurore comme Jésus-Christ le soleil de Justice et la lumière du monde. Tous ceux qui ne seront pas en Marie ne verront jamais le soleil de justice mais périront dans les ténèbres.

Marie est l’Arche de la nouvelle Alliance

La Bible identifie sans aucun doute Marie comme l’Arche du Nouveau Testament. Elle identifie Marie comme la contrepartie du Nouveau Testament à l’Arche de l’Ancien Testament. Marie est le nouveau et plus grand accomplissement de ce qui a été préfiguré par l’Arche de l’Ancien Testament. Cette information est la partie la plus importante et révélatrice sur le rôle profond de Marie.

Depuis qu’a été représentée la présence de Dieu, l’Arche de l’Ancienne Alliance / Testament était la chose la plus sainte et la plus puissante sur Terre en dehors de Dieu Lui-même. L’Arche de l’Alliance est un coffre sacré qui contenait les tables de pierre des Dix Commandements (Deutéronome 10, 5). L’Arche a également réalisé et représenté la présence spirituelle de Dieu sur terre. Quand Dieu parla à Moïse, c’était entre les deux chérubins qui sont sur l’Arche.

Nombres 7, 89 : « Et quand Moïse entrait dans la tente d’assignation pour parler avec le Seigneur, il entendit la voix qui lui parlait de dessus le propitiatoire qui est sur l’arche du témoignage, entre les deux chérubins, et il lui a parlé « .

Exode 25, 21-22 : « Et tu mettras le propitiatoire sur l’arche, et tu mettras dans l’arche le témoignage que je te donnerai. Et là je me rencontrerai avec toi, et je communierai avec toi de dessus le propitiatoire, d’entre les deux chérubins placés sur l’arche du témoignage, de toutes les choses que je te donnerai tous mes ordres pour les enfants d’Israël. «

Voyons maintenant comment la Bible identifie Marie comme l’Arche de la Nouvelle Alliance.

L’Arche de l’Ancienne Alliance La Vierge Marie
Contenu de la parole écrite de Dieu (Deut. 10, 5) Contenu de la Parole de Dieu faite chair, Jésus (Jn 1, 1)

Jésus-Christ est la Parole de Dieu faite chair (Jean 1, 1). Donc, tout comme l’Arche de l’Ancienne Alliance contenait la parole écrite de Dieu, Marie (qui est l’Arche de la Nouvelle Alliance) contient de la Parole de Dieu faite chair.

Apocalypse (Révélation) 19, 13 : « Et il [Jésus] était vêtu d’un manteau parsemé de sang, et son nom est appelé, la Parole de Dieu.  »

L’Arche de l’Ancienne Alliance La Vierge Marie
A été «occultée» par la puissance et la présence de Dieu (Exode 40, 34-35) A été «occultée» par la puissance et la présence du Très-Haut (Luc 1, 35)

Le tabernacle a été construit pour contenir l’arche sainte (Exode 40, 2-3). Quand Dieu descendrait sur le tabernacle et l’arche pour parler à Moïse, nous lisons dans Exode 40, 34-35 que le nuage de la gloire de Dieu ou de la présence visible (appelé la «Shekinah») «l’éclipsait». Le mot rare qui est utilisé pour décrire la façon dont cette présence unique de Dieu « occulteait » l’Arche est episkiasei dans la traduction grecque de l’Ancien Testament.

Exode 40, 34-35 : « Alors la nuée couvrit la tente d’assignation, et la gloire de l’Éternel remplissait le tabernacle. Et Moïse ne pouvait pas entrer dans la tente d’assignation, car la nuée l’éclipsait, et la gloire de l’Éternel remplissait le tabernacle. «

Le même mot «episkiasei» est utilisé dans le grec du Nouveau Testament pour décrire comment la présence de Dieu « occultait » la Vierge Marie. La Bible utilise cette langue uniquement sur l’Arche et sur Marie.

Luc 1, 35 : « Et l’ange lui répondit et lui dit : L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut doit t’éclipser : c’est pourquoi aussi la sainte chose qui naîtra de toi sera appelé Fils de Dieu ».

Il en ressort clairement que la présence de Dieu éclipse Marie et descend sur elle – car elle est la nouvelle Arche – tout comme elle a éclipsé l’Arche de l’Ancienne Alliance. Cela révèle que Marie, tout juste une créature et infiniment moins que Dieu, est la nouvelle Arche. Elle dispose ainsi d’une connexion unique à Dieu, une sainteté unique, une sanctification et puissance uniques.

La preuve étonnante de 2 Samuel 6 et Luc 1 que Marie est l’Arche de la Nouvelle Alliance

Considérons les parallèles étonnants que l’Ecriture nous donne entre ce qui s’est passé pour l’Arche de l’Ancienne Alliance dans 2 Samuel 6 (2 Rois 6 dans la Bible catholique Douay-Rheims), et ce qui est arrivé à la Bienheureuse Vierge Marie, l’Arche de la Nouvelle Alliance, dans le chapitre 1 de l’évangile de Luc. 2 Samuel 6 est l’histoire la plus complète dans la Bible au sujet de l’Arche de l’Ancienne Alliance. Luc 1 est l’histoire la plus complète dans la Bible concernant la Bienheureuse Vierge Marie.

L’Arche de l’Ancienne Alliance La Vierge Marie
2 Samuel 6, 9 : « David craint le Seigneur ce jour-là et dit : Comment l’arche du Seigneur peut venir à moi ? « Luc 1, 43 : « [Elizabeth dit]: Et comment est-ce possible pour moi, que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? «

David dit : «Comment l’arche du Seigneur peut venir à moi », tandis qu’Elizabeth demande : « que la mère de mon Seigneur vienne à moi». Elizabeth dit la même chose à Marie que David dit à propos de l’Arche, parce que Marie est l’Arche de la Nouvelle Alliance. La seule différence entre les deux états est littéralement que «mère» est utilisée lorsque l’Arche a été utilisé. La Bible nous dit que la mère du Seigneur = l’Arche. C’est ce que confirme sans aucun doute l’histoire plus loin.

David a sauté devant l’arche Le nourrisson a sauté en présence de Marie
2 Samuel 6, 16 :  » Comme l’arche de l’Éternel entrait dans la cité de David, Mical, fille de Saül, regardait par la fenêtre et vit le roi David sauter et danser devant l’Eternel … « Luc 1, 41-44 : «Et il arriva que, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit dans son sein et Elisabeth fut remplie du Saint-Esprit … A l’instant où le son de ta salutation a frappé mon oreilles, l’enfant dans mon ventre a sauté de joie. «

David a sauté devant l’Arche, tout comme l’enfant dans le sein d’Elisabeth a bondi devant Marie (la nouvelle Arche).

L’Arche est resté pendant trois mois Marie (l’Arche) est resté pendant trois mois
2 Samuel 6, 11 :  » L’arche du Seigneur est resté dans la maison d’Obed-Edom de Gath pendant trois mois, et le Seigneur bénit Obed-Edom et toute sa maison. « Luc 1, 56-57 :  » Marie demeura avec elle environ trois mois, puis est retournée chez elle. Quand le temps pour Elizabeth fut venu, elle enfanta un fils . «

Dans 2 Samuel 6, nous lisons que l’Arche est restée avec Obed-Edom de Gath pendant trois mois. De même, dans Luc 1, nous lisons que Marie (l’Arche de la Nouvelle Alliance) est restée avec Elizabeth pendant trois mois.

2 Samuel 6, 11 mentionne également que l’Éternel a béni Obed-Edom et sa maison tandis que l’arche était présente. La «bénédiction» dans l’Écriture indique souvent une progéniture féconde. Dans cet état de fait, nous voyons un autre parallèle avec Luc 1 et Marie. Luc 1, 57 nous dit qu’après que Marie demeura avec Élisabeth, le Seigneur l’a bénie et sa maison avec la naissance d’un enfant, Jean-Baptiste.

David a entrepris de chercher l’Arche de Juda Cela s’est produit lorsque Marie (l’Arche) est allé à Juda
2 Samuel 6, 2 : « Alors David et tous les gens qui étaient avec lui, partit pour Baala de Juda, pour faire monter de là l’arche de Dieu, qui porte le nom de l’Éternel des armées qui trône au-dessus des chérubins. « Luc 1, 39-40 : « Au cours de ces jours, Marie partit et se rendit à la montagne à la hâte dans une ville de Juda, où elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth. «

Comme nous le lisons ici, ces parallèles incroyables se sont produites lorsque David partit pour la montagne de Juda pour chercher l’Arche (2 Samuel 6, 2), et lorsque Marie, l’Arche de la Nouvelle Alliance, est allé à la montagne de Juda ( Luc 1, 39).

Le livre de l’Apocalypse (Apocalypse) indique aussi que Marie est l’Arche de la Nouvelle Alliance
Apocalypse 11, 19 – 12, 1 : «Et le temple de Dieu fut ouvert dans le ciel, et il apparut dans son temple l’arche de son alliance, et il y eut des éclairs, des voix, des tonnerres, et un tremblement de terre, et une forte grêle. [12, 1] Et il eu un grand signe apparut dans le ciel : une femme enveloppée du soleil, la lune sous ses pieds, et sur sa tête une couronne de douze étoiles ».

La Bible n’a pas été écrite avec des chapitres ou versets indiqués. Il a fallu attendre le 12ème siècle pour que la Bible soit  divisée en chapitres et versets. Par conséquent, l’auteur de l’Apocalypse, saint Jean l’Apôtre, a écrit ce qui commence le chapitre 12 en un flux continu immédiatement après que se termine le chapitre 11. A la fin du chapitre 11, nous lisons que l’Arche d’alliance / l’alliance de Jésus a été vu dans le ciel. Le verset suivant est Apocalypse 12, 1. Par conséquent, les mots qui terminent le chapitre 11 s’écoulent immédiatement dans les mots qui commencent le chapitre 12, sans aucune division.

Cela signifie que l’apparence de l’arche de l’alliance de Jésus à la fin du chapitre 11 – «l’arche de son alliance apparut dans son temple» (Apoc. 11, 19) – est immédiatement expliqué par la vision de «la femme» vêtue du soleil qui commence le chapitre 12, le verset suivant (Rev. 12, 1). Ceci indique que «la femme» revêtue du soleil, qui portait la personne divine dans son ventre (la Vierge Marie), est l’arche du Nouveau Testament.

L’Arche contenait la manne du désert Marie contenait la manne du ciel, Jésus
Hébreux 9, 4 : «… l’arche de l’alliance recouverte tout autour d’or, dans laquelle était la cruche d’or qui contenait manne, la verge d’Aaron, qui avait fleuri, et les tables de l’alliance. « Jean 6, 48-51 : « Je suis le pain de vie. Vos pères ont mangé la manne dans le désert, et sont morts. C’est ici le pain qui descend du ciel, afin que celui qui en mange ne meure pas. Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel … et le pain que je donnerai, c’est ma chair, que je donnerai pour la vie du monde. «

Il ne fait aucun doute que la manne dans le désert (Exode 16) préfigurait Jésus comme le Pain de Vie. Jésus établit un lien entre les deux dans Jean, chapitre 6. Il fait référence à la manne dans le désert, puis dit que sa chair est la vraie manne du ciel. Eh bien, la manne du désert a été placée à l’intérieur de l’Arche de l’Ancienne Alliance. Cela préfigure Jésus Christ lui-même (la vraie manne du Nouveau Testament) étant contenue en Marie, la Mère de Jésus.

Dans Hébreux 9, 4, nous voyons aussi que la verge d’Aaron a été placée à l’intérieur de l’Arche de l’Ancienne Alliance. Dans Nombres 17, nous lisons que cette tige a bourgeonné pour prouver le véritable grand prêtre. La verge d’Aaron, a ainsi signifié le vrai grand prêtre. Dans le Nouveau Testament, Jésus est décrit comme le véritable grand prêtre.

Hébreux 3, 1 : «C’est pourquoi, frères saints, participants à l’appel céleste, considérez l’apôtre et le Souverain Sacrificateur de notre confession, Jésus-Christ. «

Voir aussi Hébreux 6, 20, Hébreux 9, 11 et d’autres passages de plus prouvant que Jésus est le véritable grand prêtre. La conclusion inévitable est que la verge d’Aaron étant placée dans l’Arche préfigure Jésus-Christ, le vrai grand prêtre, contenu à l’intérieur de Marie (l’Arche de la Nouvelle Alliance).

Il n’y a absolument aucun doute que le Nouveau Testament indique que Marie est l’Arche de la Nouvelle Alliance. Cette preuve est indéniable.

Marie est l’Arche de la Nouvelle Alliance signifie qu’elle est la chose la plus sacrée sur terre en dehors de Jésus-Christ

L’Arche d’Alliance était la chose la plus sainte sur Terre en dehors de la présence de Dieu Lui-même. L’Arche était contenue dans le tabernacle, dans le saint des saints. La présence de l’arche est ce qui fait le saint des saints si sacré.

2 Chroniques (ou 2 Paralipomenon) 35, 3 :  » Mettez l’arche sainte dans la maison qu’a bâtie Salomon, fils de David, roi d’Israël. «

L’Arche était si sainte que lorsque le peuple de Dieu la suivirent ils devaient garder une distance respectueuse.

Josué 3, 3-5 :  » Lorsque vous verrez l’arche de l’alliance de l’Éternel, ton Dieu, et les prêtres de la race de Lévi qui la porte, tu te lèveras aussi, et les suivras car ils vont avant : Et vous laisserez entre vous et l’arche un l’espace de deux mille coudées que vous pourrez voir au loin, et savoir dans quelle direction vous devez aller : car vous ne passerez pas de cette façon devant:et prendrez soin de ne pas venir près de l’arche « .

Les personnes qui ont touché illégalement l’Arche ont été tuées.

2 Samuel 6, 6-7 :  » Oza étendit la main vers l’arche de Dieu, et la saisit: parce que les bœufs donnaient des coups de pied et ont l’fait pencher de côté. Et la colère de l’Éternel fut embrasée contre Oza, et il le frappa pour sa témérité et il y mourut devant l’arche de Dieu « .

Les hommes de Bethsamès ont été tués parce qu’ils avaient osé se pencher sur l’Arche.

1 Samuel 6, 19 : « Et il frappa les gens de Beth Schémesch, parce qu’ils avaient regardé dans l’arche du Seigneur, il frappa soixante-dix hommes et du bas peuple cinquante mille  … «

Nous voyons comment Dieu a considéré comme sacré l’objet qui devait entrer en contact avec sa présence spirituelle.

Marie est la nouvelle Arche, elle a dû être sainte et créée sans péché

Dieu a donné les spécifications les plus précises pour la construction de l’Arche. Il a ordonné qu’elle soit faite avec de l’or le plus pur.

Exode 25, 10-13, 24 :  » Et ils feront une arche de bois d’acacia : deux coudées et demie sa longueur sera de ceux-ci, et une coudée et demie de large, et une coudée et demie de haut. et tu les couvriras d’or pur, intérieurement et extérieurement, et tu feras une bordure d’or tout autour. Et tu fondra quatre anneaux d’or, et les mettras aux quatre coins, deux anneaux doivent être dans l’un des côtés, et deux anneaux de l’autre côté de celui-ci. Et tu feras des barres de bois d’acacia, et tu les couvriras d’or … «

Il est intéressant de noter que l’Arche ne devait pas seulement être recouverte d’or tout autour, mais il y a une référence spécifique pour une «couronne d’or tout autour».

L’Arche de l’Ancienne Alliance avait une couronne d’or La Vierge Marie (la Nouvelle Arche) a également une couronne
Exode 25, 11 : « Et toi … feras sur elle une couronne d’or tout autour. « Apocalypse 12, 1 : « et il paru un grand signe dans le ciel, une femme revêtue du soleil, la lune sous ses pieds, et sur sa tête une couronne de douze étoiles. »

L’Arche de l’Ancienne Alliance devait être parfaite et sainte, parce qu’elle était le siège de la présence spirituelle unique de Dieu. La sainteté de Dieu ne pouvait pas être ternie par le contact avec ce qui avait des défauts. De même, et à un degré supérieur, la Vierge Marie, comme la nouvelle Arche et porteuse de Jésus-Christ, a dû être créée sans péché et dans un état de perfection.

Elle ne contient pas seulement la présence spirituelle de Dieu, mais Jésus-Christ (Dieu Lui-même). Elle ne contient pas seulement la parole écrite de Dieu, mais la Parole de Dieu faite chair (Jean 1, 1). Par conséquent, Marie doit être parfaite. Elle doit être exempte de tout péché. Elle doit être toujours vierge et intacte d’homme.

Si l’Arche de l’Ancienne Alliance, qui contenait les tables écrites de la loi et a été éclipsée par la présence spirituelle de Dieu, a dû être recouvert d’or le plus pur et a dû être construite selon les spécifications les plus précises de Dieu, comment beaucoup plus grande est la construction par Dieu de Marie, l’Arche de la Nouvelle Alliance ? La réalisation est plus grande que le type. Marie, l’Arche de la Nouvelle Alliance, doit être et est plus grande que l’Arche de l’Ancienne Alliance.

Tout comme l’Arche de l’Ancienne Alliance, Marie doit également avoir un pouvoir énorme sur le diable et les ennemis de Dieu. Elle doit avoir un pouvoir unique d’intercession auprès de Dieu, en amenant ses bénédictions et en aidant le peuple de Dieu, tout comme l’Arche de l’Ancienne Alliance l’a fait.

Tout comme l’Arche de l’ancienne alliance, Marie a un pouvoir unique d’intercession, elle a une impressionnante puissance contre les ennemis de Dieu, sur le diable et d’aide du peuple de Dieu

L’Arche de l’Ancienne Alliance avait le pouvoir impressionnant frapper. Quand elle fut prise par les Philistins, des choses extraordinaires se sont produites contre eux et leur faux dieu, Dagon.

1 Samuel 5, 1-5 : «Et les Philistins prirent l’arche de Dieu, et la transportèrent à partir de la pierre du Secours à Azot. Et les Philistins prirent l’arche de Dieu, et la firent entrer dans le temple de Dagon et la placèrent à côté de Dagon. Et quand les Azotiens se levèrent tôt le lendemain, voici que Dagon gisait sur son visage sur le sol, devant l’arche de l’Éternel, et ils prirent Dagon, et le mirent de nouveau à sa place. Et le lendemain encore, quand ils se levèrent le matin, ils trouvèrent Dagon couché sur son visage sur la terre devant l’arche de l’Éternel, et la tête de Dagon et les deux paumes de ses mains étaient abattues sur le seuil : seule la souche de Dagon était restée à sa place. Pour cette raison, les prêtres de Dagon, et tous ceux qui entrent dans la bande du temple se tenaient sur le seuil de Dagon dans Azot jusqu’à ce jour. «

Les Philistins ont commencé à être détruits pour avoir pris l’Arche. Cela les a incité à faire revenir l’Arche à leurs ennemis, les Israélites.

1 Samuel 5, 7 : « Et les hommes d’Azot voyant ce genre de fléau, déclarèrent : L’arche du Dieu d’Israël ne doit pas rester avec nous, car sa main est lourde sur nous et sur Dagon, notre dieu. «

L’Arche a semé la terreur mortelle sur la face des ennemis de Dieu.

1 Samuel 5, 10 : « Et quand l’arche de Dieu était venue dans Accaron, les Accaronites criaient, disant : Ils ont apporté l’arche du Dieu d’Israël, pour nous, pour nous et tuer notre peuple. «

Les eaux du Jourdain ont été miraculeusement asséchées par l’Arche.

Josué 3, 13-14 : « [Et l’Éternel dit à Josué:] Et quand les prêtres qui portent l’arche de l’Éternel, le Dieu de toute la terre, fixent la plante de leurs pieds dans les eaux du Jourdain, les eaux qui sont au-dessous sont délabrées et s’éteignent: et celles qui viennent d’en haut, doivent s’unir sur un tas. Ainsi, les gens sont sortis de leurs tentes pour passer le Jourdain, et les sacrificateurs qui portaient l’arche de l’alliance devant eux … «

Marie, la nouvelle Arche, a ce pouvoir, et même plus, car la réalisation est plus grande que le type et le Nouveau Testament est plus grand que l’ancien. Nous devons maintenant couvrir plus de preuves biblique pour l’enseignement catholique sur Marie.

La terre d’où Adam fut créé est un type de Marie et de sa préservation du péché (Immaculée Conception)

Nous avons établi que Jésus-Christ est le nouvel Adam. Adam a été formé à partir de la terre ou du sol.

Genèse 2, 7 : « Et l’Éternel Dieu forma l’homme de la poussière de la terre [adamah], et souffla dans ses narines un souffle de vie et l’homme devint une âme vivante. «

Le mot hébreu pour «terrain» est Adamah. C’est un nom féminin. Adam est ainsi nommé parce qu’il venait de la Adamah, son nom signifie fils de la terre, fils de l’Adamah. (Ce point a été fait par Gerry Matatics, biblique fondation internationale, Dunmore, PA)

Ce point pourrait être développé, mais il est clair que, à un certain niveau, la terre d’où Adam fut créé est un type de Marie. Le premier Adam a été créé par Dieu à partir du sol, et le second Adam (Jésus-Christ) a pris chair de Marie, sa mère. Donc la question es t: quel était l’état de la Terre lors de sa création ?

Genèse 1, 31 : « Et Dieu vit tout ce qu’il avait fait et voici, cela était très bon. Et le soir et le matin fut le sixième jour. «

La Terre à partir de laquelle le premier Adam a été formé – et même la totalité de la création de Dieu avant la chute – a été complètement béni, achevé et parfait. Le péché et la malédiction n’avaient pas leur place en elle.

Marie, qui donne naissance au deuxième et plus grand Adam (Jésus-Christ), doit également être complètement bénie, achevée et parfaite. Elle doit être préservée de toute souillure du péché et de la malédiction du péché originel. C’est ce qu’on appelle l’Immaculée Conception.

Seule Marie et son impeccabilité remplit pleinement ce qui est prédit dans Genèse 3, 15 : « Je mettrai une inimitié entre toi [Le serpent] et la Femme … »

Peu de temps après la chute d’Adam et Eve, Dieu fait cette prophétie.

Genèse 3, 14-15 : «Et l’Éternel Dieu dit au serpent : Puisque tu as fait cela, tu seras maudit entre tout le bétail et entre tous les animaux des champs ; tu marcheras sur ton ventre, et tu mangeras de la poussière tous les jours de ta vie : Je mettrai une inimitié entre toi et la femmeentre ta postérité et sa postérité ; elle t’écrasera la tête et tu feras embuscade à son talon « . 2

Dieu dit qu’il y aura inimitié – hostilité, division, opposition – entre le diable et «la femme». Dans le même contexte, nous lisons qu’à la semence de la femme, sera accordée la victoire, par la femme et sa postérité. Dans la Bible, les enfants et les descendants d’un homme sont appelés sa semence. La semence de la femme est donc quelque chose d’unique. Elle se réfère à un enfant qui est produit par une femme seule. Il s’agit évidemment de la conception virginale et la naissance du sein de la Vierge Marie, la mère de Jésus. La «semence» de la femme se réfère à Jésus Christ.

Par conséquent, la femme identifiée ici comme ayant l’opposition ou l’hostilité avec le serpent est clairement Marie, la mère de Jésus-Christ. La femme n’est pas Eve, qui a cédé au serpent. C’est Marie.

Dieu dit qu’Il mettrait un inimitié ou opposition entre le serpent et la femme. En conséquence, Marie doit être totalement préservée du péché. Car quand on pèche, on n’est pas en opposition au diable, mais on se donne plutôt pour le diable.La seule façon dont la femme pourrait avoir opposition complète et définitive au serpent est par la préservation du péché et du péché d’Adam.

Le fait que Marie est cette «femme», et donc totalement libre de la domination du péché et du diable, est la raison pour laquelle Jésus appelle Marie «femme» dans le Nouveau Testament. Jésus n’appelle jamais sa mère, mais beaucoup de non-catholiques pensent que c’était la façon de rabaisser sa mère et minimiser son rôle pour Jésus de l’appeler «femme». Au contraire, Jésus a identifié Marie comme la «femme» de Genèse 3, 15.

Genèse 3, 15 :  » Et je mettrai une inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité : elle t’écrasera la tête et tu seras couché en embuscade de son talon. «

Jean 2, 3-5 : « Et le vin faisant défaut, la mère de Jésus lui dit : Ils n’ont plus de vin. Et Jésus lui dit : Femme, qu’est-ce que cela entre moi et toi ? Mon heure n’est pas encore venue. Sa mère dit aux serviteurs : tout ce qu’il vous dira, faites-le « .

Quelques lectures superficielles de Jean 2, 3-5 ont laissé aux gens l’impression que Jésus réprimandait sa mère aux noces de Cana. Cependant, il révèle en fait la puissance de l’intercession de Marie avec Lui. Jésus a dit que son heure n’était pas encore venue, en d’autres termes, ce n’était pas encore le temps pour lui de révéler ses pouvoirs miraculeux. C’était sa conception d’attendre plus longtemps. Néanmoins, à l’instigation de sa mère, qui avait de la compassion pour le couple nouvellement marié, Jésus a fait le miracle de toute façon. Il a fait ce (son premier) miracle à l’instigation de sa mère, même si son heure « n’était pas encore venue ». C’est un excellent exemple de la façon dont les grâces sont obtenues de Jésus par Marie – grâces qu’il ne pourrait pas autrement être tenté de donner.

Beaucoup de non-catholiques objectent aussi que si Marie est si importante, pourquoi Jésus permet aux écrivains de l’Evangile de peut-être donner l’impression qu’il rabaissait la place de sa mère ? Ils affirment que certains versets donnent cette impression, ou ne font pas beaucoup pour dissiper cette notion. La réponse est que Dieu ne remet pas des perles aux pourceaux (Matthieu 7, 6). Il dissimule souvent légèrement ses vérités, ou les met juste sous la surface, de sorte que les efforts superficiels ou des personnes sincères vont passer sur eux ou être laissés avec une mauvaise impression. Cependant, ceux qui sont plus patients et creusent plus profondément – ou qui, tout simplement font confiance à l’Église que Jésus a établi – trouvent le joyau et le vrai sens.

Luc 8, 8-10 : «Celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende. Et ses disciples lui demandèrent ce que cette parabole pouvait être. Il leur dit : A vous il est donné de connaître le mystère du royaume de Dieu ; mais pour les autres c’est en paraboles, afin qu’en voyant ils ne voient point, et qu’en entendant ils ne comprennent « .

C’est tellement vrai dans le cas de l’enseignement de la Bible sur le rôle profond de Marie. Les lectures superficielles et les efforts sincères vont garder les gens aveugles sur elle. Mais elle est là dans l’Écriture. Marie est la nouvelle Eve et la femme de Genèse 3, 15, comme nous l’avons vu. Elle est également l’Arche de la Nouvelle Alliance et beaucoup plus, comme nous le verrons. C’est tout ce qu’il y a dans la typologie biblique et dans de nombreux passages plus profondément compris, mais beaucoup restent inconscients de cela. En voyant ils ne voient point, et en entendant ils n’entendent pas. Ayant échoué à faire confiance à l’unique Eglise que le Christ a établi, ils ont malheureusement acquis une compréhension superficielle et erronée de l’enseignement de la Bible.

Jean 19, 26 : « Jésus donc voyant sa mère, et le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : Femme, voilà ton fils. Après cela, il dit au disciple : Voici ta mère. Et dès cette heure, le disciple [Jean] la prit pour sa propre « .

Bien que d’autres femmes étaient au pied de la croix, Jésus distingue sa mère. Jésus l’appelle à nouveau rien d’autre que «femme» car elle est la femme de Genèse 3, 15 : celle en opposition complète avec le serpent. Jésus appelle également Saint-Jean à prendre sa mère pour lui-même.

L’âme de Marie exalte le Seigneur, le Tout-Puissant a fait de grandes choses pour elle

Dans Luc 1, nous voyons un aperçu des privilèges uniques que Dieu a accordé à Marie.

Luc 1, 46-50 : « Et Marie dit : Mon âme exalte le Seigneur. Et mon esprit se réjouit en Dieu, mon Sauveur. Parce qu’il a regardé l’humilité de sa servante, car voici désormais toutes les générations me diront bienheureuse. Parce que celui qui est puissant, a fait de grandes choses pour moi , et son nom est saint. Et sa miséricorde est de générations en générations, pour ceux qui le craignent ».

La Bible dit que l’âme de Marie exalte le Seigneur, elle ne Le diminue pas. Marie n’enlève rien à Jésus, mais amène les gens à Jésus. L’Arche de l’Ancienne Alliance signifiait la puissance et la présence de Dieu. Quand elle était en leur présence, elle les agitait à la dévotion, à la confiance et à l’amour du Tout-Puissant. De la même façon, mais encore plus de la même manière, Marie, la nouvelle Arche, dirige et nous centre puissamment autour de Jésus Christ. Tout Marie a et tout ce que Marie est vient du fait d’être la mère de Jésus Christ. Il a fait de grandes choses pour elle par sa préservation du péché.

Il faut également faire une mention spéciale de Luc 1, 48, où Marie prophétise que «toutes les générations l’appeleront» « bénie ». C’est une prophétie sur la prière catholique Je vous salue Marie. Depuis des générations, les catholiques ont prié : «Je vous salue Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec toi, tu es bénie entre les femmes, et béni est le fruit de ton sein, Jésus. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.  »

La Bible dit que Marie est «pleine de grâce», ce qui signifie sans péché

Luc 1, 27-31 : « … et le nom de la vierge était Marie. Et l’ange étant venu, lui dit : Salut, pleine de grâce, le Seigneur est avec toi: tu es bénie entre toutes les femmes. Après avoir entendu, elle fut troublée à sa parole et pensa en elle-même ce que pouvais signifier cette salutation. Et l’ange lui dit : Ne crains pas, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici, tu concevras dans ton ventre, et tu enfanteras un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus « .

Les Bibles protestantes modernes ne traduisent pas Luc 1, 28 comme il devrait «Je vous salue, pleine de grâce» : mais « Réjouis-toi fille fortement favorisée » ou quelque chose de semblable. Les traductions protestantes ont tort. Il ya un certain nombre de moyens simples pour montrer qu’ils ont tort. Le mot dans l’original grec est kecharitomene. Ce mot est directement concernée par l’idée de «grâce». Les savants grecs soulignent que kecharitomene vient de la racine du mot charis, qui a une signification littérale de «grâce». Sur près de 150 apparitions, le roi Jacques (une Bible protestante) traduit charis comme «grâce» 129 fois.

Il est également extrêmement important de noter que les premières traductions protestantes ont Luc 1, 28 comme «pleine de grâce» ou l’équivalent. Le célèbre protestant William Tyndale (1494-1536) est considéré comme un héros chez certains protestants. Sa version de la Bible a été traduite en anglais précoce moderne autour de 1525. Tyndale traduisit Luc 1, 28 comme :  » Salut pleine de grâce Le Seigneur est avec vous : vous êtes béni entre les femmes ». (wesley.nnu.edu/biblical_studies/tyndale/). L’anglais protestant Thomas Cranmer (1489-1556) a également rendu le passage comme «pleine de grâce».

Saint Jérôme (347-420) a été le bibliste de l’Eglise ancienne. Même les traducteurs protestants de la Bible King James 1611 ont appelé Saint-Jérôme « un père plus savant, et le meilleur linguiste sans controverse, de son âge ou de tout ce qui marchait avant lui » (De la préface du traducteur 1611 LSG). Saint-Jérôme traduit «kecharitomene» comme «Gratiae plena», qui signifie «pleine de grâce» dans la Vulgate latine. « Grace » a également été accepté comme la traduction correcte dans le Nouveau Testament dhouai-Reims en 1582.

Les photos de la Parole du Nouveau Testament, par le célèbre savant grec protestant AT Robertson, dit ceci au sujet de Luc 1, 28 :

« Très favorisé (kecaritomene). Participe passé passif de carito et les moyens dotée de grâce (Cariss), enrichi avec la grâce comme dans Ephésiens 1, 6 … La Vulgate Gratiae plena est juste, si elle signifie «pleine de grâce que tu as reçu» ; mauvaise, si cela signifie «pleine de grâce que tu as à donner». (Robertson, images de mot du Nouveau Testament , Luc 1:28).

Marie est «pleine de grâce», ce qui en soi suggère fortement qu’elle est sans péché, car la grâce est en opposition au péché. L’ange ne dit pas que Marie sera pleine de grâce, mais qu’il a rencontré Marie déjà dans cet état. Elle a été conçue dans cet état. En outre, Marie est appelée «bénie entre les femmes» parce que sa position est unique.

L’Église catholique est l’Arche du salut

Pape Pie VIII, Traditi Humilitati (n° 4), 24 mai 1829 (Magistère) : «la foi catholique est la seule véritable, qu’ainsi que le dit l’Apôtre, Il n’y a qu’un Seigneur, qu’une foi, qu’un baptême : quiconque n’entrera pas dans l’arche de Noé périra dans le déluge ; car excepté le nom de JÉSUS « il n’est point de nom accordé aux hommes par lequel nous puissions être sauvés. Celui qui aura cru sera sauvé ; celui qui n’aura pas cru sera condamné».

Pape Grégoire XVI, commissum divinitus (n° 11), 17 mai 1835 (Magistère) : «quiconque ose quitter l’unité de Pierre pourrait comprendre qu’il ne partage plus le mystère divin. Saint Jérôme ajoute : « … Ceux qui n’étaient pas dans l’arche de Noé ont péri dans le déluge »».

Étant donné que la Mère du Christ est la Mère de l’Église et que Jésus-Christ reviendra la seconde fois comme la première fois par Marie, on peut en conclure sans aucun doute que celui qui ne sera pas en Marie ne connaîtra pas l’avènement de Jésus-Christ autrement qu’en réprouvé et périra.

Quiconque ne tient pas la vraie foi de la véritable Église n’est pas dans l’arche et périra certainement. L’unité de la foi fait l’unité de l’Église

Marie est Mère de l’Église

La Mère de Dieu est la Mère du Christ total – la tête, Jésus-Christ avec son Corps mystique et social qui est l’Église.

Pape Pie XII, Mystici corporis Christi, 29 juin 1943 (Magistère) : « la doctrine très ancienne et constante des Pères nous enseigne que le divin Rédempteur avec son Corps social constitue une seule personne mystique, ou, comme dit saint Augustin, le Christ total (S. Augustin, Enarr. in Ps. XVII, 51, et XC, II, 1. PL 36, 154 et 37, 1159) ».

Marie a conçu le Christ total le jour de l’Incarnation du Verbe. Elle l’a porté pendant les trente trois années de la vie terrestre de Jésus-Christ. Elle lui a donné naissance au Calvaire où elle a enfanté tous les hommes qui seront baptisés et intégrés au Corps du Christ qui est l’Église. C’est par elle et en elle que Dieu le Saint-Esprit s’est répandu à la Pentecôte qui est le commencement de l’Église, le Corps mystique du Christ. C’est par elle que Jésus reviendra s’incarner dans ses membres. Priez Marie chaque jour avec constance et persévérance afin de pourvoir vous convertir et vous sauver, car elle est la Médiatrice auprès de Son divin Fils pour toute l’Eglise.

Craignez Dieu

C’est par la Crainte de Dieu qu’on commence à lui obéir

Proverbes 9, 10 : «La crainte du Seigneur est le principe de la sagesse».

Commentaires Pères, éxégètes, Abbé Calmet Proverbes 9, 10 : «Principium sapientie, timor Domini. Le commencement de la sagesse est de sortir du péché qui est la plus grande de toutes les folies, et qui nous rend ennemis de Dieu. Et, comme les chaînes du péché sont fortes et difficiles à rompre, il n’y a rien qui ait tant de pouvoir pour nous tirer d’abord de ces malheureux engagements, que la crainte de Dieu».

La Crainte de Dieu est le premier des dons du Saint-Esprit parce qu’il faut commencer à sortir du péché en premier. Mais pour cela il faut éviter les occasions, prier sans cesse, et se repentir amèrement même des péchés véniels volontaires. Si par malheur, on tombait dans un péché mortel, il faut absolument revenir à Dieu par la crainte des châtiments et prier constamment et incessamment pour lui demander la douleur du cœur de l’avoir offensé, lui un Dieu si bon mort sur la Croix pour des pécheurs. Mais, normalement, si vous faites vraiment pénitence, que vous détestez et pleurez vos péchés passés, vous ne tomberez pas dans le péché mortel.

Il faut craindre Dieu pour pouvoir l’aimer

Il faut d’abord craindre Dieu pour pouvoir l’aimer. Quiconque ne craint pas Dieu ne pourra pas l’aimer car Dieu est Père.

Luc 12, 5 : «Je vous montrerai qui vous devez craindre. Craignez celui qui, après avoir ôté la vie, a le pouvoir d’envoyer dans la géhenne [l’enfer] ; oui, je vous le dis, craignez celui-là».

Philippiens 2, 12 : «opérez votre salut avec crainte et tremblement».

La charité parfaite chasse la crainte.

I Jean 4, 18 : «Il n’y a point de crainte dans la charité, mais la charité parfaite chasse la crainte, parce que la crainte est accompagnée de peine [porte du tourment] ; ainsi celui qui craint n’est point parfait dans la charité».

La crainte est d’abord nécessaire pour commencer à aimer Dieu qui est de détester le péché et ensuite l’amour chasse la crainte servile pour la crainte de l’offenser qui est charité envers Dieu.

Luc, 1, 50 : «Sa miséricorde se répand d’âge en âge sur ceux qui le craignent».

Pape saint Grégoire, Catena aurea de St Thomas, Grecus, Chaîne des Pères grecs : «C’est par cette miséricorde qu’il existe d’âge en âge, que j’ai conçu et qu’il s’est uni lui-même à un corps vivant, pour traiter l’affaire de notre salut par un sentiment d’amour. Toutefois, sa miséricorde ne s’exerce pas indistinctement, mais sur ceux qui dans toute nation sont soumis à la crainte de Dieu. Voilà pourquoi Marie ajoute : « Sur ceux qui le craignent », c’est-à-dire, sur ceux que le repentir amène à la foi et à une vraie pénitence, car ceux qui résistent avec obstination se sont fermé, par leur incrédulité coupable, la porte de la miséricorde.

Saint Bède, père de l’Église : «Elle [Marie] semble dire : Ce n’est point seulement pour moi qu’il a fait de grandes choses, mais dans toute nation, celui qui a la crainte de Dieu est sûr d’obtenir ses faveurs».

Saint Théophile d’Antioche, père de l’Église, Enarratio in Evangelium Lucae (Lc. 1, 50) PG 123, 712A2-6 [CGC 2015] : «ces paroles signifient que ceux qui craignent Dieu obtiendront miséricorde».

La miséricorde de Dieu se répand sur ceux qui le craignent, pas sur qui ne le craignent pas sur lesquels se répand sa justice, c’est-à-dire sa colère sans sa miséricorde. Ainsi on comprend aisément pourquoi il y a la grande apostasie actuelle ; parce que qu’il n’y a plus de crainte de Dieu chacun suit son idée.

Dieu n’applique pas sa miséricorde sur ceux qui ont négligé ses conseils et réprimandes

Beaucoup parlent de miséricorde et appliquent la miséricorde là où Dieu ne l’applique pas lui-même, ils devraient plutôt craindre Sa justice.  

Proverbes 1, 24-31 : «Parce que je vous ai appelés, et que vous n’avez point voulu m’écouter ; que, j’ai tendu ma main, et qu’il ne s’est trouvé personne qui m’ait regardée ; que vous avez méprisé tous mes conseils, et que vous avez négligé mes réprimandes.  Je rirai aussi à votre mort ; et je me moquerai de vous, lorsque ce que vous craigniez vous sera arrivé. Lorsque le malheur viendra tout d’un coup, et que la mort fondra sur vous comme une tempête ; lorsque vous vous trouverez par l’affliction, et par les maux les plus pressants. Alors ils m’invoqueront, et je ne les écouterai point ; ils se livreront dès le matin ; et ils ne me trouveront point. Parce qu’ils ont haï les instructions, qu’ils n’ont point embrassé la crainte du Seigneur. Qu’ils ne se sont point soumis à mes conseils, et qu’ils n’ont eu que du mépris pour toutes mes remontrances. Ainsi ils mangeront le fruit de leur voie, et seront rassasiés de leurs conseils».

Commentaires des Pères et exégètes, Abbé Calmet sur Pr. 1, 24-31 : «v. 24. Quia vocavi, et renuistis. Ceci s’adresse à ceux qui n’ont pas tenu compte des invitations, des exhortations de la sagesse. Pour vous, qui avez méprisé mes instructions, lorsque le malheur qui vous attend sera arrivé, je me rirai de votre chute, (versets 26, 27). Ou plutôt : Si vous méprisez mes prières ; si vous refusez d’écouter ma voix et de suivre mes conseils, j’aurai mon tour, et je mépriserai vos prières ; je me rirai de votre malheur, j’insulterai à vos vains et inutiles regrets. Quand on dit que Dieu se rit du malheur du pécheur et qu’il l’insulte : on comprend bien que c’est une façon de parler impropre. Dieu est trop au-dessus de nous, pour se rire de nos malheurs ; mais il nous traite comme un ennemi irrité, qui a terrassé un adversaire téméraire et insolent, et lui reproche sa témérité. Dieu nous châtie sans miséricorde, quand nous avons eu la malice de mépriser ses grâces.

«v. 25. Despexistis omne consilium meum. Ce mépris que font les méchants de tous les avertissements que Dieu leur donne, est marqué encore plus bas, lorsque Dieu dit d’eux : parce qu’ils ont haï mes instructions, et qu’ils n’ont point embrassé la crainte du Seigneur ; qu’ils ne se sont point soumis à mes conseils, et qu’ils n’ont eu que du mépris pour toutes mes remontrances. Dieu ne reproche point ici de crimes à ceux qu’il condamne. Il ne leur reproche que le mépris de ses instructions et de sa parole, comme étant le plus grand des crimes, parce qu’il en est la source. C’est en ce sens que Jésus-Christ dit dans l’Evangile (Math. 10, 15), que ceux qui auront méprisé la prédication des apôtres, seront traités avec plus de rigueur que Sodome et que Gomorrhe. L’ordre même des paroles de l’Ecriture est remarquable : Parce que vous avez méprisé tous mes conseils, et que vous avez négligé mes réprimandes. Après avoir négligé et méprisé les conseils, on néglige encore les réprimandes. Et cette seconde négligence est la punition de la première.

«v. 27. Cum irruerit repentina calamitas. Rien ne parait si capable de rendre les hommes attentifs à Dieu, que les menaces de son jugement. Il se présente ici d’une manière terrible. Comme Dieu aura attendu longtemps les hommes pour les inviter à se repentir, sa justice aussi éclatera alors, selon la parole du prophète (Ezech. 33, 32-33) avec une extrême rigueur, et dans toute l’étendue de sa colère. Il se rira d’eux comme ils se sont ris de lui ; parce que, dit saint Grégoire, il sera pour eux sans miséricorde (Greg. in Job. Lib. 9, c.15 – Bern. In Ps. 90, serm. 8). Et comme ils auront abusé de ses dons en une infinité de manières, il accomplira aussi alors cette parole de son prophète : Abusez d’eux au temps de votre fureur (Jérem. 18, 21). Mais si Dieu ne change pas par sa grâce le cœur des hommes, il n’y a rien qu’ils craignent moins que ce jour terrible. Cette vérité leur est comme un songe ; et on s’adresse à des léthargiques, ou plutôt à des morts, lorsqu’on leur en parle. Car il ne faut pas seulement être assoupi, comme dit saint Augustin (August. Enchirid., c. 74), mais il faut être mort pour n’être pas réveillé par le bruit de ce tonnerre. Ad tam magnum tonitruum qui non expergiscitur, non dormit, sed mortuus est.

«v. 28. Tunc invocabunt me, et non exaudiam. Ils ont été sourds à ma voix, je serai sourd à la leur ; ils ne reviennent à moi que par la vue du danger et par la crainte de la mort ; ce n’est ni l’horreur du crime, ni la crainte de mon nom, ni l’amour de la justice, ni un regret sincère qui les ramènent : je n’écouterai point leurs cris, je me détournerai d’eux au jour du malheur. Juste peine du pécheur endurci et impénitent. Voyez dans les Maccabées (2 Macc. 9, 13 ; Ps. 2, 4), la fausse et inutile pénitence d’Antiochus Epiphane.

«v. 30. Et detraxerint universæ correptioni meæ. Ils ont mal parlé de mes remontrances, ils en ont affaibli, atténué la force ; ils ont cru que ce n’était que des peines comminatoires, qui n’auraient jamais leur effet».

Apocalypse 14. 7 : «Craignez le Seigneur et rendez-lui gloire, parce que l’heure de son jugement est venue».

Jean 3, 19 : «cette condamnation [c’est ici le jugement] vient de ce que la lumière a paru dans le monde, et que les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises».

Repentez-vous 

Romains 2, 4-5 : «Ne sais-tu pas que la bonté de Dieu te pousse à la pénitence ? Mais toi, par ton endurcissement et l’impénitence de ton cœur, tu t’amasses un trésor de colère pour le jour de la colère et de la manifestation du juste jugement de Dieu».

Actes 17, 30- 31 : «fermant les yeux sur les temps d’une telle ignorance, Dieu annonce [ordonne] maintenant aux hommes que tous, en tous lieux, fassent pénitence [se repentent] ; Parce qu’il a fixé un jour auquel il doit juger le monde avec équité, par l’homme qu’il a établi, comme il en a donné la preuve à tous, en le ressuscitant d’entre les morts».

Saint Bernard de Clairvaux, Gémissements au nom du Sauveur : « J’ai pris suffisamment patience, et plus que suffisamment, mon fils, vous pour qui la mort m’est aussi douce que la vie et sans qui la vie est pour moi la mort ; je ne vous demande pas pourquoi vous vous êtes retiré, mais pourquoi vous ne revenez pas ; venez seulement et nous aurons la paix ; revenez et tout est fait ».

Chemin de la croix, 12ème station : «O PÉCHEURS, n’y aura-t-il que vous qui demeurerez insensibles à ce spectacle si attendrissant ? Jetez un regard sur votre Sauveur, voyez l’état affreux où vos crimes l’ont réduit. Il vous pardonne cependant si votre repentir est sincère ; il a ses pieds attachés pour vous attendre, ses bras étendus pour vous recevoir, son côté ouvert et son cœur blessé pour répandre sur vous toutes ses grâces, sa tête penchée pour vous donner le baiser de paix et de réconciliation. Accourons donc tous auprès de la Croix, et mourons pour lui, puisqu’il est mort pour nous».

Convertissez-vous

Se convertir c’est changer de vie. Convertissez-vous à la vraie foi pour être membre de la véritable Église.

Pape Boniface VIII, Unam Sanctam, 18 nov.1302, ex cathedra (Magistère solennel) : « … cette Église en dehors de laquelle il n’y a pas de salut ni rémission des péchés».

Pape Eugène IV, Concile de Florence, Le symbole d’Athanase, Sess. 8, 22 nov. 1439, ex cathedra (déclaration infaillible solennelle) : « Celui qui veut être sauvé, doit avant tout tenir la foi catholique, à moins que chacun la conserve intègre et inviolée, il périra sans aucun doute pour l’éternité».

Pape Eugène IV, Concile de Florence, Cantate Domino, 1441, ex cathedra (Magistère  solennel) : « La sainte Église romaine croit fermement, professe et prêche qu’aucun de ceux qui se trouvent en dehors de l’Église catholique, non seulement païens, mais encore juifs ou hérétiques et schismatiques ne peuvent devenir participants à la vie éternelle, mais iront « dans le feu éternel qui est préparé par le diable et ses anges » [Mt 25, 41] à moins qu’avant la fin de leur vie ils ne lui aient été agrégés ; … et que personne ne peut être sauvé, si grandes que soient ses aumônes, même s’il verse son sang pour le nom du Christ, s’il n’est pas demeuré dans le sein et dans l’unité de l’Église catholique».

Pape Pie IV, Concile de Trente, ex cathedra (Magistère infaillible solennel) : «Cette vraie foi catholique hors de laquelle personne ne peut être sauvé…».

Pape Pie VII, Post tam diuturnas, 29 avril 1814 (Magistère ordinaire infaillible) : «Par cela même qu’on établit la liberté de tous les cultes sans distinction, on confond la vérité avec l’erreur et l’on met au rang des sectes hérétiques et même de la perfidie judaïque, l’épouse sainte et immaculée du Christ, l’Église hors de laquelle il n’y a pas de salut».

Pape Grégoire XVI, Mirari vos, 15 aout 1832 (Magistère ordinaire infaillible) : «L’Apôtre nous en avertit : « Il n’y a qu’un Dieu, qu’une foi, qu’un baptême » (Ad Ephes. IV, 5) ; qu’ils tremblent donc ceux qui s’imaginent que toute religion conduit au port du salut ; qu’ils réfléchissent sérieusement sur le témoignage du Sauveur lui-même : « qu’ils sont contre le Christ dès lors qu’ils ne sont pas avec le Christ » (Lc XI, 23) ; qu’ils dissipent misérablement par là même qu’ils n’amassent point avec lui, et que par conséquent, « ils périront éternellement, sans aucun doute, s’ils ne gardent pas la foi catholique et s’ils ne la conservent entière et sans altération » (Symb. S. Athanas.)».

Pape Pie IX, Concile du Vatican, 1870, ex cathedra (Magistère infaillible solennel) : «Cette vraie foi catholique hors de laquelle personne ne peut être sauvé…»

Pape Léon XIII, Satis Cognitum, n° 9, 29 juin 1896 (Magistère) : « … peut-il être permis à qui que ce soit de repousser quelqu’une de ces vérités, sans se précipiter ouvertement dans l’hérésie, sans se séparer de l’Église et sans répudier en bloc toute la doctrine chrétienne [apostasie] ? Car telle est la nature de la foi que rien n’est plus impossible que de croire ceci et de rejeter cela  ceux qui ne prennent de la doctrine chrétienne que ce qu’ils veulent, S’APPUIENT SUR LEUR PROPRE JUGEMENT ET NON SUR LA FOI ; et, refusant de « réduire en servitude toute intelligence sous l’obéissance du Christ » (II Corinth. 10, 5), ILS OBÉISSENT EN RÉALITÉ À EUX-MÊMES [religion d’homme] PLUTÔT QU’À DIEU ».

Pape saint Pie X, Acerbo Nimis (n° 2), le 15 Avril, 1905 (Magistère ordinaire infaillible) : «Et comme Notre prédécesseur Benoît XIV,  l’a écrit : « Nous déclarons qu’un grand nombre de ceux qui sont condamnés au châtiment éternel souffrent la calamité éternelle à cause de l’ignorance de ces mystères de la foi qui doivent être connus et crus pour être comptés parmi les élus».

Pape Pie XII, Mystici Corporis Christi, 29 juin 1943 (Magistère ordinaire) : «…ceux qui sont divisés pour des raisons de foi ou de gouvernement ne peuvent vivre dans ce même Corps [excommuniés ipso facto] ni par conséquent de ce même Esprit divin».

Pape Pie XII, Mystici Corporis Christi, 29 juin 1943 (Magistère ordinaire infaillible) : «Mais seuls font partie des membres de l’Eglise, ceux qui ont reçu le baptême de régénération et professent la vraie foi».

A suivre

Veillez

Beaucoup cherchent à connaître quand sera le second avènement du Christ, alors que c’est un mystère, et la plupart sont en dehors de l’Église, au lieu de vivre dans la vraie foi et l’espérance.

Matthieu 25, 13 : «Veillez donc parce que vous ne savez ni le jour ni l’heure».

Marc 13, 35 : «Veillez donc car vous ignorez quand viendra le maître de la maison, le soir ou au milieu de la nuit, ou au chant du coq, ou le matin, de peur que venant subitement il ne vous trouve endormis. Et ce que je vous dis, je le dis à tous : Veillez».

La parabole des dix vierges

Matthieu 25, 1-13 : «En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples cette parabole : «Le Royaume des cieux est semblable à dix vierges qui, prenant leurs lampes, sortirent au-devant de l’époux et de l’épouse. Cinq d’entre elles étaient folles, et cinq étaient sages. Les cinq folles, ayant pris leurs lampes, n’emportèrent pas d’huile ; mais les sages prirent de l’huile dans leurs vases avec les lampes. Comme l’époux tardait à venir, elles s’assoupirent toutes et s’endormirent. Au milieu de la nuit, un cri se fit entendre : Voici l’époux qui vient, sortez au-devant de lui.  Alors toutes ces vierges se levèrent et préparèrent leurs lampes. Les folles dirent aux sages : Donnez-nous de votre huile, parce que nos lampes s’éteignent.  Les sages répondirent : De peur qu’il n’y en ait pas assez pour nous et pour vous, allez plutôt chez les marchands et achetez-en pour vous.  Mais pendant qu’elles allaient en acheter, l’époux vint, et celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces, et la porte fut fermée. Finalement, les autres vierges vinrent aussi, disant : Seigneur, Seigneur, ouvre-nous.  Mais celui-ci répondit : En vérité, je vous le dis, je ne vous connais pas. Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure».

Homélie du pape saint Grégoire sur la parabole des dix vierges Matthieu 25, 1-13, devant devant le peuple dans la basilique de sainte Agnès, le jour de sa seconde fête, 28 janvier 591 

1. C’est souvent, frères très chers, que je vous exhorte à fuir les œuvres mauvaises et à éviter les souillures de ce monde. Mais aujourd’hui, la lecture du Saint Evangile me fait un devoir de vous inviter à une grande vigilance jusque dans vos bonnes actions, de peur que vous ne recherchiez la faveur ou la reconnaissance des hommes pour ce que vous faites de bien, et que le désir de la louange, en s’y glissant, ne prive de récompense intérieure ce que vous faites paraître à l’extérieur. Voici en effet que notre Rédempteur nous parle de dix vierges. Or, s’il les nomme toutes vierges, il ne les laisse pourtant pas toutes franchir la porte de la béatitude, parce que certaines d’entre elles, en recherchant au-dehors de la gloire pour leur virginité, n’ont pas voulu garder de l’huile dans leurs vases.
Mais il faut commencer par nous demander ce qu’est le Royaume des cieux, et pourquoi on le compare à dix vierges, dont les unes sont dites sages, et les autres folles. Puisqu’il est clair qu’aucun réprouvé n’entre dans le Royaume des cieux, pourquoi déclarer ce Royaume semblable à des vierges folles ? Il nous faut savoir que dans la Sainte Écriture, l’Église du temps présent est souvent appelée Royaume des cieux. Le Seigneur affirme ainsi, en un autre endroit : «Le Fils de l’homme enverra ses anges, et ils enlèveront de son Royaume tous les scandales» (Mt 13, 41). Or ce n’est pas dans le Royaume de la béatitude, où la paix est parfaite, qu’ils pourront trouver des scandales à enlever. C’est en ce sens qu’il est dit par ailleurs : «Celui qui aura enfreint l’un de ces plus petits commandements et aura enseigné aux hommes à faire de même, celui-là sera appelé le plus petit dans le Royaume des cieux. Mais celui qui les aura pratiqués et enseignés, celui-là sera appelé grand dans le Royaume des cieux» (Mt 5, 19). Enfreindre un commandement et l’enseigner, c’est ne pas mettre en pratique dans sa vie ce qu’on prêche par sa bouche. Mais celui qui ne veut pas mettre en pratique ce qu’il enseigne ne peut parvenir au Royaume de la béatitude éternelle. Comment donc y sera-t-il appelé le plus petit, si l’on ne lui permet pas d’y entrer ? Par conséquent, c’est bien l’Église de la terre qui est qualifiée de Royaume des cieux dans les paroles du Seigneur. En cette Église, le docteur qui enfreint un commandement est appelé le plus petit, car on fait peu de cas de la prédication d’un homme dont on méprise la vie.
Nous demeurons tous dans un corps doué de cinq sens. Si l’on double ce nombre cinq, on obtient dix. Et puisque la multitude des fidèles est formée de personnes de l’un et l’autre sexe, la sainte Église est comparée à dix vierges. Comme, en cette Église, les méchants se mêlent aux bons et les réprouvés aux élus, il est légitime de comparer celle-ci à des vierges dont les unes sont sages, et les autres folles. En effet, il ne manque pas de personnes chastes qui se gardent du désir des choses extérieures : entraînées par l’espérance des biens intérieurs, elles mortifient leur chair, aspirent de tous leurs désirs à la patrie céleste, attendent les récompenses éternelles et ne veulent pas recevoir de louanges humaines pour leurs labeurs. De telles personnes ne mettent pas leur gloire dans la bouche des hommes, mais la cachent au plus intime de leur conscience. Mais il s’en trouve beaucoup d’autres qui, tout en affligeant leur corps par l’abstinence, ambitionnent les faveurs des hommes pour cette abstinence. Elles sont assidues aux instructions et donnent libéralement aux indigents ; mais ce sont certainement des vierges folles, parce qu’elles ne recherchent que la récompense d’une louange éphémère.
C’est pourquoi l’Évangile ajoute avec raison : «Les cinq folles, ayant pris leurs lampes, n’emportèrent pas d’huile ; mais les sages prirent de l’huile dans leurs vases avec les lampes». L’huile désigne l’éclat de la gloire ; les vases, ce sont nos cœurs, dans lesquels nous portons toutes nos pensées. Les vierges sages ont donc de l’huile dans leurs vases, puisqu’elles retiennent dans leurs consciences tout l’éclat de la gloire, comme l’atteste Paul : «Ce qui fait notre gloire, c’est le témoignage de notre conscience» (2 Co 1, 12). Mais les vierges folles n’emportent pas d’huile, car elles ne placent pas leur gloire dans [le témoignage de] leur conscience, du fait qu’elles la demandent aux louanges d’autrui. Notons-le : toutes ont des lampes, mais toutes n’ont pas d’huile. C’est que les réprouvés produisent souvent de bonnes actions comme les élus, mais seuls vont à la rencontre de l’Époux avec de l’huile ceux qui ne cherchent à tirer de leurs actions extérieures qu’une gloire intérieure. C’est dans le même sens que le psalmiste déclare, en parlant de la sainte Église des élus : «Toute la gloire de la fille du roi lui vient du dedans» (Ps 45, 15).

2. «Comme l’époux tardait à venir, elles s’assoupirent toutes et s’endormirent» : tandis que le Juge remet sa venue pour le jugement dernier, élus et réprouvés s’endorment du sommeil de la mort. Ici, en effet, s’endormir, c’est mourir. S’assoupir avant de s’endormir, c’est tomber malade avant de mourir ; car le poids de la maladie nous mène au sommeil de la mort.

3. «Au milieu de la nuit, un cri se fit entendre : Voici l’époux qui vient, sortez au-devant de lui». C’est au milieu de la nuit que s’élève le cri qui annonce l’arrivée de l’Époux, puisque le jour du jugement survient sans qu’il soit possible de le prévoir. C’est pourquoi il est écrit : «Le jour du Seigneur viendra la nuit comme un voleur» (1 Th 5, 2). Alors toutes les vierges se lèvent, parce qu’élus et réprouvés sont tirés du sommeil de la mort. Les vierges garnissent leurs lampes, c’est-à-dire que chacun fait à part soi le compte des œuvres pour lesquelles il espère recevoir la béatitude éternelle. Mais les lampes des vierges folles s’éteignent, car leurs œuvres, qui au-dehors ont paru si éclatantes aux hommes, s’obscurcissent du dedans à l’arrivée du Juge. Et ces vierges folles n’obtiennent de Dieu aucune récompense pour ce qui leur a déjà valu auprès des hommes les louanges qu’elles aimaient. Pourquoi demandent-elles de l’huile aux vierges sages, sinon du fait que reconnaissant à la venue du Juge leur vide intérieur, elles recherchent un témoignage extérieur ? C’est comme si, revenues de leur assurance, elles disaient à leurs proches : «Puisque vous nous voyez repoussées comme si nous n’avions rien fait, dites ce que vous avez vu de nos bonnes œuvres».
Mais les vierges sages répondent : «De peur qu’il n’y en ait pas assez pour nous et pour vous». Car si au jour du jugement – et je parle ici de ceux qui reposent en paix avec l’Église – à peine peut suffire à chacun le témoignage qu’il se rend à lui-même, combien moins le pourrait-il à la fois pour lui et pour son prochain.
Aussi les vierges sages ajoutent-elles aussitôt, en manière de reproche : «Allez plutôt chez les marchands et achetez-en pour vous». Les marchands d’huile, ce sont les flatteurs. En effet, ceux qui, par leurs vaines louanges, offrent quelque éclat de gloire pour le moindre bienfait reçu, ressemblent à des marchands d’huile, de cette huile dont le psalmiste déclare : «L’huile du pécheur n’engraissera pas ma tête» (Ps 141, 5). C’est la tête, chez nous, qui domine. Aussi donne-t-on le nom de tête à l’esprit qui domine le corps. L’huile du pécheur engraisse donc notre tête, quand l’encens du flatteur vient caresser notre esprit.
«Mais pendant qu’elles allaient en acheter, l’époux vint». Car tandis qu’elles demandent à leur entourage un témoignage sur leur vie, arrive le Juge, qui n’est pas seulement témoin des œuvres, mais aussi des cœurs.

4. «Celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces, et la porte fut fermée». Oh ! s’il était possible de goûter avec le palais du cœur ! Comme on s’émerveillerait de ces paroles : «L’époux vient ! ». Quelle douceur on trouverait dans ces autres : «Elles entrèrent avec lui aux noces» ! Et quelle amertume dans ces dernières : «Et la porte fut fermée ! ».
Il vient, celui dont l’avènement ébranle les éléments, et en présence duquel tremblent le ciel et la terre. C’est pourquoi il déclare par la voix du prophète : «Encore une fois, et j’ébranlerai non seulement la terre, mais aussi le ciel» (Ag 2, 6). Devant son tribunal, comparaît tout le genre humain. Anges, Archanges, Trônes, Principautés et Dominations sont à son service pour punir les méchants et récompenser les bons. Mesurez, frères très chers, ce que sera la terreur en ce jour à la vue d’un tel Juge. Plus de recours alors contre le châtiment. Quelle confusion pour celui que sa faute fera rougir devant tous les anges et les hommes rassemblés ! Quelle frayeur de voir irrité celui dont la vue est déjà insoutenable pour l’âme humaine quand il est calme ! Voyant ce jour, le prophète a dit avec raison : «Jour de colère que ce jour-là, jour de tribulation et d’angoisse, jour de calamité et de malheur, jour de ténèbres et d’obscurité, jour de brume et de tornade, jour de sonneries de trompe et de trompette» (So 1, 15-16). Ce jour du jugement dernier, frères très chers, mesurez de quelle terrible amertume le prophète a dû le voir remplir le cœur des réprouvés, pour qu’il accumule ainsi les termes sans parvenir à l’exprimer.
Quant aux élus, quelle sera leur joie d’entrer avec l’Époux dans la salle des noces, eux qui méritent de jouir de la vision de celui qu’ils voient faire trembler tous les éléments par sa présence ! Ils se réjouiront aux noces de l’Époux, et pourtant, l’épouse, c’est eux ; car dans la chambre nuptiale du Royaume éternel, Dieu s’unit à nous dans la vision : vision qui durera pour l’éternité, sans que rien puisse jamais plus nous arracher aux embrassements de son amour.
La porte du Royaume, qui reste encore ouverte chaque jour à ceux qui font pénitence, sera alors fermée pour ceux qui s’y présenteront en pleurant. Il demeurera bien une pénitence, mais elle sera stérile. En effet, celui qui gaspille maintenant le temps propice au pardon, ne pourra plus alors trouver de pardon. C’est ce qui fait déclarer à Paul : «Le voici maintenant, le temps favorable ; le voici maintenant, le jour du salut» (2 Co 6, 2). Le prophète dit aussi : «Cherchez le Seigneur tant qu’il peut être trouvé, invoquez-le tant qu’il est proche» (Is 55, 6).

5. C’est pourquoi le Seigneur n’écoute pas les vierges folles qui l’appellent ; car la porte du Royaume une fois refermée, lui qui pouvait encore être proche, désormais, il ne le sera plus. Le texte poursuit en effet : «Finalement, les autres vierges vinrent aussi, disant : «Seigneur, Seigneur, ouvre-nous». Mais celui-ci répondit : «En vérité, je vous le dis, je ne vous connais pas».  Celui qui n’a pas voulu écouter ici-bas ce que Dieu ordonnait ne peut plus là-haut obtenir de Dieu ce qu’il lui demande. Celui qui a gaspillé le temps favorable à la pénitence vient en vain supplier devant la porte du Royaume. C’est en ce sens que le Seigneur déclare par la bouche de Salomon : «J’ai appelé, et vous avez résisté ; j’ai tendu la main, et personne n’y a fait attention. Vous avez méprisé tous mes conseils, et vous avez négligé mes reproches. Moi aussi, je rirai de votre mort, je me moquerai quand vous arrivera ce que vous craigniez. Lorsqu’une soudaine calamité fondra sur vous et que la mort vous assaillira comme une tempête, quand viendront sur vous la tribulation et l’angoisse, alors on m’invoquera, et je n’écouterai pas ; on se lèvera dès le matin, et l’on ne me trouvera pas» (Pr 1, 24-28). Voyez : ces vierges demandent à grands cris qu’on leur ouvre ; repoussées, elles exhalent leur douleur en adressant au Maître un appel redoublé : «Seigneur, Seigneur, ouvre-nous». Mais elles ont beau offrir leurs prières, on les ignore ; c’est qu’en ce jour, le Seigneur abandonnera comme des inconnus ceux que le mérite de leur vie ne lui fait pas reconnaître maintenant pour siens.

6. Le Seigneur ajoute ici bien à propos une exhortation destinée à tous ses disciples : «Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure».
Après le péché, Dieu accepte la pénitence, et si chacun savait quand il doit quitter ce monde, il pourrait se donner un temps pour les plaisirs et un temps pour la pénitence. Mais celui qui a promis le pardon au pénitent n’a pas promis de lendemain au pécheur. Aussi devons-nous toujours craindre notre dernier jour, puisque nous ne pouvons jamais le prévoir.
Même ce jour où nous vous parlons, nous ne l’avons reçu que comme un répit pour nous convertir, et pourtant nous refusons de pleurer le mal que nous avons fait. Non seulement nous ne nous désolons pas des fautes commises, mais nous en ajoutons d’autres qu’il faudra pleurer. Qu’une maladie nous saisisse, que les symptômes de cette maladie nous annoncent une mort prochaine, et nous cherchons une prolongation de vie pour pleurer nos péchés ; mais ce délai que nous demandons alors avec un très ardent désir, nous en jouissons, en ce moment même, sans en faire aucun cas.

7. Je vais vous raconter, frères très chers, une histoire qui sera pour vous fort édifiante à méditer, si votre charité veut bien l’écouter attentivement. Il y avait, dans la province de Valérie, un noble du nom de Chrysaorius, que le peuple, en son parler campagnard, appelait Chrysérius. C’était un homme très fortuné, mais aussi plein de vices que de ressources : enflé d’orgueil, livré aux voluptés de la chair et brûlé d’une flamme d’avarice qui l’excitait à accroître ses revenus. Le Seigneur, ayant décidé de mettre fin à tant de mauvaises actions, le frappa d’une maladie corporelle, comme je l’ai appris d’un religieux de ses proches qui vit encore. Parvenu au terme de sa vie, à l’heure même où il allait quitter son corps, il ouvrit les yeux et vit des esprits hideux et très noirs se dresser devant lui et le presser durement pour l’entraîner vers les prisons infernales. Il se mit à trembler, à pâlir et à suer à grosses gouttes ; il implora un répit à grands cris, et tout effrayé, il appela avec force clameurs son fils Maxime – que j’ai connu comme moine lorsque je l’étais. Il disait : «Maxime, viens vite ! Je ne t’ai jamais fait de mal, prends-moi sous ta protection».
Maxime, tout ému, s’approcha aussitôt, tandis que la famille se rassemblait en se lamentant bruyamment. Ils ne pouvaient voir les esprits malins dont Chrysaorius essuyait de si durs assauts, mais ils devinaient la présence de ces esprits par le trouble, la pâleur et les tremblements de celui qu’ils entraînaient. La terreur que lui inspirait leur aspect épouvantable le faisait se tourner de côté et d’autre sur son lit. Couché sur le côté gauche, il ne pouvait supporter leur vue ; se tournait-il vers le mur, ils y étaient encore. Affreusement pressé, désespérant de pouvoir leur échapper, il se mit à supplier à grands cris : «Répit au moins jusqu’au matin ! Répit au moins jusqu’au matin !» Mais pendant qu’il criait ainsi, au milieu même de ses hurlements, il fut arraché de son enveloppe de chair.
Il est évident que s’il vit ces démons, ce ne fut pas pour son profit, mais pour le nôtre, car Dieu, dans son immense patience, nous attend encore. Pour Chrysaorius, en effet, il ne servit à rien de voir avant sa mort ces esprits horribles, ni de demander un répit, puisqu’il ne l’a pas obtenu.
Mais nous, frères très chers, réfléchissons maintenant à tout cela avec une grande attention, de peur que nous ne laissions le temps s’écouler en pure perte, et que le moment où nous réclamerons un sursis pour accomplir de bonnes œuvres ne soit justement celui où nous serons contraints de quitter ce corps. Souvenez-vous de ces paroles de la Vérité : «Priez pour que votre fuite n’ait pas lieu en hiver, ni un jour de sabbat» (Mt 24, 20). Car un commandement de la Loi interdit de marcher plus d’une certaine distance le jour du sabbat, et l’hiver, il est difficile de marcher, à cause du froid qui engourdit et paralyse les pas des marcheurs. Aussi le Seigneur dit-il : «Priez pour que votre fuite n’ait pas lieu en hiver, ni un jour de sabbat». C’est comme s’il disait clairement : «Prenez garde à ne pas chercher à fuir vos péchés seulement lorsqu’il ne vous sera déjà plus possible de marcher».  Ce moment où nous ne pourrons plus fuir, nous devons donc y songer maintenant que nous le pouvons. Il nous faut penser sans cesse à l’heure de notre sortie de ce monde, et avoir continuellement devant les yeux de l’esprit cet avertissement de notre Rédempteur : «Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure».

 

Le retour du maître

Luc 12, 35-40 : «En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples : «Que vos reins soient ceints, et qu’il y ait en vos mains des lampes allumées. Et vous, soyez semblables à des hommes qui attendent leur maître à son retour des noces, afin que lorsqu’il arrivera et frappera à la porte, ils lui ouvrent aussitôt. Heureux ces serviteurs que leur maître, à son retour, trouvera vigilants ! En vérité, je vous le dis, il se ceindra, il les fera mettre à table et passera au milieu d’eux pour les servir. Et s’il vient à la seconde veille, et s’il vient à la troisième veille et qu’il les trouve ainsi, heureux sont ces serviteurs ! Sachez bien que si le père de famille savait à quelle heure le voleur doit venir, il veillerait et ne le laisserait pas percer sa maison. Vous aussi, tenez-vous prêts, car c’est à l’heure où vous n’y pensez pas que le Fils de l’homme viendra».

Homélie du pape saint Grégoire sur le retour du maître Luc 12, 35-40, devant le peuple dans la basilique du bienheureux Félix, confesseur, le jour de sa fête, 14 janv. 592

«1. Le texte du Saint Évangile qu’on vient de vous lire, frères très chers, est bien clair pour vous. Mais de peur que même une telle simplicité ne risque de sembler obscure à quelques-uns, nous allons le parcourir brièvement afin d’en découvrir le sens à ceux qui l’ignorent, sans fatiguer pour autant ceux qui le comprennent.
Que la luxure de l’homme se situe dans ses reins, et celle de la femme dans son nombril, le Seigneur l’atteste lorsqu’il parle du diable au bienheureux Job : «Sa force, dit-il, est dans ses reins, et sa vigueur dans le nombril de son ventre» (Jb 40, 16). Ainsi, quand le Seigneur dit : «Que vos reins soient ceints», c’est la luxure du sexe fort qui se trouve désignée par les reins. Et nous ceignons nos reins lorsque nous réfrénons la luxure de la chair par la continence.
Mais parce que c’est peu de chose de ne pas faire le mal si l’on ne s’applique aussi, par un effort assidu, aux bonnes actions, le Seigneur ajoute aussitôt : «Et qu’il y ait en vos mains des lampes allumées». Ce sont bien des lampes allumées que nous tenons en main quand nous montrons l’exemple à notre prochain et l’éclairons par nos bonnes œuvres, ces bonnes œuvres dont le Seigneur dit : «Que votre lumière brille devant les hommes, pour qu’ils voient vos bonnes œuvres et glorifient votre Père qui est dans les cieux» (Mt 5, 16).
Ici, deux choses sont ordonnées à la fois : ceindre ses reins et tenir des lampes ; ce qui signifie que la chasteté doit rendre nos corps purs, et la vérité nos actions lumineuses. Car ni la pureté, ni la lumière ne peuvent plaire l’une sans l’autre à notre Rédempteur, soit qu’on fasse le bien sans avoir renoncé aux fautes de luxure, soit qu’on excelle en chasteté sans s’exercer encore aux bonnes œuvres. Sans les bonnes œuvres, la chasteté est donc bien peu de chose, et sans la chasteté, les bonnes œuvres ne sont rien.

2. Celui qui accomplit ces deux préceptes doit encore aspirer à la patrie céleste par l’espérance, et ne pas se garder du vice dans le seul but d’obtenir l’estime de ce monde. S’il lui arrive de commencer certaines bonnes actions pour gagner l’estime d’autrui, il ne doit pas persévérer dans de tels désirs, ni rechercher par ses bonnes œuvres la gloire du monde présent, mais placer toute son espérance dans l’avènement de son Rédempteur. Il est donc aussitôt ajouté : «Et vous, soyez semblables à des hommes qui attendent leur maître à son retour des noces». Le Seigneur est parti pour des noces, puisque ressuscité des morts et monté au Ciel, il s’est uni là-haut à la multitude des anges, en sa qualité d’Homme Nouveau. Et il revient quand il se révèle à nous par le jugement.

3. C’est bien à propos que notre évangile ajoute au sujet des serviteurs qui attendent : «Afin que lorsqu’il arrivera et frappera à la porte, ils lui ouvrent aussitôt». Le Seigneur arrive quand il s’approche pour juger ; il frappe à la porte lorsqu’il nous prévient de la proximité de la mort par les atteintes d’une maladie. Nous lui ouvrons aussitôt si nous l’accueillons avec amour. On ne veut pas, en effet, ouvrir au Juge qui frappe, si l’on a peur de mourir et qu’on redoute de voir le Juge qu’on se souvient d’avoir méprisé. Mais celui qui puise son assurance dans son espérance et ses œuvres lui ouvre aussitôt qu’il frappe à la porte, parce qu’il attend son Juge dans la joie, et qu’en voyant approcher l’instant de la mort, la pensée de la gloire qui va le récompenser le comble d’allégresse. C’est pourquoi il est aussitôt ajouté : «Heureux ces serviteurs que leur maître, à son retour, trouvera vigilants !» Il veille, celui qui garde les yeux de son âme ouverts pour contempler la vraie lumière ; il veille, celui qui s’efforce d’agir comme il croit ; il veille, celui qui repousse les ténèbres de l’engourdissement et de la tiédeur. C’est en ce sens que Paul dit : «Veillez, ô justes, et ne péchez pas» (1 Co 15, 34). Il affirme aussi : «L’heure est venue pour nous de sortir du sommeil» (Rm 13, 11)

4. Écoutons maintenant comment se conduit le Maître à l’égard des serviteurs qu’il trouve vigilants à son retour : «En vérité, je vous le dis, il se ceindra, il les fera mettre à table et passera au milieu d’eux pour les servir». Il se ceindra, c’est-à-dire qu’il se disposera à leur donner une récompense. Il les fera mettre à table, c’est-à-dire qu’il refera leurs forces dans le repos éternel ; car nous mettre à table, c’est nous reposer dans le Royaume. Le Seigneur le déclare ailleurs : «Ils viendront et se mettront à table avec Abraham, Isaac et Jacob» (Mt 8, 11)
Le Seigneur passe parmi nous pour nous servir, parce qu’il nous rassasie de la splendeur de sa lumière. On dit qu’il passe lorsqu’il retourne du jugement au Royaume, ou encore que le Seigneur passe pour nous, après le jugement, en nous élevant de la vue de sa nature humaine jusqu’à la contemplation de sa divinité. Passer, pour lui, c’est nous conduire à la vision de sa gloire et nous donner de contempler en sa divinité après le jugement celui que nous voyons en son humanité lors du jugement. En effet, quand il vient au jugement, c’est en sa nature de serviteur qu’il se montre à tous, puisqu’il est écrit : «Ils verront celui qu’ils ont transpercé» (Za 12, 10 ; Jn 19, 37). Mais pendant que les réprouvés sont précipités dans le supplice, les justes sont emportés dans le rayonnement de sa gloire, ainsi qu’il est écrit : «Que l’impie soit emporté, pour qu’il ne voie pas la gloire de Dieu» (Is 26, 10)

5. Mais que doivent faire les serviteurs s’ils se sont montrés négligents à la première veille ? Cette première veille est la vigilance du premier âge. Ceux qui s’y sont montrés négligents ne doivent pas désespérer, ni renoncer à l’exercice des bonnes œuvres. Car le Seigneur, faisant connaître son extrême patience, ajoute : «Et s’il vient à la seconde veille, et s’il vient à la troisième veille et qu’il les trouve ainsi, heureux sont ces serviteurs !» La première veille, c’est le temps des premières années, c’est-à-dire l’enfance. La seconde, c’est l’adolescence ou la jeunesse, qui ne forment qu’un seul âge, si l’on s’en fie à l’autorité des Saintes Écritures, puisque Salomon dit : «Jeune homme, réjouis-toi en ton adolescence» (Qo 11, 9). Quant à la troisième veille, elle signifie la vieillesse. Ainsi, celui qui n’a pas voulu rester éveillé pendant la première veille, qu’il observe en tout cas la seconde : s’il a négligé durant son enfance de se corriger de ses vices, qu’il s’éveille du moins au temps de sa jeunesse et qu’il s’engage sur les chemins de la vie. Et celui qui n’a pas voulu rester éveillé pendant la deuxième veille, qu’il ne laisse pas échapper les remèdes de la troisième : s’il n’a pas veillé à s’engager sur les chemins de la vie durant sa jeunesse, qu’il se reprenne du moins dans sa vieillesse.
Considérez, frères très chers, comme la bonté de Dieu ne laisse aucune échappatoire à notre dureté d’âme. Impossible aux hommes de se trouver des excuses ! Dieu est méprisé, et il attend ; il se voit dédaigné, et il appelle à nouveau ; il endure un dédain injurieux pour lui, et il va cependant jusqu’à promettre de récompenser ceux qui voudront bien un jour revenir à lui.
Que nul ne reste pourtant indifférent à la longanimité du Seigneur, car au jour du jugement, sa justice s’exercera avec une rigueur d’autant plus sévère qu’il s’est montré plus patient auparavant. C’est bien le sens des paroles de Paul : «Ne sais-tu pas que la bonté de Dieu te pousse à la pénitence ? Mais toi, par ton endurcissement et l’impénitence de ton cœur, tu t’amasses un trésor de colère pour le jour de la colère et de la manifestation du juste jugement de Dieu» (Rm 2, 4-5). Et le psalmiste affirme : «Dieu est un juste juge, il est fort et patient» (Ps 7, 12). Sur le point de dire que Dieu est patient, il le déclare juste. Sache bien par là que ce Dieu qui supporte longtemps et patiemment les fautes des pécheurs exercera aussi, un jour, un jugement rigoureux. D’où la parole d’un sage : «Le Très-Haut sanctionne avec patience» (Si 5, 4). On dit qu’il sanctionne avec patience, parce qu’il endure les péchés des hommes puis les sanctionne. Car ceux qu’il a longtemps supportés dans l’attente de leur conversion, il les condamne plus durement s’ils ne se sont pas convertis.
Mais pour réveiller notre esprit engourdi, le Seigneur apporte encore l’exemple de dommages extérieurs, afin d’inciter notre âme à la garde de soi. Il dit en effet : «Sachez bien que si le père de famille savait à quelle heure le voleur doit venir, il veillerait et ne le laisserait pas percer sa maison». À cette comparaison est ajoutée l’exhortation suivante : «Vous aussi, tenez-vous prêts, car c’est à l’heure où vous n’y pensez pas que le Fils de l’homme viendra». C’est par suite de l’ignorance du père de famille que le voleur perce la maison : en effet, lorsque notre âme dort au lieu de veiller sur elle-même, la mort, surgissant à l’improviste, brise notre maison de chair, et ayant trouvé son maître endormi, elle le tue ; et quand notre âme ne prévoit pas les châtiments à venir, la mort l’entraîne au supplice à cause de son ignorance. Si elle veillait, elle pourrait résister au voleur, car prenant ses précautions en vue de l’avènement du Juge qui enlève les âmes secrètement, elle irait à sa rencontre en faisant pénitence, pour ne pas périr impénitente.

6. Si Notre-Seigneur a voulu que notre dernière heure nous soit inconnue, c’est pour qu’on puisse la considérer comme toujours imminente, et que dans l’impossibilité de la prévoir, on ne cesse de s’y préparer. Ainsi donc, mes frères, gardez les yeux de votre esprit fixés sur votre condition de mortels ; préparez-vous chaque jour à la venue du Juge par des pleurs et des lamentations. Et tandis que la mort nous attend tous avec certitude, ne vous mettez pas en peine pour prévoir l’avenir incertain de cette vie éphémère. Ne vous laissez pas appesantir par le souci des choses de la terre. Quelle que soit la masse d’or et d’argent qui l’entoure, quels que soient les vêtements précieux qui revêtent notre chair, n’est-elle pas toujours de la chair ? Ne faites donc pas attention à ce que vous avez, mais à ce que vous êtes. Voulez-vous entendre ce que vous êtes ? Le prophète vous l’indique quand il déclare : «Vraiment, le peuple est de l’herbe». (Is 40, 7). Si le peuple n’est pas de l’herbe, où sont ceux qui l’an passé ont célébré avec nous la fête du bienheureux Félix, que nous honorons aujourd’hui ? Oh ! combien de beaux projets ne formaient-ils pas pour la vie présente ! Mais l’instant de la mort survenant, ils se sont trouvés soudain en face de ce qu’ils ne voulaient pas prévoir, et ils ont perdu d’un coup toutes les choses transitoires qu’ils avaient rassemblées et qu’ils paraissaient tenir solidement. Si donc la multitude des hommes du temps passé se sont épanouis dans la chair par leur naissance, puis se sont desséchés et ont été réduits en poussière par leur mort, ils n’étaient vraiment que de l’herbe.
Ainsi, frères très chers, puisque les heures s’enfuient instant par instant, tâchez de les retenir en leur faisant rendre la récompense due aux bonnes œuvres. Écoutez ce que déclare le sage Salomon : «Tout ce que ta main peut faire, fais-le de ton mieux, parce qu’il n’y a plus ni œuvre, ni science, ni raison, ni sagesse aux enfers où tu te précipites» (Qo 9, 10). Comme nous ignorons le moment de notre mort, et qu’après la mort nous ne pourrons plus travailler, il ne nous reste qu’à profiter pleinement du temps qui nous est accordé avant la mort. Car le moyen de vaincre la mort elle-même, lorsqu’elle viendra, c’est de la craindre sans cesse avant qu’elle ne vienne.

Peu sont sauvés

Peu sont sauvés, c’est l’enseignement de l’Écriture et de l’Église, l’unanimité des pères, des docteurs et des saints.

Matthieu 7, 13-14 : « Entrez par la porte étroite ; Parce que large est la porte  et spacieuse  la voie qui conduit à la perdition ; et nombreux sont ceux qui entrent par elle. Combien est étroite la porte et resserré la voie qui conduit à la vie, et qu’il en est peu qui la trouvent ! ».

Matthieu 22, 14 : « Car beaucoup sont appelés, mais peu élus ».

Matthieu 24, 13 : « Mais celui qui persévèrera jusqu’à la fin, celui-là sera sauvé » .

Luc 13, 23-24 : « Or quelqu’un lui demanda : Seigneur, y en t-il peu qui soient sauvés ? Il leur répondit : Efforcez-vous d’entre par la porte étroite ; car beaucoup, je vous le dit, chercheront à entrer et ne le pourront pas ».

I Corinthiens 9, 24 : «Ne savez vous pas que ceux qui courent dans la lice [stade] courent tous ; mais qu’un seul remporte le prix ? Courez donc de telle sorte que vous le remportiez».

Saint Clément de Rome, père de l’Église, Hom. VII : «Il existe deux voies. Celle de ceux qui périssent est large et plane, on s’y perd sans fatigue ; celle des sauvés est étroite et âpre, elle mène au salut avec beaucoup de labeur».

Saint Justin Martyr, père de l’Église, Apud Damascenum, Lib. II Paralip, cap. LXXXVII : «L’esprit qui s’est attaché aux choses terrestres ne s’en dégagera qu’avec peine ; il sera très difficile de l’arracher à ce à quoi il s’était habitué».

Saint Irénée, père de l’Église, Contre les Hérésies, C. XXXVI : «II en est aujourd’hui comme sous l’Ancien Testament : Dieu ne se plait pas dans le grand nombre : beaucoup d’appelés, peu d’élus».

Saint Clément d’Alexandrie, père de l’Église, Stromate, Livre V, ch. 5 : « [Sur la parabole des deux voies] L’une est étroite parce qu’elle est resserrée par des commandements et des prohibitions ; l’autre est large et spacieuse parce qu’on y donne libre carrière aux voluptés et à la colère».

Saint Hilaire de Poitiers, père de l’Église, Enar. In Psal. LXIV : «Toute chair viendra au jugement : mais bienheureux qui sera élu. Car suivant l’Évangile, beaucoup d’appelés, peu d’élus».

Saints Basile de Césarée et Basile le Grand, pères de l’église, Serm. De Ren. Saeculi. : « Range-toi du petit nombre. Le bien est rare : il y en a peu qui entrent au royaume des cieux. Prends garde de croire que tous ceux qui habitent une cellule [de moine] seront sauvés, quelle que soit leur vie, bonne ou mauvaise».

Saint Grégoire de Nazianze, père de l’Église, Orat. XLII ad 150 Ep. : «Il appelle ceux qui se perdent une «poussière infinie ».

Saint Grégoire de Nazianze, Cinq Discours sur Dieu, 1er discours, § 8 : «Mais quand tu entends dire qu’il n’y a qu’une seule voie et qu’elle est étroite, que signifient ces mots, à ton avis ? – Il n’y a qu’une voie, du point de vue de la vertu ; elle est unique, même si elle se divise en plusieurs branches ; elle est étroite à cause des sueurs qu’elle fait répandre et parce que peu de gens la suivent, si on les compare avec la foule de ceux qui suivent la voie opposée, celle du mal. C’est aussi mon avis».

Saint Ambroise de Milan, père de l’Église, In Apol. pro Davide, c. IX : « »Qui habitera, Seigneur, en votre tabernacle, ou qui se reposera sur votre sainte montagne ? » [psaume], il répond : « Non pas personne, mais peu de personnes, non utique nullus, sed rarus »

Saint Jean Chrysostome, père de l’Église, Hom. XXIV in act. Apost. : «Combien pensez-vous qu’il y ait de sauvés dans votre ville ? Ce que je vais dire est pénible, je le dirai néanmoins. Parmi tant de milliers de personnes, il n’y a pas cent qui arriveront au salut ; et encore ne suis-je pas sur de ce nombre. Tant il y a de perversité dans la jeunesse, de négligence dans la vieillesse».

Saint Augustin, père de l’Église, Serm. CVI, alias de verbis Domini, XXXII : «Assurément ceux qui se sauvent sont le petit nombre. Vous vous rappelez la question tirée du saint Évangile : « Seigneur, sont-ils en petit nombre ceux qui se sauvent ? » Que répond le Seigneur ? Il ne dit pas détrompez-vous beaucoup sont sauvés. Non, il ne dit pas cela. Et quoi donc ? Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite. Et parlant ainsi il confirme ce qu’il vient d’entendre. Il y en a peu qui entrent par la porte étroite. Ailleurs il dit : « Étroite est la porte et resserrée la voie qui conduit à la vie, et il y en a peu qui la trouvent ». A quoi bon nous réjouir au sujet des multitudes ? Écoutez-moi, vous qui êtes le petit nombre, vous êtes beaucoup à m’écouter mais peu à m’obéir. Je vois l’aire, je cherche les grains de froment. À peine voit-on les grains quand l’aire est battue ; mais la paille sera vannée. Il y en a donc peu qui se sauvent en comparaison de beaucoup qui périssent».

Saint Jérôme, père de l’Église, In Isai. c. 24, 13-14 : « Il y aura si grande pénurie de saints, suivant la parole du Sauveur beaucoup d’appelés et peu d’élus, que leur petit nombre est comparé aux très rares olives qui restent au bout des branches après qu¹elles sont été secouées et cueillies ; comme aussi aux raisins, ou plutôt aux grains épars que les pauvres  s¹en vont grappiller dans les vignes la vendange faite ».

Pape Saint Léon le Grand, père de l’Église, Ser. XLIX. c. 2 : «Alors que la voie large menant à la mort est fréquentée par des foules nombreuses, dans les sentiers du salut on ne voit que les rares vestiges du petit nombre de ceux qui y entrent».

Pape Saint Grégoire le Grand, père de l’Église, Hom. XIX, in Evang. § 5 : «Vous êtes réunis ici en grand nombre pour cette solennité ; vous remplissez l’enceinte de cette église : qui sait en quel petit nombre se trouvent parmi vous les élus de Dieu ? »

Saint Anselme, docteur de l’Église, Epist. II, libri I :  «Que parmi beaucoup d’appelés, il y ait peu d’élus, nous en sommes certains, puisque la Vérité le dit ; mais combien peu il y en a, nous en sommes incertains, la Vérité ne le disant pas. C’est pourquoi quiconque ne vit pas comme le petit nombre, qu’il se corrige et se range du côté du petit nombre ; autrement qu’il se tienne assuré de sa réprobation. Quant à celui qui est avec le petit nombre, qu’il ne se tienne pas encore assuré de son élection pour cela».

Saint Vincent Ferrier, Serm. IV, Edit. Anver., p. 318 : «Oui, il y en a peu qui la trouvent, moins encore qui y demeurent, très peu qui le suivent jusqu’au bout».

Saint Bruno : «Si quelqu’un dit : cette route est étroite, ces commandements sont d’observation très difficiles, il le soumet en disant : « Efforcez-vous d’entrer… » et la voie, dit-il, est resserrée et la porte étroite ; c’est pourquoi elle est trouvée par un petit nombre d’hommes : cependant c’est cette voie et cette porte par laquelle on parvient à la vie éternelle. « Peu sont ceux qui se sauvent, en comparaison de ceux qui se damnent ». D’où le Seigneur dit ailleurs : « Beaucoup sont appelés, peu sont élus ». Ce chemin et cette porte qui conduisent à la perdition est très ouvert et très large et pour cela beaucoup d’hommes s’y engagent. Jeûner, veiller, s’abstenir des désirs de la chair et de toutes les voluptés, ne pas accomplir sa propre volonté, à qui  cela ne semble t il pas étroit et resserré ? Et vraiment, manger et boire en abondance, et de manière raffinée, obéir à tous les désirs de la chair et à toutes les voluptés ne s’opposer  en rien à sa propre volonté, à qui cela ne semble t il pas large et grand ? Beaucoup marchent sur ce chemin, beaucoup entrent par cette porte. Mais où pénètrent-ils ? – Dans la cité de la perdition complète, la société de la mort, la prison des angoisses et le lac de toutes les misères» (Commentaire sur saint Matthieu P. 2 C. 7).

Saint Bruno au sujet de Matthieu XX : « Beaucoup sont appelés, peu sont élus » – il montre qu’il y en a très peu qui se sauvent, en comparaison de ceux qui à chaque heure sont appelés ».

Saint Bruno à propos de Matthieu XXII« Beaucoup sont appelés, peu sont élus. Beaucoup sont appelés aux noces, peu sont introduits dans la chambre nuptiale et dans la gloire ».

Saint Bruno, Ier livre des sentences, ch. II, de l’arche de Noé : « Cette arche est la Sainte Église en dehors de laquelle personne n’est sauvé ; celui qui y aura été trouvé au jour de la vengeance ne périra pas. Maintenant il semble qu’il y en ait beaucoup qui se trouveront alors en dehors d’elle … Les méchants sont beaucoup plus nombreux que les bons ; ils sont plus nombreux ceux qui recherchent les biens terrestres que ceux qui recherchent les biens célestes. Étroit est le chemin qui conduit à la vie ; large est celui qui conduit à la perdition ».

Saint Bernard, docteur de l’Église, troisième sermon pour la Vigile de la Nativité : «Quel homme en effet, ne fût-il même chrétien que de nom, ignore que le Seigneur doit venir un jour et qu’il viendra en effet, pour juger les vivants et les morts et rendre à chacun selon ses œuvres ? Non mes frères, tout le monde ne sait point cela, ce n’est même su que de peu d’hommes, puisqu’il y en a si peu de sauvés». (Œuvres complètes de saint Bernard, tome III, p.11 Ed. Louis Vivès 1867)

Saint Bonaventure, docteur de l’Église, Breviloque Pars. I. c. 9 : «Comme tous les hommes devraient être damnés en tant que tous issus d’une masse de perdition, s’il y en a un plus grand nombre de réprouvés que de sauvés, c’est pour faire voir que le salut provient d’une grâce spéciale, tandis que la damnation est selon la justice commune. Personne ne peut se plaindre de la volonté divine qui agit en tout avec une suprême rectitude ; bien plus nous devons en toutes choses lui rendre grâce et honorer le gouvernement de la divine Providence».

Saint Thomas d’Aquin, docteur de l’Église, Summa Theol., Prima Pars, Q. 23, a. 7 : «…le bien qui excède l’état commun de la nature se trouve seulement dans un petit nombre et manque dans le grand nombre. … Donc comme la béatitude éternelle, consistant en la vision de Dieu, excède l’état commun de la nature en ce que celle-ci a été destituée de la grâce par la corruption du péché originel, c’est le petit nombre qui se sauve. Et en cela même la miséricorde de Dieu brille d’un éclat singulier : car elle élève un certain nombre de créatures humaines au salut éternel, alors que la plupart s’y dérobent selon le cours ordinaire des choses et l’inclination de la nature».

Saint Thomas, Somme Théologique, Summa Theol., Prima Pars, Q. 63, Art.9 : «Y a-t-il autant d’anges tombés que d’anges restés fidèles ? 2. La justice et le péché se trouvent de la même manière chez les anges et chez les hommes. Mais, parmi les hommes, il y en a plus de mauvais que de bons, selon cette parole de l’Ecclésiaste (1, 15, Vg) : « Le nombre des insensés est infini »».

Révélations célestes de sainte Brigitte de Suède, Livre 2, chapitre 6 : « Vous donc mes amis, qui êtes au monde, marchez surement ; criez et annoncez-leur ma volonté, et aidez-les, afin qu’ils puissent accomplir mes volontés. Je serai dans votre cœur et dans votre bouche. Je serai votre conducteur en la vie, et votre conservateur en la mort. Allez sûrement, je ne vous laisserai point. La gloire croît par le labeur, car je pourrai toutes choses en un moment et en une parole, mais je veux que du combat croisse votre couronne, et que de votre courage croisse mon honneur. N’admirez pas ce que je vous dis, car si un homme sage pouvait considérer ceci dans le monde, combien d’âmes descendent tous les jours dans l’enfer, il verrait qu’il y en a plus que de sable dans la mer et que de petits cailloux au rivage, car la justice et l’équité veulent que ceux qui se sont séparés de Dieu soient conjoints avec le diable. Partant, afin que le nombre du diable soit diminué, qu’on voie le péril présent et que mes troupes soient augmentées. Je parle ainsi, afin que, par aventure, s’ils entendent, ils s’amendent».

Saint Pierre Canisius, docteur de l’Église, Commentaire de l’Évangile du Dimanche de la Septuagésime : «Je prêcherai le juste jugement par lequel Dieu, tirant vengeance du mépris de sa grâce, ne choisit pour la gloire céleste qu’un petit nombre de ceux qu’il a appelés à son Église».

Saint Robert Bellarmin, docteur de l’Église, De gemitu Columbae, Lib. I, c. 6 : «Que personne ne pense que le nombre des élus surpassera celui des réprouvés, parce qu’il est dit au chapitre VII de l’Apocalypse que les élus ne peuvent être comptés ! À la vérité, il y aura bien plus d’élus parmi les gentils que parmi les hébreux. Mais le nombre des élus, soit juifs, soit gentils, sera tout à fait inférieur au nombre des réprouvés. Les juifs élus ne feront pas la millième partie des juifs réprouvés. Et l’on peut dire la même chose à proportion des chrétiens. Ce que dit Notre-Seigneur en saint Matthieu et en saint Luc de la voie resserrée et de la porte étroite est commun aux juifs et aux chrétiens».

Saint Louis Marie Grignon de Montfort, Lettre aux Amis de la Croix, n° 14 : «SI QUELQU’UN VEUT VENIR APRÈS MOI».  “Si quis”, si quelqu’un ; “quelqu’un”, et non pas “quelques-uns”, pour marquer le petit nombre des élus qui veulent se conformer à Jésus-Christ crucifié, en portant leur croix. Il est si petit, si petit, que, si nous le connaissions, nous nous en pâmerions de douleur. Il est si petit, qu’à peine parmi dix mille y en a-t-il un, comme il a été révélé à plusieurs saints, entre autres à saint Siméon Stylite, selon que le rapporte le saint abbé Nil, après saint Ephrem et quelques autres. Il est si petit, que, si Dieu voulait les assembler, il leur crierait, comme il fit autrefois par la bouche d’un prophète : « Congregamini unus et unus » : assemblez-vous un à un, un de cette province, un de ce royaume».

Saint Alphonse de Liguori, docteur de l’Église, Théologie Morale, Livre 3, n° 413 : «La majeure partie des âmes va en enfer à cause des péchés sexuels : qui plus est, je n’hésite pas à affirmer que ceux qui se damnent vont en enfer ou bien pour ce seul péché ou au moins pas sans lui».

Saint Alphonse de Liguori : «On voit la plupart des hommes se livrer à la damnation éternelle plutôt que d’aimer Dieu ; qui donc, je le répète, s’il n’y avait pas d’enfer, qui L’aimerait ? Ainsi, le Seigneur a menacé d’un supplice éternel quiconque refuse de L’aimer, afin que ceux qui ne L’aiment pas de leur bon gré L’aiment au moins de force, par crainte de l’enfer». (Œuvres complètes de saint Alphonse de Liguori, œuvres ascétiques, tome XI p. 248, Casterman 1879)

Saint Curé d’Ars, sermon du 2ème dimanche ap. l’Épiphanie (sur le Mariage) : «Chacun doit entrer où Dieu l’appelle, et nous pouvons dire que le plus grand nombre de chrétiens se damnent parce qu’ils ne suivent pas leur vocation, soit en ne la demandant pas à Dieu ou en se rendant indigne de la connaître par leur mauvaise vie».

Saint Curé d’Ars, Sermon du 2ème dimanche de l’Avent (sur le respect humain) : «Ô mon Dieu ! que le nombre de ceux qui entreront dans le royaume des cieux est petit, puisqu’il y en a si peu qui font ce qu’ils doivent pour le mériter ? … Hélas ! Mes frères, que le nombre de ceux qui sont pour le ciel est petit, puisqu’il n’y a que ceux qui combattent continuellement et vigoureusement le démon et leurs penchants, et qui méprisent le monde avec toutes ses railleries !»

Saint Curé d’Ars, Sermon  de la Fête des saints Anges gardiens : «Que de chrétiens sont damnés pour avoir méprisé leurs anges gardiens ! Quels reproches à l’heure de la mort, lorsque, implorant son secours, il nous dira, ainsi qu’à ce moribond dont il est parlé dans l’histoire : « Va, malheureux, tu n’as eu que du mépris pour moi, aussi le bon Dieu m’a commandé de t’abandonner à la puissance des démons, dont tu as été le fidèle serviteur ». Hélas ! mon Dieu, que le nombre de ces gens est grand !».

  Du nombre des Élus, Dom B. Maréchaux O.S.B.

Conclusion

Matthieu 24, 15 : «Quand donc vous verrez l’abomination de la désolation … dans le lieu Saint ».

Marc 13, 14 : « Quand donc vous verrez l’abomination de la désolation … là où elle ne doit pas être [L’abolition ne doit pas être à la Messe]».

L’abomination de la désolation est l’abolition du Saint Sacrifice. Aujourd’hui quasi aucun prêtre au monde ne peut être approché pour la Messe et la Communion Eucharistique, c’est quasi l’abolition du Saint Sacrifice à cause des hérésies notoires des prêtres.

Matthieu 24, 26 : «Si donc on vous dit : Le voici dans le désert, ne sortez point [de l’unité de la foi de l’Église par le schisme] ; le voilà dans le lieu le plus retiré de la maison, ne le croyez pas [les hérétiques qui disent « la vérité de la doctrine est chez nous »]».

Luc 17, 21 : «Et on ne dira point : Il est ici ou il est là. Car voici que le royaume de Dieu est au dedans de vous [par la vraie foi]».

Luc 17, 23 : «Et on vous dira : Le voici ici, et le voilà là. N’y allez point et ne les suivez point [chez les hérétiques et les schismatiques]».

I Corinthiens 4, 20 : «Car ce n’est pas dans les paroles que consiste le royaume de Dieu, mais dans la vertu [de la vraie foi et de ses oeuvres]».

Apocalypse 21, 9 : « Alors vint un des sept anges qui avaient les sept coupes des dernières plaies, et il me parla, disant : Viens, et je te montrerai l’épouse, la femme de l’Agneau».

Apocalypse 22, 17 : « L’Esprit et l’épouse disent : Viens. Que celui qui entend dise : Viens. Que  celui qui a soif vienne ; et que celui qui vient reçoive gratuitement l’eau de la vie ».