Le naturalisme, racine de l’hérésie et apostasie

Sommaire

  • Qu’est-ce que le naturalisme ?
    • Le naturalisme est l’opposition à la grâce de Dieu
    • Le naturalisme est le péché de Lucifer
    • Le naturalisme est le péché du premier homme
  • Plus de détails sur le naturalisme
  • Différents aspects du naturalisme condamné par l’Église
  • Le naturalisme engendre la religion de l’homme, fabriquée par l’homme, pour l’homme, où l’homme se fait son dieu et se fait dieu
  • La loi naturelle
  • Les athées et les agnostiques sont sans excuse
  • Réfutation de la fatalité du destin – La loi naturelle est la liberté morale du bien et du mal
  • Pour résumer
  • Conclusion

Qu’est-ce que le naturalisme ?

Le naturalisme est le culte rendu à la nature créée à l’opposé du culte rendu à Dieu.

Le naturalisme est l’opposition à la grâce de Dieu

Le naturalisme est une opposition d’origine diabolique à l’état surnaturel que Dieu offre à ses créatures intelligentes ou rationnelles.

Dieu est infini et ne peut jamais être atteint par aucune créature spirituelle comme les esprits purs, ou aucune créature matérielle comme les hommes fait d’une âme et d’un corps. Il y a une distance infinie entre Dieu et toute créature finie. Aucune créature ne peut par sa nature finie combler la distance infinie entre elle et Dieu. Si Dieu ne se révèle pas, aucune créature ne peut le connaître.

C’est pourquoi la Révélation divine est incontournable. L’homme ne peut absolument pas entrer en relation avec Dieu autrement que par le moyen que Dieu lui révèle, c’est-à-dire la foi divine.

Le naturalisme c’est tout le contraire. La nature refuse sa finalité qui est la vie surnaturelle pour laquelle elle est faite, et prétend être sa propre source.

Le naturalisme est fondé sur le plus ancien mensonge de Satan à l’homme.

1° Dieu avait interdit le fruit de la connaissance du bien et du mal sous peine de mort.

Genèse 2, 16 17 : Et Yahweh Dieu donna à l’homme cet ordre :  » Tu peux manger de tous les arbres du jardin ; mais tu ne mangeras pas de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, tu mourras certainement».

2° Satan possède le serpent et s’adresse à Ève.

Gen 3, 1-7 : Le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs que Yahweh Dieu ait faits. Il dit à la femme :  » Est-ce que Dieu aurait dit :  » Vous ne mangerez pas de tout arbre du jardin ?  » La femme répondit au serpent :  » Nous mangeons du fruit des arbres du jardin. Mais du fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : Vous n’en mangerez point et vous n’y toucherez point, de peur que vous ne mouriez».

3° Satan ment à la femme.

«Le serpent dit à la femme : «Non, vous ne mourrez point ; mais Dieu sait que le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront et vous serez comme Dieu, connaissant le bien et le mal». La femme vit que le fruit de l’arbre était bon à manger, agréable à la vue et désirable pour acquérir l’intelligence ; elle prit de son fruit et en mangea ; elle en donna aussi à son mari qui était avec elle, et il en mangea. Leurs yeux à tous deux s’ouvrirent et ils connurent qu’ils étaient nus».

Le mensonge du diable trompe l’homme en lui faisant croire qu’il sera « comme Dieu » par son intelligence naturelle sans la grâce divine. Cette manœuvre visait en fait à lui faire perdre la grâce sanctifiante qui maintenait sa nature dans l’innocence (ne connaissant pas le mal), infuse de science (science nécessaire au salut infusée par Dieu et qui ne demandait pas d’apprentissage), maîtrisant les passions (l’âme en état de grâce domine les facultés naturelles psychiques et physiques), impassible (sans souffrance), et non-mortelle (l’homme devait croître en grâce sans connaître la corruption de la mort).

Mais l’homme qui a donc voulu, sur l’instigation de Satan, connaître le bien et le mal – que Dieu avait interdit – a perdu son innocence, qui est l’état où il ne connaissait pas le mal. Satan a donc fait connaître le mal à l’homme en lui proposant de connaître le bien !

Le naturalisme est fondé sur ce mensonge : l’homme impie croit pouvoir devenir divin avec sa nature, par son intelligence, et pas par la grâce. Mais la nature humaine (comme celle des anges) a été faite par Dieu POUR la grâce et la vie surnaturelle PAR la foi. C’est la raison pour laquelle l’homme doit se servir des moyens que Dieu lui donne pour son salut et non pas des siens.

La nature est par essence faite pour la grâce parce que la grâce est la vie de Dieu pour les créatures. Le naturalisme est l’impasse du salut.

Le naturalisme c’est la nature sans Dieu, ou l’homme sans Dieu ou plutôt l’homme à la place de Dieu. C’est la racine de l’hérésie parce que la nature est créée (Créateur) et qu’elle est faite pour la vie surnaturelle et non pour elle-même.

Le naturalisme peut aussi être théiste, c’est-à-dire une espèce de croyance monstrueuse en un Dieu naturel, c’est-à-dire que la nature est Dieu, ou que Dieu est la nature, ou que Dieu et la nature (création) sont un, comme le panthéisme.

Le naturalisme est le péché de Satan

Le naturalisme est le péché de Lucifer tombé du ciel, qui est Satan, pour avoir voulu égaler Dieu qui est infini, par les œuvres, avec sa nature créée et finie. Le naturalisme est la nature qui refuse sa finalité, c’est-à-dire la vie surnaturelle de la grâce pour laquelle elle est faite, prétend alors être sa propre fin et se coupe de sa source, son Créateur.

Le naturalisme est le péché de Satan et des anges qui l’ont suivi, qui ont apostasié et renié leur foi et la grâce de Dieu pour préférer leur nature. Dieu le Père qui créé dans le Fils par l’Esprit-Saint n’a pas créé de nature pure angélique faite pour elle-même et sa propre fin, mais Il a créé les anges pour Lui-même et sa propre gloire.

«Puisque c’est de Lui, et par Lui et en Lui que sont toutes choses» (Romains 11, 36) ;

«Car c’est par lui que toutes choses ont été créées dans les cieux et sur la terre, les visibles et les invisibles, … tout a été créé par lui et en lui» (Colossiens 1, 16).

C’est ainsi que Lucifer voulu renverser l’ordre même de la création de Dieu en voulant être l’égal de son Créateur.

Le naturalisme est le péché du premier homme

Le naturalisme est aussi le péché du premier homme, Adam et Eve, chez qui la nature refuse d’être soumise et se révolte contre la vie surnaturelle de la grâce, prétendant à l’autonomie, état déchu transmis par génération à tous les hommes. La nature est déchue suite au péché originel. Les régions inférieures psychiques (passions, instincts, capacités de sensibilité, sentimentalité, etc.) se révoltant contre les régions supérieures de l’âme, prétendant être autonomes et même prendre leur place (ce qui est impossible) tentent de s’opposer à l’ordre établi par Dieu. C’est ainsi que le naturalisme est la recherche de contentement de la nature et qui pousse l’homme à la concupiscence (inclination au mal) de la chair (dans la Bible, la chair est aussi le psychisme).

L’homme inspiré par le diable, ne suit que sa nature, se recherche lui-même et se place lui-même au centre et comme finalité de tout sans Dieu. La nature humaine (capable du bien et du mauvais) prétend s’auto-connaître, s’auto-finaliser, s’auto-spiritualiser, s’auto-diviniser.

Le naturalisme est le péché des hommes qui apostasient et renient leur foi, ou refusent la grâce de Dieu, et préfèrent leur nature, suivant le diable, mais l’homme n’est pas sa propre fin, Dieu n’a pas créé de nature pure humaine faite pour elle-même et sa propre fin, mais pour Lui-même et sa propre gloire «Puisque c’est de Lui, et par Lui et en Lui que sont toutes choses» (Romains 11, 36) ; «Car c’est par lui que toutes choses ont été créées dans les cieux et sur la terre, les visibles et les invisibles, … tout a été créé par lui et en lui» (Colossiens 1, 16).

Encyclopédie catholique 1907-1915, Naturalisme : « Le naturalisme n’est pas tant un système spécifique qu’un un point de vue ou une tendance commune d’un certain nombre de systèmes philosophiques et religieux ; ni tant un ensemble bien défini de doctrines positives et négatives qu’ une attitude ou un esprit omniprésent influençant de nombreuses doctrines. Comme son nom l’indique, cette tendance consiste essentiellement en la recherche de la nature comme source originale et fondamentale de tout ce qui existe, en essayant de tout expliquer en termes de nature. Soit les limites de la nature sont aussi les limites de la réalité existante, soit elles sont au moins la cause première si son existence est trouvée nécessaire ; elle [la nature] n’a rien à voir avec le fonctionnement des agencements naturels. Tous les événements, donc, trouvent leur explication adéquate au sein de la nature elle-même.

 

Plus de détails sur le naturalisme

Encyclopédie catholique 1907-1915, Naturalisme : «Mais, comme les termes nature et naturel sont eux-mêmes utilisés dans plus d’un sens, le terme naturalisme est également loin d’avoir un sens fixe.

«(I) Si la nature est entendu dans le sens restreint de physique ou matériel, la nature, le naturalisme serait la tendance à regarder l’univers matériel comme la seule réalité, pour réduire toutes les lois à des uniformités mécaniques, et pour nier le dualisme de l’esprit et la matière. Les processus mentaux et moraux ne seront que des manifestations spéciales de la matière rigoureusement régie par ses lois.

«(II) Le dualisme de l’esprit et de la matière peut être admis, mais seulement comme un dualisme de modes ou apparences de la même substance identique. La nature comprend des phénomènes multiples et un substrat commun des phénomènes, mais pour son cours réel et son ultime explication, cela ne nécessite aucun principe distinct de lui-même. Dans cette hypothèse, le naturalisme nie l’existence d’une cause transcendante du monde et cherche à donner un compte rendu complet de tous les processus par le déploiement des puissances essentielles à l’univers en vertu des lois qui sont nécessaires et éternelles.

«(III) Finalement, si l’existence d’une Première Cause transcendante, ou Dieu personnel, est admise comme la seule explication satisfaisante du monde, le Naturalisme revendique que les lois dirigeant l’activité et le développement d’êtres irrationnels et d’êtres raisonnables n’ont jamais interféré. Il nie la possibilité, ou au moins le fait, de n’importe quelle intervention transitoire de Dieu dans la nature et de n’importe quelle révélation et d’ordre surnaturel permanent pour l’homme.

«Ces trois formes ne sont pas mutuellement exclusives ; ce que la troisième nie, la première et la deuxième, a fortiori, le nieraient aussi ; toutes sont d’accord pour rejeter toute explication qui aurait recours à des causes hors de la nature. Les raisons de cette négation – c’est-à-dire les vues philosophiques de la nature sur lesquels elle est fondée – et, en conséquence, la mesure pour laquelle les explications dans la nature elle-même sont tenues pour suffire, varient grandement et constituent des différences essentielles entre ces trois tendances.

(I) Naturalisme matérialiste [matérialisme, mécanisme, athéisme]

«Le naturalisme matérialiste affirme que la matière est la seule réalité, et que toutes les lois de l’univers sont réductibles à des lois mécaniques. Que la théorie puisse tenir concernant l’essence de la matière fait peu de différence ici. Que la question soit considérée comme continue ou composée de deux atomes distants les uns des autres, comme étant exclusivement l’extension ou également dotés d’un principe interne d’activité, ou même comme étant seulement un agrégat de centres d’énergie sans aucune extension réelle (voir atomisme ; Dynamisme ; Mécanisme), l’attitude du naturalisme est la même. Il affirme que toutes les réalités dans le monde, y compris les processus de la conscience du plus bas au plus haut, ne sont que des manifestations de ce que nous appelons la matière, et obéissent aux mêmes lois nécessaires. Alors que certains peuvent limiter leur compte matérialiste de la nature elle-même, et admettre l’existence d’un Créateur du monde, ou du moins laisser cette question ouverte, la tendance générale du matérialisme va vers l’athéisme et le naturalisme exclusif. Les premiers philosophes grecs se sont efforcés de réduire la nature à l’unité en pointant un élément primordial duquel toutes choses furent composées. Leurs points de vue étaient, au moins implicitement, animistes [toutes choses animées d’une âme] ou hylozoistes [vie et matière indissolublement liées] plutôt que matérialistes, et la vague fonction formative qui nous est attribué par Anaxagore, ou principe rationnel, n’était qu’une exception au naturalisme qui prévaut. Le pur mécanisme a été développé par les atomistes (Démocrite, Épicure, Lucrèce), et l’âme elle-même avait lieu d’être composée d’atomes spécifiques plus subtils. Dans l’ère chrétienne, le matérialisme dans sa forme exclusive est représenté en particulier par l’école française de la seconde moitié du XVIIIe siècle et l’école allemande de la seconde moitié du XIXème siècle. Puisque la matière est la seule réalité, quoi que ce soit qui ait lieu dans le monde est le résultat de causes matérielles et doit être expliqué par des antécédents physiques sans téléologie [étude de la finalité]. La vie est un problème complexe de physique et de chimie ; la conscience est une propriété de la matière ; la pensée rationnelle est réduite à la sensation, et la volonté comme l’instinct. L’esprit est un accompagnement impuissant ou épiphénomène de certaines formes ou groupements de la matière, et, si elle était supprimée complètement, le monde entier procéderait encore exactement de la même façon. L’homme est un automate conscient dont l’activité mentale ainsi que physiologique, est déterminé par des antécédents matériels. Ce que nous appelons la personne humaine n’est qu’une phase transitoire du régime spécial d’éléments matériels donnant lieu à des résultats mentaux particuliers ; et il va sans dire que dans un tel système, il n’y a pas de place pour la liberté, la responsabilité, ou l’immortalité personnelle. (Encyclopédie catholique 1907-1915, Naturalisme, I)

(II) Panthéisme [monisme, agnosticisme, évolutionnisme]

Le panthéisme dans ses diverses formes affirme que Dieu, la réalité première, raison d’être du monde ou absolu, n’est pas transcendant et personnel, mais immanent dans le monde, et que les phénomènes de la nature ne sont que des manifestations de cette une substance commune. Pour les stoïciens, Il est la raison immanente, l’âme du monde, communiquant partout l’activité et la vie. Selon Scot Erigène, « Dieu est l’essence de toutes choses, car il est seul véritablement » (De divisione naturae, III) ; la nature comprend la totalité des êtres et est divisé en (1) nature et création non traitée, à savoir, Dieu comme l’origine de toutes choses, inconnaissable même à lui-même ; (2) nature créée et création, à savoir, Dieu comme contenant les types et les modèles de toutes choses ; (3) nature créé et non-création, à savoir, le monde des phénomènes dans l’espace et le temps qui sont tous des participations de l’être divin et aussi des théophanies ou manifestations de Dieu ; (4) ni création ni nature créée, à savoir, Dieu comme la fin de toutes choses à qui toutes les choses reviennent en fin de compte. Giordano Bruno professe aussi que Dieu et la nature sont identiques, et que le monde des phénomènes est comme la manifestation de la substance divine qui travaille dans la nature et l’anime. Selon Spinoza, Dieu est une substance qui se déroule à travers les attributs, dont deux, l’extension et la pensée, nous sont connus. Ces attributs se manifestent par un certain nombre de modes qui sont les déterminations finies de la substance infinie. Comme substance absolue, Dieu est natura naturans ; comme se manifestant à travers les différents modes de phénomènes, il est natura natura. Aujourd’hui le monisme reproduit essentiellement les mêmes théories. L’esprit ne se réduit pas à une propriété  ou épiphénomène de la matière, mais la matière et l’esprit sont comme parallèles ; ils procèdent ensemble comme des phénomènes ou des aspects d’une même réalité ultime. Quelle est cette réalité ? Pour certains, explicitement ou implicitement, elle est plutôt conçue comme un matériau, et nous retombons dans matérialisme ; pour d’autres elle est proclamée être plus près de l’esprit que de la matière, et donc entraîner divers systèmes et tendances idéalistes ; pour d’autres, enfin, elle est déclarée être strictement inconnue et inconnaissable, et donc moniste. Le naturalisme entre en contact étroit avec l’agnosticisme. Quoi qu’il en soit, finalement, la nature est essentiellement une ; elle n’exige rien en dehors d’elle-même, mais elle trouve en elle-même son explication adéquate. Soit l’esprit de l’homme est incapable de toute connaissance portant sur la question des origines, soit cette question elle-même n’a pas de sens, puisque les deux la nature et ses processus de développement sont éternels.

«Les changements simultanés ou successifs qui se produisent dans le résultat du monde sont nécessairement des lois de la nature essentielles, parce que la nature est infiniment riche en potentialités dont l’actualisation progressive constitue le processus sans fin de l’évolution inorganique, organique, et mentale. L’évolution et la différenciation d’une substance selon ses propres lois et sans l’agence de direction d’une intelligence transcendante sont une des suppositions de base du Naturalisme Monistique et Agnostique. Il n’est pas possible non plus de voir comment cette forme de Naturalisme peut systématiquement échapper aux conséquences du Naturalisme Matérialiste. Le surnaturel est impossible ; à aucune étape il ne peut y avoir n’importe quelle liberté ou responsabilité ; mais l’homme n’est qu’une manifestation spéciale ou un mode de la substance commune, y compris en lui-même le double aspect de matière et conscience. De plus, puisque Dieu, ou plutôt « le divin », comme certains le disent, doit être trouvé dans la nature, avec laquelle il est identifié, la religion peut seulement être réduite à certains sentiments d’admiration, la crainte, la révérence, la peur, etc., causée dans l’homme par la considération de la nature, ses lois, ses beautés, les énergies et des mystères. Ainsi, parmi les sentiments appartenant à la « religion naturelle« , Haeckel mentionne  » l’étonnement avec lequel nous contemplons les cieux étoilés et la vie microscopique dans une goutte d’eau, la crainte qui nous trace le merveilleux travail de l’énergie dans le mouvement de la matière, la vénération avec laquelle nous saisissons la domination universelle de la loi de substance à travers l’univers  » (« Die Welträthsel », Bonn, 1899, V, XVIII, 396-97 ; tr McCabe, New York, 1900, 344). (Encyclopédie catholique 1907-1915, Naturalisme, II)

(III) Activité excessivement limitée de Dieu dans le monde [rationalisme et déisme]

«Pour ceux qui admettent l’existence d’une cause première transcendante de l’univers, le naturalisme consiste essentiellement à une limitation excessive de l’activité de Dieu dans le monde. Dieu est unique Créateur, pas Providence ; Il ne peut pas, ou ne doit pas, interférer avec le cours naturel des événements, ou il ne le fit jamais, ou, au moins, le fait de Lui ne peut jamais être établi. Même si l’âme de l’homme est considérée comme spirituelle et immortelle, et si, parmi les activités humaines, dont certaines sont exemptées du déterminisme des agents physiques et reconnues pour être libres, tout cela est dans la nature, ce qui comprend les lois régissant les esprits ainsi que celles régissant la matière. Mais ces lois sont suffisantes pour tenir compte de tout ce qui se passe dans le monde de la matière ou de l’esprit. Cette forme de naturalisme est en relation étroite avec le rationalisme et le déisme. Une fois établi par Dieu, l’ordre de la nature est immuable et l’homme est doté par la nature de tout ce qui est exigé même pour son développement religieux et moral. Les conséquences sont claires : les miracles, c’est-à-dire les effets produits par Dieu lui-même et transcendant les forces de la nature, doivent être rejetés. Les prophéties et des événements miraculeux prétendus sont explicables par le connu, ou les lois de nature jusqu’ici inconnues, ou s’ils ne sont pas ainsi explicables, leur événement doit lui-même être nié et la croyance en leur réalité attribuée à l’observation défectueuse. Ainsi, pour le religieux et moral, aussi bien que pour des vérités scientifiques, la raison humaine est la seule source de connaissance, le fait d’une Révélation Divine est rejeté et le contenu d’une telle révélation supposée peut être accepté seulement dans la mesure où ils sont rationnels ; croire aux mystères est absurde. N’ayant pas de destinée surnaturelle, l’homme n’a pas besoin de moyen – ni de grâce sanctifiante surnaturelle comme principe permanent pour donner à ses actions une valeur surnaturelle, ni la grâce actuelle pour éclairer son esprit et pour renforcer sa volonté. La chute de l’homme, les mystères de l’Incarnation et de la Rédemption, avec leurs implications et leurs conséquences, ne peuvent trouver place dans un credo naturaliste. Les prières et sacrements ont seulement des résultats naturels explicables par des raisons psychologiques de confiance avec laquelle ils inspirent ceux qui les utilisent. Si l’homme doit avoir une religion pour tout, elle est seulement ce qui dicte sa raison. Le naturalisme est directement opposé à la religion chrétienne. Mais même dans le giron du christianisme, entre ceux qui admettent une révélation divine et un ordre surnaturel, plusieurs tendances naturalistes sont trouvées. Tels sont celles des pélagiens et Semi-pélagiens, qui minimisent la nécessité et les fonctions de la grâce divine ; Baius, qui affirme que l’élévation de l’homme était une exigence de sa nature ; de nombreuses sectes, en particulier chez les protestants libéraux, tombent dans plus ou moins dans le rationalisme radical ; et d’autres qui cherchent à restreindre dans des limites trop étroites l’agencement divin dans l’univers. (Encyclopédie catholique 1907-1915, Naturalisme, III)

(IV) Considérations générales. Conséquences.

«Des principes fondamentaux du naturalisme sont tirées quelques conséquences importantes dans les sciences esthétiques, politiques, et éthiques. Dans l’esthétique, le naturalisme repose sur l’hypothèse que l’art doit imiter la nature sans aucune idéalisation et sans aucun égard aux lois morales.

«Le naturalisme social et politique enseigne que  » l’intérêt supérieur de la société publique et le progrès civil exigent que dans la constitution et le gouvernement de la société humaine pas plus d’attention ne devrait être accordée à la religion que s’il n’y avait aucune religion du tout, ou du moins qu’aucune distinction ne devrait être faite entre religion vraie et fausse » (Pie IX, Encycl. « Quanta cura », 8 décembre 1864 ex cathedra). Léon XIII, lui, établit que  » la profession intégrale de la foi catholique n’est en aucune façon compatible avec les opinions naturalistes et rationalistes, dont la totalité et la substance s’éloignent en tout des institutions chrétiennes, et, sans tenir compte des droits de Dieu, attribuent à l’homme l’autorité suprême dans la société  » (Encycl. « Immortale Dei », 1er novembre 1885). De plus, comme des organismes individuels, des organismes sociaux obéissent aux lois fatales de développement ;  tous les événements sont les résultats nécessaires d’antécédents complexes, et la tâche de l’historien est de les enregistrer et de suivre les lois de leurs séquences, qui sont aussi strictes que celles des séquences du monde physique.

«Dans l’éthique, la vague supposition selon laquelle la nature est le guide suprême des actions humaines peut être appliquée de nombreuses façons différentes. Déjà le principe des stoïciens, formulé d’abord par Zeno, selon lequel nous devons vivre de façon uniforme [cohérente] ou harmonieusement (en grec : omologoumenos, pour zen) et déclaré plus explicitement par Cléanthe selon lequel l’obligation de vivre en conformité avec la nature (en grec : omologoumenoz te phusei, pour zen), a donné lieu à plusieurs interprétations, certaines compréhensions de la nature exclusivement comme la nature humaine, d’autres surtout comme l’univers entier. De plus, comme l’homme a de nombreuses tendances naturelles, des désirs et des appétits, on peut se demander s’il est moral de tous les suivre sans distinction ; et quand ils sont contradictoires ou incompatibles, de sorte qu’un choix doit être fait, pour quel motif certaines activités doivent avoir une préférence sur les autres ? Avant les stoïciens, les cyniques, tant en théorie qu’en pratique, avaient fondé leurs règles de conduite sur le principe selon lequel rien de naturel ne peut être moralement répréhensible. Coutumes opposées, conventions, raffinement et culture, ont été forcées de revenir au pur état de nature. Rousseau, de même, regarde l’organisation sociale comme un mal nécessaire qui contribue à l’élaboration de normes conventionnelles de la morale. L’homme, selon lui, est naturellement bon, mais se déprave par l’éducation et par le contact avec d’autres hommes. Ce même thème d’opposition entre nature et culture, et la supériorité de l’ancienne, est un des thème favori avec Tolstoï. Selon Nietzsche, les normes actuelles de la vertu sont contre la nature, et, parce qu’elles favorisent les pauvres, les faibles, la souffrance, la misère, en félicitant ces sentiments de charité, de compassion, de pitié, d’humilité, etc., elles sont des obstacles à la voie du vrai progrès. Pour le progrès de l’humanité et le développement du « superhomme », il est essentiel de revenir à la norme primitive et naturelle de la morale, qui est l’énergie, l’activité, la force et la supériorité ; le plus puissant est aussi le meilleur.

«Si on considère le naturalisme éthique dans sa relation avec les trois vues philosophiques expliquées ci-dessus, il signifie parfois seulement le rejet de n’importe quels devoirs basés sur une Révélation Divine, et l’Assomption [la montée] que la seule source de vrai et de faux est la raison humaine. En général, cependant, cela signifie la tendance plus radicale de traiter la science morale de la même manière que la science naturelle. Il n’y a de liberté nulle part, mais une nécessité absolue partout. Toutes les actions humaines, ainsi que les événements physiques, sont des résultats nécessaires d’antécédents qui sont eux-mêmes nécessaires. La loi morale, avec sa distinction essentielle de bonne et mauvaise conduite, n’est pas une norme objective, mais un simple résultat subjectif des associations et des instincts développé à partir de l’expérience utile et agréable, ou de la néfaste et douloureuse, des conséquences de certaines actions. C’est, néanmoins, un motif qui incite à agir dans certaines directions, mais dont l’efficacité est strictement déterminée par le degré de son intensité chez un individu donné par rapport à la résistance qu’il rencontre de la part des idées antagoniques. Ainsi, la science de l’éthique n’est pas normative : elle ne traite pas de lois existant antérieurement aux actions humaines et auxquelles celles-ci doivent obéir. Cela est génétique et tente de faire, pour des actions humaines comme le font les sciences naturelles pour des phénomènes physiques, en somme, découvrir, par une inférence [passage d’une assertion considérée vraie à une autre par un système de règles] des faits de la conduite humaine, les lois auxquelles il arrive de se conformer. Il est impossible d’exposer en détail l’attitude de l’Église catholique envers les suppositions, les implications et les conséquences du naturalisme. Le naturalisme est d’une telle large tendance et de grande envergure, il touche tant de points, ses racines et ramifications s’étendent dans tant de directions, que le lecteur doit être renvoyé à des sujets apparentés traités dans d’autres articles. En général il peut seulement être dit que le naturalisme contredit les doctrines les plus essentielles de l’Église, qui repose essentiellement sur le super-naturalisme. L’existence d’un Dieu personnel et de la Providence Divine, la spiritualité et l’immortalité de l’âme, la liberté humaine et la responsabilité, le fait d’une Révélation Divine, l’existence d’un ordre surnaturel pour l’homme, sont autant d’enseignements fondamentaux de l’Église, qui, tout en reconnaissant tous les droits et exigences de la nature, montent plus haut, à l’Auteur et Législateur Suprême de la nature». (Encyclopédie catholique 1907-1915, Naturalisme, IV) 

 

Différents aspects du naturalisme condamnés par l’Église

L’hérésie naturaliste du panthéisme (Dieu et la nature sont un) :

Pape Pie IX, Syllabus, 1864, erreur condamnée n° 1 : Il n’existe (ASS III, 1867, n° 168) aucun Être divin, suprême, parfait dans sa sagesse et sa providence, qui soit distinct de l’univers, et Dieu est identique à la nature des choses, et par conséquent assujetti aux changements ; Dieu, par cela même, se fait dans l’homme et dans le monde, et tous les êtres sont Dieu et ont la propre substance de Dieu. Dieu est ainsi une seule et même chose avec le monde, et par conséquent l’esprit avec la matière, la nécessité avec la liberté, le vrai avec le faux, le bien avec le mal, et le juste avec l’injuste (Maxima quidem, 9 Juin 1862). – Condamnée

Le faux concept naturaliste de l’inaction de Dieu sur les hommes et le monde :

Pape Pie IX, Syllabus, 1864, erreur condmnée n° 2 : On doit nier toute action de Dieu sur les hommes et sur le monde (Idem). – Condamnée

Le faux concept naturaliste que la raison naturelle est elle-même sa loi :

Pape Pie IX, Syllabus, 1864, erreur condamnée n° 3 : La raison humaine, considérée sans aucun rapport à Dieu, est l’unique arbitre du vrai et du faux, du bien et du mal : elle est à elle-même sa loi, elle suffit par ses forces naturelles à procurer le bien des hommes et des peuples (Id.). – Condamnée

Le faux concept naturaliste que la connaissance des vérités de la religion (Révélation divine) découle de la raison naturelle :

Pape Pie IX, Syllabus, 1864, erreur condamnée n° 4 : Toutes les vérités de la religion découlent de la force native de la raison humaine ; d’où il suit que la raison est la règle souveraine d’après laquelle l’homme peut et doit acquérir la connaissance de toutes les vérités de toute espèce (Qui pluribus, 9 novembre 1846 ; Singulari quidem, 17 mars 1856 ; Id.). – Condamnée

Le faux concept naturaliste que la Révélation divine est sujette au progrès :

Pape Pie IX, Syllabus, 1864, erreur condamnée n° 5 : La révélation divine est imparfaite, et par conséquent sujette à un progrès continuel et indéfini correspondant au développement de la raison humaine (Qui pluribus, Maxima quidem). – Condamnée

Le faux concept naturaliste d’opposition de la foi et de la raison :

Pape Pie IX, Syllabus, 1864, erreur condamnée n° 6 : La foi du Christ est en opposition avec la raison humaine, et la révélation divine non seulement ne sert de rien, mais encore elle nuit à la perfection de l’homme (Id. ; Id.). – Condamnée

Le faux concept naturaliste de l’origine humaine naturelle de la foi :

Pape Pie IX, Syllabus, 1864, erreur condamnée n° 7 : Les prophéties et les miracles racontés dans les saintes Écritures sont des fictions poétiques, et les mystères de la foi chrétienne sont le résumé d’investigations philosophiques ; dans les livres des deux Testaments sont contenues des inventions mythiques, et Jésus-Christ lui-même est un mythe (Id. ; Id.). – Condamnée

Le faux concept naturaliste de liberté de religion d’après la raison : 

Pape Pie IX, Syllabus, 8 déc. 1864, erreur condamnée n° 15 : «Il est libre à chaque homme d’embrasser et de professer la religion qu’il aura réputée vraie d’après la lumière de la raison» – Condamnée.

Le faux concept naturaliste du salut éternel de n’importe quelle religion :

Pape Pie IX, Syllabus, erreur condamnée n° 16 : «Les hommes peuvent trouver le chemin du salut éternel et obtenir ce salut éternel dans le culte de n’importe quelle religion» Condamnée.

La fausse idée naturaliste que la Révélation divine est acquise par l’homme :

Pape saint Pie X, décret Lamentabili, 1907, erreur condamnée n° 20 : La Révélation n’a pu être autre chose que la conscience acquise par l’homme des rapports existants entre Dieu et lui. Condamnée

La fausse idée naturaliste que les vérités du ciel sont formées par l’esprit humain :

Pape saint Pie X, décret Lamentabili, 1907, erreur condamnée n° 22 : Les dogmes que l’Église déclare révélés ne sont pas des vérités descendues du ciel, mais une certaine interprétation de faits religieux que l’esprit humain s’est formée par un laborieux effort. Condamnée

La fausse idée naturaliste que le dogme vient de la conscience humaine :

Pape saint Pie X, décret Lamentabili, 1907, erreur condamnée n° 27 : La divinité de Jésus-Christ ne se prouve pas par les Évangiles ; mais c’est un dogme que la conscience chrétienne a déduit de la notion du Messie. – Condamnée

La fausse idée naturaliste que la doctrine chrétienne est conçue par la conscience humaine :

Pape saint Pie X, décret Lamentabili, 1907, erreur condamnée n° 31 : La doctrine christologique de Paul, de Jean et des Conciles de Nicée, d’Éphèse, de Chalcédoine, n’est pas celle que Jésus a enseignée, mais celle que la conscience chrétienne a conçue au sujet de Jésus.  Condamnée

La fausse idée naturaliste que la vérité évolue avec l’homme :

Pape saint Pie X, décret Lamentabili, 1907, erreur condamnée n° 58 : La vérité n’est pas plus immuable que l’homme lui-même, car elle évolue avec lui, en lui et par lui Condamnée

La fausse opinion naturaliste qui considère que les religions sont toutes plus ou moins bonnes :

Pape Pie XI, Mortalium Animos, n° 2, 6 janvier 1928 : «… cette fausse opinion qui considère que les religions sont toutes plus ou moins bonnes et louables…  Non seulement ceux qui soutiennent cette opinion sont dans l’erreur et trompés, mais aussi en pervertissant la notion de la vraie religion, ils la rejettent et versent dans le naturalisme et l’athéisme [c’-à-d. l’apostasie]».

Le naturalisme engendre la religion de l’homme, fabriquée par l’homme, pour l’homme, où l’homme se fait son propre dieu et se fait lui-même dieu

Toutes les fausses croyances (athéisme, panthéisme, paganisme, ésotérisme, New-âge, Gaïanisme, etc.) sont issues du naturalisme.

Les fausses religions (Islam, Bouddhisme, Hindouisme, Yoga, Taoïsme, etc.) sont issues du naturalisme.

Les hérésies (« Orthodoxie » orientaleprotestantisme, anglicanisme, libéralisme/Modernisme et vatican 2, etc.) sont issues du naturalisme.

La science naturaliste (comme la philosophie athée, les sciences « naturelles » agnostiques, la théorie de l’évolution, « le « réchauffement » climatique, etc.). La science naturaliste ne peut absolument pas prouver l’existence de Dieu. La science pourrait et devrait – si elle ne se construisait pas contre la conscience morale – être un outil de l’intelligence (la capacité du réel) pour prouver l’existence d’un Créateur ou Dieu. Prouver l’existence d’un Créateur ne signifie pas connaître qui est Dieu, qui est infini et inatteignable et ne peut pas être connu s’Il ne révèle pas ce qu’Il est (la relation avec Dieu se fait par la foi surnaturelle qui se greffe sur l’intelligence naturelle). Mais la science naturaliste s’est construite contre la conscience. La science naturaliste rejette la conscience (loi naturelle) alors que l’homme a une conscience morale et une âme rationnelle. Dieu est moral, l’homme est moral. L’intelligence ou la raison sans la conscience (loi naturelle) est stérile et se nuit elle-même jusqu’à la malhonnêteté ou mauvaise foi. L’intelligence sans la conscience prétend refuser la grâce surnaturelle.

Tant que le concepteur intelligent n’est pas Dieu, ils sont d’accord pour que les objets complexes soient réalisés par une intelligence, même s’ils ne savent pas qui a fait l’objet, mais dès que l’on prétend que Dieu est derrière toute la complexité, ils rejettent cette évidence. Cela nous montre que tous les athées sont des menteurs délibérés qui rejettent les principes mêmes qu’ils acceptent. N’importe qui, avec un semblant de logique, est en mesure de voir que la raison pour laquelle les athées rejettent Dieu n’est pas le manque de preuves, mais qu’il y a des motifs inavoués de leur rejet de Dieu. Les athées comprennent que reconnaître quelqu’un d’autre que Dieu comme concepteur signifie ne pas accepter l’idée d’être spirituellement jugés par lui à la mort pour leurs mauvaises actions, ou que l’on soit tenu de respecter et de suivre ses règles morales. Mais accepter l’existence de Dieu implique toutes ces choses, et ainsi, les athées choisissent la solution de facilité en mentant et en niant des faits évidents, irréfutables et scientifiques afin d’échapper d’avoir à traiter avec les sujets pénibles de jugement de Dieu, de l’enfer et de l’éternelle damnation. Il est donc scientifiquement prouvé que Dieu existe et que les athées choisissent sciemment de mentir pour vivre un court moment de péché. C’est triste à dire, ils ne peuvent cacher leur propre conscience malhonnête jusqu’à ce moment de la mort, car la mort est le moment que Dieu a fixé pour nous tous afin d’être chargé pour ses crimes contre sa conscience.

 

La loi naturelle

La loi naturelle est inscrite dans le cœur de tous les hommes, de sorte que tous les hommes savent que certaines choses sont contre la loi de Dieu, et que certaines choses sont conformes à la loi naturelle de la charité, etc.

Romains 2, 13-15 : Car ce ne sont pas ceux qui écoutent la loi [loi ancienne mosaïque] qui sont justes devant Dieu ; mais ce sont les observateurs de la loi qui seront justifiés [sauvés par la loi nouvelle]. En effet, lorsque les gentils [païens], qui n’ont pas la loi [ancienne et nouvelle], font naturellement [loi naturelle] ce qui est selon la loi ; n’ayant pas la loi, ils sont à eux-mêmes la loi : montrant ainsi l’œuvre de la loi écrite en leurs cœurs, leur conscience leur rendant témoignage, et leurs pensées s’accusant et se défendant l’une l’autre ».

Comme le commentaire (Bible Haydock) l’explique correctement sur Romains 2, 14-16 :

« Ces hommes sont une loi pour eux-mêmes, et l’ont écrite dans leurs cœurs, quant à l’existence d’un Dieu, et leur raison leur dit que beaucoup de péchés sont illicites : ils peuvent aussi faire des actions qui sont moralement bonnes, comme l’aumône pour soulager les pauvres, en honorant leurs parents, etc. Non pas que ces actions, moralement bonnes, suffiront d’elles-mêmes pour leur justification, ou leurs méritent une récompense surnaturelle dans le royaume des cieux, mais Dieu, dans sa miséricorde infinie, leur donnera des grâces surnaturelles qui, s’ils continuent de coopérer avec elles, leurs obtiendront plus de grâces et finalement ils seront exposées à la foi catholique, s’ils doivent être sauvés».

Pape Pie XII, Mystici Corporis, parlant de non-catholiques, n° 101, 29 juin 1943  : : «Pour ceux-là mêmes qui n’appartiennent pas au corps visible de l’Église, vous savez bien, Vénérables Frères, que, dès le début de Notre Pontificat, Nous les avons confiés à la protection et à la conduite du Seigneur, affirmant solennellement qu’à l’exemple du Bon Pasteur Nous n’avions qu’un seul désir : Qu’ils aient la vie et qu’ils l’aient en abondance. Cette assurance solennelle, Nous désirons la renouveler, après avoir imploré les prières de toute l’Église dans cette Lettre encyclique, où Nous avons célébré la louange du «grand et glorieux Corps du Christ», [Nous voulons que] chacun d’entre eux coopèrent généreusement et volontairement avec les impulsions intérieures de la grâce divine et prennent soin de se dégager de cet état dans lequel ils ne peuvent pas être assurés de leur propre salut éternel. Car même s’ils peuvent être dirigés [ou ordonnés] vers le Corps mystique du Rédempteur par une sorte de désir inconscient et intention, ils n’ont toujours pas les si nombreuses et si grandes aides célestes, qui ne peuvent être appréciées que dans l’Église catholique. Qu’ils entrent donc dans l’unité catholique, et que, réunis avec Nous dans le seul corps du Corps de Jésus-Christ, ils accourent tous vers le Chef unique en une très glorieuse société d’amour. Sans jamais interrompre nos prières à l’Esprit d’amour et de vérité, Nous les attendons les bras grands ouverts, comme des hommes qui se présentent à la porte, non d’une maison étrangère, mais de leur propre maison paternelle».

Pie XII explique que les non-catholiques peuvent obtenir des grâces, qui sont vraies, puisque aucun ne se convertirait à la foi catholique à moins qu’ils aient obtenu des grâces quand ils étaient des infidèles. Il ne dit pas qu’ils sont sauvés hors de l’Église.

Pie XII explique comment l’Esprit-Saint aide les gens à devenir catholiques, bien qu’ils ne pensent pas consciemment devenir catholiques à ce moment. L’Esprit leur indique de suivre la loi naturelle et de faire le bien, et ensuite il les aide à penser pour prendre conscience de la façon dont ils doivent se convertir à la foi catholique.

Hébreux, 11, 6 : «Or sans la foi il est impossible de plaire à Dieu. Car il faut que celui qui s’approche de Dieu croie qu’il est, et qu’il récompense [qu’il est le rémunérateur de] ceux qui le cherchent».

Dieu récompense ceux qui le cherchent, c’est-à-dire qu’il donne à ceux qui suivent la loi naturelle de leur conscience, les grâces pour arriver à la vérité de la foi divine catholique et les grâces nécessaires pour leur salut.

Des hérésies communes contre la loi naturelle sont, par exemple, de nier l’existence de Dieu, ou de considérer que le contrôle des naissances ou la planification familiale naturelle, aussi appelée PFN, que beaucoup de « catholiques » pratiquent pour éviter la conception, (ce qui les rend coupables du péché mortel de contraception) est acceptable, ou si une personne considère que l’avortement est acceptable, ou si une personne constate que la consommation de psychotropes où la conscience est entravée est acceptable. Ces exemples pourraient tous tomber dans la catégorie du péché mortel, car ils rejettent une vérité qu’ils savent être vraie de la loi naturelle, à savoir : 1) que l’existence de Dieu peut être connue par la raison naturelle, 2) que l’avortement est un assassinat, 3) que la contraception ou PFN frustre délibérément le pouvoir naturel d’engendrer la vie, 4) et que les psychotropes, tels que fumer de la marijuana, est un péché mortel, tout comme se saouler.

Les athées et les agnostiques sont sans excuse

Il est infailliblement enseigné dans l’Écriture Sainte que tout le monde au-dessus de l’âge de la raison peut savoir avec certitude que Dieu existe. Nous savons cela par les choses qui sont existent : les arbres, l’herbe, le soleil, la lune, les étoiles, etc. Quiconque est athée (qui croit que Dieu n’existe pas) ou agnostique (d’avis que l’existence de Dieu est «impossible d’être connue ou avérée) est sans excuse. La loi naturelle les condamne. C’est une vérité révélée de l’Écriture Sainte.

La création elle-même témoigne qu’il y a un Dieu, c’est-à-dire un être vivant, tout-puissant et intelligent qui l’a créé. L’apôtre Paul a écrit aux saints de Rome que depuis la création du monde, les qualités invisibles de Dieu, sa puissance éternelle – et Divinité – ont été clairement vues, étant entendu de ce qui a été fait (Romains 1, 20), et David dit que les cieux racontent la gloire de Dieu, et le firmament montre son ouvrage (Psaume 19, 1).Par conséquent, étant donné que l’existence de Dieu est attestée clairement par ses œuvres, ceux qui nient son existence sont sans excuse. «L’insensé a dit en son cœur :« Dieu n’existe pas » (Psaume 53, 1).

Dieu a défini infailliblement, sur la base de Romains 1, que le seul vrai Dieu peut être connu avec certitude par les choses qui ont été faites, et par la lumière naturelle de la raison humaine.

Romains 1, 19-21 : «Parce que ce qui est connu de Dieu est manifeste pour eux. Car Dieu le leur a manifesté. Les perfections invisibles de Dieu, par la création du monde, sont clairement visibles, étant entendu par les choses qui sont faites ; son éternelle puissance et divinité : de sorte qu’ils sont INEXCUSABLES « .

Les athées, les agnostiques et les incroyants sont sans excuse, car ils sont entourés par les œuvres de Dieu qui attestent très clairement que Dieu existe. Sans doute, les cieux et la terre, la mer, et tout ce qui est en eux, prouvent clairement l’existence de Dieu, parce qu’ils ne sont pas venus à l’existence par hasard ou par leur propre puissance, mais par la volonté du seul vrai Dieu. En effet, selon l’Ecriture, il fut un temps où toutes ces choses n’existaient pas, alors, à un certain point du temps passé, ils sont venus à l’existence par la volonté de Dieu. Dieu les a créés en six jours (Genèse 1, 1-31 ; 2, 1-3 ; Exode 20, 11), et dans la sagesse de Dieu tous ont été faits (Psaume 104, 24). Oh, quelle merveilleuse sagesse peut être vue dans toutes les œuvres de Dieu ! Il peut être vu même dans les formes les plus simples de la vie. Dieu est en effet un  sage Créateur et concepteur ! Parmi les choses faites par Dieu, une, c’est-à-dire l’homme, a été faite à l’image de Dieu, car l’Ecriture dit : «Dieu créa l’homme à son image» (Genèse 1, 27). C’est pourquoi Saint Paul dit que l’homme «est l’image et la gloire de Dieu» (1 Corinthiens 11, 7). L’homme lui-même, par conséquent, témoigne que Dieu existe. Si l’on considère que l’homme est un être intelligent, avec une volonté, la capacité de raisonnement, les émotions et la conscience, comment peut-il nier l’existence de Dieu ?

L’Église catholique a défini dogmatiquement le principe énoncé dans Romains 1 – ce qui contredit directement l’enseignement de l’athéisme.

Pape Pie IX, Concile du Vatican , Session 3, sur la Révélation, Can.1 : « Si quelqu’un dit que le seul vrai Dieu, notre Créateur et Seigneur, ne peut être connu avec certitude par les choses qui ont été faites, par la lumière naturelle de la raison humaine : qu’il soit anathème. »

Pape Pie IX, Concile du Vatican, Session 3, Le Dieu Créateur, Can.1 : « Si quelqu’un doit avoir nié le seul vrai Dieu, Créateur et Seigneur des choses visibles et invisibles : qu’il soit anathème. »

Toutes les personnes qui meurent dans l’incrédulité et dans des cultures qui n’ont jamais été pénétrées par l’Évangile vont en enfer pour les péchés contre la loi naturelle et les autres péchés graves qu’ils commettent – la mauvaise volonté et l’incapacité à coopérer avec la grâce de Dieu est la raison pour laquelle ils nient Dieu ou qu’Il ne leur révèle pas l’Évangile.

2 Corinthiens 4, 3 : « Et si notre Évangile est encore voilé, il est voilé pour ceux qui périssent, dont le dieu de ce monde [Satan] a aveuglé l’intelligence des incrédules, pour que la lumière de l’Évangile de la gloire du Christ, qui est l’image de Dieu, ne doive pas briller pour eux » .

Pour résumer, de même qu’une maison, un ordinateur ou une montre existe parce que quelqu’un les a conçu et construit, nous ne pouvons pas affirmer que personne ne les a fait (même si nous ne savons pas qui les a faites !), donc l’univers (c’est à dire les cieux, la terre, la mer et tout ce qui est en eux) existe parce que quelqu’un l’a conçu et l’a fait, et ce «quelqu’un» est Dieu, notre Créateur. En d’autres termes, la perfection, la beauté, la conception et le bon ordre de l’univers exigent l’existence d’un Être suprême dont l’intelligence et la puissance n’ont pas de limite, et cet Être suprême est Dieu. Il est absurde de penser que l’univers n’a pas été créé par Dieu quand il est si complexe, et il est tout à fait illogique que les athées prétendent qu’une maison ou une montre est faite par une autre personne, même si il ne sait pas qui l’a fait, tout en prétendant que Dieu n’a pas créé l’univers qui est infiniment plus complexe qu’une simple montre. Cet exemple prouve que tous les athées et les agnostiques sont des menteurs délibérés qui comprennent clairement que ce monde doit être conçu par un Être intelligent, mais qui choisissent de rejeter cette connaissance. Simplement dit, un athée ne rejette pas l’existence de Dieu parce qu’il a un bon argument ou une objection contre lui, mais parce que reconnaître l’existence de Dieu signifierait qu’il aurait à accepter certaines règles. Les athées et les personnes qui vivent dans le péché n’aiment pas se faire dire d’arrêter de pécher. Ils veulent continuer à faire ce qui leur plaît. Tous les athées s’engagent sans aucun doute dans les péchés ou des mauvaises actions depuis que presque tous les gens commettent des péchés parfois. Cependant, comme les athées ne veulent pas se sentir tristes à la pensée ou penser qu’ils vont être punis pour leurs péchés volontaires, ils choisissent de rejeter l’existence de Dieu, afin de vivre une courte vie de péché. Un athée ne veut pas trouver Dieu pour la même raison qu’un assassin ou un voleur ne veut pas trouver un agent de police : les deux savent qu’ils sont coupables et qu’ils seront punis pour leurs crimes intentionnels s’ils trouvent Dieu ou un agent de police. Et donc, l’athée est à lui-même afin de supprimer sa conscience qui lui reproche de pécher et lui dit que les mauvaises actions méritent une punition.

En vérité,

«Chacun peut savoir avec certitude qu’il y a un être spirituel suprême, qui est le Seul Vrai Dieu et le Créateur du monde et tout ce qu’il contient. Il n’y a personne qui ne peut pas comprendre et croire que Dieu existe, s’il considère comment la terre porte du fruit et la façon dont les cieux donnent la pluie, comment les arbres fleurissent, comment chaque animal existe dans son propre genre, comment les étoiles servent l’homme, et comment les troubles et les douleurs viennent et souvent se produisent contre la volonté de l’homme. De toutes ces choses, l’homme peut voir qu’il est mortel et que c’est Dieu qui organise et dirige toutes ces choses. Car si Dieu n’existait pas, tout serait désorganisé. Ainsi, toutes choses sont de Dieu, et tout est rationnellement organisé pour l’utilisation et la connaissance de l’humanité. Et il n’y a pas la moindre petite chose qui soit créée ou qui existe dans le monde sans raison valable ». (Cf. les révélations de sainte Brigitte, livre 1, chapitre 15)

Tout le monde sait que Dieu n’est pas quelque chose sculpté en bois ou en jade ou de la pierre. Tous savent que Dieu n’est pas l’arbre qu’ils adorent ou la rivière qu’ils adorent ou la roche ou le serpent ou la grenouille ou des arbres sacrés ou des esprits de la nature. Tous savent que ces choses ne sont pas le Créateur de l’univers. Chaque personne sait qu’il adore une créature au lieu du Créateur.

Ainsi,

«Si un homme ne peut pas comprendre ou comprendre les vertus et les pouvoirs de Dieu à cause de sa faiblesse, il peut encore les voir avec la foi et croire. Mais si les gens dans le monde ne veulent pas utiliser leur raison pour considérer la puissance de Dieu, ils peuvent toujours utiliser leurs mains pour toucher et sentir les actes que Jésus-Christ et ses saints ont fait. Ils sont notamment si évidents que personne ne peut douter qu’ils soient les actes de Dieu. Qui a ressuscité les morts et donne la vue aux aveugles, sinon Dieu ? Qui chassa les mauvais démons des hommes sinon Dieu ? Quels choses ont été enseignées de Dieu, sinon des choses bénéfiques pour la prospérité de l’âme et du corps et facile à porter ? » (Cf. les révélations de sainte Brigitte, livre 1, chapitre 15)

S’il y avait vraiment des gens sincères et de bonne volonté qui n’avaient pas encore atteint la foi, Dieu enverrait un prédicateur (même miraculeusement, si nécessaire) pour que la foi et le baptême catholique lui soit donné.

Saint Thomas d’Aquin, envoyés. III, 25, Q. 2, A. 2, solut. 2 :  » Si un homme ne devait avoir personne pour l’instruire, Dieu lui montrerait, à moins qu’il ne souhaite rester coupable où il est. «

Saint Thomas d’Aquin, envoyés. II, 28, Q. 1, A. 4, ad 4 :  » Si un homme né parmi les nations barbares, fait ce qu’il peut, Dieu lui-même lui montrera ce qui est nécessaire pour le salut, soit par l’inspiration ou l’envoi d’un enseignant pour lui. «

Saint Thomas d’Aquin, De Veritate, 14, A. 11, annonce 1 : Objection :  » Il est possible que quelqu’un puisse être mis dans la forêt, ou parmi les loups, un tel homme ne peut rien savoir explicitement de la foi. » Saint Thomas répond : «C’est la caractéristique de la Divine Providence de fournir à chaque homme ce qui est nécessaire pour le salut … à condition de sa part, qu’il ne soit pas un obstacle. Dans le cas d’un homme qui cherche le bien et évite le mal, par la direction de la raison naturelle, Dieu soit lui révélera par l’inspiration interne ce qui devrait être cru, ou lui enverrait un prédicateur de la foi … «

« Il est en accord avec la justice de Dieu que l’entrée dans le ciel doit être acquise par la foi inébranlable, l’espérance rationnelle, et l’amour fervent. Une personne réfléchit plus fréquemment et adore avec plus d’amour ce que le cœur aime plus et aime avec plus de ferveur. Ce n’est donc pas avec les dieux qui sont placés dans les temples – ils ne sont pas les dieux ni les créateurs, car il n’y a qu’un seul créateur, je le suis, Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit. Mais les propriétaires des temples et les gens en général aiment les dieux plus qu’ils m’aiment, cherchant à atteindre le succès mondain plutôt que de vivre avec moi. Si je devais détruire les choses que les gens aiment plus que moi, et faire que les gens m’adorent contre leur gré, alors je ferais certainement une injustice en enlevant leur libre volonté et le désir de leur part. Comme ils n’ont pas foi en moi, et qu’il est dans leur cœur quelque chose de plus agréable que moi, je leur permet raisonnablement de produire à l’extérieur ce qu’ils aiment dans leurs esprits. Parce qu’ils aiment la création plus que moi, le Créateur, ils peuvent savoir par des signes et des actes probables, si seulement ils pouvaient faire usage de leur raison, et parce qu’ils sont aveugles, maudite est leur création et maudites sont leurs idoles. Ils se tiendront dans la honte et seront condamnés pour leur folie, parce qu’ils refusent de comprendre combien Je suis doux, leur Dieu, qui a créé et racheté l’humanité par amour fervent.» (Révélations de sainte Brigitte, livre 5 ou Livre des Questions – Interrogation 8)

Réfutation de la fatalité du destin : La loi naturelle est la liberté morale du bien et du mal

Saint Justin réfute simplement la fatalité du destin ou que l’homme ne soit pas libre de choisir le bien ou le mal et n’en soit pas responsable. C’est la loi naturelle inscrite dans le cœur de l’homme qui a la capacité naturelle de connaître le bien et le mal et qu’il a par conséquent la responsabilité morale de ses choix.

Saint Justin Martyr, 2ème siècle, Grande Apologie, N° 43 : «Que d’ailleurs, … on ne s’imagine pas que nous croyons la réalisation de ce qui doit arriver due à la fatalité du destin. Voici comment nous répondons à cette objection. Chacun, selon ses œuvres, sera châtié, puni ou récompensé : nous avons appris cette doctrine des prophètes et nous la tenons pour vraie. S’il n’en était pas ainsi, si tout était l’œuvre du destin, il n’y aurait plus de libre arbitre. Si c’est le destin qui veut que celui-ci soit bon, et celui-là mauvais, celui-ci n’est pas digne d’éloge ni celui-là de blâme. Et si l’homme ne peut, par le choix libre de sa volonté, éviter le mal et faire le bien, il n’a aucunement à répondre de ses actions.

«Mais voici qui prouve que l’homme fait librement le bien et le mal. Nous voyons le même homme passer d’un extrême à l’autre. S’il était fatalement bon ou mauvais, il n’y aurait pas de ces contradictions dans sa conduite, et il ne changerait pas constamment. Il n’y aurait ni homme vertueux ni hommes dépravés, puisque le destin serait cause en même temps du bien et du mal, et qu’il serait contradictoire à lui-même. Ou bien encore, il faudrait admettre, comme nous l’avons dit plus haut, que le bien et le mal ne sont rien, et que la vertu et le vice sont choses d’opinion. Or la saine raison nous dit que c’est là une impiété et une injustice odieuse.

«A nos yeux, le vrai destin inévitable, c’est la juste récompense du bien et le juste châtiment du mal. Dieu n’a pas créé l’homme comme les autres êtres, comme les arbres et les quadrupèdes qui ne peuvent rien faire librement. L’homme ne mériterait ni récompense ni louange  si, au lieu de choisir de lui-même le bien, il était bon par nature. De même, on ne pourrait punir justement ses fautes , si elles n’étaient pas volontaires , et si lui-même ne pouvait être autre chose que ce qu’il est».

Quiconque dit que le bien ou le mal n’existe pas ou qu’il n’y a pas de loi naturelle inscrite dans le cœur de l’homme est un menteur de mauvaise foi et un hérétique contre la loi naturelle, car il est évident que l’homme connaît naturellement le bien et le mal.

Prenons un exemple simple et pratique de base, que se passe t-il si on se cogne fortement, est-ce que cela fait du bien ? Non. Mettez votre main dans le feu, et voyez ce que cela fait, diriez-vous que c’est bien ? Non. Le dire, serait de la mauvaise foi, ainsi en est-il de quiconque nie la loi naturelle.

La loi naturelle est inscrite dans le cœur de l’homme sans qu’il y soit pour quelque chose, c’est sa nature, pour qu’il connaisse le bien du mal naturellement et choisisse librement l’un ou l’autre.

 

Pour résumer

1° Le naturalisme est la recherche de la nature comme source de tout.

2° Le naturalisme est soit (I) matérialiste ; ou (II) panthéiste ; ou (III) déiste.

3° Le naturalisme rejette toute cause hors de la nature.

4° Les différents aspects menteurs du naturalisme sont :

  • le panthéisme,
  • l’inaction de Dieu,
  • la raison naturelle est elle-même sa propre loi,
  • la connaissance des vérités de la religion découlent de la raison naturelle,
  • la Révélation divine est sujette au progrès,
  • l’opposition de la foi et de la raison,
  • la foi est d’origine humaine naturelle,
  • la Révélation divine est acquise par l’homme,
  • les vérités du ciel sont formées par l’esprit humain,
  • le dogme vient de la conscience humaine,
  • la doctrine chrétienne est conçue par la conscience humaine,
  • la vérité évolue avec l’homme (relativisme).

5° Le naturalisme nie l’existence d’un Dieu personnel et de la Divine Providence ;

6° Le naturalisme nie la spiritualité et l’immortalité de l’âme ;

7° Le naturalisme nie la liberté humaine et la responsabilité ;

8° Le naturalisme nie une révélation divine ;

9° Le naturalisme nie l’existence d’un ordre surnaturel pour l’homme ;

10° Le naturalisme nie les enseignements fondamentaux de l’Église.

11° Le naturalisme engendre l’homme qui se fait son dieu et sa propre religion. Ce n’est pas l’homme qui fait le naturalisme, l’homme suit le naturalisme (qui vient du démon).

 

Conclusion

Le naturalisme (la nature comme source et cause de tout) est une philosophie qui n’a pas de substance et pas de nature propre : il ne peut être qu’une négation de quelque chose, une négation de Dieu ou de la vérité.

Le naturalisme est une hérésie, un refus des vérités de la foi divine. L’hérésie excommunie automatiquement de l’Église et exclut du salut. C’est le chemin de la damnation. La nature n’est pas faite pour elle-même, elle n’a d’existence que pour la vie surnaturelle (au-dessus d’elle-même). Quand la nature se détourne de ce pour quoi elle est faite, c’est le naturalisme ou la nature elle-même pour fin.

Le naturalisme est la racine des hérésies : Ne suivre que sa nature est naturel et parfait pour le naturalisme. L’homme qui ne suit que sa nature refuse de soumettre son intelligence à la foi (refusant de «réduire en servitude toute intelligence sous l’obéissance du Christ» (II Corinth. 10, 5), Léon XIII, Satis cognitum n° 9) pour obéir à la Révélation divine.

Le naturalisme est l’apostasie pure et simple, un renoncement ou abandon de toute la foi Chrétienne (St Thomas, Sum. IIa. IIæ. Q. 12 art. 1, r. 3 ; CIC can. 1325 § 2.). L’apostat s’excommunie (anathème) automatiquement (ipso facto) du Corps du Christ qui est l’Église.

Croire pour comprendre et non pas comprendre pour croire

Saint Augustin, Sermon 43 : «Et maintenant, ravivez votre attention. Tout homme veut comprendre ; personne qui n’ait ce désir. Mais tous nous ne voulons pas croire. On me dit : « Je veux comprendre pour croire ». Je réponds : « Crois pour comprendre » ; voici donc une discussion qui s’élève entre nous et qui va porter tout entière sur ce point : « Je veux comprendre avant de croire », me dit l’adversaire ; et moi je lui dis : « Crois d’abord et tu comprendras ». Pour trancher le débat, choisissons un juge. Parmi tous les hommes à qui je puis songer, je ne trouve pas de meilleur juge que l’homme que Dieu lui même a choisi pour interprète. En pareille matière et dans un débat de ce genre, l’autorité des littérateurs n’a rien à faire ; ce n’est pas au poète de juger entre nous, c’est au prophète […].

«Tu disais : « J’ai besoin de comprendre pour croire » ; et moi : « Crois d’abord pour comprendre. » La discussion est engagée ; allons au juge ; que le prophète prononce ou plutôt que Dieu prononce par son prophète. Gardons tous deux le silence. Il a entendu nos opinions contradictoires ; « Je veux comprendre, dis-tu, pour croire » ; « Crois, ai-je dit, pour comprendre », et le prophète répond : « Si vous ne croyez pas, vous ne comprendrez pas » (Is 7, 9). […]

«Par conséquent, mes très chers frères, cet homme que j’ai pris comme adversaire et avec lequel j’ai engagé une discussion qui a été portée au tribunal du prophète, n’a pas tout à fait tort de vouloir comprendre avant de croire. Moi qui vous parle, en ce moment, si je parle, c’est pour amener aussi à la foi ceux qui ne croient pas encore. Donc, en un sens, cet homme a dit vrai quand il a dit : « Je veux comprendre pour croire » ; et moi également je suis dans le vrai quand j’affirme avec le prophète : « Crois d’abord pour comprendre ». Nous disons vrai tous les deux : donnons-nous donc la main ; comprends donc pour croire et crois pour comprendre ; voici en peu de mots comment nous pouvons accepter l’une et l’autre ces deux maximes : comprends ma parole pour arriver à croire, et crois à la parole de Dieu pour arriver à la comprendre». Voir : Catholicisme – Église catholique – doctrine catholique